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Santé Génésique

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a élaboré une stratégie pour améliorer la santé génésique, suite à la résolution WHA55.19, afin d'accélérer les progrès vers les objectifs de développement international. Quatre consultations régionales ont été menées pour recueillir les avis des États Membres et des partenaires, et le projet de stratégie a été finalisé lors d'une réunion d'experts. L'Assemblée mondiale de la santé est invitée à examiner et adopter ce projet de résolution pour soutenir cette initiative.

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Santé Génésique

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a élaboré une stratégie pour améliorer la santé génésique, suite à la résolution WHA55.19, afin d'accélérer les progrès vers les objectifs de développement international. Quatre consultations régionales ont été menées pour recueillir les avis des États Membres et des partenaires, et le projet de stratégie a été finalisé lors d'une réunion d'experts. L'Assemblée mondiale de la santé est invitée à examiner et adopter ce projet de résolution pour soutenir cette initiative.

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ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE

CINQUANTE-SEPTIEME ASSEMBLEE MONDIALE DE LA SANTE A57/13


Point 12.10 de l’ordre du jour provisoire 15 avril 2004

Santé génésique

Rapport du Secrétariat

1. Dans sa résolution WHA55.19, l’Assemblée de la Santé a invité le Directeur général


« à élaborer une stratégie permettant d’accélérer les progrès en vue de la réalisation des objectifs et
cibles du développement international liés à la santé génésique … ».

2. La Cinquante-Sixième Assemblée mondiale de la Santé a examiné un rapport de situation qui


exposait les principaux éléments de la stratégie et récapitulait les observations faites à ce sujet par le
Conseil exécutif, et en a pris note.1

3. Quatre consultations régionales ont été organisées afin d’associer le plus étroitement possible
les Etats Membres et d’autres parties intéressées à l’élaboration de la stratégie : une pour les Régions
de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental (Colombo, 2-4 juin 2003), une pour la Région
européenne (Copenhague, 5-7 juin 2003), une pour la Région des Amériques (Washington,
11-13 juin 2003) et une autre encore pour les Régions de l’Afrique et de la Méditerranée orientale
(Harare, 7-9 juillet 2003). L’objectif de ces réunions était double : d’une part, faire le point sur la mise
en oeuvre des stratégies, politiques et programmes de santé génésique dans les pays et en tirer des
enseignements ; et, d’autre part, faire des recommandations concernant le projet de stratégie mondiale
pour la santé génésique. L’OMS a ensuite convoqué une réunion d’experts (Genève,
18 et 19 septembre 2003) qui ont apporté la touche finale au projet de stratégie. Celui-ci est joint en
annexe.

4. Le Conseil exécutif a examiné le projet de stratégie à sa cent treizième session en janvier 2004.
Il a adopté la résolution EB113.R11, dans laquelle il recommande à la Cinquante-Septième Assemblée
mondiale de la Santé d’adopter une résolution pour, entre autres, approuver la stratégie.

MESURES A PRENDRE PAR L’ASSEMBLEE DE LA SANTE

5. L’Assemblée de la Santé est invitée à examiner le projet de résolution contenu dans la


résolution EB113.R11.

1
Document A56/11.
A57/13

ANNEXE

SANTE GENESIQUE : PROJET DE STRATEGIE POUR ACCELERER


LES PROGRES EN VUE DE LA REALISATION DES OBJECTIFS ET CIBLES
DU DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL

INTRODUCTION

1. La santé génésique et sexuelle1 est fondamentale pour les individus, les couples et les familles,
et pour le développement socio-économique des communautés et des nations. Préoccupée par la
lenteur des progrès accomplis en matière de santé génésique et sexuelle au cours des dix dernières
années, et consciente que les objectifs du développement international ne seraient pas atteints sans
l’engagement renouvelé de la communauté internationale, la Cinquante-Cinquième Assemblée
mondiale de la Santé a adopté la résolution WHA55.19, dans laquelle elle invite le Directeur général à
élaborer une stratégie permettant d’accélérer les progrès en vue de la réalisation des objectifs et cibles
du développement international liés à la santé génésique. Elle y rappelle et reconnaît également les
programmes et plans d’action dont sont convenus les gouvernements à la Conférence internationale
sur la population et le développement (Le Caire, 1994), à la Quatrième Conférence mondiale des
Nations Unies sur les femmes (Beijing, 1995) et aux conférences organisées pour examen de suivi de
l’une et de l’autre au bout de cinq ans.2

2. Pour donner suite à la résolution WHA55.19 et après avoir consulté les Etats Membres et les
partenaires, l’OMS a conçu un projet de stratégie qui se fonde sur les mesures prises par les Etats
Membres en application de la résolution WHA48.10 (Santé en matière de reproduction humaine : rôle
de l’OMS dans la stratégie mondiale), dans laquelle il leur était instamment demandé de développer et
de renforcer encore leurs programmes de santé génésique.

3. Le projet de stratégie présenté ici s’adresse d’une manière générale aux responsables des
organismes internationaux, des instances gouvernementales, des associations professionnelles, des
organisations non gouvernementales et d’autres institutions. La première partie met en évidence le
large fossé qui sépare les objectifs mondiaux de la situation concrète dans le monde et recense les
principaux obstacles au progrès, en insistant tout particulièrement sur les inégalités liées au sexe et à la
pauvreté et sur les risques auxquels sont exposés les adolescents. La deuxième partie expose le projet
de stratégie, qui s’inspire de principes fondés sur les droits de l’homme reconnus au niveau
international. Elle dégage les éléments fondamentaux des services de santé génésique et sexuelle et
propose des approches novatrices que les pays et l’OMS pourraient appliquer. Elle se conclut par la
réaffirmation de l’engagement pris par l’OMS de collaborer avec ses partenaires afin d’encourager et
d’aider les Etats Membres à atteindre les objectifs de développement énoncés dans la Déclaration du
Millénaire des Nations Unies ainsi que les autres objectifs et cibles fixés au niveau international qui
ont trait à la santé génésique et sexuelle.

1
La définition de la santé génésique proposée par l’OMS et approuvée à la Conférence internationale sur la
population et le développement (Le Caire, 1994) englobe la santé sexuelle (voir l’encadré p. 4).
2
Vingt et unième session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la population et le
développement (New York, 1999) et vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies
consacrée aux femmes en l’an 2000 : égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIe siècle (New York, 2000).

3
A57/13 Annexe

I. OBJECTIFS MONDIAUX, REALITES MONDIALES

4. Les objectifs du Millénaire pour le développement, qui découlent de la Déclaration du


Millénaire adoptée en l’an 2000 par 189 Etats Membres de l’Organisation des Nations Unies, sont les
nouveaux repères internationaux pour mesurer les progrès accomplis sur la voie du développement
durable et de l’élimination de la pauvreté. Sur les huit objectifs, trois sont directement liés à la santé
génésique et sexuelle – améliorer la santé maternelle, réduire la mortalité infantile, et combattre le
VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies – et quatre sont en relation étroite avec la santé, et donc
avec la santé génésique – réduire l’extrême pauvreté et la faim, assurer l’éducation primaire pour tous,
promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, et assurer un environnement durable.
Les cibles concrètes consistent notamment à :

• réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle ;

• réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des moins de cinq ans ;

• d’ici à 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/SIDA et commencé à inverser la tendance


actuelle.

5. D’autres jalons ont été fixés en 1999 à la vingt et unième session extraordinaire de l’Assemblée
générale des Nations Unies pour examiner l’application du programme d’action de la Conférence
internationale sur la population et le développement. Par exemple, d’ici à 2015, la proportion des
accouchements se déroulant avec l’assistance de personnel soignant qualifié devrait atteindre 90 %
dans l’ensemble du monde et au moins 60 % dans les pays où le taux de mortalité maternelle est
élevé.1

6. La définition de la santé génésique adoptée en 1994 à la Conférence internationale sur la


population et le développement (voir l’encadré) fait ressortir les principales caractéristiques qui
distinguent la santé génésique et sexuelle d’autres aspects de la santé. Elle s’étend avant et après la
période où l’être humain est en âge de procréer et elle est étroitement liée aux facteurs socioculturels,
aux rôles dévolus aux deux sexes, au respect et à la protection des droits de l’homme d’une manière
générale et de ceux qui concernent plus particulièrement la sexualité et les relations entre personnes.

Droits et santé en matière de procréation tels qu’ils sont définis dans le programme
d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement1
« Par santé en matière de reproduction, on entend le bien-être général, tant physique que
mental et social, de la personne humaine, pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses
fonctions et son fonctionnement et non pas seulement l’absence de maladies ou d’infirmités.
Cela suppose donc qu’une personne peut mener une vie sexuelle satisfaisante en toute sécurité,
qu’elle est capable de procréer et libre de le faire aussi souvent ou aussi peu souvent qu’elle le
désire. Cette dernière condition implique qu’hommes et femmes ont le droit d’être informés et
d’utiliser la méthode de planification familiale de leur choix, ainsi que d’autres méthodes de
leur choix de régulation des naissances qui ne soient pas contraires à la loi, méthodes qui
doivent être sûres, efficaces, et acceptables, ainsi que le droit d’accéder à des services de santé
qui permettent aux femmes de mener à bien grossesse et accouchement et donnent aux couples
toutes les chances d’avoir un enfant en bonne santé. Il faut donc entendre par services de santé

1
Document de l’Organisation des Nations Unies A/S-21/5/Add.1, paragraphe 64.

4
Annexe A57/13

en matière de reproduction l’ensemble des méthodes, techniques et services qui contribuent à la


santé et au bien-être en matière de procréation en prévenant et résolvant les problèmes qui
peuvent se poser dans ce domaine. On entend également par cette expression la santé en matière
de sexualité qui vise à améliorer la qualité de la vie et des relations interpersonnelles, et non à se
borner à dispenser conseils et soins relatifs à la procréation et aux maladies sexuellement
transmissibles. » (Paragraphe 7.2)
« Compte tenu de la définition susmentionnée, les droits en matière de procréation
correspondent à certains droits de l’homme déjà reconnus dans des législations nationales, des
instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et d’autres documents pertinents des
Nations Unies qui sont le fruit d’un consensus. Ces droits reposent sur la reconnaissance du
droit fondamental de tous les couples et des individus de décider librement et avec discernement
du nombre de leurs enfants et de l’espacement de leurs naissances et de disposer des
informations nécessaires pour ce faire, et du droit de tous d’accéder à la meilleure santé en
matière de sexualité et de reproduction. Ce droit repose aussi sur le droit de tous de prendre des
décisions en matière de procréation sans être en butte à la discrimination, à la coercition ou à la
violence, tel qu’exprimé dans des documents relatifs aux droits de l’homme … »
(Paragraphe 7.3)
____________________
1
Document des Nations Unies A/CONF.171/13 : Rapport de la CIPD.

7. L’adoption de ces définitions exhaustives à la Conférence internationale sur la population et le


développement a inauguré une nouvelle ère, et les réalisations de ces dix dernières années sont
nombreuses et importantes. A quelques exceptions près, le concept de droits et de santé en matière de
procréation a été largement accepté et les organismes internationaux d’action sanitaire et d’aide au
développement, les gouvernements, les organisations non gouvernementales et d’autres acteurs encore
ont commencé à l’utiliser. Presque tous les pays ont défini de nouvelles politiques et de nouveaux
programmes de santé génésique qui, dans certains d’entre eux, ont notablement changé la manière
dont étaient assurés les services de santé maternelle et infantile ou les services de planification
familiale.

8. Suite à cette évolution conceptuelle et à l’engagement en faveur de la santé génésique et


sexuelle, de nouveaux partenariats se sont créés aux niveaux national, régional et mondial. De
nouvelles données ont en outre été recueillies sur des questions jusque-là peu étudiées, comme la
charge de morbidité due aux problèmes de santé génésique et sexuelle, les liens de ceux-ci avec la
pauvreté et la violence à l’encontre des femmes. Le nombre de meilleures pratiques fondées sur des
bases factuelles a beaucoup augmenté, le champ d’investigation de la recherche clinique et
comportementale s’est étendu, ainsi que la gamme d’étalons, de normes et de principes directeurs
reconnus au niveau international.

9. L’expérience montre que, même dans les pays à faible revenu, il est possible, grâce à des
approches novatrices propres à chaque pays, de réduire considérablement la mortalité et la morbidité
maternelles, par exemple. La tâche consiste maintenant à concevoir des stratégies nationales
innovantes pour mettre les services de santé à la portée de ceux qui en ont le plus besoin, tels que les
adolescents et les pauvres, afin d’atteindre les objectifs internationaux. Actuellement, les taux de
mortalité et de morbidité maternelles, de mortalité périnatale, la fréquence des infections de l’appareil
reproducteur et des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection à VIH, des grossesses non
désirées, des avortements non médicalisés et des pratiques sexuelles à risque demeurent élevés dans de
nombreux pays, comme l’illustrent les chiffres ci-après.

5
A57/13 Annexe

Situation dans le monde

Grossesse, accouchement et santé du nouveau-né

10. Sur les 210 millions de femmes enceintes recensées chaque année, quelque 8 millions souffrent
de complications parfois mortelles et beaucoup ont des séquelles, voire une incapacité permanentes.
On estime qu’en 2000, 529 000 femmes sont mortes pendant la grossesse ou l’accouchement de causes
en grande partie évitables. A l’échelle mondiale, le taux de mortalité maternelle n’a guère évolué ces
dix dernières années.

11. Les écarts entre les régions sont énormes : 99 % des décès maternels se produisent dans les pays
en développement. Le risque, à la naissance, de mourir d’une affection maternelle est de 1 sur 16 en
Afrique subsaharienne, de 1 sur 58 en Asie du Sud-Est et de 1 sur 4000 dans les pays industrialisés.

12. La plupart des décès maternels résultent de complications à l’accouchement (par exemple une
dystocie grave, en particulier chez les primigestes très jeunes, une hémorragie et des troubles
tensionnels), au début du post-partum (accident septique et hémorragie) ou après un avortement non
médicalisé. Les facteurs le plus souvent à l’origine de ces décès sont l’absence de personnel de santé
qualifié1 pendant l’accouchement, de services capables de dispenser des soins obstétricaux d’urgence
et de prendre en charge les complications des avortements non médicalisés, et l’inefficacité du
système d’orientation-recours.

13. Plus de 50 % des femmes qui vivent dans les régions les plus pauvres du monde, et plus de
80 % dans certains pays, mettent leur enfant au monde sans l’aide d’une accoucheuse qualifiée. En
Afrique subsaharienne, ce chiffre est resté le même au cours des dix dernières années. Alors que les
soins prénatals existent et sont largement dispensés dans les pays industrialisés, près de la moitié des
femmes enceintes dans le sud de l’Asie et un tiers en Asie occidentale et en Afrique subsaharienne ne
bénéficiaient d’aucune prestation prénatale à la fin des années 90, proportion qui, par contraste, était
inférieure à un cinquième en Asie orientale ainsi qu’en Amérique latine et aux Caraïbes.

14. Sur les 10,8 millions de décès d’enfants de moins de cinq ans enregistrés dans le monde,
3 millions ont lieu pendant les 7 premiers jours de la période néonatale. On estime en outre à
2,7 millions le nombre d’enfants mort-nés. Un grand nombre de ces décès sont dus au mauvais état de
santé de la mère et à l’insuffisance des soins pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum.
Dans les pays en développement, le taux de mortalité néonatale (pendant les 28 jours qui suivent la
naissance) n’a pas changé depuis le début des années 80 et reste d’environ 30 décès pour
1000 naissances vivantes. Par ailleurs, le décès de la mère peut gravement compromettre la survie de
l’enfant.

Planification familiale

15. Le recours à la contraception est devenu beaucoup plus fréquent dans nombre de pays en
développement et est presque aussi répandu dans certains d’entre eux que dans les pays développés.
Des enquêtes indiquent pourtant que, dans les pays en développement et les pays en transition, plus de

1
Par « personnel de santé qualifié » ou « accoucheuse qualifiée », on entend un ou des professionnels de santé tels
qu’une sage-femme, un médecin ou une infirmière qui ont les qualifications et les compétences nécessaires pour prendre en
charge un accouchement normal et la période qui suit immédiatement la naissance, qui savent reconnaître les complications
et, au besoin, dispenser des soins d’urgence et/ou adresser le cas à un niveau supérieur de soins de santé.

6
Annexe A57/13

120 millions de couples ne disposent d’aucune méthode de contraception sûre et efficace alors qu’ils
souhaitent éviter ou espacer les grossesses.

16. Entre 9 % et 39 % des femmes mariées (ou vivant en couple) sont privées des services de
planification familiale dont elles ont besoin. D’après les données, les besoins des adolescents et des
adultes sexuellement actifs non mariés ne sont pas satisfaits non plus. On compte chaque année
environ 80 millions de grossesses non désirées, dont certaines sont dues à un échec de la
contraception, aucune méthode n’étant efficace à 100 %.

Avortement non médicalisé

17. Sur les quelque 45 millions de grossesses non désirées interrompues chaque année, on estime à
19 millions le nombre d’avortements non médicalisés ;1 40 % des avortements non médicalisés sont
pratiqués chez des femmes jeunes, qui ont entre 15 et 24 ans. D’après les estimations, 68 000 femmes
en meurent chaque année, ce qui représente 13 % de tous les décès liés à la grossesse. L’avortement
non médicalisé est en outre à l’origine d’une très importante morbidité. Des études indiquent par
exemple qu’au moins une femme sur cinq qui subissent un avortement non médicalisé contracte une
infection de l’appareil reproducteur. Il s’agit parfois d’infections graves, qui entraînent la stérilité.

Infections sexuellement transmissibles, y compris l’infection à VIH, et infections de


l’appareil reproducteur

18. D’après les estimations, il se produit chaque année 340 millions de nouveaux cas d’infection
bactérienne sexuellement transmissible, dont la plupart sont accessibles au traitement. Beaucoup de
ces infections ne sont pas soignées, car elles sont difficiles à diagnostiquer et parce qu’il n’y a pas de
services compétents et abordables. On recense de plus tous les ans des millions de cas d’infections
virales, pour la plupart incurables, notamment 5 millions de nouveaux cas d’infection à VIH, dont
600 000 chez des nourrissons après transmission du virus par la mère à son enfant.

19. L’infection à papillomavirus humain sexuellement transmissible est étroitement liée au cancer
du col de l’utérus, chaque année diagnostiqué chez plus de 490 000 femmes, dont 240 000
succombent. Les trois quarts des cancers du col se produisent dans les pays en développement où les
programmes de dépistage et de traitement sont très insuffisants, voire inexistants.

20. Chaque année, plus de 100 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans contractent des infections
sexuellement transmissibles en majorité curables. Elles facilitent l’acquisition et la transmission du
VIH. Près de la moitié des nouveaux cas d’infection à VIH concernent des jeunes. Malgré les
tendances favorables observées récemment chez les jeunes (en particulier chez les femmes) dans
certains pays d’Afrique, il y a en Afrique subsaharienne près de deux fois plus de jeunes femmes
porteuses du virus que d’hommes infectés. En 2001, on estimait que dans cette région, entre 6 % et
11 % des jeunes femmes vivaient avec le VIH/SIDA, contre 3 % à 6 % des hommes jeunes. Dans
d’autres régions en développement, le VIH/SIDA est également plus répandu chez les femmes que
chez les hommes. On sait en outre que les infections de l’appareil reproducteur telles que la vaginose

1
Un avortement non médicalisé se définit comme un acte effectué en vue d’interrompre une grossesse non désirée
par des personnes qui n’ont pas les compétences nécessaires ou dans des conditions qui ne répondent pas aux normes
médicales minimales, ou les deux (voir The prevention and management of unsafe abortion, Report of a technical working
group, document WHO/MSM/92.5, 1992).

7
A57/13 Annexe

bactérienne et la candidose génitale, qui ne se transmettent pas par voie sexuelle, sont courantes, bien
qu’on manque d’informations sur leur prévalence et leurs conséquences.

21. Les infections sexuellement transmissibles sont aussi une cause importante de stérilité : 60 à
80 millions de couples dans le monde sont stériles et doivent renoncer à avoir des enfants, la plupart
du temps à cause d’une obstruction tubaire résultant d’une infection sexuellement transmissible non
soignée ou mal soignée.

22. Pris ensemble, les problèmes de santé génésique et sexuelle – mortalité et morbidité maternelles
et périnatales, cancers, infections sexuellement transmissibles et VIH/SIDA – représentent près de
20 % de la charge mondiale de morbidité chez les femmes et quelque 14 % chez les hommes. Mais ces
statistiques ne rendent pas compte de toute la charge de morbidité. La violence à l’encontre des
femmes et les affections gynécologiques comme les problèmes menstruels graves, l’incontinence
urinaire et fécale due à des fistules obstétricales, le prolapsus utérin, la fausse couche et les
dysfonctionnements sexuels, qui toutes ont d’importantes conséquences sociales, psychologiques et
physiques, sont très sous-estimées dans les chiffres actuels de la charge mondiale de morbidité.
L’OMS estime que les rapports sexuels à risque occupent la deuxième place dans le classement des
plus grands facteurs de risque pour la santé dans le monde.

Obstacles au progrès

Inégalité des sexes

23. L’inégalité des sexes en matière de santé est souvent frappante. Il arrive que les familles
dépensent moins pour l’alimentation, la santé, la scolarisation et la formation professionnelle des filles
que pour celles des garçons. La discrimination sexuelle et le statut social inférieur des filles et des
femmes influent souvent sur leur état de santé physique et mentale, les exposent à des violences
physiques ou psychologiques et les empêchent de bien maîtriser leur vie, en particulier leur sexualité
et tout ce qui concerne la procréation.

24. Sous ses multiples formes, la violence que subissent les femmes a des répercussions sur leur
santé génésique et sexuelle. Les violences infligées notamment par un partenaire intime, phénomène
qui s’observe partout dans le monde, comprennent les sévices physiques, sexuels et psychologiques.
Des études montrent qu’entre 4 % et 20 % des femmes sont victimes de violences pendant leur
grossesse, avec pour conséquences pour elles-mêmes et pour leur enfant une fausse couche, un travail
prématuré et un faible poids de naissance. Il ressort des données dont on dispose que, dans certains
pays, près d’une femme sur quatre subit des violences sexuelles de la part de son partenaire intime. Le
viol et les agressions sexuelles par des personnes connues ou étrangères sont également fréquents. La
traite des femmes et des enfants ainsi que la prostitution forcée sont aussi des problèmes, dans
certaines régions. Les problèmes de santé génésique et sexuelle qui en découlent pour les femmes sont
nombreux, à savoir grossesse non désirée, avortement non médicalisé, douleurs chroniques, infections
sexuellement transmissibles, y compris l’infection à VIH, et troubles gynécologiques.

Risques auxquels sont exposés les adolescents

25. Dans la plupart des pays, les tabous et les pratiques sexuelles admises (notamment le mariage
d’enfants, les mutilations sexuelles féminines et l’initiation sexuelle précoce) bloquent l’accès à
l’information, aux services de santé génésique et à d’autres formes d’aide dont les jeunes ont besoin
pour être en bonne santé. Or, les comportements sexuels à l’adolescence (entre 10 et 19 ans) ont des
conséquences immédiates et à plus longue échéance. Dans certaines régions du monde, l’activité

8
Annexe A57/13

sexuelle commence à l’adolescence et comporte souvent des risques, aussi bien dans le cadre du
mariage que hors mariage. Les adolescents sont rarement armés ou suffisamment soutenus pour
refuser un rapport sexuel, faire accepter des rapports à moindre risque ou prendre eux-mêmes les
précautions nécessaires contre une grossesse non désirée ou une infection sexuellement transmissible.
Chez les très jeunes filles, la grossesse présente un risque important de mortalité et de morbidité
maternelles. Il est indispensable de répondre aux besoins et de protéger les droits des adolescents, au
nombre de 1,2 milliard aujourd’hui, pour préserver leur santé et celle des générations futures.

Inégalités liées à la pauvreté et accès aux services de santé

26. Presque partout dans le monde, la pauvreté va de pair avec un accès difficile aux services de
santé, en particulier aux services de santé maternelle. C’est dans les pays les plus pauvres que les
problèmes de santé génésique et sexuelle sont les plus importants, car les services de santé y sont
généralement dispersés ou matériellement inaccessibles, manquent de personnel, de ressources et de
matériel et coûtent trop cher pour la majorité des personnes démunies. Trop souvent, les améliorations
apportées aux services de santé publics profitent avant tout aux classes aisées, et il est
malheureusement possible en théorie d’atteindre certains des objectifs sanitaires internationaux en
laissant de côté le quintile de la population qui a les plus faibles revenus et les groupes vulnérables.

27. Depuis les années 80, nombre de pays ont engagé des réformes dans le secteur de la santé qui
influent sur l’existence et l’accessibilité des services de santé, y compris les services de santé
génésique et sexuelle. Les systèmes de financement tels que les régimes d’assurance par prépaiement
et les subventions basées sur la situation de fortune ont rarement assuré aux pauvres l’accès équitable
souhaité. Il faut donc veiller tout particulièrement à ce que les groupes défavorisés aient accès à la
prévention, au traitement et aux services vitaux tels que les soins obstétricaux d’urgence.

Autres problèmes

28. L’aide au développement a diminué d’une manière générale ces dernières années, tandis que de
nouveaux mécanismes de financement extérieur ont vu le jour dans le secteur de la santé, tels que les
documents stratégiques de lutte contre la pauvreté, les approches sectorielles et l’aide budgétaire
directe. Par ailleurs, d’importantes nouvelles sources de financement de l’action sanitaire, comme le
Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, concentrent les ressources sur
des maladies et des interventions données. Il importe de veiller à ce que ces nouveaux mécanismes
contribuent à développer durablement les systèmes de santé, y compris les services de santé génésique
et sexuelle.

29. L’insuffisance des ressources humaines est, dans beaucoup de pays, un obstacle majeur à
l’expansion des services intégraux de santé génésique et sexuelle et à une meilleure qualité des soins.
Les problèmes sont notamment une grave pénurie de personnel, le manque de qualification, le
roulement rapide et le départ des agents qualifiés, l’utilisation et l’affectation peu rationnelles du
personnel en place. La mauvaise performance et le roulement fréquent des professionnels de santé
viennent essentiellement de ce que les salaires sont bas ou ne sont pas toujours versés et de ce que la
formation, l’encadrement et les conditions de travail sont médiocres. Une planification stratégique
permettant de former et de fidéliser un personnel de santé compétent, par exemple des accoucheuses
qualifiées, est indispensable pour améliorer les soins de santé génésique et sexuelle.

30. Outre les difficultés d’accès aux services de santé en général que connaissent les pauvres et les
personnes défavorisées en raison de l’éloignement, du manque de transports, du coût des services et de
conditions discriminatoires, la santé génésique présente des difficultés particulières dues à des facteurs

9
A57/13 Annexe

socioculturels comme les tabous qui entourent la procréation et la sexualité, le peu de pouvoir qu’ont
les femmes dans ce domaine, le peu d’importance accordé à leur santé et l’attitude négative ou
moralisatrice des membres de la famille et des prestateurs de soins de santé. Un examen global des
croyances, des attitudes et des valeurs par les communautés et les prestateurs locaux est un bon point
de départ pour surmonter ces obstacles fondamentaux.

31. Ces deux dernières décennies, la santé génésique a fait des progrès grâce à la mise au point de
technologies pouvant sauver des vies et à l’adoption de pratiques cliniques et programmatiques
efficaces. Cependant, malgré l’existence de bases de données électroniques et d’outils interactifs, de
nombreux systèmes de santé et prestateurs de services accèdent difficilement ou n’ont pas accès du
tout aux nouvelles informations. Bien souvent, les projets pilotes qui ont fait leurs preuves dans de
nombreux pays, y compris ceux qui font appel à de nouvelles technologies et aux meilleures pratiques,
ne sont pas appliqués à grande échelle. Faute d’une planification stratégique fondée sur des données
qualitatives et quantitatives adéquates, les raisons pour lesquelles les services sont de qualité médiocre
et difficilement accessibles ou peu utilisés ne sont pas entièrement élucidées.

32. Dans certains pays, la législation, la politique et la réglementation bloquent l’accès aux services
(en interdisant par exemple la contraception aux personnes non mariées), restreignent inutilement le
rôle du personnel de santé (en interdisant par exemple aux sages-femmes d’effectuer des actes
salvateurs tels que le retrait du placenta), empêchent d’assurer certains services (comme l’octroi sans
ordonnance d’une contraception d’urgence) ou limitent l’importation de certains médicaments et
technologies essentiels. La levée de telles barrières faciliterait grandement l’accès aux services.

II. LA STRATEGIE POUR ACCELERER LES PROGRES

33. La stratégie est destinée d’une manière générale à accélérer les progrès en vue de la réalisation
des objectifs internationaux de santé génésique pour, à terme, assurer à tous le meilleur état de santé
génésique et sexuelle possible.

Principe directeur : les droits de l’homme

34. La stratégie de l’OMS pour accélérer les progrès s’appuie sur les instruments internationaux et
les déclarations reflétant un consensus mondial qui ont trait aux droits de l’homme et qui
reconnaissent notamment le droit de tout être humain de posséder le meilleur état de santé qu’il est
capable d’atteindre ; le droit fondamental de tous les couples et des individus de décider librement et
avec discernement du nombre de leurs enfants et de l’espacement de leurs naissances et de disposer
des informations et des moyens nécessaires pour ce faire ; le droit des femmes d’avoir prise sur leur
sexualité et de prendre des décisions libres et responsables en matière de santé génésique et sexuelle,
sans être en butte à la coercition, à la discrimination ou à la violence ; le même droit pour les hommes
et pour les femmes de choisir leur époux ou leur épouse et de ne se marier que s’ils y consentent
librement et pleinement ; le droit d’accéder à l’information sanitaire utile ; et le droit de tout un chacun
de bénéficier des progrès scientifiques et de leurs applications. Pour que ces droits soient respectés, les
politiques, programmes et interventions doivent promouvoir l’égalité des sexes, donner la priorité aux
populations ou groupes de population pauvres et mal desservis, en particulier les adolescents, et aider
tout spécialement les pays les plus touchés par les problèmes de santé génésique et sexuelle.

10
Annexe A57/13

Eléments fondamentaux de la santé génésique et sexuelle

35. La santé génésique et sexuelle se compose de cinq éléments fondamentaux : améliorer les soins
prénatals, les soins périnatals, les soins du post-partum et les soins au nouveau-né ; assurer des
services de planification familiale de grande qualité, y compris contre la stérilité ; éliminer le problème
de l’avortement non médicalisé ; combattre les infections sexuellement transmissibles, y compris
l’infection à VIH, les infections de l’appareil reproducteur, le cancer du col utérin et d’autres
affections gynécologiques ; et promouvoir la santé sexuelle. Les différents éléments de la santé
génésique et sexuelle étant étroitement liés entre eux, il est probable que les interventions entreprises
dans un domaine auront des retombées positives sur les autres. Il est indispensable que les pays
renforcent les services existants et s’en servent de point d’accès pour appliquer de nouvelles
interventions en veillant à ce que la synergie soit maximale.

36. Dans la plupart des pays, le principal point d’accès aux soins est l’ensemble des services assurés
pendant la période prénatale, à l’accouchement et pendant le post-partum, prestations qui sont au
centre des soins de santé primaires. Pour réduire la morbidité et la mortalité maternelles, ainsi que la
mortalité périnatale, il faut que chaque accouchement soit pratiqué par un personnel qualifié et que des
soins obstétricaux d’urgence complets soient prodigués en cas de complications. Ces services exigent
des systèmes d’orientation-recours efficaces afin d’assurer la communication et le transport entre les
différents lieux où sont fournies les prestations. Les services de santé maternelle offrent une occasion
précieuse de dispenser aux femmes des services de planification familiale. Ils sont également un
excellent moyen de proposer aux femmes des services de prévention, de conseil, de dépistage et de
traitement de l’infection à VIH, ainsi que de prévenir la transmission du VIH pendant la grossesse et
l’accouchement ou à travers l’allaitement. Ce sont même les seuls services à pouvoir dispenser
efficacement ces interventions. Ces différents points sont abordés de manière plus détaillée dans la
stratégie OMS pour une grossesse à moindre risque.

37. En tant que cause évitable de mortalité et de morbidité maternelles, l’avortement non médicalisé
doit être pris en compte dans l’objectif du Millénaire pour le développement qui consiste à améliorer
la santé maternelle et au titre d’autres buts et cibles internationaux de développement. Plusieurs
mesures d’urgence doivent être prises, y compris pour renforcer les services de planification familiale
afin d’éviter les grossesses non désirées et, dans la mesure autorisée par la loi, pour rendre les services
disponibles et accessibles. Toujours dans la mesure autorisée par la loi, il convient de former les
dispensateurs de services aux techniques modernes et de leur fournir les médicaments et fournitures
nécessaires, techniques et matériels qui devraient être mis à disposition pour les soins gynécologiques
et obstétricaux ; il faudrait également apporter un soutien social et d’autres formes d’aide aux femmes
en cas de grossesse non désirée et, dans la mesure autorisée par la loi, proposer des services
d’interruption de grossesse au niveau des soins de santé primaires. Pour les femmes qui souffrent de
complications d’un avortement non médicalisé, un traitement rapide et humain dans le cadre des soins
consécutifs à un avortement doit pouvoir être proposé.

38. La forte augmentation du recours à la contraception dans les pays en développement depuis 20 à
30 ans témoigne du succès des programmes de planification familiale dans la plupart des pays. Ces
programmes sont un élément essentiel des services visant à réduire la morbidité et la mortalité
maternelles et périnatales, car ils permettent aux femmes de reporter, d’espacer leurs grossesses ou
d’en limiter le nombre. Ces services étant directement liés à l’issue des relations sexuelles, ils sont
particulièrement bien placés pour promouvoir la santé sexuelle et les efforts visant à prévenir les
infections sexuellement transmissibles et la transmission du VIH.

39. Les infections sexuellement transmissibles sont parfois diagnostiquées et soignées par les
pharmaciens, les vendeurs de médicaments ou les guérisseurs traditionnels, souvent mal. Différentes

11
A57/13 Annexe

tentatives ont été faites pour atteindre les femmes en intégrant le traitement des infections
sexuellement transmissibles dans les services de santé maternelle et infantile et/ou de planification
familiale existants, mais avec un succès mitigé. Néanmoins, l’expérience montre que l’intégration de
la prévention des infections sexuellement transmissibles dans les services de planification familiale,
surtout par le conseil et la parole au sujet de la sexualité et des relations avec le partenaire, s’est
traduite par une plus grande utilisation des services et une amélioration de la qualité des soins. Ces
projets pourraient être développés et améliorés afin d’élargir la couverture et de toucher également les
hommes, les jeunes et d’autres groupes qui n’étaient pas précédemment visés par la planification
familiale. En outre, le traitement présomptif chez les groupes à haut risque et les programmes
complets, à base communautaire, de lutte contre les infections sexuellement transmissibles pourraient
largement contribuer à la réduction des taux de transmission du VIH.

40. Les avantages supplémentaires que pourrait apporter un renforcement des services de santé
génésique sont nombreux : une attention accrue portée à la violence à l’égard des femmes, problème
actuellement traité dans divers contextes, par exemple en proposant une contraception d’urgence, une
interruption de grossesse (dans la mesure autorisée par la loi) si elle est demandée, le traitement des
infections sexuellement transmissibles et la prophylaxie postexposition de l’infection à VIH à la suite
d’un viol, le dépistage et le traitement du cancer du col de l’utérus, la prévention de la stérilité
primaire et secondaire et le traitement des affections gynécologiques. Des services de santé génésique
et sexuelle bien conçus et dispensés de manière efficace, notamment en s’appuyant sur la participation
de la communauté, peuvent également contribuer à améliorer les relations entre clients et
dispensateurs, élargir la participation des hommes, et aider les femmes à faire des choix en matière de
procréation.

41. Tous les services de santé génésique et sexuelle ont un rôle essentiel à jouer en fournissant des
informations et en dispensant des conseils en vue de promouvoir la santé sexuelle. Des informations
appropriées peuvent également contribuer à une meilleure communication entre partenaires et à une
prise de décision plus saine en matière de sexualité, qui peut passer par l’abstinence ou l’utilisation de
préservatifs.

Mesures à prendre

42. L’OMS propose les principaux domaines d’action suivants aux pays et entend aider les Etats
Membres à développer et renforcer leurs moyens afin d’améliorer la santé génésique et sexuelle.
Chaque pays devra recenser les problèmes, définir les priorités et élaborer des stratégies en vue de
mener une action accélérée suivant un processus de consultation auquel prennent part tous les
intéressés. Les cinq principales mesures sont les suivantes : renforcer les capacités des systèmes de
santé, améliorer l’information pour définir les priorités, mobiliser la volonté politique, créer des cadres
législatifs et réglementaires propices et développer la surveillance, l’évaluation et la responsabilité.

Renforcer les capacités des systèmes de santé

43. L’une des conditions préalables à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le
développement qui ont trait à la survie de la mère et de l’enfant et au VIH/SIDA ainsi que des
objectifs plus généraux en matière de santé génésique et sexuelle est l’existence d’un système de soins
de santé essentiels qui fonctionne correctement aux niveaux primaire, secondaire et tertiaire. Dans
certains pays, la capacité des services de santé de base devra être sensiblement renforcée pour leur
permettre d’assurer toute la gamme des prestations de santé génésique et sexuelle essentielles. La
planification dans ce domaine au niveau national devra porter sur des mécanismes de financement
durables, les ressources humaines, la qualité de la prestation de services et l’utilisation des services.

12
Annexe A57/13

44. Mécanismes de financement durables. L’importance capitale des besoins en matière de santé
génésique et sexuelle doit être prise en compte lors de l’élaboration de stratégies et de plans nationaux
du secteur de la santé. Les réformes du secteur de la santé et les initiatives connexes telles que les
approches sectorielles du financement par des donateurs ont été encouragées comme moyen de
renforcer les systèmes de santé. La tâche consiste à faire en sorte que ces initiatives et les autres
mécanismes de financement favorisent la qualité et l’exhaustivité des services de santé génésique et
sexuelle et l’accès universel.

45. Les mesures nécessaires dans ce domaine sont les suivantes :

1) placer la santé génésique et sexuelle au centre des processus nationaux d’élaboration de


stratégies et de planification, y compris les documents stratégiques de lutte contre la pauvreté et
les stratégies de coopération de l’OMS avec les pays ;

2) faire en sorte que la santé génésique et sexuelle soit convenablement prise en compte
dans les plans nationaux du secteur de la santé, y compris dans le cadre de l’initiative
« 3 millions d’ici 2005 », les propositions au Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la
tuberculose et le paludisme et autres initiatives pertinentes ;

3) privilégier la santé génésique et sexuelle dans les ensembles de services essentiels prévus
par les réformes du secteur de la santé et les approches sectorielles ; et

4) lorsque de nouveaux mécanismes de financement sont mis en place, tels que le partage
des coûts, prévoir des moyens qui facilitent l’accès des adolescents, des pauvres et autres
groupes défavorisés aux services, suivre les effets de ces politiques et les adapter à la situation
locale.

46. Ressources humaines. Il est indispensable, pour améliorer la santé et les soins de santé en
général, de savoir former, recruter, affecter et fidéliser un personnel de santé qualifié. De nombreuses
interventions essentielles en matière de santé génésique et sexuelle peuvent être menées par des
professionnels de niveau intermédiaire et du personnel paramédical. Le problème est de déterminer
quels doivent être les effectifs d’agents de santé, leurs compétences et quelle formation ils doivent
suivre pour assurer au mieux les services jugés prioritaires. Les agents de santé devront bénéficier de
conditions leur permettant de réaliser pleinement leur potentiel et les incitant à travailler avec tous les
groupes de population, y compris les plus pauvres.

47. Les mesures nécessaires dans ce domaine sont les suivantes :

1) déterminer, à tous les niveaux, les besoins essentiels en nombre et la répartition des
agents de santé ainsi que les compétences nécessaires pour effectuer les interventions jugées
prioritaires en matière de santé génésique et sexuelle ;

2) évaluer et améliorer le milieu de travail, les conditions d’emploi et l’encadrement ;

3) élaborer une stratégie destinée à motiver et à fidéliser le personnel qualifié ; et

4) promouvoir des politiques qui permettent aux agents de santé d’utiliser pleinement leurs
compétences.

13
A57/13 Annexe

48. Qualité de la prestation de services. Les méthodes de pointe appliquées dans les hôpitaux
universitaires et les projets particuliers ne sont pas toujours adoptés ou reproduits dans l’ensemble du
système, ce qui fait que la performance générale reste médiocre et que des inégalités persistent en
matière de qualité et d’accès. Dans le cadre de la décentralisation de la planification et des
responsabilités associée aux réformes du secteur de la santé, il convient de veiller particulièrement à
faciliter l’adoption de bonnes pratiques à l’échelle du système. Des systèmes logistiques permettant un
approvisionnement ininterrompu en produits essentiels doivent être mis sur pied.

49. Les mesures nécessaires dans ce domaine sont les suivantes :

1) effectuer une planification stratégique, en y associant les professionnels de santé et les


administrateurs, évaluer la qualité des soins et déterminer quel serait le meilleur moyen
d’améliorer la qualité compte tenu des ressources disponibles ;

2) concevoir et mettre à l’épreuve des stratégies visant à élargir les interventions d’efficacité
avérée ;

3) élaborer et adopter des normes de pratiques cliniques dans les secteurs public et privé et
en contrôler l’application ;

4) recruter des partenaires parmi les organisations non gouvernementales et dans les secteurs
privé et commercial afin d’accroître la disponibilité et l’utilisation des services de santé
génésique ; et

5) promouvoir la mise en commun des expériences à l’intérieur des pays et entre eux.

50. Utilisation des services. Même lorsque les services de santé existent, il y a de nombreuses
raisons – sociales, économiques et culturelles – qui font que les gens ne les utilisent pas toujours, en
particulier en ce qui concerne la santé génésique et sexuelle. Pour repérer et surmonter les obstacles, il
faut travailler avec les femmes, les jeunes et d’autres groupes communautaires afin de mieux
comprendre leurs besoins, analyser les problèmes et trouver des solutions acceptables.

51. Les mesures nécessaires dans ce domaine sont les suivantes :

1) entreprendre des travaux de recherche sociale et opérationnelle afin de recenser les


obstacles à l’utilisation des services, de mettre au point et de tester des mesures pour les
surmonter ; et

2) utiliser des méthodes fondées sur la participation pour travailler avec les communautés,
les institutions du secteur public et du secteur privé et les organisations non gouvernementales
afin de surmonter ces obstacles et de promouvoir une utilisation appropriée des services
disponibles.

Améliorer l’information pour définir les priorités

52. Il faut analyser les données épidémiologiques et les données relatives aux sciences sociales pour
mieux connaître le type, la gravité et la répartition des problèmes de santé génésique et sexuelle et
l’exposition aux risques dans la population, interpréter la dynamique qui est à l’origine de ces
problèmes de santé et mettre en lumière les liens entre ceux-ci et la pauvreté, la vulnérabilité sociale
ou l’appartenance sexuelle. Une collecte et une analyse améliorées des données, y compris des

14
Annexe A57/13

informations sur les coûts et la rentabilité, sont indispensables pour choisir entre des priorités d’action
concurrentes et axer les interventions du système de santé sur les domaines les plus susceptibles
d’apporter un réel progrès dans la limite des ressources disponibles.

53. Le processus de définition des priorités sur la base de données de qualité doit toutefois
impliquer les multiples parties prenantes, qui vont des pouvoirs publics aux organismes bilatéraux et
multilatéraux en passant par les associations professionnelles, les groupes de femmes et autres secteurs
de la société civile. Rassembler ces partenaires, qui ont des points de vue différents, aidera à dégager
un large consensus, favorisera la collaboration et accroîtra les chances de réussite des interventions.
Les différentes parties prenantes doivent soigneusement peser le rapport coût/efficacité, d’une part, et
l’équité, d’autre part, et prendre en considération la nécessité d’investir davantage pour pouvoir
atteindre les groupes les plus pauvres ou autres groupes défavorisés.

54. Les mesures nécessaires dans ce domaine sont les suivantes :

1) développer les capacités de collecte et d’analyse des données sur l’état de santé et ses
déterminants ainsi que sur le fonctionnement des services de santé au niveau local, au niveau
des districts et au niveau national ; et

2) fixer les priorités sur la base de données, après consultation des différentes parties
prenantes, et en veillant toujours à assurer un accès équitable, notamment pour les groupes
pauvres et autres groupes défavorisés.

Mobiliser la volonté politique

55. Le fait de créer un environnement dynamique par un soutien résolu aux niveaux local, national
et international des initiatives de santé génésique et sexuelle reposant sur les droits aidera à vaincre
l’inertie, à galvaniser les investissements, à assurer une qualité élevée et à instaurer des mécanismes
qui permettent de rendre compte des performances. Cela exige la participation non seulement des
ministères de la santé, mais également de ceux des finances, de l’éducation et sans doute d’autres
secteurs et de leurs homologues aux niveaux local et des districts. L’engagement politique et l’action
de sensibilisation doivent être suffisamment solides pour soutenir des politiques et des programmes
valables, en particulier en faveur des groupes sous-desservis.

56. Les mesures nécessaires dans ce domaine sont les suivantes :

1) mobiliser un appui solide en faveur des investissements dans la santé génésique et


sexuelle en faisant valoir les avantages pour la santé publique et sur le plan des droits de
l’homme ;

2) mobiliser les principales parties prenantes (par exemple des professionnels de santé, des
juristes, des associations de défense des droits de l’homme, des associations de femmes, des
ministères, des dirigeants et partis politiques, des chefs religieux et communautaires) afin de
soutenir un programme d’action national en matière de santé génésique et sexuelle et utiliser de
façon concertée les médias ; et

3) réunir des arguments solides, fondés sur des données factuelles, en faveur de
l’investissement stratégique dans la santé génésique et sexuelle et les droits des adolescents, et
inscrire ces questions en bonne place dans le programme d’action national ; diffuser des
informations sur la nature, les causes et les conséquences des problèmes de santé génésique des

15
A57/13 Annexe

adolescents et leurs besoins, notamment leur vulnérabilité aux infections sexuellement


transmissibles, y compris l’infection à VIH, les grossesses non désirées, l’avortement à risque,
le mariage ou les grossesses précoces, et la violence ou la coercition sexuelle, aussi bien dans le
mariage que hors mariage.

Créer des cadres législatifs et réglementaires propices

57. La levée de restrictions inutiles dans les politiques et les réglementations, afin de créer un cadre
favorable à la santé génésique et sexuelle, devrait contribuer sensiblement à améliorer l’accès aux
services.

58. Des réglementations sont nécessaires pour que les produits soient mis à disposition de manière
régulière et équitable et soient conformes à des normes de qualité internationales. En outre, un
environnement réglementaire efficace s’impose pour assurer la responsabilité des secteurs public et
privé dans la fourniture de soins de qualité à l’ensemble de la population.

59. Les mesures nécessaires dans ce domaine sont les suivantes :

1) passer en revue les lois et les politiques et si nécessaire les modifier afin qu’elles
favorisent un accès équitable et universel aux services ainsi qu’à l’éducation et à l’information
en matière de santé génésique et sexuelle ;

2) veiller à ce qu’il existe des réglementations et des normes garantissant que les produits
nécessaires (médicaments, matériel et fournitures), conformes à des normes internationales de
qualité, sont disponibles de manière régulière et équitable ; et

3) fixer des normes de performance et mettre au point des mécanismes de surveillance et de


responsabilité s’agissant de la fourniture des services ainsi que de la collaboration et de l’action
complémentaire entre les secteurs public, privé et non gouvernemental.

Développer la surveillance, l’évaluation et la responsabilité

60. La surveillance et l’évaluation sont essentielles pour déterminer ce qui fonctionne et ce qui ne
fonctionne pas, et pourquoi. Elles peuvent également révéler une évolution des besoins ou des effets
inattendus, positifs ou négatifs.

61. Les mesures nécessaires dans ce domaine sont les suivantes :

1) établir, ou les renforcer s’ils existent déjà, des mécanismes de surveillance et d’évaluation
fondés sur un plan clair définissant les résultats à obtenir, comment et dans quels délais, et un
ensemble d’indicateurs précis reposant sur des données de base solides ;

2) suivre les réformes engagées dans le secteur de la santé, les approches sectorielles et la
mise en oeuvre d’autres mécanismes de financement, tels que les documents stratégiques de
lutte contre la pauvreté, le partage des coûts ou le soutien budgétaire direct, afin de veiller à ce
qu’ils profitent aux pauvres et aux autres groupes socialement ou économiquement marginalisés
et contribuent à renforcer les services de santé génésique et sexuelle à tous les niveaux ; et

3) mettre au point des mécanismes (comités locaux ou réunions communautaires, par


exemple) pour accroître la responsabilité au niveau des établissements et des districts.

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Annexe A57/13

Engagement de l’OMS en faveur de la réalisation des objectifs mondiaux en matière de


santé génésique

62. Dans tous les domaines d’action susmentionnés, l’OMS continuera d’apporter une assistance
technique aux pays et développera celle-ci :

• en soutenant la recherche orientée sur l’action et le renforcement des capacités de recherche ;

• en rationalisant et ciblant soigneusement des normes fondées sur des données factuelles ;

• en menant une action de sensibilisation mondiale aux questions de santé génésique et sexuelle.

63. Toutes ces activités prendront systématiquement en compte la question de l’équité, y compris
l’équité entre les sexes, qui sera promue, de même que la dimension droits de l’homme de la santé
génésique et sexuelle.

64. Au niveau mondial, l’OMS :

1) redoublera d’efforts pour mettre en oeuvre l’initiative Pour une grossesse à moindre
risque en tant qu’élément prioritaire de la stratégie de santé génésique et sexuelle, en particulier
dans les pays où la mortalité maternelle est la plus élevée ;

2) continuera à renforcer ses partenariats avec d’autres organisations du système des Nations
Unies (en particulier le FNUAP, l’UNICEF et l’ONUSIDA), la Banque mondiale, les
associations de professions de santé, les organisations non gouvernementales et d’autres
partenaires afin d’assurer une collaboration et une action coordonnée entre tous les partenaires.
Le nouveau partenariat pour une maternité sans risque et la santé du nouveau-né, qui sera basé à
l’OMS, jouera un rôle essentiel à cet égard ;

3) s’attachera à promouvoir et à renforcer les services de santé génésique et sexuelle comme


base de la prévention et du traitement du VIH/SIDA, en particulier à travers la planification
familiale ; les soins prénatals et les soins lors de l’accouchement et du post-partum ; la lutte
contre les infections sexuellement transmissibles ; la promotion de pratiques sexuelles à
moindre risque ; et la prévention de la transmission mère-enfant du VIH. L’OMS veillera
également à ce que la santé génésique et sexuelle soit prise en compte en renforçant la
collaboration avec d’autres programmes clés de santé publique, y compris la vaccination, la
nutrition, la prévention et le traitement du paludisme et de la tuberculose, notamment chez la
femme enceinte ; et

4) garantira la transparence grâce à un processus de compte rendu des progrès accomplis en


matière de santé génésique et sexuelle dans le cadre de la réalisation des objectifs du Millénaire
pour le développement.

= = =

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