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Rouche

Le théorème de Rouche permet d'estimer le nombre de zéros d'une fonction holomorphe dans un disque en comparant avec une fonction voisine. Si deux fonctions f et g satisfont une certaine condition sur le bord du disque, elles ont le même nombre de zéros à l'intérieur. Des applications incluent la détermination des zéros de polynômes et d'équations comme z = tan z.

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Le théorème de Rouche permet d'estimer le nombre de zéros d'une fonction holomorphe dans un disque en comparant avec une fonction voisine. Si deux fonctions f et g satisfont une certaine condition sur le bord du disque, elles ont le même nombre de zéros à l'intérieur. Des applications incluent la détermination des zéros de polynômes et d'équations comme z = tan z.

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Théorème de Rouché et applications.

———————————————————–

Voir le livre de Rudin, Analyse réelle et complexe.

Rappel. Soit U un ouvert de C, a ∈ U et R > 0 tel que D(a, R) ⊂ U . Si f ∈ H(U ) ne s’annule pas sur
∂D(a, R), alors le nombre de zéros de f dans D(a, R) est égal à

f 0 (ζ)dζ
Z
1
= Indf (∂D(a,R)) (0).
2πi γ f (ζ)

En effet, les zéros de f dans D(a, R) sont en nombre fini (sinon, l’ensemble des zéros de f aurait un point
d’accumulation dans D(a, R) et f serait identiquement nulle sur D(a, R), donc sur ∂D(a, R)).
Soient (a1 , m1 ), . . . , (aN , mN ) les zéros de f dans D(a, R) comptés avec multiplicité.
Pour k = 1, . . . , N , il existe un voisinage D(ak , rk ) de ak où on peut écrire

f (z) = (z − ak )mk fk (z)

où fk ne s’annule pas D(ak , rk ).


On a alors dans D(ak , rk ) :
f 0 (z) ml f 0 (z)
= + k
f (z) z − ak fk (z)
ce qui montre que f 0 /f a des singularité polaires d’ordre 1 aux points ak et que le résidu de f 0 /f en ces
points est mk .
La formule des résidus donne
Z 0 N
1 f (ζ)dζ X
= mk ,
2πi γ f (ζ)
k=1

ce qui achève la preuve de ce rappel.

Le théorème de Rouché permet d’estimer le nombre de zéros d’une fonction dans un disque, si on sait
combien de zéros possède une fonction ”voisine”.

Théorème de Rouché. Soient f, g ∈ H(U ) où U est un ouvert de C. Si a ∈ U et si R > 0 est tel que
D(a, R) ⊂ U , et si
|f (z) − g(z)| < |f (z)| ∀z ∈ ∂D(a, R),
les fonctions f et g ont le même nombre de zéros dans D(a, R) (à condition de les compter avec multi-
plicités).

Preuve. Nous allons d’abord montrer le lemme suivant :

Lemme. Soient γ1 : [a, b] → C et γ2 : [a, b] → C deux chemins fermés dont l’intervalle de paramétrage
est [a, b]. On suppose que
∀t ∈ [a, b], |γ1 (t) − γ2 (t)| < |γ1 (t)|. (1)
Alors
Indγ1 (0) = Indγ2 (0). (2)
Preuve. En effet, (1) entraı̂ne que 0 6∈ γ1∗ et que 0 6∈ γ2∗ . Posons

γ2 (t)
γ(t) = .
γ1 (t)
Théorème de Rouché. 2

Nous avons
γ0 γ0 γ0
= 2− 1 (3)
γ γ2 γ1
et (1) montre que
|1 − γ(t)| < 1 ∀t ∈ [a, b].
Ainsi, γ ⊂ D(1, 1), et 0 et situé dans la composante connexe non bornée du complémentaire de γ ∗ , de

sorte que Indγ (0) = 0. En intégrant maintenant (3) sur [a, b], on obtient (2), ce qui prouve le lemme.

Preuve du théorème de Rouché. Soit γ = ∂D(a, R) le cercle orienté positivement de centre a et de rayon
R. Posons γ1 = f ◦ γ et γ2 = g ◦ γ.
Soient N1 et N2 les nombres de zéros de f et de g dans D(a, R). D’apprès le lemme précédent,

N1 = Indγ1 (0) = Indγ2 (0) = N2 .

Une application. Si n est un entier positif et si l’on pose

g(z) = z n + an−1 z n−1 + · · · + a1 z + a0 ,

où a0 , . . . , an−1 sont des nombres complexes, la fonction polynomiale g a exactement n zéros dans le plan.

Preuve. Posons f (z) = z n . Soit r > 1 et r > |an−1 | + · + |a0 |.


Si |z| = r, on a
n−1
X n−1
X
|f (z) − g(z)| = ak z k ≤ rn−1 |ak | < rn = |f (z)|.
k=0 k=0

Donc f et g ont le même nombre de zéros dans D(0, r), d’après le théorème de Rouché ; et comme f a n
zéros, la démonstration est terminée.

Une application (Nourdin, p. 65, beaucoup d’autres applications analogues dans bon nom-
bre d’ouvrages). Montrez que les 7 racines de z 7 −5z 3 +12 se trouvent dans la couronne {z, 1 < |z| < 2}.

Posons f (z) = 12 et g(z) = z 7 − 5z 3 + 12.


Si |z| = 1, alors |f (z) − g(z)| = | − z 7 + 5z 3 | ≤ |z|7 + 5|z|3 = 6 < 12, donc f et g ont le même nombre de
zéro dans le disque unité, c’est-à-dire 0.
Posons f (z) = z 7 et g(z) = z 7 − 5z 3 + 12.
Si |z| = 2, alors |f (z) − g(z)| = |5z 3 − 12| ≤ 5|z|3 + 12 = 52 < 128 = 27 = |f (z)|, donc f et g ont le même
nombre de zéros dans le disque de centre 0 et de rayon 2, c’est-à-dire 7.

Une version un peu plus générale du théorème de Rouché : soit U un ouvert étoilé. Soit
γ : [a, b] → U un chemin fermé simple, c’est-à-dire que γ ∗ est le bord d’un compact K inclus dans U et
que pour tout point z de K, on a Indγ (z) = 1.
Si f ∈ H(U ) ne s’annule pas sur γ ∗ , le nombre de zéros de f dans K est

f 0 (ζ)dζ
Z
1
.
2πi γ f (ζ)

La preuve est totalement identique à celle du cas où γ est un cercle.


Enfin, si f, g ∈ H(U ) sont telles que

|f (z) − g(z)| < |f (z)| ∀z ∈ γ ∗

les fonctions f et g ont le même nombre de zéros dans K (à condition de les compter avec multiplicités).
Là encore, la preuve est totalement similaire.
3 Agrégation : Analyse complexe.

Une application. L’équation z = tan z dans C n’a que des solutions réelles. Si on note rn la n−ième
solution dans R+
∗ (si celles-ci sont classées par ordre croissant), on a quand n → +∞
 
π 1 1 1
rn = nπ + − + +o
2 nπ 2πn2 n2

et

X 1
2
=
r
n=1 n

Sur chacun des intervalles ] − π2 + nπ, π2 + nπ[, pour n ∈ Z, la dérivée de la fonction tan est 1 + tan2 , tan
tend vers −∞ en (] − π2 + nπ)+ et vers +∞ en (] π2 + nπ)− , donc l’équation z = tan z admet une seule
racine rn dans ces intervalles.
On a r0 = 0 et pour tout n ∈ Z, rn = −r−n .
Soit n ∈ N∗ . Comme (rn )n →n→+∞ +∞, on en déduit que tan rn = rn tend vers +∞, donc que
rn = π2 + nπ − εn où (εn )n est une suite à valeurs dans ]0, π[ et (εn )n −→ 0.
On a alors tan rn = tan( π2 − εn ) = tan1 εn ∼n→+∞ ε1n et d’autre part tan rn = rn = nπ + π2 − εn ∼n→+∞ nπ
donc
1
εn ∼n→+∞ .

On obtient alors  
π 1 1
rn = nπ + − +o
2 nπ n
On peut itérer le processus. Si on écrit

π 1
rn = nπ + − + un ,
2 nπ
1

avec un = o n , alors
1 π 1
tan rn = 1
 = nπ + − + un .
tan nπ − un 2 nπ
1 1
− un + o n12 .
 
Or tan x =0 x + o(x2 ), donc tan nπ − un = nπ
Ceci nous donne donc
  
1 1 nπ 1
1
= 1 1
= 1
 = nπ 1 + nπun + o = nπ + n2 π 2 un + o(1)
tan nπ − un nπ − un + o n2 1 − nπun + o n
n

donc
π 1
nπ + n2 π 2 un + o(1) = nπ + − + un ,
2 nπ
soit encore
π
n2 π 2 un = + o(1).
2
On a alors
1
un ∼n→+∞ ,
2πn2
donc  
π 1 1 1
rn = nπ + − + +o
2 nπ 2πn2 n2
Pour conclure que les seules racines dans C de l’équation z = tan z sont les rn , il suffit de montrer que
l’équation z = tan z admet 2n + 1 racines dans le carré Cn de centre 0 et de côté 2nπ.
Pour cela, on pose f (z) = z cos z et g(z) = z cos z − sin z. Alors z = tan z si et seulement si g(z) = 0.
Nous avons besoin du lemme suivant :
Théorème de Rouché. 4

Lemme. Si z ∈ ∂Cn , z = x + iy, nous avons

| tan z| = | th y| si |x| = nπ et −nπ ≤ y ≤ nπ

1
th nπ ≤ | tan z| ≤ si |y| = nπ et −nπ ≤ x ≤ nπ
th nπ
Preuve du lemme. En effet, si z = x + iy, on a

| sin z| = | sin x cos iy + cos x sin iy| = | sin x ch y − i cos x sh y|

et
| cos z| = | cos x cos(iy) − sin x sin iy| = | cos x ch y + i sin x sh y|.
Si |x| = nπ et −nπ ≤ y ≤ nπ, nous avons
s
| sin z| sin2 x ch 2 y + cos2 x sh 2 y
| tan z| = = = | th y|
| cos z| cos2 x ch 2 y + sin2 x sh 2 y

tandis que si −nπ ≤ x ≤ nπ et |y| = nπ, nous avons


s s
sin2 x ch 2 y + cos2 x sh 2 y sin2 x ch 2 y + cos2 x ch 2 y 1 1
| tan z| = ≤ = =
cos2 x ch 2 y + sin2 x sh 2 y cos2 x sh 2 y + sin2 x sh 2 y | th y| th nπ

et s s
sin2 x ch 2 y + cos2 x sh 2 y sin2 x sh 2 y + cos2 x sh 2 y
| tan z| = ≥ = | th y| = th nπ.
cos2 x ch 2 y + sin2 x sh 2 y cos2 x ch 2 y + sin2 x ch 2 y
Ceci prouve le lemme.
Grâce au lemme, nous avons sur ∂Cn

|f (z) − g(z)| tan z 1


= ≤ <1
|f (z)| z nπ th nπ

si n ≥ 1.
On déduit du théorème de Rouché que f et g ont le même nombre de zéros dans Cn .
Or f (z) = 0 avec z = x + iy si et seulement si z = 0 ou bien cos x ch y = sin x sh y = 0, donc si et
seulement si z ∈ ( π2 + πZ) ∪ {0}. Il y a 2n + 1 tels points dans Cn , et le cardinal des rk pour k ∈ Z qui
sont dans Cn est aussi 2n + 1. Ceci prouve, in fine, que toutes les solutions de z = tan z sont les rn où
n ∈ Z.
Calculons maintenant ∞ 1
P
n=1 rn2 . On remarque que les rn pour n ∈ Z sont les zéros simples de g(z) =
z cos z − sin z, donc les pôles simples de

g 0 (z) z sin z
=
g(z) sin z − z cos z

dont les résidus sont égaux aux multiplicités, donc égaux à 1.


On considère alors
g 0 (z) sin z 1
F (z) = 2 = = 2 1 1

z g(z) z(sin z − z cos z) z z − tan z

qui a les mêmes pôles que g 0 /g qui sont les rn et sont simples, sauf r0 = 0 qui est un pôle triple.
Grâce au lemme, sur ∂Cn , nous avons
1
| tan z| ≤
th nπ

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