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Ce mémoire analyse la conciliation comme une alternative efficace aux procédures civiles en Côte d'Ivoire, mettant en avant ses avantages tels que la rapidité, le coût réduit et la préservation des relations entre parties. Malgré un cadre juridique favorable, la conciliation reste sous-exploitée en raison d'obstacles juridiques, culturels et institutionnels. L'objectif est d'identifier des moyens pour renforcer son utilisation et améliorer l'accès à la justice.

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Ce mémoire analyse la conciliation comme une alternative efficace aux procédures civiles en Côte d'Ivoire, mettant en avant ses avantages tels que la rapidité, le coût réduit et la préservation des relations entre parties. Malgré un cadre juridique favorable, la conciliation reste sous-exploitée en raison d'obstacles juridiques, culturels et institutionnels. L'objectif est d'identifier des moyens pour renforcer son utilisation et améliorer l'accès à la justice.

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AVERTISSEMENT

L'université des sciences et technologies de côte d’ivoire n'entend pas donner ni


approbation ni improbation dans les idées émises dans le présent mémoire, elles doivent être
considérées comme propres à leurs auteurs.

1
DÉDICACE

À notre père, KOUAME BOKO.

À notre mère, ADANOU KOSSIA.

À notre soeur, PRISCA BOKO.

2
REMERCIEMENTS

Nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance au president de l’université des sciences
et technologies de cote d’ivoire le PROFESSEUR FREDERIC DOHOU pour l’opportunité
d’approfondir nos études dans un environnement académique propice à la réflexion et à la
recherché.

Nous adressons nos sincères remerciements à tous les professeurs, intervenants et toutes les
personnes qui par leurs paroles, leurs écrits, leurs conseils et leurs critiques ont guidé nos
réflexions et ont accepté de nous rencontrer et de répondre à nos questions durant nos recherches.

3
SIGLES ET ABRÉVIATIONS

OMJ: observatoire des modes de justice

PRCAJ: programme de reduction des conflits et d’accès à la justice

CMAD: comité mixte d’action décentralisée

CFA: communauté financière africaine

PME: petite et moyenne entreprise

ONG: organisation non gouvernementale

ONU: organization des nations unies

SCI: société civile immobilière

4
SOMMAIRE

DEDICACES…………………………………………………………………………………...II

REMERCIEMENTS……………………………………………………………………………III

SIGLES ET ABREVIATIONS……………………………………………….………………..IV

INTRODUCTION………………………………………………………………………………1

PARTIE I : LA CONCILIATION UN MODE ALTERNATIF DE RÈGLEMENT DES

LITIGES AUX MULTIPLES ATOUTS………………………………………….

CHAPITRE I : LA NOTION DE CONCILIATION……………………………………………

CHAPITRE II : LES AVANTAGES CONCRETS DE LA CONCILIATION PAR RAPPORT

AUX PROCÉDURES JUDICIAIRES………………………………………..

PARTIE II : LES OBSTACLES A LA MISE EN ŒUVRE DE LA CONCILIATION

EN COTE D’IVOIRE ET LES MOYENS DE LES SURMONTER……………

CHAPITRE I : LES OBSTACLES ENTRAVANT LA MISE EN OEUVRE ÉFFECTIVE DE

LA CONCILIATION EN COTE D’IVOIRE…………………………………..

CHAPITRE II : SURMONTER LES OBSTACLES A LA MISE EN OEUVRE DE LA

CONCILIATION EN COTE D’IVOIRE……………………………………..

5
INTRODUCTION

6
Dans la société ivoirienne, le règlement des litiges est souvent perçu à travers le prisme
des procédures judiciaires classiques. Cependant, ces procédures sont souvent longues, coûteuses
et parfois inadaptées à la préservation des relations entre les parties. En Côte d'Ivoire, comme
dans de nombreux pays, la justice formelle est engorgée par un grand nombre d’affaires civiles,
ce qui entraîne des délais de traitement excessifs et un accès parfois difficile à la justice pour les
justiciables. Face à ces défis, la conciliation apparaît comme une alternative crédible et efficace
aux procédures civiles. Elle repose sur un mode amiable de règlement des conflits, où un tiers
conciliateur intervient pour rapprocher les parties et favoriser une solution mutuellement
acceptable. Cette approche, bien que moins contraignante que la voie judiciaire, permet souvent
d'obtenir des résultats plus rapides et plus satisfaisants pour les parties en conflit.
Historiquement, les sociétés africaines, y compris la Côte d'Ivoire, ont toujours privilégié les
modes traditionnels de résolution des conflits basés sur le dialogue, l’arbitrage coutumier et la
médiation communautaire. Ces pratiques, bien ancrées dans les mœurs, se retrouvent aujourd’hui
dans les dispositifs juridiques modernes qui promeuvent la conciliation comme une alternative
aux tribunaux. Dans ce contexte, la conciliation s'impose comme un outil essentiel pour
désengorger les juridictions, réduire les coûts liés aux procédures judiciaires et promouvoir une
justice plus accessible et apaisée. Toutefois, son efficacité dépend de plusieurs facteurs,
notamment la volonté des parties, le cadre juridique en place et l'expertise des conciliateurs. D'où
l'intérêt d'une réflexion approfondie sur la place et le rôle de la conciliation dans le règlement des
litiges civils en Côte d'Ivoire. La conciliation est un mode alternatif de règlement des litiges qui
consiste à rapprocher les parties en conflit afin de leur permettre de trouver une solution amiable
avec l’aide d’un tiers conciliateur. Ce dernier joue un rôle d’intermédiaire neutre et impartial,
mais ne propose pas de solution contraignante. Son intervention vise à favoriser le dialogue et à
inciter les parties à faire des concessions mutuelles pour parvenir à un accord. En Côte d’Ivoire,
la conciliation peut être menée à différents niveaux : On a la conciliation judiciaire: réalisée sous
l’égide d’un juge dans le cadre d’un procès, notamment en matière civile et commerciale, la
conciliation extrajudiciaire: menée par des conciliateurs de justice ou des institutions spécialisées

7
avant toute saisine des tribunaux. La conciliation se distingue d’autres modes de règlement
amiable comme la médiation (où le médiateur peut proposer des solutions) ou l’arbitrage (qui
débouche sur une décision imposée aux parties). Elle se veut avant tout souple, rapide et moins
onéreuse que les procédures judiciaires classiques. Les procédures civiles désignent l’ensemble
des règles et démarches à suivre pour résoudre un litige relevant du droit civil devant les
tribunaux. Elles impliquent généralement plusieurs étapes : la saisine du tribunal, l’instruction du
dossier, l’audience, le jugement, les voies de recours éventuelles. Ces procédures, bien
qu’encadrées par la loi pour garantir une justice équitable, sont souvent critiquées pour leur
lenteur, leur coût élevé et leur caractère formel, qui peut être intimidant pour certains
justiciables. C’est dans ce cadre que la conciliation se présente comme une alternative permettant
d’éviter un contentieux long et coûteux. Le règlement des litiges quant à lui regroupe l’ensemble
des mécanismes permettant de résoudre un différend entre deux ou plusieurs parties. Il peut se
faire par plusieurs moyens : Le règlement judiciaire: par la voie des tribunaux, le règlement
amiable: par la négociation, la médiation, l’arbitrage ou la conciliation. L’objectif du règlement
des litiges est d’assurer une issue satisfaisante pour les parties, tout en garantissant le respect du
droit et des engagements contractuels. Dans un contexte où la judiciarisation des conflits pose
des problèmes d’engorgement des tribunaux, le recours aux solutions amiables comme la
conciliation devient une nécessité. Cette clarification des concepts permet de mieux cerner les
enjeux du mémoire et de poser les bases d’une réflexion approfondie sur la place de la
conciliation en tant qu’alternative aux procédures civiles en Côte d’Ivoire. Le choix de ce sujet
repose sur plusieurs considérations d’ordre juridique, social et économique, qui soulignent
l’importance de la conciliation comme alternative aux procédures civiles en Côte d’Ivoire. Une
justice engorgée et des procédures judiciaires longues et coûteuses, en Côte d’Ivoire, comme
dans de nombreux pays, les tribunaux sont submergés par un nombre croissant d’affaires civiles.
Cette surcharge entraîne : des délais excessifs dans le traitement des dossiers, rendant la justice
moins accessible et moins efficace, des coûts élevés pour les justiciables, qui doivent faire face
aux frais de justice, aux honoraires d’avocats et aux dépenses annexes. Dans ce contexte, la
conciliation apparaît comme une solution permettant de désengorger les juridictions en réglant
certains litiges en dehors des tribunaux. Contrairement aux procédures judiciaires souvent
longues et complexes, la conciliation offre : - un gain de temps: les parties peuvent parvenir à un

8
accord en quelques jours ou semaines, alors qu’un procès peut durer plusieurs années. elle ne
nécessite pas forcément l’intervention d’un avocat, ce qui réduit les coûts pour les justiciables.
Ainsi, elle constitue une alternative efficace pour régler des conflits civils sans passer par la
lourdeur des tribunaux.

La conciliation favorise une approche plus humaine et pacifique du règlement des différends : -
Elle permet de préserver les relations entre les parties, notamment dans les affaires impliquant
des familles, des voisins, des partenaires commerciaux ou des employeurs et employés. - Elle
encourage le dialogue et la recherche de solutions mutuellement acceptables, évitant ainsi
l’opposition frontale et les rancœurs liées aux décisions judiciaires. Cette approche s’inscrit dans
une vision de la justice qui privilégie la réparation et la reconciliation plutôt que la confrontation.
Le législateur ivoirien reconnaît et encourage la conciliation dans plusieurs textes législatifs,
notamment :- le code de procédure civile, qui prévoit des tentatives de conciliation avant
certaines procédures judiciaires. Les dispositions relatives à la conciliation en droit du travail,
qui imposent une tentative de règlement amiable avant de saisir les juridictions compétentes,
l’existence de conciliateurs de justice et d’organes spécialisés qui facilitent le règlement des
conflits à l’amiable. Toutefois, malgré ce cadre juridique, la conciliation reste encore sous-
exploitée et méconnue par de nombreux justiciables. En dépit de ses nombreux avantages, la
conciliation demeure encore sous-exploitée en Côte d’Ivoire face aux procédures judiciaires
classiques, qui restent le réflexe premier des justiciables pour régler leurs litiges civils. Pourtant,
dans un contexte où les tribunaux sont engorgés, où les délais de justice sont longs et où les coûts
judiciaires pèsent sur les citoyens, la conciliation se présente comme une alternative crédible et
efficace. Dès lors, une question centrale se pose : Dans quelle mesure la conciliation peut-elle
constituer une alternative efficace aux procédures civiles dans le règlement des litiges en Côte
d’Ivoire, et quels sont les défis à relever pour en assurer une meilleure appropriation par les
justiciables et les acteurs judiciaires ? Cette problématique soulève plusieurs interrogations
secondaires :quels sont les atouts de la conciliation par rapport aux procédures judiciaires
classiques ? quels sont les obstacles juridiques, culturels et institutionnels qui freinent son
développement en Côte d’Ivoire ? Comment renforcer l’efficacité et l’accessibilité de la
conciliation pour en faire un véritable levier de désengorgement des tribunaux et de pacification
des relations entre les parties en conflit ? Répondre à ces questions permettra de mieux cerner la
9
place de la conciliation dans le système judiciaire ivoirien et d’explorer des pistes pour son
renforcement en tant que mode privilégié de règlement des litiges civils.

Ce mémoire vise à analyser la conciliation comme une alternative efficace aux procédures civiles
en Côte d’Ivoire, en mettant en lumière ses avantages, ses limites et les conditions de son
amélioration. Démontrer que la conciliation peut être une alternative crédible aux procédures
civiles classiques en Côte d’Ivoire et identifier les moyens de la renforcer pour en faire un
mécanisme de règlement des litiges plus accessible et efficace, Comme objectifs spécifiques -
Analyser les avantages de la conciliation par rapport aux procédures judiciaires classiques,
notamment en termes de rapidité, de coût et de préservation des relations entre les parties,
identifier les obstacles qui freinent le recours à la conciliation en Côte d’Ivoire, qu’ils soient
d’ordre juridique, institutionnel, socioculturel ou économique, évaluer l’efficacité du cadre
juridique actuel encadrant la conciliation en Côte d’Ivoire et voir dans quelle mesure il favorise
ou limite son application, proposer des recommandations pour améliorer l’accessibilité,
l’efficacité et la reconnaissance de la conciliation en tant que mode privilégié de règlement des
litiges civils. Ce travail permettra ainsi de mieux comprendre le rôle de la conciliation dans le
système judiciaire ivoirien et d’explorer des pistes pour son renforcement.

Le cadre théorique de ce mémoire repose sur l’analyse des fondements juridiques, sociologiques
et économiques de la conciliation en tant qu’alternative aux procédures civiles en Côte d’Ivoire.
Il s’appuie sur plusieurs approches et théories qui permettent de mieux comprendre son rôle, son
efficacité et ses limites,1. Fondements juridiques de la conciliation, la conciliation est encadrée
par divers textes juridiques qui reconnaissent son importance dans le règlement des litiges. Parmi
eux : Le Code de procédure civile ivoirien, qui prévoit la possibilité d’une tentative de
conciliation avant certaines procédures judiciaires, le Code du travail, qui impose des tentatives
de règlement amiable avant la saisine des juridictions compétentes en matière de conflits du
travail, les règlements communautaires de l’OHADA, qui encouragent les modes alternatifs de
règlement des conflits, notamment en matière commerciale.

10
Ce cadre juridique montre que la conciliation est une solution légitime et institutionnalisée, mais
dont l’application reste parfois limitée dans la pratique. 2. Approche sociologique : la justice
consensuelle et la culture du règlement amiable. Sur le plan sociologique, la conciliation s’inscrit
dans une tradition africaine du règlement des conflits fondée sur le dialogue et la recherche du
consensus. Dans de nombreuses communautés ivoiriennes, les différends ont historiquement été
résolus par des chefs coutumiers, des sages ou des conseils de village, privilégiant ainsi des
solutions pacifiques et restauratrices. L’approche sociologique permet de comprendre pourquoi
la conciliation peut être bien acceptée par les justiciables, mais aussi pourquoi certaines
personnes préfèrent encore le recours aux tribunaux, notamment pour des raisons de légitimité ou
de recherche d’une sanction formelle. 3. Approche économique : la réduction des coûts et la
désengorgement des tribunaux, d’un point de vue économique, la conciliation offre plusieurs
avantages : - Elle réduit les coûts pour les parties en évitant les longues procédures judiciaires et
les frais associés (avocats, expertises, etc.).- Elle contribue à désengorger les tribunaux,
permettant ainsi aux juridictions de se concentrer sur les affaires les plus complexes nécessitant
une intervention judiciaire. - Elle favorise la préservation des relations économiques entre
partenaires commerciaux, employeurs et employés, ou encore membres d’une même
communauté. Cette approche met en évidence l’intérêt de promouvoir la conciliation pour
améliorer l’accès à la justice tout en réduisant la pression sur le système judiciaire. 4. Théorie du
règlement des conflits et de la justice restaurative, la conciliation s’appuie sur la théorie du
règlement des conflits, qui distingue :- Les modes adversariaux (procès, arbitrage), où une partie
gagne et l’autre perd. - Les modes consensuels (conciliation, médiation), où les parties
recherchent un accord mutuellement bénéfique. Elle est aussi liée à la justice restaurative, qui
vise à réparer le préjudice subi plutôt qu’à sanctionner l’une des parties. Cette approche est
particulièrement pertinente dans les conflits où le maintien des relations est important, comme en
matière familiale ou commerciale. Le cadre théorique de ce mémoire repose donc sur une
approche pluridisciplinaire intégrant le droit, la sociologie et l’économie. Il permet d’analyser la
conciliation comme une alternative aux procédures civiles en Côte d’Ivoire en mettant en avant

11
ses atouts, ses limites et les réformes nécessaires pour renforcer son efficacité. Le cadre
conceptuel de ce mémoire vise à définir et à clarifier les notions essentielles liées à la
conciliation en tant qu’alternative aux procédures civiles. Il permet de structurer l’analyse en
identifiant les concepts clés et leurs interactions dans le contexte du règlement des litiges en Côte
d’Ivoire. 1. La conciliation : un mode alternatif de règlement des litiges, la conciliation est un
mode amiable de résolution des conflits où un tiers conciliateur facilite le dialogue entre les
parties pour les aider à parvenir à un accord. Contrairement à l’arbitrage ou au jugement, le
conciliateur ne tranche pas le litige mais guide les parties vers une solution mutuellement
acceptable. Dans ce cadre, plusieurs éléments sont à prendre en compte : - Les acteurs de la
conciliation : les parties en conflit, le conciliateur (juge, conciliateur de justice, personne neutre).
- Les domaines d’application : droit civil, droit du travail, droit commercial, droit de la famille,
etc. - Les résultats attendus: un accord amiable qui évite un procès. 2. Les procédures civiles :
cadre formel de règlement des litiges, les procédures civiles désignent l’ensemble des règles
organisant le traitement des affaires devant les tribunaux. Elles impliquent : - Un cadre rigide
avec des étapes précises (saisine, instruction, jugement, recours).- Un coût élevé en raison des
frais de justice et des honoraires d’avocats. - Un formalisme juridique qui peut être un frein pour
certains justiciables. Comparée à la conciliation, la procédure civile est plus contraignante mais
offre des garanties juridictionnelles plus strictes. 3. Les modes alternatifs de règlement des
conflits (MARC), La conciliation s’inscrit dans une catégorie plus large appellee modes
alternatifs de règlement des conflits (MARC), qui comprend également :- La médiation:
intervention d’un tiers facilitateur qui peut proposer des solutions, mais sans pouvoir décisionnel.
-L’arbitrage : un arbitre tranche le litige avec une décision obligatoire pour les parties. - La
négociation: discussions directes entre les parties sans l’intervention d’un tiers neutre. Ces modes
sont complémentaires et permettent d’offrir des alternatives plus flexibles que la justice
classique. Afin de répondre à la problématique Dans quelle mesure la conciliation peut-elle
constituer une alternative efficace aux procédures civiles dans le règlement des litiges en Côte
d’Ivoire, et quels sont les défis à relever pour en assurer une meilleure appropriation ?, ce
mémoire sera structuré en deux grandes parties : la première partie abordant la conciliation
comme un levier pour un règlement efficace des litiges civils. Cette partie mettra en évidence les
atouts de la conciliation en tant que mécanisme alternatif de règlement des conflits. Il s’agira

12
d’analyser : les fondements et le cadre juridique de la conciliation en Côte d’Ivoire (principes,
textes législatifs et rôle des conciliateurs), les avantages de la conciliation par rapport aux
procédures judiciaires classiques (rapidité, coût réduit, préservation des relations entre les
parties), les domaines d’application privilégiés où la conciliation est particulièrement efficace
(conflits familiaux, litiges commerciaux, différends du travail, etc.). Quant à la deuxième partie,
elle s'accentuera sur les défis et perspectives pour un renforcement de la conciliation en Côte
d’Ivoire. Cette partie s’intéressera aux obstacles qui freinent l’essor de la conciliation et aux
solutions envisageables pour en faire un mode plus efficace de règlement des litiges. Elle
abordera :les limites et difficultés de la conciliation(manque de reconnaissance, absence de
formation des conciliateurs, faible culture du règlement amiable), les réformes nécessaires pour
son développement (amélioration du cadre légal, renforcement des institutions, sensibilisation
des justiciables et des professionnels du droit), les perspectives d’amélioration et les expériences
inspirantes (études de cas, bonnes pratiques dans d’autres pays et recommandations pour une
meilleure efficacité de la conciliation en Côte d’Ivoire). À travers cette analyse, ce mémoire
mettra en évidence les moyens d’optimiser la conciliation afin qu’elle devienne un véritable
pilier du règlement des litiges civils et une alternative viable aux procédures judiciaires
classiques en Côte d’Ivoire.

13
14
BIBLIOGRAPHIE

1. OUVRAGES :

Bergel, Jean-Louis – La médiation commerciale (2006)

Bouzidi, Michel – La médiation familiale (2004)

Carbonnier, Jean – Droit civil (abordant la conciliation dans le cadre des conflits juridiques)

Dupuy, René-Jean – Le droit à la conciliation (2008)

Farget, Jacques – La médiation

Gautier, Pierre-Yves – La conciliation judiciaire (2010)

Gessler, Jean-Claude – Le processus de conciliation : une alternative au système judiciaire


(2011)

Malaurie, Philippe – Introduction au droit civil

Montgolfier, Gérard-René de – Les modes alternatifs de règlement des conflits (2011)

Rambaud, Gérard – Le règlement amiable des différends

Renucci, Jean-François – La conciliation, une alternative aux tribunaux

Sorel, Jean-Michel – La médiation et la conciliation : Les outils d’une justice alternative (2010)

Vachon, Marc – La médiation et la conciliation en pratique (2012)

Vivant, Michel – Les modes alternatifs de règlement des différends

2. TEXTES DE LOI :

Loi n° 2014-389 du 20 juin 2014 relative à la justice de proximité


vi
Loi n° 2016-1119 du 8 décembre 2016 portant réforme du système judiciaire en Côte d'Ivoire

Décret n° 2016-615 du 2 novembre 2016 portant organisation et fonctionnement des Centres de


Médiation et de Conciliation

Loi n° 2017-524 du 29 juin 2017, qui encadre l’utilisation des modes alternatifs de règlement des
conflits

Ordonnance n° 2011-260 du 30 mars 2011 sur le Code de procédure civile

Loi n° 2014-135 du 21 mars 2014 relative à la médiation et à la conciliation (notamment en


France, mais potentiellement influente au niveau international)

4. THESES ET TRAVAUX DE RECHERCHE :

"Les modes alternatifs de traitement des conflits familiaux. Étude comparative des droits français et
ivoirien" par Fougniguéta Ouattara Tiegolo (2023).

"Médiation et résolution des conflits armés : le cas du conflit ivoirien (1999 - 2007)" par Madina Bello
(2015).

6. WEBOGRAPHIE:

[Link] 26/12/24 16:04

[Link]
26/12/24 16:20

[Link]
judiciaire/ 27/12/24 10:30

[Link]
sur-la-mediation-commerciale-a 25/12/24 9:40

[Link]
judiciaires-en-c%C3%B4te-d-ivoire 27/12/24 10:03

vii
viii
Résumé

Ce mémoire explore le rôle de la conciliation comme alternative aux procédures civiles


en Côte d’Ivoire. Face à l’engorgement des tribunaux et à la lenteur judiciaire, il examine dans
quelle mesure la conciliation peut remplacer efficacement les méthodes traditionnelles pour
résoudre les litiges. La première partie a mis en avant la conciliation comme une solution rapide,
accessible et durable, allégeant la charge des juridictions tout en offrant des solutions adaptées.
La seconde partie a analysé les défis institutionnels, juridiques et culturels limitant son
développement, tout en proposant des recommandations pour intégrer ce mécanisme dans le
système judiciaire ivoirien. Ce mémoire conclut que la conciliation est une réponse pertinente
pour moderniser la justice, la rendre plus accessible et renforcer la confiance des citoyens dans
les institutions judiciaires.

Abstract

This dissertation examines the role of conciliation as an alternative to civil procedures


in Côte d’Ivoire. Faced with congested courts and slow judicial processes, it explores how
conciliation can effectively replace traditional methods of resolving [Link] first part
highlighted conciliation as a fast, accessible, and sustainable solution, easing the burden on
courts while offering tailored resolutions. The second part analyzed institutional, legal, and
cultural challenges hindering its development and proposed recommendations for integrating this
mechanism into the Ivorian judicial [Link] study concludes that conciliation is a relevant
solution to modernize justice, make it more accessible, and strengthen public trust in judicial
institutions.

0
PARTIE I : LA CONCILIATION UN MODE
ALTERNATIF DE RÈGLEMENT
DES LITIGES AUX MULTIPLES
ATOUTS

1
PARTIE I : LA CONCILIATION UN MODE

ALTERNATIF DE RÈGLEMENT

DES LITIGES AUX MULTIPLES

ATOUTS
La conciliation en tant que mode alternatif de règlement des conflits se distingue par sa
souplesse et son efficacité. Elle repose sur un processus structuré qui permet aux parties en
conflit de trouver une solution amiable comparée aux prcédures judiciaires, elle présente de
nombreux avantages, tant en termes de rapidité et de couts que de préservation des relations entre
les parties. Ainsi, il convient d’examiner d’abord les fondements et le déroulement de la
conciliation CHAPITRE I, avant d’examiner ses atouts concrets par rapport aux procédures
judiciaires CHAPITRE II

CHAPITRE I : LA NOTION DE CONCILIATION

Dans ce chapitre, nous détaillons le processus de la conciliation, ses principes


fondamentaux, et son mode de mise en œuvre SECTION I mais aussi les types de conciliation
SECTION II.

SECTION I : LE PROCESSUS DE CONCILIATION

Dans cette section, nous aborderons d’abord la définition et les principes de la


conciliation PARAGRAPHE I, avant de détailler les étapes clés du processus conciliatoire
PARAGRAPHE II.

2
PARAGRAPHE I : LA CONCILIATION, UN PROCESSUS

STRUCTURÉ ET ACCESSIBLE

On verra d’une part la definition de la conciliation A et d’autre part, les étapes du processus
conciliatoire B.

A : DÉFINITION DE LA CONCILIATION

La conciliation, en tant que mode alternatif de règlement des conflits, est un processus
structuré dans lequel un tiers, dit "conciliateur", aide les parties en conflit à parvenir à un accord
amiable. Le conciliateur n'impose pas de décision, mais facilite le dialogue et la négociation afin
que les parties trouvent une solution qui convienne à chacune d'elles. Ce mécanisme repose sur la
volonté des parties de résoudre leurs différends sans recourir à une procédure judiciaire. En droit
ivoirien, la conciliation est prévue dans le Code de procédure civile et commerciale, qui en
donne une définition implicite, en particulier dans 1l'article 131 du Code de procédure civile
ivoirien, qui stipule : « La conciliation est un mode de règlement amiable des conflits par lequel
le juge ou une autre autorité indépendante aide les parties à parvenir à un accord, dans le respect
de leurs intérêts et de la loi. » Bien que cet article fasse référence à la conciliation dans un cadre
judiciaire, il donne une idée générale de ce qu'est le processus en droit ivoirien.

D'un point de vue doctrinal, selon l’auteur 2Jean Carbonnier, la conciliation est définie
comme « une démarche de règlement des conflits où le conciliateur intervient pour aider les
parties à trouver, par elles-mêmes, une solution à leur litige, sans imposer de décision. » Jean
Carbonnier souligne que la conciliation est un mécanisme fondé sur la coopération, la confiance
et la bonne volonté des parties, qui cherchent un compromis plutôt qu'une solution autoritaire.
Cette approche est largement reconnue pour sa capacité à maintenir des relations harmonieuses
entre les parties, tout en étant rapide et moins coûteuse que les procédures judiciaires classiques.

1
l'article 131 du Code de procédure civile article traitant des marc dit modes de reglement des
conflits avant que les parties saisissent le juge
2
Jean carbonnier Juriste et professeur de droit 1908-2003 figure majeure du droit privé
3
Ainsi, la conciliation est un processus qui cherche à privilégier le dialogue, la recherche
d'un consensus et la réconciliation entre les parties, dans le respect de leurs intérêts et des règles
de droit. Le conciliateur joue un rôle essentiel dans le processus de conciliation. Il agit comme un
tiers impartial et neutre, dont la mission est d’aider les parties en conflit à parvenir à une solution
amiable, sans imposer de décision. Bien que le rôle du conciliateur en Côte d'Ivoire ne soit pas
totalement détaillé par la législation nationale, les principes directeurs du droit ivoirien en
matière de conciliation sont fortement influencés par le droit OHADA, puisque la Côte d'Ivoire
est membre de cette organisation. L’importance du rôle du conciliateur a été mise en évidence
par Jean Carbonnier, qui considère que la conciliation repose sur l'idée que « l’homme est plus
capable de paix que ne le croient les partisans de la justice imposée ». Cette vision insiste sur la
capacité du conciliateur à révéler la prédisposition naturelle des parties à résoudre leur conflit par
le dialogue, plutôt que par une décision extérieure. La fonction principale du conciliateur est de
faciliter le dialogue entre les parties en conflit. Son objectif est d’amener les parties à dialoguer,
à mieux comprendre leurs différences et à identifier des solutions qui répondent aux intérêts de
chacun. En tant que facilitateur, il guide les parties tout en restant neutre, n’imposant aucune
solution, mais créant plutôt un environnement propice à la négociation.

B : LES ÉTAPES DU PROCESSUS DE CONCILIATION

Le processus de conciliation en droit ivoirien se déroule généralement en plusieurs étapes,


chacune ayant un rôle précis dans la résolution du conflit. Si aucune loi ivoirienne ne définit
explicitement chaque étape du processus de conciliation de manière détaillée, certaines
dispositions légales et la doctrine permettent de comprendre la structure générale de ce
mécanisme. 1. La préparation de la conciliation, cette phase consiste à informer les parties de la
procédure et à préparer les conditions nécessaires pour la mise en place de la conciliation. Elle
comprend généralement l’identification des parties, la prise de contact et la clarification des
objectifs. En droit ivoirien, la conciliation peut être ordonnée par le juge en application de
3
l’article 130 du Code de procédure civile et commerciale, qui mentionne que "le juge peut, avant
toute procédure, proposer une conciliation entre les parties."Cette étape permet aussi de
déterminer si la conciliation sera menée par un juge, un conciliateur désigné ou une autre
3
Article 130 Du code de procédure civile, article traitant de la possibilité de récourir à une procédure à l’amiable
avant le jugement
4
autorité. Elle est cruciale pour s'assurer que toutes les parties sont prêtes à s'engager dans la
démarche de manière volontaire et informée. 2. la rencontre de conciliation, durant cette phase,
les parties, avec l'assistance du conciliateur, se rencontrent pour exposer leurs positions et
discuter des points de désaccord. En droit ivoirien, cette étape est souvent encadrée par la notion
de confidentialité, qui est primordiale dans la réussite du processus. L’article 132 du Code de
procédure civile et commerciale ivoirien précise que "les échanges intervenus lors de la
conciliation sont confidentiels." Cela crée un espace sécurisé où les parties peuvent échanger
librement. La rencontre se déroule généralement en plusieurs sessions où le conciliateur s’efforce
de comprendre les attentes et les besoins des parties. L’objectif est d’établir une communication
ouverte, sans jugement. Selon la doctrine de Jean Carbonnier, cette phase doit être caractérisée
par une écoute active et la mise en place d'un climat de confiance pour faciliter la recherche de
solutions communes. 3. la phase de négociation et de recherche de solutions, une fois que les
positions des parties sont clarifiées, le conciliateur intervient activement pour encourager les
parties à explorer des options de règlement du conflit. C’est ici que la recherche de solutions
créatives, qui satisfont les besoins des deux parties, est menée. En droit ivoirien, bien que cette
étape ne soit pas expressément détaillée par la loi, elle est implicite dans le processus de
conciliation. Le conciliateur peut reformuler des propositions ou faire des suggestions qui
peuvent aider les parties à trouver un terrain d’entente. Le doctrinaire 4René Savatier parle de
cette phase comme celle de « l’aménagement de la solution » où le conciliateur aide les parties à
sortir du conflit en trouvant des compromis viables, 4. L'accord de conciliation, l’accord de
conciliation, une fois trouvé, est formalisé par écrit et signé par les parties. Il doit refléter les
concessions faites par chacune et être juridiquement contraignant. Bien que le Code de procédure
civile et commerciale ivoirien ne définisse pas expressément cette étape, 5l’article 133 du Code
stipule que "l'accord de conciliation peut être homologué par le juge et prendre force de
jugement." Cela signifie que, dès lors qu'il est validé par le juge, cet accord devient exécutif, ce
qui lui confère une valeur juridique équivalente à un jugement de tribunal. En ce sens, l'accord de
conciliation devient une solution formelle, qui est respectée par les parties sous peine de
sanctions. Selon la doctrine, la signature de cet accord marque la fin officielle du processus de
4
René savatier 1916-2006 juriste français , professeur de droit civil connu pour ses travaux en droit des obligatins

5
Article 133 du code de procedure civile, cet article prevoit que les parties en litige peuvent avoir pour proposition
une conciliation par le juge pour tenter de résoudre amiablement.
5
conciliation et le début de l'exécution de la solution trouvée, 5. Le suivi et l'évaluation, le suivi
est parfois nécessaire pour s'assurer que l'accord de conciliation est bien respecté. En droit
ivoirien, bien que cette étape ne soit pas systématiquement encadrée par des textes spécifiques,
elle est parfois prévue dans le cadre de certaines procédures de conciliation, où le juge peut
ordonner un suivi. La doctrine soutient que le suivi permet de garantir la pérennité de la solution
et d’intervenir en cas de manquement. René Savatier définit cette phase comme un « contrôle
post-conciliation », nécessaire pour vérifier que les engagements pris lors de la conciliation sont
respectés. Il permet de prévenir de nouveaux conflits et d’assurer que la réconciliation soit
durable.

En conclusion, bien que la législation ivoirienne ne détaille pas explicitement chaque


étape du processus de conciliation, les articles du Code de procédure civile et commerciale, ainsi
que la doctrine, offrent un cadre général qui permet de comprendre et de structurer le processus.
Chaque phase, de la préparation à l'évaluation, joue un rôle clé pour garantir le succès de la
conciliation et la satisfaction des parties.

SECTION 2 : LES TYPES DE CONCILIATION

La conciliation peut revêtir plusieurs formes selon le cadre dans lequel elle est mise en
œuvre. On distingue principalement la conciliation judiciaire PARAGRAPHE I, qui se déroule
sous l’égide d’un juge, et la conciliation extrajudiciaire, qui se fait en dehors du cadre judiciaire
classique, notamment dans des institutions spécialisées PARAGRAPHE II.

PARAGRAPHE I : LA CONCILIATION JUDICIAIRE

La conciliation judiciaire est un mode de règlement amiable des litiges qui intervient dans
le cadre d’une procédure judiciaire, sous l’autorité d’un juge. Elle vise à permettre aux parties de
trouver une solution à leur différend avant que le juge ne rende une décision juridictionnelle.

A : DÉFINITION ET CARACTERISTIQUES

6
La conciliation judiciaire peut être définie comme un processus amiable de règlement des
litiges dans lequel un juge ou une autorité judiciaire tente d'amener les parties en conflit à trouver
un accord. En Côte d’Ivoire, la conciliation judiciaire est prévue par le Code de procédure civile,
commerciale et administrative, qui consacre plusieurs articles à cette pratique. L’article 130 dudit
Code dispose que : "Le juge peut, à tout moment de la procédure, tenter de concilier les parties.
Il peut également désigner un conciliateur pour les assister dans la recherche d’un accord."

Ce texte démontre que la conciliation judiciaire peut être menée directement par le juge ou
confiée à un tiers conciliateur désigné par lui. Cette particularité lui confère une certaine
souplesse, tout en assurant une certaine autorité au processus. Les caractéristiques principales de
la conciliation judiciaire sont les suivantes :Encadrement par le juge : la tentative de conciliation
est initiée par le juge ou à la demande des parties. Volontariat des parties : les parties restent
libres d’accepter ou de refuser l’accord proposé. Confidentialité : les échanges et discussions
tenus lors de la conciliation ne peuvent être utilisés contre une partie en cas d’échec du
processus. Exécution rapide : en cas d’accord, le juge homologue la solution trouvée, ce qui lui
confère une force exécutoire immédiate. Le processus de conciliation judiciaire suit
généralement plusieurs étapes : 1. L’initiative du juge ou des parties : le juge peut proposer une
conciliation avant d’entamer l’examen du fond du litige. Il peut aussi intervenir à tout moment
du procès, 2. La désignation d’un conciliateur (éventuel) : si nécessaire, le juge peut confier le
processus à un conciliateur. 3. Les séances de conciliation : les parties échangent leurs points de
vue, assistées ou non par leurs avocats. 4. L’accord de conciliation : si un compromis est trouvé,
il est rédigé et signé par les parties. 5. L’homologation par le juge : le juge valide l’accord, lui
conférant force exécutoire.

B : LES AVANTAGES DE LA CONCILIATION JUDICIAIRE

Les avantages de la conciliation judiciaire sont nombreux : réduction du temps et des


coûts : elle permet d’éviter une procédure judiciaire longue et onéreuse. Préservation des
relations entre les parties : notamment dans les conflits familiaux ou commerciaux. Garantie
d’une solution conforme au droit : le juge veille à ce que l’accord respecte la législation en
vigueur. Sécurité juridique : l’accord ayant été homologué par le juge, il devient opposable et
exécutoire.
7
PARAGRAPHE II : LA CONCILIATION EXTRAJUDICIAIRE ET LA

CONCILIATION INSTITUTIONNELLE

La conciliation extrajudiciaire et la conciliation institutionnelle constituent des alternatives


à la conciliation judiciaire. Elles permettent aux parties de résoudre leurs conflits sans passer par
un juge, en bénéficiant d’un cadre souple, confidentiel et souvent plus rapide.

La conciliation extrajudiciaire est un processus amiable et volontaire de règlement des


différends, mené par les parties elles-mêmes ou avec l’intervention d’un tiers conciliateur, en
dehors de toute procédure judiciaire. Elle peut être initiée dans différents contextes : - À
l’initiative des parties : lorsque les parties en conflit décident librement de recourir à un tiers
neutre pour tenter de régler leur différend. - Par l’intermédiaire d’un professionnel : un avocat,
un notaire, un chef religieux ou coutumier peut jouer le rôle de conciliateur.

- Dans le cadre d’un contrat : certaines conventions prévoient des clauses de conciliation,
obligeant les parties à tenter une conciliation avant d’engager une procédure judiciaire ou
arbitrale. En Côte d’Ivoire, la conciliation extrajudiciaire est largement utilisée dans les litiges
familiaux, fonciers et commerciaux. Elle est particulièrement répandue dans les communautés
traditionnelles, où les chefs coutumiers jouent souvent un rôle de conciliateurs. Les
caractéristiques de la conciliation extrajudiciaire sont : - Absence de contrainte : les parties ne
sont pas obligées de participer, contrairement à la conciliation judiciaire qui peut être imposée
par un juge. - Liberté de choix du conciliateur : les parties peuvent sélectionner une personne en
qui elles ont confiance. - Confidentialité renforcée : les discussions et accords conclus restent
privés, contrairement aux décisions de justice qui sont publiques. - Flexibilité des règles : il n’y a
pas de formalisme strict à respecter, ce qui permet une meilleure adaptation aux besoins des
parties.

En outre, la conciliation institutionnelle est un processus de règlement amiable des litiges


organisé et encadré par une institution spécialisée , telle qu’une chambre de commerce, une
organisation professionnelle ou un centre de médiation et de conciliation. Elle est souvent
utilisée dans les conflits commerciaux, sociaux et professionnels. En Côte d’Ivoire, plusieurs
institutions proposent des services de conciliation institutionnelle : - Le Centre d’Arbitrage et de
8
Médiation de Côte d’Ivoire 6(CAMC-CI), qui facilite la résolution des litiges commerciaux. -
L’Inspection du Travail et les Comités de Conciliation dans les conflits du travail - Les chambres
de commerce et d’industrie, qui interviennent dans la conciliation entre entreprises. En droit
OHADA, la conciliation institutionnelle est également reconnue et encadrée. L’Acte Uniforme
sur la Médiation permet aux institutions spécialisées d’organiser des conciliations sous un cadre
formel et structuré, garantissant un processus encadré par des professionnels. Les caractéristiques
de la conciliation institutionnelle sont : - Un cadre formel et structuré : contrairement à la
conciliation extrajudiciaire, elle est régie par des règles établies par l’institution concernée. -
L’intervention de professionnels qualifiés : les conciliateurs sont souvent des experts dans le
domaine du litige (droit, commerce, ressources humaines, etc.). - La reconnaissance officielle :
certains accords conclus par des institutions peuvent être homologués par un juge et avoir une
valeur juridique contraignante.

B : LES AVANTAGES DE LA CONCILIATION EXTRAJUDICIAIRE ET

INSTITUTIONNELLE

La conciliation extrajudiciaire présente plusieurs atouts qui en font une solution prisée par
de nombreux justiciables : -Autonomie et liberté des parties : elles restent maîtresses du
processus et peuvent choisir le mode de règlement qui leur convient. - Préservation des relations
entre les parties : particulièrement utile dans les litiges familiaux, fonciers ou commerciaux où
les parties doivent continuer à interagir après le conflit. - Rapidité et efficacité : elle évite les
délais judiciaires parfois longs et permet d’obtenir une solution en quelques semaines. - Coût
réduit : contrairement aux frais judiciaires élevés, la conciliation extrajudiciaire est souvent peu
coûteuse, voire gratuite lorsqu’elle est menée dans un cadre informel. - Confidentialité : les
parties peuvent discuter librement sans crainte que les informations échangées soient utilisées
ultérieurement en justice.

Cependant, cette forme de conciliation présente aussi des limites, notamment l’absence
de garantie d’exécution. Un accord conclu extrajudiciairement n’a pas nécessairement force
exécutoire et peut être remis en cause si l’une des parties ne respecte pas ses engagements. La
6
CAM-CI centre d’arbitrage et de médiatin de cote d’ivoire , est une institution spécialisée dans la résolution
alternative des conflits ; créé pour promouvoir les MARD
9
conciliation institutionnelle offre également de nombreux avantages, notamment : -Un
encadrement juridique sécurisé : les institutions appliquent des procédures reconnues,
garantissant un cadre légal aux accords conclus. -L’intervention de professionnels qualifiés : les
conciliateurs institutionnels sont souvent des experts du domaine, ce qui renforce la qualité des
solutions trouvées. -Une reconnaissance officielle : certains accords peuvent être homologués et
obtenir une force exécutoire. - Une meilleure gestion des conflits complexes : dans les litiges
commerciaux ou du travail, où des intérêts économiques et sociaux importants sont en jeu,
l’intervention d’institutions spécialisées permet d’assurer une meilleure régulation.

Toutefois, la conciliation institutionnelle peut parfois être coûteuse, notamment lorsqu’elle est
organisée par des centres privés. De plus, elle suit un cadre plus rigide que la conciliation
extrajudiciaire, ce qui peut limiter la flexibilité des solutions proposées.

La conciliation extrajudiciaire et la conciliation institutionnelle sont des solutions


efficaces pour éviter les contentieux judiciaires. Alors que la conciliation extrajudiciaire repose
sur un cadre souple et informel, la conciliation institutionnelle bénéficie d’un encadrement
structuré et de l’intervention de professionnels spécialisés. Dans un contexte où les tribunaux
sont souvent surchargés et où les parties recherchent des solutions rapides et économiques, ces
formes de conciliation constituent des alternatives crédibles pour résoudre les conflits de manière
pacifique et pragmatique.

CHAPITRE II : LES AVANTAGES CONCRETS DE LA

CONCILIATION PAR RAPPORT AUX

PROCÉDURES JUDICIAIRES

La conciliation se distingue des procedures judiciaires par des avantages significatifs, tant
sur le plan general que dans des situations spécifiques. D’une part, elle offre une alternative plus
rapide, moins couteuse et plus souple, favorisant le dialogue et la preservation des relations.
D’autre part, son efficacité se vérifie dans divers types de litiges, qu’ils soient économiques,
professionnels, sociaux ou fonciers.

10
SECTION I : LES ATOUTS GÉNÉRAUX DE LA

CONCILIATION

La conciliation présente des atouts majeurs qui en font une alternative avantageuse aux
procedures judiciaires. D’une part, elle permet une resolution rapide et moins onéreuse des
litiges, allégeant ainsi la charge des parties concernées. D’autre part, sa souplesse favorise des
solutions adaptées et apaise les tensions, préservant ainsi les relations entre les parties.

PARAGRAPHE I : UN PROCESSUS PLUS RAPIDE ET ÉCONOMIQUE

L’un des principaux atouts de la conciliation est qu’elle permet d’éviter les lenteurs et les
coûts élevés des procédures judiciaires.

A : LA RÉDUCTION DES DÉLAIS DE RÉSOLUTION DES LITIGES

Les procédures judiciaires peuvent s’étendre sur plusieurs mois, voire des années, en raison
de la complexité des dossiers, des délais d’instruction et des multiples recours possibles. En Côte
d’Ivoire, comme dans de nombreux pays, l’encombrement des tribunaux ralentit encore
davantage le traitement des affaires, ce qui peut nuire aux justiciables en quête d’une solution
rapide. La conciliation, quant à elle, permet une résolution des conflits en quelques semaines,
voire en quelques jours dans certains cas. Ce gain de temps s’explique par plusieurs facteurs :
L’absence de formalisme rigide : contrairement aux procédures judiciaires, la conciliation n’est
pas soumise à des règles strictes de procédure, ce qui accélère le traitement des dossiers. Une
prise de décision rapide : les parties, assistées du conciliateur, trouvent un accord sans attendre
les délais imposés par le calendrier judiciaire. Un processus simplifié : il n’y a pas de longues
audiences ni de multiples renvois, ce qui réduit considérablement la durée du litige.

Dans le cadre de la conciliation institutionnelle, certaines structures comme le Centre


d’Arbitrage et de Médiation de Côte d’Ivoire (CAMC-CI) proposent des délais très courts pour la
résolution des conflits commerciaux, ce qui constitue un avantage majeur pour les entreprises.
Voici quelques éléments spécifiques à ce contexte : 1. Intégration de la conciliation dans le
système judiciaire ivoirien : En Côte d'Ivoire, la conciliation est officiellement reconnue et

11
encouragée dans plusieurs domaines, notamment dans les litiges commerciaux, familiaux et
sociaux. 7L'ordonnance n° 2011-411 du 14 décembre 2011 relative à la médiation et à la
conciliation en Côte d'Ivoire a renforcé l’importance de ces mécanismes alternatifs de règlement
des conflits. Cette ordonnance permet d'utiliser la conciliation comme moyen rapide de résoudre
les litiges sans passer par un jugement.

2. Rôle des conciliateurs dans la réduction des délais : La conciliation permet de désengorger les
tribunaux, en offrant aux parties la possibilité de résoudre leurs différends de manière plus
rapide. En Côte d'Ivoire, des conciliateurs spécialisés (nommés par les juridictions compétentes)
facilitent ce processus, réduisant ainsi les délais de traitement des affaires. Leurs interventions
peuvent se produire avant même qu'un dossier ne soit inscrit à l’agenda du tribunal, accélérant
ainsi le règlement des conflits. 3. Mécanismes de conciliation dans les conflits commerciaux et
sociaux : En matière de litiges commerciaux, la conciliation permet de résoudre rapidement des
conflits entre entreprises, notamment dans les contrats, les paiements ou les relations
commerciales. De plus, dans le secteur social, la conciliation est utilisée pour gérer les conflits
entre employeurs et employés, contribuant ainsi à éviter des grèves ou des tensions sociales
prolongées. 4. Conciliation familiale et protection des droits des enfants : Dans les affaires
familiales, la conciliation aide à réduire le temps nécessaire pour régler des questions telles que
les divorces, les garde d'enfants ou les héritages. Cela permet non seulement de gagner du temps
mais aussi de préserver les relations entre les membres de la famille, minimisant ainsi l'impact
des conflits. 5. L'impact de la conciliation sur l'encombrement des tribunaux : L'introduction de
la conciliation dans la gestion des litiges permet de réduire la surcharge des tribunaux en Côte
d'Ivoire. Cela est particulièrement important dans un contexte où les délais de jugement peuvent
être longs, et où une grande partie des affaires traitées par les tribunaux pourraient être résolues
en dehors du cadre judiciaire classique, réduisant ainsi les délais et les coûts pour les citoyens.
6. Le rôle des acteurs institutionnels et privés : La mise en place de centres de conciliation,
comme ceux pilotés par les chambres de commerce ou les associations spécialisées, a également
permis d'améliorer l’accessibilité à ce mécanisme. En plus des conciliateurs judiciaires, d'autres

7
L'ordonnance n° 2011-411 du 14 décembre 2011 relative à la médiation et à la conciliation en
Côte d'Ivoire établit un cadre juridique pour le recours aux MARD, elle définit les principes
fondamentaux de la mediation et quelque peu de la conciliation.
12
acteurs, tels que les avocats ou les médiateurs, peuvent intervenir dans le cadre de la conciliation
pour faciliter la résolution des conflits de manière rapide.

En conclusion, en Côte d'Ivoire, la conciliation est un levier majeur dans la réduction des
délais de résolution des litiges. Elle répond à un besoin de plus en plus pressant de rendre la
justice plus rapide, moins coûteuse et plus accessible, tout en préservant les relations entre les
parties.

B : LA RÉDUCTION DES COUTS FINANCIERS POUR LES PARTIES

Les frais liés aux procédures judiciaires en Côte d'Ivoire peuvent être substantiels et
incluent : Frais de justice : Ces frais sont proportionnels au montant en litige. Par exemple, pour
un litige dont le montant est compris entre 10 000 001 et 20 000 000 de francs CFA, les frais
s'élèvent à 3 %. Honoraires d'avocats : Ces honoraires varient en fonction de la complexité de
l'affaire et de l'expérience de l'avocat. Frais annexes : Ils comprennent les frais de déplacement,
les coûts d'expertise, etc. Ces coûts peuvent rapidement augmenter, surtout si la procédure
s'étend sur une longue période.

La conciliation est généralement moins coûteuse que les procédures judiciaires


traditionnelles. Les raisons incluent : Frais réduits : Les frais de conciliation sont souvent
inférieurs à ceux des procédures judiciaires, en raison de la simplicité et de la rapidité du
processus. Honoraires modérés : Les honoraires des conciliateurs ou médiateurs sont
généralement moins élevés que ceux des avocats dans une procédure judiciaire. Absence de frais
annexes : La conciliation évite souvent les frais supplémentaires liés aux procédures judiciaires,
tels que les coûts d'expertise ou les frais de déplacement pour les audiences répétées.

Ainsi, la conciliation apparaît comme une alternative non seulement plus rapide, mais
également plus économique pour les parties en conflit. Moins de frais judiciaires : L'un des
avantages les plus significatifs de la conciliation est la réduction des frais judiciaires. En effet,
les procédures judiciaires classiques peuvent entraîner des coûts élevés, en raison des honoraires
des avocats, des frais de dossier, des frais de justice, ainsi que des frais liés aux audiences. En
optant pour la conciliation, les parties peuvent éviter ces dépenses, car le processus est
généralement plus informel et moins coûteux.
13
La réduction des honoraires d'avocats : Dans une procédure judiciaire traditionnelle, les
honoraires des avocats peuvent représenter une part importante des coûts d'un conflit. En
conciliation, bien que les parties puissent être assistées par des avocats, l'implication de ces
derniers est souvent réduite, car le processus est plus direct et moins formalisé. Cela permet de
diminuer le nombre d'heures facturées par les avocats, réduisant ainsi les coûts globaux.
L’absence de frais d'expertise et de per diem : Dans le cadre d'une procédure judiciaire, des
experts peuvent être appelés pour fournir des avis techniques, ce qui génère des frais
supplémentaires pour les parties. En conciliation, ce type d'expertise est souvent évité, car les
solutions peuvent être proposées directement par les conciliateurs ou par les parties elles-mêmes,
réduisant ainsi les coûts liés aux expertises. La réduction des coûts liés aux déplacements et au
temps de travail : Les procédures judiciaires classiques peuvent impliquer de nombreux
déplacements (audiences, réunions avec les avocats, etc.) et des interruptions de travail. La
conciliation, étant un processus plus rapide et souvent plus localisé, minimise ces déplacements
et les pertes de temps, ce qui permet aux parties de réduire leurs coûts en termes de temps de
travail et de frais de déplacement. Les Accords plus flexibles et adaptés aux réalités économiques
des parties : Les conciliateurs jouent un rôle essentiel dans l’adaptation des accords aux réalités
économiques des parties. Par exemple, dans un conflit commercial, un conciliateur peut proposer
une solution qui permet aux deux parties de repartir sans avoir à supporter des coûts énormes,
notamment en termes de compensation financière ou de dommages-intérêts. Cela peut réduire
considérablement les coûts globaux du conflit. La diminution des coûts indirects liés aux conflits
prolongés : Un conflit prolongé peut entraîner des coûts indirects importants, tels que des pertes
de réputation, des interruptions d’activité pour les entreprises ou des tensions sociales pour les
particuliers. La conciliation, en résolvant les conflits rapidement, permet de limiter ces coûts
indirects, ce qui représente un avantage économique pour les parties concernées.

Les ressources publiques et allègement des coûts pour l'État : En réduisant le nombre de litiges
qui arrivent devant les tribunaux, la conciliation permet à l'État de réduire les coûts liés à la

14
gestion judiciaire des affaires. Moins de cas devant les juges se traduit par une réduction des
coûts administratifs et une meilleure gestion des ressources publiques.

En résumé, la conciliation en Côte d'Ivoire offre une alternative moins coûteuse aux
procédures judiciaires classiques. En réduisant les frais de justice, les honoraires d'avocats, les
coûts d'expertise, et les dépenses indirectes, elle permet aux parties de résoudre leurs différends
de manière plus économique, tout en favorisant une gestion plus efficace des ressources.

PARAGRAPHE II : UNE APPROCHE PLUS SOUPLE ET APAISÉE

L’un des grands avantages de la conciliation par rapport aux procédures judiciaires est sa
capacité à offrir une solution plus personnalisée et adaptée aux besoins spécifiques des parties
tout en maintenant un climat moins conflictuel. Cela contribue à renforcer la satisfaction des
parties impliquées et à préserver leurs relations.

A: UNE SOLUTION PERSONNALISÉE ET ADAPTEE AUX BESOINS DES PARTIES

La conciliation permet aux parties de collaborer directement pour trouver une solution
qui répond à leurs besoins spécifiques. Contrairement aux procédures judiciaires, qui sont rigides
et standardisées, la conciliation offre une plus grande souplesse dans la formulation des
solutions. Le conciliateur, en tant que facilitateur, guide les parties vers un accord qui tient
compte de leurs préoccupations respectives.

Selon 8Jacques-Henri Davy, auteur en droit de la médiation, cette approche permet


d’aboutir à des solutions créatives qui, souvent, ne pourraient pas être envisagées dans le cadre
formel d’un procès. Il souligne que "l’accord trouvé en conciliation est souvent plus durable, car
il est basé sur un compromis réfléchi par les parties elles-mêmes, ce qui favorise leur implication
dans l'exécution de l'accord" (Davy, 2012). Cette solution sur mesure est particulièrement
importante dans les conflits complexes, où les parties ont des intérêts variés et où une solution
standardisée pourrait ne pas répondre à la diversité des besoins.

8
JACQUES-HENRY DAVY juriste recnnu pour ses travaux en théorie générale du droit
15
Les parties peuvent négocier librement les termes de l'accord, que ce soit en matière de délais, de
modalités de paiement, ou de conditions de collaboration. Cette flexibilité est un aspect
fondamental de la conciliation, car elle permet une meilleure adaptation à des contextes
spécifiques, contrairement à une décision judiciaire qui applique une norme juridique générale à
un cas particulier. En droit ivoirien, la conciliation est régie par le Code de procédure civile,
commerciale et administrative, qui permet un recours à la conciliation à tout moment de la
procédure, soit avant l’introduction de l’action en justice, soit pendant l’instance. L’article 133
du Code de procédure civile permet aux parties de recourir à un conciliateur ou à un juge
conciliateur de manière volontaire. Ce processus informel et flexible est conçu pour être plus
adapté aux besoins des parties, sans les contraintes formelles et procédurales d’un procès.

En droit OHADA, la conciliation est régie par l'Acte uniforme sur la médiation et la
conciliation, qui privilégie une approche flexible, permettant aux parties de rechercher une
solution amiable avec l'aide d'un conciliateur ou d'un médiateur. L'Acte uniforme de l’OHADA,
révisé en 2018, met l’accent sur la personnalisation des solutions : les parties peuvent elles-
mêmes déterminer les modalités de la conciliation et concevoir des solutions adaptées, ce qui
distingue ce mode de règlement des conflits des procédures judiciaires formelles.

B: UN CLIMAT MOINS CONFLICTUEL FAVORISANT LE MAINTIEN

DES RÉLATIONS

Un autre avantage majeur de la conciliation réside dans sa capacité à maintenir ou même


à renforcer les relations entre les parties en conflit. Alors que les procédures judiciaires sont
souvent perçues comme des affrontements opposant deux parties, la conciliation met l'accent sur
la coopération et l’écoute. Cela permet aux parties de mieux comprendre les positions de l’autre
et de trouver une solution amiable qui préserve leurs relations professionnelles ou personnelles.
Dans une étude sur la médiation, 9Pierre-Laurent Roubier, spécialiste en gestion des conflits,
indique que la conciliation "encourage un dialogue constructif, ce qui limite les tensions et
permet de maintenir des relations cordiales, particulièrement dans le cadre des affaires
commerciales où une rupture totale pourrait avoir des répercussions durables" (Roubier, 2017).

9
Pierre-Laurent Roubier jurist connu pour ses travaux sur la théorie Générale des contrats
16
Ce processus apaisé peut être crucial, en particulier dans les relations d’affaires ou familiales, où
la continuité des relations est souvent plus importante que la victoire juridique.

En outre, la conciliation permet d’éviter la stigmatisation qui peut découler d’un jugement
de justice. L'accord trouvé dans un cadre confidentiel et respectueux des parties n’entraîne pas
les effets négatifs d’une décision judiciaire, qui pourrait ternir l’image d’une des parties. Cette
confidentialité, souvent évoquée par les auteurs spécialisés en résolution des conflits, favorise
également un climat de confiance et de respect mutuel. Le droit ivoirien, à travers le Code de
procédure civile, favorise cette approche apaisée, en permettant une résolution amiable des
conflits dans un cadre informel et souvent rapide, sans l'affrontement public des parties. Cela
permet d'éviter l'escalade des tensions et de maintenir les relations, notamment dans des
contextes professionnels ou familiaux.

En droit OHADA, l’Acte uniforme sur la médiation et la conciliation est également conçu
pour maintenir des relations pacifiques entre les parties. Le processus de conciliation sous
l'OHADA est plus flexible et moins conflictuel, car il se déroule dans un cadre informel, ce qui
permet aux parties de négocier librement et de parvenir à un accord amiable. L'acte uniforme met
également en avant la possibilité pour les parties de parvenir à un compromis sans passer par les
procédures judiciaires formelles, qui sont souvent plus conflictuelles et peuvent endommager
durablement les relations. Benoît André disait tantôt : « La conciliation, c’est la possibilité de
sortir d’un litige par le haut » juriste consulaire au tribunal de commerce de France. Le tribunal
de commerce de Bobigny examine un certain nombre d’affaires qui se prêtent très bien à la
conciliation et pour lesquelles il est souhaitable de trouver une solution amiable. Je pense par
exemple aux conflits entre associés. Deux parties, actionnaires, s’opposent. La troisième partie,
c’est l’entreprise qui subit les conséquences du contentieux qui peut exister. Le pire, c’est le
conflit d’associé familial, quand par exemple un frère et une sœur gèrent ensemble une belle
entreprise depuis 20 ans, et se mettent à se disputer. Ils nous saisissent, et les salariés se trouvent
alors pris dans un conflit de loyauté. Si vous poursuivez le contentieux au tribunal, les juges vont
prendre une décision qui risque d’augmenter la rancœur de celui qui aura été désavoué. Les
salariés peuvent subir cela. La conciliation permet de trouver une solution qui permet de sortir

17
par le haut, comme la vente des parts de l’un des actionnaires à l’autre. Nous apportons notre
savoir-faire pour trouver une solution amiable.

En résumé, la conciliation offre une approche souple et apaisée qui permet d’adapter la
solution au cas spécifique des parties, tout en préservant, voire en renforçant, les relations entre
elles. Cette flexibilité et cet environnement moins conflictuel constituent des avantages
indéniables de la conciliation, par rapport aux procédures judiciaires plus rigides et
conflictuelles, et ces principes sont reconnus tant en droit ivoirien qu'en droit OHADA.

Section 2 : L’application concrète des avantages de la conciliation dans divers litiges

SECTION II : L’ APPLICATION CONCRÈTE DES

AVANTAGES DE LA CONCILIATION

DANS DIVERS LITIGES

Nous verrons d’une part PARAGRAPHE I comment la conciliation s’applique aux litiges
économiques et professionnels. D’autre part, PARAGRAPHE II nous analyserons son role dans
les litiges sociaux et fonciers.

PARAGRAPHE I : LES LITITGES ÉCONOMIQUES ET PROFESSIONNELS

On verra d’une part, les avantages de la conciliation dans les conflits commerciaux A et
d’autre part, dans les conflits du travail B.

A : LA CONCILIATION COMMERCIALE, UN OUTIL STRATÉGIQUE POUR LA

STABILITÉ DES AFFAIRES

Dans un environnement économique où les relations commerciales reposent sur la


confiance et la rapidité des transactions, les conflits entre entreprises ou avec leurs partenaires
peuvent avoir des conséquences lourdes : perte de clients, blocage des transactions, atteinte à la
réputation, coûts juridiques élevés. Face à ces risques, la conciliation s’impose comme une
solution pragmatique et efficace. Elle permet d’éviter l’aléa judiciaire, de préserver les relations

18
d’affaires et d’assurer une exécution plus rapide des accords. Dans le commerce, le temps est un
facteur de rentabilité. Un contentieux judiciaire qui s’éternise paralyse les transactions et
fragilise la trésorerie des entreprises.

En Côte d’Ivoire, les litiges commerciaux devant les tribunaux prennent entre 12 et 36
mois pour être tranchés, sans compter les délais d’exécution des décisions. À l’inverse, une
conciliation peut aboutir à un accord en quelques semaines, voire en quelques jours pour des
conflits moins complexes.

Cette efficacité est d’autant plus importante que le droit OHADA, applicable en Côte d’Ivoire,
encourage fortement la conciliation avant toute procédure contentieuse, notamment à travers
l’Acte uniforme relatif à la médiation et à la conciliation. Dans l’arrêt de la Cour d’Appel de
Commerce d’Abidjan, 15 juillet 2021 (Société X c. Société Y), un conflit portant sur une rupture
abusive de contrat a été réglé en moins de deux mois grâce à la conciliation, évitant une
procédure judiciaire qui aurait pu durer plus de deux ans.

Comme le souligne Jean-Baptiste Racine, dans Les modes amiables de résolution des conflits
commerciaux (2019) : « La conciliation commerciale répond à une exigence fondamentale du
monde des affaires : la rapidité et l’adaptabilité, là où le contentieux classique apporte rigidité et
lenteur ». Un procès commercial peut entraîner : - Des honoraires d’avocats élevés (notamment
en cas d’expertise ou d’arbitrage international). - Des frais judiciaires (dépôt de plainte,
signification des actes, exécution forcée). - Un coût indirect lié à la perte de temps et
d’opportunités commerciales.

En Côte d’Ivoire, une étude menée par la Chambre de Commerce et d’Industrie (2022) a
révélé que le coût moyen d’un procès commercial est 6 à 8 fois supérieur à celui d’une
conciliation aboutissant à un accord. Lorsqu’un différend survient entre deux partenaires
commerciaux, une rupture brutale peut entraîner des pertes financières importantes. La
conciliation offre alors la possibilité de trouver une solution gagnant-gagnant, évitant ainsi les
coûts cachés liés à la détérioration des relations commerciales. Cette approche est appuyée par
des travaux comme ceux de 10Henry Brown et Arthur Marriott (ADR Principles and Practice),
10
Henry Brown et Arthur Marriott avocats en arbitrage international , ADR principles and
practice ouvrage de reference sur les MARD
19
qui expliquent que « la conciliation ne se limite pas à résoudre un litige, mais participe à la
stratégie économique de l’entreprise en réduisant les pertes et en maintenant les collaborations
essentielles ». Contrairement au procès, qui peut être public et conflictuel, la conciliation
permet : - Une négociation en toute confidentialité, préservant la réputation des entreprises
concernées.

- Un cadre plus souple, où les parties peuvent négocier librement des solutions adaptées à leurs
intérêts é[Link] l’affaire Société A c. Société B (Tribunal de Commerce d’Abidjan,
2020), deux entreprises en conflit sur des retards de paiement ont trouvé un accord par
conciliation. Cet accord a évité l’ouverture d’un contentieux public qui aurait pu nuire à leur
image et effrayer leurs autres partenaires.

La conciliation commerciale est bien plus qu’une simple alternative au procès : elle
constitue un véritable outil de compétitivité et de gestion des risques pour les entreprises.

B. LA CONCILIATION DES CONFLITS DU TRAVAIL, UN LEVIER DANS LA

GESTION DES DIFFERENDS PROFESSIONNELS

La conciliation en matière de droit du travail s’impose comme une alternative efficace


aux contentieux judiciaires, en raison de ses nombreux avantages. Dans un contexte où les litiges
entre employeurs et salariés peuvent fragiliser la stabilité des entreprises et du marché du travail,
ce mode de règlement amiable apparaît comme un outil essentiel pour la préservation du climat
social et la réduction des coûts. L’un des principaux atouts de la conciliation réside dans sa
capacité à accélérer la résolution des conflits du travail. Contrairement aux procédures judiciaires
qui peuvent s’étendre sur plusieurs mois, voire des années, la conciliation permet de trouver un
accord en quelques jours ou semaines.

Dans une économie où la fluidité des relations professionnelles conditionne la performance


des entreprises, une justice lente représente un frein à la productivité. Une procédure judiciaire
longue entraîne des conséquences négatives : - Pour l’employeur : incertitude sur l’issue du
litige, impact sur l’organisation du travail, coûts liés à l’assistance juridique.

20
- Pour le salarié : insécurité financière due à l’attente prolongée d’une indemnisation ou d’une
réintégration. Le Code du travail ivoirien (article 92) impose d’ailleurs cette étape préalable, ce
qui démontre une volonté légale d’éviter l’encombrement des juridictions et de privilégier une
résolution rapide et pragmatique. L’application de la conciliation a montré son efficacité à
travers plusieurs décisions de justice. Par exemple, dans l’arrêt du Tribunal du Travail d’Abidjan
du 10 novembre 2019 (affaire X contre société Y), la conciliation a permis de régler un conflit
salarial en moins de trois semaines, alors qu’une action en justice aurait pris plus d’un an.

Cette approche pragmatique rejoint les analyses de Jean-Pierre Laborde, spécialiste des
modes alternatifs de règlement des conflits, qui affirme que « la conciliation permet aux parties
de reprendre le contrôle de leur différend en évitant l’incertitude des décisions judiciaires »
(Droit et Pratique des Modes Amiables de Résolution des Conflits, 2018). Une solution moins
coûteuse, allégeant la charge financière des parties. Le coût des conflits du travail est souvent
sous-estimé. Au-delà des frais juridiques, un litige entraîne des coûts indirects liés à la
perturbation des activités et à la dégradation du climat social. La conciliation, en offrant une
résolution amiable, constitue donc un outil stratégique pour réduire ces dépenses.

En Côte d’Ivoire, les frais liés à un contentieux prud’homal comprennent : - Les


honoraires d’avocat (obligatoire pour certaines procédures). -Les frais de justice et d’expertise
(souvent à la charge des parties).-Le coût du temps perdu pour l’entreprise et le salarié. Dans une
étude menée par le Centre Ivoirien de Règlement des Différends en Entreprise (CIRDE, 2020), il
a été démontré qu’une affaire prud’homale en justice coûtait en moyenne 5 à 10 fois plus cher
qu’une conciliation aboutissant à un accord. Une entreprise qui multiplie les litiges engage des
dépenses importantes qui auraient pu être investies ailleurs. Par exemple, dans un arrêt de la
Cour d’Appel d’Abidjan (2017), une société ayant refusé une conciliation a finalement été
condamnée après plusieurs années de procédure, avec des dommages-intérêts équivalents à trois
fois le montant initialement réclamé par le salarié.

Comme le souligne Emmanuel Dockès (*Droit du travail et modes alternatifs de résolution des
conflits*), « le règlement amiable est non seulement moins coûteux, mais il permet aussi de
préserver la réputation et l’image de l’entreprise ». Au-delà de ses avantages économiques, la
conciliation joue un rôle clé dans la gestion des relations professionnelles. Contrairement à une
21
décision judiciaire souvent perçue comme une sanction, un accord négocié permet aux parties de
sortir du conflit sans ressentiment. Un litige mal géré peut laisser des traces : rancunes, tensions
internes, démotivation. Un accord trouvé en conciliation permet une séparation plus apaisée ou,
dans certains cas, une réintégration dans de meilleures conditions. Cette approche est d’ailleurs
encouragée par le Décret n°96-208 du 7 mars 1996, qui encadre la conciliation dans les conflits
collectifs et impose une tentative de règlement amiable avant toute grève ou licenciement
collectif.

La conciliation en droit du travail ivoirien n’est pas une simple formalité procédurale, mais
un véritable levier d’efficacité. Ses avantages sont multiples : réduction des délais, allègement
des coûts et préservation du climat social. Dans un monde du travail en mutation, où les conflits
peuvent nuire à la compétitivité des entreprises et à la stabilité des salariés, la conciliation
s’impose comme un outil incontournable pour une justice plus efficace et adaptée aux réalités
professionnelles.

PARAGRAPHE II : LA CONCILIATION DANS LES LITIGES SOCIAUX ET

FONCIERS, UN OUTIL DE PACIFICATION ET DE

STABILITÉ

Les litiges sociaux et fonciers occupent une place centrale dans la vie quotidienne des
citoyens et peuvent engendrer des tensions durables s’ils ne sont pas résolus efficacement. Les
conflits familiaux, de voisinage A et fonciers Bsont particulièrement sensibles, car ils touchent
directement la cohésion sociale et la stabilité des communautés. Dans ces situations, le recours à
la conciliation s’avère être une solution privilégiée, permettant non seulement d’éviter les
lourdeurs judiciaires, mais aussi de préserver les relations entre les parties et de garantir une
résolution plus humaine et adaptée aux réalités locales.

A : LA CONCILIATION DANS LES CONFLITS FAMILIAUX ET DE VOISINAGE :

PRÉSERVER LES LIENS ET PACIFIER LES RELATIONS SOCIALES

Les conflits familiaux et de voisinage sont des litiges où la dimension émotionnelle est très
forte. Une approche purement judiciaire peut aggraver les tensions et rendre les relations encore
22
plus conflictuelles. La conciliation, en revanche, permet de rétablir le dialogue et de trouver des
solutions acceptables pour toutes les parties.

1. Une alternative au contentieux familial, réduisant les tensions et favorisant le dialogue

a) La conciliation dans les divorces et les conflits liés à la garde des enfants

Le divorce et la séparation sont des situations de rupture délicates, particulièrement


lorsqu’il y a des enfants impliqués. La conciliation permet de trouver un terrain d’entente sur la
répartition des biens, la garde des enfants et les pensions alimentaires, évitant ainsi les longues
batailles judiciaires qui peuvent être traumatisantes pour toutes les parties. En Côte d’Ivoire, le
Code de la famille (article 25) recommande une tentative de conciliation obligatoire avant toute
procédure de divorce. Cette exigence légale illustre la volonté des autorités d’encourager les
couples à régler leurs différends de manière amiable. Dans un arrêt du Tribunal de Première
Instance d’Abidjan, 12 mars 2022 (Affaire X c. Y), une conciliation a permis à un couple en
instance de divorce de s’accorder sur la garde alternée de leurs enfants et la répartition des biens
sans passer par un long procès. Comme l’explique François Chénedé, auteur de Droit de la
famille et modes amiables de résolution des conflits, « la conciliation dans les affaires familiales
est essentielle, car elle préserve les liens et limite l’impact psychologique des ruptures sur les
enfants ».

b) La gestion amiable des conflits de voisinage pour éviter l’escalade des tensions

Les conflits de voisinage sont une source fréquente de litiges : nuisances sonores,
empiètement sur une propriété, troubles de jouissance, etc. Lorsqu’ils ne sont pas bien gérés, ils
peuvent dégénérer et conduire à des procédures judiciaires longues et coûteuses. La conciliation
permet aux parties de trouver un compromis, souvent sous l’égide d’un conciliateur de justice ou
d’un chef de village dans les zones rurales. Dans l’arrêt du Tribunal d’Abidjan du 5 juillet 2021
(M. X contre Mme Y), un conflit portant sur une nuisance sonore persistante a été résolu par une
conciliation organisée par un conciliateur public, permettant d’éviter une procédure judiciaire et
de maintenir une bonne entente entre les parties.

23
Selon Jean Carbonnier, célèbre juriste spécialisé en sociologie du droit, « le droit ne doit pas être
une machine à diviser, mais un outil pour reconstruire le lien social ». Cette idée s’applique
parfaitement à la conciliation des litiges sociaux.

B : LA CONCILIATION DANS LES CONFLITS FONCIERS ET IMMOBILIERS : UNE

SOLUTION CONTRE L’ENCOMBREMENT JUDICIAIRE ET LES TENSIONS

COMMUNAUTAIRES

Les conflits fonciers sont une des principales causes de litiges en Côte d’Ivoire, en raison
de la complexité du régime foncier, du chevauchement des droits coutumiers et modernes, et de
l’urbanisation rapide. Ces litiges peuvent engendrer de graves tensions sociales et parfois des
violences. La conciliation joue un rôle crucial pour désamorcer ces conflits et éviter des
affrontements prolongés qui peuvent paralyser des communautés entières.

1. La conciliation comme réponse aux conflits de propriété et de bornage

a) Un mode de règlement adapté aux litiges fonciers coutumiers

En Côte d’Ivoire, une grande partie des terres est encore régie par le droit coutumier, ce
qui peut entraîner des conflits entre familles, villages ou promoteurs immobiliers. L’article 26 du
Code foncier rural ivoirien (Loi n°98-750 du 23 décembre 1998) impose d’ailleurs une phase de
conciliation avant toute action judiciaire en matière foncière. Cette obligation légale vise à éviter
des procès interminables et à encourager les solutions négociées, souvent plus acceptables pour
les parties concernées. Dans l’affaire du Tribunal de Man (2018, Affaire X contre Y), un
différend concernant un bornage de terrain a été résolu par une conciliation menée par un comité
villageois, évitant ainsi un procès qui aurait pu durer plusieurs années. Selon Raymond Verdier,
spécialiste du droit foncier africain, « la conciliation est essentielle pour la gestion des conflits
fonciers, car elle permet d’intégrer les dimensions traditionnelles et modernes du droit ».

b) La conciliation dans les conflits de bail commercial et d’occupation illégale

Les litiges entre bailleurs et locataires sont fréquents : impayés de loyers, résiliation abusive,
conditions d’occupation litigieuses. Une procédure judiciaire classique peut durer des années,

24
laissant parfois des locaux inoccupés ou bloqués par des saisies. La conciliation permet d’éviter
ces situations en trouvant des arrangements plus flexibles (échelonnement des paiements, départ
négocié, révision des conditions du bail). Dans l’arrêt de la Cour d’Appel d’Abidjan, 2020
(Société X contre M. Y), un bailleur et un locataire en litige sur des loyers impayés ont pu
trouver un accord de paiement échelonné grâce à une conciliation organisée par la Chambre de
Commerce et d’Industrie. Selon Philippe Malaurie, expert en droit des contrats, « la conciliation
dans les litiges locatifs évite des situations de blocage et préserve l’équilibre entre les intérêts du
bailleur et du locataire ».

Dans les litiges sociaux et fonciers, la conciliation est un outil de stabilisation sociale et
juridique essentiel. Son efficacité repose sur plusieurs facteurs : un cadre légal favorable (Code
de la famille, Code foncier, droit coutumier), une rapidité qui évite l’enlisement des conflits, un
coût réduit par rapport aux procédures judiciaires, une approche humaine et adaptée aux réalités
des parties.

Face à l’augmentation des conflits familiaux, de voisinage et fonciers en Côte d’Ivoire,


il est primordial que la conciliation soit davantage promue et institutionnalisée pour garantir une
justice accessible, pacifique et efficace pour tous.

25
PARTIE II : LES OBSTACLES A LA MISE EN
ŒUVRE DE LA CONCILIATION
EN COTE D’IVOIRE ET LES
MOYENS DE LES SURMONTER

26
CHAPITRE I : LES OBSTACLES ENTRAVANT LA MISE

EN OEUVRE ÉFFECTIVE DE LA

CONCILIATION EN COTE D’IVOIRE


On remarque l'absence de cadre institutionnel et juridique adéquat pour la conciliation
SECTION I et aussi une résistance Culturelle et sociale face à la conciliation SECTION II

SECTION I : L’ABSENCE DE CADRE INSTITUTIONNEL ET

JURIDIQUE ADÉQUAT POUR LA CONCILIATION

La mise en place de la conciliation en tant que mécanisme de règlement des litiges est
conditionnée par l'existence d'un cadre juridique et institutionnel solide, capable de l'encadrer et
de lui donner une légitimité. En Côte d'Ivoire, bien que des progrès aient été réalisés dans ce
domaine, plusieurs lacunes persistent, freinant l'extension de la conciliation dans les pratiques de
règlement des différends. D’une part, Le manque d'un cadre juridique clair et adapté limite
l'efficacité de la conciliation PARAGRAPHE I, d’autre part , les institutions de conciliation sont
insuffisamment structurées ce qui freine son déploiement PARAGRAPHE II

PARAGRAPHE I : LE MANQUE D’UN CADRE JURIDIQUE CLAIR ET ADAPTÉ

27
LIMITANT L’ÉFFICACITÉ DE LA CONCILIATION

Les obstacles juridiques à la mise en œuvre de la conciliation en Côte d'Ivoire sont d'abord
liés à l'absence d'une législation spécifique qui en encadre clairement les principes, les
procédures et la mise en œuvre A, et à l'insuffisance des dispositifs légaux existants, qui rendent
difficile son fonctionnement optimal B.

A : L’ABSENCE DE LÉGISLATION SPÉCIFIQUE SUR LA CONCILIATION

En Côte d'Ivoire, le recours à la conciliation n'est pas suffisamment encadré par une
législation dédiée, ce qui conduit à une insécurité juridique pour les parties et à une non-
harmonisation des pratiques. Si la conciliation est abordée dans le Code de la famille ou dans
certaines dispositions en matière foncière, elle ne bénéficie pas d’un corps législatif global qui
pose les bases de son fonctionnement, en dehors du cadre général des modes alternatifs de
règlement des conflits.

1. La conciliation perçue comme un recours informel

En l'absence d'une législation claire, la conciliation est souvent perçue comme un


mécanisme informel, sans statut juridique distinct et sans droit spécifique. Cela entrave sa
généralisation et sa crédibilité auprès des justiciables et des acteurs économiques. En effet,
l'absence de loi spécifique crée des zones d'incertitude, particulièrement en matière de validité
des accords conclus, et soulève des questions quant à leur caractère exécutoire. Les parties se
retrouvent souvent dans une position d'incertitude juridique après un accord de conciliation, car
le manque de cadre législatif ne garantit pas l’exécution forcée des décisions amiables prises.

2. La situation actuelle en matière de conciliation

Actuellement, les initiatives liées à la conciliation se trouvent souvent réparties entre


plusieurs textes législatifs, tels que le Code civil (article 1166 relatif à la médiation), le Code de
la famille, ou la Loi sur le foncier rural, mais il n'existe pas de législation cohérente et spécifique
qui régule la conciliation dans son ensemble. Cette fragmentation rend difficile son adoption
uniforme, aussi bien par les citoyens que par les institutions. Cela a également des répercussions
sur la reconnaissance des conciliateurs et sur leur statut juridique. En l’absence d’une formation

28
spécifique reconnue par l'État et d’un agrément officiel, la conciliation reste parfois perçue
comme un outil de second ordre, moins crédible que les procédures judiciaires formelles.

En outre, Comparée à la situation ivoirienne, la France offre un cadre législatif beaucoup


plus structuré pour la conciliation. La Loi n° 95-125 du 8 février 1995 relative à la médiation en
matière civile et commerciale a instauré une procédure de conciliation officielle dans le cadre des
litiges civils et commerciaux. Cette loi permet de recourir à un conciliateur de justice, dont le
rôle et la procédure sont encadrés de manière précise. En outre, la loi du 18 novembre 2016
relative à la modernisation de la justice du XXIe siècle a renforcé la place de la conciliation en
introduisant des outils comme la médiation préalable obligatoire dans certaines procédures
judiciaires, en particulier dans les affaires familiales.

B : L’INSUFFISANCE DES DISPOSITIFS LÉGAUX POUR GARANTIR SON BON

FONCTIONNEMENT

Outre l'absence de législation spécifique, l’insuffisance des dispositifs légaux existants


constitue un autre frein majeur à la mise en œuvre efficace de la conciliation en Côte d'Ivoire.
Bien qu'il existe des textes législatifs visant à promouvoir la conciliation, plusieurs éléments
limitent leur efficacité et leur portée.

1. La faible institutionnalisation de la conciliation

Le rôle des conciliateurs n'est pas suffisamment clarifié dans la législation ivoirienne. Il
existe bien des dispositifs prévoyant la conciliation dans certaines situations (notamment en
matière de famille et de litiges fonciers), mais les conciliateurs ne bénéficient pas d'un statut à
part entière dans la hiérarchie judiciaire. Leur manque de reconnaissance officielle limite leur
capacité à exercer pleinement leur fonction.

De plus, les structures dédiées à la conciliation (comme les comités de conciliation ou les
conciliateurs judiciaires) sont encore peu nombreuses et mal financées. Cette absence

29
d'institutions solides compromet le bon fonctionnement du système. Par exemple, la mise en
œuvre de la conciliation en milieu rural reste encore largement informelle et dépend de
l'initiative des chefs de village ou des notables.

2. Les lacunes dans les procédures de conciliation

La procédure de conciliation en Côte d'Ivoire est souvent marquée par une absence de
règles claires concernant sa mise en œuvre. Bien que la Loi n°2013-356 du 20 juin 2013 relative
à la médiation civile et commerciale ait introduit la médiation comme mode alternatif de
règlement des conflits, elle ne clarifie pas toujours les modalités pratiques de la conciliation, ce
qui génère une incertitude dans son application. Les conciliateurs, souvent issus de divers
horizons professionnels, ne bénéficient pas d'une formation harmonisée, et leurs compétences
sont trop variées, ce qui peut nuire à la qualité des solutions apportées. Par ailleurs, les acteurs
économiques et juridiques restent souvent ignorants des avantages de la conciliation, faute de
mécanismes de promotion et de sensibilisation.

3. L’absence d’une politique publique proactive

En Côte d'Ivoire, il n’existe pas de politique publique dédiée à la promotion et à


l'implémentation de la conciliation, ce qui freine son développement. Le manque d'incitations
financières, de formation spécialisée pour les conciliateurs, ainsi que l'absence d'une
infrastructure de soutien adéquate, sont autant d'éléments qui limitent la portée de la conciliation
en tant qu’outil de règlement des conflits à grande échelle.

L'absence d’un cadre juridique spécifique et de dispositifs légaux adaptés entrave


considérablement la mise en œuvre de la conciliation en Côte d'Ivoire. Pour garantir l’efficacité
de ce mode alternatif de règlement des conflits, il est indispensable d’adopter une législation
claire et complète qui reconnaît la conciliation comme une alternative viable et légitime au
contentieux judiciaire. Cette réforme pourrait offrir un cadre propice à la formation et à
l’institutionnalisation des conciliateurs, renforcer leur rôle et ainsi améliorer l’accessibilité et
l’efficacité du processus. A titre de comparaison, en France, le cadre juridique entourant la
conciliation est bien plus développé. Les conciliateurs de justice y sont formés par des
institutions publiques et bénéficient d’une reconnaissance officielle. Ils sont régulièrement
30
appelés par les juridictions pour intervenir dans les litiges et sont régis par des textes législatifs
précis, comme la loi du 8 février 1995, qui détermine leurs fonctions, leur statut et leur
rémunération. De plus, en France, les conciliateurs sont dotés d'un vrai pouvoir d’action, car
leurs accords sont souvent validés par les juges, ce qui leur confère une force exécutoire.

En Côte d'Ivoire, bien que certains efforts aient été entrepris, comme la mise en place de
médiateurs dans le cadre des litiges fonciers, ces derniers n'ont pas encore un statut juridique
aussi fort. Leurs décisions ne bénéficient pas toujours d'une exécution forcée, et leur manque de
formation dans certains cas réduit l’efficacité de la conciliation dans de nombreux domaines. De
plus, les dispositifs législatifs existants ne sont pas toujours suffisamment harmonisés pour
permettre une mise en œuvre systématique et cohérente de la conciliation dans les différents
secteurs.

Dans certains pays africains, comme le Sénégal et le Mali, la conciliation a été


institutionnalisée de manière plus poussée, avec des conciliateurs agréés qui bénéficient d'une
formation spécialisée et d'un cadre juridique solide pour leur intervention dans les litiges
familiaux, commerciaux et fonciers. Ces pays ont mis en place des structures dédiées, comme
des centres de médiation et des tribunaux spécialisés, pour permettre aux parties de régler leurs
différends à l’amiable avant d'engager des procédures judiciaires formelles. Le Mali, par
exemple, a créé un système de médiation judiciaire appuyé par des dispositifs de formation et de
certification des médiateurs, facilitant ainsi l’accessibilité et la crédibilité de la conciliation.

PARAGRAPHE II : LES INSTITUTIONS DE CONCILIATION INSUFFISAMMENT

STRUCTURÉES FREINANT SON DÉPLOIEMENT

Le déploiement de la conciliation en Côte d'Ivoire rencontre de nombreux obstacles liés


à des institutions mal structurées et un manque de ressources humaines et matérielles pour
soutenir ce mécanisme A. La conciliation, en tant que processus de résolution de conflits, repose
non seulement sur l'existence de lois adéquates mais aussi sur une infrastructure institutionnelle
qui soutienne et coordonne les efforts de médiation et de négociation. En Côte d'Ivoire, malgré

31
l'existence de mécanismes de conciliation, plusieurs faiblesses structurelles et institutionnelles
entravent l’efficacité du processus B.

A : FAIBLESSE DES INSTITUTIONS ET ACTEURS IMPLIQUÉS DANS LA

CONCILIATION

L'absence d'une institution centralisée dédiée à la conciliation est l'un des principaux
facteurs qui limitent l'impact de la conciliation en Côte d'Ivoire. Bien que certaines initiatives
existent, telles que des tribunaux de conciliation pour les conflits fonciers ou des structures
locales de médiation, ces mécanismes ne bénéficient pas d'un encadrement institutionnel fort.
Les institutions concernées ne sont souvent pas en mesure de coordonner les efforts de manière
cohérente, ce qui aboutit à un manque de visibilité et de légitimité des processus de conciliation.
Le Ministère de la Justice a mis en place certaines initiatives, mais elles restent parcellaires et
dispersées, sans véritable pilotage central. Cette situation contraste avec celle d'autres pays
comme la France, où la conciliation judiciaire est organisée à l'échelle nationale, avec des
tribunaux dédiés, des conciliateurs agréés et une législation claire qui encadre les procédures de
médiation. En France, le Code de procédure civile et la Loi n° 95-125 du 8 février 1995, relative
à la médiation et à la conciliation, ont permis l’établissement d’un cadre institutionnel solide
pour la résolution amiable des conflits. De plus, le recours à des conciliateurs de justice, formés
et indépendants, est obligatoire dans certains types de litiges, ce qui donne à la conciliation un
poids juridique fort et une visibilité institutionnelle.

En Côte d'Ivoire, il n’existe pas encore de cadre comparable. La structure de conciliation


reste éparpillée entre différentes institutions (comme les tribunaux, les conciliateurs traditionnels,
ou les acteurs privés de médiation), ce qui entraîne une discontinuité dans la gestion des litiges.
Les acteurs locaux impliqués dans la conciliation (tels que les chefs de village, les conciliateurs
traditionnels, ou les médiateurs privés) sont parfois perçus comme n'ayant pas une autorité légale
suffisante pour encadrer les litiges complexes. Des chercheurs comme Abou Karamoko (2012)
dans son ouvrage "La conciliation en Afrique : Enjeux et défis" soulignent également la faiblesse
des structures judiciaires en Afrique, notamment en Côte d'Ivoire, où l'absence d'une institution
centralisée dédiée à la conciliation nuit à l’efficacité du processus. Il met en lumière le manque

32
de coordination entre les différents acteurs de la médiation, ce qui contribue à une incohérence
dans les actions et à un manque de légitimité du mécanisme.

B : MANQUE DE FORMATION ET DE RESSOURCES POUR LES CONCILIATEURS

Une autre cause majeure de l'inefficacité de la conciliation en Côte d'Ivoire est le


manque de formation spécialisée et de ressources adéquates pour les conciliateurs. Dans le cadre
des litiges civils et commerciaux, les conciliateurs ne disposent pas systématiquement de
formation juridique ou en gestion des conflits. Cette absence de formation limite leur capacité à
traiter des affaires complexes et à gérer efficacement les attentes des parties. Les conciliateurs,
notamment dans les régions rurales, peuvent avoir une expérience insuffisante ou une
compréhension partielle des enjeux juridiques, ce qui peut compromettre la qualité de la
conciliation.

En comparaison, dans des pays comme la France, les conciliateurs de justice sont formés selon
un programme rigoureux, généralement dispensé par les Tribunaux de Grande Instance ou par
des écoles spécialisées. Ce programme de formation, souvent validé par un certificat d'aptitude à
la médiation, assure que les conciliateurs sont à même de comprendre non seulement les aspects
juridiques du conflit mais aussi les dimensions humaines et émotionnelles qui influencent les
décisions des parties. De plus, les conciliateurs bénéficient d'une formation continue, leur
permettant de rester informés des évolutions législatives et des meilleures pratiques en matière
de médiation.

En Côte d'Ivoire, les conciliateurs sont souvent formés de manière informelle ou sur le
tas, sans avoir suivi de programme certifiant ou structuré. La formation reste sporadique et n’est
pas obligatoire pour l’exercice de cette fonction. Cela affecte non seulement la qualité des
résolutions proposées, mais aussi la crédibilité des conciliateurs et leur acceptation par les parties
en conflit. L'absence de soutien institutionnel et de ressources matérielles pour les conciliateurs
contribue également à leur inefficacité. Les structures de médiation locales sont souvent mal
équipées, avec peu ou pas de moyens financiers, de ressources humaines, ou d'infrastructures
modernes pour mener à bien leur mission. Le manque de ressources financières et matérielles
dans les institutions de conciliation ivoiriennes rend difficile l'organisation de séances de

33
médiation régulières, l'accès aux documents juridiques nécessaires ou encore la réalisation
d'analyses complexes des conflits. En revanche, des pays comme le Canada ou les États-Unis
offrent aux conciliateurs des ressources substantielles, tant humaines que matérielles, dans le
cadre de mécanismes de conciliation gérés par des organismes publics ou privés. Gbangbo
Augustin (2015) dans son étude intitulée "La médiation et la conciliation en Côte d'Ivoire : état
des lieux et perspectives" critique également l’absence de formation et la diversité des acteurs
impliqués, soulignant que l'absence de programme de formation structuré empêche la profession
de conciliation de se professionnaliser. Il recommande la création d'un cadre légal spécifique
pour la conciliation, en s'inspirant des modèles internationaux.

Dramane Ouattara (2017) dans son ouvrage "Les obstacles à la conciliation en Afrique de l'Ouest
: Cas de la Côte d'Ivoire" aborde directement la question du manque de formation des
conciliateurs et de ressources. Selon lui, le manque de coordination des efforts et le manque de
soutien institutionnel sont des obstacles majeurs au déploiement de la conciliation en Côte
d'Ivoire.

Le manque de structure institutionnelle et de ressources humaines adéquates constitue un


frein majeur au déploiement de la conciliation en Côte d'Ivoire. Bien que des efforts aient été
réalisés, le système ivoirien souffre de nombreuses lacunes par rapport à des modèles
internationaux comme celui de la France ou du Canada, où la conciliation est soutenue par des
institutions solides, des formateurs spécialisés, et un encadrement juridique strict. Pour que la
conciliation devienne un véritable levier de résolution des conflits en Côte d'Ivoire, il est
essentiel de renforcer les capacités institutionnelles, d’assurer une formation spécialisée des
conciliateurs, et de garantir que ces derniers disposent des ressources nécessaires pour mener à
bien leurs missions. Une réforme structurelle et une révision des politiques publiques en matière
de médiation et conciliation sont indispensables pour optimiser l’efficacité du mécanisme dans le
pays.

SECTION II : LES RÉSISTANCES CULTURELLES ET

SOCIALES FACE A LA CONCILIATION

34
En Côte d'Ivoire, la conciliation comme mode alternatif de règlement des conflits est
confrontée à des résistances culturelles et sociales importantes. Ces résistances, liées à des
pratiques de résolution de conflits profondément ancrées dans la société, posent un défi majeur
pour l’implantation et le développement effectif de la conciliation. Dans cette section, nous
examinerons les obstacles provenant des mentalités traditionnelles qui entravent l'acceptation de
la conciliation comme mode de règlement des litiges, notamment la préférence pour les
méthodes de résolution de conflits traditionnelles PARAGRAPHE I et la méfiance envers un
processus perçu comme non contraignant PARAGRAPHE II.

PARAGRAPHE I : LES MENTALITÉS TRADITIONNELLES ENTRAVANT

L’ACCEPTATION DE LA CONCILIATION COMME

MODE DE RÈGLEMENT DES LITIGES

A : LES PRÉFÉRENCES POUR LES MÉTHODES TRADITIONNELLES DE

RÉSOLUTIONS DES CONFLITS

Les méthodes traditionnelles de résolution des conflits occupent une place centrale
dans la culture ivoirienne, particulièrement dans les zones rurales et dans certaines communautés
urbaines où les pratiques coutumières restent très influentes. Selon Dramane Ouattara (2017), les
populations ivoiriennes privilégient généralement la médiation informelle par des acteurs
communautaires tels que les chefs de village, les anciens, ou d'autres figures d'autorité
reconnues. Ces acteurs sont perçus comme étant légitimes en raison de leur proximité sociale et
de leur connaissance approfondie des valeurs et des dynamiques sociales locales. Ainsi, en raison
de leur capacité à concilier sans recourir à des formalismes ou des procédures juridiques
complexes, ces méthodes sont vues comme plus adaptées et plus efficaces que la conciliation
étatique.

Un exemple typique de ce type de résolution de conflits se trouve dans les pratiques de


médiation familiales, notamment lors de divorces ou de conflits de succession. Dans ces cas, les
conseils de famille sont souvent sollicités pour résoudre les disputes, et la conciliation se fait de
35
manière informelle. En Côte d'Ivoire, la notion de respect des aînés et le rôle de ces aînés comme
médiateurs sont des aspects fondamentaux de la gestion des conflits. L’adhésion à ces pratiques
traditionnelles est renforcée par la méfiance vis-à-vis des institutions judiciaires, perçues comme
étrangères et parfois corrompues.

Cependant, cette préférence pour la médiation traditionnelle ne se fait pas sans


conséquence sur l'efficacité de la conciliation moderne. Bien que ces pratiques traditionnelles
aient l'avantage d'être rapides, accessibles et moins coûteuses, elles ne garantissent pas toujours
des résolutions équitables. L’influence des relations de pouvoir au sein des familles ou des
communautés peut conduire à des solutions partielles ou injustes, et la disparité des acteurs
impliqués dans le processus (notamment les chefs de village) peut affecter la neutralité des
décisions. La médiation traditionnelle, bien que profondément enracinée dans les valeurs
culturelles, demeure un frein à l'introduction de la conciliation moderne dans les contextes
judiciaires. Dans son ouvrage "La gestion des conflits en Afrique de l'Ouest : enjeux et
perspectives" (2015), Dr. Jean-Baptiste Koffi souligne que les divergences culturelles entre la
justice formelle et les pratiques informelles rendent difficile l’acceptation d'un système hybride.
Cela reflète l’importance de sensibiliser les acteurs locaux sur les avantages complémentaires de
la conciliation étatique.

B. LA MÉFIANCE ENVERS UN PROCESSUS PERCU NON CONTRAIGNANT

Un autre obstacle majeur à l'acceptation de la conciliation en Côte d'Ivoire réside dans


la perception selon laquelle ce processus est non contraignant. En effet, contrairement aux
décisions de tribunaux qui bénéficient de la force exécutoire, les accords obtenus par conciliation
n'ont aucune garantie légale de respect. La conciliation, dans sa forme actuelle, repose
essentiellement sur la bonne volonté des parties à respecter l’accord atteint, ce qui peut poser
problème dans un contexte où l’obéissance à la décision judiciaire, qui implique des sanctions
légales, est mieux perçue. Théoriquement, le concept de conciliation dans le cadre de la justice
est souvent perçu par les Ivoiriens comme un processus faible, notamment du fait de son absence
de sanctions concrètes en cas de non-respect des accords. Cela est particulièrement marqué dans

36
les cas où une partie refuse de se conformer à la solution trouvée. Dans ce cadre, la force
contraignante de la conciliation devient un enjeu crucial. Le droit ivoirien, dans sa forme
actuelle, ne prévoit pas un mécanisme permettant d’exécuter directement les accords issus de la
conciliation, ce qui crée un déséquilibre entre la médiation formelle et la médiation traditionnelle
qui peut être perçue comme plus légitime.

Un rapport du Ministère de la Justice (2019) sur l’efficacité de la conciliation en Côte d'Ivoire


confirme cette méfiance. Le rapport révèle que certains justiciables se montrent réticents à
s'engager dans des procédures de conciliation par peur que leurs droits ne soient pas pleinement
protégés en l'absence de garanties juridiques. Ils préfèrent le recours au tribunal où les décisions
sont exécutoires et où les sanctions sont plus sévères. Cette perception s'explique également par
l'idée qu'un compromis ou une solution négociée peut parfois contourner la justice formelle et ne
pas être respectée par les parties après coup. L’auteur Gbangbo Augustin (2015), dans son étude
"Les défis de la médiation et de la conciliation en Côte d'Ivoire", souligne également que l’un
des principaux obstacles à l’adoption de la conciliation est l’absence de mécanismes clairs pour
la mise en œuvre des accords. Pour que la conciliation devienne un véritable outil de justice en
Côte d'Ivoire, il devient indispensable d’officialiser et de renforcer la légalité des accords
obtenus, en y adjoignant des mécanismes d'exécution qui assurent la régularité et la validité
juridique de ces solutions.

La conciliation, bien que reconnue comme un mécanisme alternatif de résolution des


conflits (MARC), demeure moins populaire et parfois même rejetée par certains juges. Cela peut
s'expliquer par plusieurs raisons liées aux traditions judiciaires, à des préoccupations concernant
la légitimité et l'exécution des accords issus de la conciliation, ainsi qu’à la résistance au
changement au sein du système judiciaire. En Côte d'Ivoire, comme dans d'autres pays, la
conciliation est perçue par certains juges comme une méthode peu contraignante et qui
compromet leur autorité. Cette section s'efforcera d'illustrer pourquoi cette perception existe, en
intégrant des exemples concrets et en comparant avec d'autres contextes juridiques. La
conciliation perçue comme une menace pour le rôle traditionnel du juge. Le rôle traditionnel du
juge dans de nombreux systèmes judiciaires, y compris en Côte d'Ivoire, est d'agir en autorité, en
rendant des jugements définitifs, basés sur une analyse des preuves et des arguments des parties.

37
Ce pouvoir décisionnel est formel, contraignant et peut être exécuté officiellement (par exemple,
à travers l’intervention des forces de l’ordre en cas de non-respect d'une décision). Le processus
de conciliation, qui repose sur la volonté des parties de parvenir à un accord amiable, peut être
perçu comme une réduction de l'autorité judiciaire.

En Côte d'Ivoire, bien que la conciliation soit prévue par le Code de procédure civile
dans certains domaines, son utilisation dans la pratique judiciaire reste limitée. Les juges peuvent
considérer que la conciliation réduit leur rôle dans la résolution des litiges, en favorisant des
solutions consensuelles qui échappent à l’intervention de l'autorité judiciaire. Cela peut créer un
sentiment d'infériorité vis-à-vis de leur pouvoir traditionnel. Un jugement, par sa force
exécutoire, est perçu comme plus légitime, ce qui fait que certains juges préfèrent trancher eux-
mêmes les différends plutôt que de permettre une solution amiable.

PARAGRAPHE II : LE MANQUE DE CONFIANCE DANS LE PROCESSUS DE

CONCILIATION NUISANT A SA CRÉDIBILITÉ

La conciliation, bien qu'elle soit souvent présentée comme une alternative efficace aux
procédures judiciaires classiques, souffre d’un manque de confiance de la part de certaines
parties prenantes, notamment les justiciables et les avocats. Ce manque de confiance peut
s'expliquer par plusieurs facteurs, notamment la perception de la conciliation comme une
procédure insuffisamment formelle A et le doute sur l'impartialité et l'efficacité des conciliateurs.
Ces éléments jouent un rôle crucial dans la faible utilisation de la conciliation, même dans les
systèmes où elle est censée être encourage B.

A : PERCEPTION DE LA CONCILIATION COMME UNE PROCÉDURE

INSUFFISAMMENT FORMELLE

L'un des principaux obstacles à la confiance dans la conciliation réside dans le manque de
formalisation du processus par rapport aux procédures judiciaires classiques. En effet, la
conciliation est souvent perçue comme une pratique informelle et parfois même comme une
solution non légitime pour résoudre des conflits. Contrairement aux procès, où une décision
judiciaire est rendue par un juge de manière publique et contraignante, la conciliation repose sur

38
un accord amiable, ce qui peut la rendre moins crédible aux yeux de ceux qui attendent une
décision claire et exécutoire. En Côte d'Ivoire, bien que la conciliation soit encouragée par la loi,
sa mise en œuvre reste en grande partie informelle, et les accords obtenus ne sont pas toujours
transformés en jugements homologués. L'absence de formalisation et de mécanismes d'exécution
des décisions de conciliation crée un climat d'incertitude parmi les parties, qui peuvent avoir des
doutes sur la validité juridique des accords conclus.

De plus, dans un pays comme la Côte d'Ivoire, où la confiance dans les institutions
judiciaires est parfois faible en raison de l'historique de certaines procédures et pratiques peu
transparentes, la conciliation peut être perçue comme un processus secondaire manquant de
rigueur juridique.

Cette perception a pour conséquence de réduire l'adhésion à la conciliation, notamment dans les
litiges complexes ou de grande envergure. En comparaison, des pays comme la France ont
renforcé le cadre juridique de la conciliation en la rendant plus formelle, avec des procédures
clairement définies et la possibilité d'homologuer les accords. Cela contribue à donner à la
conciliation une plus grande légitimité et force contraignante, ce qui aide à la rendre plus
crédible. Le droit ivoirien, bien qu’il encourage la conciliation dans plusieurs domaines, ne
parvient pas toujours à instaurer une confiance suffisante dans ce mécanisme, en partie à cause
de la perception qu’il est insuffisamment formel et qu’il manque de garanties quant à
l’impartialité des conciliateurs. Plusieurs éléments du droit ivoirien peuvent être mis en avant
pour comprendre pourquoi les parties prenantes peuvent douter de l’efficacité et de la crédibilité
de la conciliation.

En outre, La loi n° 2014-201 du 22 juillet 2014 relative à la réconciliation nationale et la


loi n° 2019-574 du 26 juin 2019 qui porte création du Mécanisme national de réconciliation ont
favorisé l'émergence de la conciliation dans certains domaines, mais ce cadre reste relativement
flou en ce qui concerne la contrainte juridique des accords obtenus. En effet, la conciliation,
lorsqu'elle est réalisée dans le cadre judiciaire, n'a pas toujours de force obligatoire si les parties
n’en font pas une demande de validation par le juge. Cela fait naître un sentiment d’insuffisance
formelle qui peut mener à des doutes sur l'efficacité réelle de ce mécanisme.

39
Les articles 126 et suivants du Code de procédure civile ivoirien mentionnent la possibilité de
recourir à la conciliation en dehors du jugement, mais il est aussi précisé que l’accord conclu doit
être soumis à l’homologation du juge pour qu'il acquière une force exécutoire. Cette procédure
d'homologation est facultative dans certains cas, ce qui laisse place à un doute : l'accord est-il
juridiquement contraignant sans cette homologation? Cette incertitude juridique contribue à la
perception de la conciliation comme une solution peu formelle et insuffisamment contraignante.

Diverses études et enquêtes menées en Côte d'Ivoire ont révélé que les justiciables et les
avocats, notamment dans le cadre des litiges commerciaux ou familiaux, perçoivent souvent la
conciliation comme un processus moins garantissant de justice. Selon un rapport de l’Agence
nationale de la réforme judiciaire (ANRJ) publié en 2017, de nombreuses personnes interrogées
ont exprimé des réserves par rapport à la conciliation, estimant qu'elle ne produit pas de résultats
tangibles et que les conciliateurs ne sont pas suffisamment formés pour traiter des affaires
complexes. Il en ressort également que les acteurs juridiques tels que les avocats préfèrent
souvent recommander à leurs clients de s’en remettre au jugement judiciaire plutôt qu’à la
conciliation, par crainte que l’accord obtenu en dehors du tribunal n’ait pas de validité suffisante.
Les avocats soulignent le manque de garanties en matière de neutralité et d'impartialité, ce qui
contribue à renforcer la méfiance des justiciables.

B : DOUTE SUR L’IMPARTIALITÉ ET L’ÉFFICACITÉ DES CONCILIATEURS

Outre la question de la formalisation du processus, l'efficacité de la conciliation est


également entachée par des doutes sur l’impartialité et la compétence des conciliateurs. En Côte
d'Ivoire, bien que des efforts aient été faits pour former des conciliateurs, il existe une perception
généralisée selon laquelle les conciliateurs ne sont pas toujours suffisamment qualifiés ou
impartiaux dans leur rôle.

Le manque de formation spécifique des conciliateurs dans des domaines complexes


tels que le droit des affaires, le droit social ou les questions foncières contribue à la méfiance vis-
à-vis du processus. De plus, le fait que les conciliateurs soient souvent perçus comme des acteurs
externes sans pouvoir réel ou lien direct avec le système judiciaire rend leur impartialité parfois
suspecte. Les parties en conflit peuvent douter de leur capacité à garantir des solutions

40
équitables, surtout si elles ont des relations personnelles avec le conciliateur ou s’il existe un
manque de supervision de leur travail. Cette méfiance envers les conciliateurs est accentuée par
l'absence de garanties concernant leur neutralité et leur capacité à gérer des conflits complexes.
En effet, dans certains cas, le conciliateur peut être perçu comme étant trop proche de l'une des
parties, ou comme ayant un biais qui l'empêche de gérer le conflit de manière objective. Cette
perception est particulièrement présente dans des contextes où les relations sociales et politiques
peuvent influencer la gestion des conflits. Le manque de transparence et de contrôle du processus
de conciliation renforce cette méfiance. En l'absence de normes strictes et d'une supervision
rigoureuse, il devient difficile pour les parties de s'assurer de l'impartialité et de l'efficacité du
conciliateur. Dans certains pays, comme les États-Unis, des efforts ont été faits pour instituer des
codes de conduite stricts pour les conciliateurs et des mécanismes de contrôle pour garantir leur
neutralité.

Le manque de confiance dans la conciliation en Côte d'Ivoire, en particulier en ce qui


concerne la perception de sa formalité et la compétence de ses acteurs, constitue un obstacle
majeur à son adoption en tant que mode de règlement des litiges. Pour renforcer la crédibilité de
la conciliation, il est crucial d'améliorer la formation des conciliateurs, d’introduire des normes
juridiques claires régissant le processus, et de rendre les accords issus de la conciliation plus
contraignants. Ce faisant, la conciliation pourrait devenir une alternative légitime et efficace pour
résoudre les conflits en Côte d'Ivoire, tout en renforçant la confiance des justiciables dans ce
mode de règlement des litiges.

Par ailleurs, on marque l’absence de mécanisme de contrôle des conciliateurs, la qualité et


l'impartialité des conciliateurs sont un sujet d'interrogation, notamment dans des domaines où les
relations sociales et économiques sont particulièrement sensibles. Le droit ivoirien ne prévoit pas
de cadre rigide pour la formation continue des conciliateurs, ni de mécanisme strict de
supervision de leur activité. Ce manque de garanties renforce le sentiment que la conciliation
peut être un processus partiel ou subjectif. Par exemple, dans les conflits familiaux ou
commerciaux où les parties sont souvent issues de milieux sociaux différents, le conciliateur peut
être perçu comme n'ayant pas la compétence nécessaire pour trancher efficacement ou de
manière impartiale. Le Code de procédure civile ivoirien, tout en prévoyant l’intervention des

41
conciliateurs dans certaines situations, ne détaille pas suffisamment la formation spécifique ou
l’indépendance des conciliateurs, ce qui alimente des doutes concernant leur impartialité et leur
capacité à gérer des conflits complexes.

CHAPITRE II : SURMONTER LES OBSTACLES A LA

MISE EN OEUVRE DE LA CONCILIATION

EN COTE D’IVOIRE
Faudra renforcer le cadre législatif et institutionnel pour une conciliation effective
SECTION I mais aussi sensibiliser et promouvoir l’usage de la conciliation dans la société
SECTION II.

SECTION I : RENFORCER LE CADRE LÉGISLATIF ET

INSTITUTIONNEL POUR UNE CONCILIATION

ÉFFECTIVE

On pourrait envisage l’adoption d’une legislation spécifique à la conciliation


PARAGRAPHE I joint par la creation d’institutions dédiées à la conciliation PARAGRAPHE II.

PARAGRAPHE I : L’ADOPTION D’UNE LÉGISLATION SPÉCIFIQUE A LA

CONCILIATION

42
La conciliation en Côte d'Ivoire, bien qu’elle soit une alternative de plus en plus reconnue
dans la résolution des conflits, reste encore insuffisamment encadrée par un cadre législatif
précis et détaillé. L'adoption d'une législation spécifique et claire est indispensable pour renforcer
la légitimité du processus de conciliation, garantir son efficacité et encourager la participation
des parties prenantes A. En l'absence d'un cadre juridique solide, la conciliation risque de
demeurer une pratique non systématisée, marginale et parfois perçue comme une solution de
dernier recours. Ce paragraphe se propose de montrer l'importance d’une législation claire pour
la conciliation, et d’étudier les modèles législatifs réussis dans d’autres pays qui pourraient
inspirer la législation ivoirienne B.

A : L’IMPORTANCE D’UNE LÉGISLATION CLAIRE ET SPÉCIFIQUE POUR

ENCADRER LE PROCESSUS DE CONCILIATION ET ASSURER SA LÉGITIMITÉ

Un cadre législatif clair et spécifique est un pilier fondamental pour la mise en œuvre
réussie de la conciliation en Côte d'Ivoire. En effet, la conciliation repose sur l’accord mutuel
entre les parties prenantes, mais cet accord doit être soutenu par un cadre juridique garantissant
sa validité et son efficacité. Une législation bien structurée permet non seulement de définir les
principes et les objectifs de la conciliation, mais aussi d’établir les conditions dans lesquelles elle
peut être menée, les rôles et les responsabilités des conciliateurs, ainsi que les mécanismes de
suivi et de sanction. L’importance d’une législation claire pour la conciliation se déploie à
plusieurs niveaux : Renforcer la légitimité du processus de conciliation : Lorsque la conciliation
est régie par des lois précises, elle bénéficie d’une reconnaissance officielle, ce qui renforce la
confiance des citoyens et des parties en conflit. La légitimité du processus est également assurée
par le soutien de l'État, qui, à travers la loi, garantit que les accords issus de la conciliation
peuvent être validés et exécutés. Faciliter la mise en œuvre du processus de conciliation : Une
législation bien définie permet de déterminer les procédures à suivre, les critères de sélection des
conciliateurs, les modalités de mise en place des sessions de conciliation, et les mécanismes de
recours en cas d’échec du processus. Cette structuration est essentielle pour éviter le flou
juridique et garantir la prévisibilité des résultats.

43
En outre, faut encadrer le rôle des conciliateurs : un cadre législatif spécifique permet
d’établir les compétences et la déontologie des conciliateurs, assurant ainsi que ces derniers
disposent des qualifications et de l’éthique nécessaires pour conduire des négociations
équilibrées et impartiales. Ce cadre détermine également les conditions de leur désignation, leur
formation et leur rémunération, garantissant ainsi leur efficacité. Assurer une protection juridique
des parties : La conciliation doit offrir un cadre dans lequel les parties peuvent trouver des
solutions durables sans crainte de représailles ou d’abus. Une législation claire garantit que les
intérêts des parties sont protégés tout au long du processus, notamment en ce qui concerne la
confidentialité des échanges et la non-violence des résolutions proposées.

François V. Tanguay (Dans "La médiation et la conciliation en droit privé") insiste sur la
nécessité d’une législation spécifique qui garantisse la validité et l’efficacité du processus de
conciliation. Il met l’accent sur la manière dont une législation bien structurée permet de définir
les rôles des conciliateurs, d’assurer la légitimité du processus, et d’offrir un cadre clair pour
l'exécution des accords issus de la conciliation.

Ainsi, l’adoption d’une législation spécifique à la conciliation en Côte d'Ivoire


permettrait d’offrir un cadre juridique stable, favorisant la confiance des citoyens dans cette
alternative aux procédures judiciaires classiques et assurant une gestion harmonieuse des
conflits.

B : ETUDIER LES MODELES LÉGISLATIFS RÉUSSIS D’AUTRES PAYS POUR

INSPIRER LA LÉGISLATION IVOIRIENNE

L’adoption d’une législation spécifique à la conciliation ne doit pas nécessairement être un


processus isolé. La Côte d'Ivoire peut s'inspirer des modèles législatifs d’autres pays ayant mis
en place des systèmes de conciliation efficaces. Ces modèles peuvent offrir des pistes concrètes
pour la structuration du cadre législatif ivoirien et permettre de s’appuyer sur des pratiques
éprouvées. Le modèle du Japon : Le système de conciliation préjudicielle

44
Le Japon dispose d’un système de conciliation préjudicielle qui est largement utilisé dans
le règlement des conflits civils et commerciaux. Le Code civil japonais prévoit des procédures de
conciliation qui peuvent être demandées avant ou pendant une action en justice. La loi japonaise
définit clairement les pouvoirs des conciliateurs, la procédure de conciliation et les effets des
accords obtenus. Ce modèle pourrait inspirer la Côte d'Ivoire, en particulier dans la création d’un
système de conciliation systématique avant le recours au tribunal, en prévoyant des conciliateurs
formés et une procédure simple, accessible et rapide.

Le modèle du Maroc : La conciliation dans les affaires commerciales et familiales. Le


Maroc a instauré la conciliation comme mécanisme obligatoire dans certaines affaires familiales
et commerciales. La loi marocaine encadre strictement le processus, en instituant des
conciliateurs au sein des tribunaux, et impose que certaines affaires passent d'abord par la
conciliation avant d'être jugées. Ce modèle pourrait être adapté à la Côte d'Ivoire, notamment
dans le domaine des conflits commerciaux et familiaux, afin de désengorger les tribunaux tout en
offrant aux parties une solution rapide et moins coûteuse.

Le modèle de la France : La médiation et la conciliation judiciaire. En France, la


législation sur la conciliation a été renforcée par la loi de 2019 qui institue un dispositif de
médiation et de conciliation dans les tribunaux. Les conciliateurs y sont désignés par le juge ou
choisis par les parties, et l’accord obtenu a la même valeur juridique qu’une décision judiciaire.
En s’inspirant de ce modèle, la Côte d'Ivoire pourrait envisager d'établir un système dans lequel
la conciliation judiciaire joue un rôle plus central, en précisant les procédures à suivre et les
conséquences légales des accords obtenus.

Le modèle du Sénégal : La conciliation en droit civil et administrative. Le Sénégal a


intégré la conciliation dans ses pratiques juridiques à travers un cadre législatif qui reconnaît la
conciliation comme une alternative au contentieux. Le Sénégal met en place un système de
conciliation dans le cadre des affaires civiles et administratives, avec des procédures flexibles et
accessibles. Ce modèle pourrait être intéressant pour la Côte d'Ivoire, qui pourrait chercher à
formaliser un processus de conciliation dans les affaires civiles et administratives, avec une
répartition claire des rôles entre les conciliateurs, les parties et les autorités judiciaires.

45
Le modèle du Canada : La médiation et conciliation dans les relations de travail. Le
Canada a développé un système de médiation dans les relations de travail, particulièrement dans
la province de Québec, où la conciliation est une procédure officielle dans le cadre des différends
entre employeurs et employés. L'extension de ce type de cadre pourrait inspirer la Côte d'Ivoire,
où la conciliation dans le domaine du droit du travail pourrait être un outil efficace pour prévenir
les conflits sociaux et améliorer les relations professionnelles.

En étudiant ces exemples internationaux, la Côte d'Ivoire pourrait adopter une


législation sur la conciliation en s’inspirant des meilleures pratiques, tout en l’adaptant à son
contexte socio-économique et culturel. Cela permettrait de garantir une approche effective et
équilibrée, en encourageant une utilisation étendue de la conciliation tout en préservant l’équité
et l’accessibilité du processus pour tous les citoyens.

En somme, une législation spécifique sur la conciliation est indispensable pour


renforcer la gestion des conflits en Côte d'Ivoire. L'exemple des autres pays fournit des pistes
essentielles pour créer un système juridique de conciliation solide, efficace et reconnu,
contribuant ainsi à la consolidation de la paix sociale et à la réduction de la charge des tribunaux.

PARAGRAPHE II : LA CRÉATION D’INSTITUTIONS DÉDIÉES A LA

CONCILIATION

Pour que la conciliation devienne un véritable levier de résolution des conflits en Côte
d'Ivoire, il est essentiel de mettre en place des institutions spécifiques et dédiées à cette pratique.
La création de centres ou d’organismes régulateurs permettrait non seulement d’encadrer le
processus de manière professionnelle, mais aussi de garantir l’accessibilité et la mise en œuvre
effective de la conciliation. De plus, la formation des acteurs du système judiciaire à
l’importance de la conciliation et à son application est primordiale pour que cette approche
puisse se généraliser et être véritablement intégrée dans le règlement des conflits. Ce paragraphe
se propose de présenter les avantages de la création de telles institutions, A ainsi que la nécessité
de former les différents acteurs judiciaires à la conciliation B.

A : PROPOSER LA MISE EN PLACE DE CENTRES OU D’ORGANISMES

46
RÉGULATEURS DÉDIÉS A LA CONCILIATION

La création de centres ou d’organismes régulateurs spécifiquement dédiés à la


conciliation représente un pas décisif vers l’officialisation et la systématisation de cette pratique
en Côte d'Ivoire. Ces institutions seraient responsables de l’organisation et du suivi des
procédures de conciliation, de la formation des conciliateurs, et de la promotion de la culture de
la conciliation au sein de la société. Voici quelques avantages de la création de telles
institutions : Encadrement professionnel de la conciliation : L’existence d’institutions dédiées
permettrait de garantir que la conciliation soit conduite de manière professionnelle, avec des
conciliateurs formés et certifiés, respectant des normes éthiques et procédurales précises. Ces
centres pourraient être chargés de la sélection et de la gestion des conciliateurs, assurant ainsi
que ceux-ci soient qualifiés et impartiaux. Accessibilité et décentralisation : La mise en place de
centres dédiés à la conciliation à travers le pays favoriserait l’accessibilité à cette méthode de
résolution des conflits pour tous les citoyens, y compris ceux des zones rurales ou moins
desservies par les structures judiciaires. Ces centres pourraient offrir des services gratuits ou à
faible coût, permettant à un plus grand nombre de personnes de recourir à la conciliation. Soutien
à la mise en œuvre des accords : Ces institutions pourraient également avoir un rôle dans la
supervision de l'exécution des accords de conciliation, assurant ainsi que les solutions trouvées
soient respectées. Elles pourraient également intervenir en cas de non-respect de ces accords, en
fournissant des mécanismes de médiation ou d’arbitrage supplémentaires pour assurer la mise en
œuvre des résolutions. Sensibilisation et promotion de la conciliation : En plus de gérer le
processus de conciliation, ces centres pourraient être des acteurs clés dans la sensibilisation du
public à la conciliation, en informant les citoyens des avantages de cette méthode par rapport aux
procédures judiciaires traditionnelles. Des campagnes d’information et de sensibilisation
pourraient être menées à l’échelle nationale pour inciter les citoyens à privilégier la conciliation
dans leurs différends.

La mise en place d’un cadre juridique et administratif clair : Un organisme régulateur


centralisé pourrait travailler en collaboration avec les autorités gouvernementales et judiciaires
pour établir un cadre juridique solide autour de la conciliation. Ce cadre pourrait définir les
conditions de validité des accords de conciliation, les modalités de supervision et de contrôle, et

47
les critères de sélection des conciliateurs. En Côte d'Ivoire, l'implantation d'un tel centre pourrait
être envisagée à l’échelle locale (par exemple, dans chaque région) ou nationale (un organisme
central régissant tous les processus de conciliation). Ces institutions renforceraient le système
judiciaire et offriraient une alternative crédible aux litiges civils, commerciaux, familiaux, et
même administratifs.

B : FORMER LES ACTEURS DU SYSTÈME JUDICIAIRE A L’IMPORTANCE ET

L’APPLICATION DE LA CONCILIATION

La réussite de la conciliation en Côte d'Ivoire dépendra également de la capacité des


acteurs du système judiciaire à intégrer cette pratique dans leur quotidien professionnel. Il est
donc impératif de former les juges, avocats, greffiers, et autres acteurs judiciaires à l’importance
et à l’application de la conciliation. Une formation adaptée permettrait de surmonter les
résistances potentielles et de faire en sorte que la conciliation soit perçue comme un outil
efficace et légitime pour la résolution des conflits.

D’abord, sensibiliser les acteurs judiciaires à l'importance de la conciliation : La formation


doit commencer par une sensibilisation des acteurs judiciaires aux avantages de la conciliation. Il
est essentiel qu'ils comprennent que cette méthode offre des solutions plus rapides, moins
coûteuses et plus satisfaisantes pour les parties, tout en contribuant à désengorger les tribunaux.
En renforçant leur conviction de l’importance de cette pratique, ces professionnels pourront
mieux la promouvoir et la recommander aux parties en conflit.

Ensuite, former à la méthodologie de la conciliation : La formation doit porter sur les


techniques et les méthodologies de la conciliation, en expliquant le rôle du conciliateur, la
conduite des négociations, la gestion des conflits, ainsi que les principes de confidentialité et
d’impartialité. Les acteurs judiciaires, en particulier les juges et avocats, doivent être équipés des
compétences nécessaires pour orienter les parties vers la conciliation et intervenir de manière
constructive lorsqu'ils sont impliqués dans un processus de conciliation.

En outre, la formation continue et pratique : Il est crucial que la formation des acteurs
judiciaires ne se limite pas à un programme initial, mais qu’elle inclut également des modules de
formation continue. Cela permettrait aux professionnels de se tenir à jour des dernières
48
évolutions législatives et pratiques en matière de conciliation, d’adopter de nouvelles techniques
et d’améliorer leurs compétences. Des ateliers pratiques, des simulations de conciliation et des
études de cas devraient être régulièrement organisés pour renforcer la compétence des acteurs
dans la gestion de la conciliation.

En plus, l’intégration de la conciliation dans la formation des futurs juristes : La formation


des futurs juristes, qu’ils soient juges, avocats ou conseillers juridiques, doit également inclure
un volet consacré à la conciliation. Il est important que les étudiants en droit et les professionnels
en début de carrière soient formés dès le départ à la conciliation, en faisant d’elle une
compétence de base dans leur formation. Cela contribuerait à une généralisation de la pratique au
sein du système judiciaire et à son acceptation par tous les acteurs concernés.

Favoriser une collaboration interinstitutionnelle : La formation des acteurs du système judiciaire


à la conciliation doit être un effort interinstitutionnel. Il est important que les ministères de la
Justice, les barreaux, les écoles de droit et les organisations de la société civile collaborent pour
créer des programmes de formation adaptés, et pour encourager un dialogue constant sur les
meilleures pratiques et les enjeux liés à la conciliation.

En somme, la création d’institutions dédiées à la conciliation et la formation des acteurs


du système judiciaire sont deux éléments complémentaires indispensables à la réussite de cette
méthode de résolution des conflits en Côte d'Ivoire. Ces mesures permettraient non seulement
d’officialiser la conciliation en tant qu’outil à part entière du système judiciaire ivoirien, mais
aussi de créer un environnement propice à son développement et à sa généralisation.

SECTION II : SENSIBILISER ET PROMOUVOIR L’USAGE DE

LA CONCILIATION DANS LA SOCIÉTÉ

La mise en œuvre efficace de la conciliation en Côte d'Ivoire repose non seulement sur
des réformes législatives et institutionnelles, mais aussi sur une sensibilisation approfondie de la
population ainsi que sur la promotion de son usage au sein des acteurs économiques et sociaux

49
PARAGRAPHE I. Pour qu'une telle démarche soit pleinement réussie, il est nécessaire de créer
une prise de conscience collective autour de la conciliation, ses avantages et sa place dans la
culture de gestion des conflits PARAGRAPHE II.

PARAGRAPHE I : SENSIBILISATION DES CITOYENS A LA CONCILIATION

On verra d’une part, la mise en place des campagnes nationales pour informer la
population des avantages de la conciliation A et d’autre part, l’utilisation des médias et les
nouvelles technologies pour toucher un large public B.

A: METTRE EN PLACE DES CAMPAGNES NATIONALES POUR INFORMER LA

POPULATION DES AVANTAGES DE LA CONCILIATION

Afin de promouvoir la conciliation en tant que méthode de résolution de conflits dans la


société ivoirienne, il est primordial d’élargir la compréhension et l’acceptation de cette pratique
au-delà des cercles professionnels et juridiques. Cela nécessite des campagnes de sensibilisation
structurées et de grande envergure. Objectifs des campagnes de sensibilisation : Renforcer la
légitimité de la conciliation : En Côte d'Ivoire, une grande partie de la population n'est pas
suffisamment informée sur ce qu'est la conciliation, ni sur ses avantages par rapport aux
méthodes classiques de résolution des conflits. Une campagne doit donc viser à présenter la
conciliation non seulement comme une alternative crédible à la procédure judiciaire, mais aussi
comme une option plus accessible et moins contraignante, mettre en lumière les bénéfices
sociaux et économiques : Il est essentiel de souligner que la conciliation réduit les tensions
sociales, accélère la résolution des conflits et renforce les liens sociaux. En plus de son aspect
pacifique, la conciliation peut également désengorger les tribunaux et permettre des économies
substantielles de temps et d’argent, tant pour les particuliers que pour l’État.

Canaux de diffusion : Les campagnes doivent toucher un large éventail de la population, en


utilisant à la fois des méthodes traditionnelles et modernes. Les canaux classiques comme la
télévision, la radio et la presse écrite restent incontournables pour atteindre une large population,

50
mais les nouveaux médias doivent également être intégrés pour toucher les jeunes et les
populations urbaines.

Télévision et radio : Ces médias sont particulièrement efficaces pour atteindre les populations
rurales et semi-rurales, qui sont souvent exclues des discussions sur les réformes juridiques
modernes. Des émissions spécialisées ou des reportages sur des cas de conciliation réussie
peuvent être utilisés pour illustrer l’efficacité de cette méthode.

Presse écrite : Des articles et des encarts dans des journaux locaux peuvent être publiés pour
expliquer les principes et le processus de la conciliation. Les témoignages de personnes ayant
résolu leurs différends par conciliation pourraient également être mis en avant. Infrastructures de
sensibilisation :

Forum communautaires : Les forums communautaires représentent une plateforme de discussion


où les citoyens peuvent s'informer sur la conciliation et poser des questions directement à des
experts. Organiser de tels forums dans les quartiers et les villages permettrait une interaction
directe et un dialogue avec les populations, augmentant ainsi l’adoption de cette pratique.

Ateliers de sensibilisation dans les écoles et universités : L’éducation des jeunes à la conciliation
constitue un investissement à long terme pour la société. Les écoles et les universités, en
particulier les institutions juridiques et les facultés de sciences sociales, devraient intégrer la
conciliation dans leur programme pédagogique, à travers des conférences, des séminaires ou des
débats sur le thème.

B : UTILISER LES MÉDIAS ET LES NOUVELLES TECHNOLOGIES POUR

TOUCHER UN LARGE PUBLIC

L'usage des médias sociaux et des technologies modernes est désormais incontournable
pour toute campagne de sensibilisation de grande envergure. Ces plateformes offrent un accès
direct à un public jeune et connecté, qui pourrait jouer un rôle essentiel dans l'adoption de la
conciliation. Les médias sociaux et leur potentiel : Création de contenus éducatifs : Les vidéos
courtes, les infographies et les podcasts peuvent expliquer en termes simples comment la
51
conciliation fonctionne. Ces contenus doivent être diffusés via des plateformes populaires
comme Facebook, Instagram, WhatsApp, et TikTok, qui permettent d’atteindre un public large et
diversifié.

Témoignages et partage d’expériences : Il serait judicieux de créer une série de témoignages


vidéo ou écrits de personnes ayant utilisé la conciliation pour résoudre des conflits, qu’il s’agisse
de différends familiaux, de conflits de voisinage ou de conflits commerciaux. Ces témoignages
permettent de rendre la conciliation plus humaine et proche des réalités quotidiennes des
citoyens. Webinaires et conférences en ligne :

L’organisation de webinaires et de conférences en ligne avec des experts de la conciliation, des


juges, des avocats et des conciliateurs permettrait de répondre aux questions des citoyens tout en
présentant la conciliation comme un outil moderne et efficace pour résoudre les conflits. Ce
format interactif permet également aux participants de poser des questions en temps réel, ce qui
renforce l'engagement et la compréhension.

PARAGRAPHE II : PROMOUVOIRE LA CONCILIATION AUPRÈS DES ACTEURS

ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

On verra d’une part la necessité d’encourager les entreprises à la pratique de la


conciliation A et d’autre part, comment impliquer les acteurs professionnels B.

A : ENCOURAGER LES ENTREPRISES A INTEGRER LA CONCILIATION DANS

LEURS CONTRATS COMMERCIAUX ÉPOUR RESOUDRE LES CONFLITS

DE MANIÈRES AMIABLE

Dans un contexte économique où les conflits commerciaux peuvent entraîner des pertes
financières considérables et des ruptures de relations d’affaires durables, la conciliation apparaît
comme une solution incontournable pour préserver l’intégrité des relations commerciales.

L’intégration des clauses de conciliation dans les contrats commerciaux : Il est impératif que les
entreprises, notamment les grandes entreprises et les multinationales opérant en Côte d'Ivoire,
adoptent des clauses de conciliation dans leurs contrats commerciaux. Ces clauses stipulent
52
qu’en cas de litige, les parties s’engagent à tenter une solution amiable avant de recourir aux
tribunaux.

Avantages pour les entreprises : Outre la réduction des coûts liés aux procédures judiciaires
longues et onéreuses, les entreprises bénéficient d’un processus plus rapide et plus souple, qui
leur permet de maintenir une relation cordiale avec leurs partenaires commerciaux. Cela peut
également préserver leur réputation sur le marché, car un règlement amiable des différends
montre un engagement en faveur de la responsabilité sociale des entreprises.

Éducation des entreprises à la conciliation : Pour que ces clauses soient véritablement intégrées,
il est nécessaire de former les entreprises sur l’importance de la conciliation. Cela pourrait
inclure la création de programmes de formation dédiés aux responsables des ressources
humaines, aux avocats d’entreprise et aux gestionnaires des conflits. Ces formations devraient
expliquer les avantages de la conciliation et leur fournir des outils pratiques pour l’implémenter
dans leurs opérations.

B : IMPLIQUER LES ASSOCIATIONS PROFESSIONNELLES ET LES SYNDICATS

POUR PROMOUVOIR L’USAGE DE LA CONCILIATION DANS LES RELATIONS

DE TRAVAIL

Les syndicats et les associations professionnelles jouent un rôle central dans le maintien
du dialogue social en Côte d'Ivoire. Leur implication dans la promotion de la conciliation
permettrait d'améliorer la gestion des conflits dans le monde du travail, notamment en période de
crise ou de tensions sociales.

Sensibilisation des syndicats à la conciliation :

Les syndicats peuvent être des vecteurs puissants de diffusion de la conciliation. Il est crucial que
les leaders syndicaux soient formés et informés sur la manière dont la conciliation peut améliorer
le climat de travail. En mettant en avant les avantages de la conciliation (réduction des tensions,
préservation de l’emploi, amélioration des relations professionnelles), ils seront mieux placés
pour convaincre les employés d’y recourir.

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Promotion de la conciliation dans les conventions collectives :

Une autre approche consiste à intégrer des mécanismes de conciliation dans les conventions
collectives ou les accords de branche, afin que cette méthode soit systématiquement utilisée pour
résoudre les conflits entre employeurs et travailleurs.

Partenariat avec les organisations patronales :

Les organisations patronales doivent aussi être encouragées à promouvoir la conciliation,


notamment en proposant des ateliers de formation pour les dirigeants d’entreprises. La
collaboration entre syndicats et organisations patronales pourrait permettre de créer des solutions
concertées, bénéfiques tant pour les employeurs que pour les employés.

En conclusion, la sensibilisation des citoyens et la promotion de la conciliation auprès des


acteurs économiques et sociaux représentent des leviers essentiels pour l’implantation de cette
méthode en Côte d'Ivoire. Des campagnes bien ciblées, l’utilisation de nouvelles technologies et
une forte implication des entreprises et des syndicats permettront de faire de la conciliation une
véritable alternative dans la gestion des conflits à tous les niveaux de la société.

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