REGIME FISCAL FORESTIER
DESCRIPTION DU REGIME FISCAL FORESTIER
En République du Mali, le régime fiscal Forestier n’est pas défini de façon rigoureuse. Le
droit forestier prévoit toutefois dans ses grandes lignes des obligations d’ordre fiscal. Aussi,
en dehors des exceptions prévues pour les usagers, aucun droit d’exploitation ou de récolte de
produits de la forêt ne peut être concédée à titre gratuit.
Cela va s’en dire que tout exploitant est tenu au paiement de redevances et taxes représentant
les droits de délivrance des permis suivants :
• taxe de superficie (territoriale) et droit de transfert pour les chantiers ; et
• redevances pour permis d’exploration et permis de coupe de bois de feu et charbon.
Ou correspondant aux quantités de produits exploités :
• taxe forfaitaire d’abattage par pied d’arbre pour les chantiers forestiers et le permis de coupe
de bois d’œuvre ; et
• redevances pour permis de coupe de bois de service.
Cependant, les taxes relatives à l’exploitation forestière rentrent dans la catégorie des revenus
agricoles et se trouvent donc provisoirement exonérées de l’impôt proportionnel. Mais il faut
dire qu’actuellement les textes d’application relatifs aux dispositions du Code Général des
Impôts concernant les bénéfices agricoles n’ont pas encore été adoptés.
Les seules références qui sont en vigueur en matière de fiscalité forestière restent
fondamentalement les textes de base suivants :
• Loi No 96- 050 du 16 octobre 1996 - portant principes de constitution et de gestion du
domaine des collectivités territoriales ;
• Loi No 96 – 051 du 16 octobre 1996 - déterminant les ressources fiscales des communes ;
• Loi No 95-003 du 18 janvier 95 - portant organisation de l’exploitation du transport et du
commerce du bois ;
• Loi No 95-004 du 18 janvier 95 - fixant les conditions de gestion des ressources forestières ;
• Décret No 97-053/PRM - fixant les taux des redevances de défrichement dans le domaine
forestier de l’état et définissant la limite sud officielle de la zone sahélienne ; et
• Décret No 98-402/P-RM du 17 décembre 1998 - fixant les taux, les modalités de
recouvrement et de répartition des taxes perçues à l’occasion de l’exploitation du bois dans le
domaine forestier de l’état.
A l’analyse de ces textes se dessinent trois types de fiscalité forestière :
• la fiscalité liée à l’exploitation du bois dans les domaines forestiers de l’Etat (Décret 98-
402) ;
• la fiscalité liée à l’exploitation du bois dans les domaines forestiers des collectivités
territoriales (non définie) ; et
• la fiscalité liée à l’exploitation du bois dans les domaines forestiers des particuliers
(recouvrements par les Services compétents des taxes et impôts prévus par le Code Général
des Impôts).
Le droit d’usage est le droit par lequel des communautés rurales riveraines des forêts sont
habilitées à exploiter du bois pour leurs besoins domestiques à condition que cela ne fasse pas
l’objet d’une transaction commerciale. Le droit d’usage s’exerce pleinement par toutes les
communautés rurales. En effet, en dehors des centres urbains (chefs lieux de communes), des
populations rurales ne sont soumises à aucune taxe. Il faut cependant relever quelques cas où
le droit d’usage est transgressé dans la mesure où les populations s’adonnent au commerce de
bois dans le cadre de l’exercice de leurs droits d’usage. Le phénomène de paupérisation
généralisée en est la principale cause.
Taxes sur la production de bois ronds
Nous entendons par bois rond industriel toute grume ou branche de grume qui est utilisé à
l’état rond (brut) ou en qualité de matière première pour la transformation mécanique ou
chimique en vue d’obtenir des produits finis (sciages, tranchées, contre plaquées etc.). L’unité
de mesure est le m3 ou unité de pieds. Dans ce rapport le bois rond est assimilé au bois
d’œuvre qui peut être toute grume, tronc ou bille ayant un diamètre supérieur à 25cm.
Les imprimés ou permis utilisés pour la perception des taxes issues de l’exploitation du bois
rond sont les mêmes que ceux utilisés pour les autres produits forestiers. En plus du permis
d’exploitation, un coupon de transport est délivré pour le contrôle de l’origine et la circulation
des produits forestiers.
Pour ce qui est des amendes relatives à l’exploitation frauduleuse ou au transport frauduleux
de bois, elles sont perçues contre la délivrance d’un reçu ou quittancer du trésor public.
En règle générale, les taxes sur la production de bois ronds sont déterminées par le Décret
No 98-402/P-RM du 17 décembre 1998 fixant les taux, les modalités de recouvrement des
taxes perçues à l’occasion de l’exploitation du bois dans le domaine forestier de l’Etat.
A cette fin toute exploitation de bois est subordonnée au paiement d’une taxe au niveau du
Service de la Conservation de la Nature.
De plus, les taux de la taxe sont fixés en fonction des produits issus des forêts naturelles et
des plantations de l’Etat suivant l’origine et la nature des essences.
Toutefois, en ce qui concerne l’exploitation forestière dans le domaine forestier des
particuliers, l’imposition est établie au nom de l’exploitant, qu’il soit propriétaire ou simple
détenteur du droit d’exploiter. Le régime d’imposition est soit le forfait (régime général) soit
le bénéfice réel. Le taux de l’impôt s’élevant à 10 % du bénéfice. (Se référer au Tableau 1 et
au Tableau 3 en ce qui concerne les montants et les taux des taxes relatives au bois rond).
Pour les autres dispositions concernant l’utilisation des forêts appartenant à l’Etat comme les
péages d’accès aux routes, ponts et ou autres ouvrages ainsi que les installations d’usines et
barrages il n’y a pas de taxes spécifiques. Cependant tous les grands travaux dans ces
domaines sont soumis au Décret No 99-189/P-RM du 05 juillet 1999 institutionalisant la
procédure d’Etude d’Impact sur l’Environnement.
Taxes sur la production de bois de service et bois d’œuvre
Les taux de taxes perçues à l’occasion de l’exploitation du bois dans le domaine forestier de
l’Etat varient selon que les produits sont issus de la forêt naturelle ou des plantations de l’Etat
en fonction de la nature de produits (bois-énergie, bois de service et bois d’œuvre).
De plus, le taux de la taxe varie selon la zone d’exploitation (incontrôlée, orientée ou
contrôlée). Cette mesure procède du souci d’orienter l’exploitation du bois sur les zones
contrôlées afin de s’assurer que les normes d’exploitation, sont respectées (respect de la
technique de coupe, respect du quota d’exploitation). Au niveau de la zone contrôlée, la
variation du taux de la taxe sur la production de bois d’œuvre est fonction du diamètre du
bois. Plus le diamètre est gros, plus le taux est élevé. Cet état de fait se justifie par la notion de
valeur marchande du bois (voir le Tableau 1).
Tableau 1 Taxe d’exploitation du bois d’œuvre issu des formations naturelles (en
FCFA/pied)
Nature des produits Origine des produits
Incontrôlée Orientée Contrôlée
Diamètre du bois à 1,30 m du
sol
25 à 30 30,5 à 50 < 50 cm
cm cm
Essences protégées
Borassus aethiopium 5.000 3.000 1.500 2.000 2.500
Pterocarpus erinaceus 7.500 5.000 2.500 3.000 4.500
Afzelia africana 10.000 7.500 3.750 4.500 6.000
Bombax costatum 4.000 3.000 1.500 2.000 2.500
Khaya senegalensis 20.000 15.000 7.500 10.000 12.500
Anogeissus leiocarpus 5.000 3.000 10.000 1.500 2.000 2.500
Parkia biglobosa (pied mort) 15.000 5.000 5.000 6.500 7.500
Butyrospermum paradoxum 7.500 7.500 2.500 3.000 3.500
(pied mort) 10.000 3.750 4.500 6.000
Acacia albida (pied mort) 2.000
Essences non protégées 3.000 3.000 1.000 1.500 1.750
Hyphaene thebaïca 5.000 5.000 1.500 2.000 2.500
Isoberlina doka 7.500 4.000 2.500 3.000 4.500
Cordyla pinnata 6.000 1.500 2.000 2.500 3.000
Daniella oliveri 2.500 1.500 750 1.000 1.250
Ceïba pentandra 2.500 1.500 750 1.000 1.250
Pseudocedrela koschii 2.500 2.000 750 1.000 1.250
Lannea acida 3.000 1.500 1.000 1.500 1.750
Sclerocarya birrea 2.500 3.000 750 1.000 1.250
Prosopis africana 5.000 3.000 1.500 2.000 2.500
Tamarindus indica 5.000 1.000 1.500 2.000 2.500
Erytrophleum guineense 1.500 500 750 800
Autres essences non protégées
Source : Décret No 98-402/P-RM
La variation de la taxe du bois de service d’une zone d’exploitation (voir le Tableau 2) donnée
à une autre procède du même souci d’orienter l’exploitation sur les zones aménagées à l’effet
d’un contrôle plus rigoureux des normes et des quotas d’exploitation. Les exploitants ont
tendances à s’orienter vers les zones incontrôlées malgré le taux élevé de la taxe parce qu‘ils
échappent au contrôle forestier et s ‘en tirent donc à bon compte.
Tableau 2 Taxe d’exploitation du bois de service issu des formations naturelles (en
FCFA/pièce)
Nature des produits Origine des produits
Incontrôlée Orientée Contrôlée
Perches, poteaux, fourches et
étais
1.250 750 500
Pseudocedrela kostchii 1.250 750 500
Terminalia spp 1.250 750 500
Prosopis africana 1.250 750 500
Lannea acida 1.250 750 500
Spondia mombin 1.500 900 600
Diospyros mespiliformis 1.500 900 600
Burkea africana 3.000 2000 1000
Dalbergia melanoxylon 75 40 35
Oxytenanthera abyssinica 60 35 25
Raphia sudanica 2.000 1200 800
Hyphaene thebaiica 500 300 200
Autres essences protégées
Gaulettes, Perchettes piquets 30 20 10
Pseudocedrela kostchii 50 30 20
Prosopis africana 40 25 15
Diospyros mespiliformis 90 60 30
Dalbergia melanoxylon 25 15 10
Autres essences protégées
Feuilles de palmiers : 35 20 10
Feuilles de rôniers 25 10 5
Feuilles de doumiers
Source : Décret No 98-402/P-RM.
La variation du taux de la taxe du bois d’œuvre et bois de service issu des plantations de l’état
est fonction à la fois du diamètre du bois et de la qualité du bois. C’est ainsi que les essences
comme Kaya sénégalensis, Gmelima arborea et Tectona grandis présentent les taux les plus
élevés (voir le Tableau 3).
Tableau 3 Taxes d’exploitation du bois d’œuvre et de service issus des plantations de
l’Etat (en FCFA)
Nature des Catégories de bois de service Catégories de bois d’œuvre
essences (Diamètre au gros bout) (diamètre à 1,30 m du sol)
<= 10 cm 10,5 à 15 15,5 à 20 20,5 à 25 25 à 35 35,5 à 50 > 50
cm cm cm cm cm cm
Eucalyptus spp 350 400 450 500 3.000 6.000 9.000
Cassia spp 250 300 350 400 - - -
Neem 300 350 400 450 1.500 2.500 3.000
Tectona grandis 450 500 550 600 5.000 7.500 10.000
Gmelima 250 300 350 400 2.500 5.000 7.500
arborea 100 - - - - - -
Bambou 150 200 250 300 1.000 1.500 2.000
Autres
- - - - 5.000 7.500 10.000
Kaya - - - - 4.000 5.000 6.000
sénégalensis
Autres
exotiques
Source : Décret No 98-402/P-RM.
Taxes sur la production de bois-énergie
Généralement dans le cadre de l’exploitation du bois dans le domaine forestier de l’Etat les
taux de taxes perçues à l’occasion du bois-énergie portent sur les produits issus de la forêt
naturelle (essentiellement le bois de chauffe et le charbon suivant l’origine) et sur les produits
issus des plantations de l’Etat (suivant la nature des essences). A cet effet, le bois de chauffe
et le charbon de bois sont taxés en fonction du volume (par stère pour le bois de chauffe et par
quintal pour le charbon) et les taux de taxes varient suivant la nature des essences et en
fonction des zones d’exploitation (incontrôlée, orientée, contrôlée – voir le Tableau 4). Dans
les plantations de l’Etat, les produits issus de l’exploitation portent sur les espèces exotiques
et sont assujettis à des taxes également basées sur le volume (stère ou m3 – voir le Tableau 5).
Tableau 4 Taxe d’exploitation du bois-énergie issu des formations naturelles
Nature des produits Origine
Incontrôlée Orientée Contrôlée
Bois de chauffe 800 FCFA/stère 400 FCFA/stère 250 FCFA/stère
Charbon de bois 1.200 FCFA/quintal 800 FCFA/quintal 500 FCFA/quintal
Source : Décret No 98-402/P-RM.
Tableau 5 Taxe d’exploitation du bois de chauffe issu des plantations de l’Etat
Nature des essences Taux des taxes
Eucalyptus spp 1.500 FCFA/stère
Cassia spp 1.000 FCFA/stère
Neem 1.000 FCFA/stère
Gmelima arborea 1.000 FCFA/stère
Autres essences 800 FCFA/stère
Source : Décret No 98-402/P-RM.
Variation de la structure de la fiscalité forestière en fonction des régions
Selon la spécificité des régions, les taux de redevances perçus à l’occasion de la délivrance
des autorisations dans le domaine forestier de l’Etat varient par rapport au défrichement avec
déssouchage (7,500 FCFA/ha) et au défrichement sans déssouchage (5.000 FCFA/ha) dans la
zone sahélienne et 15.000 FCFA/ha pour le défrichement avec déssouchage contre
10.000 FCFA/ha pour le défrichement sans déssouchage dans la zone soudanienne.
Taxes sur les produits non ligneux et les services procurés
par la forêt
Au Mali, il existait jusqu'en 2000 un vide juridique concernant la taxation des produits non
ligneux et les services procurés par la forêt qui font cependant l’objet d’un commerce
florissant tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. Si les produits non ligneux comme les
feuilles, les écorces, les racines, les fruits et les herbes procurent des revenus monétaires
importants à une frange de la population qui s’y adonnent (les femmes, les jeunes), les
produits de cueillette comme la gomme arabique et les amandes de Karité font l’objet d’un
commerce florissant en direction des Pays voisins. Les recettes générées par l’exportation de
ces produits sont forts appréciables. Le tableau ci-dessous (Tableau 6) donne une idée des
recettes d’exportation de ces produits. Le vide juridique constaté jusqu’ici est en voie d’être
comblé dans les prochains jours par l’adoption en conseil des Ministres d’un décret statuant
en la matière.
Tableau 6 Situation des produits de cueillette de 1990-1999
Produit Années
s
1990 1991 1992 1993 1994
Valeur Poids Valeur Valeur Valeur Poids Valeu Poids Vale Poids
(‘000 (en kg) (‘000 (‘000 (‘000 (en kg) r (en kg) ur (en kg)
FCFA) FCFA) FCFA) FCFA) (‘000 (‘000
FCF FCF
A) A)
Graine 533.69 14.452. 508.39 508.39 2.333.4 23.334. - - 65.01 1.130.5
de 6 641 4 4 80 800 3 00
Karité
Gomme 60.000 342.000 60.000 60.000 44.451 434.525 39.50 172.85 74.00 363.88
Arabiqu 2 7 9 8
e Dures
Gomme 45.000 546.000 45.000 45.000 - - - - - -
Arabiqu
es
friables
Gomme - - - - - - - - - 486.00
Laque 0
Huile de 1.834.4 3.641.4 1.048.4 1.048.4 8.140 53.920 - - 47.90 180.00
Karité 88 17 10 10 0 0
Brute
Huile de 60.000 600.000 60.000 60.000 300.00 2.000.0 - - - -
Karité 0 00
Epurée
Latex de 2.000 20.000 2.000 2.000 - - - - 62.46 101.21
Caoutch 6 0
ouc
Gommes 52.500 444.000 161.91 161.91 28.731 241.525 2.465 39.611 - 796.00
-résines 8 8 0
Dattes - - - - - - - - - -
Nattes - 980.000 - - - 16.807 - - - 800.00
0
Eventail - 100.000 - - - 50.000 - - - -
s
Feuilles - - - - - - - - - -
de
baobab
Cire - 5.000 - - - - 34.50 92.000 - -
d’abeille 0
s
Tamarin - 4.600 - - - 11.300 75 2.250 - -
Noix - - 200 200 - - - - - -
Amende
s de
palmiste
s
Jus de - - - - - - - - - -
Tamarin
Sirop de - - - - 16.402 57.224 - - - -
tamarin
Fibres - - - - 6.960 30.400 - - - -
textiles
VEG
Soumbal - 980.000 - - - - 325.2 2.100.0 - -
a 33 00
Source : Direction Nationale de la Statistique et de l’informatique, 1999.
Tableau 6 Situation des produits de cueillette de 1990-1999
Produits Années
1995 1996 1997 1998 1999
Valeu Poids Valeur Valeur Valeu Poids Valeu Poids Valeu Poids
r (en kg) (‘000 (‘000 r (en r (en kg) r (en kg)
(‘000 FCFA) FCFA) (‘000 kg) (‘000 (‘000
FCF FCF FCFA FCFA
A) A) ) )
Graine de - - 1.493.7 2.975.1 65.05 444.0 343.4 7.550.6 136.6 2.044.5
Karité 03 35 0 00 59 40 74 69
Gomme - - 67.443 383.100 36.18 279.2 60.94 473.334 40.12 520.150
Arabique 5 85 2 6
Dures
Gomme - - - - - - - - - -
Arabique
s friables
Gomme - 941.000 - 60.000 - - 4.171 40.000 - -
Laque
Huile de - - - - - - - - - -
Karité
Brute
Huile de 6.000 1.000.0 - - - - - - - -
Karité 00
Epurée
Latex de 5.430 1.200 - 11.000 - - - - - -
Caoutcho
uc
Gommes- - 69.000 - 2.034.0 - 9.490 9.968 170.950 1.105 20.000
résines 00
Dattes - - - - - 150.0 - - - -
00
Nattes - 100.000 - - - 160.0 - - - -
00
Eventails - - - - - - - - - -
Feuilles - - - - - - - - - -
de
baobab
Cire - - 8.552.5 11.000 12.00 69.00 - - 27 530
d’abeilles 00 0 0
Tamarin - - - - - 3.000 159.2 3.114.0 102.7 2.055.0
00 00 50 00
Noix - - - - - - 5.000 500.000 2.505 500.001
Amendes
de
palmistes
Jus de - - - - - - - - - -
Tamarin
Sirop de - - - - - - - - - -
tamarin
Fibres - - - - - 3.000 6.163 69.451 16.20 165.647
textiles 9
VEG
Soumbal - - - - - - - - - -
a
Source : Direction Nationale de la Statistique et de l’informatique, 1999.
Taxes sur le commerce des produits forestiers et sur les produits transformés
Le Mali n’envisage aucune disposition dans la taxation des produits forestiers transformés et
sur le commerce des produits forestiers qui relèvent en fait de la compétence d’autres
structures publiques.
Autres taxes
En règle générale, le régime fiscal Forestier s’appuie sur la parafiscalité et les impôts et taxes
prévus par le Code Général des Impôts. A cet effet, la parafiscalité des domaines forestiers de
l’Etat comprend essentiellement les redevances perçues lors de l’exploitation du bois.
Taxe environnementale sur le bois
Elle est assimilable à la TEB (Taxe environnementale sur le bois) destiné à couvrir les coûts
de développement et la mise en œuvre de la gestion durable des ressources forestières. Cette
parafiscalité Nationale avec une rétribution sous forme de TLB aux communes (Taxe locale
sur le bois) est aussi destinée à financer les investissements collectifs dans les villages. Elle
est également redistribuée sous forme de TPF (Taxe de politique forestière destinée à
renforcer l’incitation/orientation des acteurs de la filière dans le sens choisi et/ou à financer
les actions de développement forestier) et ce pour l’alimentation du fonds de promotion de la
filière. Ce fonds est généralement reparti entre les professionnels, l’Association Permanente
des Chambres d’Agriculture du Mali (APCAM) et les Services de la Conservation de la
Nature (SCN).
Fiscalité dans les domaines forestiers des collectivités territoriales
Cependant, le Décret No 98-402/P-RM du 17 décembre 1998 - qui fixe les taux, les modalités
de recouvrement et répartition des taxes perçus à l’occasion de l’exploitation du bois dans le
domaine forestier de l’Etat, ne fait aucune mention spécifique sur la fiscalité relative à
l’exploitation du bois dans les domaines forestiers des collectivités territoriales.
Les collectivités territoriales sont habilitées à appliquer une fiscalité dans leur domaine
respectif selon l’article 25 de la loi N° 96 - 050 portant principe de constitution et de gestion
du domaine des collectivités territoriales du 16 octobre 1996. A cet effet les taux de
redevances perçues dans le cas l’exploitation du bois dans les domaines des collectivités
territoriales sont fixés par l’organe compétent de la collectivité territoriale après consultation
de la chambre d’agriculture.
En définitive, la série d’impôts et taxes édictées par les textes fondamentaux en matière de
fiscalité forestière sont d’office applicable à l’activité et aux exploitants de la filière du bois
énergie. En se référant sur les textes en vigueur en matière de ressources fiscales des
communes, chaque organe exécutif doit délibérer sur les taux des taxes municipales.
Amendes
Les taux des amendes en ce qui concerne le transport frauduleux du bois varie de 5.000 à
50.000 FCFA (Article 23, Loi 95-003). Les taux des amendes en ce qui concerne
l’exploitation frauduleuse du bois de feu et de charbon de bois, en fonction des quantités sont
fixés comme montré dans le Tableau 7.
Tableau 7 Amendes en ce qui concerne l’exploitation frauduleuse du bois de feu et de
charbon de bois (en FCFA)
Bois de chauffe Charbon de bois
Quantité Amende Quantité Amende
moins d’1 stère 1.000 moins d’1 quintal 1.000
de 1 à 4 stères 3.000 de 1 à 4 quintaux 5.000
de 5 à 15 stères 15.000 de 5 à 15 quintaux 20.000
de 16 à 30 stères 40.000 de 16 à 30 quintaux 50.000
de 31 à 60 stères 60.000 de 31 à 60 quintaux 80.000
plus de 60 stères 90.000 plus de 60 quintaux 100.000
Source : Article 90, Loi 95-004.
En plus de ces dispositions on retrouve dans l’Article 86, Loi 95-004, des amendes allant de
5.000 à 100.000 FCFA applicables aux délits d’exploitation frauduleuse des produits
forestiers.
Les délits relatifs au défrichement sont réparés par des amendes allant de 10.000 à
100.000 FCFA (Article 81, Loi 95-004).
Autres taxes nationales et locales
La fiscalité prévue par le Code Général des Impôts n’est représentée que par la TVA dont les
modalités et taux sont fixés par la loi soit 18 %. La Fiscalité prévue est constituée des
patentes, Taxes sur la Valeur Ajoutée (TVA), Impôts sur le traitement des salaires (ITS) et
Impôts sur les bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Les impôts et taxes locaux sont issues de l ‘application de la Loi No 96-051 du 16 octobre
1996 - déterminant les ressources fiscales des communes et sont en principe assimilables aux
taxes municipales.
ADMINISTRATION DU REGIME FISCAL FORESTIER
En matière de fiscalité forestière, on fait souvent la confusion entre taxes et redevances
forestières dans la mesure où les deux termes sont invariablement utilisés l’un pour l’autre
alors qu’il existe bien une différence entre les deux expressions. En effet, la redevance
juridiquement entendue, obéit au principe de l’équivalence financière, c’est à dire qu’il doit
exister une certaine proportionnalité entre le montant de la redevance et le coût réel des
services rendus aux usagers.
La redevance n’est due que par les usagers utilisant effectivement les services mis à leur
disposition. Par contre, le principe de l’équivalence financière ne s’applique pas
nécessairement à la taxe qui a un caractère obligatoire et doit être créée par la loi. Dans notre
cas, la dénomination «redevance» convient mieux mais pour des raisons pédagogiques, le
terme «taxe» sera toujours utilisé.
Processus de fixation des taxes forestières
Le mode de détermination des taxes forestières obéit aux propositions faites par le service
technique à partir de l’état de la ressource (dégradation). La fixation des taux des taxes tient
compte dans une large mesure des revenus des exploitants ruraux et des consommateurs.
Il est important de rappeler que le bois rentre pour 90% dans la satisfaction des besoins
énergétiques des ménages. Des taux de taxe trop élevés pourraient engendrer des troubles
sociaux comme cela est intervenu en juin 2000 avec l’application du décret 98-402. Les
propositions sont soumises à l’approbation du département de tutelle. Une réunion
interministérielle examine en dernier ressort les propositions du département technique. Il faut
noter qu’à cette réunion interministérielle participe la chambre d’Agriculture qui représente
les intérêts des paysans. Le conseil des Ministres adopte par décret le document final qui
devient applicable immédiatement.
Un projet de décret déterminant les modalités et conditions d’exercice des droits conférés par
les titres d’exploitation des ressources forestières est en cours d’adoption. Ce projet prévoit
l’appel à la concurrence. En effet la section 4 (de la vente sur coupe) dispose en ses articles
19, 20, 21 et 22 ce qui suit :
• « Les coupes mises en vente sont délimitées sur le terrain par le Service de la Conservation
de la Nature qui évalue les essences exploitables en nombre et en volume et dresse le plan ».
• « Les règles d’exploitation et les conditions à remplir par les adjudicataires sont consignées
dans un cahier de charge des ressources forestières ».
• « Les ventes de coupe se font par voie d’appel d’offre sous pli fermé et cacheté ».
• « La date et le lieu d’adjudication sont annoncés au moins un mois à l’avance ».
Ce même projet de décret a également fixé la composition de la commission chargée du
dépouillement des appels d’offres ainsi que le secrétariat. Ce nouveau texte qui sera adopté en
conseil de Ministres dans les prochains jours se caractérise par un souci de transparence dans
l’exploitation des ressources forestières.
L’adoption du décret déterminant les modalités et les conditions d’exercice des droits
conférés par les titres d’exploitation des ressources forestières sera suivie de l’élaboration
d’un projet de décret fixant les taux des taxes perçues à l’occasion de l’exploitation des
ressources forestières.
Il a été envisagé de réviser à la hausse les taux des taxes, d’assurer une répartition équilibrée
des recettes de manière à réinvestir dans la régénération des forêts. Une des innovations
importantes du texte réglementaire en question est la taxation des produits forestiers non
ligneux (gomme, feuilles, écorces, racines, résines et les herbes). De même, un accent
particulier sera mis sur la professionnalisation des exploitants forestiers qui devront à l’avenir
détenir un agrément pour accéder à la ressource. La taxation des produits non ligneux à
l’avantage d’organiser un secteur resté longtemps informel.
De nos jours nous assistons à un prélèvement excessif et anarchique des feuilles et des herbes
autour de tous les centres urbains. En effet, la pratique illicite de l’élevage autour des grandes
villes est à l’origine de l’exploitation des produits non ligneux (feuilles, herbes) qui prend de
plus en plus une allure inquiétante. Les zones de prélèvement des produits non ligneux
connaissent un niveau de dégradation assez poussé parce que tributaire de la pluviométrie. Le
prélèvement exagéré des feuilles occasionne dans bien des cas un dépérissement des
formations végétales voir même leur disparition à la longue suite à un déficit pluviométrique.
Les taxes sont mises à jour chaque fois que la nécessité l’impose. De l’indépendance du Mali
(1960) à nos jours, les textes qui réglementent les taxes sur l’exploitation forestière ont été
relus respectivement en 1968, 1977, 1981, 1986, 1995, 1998 et 2001. La révision des taux des
taxes forestières repose toujours sur le principe de la valorisation des ressources forestières et
l’augmentation des revenus des populations rurales.
Les taxes fixées par les textes législatifs et réglementaires de 1995, 1998 et 2001 tiennent
compte des besoins de réinvestissement dans l’aménagement des massifs forestiers et aussi et
surtout de la participation de tous les acteurs dans la protection et la restauration des forêts.
Les principaux textes législatifs et réglementaires fixant les taux des taxes intervenus sont les
suivants :
• L’ordonnance No 77-22-CMLN du 25 février 1977 ;
• Loi No 81-04/AN-RM du 3 mars 1981 ;
• Décret 98-422/P-RM du 06 décembre 1995 ; et
• Décret 98-402/P-RM du 17 décembre 1998.
Les informations sur les taxes forestières sont claires et mises à la disposition du public par
voie de presse écrite et les masses media. A l’instar de tous les textes législatifs et
réglementaires du Mali, les informations sur les taxes forestières sont d’abord publiées au
journal officiel.
Elles font également l’objet de diffusion à la radio nationale et au niveau des radios de
proximité de toutes les localités qui en disposent et dans les langues du milieu. Des missions
d’information et de sensibilisation sont organisées en direction des populations rurales par les
activités administratives et politiques.
Le service technique en charge du domaine organise des réunions d’information et
d’animation des communautés villageoises. Des consultations sont effectivement prévues
pour la détermination des taxes forestières. Les textes en cours d’adaptation ont fait l’objet de
consultation avec les autres départements techniques concernés par la question.
Il s’agit notamment des départements des Finances, de l’Economie, de l’Energie, du
Développement social, du Développement rural et de la Chambre Consulaire d’Agriculture
qui défend les intérêts des ruraux. C’est dire que la fixation des taux des taxes forestières obéit
à un processus ouvert et transparent. Les taxes sont fixées en dernier ressort par décret pris en
conseil de Ministres.
Il n’existe pas de formule basée sur des études économiques pour calculer les taxes.
Cependant, des critères comme la valorisation des ressources forestières et l’augmentation des
revenus des populations rurales, leur pouvoir d’achat et les prix du marché président à la
détermination des taxes. La demande de plus en plus croissante en bois, la dégradation des
massifs forestiers et la diminution du potentiel de production des forêts justifient
l’augmentation des taxes forestières d’une période à une autre.
Perception des taxes et surveillance
L’évaluation des taxes est fonction de la nature du produit. Ainsi, le bois de chauffe est évalué
en stère (1 stère = 1m3 d’encombrement). Il existe effectivement des moyens de contrôle qui
vont de la visite de la zone d’exploitation pour le bois de service et le bois d’œuvre et un
système d’homologation pour le bois de chauffe. Selon le moyen de transport utilisé ( vélo,
charrette, pirogue, bâchée, camion, wagon), on est à mesure d'estimer les quantités de bois de
chauffe transportées. Le contrôle du charbon pose par contre quelque difficulté à cause des
dimensions variables des emballages utilisés.
Le système de taxations peut conduire dans le cas du bois de service et du bois d’œuvre à un
enregistrement inexact de la production dans la mesure où il est basé sur les unités et non sur
le volume. Il est en effet extrêmement difficile de pouvoir faire l’équivalence entre le nombre
de pieds de bois de service et/ou de bois d’œuvre exploité et le volume que cela représente.
Le recouvrement des taxes forestières se fait au niveau local au moment de la délivrance du
titre d’exploitation à l’exploitant. Il se fait en espèce par les agents forestiers régisseurs des
recettes au profit du trésor public. Les communautés locales interviennent dans le
recouvrement des droits et le contrôle des niveaux de production à travers les structures
rurales de gestion de bois qui sont des organisations villageoises agrées dans la gestion des
marchés ruraux de bois.
Les structures rurales de gestion sont composées des représentants des communautés locales.
Elles collaborent étroitement avec le service forestier chargé du recouvrement des droits.
La gestion de la zone d’exploitation est confiée à la structure rurale de gestion sur la base de
contrat et cette dernière a la latitude de délivrer des titres d’exploitation aux exploitants
individuels et de reverser les taxes perçues au service forestier.
Il existe un système de suivi, de vérification des comptes pour le paiement de la taxe dans
toutes les régions administratives. Le suivi et la vérification sont basés sur un système de
contrôle périodique qui s’exerce à tous les échelons de la hiérarchie du service forestier.
Les antennes qui sont les démembrements à la base font des versements au niveau des
Services de la Conservation de la Nature du Cercle. Les chefs des Services de la Conservation
de la Nature se chargent du reversement au niveau des perceptions (Trésor Public).
La Direction Régionale réalise des contrôles semestriels de tous les Services de la
Conservation pour vérifier si les taxes ont été effectivement versées au Trésor. La Direction
Nationale opère un contrôle annuel pour réaliser les mêmes vérifications. Les rapports
d’activités et les pièces statistiques mensuelles établies par les Services de la Conservation de
la Nature permettent de suivre les versements.
Les opérations administratives qui interviennent dans la collecte des revenus permettent la
génération des statistiques primaires sur les productions et utilisations forestières.
Inversement, les statistiques primaires de productions et d’utilisations forestières permettent
une meilleure orientation et un meilleur ciblage des opérations administratives.
C’est dire qu’il existe une corrélation très forte entre les opérations administratives et la
génération des statistiques primaires de productions et d’utilisations forestières.
Intervention des différents niveaux de gouvernement dans
l’administration fiscale forestière
L’intervention des différents niveaux du gouvernement dans l’administration fiscale forestière
se manifeste à travers les réunions de concertation de tous les départements ministériels
concernés par la question. Dans le cadre de la décentralisation, les collectivités territoriales
décentralisées disposent désormais d’une certaine liberté à fixer les taxes et redevances
forestières dans leur domaine forestier.
MONTANT ET REPARTITION DES RECETTES PERÇUES
Montant total des taxes forestières perçues
Evolution des recettes d’exploitation
Le Tableau 8 montre l’évolution des recettes d’exploitation. De 1990 à 1993 la grande
diminution des recettes d’exploitation est principalement due au changement intervenu lors de
la révolution du 26 mars 1991 caractérisé par l’incivisme des populations. On peut noter entre
autres l’adoption en 1996 du Schéma Directeur du Secteur Développement Rural, la mise en
application des nouveaux textes forestiers au niveau local, régional et national qui ont amené
le Service des Eaux et Forêts dans une situation toute particulière de redéfinition de ses
missions.
L’augmentation enclenchée à partir de 1994-1996 s’explique par l’adoption des nouvelles lois
et différents textes d’application du Décret 422 et le renforcement du contrôle forestier en
partenariat avec les populations.
Tableau 8 L’évolution des recettes d’exploitation 1988 – 1999 (en FCFA)
Années Sous-secteur
Forêts Chasse Pêche Divers Total
1988 137.554.175 924.435 44.669.000 6.538.800 189.686.105
1989 130.236.045 848.315 44.198.275 6.966.225 182.248.858
1990 135.360.115 739.465 42.363.415 6.610.425 184.623.420
1991 83.264.375 741.500 22.353.200 3.425.575 109.784.700
1992 68.574.865 970.080 19.846.000 2.313.875 91.904.820
1993 63.697.955 1.343.165 13.665.500 1.564.625 80.273.245
1994 66.109.220 4.052.995 22.033.675 2.478.155 94.834.045
1995 99.445.235 5.503.175 34.925.925 2.549.500 142.423.435
1996 111.279.020 6.532.550 36.503.500 2.219.000 156.534.070
1997 95.125.107 4.734.320 29.333.750 1.625.000 130.820.177
1998 84.316.594 5.313.285 22.007.000 1.334.125 112.970.959
1999 127.709.719 18.599.285 1.009.000 2.640.000 149.958.004
Source : Rapports annuels - Direction des Eaux et Forêts.
Evolution des recettes de transaction
Le Tableau 9 montre l’évolution des recettes de transaction. L’importance du niveau des
recettes de transaction pendant les années 1988, 1989 et 1990 s’explique par la tendance
marquée sur la répression des infractions, ainsi que les montants trop dissuasifs des amendes.
A partir de 1991, on note une baisse drastique des recettes de transactions liée à la relecture
des textes forestiers dont la conséquence a été la diminution du niveau des amendes. De plus
les agents forestiers n’étaient plus portés sur la police forestière.
Tableau 9 L’évolution des recettes des transactions 1988 – 1999 (en FCFA)
Années Sous-secteur
Forêts Chasse Pêches Divers Total
1988 171.235.507 2.554.375 2.408.025 752.795 176.950.702
1989 138.377.880 1.578.750 2.621.625 457.750 143.036.005
1990 123.400.310 1.699.375 2.338.800 664.600 128.103.085
1991 43.398.395 607.500 1.135.125 638.675 45.779.695
1992 11.302.025 777.750 1.029.940 620.330 13.730.045
1993 7.550.760 411.750 9.491.425 425.590 17.906.525
1994 6.046.250 348.750 475.875 1.261.535 8.132.410
1995 11.950.125 1.174.500 1.691.815 842.230 15.658.670
1996 18.518.335 748.750 413.375 140.125 19.820.585
1997 6.038.625 150.000 317.500 537.000 7.043.125
1998 0 0 0 0 0
1999 22.750.863 611.250 535.315 23.597.428 47.494.856
Source : Rapports annuels - DNEF, DNRFFH et DNCN.
Evolution des recettes de forestières
Le Tableau 10 montre l’évolution des recettes forestières (recettes d’exploitation + recettes
des transactions).
Tableau 10 L’évolution des recettes forestières 1988 – 1999 (en FCFA)
Années Recettes d’exploitation Recettes de transaction Total
1988 189.686.105 176.950.702 366.636.807
1989 182.248.858 143.036.005 325.284.863
1990 184.623.420 128.103.085 312.726.505
1991 109.784.700 45.779.695 155.564.395
1992 91.904.820 13.730.045 105.634.865
1993 80.273.245 17.906.525 98.179.770
1994 94.834.045 8.132.410 102.966.455
1995 142.423.435 15.658.670 158.082.105
1996 156.534.070 19.820.585 176.354.655
1997 130.820.177 7.043.125 137.863.302
1998 112.970.959 0 112.970.959
1999 149.958.503 47.494.856 197.453.359
Source : Rapports annuels - DNEF, DNRFFH et DNCN.
Répartition des taxes forestières perçues
Les taxes perçues sur le bois à l’occasion de l’exploitation du domaine forestier sont
reparties selon le Décret No 98-402/P-RM (voir le Tableau 11).
Tableau 11 Répartition des taxes d’exploitation
Affectations Quantité suivant l’origine du bois
Incontrôlée Orientée Contrôlée
Budget de l’Etat 60 % 35 % 15 %
Travaux d’aménagement et d’entretien des - 30 % 45 %
massifs forestiers
Contrôle forestier 35 % 15 % 10 %
Communes Rurales - 5% 10 %
Chambres régionales d’agriculture - 5% 10 %
Remise aux agents forestiers 5% 10 % 10 %
Source : Décret No 98-402/P-RM.
Il faut noter qu’une part des taxes d’exploitation est versée au compte de l’Etat. Les ristournes
destinées aux travaux d’aménagement et d’entretien des massifs forestiers, ainsi que celles
destinées au contrôle forestier sont versées dans deux comptes séparés dont les modalités de
gestion sont définies par arrêté conjoint du Ministre chargé des finances et du Ministre chargé
des ressources forestières
Cette répartition est maintenue jusqu’à l’adoption de nouvelles lois (notamment la Loi 95-
004) qui se caractérise par des innovations importantes :
• la répartition du domaine forestier de l’Etat entre trois propriétaires (Etat – Collectivités
Territoriales – Particuliers) ; et
• l’organisation de l’exploitation (contrôlée, incontrôlée et orientée).
Le premier texte d’application de cette loi était le décret d’application (Décret No 98-422/P-
RM) fixant les taux de répartition des taxes perçues à l’occasion de l’exploitation du bois. Ce
décret a été adopté à un moment où beaucoup de points relatifs à la Décentralisation
demandaient d’être clarifiés.
C’est ainsi que des difficultés d’application ont été signalées en 1996 lors de l’adoption des
lois sur la décentralisation. En effet, les dispositions du décret prévoyaient la répartition des
recettes d’exploitation entre l’Etat –les Collectivités Territoriales et les Structures Rurales de
Gestion de Bois (SRGB).
Dans l’article 4 de la Loi 95-003 du 18 janvier 1995, les SRGB sont des organisations de
producteurs ruraux agrées par l’Etat. L’article 14 de la même loi leur donne mandat
d’exploiter du bois. Elles se présentent alors comme des organisations à but lucratif, donc de
véritables coopératives.
La difficulté d’application du Décret No 98-422/P-RM résidait : - dans le fait qu’il était
difficile de concevoir l’octroi des ristournes aux SRGB, qui n’existaient pas (surtout en
matière de comptabilité du trésor public) encore moins les villages riverains des massifs
forestiers de l’Etat. Au terme de l’article 8 de la Loi 95-003 les SRGB doivent entretenir et
participer aux travaux de régénération des massifs forestiers qu’elles exploitent. Aussi la
Loi 96-050 du 16 octobre 1996 portant principe de constitution et de gestion des domaines des
Collectivités Territoriales, dispose en article 14 que les Collectivités Territoriales peuvent
déléguer à un village, fraction ou quartier la gestion de leur domaine.
En replacement du Décret No 95-422 du 06 décembre 1995, il a été ainsi adopté le Décret No
402 du 17 décembre 1998 qui prévoit les dispositions suivantes :
• séparation des taux de taxe des produits issus des forêts naturelles et des plantations ;
• fixation du taux en fonction de l’origine des produits, des catégories de diamètre et en
fonction (de la nature du bois de service ou d’œuvre) ;
• élimination des SRGB dans la répartition ;
• incitation de l’exploitation de type contrôlée et orientée ;
• création du fonds d’aménagement ;
• hausse du taux de la taxe dans l’exploitation incontrôlée ; et
• motivation des agents forestiers et autres structures.
Il faut signaler qu’avant la signature du Décret No 98-402/P-RM, c’est à dire avant 1998, les
taxes de transaction étaient reparties comme suit :
• 75 % des recettes sont versées au profit de l’Etat ; et
• 25 % comme ristournes aux indicateurs et aux agents forestiers.
Le service forestier conserve une partie (25%) des taxes de transaction comme ristournes
accordées aux indicateurs et aux agents forestiers à titre de motivation et d’incitation.
DEPENSES PUBLIQUES EN FAVEUR DU SECTEUR FORESTIER
Au Mali, il n’existe pas une procédure rigoureuse de planification des budgets annuels
affectés aux travaux de régénération des forêts par les institutions forestières publiques. Le
Fonds forestier national qui était le seul fond d’affectation spécial pour les dépenses
forestières avait servi principalement à équiper la structure (achat de matériel pour la
logistique et la construction de bureaux et logement). Ce fonds était à 100% constitué des
recettes d’exploitation forestière, fauniques, halieutiques ainsi que des 75% des recettes des
transactions.
Le fonds forestier a été supprimé en 1993 pour des raisons d’unicité de caisse et de
conditionnalité imposée par les institutions financières de la Banque Mondiale et du Fonds
Monétaire International.
Dépenses des principales institutions forestières publiques
Les dépenses autres que pour les projets
Le Tableau 12 montre les dépenses autres que pour les projets dans le secteur forestier (plan
quinquennal - budget spécial d’investissement) pour les années 1987 – 1991. Le Tableau 13
montre cette information pour 1992 – 1995. Les dépenses totales de 1992 à 1995 équivalent à
un montant de 16.545 millions de FCFA.
Tableau 12 Dépenses non comprises dans les projets 1987 - 1991 (en millions de FCFA)
Années Total
1987 1988 1989 1990 1991
Prévision 30.948 29.400 29.952 40.423 45.335 176.058
Réalisation 2.420 2.806 2.618 3.287 3.767 14.898
Source : Rapport Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique, 1991.
Tableau 13 Dépenses non comprises dans les projets 1992 - 1995 (en millions de FCFA)
Année Dépenses en Financement Intérieur Financement extérieur
s investissement (FI) (FE)
Total Formatio Autres Total Budge Auto Diver Total Prêts Subventio
n Brute dépense t -Fin s n
du s d’état Autre
Capital s
1992 1.063, 329,4 733,8 100,0 19,0 81,0 n.d. 963,2 46,0 917,2
1993 2 616,3 1.435,2 236,2 139,6 16,8 79,8 1.815, 340,8 1.475,0
1994 2.052, 816,5 1.442,7 172,9 170,9 2,0 0,0 8 232,0 1.899,3
1995 0 n.d. n.d. 651,0 96,0 0,0 555 2.131, 1.000, 4.056,0
2.304, 3 0
2 5.056,
n.d. 0
Total 5.419, 1.762,2 3.612,2 1.160, 425,5 99,8 634,8 9.966, 1.618, 8.347,8
4 1 3 8
Source : Rapport Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique, 1991.
Tableau 13 comprend trois parties :
• Le financement intérieur : Pris en charge par le budget d’état, il est composé par les
éléments suivants : dépenses du personnel ; dépenses de fonctionnement ; et autres dépenses.
Les dépenses du personnel sont constituées par les salaires des fonctionnaires réguliers, les
salaires des contractuels et des conventions. Les dépenses de fonctionnement sont constituées
par les fournitures de bureau, les frais de déplacement du personnel (frais de mission), les
frais de communication (téléphone, fax) et les frais d’électricité et l’eau. Les autres dépenses
sont constituées par les horaires et frais d’étude administrative (où frais divers de gestion),
entretien courant des bâtiments et autres dépenses.
• Les financements extérieurs : Les financements extérieurs sont composés des prêts et des
subventions.
• Les dépenses en investissement : Sous cette rubrique, la colonne «formation brute du
capital » correspond aux dépenses en équipement et en investissement qui, sont constituées
par les éléments suivants : dépenses en investissement ; dépenses en construction ; acquisition
de matériels informatiques ; acquisition de matériels techniques ; matériels de transport ;
autres immobilisations ; et études et recherche.
Les dépenses des projets forestiers
Le Tableau 14 montre le financement des projets forestiers (par le budget d’état et aide
extérieure) depuis 1992. Le financement total est un montant de 9.392 millions de FCFA.
Tableau 14 Financement des projets forestiers (en millions de FCFA)
Projets forestiers et autres Financement Intérieur Financement extérieur
Total Budget Auto- Diver Total Prêts Subvention
d’état Fin s
autres
Projet Bit/KITA (1993-2000) 35 35 0 0 2.087 0 2.087
Projet gestion durable des forêts 0 0 0 0 2.700 0 2.700
3ème région
Protection/aménagement forêts et 27 27 0 0 0 0 0
parcs nationaux (2000)
Appui aux structures forestières 0 0 0 0 150 0 150
déconcentrées (2000)
Appui reboisement et plantations 19 19 0 0 0 0 0
Programme de lutte contre 0 0 0 0 4.324 0 4.324
l’ensablement de la ville de
Tombouctou (en cours)
Total 131 131 0 0 9.261 0 9.261
Source : DNCN (Direction Nationale de la Conservation de la Nature).
Aide extérieure
L’aide extérieure consentie aux principales institutions forestières est évaluée à 19.227
millions de FCFA pour la période 1992 à 1995 (voir Tableau 13 et Tableau 14).
Cette aide extérieure bien qu’importante, n’a pas été à la hauteur des attentes tant il est vrai
qu’elle ne prend toujours pas en compte les besoins réels d’investissement dans les forêts. Ce
sont surtout les aspects d’appui institutionnel et de mise au point des méthodologies et
d’approche qui sont mis en avant. Cet état a contribué à la mise à disposition de paquet
technique et de savoir-faire à la disposition des agents d’encadrement et de certaines
populations.
L’aide extérieure n’est pas cernée avec exactitude dans la mesure où de nombreuses
organisations non-gouvernmentales (ONG) interviennent dans le secteur forestier mais dont
les informations ne remontent pas malheureusement aux institutions forestières publiques :
C’est dire que le montant de l’aide extérieure aux institutions forestières publiques va bien au-
delà du chiffre ci-dessus avancé.
Dépenses des autres institutions forestières publiques
Les dépenses effectuées dans les domaines de la recherche au compte du secteur, bien que
prises en compte dans les tableaux ci-dessus, ne sont pas spécifiées. Les statistiques ne font
pas ressortir spécifiquement les montants des dépenses affectées à la recherche.
L’indisponibilité des informations n’a pas permis d’évaluer les dépenses publiques en matière
de recherche.
Dans le domaine de la formation forestière, les dépenses publiques sont évaluées à
726.990.020 FCFA pendant les dix dernières années (1990 – 1999). Le Tableau 15 ci-dessous
montre que les financements extérieurs couvrent les 85,70% de la formation.
Tableau 15 Investissement dans la formation forestière 1990 – 1999 (en FCFA)
Années Montant du financement Montantdu financement Total
extérieur intérieur
1990 100.555.500 12.520.000 113.075.500
1991 135.388.000 22.394.200 157.782.200
1992 141.775.320 - 141.775.320
1993 83.131.500 16.223.500 99.355.000
1994 122.945.000 - 122.945.000
1995 39.294.000 - 39.294.000
1996 - - -
1997 - 52.771.000 52.771.000
1998 - - -
1999 - - -
Total 623.089.320 103.908.700 726.998.020
Source : Centre de Formation Pratique Forestier de Tabacoro.
Les dons et subventions au secteur forestier
Il est extrêmement difficile de faire la situation des dons et subventions mis à la disposition
des sociétés et des particuliers dans la mesure où la gestion à ces niveaux n’est pas
transparente. De même, il n’existe aucun mécanisme de coordination permettant le recueil et
la centralisation des données produites par ces sociétés et particuliers
Recettes et dépenses des entreprises forestières d’Etat :
De l’indépendance du Mali à nos jours, il n’a existé qu’une seule entreprise forestière d’état
(l’entreprise malienne du Bois = EMAB) qui est tombée très tôt en faillite. C’est dire qu’en ce
moment, il n’existe aucune entreprise forestière d’état au Mali.
DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Evaluation globale du régime fiscal forestier
Le régime forestier au Mali est peu efficace parce que ne reposant sur aucune base
scientifique. En effet, les taux sont fixés sans tenir compte du coût réel de production. Les
taxes de bois sont nettement en deçà du coût réel de production ce qui pose la problématique
de la régénération de nos forêts. Les recettes générées sont trop dérisoires pour faire face aux
besoins de réinvestissement qui sont par contre énormes. Le régime fiscal forestier est
également peu efficient dans la mesure où les coûts de recouvrement sont quelque peu élevés
par rapport aux montants perçus. Le recouvrement des recettes induit des dépenses trop
onéreuses (salaires des agents forestiers chargés du recouvrement, fonctionnement, etc.) ce
qui n’autorise guère une quelconque efficience. L’exploitation frauduleuse du bois constitue
aussi un handicap majeur pour l’efficacité du régime fiscal. Au-delà des taux dérisoires des
taxes, on assiste à une évasion fiscale qui réduit les possibilités de réinvestissement dans les
forêts.
Les règles sont claires en ce sens que les taxes sont déterminées par type de zone et selon la
nature du produit. Le système paraît cependant peu équitable aux autres éléments de la
filière notamment les commerçants transporteurs et les revendeurs de bois. Les
consommateurs payent aussi un lourd tribu au système car le bois leur est vendu à un prix
prohibitif. Le gouvernement pourrait difficilement augmenter les recettes qu’il perçoit auprès
du secteur forestier puisque toute augmentation des taxes du bois engendre ipso facto une
augmentation du prix de la consommation ce qui de façon inévitable débouche sur des
troubles sociaux. C’est d’ailleurs le phénomène qui a été observé au Mali en juin 1999 avec
la grève des exploitants de bois à cause de l’augmentation des taxes intervenue le 17
décembre 1998 par Décret No 98-402/P-RM.
Cette grève des exploitants de bois a occasionné des troubles sociaux graves au niveau de
Bamako à cause de la pénurie du bois et du charbon de bois qu’elle a engendré. Il en a résulté
une difficulté d’application immédiate du dit décret. Il a fallu observer un moratoire de trois
mois pour permettre son application effective sur le terrain l’adaptation des taux de taxes au
coût réel de production de bois est une nécessite incontournable si l’on veut mener une
politique de gestion durable des ressources forestières. Cette politique de vérité des prix devra
être soutenue par les deux mesures d’accompagnement suivantes ;
L’état doit veiller à harmoniser les taxes d’exploitation du bois avec les prix aux
consommateurs de manière à réduire les disparités ;
La promotion des énergies de Substitution en vue de réduire la demande de bois. Cette mesure
permettra non seulement de réduire l’exploitation intense du bois mais elle a aussi et surtout
l’avantage de réguler les taxes et les prix aux consommateurs.
Impact du régime forestier fiscal sur l’Aménagement durable des forêts
Le régime fiscal forestier au Mali est par nature peu efficace à cause de la faiblesse des taxes
perçues qui sont dérisoires pour réaliser des investissements en forêts. Le régime fiscal
forestier est aussi inadapté au souci de l’aménagement durable des forêts car le Décret No 98-
402/P-RM ne prévoit que 30% de la taxe d’exploitation en zone orientée et 45% de la taxe
d’exploitation en zone contrôlée comme recette devant alimenter le fonds d ‘aménagement
des forêts. Les recettes d’exploitations sont à 80% réalisées dans la zone incontrôlée ce qui
joue négativement sur le niveau du fonds d’aménagement. Au titre des années 1999 et 2000, il
n’a été recouvré au titre du fonds d’aménagement que la somme de 14.814.875 FCFA ce qui
manifestement est insignifiant pour des besoins d’investissement. Il existe un partage des
revenus avec d’autres groupes d’intérêt dans le secteur notamment les chambres d’agriculture
et les communes. Globalement l’effet net des taxes et subventions dans le secteur forestier
n’est pas équitable dans la mesure où les prélèvements opérés sur la ressource ne sont pas
compensés en terme de réinvestissement.
Le régime fiscal forestier doit être révisé de manière à prendre en compte l’aménagement
durable des forêts. Cette révision devra tenir compte des trois aspects suivants :
• les taux de taxes doivent être rehaussés pour générer des recettes conséquentes susceptibles
de financer les travaux de régénération des forêts ;
• la répartition des recettes perçues devra réserver la part la plus importante pour
l’aménagement des forêts ; et
• l’instauration des fonds d’aménagement, même sur les zones incontrôlées.
Dépenses publiques en matière d’aménagement durable des forêts
Le niveau global des dépenses publiques spécifiquement ciblées sur l’aménagement durable
des forêts est trop faible voire insignifiant au regard des besoins d’investissement en forêts et
en raison de la nécessité et de l’urgence de maintenir l’équilibre écologique dans les
formations forestières.
Les dépenses publiques sur l’aménagement durable des forêts concernent surtout la formation
du personnel d’encadrement et les populations, les travaux sommaires d’entretien des forêts
(ouvertures de pare feu), l’élaboration des plans d’aménagement et de gestion. L’aspect le
plus important mais le moins financé reste le reboisement en forêt pour accélérer le processus
de reconstitution des ressources forestières.
Les problèmes critiques qui gênent le financement des institutions financières publiques sont
de deux ordres :
• la faiblesse des moyens de l’état qui ne favorise pas une affectation conséquente de fonds à
l’aménagement durable des forêts ; et
• l’attitude de bailleurs de fonds qui décident à l’avance de l’utilisation de leurs fonds à des
postes de dépenses qui ne correspondent pas le plus suivant aux priorités nationales en
matière d’investissement en forêt.
Il importe donc de prendre les mesurer suivantes :
• inverser la tendance actuelle du budget d’état afin qu’il accorde la priorité aux dépenses
liées à l’aménagement durable des forêts ; et
• amener les bailleurs de fonds à tenir compte des priorités nationales en matière
d’investissement durable des forêts dès la conception des projets forestiers.
Les dons et subventions gérés par les sociétés, les particuliers et les ONG ont eu un impact
plutôt timide à cause des approches diverses et souvent contradictoires utilisées par ces
intervenants dans l’exécution des actions. Les interventions de ces ONG sur le terrain se font
surtout dans un cadre non concerté ce qui occasionne dans bien des cas un gaspillage de
ressources financières.
Pour optimiser l’impact des dons et subventions, il est nécessaire de mettre en place un cadre
de concertation entre les intervenants et les institutions forestières politiques en vue d’une
meilleure coordination des actions sur le terrain.
Impact d’autres mesures fiscales sur l’aménagement durable des forêts
Il serait intéressant d’entrevoir la possibilité d’utiliser les taxes issues des déf richements dans
l’aménagement durable des forêts. De même, les subventions accordées à l’agriculture
peuvent être utilisées en partie pour l’aménagement durable des forêts à travers le
développement de l’agroforesterie.
Attitude face au changement
Le gouvernement du Mali est résolument engagé dans le soutien au secteur forestier à travers
l’édition de textes législatifs et réglementaires en matière de protection et de gestion durable
des ressources forestières.
Il s’investit également tous les jours dans la recherche de financement extérieur en faveur de
la gestion durable des ressources forestières. L’existence d’un certain nombre de projets
forestiers au Mali illustre éloquemment tout l’intérêt que le gouvernement porte à
l’aménagement durable des forêts. Cet intérêt du reste a été réaffirmé puisque la protection de
l’environnement figure en bonne place dans la constitution du Mali. Des efforts financiers non
négligeables sont également déployés par le budget d’état en faveur de l’aménagement
durable des forêts mais ils restent cependant très insuffisants au regard des besoins
d’investissements en forêt. Des recrutements de personnel forestier sont également opérés
chaque année pour palier l’insuffisance des moyens humains. D’importants efforts restent
encore à fournir par l’état surtout dans le sens de la révision des taxes d’exploitation des
ressources forestières qui devra adapter les taux au coût réel de production de bois. Le
gouvernement a élaboré et mis en œuvre la Stratégie Energie Domestique avec l’appui de la
Banque Mondiale. Cette stratégie vise la valorisation du bois énergie à travers des mesures
d’exploitations rationnelle. Il est opportun que l’état s’engage dans un processus de révision
du régime fiscal forestier en vue d’accroître la contribution des ressources intérieures au
financement de l’aménagement durable des forêts.