QuantumMatterLectureNotes 2024
QuantumMatterLectureNotes 2024
Arnaud Ralko
Bibliographie
[1] P.W. Anderson, Science, New Series, Vol. 177, 4047 (1972).
[2] Gallais et Sacuto, cours sur le magnétisme,
http://mpq.u-paris.fr/?-Magnetisme-et-Supraconductivite-M2-CFP-\&lang=fr
1
BIBLIOGRAPHIE 2
[19] Cours du collège de France sur les atomes froids, Jean Dalibard,
https://pro.college-de-france.fr/jean.dalibard/CdF/2014/
_fs2018/06\_Waechter.pdf
1 Du trivial au topologique 8
3
TABLE DES MATIÈRES 4
2 Magnétisme quantique 51
More is different
Du trivial au topologique
8
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 9
les aspects globaux du système qui sont en jeu, ou plus exactement les études
des déformations spatiales par des transformations continues (on comprendra
plus tard ce que cela signifie). Les répercussions sont immenses car de tels
Topologie
états sont dits robustes, et sont topologiquement protégées, ce qui signifie
qu’ils sont insensibles aux perturbations. Cela est souvent schématiquement
représenté par une tasse dite équivalent à un donut, comme le montre la fi-
Étude d'aspects globaux d'un système
gure [1.1]. On voit dans cette figure qu’en déformant continuement la tasse
Figure 1.2Classes
– Représentation
topologiques définies parschématique
un nombre entier des états de Hall quantique en
http://www.nobelprize.org/
Ici : nombre de trous
fonction de la conductivité qui présentent des paliers. Chaque palier corres-
pond à une topologie différent que nous définierons dans la suite de ce cours.
Ayant dit cela, il ne nous reste alors plus qu’à défnir ce que sont ces
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 10
trous, et plus compliqué encore, trouver des paramètres d’ordre les met-
tant en évidence comme dans la théorie de Landau par exemple. Mais ci-
tons néanmoins quelques exemples qui permetront concrètement de voir ces
trous. Le premier exemple est celui d’une collection de moments magnétiques
en interaction sur un réseau bidimensionnel. Des états de basses énergies –
y
pas nécessairement les fondamentaux – peuvent laisser apparaitre des vor-
tex magnétiques. En fait, quand ceux-ci apparaissent, ils viennent en paires
de vortex /antivortex comme le montre la Fig. 1.3. . Dans un tout40autre
x 20
−20
−40
Figure 1.3 – Exemple de ”trous” dans un système de moments magnétiques
en interaction laissant apparaitre un vortex (n=+1, bleu) et un an-
(a) (b) −40
tivortex (n=-1, rouge) dans un film ferromagnétique (image issue de
−20 0
https ://arxiv.org/pdf/1712.05052.pdf).
FIG. 1. (a) Vortex–antivortex pair with equal skyrmion numbers. Red and blue colors signify posi
contexte, celui de lamsupraconductivité,
magnetization il existe aussi
z , respectively. (b) Trajectory devortex.
of the telles singularités
Natural units of length.
dans l’ordre supraconducteur contenant un nombre entier de quanta de flux,
comme le montre le réseau de vortex dans le composé NbSe2 de la Fig. 1.4. .
The polar angle of magnetization ✓ is a hard mode force Fvi = D̂ii Ṙi , where D̂i
Il pinned
nous fautatdonc
✓ =définir
⇡/2. une description
At low energies,microscopique
the system des électrons
is ef- withpour
matrix elements such as
des systèmes possédant un grand nombre de degrés
fectively an XY ferromagnet [19] parametrized by the de liberté, et les traiter
For magnetization lying prima
au niveau quantique,
azimuthal afin de pouvoir établir un
angle of magnetization (r, t) with energycatalogue de ces nouveaux
(cos , sin , 0), Eq. (4b) yield
R
états U
quantiques,
= h d2 ret de les
A|r répertorier
|2 /2. A statepar
with desNparamètres
vortices has d’ordres pertinents.
En particulier, nous mettrons donc en évidence ce que l’on appelle de nos Z ✓ ◆
N 2 @
X
jours les états triviaux, caractérisés par desy brisures
Yi DXi Xi ⇡ ↵|J |h d r
spontanées de symétries
(r) = n arctan , (6)
i Landau, ou encore les états topologiques
@Xi
usuelles comme dans la théorie de x X i
i=1
que nous venons de mentione. Pour cela, nous allons nous placer en seconde
On symmetry grounds, we e
where Ri = (Xi , Yi ) is the location of the ith vortex and
D̂ii = Dii 1̂, with a scalar visc
ni 2 Z is its vorticity, usually ni = ±1. The e↵ective
description breaks down inside vortex cores—circular re- Z
↵|J |h
gionspwith the size on the scale of the exchange length Dii =
2
= A/K, where m comes out of the easy plane.
Gyroscopic and potential forces acting on vortices are The integral diverges and requ
well understood. The gyroscopic density in (4a) comes r ! Ri and r ! 1. The long
from core regions, where m does not stay in a fixed plane size [5]; the short-range cuto↵
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 11
Mais tout d’abord, nous allons illustrer cette notion de nouvel état quan-
tique de la matière par le fameux exemple de l’effet Hall quantique. Cela nous
permettra d’introduire la notion d’ordre topologique, ce qui nous sera utile
non seulement pour les exemples de systèmes de fermions que nous verrons
dans la suite, mais aussi pour les systèmes magnétiques qui en sont un des
terrains privilégiés.
cas des paramètres d’ordre dans la théorie de Landau, pour des électrons
libres. Pour cela nous introduirons une nouvelle grandeur appelée le nombre
de Chern, invariant topologique relié à la courbure de Berry.
ceux-ci. Bien entendu cela n’est vrai que si les particules sont indépendantes !
La seconde quantification nous dit alors qu’à chaque création d’une parti-
cule par un opérateur c+α , une distribution de matière ϕα (⃗
r) est associée. On
peut donc définir n’importe quel état à une particule par une combinaison
linéaire de la forme
X
|f (x)⟩ = ϕ∗α c+
α |0⟩ (1.1)
α
(pas d’électron sur aucun site) à complètement plein (2 électrons par site).
Dans notre cas, la fonction d’onde d’un électron individuel est localisée autour
de son noyau i avec la fonction d’onde ϕi (r) (correspondant par exemple à
une orbitale s). Le nombre quantique i est ici l’indice de site signifiant que
l’action de c+iσ sera de créer une telle particule, localisée en i, de distribution
ϕi (r) et de spin σ.
Le signe ”-” devant le terme de saut t indique que l’on gagne de l’énergie
à délocaliser les électrons. La somme court sur les paires premiers voisins.
L’action de cet Hamiltonien est donc de faire sauter un électron de spin σ
sur un site j vers un site proche voisin i : il tend en effet à délocaliser. C’est
ce qui va donner naissance aux bandes.
metal dichalcogenides such as WSe2, MoSe2, MoS2, NbS2 and NbSe2 with diverse electronic
CHAPITREFIGURES:
1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 18
Figure 1. (a & b) top and cross-section view of the WS2 atomic structure. (c) Brillouin zone for
Figure 1.5 – (a,b) Vue du haut et de côté de la structure atomique de WS2.
WS monolayer. (d) & (e) Electronic band structure (right) and Total density of states (left) for
2
(c) la zone de Brilloin du WS2 mono-couche. (d,e) Structures de bandes et
leur densité thed’états
WS bulk and monolayer, respectively.
2
pour WS2 bulk (gauche) et monocouche (droite). Figure
tirée de [13].
dans la théorie de Landau standard, les isolants de bandes sont11 parfois ap-
pelés de nos jours états triviaux. Attention, cela ne veux pas dire que leurs
propriétés ne sont pas intéressantes ! On peut cependant se poser la question
des ingrédients microscopiques nécessaires à prendre en compte pour obte-
nir ces nouveaux états topologiquement non-triviaux. Comme nous l’avons
déjà évoqué, les fortes interactions peuvent être un élément clés pour cer-
tains d’entre eux, d’où la focale sur le magnétisme de ce cours comme cela
sera abordé dans la suite. Mais avant cela, continuons notre excursion des
systèmes électroniques et montrons que des états de Chern peuvent aussi
apparaı̂tre dans des systèmes sans interactions et même mieux, sans champ
magnétique !
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 19
Pour chaque valeur de λ, on suppose connu les états propres |ψn (λ)⟩ de
H(λ) et d’énergies propres En (λ) tels que
H(λ)|ψn (λ)⟩ = En (λ)|ψn (λ)⟩ (1.8)
On suppose enfin que les états propres |ψn (λ)⟩ forment une base orthonormée
de l’espace de Hilbert quelque soit λ.
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 20
avec
d
αn,l (t) = i⟨ψn | |ψl ⟩ = iλ̇ · ⟨ψn (λ)|∇ψl (λ)⟩ (1.13)
dt
Il est intéressant de noter que cette grandeur αn,l (t) caractérise une vitesse
correspondant à combien varient les vecteurs propres de H(λ).
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 21
Ce vecteur est par construction réel car ∇⟨ψl |ψl ⟩ = ⟨∇ψl |ψl ⟩ + ⟨ψl |∇ψl ⟩ =
∇1 = 0 donc ⟨ψl |∇ψl ⟩ est forcément imaginaire pure. Le choix du nom n’est
pas anodin, car cette connexion de Berry joue le rôle d’un potentiel vecteur
mais comme on le verra dans des exemples pour nous, non pas dans l’espace
réel mais dans l’espace des impulsions.
Donc quelque soit la jauge, il y a bien invariance de Φgeo (C) ⇒ cette phase
géométrique est ainsi une quantité physique intrinsèque du système et de
son histoire qui répond à la question “Par où est passé le système lors de
son voyage ?”. La phase Φdyn répond quant à elle à la question “Combien de
temps a duré le voyage ?”.
λ = (λ1 , λ2 , λ3 ). (1.24)
Cela peut être le cas quand le paramètre est par exemple un champ magnétique
extérieur, la position du centre de masse d’un atome ou encore l’impulsion
d’une particule dans un potentiel périodique. La phase géométrique vue en
Eq.(1.19) peut être transformée par le théorème de Stokes comme
ZZ
1
Φgeo (C) = F · d2 S (1.25)
ℏ S
où l’on a introduit la courbure de Berry
F l = ∇ × Al . (1.26)
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 24
On prenant la jauge
F̃ l = ∇ × Ãl = ∇ × Al = F l (1.29)
Ainsi, la courbure de Berry F l (λ) est un invariant de jauge ! C’est donc une
quantité physique du système, tout comme la phase de Berry attaché au che-
min fermé C. Cependant, comme dit dans [19], à la différence de la phase de
Berry qui caractérise une trajectoire dans l’espace λ, la courbure de Berry est
locale, exactement comme l’est le champ magnétique en électromagnétisme
classique.
λ ⇐⇒ ⃗r, ⃗
Al ⇐⇒ q A, ⃗
F l ⇐⇒ q B (1.30)
Pour terminer cette partie, il est pratique d’avoir une forme de F l qui
présente clairement l’invariance de jauge. Pour cela on part de l’eq.(1.27)
dans laquelle on introduit la relation de fermeture dans chacun des termes
comme par exemple :
X
⟨∂2 ψl |∂3 ψl ⟩ − ⟨∂3 ψl |∂2 ψl ⟩ = ⟨∂2 ψl |ψn ⟩⟨ψn |∂3 ψl ⟩ − ⟨∂3 ψl |ψn ⟩⟨ψn |∂2 ψl ⟩
n
∂j ⟨ψn |H|ψl ⟩ = 0 = (∂j ⟨ψn |)H|ψl ⟩ + ⟨ψn |(∂j H)|ψl ⟩ + ⟨ψn |H(∂j |ψl ⟩)
= El (∂j ⟨ψn |)|ψl ⟩ +⟨ψn |(∂j H)| + En ⟨ψn |(∂j |ψl ⟩)
| {z }
∂j ⟨n|l⟩=0=(∂j ⟨ψn |)|ψl ⟩+⟨ψn |(∂j |ψl ⟩)
Cette égalité est vraie car chaque couple (n, l) va contribuer deux fois dans
la somme mais de signe opposé.
B sin ϕ cos kz
B = B sin ϕ sin kz
B cos ϕ
ted by a paper of Berry, ' who derived a sim- p is the usual dynamical phase
erning these phases. Topological phases may pT
henever the system under study depends on
/=K' 8(r)dr,
~
(1)
le parameter and is transported adiabatically
closed curve in parameter space. These new
not depend on the interior dynamics of the sys- (a)
stead depend on its geometric history.
P HASE DE B ERRY ET POTENTIELS DE JAUGE GÉOMÉTRIQUES
CHAPITREof1. DU TRIVIAL
cal phases are important in the context
gauge theories and of fractional quantiza-
AU TOPOLOGIQUE 27
Bz of' (
B=O
herefore Berry's findings have been found to
st in a number of recent investigations cover- imposant :
ty of subjects. These phases may mimic ), x
of a magnetic monopole of unit Dirac charge – que le vecteur transpo
the origin of parameter space. The chaque instant,
ohm eff'ect turns out to be a special case of – qu’on n’induise pas de
ical-phase concept. A further generalization le transport. Étant donn
concept has very recently been presented by
and Anandan.
,awNUMBER PHYSICAL REVIEW LETTERS
takes its3 simplest form when the required
20 JULY 1987 {e,
arameter is an external magnetic field B. FIG. l. (a) Adiabatic transport of the magnetic field vector le vecteur ⌦ décrivant
varied adiabatically such that the tip of the BQaround2~- a closed
loop C. Berry's phase is determined by the l’intermédiaire de
escribes a closed loop C [see Fig. 1(a)], then sizeCD of the solid angle n; see Eq. (2). (b) Arrangement of the
should, at the end of this excursion, return to helical coil for the right-handed Bl field. The neutron beam is
.U
ė = ⌦ ⇥
state, according to the adiabatic theorem of 0 z. The solenoid for the axial 8, field is not shown.
along
(f)
C
o doit vérifier
1987 The American Physical Society 251
Q)
En d’autres termes, l’év
CL
iI li
0 LI
co 0 2 Supposons que l’on fas
Bz/B&
fermé C à la surface de la s
FIG. 3. Berry's phase y at diAerent solid angles 0 of the
F IGURE 3.3. Haut 8: Solénoïde
twisted field. utilisé par Bitter & Dubbers (1987) pour mettre en trivial) montre que le vecte
évidence la phase de Berry sur le spin d’un jet de neutrons se propageant selon la circuit a tourné autour de
Dans cette figure, la courbe continue provient du calcul de la phase de
direction z. Bas : comparaison de la phase de Berry accumulée par un neutron et
Berry solide sous-tendu par C dep
que l’on l’angle
se propose justement
solide décrit
The par leangle
phase de
champ calculer.
inmagnétique
these le long
formulas is de la trajectoire. apparaît pour le vecteur e0i ,
parallèle sous une forme trè
1. Donner l’expression e, =2~[(g~ ) '+ g'] '~' —2~. magnétique du(5)
du I Hamiltonien système.
0
2. En 3-2posant
LienThe favec= le
extraµB —
cos ϕ2xet
transport
term g =that
parallèle
insures =0
µBC],sin ϕe ikz
when ,there is no les expressions C :
donner i = ei + iei ! f
field. In the adiabatic limit (i))) I, i.e. , q )) tl & ∗ () this
matricielles de B et H en fonction de f , g et g .
becomes
Nous avonsHobtenu
3. Diagonaliser l’expression
et donner de la phase de Berry en utilisant des
concepts quantiques4&, = 2ztl
—2z(1 ses
: équation — de
valeurs
Schrödinger,
(/ri)
propres
=2zcri —2'(1 phase
et vecteurs
—cos9) propres.
d’un vecteur d’état,
Pour
ces derniers, les mettre sous la forme Nous n’allons pas prouver
0.50 A etc. Néanmoins, des notions équivalentes apparaissent =xBT —flen=y+ physique clas-
I i
Figure 2: Resistivities of the integer quantum Hall system, as functions of the magnetic
Figure 1.6red–lineRésistivités
field. The longitudinale
shows the longitudinal resistivityet⇢xxtransverse
, it is zero as d’un
long as système
⇢xy sits
on a plateau level and spikes whenever ⇢ changes from
de Hall quantique en fonction du champ magnétique B. La ligne
xx one plateau to the next. The
green line denotes the Hall resistivity ⇢xy , it takes on a plateau form, i.e. it is constant
rouge montre ρxx nulle quand ρxy (vert) est sur un plateau, et for-
over a range of magnetic fields. Image reproduced from [6].
mer des pics autrement. La résistivité de Hall ρxy est quantifiée par
un nombre entier comme décrit dans le texte. Image reproduite de
1.5 Quantum Treatment
http ://oer.physics.manchester.ac.uk/AQM2/Notes/Notes-4.4.html
1.5.1 Eigenstates and Eigenvalues .
The Hamiltonian for one electron in a 2D system subject to a perpendicular magnetic
le field Bẑ is
Hamiltonien devient 1
H = (p + eA)2 (10)
1 2m 2 2
Ĥ = describingp̂ + (p̂y + eB x̂) (1.38)
where A is the vector potential 2m x the magnetic field: r ⇥ A = Bẑ. Note that
the momentum operator p is the canonical momentum operator and di↵ers from the
où l’on voit explicitement
h i l’invariance par translation selon la direction y.
Cela implique que Ĥ, p̂y = 0 et on peut5 donc légitimement poser l’Ansatz
de la fonction d’onde
ψky (x, y) = eiky y fky (x) (1.39)
qui est par construction état propre de p̂y avec la valeur propre ℏky . En
restreignant l’étude au sous-espace des états de moments ℏky , le Hamiltonien
devient
1 mωB2 2 2
Hky = p̂x + (x + ky lB ) (1.40)
2m 2
q
eB ℏ
avec ωB = m la fréquence cyclotron et lB = eB la longueur magnétique
du système. Ecrit tel quel, cet Hamiltonien est celui d’un oscillateur harmo-
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 30
2
nique 1D déplacé, centré en x0 = −ky lB . Il est donc immédiat de trouver ses
énergies propres :
1
En = ℏωB n + , n∈N (1.41)
2
qui sont appelés les niveaux de Landau. Les fonctions d’onde associées sont
données par le produit de l’onde plane discutée au-dessus et des états propres
de l’oscillateur harmonique 1D :
(xx0 )2
−
iky y l2
ψn,ky (x, y) ∼ e Hn (x − x0 )e B (1.42)
Une partie de cette fonction est une gaussienne qui localise l’électron en x0
et d’extension de la longueur magnétique lB selon les x, alors qu’il y a une
délocalisation complète selon les y. Ces fonctions propres sont indexées par n
le nombre quantique de l’oscillateur et ky le moment. L’énergie elle ne dépend
pas de ky , on peut donc s’attendre à une énorme dégénérescence.
où Φ0 = 2πℏe
est le quantum de flux magnétique et Φ = AB est le flux total
à travers l’échantillon. Donc le nombre d’états par niveau de Landau est
donné par le nombre de quanta de flux qui passent à travers l’échantillon. En
général on définit le facteur de remplissage de Landau ν = nnΦe = neeB
2πℏ
avec
ne la densité électronique.
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 31
La somme court sur tous les niveaux excités des états multi-particules et les
termes de la formule sont les amplitudes de transitions entre ces différentes
excitations et le fondamental, autorisées par les composantes de l’opérateur
courant Jx et Jy , et pondérées par la différence d’énergie de ces états. Donc
si on est capable d’avoir les états exacts de H0 , on a donc immédiatement
accès à la résistivité de Hall du système !
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 32
Figure 11: The Hall system on a torus. The red and blue shapes indicate two di↵erent
Figure
fluxes that1.7
can–be
Système
added todethe
Hall considéré
system. Imagedans la géométrie
reproduced from [1].du tore. Les lignes
rouge et bleue indiquent les directions des flux magnétiques injectés dans le
système.
Now Image
we expand tirée de flux
Laughlin’s [8]. threading argument: One can now insert two fluxes, one
through either hole of the torus, as in figure 11. The Hamiltonian now depends on these
two fluxes, H = H( x , y ). Similar to the previous case, the system’s spectrum is only
On impose
sensitive au systèmepart
to the non-integer l’insertion
of i / 0 ,de
i 2deux flux
{x, y}. magnétiques
This dans
time, there are noles direc-
edges, no
electrons transfer from one side to another one. By the addition of one
tions naturelles du réseau, l’un Φx et l’autre Φy de sorte que H = H(Φx , Φy ). flux quantum,
the system comes
L’insertion d’unback to itself
tel flux créefully!
une Having
phase de zeroAharonov-Bohm
flux is therefore the same
(cas as having
particulier
one flux quantum, which makes the space of parameters of the Hamiltonian periodic:
de la phase de Berry) sur la fonction d’onde qui est définie comme :
0 H x < 0, 0 Φy
<
0 (32)
i ℏe ⃗ ⃗l
A·d i2π Φx
+ Φy
e =e Φ0 0 (1.45)
This describes a torus T2 , the parameter space of our system is toroidal. Let us now
calculate the system’s Hall conductivity.
Let H0 describe the unperturbed system. Treat the addition of flux as a perturbation
H given by
X Ji i
H= (33)
Li
i=x,y
where Lx and Ly are the dimensions of the system. One can now use first order pertur-
bation theory to calculate the many particle ground state of the perturbed system:
↵ X hn | H| 0i
0
=| 0i + |ni (34)
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 33
et donc le système n’est sensible au flux que lorsque le rapport ΦΦ0i n’est pas
un entier. L’ajout d’un quantum de flux ne change donc rien au système, et
on peut restreindre notre analyse à 0 ≤ Φx,y ≤ Φ0 .
Cette restriction décrit T2Φ , l’espace des paramètres de notre système est
toroı̈dal. On peut à présent calculer la conductivité de Hall.
H0 est donc le système non perturbé et l’addition des flux entraı̂ne une
perturbation δH donnée par
X Ji Φi
δH = − (1.46)
i=x,y
Li
Cette expression peut être récrite de façon à sortir une dérivée de chaque
terme comme
′ ′
∂ ′ ∂ψ0 ∂ ′ ∂ψ0
σxy = iℏ ⟨ψ | ⟩− ⟨ψ | ⟩ . (1.50)
∂Φy 0 ∂Φx ∂Φx 0 ∂Φy
Berry. Cette grandeur, en topologie, mesure comment les deux états, l’un dont
la phase est “tordue” d’un paramètre ⃗λ de l’autre, sont connectés. Rappelons
l’expression de la connexion de Berry [8] :
∂
A(Φ) = −i⟨ψ0′ | |ψ ′ ⟩ (1.51)
∂λi 0
′ ′
∂Ax ∂Ay ∂ ′ ∂ψ0 ∂ ′ ∂ψ0
Fxy = − = −i ⟨ψ | ⟩− ⟨ψ | ⟩ (1.52)
∂λy ∂λx ∂λy 0 ∂λx ∂λx 0 ∂λy
Ce terme est le même que la conductivité de Hall en remarquant que l’angle
λi peut s’écrire comme
2πΦi
λi = . (1.53)
Φ0
On a donc la relation
e2
σxy = − Fxy , (1.54)
ℏ
ce qui ne nous apporte pas grand chose pour le moment, convenons-en. Ce
qu’il faut bien réaliser c’est que la courbure de Berry Fxy , quand elle est
moyennée sur le domaine d’existence, T2Φ ici, possède une propriété absolu-
ment fantastique :
Z
e2 d2 λ e2
σxy = − Fxy = − C (1.55)
2πℏ T2Φ 2π 2πℏ
où l’on a
Z
d2 λ
Fxy = C ∈ Z (1.56)
T2Φ 2π
et C est appelé le premier nombre de Chern qui est toujours un entier ! On
a donc
e2
σxy = − C. (1.57)
2πℏ
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 35
Nous n’irons pas plus loin dans l’étude de l’effet Hall quantique. Le
résultat capital à retenir est la quantification de la conductivité de Hall en
terme d’invariant topologique, le nombre de Chern C. Dans la suite de ce cha-
pitre, après nous être familiarisés avec la seconde quantification et la théorie
des bandes, nous étudierons deux exemples marquants de nouveaux état de
la matière pour lesquels de l’effet Hall quantique émerge alors même qu’il n’y
a pas de présence de champ magnétique ! C’est l’effet Hall quantique anor-
mal, qui apparaı̂t dans certaines classes d’isolants topologiques, les isolants
de Chern.
Les isolants topologiques (TI) sont donc des nouveaux états de la matière
qui ont amené à un changement paradigmatique de notre compréhension de
la physique de la matière condensée [14]. Avec les découvertes récentes de
nouveaux matériaux possédant des propriétés uniques et fascinantes comme
les états conducteurs de surface ou de bords, qui sont fortement protégés
contre les perturbations ou encore l’émergence de statistiques quantiques
non standard des excitations collectives, de nouvelles applications dans le
contexte de l’information quantique par exemple s’ouvrent à nous.
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 36
Ainsi, la question des isolants topologiques constitue l’un des enjeux ma-
jeurs de la physique de la matière condensée moderne, aussi bien dans les
systèmes électroniques itinérants, que dans les systèmes magnétiques.
H(q) = h0 σ0 + hx σx + hy σy + hz σz . (1.59)
la phase eiΦ(⃗ q)
√ définie plus haut pour la transformation. Evidemment,
si |M | > |3 3t2 sin ϕ|, hz ne change jamais de signe et donc la fonction
d’onde est décrite entièrement dans la zone de Brillouin. Ce résultat
est fascinant car il nous indique deux régions, l’une triviale et l’autre
topologique comme on va le voir dans la suite. Tracer le diagramme
de phases du système dans le plan ( M t2
), ϕ) en précisant le nombre de
phases que l’on y trouve ainsi que les lignes de transitions.
18. Il ne nous reste plus qu’à calculer le nombre de Chern pour vérifier
toute notre théorie. Comme évoqué pour l’effet hall quantique entier,
nous pouvons calculer le nombre de Chern grâce à la connexion de
Berry puis en intégrant la courbure de Berry sur la zone de Brillouin
complète. On se place dans la région non triviale et on considère l’état
de la bande du bas u(1) et u(2) . Que deviennent les connexions de Berry
A1 et A2 reliées à u(1) et u(2) respectivement ? Comment sont-elles
reliées l’une à l’autre ?
19. Comment s’écrit alors la courbure de Berry F en fonction de F1,2
définies dans chacun des deux domaines D1 et D2 ?
20. Intégrer F sur l’espace fermé défini par la zone de Brillouin et définir
les domaines D1 et D2 séparés par un cercle paramétrisé par un angle θ
allant de 0 à 2π et centré autour d’un point que l’on définira. Montrer
alors que l’expression de la phase géométrique Φgeo = 2πC avec C le
nombre de Chern que l’on cherche à calculer s’écrit sous la forme
Φgeo = 2πC = [Φ(θ)]02π . (1.61)
où Φ(θ) est l’expression de la phase utilisée précédemment en fonction
du paramètre θ.
21. Encore un effort pour calculer Φ(θ) et nous pourrons conclure. On
va expliciter l’expression de la phase Φ(θ). Comme le contour choisi
est petit, développer les expressions aux abords des points K et K’ et
montrer que
5π
Φ(θ) = − θ. (1.62)
6
22. Evaluer alors la courbure de Berry sur l’espace fermé et montrer que
le nombre de Chern de cet état est C = 1.
Il y a un très bon cours spécialisé sur la topologie [18] que je ne saurais que
trop vous conseiller d’aller lire pour compléter l’histoire, comme par exemple
comprendre quelles sont les sources possibles qui peuvent être à l’origine de
ces “monopoles”.
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 42
Fig. 1.1 – LAPW energy bands for La2 CuO4 along symmetry lines in the bct
Figure zone.
Brillouin 1.8 – L.F.
Structure de bande
Mattheiss, Phys.deRev.
La2Lett.
CuO458,
le long
1028d’une ligne de symétrie
(1987).
de la zone de Brillouin. L.F. Mattheiss, Physical Review Letters 58, 1028
(1987)
.
findintéressent
La plupart des composés, en tout cas ceux qui nous therefore all cethe other atoms occ
dans
cours de magnétisme, sont au demi-remplissage, ce quiorder to get through
signifie qu’il y a dans the lattice have to
le système 1 électron par site en moyenne. C’est le cas
timede in
la configuration
ions already occupied by ot
type montrée en (1.9). This needs a considerable addition of
is extremely improbable at low tempe
En seconde quantification et pour un système n’ayant que des sauts aux
premiers voisins isotropes et homogènes, le modèle These observations
de Hubbard prend launched
la the long a
forme particulièrement élégante history of the field of strongly correlated
X ticularly the effort to understand how
X
H = −t c+
iσ cjσ + h.c. + U bands
ni↑ ncould
i↓ . (1.63)
be insulators and, as the histo
⟨i,j⟩,σ
how
i
an insulator could become a metal a
Dans cette écriture, l’opérateur ciσ crée un électron de spin σ were
+ parameters au site varied.
i du This transition
Fig. 1 de
réseau, et ciσ en détruit un de spin σ. L’opérateur densité is called
charge nthe metal-insulator transitio
iσ = 0, 1
selon qu’il y ait ou non un électron de spin σ au site insulating
i. Dans phase and its fluctuations in me
ce formalisme,
quand il est dit qu’un électron est créé ou détruit, the
cela most
signifieoutstanding and prominent featu
qu’un procédé
correlated electrons and have long been
search in this field.
In the past sixty years, much progress h
from both theoretical and experimental s
standing strongly correlated electrons and
oretical approaches, Mott (1949, 1956, 19
the first important step towards under
electron-electron correlations could expla
CHAPITRE 1. DU TRIVIAL AU TOPOLOGIQUE 47
0 1 2 3
N=4
a
−t U
ni↑ = 1
ciσ+cjσ ⟶ ⟶
i j i j i
ni↓ = 1
| ϕjσ⟩ | ϕiσ⟩
hopping Hubbard
| ϕ0↑⟩ = c0↑
+
| 0⟩ | ϕ0↓⟩ = c0↓
+
| 0⟩
n0↑ = 1
| ϕ1↑⟩ = +
c1↑ | 0⟩ | ϕ1↓⟩ = c1↓
+
| 0⟩
n1↑ = 1
| ϕ2↑⟩ = c2↑
+
| 0⟩ | ϕ2↓⟩ = c2↓
+
| 0⟩
n2↑ = 1
| ϕ3↑⟩ = c3↑
+
| 0⟩ | ϕ3↓⟩ = c3↓
+
| 0⟩
n3↑ = 1
Magnétisme quantique
e2
H = H0 + V (⃗r1 − ⃗r2 ) = H0 + . (2.1)
4πϵ0 |⃗r1 − ⃗r2 |
51
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 52
On reconnaı̂t bien sur l’état singulet |s⟩ de spin s = 0 qui est antisymétrique,
et les trois états triplets |t0,± ⟩ qui sont symétriques. Cela va directement
conditionner la nature de la fonction spatiale |ϕ⟩ qui devra donc être symétrique
|ϕS ⟩ ou antisymétrique |ϕAS ⟩ respectivement.
H|ϕS ⟩ = ES |ϕS ⟩
H|ϕAS ⟩ = ET |ϕAS ⟩ (2.3)
où ES,T sont les énergies associées à |ϕS,AS ⟩ et l’on suppose a priori que
ES ̸= ET , i.e. qu’un état de spin a une énergie plus faible que l’autre. Comme
on le montrera à posteriori, l’énergie des deux électrons dépend quand même
du spin, toujours à cause du principe de Pauli qui agit sur la symétrisation.
vide et un site doublement occupé qui aura donc un recouvrement nul avec
celui de départ. Illustrons ce point en considérant un des états propres de
H0 au demi-remplissage |in⟩. Comme HK est un terme n’agissant que sur
des paires à deux sites voisins, nous ne nous intéresserons qu’à ceux d’une
paire de la configuration, les autres n’entrant pas en jeu dans le processus.
j i
De cette manière on a
j i
|in⟩ = | ⟩
j i j i
⟨α | HK | n⟩ = − t −t
U
⇒ ∝ Si−Sj+
U
| α⟩ | β⟩
−t −t
| n⟩
⟨α | HK | n⟩ = − t −t
U
⇒ ∝ Si+Sj−
U
| α⟩ | β⟩
−t −t
| n⟩
⟨α | HK | n⟩ = − t −t
U
⇒ ∝ SizSjz
U
| α⟩ | β⟩
−t −t
| n⟩
{cα , c+
β } = δα,β . (2.6)
c2↑c3↑c1↓ | 0⟩
+ + + +
0 1 2 3
c0↑
c2↑c1↓c3↓ | 0⟩
+ + + +
0 1 2 3
c0↑
+ +
c1↓ | 0⟩
0 1 2 3
c2↑
de spins sur un lien de deux sites voisins (i, j) pour lequel i < j s’écrivent :
| ↑↑⟩ = c+ +
i↑ cj↑ |0⟩
| ↑↓⟩ = c+ +
i↑ cj↓ |0⟩
| ↓↑⟩ = c+ +
j↑ ci↓ |0⟩
| ↓↓⟩ = c+ +
i↓ cj↓ |0⟩
et | ↓↓⟩ et à −1/4 pour | ↑↓⟩ et | ↓↑⟩, on peut écrire les termes diagonaux
sous forme compacte
z z 1
hz = J Si Sj − , (2.13)
4
2
avec J = 4tU . De la même manière, on remarque que Si− Sj+ | ↑↓⟩ = | ↓↑⟩ et
Si+ Sj− | ↓↑⟩ = | ↑↓⟩ ce qui permet d’écrire
J + −
hxy = Si Sj + Si− Sj+ . (2.14)
2
La réunion de ces deux termes donne donc
J + − − +
z z 1
hxy + hz = Si Sj + Si Sj + J Si Sj −
2 4
J + − J
= Si Sj + Si− Sj+ + JSiz Sjz − . (2.15)
2 4
Le dernier terme n’est qu’une constante globale de l’énergie, il n’a donc aucun
rôle dans la physique du système. On définit alors le modèle de Heisenberg
antiferromagnétique
J + −
⃗i · S
⃗j .
Hheis = Si Sj + Si− Sj+ + JSiz Sjz = J S (2.16)
2
A partir d’ici, nous allons dans ce cours étudier la physique des moment
magnétiques grâce à ce modèle, aussi bien pour des systèmes classiques que
pour des systèmes quantiques, essentiellement en deux dimensions et pour
diverses géométries. Comme nous le verrons, malgré une forme extrêmement
simple, le nombre de solutions analytiques est particulièrement faible et cet
Hamiltonien nous réserve bien des surprises. C’est une porte vers un monde
fascinant que nous venons d’ouvrir !
La méthode de champ moyen abordée dans les rappels de ces notes (voir
vos cours de physique statistique avec le paramagnétisme de Brillouin, Lan-
gevin, etc) n’offre qu’une vision parcellaire de la richesse du magnétisme, du
fait qu’il gomme les interactions entre spins. De plus, nous nous intéressons
aux propriétés quantiques du magnétisme, et donc nous voulons les étudier
à très basse température, là ou l’énergie thermique devient négligeable face
aux contributions microscopique. En un mot, nous voulons étudier le modèle
de Heisenberg à température nulle et décrire non seulement les propriétés de
l’état fondamental, mais aussi les excitations de basses énergies.
Dans cette section on considère donc J < 0, que l’on écrira pour éviter les
erreurs −J avec J > 0.
Cas classique. Il est souvent très utile de commencer par étudier la li-
mite dite classique quand S ≫ 1 et que les spins peuvent être assimilés à des
vecteurs classiques à 3 composantes de longueur unité.
Dans le cas ferromagnétique, l’énergie est minimale pour toute configuration
ayant tous les spins pointant dans la même direction. Il est immédiat de
vérifier que cette configuration minimise l’énergie de tous les liens du Hamil-
tonien simultanément. L’énergie totale est donc Etot = zN 2
.
Cas quantique. Par analogie du cas classique, nous allons chercher ici
à construire l’équivalent quantique des états complètement polarisés, i.e. où
les spins sont complètement alignés. Pour cela, nous nous plaçons dans la
base où l’axe de quantification est selon l’axe ⃗uz , et nous représentons une
configuration de N spins par un vecteur d’état indexé par les {mi } mo-
ments magnétiques tel que |m1 , m2 , · · · , mN ⟩. On peut construire un état
complètement polarisé en considérant que tous les spins du système pointent
selon +z :
Montrons que cet état est bien l’état de plus basse énergie. Pour n’importe
quelle paire de la somme, on a
Si− Sj+ |S · · · SS · · · S⟩ = 0
Si+ Sj− |S · · · SS · · · S⟩ = 0
On a donc l’énergie
X zN JS 2
E0 = −J S2 = − . (2.19)
2
⟨i,j⟩
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 61
Prouvons à présent que c’est bien l’énergie la plus basse que le système puisse
avoir. Remarquons tout d’abord que
⃗i · S
⟨S ⃗j ⟩ ≤ S 2
et que
2
⃗i · S
⃗j = 1 ⃗i + S
⃗j − S − S
2 2
S S i j
2
1 h⃗ i2
⃗j − S(S + 1).
= Si + S
2
2
Or le maximum de max S ⃗i + S
⃗j = (2S)(2S + 1), donc
⃗j ) = 1 (2S)(2S + 1) − S(S + 1) = S 2 .
⃗i · S
max(S
2
Cela prouve bien que c’est l’énergie du fondamental, d’où |GS⟩ pour Ground
State.
Cet état est donc celui de plus grand spin total de pseudo-norme et de
projection sur l’axe z de valeur Stot = N S. Comme pour le cas classique, toute
rotation de cette état sera un état dont le moment cinétique total pointera
dans une nouvelle direction mais pour lequel tous les spins du systèmes seront
toujours complètement alignés dans la même direction, car la pseudo-norme
−
est maximale. Or, par application de l’opérateur Stot , on peut justement faire
tourner Stot en diminuant la projection sur z d’un quantum à la fois. On va
ainsi générer 2Stot + 1 états de plus grand spin dont chacun aura l’énergie
du fondamental, jusqu’à arriver à l’état | − S, · · · , −S⟩ où la série se termine
−
car il sera annihiler par action de Stot .
où ⃗τ correspond aux vecteurs pointant d’un site i donné vers tous les plus
proches voisins. On remarque que |i⟩ est bien état propre de H z , mais pas de
H ⊥ . Cependant, le fait que l’action de ce dernier redonne un état du sous-
espace à une excitation mais simplement translaté, nous sommes tentés de
chercher une solution restaurant les translations, c’est à dire en faisant une
transformée de Fourier
1 X −i⃗k·⃗ri
|⃗k⟩ = √ e |i⟩. (2.23)
N i
3
(E-E0 )/JS
0
-3 -2 -1 0 1 2 3
1. Calculer ⟨⃗k|Siz Sjz |⃗k⟩ pour i et j proches voisins. Est-ce que le résultat
dépend de la position ?
2. Calculer à présent ⟨⃗k|Six Sjx + Siy Sjy |⃗k⟩.
3. Représenter graphiquement le résultat sur un réseau 1D de N = 8
spins et pour diverses valeurs de k = 0, π4 , π2 , π et en fixant le spin du
site de référence ⃗r1 = ⃗0 et expliquer pourquoi on appelle ces excitations
collectives des ondes de spins.
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 65
Relations de commutation :
Siz = S − â+ â
"i i r ! #
√ 1
Si+ = 2S 1 + 1− − 1 n̂i âi
2S
" r ! #
√ 1
Si− = 2S 1 + 1− − 1 n̂i â+
i
2S
Siz = S − â+
i âi
√
Si+ = 2Sâi
√
Si− = 2Sâ+
i
écriture :
X 2S +
2 + + +
H = − S − Sâi âi − Sâj âj + (â âj + âj âi )
2 i
⟨i,j⟩
zJN S 2 X
= − − JS −â+ + + +
i âj − âj âj + âi âj + âj âi
2
⟨i,j⟩
2
zJN S
= −
2
JS X +
− −âi âi+⃗τ − â+ τ âi+⃗
i+⃗
+
τ + âi âi+⃗
+
τ + âi+⃗
τ âi (2.31)
2
i,⃗
τ
Pour pour les états à 1 magnon, on voit ici que les éléments non nuls de
H connecte les sites i avec leurs premiers voisins en i + ⃗τ . On peut donc le
diagonaliser par transformée de Fourier en définissant :
1 X i⃗k·⃗ri
âi = √ e â⃗k
N ⃗
k
1 X ⃗
â+
i = √ e−ik·⃗ri â⃗+
k
N ⃗
k
Diagonalisation de H.
où
Xh i
ϵ⃗k = JS ⃗
1 − cos k · ⃗τ . (2.33)
⃗
τ
|0, · · · , |{z}
1 , · · · , 0⟩
⃗k
|0, · · · , |{z}
1 , · · · , |{z}
1 , · · · , 0⟩
⃗k1 ⃗k2
et ainsi de suite pour 3, 4, · · · magnons. Il est à noter que comme les ex-
citations sont ici des bosons, l’état à N magnons n’est pas un déterminant
de Slater comme ça l’aurait été pour des fermions car ils ne vérifient pas le
principe de Pauli. Il s’agit non pas d’un déterminant, mais d’un permanent,
qui est en pratique beaucoup plus compliqué à travailler avec. Nous ne le
considérerons pas pour le moment, mais nous reviendrons dessus dans le cas
antiferromagnétique.
Or en utilisant
1 X −i⃗k1⃗ri +i⃗k2⃗ri +
â+
i âi = e â⃗k â⃗k2
N 1
⃗k1⃗k2
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 70
on a
1 X X −i⃗k1⃗ri +i⃗k2⃗ri +
⟨m⟩ = S − e ⟨â⃗k â⃗k2 ⟩
N2 i 1
⃗k1⃗k2
1 X + 1 X
= S− ⟨â⃗k â⃗k ⟩ = S − ⟨n̂⃗k ⟩ (2.35)
N N
⃗k ⃗k
— 3D : d⃗k = 4πk 2 dk et
Z k0
a3 k 2 dk ak0
I = = (2.40)
2π 2 0 βJSa k2 2 βJS2π
L’aimantation est donc finie, il y a un ordre magnétique, les bosons
condensent !
— 2D : d⃗k = 2πkdk et
Z
a2 k0 kdk
I = (2.41)
2π 0 βJSa2 k 2
L’aimantation diverge, montrant ainsi l’instabilité de l’état fondamen-
tal |GS⟩ sous les fluctuations quantiques (magnons). Il n’y a pas donc
pas d’ordre magnétique stable à 2D, ce qui est en accord avec le
théorème de Hohenberg-Mermin-Wagner.
— 1D : d⃗k = dk et
Z k0
a dk
I = (2.42)
2π 0 βJSa2 k 2
L’aimantation diverge plus encore que le cas 2D.
Ainsi donc, si la température n’est pas trop élevée, il existe une aimanta-
tion finie en 3D. Le fait que l’aimantation diverge, ou de manière équivalente
que le nombre de bosons explose, indique que l’état duquel on construit
la théorie – ici |GS⟩ l’état ferromagnétique – est instable sous les fluctua-
tions quantiques générant la prolifération des magnons. Si l’état est stable,
alors le moment est renormalisé comme c’est le cas en 3D, et les excitations
cohérentes comme les ondes de spin peuvent s’y développer.
On utilise fréquemment cette divergence comme indicateur de stabilité d’une
phase magnétique classique quand il est trop difficile d’étudier le modèle
quantique. La question, s’il y a instabilité, est ensuite de savoir quel ordre
est stabilisé quantiquement. Il faut en général avoir recours à d’autres ap-
proches qui permettent de décrire efficacement le système. Nous aborderons
bien entendu ces cas un peu plus loin dans le cours, lorsque nous verrons les
nouvelles phases magnétiques exotiques comme les liquides de spins.
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 72
Nous l’avons dit depuis le début de ce cours, il existe des ordre magnétiques
plus complexes que le ferromagnétisme qui nécessite un peu plus d’investi-
gation pour comprendre leur propriétés. C’est le cas des systèmes antifer-
romagnétiques qui, avec la notion de frustration, nous le verrons, sont au
coeur de la physique moderne et constituent un terrain de jeu fascinant pour
mettre en évidence des nouveaux états de la matière quantique.
|Γ⟩ = |mA A B B
1 = +S, · · · , m N = +S, m1 = +S, · · · , m N = +S⟩ (2.43)
2 2
où l’on a indexé les sites par un indice allant de 1 à N2 et pour lequel il existe
le sous réseau A et le sous-réseau B. La figure (2.3) montre deux exemples,
1D et 2D de réseaux séparés en deux sous-réseaux (bipartites).
Est-ce que cet état est le fondamental ? Pas du tout, ce c’est même pas un
état propre de H. Considérons en effet deux sites voisins, ils sont forcément
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 73
1D
2D
i =A
=B
unit cell
Figure 2.3 – Exemples d’ordre de Néel en 1D et 2D. Les spins up sont sur
le sous-réseau A (noir) et les spins down sur le sous-réseau B. La maille unité
du réseau est doublée, on définit donc une maille unité (rectangle gris) indicé
par i allant de 1 à N2 sites.
Si+ Sj− → 0
Si− Sj+ → mA
i = S −1 mB
j = −S + 1
L’état |Γ⟩ est donc couplé à d’autres états et comme pour le cas ferro-
magnétique il faut incorporer les fluctuations. On procède alors à une trans-
formation de Holstein-Primakoff, mais en prenant en compte ici la différence
majeure que les spins ont des orientations différentes sur les sous-réseaux.
En d’autres termes, on ne part pas d’un ansatz où tous les spins sont pa-
rallèles, mais on en construit un où l’ordre de Néel est explicitement mis. On
distingue donc deux transformations pour chacun des deux sous-réseaux :
Sous-réseau A
Siz = S − â+
i âi
r
√ n̂i
Si+ = 2S 1 − âi
r 2S
√ n̂i
Si− = 2Sâ+
i 1−
2S
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 74
Sous-réseau B
Siz = −S + â+
i âi
r
√ n̂i
Si+ = 2Sâ+
i 1−
r 2S
√ n̂i
Si− = 2S 1 − âi
2S
zJN S 2
= −
2 X
X +
+ JS âi âi + â+ τ âi+⃗
i+⃗ τ + âi âi+⃗
+ +
τ + âi âi+⃗
τ (2.44)
i∈A ⃗
τ
zJN S 2
H = −
2
XX 2 X ⃗ ⃗
+ JS e−i(k1 −k2 )·⃗ri â⃗+ â⃗
k1 k2
i∈A
N
⃗
τ ⃗k1⃗k2
XX 2 X ⃗ ⃗
+ JS e−i(k1 −k2 )·(⃗ri +⃗τ ) â⃗+ â⃗
k1 k2
i∈A
N
⃗
τ ⃗k1⃗k2
XX 2 X ⃗ ⃗ ⃗
+ JS ei(k1 +k2 )·⃗ri ek2 ·⃗τ â⃗k1 â⃗k2
i∈A
N
⃗
τ ⃗k1⃗k2
XX 2 X ⃗ ⃗ ⃗
+ JS e−i(k1 +k2 )·⃗ri e−k2 ·⃗τ â⃗k1 â⃗k2
i∈A
N
⃗
τ ⃗k1⃗k2
zJN S 2 XXh i
+ −i⃗k·⃗
τ + + i⃗k·⃗ τ
H = − + JS 2â⃗k â⃗k + â⃗k â−⃗k e + â⃗k â−⃗k e (2.46)
2
⃗
τ ⃗k
avec C une constante et les opérateur α̂δ+ et α̂δ les opérateurs de création et
destruction d’un mode propre bosonique d’état quantique δ.
pour laquelle l’état quantique δ est un mode propre de vecteur d’onde ⃗k, on
aurait alors la relation de commutation
[H, α̂⃗k ] = −ω⃗k α̂⃗k . (2.48)
qui sont toutes les deux des combinaisons linéaires des opérateurs â⃗k et â+
−⃗k
!
Il doit donc être possible de mettre le Hamiltonien sous la forme voulue
(2.47) à l’aide des opérateurs bosoniques α̂⃗k+ et α̂⃗k en terme de combinaisons
linéaires des â+
−⃗k
. Bogolioubov proposa donc de chercher des solutions sous
la forme
α̂⃗k = u⃗k â⃗k + v⃗k â+
−⃗k
. (2.51)
Preuve 1 :
Calculer les relations de commutation suivantes
h i
→ â⃗+ k
â⃗k , â⃗k
h i
→ â⃗+ â
k −⃗k
+
, â⃗k
h i
+ +
→ â⃗k â⃗k , â⃗k
h i
→ â⃗k â−⃗k , â⃗+ k
La seconde vient de ce que les opérateur α̂⃗k+ et α̂⃗k doivent être bosoniques
pour que la théorie tienne. On arrive donc à
u⃗2k − v⃗k2 = 1
zJS − ω⃗k
→ u⃗2k 1− =1
zJS + ω⃗k
2 2ω⃗k
→ u⃗k =1 (2.55)
zJS + ω⃗k
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 78
Preuve 2 :
En utilisant les relations de commutation que doivent respecter les opérateurs
α̂⃗k+ et α̂⃗k , montrer que l’on arrive à la condition u⃗2k − v⃗k2 = 1.
Il ne nous reste plus qu’à inverser les relations et à reporter dans H pour
montrer que celui-ci est bien diagonalisé. Justement, on a vu dans H qu’il
y a avait 4 types d’opérateurs, â⃗+
k
, â⃗k , â+
−⃗k
et â−⃗k . Pour pouvoir inverser les
relations, il nous faut donc tous les faire apparaı̂tre, ce qui signifie qu’il faut
invoquer aussi α̂−⃗k :
Notons au passage que comme z⃗k est une fonction paire, ω⃗k l’est aussi et
donc u⃗k = u−⃗k et v⃗k = v−⃗k . On a donc le système
u⃗k v⃗k â⃗k α̂⃗k
+ = +
v⃗k u⃗k â−⃗k α̂− ⃗k
Preuve 3 :
En utilisant les définitions des opérateurs â⃗+
k
, â⃗k , â+
−⃗k
et â−⃗k , on va chercher
à démontrer que la forme diagonalisée de H est celle donnée plus haut.
1. Calculer â⃗+ â⃗ , â⃗k â−⃗k et â⃗+
k k
â+ en fonction des opérateurs propres α̂.
k −⃗k
2. En regroupant les termes tel que donné dans H, montrer que le terme
constant vaut 2zv⃗k2 − 2z⃗k u⃗k v⃗k .
3. En utilisant l’équation aux valeurs propres v⃗k zJS − u⃗k z⃗k JS = −ω⃗k v⃗k ,
montrer que le terme constant de H s’écrit alors
zJS(S + 1)N 1X
− + ω⃗k
2 2
⃗k
Comme nous l’avons esquissé plus haut, le vide des bosons est l’état de
Néel qui n’est pas l’état fondamental ! Dans notre cas, la structure (super-
symétrique) du Hamiltonien en A+ A nous assure que le fondamental vérifie
la relation A|ψ0 ⟩ = 0 et donc α̂⃗k |GS⟩ = 0. Or sur le vide |0⟩ = |Néel⟩,
h i
α̂⃗k |0⟩ = u⃗k â⃗k + v⃗k â−⃗k |0⟩ = v⃗k â+
+
−⃗k
|0⟩ =
̸ 0 (2.58)
car â+
−⃗k
crée un boson de vecteur d’onde ⃗k dans un état qui n’en a pas.
Preuve 4 :
Nous allons chercher à démontrer la forme (2.59) de l’état quantique fonda-
mental de notre modèle |GS⟩. Pour cela nous partons de l’ansatz
′
Y −B⃗k â⃗+ â+⃗
|Γ⟩ = A⃗k e k −k |0⟩
⃗k
Ceci est dû à la présence des fluctuations quantiques qui sont importantes et
qui donc s’expriment même dans le fondamental !
considéré n’est donc pas stable et ”fond” sous la présence des fluctuations
quantiques. C’est un autre état qui sera stabilisé.
Z
2 zJS 1 zJS − ω⃗k
malt = S− ⃗
dk +
(2π)2 ω e βω⃗k
− 1 2ω
| k {z
⃗
}
⃗
k
1
∼
k2
Donc pour D ≤ 2, l’intégrale diverge et il n’y a donc pas d’ordre à longue dis-
tance à T > 0 (Hohenberg-Mermin-Wagner). Par contre il est possible d’avoir
des transitions de phases à température nulle en fonction des paramètres du
système qui, par compétition énergétique, peuvent se faire manifester plus
ou moins fortement les fluctuations quantiques et donc être à l’origine d’un
changement de phases. C’est l’objet de la suite de ce cours.
Nous nous proposons ici d’étudier ce modèle sur réseau et d’en trouver l’état
fondamental en utilisant une approche champ moyen dans laquelle les spins
sont constitués de fermions de Majorana, des fermions sans masse qui ont la
particularité d’être leur propre antiparticule, i.e. γ + = γ.
Le modèle de Kitaev est celui d’un système de spins 1/2 sur un réseau
en nid d’abeille possédant deux sites par maille unité, u et v. Chaque sous-
réseau u a trois premiers voisins v dans les directions ⃗r1 , ⃗r2 et ⃗r3 . La constante
de couplage entre les spins dépend aussi de la direction des liens comme √ le
1 3
résume la figure ci-dessous : Dans la base ⃗u1 = ⃗ux et ⃗u2 = 2 ⃗ux + 2 ⃗uy , les
e 2⃗
r 2⃗
e 1⃗
r 3⃗
r 1⃗ SixSjx
u v
SizSjz
SiySjy
⃗ i = 1 ⃗σ i , avec
et pour simplifier le problème on travaillera avec ℏ = 1. Ainsi S 2
σ x , σ y et σ z les matrices de Pauli :
x 0 1 y 0 −i z 1 0
σ = , σ = , σ = . (2.67)
1 0 i 0 0 −1
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 84
Le passage des spins vers les fermions de Majorana se fait en deux étapes,
(i) chaque spin est récrit en terme de deux fermions dit de Abrikosov (se-
lon le même principe que ce que nous avons vu en cours pour étudier les
magnons) puis (ii) chaque nouveau fermion est récrit à son tour en terme
de fermions de Majorana. Nous allons procéder étape par étape pour établir
cette correspondance.
B définis plus haut sont couplés l’un à l’autre. On se propose alors d’étudier
le système en les découplant selon la même philosophie que Hartee-Fock,
soit :
(d) (d) (d) (d)
Bij Aij → ⟨Bij ⟩Aij + Bij ⟨Aij ⟩ − ⟨Bij ⟩⟨Aij ⟩ (2.75)
P P P
3. En utilisant la propriété que q f (q) = −q f (q) et que q 1 = N ,
conclure à partir de cette expression que la transformée de Fourier des
opérateurs de Majorana suivent les règles d’anticommutation standard
+ +
des fermions, i.e. {γw,q , γw,q } = 1, en définissant γw,q = γw,−q .
4. On admettra par la suite que {γw,q a
, γwb ′ ,q } = {γw,q
a+
, γwb+′ ,q } = 0 et
a
{γw,q , γwb+′ ,q′ } = δw,w′ δa,b δq,q′ . On peut donc à présent écrire le Hamilto-
nien dans l’espace de Fourier et le solutionner comme pour n’importe
quel modèle de liaisons fortes. En injectant la transformée de Fourier
CHAPITRE 2. MAGNÉTISME QUANTIQUE 88
oùPl’on a défini
P les facteurs de phase ϕd = eiq·⃗rd et utilisé le fait que
∗
2 q f (q) = q [f (q) + f (q)] (on ne démontrera pas cette dernière
égalité).
0 1 2 3 0 1 2 3 T
5. Finalement, on définit le spineur colonne ψq = [γu,q , γu,q , γu,q , γu,q , γv,q , γv,q , γv,q , γv,q ] .
+
On rappelle que ψq = ψ−q par construction. Montrer alors que H peut
se mettre sous la forme simple
X
H = K ψq+ Mq ψq + 3αβKN, (2.79)
q
où 0n×n est une matrice carrée d’éléments nuls et de dimension n×n et
Dn×n une matrice diagonale de même taille et d’éléments diagonaux
non nuls {e11 , · · · , enn } que l’on explicitera en fonction de α, β et ϕd .
avec ψ̃(q) les opérateurs de fermions dans l’espace diagonalisé (ne pas
les expliciter) où b est l’indice de bande et ϵ(q) = |ϕ1 + ϕ2 + ϕ3 |.
2. Dans les 4 bandes du bas, donner une interprétation physique de la
présence des trois bandes plates, et de la bande dispersive des fermions
de Majorana. C’est ce mécanisme qui est à l’origine du nouvel état
quantique de Kitaev.
3. Une fois diagonalisé le Hamiltonien prend la forme
X X
H = K Eb (q)ψ̃qb+ ψ̃qb + 3αβKN. (2.82)
q b∈bandes
Nous n’irons pas plus loin dans l’analyse du modèle, mais à partir de cette
résoution, il est possible de calculer le fondamental et donc toutes les obser-
vables possibles.
Chapitre 3
91
Magnetism in Condensed Matter
Study of collective and cooperative behavior of magnetic moments in
CHAPITRE 3. CE QU’ON DEVRAIT SAVOIR DU MAGNÉTISME 92
condensed matter systems
T>TN T<TN
• Magnetism Figure
is a pure3.1 –quantum phenomenum:
En magnétisme probably
classique, au dessus de la the oldest de
température example of
collective quantum phenomena
Néel TN , le at the macroscopic
système est désordonné scale (like
avec une aimantation superconductivity)
totale nulle. En
dessous, l’aimantation totale est toujours nulle mais on voit un ordre sous-
• Key role in the
jacentestablishment
apparaı̂tre. of the theory of phase transitions and the concept of
symmetry breaking (Ising model…)
apparaı̂tre l’ordre caché. Ce jeu du chat et de la souris entre des nouvelles
• Emergent phenomenum due
phases quantiques quito interactions:
échappent « more is different
à la compréhension »
du scientifique et les
nouvelles sondes théoriques et expérimentales nécessaires pour leur mise en
P. W. Anderson.
évidence constitue Science, de
l’enjeu premier Newla Series, Vol. 177,
recherche No. 4047. (Aug. 4, 1972), pp. 393-396.
moderne.
voir écrire la fonction d’onde du système à N corps (ici des spins en général)
comme un produit tensoriel des états individuels de spins : le système n’est
plus séparable et c’est à un mode collectif émergent auquel on doit faire
face. Il est alors souvent possible que les modes collectifs des excitations
se comportent comme des quasi-particules aux propriétés bien définies, e.g.
phonons, magnons, · · · On voit là à quel point les différents ingrédients (in-
teractions, effets quantiques, géométries) vont conditionner la physique des
systèmes et pourquoi ce terrain de jeu constitue l’un des principaux dans la
physique moderne pour étudier les nouvelles phases quantiques de la matière
et leurs fantastiques propriétés.
Dans le cas d’un électron ayant une orbite circulaire, on peut déterminer
le facteur gyromagnétique simplement en comparant
⃗ = ⃗r × p⃗ = m⃗r × ⃗v = m⃗r × ω
L ⃗ × ⃗r = mωr2 u⃗z ,
µ
⃗ = IS ⃗ = e ω πr2 u⃗z . (3.2)
2π
Il vient immédiatement que γ Einstein
= 2m e
. Cettede Haas effect
correspondance entre moment
magnétique et moment cinétique peut être vérifiée expérimentale par l’effet
Einstein de Haas 1 qui est considéré comme la seule expérience jamais réalisée
par A. Einstein. Celle-ciExperimenteller
est illustréeNachweis der Ampereschen Molekularströme [Experimental Proof of Ampère
en Fig.3.3.
Molecular Currents], Deutsche Physikalische Gesellschaft, Verhandlungen 17 (1915): 152-170.
08/11/15 16:00
metallic rod
Iron bar starts rotating upon applicatio
of a magnetic field
coil
d B: dr
!"
!" " !" !!" B
harge): F = qv ! B dF
!" " !" " !" " !"
d F = dn ! ev " B = ! dr ! 3.4
Figure ev "– BElément
= Idr "deBparcours d’une particule chargée dans un champ
⃗ et la force de Laplace ressentie (flèche bleue).
magnétique B
oop)
!"
le contour est fermé pour former une boucle, on a donc :
B I
!" ⃗ !!" ⃗
F = dFdF = ⃗0 (3.4)
µ dr
!!!!" !"! !" !mais !" !il" existe un moment de force sur
M l’objet non-nul
= OM ! I dr ! B = I dS ! B
⃗ F/O = OOM ⃗ × dF⃗ = OM ⃗ ×B
⃗ × I dr ⃗ ×B
⃗ = I dS ⃗
" " !" !" !" dM
I
G = IS"B = µ"B ⇒M ⃗ = ⃗
dM =G ⃗ = IS
⃗ ×B ⃗ =µ ⃗
⃗ × B. (3.5)
F/O F/O
1. Énergie du système.
(a) Donner l’expression de l’énergie totale du système en fonction de
⟨u⟩.
(b) Fixer E (ensemble microcanonique) revient à fixer quelle autre
quantité scalaire ?
2
(c) On introduit la probabilité d2 p = ρ(⃗n) d4πΩ qu’un spin donné pointe
dans une direction quelconque ⃗n à d2 Ω près. Donner la condition
de normalisation de ρ.
(d) Par symétrie, de quelle(s) grandeur(s) ρ(u, ϕ) dépend-elle réellement ?
Simplifier puis donner l’expression de ⟨u⟩ en fonction de ρ.
2. Entropie du système.
(a) Donner l’expression de l’entropie totale S du système en fonction
de ρ.
R1
exp(βu) du
2
.
−1
(d) Calculer explicitement ⟨u⟩ en fonction de λ.
3. Température du système.
⃗ ⃗ e2 ⃗
H = H0 + µB B · L + (B × ⃗r)2 (3.14)
8m
|e|
où l’on a reconnu le magnéton de Bohr µB = 2m
.
La fonction Rn,l (r) est appelée la fonction d’onde radiale, et les Yl,m (θ, ϕ)
forment la base des harmoniques sphériques donc quelques représentations
du module au carré et en coordonnées polaires sont données en Fig. 3.6. On
rappelle aussi que −l ≤ m ≤ +l et que m correspond à l’équivalent quantique
du projeté du moment cinétique de pseudo-norme l sur l’axe de quantification
choisi (ici l’axe ⃗uz ) comme illustré pour l = 2 en Fig.3.7.
Terme paramagnétique
l=0
m=0
l=1
m=-1 m=1
l=2
m=-2 m=2
l=3
m=-3 m=3
Terme diamagnétique
2
e
On se concentre à présent sur le terme 8m ⃗ r)2 . Sans perte de généralité
(B×⃗
et pour simplifier l’analyse, on choisit B ⃗ = +B⃗uz que l’on reporte dans
l’équation
e2 2 e2 2
Hdia = B [⃗uz × (x⃗ux + y⃗uy )]2 = B [−y⃗ux + x⃗uy ]2
8m 8m
e2 2 2
= B x + y2 , (3.15)
8m
avec x2 + y 2 ≃ a20 , le rayon de Bohr. On remarque immédiatement que cette
contribution est positive. On extrait facilement le moment diamagnétique
omic paramagnetism
netic term Hz
!" !" !"
a .B µ para B 1
!"
.L !" -1
L
!" !"
ergy if µ para / /B
cal case but L is quantized • Permanent magnetic moment
Figure 3.7• – Degeneracy
Les 2l + 1 projections
lifting E(mlquantifiées du moment cinétique – ici
): Zeeman effect
l = 2 – sur l’axe z de quantification.
ml = l(l +1) l, ml ml=-1
l=1 ml=0
l = ml l, ml ml ! par
["l, l ] ml=1
∂⟨Hdia ⟩ e2
⃗ diaB=0
µ = − = − B≠0B⟨x2 + y 2 ⟩⃗uz (3.16)
⃗
∂B 4m
montrant bien que l’orientation du moment est à présent antiparallèle au
champ magnétique.
Contribution du spin
Le cas du spin 1/2 est fascinant, car non seulement il est d’une simplicité
extraordinaire – uniquement deux projections m = ±1/2 – mais de plus il
est à l’origine de nouveaux états de la matière qui n’ont pas d’équivalents
classiques.
Couplage spin-orbite
Les choses ne sont cependant pas aussi simples quand on rajoute le spin,
car bien qu’il se comporte comme un moment cinétique, il se couple avec
celui-ci pour donner une contribution non-négligeable au Hamiltonien : c’est
le couplage spin-orbite.
Beff
!
+Ze r ! +Ze
!
-e !v S
-e
!
v Change in reference frame
electron feels an effective magnetic field Beff due to the relative motion of the nucleus positive charge
Figure 3.8 – Représentation schématique !" " (donc fausse !) des mouvements !
relatifs duframe
In the ref. noyau etelectron:
of the
!
" E v
de l’électron en fonction
! v 2 référentiel!"choisi.
du !!!" A gauche,
d! r
B eff = 2 if << 1 with E = !"! = !
le(Lorentz transformation)
référentiel du noyau, et à droite celui c2
c de l’électron. dr r
Spherical sym.
! "! 1 ! ! !E
1 dle! champ ⃗ 1 ! "!le
# d! par
que v 2spin
tantCoupling /c2–B≪ 1. Dans
H SO = µcette équation, S.(r " v) =est
!µ Bdonnée
eff B S.B eff = !µ B 2 2
S.L
Spin-orbit
gradient duHamiltonian
potentiel scalaire c dr r "# mc dr r
!L # #
= r!v
E⃗ = −∇ϕ ⃗ = − dϕ ⃗r m (3.19)
! "! • λ positive and increases with atomic
dr r number Z "
H SOa =considéré
où l’on ! S.L •la symétrie
Important consequence: ml et la
sphérique dans ms dernière
are no longer goodde
partie quantum numbers
l’équation.
On comprend à présent que s’il y a présence d’un champ magnétique extérieur,
qu’il soit appliqué comme vu dans les parties précédentes ou induit comme
c’est le cas ici, le spin de l’électron se couplera avec via un couplage para-
magnétique
⃗ ·B
HSO = µB S ⃗ eff . (3.20)
On peut, en injectant (3.19) dans cette équation faire apparaı̂tre le mo-
ment cinétique (après tout il faut bien que l’on retrouve indépendemment
du référentiel le mouvement de l’électron et du noyau) :
1 dϕ 1 ⃗ µB dϕ 1 ⃗ ⃗ ⃗ ·L
⃗ (3.21)
HSO = −µB 2
S · (⃗r × ⃗v ) = − 2 S · L = λS
c dr r mc dr r
Définie ainsi, la constante de couplage λ est positive et croit avec le nombre
de protons Z du noyau. Ainsi le couplage spin-orbite est d’autant plus fort
que le noyau des atomes considérés est gros.
— [HSO , Lz ] ̸= 0 → ml ̸= cste
— [HSO , Sz ] ̸= 0 → ms ̸= cste
— [HSO , L2 ] = 0 → l = cste
— [HSO , S 2 ] = 0 → l = cste
— [HSO , H0 ] = 0
H = H0 + Hz + HSO . (3.22)
approximations:
CHAPITRE 3. CE QU’ON DEVRAIT SAVOIR DU MAGNÉTISME 106
H SO + H dia
Weak fields H z << H SO
mj, l et H
s good
, H quantum numbers
[ z!0 SO ]
! H z , Jtheory
erturbation
" # % 0on Hz using the state
2
$ jm j ls
[
StrongHfields
z, Jz ] =H0z >> H SO
er, s,inm
the
l etpresence of aquantum
ms are good field numbers
Figure 3.9 – Composition des moments cinétiques dans les deux cas limites
de champ magnétique discutés dans le texte.
jm j ls
3.6.2 Magnétisme atomique de N électrons
rs Que se passe-t-il quand le système est constitué d’atomes avec plus d’un
électron ? On suppose un système à N électrons. Dans ce cas le terme d’inter-
ates lsml ms action de Coulomb doit être pris en compte dans le Hamiltonien qui devient
H = H0 + HSO + Hee (pour simplifier on considère le système sans champ
magnétique). Pour deux électrons placés respectivement en ⃗ri et ⃗rj ,
e2 1
Hee = (3.23)
4πϵ0 |⃗rj − ⃗ri |
ml -3 -2 -1 0 1 2 3
ms ↑ ↓
Mais quel est l’état fondamental rencontré dans la nature pour ce problème
4f 2 ? Pour répondre à cette question, Hund a édicté une série de règles semi-
empiriques que doivent respecter les état : satisfaire au principe de Pauli, et
minimiser l’interaction de Coulomb Hee et le terme spin-orbite HSO simul-
tanément. Ceci est résumé en trois règles simples
ml -3 -2 -1 0 1 2 3
ms ↑ ↑
On voit tout de suite que la règle 1 est bien respectée car ms = 1/2+1/2 =
1. Comme le principe de Pauli doit être respecté aussi, une fois le premier
électron placé en ml = 3 pour respecter la règle 2, il n’est plus possible de
mettre un autre électron dans la boı̂te. La seule place possible respectant 1
et 2 est alors ml = 2. Au final, le maximum ml = 5, ce qui correspond à
un l = 5 et ms = 1 qui correspond à s = 1. Pour connaı̂tre à présent la
pseudo-norme j, on remarque que dans cet exemple l’orbitale est moins que
demi-remplie, donc j = |l − s| = 4. On conclut donc que l’état de l’atome,
e.g. P r3+ , correspondant à cet exemple est l = 5, s = 1 et j = 4. Life is so
simple !
ml -3 -2 -1 0 1 2 3
ms ↑, ↓ ↑, ↓ ↑ ↑ ↑ ↑ ↑
Il y a donc une somme courant sur tous les ml qui donne trivialement zéro,
et ne reste que la contribution des deux spins down, d’où ESO = −λ0 ⟨S ⃗parall ·
P ⃗ ⃗ ⃗
i,dw Li ⟩ = −λ0 ⟨Sparall · L⟩ et donc un signe opposé au cas précédent.
Hz ≪ HSO Hz ≫ HSO
Ez(mj) +mj
Ez(mj) +ml + 2ms
B B
N électrons :
On a cette fois
On termine cette partie par l’exemple de la structure fine de Co2+ 3d7 qui
(à faire !) est de nombres quantiques s = 3/2, l = 3, j = 9/2 sachant que l’on
donne gJ = 5/3. L’état fondamental est donné par
ml -2 -1 0 1 2
ms ↑ ↑ ↑ ↑, ↓ ↑, ↓
CHAPITRE
2+ : 7
Fine structure of3.CoCE3dQU’ON -2 -1 0 SAVOIR
DEVRAIT 1 2 DU MAGNÉTISME 111
S=3/2, L=3, J=9/2, gJ=5/3 Ground state
Hz (0.1 meV)
Hund´
M( B) Gd3+, S=7/2
1/
1) S i
2) L is
Fe3+, S=5/2
3) J=
J=|
J=
Cr3+, S=3/2
CrK(SO4)2.12H2O
Fe(NH4)2(SO4)2.12H2O Gd(C2H5SO4)3·9H2O
Gd2(SO4)2.12H2O
B / T (kG / K) T (K)
qui permet donc de connaı̂tre le moment effectif µeff . En mesurant cette ob-
servable pour un composé donné, il est donc possible de la comparer à la
prédiction théorique. La figure (3.11) montre les écarts entre la théorie et la
pratique pour un ensemble d’ions 4f . On remarque l’excellente correspon-
dance entre théorie et pratique, ce qui montre non seulement le succès de la
mécanique quantique et des règles que nous avons établies depuis le début
de ces notes, mais aussi de la description statistique qui émergeait à peine
au début du siècle dernier.
Mais attention, tout n’est pas si rose ! La séquence des ions 3d présentée
en figure (3.12) montre que la physique n’est pas du tout bien reproduite
par le moment j attendu des règles de Hund. Comme on le voit dans l’avant
dernière colonne, la description est largement meilleure si on remplace j par
s tendant à prouver que la contribution orbitale l est fortement diminuée
Quantum paramgnetism of 4f ions
1 V 3kB
e’s law: determination of effective moment =
d ! T N µ 0 µeff2
alisé : magnétisme atomique
CHAPITRE 3. CE QU’ON DEVRAIT
J(J +1) SAVOIR DU MAGNÉTISME 114
Check Hund’s
Bilanrules! eff = µ B gJ
de l'approche µatomique
Ion 4f 2S+1L L, S, J gJ mm (µBJ)J meff (µB) mexp (µB)
J 0 =0 µ B g
bite Ce3+ (4f1) 2F 3,!1!/!2,!5!/!2 6!/!7 2,14 2,54 2,4
ption atomique Pr3+ (4f2) 3H
5/2
4 5,!1,!4 4!/!5 3,20 3,58 3,5
Nd3+ (4f3) 4I
9/2 6,!3!/!2,!9!/!2 8!/!11 3,27 3,62 3,5
Pm3+ (4f4) 5I
4 6,!2,!4 3!/!5 2,40 2,68 -
m3+!, Eu3+ Sm3+ (4f5) 6H
5/2 5,!5!/!2,!5!/!2 2!/!7 0,71 0,85 1,5
+S Eu3+ (4f6) 7F
0 3,!3,!0 - 0 0 3,4
plets excités Gd3+ (4f7) 8S
7/2 0,!7!/!2,!7!/!2 2 7,00 7,94 8
L+S Tb3+ (4f8) 7F
6 3,!3,!6 3!/!2 9,00 9,72 9,5
L+S-1 Dy3+ (4f9) 6H
15/2 5,!5!/!2,!15!/!2 4!/!3 10,00 10,65 10,6
Ho3+ (4f10) 5I
8 6,!2,!8 5!/!4 10,00 10,61 10,4
6. Magnetism Er3+ (4f11) 4I 6,!3!/!2,!15!/!2 6!/!5 9,00 9,58 9,5
15/2
133 Tm3+ (4f12) 3H
6 5,!1,!6 7!/!6 7,00 7,56 7,3
Yb3+ (4f13) 2F
7/2 3,!1!/!2,!7!/!2 8!/!7 4,00 4,53 4,5
|L-S|+1
m0 (µB) meff (µB) 2 S(S + 1) mexp(µB)
J
|L-S| Good agreement with 4f ions except Eu3+, Sm3+: contribution from higher
8 1,2 1,55
LS levels) Figure
1,73 3.11 - – Tableau récapitulatif des différents moments et nombres
8 1,2 1,545 quantiques
1,73 1,8 un ensemble d’atomes
pour 3d , "échec"
des ions 4f . En vert les ions pour
67 1,33 1,63 2,83 2,8
lesquels le modèle théorique du magnétisme atomique est confirmé par
de
4 0,6 0,77 3,87 3,8 rouge les deux cas qui ne rentrent pas dans la description
l’expérience. En
4: 0,6 0,77 3,87 3,7
- - -
du modèle à cause
4,9 4,8
Meilleure
de contributions description
supérieures du couplageen
spin-orbite (on
plie. -
ne traitera
4,9
pas
5
ces cas ici). L’étudiant
considérant est
le fortement
seul encouragé
moment de à s’entraı̂ner
spin
- - à vérifier les règles de Hund !
ie.
2 5 5,92 5,92 5,9
2 5 5,92 5,92 5,9
dans4,9ce cas. Ceci
5,4 est dû aux effets cristallins, les atomes étant en réseau,
/!2
/!3
6
6
6,71
6,63 des3,87
champs résiduels
4,8 peuvent Où estetpassée
apparaı̂tre compenser,la selon la nature des
/!4 5 5,59
58 atomes,
2,83 les moments.
3,2 contribution orbitale ???
/!5 3 3,55 1,73 1,9
Comprendre l’origine du champ cristallin est simple. Les harmoniques
ments in cubic symmetry 62
sphériques |n, l, m⟩ sont états propres du Hamiltonien en présence d’un champ
électrostatique en 1/r qui est donc de symétrie sphérique. Or, placés en
réseau, les atomes voient leur environnement électroniques s’agencer de manière
périodique compatible avec leur nature et briser ainsi cette symétrie. L’étude
des symétries des cristaux se nomme la cristallographie et constitue une dis-
cipline à elle seule. Ce que l’on retiendra dans notre cas, c’est que la base
|n, l, m⟩ n’est désormais plus une base propre du potentiel électrostatique
effectif ressenti dans le cristal, et de nouveaux états vont être stabilisés.
Deux exemples de cristaux sont donnés en figure (3.13) illustrant différentes
Pm3+ (4f4) 5I
4 6,!2,!4 3!/!5 2,4
Exceptions: Sm3+, Eu3+3+
Sm (4f ) 5 6 H5/2 5,!5!/!2,!5!/!2 2!/!7 0,7
Eu3+ (4f6) 7F
0 3,!3,!0 - 0
Effets des multiplets excités Gd3+ (4f7) 8S
7/2 0, ! 7 !/!2,!7!/!2 2 7,0
Paramagnétisme quantique des ions 3d 3+
Tb (4f )8 7 F6 3,!3,!6 3!/!2 9,0
Dy3+ (4f9) 6H
15/2 5,!5!/!2,!15!/!2 4!/!3 10,
Ho3+ (4f10) 5I
8 6,!2,!8 5!/!4 10,
3+
Er (4f )11 4 I15/2 6,! 3 !/!2,!15!/!2 6!/!5 9,0
Curie’s 3.
CHAPITRE law:
CEdetermination
QU’ON DEVRAITof effective
SAVOIR DUmoment
MAGN ÉTISME
3+
Tm (4f ) 12 µ eff =
3 H6
µ 115
B g J J(J
5,!1,!6
+1) 7!/!6 7,0
Yb3+ (4f13) 2F
7/2 3,!1!/!2,!7!/!2 8!/!7 4,0
Ion 3d 3dx 2S+1L
J gJ m00=(µ
m µ BBg)J J meff (µB) 2 S(S + 1) mexp(µB)
Ti3+ 3d1 2D
3/2 0,8 1,2 1,55 1,73 -
V4+ 3d1 2D
3/2 0,8 1,2 1,545 1,73 1,8 3d , "éche
V3+ 3d2 3F
2 0,67 1,33 1,63 2,83 2,8
V2+ 3d3 4F
3/2 0,4 0,6 0,77 3,87 3,8
Cr3+ 3d3 4F 0,4 0,6 0,77 3,87 3,7
Cr2+ 3d4 5D
3/2
0 - - - 4,9 4,8
Meilleure des
Mn3+ 3d4 5D
0 - - - 4,9 5 considérant le seul
Mn2+ 3d5 6S
5/2 2 5 5,92 5,92 5,9
Fe3+ 3d5 6S
5/2 2 5 5,92 5,92 5,9
Fe2+, 3d6 5D
Co2+, 3d7 4F
4 3!/!2
4!/!3
6
6
6,71
6,63
4,9
3,87
5,4
4,8
Où est pas
9/2
Ni2+ 3d8 3F
4 5!/!4 5 5,59 2,83 3,2 contribution or
Cu2+ 3d9 2D
5/2 6!/!5 3 3,55 1,73 1,9
Problem
Figure •3.12 with
– Même 3d ions:
tableau queworks
pour better
les ionsif 4f
wemais
remplace J by
pour les S 3d.
ions
• Orbital contribution is quenched: effect of the crystal lattice
où ρ(r) est la densité de charge électronique dans l’espace. On voit bien dans
cette équation qu’en fonction de la distribution de charges dans l’espace,
et donc à la géométrie du réseau cristallin, que le potentiel effectif Veff ne
possédera clairement pas les mêmes propriétés de symétrie. Une fois le po-
tentiel obtenu, le Hamiltonien de la contribution du champ cristallin s’obtient
par
Z
HCF = ρ0 (⃗r)Veff (⃗r)d3⃗r. (3.31)
magnetic cation
lml !Yl ml ! eiml! anion (O2-…)
Concentrons-nous sur les ions 3d dont on nous dit qu’ils sont en environ-
nement octahédrique et de moment orbital l = 2. Dans cette famille, n = 0,
et donc ⟨⃗r|l, ml ⟩ ∝ Ylml ∝ eiml θ , les autres contributions étant déjà réelles, on
ne les explicite pas. On a donc à disposition 5 états de ml = [−2, −1, 0, 1, 2],
à partir desquels on peut construire 5 autres états réels et symétrisés :
|dx2 −y2 ⟩ ∝ | + 2⟩ + | − 2⟩
|dz2 ⟩ ∝ |0⟩
|dxy ⟩ ∝ i [| + 2⟩ − | − 2⟩]
|dxz ⟩ ∝ i [| + 1⟩ − | − 1⟩]
|dyz ⟩ ∝ | + 1⟩ + | − 1⟩ (3.32)
dont les représentations en coordonnées polaires sont données en figure (3.14),
ainsi que leur énergie totale correspondante. On montre alors facilement que
⃗ i ⟩ = 0, expliquant pourquoi les ions 3d ne
pour chacune des orbitale ⟨di |L|d
sont pas correctement décrits par les règles de Hund.
⃗ est écranté par ce
Attention, de manière générale, le moment orbital L
Atomic magnetic moment
m in matter:
fluenceCrystal
of surrounding charges
field effects (II)-> crystal field (CEF)
CHAPITRE 3. CE QU’ON DEVRAIT SAVOIR DU MAGNÉTISME 117
ex: new eigenstates in a cubic environment (octahedric) for 3d ions (L=2)
lectrons
lml !Yl ml ! eiml! d x 2 !y2 dz2
e CEF>>spin-orbit : eg
Build real wave-functions
ar distribution of 5 orbitals
med favoured " ml by= 2CEF
+ ml = !2
x 2 !y 2
enching of orbital momentum d xy d yz d xz
t2g
n-orbit
d 2 " coupling
ml = 0 : g anisotropy x2-y2 z2-r2
z
d xy ! i ( ml = 2 " ml = "2 )
d xz ! i ( ml = 1 " ml = "1 )
d yz ! five
ml =3d
1 +orbitals
ml = "1
xy yz xz
ml -2 -1 0 1 2
ms ↑ ↑ ↑ ↑ ↑, ↓
CHAPITRE 3. CE QU’ON-2DEVRAIT
-1 0 1 SAVOIR DU MAGNÉTISME 118
2
Isolated ion: Hund
S=2
Cubic crystal field
! CF << ! Hund
d x 2 !y2 dz 2 e
g
! CF
d xy d yz d xz t S=0
2g
! CF >> ! Hund
Nous n’irons pas plus loin dans le rôle du champ cristallin, mais il est
important de le garder en tête quand le cristal considéré est complexe et
brise des symétries.
Ce terme favorise l’alignement des moments par rapport à ⃗ur avec, dans le
cas où les deux moments sont parfaitement colinéaires et égaux en norme,
deux énergies possibles
µ0 m2
E↑,↑ = − ,
2π r3
µ0 m2
E↑,↑ = + . (3.35)
2π r3
Il y a donc une énergie caractéristique naturelle au système définie par ∆E ≃
µ0 µ2B
πa2
≃ 1K.
0
Deux remarques sont à faire à ce stade, (i) cette énergie typique est beau-
coup trop faible pour expliquer une température de transition de la centaine
de Kelvin comme il est habituellement observé, et (ii) bien que faible, ce
terme peut clairement influencer l’anisotropie. Il faut donc chercher l’origine
de la mise en ordre magnétique ailleurs, c’est l’interaction d’échange.
Magnetic
-Para-ferromagnetic transitions
transition is similar
CHAPITRE 3. CE QU’ON DEVRAIT SAVOIR DU MAGNÉTISME 120
Macroscopic magnetization
TC
Mentionnons tout de suite que dans ce cas le Hamiltonien peut être solu-
tionné exactement seulement en 1D pour la chaı̂ne de spins. Le modèle d’Ising
quant à lui est une version simplifiée pour laquelle les couplages P
des compo-
santes x et y sont négligés et les spins sont 1/2, donc HIsing = Jz ⟨i,j⟩ Siz Sjz .
Ce cas sera traité un peu plus loin dans ce cours mais disons tout de suite
que bien qu’étant le modèle quantique le plus simple qui présente une tran-
sition para/ferro, il ne peut pas être solutionné en 3D. En 1D, de multiples
solutions sont connues. En 2D, la solution est beaucoup plus complexe et
a été proposée pour la première fois par Lars Onsager en 1944 en utilisant
la méthode des matrices de transfère. Depuis, quelques autres solutions ont
pu être trouvées. En 3D cependant, aucune solution analytique n’a pu être
proposée et la plus simple provient là encore d’une approximation de champ
moyen qui ne dépend malheureusement pas de la dimension du problème.
CHAPITRE 3. CE QU’ON DEVRAIT SAVOIR DU MAGNÉTISME 121
⃗ = µB g J⃗
µ (3.36)
Dans le cas (i), les moments peuvent pointer dans toutes les directions,
on a alors
Z Z
Z = A sin θdθdϕeβµ0 µB gJB cos θ (3.39)
ϕ θ
CHAPITRE 3. CE QU’ON DEVRAIT SAVOIR DU MAGNÉTISME 122
avec A une constante qui ne joue pas de rôle comme on va le voir. Le calcul
est simple et donne
sinh t
Z = 4πA (3.40)
t
avec t = βµ0 µB gJB. En utilisant l’énergie libre F = − ln Z/β, on obtient
l’aimantation pour une collection de N moments :
1 ∂F
M = − = µB gJN L(t) (3.41)
µ0 ∂B T,N
où l’on a introduit la fonction de Langevin
1
L(t) = coth t − . (3.42)
t
On a alors immédiatement la susceptibilité
1 ∂M N βµ0 µ2B g 2 J 2 1 1
χ = = −
V ∂B B→0 V t2 sinh2 t t→0
N βµ0 µ2B g 2 J 2 1 1
= ∝ (3.43)
3kB V T T
qui est la loi de Curie.
Dans ce cas, on a
⃗i · S
S ⃗j ≃ ⃗i δ S
δS ⃗j
| {z }
second ordre→0
⃗ i · ⟨S
+ δS ⃗j ⟩ + δ S
⃗ j · ⟨S
⃗i ⟩ + ⟨S
⃗i ⟩⟨S
⃗j ⟩
et l’énergie devient
Xh i X
E ≃ J Si · ⟨Sj ⟩ + Sj · ⟨Si ⟩ − ⟨Si ⟩⟨Sj ⟩ − ⃗h ·
⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗ ⃗i
S
⟨i,j⟩ i
On remarque tout de suite que si ⟨S⟩ ⃗ est connu, le système se résout comme
vu en début de chapitre et pour des spins classiques, on obtient immédiatement
M = µB gN SL(f ) (3.50)
f = βS [Jzs̃ + h] (3.51)
1.0
0.8
β=2
0.6
f(s) β = 0.7
0.4
0.2
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
h! s
Cas champ magnétique nul h = 0. En figure (3.15) sont donnés deux exemples
pour deux valeurs différentes de β de ce système à champ nul. Comme on
le voit, il existe deux cas de figures, (i) une seule solution à s̃ = 0 pour des
températures plus fortes qu’une certaine Tc et (ii) deux solutions à s̃ = 0
et s̃ ̸= 0 pour les températures plus faibles que Tc . La nature des solutions
dépend de la pente de la fonction de Langevin L(Jzs̃) en s̃ = 0 qui est donnée
par dLds̃
∼ Jz
3
et qui définit donc la température critique Tc
Jz βc JzS 1 JzS 2
= = ⇒ Tc = . (3.53)
3 3 S 3kB
En dessous de Tc , le système a donc deux solutions possibles mais celle d’ai-
mantation moyenne nulle s̃ = 0 est instable (ça ne sera pas démontré ici).
Il s’en suit que le système possède une transition magnétique à Tc et le
modèle de champ moyen offre une explication élégante de la transition para-
magnétique / ferromagnétique.
1.0
0.8
β=2
0.6
β = 0.7
f(s)
0.4
0.2
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
s
Figure 3.16 – Exemples de solutions graphiques de l’équation (3.52) pour
S = 1, J = 1, h = 0.5 et β = 2 (courbe verte) et β = 0.7 (courbe jaune).
figure (3.16) dans laquelle les mêmes cas que la figure (3.15) sont montrés
mais à champ h = 0.5.
Dans le cas (ii) de moments quantiques, il est à noter que l’on peut suivre
le même raisonnement que dans le début de chapitre et il suffit de changer
la fonction de Langevin en fonction de Brillouin dans l’équation (3.52) :
Figure 8. The reciprocal of the susceptibility as a function of the temperature. For high enough temperatures the Curie-
Weiss law is valid. In the left panel we present experimental results for Ni (Weiss and Forrer Annn. Phys. Vol. 5, 153
Figure(1926)).
3.17 On– Droite : Inverse
the right panel we plotde
thela susceptibilité
reciprocal parallèle
susceptibility parallel toàthe
l’axe c c-axis
crystal en fonc-
as a function of temperature
tion de for
la LiHoF
température
4 . The pour
experimentalle composé
points LiHoF
correspond to tiré de
measurements
4 Cooke,
for five Jones,
different Silva,
sample shapes, characterized by
Wells, J. Phys. C, 8 4083 (1975). Les points correspondent à 5 échantillons (1975))
demagnetizing factors, N (A.H. Cooke, D.A. Jones, J.F.A. Silva and M.R. Wells, J. Phys. C 8, 4083
N S 2 µ0 µ2B g 2 B
M = (3.57)
3kB T − Tc
qui amène à la susceptibilité
N S 2 µ0 µ2B g 2 1
χ = (3.58)
3kB T − Tc
qui est connue pour être la loi de Curie-Weiss des matériaux ferromagnétiques.
Ce résultat prédit que l’exposant γ de la susceptibilité est γ = 1. Les résultats
expérimentaux pour des températures suffisamment grandes montrent un ac-
cord remarquable avec cette théorie, comme montré dans la figure (3.17). On
observe aussi que proche de la température critique Tc , l’exposant γ diffère
de plus en plus de la prédiction champ moyen en prenant la valeur ∼ 1.3. La
théorie atteint ses limites et d’autres approches sont nécessaires.
CHAPITRE 3. CE QU’ON DEVRAIT SAVOIR DU MAGNÉTISME 128
les spins ne sont pas tous équivalents comme le montre les états de basse
énergie d’une paire de spins premiers voisins dans la figure ci-dessous :
J<0
J>0
On remarque alors que ce n’est rien d’autre que deux systèmes champ moyen
ferromagnétiques imbriqués, qui se résoudra donc de la même façon que
précédemment mais en rajoutant une étape auto-cohérente entre les deux
aimantations de chaque sous-réseau. Regardons concrètement comment ça se
passe.
FIG. 38. The inverse of the dc susceptibility for FIG. 39. Peak-to-peak magnetic resonance linewid
La0.67Sr0.33MnO3: !,Deviations
experimental close toSolid
data. Tc and dotted lines
temperature, showing a universal behavior for the
Cette théorie
are fonctionne relativementandbien
fits to the constant-coupling pour unmodels,
Curie-Weiss certainre- nombre de systèmes,
La0.67A 0.33
! MnO3 with A ! "Ca, Sr, and Pb. Differe
spectively.
essentiellement From Causa
quand et al., 1998. en sous-réseaux est compatible
un découpage refer to X-, L-,avec
and Q-band data. The inset shows
l’ordre magnétique en jeu. Dans l’exemple de la géométrie for Kagomé
the Pr-Srcepen-
analog. From Causa et al., 1998.
characteristic 1/T temperature dependence for heat car-
dant, le comportement à basse température révèle une structure plus riche
ried by phonons with a mean free path limited by anhar-
que le champ moyen
monic decayne peux pas
(Berman, décrire.
1976). InsteadCela très lisibleserved
! (T)estincreases dansESR spectra and that the ESR linewid
la figure
be related to the relaxation mechanism of th
ci-dessous with temperature. An exponential increase with equal magnetic system. The authors also claim tha
temperature parameters, found in samples with very dif- perature dependence of the ESR linewidth m
ferent compositions, has been interpreted as due to dy- scribed by a universal curve, whose temperatu
namical lattice distortions, a consequence of
associated with T C . The behavior above T C
T-dependent Debye-Waller factors (Visser et al., 1997). mined solely by the temperature depen
These results however have not been reproduced by
" ESR (T) and the infinite temperature linewid
other groups (Hejtmanek et al., 1999; Cohn, 2000) and a
an adjustable parameter. No evidence is found
definitive explanation is still missing. One possibility is
phonon contribution to the experimental lin
that the very moderate increase in ! with temperature is
this regime. These results agree with previ
due to the increase of a relatively small electronic com-
cussed transport experiments that show eviden
ponent added to a saturated and temperature-
coupling of small polarons from spins above T
independent phonon component. Such an increase of
Additional evidence for polaron formation
the electronic component with temperature could be
from structural and optical studies. Pair-d
due to the increase in thermally activated small polaron
analysis of neutron powder-diffraction data, th
mobility with temperature. Indeed, in Fig. 29(b) we can
EXAFS features, and Raman data all find ev
see a small but distinguishable increase in the high-
structural features consistent with polaron
temperature electronic component ! e calculated using
La susceptibilité de ce système décroit en dessous de 0.24 K et un état singulet, non
magnétique et avec une énergie d’activation de l’ordre de 0.25 K∼ J/12, est invoqué
[Wada et al. (2001)]. Il est remarquable de constater que la forme de la susceptibilité
mesurée par Wada et al. (2001) est proche des calculs de champ moyen sur cluster avec
des spins entiers — dont le résultat est peu différent des spins demi-entiers — présentés ci-
dessus. Peut-être ces mesures gagneraient-elles à être analysées en considérant les avancées
théoriques dans ce domaine. . .
CHAPITRE 3. CE QU’ON DEVRAIT SAVOIR DU MAGNÉTISME 133
Interacting paramagnetic susceptibilities
Chapitre 2. La frustration géométrique en magnétisme dans les réseaux de triangles à
3.2.2 Les bicouches
Chapitre 3.kagomé
Systèmes de spin 23 : SCGO et BSZCGO
expérimentaux
sommets partagés : aspects théoriques ! =
C CW z J S(S +1)
AF kB! =
Structure magnétique frustrée Les Tstructures + " CW de SrCr 9p Ga12−9p 3 O19 (SCGO(p)) et
Ba2 Sn2 ZnCr7pGa10−7p O22 (BSZCGO(p)), 1.4 respectivement découverts par Obradors et al.
(1988) et Hagemann et al. (2001), 1.2 !dc
sont présentées sur la figure 3.2. Nous 8 y distin-
guons les bicouches kagomé de Cr 3+ (S = 23 ), aussi appelées !! tranches de pyrochlores "",
4
0.6
-4
gomé. Lee et al. (1996) ont montré que l’interaction 1.2
entre deux spins de ces paires
isolées est de 216 K. Limot et al. 0.4 (2002) en ont déduit l’expression T "1.5 K de leur susceptibilité,
-1
g
qui devient négligeable en dessous de 30 K. Le rôle 1.1 de ces paires sur les les 2 propriétés
0.2 1.5 1.8 2.1
magnétiques de SCGO en dessous de cette température a donc la plupart du temps été
négligé.
Kagome lattice 0.0 0
0 100 200 300
de Cr 3+ (S=3/2)
Fig. 2.2 – Réseaux triangulaire, kagomé, pyrochlore (ou spinelle)
Malheureusement, ces deux systèmes ont au moins T (K)et grenat (de gauche
3 % de leur sites de Cr substitués à
par des ions non magnétiques de Ga 3+ , i.e. p ≤ 0.97. Les tentatives de synthèse avec p >
droite). • θCW=-350 but phases
no magnetic order
0.97 échouent et donnent Fig. 3.3 – des échantillons
Susceptibilité avec des
macroscopique χ macro d’unparasites. Nous
échantillon y reviendrons
BSZCGO(0.97) sous un
• Geometrical frustration −1
dans le chapitre 6. Ces susbstitutions concernent tous les sitesmacro
champ de 100 G pour T > 1.8 K. La linéarité de χ de Cr, y compris K,
jusqu’à ∼ 100 lesmalgré
Cr(4f vi ) in-
son
On remarque que θ N = −350K,
tersection avec l’axemais
des T
qui constituent les paires entre les bicouches dans SCGO(p). que
vers le
−350 système
K dénote dene présente
fortes interactionsaucun ordre
antiferromagnétiques
rotation globale près —, est
Les appelé
magnétique ! Cela
spins état
est dude
et montre
électroniques Néel
àlalaprésence etde est
présence constitué
frustration.
de demagnétique
3 , deux
Encart : susceptibilité
frustration
Cr 3+ sous
alternative
S =un23 )facteur réseaux
sur pour T > 1.2
laquelle deK. Un
gel de type sont
verreportés
de spinpar les
est observé ([Ar].3d
à 1.5 K, donnant dans de ces échantillons.
frustration f ∼ 250.
spins ↑ et ↓. nous Le
reviendrons
moment angulaire largement orbital plusest tard,
bloqué,mais avec cela nous révèle
un électron sur chacunela nécessité d’ap-t g ,
des orbitales
procher
et ces
les systèmes
complications
Nous venons de voir que la géométrie avec d’autres
possibles
de vers
atteint
liées
cet50étatà théories.
un
K (RMN).
ordre
de Cetteorbital ne
Néelvariation
usuel, contribuent
à deux
contraste
pas
avec lesous
au magnétisme
réseaux,
comportement ∝ 1/T de
de ces échantillons. Des mesures demacroscopique
la suceptibilité RPE en fortenchamp dessous de montrent
50 K, ainsiune faible
associée auxanisotropie
défauts du com-
est incompatible avec undansréseau
SCGO, de à l’ordre
baseposé.
dede0.09triangles.
K [Ohta
L’étude Que
et al.
de la forme devient
du(1996)],
spectre cohérente
RMN le fondamental
montre avec leslacunes
que ces d’un
valeursdetrouvées
spin génèrent
réseau macroscopique dans ces systèmes
habituellement pour des (figure
une spins 2.2)
Cr ?dans
réponsedealternée 3+ dansleun réseau magnétique deoctaédrique
environnement Cr [Limot et (∼ al. (2002)].
0.5 K) Ces
[Ramirez et al. (2000)]. mesures
Les spinsde la 3susceptibilité
de ces sytèmespar RMNsontsontdonc possibles pour T du
très proches ! 20 casK,Heisen-
température
en dessous de 2laquelle le signal du 69,71 Ga(4f) disparaı̂t [Mendels 1 et al. (2000)].
berg idéal. Notons finalement qu’au début de cette thèse, les kagomé de spin 2 présentés
Ceci reste comparable au cas des verres de spin conventionnels dans un gamme de
! Spins Ising ci-dessus n’existaient pas encore.
température légèrement différente [MacLaughlin & Alloul (1976)].
Lorsque T = 0, l’énergie d’un système de spins Ising est minimisée pour une quel-
Rapide historique des résultats obtenus sur SCGO Obradors et al. (1988) ont
conque configuration qui maximise
montré le nombre
les premiers la présencede
de spins plusdesproches
frustration interactions voisins antiparallèles.
magnétiques dans SCGO,
La dégénérescence deuxavec
pour un triangle
une température θCWisolé augmente
de plusieurs centaines exponentiellement
de Kelvin et l’absence de avec la taille
transition pour
T ! 4 K. Une
du réseau [Moessner & Sondhi (2001a)]. transition de type verre de spin a ensuite été mesurée par Ramirez et al.
(1990) à Tg ∼3.5 K. La situation est comparable pour BSZCGO (figure 3.3 et [Hagemann
La définition de l’entropie S d’un
et al. (2001)]). systèmea alors
Cette transition est S = k B en
été étudiée ln(Ω)
détail où
: Ω est le nombre
d’états accessibles. La dégénérescence du fondamental (Ω > 1) est donc synonyme d’une
entropie finie par spin. A température nulle, l’entropie27 par spin du réseau kagomé est
très élevée (0.502 en unité de kB ) par rapport à celle du réseau triangulaire (0.323) et
du réseau pyrochlore (0.216). Elle correspond à plus de la moitié de la valeur maximale
ln 2 ≈ 0.693, atteinte pour des spins paramagnétiques. D’autre 29 part, cette valeur est
extrêmement proche de la valeur trouvée par Pauling pour des triangles isolés (0.501)
et suggère ainsi l’existence de corrélations à très courte portée dans le réseau kagomé.
Le fondamental Ising est donc désordonné à T = 0. Il n’existe apparemment pas de
phénomène d’ordre par le désordre — concept sur lequel nous reviendrons dans le cadre
des spins Heisenberg — dans ces systèmes [Huse & Rutenberg (1992); Moessner et al.
(2000); Moessner & Sondhi (2001b)], ni, à notre connaissance, de composés expérimentaux
frustrés antiferromagnétiques avec des spins Ising.