Tennis de Table
Tennis de Table
Le tennis de table (ou « ping-pong » dans le langage courant) est un sport de raquette opposant
deux ou quatre joueurs autour d'une table. Le tennis de table est une activité de loisir, mais c'est
aussi un sport olympique depuis 1988.
Il existe plusieurs dénominations de ce sport à travers le monde : ping pang qiu (乒乓球, pīng pāng qiú,
« balle ping-pang »), en République populaire de Chine et République de Chine (Taïwan), les
caractères sont assez particuliers puisqu'ils représentent des raquettes face à face. On peut
également dire en Chine (卓球, zhuō qiú, « balle de table »), qui ce prononce au Japon takkyū (卓球?).
En revanche le mot ping-pong proviendrait de la marque commerciale sous laquelle le jeu est
produit aux États-Unis au début du XXe siècle3,4. Ce terme est plutôt utilisé pour désigner le jeu de
loisirs, alors que le terme de tennis de table est plutôt utilisé pour désigner la pratique sportive ;
malgré tout, un pratiquant de ce sport, y compris en compétition, s'appelle toujours un
« pongiste ».
L'histoire de ce sport est marquée par une série d'évolutions techniques (nature des revêtements
de raquettes, introduction puis interdiction d'usage de la colle rapide) qui ont conduit à des
innovations dans le style de jeu (utilisation de la « prise porte plume » par les Hongrois puis les
Asiatiques) et dans les tactiques employées au plus haut niveau comme l'apparition du topspin à la
fin des années 1980. Le tennis de table moderne permet une grande variété de systèmes de jeu,
avec les jeux d'attaque, de contre-initiative à la table ou à mi-distance, et les jeux de défense
particulièrement spectaculaires.
Le nombre de pratiquants dans le monde est estimé à plus de 260 millions5, et la Fédération
internationale de tennis de table (ITTF) regroupe plus de 200 nations et 33 millions de licenciés qui
se rencontrent à tous les niveaux de compétition, du tournoi de club jusqu'aux championnats du
monde en passant par le Pro tour, un ensemble de tournois organisés par l'ITTF se déroulant sur
tous les continents et qui concrétise une professionnalisation au plus haut niveau.
Étymologie et usage
Le terme « ping-pong », bien que banni de la terminologie officielle, est resté très populaire et les
joueurs sont toujours appelés des pongistes.
Le « tennis de table », terme officiel de ce sport, est associé au tennis joué en miniature sur une
table. À ses débuts, le terme tennis en salle était également utilisé6.
Historique
Débuts en Angleterre
Le tennis de table trouve ses origines dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle. L'histoire la plus
répandue sur la création du tennis de table est qu'au cours d'un diner, des notables de la société
victorienne discutant de tennis ont voulu montrer quelques schémas de jeu sur la table. Ils se sont
alors servis d'un bouchon de champagne en guise de balle, des boites de cigare pour les raquettes
et des livres pour le filet9.
Sa popularité croissante incite des fabricants de jeux à vendre des équipements. En 1890, l'Anglais
David Foster introduit le premier jeu de tennis sur une table, suivi par Jacques Gossima en 1891 10.
Les premiers championnats nationaux sont organisés en Hongrie en 18978. D'après d'autres sources,
ce serait l'Anglais John Jaques qui en 1901 invente le Ping Pong, ce qui conduit son entreprise
familiale à produire des équipements. Ce nouveau jeu est appelé à l'époque gossima11.
En 1901, James Gibb, un Anglais passionné par ce jeu, rapporte d'un voyage aux États-Unis une balle
en celluloïd, plus légère que les balles en caoutchouc utilisées précédemment6. En 1902, E.C. Gould,
autre Britannique, introduit pour la première fois des raquettes recouvertes de caoutchouc et de
picots caoutchoutés6. Un magazine consacré au tennis de table parait brièvement en 1902 10.
Avec la popularité grandissante du tennis de table, de nombreux tournois sont organisés. Les
premiers matchs publics se disputent au Queen's Hall de Londres6 et un championnat du monde
officiel a lieu en 1902, la même année que la création de l'English Table Tennis, la fédération
britannique de tennis de table. La discipline connaît à ce moment une montée de sa popularité en
Allemagne, les premiers Championnats d'Europe ont lieu en 1907. Mais les activités sportives
passent au second plan durant la Première Guerre mondiale.
Reconnaissance olympique
Le tennis de table est devenu un sport olympique en 1988 à Séoul, et voit la première médaille d'or
attribuée au Coréen Yoo Nam-kyu, la Chine remportant le double messieurs. En 1992, c'est le
suédois Jan-Ove Waldner qui s'est imposé devant le français Gatien. La discipline s'est
professionnalisée avec l'apparition du Pro Tour en 1996, et est dominée par les Asiatiques depuis
1995, avec comme représentant emblématique Wang Liqin, qui est une véritable star dans son
pays, triple champion du monde en simple et longtemps numéro 1 mondial. L'histoire du tennis de
table actuel compte des champions européens comme le Belge Jean-Michel Saive, le Croate Zoran
Primorac, l'Allemand Timo Boll, le Biélorusse Vladimir Samsonov, l'Autrichien Werner Schlager,
champion du monde en 2003 ou encore le Danois Michael Maze, champion d'Europe en titre. Le
tennis de table est dominé au niveau mondial par les Asiatiques, dont le Coréen Ryu Seung-min,
mais surtout par les Chinois Ma Lin, Wang Liqin, Wang Hao, Ma Long no 1 en 2010, ou Zhang Jike
champion du monde en 2011 et en 2013 à Paris,champion Olympique en 2012 à Londres, et Wang
Nan ou Zhang Yining chez les féminines.
Le meilleur joueur du monde est en 2010 le Chinois Ma Long, la meilleure joueuse est la Chinoise Liu
Shiwen. Il y a régulièrement au moins six Chinois dans les dix premiers mondiaux aussi bien chez les
hommes que chez les femmes21, ce qui concrétise la domination des Chinois dans ce sport
actuellement.
Règlement
Règles de base
On joue sur une table séparée au milieu par un filet haut de 15,25 cm, écarté d'autant à l'extérieur
du bord de la tableR 1. Chaque joueur est équipé d'une raquette. Le but est de renvoyer la balle avec
cette raquette sur la moitié de table adverse. Un point est gagné par le joueur chaque fois que son
adversaire ne renvoie pas la balle, ou laisse rebondir la balle plus d'une fois sur sa demi-table, ou
empêche la balle renvoyée par le joueur de rebondir sur sa propre demi-table (obstruction). Dans le
cas où la balle est rattrapée en dehors de la table alors qu'elle n'avait pas touché celle-ci, le point
est perdu par le joueur qui vient de jouer la balle. Un point est gagné aussi lorsque l'adversaire
renvoie la balle qui touche un obstacle avant de toucher la demi-table adverse (sauf les poteaux du
filet), ou touche la balle autrement qu'avec la raquette ou la main qui tient la raquette.
Autres cas plus rares qui donnent le point au joueurR 2 : la balle touche plus d'une fois la raquette de
son adversaire, l'adversaire touche la surface de la table avec la main qui ne tient pas la raquette,
l'adversaire fait bouger la table pendant le point, l'adversaire touche le filet, la balle est remise avec
une raquette que l'adversaire ne tenait plus en main, l'arbitre juge que le service n'est pas régulier
(masqué par exemple), l'arbitre, après avoir déjà averti le serveur, est à nouveau gêné pour
s'assurer de la validité du service, ou encore le joueur effectue un retour grâce à toute autre chose
que la raquette.
Une manche, on dit parfois improprement un « set », est gagnée par le premier joueur qui atteint
11 points, avec au moins 2 points d'avance sur son adversaire (jusqu'en 2001 les manches étaient
de 21 points)22. S'il n'a qu'un point d'avance, la manche continue ; elle est gagnée par le premier qui
obtient 2 points d'écart avec son adversaire (par exemple 11-9, 12-10, etc.).
Le premier à servir est déterminé par tirage au sort. Les adversaires font ensuite deux services
chacun sauf si les joueurs ont chacun 10 points, auquel cas le service change à chaque point. Le
premier serveur change à chaque manche.
Jeu en double
Dans le jeu en double, chacun des 2 joueurs doit renvoyer la balle à tour de rôle, sinon le point est
perdu. Le service s'effectue systématiquement dans la diagonale, le 1er rebond devant avoir lieu
dans la partie droite de la table. Une fois effectués ses deux services, le joueur laisse la place de
relanceur à son partenaire.
Règles du service
Chaque échange commence par une mise en jeu, ou « service » : de sa main libre, un des joueurs
lance la balle en l'air et la frappe dans sa phase descendante avec sa raquette de manière à ce
qu'elle rebondisse une fois sur sa surface puis, sans toucher le filet, rebondisse au moins une fois
sur la surface adverse. Le service est effectué en alternance par chacun des joueurs ou chacune des
équipes tous les deux points tant que le score de 10-10 n'est pas atteint. Au-delà, l'alternance se fait
à chaque échange. Si un service est correct mais que la balle a touché le filet, le service est à
remettre. On dit alors traditionnellement « net » ou « let », mais le terme officiel en France est :
« balle à remettre »23. Si la balle sort après avoir touché le filet, elle n'est pas à remettre, mais le
point est perdu pour le serveur.
Le nombre de « net » ou « let » est illimité, mais il est rare qu'il y ait plus de quelques services let de
suite.
Le service doit respecter certaines règles précises : au début du service, la balle doit reposer sur la
paume de la main, qui doit être immobile et ouverteR 3 ; la balle doit être lancée verticalement, sans
effet, vers le haut à une hauteur de 16 cm (6 pouces) minimumR 3 et doit être frappée dans sa phase
descendanteR 3.
Depuis le début du service et jusqu’au moment où la raquette du joueur frappe la balle, la balle doit
être au-dessus du niveau de la surface de jeu et derrière la ligne de fond du camp du joueur
exécutant le service et elle ne doit être cachée par aucune partie du corps ou vêtement du joueur
ou de son coéquipier en double, le joueur doit en particulier retirer immédiatement le bras lançant
la balle. La balle doit être visible par les arbitresR 3.
En cas d'incapacité physique, l'arbitre peut autoriser le joueur à servir sans respecter totalement ces
points de règlement concernant le serviceR 3. C'est le cas de joueurs ayant perdu l'usage d'un bras et
pouvant réaliser un service avec une seule main.
Nombre de manches
Une rencontre de tennis de table se déroule généralement en trois ou quatre manches gagnantes
de 11 points avec 2 points d'écart : le premier joueur qui a gagné le nombre de manches requises
est déclaré vainqueur. Dans le cas de trois manches gagnantes, les joueurs peuvent donc jouer
jusqu'à cinq manches. Pour quatre manches gagnantes, ils peuvent avoir à jouer jusqu'à sept
manchesR 4.
Avant la partie
Chaque partie commence par une période d'adaptation de 2 minutes maximum R 5. Cette période est
faite d'échanges entre les deux adversaires, sans comptage des points pour permettre de prendre
en compte tous les paramètres comme l'éclairage ou le rebond de la balle sur la table. Cette période
permet aussi de commencer à « tester » l'adversaire pour commencer à envisager ses forces et
faiblesses.
Comportement des joueurs
Les joueurs n'ont pas le droit de s'exprimer bruyamment ou vivement au cours d'un échange (cri,
réflexion, geste brusque, coup sur la table, coup de pied, etc.). En cas de perturbation extérieure,
l'arbitre peut interrompre un échange : bruit gênant, deuxième balle faisant irruption dans l'aire de
jeu, etc.. En cas de comportement inacceptable de la part d'un joueur, l'arbitre peut l'avertir (carton
jaune), puis en cas de récidive le pénaliser d'un point (carton jaune plus rouge), s'il commet encore
une faute il est pénalisé de deux points (carton jaune plus rouge), et le juge arbitre peut aller
jusqu'à le disqualifier (carton rouge)R 5.
Service
À la fin de chaque manche, les joueurs changent de côté, et le premier service est donné à celui qui
n'a pas fait le premier service à la manche précédente. En conséquence, tout au long d'une partie,
le premier service d'une manche est toujours du même côté de la table. Chaque joueur sert deux
fois de suite, puis c'est au tour de l'adversaire de servir deux fois, sauf lorsque le score atteint 10-
10 : le service change alors de côté à chaque échangeR 6.
Dans le jeu en double, les joueurs alternent, c'est-à-dire qu'ils se positionnent pour que celui qui est
au service serve sur celui qui lui effectuait les services au set précédent R 6.
La « belle »
Quand les joueurs sont à égalité avant d'avoir atteint le nombre de manches gagnantes (par
exemple dans un jeu en trois manches gagnantes, chacun a gagné 2 manches), la dernière manche
va servir à désigner le vainqueur. C'est pourquoi on l'appelle couramment la « belle ». Elle possède
une règle particulière : les joueurs changent de côté de table dès que le premier d'entre eux a gagné
5 points24. Après ce changement, la partie continue normalement.
Règle d'accélération
Si une manche dure plus de dix minutes de jeu effectif, on applique la règle suivante : chacun sert
alors à son tour, et le relanceur gagne le point s'il remet treize fois de manière régulière la balle sur
la table. Cette règle limite de facto la durée d'un échange en favorisant la prise de risque. Elle ne
s'applique pas si un total de 18 points ou plus ont été marqués dans la manche en cours avant les
dix minutes fatidiques (c'est-à-dire qu'à 9-9 ou 10-8, le jeu continue normalement). Elle a été
instituée en 194825.
Cette règle est née à la suite de parties qui duraient plusieurs heures, notamment quand deux
adversaires utilisaient le même style de jeu défensif. Les joueuses Ruth Aarons et Gertrude Pritzi se
sont trouvées dans ce cas de figure lors de la finale des championnats du monde 1937 qui n'a pu les
départager26. Actuellement, à la vitesse où vont les échanges, cette règle a rarement besoin d'être
appliquée. Elle a cependant été mise en œuvre par exemple lors de la finale du championnat de
France 2009 en simple dames, mais également aux Jeux olympiques de Londres en 2012 lors de la
compétition par équipes dames entre Singapour et la Corée.
Matériel et lieu de pratique
Salle
Le sol doit être plat, c'est-à-dire sans bosses ou creux, et horizontal, il doit être bien fixé et non
glissant. Il peut être manufacturé, collé ou en parquet; le parquet est accepté, mais est déconseillé
car il peut être glissant. Les matériaux tels que le dallage, le carrelage, le linoléum, le béton, le
bitume, l’enrobé, le ciment ainsi que les revêtements pelliculaires sans couche d’absorption des
chocs, sont à éviter.
La hauteur sans obstacle (luminaires, poutres, etc.) doit être de 4,5 mètres minimum ou de
5 mètres pour les championnats du monde ou d'EuropeR 7. L'éclairage et la température de la salle
doivent être corrects : au moins 1 000 lux sur toute la surface de la table pour les championnats du
monde et les jeux olympiques, 600 lux pour les autres compétitionsR 8. L'aire de jeu doit mesurer au
minimum 12 × 6 m ou 14 × 7 m pour les Championnats du monde ou d'EuropeR 8.
Les murs doivent être recouverts d'une teinte pastel, mate et uniforme sur au moins trois mètres de
hauteurR 7.
Matériel collectif
Table de jeu
Une table de compétition est rectangulaire, plane et horizontale. Elle mesure 2,74 mètres de long
sur 1,525 mètre de large et le côté supérieur est situé à 76 cm au-dessus du sol30. La surface de jeu,
appelée « plateau », est de couleur foncée et mate, généralement bleue ou vert foncé (plutôt
souvent bleue aujourd'hui)30. Elle est entourée sur tous les bords par une bande blanche peinte de
deux centimètres de large, appelée « ligne de fond » sur les bords les plus courts de la table, et
« ligne de côté » pour les deux autres côtés30. Elle est divisée en deux camps identiques par un filet
de 15,25 centimètres de haut, débordant de chaque côté30. Chaque demi-table est elle-même
divisée en deux par une mince bande blanche de trois millimètres, qui ne sert qu'au service dans le
cas du jeu en doubleR 9.
Dimensions de la table de tennis de table.
Pour les compétitions, la table doit être agréée en tant que telle. Dans ce cas, la mention « agréé »
ou le logo « ITTF » sont indiqués sur les grands côtés de la table. La publicité éventuelle au niveau
de la table, du filet ou des séparations est strictement règlementéeR 10.
Les tables non agréées pour la compétition sont appelées « tables de loisir ». Elles ont souvent la
dimension et la hauteur des tables réglementaires, mais elles sont moins chères car de moins bonne
qualité : les piétements sont plus fragiles, le plateau est moins plan et moins épais, le bois est moins
dense (la balle rebondit moins bien), les renforts sont faibles ou inexistants. En contrepartie, elles
sont parfois en matière peu sensible aux intempéries (acier inoxydable par exemple), ce qui permet
de jouer en extérieur ; on parle alors de table « tous temps ». Dans les écoles et les ensembles
urbains, on trouve aussi des tables en béton avec « filet » en béton ou en métal.
Il existe aussi des tables de petites dimensions dont on peut régler la hauteur, utilisées pour
l'apprentissage du tennis de table aux jeunes enfants.
Balle
Lors des compétitions officielles, les joueurs jouent avec des balles de catégorie « trois étoiles ». Ces
balles sont de meilleure qualité, c'est-à-dire plus rondes et plus dures, elles sont également plus
fragiles et plus chères que les balles ordinaires. Pour le loisir ou les séances d'entraînement, les
joueurs utilisent des balles beaucoup moins chères, codifiées 2 étoiles, 1 étoile ou sans étoile.
Malgré sa minceur (visible lorsqu'elle est déchirée), la balle apparaît très rigide. Il s'agit d'une
propriété mécanique générale des surfaces courbes, appelées coques. C'est aussi le cas de la coque
de certains fruits ou de la coquille des œufs ou des mollusques.
Le président de l'ITTF, Adham Sharara, a souhaité trouver une alternative au celluloïd pour la
fabrication des balles, en raison de la présence de solvants dangereux pour la santé et hautement
inflammables. Les compétitions internationales utilisent les nouvelles balles en plastique depuis le
1er juillet 201432, une des premières compétitions concernées étant le championnat d'Europe qui
s'est déroulé au Portugal en septembre 201433. Deux types de balles en plastique existent: avec ou
sans jointure. Quatre fabricants sont agréés par l'ITTF: DHS, Double Fish, Nittaku (avec jointure), et
Xushafoa (sans jointure)34.
Des séparations, d'une hauteur uniforme d'environ 75 cmR 12 entourent l'aire de jeu ou séparent les
aires de jeu quand il y en a plusieurs. Ces petits « murs » sont très légers : un arceau de métal creux
soutient une bâche plastique arrivant au ras du sol. Les séparations gardent les balles dans l'aire de
jeu, pour limiter le déplacement et éviter qu'elles perturbent le déroulement d'un autre match. Sur
ces séparations, les joueurs peuvent mettre une serviette pour s'essuyer le visage mais ne sont pas
autorisés à mettre de quoi boire et manger.
Le marqueur est un panneau composé de deux séries de chiffres, de 1 à 25 en général, utilisé par
l'arbitre pour afficher le score de chaque joueur et le nombre de manches gagnées au cours d'un
match. Une table d'arbitrage est utilisée pour poser le marqueur. La table est positionnée sur un des
côtés de la table de jeu, face au filet et à environ 1 m d'écart de celui-ci. Dans les rencontres
officielles, une feuille de match récapitule tous les matches et les résultats obtenus lors d'une
rencontre entre deux équipes.
Une pige permet de vérifier que le filet est à la hauteur réglementaire de 15,25 cmR 13 et que les
revêtements sur les raquettes ne dépassent pas le maximum autorisé de 4 mm pour la mousse et le
caoutchoucR 14.
Séparations dans une salle d'entrainement.
Matériel individuel
Le seul matériel indispensable à un pongiste est sa raquette et sa tenue de sport. Il doit en plus se
munir de sa licence pour pouvoir participer à une compétition officielle.
Tenue
Jean-Michel Saive (à gauche) et Kalínikos Kreánga (à droite) lors d'une compétition officielle.
La tenue de jeu se compose d'un short ou d'une jupette, d'une chemisette, de chaussettes et de
chaussures de sport « indoor ». Lorsque l'on fait partie d'un club, on doit également avoir le maillot
du club pour les compétitions par équipe ou individuelles. En effet, le règlement impose que tous
les joueurs d'une équipe d'un club portent le même maillot, de même que les deux joueurs d'un
double s'ils sont du même club. La couleur du maillot doit être nettement différente de celle de la
balleR 15. En dernier recours la décision de conformité de la tenue revient au juge arbitre de la
rencontreR 15.
Raquette
La forme de la raquette, sa dimension et son poids ne sont pas réglementés, seule l'épaisseur des
revêtements est limitée à quatre millimètres35. Les revêtements en caoutchouc mousse
apparaissent en 1951 et initialisent une modernisation du matériel jusqu’à nos jours avec les colles
rapides à solvant qui seront interdites.
Le corps de la raquette, appelé « bois », doit être plat et rigide. Au moins 85 % de son épaisseur
totale doit être en bois naturelR 14. Les faces utilisées pour frapper la balle doivent être recouvertes
d'un revêtement en caoutchouc d'un seul tenant, d'épaisseur et de couleur uniforme, une des faces
est obligatoirement rouge vif, et l'autre noire. Entre le revêtement et le bois, il est fréquent d'avoir
une épaisseur de mousse synthétique. Les fédérations publient chaque année une liste des
revêtements autorisés36.
Les plaques et les bois sont choisis en fonction du style de jeu recherché : on distingue le jeu offensif
(jeu rapide mais peu de contrôle de la balle), le jeu défensif (bon contrôle mais balles plus lentes) et
le jeu allround (vitesse moyenne et contrôle correct). On considère généralement que les plaques
sont responsables à 80 % du style de jeu, et le bois 20 %. Les joueurs pouvaient en plus utiliser des
colles spéciales dont le solvant influe sur l'élasticité des plaques en gonflant les alvéoles de la
mousse (le collage est interdit en compétition depuis 2008). Ceci avait pour résultat d'augmenter la
vitesse de frappe ou l'amplitude des effets. Ces colles ne sont efficaces que quelques heures au
mieux pour donner tout leur potentiel ; il existe aussi des colles rapides dont l'effet est de dix jours
qui prennent un peu plus de temps pour sécher. Les colles à base de solvants (les « COV ») sont
interdites dans toutes les compétitions par les règlements de l'ITTF depuis la fin des Jeux
olympiques de Pékin en 2008.
Les débutants utilisent souvent des raquettes achetées toutes faites (plaques et bois), peu chères
car assemblées en série et facilement disponibles dans les grands magasins. Après un peu de
pratique et une meilleure connaissance de son style de jeu, un joueur préfère une raquette
personnalisée, c'est-à-dire dont il a choisi lui-même le bois et chacun des deux revêtements parmi
les nombreux modèles proposés par les catalogues des fabricants.
Pour désigner une raquette de tennis de table, on utilise parfois le terme « palette »37.
Revêtement de la raquette
Le revêtement fait l'objet d'un soin particulier : c'est lui qui est au contact de la balle et qui donne le
plus de sensations. Il se compose d'une surface extérieure au contact de la balle, et souvent d'une
mousse synthétique intercalée entre cette surface et le bois de la raquette. Un revêtement possède
deux caractéristiques : son adhérence (qualité du contact entre la balle et le revêtement) et la
vitesse à laquelle il est capable de renvoyer la balle. En se combinant, ces caractéristiques se
traduisent par les qualités suivantes recherchées par les pongistes : capacité à renvoyer la balle
dans une direction précise (on parle de la capacité à bien placer la balle), capacité à donner de
l'effet à la balle, et vitesse de renvoi.
Pour les revêtements, la classification la plus courante et la plus évidente se base sur l'apparence
physique du revêtement. Il existe ainsi :
Certains revêtements de type "picots" sont devenus interdits par l'ITTF, jugés trop « gênants » et
« incontrôlables » pour l'adversaire, en voici une liste :
Mais le revêtement est aussi caractérisé par sa mousse, qui se situe sous le caoutchouc. Il existe
divers types de mousses :
supersoft : Mousse très tendre, employée pour un retour rapide de la balle ou au contraire
l'amortir lors du contact balle/raquette ;
soft : Mousse tendre, permettant un bon contrôle de balle ;
medium : Une mousse standard, avec un rapport équilibré entre vitesse et contrôle ;
hard : Beaucoup de vitesse, moins de contrôle, offrant davantage de possibilités en topspin
frappé.
Il est autorisé d'avoir un type de revêtement différent sur chaque face de la raquette. Seuls certains
revêtements sont autorisés en compétition, la liste des revêtements autorisés est disponible sur le
site de la fédération internationale. Il est obligatoire d'avoir une face rouge et une face noire afin de
pouvoir différencier les revêtements utilisés par l'adversaire. De plus, un joueur peut avoir un seul
côté muni d'un revêtement et laisser l'autre nu. Cependant il doit peindre son bois de la couleur
opposée au revêtement et ne pas utiliser ce côté de la raquette sinon il perd le point R 2.
Le tennis de table, sport d'intérieur, ne nécessite rien d'autre qu'une raquette et la tenue décrite ci-
dessus. C'est donc un sport relativement économique pour les débutants, d'autant plus que l'on
peut commencer avec des raquettes peu onéreuses. Les joueurs peuvent acheter une housse de
protection pour préserver les revêtements de l'usure et des chocs, des chaussures plus adaptées,
une petite serviette de bain pour éponger la sueur. Parmi les achats habituels, on note : les balles
d'entraînement, des revêtements de rechange (un des principaux investissements), de la colle
rapide (qui accélère la vitesse et la rotation des balles mais qui n'est plus autorisée en compétitions)
et un produit d'entretien pour revêtement avec son éponge. Les colles rapides à base de solvants
volatils sont interdites dans le monde entier depuis le 1er septembre 2008R 16 car les solvants utilisés
sont nocifs.
Licence
Pour les compétitions officielles, le joueur doit présenter sa licence avant le début de la
compétition. Cette licence — au format d'une carte de crédit — affiche le numéro et le nom du club,
son nom, son adresse, sa nationalité, son numéro de licencié, sa signature, son classement et sa
catégorie.
Marques de matériel de tennis de table
Le principal matériel vendu est le revêtement de raquette, du fait de son importance dans le
toucher de balle et de son renouvellement fréquent lié à l'usure. Viennent ensuite le bois, les balles
et les colles. Toutes les marques ont plusieurs produits à leur catalogue. La grande distribution ne
vendant souvent que du matériel de débutant ou de loisir (peu cher mais peu performant), les clubs
s'approvisionnent auprès de distributeurs spécialisés qui proposent l'ensemble des produits et
diffusent souvent un catalogue papier en complément d'un site Internet.
Parmi les principaux fournisseurs de matériels figurent39 Andro, Banco, Tecno Pro, Butterfly, Sanwei,
Cornilleau, Donic, Dr Neubauer, Friendship (revêtements uniquement), Joola, Nittaku (balles et
revêtements), Donier, Schildkröt, Tibhar, TSP, Stiga, Yasaka (tables, balles et raquettes).
Techniques de jeu
Prises de raquette
Les joueurs occidentaux jouent principalement avec une prise de raquette européenne. Le manche
est tenu dans la main, l'index est tendu le long du bois. Les joueurs asiatiques jouent surtout en
prise porte plume. La raquette est tenue comme un « porte-plume ». Cette prise fait travailler dans
un axe anatomique donnant beaucoup plus de mobilité, mais le côté revers (joué sur la même face
que le coup-droit) est plus difficile à maîtriser. Deux techniques existent en porte-plume, la
technique « japonaise », où le majeur est étendu sur la face arrière de la raquette. Le manche est
alors asymétrique, et une plaque de liège recouvre le côté non utilisé. Avec la technique chinoise,
les doigts arrières sont repliés. Le manche est symétrique et très court. Les deux faces ont alors une
mousse. Le joueur peut choisir sur chaque point ou selon qu'il est serveur ou relanceur avec quelle
plaque il va jouer. Des joueurs chinois comme Jiang Jialiang, puis Liu Guoliang et Ma Lin, utilisant la
prise porte-plume, sont capables de jouer très agressivement en topspin avec la face arrière.
Certains joueurs comme Wang Hao ou Xu Xin ne jouent quasiment qu'en revers à l'envers.
Néanmoins, beaucoup de jeunes chinois comme Ma Long utilisent la prise classique40.
Dans les premiers temps, les raquettes étant en bois brut, la balle est contrôlée uniquement par
l'inclinaison de la raquette au moment de l'impact et par la puissance de frappe. Puis, le plastique
tendre avec picots, mais sans épaisseur, qui recouvre le bois permet d'amortir davantage les coups.
En 1902, l'utilisation de mousses synthétiques (collées entre le bois et le revêtement extérieur)
augmente la vitesse de propulsion. Ensuite l'arrivée des revêtements lisses (picot tourné vers
l'intérieur) améliore l'adhérence entre la raquette et la balle. Ainsi, progressivement, les joueurs
peuvent varier les effets sur la balle et accélérer la vitesse des échanges41. Les effets les plus
courants sont le « coupé » et le « topspin »
Backspin (coupé)
Une balle coupée est frappée en mettant la raquette quasiment à l'horizontale et en passant en
dessous de la balle42. La raquette part du haut et s'avance vers le bas et en avant. Le coupé peut se
faire soit :
Dans les deux cas, le but est d'empêcher l'adversaire d'attaquer dans de bonnes conditions. En
effet, une balle coupée a tendance à « plonger » dans le filet après son rebond ; plus la balle est
coupée et plus l'adversaire va être obligé de la lever pour passer le filet, avec une marge étroite
d'action : s'il ne lève pas assez la balle, elle part dans le filet ; s'il la lève trop, elle risque de sortir de
la table ou d'être haute, ce qui permet en retour une frappe facile. Cela donne un avantage si
l'adversaire n'est pas assez attentif. Mais il faut faire attention au retour si l'adversaire est un joueur
expérimenté.
Décomposition des effets d'une balle coupée : la balle a tendance à « plonger » vers le bas.
Topspin
Article détaillé : Topspin.
Variante apparue avec les raquettes à revêtement synthétique à picots (plus adhérent que les
revêtements lisses), le topspin consiste à « frotter » la balle de bas en haut de manière à imprimer à
la balle une rotation d'arrière en avant, c'est-à-dire que le contact entre la raquette et la balle soit le
plus long possible grâce à un ample mouvement de « brosse » de sorte à ce que la balle soit soumis
à l'« effet Magnus »43. Un bon topspin est un compromis entre frotter la balle le plus finement
possible et une accélération au moment de l'impact. Si la raquette possède un revêtement
adhérent, la balle va tournoyer en prenant une trajectoire parabolique : après être montée, elle va
plonger très rapidement et accélérer en touchant la table, ce qui est déstabilisant pour l'adversaire.
Pour renvoyer la balle sur la table, celui-ci est obligé de « fermer » l'angle de sa raquette (ce qu'on
appelle « faire un bloc »), sinon la balle repart en montant encore plus (à cause de l'effet lifté) et
sort. Un échange de balle en topspin amène la balle à une vitesse approchant les 200 km/h44.
En général, lorsqu'un joueur reçoit une balle coupée longue, il renvoie soit en coupé soit en topspin.
Il existe un coup appelé un « contre topspin ». Lorsqu'un joueur effectue un topspin, son adversaire
peut effectuer un autre topspin (s'il en a le temps), c'est un coup de contre-attaque. On peut
différencier le « contre-top » à la table du « contre-top » effectué à mi-distance de la table. Ces
deux coups sont réservés aux joueurs de bon niveau, et nécessitent une condition physique et une
réactivité importantes.
Side spin
Alternative au topspin, le side spin permet de donner un effet latéral à la balle en plus du lift45. Il
s'effectue presque comme un coup classique mais la raquette doit frotter la balle sur le côté, de
l'arrière vers l'avant. Cette technique est difficile à réaliser mais si l'adversaire n'est pas attentif, il
peut facilement se faire surprendre car, au lieu de monter, la balle part sur le côté. On effectue
généralement le side spin (ou « topspin latéral ») en coup droit. Ce coup est souvent une technique
appréciée des gauchers, car leur side spin arrive sur le revers adverse, avec de l'effet latéral qui
force l'adversaire à se déplacer.
Dévié
Du fait de la difficulté d'appliquer cet effet, on ne le retrouve qu'au service : le service dévié. Bien
dosé, ce service permet à la balle de tourner à près de 90° au second rebond. La rotation peut être
vers la gauche ou vers la droite.
Frappe
Théoriquement, le joueur n'imprime aucun effet à la balle, le geste se fait à plat et permet de faire
un coup rapide, pour surprendre l'adversaire et essayer de finir le point.
Flip
Le flip est effectué sur une balle courte, au-dessus de la table46. C'est surtout avec le poignet que
s'effectue le mouvement. Pour renvoyer une balle coupée, le flip est exécuté en passant par-
dessous et en portant la balle avec le poignet : c'est un flip porté qui a pour caractéristique de
retourner l'effet coupé à l'adversaire tout en envoyant une balle rapide. Si le service est lifté ou
mou, on peut flipper en donnant une petite claque à la balle. Il est toujours long mais peut aussi
être joué très croisé. Cependant, le flip n'est pas qu'une remise de service: il peut, en effet, être
effectué sur n'importe quelle balle courte d'un échange. Le flip peut être exécuté du coup droit ou
du revers. Dans les deux cas, avancer la jambe droite pour les droitiers et la jambe gauche pour les
gauchers permet de gagner en « allonge ».
Tactique
Système de jeu
Il existe plusieurs tactiques de base au tennis de table. Les principales sont l'attaque, la défense et la
contre-initiative. La distance par rapport à la table, appelée « ligne de sol », est un des principaux
critères pour définir le système de jeu d'un pongiste47.
Le jeu d'attaque consiste à prendre un maximum de risques dans le but de prendre son adversaire
de vitesse. Les coups principalement utilisés par les attaquants sont le topspin et la frappe. Ce
système de jeu impose à son utilisateur de jouer près de la table afin de prendre les balles le plus
tôt possible quand la balle est molle (ou avec une légère rotation) et doit être prise en phase
descendante lorsque la balle est coupée. Les revêtements de raquette utilisés par les attaquants
sont des backsides très rapides avec une grosse épaisseur de mousse. L'Allemand Timo Boll ou le
Français Jean-Philippe Gatien sont des joueurs offensifs dont le système de jeu est basé sur une
grande prise de risque en coup droit48.
Le jeu de défense consiste à provoquer la faute chez l'adversaire. Il s'agit en effet de remettre les
coups offensifs de l'adversaire (topspin et frappe) le plus souvent possible afin que ce dernier finisse
par commettre une faute. Les coups principalement utilisés par les défenseurs sont la poussette et
la défense. Cette dernière est efficace lorsque le défenseur maîtrise la variation des effets : en effet,
la défense peut être coupée, molle ou liftée. La défense molle est un coup très utile car, hormis le
coup de poignet, elle s'exécute comme la défense coupée. Les joueurs pratiquant ce système de jeu
jouent loin de la table et utilisent souvent une raquette combinée avec un backside mi-lent(pour
attaquer et défendre) et un picot-long. À haut niveau, les défenseurs ne peuvent se contenter de
jouer en défense et sont donc capables de prendre l'initiative et d'effectuer des coups offensifs
efficaces. On peut citer comme exemples typiques de joueurs défenseurs le Sud-Coréen Joo Se
Hyuk47 ou l'Autrichien Chen Weixing.
Le jeu de contre-initiative consiste à laisser l'initiative du jeu à l'adversaire afin de le contrer. Les
coups principalement utilisés dans ce système de jeu sont les blocs et les contre-tops. Les
principaux joueurs de contre-initiative sont le Suédois Jan-Ove Waldner et le Chinois Wang Tao.
Placement
Les bons joueurs savent utiliser les placements pour se mettre en position de force par rapport à
l'adversaire, c'est-à-dire être toujours à la bonne distance de la balle quand elle arrive sur son côté
de table, et à obliger l'adversaire à se mettre dans une position difficile pour lui : trop loin de la
table ou trop sur le côté. Il s'agit de le faire se déplacer pour qu'il se fatigue, qu'il soit surpris ou qu'il
perde de la précision ; en général cela consiste à le « balader » (terme consacré) de gauche à droite
de la table ou à l'obliger à reculer puis à avancer précipitamment dans l'espoir qu'il se fatigue ou
qu'il rate son renvoi. Le « ventre pongiste » (balle arrivant sur le joueur) est une zone où l'adversaire
a le moins de possibilité de renvoyer une balle puissante, et qui permet de se procurer par la suite
une balle d'attaque48.
Choix du revêtement
Le choix des revêtements influence la tactique de jeu : un revêtement rapide s'adresse plutôt aux
attaquants, un revêtement avec beaucoup de contrôle avantagera un défenseur. Certains
revêtements sont réputés pour déstabiliser l'adversaire ; ainsi un « anti-top » va permettre
d'annuler un topspin tandis qu'un « picot long » catapulte la balle en lui donnant des effets
difficilement prévisibles et bien souvent inversés. Bien utilisées, ces plaques permettent de
déstabiliser un adversaire peu habitué à leur action. Cependant, pour être correctement utilisées,
elles nécessitent une longue habitude d'utilisation et présentent malgré tout des faiblesses qu'un
adversaire entraîné saura exploiter. Un anti-top s'utilise le plus souvent en raquette « combi »,
c'est-à-dire d'un seul côté seulement, l'autre étant un revêtement classique 49.
Importance du service
Le service est aussi un moment tactique crucial. Le serveur dispose d'un avantage important sur son
adversaire puisque c'est lui qui décide de la vitesse et de l'effet donné à la balle, il prépare donc
déjà sa deuxième balle. Il est impératif pour un joueur de soigner son service, car contrairement au
tennis, le serveur ne bénéficie pas d'un deuxième service. Le plus souvent le service est accompagné
d'un effet lifté, coupé ou latéral. Il permet au joueur qui sert d'obtenir de la part de son adversaire
un « retour » qui lui convient50.
La voie est étroite entre un service réussi mais trop facile pour l'adversaire qui prend ainsi le
contrôle de l'échange, et un service rapide ou avec beaucoup d'effet, mais difficile à réussir. Bien
servir est un apprentissage long et difficile, et se travaille au panier de balles durant de longues
séances. Les entraîneurs diront que le service est le tiers du point car après avoir fait un service
gênant on obtient généralement une balle facile à jouer qui permet de clore le point (trois touches
de balle pour faire un point).
De nombreux types de service sont possibles51 : service coupé (souvent court), lifté (court ou long),
rentrant (court ou long), « service mou » (court ou long), latéral (court ou long), service « marteau »
(court ou long, lent ou rapide), service « sauté » (long et lent), service sortant (court ou long et lent
ou rapide), service « bombe » (service très rapide auquel un des effets précédents peut être ajouté),
etc. Tous ces services peuvent être effectués du coup droit ou du revers (sauf le rentrant qui est un
service coup droit).
D'après une étude réalisée par François Orfeuil, entraîneur national52, 23 % des points sont gagnés
en une balle (service ou remise de service) et 35,6 % en deux balles (service ou remise puis coup
fort) ce qui montre bien l'importance du service dans le tennis de table moderne.
Gestion de l'effort
Le principal risque d'accident ou blessure est l'entorse de la cheville ou les différentes pathologies
du poignet. Les seules contre-indications sont anatomiques (lombalgies) ou physiologiques de type
cardiaques54. Il est possible de pratiquer y compris en compétition jusqu'à un âge relativement
avancé, comme le montre l'exemple de Marty Reisman, champion des États-Unis à l'âge de 67 ans.
Techniques d'entraînement
Il y a plusieurs types d'entraînement. Une première méthode est l'entraînement individuel, avec des
paniers de balles et un robot ou avec un entraîneur55. Une autre technique plus classique pour
s'entraîner est l'entraînement avec un partenaire pour travailler les schémas de jeu.
L'intérêt de l'entraînement est d'acquérir une bonne technique de frappe (bonne position du corps
et de la raquette) adaptée au résultat recherché (attaque, défense, etc.) et utilisable quasiment sans
réflexion (acquisition d'automatismes). Les automatismes, indispensables pour un jeu où la balle
atteint des vitesses difficiles à suivre pour l'œil, s'acquièrent à l'entraînement grâce à la répétition
d'un même geste, l'entraîneur étant là pour montrer la bonne position du corps et de la raquette.
Cependant un des points essentiels d'un entraînement efficace est de varier les situations et les
partenaires d'entraînement, car la répétitivité de certains enchaînements peut conduire à un
manque d'adaptation à des situations nouvelles ; d'autre part la répétitivité limite le
développement des habiletés motrices, et peut nuire également à la motivation des joueurs 19.
Les joueurs licenciés se voient attribuer un classement reflétant en principe leur niveau, et
permettant en particulier de les répartir en différentes catégories lors de compétitions ou de
tournois. Le système est différent suivant les pays ; pour les compétitions internationales, la
fédération internationale publie un classement chaque mois56, basé sur les résultats des joueurs lors
des compétitions officielles. Les principales compétitions internationales sont le championnat du
monde individuel et par équipes qui ont lieu tous les deux ans en alternance, et le tournoi
olympique depuis 1988 où sont décernés quatre titres : simple messieurs, simple dames, doubles
masculins et féminins jusqu'en 2004, par équipes depuis 2008. En marge de ces compétitions les
plus prestigieuses, la Coupe du monde de tennis de table réunit tous les ans seize participants, dont
les champions de chaque continent et les meilleurs joueurs du moment. Le système de classement
international est utilisé jusqu'aux compétitions continentales comme le Championnat d'Europe de
tennis de table ou le Pro Tour, qui est une série de tournois organisés dans différents pays pour les
pongistes professionnels.