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Cours Droit de La Protection de L'enfant 2023

Le cours de droit de la protection de l'enfant aborde les enjeux de la protection internationale des droits des enfants, en mettant l'accent sur la situation en République Démocratique du Congo. Malgré l'existence de lois et conventions, de nombreux enfants continuent de souffrir de violations de leurs droits, notamment à cause de l'absence de services adéquats. Le document souligne l'importance d'une gestion efficace et d'une prise en charge des enfants vulnérables pour garantir leur développement et leur bien-être.

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Cours Droit de La Protection de L'enfant 2023

Le cours de droit de la protection de l'enfant aborde les enjeux de la protection internationale des droits des enfants, en mettant l'accent sur la situation en République Démocratique du Congo. Malgré l'existence de lois et conventions, de nombreux enfants continuent de souffrir de violations de leurs droits, notamment à cause de l'absence de services adéquats. Le document souligne l'importance d'une gestion efficace et d'une prise en charge des enfants vulnérables pour garantir leur développement et leur bien-être.

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COURS DE DROIT DE LA PROTECTION DE

L’ENFANT

TROISIEME GRADUAT UPN 2022 2023


VACATION B.

NSANKIEME LUSANGA Angel


Professeur
0. INTRODUCTION

La recherche d'une protection internationale de l'enfant a été l'une des


préoccupations prioritaires en matière de droits de l'homme.1
Dés 1924, dans le cadre de la société des nations (sdn), la déclaration de Genève
a posé à cet effet un certain nombre de principes. Après la deuxième guerre
mondiale, le mouvement a repris avec la création du fond international de secours
à l'enfance, adoptée par l'assemblée générale de nations unies le 20 novembre1
989.
Mais cette recherche de protection de l'enfant ne s'est pas appliquée
universellement. C'est ainsi qu'en 1978, le gouvernement polonais prit l'initiative
de présenter a l'assemblée générale des nations unies un projet de convention en
hommage à ses millions d'enfants morts pendant la seconde guerre mondiale.
Notons cependant que la convention internationale relative aux droits de l'enfant
fut adoptée par l'assemblée générale des nations unies. Elle est le premier
instrument juridique international en matière de droits de l'homme qui puisse
connaitre une ratification quasi universelle.
Au fait, ladite convention a été ouverte à la signature des états en janvier 1990, et
a connu la participation de 191 états africains, parmi lesquels figurait la république
démocratique du Congo (RDC). Cela témoigne l'intérêt accorde par la
communauté internationale a la promotion et à la protection des droits de l'enfant.
Il s'avère impérieux a l'heure actuelle, et vu le degré d'importance de la question
en république démocratique du Congo, de s'atteler a une gestion réelle en faveur
des enfants, surtout que, de par le constat fait, le secours destine a la protection de
droits de l'enfant ne représente substantiellement rien par rapport aux besoins réels
des intéressées. 2
A titre d'illustration, s'il faut considérer les conditions de vie, particulièrement en
ce qui concerne l'alimentation et la scolarisation des enfants de la rue et ceux
recrutes dans certains organismes œuvrant dans la promotion et la protection des
droits de l'enfant, ceux-ci ne jouissent pratiquement pas de leurs droits. Il serait
mieux d'améliorer, à leur profit, les quantités de secours alimentaires et de mieux
canaliser et organiser leur scolarisation.
De même, les fléaux tels que le détournement, l'injustice, l'égoïsme voire
l'irresponsabilité et la mauvaise foi, de la part des organismes cites ci-dessus, sont

1
BAKENGA SHAFALI, Cours d'initiation à la recherche scientifique, G l, FSEG, 2013, P37.
2
Roselyne NERAC-CROSIER et Joceline CASTAIGNEDE, La protection du mineur en danger, le Harmattan Paris,
2000, P 19.
entre autre les conséquences de mise à l'écart de la protection et la sauvegarde des
droits de l'enfant par ceux pourtant commissionnes pour ce faire.
Il est donc pressant, pour assurer la survie de l'enfant, de promouvoir tous les
facteurs favorables à sa protection, tout en reconnaissant sa capacité de s'organiser
et de s'autogérer.
Le souci majeur des nations unies, à savoir le respect des droits de l'enfant, est-il
mis au bénéfice de l'enfant africain, ou mieux, de l'enfant congolais ?
s'entend rendu compte de la nécessite de protéger l'enfant pour son
épanouissement social, économique, culturel et technologique, pouvons-nous des
lors conclure, en signant la convention relative aux droits de l'enfant, que la
république démocratique du Congo s'est-elle obligée a la respecter au même titre
que ses lois internes, au moment où la constitution dudit pays, en son article 21 5,
stipule que : « les traites et accords internationaux régulièrement conclus ont, dès
leur publication, une autorité supérieure a celle des lois, sous réserve pour chaque
traite ou accord, de son application par l'autre partie » en fait, plusieurs actes
commis en RDC ne pourraient nous laisser indifférents de réfléchir et de trouver
la place de cette convention dans l'ordonnancement juridique de celle-ci.
A cette effet, Dans le souci de promouvoir et garantir la prise en compte des
besoins fondamentaux de l’enfant, à soutenir son développement physique,
affectif, intellectuel et social et à préserver sa santé, sa sécurité, sa moralité et son
éducation, dans le respect de ses droits, le législateur congolais a mis en place la
loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant.
Elle comprend des actions de prévention en faveur de l’enfant et de ses parents,
l’organisation du repérage et du traitement des situations de danger ou de risque
de danger pour l’enfant ainsi que les décisions administratives et judiciaires prises
pour sa protection. Elle a également pour but de prévenir les difficultés que
peuvent rencontrer les mineurs privés temporairement ou définitivement de la
protection de leur famille et d’assurer leur prise en charge.
En renforçant la protection pénale de l’enfant, le législateur s’est permis d’ériger,
d’une part en infraction certains faits qui jadis étaient ignorés par le droit pénal
congolais, et d’autre part des peines plus sévères à certaines infractions
lorsqu’elles sont perpétrées contre un enfant.
Cependant en dépit des efforts consentis, de nombreux enfants demeurent encore
victimes d’actes criminels et des pratiques inhumaines, cruelles et impitoyables,
qui engendrent leur mal-être. Il en est ainsi plus particulièrement des milliers de
jeunes.
I. OBJET DE DROIT DE LA PROTECTION DE L’ENFANT
Le cours de droit de la protection de l’enfant a pour objectif de prévenir et de
répondre à l’exploitation, aux abus, à la négligence et la violence à l’encontre des
enfants. Elle fait partie intégrante de la Convention internationale relative aux
droits de l’enfant et de la Stratégie de développement durable.
La protection de l’enfant est universelle : elle s’adresse à tous les enfants, partout
dans le monde, des pays à faible revenu aux pays à revenu élevé.
En RDC, la loi n 09/001 du 10 janvier 2009 « portant protection de l’enfant » et
la version révisée du code de la famille de 2016 fixent le cadre juridique à
respecter par les services de protection de l’enfance. Malgré un cadre
réglementaire et législatif favorable au respect des droits fondamentaux de
l’enfant, une majorité d’entre eux souffre de diverses violations telles que
l’enrôlement dans les groupes armés, le mariage précoce, les violences sexuelles,
etc. D’autre part le système de protection de l’enfance se caractérise par la quasi-
inexistence de services de prise en charge des enfants les plus vulnérables (enfants
des rues, enfants vivant hors cadre familial, enfants vivant avec handicap, enfants
en conflit avec la loi).

II. DEFINITIONS DE L’ENFANT ET SES NOTIONS VOISINES


1. DEFINITION DE L’ENFANT

A. DU POINT DE VUE JURIDIQUE


D’après les textes juridiques nationaux tout comme internationaux en général, les
concepts enfant et mineur ont des définitions similaires. Il sied alors d’en
invoquer quelques-uns :
- La convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) :
L’article premier de la présente convention définit comme tout être humain âgé
de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la
législation qui lui applicable.
L’idée transmise, à travers cette définition et l’ensemble des textes de protection
de l’enfance, est que l’enfant est un être humain avec des droits et une dignité. Ce
qui caractérise l’enfant, c’est sa jeunesse et sa vulnérabilité. En effet, l’enfant est
un être en pleine croissance, un adulte en devenir, qui n’a pas les moyens de se
protéger seul. Aussi, l’enfant doit faire l’objet d’un intérêt particulier et d’une
protection spécifique. C’est dans cette optique que des textes proclamant la
protection de l’enfant et de ses droits ont été adoptés.
Nous remarquons également que cette disposition porte confusion entre un enfant
et un mineur. Par conséquent, nous pouvons dire que selon elle tout est mineur.
- La charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADBE) :
L’article 2 du présent texte dispose : «On entend par Enfant tout être humain âgé
de moins de dix-huit ans».
Cette définition de l’enfant rejoint celle de la convention internationale des droits
de l’enfant (CIDE).
- La constitution de la RDC du 18 février 2006 :
La constitution quant à elle quant à elle, aborde ces deux concepts (enfant et
mineur) ensemble. Son article 41 alinéa 1 dispose : « L’enfant mineur est toute
personne, sans distinction de sexe, qui n’a pas encore atteint dix-huit ans révolus».
- La loi N°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant :
C’est le texte qui traite en profondeur la question de l’enfant ; il consacre sa
protection départ ses dispositions.
Son article 2, point 1 dispose qui suit : «L’enfant est toute personne âgée de moins
de 18ans».
- Le code de la famille :
À la différence des textes sus-évoqués, le code de la famille quant à lui s’écarte
des définitions confusionnistes que donnent ces textes par ses articles 219 et 699
alinéa 3.
L’article 219 du code de la famille dispose qu’un mineur est un individu de l’un
ou de l’autre sexe qui n’a pas encore l’âge dix-huit ans accomplis ; tandis qu’en
son article 699 alinéa 3, le code de la famille définit l’enfant comme toute
personne liée par un lien de filiation
Quand on parle de mineur 1269 sans précision, on vise le
mineur de 18 ans ; 18 ans est depuis la loi du 5 juillet 1974 l’âge de la majorité
civile (art. 388) et politique (C. électoral, art. L. 2). Civilement, jusqu’à cet âge,
le mineur est frappé d’une incapacité d’exercice générale, qui tient à son âge 1270.
Après, il devient majeur. La loi française de 1974 avait reproduit le texte du Code
Napoléon : « À cet âge, on est capable de tous les actes de la vie civile » (art. 488,
al. 1 anc., que la loi de 2007 a remplacé par une disposition lourde (art. 414) : « à
cet âge, chacun est capable d’exercer les droits dont il a la jouissance »), sauf si
une mesure de protection avait été prise.
Une tradition millénaire et universelle voit dans l’enfant une
personne qu’il faut éduquer – il est soumis à l’autorité parentale – et protéger – il
est un incapable soumis à un statut de protection. Depuis plus de trente ans se
développe une idéologie qui vient des États-Unis, entendant au contraire libérer
les enfants du pouvoir millénaire que leur impose la famille et leur reconnaître «
les droits de l’enfant », transposés des droits de l’homme. Même le langage devrait
être modifié, car celui qui continue à être utilisé impliquerait un mépris de l’enfant
: il ne faudrait plus parler de mineur (dans le mot, il y a « moins », c’est-à-dire
une infériorité), d’incapable (dans le mot, il y a une idée d’inaptitude, c’est-à-dire
presque de la sottise), d’autorité (qui implique le commandement), ni même
d’enfant (étymologiquement, celui qui ne parle pas).
La Convention de New York du 26 janvier 1990 se réfère à ces deux courants,
L’enfant doit être protégé, mais a des droits qui peuvent s’exercer contre ses
parents (ex. : droit à la liberté d’opinion (art. 12), à la liberté d’expression (art.
13), à la liberté d’association (art. 14)).
B. DU POINT DE VUE BIOLOGIQUE.
Dans l’étude du développement de l’enfant, on distingue la croissance
physiologique et le développement psychologique. Du point de vue physique ou
de sa santé, un enfant est un être vulnérable et faible du fait que sa constitution
physique en pleine croissance est encore instable. En outre, il est en tous points,
l’opposé de l’homme, qui en plus de disposer d’une constitution physique assez
complète, il dispose aussi d’une capacité de procréation.
Sur le plan psychologique, l’enfant a une personnalité malléable, c’est-à-dire, qui
peut être influencé par des éléments extérieurs.
En biologie, le développement de l’enfant passe par plusieurs stades de croissance
qui aboutissent à la maturation. Au cours de cette période, on assiste à des
transformations anatomiques, physiologiques et psychologiques qui interviennent
à des âges relativement fixes.
La croissance étant un phénomène ininterrompu, on peut néanmoins la diviser en
périodes au cours de chacune d’elles, l’organisme révèle des aspects particuliers.
En gros, on distingue deux périodes :
- La période prénatale et
- La période postnatale.
 La période prénatale.
Elle dure environ 280 jours. C’est la période de croissance et de différentiation
maxima. On y assiste à l’apparition des fonctions de l’organisme, telles que la
circulation ou encore le système nerveux. La physiologie est très particulière :
absence de respiration et absence de digestion. Tout arrive au fœtus par la mère.
 La période postnatale.
On définit généralement cinq stades de développement de l'enfant :
- La première enfance du nourrisson : Elle s’étend jusqu’à 18 mois, c’est-à-
dire jusqu’à ce qu’il y ait véritablement acquisition de la marche.
- 2 à 6 ans : C’est la période préscolaire, caractérisée par l’acquisition et la
maîtrise du langage.
- 6 à 11 ans : C’est la grande enfance pour les filles ; pour les garçons, cette
même période s’étend de 6 à 13 ans. C’est la période de « latence », caractérisée
par une croissance lente en poids et en taille, et par une socialisation de la
conduite.
- La puberté, caractérisée par l’apparition des premières règles ou de la
première éjaculation, est précédée par une période de pré-puberté qui se manifeste
par une poussée de croissance staturale et la préparation de la maturité ; cette pré-
puberté s’étend à peu près de 11 à 13 ans pour les filles et de 12 à 15 ans pour les
garçons.
- Enfin, au-delà de la puberté, il y a l’adolescence, qui n’a pas de limites
supérieures précises.
S’agissant du développement psychologique de l’enfant, il s’articule
essentiellement autour de deux sphères principales, l’une affective et l’autre
cognitive.
- Le développement affectif fait référence à la capacité pour un enfant
d’exprimer ses émotions, ses sentiments, tout ce qui touche à son bien-être
émotionnel et donc, de la psychologie.
- Le développement cognitif désigne le processus par lequel un enfant
acquiert des connaissances logiques et une compréhension du monde qui
l’entoure.
D’après l’américain A. Gesell, le développement psychologique est à l’image du
développement physique. C’est ce qui contribue à la bonne marche du processus
de maturation.
C. DU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE
Le concept enfance et les valeurs lui étant attaché ont beaucoup évolué à travers
les siècles : de l'antiquité à nos jours, selon les civilisations, les classes sociales et
les contextes. D’après les historiens, l’enfance est, dans une large mesure, une
notion sociale.
En définitive, on entend par « enfant », un être humain dont le développement se
situe entre la naissance et la puberté.
Étymologiquement, le concept « enfant », nous est dérivé du latin classique «
infans », qui se traduit par celui qui ne parle pas. Ce concept va bien au-delà de
l’évidence, car il renvoie non pas à la réelle incapacité à parler d’un enfant, mais
plutôt à l’incapacité de ce dernier à tenir un discours cohérent en raison de son
immaturité.
Pendant des siècles, les images construites de l’enfant n’ont été que celles d’un
être immature, inaccompli, devant être au bénéfice de protection et de contrôle.
Cette vision induisait qu’il devait se soumettre à une autorité qui lui était
supérieure, et en qui il devait obéissance. À l’époque, Celle-ci était représentée
par le père de famille, qui incarnait le pater familias, statut d'autorité paternelle,
qui lui octroyait tous les droits sur son rejeton.
« La question du statut de l’enfant est aujourd’hui fortement débattue. Certains
considèrent en effet que l’enfant ne correspond qu’à une réalité politique et qu’il
doit donc être émancipé au même titre que toute minorité opprimée, alors que
d’autres continuent de soutenir, à l’inverse, qu’il n’est qu’un homme en devenir,
qu’il faut avant tout protéger ».
Depuis que l’écriture existe, l’enfant a traversé ou peuplé de nombreux livres,
traités et romans nous permettant d’appréhender les représentations à l’œuvre le
concernant au cours des siècles. Les méfaits de changements sociaux rapides au
plan social, économique, culturel, politique et autres sur l’enfant seront à l’origine
notamment de l’élaboration de la convention internationale de N.U. relative aux
droits de l’enfant (CIDE), et à l’instar de celle-ci, la Charte Africaine des droits et
du bien-être de l’enfant ; et de la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant
protection de l’enfant en RDC qui fait l’objet de notre étude.
2. NOTIONS VOISINES DES L’ENFANT
- Les enfants déplacés
- Les enfants refugient
- Les enfants en situations difficiles
- Les enfants en situations exceptionnelles
- Les enfants avec handicaps physiques et mentales
- Les enfants séparés
- Les enfants en conflit avec la loi.
1. LE MINEUR : selon le professeur gratien mole le mineur est designer de façon
objective et univoque celui qui n’a pas encore atteint la majorité c’est-à-dire l’âge
de 18 ans ;
2. LES ENFANTS DEPLACES : c’est son des enfants non accompagne de leurs
parents ou tuteur qui a sont contraint de quitter leurs milieux de vie par suite de la
guerre, de catastrophes naturelles ou d’autres évènements graves et s’installent
dans un autre endroit à l’intérieur du pays où ils résident.
3. LES ENFANTS REFUGIENT : c’est son des enfants qui ont été contraint de
fuir leurs pays en franchissant une frontière internationale et qui demandent le
statut de refugie ou toute autre forme de protection internationale ;
4. LES ENFANTS EN SITUATION DIFICILE : c’est son des enfants qui ne
jouissent pas de leurs droits fondamentaux et qui n’ont pas accès aux services
sociaux de base tels que la sante, le logement,
5. LES ENFANTS EN SITUATIONS EXCEPTIONNELLES : c’est son des
enfants en situation de conflits armes, de tentions ou de troubles civils, de
catastrophes naturelles ou de dégradation sensible et prolongée des conditions
socio-économiques ;
6. LES ENFANTS AVEC HANDICAPS PHYSIQUES OU MENTALES :
c’est son des enfants se trouvant dans une situation qui peut constituer un obstacle
ou une difficulté à l’expression normale de toutes leurs facultés physiques ou
mentales, notamment les fonctions intellectuelles et cognitives, le langage, la
motricité et les performances sociales ;
7. LES ENFANTS SEPARES : c’est son des enfants séparés de leurs pères et
mères ou de la personne qui exerçait sur eux l’autorité parentale ;
8. LES ENFANTS EN CONFLIT : c’est son des enfants âge de quatorze a moins
de dix-huit ans, qui commet un manquement qualifie d’infraction à la loi pénale ;
Prévu dans l’article 2 de la loi n° 09/001 portant protection de l’enfant du 10
janvier 2009.
III. LES DROITS FONDAMENTAUX DE L’ENFANT
• Droit à la dignité (art. 11 CADBE)
• Droit à la non-discrimination (art. 3 et 26 CADBE, art. 2 CIDE)
• Droit à la vie, à la protection et au développement (art. 5 CADBE, art. 6 CIDE)
• Droit à l’enregistrement dès la naissance (art 7 CIDE, art. 6 CADBE)
• Droit pour tout enfant de connaître ses parents et d’être élevé par eux (art. 7
CIDE)
• Droit à la protection de la famille, aux soins et à la protection des parents
(art. 18,19 et 20 CADBE, 18 CIDE)
• Droit de ne pas être séparé de ses parents contre son gré (art. 9 CIDE)
• Droit au nom (art. 6 CADBE, art. 8 CIDE)
• Droit des enfants de groupes minoritaires d’avoir leur propre vie culturelle, de
Professer et de pratiquer leur propre religion ou d'employer leur propre langue
(30 CIDE)
• Droit à une nationalité (art. 6 CADBE , art. 7 CIDE)
• Droit à la liberté d’expression, d’association, de pensée, de conscience et de
religion (art. 7, 8 et 9 CADBE, 13, 14 et 15 CIDE)
• Droit à la participation aux décisions les concernant ou les affectant (article 4,
2. CADBE, art. 3 et 12 CIDE)
• Droit à l’information (art. 17 et 42 CIDE)
• Prééminence de l’intérêt de l’enfant dans toute procédure le concernant y
compris les procédures d’adoption (art. 4 et 24 CADBE, art. 3, 21 CIDE)
• Droit à la protection de la vie privée (art. 10 CADBE, art. 16 CIDE)
• Droit à l’éducation (art. 11 CADBE, 28 et 29 CIDE)
• Droit aux loisirs, aux activités récréatives et culturelles (art. 12 CADBE, 31
CIDE)
• Droit des enfants handicapés à des mesures spéciales de protection et à
L’accès effectif à tous les droits garantis aux autres enfants (art. 13 CADBE, 23
CIDE)
• Droit à la santé (art. 14 CADBE, 24 CIDE)
• Droit à la sécurité sociale (art. 26 CIDE)
• Droit à la protection contre toute forme d’exploitation économique, y compris
la mendicité (art. 15 et 29 CADBE, 36 CIDE)
• Droit à la protection contre les pires formes de travail et droit à une législation
du travail appropriée (âge minimal; heures de travail, conditions d’emploi, …)
(art. 15 CADBE, 32 CDE)
• Droit à la protection contre les abus sexuels et les mauvais traitements (art.
16 et 27 CADBE, art. 19 et 34 CDE)
• Droit à une justice adaptée pour les mineurs et respectueuse de leur dignité
(art. 17 CADBE, 40 CDE)
• Droit à la protection contre les pratiques négatives sociales et culturelles
(art. 21 CADBE)
• Droit à la protection dans les zones de conflit armé (art. 22 CADBE)
• Droit à la protection des enfants réfugiés ou séparés de leurs parents (art. 23
et 25 CADBE, 22 CDE)
• Droit aux soins et à la protection des mères accusées ou jugées coupables
d'infraction à la loi pénale (art. 30 CADBE)
• Droit ne pas être enrôlé dans les forces armées (art. 38 CDE, 22 CADBE ; art.
1er Protocole facultatif à la CDE concernant la Participation des Enfants aux
Conflits armés ; article 8 du Statut de Rome sur la Cour Pénale Internationale)
• Droit à la prise en charge psycho-sociale des enfants victimes (art. 39 CDE)
VI. SOURCES DU DROIT DE LA PROTECTION DE L’ENFANT
A. SOURCE INTERNATIONALES

 CONVENTION INTERNATIONALE RELATIVE AUX DROITS DE


L’ENFANT, NATIONS UNIES, NEW YORK, 20 NOVEMBRE 1989 ;

 Déclaration Universelles des droits de l'homme, adopté et proclamée


par l'Assemblée Générale des Nations Unies dans sa Résolution
217(111) du 10 décembre 1948, au journal officiel de la République
démocratique du Congo, numéro spécial, 9 avril 1999 ;

 Pacte internationale relatif aux droits civils et politiques, New York,


19 décembre 1996 au JORDC, 40ème année, spéciale du 09 avril
1999 portant instruments internationaux relatifs aux droits de
l'homme ratifié par la RDC ;

B. SOURCES REGIONALES

a. charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, adoptée à addis


- abeba le 11 juillet 1990 par la conférence des chefs d' etat et de
gouvernements de l'organisation de l'unité africaine (oua), ratifiée
par la république démocratique du Congo par le décret-loi n°007/01
du 28 mars 2001, au journal officiel de la république démocratique
du Congo (recueil des textes en vigueur), 2009 ;
b. Charte africaine de jeunesse Union africaine, BANJUL, 2 juillet
2006 ;

C. SOURCE NATIONALES

a. Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février


2006, modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision
de certains articles de la constitution de la République démocratique du
Congo du 18 févier 2006, au J.O.RDC, n° spéciale, Kinshasa, 1987.
b. Loi n°87-01 du 1er Aout 1987 portant code de la famille, in J.O RDC,
n° spécial, Kinshasa, 1987.

c. Loi n° 87-010 du 1er Aout 1987 portant code de la famille, in J.O.


Z., spécial 1er Aout 1987, in code lancier, RDC, Tome Droit civil et
judiciaire, De Boeck et Lancier S.A. 2003, Rue des Minimes 39,
1000 Bruxelles, 2003, p. 288-299.
d. Loi n°16/008 du 15 juillet 2016 modifiant et complétant la loi n• 87-
010 du 1er Aout 1987 portant code de la famille, in, J.O RDC, 57ème
année, n° spécial du 27 juillet 2016.
e. Loi n° 09/001 du 10 Janvier 2009 portant protection de l'enfant, in
J.O RDC, n° spécial, Kinshasa, 2009.
PREMIERE PARTIE : GENERALITES SUR LA PROTECTION DE
L'ENFANT
Aperçu historique de la reconnaissance des droits l'enfant. Quelques
problématiques relatives au droit des mineurs.
CHAPITRE PREMIER : APERÇU HISTORIQUE DE LA
RECONNAISSANCE DES DROITS L'ENFANT
L'histoire du droit renseigne que jusqu'au XIXe siècle, les sociétés considéraient
l'enfant comme invisible, dépourvu de tout statut et soumis à la puissance
paternelle. Mais le regard de la société vis-à-vis de l'enfant va changer à partir de
la deuxième moitié du XXe siècle. Ce n'est plus le père qui occupe la place
centrale dans la famille, mais l'enfant. Celui-ci ne doit plus totale obéissance à son
père sous peine de se voir enfermé dans les prisons d'Etat ; ce sont au contraire
les parents qui sont obligés à l'égard de leurs enfants.
Finalement, la société va donner un statut à l'enfant, lequel statut évoluera selon
les civilisations. Cette évolution va aboutir à l'adoption du premier instrument de
protection des droits de l'enfant à force contraignante : la Convention
internationale relative aux droits de l'enfant (CIDE)3.
L'on constate que la protection de l'enfant a connu une lente et longue évolution.
Cette protection de l'enfant est, en tout état de cause, la résultante d'un combat
mené en faveur de l'enfant. La protection de l'enfant concerne la conception que
l'on a de l'enfant dans la société et, par conséquent, la reconnaissance de ses droits.
Il convient d'évoquer ici la genèse de ta reconnaissance des droits de l'enfant
{section 1) et d'esquisser une réflexion sur la prise en compte de l'intérêt de
l'enfant {section 2).
SECTION 1 : LA GENESE DE LA RECONNAISSANCE DES DROITS DE
L'ENFANT
Certes, la reconnaissance des droits de l'enfant est un phénomène lié à l'histoire et
aux types de civilisation. La prise de conscience de la nécessité de reconnaître des
droits de l'enfant s'est faite de manière tardive. Autrefois, les relations parents-
enfants étaient basées sur le concept de la puissance paternelle, institution qui
reconnaissait au père de famille des droits considérables sur ses enfants, la mère
n'exerçant alors qu'un rôle subsidiaire et l'Etat étant assez peu présent dans la vie
privée de l'enfant et de sa famille. Ce n'est qu'à partir du XXe siècle que l'on va
prendre en compte l'intérêt de l'enfant dans nos sociétés. Cette section aborde la

3
Dans l’article 41 de la loi fondamentale, la CIDE reconnaît aux enfants les droits de l'homme qui doivent être
mis en œuvre sans aucune discrimination. Elle édicté quatre principes généraux, à savoir : la non-
discrimination, l'intérêt supérieur de l'enfant, la survie et/ou le développement, et le respect des opinions de
l'enfant.
prise de conscience des droits de l'enfant (§ 1), la condition sociale de l'enfant au
XlX eme siècle (§2).
§ 1. La prise de conscience des droits de l'enfant
L'enfant a été perçu et souvent traité comme une propriété personnelle vivant sous
l'autorité du père, le temps de l'enfance n'était pas reconnu. Selon Philippe Ariès,
l'enfance était un concept mal défini avant le XIIIe siècle. Cette attitude a aussi
prévalu à l'égard des femmes. Le droit romain (patria potestes, le droit anglo-
saxon (husband's wîng of protection] et le droit islamique (concept de wilaya) ont
contribué à la perception de la femme et de l'enfant comme dépourvus de statut,
en les plaçant sous le contrôle du mâle adulte. Cette conception de l'enfant a
évolué en fonction des sociétés, et du changement des mœurs (I). Et, à cela
s'ajoute, la conception philosophie de l'enfant (II).
 La conception philosophique de l'enfant
Certains philosophes, comme Aristote ont une conception négative de l'enfance
et de l'enfant, ils considèrent qu'il ne peut y avoir de droits de l'enfant en raison
de son incapacité à s'auto affirmer (1). D'autres, comme J.-J. Rousseau, ont une
: plus moderne (2.)
1. La conception négative de Tarifant : l'absence de droits de l'enfant
Dans la Grèce antique, la communauté citadine semble avoir une considération
limitée pour l'enfant : il est jugé trop fragile et non productif. Les enfants valides
sont élevés dans le foyer parental jusqu'à l'âge de sept ans, puis le quittent pour
recevoir une éducation de groupe visant à assurer leur socialisation et leur
soumission au chef.
Aristote4. L'idée de droits de l'homme n'existe pas chez Aristote, de marne, a
fortiori, pour les droits de l'enfant. Le droit familial occidental s'est édifié et
maintenu sur ces bases philosophiques jusqu'au XXe siècle. Dans son Histoire des
animaux, Aristote compare l'enfant à un animal : « l'âme de l'enfant ne diffère pas
pour ainsi dire de celle des bêtes »5. Pour l'auteur, l'enfant est dépourvu de raison
; et comme l'animal, il est incapable d'agir par liberté car le choix est impossible6.
Pour choisir et donc agir librement, il faut disposer de la partie rationnelle de l'âme
: le choix, en effet, s'accompagne de raison et de pensée discursive. Or l'enfant est

4
Cf. Encyclopédie ENCARTA, 1993-2003 Microsoft Corporation.
5
Aristote (384-322 av. J.-C.). Philosophe et savant grec, né à Stagire. Elève de Platon qu'il a critiqué en
considérant l'intelligible comme étant uni au sensible, comme forme qui organise une matière. Son œuvre
couvre la totalité du savoir de son temps, de la logique formelle à la biologie et à la politique. Le Moyen Age a
vu en lui l'autorité philosophique et scientifique par excellence. Il a profondément influencé l'esthétique
littéraire au XVIIe siècle. Œuvres principales ; Organon (où est exposée la logique dont il est l'initiateur),
l'Ethique à Nicomaque, la Métaphysique, la Physique, la Politique.
6
ARISTOTE, Histoire des animaux, trad. BERTIER (J.), Paris, Gallimard, «Folio», 1994, VII, 538 a 32.
démuni de cette partie rationnelle de l'âme, il ne peut donc pas se délibérer.
Comme l'animal, il agit de manière spontanée et sans réflexion.
Selon Aristote, ce n'est qu'à l'âge adulte que l'on parvient au bonheur. Par
conséquent, l'enfant ne peut être heureux car une telle sagesse implique une
certaine vie pratique de la partie rationnelle de l'âme, partie qui peut être
envisagée, d'une part, au sens où elle est soumise à la raison, et, d'autre part, au
sens où elle possède la raison et l'exercice de la pensée. En raison de son âge,
l'enfant n'est pas capable de telles actions.
La conception aristotélicienne de l'enfance repose sur l'inégalité de nature entre
ses membres et la domina le droit totalitaire du chef de famille, à la fois mari et
père. C'est ainsi que dans la société domestique, l'autorité appartient de droit. Pour
Aristote, il ne saurait y avoir de rapports juridiques au sein de la famille, l'enfant
doit obéissance à son père, car celui-ci lui a donné l'existence, le plus grand des
dons », mais aussi parce qu'il lui assure entretien et éducation. Il qualifie l'autorité
du père sur son enfant de royale, en référence au roi qui manifeste sa supériorité
par le nombre de bienfaits qu'il apporte. Si l'enfant est subordonné, c'est parce
qu'il est un être inachevé, dépourvu de la partie rationnelle de l'âme ; mais aussi
parce que son père lui donne ce qu'il ne pourra jamais lui rendre.
2. La conception moderne de l'enfance ; le positif du temps de l'enfance
J.-J. Rousseau7. Dans Emile ou de l'éducation, J.-J. Rousseau explique que
considérer l'enfant comme un « adulte en miniature » et non comme un enfant est
une erreur. Au contraire, le monde de l'enfance doit être distingué de celui des
adultes.8 L'erreur de tous, y compris des pédagogues, est qu'ils ont toujours
considéré l'enfant, soit de manière négative comme l'adulte en devenir, soit
comme un petit adulte. Ils n'ont pas perçu tout le positif du temps de l'enfance
sans lequel l'adulte ne serait pas humain. L'enfant ne doit être ni bête ni homme
mais enfant.
J.-J. Rousseau considère cette période comme la condition de l'humanité :
l'homme ne peut être humain sans passer par le stade de l'enfance. Dans le
Discours sur l'origine de l'inégalité, Rousseau décrit l'être humain sans enfance
comme un être infrahumain. L'enfance doit donc être définie de manière positive.
Rousseau découvre la nature dans l'enfant : lorsque nous étions enfant, nous étions
naturels, puis l'éducation a déformé nos âmes. Selon l'auteur, c'est par lui-même
et en lui-même que l'enfant doit faire ses découvertes et le rôle du précepteur
consiste seulement à organiser les conditions de cet apprentissage. Rousseau
introduit une nouvelle conception en affirmant que l'éducation doit s'appuyer sur

7
Cf. ARISTOTE, Ethiqure à Nicomaque, trad. TRICOT, Paris, Vrin, 1993.
8
Cf. J.-J. ROUSSEAU, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, comme nayire de
HABIB ©, Presses Pocket, 310 p.
la psychologie de l'enfant. Le nourrisson ne doit pas être appréhendé de la même
façon que l'adolescent ; si l'un et l'autre méritent le respect dû à tout être humain,
ils doivent être abordés différemment selon la dynamique proche de leur âge. A
la différence d'Aristote qui limitait l'égalité aux citoyens, Locke et Rousseau
retendent à la sphère domestique. Le mari et le père de famille ne peut plus
légitimer son autorité sur son épouse et son enfant à partir de sa prétendue
supériorité physique et intellectuelle. Si les parents ont autorité sur leurs enfants,
celle-ci est provisoire. Les parents doivent apporter protection et éducation à leurs
enfants, ces obligations constituent les droits spécifiques de l'enfant.
Comme Aristote, la conception de John Locke repose également sur une idée
négative de l'enfance. Pour John Locke, les enfants sont titulaires de droits de
l'homme dès leur naissance, mais ils ne peuvent en bénéficier immédiatement. La
loi est la condition nécessaire de la liberté, et tout être libre se doit de connaître la
loi, qu'elle soit naturelle dans l'état de nature ou positive dans la société politique,
La liberté exige l'attribut et l'usage de la raison. Mais l'enfant est incapable d'en
exercer les fonctions. Comme chez Aristote, dépourvu de raison, il est proche de
ranimai. Il doit donc être discipliné : La liberté et la complaisance ne peuvent être
bonnes pour des enfants. Comme ils manquent de jugement, ils ont besoin de
direction et de discipline (...). IL est raisonnable que les enfants, tant qu'ils sont
en bas âge. Tiennent leurs parents pour leurs seigneurs, pour leurs maîtres absolus
et qu'en cette qualité, ils les craignent, que d'autre part, à un âge plus avancé.
Ils ne voient en eux que les meilleurs amis (...). Nous devons nous rappeler que
nos enfants, une fois devenus grands, sont en tous points semblables à nous9.
Le travail des enfants a longtemps été considéré comme un mode d'apprentissage
et de socialisation (1). Mais la révolution industrielle va susciter de nombreuses
réactions : il faut attendre les années 1830-1840 pour voir une réelle prise de
conscience du travail des enfants (2).
Le travail des enfants en temps de paix doit être distingué de celui effectué en
temps de guerre. En France, le travail des enfants en temps de paix remonte au
XVIe siècle. Ainsi en 1572, les enfants participent à l'exploitation minière dans
les Vosges Saônoises. Dès leur plus jeune âge, ils sont employés comme paysans,
ouvriers, maçons, ramoneurs10, etc. Au XVIIe siècle, ils sont surtout exploités
dans les manufactures de textiles11.
Et puis arrive la révolution industrielle. Elle est née en Angleterre, entre 1780 et
1820, et atteint la France, les Pays-Bas et la Belgique entre 1830 et 1870, puis le

9
Cf. J.LOCK, Quelques pensées sur l'éducation, Iraà. Comparé, Paris, Vrin, 1966, p. 61.
10
Cf. Le rapport VILLERME (J.-L), Tableau physique et moral des ouvriers : employés d'ans les manufactures de
coton, de laine et de soie, Paris, Union générale d'éditions, 1971,317 p.
11
reste de l'Europe, l'Amérique et le Japon dans les années subséquentes. Plusieurs
facteurs expliquent cette précocité :
la forte croissance démographique de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe
siècle ; le développement des marchés, la présence de charbon et de fer ; un climat
humide favorable à l'industrie cotonnière ; mais aussi une main d'œuvre rendue
disponible par une révolution dans l'agriculture.
Le travail des enfants a particulièrement été utilisé en Grande-Bretagne lors de la
révolution industrielle. La faiblesse des salaires obligent les femmes et les enfants
à travailler.
Pendant la révolution industrielle, beaucoup d'enfants dans le monde exercent une
activité professionnelle à temps complet pour les uns et à temps partiel pour les
autres. Le développement des machines, l'apparition de nouvelles techniques et
l'extension rapide du chemin de fer entraînent des changements très importants en
France et expliquent l'exploitation enfantine.
Jusque les années 1880, les enfants, parfois dès l'âge de six ans sont utilisés dans
les mines, lis subissent les nombreuses risques, par exemple de se faire écraser, et
les mêmes traitements que les adultes des journées de 15 heures. Mais le salaire
de l'enfant est beaucoup moins élevé que celui des adultes.
Les usines étant de plus en plus mécanisées, les employeurs encouragent le travail
des enfants en raison de leur habileté et de leur petite taille pour certaines tâches.
Les familles démunies envoient leurs enfants pour travailler en usine pour
subvenir à leurs besoins. Le travail des enfants au XIXe siècle se concentre en
particulier dans la filature, les mines, les usines métallurgiques. Dans les petites
industries, l'exploitation de la main-d'œuvre enfantine échappe à la législation.
Mais l'enfant est aussi exploité en temps de guerre. Cette utilisation n'est pas un
phénomène nouveau, il suffit de penser à la participation de Gavroche aux
barricades dans Les misérables de Victor Hugo, ou encore aux enfants tambours
dans les armées. Selon la Croix-Rouge belge, l'exploitation de l'enfant dans les
conflits armés existait déjà dans l'Antiquité. Dans la Grèce antique jusqu'au IVe
avant Jésus-Christ à Sparte, les enfants étaient éduqués dès 7 ans aux disciplines
militaires. Dans l'Empire aztèque au XVe siècle, l'enfant devait prouver dès l'âge
de 12 ans sa virilité en ramenant du combat son premier prisonnier. Au Moyen-
âge, de nombreux enfants étaient utilisés comme chasseurs par les chevaliers.
Plus tard, pendant les deux guerres mondiales, de nombreux adolescents
s'engageront volontairement A l'occasion .de la seconde guerre mondiale, la «
jeunesse hitlérienne » prendra part à de nombreux combats en Normandie ou dans
Berlin assiégée. D'autres enfants s'engageront dans le combat à Stalingrad ou
Leningrad.
A la suite d'enquêtes sanitaires et sociales, cette exploitation des enfants apparaît
comme attentatoire à l'intégrité physique et morale de l'enfant. En France, à partir
de 1830, inspecteurs, médecins, préfets et élus locaux prennent conscience des
conditions de travail des enfants et les accidents dont ils sont fréquemment
victimes. Ils dénoncent les conditions de vie des ouvriers et l'analphabétisme
comme conséquence de la misère et du travail des enfants. La notion d'utilisation
s'efface derrière celle d'exploitation.
Eu égard à la situation de l'enfant, l'intervention de l'Etat en tant que garant
devenait nécessaire. Pendant longtemps, la France et l'Angleterre ont considéré
l'enfant comme étant la propriété de ses parents ou de son tuteur. Au XIXe siècle,
si le législateur souhaite préserver l'enfant des abus, il s'agit surtout de protéger la
société contre les mineurs délinquants. En exerçant une régulation, l'Etat a apporté
un nouveau regard sur l'enfant et la famille fondamentaux. Pour Benjamin
Constant, l'Etat ne devait pas s'ingérer dans la vie des familles car selon lui « la
société doit respecter les droits des individus, et dans ces droits, sont compris ceux
des pères sur leurs enfants »12.
A partir de cette prise de conscience, une série de mesures va se mettre en place
pour réglementer la condition sociale de l'enfant au XIXe siècle.
L'idée de protéger l'enfant contre ses employeurs et sa famille est née
probablement au XIXe siècle. A la suite de la révolution industrielle, on voit
apparaître les premières limitations du travail des enfants (1). Des programmes
d'aide à l'enfance vont se développer (2).
Des réformes visant à encourager la législation sur le travail des enfants vont se
faire dès 1802, mais de façon timide.
En Grande-Bretagne, les premières lois réglementant le travail infantile sont
adoptées en 1878. Elles relèvent l'âge minimum du travail dans l'industrie à 10
ans, et exigent des employeurs qu'ils limitent le travail des enfants de 10 à 14 ans
à un jour sur deux ou à des demi-journées consécutives.
Aux Etats-Unis, la Pennsylvanie est le premier Etat fédéral à se doter, en 1848, de
lois qui interdisent le travail des enfants de moins de 12 ans dans les filatures.
Dans les années 1850, des lois similaires limitant le travail des enfants sont
adoptées. Mais la réglementation du travail de l'enfant ne sera effective qu'au XXe
siècle.
La condition de l'enfant va s'améliorer sous la IIIe République. L'opinion s'émeut
du sort des « enfants martyrs > victime de violences ou de mauvais traitement de
la part de leurs parents. Des initiatives convergent dans tes années 1880 pour

12
Cf. « La révolution industrielle en France », in Le travail des enfants, Encyclopédie Microsoft ENCARTA, 2004.
ajouter de nouveaux cas de déchéance de la puissance paternelle à ceux prévus à
l'article 335 du Code pénal.
En 1881, le Docteur Théophile Roussel et le Sénateur René Bérenger présentent
au Sénat une proposition sur la protection des enfants abandonnés, délaissés ou
maltraités » prévoyant une privation temporaire de leur droit de garde pour les
parents indignes. En 1883, une partie de la droite résiste à ces projets, elle y voit
une atteinte au « droit naturel » de la puissance paternelle. La loi du 24 juillet
1889 est finalement adoptée ; elle prévoit la déchéance de la puissance paternelle
comme conséquence facultative de certaines condamnations pénales ou lorsque
les père ou mère, par leur ivrognerie, leur inconduite notoire eu mauvais
traitements compromettent la santé, la sécurité ou la moralité de leurs enfants. Sur
la poursuite du Ministère public ou à la demande d'un parent du mineur, le tribunal
civil prononce la déchéance.
La loi pénale des 5-19 avril 1898 aggrave la sanction des violences commises sur
les enfants et donne aux juridictions répressives le pouvoir de prononcer une
déchéance partielle de la puissance paternelle. Mais les violences exercées contre
les enfants restent souvent étouffées dans le silence des familles ou des voisins.
Malgré les critiques et les atteintes partielles portées souvent de manière indirecte,
la puissance paternelle résiste pendant toute la IIIe République. Concernant le
devoir de correction, véritable « noyau » de la puissance paternelle, les pouvoirs
d'incarcération du père de famille ne font pas l'objet de propositions
parlementaires de suppression qu'à partir de 1909, à propos des conditions de
détention des enfants difficiles.
Sous l'influence de l'Eglise des mesures en faveur de l'enfance vont se multiplier.
De nouvelles initiatives pédagogiques traduisent l'intérêt de la société envers
l'enfant, l'on peut citer à titre d'illustration : la création des enfants schools
anglaises du début du XIXe siècle, des salles d'asiles françaises à partir de 1826,
des écoles maternelles après 1882. Ce mouvement, amorcé au XIXe siècle, surtout
par la création d'institutions spécialisées : écoles de réforme et d'industries,
colonies pénitentiaires, visant le redressement' des jeunes trouvés coupables de
délits ou considérés comme potentiellement délinquants, connaît toutefois une
évolution au XXe siècle.
L'organisation des systèmes scolaires en France, en Allemagne, en Italie et en
Grande-Bretagne connaît une impulsion. Ainsi en France, sous Napoléon 1er est
créée l'Université de France qui met en place les premiers grands lycées.
L'enseignement primaire reste contrôlé par l'Eglise. Sous la restauration, en 1829,
est fondé un ministère de l'instruction publique. En 1833, la loi Guizot crée une
école primaire supérieure dans chaque chef-lieu d'arrondissement et une école
normale d'instituteurs dans chaque chef-lieu de département L'instruction
religieuse est maintenue et la légalité des écoles privées est confirmée.
En 1850, la loi Falloux réaffirme la liberté de l'enseignement au profit de l'Eglise,
mais oblige les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école primaire
pour les filles. Les lois Ferry de 1880 rendent l'école primaire obligatoire, gratuite
et laïque84, sous la IIIe République.
Au début du XIXe siècle, la Grande-Bretagne ne possède pas de système
d'éducation primaire et secondaire unifié. Les écoles, nombreuses, n'offrent qu'un
enseignement élémentaire. En 1870, sont créées les school boartfs ; et dix ans
plus tard, l'école devient obligatoire. Aux Etats-Unis, la gratuité et la laïcité de
l'enseignement sont établies officiellement entre 1830 et 1850.
L'apparition de nouveaux textes de loi et de moyens d'intervention diversifiés
s'appuie, dans une large mesure, sur le développement de la psychologie, de la
criminologie et du travail social, de même que sur l'arrivée sur le marché du travail
de divers spécialistes de ces disciplines, diplômés des écoles et universités
comportant ces programmes d'études.
Face à l'exploitation grandissante des enfants tant sur le plan économique que
sexuel et l'enrôlement des enfants dans les conflits armés, la nécessité d'une
protection internationale de l'enfant et de lui consacrer des droits propres s'est faite
ressentir.
SECTION 2. LA PRISE EN COMPTE DE L'INTERET DE L'ENFANT
Cette prise en compte de l'intérêt de l'enfant est à situer dans toute la communauté
internationale. Ce au début du XXe siècle qu'il y a eu un grand intérêt pour la
protection de l'enfant : en 1902, la Conférence de La Haye sur le droit international
privé mentionne dans le traité portant règlement de la tutelle des mineurs « l'intérêt
de l'enfant » comme critère important. La Communauté internationale va prendre
progressivement conscience parce que l'enfant est un adulte en devenir, il est
nécessaire de consacrer sa protection dans les textes à portée internationale (§1).
L'évolution de la reconnaissance des droits de l'enfant va prendre fin en 1989
grâce à l'adoption de la Convention internationale des droits de l'enfant (§2).
Cet intérêt pour la protection de l'enfant sur le plan international va visiblement
s'affirmer au XXe siècle Ce sont en particulier les événements de la première
guerre mondiale qui ont poussé la communauté internationale à réagir face aux
souffrons à rencontre des enfants. Les droits de l'enfant sont d'abord reconnus de
manière générale, puis de façon spécifique au milieu du XXe siècle (I). La
Communauté internationale, en conséquence, prend en compte l'intérêt de l'enfant
(II).
Un constat se dégage : l'on va d'abord consacrer la protection de l'enfant dans les
textes relatifs aux droits de l'homme -c'est la protection générale de l'enfant
(1), pour ensuite la codifier dans des textes spécifiques aux droits de l'enfant -
c'est la protection spéciale de l'enfant (2).
En 1919 sous l'égide de la Société Des Nations (SON), un Comité de protection
des droits de l'enfance est créé. La même année, l'Organisation Internationale du
Travail (OIT) établit à 15 ans l'âge minimum en-dessous duquel les enfants ne
pouvaient travailler dans l'industrie.
la Charte des Nations Unies, en 1945, exhorte les pays à promouvoir et à
encourager le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour
tous.
En 1946 face à la situation de l'enfant encore plus néfaste due à la seconde guerre
mondiale, le Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC) relance
cette prise de conscience autour des droits de l'enfant. Ainsi les Nations Unies
adoptent, en 1948, la Déclaration universelle des droits de l'homme qui reconnaît
implicitement les droits de ('enfant. Delà nette déclaration fait clairement
apparaître une volonté de reconnaître et de protéger les droits des enfants. Elle
proclame que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en
droits », mais aussi que « la maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une
assistance sociale » (art. 25 al, 2 de la DUDH, 1948), et voit dans la famille «
l'élément naturel et fondamental de la société ».
Cependant, les obligations qu'instituent ces déclarations ne sont que des
obligations d'ordre moral. Pour concrétiser cette déclaration, deux Pactes sont
adoptés en décembre 1966 par les Nations Unies : - le Pacte International relatif
aux droits civils et politiques ; et, le Pacte international relatif aux droits
économiques, sociaux et culturels.
Certaines de leurs dispositions concernent la protection de l'enfance. Ainsi le
Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels affirme dès son
préambule que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la
famille humaine, y compris les enfants, et de leurs droits égaux et inaliénables
constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Contrairement aux déclarations précédentes, ces deux Pactes ont force obligataire
pour les Etats parties et constituent ainsi une obligation aussi bien juridique que
morale de respecter les droits de l'homme de chaque individu.
2. La protection spéciale des droits de l'enfant
La Commission des droits de l'homme des Nations Unies reconnaît le besoin pour
l'enfant d'une protection spéciale et envisage l'élaboration d'un document
particulier. En 1959, un projet de Déclaration des droits de l'enfant est présenté à
l'Assemblée générale des Nations Unies pour répondre pleinement aux besoins
spécifiques de l'enfance et adopté le 20 novembre, à l'unanimité, par les 78 Etats
membres de l'organisation. Il s'agit d'une déclaration de principe en dix points,
d'ordre éthique, mais non contraignante pour les Etats. Lorsque la Déclaration a
été adoptée en 1959, la majorité des États membres des Nations Unies était
opposée à la création d'un traité contraignant aux motifs que les enfants étaient
déjà couverts par un nombre importé existantes se rapportant aux droits de
l'homme13.
Contrairement à la déclaration de Genève, celle-ci est plus étendue dans son
contenu et ses principes. Elle reconnaît ainsi, dans son préambule, que « l'enfant,
en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d'une
protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d'une protection juridique
appropriée, avant comme après la naissance ». La nécessité d'accorder cette
protection spéciale était déjà énoncée dans la Déclaration de Genève de 1924, et
reconnue dans la Déclaration universelle des droits de l'homme ainsi que dans les
statuts des institutions spécialisées et des organisations internationales qui se
consacrent au bien-être de l'enfance.
Cette protection spéciale doit permettre à l'enfant non seulement de s'épanouir de
façon harmonieuse, grâce à l'éducation, mais aussi d'être protégé contre toute
atteinte à son intégrité physique et morale, ainsi qu'à ses droits. Elle fixe ainsi la
scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans alors qu'en 1936, elle était fixée à 14 ans.
Cette Déclaration énonce des principes essentiels, tels que le droit à l'éducation, à
une protection spéciale, le droit de recevoir protection et secours, d'être protégé
contre toute forme de négligence, de cruauté ou d'exploitation... Elle considère
également qu'ii revient à l'humanité de donner à l'enfant le meilleur d'elle-même.
Ce texte constitue un code, une référence, pour le bien-être de tous les enfants.
Cependant, il n'a aucun caractère contraignant : les Etats peuvent ou non
l'appliquer, la seule sanction sera une réprobation de l'ensemble de la
Communauté internationale.
Par la suite, l'Assemblée générale des Nations Unies, pour compléter ce dispositif,
adopte des textes visant exclusivement les enfants ; par exemple :
Les « règles de Beijing » (Résolution 40/43 du 29 novembre 1985) ; règles minima
relatives à la justice pour mineurs ou la Déclaration sur les principes sociaux et
juridiques applicables à 'a protection et au bien-être des enfants (envisagé surtout
sous l'angle des pratiques en matière d'adoption et de placement familial sur le
plan national et international (Résolution 41/85 du 13 décembre 1986).
En 1974, l'Assemblée générale des Nations Unies adopte une déclaration sur la
protection des femmes et des enfants en période de conflit armé. Elle condamne
les attaques et les bombardements des populations civiles, et interdit la

13
G. MEUNIER, L'application de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant dans le droit
interne des Etats parties, op. cit., p. 23.
persécution, l'emprisonnement, la torture, ainsi que toute forme de violence
dégradante. Le droit international humanitaire (DIH) accorde un régime de
protection particulier et étendu à l'enfant en cas de conflit armé international et
non international : une protection générale en tant que personne ne participant pas
aux hostilités, et une protection spéciale en raison de sa vulnérabilité. A la suite
des événements de la seconde guerre mondiale, il est apparu nécessaire d'élaborer
un instrument de droit international public.

Cependant ces instruments s'avèrent peu contraignants et soulèvent certaines


critiques, notamment en raison de leur faible portée normative et de l'absence de
toute garantie réelle juridique. Très vite le besoin s'est fait sentir d'adopter un autre
instrument international plus complet, et plus large. .;:
Déjà en 1863, sur l'initiative de cinq citoyens suisses Henry Dunant, Guillaume-
Henri Dufour, Gustave Moynier I nuis Annh et Théodore Maunoir, est créé le
Comité International de la Croix-Rouge, une institution humanitaire
indépendante. Su; generis, il dispose d'un mandat attribué par la communauté
internationale, il est le promoteur et le gardien international humanitaire. Il
s'efforce d'assurer la protection et l'assistance aux victimes des conflits armés, de
troubles intérieurs, ainsi que d'autres situations de violence interne14.
En matière de lutte contre le travail des enfants, un mouvement d'idées en faveur
d'une réglementation internationale du travail a pris naissance dès²² la première
moitié du XIXe siècle, mais il ne s'est réellement prononcé qu'au début du XXe
siècle. A la suite de la première guerre mondiale, et sous la pression des
travailleurs et des organisations ouvrières, les gouvernements participant à la
Conférence de la paix en janvier 1919, décidèrent d'inclure dans le traité de
Versailles la partie XIII consacrée à l'Organisation Internationale du Travail.
Cette partie XIII définit les objectifs, la structure et les moyens d'action de TOIT,
La nécessité de créer cette organisation avait été soulignée au XIXe siècle par
deux industriels, le Gallois Robert Owen (1771 -1853) et Le Français Daniel
Legrand (1783-1859), Les raisons étaient non seulement d'ordre humanitaire, eu
égard à la situation des travailleurs, mais aussi politiques et économiques. La
Conférence de la paix institue la Commission de la législation internationale du
travail qui rédige de janvier à avril 1919 la Constitution de TOIT. Formée de
représentants de neuf pays - la Belgique. Cuba, les Etats-Unis, la France, l'Italie,
le Japon, la Pologne, le Royaume-Uni et la Tchécoslovaquie - elle a siégé sous la
présidence de Samuel Gompers, dirigeant du syndicat la Fédération américaine
du travail (AFL).

14
D. PLATTNRR, La protection de l'enfant dans le droit international humanitaire, Genève, CICR, Revue
internationale de la croix-Rouge, 1984, p. 1.
L'OIT a pour objectif essentiel de promouvoir la justice sociale, et par-là même,
de contribuer à la paix mondiale. Fondée sur le principe du tripartisme, elle réunit
dans ses instances dirigeantes des représentants des gouvernements, des
employeurs et des travailleurs. L'OIT, qui se compose d'un secrétariat permanent
appelé le Bureau International du travail, est dotée de la personnalité juridique,
elle a ainsi la capacité de contracter ; d'acquérir des biens meubles et immeubles,
et de disposer de ses biens ; et d’ester en justice.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). En 1863, suite à la parution
de Un souvenir de Solferino, un Comité de secours aux militaires blessés fut crée,
Celui-ci, composé d'Henri Dunant et de quatre autres membres, fut rebaptisé
CICR en 1873. Le fonctionnement de cette première structure inspire encore
l'actuel comité. Le Mouvement de la Croix-Rouge a su allier l'initiative privée en
matière de secours et d'humanité et l'adhésion indispensable des Etats.15 Le CICR
est sur le plan juridique une association suisse. Pour plus d'éléments, cf. Ibidem.
C'est le 16 novembre 1945 est créée l'Organisation des Nations Unies pour
l'éducation, la science et la culture (UNESCO) dont l'objectif est de construire la
paix dans l'esprit des hommes à travers l'éducation, la science, la culture et la
communication.
En 1946, l'Assemblée générale des Nations Unies crée le Fonds des Nations Unies
pour l'enfance (UNICEF) pour porter secours aux enfants d'Europe et d'Asie
victimes de la deuxième Guerre mondiale. L'UNICEF travaille pour améliorer le
bien-être des enfants dans le domaine de la santé, de l'éducation. Cette ONG aide
les gouvernements des pays les plus pauvres à satisfaire les besoins élémentaires
des enfants. Elle finance des programmes dans des domaines tels que la santé, la
nutrition, l'assainissement, et aide les enfants à survivre, à se développer, à
bénéficier d'une protection et à se sentir responsables dans leur communauté.
En 1961, en réaction à l'emprisonnement de personnes détenues pour des raisons
politiques, Peter Benenson.. Un avocat anglais, dénonce le sort de ces personnes
et propose la création d'une ONG : Amnesty. Le travail d'Amnesty est basé sur le
principe que la protection des droits humains est une responsabilité internationale,
l'organisation veut obtenir l'application universelle des règlements internationaux
en matière de droits humains.
Par la suite dans les années 70, d'autres ONG indépendantes, telles que Human
Rights Waîch. ont été créées pour la protection des droits humains des peuples
du monde entier, y compris des enfants.

15
KORCZAK Janusz (1878-1942), pédiatre, éducateur, poète et inspirateur de la convention des droits de
l'enfant.
C'est le docteur Janusz Korczak 16 qui a été le premier, dans les années 1920, à
affirmer les droits spécifiques des enfants et à réclamer pour eux, auprès de la
Société des Nations, une charte énonçant ces droits.
L'insuffisance des textes précités en matière de protection des enfants a suscité la
nécessité de codifier |le « droits de l'enfant dans un texte spécifique. Mais les
raisons qui ont incité à une telle codification étaient surtout d'ordres sociaux. Les
gouvernements ont attiré l'attention sur l'évolution des structures sociales,
politiques et familiales des Etats ou encore sur l'évolution économique et
culturelle qui s'est produite depuis 1959 »17.
Pour célébrer le 20e anniversaire de la Déclaration des droits de l'enfant,
l'Assemblée générale des Nations Unies avait proclamé l'année 1979, Année
internationale de l'enfant.
En 1978, sur l'initiative de la mission permanente de la République populaire de
Pologne, présidée par Adam Lopatka, un projet de texte concernant une
Convention internationale relative aux droits de l'enfant est officiellement
proposé. Mais «. L’opportunité d'une telle proposition a été mise en cause par les
tenants de la thèse selon laquelle l'enfant ne peut être sujet de droit Son utilité a
été mise en doute par ceux qui ont relevé qu'il existe près de quatre-vingt-dix
textes qui se réfèrent directement ou indirectement aux droits de l'enfant.
Les partisans d'une Convention sur les droits de l'enfant ont dû faire valoir que le
droit international contemporain admet que l'individu, sans être sujet de droit
international, peut prétendre à être destinataire de règles visant à le protéger18.
Un groupe de travail ad hoc est chargé par la Commission des droits de l'homme,
en 1979, pour l’aider à consacrer le projet d'une Convention sur les droits de
l'enfant. Ce groupe est composé de représentants de 43 membres de la
Commission des droits de l'homme.
Les délégués d'autres Etats ainsi que les organisations non gouvernementales ont
également participé de manière active aux travaux. Cependant, l'influence des
ONG « sur les projets d'articles adoptés au cours des cinq premières années a été
relativement restreinte et s'est limitée aux quelques résultats obtenus à titre
individuel par une poignée d'organisations ayant l'expérience du travail dans le
domaine des droits de l'homme ».

16
P. BOUCAUD, « Pour une convention universelle sur les droit de l'enfant », in Revue de ! 'Institut des droits
de l'homme, n° 2, fév. 1989, p. 6.
17
F. ZOHRA KSENT1NI, « La Convention sur les droits de l'enfant : des normes de protection et un instrument
de coopération pour la survie, le développement et le bien-être de l'enfant », in Bulletin des droits de l'homme
les droits de l'enfant', n"2/91, NY 1992, p. 48. 2 N. CANTWELL, « Les organisations non gouvernementales et la
Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant », in Bulletin des droits de l'homme,
'Les droits de l'enfant', n° 2/91, Nations unies, NY 1992, p. 6.
En 1983, un groupe spécial des ONG vient renforcer le groupe de travail. Un
secrétariat permanent est installé à Genève, assuré par Défense des enfants-
International (DET). Ce groupe spécial a joué un rôle intrinsèque en contribuant
d'une manière efficace aux discussions du groupe de travail par ses assertions
afférentes à certains articles de la Convention.
La Commission des droits de l'homme se félicite du projet final qui lui est présenté
par le groupe de travail des Nations Unies, ce qui met fin à la lente évolution de
la reconnaissance des droits de l'enfant.
Il est essentiel de rappeler au préalable que les différents textes internationaux
consacrant les droits et libertés fondamentaux s'appliquent aux mineurs en tant
que sujets de droit, c'est-à-dire sans considération particulière de leur âge.
Il en va notamment ainsi du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques du 19 décembre 1900 qui s'appliquent aux mineurs comme aux majeurs
et dont l'effet direct est reconnu. Cette convention contient des dispositions
spécifiques aux enfants, notamment délinquants.
C'est le cas de l'article 5-6 qui précise que : « une sentence de mort ne peut être
imposée pour des crimes commis par des personnes âgées de moins de 18 ans (...)
»;
C'est aussi le cas de l'article 10 qui impose la séparation des jeunes prévenus des
adultes et leur soumission à un traitement pénitentiaire approprié à leur âge.
Il consacre en outre le droit de l'enfant à une protection particulière et à son
identité. C'est en effet l'objet de l'article 24 du pacte qui stipule que : « tout enfant
sans discrimination aucune fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la
religion, l'origine nationale ou sociale, la fortune ou la naissance, a droit, de la
part de sa famille, de la société et de l'Etat, aux mesures de protection qu'exigé sa
condition de mineur » (art. 24-1), que dont enfant doit être enregistré
immédiatement après sa naissance et avoir un nom » (art. 24-2) et que « tout enfant
a le droit d'acquérir une nationalité ».
Un certain nombre de Convention de La Haye, émanant de la Conférence de la
Haye, organisation internationale relativement informelle ne correspondant pas à
une région du monde particulière et dont l'objet n'est pas spécialement de
consacrer les droits de l'enfant, concernent particulièrement ces derniers. Il en va
ainsi : de la Convention de La Haye du 25 octobre 1980 relative aux enlèvements
d'enfants ; et de la Convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des
enfants et la coopération en matière d'adoption internationale, ainsi que de la
Convention de La Haye du 19 octobre 1996 concernant la compétence, la loi
applicable, la reconnaissance, l'exécution et la coopération en matière de
responsabilité parentale et des mesures de protection des enfants .
II reste que la CIDE constitue le texte international majeur pour le droit des
mineurs.
Dans la mesure où les conventions internationales ont vocation à s'appliquer à
tous, majeurs comme mineurs, la question de l'utilité d'une convention spécifique
aux enfants a été posée. Cette question a reçu une réponse positive, parce que
l'enfant doit non seulement jouir des droits de l'homme universels, mais encore,
en raison de sa situation d'enfant spécifiques. Il en est ainsi en matière de santé
et d'éducation, ou encore des droits d'être élevé par ses deux partent».
En 1989, alors que la France célébrait le bicentenaire de la Déclaration des Droits
de l'homme et du citoyen, l'Assemblée générale de l'ONU, le 20 novembre,
adoptait à l'unanimité la Convention internationale sur les droits de l'enfant Pa; ce
traité, les Etat signataires reconnaissaient leur « devoir d'assurer la survie et le
développement global de l'enfant » et s'engageaient à prendre les mesures
appropriées. Pour entrer en vigueur, ce traité international devait être ratifié, c'est-
à-dire faire l'objet d'une adoption par te Parlement national, par au moins vingt
Etats signataires. Jamais traité international relatif aux droits de l'homme n'aura
été ratifié aussi rapidement : au 5 avril 1995, 173 Etats ont ratifié la Convention.
 Préambule
Le préambule rappelle les principes fondamentaux des Nations Unies et les
dispositions précises d'un certain nombre de traité et de textes pertinents. Il
réaffirme le fait que les enfants ont besoin d'une protection et d'une attention
particulière , leur vulnérabilité, et souligne plus particulièrement la responsabilité
fondamentale qui incombe à la famille pour ce qui est des soins et de la protection,
II réaffirme également la nécessité d'une protection juridique et non juridique de
l'enfant avant et après la naissance, l'importance des valeurs culturelles de la
communauté de l'enfant, et le rôle vital de la coopération internationale pour faire
des droits de l'enfant une réalité.
Les Etats-Unis d'Amérique et la Suisse l'ont signée, ce qui a valeur de déclaration
d'intention mais seule la ratification permettra d'obtenir leur adhésion à la
Convention.
 Le texte.
La CIDE avec ses 54 articles, contient les principales normes afférentes aux droits
et à la protection de l'enfance. Il d'épingler les points saillants de ce traité
international.
1. L'intérêt supérieur de l'enfant doit guider toutes les décisions qui sont prises
à son sujet (article 3).
2. Les Etats ont l'obligation d'adapter leurs lois nationales conformément aux
droits prévus par la Convention {article 4).
3. Le droit à la vie et au développement de l'enfant (article 6).
4. Le droit à une identité et à une nationalité (article 7 - 8).
5. Le respect du cadre familial (article 9-11).
6. Le droit à la liberté d'expression de l'enfant (notamment devant les institutions
judiciaires ou administratives) ainsi que sa liberté de pensée, de conscience et de
religion et d'association (article 12-15).
7. La protection contre le mauvais traitement y compris toutes les formes de
violence physique et mentale, les abus, l'exploitation, le délaissement et la
négligence (article 19).
8. Le respect des droits et des responsabilités spécifiques des parents d'agir en
fonction de l'intérêt supérieur de l'enfant (article 18).
9. Les droits en cas d'adoption (article 21).
10. Les droits des enfants réfugiés (article 22).
11. Les droits des enfants handicapés (article 23).
12. Les droits en matière de santé (article 23 - 24).
13. Les droits à la révision périodique des mesures de placement administratif
(article 25).
14. Les droits à l'éducation (article 28 – 31 ) : L'enfant a le droit à l'éducation et
l'Etat, a l'obligation de rendre renseignement primaire d'encourager l'organisation
de différentes formes d'enseignement secondaire accessibles à tout enfant et
d'assurer à tous l'accès à l'enseignement supérieur, en fonction des capacités de
chacun. La discipline scolaire doit respecter tes droits et la dignité de l'enfant.
Peur assurer le respect de ce droit, les Etats ont recours à la coopération
internationale.
15. La protection contre l'exploitation économique et dans le travail (article 32).
16. La protection en matière de consommation et trafic de drogue (article 33).
17. La protection contre l'exploitation sexuelle (article 34).
18. La protection contre la vente, la traite et l'enlèvement et contre toutes les
autres formes d'exploitation préjudiciables à tout aspect de son bien être (article
35 et 36).
19. La protection contre la torture (article 37). Les garanties en cas de détention
et les garanties judiciaires (article 37,40 et 41, En effet, l'on peut paner de
l'administration de la justice pour mineurs (Article 40). Tout enfant suspecté,
accusé ou reconnu coupable d'avoir commis un délit a droit à un traitement qui
favorise son sens de la dignité de la valeur personnelle, qui tienne compte de son
âge et qui vise sa réintégration dans la société, L'enfant a droit à des garanties
fondamentales, ainsi, qu'à une assistance juridique ou à toute autre assistance
appropriée pour sa défense. La procédure judiciaire ou le placement en institution
doivent être évités chaque fois que cela est possible.
20. La protection en cas de conflit armé (article 38).
21. L'article 42 de la Convention relève que : « Les Etats parties s'engagent à
faire largement connaître les principes et dispositions de la présente Convention
par des moyens actifs et appropriés, aux adultes comme aux enfants ». De plus, «
Aux fins d'examiner les progrès accomplit par les Etat des obligations contactées
par eux en vertu de la présente Convention, est institué un Comité des droits de
l'enfant Le Comité se compose de 10 experts de haute moralité et possédant une
compétence reconnue dans le domaine visé par la présente Convention. Ses
membres sont élus par les Etat parties parmi leurs ressortissants et siègent à titre
personnel, compte tenu de la nécessité d'assurer une répartition géographique
équitable et eu égard aux principaux systèmes juridiques ».
22. Du reste, les articles 44 et 45 traitent respectivement de:-L'engagement des
Etats parties à soumettre au Comité, par l'entremise du Secrétaire général de
l'ONU, des rapports sur les mesures qu'ils auront adoptées pour donner effet aux
droits reconnus et sur les progrès réalisés dans la jouissance de ces droits.
- Le souhait de promouvoir l'application effective de la Convention et
d'encourager la coopération internationale dans le domaine visé par la convention
par l'implication des institutions spécialisées comme l'UNICEF et d'autres organes
des Nations Unies.
1. Principes
Le Comité des droits de l'enfant considère que les principes directeurs qui sous-
tendent la CIDE et, partant sont essentiels à la mise en œuvre de l'ensemble des
droits reconnus à l'enfant sont les suivants :
- La non-discrimination.
- L'intérêt supérieur de l'enfant.
- Le droit de l'enfant à la vie, à la survie au développement.
- Le respect de l'opinion de l'enfant
a) Non-discrimination : article 2
A ce propos, aucune discrimination ne peut exister selon les conditions de
naissance ni des conditions familiales des enfants.
La CIDE reprend les principes généraux des droits de l'homme et refuse toute
distinction en fonction de la race, de la couleur, du sexe, de la langue, de la
religion, de l'opinion politique de l'enfant (et de ses parents ou représentants
légaux), de l'origine nationale, ethnique ou sociale, de la situation de fortune,
d'une éventuelle incapacité, de la naissance, ou de toute autre situation.
De plus, l'article 2 de la CIDE impose aux Etats de prendre toutes les mesures
nécessaires pour protéger les enfants de toutes formes de discrimination. Ils
doivent également faire leur possible pour que les autres Etats respectent ce
principe (CIDE. article 2-1° et 2°).
b) Intérêt supérieur de l'enfant : article 3
La locution « intérêt supérieur de l'enfant » est une notion clé de a CIDE ; elle est
difficile à définir. Et la CIDE qui ne donne aucune définition de cette notion,
énumère toutefois une série de droits qui permettent de déduire à quoi correspond
cet intérêt L'intérêt supérieur de l'enfant est indiqué sept fois dans la CIDE. Il est
promulgué par l'article 3 point 1 Cette expression est cependant reprise dans un
certain nombre d'articles de la Convention. À notre entendement, cette reprise doit
être lue comme une référence à prendre en compte pour des situations
particulières. On le trouve ainsi aux articles suivants :
Article 3.1, relatif aux diverses décisions qui peuvent être prises pour un enfant
« Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des
institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités
administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être
une considération primordiale ».
Article 9.1 et 3, relatifs à l'enfant qui vit, séparé de ses parents, contre son gré
« Les Etats parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre
leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de
révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette
séparation est nécessaire dans l'intérêt supérieur de l'enfant Une décision en ce
sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers, par exemple lorsque les
parents maltraitent ou négligent l'enfant, ou lorsqu'ils vivent séparément et qu'une
décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l'enfant ». « Les Etats
parties respectent le droit de l'enfant séparé de ses deux parents ou de l'un d'eux
d'entretenir régulièrement des relations personnelles et des contacts directs avec-
ses deux parents, sauf si cela est contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant ».
Art. 18, relatif à la responsabilité commune des parents à l'égard de leur enfant :
« Les Etats parties s'emploient de leur mieux à assurer la reconnaissance du
principe selon lequel les deux parents ont une responsabilité commune pour ce
qui est d'élever l'enfant et d'assurer son développement. La responsabilité d'élever
l'enfant et d'assurer son développement incombe au premier chef aux parents ou,
le cas échéant, à ses représentants légaux. Ceux-ci doivent être guidés avant tout
par l'intérêt supérieur de l'enfant ».
Art. 21, relatif à l'adoption : Les Etats parties qui admettent et/ou autorisent
l'adoption s'assurent que l’intérêt supérieur de l'enfant est la considération
primordiale en la matière. Dans les situations où l'enfant, privé de son milieu
familial., est soumis à l'adoption (nationale ou internationale), l'État doit lui
fournir une aide et une protection spéciales et veiller au respect des procédures
mises en places pour donner à cette mesure toute sa portée, notamment éviter les
abus.
Art. 37, relatif à l'enfant privé de liberté : Tous les États veilleront à ce que tout
enfant privé de liberté soit traité avec humanité et avec le respect dû à la dignité
de la personne humaine, et d'une manière tenant compte des besoins des personnes
de son âge. En particulier, tout enfant privé de liberté sera séparé des adultes, à
moins que l'on estime préférable
de ne pas le faire dans l'intérêt supérieur de l'enfant, et il a le droit de rester en
contact avec sa famille par la correspondance et par les visites, sauf circonstances
exceptionnelles.
Ceci est une imposition qui veut que l'enfant privé de liberté soit traité avec
humanité. Cette disposition renferme aussi l'obligation de le séparer des adultes,
sauf si le contraire s'avérait préférable dans l'intérêt supérieur de l'enfant.
Normalement, on pense ici au cas où l'enfant est incarcéré avec l'un de ses parents
ou à la mère qui accouche alors qu'elle est détenue.
Art. 40.2, b III, relatif à l'enfant accusé devant un tribunal : Que sa cause soit
entendue sans retard par une autorité ou une instance judiciaire compétente,
indépendantes et impartiales, selon une procédure équitable aux termes de la loi.
En présence de son conseil juridique ou autre et, à moins que cela ne soit jugé
contraire à l'intérêt supérieur de l’enfant raison notamment de son âge ou de sa
situation, en présence de ses parents ou représentants légaux19.

19
En matière de justice des mineurs, l'article 40 est la suite de l'article 37. Toutefois, il va plus foin dans les
droits reconnus aux enfants lorsqu'ils sont en conflit avec la loi et qu'ils comparaissent devant les instances
judiciaires. Ce faisant, lorsqu'un enfant est entendu par une autorité officielle, il doit être interrogé selon des
règles procédurales établies et avec l'assistance d'un conseil (avocat) ou d'une autre personne de confiance et
Beaucoup d'autres article de la CIDE font aussi référence à F « intérêt supérieur
de l'enfant » mais implicitement. L'en constate que la CIDE insiste sur la
détermination du véritable intérêt de l'enfant, c'est-à-dire de l'intérêt qui doit être
considéré comme ayant la priorité par rapport à d'autres intérêts éventuels
(culturels, idéologiques, économiques, etc.).
Cette notion s'apprécie au cas par cas en fonction des différents besoins de l'enfant
qui varient bien entendu au gré de son développement physique, psychique ou
affectif et peut être analysée en parallèle avec la notion de « bien-être de l'envahit,
CIDE, articles : 3.2 ; 9.4 ; 18.2 ; 36 ; et 40.4) qui est également assez difficile à
cerner.
Par ailleurs la notion d'« intérêt de l'enfant » a une double fonction. D'une part, il
s'agit d'un critère permanent de trancher un conflit entre plusieurs droits consacrés
par la CIDE. D'autre part, il s'agit également d'un principe général d'interprétation
indiquant la manière d'appréhender les situations non réglées par la CIDE.
c) Droit de l'enfant à la vie, à la survie au développement : article 6
En effet, 1. « Les Etats parties reconnaissent que tout enfant a un droit inhérent à
la vie ». 2. « Les Etats parties assurent dans toute la mesure possible la survie et
le développement de l'enfant ».
B. Le véritable statut juridique accordé à l'enfant
La Convention internationale des Nations Unies va consacrer non seulement
l'aboutissement de toute évolution quant à la place de l'enfant dans la société
internationale, mais aussi un point de départ : celui de la nouvelle conception
donnée à l'enfant98. Désormais, l'enfant est sujet de droits et participe aux actions
qui l'affectent. Comme membre de la famille humaine tous 'es enfants ont des
droits et libertés inaliénables qui sont inhérents à la dignité de l'être humain. Il a
ainsi fallu attendre trente ans pour voir apparaître un véritable statut juridique de
l'enfant grâce à la Convention sur les droits de l'enfant C'est avant tout le résultat
d'un consensus qui affirme la valeur de l'universalité des droits de l'homme.
La CIDE comporte 54 articles, son préambule insiste sur la nécessité d'accorder
une protection spéciale à l'enfant ; elle a pour objectif suprême de participer à la
promotion et au respect des droits de la personne, et tout particulièrement des
droits des enfants. Elle reconnaît à l'enfant outre le droit à une protection, celui à
diverses prestations éducatives, affectives, familiales, la protection incombe
d'abord à la famille de l'enfant. La Convention lui accorde un rôle très important
ainsi exprimé dans le Préambule Les Etats parties sont convaincus que la famille,

avec la présence de ses parents, à moins que cela ne soit contraire à son intérêt supérieur. L'allusion est faite ici
aux situations où l'enfant est victime des parents ou impliqué avec ses parents dans la commission de délits,
unité fondamentale de la société et milieu naturel pour la croissance et le bien-
être de tous ses membres, et en particulier des enfants, doit recevoir la protection
et l'assistance dont elle a besoin pour pouvoir jouer pleinement son rôle dans la
communauté.
La CIDE oblige les Etats qui la ratifient à respecter les 54 articles qui traitent du
droit de l'enfant à l'éducation, à une famille, à une instruction religieuse, à la santé,
à des loisirs, à la sécurité sociale et à la protection contre l'exploitation
économique et sexuelle ; des droits accordés aux délinquants juvéniles ainsi que
de la protection contre la peine capitale et contre l'enrôlement en dessous de 15
ans dans des forces armées. Tous les droits, et notamment ceux reconnus par la
Déclaration de Genève reconnait :
 Les obligations contraignantes.
La CIDE est actuellement l'instrument juridique le plus complet en matière de
droits de 'enfant. La Commission des droits de l'homme des Nations Unies est
convaincue que la Convention internationale des droits de l'enfant, en tant que
réalisation normative décisive des Nations Unies dans le domaine des droits de
l'homme, est une contribution fondamentale à la protection des droits de l'enfant
et à son bien-être. Le fait qu'un grand nombre d'Etats ont jusqu'à présent signé la
Convention et y sont devenus pour l'encourager, et témoigne ainsi de la volonté
largement partagée d'œuvrer à la promotion et à la protection des droits de l'enfant.
 Le contrôle du Comité des droits de l'enfant des Nations Unies
Pour surveiller l'application des principes généraux affirmés par la CIDE, celle-ci
a établi le Comité des droits de l'enfant, un groupe d'experts indépendants. C'est
l'organe de suivi, responsable du contrôle de la mise en application de la
Convention relative aux droits de l'enfant, et la plus haute autorité en matière
d'interprétation de la Convention.
Le Comité se compose de dix experts « de haute moralité » qui possèdent une
compétence reconnue dans le domaine des droits de l'enfant. Ils sont élus par les
Etats parties parmi leurs ressortissants, pour 4 ans au scrutin secret et sont
rééligibles.
Le Comité siège trois fois trois semaines par an, en janvier, mai et septembre, à
Genève. Chaque session est suivie d'une pré-session d'une semaine, destinée à
préparer la session suivante, au cours de laquelle les ONG peuvent communiquer
leurs informations sur les pays inscrits au calendrier d'examen de la session à
venir.
Il est responsable de l'examen des progrès réalisés par les Etats parties ainsi que
des difficultés rencontrées dans l'accomplissement de leurs obligations selon les
dispositions de la Convention.
Le pays qui ratifie la Convention s'engage juridiquement à appliquer les droits
consacrés, et de soumettre au Comité des rapports périodiques sur la mise en
œuvre de ces droits (art. 44 de la CIDE). Ce système de surveillance est commun
à toutes les conventions des Nations Unies sur les droits de l'homme. Pour
s'acquitter de cette obligation, les Etats soumettent un premier rapport deux ans
après avoir ratifié la convention, puis tous les cinq ans.
Le Comité reçoit aussi des renseignements sur la situation des droits de l'homme
dans le pays concerné provenant d'autres sources : organisations non
gouvernementales, institutions des Nations Unies, autres organisations
intergouvernementales, établissements universitaires et presse. Il examine le
rapport avec (es représentants du gouvernement du pays concerné, et fait part de
ses préoccupations et recommandations, qui sont publiées comme "Observations
finales".
Les dispositions relatives aux droits de l'homme et les Recommandations
générales sur des questions particulières ou sur ses propres méthodes de travail
qu'il interprète sont publiées sous l'appellation "Observations générales". Le
Comité a ainsi formulé une observation générale sur les « Mesures d'application
générale de la Convention relative aux droits de l'enfant (art. 4, 42 et 44, par. 6)»,
le 27 novembre 2003.
Aux termes de l'article 75 du règlement intérieur provisoire du Comité, une ou
plusieurs séances de ses sessions ordinaires sont consacrées à un débat général sur
un article particulier de la Convention ou sur un sujet connexe, pour favoriser une
mesure de compréhension du contenu et des incidences de la Convention. Il
organise ainsi des discussions publiques ou "Journées de débat général" sur des
sujets choisis comme, par exemple, la violence à l'égard des enfants.
La Commission des droits de l'homme des Nations Unies reconnaît l'importance
des fonctions du Comité pour ce qui est de surveiller l'application effective de la
Convention et de promouvoir une meilleure compréhension de ses principes et
dispositions.
Même si un grand nombre d'Etats ont ratifié la CIDE, la question qui se pose est
de savoir quelle est sa place dans la législation interne des Etats membres (a).
Les Nations Unies, dans les années 1990, vont jouer un rôle important pour
assurer le respect des droits reconnus (b).
La Convention ne définit pas de manière concrète les modalités de sa propre
application dans l'ordre juridique national, et ne contient aucune disposition
obligeant les Etats parties à l'intégrer au droit national ou à lui accorder un statut
particulier dans le cadre de ce droit.
La principale obligation qui incombe aux Etats au moment de la ratification du
traité est de donner effet aux droits qui y sont reconnus, en employant tous les
moyens appropriés (cf. art. 4 de la CIDE).
Aux termes de l'article 27 de la Convention de Vienne sur le droit des traités, «
une partie ne peut invoquer les dispositions de son droit interne comme justifiant
la non-exécution d'un traité »". Par conséquent, les Etats doivent modifier, le cas
juridique pour donner effet à leurs obligations conventionnelles.
Les normes internationales contraignantes relatives aux droits de l'homme
devraient s'appliquer directement et immédiatement dans le cadre du système
juridique interne de chaque Etat partie, et permettre ainsi aux personnes de
demander aux tribunaux nationaux d'assurer le respect de leurs droits20. Certains
Etats accordent la primauté aux lois internes, expression de la volonté du peuple,
tandis que dans d'autres Etats, c'est la jurisprudence qui consacre le principe de
primauté des lois internes. Lors de la ratification de la Convention, l'Allemagne
avait précisé que « la République d'Allemagne déclare que la Convention ne
s'appliqu0 pas directement sur le plan intérieur».
En France, l'article 55 de la Constitution de 1958 précise que les traités
régulièrement ratifiés et publiés acquièrent dans l'ordre interne une force
supérieure à la loi. Ainsi dans l'hypothèse d'une contradiction entre une
disposition de la Convention et la loi française, même postérieure, le juge saisi de
cette difficulté doit appliquer la Convention en tant que norme supérieure. Mais
la Cour de cassation a jugé, par une série d'arrêts, en particulier l'arrêt Lejeune du
10 mars 1993, que cette convention n'imposait des obligations qu'aux Etats et
qu'elle n'avait pas créé de véritables droits subjectifs directement invocables par
les particuliers devant les tribunaux français21. Malgré les critiques, cette
jurisprudence a été maintenue.
En revanche, le Conseil d'Etat, dans un arrêt du 2 septembre 1997, a décidé que
certaines dispositions de la Convention sont L'application de la Convention est
différente selon les approches que suivent les Etats. Ainsi l'approche dualiste
consiste à distinguer l'ordre interne et le droit international : les obligations qui
découlent du traité international ont un effet dans l'ordre juridique interne
seulement après avoir été transposées dans le droit interne. L'approche
intermédiaire transforme la Convention dans son ensemble en loi nationale ;

20
100 G. MEUNIER, L'application de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant dans le droit
interne des Etats parties, op. cit., p. 111.
21
A titre d'illustration, le Honduras suit ['approche moniste, il avait affirmé que « comme le veut la
constitution, la convention a été incorporée au droit interne dès l'instant où elle a été ratifiée par le congrès
national en 1990, ce qui signifie que cet instrument est une loi d'application générale et obligatoire sur tout le
territoire hondurien...».
tandis que dans l'approche moniste, le droit international et le droit national se
confondent, ne formant qu'un seul système juridique22.
En RD Congo, le titre IV de la Constitution aborde la question relative aux traités
et accords internationaux. En voici la quintessence :
Le Président de la République négocie et ratifie les traités et accords
internationaux. Le Gouvernement conclut les accords internationaux non soumis
à ratification après délibération en Conseil des ministres. Il en informe
l'Assemblée nationale et le Sénat, (art. 213).
Les traités de paix, les traités de commerce, les traités et accords relatifs aux
organisations internationales et au règlement des conflits internationaux, ceux qui
engagent les finances publiques, ceux qui modifient les dispositions législatives,
ceux qui sont relatifs à l'état des personnes, ceux qui comportent échange et
adjonction de territoire ne peuvent être ratifiés ou approuvés qu'en vertu d'une loi.
Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n'est valable sans
l'accord du peuple congolais consulté par voie de référendum (art. 214).
Les traités et accords internationaux régulièrement conclus ont, dès leur
publication, une autorité supérieure à celle des lois sous réserve pour chaque traité
ou accord, de son application par l'autre partie (art. 215).
Si la Cour constitutionnelle consultée par le Président de la République, par le
Premier ministre, le Président de l'Assemblée nationale ou le Président du Sénat,
par un dixième des députés ou un dixième des sénateurs, déclare qu'un traité ou
accord international comporte une clause contraire à la Constitution, la ratification
ou l'approbation ne peut intervenir qu'après la révision de la Constitution (art.
216).
La RD Congo peut conclure des traités ou des accords d'association ou de
communauté comportant un abandon partiel de souveraineté en vue de
promouvoir l'unité africaine (art. 217).
Les articles 41 à 43 de la Constitution traitent du droit de l'enfant. De plus, avec
le Code de la famille, déjà en 1987, la KG Congo reconnaît l'enfant en lui
accordant certaine protection vue son statut au sein de la famille. La CIDE de
1980 a été ratifiée par la RD Congo(Zaïre), le 22 août 1990. Le pays a dû attendre
2009 pour disposer d'une loi organique en faveur de l'enfant, à savoir : la Loi n°
09/001 du 10janvier2009 portant protection de l'enfant.
Dans les années 1990, une série de conférences mondiales de l'Assemblée
générale des Nations Unies ont été organisées. Elles se fixent pour objectif
l'application effective des droits de l'enfant et de son bien-être reconnus par la
22
W Cf. Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, Répondre aux besoins éducatifs fondamentaux: une
vision pour les années 1990 Donnent de réfénce 1990,180 p.
Convention. Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a souligné à
plusieurs reprises qu'il importait de faire une place aux droits de l'homme dans
toutes les activités de l'Organisation des Nations Unies ».
Pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux, les 5 et 9 mars 1990, s'est
déroulée en Thaïlande, la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous. Les
délégués de 155 pays ainsi que des représentants d'environ 150 organisations se
sont mis d'accord pour universaliser l'enseignement primaire et réduire
radicalement l'illettrisme avant la fin de la décennie, Les Nations Unies avaient
constaté que plus de 100 millions d'enfants, dont au moins 60 millions de filles,
n'avaient pas accès à l'enseignement primaire.
Les 29 et 30 septembre 1990 s'est tenu le Sommet Mondial pour les enfants à New
York, sur l'initiative du Canada, de l'Egypte, du Mali, du Mexique, du Pakistan,
et de la Suède, avec l'appui de l'UNICEF, et d'autres institutions de TONU, pour
promouvoir les droits et le bien- être des enfants. 159 gouvernements, dont 71
chefs d'Etat ou de gouvernement et 45 Organisations non gouvernementales ont
participé au Sommet.
Le Sommet a abouti à l'adoption d'un document final : la Déclaration mondiale et
le Plan d'action en faveur de la suivie, de ta protection et du développement de
l'enfant Le Plan d'action énonce une série d'objectifs du développent enfants pour
l'an 2000. Ces objectifs comprennent la réduction des taux de mortalité infantile
et maternelle, de la malnutrition et de l'analphabétisme des enfants, ainsi qu'un
meilleur accès aux services de base pour la santé et la planification familiale,
l'éducation, l'eau et l'assainissement. Sur les 159 gouvernements représentés au
Sommet, 73 ont signé la Déclaration et le Plan d'action au nom des enfants du
monde entier. Au mois d'octobre 1996,167 pays au total avaient signé le
document.
Le Sommet mondial pour les enfants a joué un rôle important dans la protection
de l'enfant, dès lors qu'il a servi de modèle organisationnel à la mobilisation à
l'échelon mondial qui sera préconisée en 1992 par le Sommet planète Terre de Rio
en 1995 par le Sommet social de Copenhague.
La Conférence mondiale sur les droits de l'homme, tenue à Vienne en juin 1993,
a considéré que les organismes des Nations Unies devaient faire de la défense des
droits fondamentaux des enfants l'une de leurs priorités. Elle a également
recommandé que ces organismes, tels que l'UNICEF, évaluent périodiquement
l'impact de leurs stratégies et politiques sur la jouissance par les enfants de leurs
droits fondamentaux.
Dans ces instruments internationaux de protection de l'enfant, il ne s'agit pas de
mette en avant la situation juridique tip l'enfant, mais plutôt ses droits. En effet,
l'objectif de la Convention sur les droits de l'enfant n'est pas de décrire les régies
juridiques applicables aux enfants, mais les droits qui leurs sont reconnus par la
société. L'enfant est désormais pensé comme un sujet, une personne dotée de
liberté. La situation de l'enfant doit désormais être envisagée du point de vue de
l'enfant et autant que possible par l'intéressé lui-même.
Aux fins de tenir un discours correct relatifs aux droit de la protection de l'enfant
en Afrique, notre attention sera focalisée sur cet instrument: la Charte Africaine
des Droits et du Bien-être de l'Enfant (CADBE) de juillet 1990.
L'Afrique est le seul continent qui dispose d'un instrument régional pour les droits
de l'enfant. La Charte Africaine pour les Droits et le Bien-être de l'Enfant
(CADBE) est un outil important pour faire avancer les droits des enfants.
Tout en s'appuyant sur les mêmes principes fondamentaux que la CIDE, la
CADBE met en lumière les questions qui relèvent d'une importance particulière
dans le contexte africain dont celles relatives aux responsabilités ou aux devoirs
des enfants envers leurs parents, la famille, la communauté et même envers la
communauté internationale.
Ce texte de 48 articles, réparti en 2 parties et 4 chapitres, exprime de façon
formelle la volonté des Etats africains de promouvoir et protéger les droits de
l'enfant en tenant compte de certaines réalités du continent. Voici l'essentielle de
la CADBE :
Toute la première partie est constituée des dispositions relatives aux droits et
devoirs de l'enfant.
Le chapitre premier qui traite de droits et protection de l'enfant donne un certain
nombre d'obligations aux Etats membres (art. 1) ; donne la définition de l'enfant
(art. 2); interdit toute discrimination entre enfants (art. 3} ; martèle sur l'intérêt
supérieur de l'enfant (art. 4) ; parle de survie et développement de l'enfant (art. 5)
; rappelle le droit au nom et à la nationalité (art. 6) ; revient sur la liberté
d'expression et d'association, liberté de pensée, de conscience et de religion ( art.
7, 8,9) ; de la protection de la vie privée de l'enfant (art. 10) ; éducation (art. 11) ;
loisirs, activités récréatives et culturelles (art. 12)... responsabilités de l'enfant, etc.
(art. 18-31).
Les 17 autres articles, forment la deuxième partie du texte et traitent, entre autres,
de l'organisation et du fonctionnement du Comité africain des droits et du bien-
être de l'enfant,
Contrairement à la CIDE, la CADBE dans son article trente et un insiste sur les
responsabilités ou devoirs de l'enfant envers ses parents, sa famille, sa
communauté et même envers la communauté internationale. Le texte précise que
ces responsabilités sont assumées par l'enfant selon son âge et ses capacités et
sous réserves des restrictions contenues dans la présente charte. En insistant sur
ces responsabilités en six points, l'Afrique rappelle que dans son univers juridique,
l'enfant n'est pas roi » qui ne peut qu'être servi et jamais servir les autres. L'article
31 de la Charte prépare cet enfant à sa vie future de jeune et d'adulte.
Dès le Préambule de la Constitution, il est écrit : Nous, Peuple congolais, Uni par
le destin et par l'histoire autour de n idéaux de liberté, de fraternité, de solidarité,
de justice, de paix et de travail ; Animé par notre volonté commune de bâtir, au
cœur de l'Afrique, un Etat de droit et une Nation puissante et prospère, fondée
sur une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle ;
Considérant que l'injustice avec ses corollaires, l'impunité, le népotisme, le
régionalisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme, parleurs multiples
vicissitudes, sont à l'origine de l'inversion générale des valeurs et de la ruine du
pays ; Affirmant notre détermination à sauvegarder et à consolider l'indépendance
et l'unité nationales dans le respect de nos diversités et de nos particularités
positives ; Réaffirmant notre adhésion et notre attachement à la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme, à la Charte Africaine des Droits de l'Homme
et des Peuples, aux Conventions des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant et
sur les Droits de la Femme, particulièrement à l'objectif de la parité de
représentation homme-femme au sein des institutions du pays ainsi qu'aux
instruments internationaux relatifs à la protection et à la promotion des droits
humains ; Réaffirmant notre droit inaliénable et imprescriptible de nous organiser
librement et de développer notre vie politique, économique, sociale et culturelle,
selon notre génie propre ; Conscients de nos responsabilités devant Dieu, la
Nation, l'Afrique et le Monde ; Déclarons solennellement adopter la présente
Constitution :
En RD Congo, la Constitution consacre l'idéal de la promotion et de la protection
des droits de l'enfant (Constitution, articles 40 à 43). En janvier 2014, tous les
Etals membres de TUA ont signé la Charte des enfants et tous, exception faite de
sept Etats membres, l'avaient ratifié. Les sept Etats membres n'ayant pas encore
ratifié la CADBE sont : la République Centrafricaine ; la République
Démocratique du Congo, fa République Arabe Sahraouie Démocratique, la
Somalie, Sao Tome et Principe, le Sud Soudan et la Tunisie.
Le Droit de la protection de l'enfant, mieux, le Droit des mineurs connaît des
problématiques qui transcendent les matières et les contentieux. Aussi, dans le
cadre de cette étude introductive, convient-il de présenter les quelques
problématiques du Droit des mineurs en RD Congo dont le commentaire en
doctrine seraient des plus édifiants. L'on note, entre autres problématiques, la
primauté de l'intérêt supérieur de l'enfant (section 1), le discernement en tant que
condition d'exercice des droits de l'enfant (section 2), l'enfant comme objet ou
sujet de droits (section 3), les acteurs du droit des mineurs (section 4), et le
paradoxe d'un droit déclaratoire (section 5).
La Commission internationale des Nations Unies sur les droits de l'enfant, ainsi
que le Comité des droits de l'enfant ont compris qu'il fallait tout mettre en œuvre
pour promouvoir le bien-être de l'enfant, dans son intérêt supérieur. La CIDE pose
dès son article 3 l'exigence de l'intérêt supérieur de l'enfant en ces termes : « Dans
toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des
institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités
administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être
une considération primordiale. »
Prendre en considération « l'intérêt supérieur de l'enfant» signifie, pour les
organes législatifs, se demander si les lois en cours d'adoption ou de modification
serviront le mieux possible les intérêts des enfants. Selon l'UNlCEF, ce principe
n'est pas limité aux initiatives publiques, il doit également guider les institutions
privées qui mènent des actions relatives aux enfants23.
L'intérêt supérieur de l'enfant est devenu, sous l'effet de la CIDE, un standard qui
connait aujourd'hui un succès considérable. Qu'on le redise ; La primauté de
l'intérêt supérieur de l'enfant est devenue un principe matriciel en Droit des
mineurs mais aussi en Droit de ta famille.
L'intérêt supérieur de l'enfant est une notion utilisée depuis longtemps dans les
textes français, particulièrement en matière d'adoption ou d'attribution de
l'autorité parentale et son importance a été renforcée après l'entrée en vigueur de
la CIDE. C'est le critère qui doit guider la décision du juge des enfants dans le
cadre de l'assistance éducative. La notion d'« intérêt supérieur de l'enfant » est
présente dans tous les textes internes ou internationaux relatifs à l'enfant. Il faut
cependant noter que l'intérêt de l'enfant est en principe absent des décisions
relatives à l'enfant fondées sur des critères objectifs, comme c'est le cas en matière
de filiation. Dans ce domaine, en effet, le juge rend une décision en fonction des
éléments relatifs à la vérité biologique ou à la possession d'état, et aucun texte ne
se réfère à la notion d'« intérêt supérieur de l'enfant ». Un certain nombre de
décision dénotent cependant une évolution également dans ce domaine,
notamment celles qui refusent d'ordonner une expertise génétique lorsque la
contestation de la filiation de l'enfant est contraire à son intérêt24.
Cette notion magique »25que l'intérêt de l'enfant a donné lieu à de nombreux essais
de définition26. Elle serait un indice et un effet de la place désormais reconnue à

23
TGI Lyon, 5 juill. 2007, D. 2007.3052, obs. A. Gouttenoire qui se fonde directement sur l'intérêt de l'enfant.
Civ. 1ére, 25 avr. 2007, n° 06-13.S72, Alffam. 273, obs.F. Chénedé, qui écarte l'expertise en raison de la
possession d'état de l'enfant à l'égard de celui qu'il a toujours considéré corne son père.
24
J. CARBÛNNIER, Omit civil, T. 1 « Les personnes. Personnalité. Incapacité. Personnes morales », coll. « Thèmis
», 18 e édition, Paris, PUF, 1992, ni lu.
25
Cf. J. COSTA-L4SCOUX, « Histoire de la notion d'intérêt supérieur de l'enfant dans le droit des mineurs », in H
Intérêt supérieur de l'enfant * et droits de l'enfant y, -De quel droit ...au droit de l'enfant, Cahiers du CRIV, n°
4,1988, 161 et s.
26
P. ROBERT, Traité de droit des mineurs, Paris, Cujas, 1969, p. 150 et s.
l'enfant dans la famille et la société, et le caractère virtuel dans la notion d'intérêt
manifesterait la volonté de prendre en considération la diversité des situations
concrètes, dans une optique pragmatique, libérale et pluraliste. Le caractère
imprécis de ce critère de décision comporterait l'inconvénient d'une grande
subjectivité qui permet de lui faire endosser n'importe quelle marchandise27.
L'on peut sans doute considérer que, dans le cadre du droit français, les deux
notions d'« intérêt de l'enfant » et d' « intérêt supérieur de l'enfant » peuvent
désormais être assimilées. En effet, alors que les textes internes ne se réfèrent pas
tous à l'intérêt supérieur de l'enfant on peut estimer, au regard de l'effet direct de
l'article 3 de la CIDE, que le critère de l'intérêt de l'enfant qu'ils visent doit être
interprété à la lumière du traité international. L'intérêt supérieur de l'enfant a,
encore récemment, suscité les foudres d'une grande partie de la doctrine tant en
raison de son caractère indéterminé que du risque qui lui serait inhérent cf une
remise en cause du système juridique.
Qu'est-ce donc cet intérêt supérieur de l'enfant qui doit être pris en considération
de manière primordiale ?, s'interrogent les uns tandis que d'autres soulignent que
l'absence apparente de définition présente des risques. Il devient urgent de définir
l'intérêt supérieur de l'enfant ou encore que « l'absence de définition de l'intérêt
supérieur de l'enfant qui le classe parmi les notions indéterminées du droit de la
famille rend parfois son appréciation difficile pour le juge ? Mais ces
interrogations et inquiétudes ne seraient-elles pas finalement vaines puisque, par
sa nature même, l'intérêt supérieur de l'enfant est indéterminé ?
Voici une approche qui correspond bien avec l'intérêt supérieur de l'enfant : s'agit
d'une notion « volontairement » dont le juge est implicitement chargé de définir
le contenu ». Celui-ci constitue un standard, c'est-à-dire un instrument avec
Double approches.
La notion d'intérêt supérieur de l'enfant est en réalité l'objet de deux approches
qui se conjuguent.
 L'intérêt supérieur de l'enfant constitue en premier lieu une norme générale
et abstraite, une référence applicable à l'ensemble des enfants. Il est ainsi
de l'intérêt de l'enfant de ne pas subir de maltraitances. Cette définition
abstraite de l'intérêt supérieur de l'enfant évolue en fonction des
conceptions éducatives et morales.
 En second lieu, l'intérêt supérieur de l'enfant correspond à une appréciation
concrète d'une situation précise : l'intérêt de tel enfant qui subit des
maltraitances en famille est-il vraiment d'être séparé de ses parents ?

27
J. CARBONNIER, « Les notions à contenu variable dans le droit français de la famille », in C. PERELMAN et R.
VANDER ELST, Les notions à contenu variable du droit, Travaux du Centre national de recherche et de logique,
Bruylant, 1984, p. 99.
On ne constate que l'intérêt de l'enfant « permet une oscillation entre le droit
et le fait, entre le concret et l'abstrait ». Lors de la mise en œuvre de l'intérêt
supérieur de l'enfant, le juge doit combiner les deux approches de la notion
l'intérêt supérieur de l'enfant28.
Hypothèses dans lesquelles l'intérêt supérieur de l'enfant permet d'écarter une
disposition légale, lorsque le résultat de la mise en œuvre ce celle-ci est contraire
à l'intérêt supérieur de l'enfant Le principe supra-législatif de la primauté de
l'intérêt supérieur de l'enfant autorise voire contraint en effet le juge à écarter la
loi au nom de l'intérêt supérieur de l'enfant.
Ainsi, la primauté de l'intérêt supérieur de l'enfant implique soit que celui-ci
constitue un critère de choix, de décision pour le juge soit qu'il constitue un critère
d'examen de la compatibilité de la loi à la CIDE.
Le caractère abstrait ou concret de l'appréciation de l'intérêt supérieur de l'enfant
dépend incontestablement du rôle joué par le principe de primauté, selon qu'il
s'agit d'un critère d'application de la règle de droit ou d'un critère de conformité
de cette règle29.
§1. L'intérêt supérieur de l'enfant, critère d'application de la règle de droit
Appréciation souveraine des juges du fond. Lorsque l'intérêt supérieur de l'enfant
est une condition d'application le mis en œuvre, de la règle de droit, il fait
obligatoirement l'objet d'une appréciation concrète et spécifique à la situation que
le juge doit trancher.30
Il convient de relever ici la participation du mineur à la détermination de son
intérêt. La détermination de l'intérêt de l'enfant ne peut être recherchée, la plupart
du temps, sans la participation de l'intéressé. En effet, comme le souligne le
professeur Hausser, « l'intérêt de l'enfant a bercé de ses illusions les années 1960-
1980, mais c'était l'intérêt de l'enfant, fut-il majeur, décidé par les autres, le père,
la mère, les juges, les juristes, etc. dans la détermination duquel il a peu de rôle
»31.
La conception en vigueur dans ces années-là est dépassée. La détermination de
l'intérêt de l'enfant, si elle est susceptible de faire l'objet de différentes
appréciations divergentes, doit tenir compte de l'avis de l'enfant sur son propre
intérêt. Le philosophe Dominique Youf explique cette évolution de l'appréciation
de l'intérêt de l'enfant : « l'intérêt de l'enfant a longtemps constitué une notion
28
Ibidem.
29
Cf. Philippe BONFILSet Adeline GOUTTENÛIRE, Droit des mineurs, p. 76 et s.
30
Mole Mogolo G, note de cours de droit de la protection de l’enfant en l’intention des étudiants de G3droit
UPN, 2021.
31
J. Hausser, « La filiation et la loi du 8 janvier 1993 », in Colloque, Autour de l'enfant. Actes du colloque du 6
mai 1993, Centre de Droit Homme, Jean Moulin-Lyon III, p. 29. 119 D- YOUF, cité par Philippe BONFILS et
Adeline, GOUTTENORE, Droit des mineurs, p. 79.
magique dans la mesure où elle constituait un argument d'autorité permettant au
juge de prendre la décision qui lui paraissait juste ; le plus souvent elle lui
permettait de se dispenser de motiver son jugement.
Mais lorsque la subjectivité des parents et celle des enfants sont prises en
considération, l'intérêt de l'enfant n'est défini qu'après un débat argumenté, où la
parole de l'enfant entendu sans être déterminante pour autant. » L'enfant est un
sujet de droit, même si c'est un être vulnérable parce qu'il n'est pas autonome. Les
droits spécifiques de l'enfant sont donc le complément nécessaire des droits de
l'homme parce qu'ils permettent une meilleure prise en conscience de l'intérêt du
mineur à travers sa participation aux décisions le concernant. L'intérêt de l'enfant
et les droits de l'enfant sont en réalité complémentaires, l'un assurant la garantie
de l'autre.
 L'intérêt supérieur de l'enfant, critère de conformité à la règle de droit
Lorsqu'il s'agit de déterminer si telle solution juridique est conforme à l'intérêt
supérieur de l'enfant l'appréciation de cette notion peut faire l'objet d'une approche
abstraite ou concrète. En effet, une prescription législative inspirée par l'intérêt
général de tous les enfants peut s'avérer tout à fait contraire à l'intérêt concret de
certains enfants. La difficulté réside dans le fait que le choix entre appréciation
concrète et appréciation abstraite de l'intérêt supérieur de l'enfant ne relève pas de
l'évidence et peut ; hypothèses donner lieu à débat, d'autant plus que du choix du
caractère concret ou abstrait de l'appréciation de l'intérêt de l'enfant dépend la
portée du contrôle de la Cour de Cassation. En effet, seule une approche abstraite
de l'intérêt supérieur de l'enfant, que l'on peut qualifier de normative, permet un
contrôle de la Cour de Cassation.
La Haut-Commissaire des Nations Unies, Mme Robinson, a engagé la
communauté internationale à tenue compte de la grande priorité à la protection
des enfants contre toutes les formes de violence. L'enfant doit se sentir en sécurité
aussi bien chez lui qu'à l'école ; et pour cela, il doit vivre dans un environnement
sain. Cette protection s'avère nécessaire, dès lors qu'elle permet d'éviter que les
victimes elles-mêmes commettent les mêmes actes à l'avenir. Dans sa résolution
49.25 adoptée en 1996, l'Assemblée mondiale de la Santé a déclaré que la violence
constituait un problème de santé publique dans le monde. Le Comité des droits de
l'enfant invite les Etats parties à élaborer et à mettre en œuvre des mesures
législatives, des politiques et des programmes visant à promouvoir la santé et le
développement des adolescents (I), et à interdire les mauvais traitements (II).
 La promotion de la santé et de la qualité de vie de l'enfant
Pour garantir le droit des adolescents à la santé et au développement, il est
indispensable d'assurer la promotion et l'application des dispositions et des
principes de la Convention, en particulier des articles 2 à 6, 12 à 17, 24, 28, 29 et
31. La Commission internationale des droits de l'enfant place au-devant de la
scène internationale l'importance de promouvoir la santé de l'enfant, posant ainsi
l'intérêt majeur à ce que les Etats interviennent dans cette promotion.
 La prohibition des mauvais traitements
L'enfant doit être protégé contre toute forme de mauvais traitements les sévices
physiques, qui consistent à appliquer de façon délibérée des souffrances physiques
entraînant pour l'enfant des fractures, des hématomes, des brûlures, griffures, voir
des lésions viscérales par éclatement, hémorragies ; d'agressions sexuelles, telles
que l'inceste, le viol, la pornographie, l'exploitation de l'enfant à des fins sexuelles
; de violence psychologique : une atteinte systématique au sentiment de valeur
personnelle de l'enfant (humiliation, punitions excessives,...) ; et de négligence
aussi bien physique que morale.
Il y a violence à l'égard d'un enfant lorsque son père, sa mère ou la personne qui
en a la responsabilité le maltraite (1) et le néglige (2).
1. Les violences subies par l'enfant
II s'agit de ces violences subies par l'enfant au sein de la famille et dans le milieu
scolaire. Un enfant est maltraité ; les agissements ou l'inaction d'une personne à
son égard entraînent des blessures pouvant causer des dommages affectifs,
permanents ou impliquent des activités sexuelles. Toute maltraitance à enfant est
un abus de pouvoir de l'adulte à l'égard de l'enfant, il s'agit d'infliger à l'enfant des
violences volontaires32.
Il existe toutefois certaines limites. La question des châtiments comme forme de
discipline demeure très controversée eu égard à la contrariété au principe de
l'intérêt supérieur de l'enfant que pourrait avoir l'administration de tels châtiments.
Pour être considéré comme inhumain et dégradant, le châtiment doit être d'une
telle gravité qu'il dépasse le droit de correction traditionnellement reconnu aux
enfants. C'est pourquoi il convient de distinguer les châtiments corporels d'une
forte brutalité de ceux infligés par (es parents dans un but éducatif, II appartiendra
donc aux instances nationales de dissocier au cas par cas les parents maltraitants
des parents sévères, en appréciant si les actes incriminés constituent une
correction domestique ou des mauvais traitements jugés dégradants et inhumains
pour l'enfant.
De même pour les châtiments corporels infligés aux enfants par leurs enseignants
pour lesquels on constate une nette évolution en fonction de l'époque. Il était en
effet très fréquent de voir l'instituteur corriger l'élève en l'ordonnant de présenter
ses doigts pour le frapper avec la règle. De nombreuses corrections éducatives

32
Les articles 19 et 28 ainsi que des articles 29, 34. 37 et 40, mais aussi compte tenu des principes généraux
énoncés aux articles 2,3 et 12 et en particulier à l'article 6.
qu'ont pu connaître nos parents ont disparu de nos sociétés. L'on note que « Les
Etats parties prennent toutes les mesures appropriées pour veiller à ce que la
discipline scolaire soit appliquée d'une manière compatible avec la dignité de
l'enfant en tant qu'être humain et conformément à la présente convention. »
(CIDE, art, 28 § 2).
Aujourd'hui la tendance est de considérer que les châtiments corporels ne sont
plus nécessaires à l'éducation. La discipline scolaire doit respecter les droits et la
dignité de l'enfant.
En France, les instituteurs et éducateurs n'ont, en principe, pas le droit de recourir
à des châtiments corporels. L'enseignant ou l'éducateur qui commet un acte de
violence sur un mineur de 15 ans peut être poursuivi devant le Tribunal
correctionnel compétent en matière délictuelle, que les violences aient ou non
entraîné une incapacité de travail. La Cour d'appel de Bourse a non damnp à une
peine d'amende l'instituteur de maternelle qui fait le simulacre de mordre les
doigts d'un élève afin de ï,ieui& un ternit-1-. ho.t comportement agressif, causant
une plaie légère à l'index droit de l'enfant. Cependant, la jurisprudence se montre
relativement tolérante, car la Cour de cassation reconnaît aux juges du fond un
large pouvoir d'appréciation. Il a donc été reconnu aux enseignants un droit de
correction devant leur permettre notamment de maintenir l'ordre dans la classe.
Toutefois, devant des comportements violents de certains professeurs qui
tentaient de justifier leurs sévices par leur pouvoir disciplinaire, la Cour de
cassation a posé des limites à celui-ci en précisant qu'il ne pouvait être invoqué
que s'il était exercé de manière inoffensive33.
La législation suédoise, depuis le 1er juillet 1979, interdit « tout châtiment
pouvant entraîner une souffrance morale 01; physique même légère ou passagère
à l'enfant. Par conséquent, le châtiment doit être utile, non exagéré et justifié.
Il est toutefois assez délicat de délimiter les limites de l'inoffensif car l'examen
relève de l'appréciation globale prenant en compte la nature et l'intensité de la
correction comme des dommages infligés.
L'enfant subit également de mauvais traitement lorsqu'il est fortement négligé par
ses parents ou par la personne qui en a la charge.
2. La négligence grave
L'Organisation mondiale de la Santé définit la négligence et le traitement
négligent comme l'inattention ou l'omission de la part de la personne responsable
de l'enfant, de lui donner les soins nécessaires aux fins de promouvoir le
développement de l'enfant à tous les niveaux : la santé, l'éducation, le

33
Cass. crim., 31 janv. 1995 : Bull crirn. 1995, n" 38.
développement émotionnel, la nutrition, des conditions de vie sûres en assurant
un abri, etc.
La négligence se comprend comme l'abandon de l'enfant L'abandon consiste à
délaisser l'enfant, à ne plus prêter attention à son « intérêt supérieur ». Pour lutter
contre ces formes de violence à l'égard de l'enfant, il convient d'établir des
protections.
C'est donc contre la violence que l'enfant est spécifiquement protégé par la
Convention. Qu'il soit victime ou auteur de violences, la faiblesse de l'enfant
nécessite une protection renforcée. L'élimination des pires formes de travail des
enfants est essentielle au bien-être de l'enfant, mais également au développement
de la Communauté. La violence physique et la violence économique font l'objet
de plusieurs dispositions.
Le discernement, qui peut être sommairement défini comme la capacité à
distinguer le bien du mai, est une notion cadre du droit des mineurs, en droit civil
comme en droit pénal, et même, plus récemment, en droit pénitentiaire. De façon
générale, c'est donc une condition importante d'exercice des droits de l'enfant.
Seront présentées la notion (§ 1) et sa mise en œuvre (§ 2).
 Sources
Les textes internes et internationaux relatifs aux droits de l'enfant subordonnent
tout l'exercice de ses droits par le mineur a sa capacité de discernement. Il en va
particulièrement ainsi pour le droit de l'enfant d'être entendu : l'article 12 de la
CIDE impose aux Etats l'obligation d'entendre l'enfant capable de discernement,
et l'article 388-1 du CCF confère le droit d'être entendu dans toutes les procédures
judiciaires au seul mineur capable de discernement. Si la possibilité pour l'enfant
de s'exprimer librement, consacré par l'article 24 de la Charte, n'est pas
expressément subordonné au discernement de l'enfant, on peut cependant penser
que ce dernier reste malgré tout indispensable à l'exercice par l'enfant de sa liberté
d'expression, d'autant que la partie de l'article relative à la prise en considération
de l'opinion des enfants se réfère à l'âge et à la maturité de ceux-ci. L'ensemble
des droits procédurales; reconnus au mineur, notamment dans le cadre de
l'assistance éducative, sont également subordonnés à son discernement.
 Notion transversale
Le discernement est une notion qui se retrouve dans tout le droit des mineurs. Il
subordonne son droit d'être entendu ou d'exercer son droit dans le cadre de la
procédure d'assistance. Il est également fondamental en matière de responsabilité
du mineur : il subordonne en effet sa responsabilité pénale. En revanche, la
jurisprudence a admis que l'absence de discernement de l'enfant n'excluait pas la
mise en œuvre de sa responsabilité civile. Le discernement est parfois remplacé
par un seuil d'âge. Il en va ainsi pour le consentement de l'enfant à son adoption
ou à son changement de nom.
 Discernement et seuil d'âge
La référence au discernement permet une plus grande souplesse que ne l'autorise
le critère de l'âge. Certains adolescents ne sont pas toujours en mesure d'exprimer
leurs sentiments parce que trop perturbés par le conflit familial, tandis que des
enfants beaucoup plus jeunes ont les dispositions nécessaires pour être entendu.
Pour certains psychologues, l'âge n'a pas de valeur sur la maturité d'une
personne123, il constitue cependant une indication objective souvent
déterminante pour les magistrats. Le doyen Cornu considère l'âge comme l'indice
du développement tant mental que physique de l'individu, « il sera donc l'un des
plus fermes entêtes du discernement ». Il est certain qu'un système fondé sur l'âge
possède le mérite de la simplification
- le seuil d'âge contrairement au discernement, ne nécessitant aucune appréciation
mais il comporte l'inconvénient de la rigidité, surtout lorsque l'enjeu est la
reconnaissance d'un droit au bénéfice du mineur : il est difficile d'admettre qu'à
quelques semaines ou jours près, le mineur ne peut bénéficier d'un droit.
Le Comité des droits de l'enfant des Nations unies considère d'ailleurs, dans ses
différentes observations, que la détermination d'un seuil d'âge pour prendre en
considération la parole de l'enfant serait une source potentielle d'illégalité. Il est
sans doute plus opportun lorsque, comme en matière d'adoption ou de changement
de nom, il conditionne une formalité obligatoire.
La référence à un critère subjectif soumis à l'appréciation du juge paraît en effet
complexe dans un tel cadre et risque de donner lieu à de nombreux débats dans le
cadre de l'instance puisque le discernement conditionnerait indirectement
l'adoption. Conférer un poids aussi important à l'appréciation subjective et
souveraine du juge, ou même d'un expert, comporte donc plus d'inconvénients que
d'avantages. Il reste que le recours à la capacité de discernement permet sans
aucun doute d'accorder à un nombre plus important de mineurs le bénéfice de
l'exercice de leurs droits, même si son appréciation n'est pas sans susciter de
difficultés, compte tenu de la complexité même du contenu de la notion.
 Contenu de la notion
Le discernement peut être défini comme la possibilité pour le mineur d'élaborer
une stratégie d'action ou de représentation. Le discernement établit donc des
rapports étroits avec la faculté pour le mineur d'apprécier les individus, objets et
situations extérieures à sa propre personne. Selon Jean Piaget34, l'enfant accomplit
très tôt l'opération déductive qui consiste à prévoir ce qui se passe lorsque telles

34
J. PIAGET, Le jugement et le raisonnement chez l'enfant, 8e éd., Paris, De la chauxet Niestle, 1993, p. 78.
conditions sont données. Mais cette démarche intellectuelle est pendant très
longtemps exclusivement fondée sur les croyances adoptées par l'enfant. Si, à sept
ans, l'enfant commence à élaborer des raisonnements, c'est seulement par rapport
à ce qu'il voit. Ce n'est que vers onze-douze ans qu'il accède à la déduction
formelle et peut tirer les conséquences d'une éventualité proposée par autrui. En
outre, jusqu'à sept-huit ans, l'enfant considère tout objet de manière absolue sans
tenir compte de la relativité. Son point de vue sur sa famille lui paraît le seul
possible et exclut toute autre perspective.
Ces difficultés persistent dans e langage jusqu'à onze-douze ans : jusqu'à cet âge,
l'enfant comprend mal la relativité des notions et notamment celle de la parenté.
L'enfant relativement jeune est en mesure d'exprimer une opinion ou de répondre
à une question, mais c'est seulement vers onze-douze ans qu'il est en mesure de
commencer à prendre conscience de sa propre pensée. Avant cet âge, il n'est pas
apte à expliquer son raisonnement qui réside plutôt en une série d'opérations
successives. De ce fait, il peut se contredire sans en être gêné.
De plus, l'enfant a le plus souvent l'impression d'être entièrement compris par
l'adulte et dès lors ne cherche pas à leur préciser sa pensée. La perception que
l'enfant possède du monde extérieur et de la place de chacun dans les conflits
familiaux n'est envisageable que lorsqu'il a acquis le sens de la relativité et la
faculté d'ordonner les différents éléments qu'il perçoit dans une certaine logique.
Ce stade de développement se situe, à en croire J. Piaget, à partir de onze ans
environ.
La détermination judiciaire du discernement pourrait utilement s'inspirer de ces
principes de psychologie, étant entendu qu'il ne s'agit pas de critères rigides
puisque chaque enfant possède un développement spécifique.
 Faisceaux d'indices
Certaines décisions relatives à la question de la responsabilité du mineur ont
caractérisé le discernement par l'existence d'une volonté consciente étroitement
liée au développement intellectuel de l'enfant.
Le discernement semble ainsi se dégager d'un faisceau d'indices qui permet
d'établir la capacité du mineur à jouer un rôle actif dans la détermination de sa
situation personnelle. Cette notion implique la faculté de l'enfant de se projeter
dans l'avenir et exige donc un certain sens de la relativité.
En outre, le discernement n'est pas le même selon qu'il s'agit d'entendre l'enfant
ou de tenir compte de son avis. La CIDE procède d'ailleurs à une distinction se
référant expressément à l'âge et au degré de maturité du mineur pour la prise en
considération des sentiments de l'enfant. La difficulté d'appréhender la notion de
discernement permet de mesurer l'ampleur de la tâche qui incombe au juge
sollicité pour décider si le mineur est ou non capable d'exercer ses droits au regard
de son discernement.
Appréciation du discernement. Notion de fait, le discernement fait l'objet de
l'appréciation souveraine du juge saisi de la procédure dans laquelle cette exigence
conditionne l'exercice par l'enfant de ses droits ou sa responsabilité pénale. Le
discernement étant principalement fondé sur des critères subjectifs et variables
d'un enfant à l'autre, sa détermination risque de poser un certain nombre de
difficultés aux magistrats. En l'absence de précisions dans la loi, on peut
s'interroger sur la façon dont le juge vérifie les capacités mentales du mineur.
Statut juridique de l'enfant En réalité, la question n'est pas de savoir si l'enfant est
un objet ou un sujet de droits car on ne saurait affirmer que le mineur n'est pas un
sujet de droit. La question est plutôt de savoir de quels droits ii est le sujet, en
sachant qu'il est aussi objet de droit. Le statut de l'enfant, entendu au sens du
Vocabulaire Cornu, d'un ensemble cohérent de règles applicables à une catégorie
de personnes, est ainsi un statut particulier qui combine des droits communs et
des droits spécifiques dont le mineur est ou non lui-même titulaire.
1. Le mineur objet de protection légale
Historiquement, le droit positif a d'abord utilisé à propos de l'enfant une démarche
caractéristique et originale tendant à mettre en place une protection légale lui
bénéficiant sans le rendre directement titulaire de droits subjectifs, On peut voir
dans cette démarche une illustration de la distinction opérée par Roubier entre les
situations juridiques objectives et les situations juridiques subjectives ; les
premières tendent à reconnaître des devoirs plus que des droits, tandis que les
secondes tendent principalement des droits plutôt que des devoirs.
En effet, lorsque le législateur accorde, par un texte, une protection particulière à
l'enfant, il procède souvent en érigeant un comportement déterminé en obligation
ou en infraction pour les adultes. Ainsi en est-il des diverses infractions pénales
commises à l'égard d'un mineur telles que l'atteinte sexuelle sur mineur de quinze
ans ou la non-représentation d'enfant. Le droit du travail contient également des
dispositions contraignantes pour l'employeur d'un mineur comme l'interdiction du
travail de nuit ou la restriction des tâches difficiles. L'obligation scolaire s'inscrit
également dans cette tendance puisque son non-respect peut entraîner une
sanction des parents qui peuvent faire l'objet de poursuites pénales. Par
l'institution d'obligations à charge des adultes la loi portant protection de l'enfant
en permettant à la société d'intervenir en sa faveur.
2. Conciliation
L'évolution contemporaine des droits de l'enfant s'est orientée vers une
conciliation de deux impératifs : à la protection traditionnelle de l'enfant, et de ses
conditions de développement, s'est plus récemment ajoutée la reconnaissance
d'une certaine autonomie du mineur dès lors qu'il est doué de discernement et
capable d'exprimer sa volonté. La protection du mineur n'est en effet pas
inconciliable avec une autonomie relative et plus encore avec la reconnaissance
de sa responsabilité, notamment pénale, lorsqu'il adopte des comportements
contraires à l'intérêt collectif.
Il s'agit de la reconnaissance de l'enfant comme un sujet de droit à part entière.
L'enfant, grâce à la CIDE est enfin reconnu comme sujet de droit à part entière, il
est désormais sujet de ses propres droits. Toutes les actions et politiques doivent
être orientées par l'intérêt supérieur de l'enfant et la participation des enfants
devrait être recherchée dans toutes les activités visant à promouvoir leur survie et
leur développement.
La Convention internationale des droits de l'enfant propose une conception de
l'enfant en tant qu'individu, et donc capable de discernement (I), et en tant que
membre d'une famille et d'une communauté (II), doté de droits et de
responsabilités adaptés à son âge et à l'étape de son développement.
§2 : L'enfant capable de discernement
L'apport principal de la Convention des droits de l'enfant réside dans la
proclamation de droits subjectifs Individuels, au profit des mineurs. Ce sont des
droits fondamentaux qui relèvent des libertés publiques et concernent l'identité
de l'enfant.
1. Les libertés reconnues à l'enfant
La Convention des droits de l'enfant, en reconnaissant comme principe général le
droit à la liberté d'expression {art. 12-1), établit l'enfant comme sujet actif de
droits, détenteur des droits fondamentaux humains avec des opinions et des
sentiments qui lui sont propres. L'enfant dispose aussi du droit à la liberté de
pensée, de conscience et de religion (art. 14 -1 ;
2. Le droit à une identité
La Convention des droits de l'enfant reconnaît expressément l'obligation des Etats
de prémunir l'identité de l'enfant, y compris son nom et sa nationalité. Pour
garantir les droits qui lui sont reconnus, l'identité de l'enfant doit être protégée.
Même si l'enfant est un adulte en devenir, il ne peut survivre sans la présence
d'adultes à ses côtés. Le milieu familial est, en principe, le plus favorable à son
épanouissement: c'est au sein de cette famille que l'enfant recevra l'aide, la
protection et l'équité dont il a besoin pour devenir adulte. Il est donc important
d'assurer l'équilibre familial (I), et c'est à l'Etat qu'incombé cette obligation.
La Convention des Nations Unies fait mention à plusieurs reprises de la famille.
Pour elle, la famille joue un rôle important dans la vie de l'enfant, en ce qu'elle lui
permet un développement sain et normal130. La conception de la famille n'est
plus la même, elle n'est plus soumise au pater potestas Désormais l'enfant a des
droits dans la famille.
 L'obligation pour l'Etat de maintenir cet équilibre
Les Etats doivent respecter les responsabilités, les devoirs et les droits reconnus
aux parents ainsi qu'aux tuteurs légaux (art. 17 - 19 de la CIDE). Cependant,
lorsque les parents et la famille, au sens large, ou les personnes ayant à leur charge
l'enfant, ne peuvent plus remplir leur rôle, l'Etat intervient pour protéger l'enfant,
et va contrôler l'exercice des droits parentaux, voire les suppléer.
Il y a une diversité et une spécificité des acteurs. En effet, la pluralité des
techniques qui sous-tendent les droits des mineurs implique la participation à la
mise en œuvre de ces droits d'un nombre d'acteurs plus important que pour un
sujet de droit adulte.
Il ne s'agit pas ici d'étudier les acteurs judiciaires et parajudiciaires du droit des
mineurs, tels que le juge les enfants nu h Protection judiciaire de la jeunesse. Dans
le cadre de cette introduction, seuls seront envisagés ici des acteurs particuliers
du droit des mineurs qui ne trouvent pas d'équivalents dans le monde des adultes.
En France, l'on distingue les acteurs institutionnels et les acteurs privé.
§ 3 . Les acteurs institutionnels
L'Aide sociale à l'enfance ;
L'observatoire National de l'enfant en danger (ONED) et des Observatoires
départementaux de la protection de l'enfant (ODED) ;
Le Défenseur des enfants ;
Parlement des enfants ;
Conseils municipaux des jeunes.
I. Les parents de l'enfant
Les parents jouent évidemment un rôle essentiel dans la mise en œuvre des droits
de l'enfant. Ce rôle est double puisque les parents représentent l'enfant dans
l'exercice des droits dont il est titulaire et qu'ils sont eux-mêmes titulaires de droits
dont la finalité est la protection et l'éducation de l'enfant.
II. L'avocat de l'enfant
Depuis l'entrée en vigueur de la CIDE, de nombreux avocats se sont mobilisés
pour assister les mineurs dans les procédures les concernant a tel point que l'on a
pu écrire que « l'avocat de l'enfant est né avec la CIDE ». Les avocats ont fait de
la défense des mineurs une « spécialisation » qui est désormais reconnue en
pratique et par la profession, à défaut de faire l'objet d'une reconnaissance
officielle. Certaines assises permettent de considérer que les avocats ont créé et
organisé un 'véritable groupe d'avocats spécialisés dans la défense des mineurs'.
1. La désignation de l'avocat
Lorsque le mineur est entendu ou partie dans la procédure, une disposition
particulière prévoit qu'il doit ou peut être assisté par un avocat.
La désignation de l'avocat de l'enfant peut être le fait de plusieurs personnes. Non
seulement le mineur peut lui-même demander à ce qu'un avocat soit désigné pour
défendre ses intérêts, mais ses représentants légaux et le juge dans certaines
hypothèses sont susceptibles d'intervenir en ce sens. Il serait toutefois souhaitable
que lorsqu'il est capable d'agir en justice, le mineur se voit systématiquement
désigner un défenseur.
Ce choix, fait par le mineur ou ses représentants légaux, est libre. Néanmoins,
dans l'intérêt du mineur, une orientation de ce choix vers un avocat spécialisé
paraît préférable. Une information des mineurs et de leurs parents sur l'existence
et les avantages de ces avocats spécialisés est donc particulièrement nécessaire.
Lorsque la désignation de l'avocat est de la compétence du magistrat, le choix du
défenseur est confié au Bâtonnier lequel désigne, selon la Charte de l'avocat
d'enfant, un avocat spécialisé dans la défense des mineurs.
2. Le mandat de l'avocat du mineur
Lorsque le mineur se voit reconnaître la capacité d'agir en justice, il se voit
également reconnaître la capacité de mandater un avocat pour défendre ses
intérêts dans la procédure. Le fait que l'avocat du mineur ne soit pas directement
désigné ce dernier ne paraît pas constituer un obstacle à la reconnaissance d'un
mandat entre le mineur et l'avocat.
3. La mission de l’avocat du mineur
La mission de représentation de l'avocat du mineur est fondée sur la représentation
de la volonté d'un sujet de droit capable d'ester en justice et de ce fait bénéficiaire
du principe du contradictoire. L'avocat est chargé de veiller au respect de garanties
générales découlant du statut de partie. Il vérifie également l'application des
dispositions spécifiques aux mineurs. C'est pourquoi la défense de l'enfant doit
être assurée par un avocat, d'autant que le mineur est ignorant des mécanismes
judicaires les plus simples. L'avocat est ainsi le principal élément de la
participation de l'enfant aux procédures le concernant, et « son particularisme est
bien plus lié au statut procédural du mineur qu'à la minorité de son client ».
Il est essentiel de rappeler que l'avocat de l'enfant défend la volonté de celui-ci et
non son intérêt. L'avocat du mineur, plus encore que le juge ou les parents de
l'enfant, doit éviter le « paternalisme juridique » et ne pas décider à sa place.
La mission de l'avocat consiste à assurer la présence du mineur au cœur du conflit
et à faire comprendre la primauté de ses droits à ceux qui s'expriment sur l'enfant.
La minorité du client de l'avocat ne justifie pas une transformation de sa mission.
Ainsi, face à une confrontation entre l’intérêt et la volonté du mineur, l'avocat est
tenu de par sa profession, de donner priorité à la volonté du mineur. C'est la raison
pour laquelle, seul le mineur doué de discernement est susceptible d'exercer ses
droits procéduraux dont celui le désigner un avocat pour le défendre dans la
procédure. Toutefois, si l'avocat n'est, et ne doit être, que l'avocat de l'enfant, ii lui
appartient de prendre contact avec les parents pour les avertir de sa désignation et
leur expliquer son rôle.
L'avocat de l'enfant n'hésite pas à sortir de son cabinet et se rendre dans le lieu de
vie du jeune (foyer, hôpital), ce qui lui permet de créer un lien indispensable avec
le jeune en souffrance. L'avocat de l'enfant a souvent un rôle de l'ordre de la
médiation dans la mesure où il peut constituer l'interlocuteur privilégié des divers
acteurs, dans la mesure où sa parole est entièrement son secret professionnel
absolu.
4. Nécessité d'une formation spécifique
L'avocat du mineur est susceptible de se heurter à des difficultés de deux ordres :
11 risque, d'une part, de se trouver confronté à un mineur dont la situation exige
des compétences psychologiques pour le comprendre et l'assister.
Il est amené, d'autre part, à appliquer des règles procédurales spécifiques et à
exercer son activité dans un cadre socio-éducatif.
La formation de l'avocat du mineur vise à la fois à améliorer ses rapports avec
l'enfant et à faciliter son action dans le cadre de procédures particulières. L'avocat
peut éprouver certaine difficultés à trouver sa place dans le débat judiciaire relatif
aux mineurs. Le remède réside dans l'établissement d'une égalité avec les autres
intervenants à propos de la connaissance du dossier et des solutions susceptibles
d'être appliquées. Une telle position dans la procédure passe par une culture
institutionnelle complète tant au niveau judiciaire que social et administratif.
La formation au droit des mineurs procède nécessairement d'un choix de l'avocat.
L'effort qu'elle exige ne peut être, que s'il est librement choisi. Cependant, dans
l'intérêt des mineurs, cette formation doit être exigée de tout avocat désirant
défendre les enfants. Il en va ainsi dans la plupart des Barreaux qui ont mis en
place des avocats spécialisés dans la défense des mineurs.
DEUXIEME PARTIE : LE DROIT DE LA PROTECTION DE
L'ENFANT EN RD CONGO
Traiter de « la protection de l'enfant », ou mieux, du « Droit de la protection de
l'enfant » en RD Congo, c'est, estimons-nous, penser à toute les problématiques
relatives au « Droit des mineurs » dans ce pays aux légendaires variétés notables
dimensions continentales.
 Siège de la matière
C'est bien entendu la Loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de
l'enfant35. La complexité de la matière sous examen fait planer sur bien des esprits
mille et une questions relatives à la nature et à la facture de la LPPE. Outre la
méthode juridique, l'approche sociologique et anthropologique permettent, non
seulement de mettre en relief la logique qui sous-tend ce texte, mais aussi la
problématique relative à sa mise en œuvre effective.
Deuxièmement, la Constitution du 18 février 2006 en son article 123, point 16,
la République Démocratique du Congo dont la population accorde une place
centrale à l'enfant en tant que renouvellement de l'être et de la vie, s'est résolument
engagée dans la voie de faire de la protection de l'enfant.
 Agencement de la LPPE
Cette loi comporte cinq titres, répartis en 202 articles :
- Titre I : Des dispositions générales.
- Titre II : De la protection sociale de l'enfant.
- Titre III : De la protection judiciaire de l'enfant.
- Titre IV : De la protection pénale de l'enfant.
- Titre V : Des dispositions transitoires, abrogatoires et finales.
Ce chapitre aborde les orientations essentielles de la législation congolaise
relative à l'administration de la justice pour mineurs avant la LPPE (section 1) et
la protection de l'enfant à la lumière de la LPPE (section 2).
Il convient de noter qu'avant l'adoption de la loin0 01/009 du 10 janvier 2009
portant protection de l'enfant, les orientations fondamentales congolaises sur
l'administration de la justice pour les enfants étaient traduites par le décret du 6

35
Loi n° 09/001 du 10 Janvier 2009 portant Protection de l'Enfant in J.ORDC, n° spécial, Kinshasa, 2009.
décembre 1950 relatif à l'enfance délinquante. Les points proéminents de ce
décret, que la loi de 2009 a intégrés et complétés, sont :
 La consécration de la présomption irréfragable d'irresponsabilité pénale
pour les personnes âgées de moins de 18 ans reconnues avoir commis des
faits infractionnels. La majorité pénale fixée à 18 ans en 1950, fut rabaissée
par l'Ordonnance Loi du 4 juillet 1978 à 16 ans.
 L'institution d'une juridiction spécifique pour les enfants au niveau du
district présidée par le juge de district. Plus tard, cette compétence fut
dévolue aux tribunaux de paix à travers sa chambre d'enfance délinquante.
 Le remplacement des peines par des mesures de garde, d'éducation et de
préservation comme une conséquence la consécration de la présomption
irréfragable d'irresponsabilité pénale. Ainsi les mesures suivantes
remplaçaient les peines.
1 ° la réprimande et la remise de l'enfant à ses parents avec injonction de mieux
le surveiller à l'avenir ;
2° te placement jusqu'à la 21e année auprès d'une personne ou d'une société ou
institution de charité ou d'enseignement public ou privé ;
3° la mise à ta disposition du gouvernement pour être interné dans un
Etablissement de garde et d'éducation de l'Etat (EGEE)™.
Les faits donnant lieu à l'application de ces mesures de garde étaient les suivants
: le vagabondage et la mendicité, l'indiscipline ou l'inconduite notoire avec plainte
en correction paternelle, la débauche, les jeux de hasard, tes trafics, la prostitution,
les faits infractionnels ou manquements. Il en résulte que l'enfance délinquante
englobait non seulement les faits infractionnels, mais aussi les actes de déviance
des enfants.
L'institution de la liberté surveillée pour les mineurs non mis à la disposition du
gouvernement, c'est-à-dire non internés dans un EGEE.
L'institution des délégués à la protection de l'enfance pour assurer la surveillance
des enfants placés en liberté surveillée.
L'institution d'une procédure spéciale marquée par une enquête médico-sociale
obligatoire et préalable à la prise de toute mesure, même provisoire.
La reconnaissance au juge de la faculté de garder des mineurs vicieux pendant
deux mois au maximum dans une prison sous un régime spécial.
La révision par le juge des mesures prises à l'égard de l'enfant tous les trois ans.
L'organisation des voies de recours (appel et cassation) contre les décisions du
juge des enfants, l'opposition n'étant pas admise pour l'enfant et le Ministère
public.
 Le rabaissement de la majorité pénale à 16 ans par l'ordonnance-loi du 4
juillet 1978, a créé une distorsion entre la législation congolaise et la
Convention relative aux droits de l'enfant ainsi que la Charte africaine des
droits et du bukavu la ratification, par la RD Congo, de ces deux
instruments juridiques internationaux. Car ces instruments internationaux
définissaient l'enfant comme étant tout individu âgé de moins de 18 ans.
Par ailleurs, la Constitution de la RD Congo du 18 février 2006 prévoyait des
dispositions spécifiques sur l'enfant, notamment à son article 41 qui dispose : «
L'enfant mineur est toute personne, sans distinction de sexe, qui n'a pas encore
atteint 18 ans révolus. Tout enfant a le droit de connaître les noms de son père et
de sa mère. Il a également le droit de jouir de la protection de sa famille.
Et dans la pratique judiciaire, les magistrats du parquet exerçaient des poursuites
pénales contre les enfants âgés de 16 ans considérés comme des majeurs sur le
plan pénal, les plaçant en détention notamment sous mandat d'arrêt provisoire
dans les cachots et amigos dans les mêmes conditions que les adultes. Et les
tribunaux pénaux ordinaires prononçaient notamment des peines de servitude
pénale contre les enfants âgés de 16 ans. Ces derniers se retrouvaient ainsi en
prison, mélangés avec des condamnés adultes. Pour leur part, les organisations de
défense des droits de l'enfant s'insurgeaient contre ces pratiques judiciaires et
pénitentiaires qu'elles estimaient contraires aux standards internationaux.
En même temps, on assistait au développement dans la société congolaise, de
nombreuses situations où plusieurs enfants exposés à la marginalité, avaient
besoin des mesures de protection sociale. Ainsi en était-il des enfants « shegués
» ou de « phaseurs » {enfants dans la rue et « de la rue »), enfants accusés de
sorcellerie, enfants travaillant dans des mines ou exploités économiquement et
enfants soldats...
L'abandon et la maltraitance des enfants, notamment la pédophilie, les abus
sexuels ainsi que l'accusation de sorcellerie sont prohibés et punis par la loi. Les
parents ont le devoir de prendre soin de leurs enfants et d'assurer leur protection
contre tout acte de violence tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du foyer.
Les pouvoirs publics ont l'obligation d'assurer une protection aux enfants en
situation difficile et de déférer, devant la justice, les auteurs et les complices des
actes de violence à l'égard des enfants. Toutes les autres formes d'exploitation
d'enfants mineurs sont punies par la loi ».
Les dispositions générales de la LPPE portent essentiellement sur l'objet, les
définitions et les principes fondamentaux de protection de l'enfant.
Précisé à son article 1er, l'objet de la LPPE est de déterminer les principes
fondamentaux relatifs à la protection et à la promotion des droits de l'enfant en
RD Congo et ce, conformément aux articles 122, point 6144, 123, point 16145 et
149, alinéa 5148 de la Constitution.
 Les définitions légales
Le mot prend sens dans son contexte d'emploi, dit-on. Aussi, les notions et
locutions suivantes trouvent-elles une explication dans la LPPE en son article 2.
1. Enfant : toute personne âgée de moins de dix-huit ans.
2. Enfant déplacé : l'enfant non accompagné de ses parents ou tuteurs, qui a été
contraint de quitter son milieu de vie par suite de la guerre, de catastrophes
naturelles ou d'autres événements graves et s'est installé dans un autre endroit à
l'intérieur du pays où il réside.
3. Enfant réfugié : l'enfant qui a été contraint de fuir son pays en franchissant
une frontière international et qui demande le statut de réfugié ou toute autre forme
de protection internationale.
4. Enfant en situation difficile : l'enfant qui ne jouit pas de ses droits
fondamentaux et n'a pas accès aux services sociaux de base tels que la santé,
l'alimentation et l'éducation.
5. Enfant en situation exceptionnelle : l'enfant en situation de conflits armés, de
tensions ou de troubles civils, de catastrophes naturelles et de dégradation sensible
et prolongée des conditions socio-économiques.
6. Enfant avec handicap physique ou mental : l'enfant se trouvant dans une
situation qui peut constituer un obstacle ou une difficulté à l'expression normale
de toutes ses facultés physiques ou mentales, notamment les fonctions cognitives,
le langage, la motricité et les performances sociales.
7. Enfant séparé: l'enfant séparé de ses père et mère ou de la personne qui
exerçait sur lui l'autorité parentale.
8. Assistant social : un agent de l'Etat ou d'un organisme agréé, spécialisé dans
la résolution des problèmes liés aux relations humaines afin d'améliorer le bien-
être général. Il œuvre à la promotion de bonnes mœurs.
9. Entant en conflit avec la loi : l'enfant âgé de quatorze à moins de dix-huit ans,
qui commet un manquement qualifié d'infraction à la loi pénale.
10. Discrimination : toute exclusion (toute discrimination} arbitraire dans la
jouissance des droits et des garanties fondées sur la race, la couleur, le sexe, la
langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions de l'enfant, de
ses parents et représentants légaux, l'origine nationale, ethnique, tribale ou sociale,
la fortune, la santé: le handicap physique, l'incapacité, l'âge, l'appartenance à une
minorité nationale, la naissance, la situation familiale ou toute autre situation.
Les principes généraux relatifs à la protection de l'enfant sont édictés à la lumières
des articles 3 à 12 de la LPPE.
Les dispositions de la Constitution du 18 février 2006, que la loi de 2009 fut
adoptée. La Constitution, art, 122, points : Sans préjudice des autres dispositions
de la présente Constitution, la loi fixe les règles concernant : 6 : La détermination
des infractions et des peines qui leur sont applicables, la procédure pénale,
l'organisation et le fonctionnement du pouvoir judiciaire, la création de nouveaux
ordres de juridictions, le statut des magistrats, le régime juridique du Conseil
supérieur de la magistrature. La « Constitution, art. 123, point 16 : Sans préjudice
des autres dispositions de la présente Constitution, la loi fixe les règles concernant
l’enfant vulnérable. La Constitution prévoit dans son art. 149, alinéa 5 : la loi
peut créer des juridictions spécialisées.
L'enfant est défini dans la CIDE, article 1er comme « tout être humain âgé de
moins de 18 ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation
qui lui est applicable ». La CADBE, article 2 et la LPPE, article 2,1 définissent
l'enfant comme étant : « toute personne âgée de moins de dix-huit ans ».
III. principe de territorialité
Les dispositions de la LPPE sont applicables à tout enfant vivant sur le territoire
national, sans aucune discrimination (3).
Tous les enfants sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection (art.
4).
Tout acte discriminatoire à l'égard des enfants est interdit (art. 5). Au sens de la
LPPE, la discrimination s'entend de toute exclusion (toute discrimination)
arbitraire dans la jouissance des droits garantis par la présente loi, fondées sur la
race, la couleur le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes
autres opinions de l'enfant, de ses parents et représentants légaux, l'origine
nationale, ethnique, tribale ou sociale, la fortune, la santé, le handicap physique,
l'incapacité, l'âge, l'appartenance à une minorité nationale, la naissance, la
situation familiale ou toute autre situation.
IV. Principe de l'intérêt supérieur de l'enfant
L'intérêt supérieur de l'enfant doit être une préoccupation primordiale dans toutes
les décisions et mesures prises à son égard. Par intérêt supérieur de l'enfant, il faut
entendre le souci de sauvegarder et de privilégier à tout prix ses droits. Sont pris
en considération, avec les besoins moraux, affectifs et physiques de l'enfant, son
âge, son état de santé, son milieu familial et les différents aspects relatifs à sa
situation (art. 6).
V. Principe du respect de l'opinion de l'enfant
Tout enfant capable de discernement a le droit d'exprimer son opinion sur toute
question l'intéressant, ses opinions étant dûment prises en considération, eu égard
à son âge et à son degré de maturité (art. 7).
VI. Principe de la diversification des mesures de protection de l'enfant
Outre la procédure judiciaire, il est prévu le recours à l'accompagnement
psychosocial et à la médiation en tant que mécanismes de résolution à l'amiable
des questions concernant l'enfant en conflit avec la loi (art. 8).
VIL Principe de l'interdiction de certaines peines dont te peine capitale
Aucun enfant ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants. La peine de mort et la servitude pénale à perpétuité ne
peuvent être prononcées pour les infractions commises par un enfant (art. 9).
La LPPE incrimine les actes de torture infligés à l'enfant à son article 151 et 152.
Article 151 de la LPPE : Le fait de soumettre un enfant à la torture est puni de un
à cinq ans de servitude pénale et d'une amende de cinq cents mille à un million
de francs congolais. Il faut entendre par torture, tout acte par lequel une douleur
ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement
infligées à une personne aux fins notamment de:
1. obtenir d'elle ou d'une tierce personne des renseignements ou des aveux ;
2. la punir d'un acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée
d'avoir commis ;
3. l'intimider ou faire pression sur elle, intimider, faire pression sur une tierce
personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle
qu'elle soit, lorsqu'une telle douleur ou de telles souffrances ; de la fonction
publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou è son instigation ou
avec son consentement exprès ou tacite.
Article 152 de la LPPE : La peine encourue est la servitude pénale à perpétuité
lorsque les tortures ou les actes de brutalité, de cruauté, d'odieuses souffrances, de
privation ou de séquestration susceptibles de porter atteinte à sa santé physique
ou mentale ainsi qu'à son équilibre affectif et psychologique ont entraîné la mort.
Quant à l'application de la peine de mort à l'enfant, il convient de préciser que
l'alinéa 2 de l'article 9 reprend textuellement les dispositions de l'article 37 litera
a) de la CIDE, reprises ci-dessous : « Les Etats parties veillent à ce que : a) Nui
entant ne soit soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants. Ni la peine capitale ni l'emprisonnement à vie sans possibilité de
libération ne doivent être prononcés pour les infractions commises par des
personnes âgées de moins de dix-huit ans ».
Cela ne devrait pas laisser entendre qu'en RD Congo, la peine de mort peut être
prononcée contre un enfant. En effet, la Convention relative aux droits de l'enfant,
ainsi reproduite en droit interne, constitue un standard minimum de protection de
l'enfant.
Elle laisse aux Etats parties la possibilité dans leurs législations nationales
d'adopter des mesures plus favorables aux enfants. Contrairement aux Etats qui
admettent la responsabilité pénale des personnes âgées de moins de dix-huit ans
parce qu'ils retiendraient un âge plus bas pour définir un enfant (de 12 à 17 ans,
par exemple}, en RD Congo, l'option a été levée depuis le décret du 6 décembre
1950 sur l'enfance délinquante, d'adopter la présomption irréfragable
d'irresponsabilité pénale au bénéfice des personnes âgées de moins de 18 ans. En
vertu de cette présomption, aucune peine ne peut être prononcée à rencontre d'un
enfant.
C'est pourquoi, le législateur de 2009 n'aurait pas dû copier aveuglement cette
disposition de la Convention, li aurait dû simplement exclure la peine de mort tout
comme il avait remplacé « l'emprisonnement à vie » par « l'internement à vie »
VIII. Principe de l'interdiction de privation de liberté de l'enfant
Aucun enfant ne peut être privé de liberté de façon illégale ou arbitraire.
L'arrestation, la détention ou l'internement d'un enfant ne peuvent être décidés
qu'en conformité avec la loi, comme mesure ultime et pour une durée aussi brève.
IX. Principe d'humanité et de proportionnalité.
Tout enfant privé de liberté est traité avec humanité en tenant compte des besoins
des personnes de son âge. Il est séparé des adultes, à moins que l'on estime
préférable de ne pas le faire dans son meilleur intérêt. Il a le droit de rester en
contact avec sa famille par la correspondance et par des visites, sauf circonstances
exceptionnelles (art. 11}.
X. Principe d'accès à l'assistance et de contestation de la détention.
L'enfant privé de liberté a droit, dans un bref délai, à l'assistance gratuite d'un
conseil et à toute assistance appropriée. A le droit de contester la légalité de sa
privation de liberté devant un tribunal pour enfants, et d'obtenir du juge une
décision rapide en la matière (art. 12).
I. Attente des structures appropriées
Aux termes de l'article 199 de la loi, il est précisé qu' : « en attendant l'organisation
des structures appropriées de la protection de l'enfant, celle-ci est assurée
conformément aux mécanismes en vigueur non contraires à la présente loi ».
Il s'agit des mécanismes prévus par le décret du 6 décembre 1950 sur l'enfance
délinquante, qui ne sont pas contraires à la loi de 2009. Il en est ainsi des anciens
EGEE, des centres de prises en charge des enfants comme le CSK. Ces structures
devraient continuer à fonctionner en dépit de l'entrée en vigueur de la loi de 2009.
Par contre, les pavillons IX et X de la Prison centrale de Makala paraissent
contraires à la loi de 2009.
II. Compétence transitoire des tribunaux de paix et de grande instance
L'article 200 de la LPPE dispose que les tribunaux de paix et les tribunaux de
grande instance restent compétents à connaître respectivement en premier et
second ressort des affaires qui relèvent de la compétence des tribunaux pour
enfants qui seront installés et fonctionneront au plus tard dans les deux ans qui
suivent la promulgation de la présente loi.
Dans les territoires et villes où les tribunaux pour enfants ne sont pas toujours
installés alors que la loi aura bientôt 15 ans, ce sont les tribunaux de paix et de
grande instance, respectivement, qui exerceront les compétences que la loi de
2009 reconnaît à ces tribunaux. C'est par exemple le tribunal de paix qui enverra
les dossiers en comité de médiation ou qui ordonnera le placement social prévu à
l'article 63 de la loi, etc.
La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant a abrogé le
décret du 06 décembre 1950 sur l'enfance délinquante. Par rapport au Décret de
1950 sur l'enfance délinquante150, la LPPE a introduit plusieurs innovations (§ 1
). Pourtant, l'on peut relever d'énormes défis relatifs à la mise en application de la
LPPE (§2).
148 Cet article reprend les dispositions de l'article 37 litera b) de la Convention
relative aux droits de l'enfant, selon lequel : « Nul enfant ne soit privé de liberté
Je façon illégale ou arbitra ire. L'arrestation, la détention ou l'emprisonnement
d'un enfant doit être en conformité avec la loi n'être qu'une mesure de dernier
ressort, et être d'une durée aussi brève que possible ».
Le commentaire fait ci-dessus au sujet de la peine de mort vaut également ici
concernant l'arrestation arbitraire et la détention illégale d'un enfant. En effet, en
République Démocratique du Congo, l'arrestation arbitraire d'un enfant ne peut
relever que d'un abus. C'est pourquoi, la loi l'incrimine à l'article 161.
Un enfant peut, cependant, être arrêté par toute personne conformément aux
dispositions sur la flagrance (article 6 du Code de procédure pénale) ou par un
agent des forces de l'ordre (policiers, gendarmes, militaires en service de l'ordre)
à charge de le conduire auprès d'un officier de police judiciaire ou du ministère
public sans que cette arrestation soit arbitraire.
Tandis qu'en ce qui concerne la détention ou l'internement d'un enfant, les
dispositions légales peuvent concerner la garde d'un enfant avant de le présenter
devant le juge des enfants ou lorsqu'il est l'objet d'une mesure de placement
provisoire ou définitif en milieu fermé. Et à ce sujet, la loi de 2009 incrimine, à
l'article 161, le fait de «détenir ou de faire détenir un enfant par violence, ruses ou
nier.
Ces dispositions concernent le cas d'une arrestation ou d'une détention durant la
phase pré juridictionnelle opérées en conformité avec la loi. De la république
Démocratique du Congo, cependant, cette disposition devrait s'appliquer
également en cas placement provisoire ou définitif d'enfant accusé d'être en conflit
avec la loi dans un établissement fermé.
Il nous semble, cependant, que les conditions de garde à titre provisoire ou
définitif des enfants à la Prison centrale de Makala, respectivement au pavillon IX
pour les filles et au pavillon X pour les garçons, ne répond pas au principe
d'humanité et de proportionnalité.
 Signalons que la nouvelle loi, la LPPE a apporté beaucoup
d'innovations, notamment :
1. L'organisation de la protection sociale de l'enfant. La protection sociale de
l'enfant est organisée en plus de la protection judiciaire (titre II de la loi) ;
2. La mendicité et le vagabondage sont passés des faits de délinquance juvénile
ou infantile à des situations difficiles dans lesquelles se trouvent les enfants et qui
nécessitent des mesures spéciales de protection de la part de l'Etat de type social
et non plus judiciaire (article 62);
3. Le placement social de l'enfant est institué et organisé dans sa famille élargie,
dans la famille d'accueil ou dans un foyer autonome (articles 63, 64, 65 et 66);
4. L'institution d'une assistance par l'Etat aux parents incapables d'assurer la
survie de leur enfant (article 69) ;
5. L'institution du devoir de l'Etat de subvenir aux besoins sanitaires et
alimentaires de l'enfant vivant avec son ou ses parents emprisonnés (article 70) ;
6. La création du corps des assistants sociaux parmi les organes de la protection
sociale de l'enfant en tant que structure technique du ministère des Affaires
sociales (articles 74 et76) ;
7. La création d'une brigade spéciale de protection de l'enfant parmi les organes
de protection sociale,
8. La fixation de la majorité pénale à 18 ans contrairement au décret du 06
décembre 1950 sur l'enfance délinquante qui la prévoyait, après sa modification
par l'ordonnance du 4 juillet 1978, à 16 ans (article 2} ;
9. La création dans chaque territoire et dans chaque ville d'an moins un tribunal
pour enfants qui, en tant que juridiction spécialisée, ne traitera que les affaires des
enfants contrairement aux tribunaux de paix: qui étaient des juridictions ordinaires
(articles 84 et 200} ;
10. L'institution de la présomption irréfragable d'absence de discernement de
l'enfant à 14 ans (article C5;-
11. L'institution des procédures extrajudiciaires en l'occurrence, la médiation
pour des faits bénins afin d'éviter à l'enfant les inconvénients d'une procédure
judicaire (articles 132 à 142) ;
12. L'interdiction et l'incrimination de l'enrôlement et de l'utilisation des enfants
dans les groupes, et forces armés ainsi que dans la police (articles 71 et 187) ;
13. L'incrimination de l'abstention de porter des soins à une femme en instance
d'accouchement (article 146) ;
14. L'interdiction et l'incrimination de la torture sur un enfant (article 151) ;
15. L'interdiction et l'incrimination de la mutilation sexuelle sur un enfant (article
154} ;
16. L'incrimination de l'accusation de sorcellerie contre un enfant (article 160) ;
17. L'incrimination de la contamination délibérée d'une infection sexuellement
transmissible à un enfant (article 111},
18. L'incrimination du délaissement d'enfants (article 190} ;
19. L'incrimination de la non-dénonciation des violences faites à l'enfant (article
192} ;
20. L'incrimination de l'abstention de porter secours à l'enfant en danger (articles
191 et 193) ;
21. L'incrimination du refus de donner des soins préventifs à l'enfant (article 195)
;
22. L'incrimination du fait d'exiger des frais scolaires autres que ceux prévus par
les textes légaux et réglementaires (article 197).
La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant semble être, à
certains égards, un programme à accomplir et exprime la politique de l'Etat
congolais dans le domaine de la protection de l'enfant. Les structures prévues et
les textes réglementaires d'application sont à mettre en place ou à élaborer.
1. L'installation effective des tribunaux pour enfants dans l'ensemble du territoire
national dans chaque territoire et dans chaque ville et la formation des magistrats
spécialisés, qui y seront affectés.
2. La formation des assistants sociaux et leur affectation dans les tribunaux pour
enfants.
3. La création ou la réhabilitation des structures de prise en charge des enfants
en situation difficile (placement dans une institution) ou en conflit avec la loi.
4. L'éradication des systèmes parallèles de détention illégale des enfants au
niveau des commissariats et des parquets.
5. L'installation effective des unités spécialisées de la Brigade de protection de
l'enfant ;
6. L'installation effective du comité de médiation sur toute l'étendue du territoire
national et la formation de ses membres pour mettre en œuvre la procédure de
médiation dans la justice pour les enfants.
La loi de 2009 a prévu neuf arrêtés d'exécution et quatre décrets du premier
ministre délibéré en conseil des ministres.
1. Les arrêtés ministériels et interministériels
a) L'arrêté du ministère du travail relatif aux travaux légers et salubres (art. 54).
Il est déjà en vigueur. .
b) L'arrêté du Ministre des Affaires Sociales portant réglementation du
placement social (art. 63). Il est déjà en vigueur.
c) L'arrêté interministériel (Ministre de la Femme, Famille et Enfant et du
Ministère des Affaires sociales) sur l'assistance de l’Etat aux parents incapables
d'assurer la survie de leur enfants (art. 69}. H n'est pas encore en vigueur.
d) L'arrêté du Ministre de la Justice portant protection d'un enfant accompagnant
un parent emprisonné (art. 70). Il n'est pas encore en vigueur.
e) L'arrêté du Ministre des Affaires Sociales portant création d'un corps des
assistants sociaux (art, 76). L'arrêté du Ministre de l'Intérieur portant organisation
et fonctionnement de la Brigade spéciale de protection de l'enfant (art. 77). Il n'est
pas encore en vigueur,
g) L'arrêté interministériel (Ministre de la Femme, Famille et Enfant et celui de
l'enseignement primaire, secondaire et professionnelle) portant création d'un
parlement et des comités des enfants (art. 83).
h) L'arrêté du Ministre de la Justice portant regroupement de deux ou plusieurs
ressorts des tribunaux pour enfants (art. 85). Il est déjà en vigueur,
i) L'arrêté interministériel (du Ministre de la Justice et du Ministre de la Famille,
Famille et Enfant) fixant l'organisation et le fonctionnement du comité de
médiation (art. 135). Il est déjà en vigueur, mais la modification n'est pas encore
signée par le Ministre de la Justice.
2. Les décrets du Premier ministre
a) Le décret du 1 er Ministre, sur proposition du Ministre de la Femme, Famille
et Enfant portant organisation du Conseil National de l'Enfant (art. 75).
b) Le décret du 1 Ministre fixant les sièges ordinaires et la compétence
territoriale des tribunaux pour enfant (art. 84 et 200). Il est déjà en vigueur.
c) Le décret du 1er Ministre fixant l'organisation et le fonctionnement des
Etablissement de garde et d'éducation de l'Etat (art. 108 et 113). Il n'est pas encore
en vigueur.
d) Le décret du 1 Ministre fixant l'organisation et le fonctionnement des
Etablissements de Rééducation de l'Etat (art. 117). Il n'est pas encore en vigueur.
De la Déclaration de 1924 sur les Droits de l'enfant l'on retiendra, entre autres,
que : l'humanité se doit de (donner a l’enfant le meilleur d'elle-même. C'est dire
que l'enfant a des droits (section 1) et, Selon la LPPE, cet enfant a aussi des devoirs
(section 2).
1) Le droit à la vie, à une enfance saine et épanouie (art. 13 de la LPPE et 6 de
la CIDE).
2) Le droit de l'enfant à un nom, une nationalité et à une identité (art. 14 et 15
de la loi et 7 et 8 de la CIDE.
3) Le droit de l'enfant à être enregistré à l'état civil dans les 90 jours de sa
naissance (art. 16 de la LPPE et art. 7 de la CIDE).
4) Le droit de l'enfant à un milieu familial (art. 17 de la LPPE et art, 9 et 10 de
la CIDE),
5) Le droit de l'enfant à l'adoption (art. 18 à 20 de la LPPE et 21 de la CIDE).
6} Le droit de l'enfant à jouir du meilleur état de santé possible (art. 21 de la
LPPE et 24 de la CIDE).
7) Le droit de l'enfant de bénéficier de la sécurité sociale (art. 22 de la LPPE
et 26 de la CIDE).
8) Le droit de l'enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son
développement intégral (art. 23 de la LPPE et 27 de la CIDE}.
9) Le droit de l'enfant à l'éducation à la vie (art. 24 de la LPPE).
10) Le droit de l'enfant à la pension alimentaire (art. 25 de la LPPE).
11) Le droit de l'enfant à la liberté de pensée, de conscience et de religion (art.
26 de LPPE et 14 de la CIDE).
12) Le droit de l'enfant à la liberté d'expression (art. 27 de la LPPE et 13 de la
CIDE),
13) Le droit de l'enfant à l'information (art. 28 de la LPPE et 17 de la CIDE).
14) Le droit de l'enfant à la liberté d'association et de réunion pacifique (art. 29
de la LPPE et 15 de la CIDE}.
15) Le droit de l'enfant au respect de sa vie privée, d'être protégé contre toute
immixtion dans sa vie privée et contre les atteintes illégales à son honneur et à sa
réputation (art. 30 de la LPPE et 16 de la CIDE).
16) Le droit de l'enfant de vivre avec ses deux parents (art. 31 de la LPPE et 18
de la CIDE).
17) Le droit de l'enfant capable de discernement d'être entendu en présence de son
conseil (art. 32 de la LPPE).
18) Le droit de l'enfant capable de discernement d'être entendu à huis clos en
présence de son conseil (art. 33 de la LPPE
19) Le droit de l'enfant dont les parents ou l'un d'eux sont absents, en détention ou
en exil, emprisonnés, expulsés ou morts d'avoir des renseignements essentiels sur
le lieu où se trouvent le ou les membres de sa famille (art. 34 de la LPPE).
20) Le droit de l'enfant séparé de ses parents ou de l'un d'eux de garder des
relations personnelles avec ceux-ci ainsi qu'avec les autres membres de sa famille
(art. 35 de la LPPE).
21) Le droit de l'enfant séparé de sa famille à la réunification familiale (art. 36 de
la LPPE).
22) Le droit de l'enfant d'être protégé contre le déplacement et/ou la rétention
illicite à l'étranger, perpétré par un parent ou un tiers (art. 37 de la LPPE}.
23) Le droit de l'enfant à l'éducation (art. 38 de la loi et art. 28 et 29 de la CIDE).
24) Le droit de l'enfant de ne pas faire l'objet de mesure discriminatoire en matière
d'éducation (art. 39 de la LPPE). 25} Le droit de l'enfant placé dans une institution
de grade ou de rééducation à la protection sanitaire, physique, morale, psychique
et psychologique ainsi qu'à l'assistance sociale et éducative (art. 40 de la LPPE).
26) Le droit de l'enfant déplacé, réfugié à la protection, à l'encadrement et à
l'assistance humanitaire (art. 41 de la LPPE et 22 de la CIDE),
27) Le droit de l'enfant vivant avec handicap physique ou mental à la protection,
aux soins médicaux spécifiques, à une éducation, à une formation, à la rééducation
et aux activités récréatives ainsi qu'à la préparation à l'emploi (art. 42 de ia LPPE
et 23 de la CIDE).
28) Le droit de l'enfant surdoué à une protection spéciale de l'Etat (art. 43 de la
LPPE).
29) Le droit de l'enfant à un environnement sain et propice à son épanouissement
intégral, aux activités sportives, culturelles et récréatives (art. 44 de la loi).
1. obéir à ses parents, respecter ses supérieurs, les personnes âgées et celles de
son âge en toute circonstance, les assister en cas de besoin ;
2. aller à l'école ;
3. respecter les droits, la réputation et l'honneur d'autrui, les lois et les règlements
du pays ;
4. respecter son identité, les langues et les valeurs nationales ;
5. respecter l'environnement, les biens et lieux publics et promouvoir la qualité
de vie pour tous ;
6. œuvré pour la cohésion de sa famille et pour le bien de la communauté et de
la nation dans la mesure de ses capacités ;
7. œuvré au respect des droits humains et des droits de l'enfant ;
8. œuvrer la sauvegarde de la santé et de la moralité publiques ;
9. Contribuer à la préservation et au renforcement de la solidarité de la
communauté et de la nation ;
10. contribuer en toutes circonstances et à tous les niveaux à la promotion des
valeurs citoyennes et démocratiques, notamment la culture de la paix, la tolérance,
le dialogue, l'unité et l'indépendance nationale ;
11. saisir toutes les opportunités positives qui lui sont offertes par ses parents, sa
famille, sa communauté, l'Etat ainsi que la communauté internationale pour son
développement intégral.
TITRE II : DE LA PROTECTION SOCIALE DE L'ENFANT
La LPPE consacre aux articles 46 à 83 trois modalités de protection sociale, à
savoir : la protection ordinaire, la protection spéciale et la protection
exceptionnelle. Elle détermine, en plus, les organes de la protection sociale de
l'enfant en situation ordinaire, difficile et exceptionnelle aux articles 74 à 83.
CHAPITRE 1 : DE LA PROTECTION ORDINAIRE
La LPPE assure la protection ordinaire de l'enfant selon trois procédés ;
l'enfant en famille, l'enfant au travail et l'enfant exposé à toute forme
d'exploitation et de violences.
A. De l'enfant en famille
Certes, il n'est pas aisé, par ces temps qui courent, de très bien cerner la notion de
famille. En effet, « la famille cellule de base de la communauté humaine, est
organisée de manière à assurer son unité, sa habilité et sa protection. Elle est
placée sous la protection des pouvoirs publics » (Constitution, article 40, al. 2). A
propos de la famille, le Code de famille en RD Congo, Livre III - De la famille -
, relève les matières relatives au mariage, à la filiation, à l'adoption, à la parenté
et à alliance.
Pour comprendre l'établissement du lien entre l'enfant et sa famille Restreinte ou
élargie), deux notions sont à retenir. Il s'agit de la filiation et de la parenté.
La filiation se définit comme le lien juridique de parenté reliant "enfant à son père
ou à sa mère. S'il est le plus souvent la traduction d'un lien biologique, il n'en va
pas toujours ainsi. Dans certaines hypothèses, la permet en effet l'établissement
d'une filiation qui ne correspond pas à .1 lien biologique entre l'enfant et le parent.
A l'inverse, entre l'enfant et ceux qui lui ont donné la vie, le droit n'accepte de
reconnaître un lien. Juridique que sous certaines conditions.
 Le Code de la famille reconnaît deux types de filiation :
La filiation parle sang, par procréation naturelle ou médicalement assistée. « La
filiation paternelle s'établit par la présomption légale en cas de mariage ou par une
déclaration ou par une action en recherche de paternité».
(Code de la famille, article 601). «La filiation maternelle résulte du seul fait de la
naissance. Elle s'établit soit par l'acte de naissance, soit par une déclaration
volontaire de maternité, soit par une action en recherche de maternité » (art. 595).
L'indication du nom de la mère sur l'acte de naissance de l'enfant suffit à établir
la filiation maternelle » (art. 596). « L'acte de naissance énonce:
1. L'heure si c'est possible, le jour, le mois, l'année et le lieu de naissance, le sexe
de l'enfant et le nom qui lui est donné ;
2. Les noms, l'âge la profession, le domicile et la nationalité des pères et mère ;
3. Le cas échéant, les noms, l'âge, la profession, le domicile et la nationalité du
déclarant autre que le père ou la mère» (art. 118).
 La filiation adoptive, par décision judiciaire au terme du processus
d'adoption. En effet, «l'adoption crée, par l'effet de la loi, un lien de filiation
distinct de la filiation d'origine de l'adopté » (art. 650).
Les conditions particulières à l'adoption internationale [lire les articles 651 et 651
bis - attention à l'adoption d'un enfant en situation exceptionnelle au sens de la
LPPE), 653, 653 bis et s. L'on note donc l'ajout aux conditions d'adoption, des
conditions relatives à l'adoptant.
En d'autres termes, la filiation adoptive est celle qui résulte d'un jugement
d'adoption prononcé par le tribunal compétent au terme du processus d'adoption.
Ce jugement confère à la personne adoptée une filiation qui se substitue à sa
filiation d'origine. L'adopté est considéré à tous égards comme étant l'enfant de
l'adoptant. II entre dans la famille de S'adoptant [art. 677).
Les droits de l'enfant doivent être promus et protégés par des normes juridiques.
La Doctrine Sociale de l'Eglise catholique romaine nous renseigne que le premier
droit de l'enfant est celui de « naître dans une véritable famille. C'est un droit
essentiel que de naître dans une véritable famille ; aucun être humain ne peut se
passer de la famille. Le respect de ce droit fondamental a toujours été
problématique et l'on constate que ce droit connaît de nouvelles formes de
violation dues, entre autres, au développement des techniques génétiques .

Si l'on peut considérer, d'un certain point de vue, que c'est enfant qui fait la
famille, il n'est pas moins vrai aussi que la famille fait enfant. Davantage que le
mineur, principalement caractérisé par son âge, c'est l'enfant, au sens de
descendant et de «petit d'homme» qui doit être envisagé dans ses rapports avec sa
famille.
La famille est le cadre naturel d'épanouissement de l'enfant et il est logique que la
question de ses rapports avec sa famille soit placée en ite d'une étude relative aux
droits des mineurs, il ne s'agit pourtant pas consacrer une partie de cette section
au droit de la famille. Les liens entre l’enfant et sa famille relèvent également du
droit des mineurs au sens où ils fondent la majeure partie des droits de l'enfant,
que celui-ci en directement le sujet, c'est le cas pour la filiation, ou qu'il en soit
seulement l'objet, c'est le cas pour l'autorité parentale. Il faudra, cependant
envisager les rapports du mineur et de sa famille selon l'angle particulier et
subjectif, des droits de l'enfant .
De ce qui précède, nous faisons quelques considérations du droit de la famille qui
rentreraient dans la dynamique de cette étude :
En RD Congo, les époux ne peuvent être que de sexe opposé, le mariage
homosexuel n'étant pas autorisé.
a) En effet, «le mariage est l'acte civil, public et solennel par lequel un homme
et une femme, qui ne sont engagés ni l'un ni l'autre dans les liens d'un précédent
mariage enregistré, établissent entre eux une union légale et durable dont les
conditions de formation, les effets et la dissolution sont déterminés par la présente
loi» (article 330 de Code de la famille).
b) Tout individu a le droit de se marier avec la personne de son choix, de sexe
opposé, et de fonder une famille » (article 334 de code de la famille) .
Le principe de la liberté du mariage est consacré par la Constitution : «Tout
individu a le droit de se marier avec la personne de son choix, de sexe opposé, et
de fonder une famille» (article 40, al. 1er).
Venons-en aux considérations de la LPPE. En effet, l'article 17 de la LPPE relève
que « tout enfant a droit à un milieu familial, cadre idéal où ses besoins matériels,
moraux et affectifs sont pris en compte pour son épanouissement». Dans la LPPE,
la protection de l'enfant en famille est organisée suivant les six procédés suivants
:
1. La détermination du domicile de l'enfant chez ses père et mère ou chez la
personne qui exerce sur lui l'autorité parentale (art. 46).
2. La consécration du droit de l'enfant d'avoir et de connaître ses père et mère
et d'être élevé dans la mesure du possible par eux (art. 47, alinéa 1).
3. L'interdiction faite à tout géniteur d'ignorer son enfant qu'il soit né dans le
mariage ou hors mariage (art. 47, alinéa 2).
4. L'affirmation de l'intérêt supérieur de l'enfant comme principe devant
prévaloir dans l'établissement de la filiation , et dans les contestations y relatives-
fart. 47, alinéa 3).
5. L'interdiction des fiançailles et du mariage d'enfants (art. 48 ; «les
fiançailles et le mariage d'enfants sont interdits »).
6. L'interdiction des pratiques, traditions et coutumes qui portent atteinte au
développement, à la santé et à la vie de l'enfant (art. 49).
B. De l'enfant au travail
Hormis les droits politiques, la Convention reconnaît à tous les enfants, sans
discrimination {art. 2 de la CIDE), des droits fondamentaux, les droits sociaux,
économiques et culturels, li n'existe pas de hiérarchie ces droits de l'homme, tous
les droits reconnus sont indivisibles et interdépendance. Les enfants aussi bien
des pays riches que ceux des pays couvres sont concernés par cette protection, qui
va s'affirmer par des programmes d'aide aux enfants, tant sur le plan alimentaire
que médical et éducatif.
Même si les atteintes aux droits de l'enfant sont plus fréquentes dans les pays sous-
développés, les pays industriels ne sont pas épargnés. Les enfants sont victimes
des conditions sanitaires (épidémie du sida), alimentaires (famine) et politiques
[instabilité politique comme en Somalie). Ils sont également victimes d'autres
abus plus directs et plus graves, tels que l'exploitation de l'enfant.
L'UNICEF a posé neuf critères permettant de qualifier le travail des enfants
d'exploitation. Relève de l'exploitation le travail qui implique :
 un travail à plein temps à un âge trop précoce ;
 trop d'heures consacrées au travail ;
 des travaux qui impliquent des contraintes physiques, sociales et
psychologiques excessives ;
 une rémunération insuffisante ;
 l'imposition d'une responsabilité excessive ;
 un emploi qui entrave l'accès à l'éducation ;
 des atteintes à la dignité et au respect de soi des enfants,
 un travail qui ne facilite pas l'épanouissement social et psychologique
complet de l'enfant ;
 Ce trafic se constate nettement dans les pays sous-développés.

La protection de l'enfant au travail est organisée par la LPPE selon les neuf
modalités suivantes :
1. La fixation de l'âge minimum à l'emploi à 16 ans révolus (art. 50, al. 1er ).
2. La détermination des conditions d'engagement ou de maintien en service
d'un enfant âgé de 15 ans accomplis: l'exigence d'obtenir une dérogation expresse
du juge pour enfants, saisi par l'inspecteur du travail ou toute personne intéressée,
à la demande des parents ou de toute personne exerçant l'autorité parentale ou
tutélaire sur l'enfant, et cela, après avoir obtenu l'avis psycho-médical d'un expert
et de l'inspecteur du travail (art. 50, al. 2 et 3}.
3. La conservation du droit de l'enfant de poursuivre ses études jusqu'à dix-
huit ans, sans préjudice de son emploi (art. 51).
4. L'interdiction pour tout maître, homme ou femme, de loger comme apprenti
[un] enfant (âgé de moins de dix-huit), s'il ne vit en famille ou en communauté
(art.- 52).
5. L'interdiction des pires formes de travail telles que définies à l'article 53, à
savoir :
 toutes les formes d'esclavage ou pratiques analogues, telles que la vente et
la traite des enfants, la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail
forcé ou obligatoire ;
 le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur
utilisation dans les conflits armés ;
 l'utilisation, le recrutement ou l'offre d’un enfant à des fins de
prostitution, de production de matériel pornographique, de spectacles
pornographiques ;
 l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant aux fins d'activités illicites,
notamment pour la production et le trafic des stupéfiants ;
 les travaux qui, par leur nature et les conditions dans lesquelles ils
s'exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la croissance, à la sécurité,
à l'épanouissement à la dignité ou à la moralité de l'enfant.

6. L'exigence de l'engagement ou du maintien en service d'un enfant âgé de


16 ans à moins de 18 ans uniquement pour l'exécution des travaux légers et
salubres déterminés par le ministre ayant le travail dans ses attributions (art. 54).
7. L'interdiction pour un enfant de travailler plus de quatre heures par jour (art.
55, al. 1er).
8. L'interdiction du travail de nuit d'un enfant, soif de 18 heures à 6 heures
{art. 55, al. 2).
9. La reconnaissance du droit de l'enfant à un congé d'au moins un jour
ouvrable par mois entier de service concurremment au congé annuel consacré
dans le Code du travail (art. 56).
En droit positif congolais et précisément à propos de l'enfant au Travail, il
convient d'évoqués quelques dispositions pertinentes de notre Code du travail.
Article 1er :
Le présent Code est applicable à tous les travailleurs et à tous les employeurs y
compris ceux des entreprises publiques exerçant leur activité professionnelle sur
l'étendue de la République Démocratique du Congo, quels que soient la race, le
sexe, l'état civil, la religion, l'opinion politique, l'ascendance nationale, l'origine
sociale et la nationalité des parties, la nature des prestations, le montant de la
rémunération ou le lieu de conclusion du contrat, dès lors que ce dernier s'exécute
en République Démocratique du Congo. Il s'applique également aux travailleurs
des services publics de l'Etat engagés par contrat de travail.
Il ne s'applique aux marins et bateliers de navigation intérieure que dans le silence
des règlements particuliers qui les concernent ou lorsque ces règlements s'y
réfèrent expressément.
Sont exclus du champ d'application du présent Code ; 1. les magistrats : 2. les
agents de carrière des services publics de l'Etat régis par le statut général ; 3. les
agents et fonctionnaires de carrière des services publics de l'Etat régis par des
statuts particuliers ; 4. les éléments des Forces Armées Congolaises, de la Police
Nationale Congolaise et du Service National.

Article 2 :
Le travail est pour chacun un droit et un devoir. Il constitue une obligation morale
pour tous ceux qui n'en sont pas empêchés par l'âge ou l'inaptitude au travail
constatée par un médecin
Le travail forcé ou obligatoire est interdit.
Tombe également sous le coup de l'interdiction, tout travail ou service exigé d'un
individu sous menace d'une peine quelconque et pour lequel ledit individu ne s'est
pas offert de plein gré.

Article 3 :
Toutes les pires formes de travail des enfants sont abolies.

L'expression « les pires formes de travail des enfants » comprend notamment :


 toutes les formes d'esclavage ou pratiques analogues, telles que la vente et
la traite des enfants, la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail
forcé ou obligatoire, y compris le recrutement forcé ou obligatoire des
enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés ;
 l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant à des fins de prostitution,
de production de matériel pornographique de spectacles pornographiques
ou des danses obscènes ;
 l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant aux fins d'activités
illicites, notamment pour la production et le trafic de stupéfiants ;
 les travaux, qui par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils
s'exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité, à la dignité ou
à la moralité de l'enfant.
Article 4 :
II est institué un Comité National de lutte contre les pires formes de travail des
enfants. Ce Comité a pour mission : d'élaborer la stratégie nationale en vue de
l'éradication des pires formes de travail des enfants ; d'assurer le suivi de la mise
en œuvre de la stratégie et d'évaluer le niveau d'application des mesures
préconisées.
DE LA CAPACITE DE CONTRACTER
Article 6 :
La capacité d'une personne d'engager ses services est régie par la loi du pays
auquel elle appartient, ou à défaut de nationalité connue, par la loi congolaise.
Au sens du présent Code, la capacité de contracter est fixée à seize ans sous
réserve des dispositions suivantes :
- a. une personne âgée de 15 ans ne peut être engagée ou maintenue en service
que moyennant dérogation expresse de l'Inspecteur du Travail et de l'autorité
parentale ou tutélaire ;
- b. toutefois l'opposition de l'Inspecteur du Travail et de l'autorité parentale ou
tutélaire à la dérogation prévue au itéra a ci-dessus peut être levée par le Tribunal
lorsque les circonstances ou l'équité le /justifie ;
- c. une personne âgée de 15 ans ne peut être engagée ou maintenue en service
que pour l'exécution des travaux légers et salubres prévus par un arrêté du Ministre
ayant Travail et la Prévoyance Sociale dans ses attributions, pris en application
de l'article 38 du présent Code ;
- d. toute forme de recrutement est interdite sur tout le territoire national ;
- e. à défaut d'acte de naissance, le contrôle de l'âge du travailleur visé aux '.itéras
a et b ci-dessus est exercé selon les modalités fixées par un arrêté du Ministre
avant le Travail et la Prévoyance Sociale dans ses attributions.
3. La protection de l'enfant exposé à toute forme d'exploitation et de
violences
La protection de l'enfant exposé à toute forme d'exploitation et de violences est
organisée suivant les modalités ci-après :
1. La consécration du droit de l'enfant à la protection contre toute forme
d'exploitation et de violences (art. 57, al. 1er).
2. La consécration du devoir des parents et de l'Etat de veiller à ce que la
discipline familiale ou dans les établissements scolaires, les institutions de garde
privées agréées et publiques, soit administrée de telle manière que l'enfant soit
traité avec humanité (art. 57, al. 2 et 3).
3. La protection de l'enfant contre toutes les formes d'exploitation
économique, entendue comme toute forme d'utilisation abusive de l'enfant à des
fins économiques compte tenu du poids du travail par rapport à l'âge de l'enfant,
du temps et de la durée du travail, de l'insuffisance ou de l'absence de la
rémunération, de l'entrave du travail par rapport à l'accès à l'éducation, au
développement physique, mental, moral et social de l'enfant fart. 58).
4. L'interdiction d'utiliser l'enfant dans les différentes formes de criminalité
organisée, y compris l'espionnage, du fait de lui inculquer le fanatisme et la haine,
de l'initier et l'inciter à commettre des actes de violence et de terreur (art. 59).
5. L'interdiction du harcèlement sexuel, sous toutes ses formes, exercé sur
l'enfant (art, 60).
6. La protection de l'enfant, sans préjudice des dispositions du Code pénal,
contre toutes les formes d'exploitation et violences sexuelles et l'interdiction des
faits suivants :
 l'incitation, l'encouragement ou la contrainte d'un enfant à s'engager dans
une activité sexuelle ;
 l'utilisation, le recrutement ou l'offre d'un enfant à des fins de pédophilie ;
 la diffusion de films pornographiques à l'intention des enfants ; l'exposition
de l'enfant à des chansons et spectacles obscènes (art. 61).
La plupart des actes interdits en faveur de l'enfant sont érigés en infraction et punis
pénalement (voir le titre IV de la LPPE consacré à la protection pénale de l'enfant).
Le droit pénal est mobilisé, là, dans son rôle « sanctionnateur » des dispositions
relatives à la protection ordinaire de l'enfant.
§2. PROTECTION SPECIALE
1. Les bénéficiaires de la protection spéciale
Aux termes de l'article 62 de la LPPE, la protection spéciale est assurée à l'enfant
en situation (difficile, tel que défini à l'article 2.4 de la loi, à savoir : l'enfant qui
ne jouit pas de ses droits fondamentaux et qui n'a pas accès aux services sociaux
de base tels que la santé, le logement, l'alimentation et l'éducation.
La LPPE cite, de manière non limitative, les cas d'enfant en situation difficile,
notamment :
1. l'enfant rejeté, abandonné, exposé à la négligence, au vagabondage
et o la mendicité ou trouvé mendiant, vagabond ou qui se livre habituellement au
vagabondage ou à la mendicité ;
2. l'enfant qui, par sa mauvaise conduite ou son indiscipline, donne de graves
sujets de mécontentement à ses parents ou tuteur ou à 1 son entourage ;
3. l'enfant qui se livre à la débauche ou cherche ses ressources dans le jeu ou
dans les trafics ou occupations l'exposant à la prostitution, à la mendicité, au
vagabondage ou à la criminalité ;
4. l'enfant qui manque, de façon notoire et continue, de protection ou ne
fréquente aucun établissement scolaire ou n'exerce aucune activité professionnelle
;
5. l'enfant-habituellement maltraité ;
6. l'enfant exploité économiquement ou sexuellement ;
7. l'enfant accusé de sorcellerie ;
8. l'enfant mère ou porteuse d'une grossesse, objet de maltraitance de la part
de ses parents-ou tuteurs ;
9. l'enfant sans soutien familial ou autre à la suite de la perte de ses parents ou
tuteurs ;
10. l'enfant vivant avec handicap ;
11. l'enfant toxicomane ;
12. l'enfant orphelin ;
13. L'enfant surdoué bénéficie aussi d'une protection spéciale.
1. Les mécanismes de la protection spéciale
La protection spéciale se réalise à travers les mécanismes de tutelle de l'Etat tels-
que prévus par la loi, le placement social et autres mécanismes de prise en charge
appropriés. Le placement social s'effectue par l'assistant social en prenant en
compte l'opinion de l'enfant selon son degré de maturité et son âge. L'assistant
social fait 'apport immédiatement au-juge pour enfants qui homologue ce
déplacement social.
Si l'enfant intéressé est entre les mains de ses parents ou Tuteur, la décision de
placement social est prise par le juge pour enfants sur requête de l'assistant social
. A mots brefs, la protection spéciale se réalise à l'aide des mécanismes suivants :
la tutelle de l'Etat, le placement social et autres mécanismes de prise en charge
appropriés.
A. La tutelle de l’Etat
La tutelle de certains mineurs est déférée à l'Etat. Ces mineurs sont appelés
pupilles de l'Etat (Code de la Famille, art, 237). En effet, les mineurs dont le père
et la mère sont inconnus, les mineurs abandonnés, les mineurs orphelins sans
famille et, le cas échéant, les mineurs dont les auteurs sont déchus de l'autorité
parentale, sont placés sous la tutelle de l'Etat conformément aux dispositions des
articles 246 à 275 du Code de la Famille (cf. art. 239 du Code de la Famille).
Définitions légales :
 Les mineurs de père de mère inconnus : Sont considérés comme mineurs
de père et de mère inconnus, les enfants trouvés ainsi que les mineurs dont
la filiation n'est établie envers aucun de leurs deux auteurs, sauf s'ils ont été
adoptés ou s'ils ont un .père juridique (Code de la famille article 240).
 Les enfants trouvés sont ceux qui, nés de père et mère inconnus, ont été
découverts dans un lieu quelconque [Code de la famille article 241).
 Les mineurs abandonnés sont ceux qui, alors que leur filiation est établie
envers leur père et mère ou envers l'un d'eux, ne sont en fait entretenus et
élevés ni par ceux-ci ou par leurs débiteurs d'aliments, ni par une autre
personne à la décharge de ces derniers [Code de la famille article 242) .
 Les orphelins sans famille sont les mineurs qui n'ont ni père ni mère, ni
aucun parent ou allié connu (Code de la famille article 244).
Sauf les dérogations prévues par la loi la .capacité des pupilles de l'Etat est régie
par les régies ordinaires de la capacité [art. 238 du Code de la Famille). La tutelle
de l'Etat est organisée dans le Code de la famille. Elle est assurée par le Conseil
de tutelle et un tuteur délégué (cf. art. 246 -278).
B. Le placement social
1. La définition
Le placement social s'effectue ;
 soit dans une famille élargie ;
 soit dans une famille d'accueil ;
 soit au sein d'une institution publique ou privée agréée à caractère social ;
 ou encore en foyer autonome pour son hébergement sa rééducation ainsi
que sa réinsertion sociale. Dans ce dernier cas, l'enfant est âgé au minimum
de quinze ans révolus. Le placement social en institution est pris en dernier
recours et sa durée maximale est de six mois art. 64 de la LPPE).
Est appelé foyer autonome, une structure composée et entretenue :r un groupe
d'enfants placée sous la supervision d'une institution plique ou privée agréée à
caractère social Article 66 de la LPPE).
Est appelée institution publique, une structure ou un établissement garde et
d'éducation créé par l'Etat placé sous la tutelle du ministère ayant les affaires
sociales dans ses attributions en collaboration avec celui ayant la justice dans ses
attributions avec comme objectif la garde, la rééducation et la réinsertion sociale
des enfants en situation difficile ou en conflit avec la loi ayant entre autres comme
agents, les assistants sociaux y sont employés art, 67 de la LPPE).
Par foyer autonome, la loi entend, à l'article 66, une structure composée et
entretenue par un groupe d'enfants placée sous la supervision d'une institution
publique ou privée agréée à caractère social, placement dans un foyer autonome
ne peut concerner que l'enfant 5 au minimum de quinze ans révolus [art. 64, alinéa
I, in fine).
2. La procédure du placement social
Le placement se réalise selon les deux modalités suivantes :
a) Placement social réalisé par l'assistant social et homologué par le juge des
enfants
Si l'enfant en situation difficile n'est pas entre les mains de ses parents ou de son
tuteur, son placement social est réalisé directement par pistant social. Il doit
prendre en compte l'opinion de l'enfant concerné selon son degré de maturité et
son âge. Et après l'avoir placé, il doit faire rapport immédiatement, au juge pour
enfants qui doit prendre une décision (ordonnance) d'homologation de ce
placement social (art. 63, al., 2).
b) Placement ordonné par le juge des enfants sur requête de l'assistant social
Si l'enfant intéressé est entre les mains de ses parents ou tuteur, la décision de
placement social est ordonnée par le juge pour enfants, saisi SECT1C par une
requête de l'assistant social (cf. art. 63, al. 3).
3. Autres mécanismes appropriés de prise en charge
L'enfant qui devient enceinte avant d'avoir achevé son cycle » d'études
secondaires a le droit de le reprendre compte tenu de ses aptitudes individuelles
(art. 68 de la LPP).
Les parents incapables d'assurer la survie de leur enfant bénéficient d'une
assistance matérielle ou financière de l'Etat. Un arrêté I
interministériel des ministres ayant dans leurs attributions, la famille,
l'enfant et les affaires sociales fixe les conditions d'intervention de l'Etat (art. 69
de la LPPE) .
L'Etat subvient aux besoins sanitaires et alimentaires de l'enfant vivant avec l'un
ou les deux parents emprisonnés (art. 70).
4. L'Etat face à l'enfant vivant avec parents pauvres ou emprisonnés
Les parents incapables d'assurer la survie de leur enfant bénéficient d'une
assistance matérielle ou financière de l'Etat, Un arrêté interministériel des
ministres ayant dans leurs attributions, la famille, l'enfant et les affaires sociales
fixe les conditions d'intervention de l'Etat (art. 69).
L'Etat subvient aux besoins sanitaires et alimentaires de l'enfant vivant avec l'un
ou les deux parents emprisonnés. La loi met également à charge de l'Etat le
devoir de subvenir aux besoins sanitaires et alimentaires de l'enfant vivant
avec l'un ou les deux parents emprisonnés
(art. 70). Il peut s'agir, soit d'un enfant né pendant l'incarcération (la détention) de
la mère, soit d'un enfant qui est entré en prison en accompagnant son parent à
cause de sa dépendance nécessaire avec ce dernier ou du fait qu'il n'existe
personne en liberté pouvant s'occuper de l'enfant au moment de l'incarcération de
son parent ou de ses parents.
Il revient aux ministres ayant la justice et les affaires sociales dans leurs
attributions de prendre un arrêté interministériel pour déterminer les modalités
d'accès de l'enfant à la jouissance de ce droit.
2. LA PROTECTION EXCEPTIONNELLE (ARTICLE 71 - 73)
La protection exceptionnelle concerne l'enfant en situation exceptionnelle tel que
défini à l'article 2.5 ou l'enfant déplacé tel que défini à l'article 2.2. La protection
exceptionnelle est assurée selon les trois modalités suivantes :

1. L'interdiction de l'enrôlement et de l'utilisation des enfants dans les forces


et groupes armés ainsi que dans la police (art. 71, al. 1er) ;
2. La consécration du devoir de l'Etat d'assurer, d'une part la sortie de l'enfant
enrôlé ou utilisé dans les forces et groupes armés ainsi que dans la police, et d'autre
part, sa réinsertion en famille ou en communauté (art. 71, al. 2) ;
3. La consécration du devoir de l'Etat de garantir la protection, l'éducation et
les soins nécessaires aux enfants affectés par les conflits armés, les tensions ou
troubles civils, spécialement à ceux trouvés et non identifiés par rapport à leur
milieu familial, ainsi qu’aux enfants déplacés par suite d'une catastrophe naturelle
ou d'une dégradation des conditions socio-économiques (art. 72, al. 1 et 2).
Il y a une très grande leçon à retenir pour servir la RD Congo : La guerre reste par
principe la négation même de la règle du droit international : non seulement elle
empêche l'enfant de se développer, mais aussi d'avoir une enfance heureuse. Il est
donc apparu nécessaire de donner à l'enfant un statut juridique en temps de paix
comme en temps de guerre.
SECTION 2. DES ORGANES DE LA PROTECTION SOCIALE
(ARTICLE 74 - 83)
Après avoir parcouru toutes les notions sur la protection de l'enfant, il nous parait
judicieux de dire un mot sur les organes chargés de cette protection. Pour y
parvenir, nous jetterons un coup d'œil sur le parlement et comité d'enfants (§1), la
brigade spéciale de protection de l'enfant (§2), ainsi que le corps des assistants
sociaux et le conseil national de l'enfant (§3
§1. Le Parlement et le Comité d'Enfants
Il est important de noter que le parlement et les comités des enfants permettent à
ces derniers d'exercer leur liberté d'association. Ils ont pour mission de rendre
effective la participation des enfants aux initiatives de la communauté nationale
dans les questions qui les concernent.
En effet, un arrêté interministériel ayant la famille et l'enfant ainsi que
l'enseignement primaire, secondaire et professionnel dans leurs attributions fixe
l'organisation et le fonctionnement du parlement et le comité des enfants.
§2. La Brigade Spéciale de la Protection de l'Enfant
La brigade spéciale est une structure technique du ministère ayant les affaires
intérieures dans ces attributions. C'est ce dernier qui fixe l'organisation de la
brigade spéciale de protection de l'enfant.
Aux termes de l'Art. 77 du nouveau code de protection de l'enfant, la brigade
spéciale de protection de l'enfant relève du ministère ayant la police dans ces
attributions. Elle a comme mission de surveillance des enfants ainsi que la
prévention générale.
§3 Le Corps des Assistants Sociaux et le Conseil National de l'Enfant
A. Le Corps des Assistants Sociaux : c'est une structure technique du ministère
des affaires sociales. Cet organe est chargé des enquêtes sociales sur les enfants,
de la guidance psychosociale et de la réunification familiale de ces derniers.
B. Le Conseil National de l'Enfant : c'est un organe conseil du gouvernement qui
relève du ministère ayant la famille et l'enfant dans ses attributions.
Conformément à l'article 2 du CNE, cet organe a pour mission :
De veiller à la mise en œuvre de la politique nationale en matière de protection de
l'enfant ; de servir l'organe conseil du gouvernement, il est appelé à exercer les
fonctions ci-après :
 Elaborer les indicateurs de suivi et évaluation du plan d'action nationale
pour l'enfant ;
 Assurer le suivi et l'évaluation du plan d'action nationale ;
 Présenter au gouvernement un rapport annuel sur la situation de l'enfant en
RDC.
CHAPITRE II : LA PROTECTION JUDICIAIRE DE L’ENFANT

La protection judiciaire des enfants en droit positif congolais tient compte de la


vulnérabilité de ce dernier. Ses intérêts doivent être protégés en vue de son
épanouissement harmonieux.
Dans le cadre de ce travail, un accent singulier est mis sur les aspects judiciaires
dont l'observance est d'un impact non dubitatif sur le bien-être de l'enfant. Avec
la loi du 10 janvier 2009, l'horizon s'éclaircit car, désormais la mise en place des
tribunaux pour enfant rend possible la matérialisation de la protection judiciaire.
Section 1. NOTIONS
La protection judiciaire de l’enfant, est l’ensemble des programmes judiciaires
nécessaire pour protéger les enfants des conséquences immédiates sur l’éducation,
l’encadrement … dans la mise en place d’une éducation de meilleure qualité. La
convention internationale relative aux droits de l’enfant et la déclaration
universelle des droits de l’homme reconnais toutes deux à chaque enfant le droit
de bénéficier d’une protection sociale.
Avec objectifs de promouvoir un bon développement durable, et aussi, appellent
à élargir rapidement l’assiette de la protection judiciaire pour mettre fin aux
problèmes cause. Tan disque la majorité des enfants n’ont accès à aucune
protection judiciaire ; l’Afrique est le plus frappe de ce problème.
§2 : CREATION, ORGANISATION ET COMPETENCE DES
TRIBUNAUX POUR ENFANT
L'examen de ce paragraphe est à faire en deux points, le premier traitera de la
création du tribunal pour enfant, et le second mettra l'accent sur l'organisation et
les compétences de cette juridiction.
I. la création et organisation du tribunal pour enfant
A. De la création des tribunaux pour enfant
Le tribunal pour enfants est une institution judiciaire spécialisée chargée de traiter
exclusivement les affaires des enfants aussi bien lors qu'ils sont accusés d'avoir
commis un manquement qualifié d'infraction à la loi pénale, ou encore lors qu'il
s'agît de certaines questions relevant des matières civiles comme identité, la
filiation, l'adoption et parenté, ou enfin en matière de travail de l'enfant.
Le tribunal pour enfant est créé par la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant
protection de l'enfant, c'est une juridiction spécialisée. D'après
II sied de préciser à ce niveau que la doctrine se divise en qui concerne le
positionnement du tribunal pour enfant dans les trois ordres des juridictions
institués par la constitution de la République Démocratique du Congo.
Tout porte à croire que le vrai débat tourne autour de son appartenance effective
à Tordre judiciaire car, d'après toute vraisemblance, il ne saurait relever de l'ordre
administratif, et l'on ne pourrait nullement la considérer comme étant d'essence
constitutionnelle à l'instar de la cour constitutionnelle.
En effet, l'article 6 de la loi n° de la loi organique n° 13/011B du 11 avril 2013
portant organisation, fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre
judiciaire n'énumère pas le tribunal pour enfant parmi les juridictions de l'ordre
judiciaire. Il cite seulement les tribunaux de paix, les tribunaux militaires de
police, les tribunaux de grande instance, les tribunaux de commerce, les tribunaux
du travail, les tribunaux militaires de garnison, les Cours militaires, les Cours
militaires opérationnelles, les Cours d'appel, la Haute Cour militaire et la Cour de
cassation.
Toutefois, le même article in fine prévoit la possibilité de la création d'autres
juridictions de l'ordre judiciaire, conformément aux dispositions de l'article 149
de la Constitution. Dans cette optique, nous affirmons que les tribunaux pour
enfants sont réellement des juridictions de l'ordre judiciaire.
Le tribunal pour enfant est une juridiction spécifique dans la mesure où il traite
des matières spéciales liées à une catégorie des personnes bien déterminées, en
l'occurrence les enfants.
Ainsi, Aux termes de l'art. 84 de la loi de 2009, il est prévu de créer un tribunal
pour enfant dans chaque territoire et dans chaque ville. Le siège ordinaire et le
ressort de ce tribunal sont fixés par un décret du premier ministre.
B. Installation des tribunaux pour enfant par voie réglementaire
Dans le ressort d'un tribunal pour enfants, il peut être crée un ou plusieurs sièges
secondaires dont les ressorts sont fixés par un arrêté du ministre de la justice (art
86). Voilà qui a justifié la promulgation de l'arrêté ministériel
n°001/CAB/MIN/J& DH/2011 du 5 janvier 2011.
La ville de Kinshasa compte actuellement cinq tribunaux pour enfants
(KINSHASA, NGALIEMA, KALAMU, KINKOLE et GOMBE). Et leurs
ressorts se présentent comme suit :

I. GOMBE COMMUNES :

1. GOMBE
2. KINSHASA
3. LINGWALA
4. NGIRI NGIRI
5. MAKALA
6. BARUMBU
II. KALAMU COMMUNES :
1. BANDALUNGWA
2. BUMBU
3. KALAMU
4. KASA VUBU
5. SELEMBAO
III. N’DJILI COMMUNES :
1. LEMBA
2. MALUKU
3. KIMBASEKE
4. N’DJILI

IV. LIMETE COMMUNES :


1. KINSESO
2. LEMBA
3. LIMETE
4. MATETE
5. NGABA
V. NGALIEMA COMMUNES :
1. NGALIEMA
2. MONT NGAFULA
3. KITAMBO

En effet, Chaque tribunal pour enfant est composé de deux chambres, qui
fonctionnent de manière indépendante l'une à l'autre : la chambre de première
instance et la chambre d'appel siège à 3 juges (art.90 LPE) .
II. ORGANISATION ET COMPETENCES TRIBUNAL DE TRIBUNAL
POUR ENFANTS
A. ORGANISATION DU TRIBUNAL POUR ENFANT
Le tribunal pour enfant, est une juridiction spécialisée chargée de traiter
exclusivement les affaires des enfants aussi bien :
• Lorsqu'ils doivent faire l'objet d'un placement social : (cas des enfants en
situation difficile),
• Lorsqu'ils sont accusés d'avoir commis un manquement qualifié en
infraction à la loi pénale ;
• Ou en encore lorsqu'il s'agit des certaines questions relevant des matières
civiles.
Il comprend deux chambres, celle de la première instance et celle d'appel.
1. Les magistrats
Aux termes de l'article 88 de la loi portant protection de l'enfant : « le tribunal
pour enfant est composé d'un président et déjuges tous affectés par le conseil
supérieure de la magistrature parmi les magistrats de carrière spécialisés et
manifestant de l'intérêt dans le domaine de l'enfance ».
Ainsi, l'alinéa deuxième dudit article dispose qu' « En cas d'absence ou
d'empêchement, le président est remplacé par un juge le plus ancien d'après l'ordre
de nomination ».
C'est l'administrateur en chef du TPE. Il assure la gestion, la direction et le bon
fonctionnement du TPE. Il est le dépositaire de l'autorité morale du TPE. Il assume
des fonctions disciplinaires, administratives et juridictionnelles. Il est le supérieur
hiérarchique du personnel du TPE.
Dans la pratique, il siège à la fois dans les deux chambres lorsqu'il le juge
nécessaire et utile. Dans tous les cas, il préside l'audience. Conformément à
l'article 89 de la LPPE, il répartit les tâches au sein du personnel et compose les
deux chambres. C'est lui qui planifie le calendrier des audiences.
2. Les greffiers
Le tribunal pour enfant compte un greffier ; qui peut être assisté d'un ou de
plusieurs adjoints (art. 91).
Le greffier garde les minutes, registres et tous les actes afférents à la juridiction
près laquelle il est établi. II délivre les grosses, expéditions et extraits des arrêts
ou jugements et ordonnances, écrit ce qui est prononcé ou dicté par le juge et
dresse acte de diverses formalités dont l'accomplissement doit être constaté.
Par ailleurs, Les greffiers sont des fonctionnaires ayant reçu en principe une
formation en droit. Le greffier joue plusieurs rôles, notamment un rôle
administratif, de coordination et d'assistance.
Selon l'article 46 alinéa 3 de la loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 portant
organisation, fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre judiciaire,
« le greffier peut être chargé d'exercer ses fonctions auprès de toutes les
juridictions dont le siège principal ou secondaire est établi dans la même localité
», dans le cadre des audiences foraines des TPE.
L'article 48 de la même dispose qu'avant d'entrer en fonction, tout greffier prête
serment oralement ou par écrit en ces termes : « Je jure de remplir fidèlement et
loyalement les fonctions qui me sont confiées ».
Le greffe est le secrétariat du TPE. Il inscrit les affaires au rôle du tribunal, c'est-
à-dire qu'il enregistre les affaires dans un registre bien tenu en leur attribuant des
numéros par ordre chronologique. Il archive méthodiquement l'ensemble des
documents administratifs relatifs au travail du greffe.
Conformément à l'article 123 de la LPE, c'est le greffier qui reçoit lès-déclarations
d'opposition et d'appel des décisions du juge pour enfants. Concrètement, tous
ceux que la loi a habilité à faire réviser ou à faire appel des décisions du TPE
doivent passer au greffe du tribunal compétent pour les besoins de la procédure.
C'est également lui qui notifie aux parties les dates des audiences (article 110
alinéa 5 de la LPE).
3. les corps des Assistants sociaux
La LPPE définit, en son article 2, l'assistant social comme « un agent de l'État ou
d'un organisme agréé, spécialisé dans la résolution des problèmes liés aux
relations humaines afin d'améliorer le bien-être général. Il œuvre à la promotion
de bonnes mœurs ».
Fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre judiciaire. Le tribunal
pour enfant est composé des magistrats, des greffiers, un ou plusieurs assistants
sociaux. L'assistant social est un professionnel de la relation d'aide à autrui,
intervenant là où il y a marginalité, c'est-à-dire là où l'ordre social, familial,
psychologique et/ou biologique se rompt ou se fracture.
À ce titre, le travail social a pour objectif d'aider à ce qu'une personne, une famille
ou un groupe de personnes bénéficie des droits que la société lui confère, et recrée
des liens sociaux. Il joue un rôle capital dans le système de protection de l'enfant
dans la mesure où, en qualité de professionnel de l'aide sociale, il a vocation à
aider les enfants et leur famille à faire face aux problèmes sociaux qu'ils
rencontrent, qu'il s'agisse d'enfants en conflit avec la loi, victimes ou témoins.
Les institutions sociales qui accueillent les enfants en difficulté recourent aux
assistants sociaux. Concernant les enfants en conflit avec la loi, la LPPE réserve
d'ailleurs une place-clef à l'assistant social. Le tribunal pour enfants est en effet
doté d'au moins un assistant social affecté par la Division des affaires sociales
(DIVAS) (article 92, LPPE).
L'assistant social est ainsi un auxiliaire de justice amené à réaliser des enquêtes
sociales sur la situation de l'enfant dans sa famille, dans sa vie sociale et scolaire,
ainsi que sur ses antécédents (articles 109 et 111, LPPE).
Il aide également le juge dans l'exécution et le suivi des mesures qu'il décide
(articles 107 et 129, LPPE). De plus, il appartient à l'assistant social de prendre
des mesures d'accompagnement psychosocial sur ordre du juge en faveur des
enfants âgés de moins de 14 ans relaxés en raison de leur absence de discernement
présumée (article 96, LPPE).
Enfin, en matière de protection spéciale des enfants en situation difficile,
l'assistant social a pour rôle d'enquêter et d'effectuer le placement social avec
l'homologation du juge pour enfants (articles 63et suivants, LPPE .
Ainsi, après avoir examiné l'institution et organisation du tribunal pour enfant, il
importe donc de déterminer sa compétence dans les lignes qui suivent.
A. Compétences du tribunal pour enfant
La compétence, au sens administratif du mot, signifie le pouvoir reconnu aux
préposés de l'Etat pour accomplir des actes valides32.La compétence du tribunal
pour enfants s'entend donc du pouvoir reconnu au juge des enfants de connaître
valablement les affaires des enfants. Dans ce cas, il s'agit de compétence
juridictionnelle.
D'emblée, notons que hors mis le tribunal pour enfant qui est compétent de
connaître les affaires liées aux enfants, il y'a aussi un organe qui est dénommé «
le comité des médiations ».Cet organe est compétent. Lorsque les faits en causes
sont bénins et que l'enfant en conflit avec la loi n'est pas récidiviste, le président
du tribunal pour enfant doit transférer d'office la cause au comité des médiations
dans le 4K de la saisine (article 138 LPPE).
Le tribunal pour enfant dispose d'une compétence personnelle ou rationae
personae (1), la compétence matérielle (2) et la compétence territoriale (3)
1. Compétence personnelle ou rationae personae
La compétence personnelle ou rationae personae est l'aptitude du tribunal pour
enfants à connaître des manquements en fonction de la qualité de l'auteur présumé,
conformément à l'article 94 qui dispose que : « le tribunal pour enfants n'est
compétent qu'à l'égard des personnes âgées de moins de 18 ans ».La compétence
rationae personae s'applique également dans les cas suivants :
- le TPE continue d'être la juridiction compétente pour veiller à l'exécution des
mesures provisoires et définitives prises, même si l'enfant concerné est devenu
majeur entre-temps.
- le TPE demeure la juridiction compétente pour modifier ou réviser sa décision
antérieure sur le même enfant et le même manquement infractionnel. Même si
l'enfant dépasse 18 ans, les voies de recours (opposition et appel) et l'action en
révision sont exercées auprès du TPE ;
- le TPE continue d'être la juridiction compétente pour veiller à l'exécution des
mesures provisoires et définitives prises, même si l'enfant concerné est devenu
majeur entre-temps.
La question de la juridiction compétente se pose lorsqu'un adulte est impliqué,
avec un enfant, à titre principal ou secondaire dans la commission du manquement
infractionnel. C'est la problématique de la jonction ou de la disjonction du dossier
d'un majeur et d'un enfant.
Dans la pratique, le système judiciaire procède par disjonction prescrite par
l'article 112 de la LPE : l'enfant est jugé par le TPE compétent et l'adulte par le
tribunal ordinaire compétent.
Toutefois, au regard de la pratique, une bonne administration de la justice
respectueuse de l'intérêt supérieur de l'enfant (ré) commanderait le principe de la
jonction avec la compétence exclusive du TPE afin que le juge pour enfants
puisse, de manière globale, situer le degré de responsabilité de l'adulte et de
l'enfant La jonction éviterait l'engagement de deux procédures parallèles sur la
même affaire devant deux juridictions différentes sans les garanties d'une
collaboration , ainsi que l'audition de l'enfant en tant que témoin devant une
juridiction de droit commun qui n'adopte pas les mêmes pratiques spécifiques
qu'un TPE.
Mais, l'enfant âgé de moins de 14 ans, bénéficie en matière pénale d'une
présomption irréfragable d'irresponsabilité , lorsque l'enfant déféré devant le juges
à moins de 14 ans, celui-ci le relaxe comme ayant agi sans discernement et sans
préjudice de la réparation du dommage causé à la victime.
Dans ce cas, le juge confie l'enfant à un assistant social et/ou un psychologue qui
prend des mesures d'accompagnement visant la sauvegarde de l'ordre public et la
sécurité de l'enfant.
2. La compétence matérielle ou rationae materiae
La compétence matérielle ou rationae materiae du tribunal pour enfants est, en
matière pénale, la compétence en fonction de la nature du manquement reproché
à l'enfant de 14 ans et plus (enfants en conflit avec la Ioi qui seule retiendra notre
attention ici. Elle est également de mise en matière civile et de protection sociale
chaque fois que l'intérêt de l'enfant est en cause.
Au visa de l'article 99 de la LPE, seul le TPE est compétent pour connaître les
affaires dans lesquelles est impliqué l'enfant en conflit avec la loi, c'est-à-dire, un
enfant de 14 ans à 18 ans, indépendamment de la gravité des faits, des
circonstances de la commission du manquement infractionnel, ou de l'implication
d'un adulte, quitte à procéder à la disjonction .
Par ailleurs, le tribunal pour enfant saisi pour un fait infractionnel contre un enfant
âgé de 14 ans à moins de 18 ans, le juge doit appliquer tous les principes généraux
de droit pénal, à savoir le principe de légalité des délits aux faits mis en charge de
l'enfant. Les principes de la qualification des faits, l'interprétation stricte de la loi
pénale, la liberté de la preuve et l'intime conviction du juge, les causes de
justification, la prescription de l'action publique, etc.).
Si les faits ne sont pas infractionnels (au regard du principe de la légalité des
délits) ou ne sont pas établis en droit (par qu'il manquerait un élément constitutif),
le juge ne devrait pas prononcer l'acquittement, mais il devrait se déclarer
matériellement incompétent. Mais si les faits sont justifiés soit par légitime
défense, soit par l'état de nécessité soit par l'ordre de la loi ou le commandement
de l'autorité, le juge pourrait prononcer un acquittement comme en droit pénal.
Nous sommes d'avis qu'à ce propos, la loi de protection de l'enfant devrait être
plus explicite en précisant l'application devant le tribunal pour enfants de tous les
principes généraux de droit pénal cités ci-dessus ainsi que leur conséquences
quant à la décision devant devrait être prononcée par le juge.
La loi devrait aussi préciser que si le juge se déclarait matériellement incompétent
pour faits non établis ou prononcer un décision d'acquittement pour faits justifiés
par l'une des causes de justification, et qui constatait néanmoins que l'enfant
traduit en justice est en situation difficile ou exceptionnelle (enfant déplacé,
affectés par les circonstances prescrites par à l'article 72 de la LPE).
Il devrait, dans sa décision déclarant l'incompétence matérielle ou acquittement,
ordonner le placement social de l'enfant par l'assistant social, soit dans une famille
d'accueil, soit dans sa famille élargie, soit dans une institution publique ou privée
agrée à caractère social conforment à l'article 64 de la loi.
J. Compétence territoriale ou rationae loi
Le tribunal pour enfants territorialement compétent est celui qui est
géographiquement apte à connaître de l'affaire. Au regard de l'article 101 de la
LPE, « Est territorialement compétent, le tribunal de la résidence habituelle de
l'enfant, de ses parents ou tuteur, du lieu des faits, du lieu où l'enfant aura été
trouvé, ou du lieu où il a été placé, à titre provisoire ou définitif ». Un de ces
différents lieux suffît pour déterminer la compétence territoriale du tribunal pour
enfant.
Ainsi, après avoir examiné le' cadre légale de la protection judiciaire de l'enfant,
il importe d'aborder quelques réalités en matière de la protection judiciaire de
l'enfant.
SECTION 2 : PROCEDURE DEVANT LE TRIBUNAL POUR ENFANT
Selon le dictionnaire Larousse 2020, en parlant de la procédure ; il faut entendre
la forme, la manière de procéder, d'agir en justice. Ajoute encore que c'est
l'instruction judiciaire d'un procès ; ensemble des actes qui ont été faits dans
l'instance civile ou criminelle, c'est la méthode à suivre pour obtenir un résultat.
Quand en est- il de la saisine devant le tribunal pour enfant ?
§1. De La saisine
La saisine est le fait de porter un différend devant un tribunal dans le cadre d'une
action en justice. Le terme légal utilisé dans le code la procédure pénale est la
saisie, cependant la pratique judiciaire utilise le terme saisine que consacrent la
doctrine et la jurisprudence.
A. Personnes et organes pouvant saisir le tribunal pour enfants
Conformément à l'article 102 de LPPE, II existe septe (7) modalités pour saisir
valablement le tribunal pour enfant notamment :
1) la requête de l'officier du ministère public du ressort dès qu'il a connaissance
des faits portés contre l'enfant;
2) la requête de l'officier de police Judiciaire dès qu'il a connaissance des faits
portés contre l'enfant;
3) la requête de la victime;
4) la requête des parents ou du tuteur;
5) la requête de l'assistant social,
6) la déclaration spontanée de l'enfant;
7) la saisine d'office du juge.
Toutefois, Lorsque le tribunal est saisi par l'officier de police Judiciaire, celui-ci
en informe immédiatement l'officier du ministère public du ressort.
Pour que le tribunal pour enfant puisse être saisi dans les cinq premières modalités
précitées, une simple lettre adressée au président du tribunal pour enfant suffit,
elle doit naturellement être datée et signée par l'expéditeur.
Cette lettre doit en indiquer les faits infractionnels reprochés à l'enfant avec
indication précise du lieu et de la date de leur commission. L'enfant doit être bien
identifié (nom complet si possible, adressé, et éventuellement l'âge), Une requête
contre enfant inconnu sur modèle d'une plaine contre inconnu ne peut saisir
valablement le tribunal pour enfant.
L'officier du ministère public ou celui de la police judiciaire peuvent toujours
proposer une qualification des faits reproché à l'enfant en indiquant, si possible,
la base légale (la disposition de la loi pénale qui réprime le fait).
Lorsqu'elle émane de l'officier de la police judiciaire ou de ministère public, la
requête devrait être accompagné du procès-verbal d'indentification ou d'audition
de l'enfant réalisé lors d'une instruction sommaire ou de constat de fait. Ses
officiers devront mentionner sur la requête leurs noms, qualités et les ressorts dans
lesquels ils exercent.
Le tribunal pour enfant peut se saisir d'office au moment où l'enfant est conduit
par un agent de l'ordre ou par la population en flagrance. Sur ce, un dossier sera
ouvert en charge de l'enfant même si celui -ci n'a pas déclaré spontanément.
B. Garanties et mesures provisoires de procédures.
Les garanties procédurales sont l'ensemble des normes applicables pour assurer
l'équité du processus judiciaire. La loi portant protection consacre certaines
garanties procédurales de l'enfant dès qu'il entre en contact avec les autorités
judiciaires.
A la lumière de l'Article 103 LPPE43, dès qu'il a connaissance des faits portés
contre l'enfant, l'officier du ministère public ou l'officier de police judiciaire en
informe immédiatement, ou si ce n'est pas possible, dans le plus bref délai, ses
parents, son tuteur ou la personne qui exerce sur lui l'autorité parentale.
Par ailleurs, l'Article 104 LPPE renchérit que Tout enfant suspecté ou accusé d'un
fait qualifié d'infraction par la loi pénale bénéficie, sous peine de nullité de la
procédure, notamment des garanties ci-après:
1. le droit à la présomption d'innocence et à un procès équitable ;
2. la présence au procès ;
3. le droit d'être informé, dans le plus bref délai, dans une langue qu'il comprend
et de manière détaillée, de la nature et des motifs de l'accusation portée contre lui
;
4. le droit à l'assistance par un conseil de son choix ou désigné d'office par le
Juge;
5. le droit de voir son affaire être jugée dans un délai raisonnable;
6. le droit à un interprète;
7. le droit au respect de sa vie privée à toutes les étapes de la procédure;
8. le droit d'être entendu en présence des parents, du tuteur, de la personne qui en
a la garde ou de l'assistant social;
9. le droit de ne pas être contraint de plaider coupable,
10.1e droit d'interroger ou de faire interroger des témoins à charge et obtenir la
Comparution et l'interrogatoire des témoins à décharge dans les mêmes
conditions.
En s'alignant de ces garanties que le législateur a prévues à l'égard des enfants,
nous faisons remarquer que tout cela se fondent sur la philosophie de prémunir
l'intérêt supérieur de l'enfant étant que ce dernier est un être de nature vulnérable,
faible au sein de la société qui ses intérêts y nécessitent de l'attention particulière.
Mais également selon l'Article 105 LPPE, L'enfant a droit à la confidentialité du
dossier judiciaire le concernant. Il ne peut être fait état des antécédents dans les
poursuites ultérieures à sa charge l'impliquant comme adulte.
A. Des mesures provisoires
Les mesures provisoires sont celles que le juge pour enfant peut prendre de
manière provisoire selon le manquement que l'enfant commet avant une mesure
appropriée telle est la volonté du légiste congolais. Une fois qu'il est saisi, le juge
pour enfant attend l'enfant en audience de cabine en présence de ses parents ou de
ses tâteurs, s'il y'a lieu ou de son conseil et de l'assistant social.
S'il n'a pas des conseils, le juge procédera à la désignation d'office avant de statuer
sur le fond de l'affaire. L'Article 106 LPE prévoie les mesures provisoires ci-après
:
1. placer l'enfant sous l'autorité de ses père et mère ou de ceux qui en ont la garde;
2. assigner à résidence l'enfant sous la surveillance de ses père et mère ou de ceux
qui en ont la garde ;
3. soustraire l'enfant de son milieu et le confier provisoirement à un couple de
bonne moralité ou à une institution publique ou privée agréée à caractère social.
4. Par couple, on entend deux personnes de sexes opposés légalement mariées.
5. Le choix par le juge pour enfants des mesures provisoires privilégie autant que
possible le maintien de l'enfant dans un environnement familial.
6. Le placement dans une institution publique ou privée agréée à caractère social
ne peut être envisagé que comme une mesure de dernier recours.
Ainsi, l'exécution des mesures provisoires relèvent de la compétence de
L'assistant social après avoir prise par le juge de l'enfant Cette dernière veille sur
le suivi des mesures provisoires prises et collectent les informations concernant la
conduite et le comportement de l'enfant. Il s'agit de l'enquête médico-sociale telle
est l'économie de l'article 109 LPPE.
A sa dix-huitième année d'âge, l'intéressé devra être séparé des enfants, au sein du
même établissement de garde et d'éducation de l'Etat, sur décision du juge, à la
demande de l'autorité de l'établissement de garde.
Si l'enfant a commis un manquement qualifié d'infraction à la loi pénale
punissable de la peine de mort ou de la servitude pénale à perpétuité, le juge peut,
s'il le met dans un établissement de garde et d'éducation de l'Etat, prolonger cette
mesure au-delà de la dix-huitième année de l'enfant pour un terme de dix ans au
maximum.
Les dispositions de l'article 115, alinéa 2 s'appliquent, mutatis mutandis, au
présent article.
L'enfant qui a commis un manquement qualifié d'infraction punissable de plus
d'un an de servitude pénale, et qui est d'une perversité caractérisée ou récidiviste
est placé dans un établissement de rééducation de l'Etat pendant une année au
moins et cinq ans au plus.
Cette mesure n'est pas applicable aux enfants âgés de moins de quinze ans. Un
décret du Premier ministre délibéré en Conseil des ministres fixe l'organisation et
le fonctionnement de l'établissement de rééducation de l'Etat.
§2. Instructions, décisions voies de recours
A. Instruction
L'instruction en matière de l'enfant en conflit avec la loi est menée par le juge du
tribunal pour enfant, qui est le juge adapté aux problèmes de ce dernier.
 Le juge dans cette instruction se comporte en père et non en juge répressif.
Pour aboutir dans son instruction, il peut se comporter comme un
investigateur. Ainsi, il ne porte pas la toge au premier degré au motif de ne
pas effrayer l'enfant. Aux fins de l'instruction de la cause, le juge peut à tout
moment convoquer l'enfant et les personnes qui exercent sur lui l'autorité
parentale.
 Le juge apprécie les conditions du sursis.
 II vérifie l'identité de l'enfant et le soumet, s'il déchet, à une visite médicale
portant sur son état physique et mental.
 En cas de doute sur l'âge, la présomption de la minorité prévaut.
 Le greffier notifie la date de l'audience à la partie lésée.
 La procédure par défaut est exclue à l'égard de l'enfant.
B. Décisions
Dès qu'il a connaissance des faits portés contre l'enfant, l'officier du ministère
public ou l'officier de police judiciaire en informe immédiatement, ou si ce n'est
pas possible, dans le plus bref délai, ses parents, son tuteur ou la personne qui
exerce sur lui l'autorité parentale.
En parlant de la décision ici, on fait allusion à la position du juge d'enfant après
son instruction au fond. Cette question est réglée aux articles 113 à 118 de la loi
portant protection de l'enfant en ce derme :
Dans les huit jours qui suivent la prise en délibéré de la cause, le juge prend l'une
des décisions suivantes:
1. réprimander l'enfant et le rendre à ses parents ou aux personnes qui exerçaient
sur lui l'autorité parentale en leur enjoignant de mieux le surveiller à l'avenir;
2. le confier à un couple de bonne moralité ou à une institution privée agréée à
caractère social pour une période ne dépassant pas sa dix-huitième année d'âge:
3. le mettre dans une institution publique à caractère social pour une période ne
dépassant pas sa dix-huitième année d'âge;
4. le placer dans un centre médical ou médico-éducatif approprié;
5. le mettre dans un établissement de garde et d'éducation de l’enfant pour une
vie qui ne dépassant pas sa dix-huitième année d'âge,
La mesure prévue au point 3 ne s'applique pas à l'enfant âgé de plus de seize ans.
Un décret du Premier ministre, délibéré en Conseil des ministres, fixe
l'organisation et le fonctionnement de rétablissement de garde et d'éducation de
l'Etat. Dans les cas où le juge ordonne le placement de 'enfant dans un
établissement de garde et d'éducation de l'Etat, il peut prononcer le placement
avec sursis pour une période qui n'excède pas sa majorité et pour une Infraction
punissable au maximum de cinq ans de servitude pénale principale.
C. Des voies de recours
Etant une garantie face à l'arbitraire dans toute œuvre humaine, il sera donc
logique et réfléchi d'admettre l'hypothèse des voies de recours en matière de
l'enfant après la décision du juge qui ne satisfait pas l'assentiment de l'enfant dont
sa personnalité est mise enjeux.
E. De l'opposition et de l'appel
Les décisions du juge pour enfants sont susceptibles d'opposition ou d'appel.
Hormis le ministère public et l'enfant concerné, l'opposition est ouverte à toutes
les autres parties dans les dix jours qui suivent la signification de la décision. Cette
opposition est formée par la déclaration actée au greffe du tribunal qui a prononcé
la décision. La chambre de première instance statue dans les quinze jours à dater
de sa saisine. L'appel est ouvert au ministère public ainsi qu'à toutes les parties à
la cause. L'appel est formé par déclaration actée soit au greffe du tribunal qui a
rendu la décision, soit au greffe de la chambre d'appel dans les dix jours à dater
du jour où l'opposition n'est plus recevable, ou dans les dix jours de la décision
rendue contradictoirement.
La chambre d'appel statue dans les trente jours à dater de sa saisine. La chambre
d'appel applique les mêmes règles de procédure que la Chambre cette première
Instance Le délibéré se déroule conformément au droit commun.
2. De la révision
Le juge peut, en tout temps, soit spontanément, soit à la demande du ministère
public, de l'enfant, des parents ou représentants légaux, ou de toute personne
intéressée soit sur rapport de l'assistant social rapporter ou modifier les mesures
prises à l'égard de l'enfant. A cet effet, le juge visite le lieu de placement de l'enfant
Le juge statue sur la demande de révision dans les huit jours qui suivent sa saisine.
Les mesures prises à l'égard de l'enfant font d'office l'objet d'une révision les trois
ans.
3. De l'exécution de la décision
A moins que le juge n'en décide autrement, la décision est exécutoire sur minute
dès le Prononcé en ce qui concerne la mesure prise à l'endroit de l'enfant.
Le juge veille à l'exécution de toutes les mesures qu'il a prises à l'égard de l'enfant.
Il est aidé par l'assistant social territorialement compétent.
Sur décision motivée du juge prise, soit d'office, soit à la demande du ministère
public, des parents, tuteur ou personnes qui ont la garde de l'enfant, soit sur rapport
de l'assistant social, l'enfant placé dans l'établissement de garde et d'éducation de
l'Etat qui atteint l'âge de dix-huit ans en placement peut, pour raison de perversité,
être transféré dans un établissement de rééducation de l'Etat pour une durée qui
ne peut excéder sa vingt- deuxième année d'âge. Dans ce cas, l'enfant est
préalablement entendu.
4. Des sanctions pénales
Sont punis d'une servitude pénale principale de un à cinq ans et d'une amende de
cent mille à deux cent cinquante mille francs congolais ou de l'une de ces peines
seulement, le père, la mère, le tuteur ou toute autre personne qui:
1. soustrait ou tente de soustraire un enfant à la procédure intentée contre lui en
vertu de la présente loi;
2. le soustrait ou tente de le soustraire à la garde des personnes ou institution à
qui l'autorité judiciaire l'a confié;
3. ne le présente pas à ceux qui ont le droit de le réclamer;
4. l'enlève ou le fait enlever, même avec son consentement
Si le coupable est déchu de l'autorité parentale en tout ou en partie, la servitude
pénale principale peut être élevée de deux à cinq ans et à une amende de cent mille
à deux cent cinquante mille francs congolais Et donc, faisons remarque tout au
long de cette partie que la protection judiciaire de l'enfant s'avère importante dans
la mesure où cette dernière est considérée comme un être frappée de la
vulnérabilité, précarité, mieux faible de par sa nature.
Cette protection est judiciaire telle est notre fondement de recherche, mais
également il peut donner lieu à la déjudiciarisation de cette protection d'où nous
évoquons l'aspect de la médiation qui est une technique emprunté en droit
français, mais également signalons que la procédure-elle différente de celle des
juridictions du droit commun en raison de sa spécialité des matières à traitées et
les justiciables.
Dans cette perspective que nous allons aborder le deuxième chapitre lié aux
contraintes et réalités devant cette juridiction en la matière.
CHAPITRE DEUXIEME : DU DROIT PENAL DES MINEURS LE
MINEUR ET LA RESPONSABILITE
Le droit pénal, définition et classification. Certaines valeurs sociales sont
indéniablement inhérentes à la nature humaine qu'elles ont acquises un caractère
prépondérant et bénéficient, dès lors, d'une grande protection juridique tendant à
sanctionner leur violation par des mesures touchant son auteur dans sa personne,
sa liberté, son honneur, et, même ses biens ; à savoir, les peines.
Dès lors, « Le but du droit pénal est de faire respecter les devoirs naturels de base
»36. Le droit pénal peut ainsi être défini comme l'ensemble des règles qui
déterminent la réaction sociale contre le délinquant (l'infracteur) et la délinquance
(l'infraction).
Le droit pénal, discipline mixte. Cette discipline juridique est toujours difficile à
classer dans la summa divisio, Pour les uns, il relève du droit privé ; tandis que
pour les autres du droit public
Le droit pénal, droit précurseur dans le domaine de l'enfance. Par ailleurs, le droit
pénal a toujours été, l'une des premières branches du droit, tant sur le plan
historique (droit romain), international que national, à s'intéresser
particulièrement à la problématique des mineurs et à lui consacrer des règles
particulières dont l'évolution est aujourd'hui à la base de l'émergence, de la
particularité et l'autonomie d'un droit des mineurs. En d'autres termes, c'est dans
le champ pénal que la discipline a affirmé sa particularité et son autonomie.
SECTION 1. LE MINEUR AUTEUR D'INFRACTION
L'infraction commise par un mineur, une question préalablement
épistémologique. Au-delà des aspects substantiels, la problématique de la prise en
charge pénale des mineurs-délinquants est d'abord confrontée à des
préoccupations d'ordre épistémologique, conceptuel et axiologique, liées
essentiellement à la subrogation terminologique opérée par la doctrine de la
défense sociale.
En effet, la première question que peut susciter dans l'esprit du lecteur est celle de
savoir : « si une personne âgée de moins de dix-huit ans, peut-elle commettre une
infraction ? ». A cette question, nous répondrons, sans ambages, par l'affirmatif :
une personne âgée de moins de dix-huit ans, comme tout être humain, peut bel et
bien violer une norme pénale incriminant un fait sous peine d'une sanction
spécifique.
De I' « infraction » au « manquement », consécration d'un « droit particulier » ou
d'un « droit pénal particulier » ? Ces faits sont matériellement constitutifs
36
. DESPORTES F. et LE GUNEHEC F., Droit pénal général, Economica, 12e™ éd., Paris, 2005, p. 42. BONFILS P.
& GOUTTENOIRE A., Op. cit, p.6, §12.
d'infractions et garde cette nature, même lorsqu'ils sont perpétrés par les personnes
âgées de moins de dix-huit ans162 quoi que certains systèmes juridiques peuvent
les qualifier autrement. C'est ainsi que le législateur congolais de 2009, à la suite
du D.1950 et de l'école criminologique, propose la substitution particulièrement
du concept « infraction » par « manquement » (art. 2.9 LPE)37. D'autres auteurs
ont tenté de proposer le concept « situation-problème » estimé plus neutre.
Dualisme terminologique de la loi de 2009 : « infraction » et « manquement ».
L'on peut, de ce fait, se poser la question de savoir si « l'infraction » est-elle
similaire ou synonymique au « manquement » ? La réponse divise toujours les
auteurs congolais. Néanmoins, il s'avère qu'en matière de prise en charge pénale
des mineurs, les deux concepts s'excluent généralement : il s'agit d'un choix
axiologique que doit opérer tout législateur. Hélas, ce qui n'est pas le cas de la
LPEE : la subrogation terminologique, particulièrement du concept « infraction »
en « manquement », n'est pas absolue. Contrairement à ce qui est allégué, le
législateur de 2009 n'a pas pris une position ferme sur la question. Coquille ou
volonté explicite, il consacre conjointement les deux termes (« infraction »38 et «
manquement »}.
D'ailleurs pour le dernier, tantôt, ii s'agit de « manquement qualifié d'infraction à
la loi pénale », tantôt simplement de « manquement qualifié d'infraction ».
L'infraction commise par un mineur, une question substantielle. Ce n'est qu'après
avoir élucidé la première question d'ordre épistémologique et s'être convaincu que
le mineur peut également commettre, du moins matériellement, une infraction que
l'on peut se permettre d'aborder la seconde qui consiste à savoir quelle réaction
doit prendre la société contre ces auteurs particuliers, au regard de leur [jeune]
âge et de leurs spécificités anatomie morphologiques, ainsi que l’actes qui ont
assurément causés de victimes aussi bien majeurs que mineurs d'âge? Doit-elle
rien faire, réagir de la même manière pour les adultes ou s'y prendre différemment
? Si oui, de quelle manière et par quels mécanismes.
§1. Le statut pénal du mineur en droit congolais
Responsabilité pénale des mineurs est objet à controverses. En droit congolais, le
statut pénal des mineurs est aussi objet à controverses doctrinales et d'insinuations
nourries par les ambiguïtés et le laconisme qui ont toujours caractérisé l'œuvre du
législateur en cette matière. La doctrine dominante, formalisée dans la moule
tutélaire belge, a toujours soutenu que la minorité était une cause de non-
imputabilité ; pendant que le Droit ou la LPEE n'a explicitement consacré une

37
Cette substitution conceptuelle, comme nous l'avons déjà largement précisé, concerne également deux
autres termes, à savoir, mineur ou l’enfant délinquant» et« peine», respectivement remplacé part « enfant en
conflit avec la loi» et les « mesures spécifiques ».
irresponsabilité absolue des mineurs. Pour s'en convaincre, il sied d'analyser ces
deux textes sur cette question.
Le mineur sous la LPEE : une irresponsabilité en demi-teinte. En 2009, le
législateur a quasiment reconduit tous les principes de 1950 en modifiant le
contenu de certains d'entre eux. D'une part, la déviance est juridiquement
démarquée de la délinquance et renvoyée à l'enfance en situation difficile.
L'inexistence d'une présomption irréfragable d'irresponsabilité pénale des
mineurs. Hormis cette tentation d'étendre le principe légal de présomption
irréfragable d'irresponsabilité pénale à l'autre catégorie des mineurs, se développe
également en doctrine, sur base d'un raisonnement a contrario, l'idée d'une «
présomption irréfragable d'irresponsabilité » des mineurs d'au moins quatorze ans.
Précisons à ce sujet que cette notion n'a jamais été consacrée dans les textes
pénaux congolais, contrairement à tous les systèmes juridiques qui fixent un seuil
d'irresponsabilité pénale ou d'incapacité d'enfreindre la loi pénale différente du
seuil de la majorité pénale.
§2. L'imputabilité du fait pénal au mineur
Après avoir démontré que le mineur pourrait enfreindre la norme pénale, il
convient de préciser le mécanisme par lequel ce fait matériel lui est imputé afin
qu'il soit pénalement redevable. En effet, en droit pénal commun, la seule
réalisation du fait incriminé ne suffit généralement pas à rendre son auteur
punissable par le juge : il faut aussi une attitude intellectuelle qualifiée
communément d'élément « moral », « psychologique », « intellectuel » ou «
subjectif », déclinée en deux paramètres : la culpabilité (la volonté) et
l'imputabilité (ou l'intelligence). L'appréciation du deuxième paramètre
psychologique particulièrement ne se réalisera pas, en droit pénal moderne, de la
même manière selon que l'on est en présence d'un délinquant majeur ou mineur.
L'imputabilité en droit pénal commun : Culpabilité, imputabilité, responsabilité.
Point cardinal du droit pénal moderne, l'élément moral de l'infraction, in fine,
l'imputabilité est objet à des théories diverses et, parfois, contradictoires à cause
de son caractère éminemment subjectif.
Or, la part de la subjectivité dans la commission d'un acte criminel peut se
mesurer, d'après une approche réaliste, en trois étapes différentes, à tort ou à
raison, confondues, à savoir la culpabilité, l'imputabilité et la responsabilité. En
effet, la transgression, l'acte générateur de la responsabilité pénale, doit
nécessairement être accompagnée d'une certaine dose de volonté pour que la
responsabilité pénale soit réellement établie.
C'est ainsi que la responsabilité pénale arbore fièrement aujourd'hui son caractère
subjectif, sans pour autant se départir aussi de ses origines objectives : elle est liée
à la « réparation alité » de l'acte fautif à la suite d'un jugement d'imputation et
reste, donc, une étape lointaine de la commission de l'infraction. Quant à la
culpabilité, elle est le fait d'avoir voulu l'acte indépendamment de son caractère
illicite : la culpabilité constitue le plus petit degré de la composante psychologique
et se retrouve dans toute matérialisation de l'infraction, sauf pour les cas
d'imprudence ou de négligence qui sont considérés comme une volonté indirecte
(défaut de prévoyance ou de précaution) à la commission de l'acte. Elle est, à cet
effet, le « rapport entre le sujet et sa conduite ; tandis que l'imputabilité est un état,
une qualification du sujet lui-même ».
Enfin, l'imputabilité est alors un jugement de liaison, entre un acte [fautif] précis
et un agent déterminé, qui est fait, soit de manière objective, soit de manière
subjective. Dans le premier cas, il s'agit d'une attribution mécanique de l'acte à
l'agent en remontant la chaîne de causalité ; mais dans le second, l'on cherche à
déterminer, après l'identification mécanique, l'état d'esprit de l'agent ou les raisons
qui l'ont poussé à accomplir l'acte.
§3. L'imputabilité en droit des mineurs : le discernement.
En ce qui concerne le mineur, la théorie classique a du mal à s'appliquer étant
donné qu'il est admis que le mineur est à cheval entre la dépossession et la
possession progressive des facultés mentales, bref en plein processus de
maturation anatomie-psychologique, qu'il sied de déterminer à quel moment ces
dernières sont suffisantes afin de lui imputer des actes dont il adviendrait à
commettre.
Une imputation subjective, affirmée par le droit pénal moderne, l'écarté de toute
responsabilité ; seule une imputation objective, pourtant niée par la doctrine qui
la privilégie, peut expliquer une prise en charge pénale. Ce qui démontre la
complexité de l'imputabilité des mineurs et les limites des théories classiques en
droit pénal des mineurs.
Ainsi, comme l'affirme Jean-Pierre Rosenzweig, « ii convient donc de distinguer
la culpabilité du mineur de l'imputabilité des faits [de droit commun] et donc, de
l'irresponsabilité pénale. En effet, les mesures prononcées en son encontre le sont
en réponse à une déclaration de culpabilité.
Elles constituent une réponse spécifique, mais n'en demeurent pas moins des
sanctions significatives d'une responsabilité pénale et qui figurent au casier
judiciaire du mineur. [Toutefois], l'énoncé fait au mineur, par le juge ou le
tribunal, de sa responsabilité dans la commission des faits 'constitue une étape
essentielle d'un processus psychologique et éducatif dans la structuration de sa
personnalité ». D'où, l'émergence d'un autre concept pour évaluer ce paramètre
psychologique en droit pénal des mineurs, le « discernement ».
§4. L'appréciation in abstracto du discernement : l'âge.
Définition du discernement. Quel que soit le système juridique considéré, le
discernement est un concept flou, ambigu et, généralement, non défini par les
législateurs. Le droit pénal moderne181 en a, de fois, fait appel en le dotant d'une
portée différente avant que la doctrine tutélaire l'adopte et le systématise. De latin
discernée, il peut étymologiquernent être défini comme l'action de « tamiser », de
séparer ou de distinguer le vrai du faux.
Il s'agirait d'une aptitude : soit à distinguer ou à démêler le licite de l'illicite, le
moral de l'immoral, le bien du mal ; soit à comprendre la portée de ses actes ou à
les interpréter dans la réalité, ou encore la faculté de bien apprécier les choses. En
bref, le discernement est un instrument de perception et de jugement dans la
compréhension de l'acte.
A cet effet, il est, en droit pénal commun, confondu à la fois, au libre arbitre, à la
conscience, à l'imputabilité, voire, à la culpabilité. Mais depuis peu, il est
également évoqué dans la compréhension du bien-fondé de la sanction pénale : il
s'agit, en effet, de la recherche de l'efficacité de la pédagogie pédologique en
permettant au délinquant de se faire une représentation exacte de son implication
dans l'acte criminel, préalable à une plus effective resocialisation, et par ricochet,
de légitimer la sanction pénale.
Le discernement en droit pénal des mineurs. De ce fait, le droit pénal se devait
désormais résoudre préalablement la question de savoir à partir de quel moment
un individu est censé se doter d'intelligence suffisante pour pouvoir distinguer ie
bien du mal avant de déterminer s'il en avait la pleine jouissance au moment de la
commission de l'acte. La première phase de cette réponse, qui nous intéresse le
plus; renvoie à la problématique du discernement qui se présentera différemment
selon que l'on est en présence d'un agent mineur ou majeur. Pour l'un, il y a une
présomption positive, tandis que pour l'autre, il y aura une présomption négative.
En effet la conscience de l'interdit, de la faute et de sa portée, n'ont pas la même
acuité chez le mineur et chez l'adulte.
Le majeur sera toujours présumé être doté du discernement jusqu'à preuve du
contraire pendant que cette même capacité sera évaluée chez le mineur. L'on
admettra que la faculté que possède une personne de savoir si un acte accompli
par elle est bon ou mauvais, susceptible ou non de punition, se développe
progressivement et qu'il est des périodes où elle existe très peu ou pas du tout qu'il
pourra bénéficier d'une exonération de responsabilité pénale ou des circonstances
atténuantes. Ce qui transforme non seulement la charge de la preuve pour ces deux
catégories d'acteurs mais lie aussi incidemment et inéluctablement cette
problématique à la question de l'âge.
Le discernement dans la LPEE : seuil de la responsabilité pénale. Ayant souscrit
également pour cette approche, le législateur congolais de 2009 n'a pas été
épargné de cette problématique. Il se devrait de préciser le critérium d'évaluation
du discernement en droit pénal des mineurs. Sur ce, rappelons que la LPEE
évoque ce concept dans quatre dispositions (art. 7, 32, 33, 96). Dans les trois
premières, il est présenté comme un droit d'expression ou plutôt un droit à être
consulté : tel que présenté dans lesdites dispositions, il ne concerne pas
particulièrement la matière pénale.
Même si la troisième disposition évoque la procédure judiciaire, qui peut englober
aussi bien la matière pénale et civile, il est clair qu'il s'agit là qu'un d'un simple
droit à être consulté ou une obligation pour l'opérateur judiciaire à recueillir l'avis
du mineur184 ; et ce, à huis clos et en présence de son conseil.
Cette disposition s'applique, en matière pénale, aussi bien au mineur auteur des
faits infractionnels que celui victime ou témoin des faits infractionnels, voir même
celui qui intervient à titre de simple renseignant. Ce n'est que dans la dernière
disposition (art. 96 LPEE) que le discernement constitue un motif d'excuse de
peine dont bénéficient les mineurs âgés de moins de quatorze ans, irresponsables
pénalement.
C'est uniquement à l'égard de ces derniers que vaut la présomption irréfragable
d'irresponsabilité, qu'organisé l'article 95 de la loi de 2009: ce qui correspond donc
au seuil d'irresponsabilité pénale avouée en faveur uniquement de cette catégorie
des mineurs. Rappelons aussi que cette disposition se situe dans la logique de
l'article 214 CF qui n’ont jamais subi de modification depuis l'adoption en 1987
du texte qui la porte.
L'âge, critère mécanique de détermination discernement en droit pénal des
mineurs. Ces dispositions reconnaissent explicitement l'existence de mineurs
dotés de discernement dont le régime juridique (pénal et civil) diffère, dans
certains aspects, de celui de mineurs qui en sont dépourvus. Mais ce qu'il faut
souligner ici est que seul l'article 96, relatif à la protection judiciaire qui se
rapporte spécifiquement aux mineurs auteurs des faits infractionnels, évoque un
âge. En d'autres termes, c'est seulement en matière pénale que le discernement est
lié à un âge spécifique : quatorze ans. Une telle position du législateur produit
plusieurs conséquences juridiques. Premièrement, elle consacre ; d'une part,
l'autonomie du droit pénal, voire même du droit pénal des mineurs, et d'autre part,
la non fixation de seuil [mécanique] de discernement pour les autres matières qui
le requièrent (art. 7, 32, 33 LPE), Deuxièmement, elle n'empêche aucunement
qu'une autorité, saisie punir une matière non-pénale admettant le raisonnement
analogique, s'inspire du seuil pénal pour évaluer la poursuite du discernement
étant donné que la compréhension de la portée d'un acte pénal exige un plus de
maturité. Une telle approche empêche, à contrario, à ladite autorité d'aller au-delà
du seuil de 14 ans.
Enfin, une fixation mécanique constitue d'apparence un gage de la sécurité
juridique au regard des intérêts mis enjeux par le droit pénal ; raison pour laquelle
elle est même recommandée par les textes internationaux185; mais sa rigidité peut
être également une source d'impunité. Autant tous les mineurs n'atteignent tous
pas en même temps l'âge de la raison, autant ils n'acquièrent forcément le
discernement à l'âge fixé par le législateur. D'où le correctif proposé, par certains
systèmes juridiques, à ce premier procédé en intégrant l'appréciation concrète
basée sur plusieurs paramètres.
§5. L'appréciation in concrète du discernement : faisceau d'indices.
La corrélation variable et fragile entre l'âge et le discernement. Pour pallier aux/les
insuffisances du premier procédé, certains législateurs permettent au juge de
prendre en compte la personnalité et Ses conditions de vie du mineur, auteur des
faits infractionnels, pour apprécier souverainement son discernement. A notre
connaissance, il n'existe pas réellement un système juridique qui se base
uniquement sur ce système d'appréciation casuistique par faisceau d'indices, sous
réserve du seul contre-exemple qui est le droit français.
De manière générale, lorsqu'elle est reconnue au JPE, cette prérogative est
circonscrite dans un intervalle d'âges : le JPE n'apprécie le discernement que pour
une catégorie des mineurs, généralement située entre le seuil inférieur de
d'irresponsabilité pénale préalablement fixé par le législateur et le seuil de la
majorité pénale. Un tel procédé nous parait le plus logique et le plus équitable par
le fait qu'il cumule les avantages du procédé rigide (l'âge) et du procédé souple
(faisceau d'indices).
D'ailleurs, dans un arrêt récent, la Cour de cassation française a estimé que
l'appréciation du discernement uniquement à travers l'âge du mineur, sans autre
motivation, est insuffisante même en matière civile. Ainsi, dans l'appréciation in
concrète, il sera alors question de déterminer la maturité réelle du mineur dans la
conscience de l'illégalité de l'acte commis ; laquelle est trouvée dans plusieurs
autres paramètres que l'on peut puiser dans son histoire, ses conditions de vie du
mineur et les circonstances de son acte. Une telle approche rejoint la notion
tutélaire de la personnalité du mineur. Toutefois, deux objections sont
généralement formulée à l'endroit de cette approche ; d'une part, elle nécessite
pour sa mise en œuvre des moyens matériels et humains très importants à défaut
desquels une application quasi automatique de la responsabilité pénale de type
objectif prend place, d'autre part, elle désarme considérablement le JPE et fait
appel à une expertise scientifique, spécialiste en sciences de l'esprit.
Difficulté à classer le modèle congolais d'appréciation du discernement du mineur
: contradiction apparente des articles 214 CF et 95 LPE. Malheureusement, le
procédé choisi par le législateur congolais n'obéit à aucun schéma précité. Si la
fixation d'un seuil de discernement différent du seuil de la majorité pénale sous-
entend le cumul des appréciations, le silence du législateur au sujet
particulièrement des mineurs âgés d'au moins quatorze ans ne permet de préciser
clairement le système institué.
Car, deux hypothèses sont également envisageables pour cette catégorie des
mineurs ; soit un discernement recherché en cas de consécration d'une
présomption réfragable d'irresponsabilité pénale, soit un discernement réputé en
cas de consécration d'une responsabilité pénale [spécifique].
En effet, en établissant une présomption absolue ou irréfragable d'irresponsabilité
pour les mineurs de moins de quatorze ans (art95) avec un référencement de ces
derniers à (au) l'assistant social et/ou psychologue pour des mesures
d'accompagnement (art. 96 al.2), la LPE devrait se également et expressément se
prononcer sur le statut pénal des ceux d'au moins quatorze ans à qui elle consacre
la quasi-totalité des dispositions de son troisième titre. A notre avis, il s'agit, sur
base de l'article 214 du code de la famille, d'une responsabilité pénale, atténuée
par l'excuse de la minorité qui induit un régime sanctionnel spécifique pour la
tranche d'âge située au-delà du seuil : l'objet de tous les aspects pénaux de cette
loi.
Au cas contraire, tout le système paraîtrait absurde et produirait un effet contraire
à celui escompté ; d'autant plus qu'il ne sera plus utile pour le législateur congolais
de faire mention du « discernement » étant donné qu'il aurait déjà établit une
présomption d'irresponsabilité à l'article 95 LPE. Nous ne pensons pas qu'il s'agit
ici d'un raisonnement analogique, comme peuvent le prétendre d'aucuns.
SECTION 2. LE MINEUR, VICTIME D'INFRACTION
La minorité de la victime en droit pénal congolais, une non-exclusivité de la
LPEE. La deuxième forme de protection organisée par la LPEE se rapporte
essentiellement aux règles relatives à l'établissement et au traitement la
responsabilité pénale des mineurs (protection judiciaire). Tandis que la dernière
forme est axée sur l'incrimination de quelques comportements ayant pour victime
la personne âgée de moins de dix-huit ans {protection pénale). En effet, depuis
longtemps le droit pénal s'est particulièrement intéressé au mineur, lorsqu'il était
victime d'un fait infractionnel, à cause de sa vulnérabilité C'est ainsi que plusieurs
textes pénaux, généraux et particuliers, prévoient plusieurs infractions dont la
minorité de la victime aggrave la peine (170 al.3, 174 f CPP..,). Sur ce, la
particularité du code de la famille, a été de prévoir plusieurs infractions
spécifiques relatives à la minorité de la victime139. Dans la même optique, la
LPEE présente également une panoplie d'infractions touchant le mineur qu'on a
l'impression qu'il s'agirait d'une exhaustivité (art. 143 à 198).
L'on peut donc affirmer que notre droit pénal, non seulement réserve un sort
particulier aux personnes âgées de moins de dix-huit ans lorsqu'elles sont auteurs
des faits infractionnels, mais prend aussi désormais en compte les victimes âgées
de moins de dix-huit ans en prévoyant un corpus régulièrement enrichi
d'infractions tendant à les protéger.
La protection pénale du mineur, une exclusion du JPEE. Quoi que l'idéal serait de
laisser au code pénal ordinaire les infractions de droit commun, quelle que soient
leurs déclinaisons ; et aux textes particuliers, les infractions spécifiques,
l'intention du législateur de 2009 a été globalement louable.
Car, en réalité, telle qu'organisée dans la LPE, la protection pénale est la seule
partie du texte qui n'est à priori utilisée par le JPE. Même les dénonciations de
violences contre les mineurs, généralement constitutives d'infractions, prévues à
l'article 192 du LPE sont portées devant le juge de droit commun ; Or, ces faits
relèvent également de l'ESD qu'elles peuvent concerner indirectement le JPE,
saisi à cet effet par l'assistant soda juste pour le placement social; sauf lorsque
leurs auteurs sont des mineurs.
En général, c'est plutôt les autres juges pénaux, généralement de paix et de grande
instance, qui y recourent. En effet, le réflexe de tout juge pénal ou parquetier
serait, dès qu'il se rend compte que la victime des faits pour lesquels il instruit ou
poursuit est un mineur, de se référer à LPE pour voir si le législateur n'a pas
aggravé ou atténué la peine prévue à l'état simple, ou encore, s'il n'a pas créé une
incrimination autonome.
C'est à ce niveau que nous déplorons le dédoublement normatif, surtout dans
l'hypothèse où la LPEE reconduisait la même peine que celle prévue par les textes
antérieurs. Car, l'opérateur judiciaire sera toutefois tenu, eu égard au principe de
la prééminence du spécial sur le général, de privilégier les prévisions de la LPEE.
La minorité de la victime en droit pénal processuel congolais. Ainsi la minorité
de la victime induit également, comme la minorité de l'auteur, des conséquences
juridico-pénales importantes, tant sur le plan du substantiel que processuel. En ce
qui concerne le droit pénal processuel, elle n'a pas véritablement d'incidence en
droit congolais, quoi qu'elle touche aujourd'hui en droit comparé à la prescription
de l'action publique. Elle n'est pas, non plus, déterminante sur la juridiction
compétente, sauf de manière subsidiaire étant donné qu'elle peut moduler la
tarification pénale, élément principal de la compétence matérielle des juridictions
pénales de droit commun.
CONCLUSION
La protection de l’enfant est aujourd'hui une préoccupation de tous les Etats
membres de l'Organisation des Nations Unies. Il est impérieux de mettre en place
un système juridique de protection efficace pour cette catégorie de l'enfance en
danger mais aussi les moyens de lutter contre la délinquance juvénile.
L'enfant est en effet une personne entière, bénéficiaire des droits fondamentaux
de l'homme, mais qui nécessite une protection spéciale liée à son jeune âge et à
son manque de discernement suffisant.
Que ce soit au niveau de la définition de la responsabilité pénale de l’enfant, que
ce soit au niveau des excuses de minorité, nous avons souligné le caractère
spécifique du prévenu enfant dans un procès pénal, lequel caractère doit être
entièrement pris en compte par tous les acteurs de la chaîne pénale.
En effet, le droit international est riche en textes régissant la protection de
l’enfant, Outre le fait que certains de ces textes comme le PIDCP et la CIDE sont
juridiquement contraignants, et donc directement invocables devant le juge
interne, le constitutionnaliste congolais a intégrés dans la constitution à travers
l'article 19. Il n'y a donc aucune n’excuse pour les juges de ne pas appliquer ces
instruments en faveur des enfants.
Par ailleurs, le droit Congolais dispose également d'un arsenal important qui, bien
qu'il ne manque pas de lacunes, contient d'importantes garanties en faveur de
l’enfant. La promulgation de la loi n 01/ 009 du 10 janvier 2009, portant
protection de l’enfant qui se réfère aux recommandations de la CIDE ; Les
garanties du Code de procédure pénale et de l’ordonnance n 344 portant régime
pénitentiaire congolais, constituent aussi une avancée remarquable dans ce
domaine et se réfèrent en grande partie aux standards internationaux.
En principe, les enfants bénéficient, plus que tout autre individu, du droit à la
présomption d'innocence. Celle-ci est l'une des principales normes universelles de
droit pénal qui prévaut depuis l'enquête préliminaire jusqu'au jugement en passant
par l'instruction pré-juridictionnelle.
L'importance de la présomption d'innocence pour les enfants fait que ce droit
fondamental survit à la procédure de jugement et qu'il doit guider le juge jusqu'au
choix de la sanction à lui appliquer en cas de condamnation. Dans la pratique
malheureusement, notre constat a été que le juge congolais est beaucoup plus
guidé par la volonté de répression et que, parfois, le silence du prévenu, même
enfant, peut paradoxalement constituer une circonstance d'aggravation de sa
peine.
La protection des enfants en RDC Nous avons pu voir l'application des
instruments juridiques internationaux et nationaux. Il a été question ici de mettre
en exergue l'importance de l'intérêt supérieur de l'enfant qui néanmoins, ne se
retrouve pas entièrement dans la loi portant protection de l’enfant et dans les
décisions de justice. Malgré l’existence de cette loi, l'application des standards
internationaux et nationaux en matière d'administration de la justice pour enfants
demeure lacunaire.
Afin d'assurer l'application des différentes mesures de protection, d'éducation et
de surveillance des enfants en conflit avec la loi prévues par la loi portant
protection de l’enfant et le code de procédure pénal , il devrait être institué un
corps d'assistants sociaux des institutions spécialisées, des maisons de placement
et d'éducation, des chambres pénales pour enfants dans toutes les provinces
judiciaires.
Un système d'assistance judiciaire pour enfants ainsi qu'une structure de
financement pour des frais de prise en charge par le trésor public devraient être
institués. De même, la mise en place des infrastructures adaptées et la formation
d'un personnel spécialisé suffisant et compétent constituent des priorités.
Quant aux alternatives possibles à la détention des enfants. En effet, dans le but
de privilégier la rééducation des enfants , l'Etat congolais devrait adopter la vision
de JULHIET et consorts qui estiment que :« considérer l'enfant traduit en justice
comme un malade à guérir, non comme un coupable à punir ; avoir pour l'enfant
des juges spécialistes comme on a des médecins spécialistes, prescrire à ces
magistrats d'examiner l'enfant plus que le délit, instituer un ingénieux système de
sanctions bienveillantes, le traitement patient et méthodique de la maladie morale
de l'enfant, telles sont les bases sur lesquelles reposent le cours de droit portant
protection de l’enfant.
Cette affirmation se justifie aisément dans la mesure où, comme nous l'avons
constaté, les enfants n'entrent pas dans la délinquance par simple cynisme, mais
simplement à cause des maux que la société a imposés à un être fragile et très
influençable.
REFERENCES BIBLOGRAPHIQUES

I. INSTRUMENTS JURIDIQUES INTERNATIONAUX


1. Convention internationale relative aux droits de l'enfant, Nations Unies, New
York, 20 Novembre 1989.
2. Convention concernant le travail forcé ou obligatoire (Convention C29)
adoptée à Genève par la Conférence générale l'Organisation internationale du
travail (OIT) le 10 juin 1930, entrée en vigueur le 1er mai 1932 et ratifiée par la
Démocratique du Congo, le 20 septembre 1960, in Journal officiel de la
République Démocratique du Congo, Les droits de l'enfant en République
Démocratique du Congo (Recueil des textes en vigueur), 2009.
3. Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée et proclamée par
l'Assemblée générale des Nations Unies dans sa Résolution 217(111) du 10
décembre 1948, in Journal officiel de la République Démocratique du Congo,
numéro spécial, 9 avril 1999.
4. Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté et ouvert à la
signature, à la ratification et à l’adhéré; l'Assemblée générale des Nations Unies
dans sa Résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966 et entré en vigueur le 23
mars 1976, conformément aux dispositions de l'article 49, ratifié par la RDC le
1er novembre 1976, in Journal officiel de la République Démocratique du Congo,
n° spécial du 9 avril 1999.
5. Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adopté
et ouvert à la signature, à la ratification et à l'adhésion par l'Assemblée générale
des Nations Unies dans sa Résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966 et entré
en vigueur le 23 mars 1976, conformément aux dispositions de l'article 27 et
ratifié par la RDC le 1er novembre 1976. in Journal officiel de la République
Démocratique du Congo, n° spécial du 9 avril 1999.
6. Convention concernant l'âge minimum d'admission à l'emploi (Convention
C138) adoptée à Genève par la Conférence générale de l'Organisation
internationale du travail (OIT) le 26 juin 1973, entrée en vigueur le 19 juin 1976
et la République Démocratique du Congo y a adhéré par Décret-loi n° 013/01 du
28 mars 2001, in Journal officiel de la République Démocratique du Congo, Les
droits de l'enfant en République Démocratique du Congo (Recueil des textes en
vigueur), 2009.
7. La Convention relative aux droits de l'enfant adoptée dans sa résolution 44/25
du 20 novembre 1989- Cette Convention entra en vigueur le 2 septembre 1990,
conformément à l'article 49. La République Démocratique du Congo la ratifia par
l'Ordonnance-loi n° 90-048 du 21 août 1990 portant autorisation de la ratification
de la Convention relative aux droits de l'enfant, in Journal officiel n° 18 du 15
septembre 1990, in Journal officiel de la République Démocratique congo du 9
avril 1999.
8. Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant
la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène
des enfants, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies, le 26 juin 2000,
entré en vigueur le 18 janvier 2002, ratifié par la République Démocratique du
Congo par Décret-loi n° 003/01 du 28 mars 2001, in Journal officiel de la
République Démocratique du Congo, Les droits de l'enfant en République
Démocratique du Congo (Recueil des textes en vigueur), 2009,
9. Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l'enfant,
concernant l'implication d'enfants en conflits armés, adopté par l'Assemblée
générale des Nations-Unies le 26 juin 2000, entré en vigueur e 12 février 2002,
ratifié par la République Démocratique du Congo par Décret-loi n° 002/01 du 28
mars 2001.. in Journal officiel de la République Démocratique du Congo, Les
droits de l'enfant en République Démocratique du Congo (Recueil des textes en
vigueur), 2009.
10. Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant adoptée à Addis-Abeba
le 11 juillet 1990 par la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de
l'Organisation de l'unité africaine (OUA), ratifiée par la République Démocratique
du Congo par le Décret-loi n° 007/01 du 28 mars 2001, in Journal officiel de la
République Démocratique du Congo, Les droits de l'enfant en République
Démocratique du Congo (Recueil des textes en vigueur), 2009,
11. Convention sur les pires formes de travail des enfants adoptée à Genève par
la Conférence générale de l'Organisation internationale du travail (OIT) le 17 juin
1999, ratifiée par la République Démocratique du Congo par Décret-loi n° 015/01
du 28 mars 2001, in Journal officiel de la République Démocratique du Congo,
Les droits de l'enfant en République Démocratique du Congo (Recueil des textes
en vigueur), 2009.
12. Ensemble des règles minima concernant l'administration de la justice pour
mineurs (Règles de Beijing) adopté par l'Assemblée générale dans Nations Unies
dans sa Résolution 40/33 du 29 novembre 1985. Ce document pose des principes
généraux concernant l'administration de la justice pour mineurs.
- enfants en conflit avec la loi, définit les règles d'instruction et de poursuite, de
jugement des affaires les concernant, de traitement aussi bien en milieu ouvert
qu'en institution.
13. Principes directeurs des Nations Unies pour la prévention de la délinquance
juvénile (Principes directeurs de Riyad) adoptés et proclamés par l'Assemblée
générale des Nations Unies dans sa Résolution 45/112 du 14 décembre 1990.
14. Règles des Nations Unies pour la protection des mineurs privés de liberté
(Règles de La Havane), adoptées et proclamées par l'Assemblée générale des
Nations dans sa Résolution 45/113 du même 14 décembre 1990.
15. Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, adoptée à Addis-Abeba
le 11 juillet 1990 par la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de
l'Organisation de l'unité africaine (OUA), ratifiée par la République Démocratique
du Congo par le Décret-loi n° 007/01 du 28 mars 2001, in Journal officiel de ta
République Démocratique du Congo, Les droits de l'enfant en République
Démocratique du Congo (Recueil des textes en vigueur), 2009.
16. Charte Africaine de la Jeunesse, Union Africaine, BANJUL, 2 Juillet 2006.
17. Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée et proclamée par
l'Assemblée générale des Nations Unies dans sa Résolution 217(111) du 10
décembre 1948, in Journal officiel de la République Démocratique du Congo,
numéro spécial, 9 avril 1999.
18. Pacte international relatif aux droits civils et politiques, New York, 19
décembre 1996 in JORDC, 40e année, n° spécial du 09 avril 1999 portant
instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme ratifié par la RDC.
2. INSTRUMENTS JURIDIQUES REGIONAUX
a. Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, adoptée à Addis-Abeba
le 11 juillet 1990 par la conférence des chefs d'Etat et de gouvernements de
l'organisation de l'unité africaine (OUA), ratifiée par la République démocratique
du Congo par le décret-loi n°007/01 du 28 mars 2001, au journal officiel de la
République démocratique du Congo (Recueil des textes en vigueur), 2009 ;
b. Charte africaine de jeunesse Union africaine, BANJUL, 2 juillet 2006 ;
3 .INSTRUMENTS JURIDIQUES NATIONAUX
a. Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006,
modifiée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains
articles de la constitution de la République démocratique du Congo du 18 févier
2006, au J.O.RDC, n° spéciale, Kinshasa, 1987.
b. Loi n°87-01 du 1er Aout 1987 portant code de la famille, in J.O RDC, n°
spécial, Kinshasa, 1987.
C . Loi n° 87-010 du 1er Aout 1987 portant code de la famille, in J.O. Z., spécial
1er Aout 1987, in code lancier, RDC, Tome Droit civil et judiciaire, De Boeck et
Lancier S.A. 2003, Rue des Minimes 39, 1000 Bruxelles, 2003.
d. Loi n°16/008 du 15 juillet 2016 modifiant et complétant la loi n• 87-010 du
1er Aout 1987 portant code de la famille, in, J.O RDC, 57ème année, n° spécial
du 27 juillet 2016.
E. la loi n 87.010 du 01 aout 1987 Portant code de la famille.
e. Loi n° 09/001 du 10 Janvier 2009 portant protection de l'enfant, in J.O RDC, n°
spécial, Kinshasa, 2009.
F ; loi n 015/ 2002 du 16 octobre 2002, portant code du travail.

1. OUVRAGES, DICTINNAIRES ET LEXIQUES


A. OUVRAGES
a. DUPIUS P.M ; Droit international public, Paris 3è éd. Dalloz, 1997.
b. GRAWITZ M, Méthodes des sciences sociales, 4è éd, Dalloz, 1988.
c. KIZERBO T., Eduquer ou périr, impasse et perspective, Paris, P.U.F, 1990.
e. RAYMOND G, Droit de l’enfant et de l’adolescent, le droit français est-il
conforme à la convention internationale des droits de l’enfant, Paris, éd. Littec ;
1995.
f. REU CHELIN M, Les méthodes en science sociale, 3è éd, P.U.F, Paris, 1973.
g. TORRELI M, La protection internationale de droit de l’enfant, Paris, P.U.F,
1979.
B. ARTICLES ET RAPPORTS

a. IDZUMBUR ASSOP J, « La place de la convention relative aux droits de


l’enfant en droit Zaïrois, les enfants d’abord, UNICEF, Zaïre, 1994.
b. HARTIG H., « Le conseil de l’Europe et les droits de l’enfant », dans l’acte du
colloque européen, Novembre 1990.
c. MARTA SANTOS PACS, « Le comité des droits de l’enfant », la revue CIJ,
Décembre 1999.
d. MERTH KHANT, « Le numéro sur le droit de l’homme », in moving pictuire,
bulletin n°25, Aout 1996.
e. Rapport du comité des droits de l’enfant, 53è session, assemblée générale,
supplément n°A/53, Nations-Unies, New York, 1998.
f. P.C KASONGO MUIDINGE, « Place des coutumes dans le droit pénal
congolais » in réforme du code pénal congolais à la recherche des opinions
fondamentales du congolais, TOME II, éd CEPAS, Kinshasa, 2008.
h. WHEN PRICE CYNTHIA : « Convention des Nations-Unies sur le droit de
l’homme, note introductive », in revue CIJ, n°50, 1990.

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