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I. B.Les Éléments de La Contrefaçon

Le document traite des éléments constitutifs de la contrefaçon en droit tunisien, en précisant que la contrefaçon engage la responsabilité civile et pénale de son auteur. Il décrit les différentes formes de contrefaçon, notamment en matière de droit d'auteur et de marques, ainsi que les conditions juridiques nécessaires à la reconnaissance de ce délit, incluant l'élément matériel et l'intention criminelle. Enfin, il souligne que la charge de la preuve incombe au plaignant pour établir l'élément moral de l'infraction.

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Amal El Sahli
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I. B.Les Éléments de La Contrefaçon

Le document traite des éléments constitutifs de la contrefaçon en droit tunisien, en précisant que la contrefaçon engage la responsabilité civile et pénale de son auteur. Il décrit les différentes formes de contrefaçon, notamment en matière de droit d'auteur et de marques, ainsi que les conditions juridiques nécessaires à la reconnaissance de ce délit, incluant l'élément matériel et l'intention criminelle. Enfin, il souligne que la charge de la preuve incombe au plaignant pour établir l'élément moral de l'infraction.

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I.

[Link] éléments de la contrefaçon :


Le droit d’auteur offre, en principe, aux créateurs une protection suffisante
pour maintenir le dynamisme et la rentabilité des activités de conception,
d’élaboration et de diffusion des œuvres de l’esprit. La contrefaçon est
sanctionnée en Tunisie par les articles 82 et suivants de la loi n° 2000-84 du 24
août 2000 relative aux brevets d'invention, inclus dans le chapitre XII sous le
titre « de la contrefaçon et des sanctions »
L’article 82 prévoit dans son alinéa premier que : « toute atteinte portée aux
droits du titulaire du brevet, tels que définis à l'article 46 de la présente loi,
constitue un délit de contrefaçon ».
Il ajoute dans son alinéa 2 que : « la contrefaçon engage la responsabilité civile
et pénale de son auteur ».
Il s'agit de l'acte par lequel le corps du crime est accompli. Par conséquent,
pour que l'élément matériel remplisse ses conditions juridiques, les actes de la
contrefaçon doivent avoir lieu à la date de dépôt de la demande légale de
protection de l'invention objet de la contrefaçon ou après. Il s'agit d'un
élément fondamental pour l'existence de ce crime.
L'élément matériel du crime se manifeste dans l'aspect extérieur de l'activité
du délinquant, qui est un comportement criminel, inclus dans la criminalisation
et soumis à la sanction. Il est généralement composé d'un comportement
criminel et d'une conséquence nuisible qui est causée par ce comportement,
est d’y avoir une relation de causalité entre les deux. C’est à dire l’élément
matériel dans le délit de contrefaçon, on peut le définir en tant que l’acte par
lequel une personne reproduit, imite, utilise ou distribue, sans autorisation,
une œuvre protégée par un droit de propriété intellectuelle (par exemple un
brevet, une marque, un droit d’auteur ou un dessin et modèle). Cet élément
se manifeste par des faits tangibles ou des actions concrètes qui constituent
une atteinte aux droits exclusifs du titulaire.
En Tunisie, la contrefaçon en matière de droit d'auteur est une violation des
dispositions légales prévues par la loi n° 94-36 du 24 février 1994 relative à la
protection des droits d'auteur et des droits voisins, modifiée et complétée par
la loi n° 2009-33 du 23 juin 2009. Cette loi garantit la protection des œuvres
littéraires, artistiques et scientifiques ainsi que des droits voisins (interprètes,
producteurs, organismes de radiodiffusion).
La contrefaçon peut se manifester de plusieurs manières :
• Reproduction illégale : Copier ou imiter une œuvre protégée (livres, films,
logiciels) sans autorisation.
 Distribution non autorisée : Vendre ou distribuer des copies non légales
d'une œuvre protégée.
• Diffusion publique : Organiser des projections de films, des concerts ou des
expositions sans l'accord des ayants droit.
• Utilisation en ligne : Partager, diffuser ou vendre des œuvres via des
plateformes numériques sans autorisation.
En revanche, l’acte en contrefaçon une atteinte au droit de propriété sur la
marque, ce qu’il amène à une violation des droits exclusives conférés au
titulaire d’une marque protégées en Tunisie. Ces droits sont régis par la loi
n°2001-36 du 17 avril 2001 relative à la protection des marques de fabrique,
de commerce et de service, modifiée par la loi n°2009-50 du 4 août 2009. La
loi établit les principes de protection des marques et définit les sanctions
applicables en cas de contrefaçon.
En effet la contrefaçon de marque désigne toute utilisation non autorisée d’une
marque protégée ou d’un signe similaire dans un contexte chez les
consommateurs.
Les actes peuvent inclure :
 La reproduction totale ou partielle d’une marque sans autorisation.
 L’imitation d’une marque pour tirer indûment profit de sa notoriété.
 L’apposition d’une marque protégée sur des produits ou services non
autorisés.
Alors qu'il était conçu d'une manière purement analytique dans les articles 15,
16 et 17 du décret du 3 juin 1889, L’acte de contrefaçon de marque s’identifie
aujourd'hui, au sens de l'article 44 alinéa 1 de la loi n°36-2001, à l'idée
commune de «toute atteinte portée aux droits du propriétaire de la marque».
En effet, la violation de ces interdictions engage la responsabilité pénale de son
auteur, par voie de conséquence, il est indispensable que ces interdictions
soient interprétées d'une manière stricte que ce soit du point de vue du droit
pénal ou sous l'angle du principe de la liberté de la concurrence.
Selon l'article 22 « Sont interdits, sauf autorisation du propriétaire:

La reproduction, l'usage ou l'apposition d'une marque...., pour des produits


ou services identiques à ceux désignés dans l'enregistrement».
Il ressort de cet article que le simple exercice non autorisé de l'un des actes
qu'il énonce à titre limitatif suffit seul à consommer le délit de contrefaçon de
marque indifféremment de tout risque de confusion ou de toute intention
frauduleuse. Par ailleurs, il est clair qu'il met en œuvre la protection de la
marque dans les strictes limites de sa spécialité, c'est à dire pour des produits
ou services identiques à ceux désignés dans l'acte de dépôt de la marque.
Pour ces raisons, et compte tenu de la manière dont ils sont incriminés, les
actes interdits au sein de l'article 22 sont érigés, à juste titre, en délits matériels
de contrefaçon.
Comme tous les actes de contrefaçon de marque, la reproduction n'est pas
définie dans la loi n°36-2001. Pour sa part, la doctrine la considère comme
l'acte de « confectionner ou reproduire la marque à l'identique ou au quasi-
identique. Elle est soit servile, c'est à dire sans aucune différence perceptible,
quasi-servile, lorsque les différences sont insignifiantes, presque
imperceptibles »1
Ensuite, la contrefaçon de marque par usage s'entend selon MATHELY « de
tout emploi de la marque dans sa fonction de désignation de la provenance
des objets qu'elle couvre ». Cet emploi illicite de la marque intervient souvent
à un moment quelconque entre la fabrication et la vente du produit portant la
marque en question. A l'image de tous les actes interdits dans l'article 22 de la
loi n°36-2001, le délit d'usage d'une marque pour des objets identiques à ceux
qu'elle désigne est insensible à la preuve de la bonne foi ainsi qu'à la preuve de
l'inexistence d'un quelconque risque de confusion dans l'esprit du public.
Ainsi, on trouve dans le cadre de la loi n°2000 relative aux brevets d’invention
dans son article 46 « Le brevet confère à son titulaire ou à ses ayants droit un
droit exclusif d’exploitation.
Sont interdits aux tiers, sans le consentement du titulaire du brevet ou de ses
ayants droit :
a) la fabrication, l’offre, la mise dans le commerce, l’utilisation ou bien
l’importation ou la détention aux fins précitées du produit objet du brevet.
b) l’utilisation du procédé de fabrication objet du brevet.
c) l’offre, la mise dans le commerce ou l’utilisation ou bien l’importation ou la
détention aux fins précitées du produit obtenu directement par le procédé
objet du brevet. »

1
POLLAUD-DULIAN (F): op. Cit. N°1362. p. 638.
Toute atteinte portée aux droits du propriétaire du brevet susmentionnés
constitue une contrefaçon.
La contrefaçon consiste en la reproduction des caractéristiques essentielles de
l'invention telle que définie dans les revendications du brevet délivré et en
vigueur. A noter que la portée de protection définie par les revendications doit
être interprétée à la lumière de la description et des dessins.
La contrefaçon s'apprécie par les ressemblances entre le produit argué de
contrefaçon et les revendications du brevet délivré et non d'après les
différences.
Il convient de noter que l'offre, la mise dans le commerce, l'utilisation, la
détention en vue de l'utilisation ou la mise dans le commerce d'un produit
contrefaisant, lorsque ces faits sont commis par une autre personne que le
fabricant du produit contrefaisant, n'engagent la responsabilité de leur auteur
que si les faits ont été commis en connaissance de cause.
L’essentiel à retenir c’est, qu’il ne suffit pas pour que la responsabilité du
contrefacteur dans le délit de contrefaçon soit engagée, que le délinquant
commette un acte criminel ayant un aspect extérieur matériel, mais il faut
également que le facteur moral, à savoir l'intention criminelle ou la mauvaise
foi du contrefacteur, soit présente. Cela concerne ici les personnes qui ont
sciemment caché un produit contrefait, l'ont vendu, l'ont offert à la vente ou
l'ont introduit dans le pays.
Ce qu’il faut dire que, l'étude du facteur moral de l'infraction de contrefaçon
soulève également la question de l'intention de l'auteur de l'acte.
L’élément moral dans une infraction de contrefaçon fait référence à l’état
d’esprit ou à l’intention de l’auteur au moment de commettre l’acte illicite.
En Tunisie, cet élément peut être analysé à deux niveaux :
L’intention coupable (dol) : La contrefaçon implique généralement une
intention délibérée de porter atteinte aux droits de propriété intellectuelle
d’autrui.
La négligence ou l’imprudence : Dans certains cas, l’infraction peut être
retenue même en l’absence d’une intention directe, si l’auteur a fait preuve de
négligence. Par exemple :
• Le manque de vérification concernant les droits préexistants sur une
marque ou un brevet.
• La production ou la distribution d’œuvres protégées sans s’assurer de
l’autorisation préalable du titulaire des droits.
Il faut noter que , la charge de la preuve , revient au plaignant (le titulaire des
droits) de démontrer l’élément moral de l’infraction, en établissant que
l’auteur avait connaissance des droits en cause ou qu’il aurait dû en avoir
connaissance. Cependant, certains faits peuvent suffire à présumer l’élément
moral, notamment :
• La copie flagrante d’une œuvre protégée.
• La diffusion ou la commercialisation à grande échelle d’un produit
contrefait.
• Les antécédents de l’auteur dans des affaires similaires.

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