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Correction Exam

Ce document est un examen de théorie spectrale pour un Master 2 recherche, comprenant des exercices sur les opérateurs unitaires dans un espace de Hilbert. Les exercices portent sur la convergence de séries, les propriétés des fonctions périodiques, et les relations entre les opérateurs et les mesures spectrales. Il aborde également des exemples concrets, notamment l'opérateur de décalage dans l'espace ℓ2(Z).

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THÉORIE SPECTRALE

EXAMEN – MASTER 2 RECHERCHE

Durée : 2 heures
Documents autorisés

Exercice 1. Soit H un espace de Hilbert et soit U ∈ L(H) un opérateur unitaire,


i.e. un endomorphisme U : H → H tel que
U ∗ U = U U ∗ = Id .
Le but de cet exercice est de redémontrer l’existence d’une mesure spectrale avec
une autre méthode que celle du cours. Pour une fonction [−π, π] ∋ θ 7→ f (eiθ )
qui est dans L1 ([−π, π]), on note
Z π
1
ck (f ) = f (eit )e−ikt dt
2π −π
ses coefficients de Fourier, et on note A l’algèbre des fonctions [−π, π] ∋ θ 7→
f (eiθ ) qui sont dans L1 ([−π, π]) et telles que

X
|ck (f )| < ∞.
k=−∞

1. Pour f ∈ A, on pose
X
f (U ) = ck (f )U k .
k∈Z

Montrer que la série de droite converge et que cette série définit une appli-
cation linéaire continue f (U ) ∈ L(H) de norme
X
∥f (U )∥ ≤ |ck (f )|.
k∈Z

La série de droite converge absolument puisque ∥U k ∥ = 1


X X
|ck (f )|∥U k ∥ ≤ |ck (f )| < ∞
k∈Z k∈Z

comme H est complet, la série converge. De plus


X
∥f (U )∥ ≤ |ck (f )|.
k∈Z
1
2
Pn k
Vérifier que pour tout polynôme P (z) = k=0 ck z ∈ C[z], on a
n
X
P (U ) = ck U k .
k=0

La fonction θ 7→ P (eiθ ) est un polynôme trigonométrique dont les coeffi-


cients de Fourier sont
(
ck lorsque 0 ≤ k ≤ n
ck (P ) =
0 lorsque k ≥ n + 1 ou k ≤ −1
de sorte qu’effectivement
n
X
P (U ) = ck U k .
k=0
2
2. Montrer de plus que lorsque f ∈ Cper (R) est une fonction périodique de
2 1
période 2π de classe C alors
 X ∞  
1 ′′
|⟨f (U )u, u⟩| ≤ sup |f | + 2 2
sup |f | ∥u∥2 .
n=1
n

Ceci vient du fait que


|cn (f )| ≤ ∥f ∥L1 ≤ sup |f |
et du fait que pour n ∈ Z∗
1 1
|cn (f )| = 2
|cn (f ′′ )| ≤ 2 sup |f ′′ |.
n n
Ainsi a-t-on

X 
X 1
|cn (f )| ≤ |c0 (f )| + 2 sup |f ′′ |
n∈Z n=1
n2

X 
1
≤ sup |f | + 2 sup |f ′′ |
n=1
n2
et l’estimation demandée découle de l’inégality de Cauchy-Schwarz.
3. Montrer que pour tous f, g ∈ A
f (U )∗ = f¯(U ), (gf )(U ) = g(U )f (U ).
On a
X X
⟨f (U )u, v⟩ = ck (f ) ⟨U k u, v⟩ = c−k (f )⟨u, U k v⟩ = ⟨u, f¯(U )v⟩
| {z }
k∈Z k∈Z
=⟨u,U −k v⟩


1. Ce qui prouve que Cper (R) ∋ f → ⟨f (U )u, u⟩ est une distribution.
3

car c−k (f ) = ck (f¯), et ainsi f (U )∗ = f¯(U ). En outre, on a par Fubini


X XX
(f g)(U ) = ck (f g)U k = cj (f )ck−j (g)U j U k−j
k∈Z k∈Z j∈Z
XX
= cj (f )cℓ (g)U j U ℓ = f (U )g(U ).
ℓ∈Z j∈Z

4. Soit f ∈ A, montrer que


n  
X |k|
f (U ) = lim ck (f ) 1 − U k.
n→∞
k=−n
n

Il suffit de vérifier
n
X |k| k
lim ck (f ) U = 0.
n→∞
k=−n
n
Or on a
n n
X |k| k X |k|
ck (f ) U ≤ |ck (f )|
k=−n
n k=−n
n
N
N X X
≤ |ck (f )| + |ck (f )|
n k=−N
N +1≤|k|≤n
NX X
≤ |ck (f )| + |ck (f )|
n k∈Z
|k|≥N +1

donc pour tout ε > 0, il existe N ∈ N tel que


X ε
|ck (f )| <
2
|k|≥N +1

et il existe M ∈ N tel que pour tout n ≥ M


NX ε
|ck (f )| < .
n k∈Z 2
Par conséquent pour tout n ≥ max(N, M )
n
X |k| NX X ε ε
ck (f ) U k ≤ |ck (f )| + |ck (f )| < + = ε.
k=−n
n n k∈Z 2 2
|k|≥N +1

Une alternative est d’utiliser le théorème de convergence dominée dans les


séries.
5. Soit V ∈ L(H) un opérateur unitaire. On considère
n  
X |k|
σn (V ) = 1− Vk
k=−n
n
4

ainsi que le polynôme trigonométrique


n−1

X einθ − 1
Qn (e ) = eikθ = .
k=0
eiθ − 1
(a) Montrer que σn (V ) est autoadjoint.

On a
n  

X |k|
σn (V ) = 1− V −k = σn (V ).
k=−n
n

(b) Montrer que


1
∥Qn (V )u∥2 .
⟨σn (V )u, u⟩ =
n
En déduire que σn (V ) est positif.

On a en faisant le changement d’indice ℓ = k − j


n−1
X 2 n−1
X
2 k
∥Qn (V )u∥ = V u = ⟨V k−j u, u⟩
k=0 j,k=0
n−1 X
X n−1 −1
X n−1+ℓ
X
= ⟨V ℓ u, u⟩ + ⟨V ℓ u, u⟩
ℓ=0 k=ℓ ℓ=−n+1 k=0
n−1 n  
X X
ℓ |ℓ|
= (n − |ℓ|)⟨V u, u⟩ = n 1− ⟨V ℓ u, u⟩
ℓ=−n+1 ℓ=−n
n
= n⟨σn (V )u, u⟩
ce qui entraı̂ne
⟨σn (V )u, u⟩ ≥ 0.
(c) En déduire que lorsque 1 n’est pas dans le spectre de V
 
1
⟨σn (V )u, u⟩ = O .
n
En effet, on a
Qn (V )(V − Id) = (V − Id)Qn (V ) = (V n − Id)
et par conséquent lorsque V − Id est inversible
∥Qn (V )u∥ = ∥(V n − Id)(V − Id)−1 u∥
≤ ∥V n (V − Id)−1 u∥ + ∥V − Id)−1 u∥
≤ 2∥(V − Id)−1 u∥.
5

Finalement, on obtient
4
|⟨σn (V )u, u⟩| ≤ ∥(V − Id)−1 u∥2 .
n
6. Soit f ∈ A, montrer la formule
Z π
1
⟨f (U )u, u⟩ = lim f (eiθ )⟨σn (e−iθ U )u, u⟩ dθ.
n→∞ 2π −π

On a
n  
X |k|
⟨f (U )u, u⟩ = lim ck (f ) 1 − ⟨U k u, u⟩
n→∞
k=−n
n
n Z π n  
X 1 X |k|
= lim iθ
f (e ) 1− ⟨e−ikθ U k u, u⟩ .
n→∞
k=−n
2π −π k=−n
n
| {z }
=⟨σn (e−iθ U )u,u⟩

7. Déduire des questions 5 et 6 que si f est à valeurs positives alors ⟨f (U )u, u⟩ ≥


0, puis que f 7→ ⟨f (U )u, u⟩ est donnée par une mesure borélienne positive
µu,u Z
⟨f (U )u, u⟩ = f (eiθ ) dµu,u (θ).
[−π,π]

Si f est à valeurs positives alors


Z π
1
f (eiθ )⟨σn (e−iθ U )u, u⟩ dθ ≥ 0
2π −π
et ainsi par passage à la limite
⟨f (U )u, u⟩ ≥ 0.
Soit f ∈ A à valeurs réelles alors g = sup |f | ∓ f est à valeurs positives donc
sup |f | ∥u∥2 ∓ ⟨f (u)u, u⟩ ≥ 0
et on déduit
|⟨f (U )u, u⟩| ≤ sup |f | ∥u∥2
ce qui suffit à prouver que f 7→ ⟨f (U )u, u⟩ est donnée par une mesure
borélienne positive.
8. Déduire des questions 5 et 6 que lorsque le support de la fonction θ 7→ f (eiθ )
est dans un voisinage suffisamment petit de θ0 ∈ [−π, π] tel que eiθ0 ∈ / σ(U )
alors
⟨f (U )u, u⟩ = 0.
Comme l’ensemble résolvant est ouvert, il existe ε > 0 tel que pour tout
θ ∈ [θ0 − ε, θ0 + ε],
U − eiθ = eiθ e−iθ − Id)
6

est inversible et par conséquent


 
−iθ 1
⟨σn (e U )u, u⟩ = O
n
ce qui implique lorsque le support de la fonction θ 7→ f (eiθ ) est contenu dans
[θ0 − ε, θ0 + ε]
Z θ0 +ε
1
⟨f (U )u, u⟩ = lim f (eiθ )⟨σn (e−iθ U )u, u⟩ dθ = 0
n→∞ 2π θ −ε
0

par le théorème de convergence dominée (ou une majoration brutale).


9. Quelles sont les propriétés de la mesure µu,u ?

C’est une mesure de Borel positive, qui vérifie


Z Z
2
∥u| = dµu,u , ⟨U u, u⟩ = eiθ dµu,u
[−π,π] [−π,π]

et plus généralement pour tout polynôme P ∈ C[z]


Z
⟨P (U )u, u⟩ = P (eiθ ) dµu,u .
[−π,π]

Considérée comme une mesure sur le cercle, son support est contenu dans
σ(U ).
10. Un exemple : Soit H = ℓ2 (Z) et U l’opérateur de décalage
U (cn )n∈Z = (cn+1 )n∈Z .
(a) Montrer que U est unitaire.
C’est un simple changement d’indice dans la série
X X
|cn+1 |2 = |cn |2 .
n∈Z n∈Z

(b) Déterminer σp (U ).

Le spectre d’un opérateur unitaire est contenu dans le cerlce unité, donc
les valeurs propres (s’il y en a) sont de la forme eiθ avec θ ∈ [−π, π].
L’équation aux valeurs propres est de la forme
cn+1 = eiθ cn , n∈Z
ce qui s’écrit
cn+1 = eiθ cn , c−n−1 = e−iθ c−n , n ∈ N.
Par récurrence, on obtient
cn = einθ c0
7

mais pour que (cn = einθ )n∈Z soit dans ℓ2 (Z) il faut que c0 = 0. Ainsi
le spectre ponctuel est vide
σp (U ) = ∅
(c) On considère l’isométrie
Φ : H → L2 ([−π, π])
X
c = (cn )n∈Z 7→ u = cn einθ
n∈Z
2
où L ([−π, π]) est muni du produit scalaire
Z π
1
u(θ)v(θ) dθ.
2π −π
Calculer ΦU Φ−1 .
On a
X X
ΦU Φ−1 u = cn+1 einθ = cn ei(n−1)θ = e−iθ u
n∈Z n∈Z

et V = ΦU Φ−1 est la multiplication par eiθ


V = ΦU Φ−1 = e−iθ .
(d) En déduire une formule pour la mesure spectrale µc,c .

On note u = Φ(c) et comme Φ est une isométrie


Z π
1
⟨U c, c⟩ = ⟨V u, u⟩ = e−iθ u(θ)u(θ) dθ
2π −π
Z π
1
= eiθ u(−θ)u(−θ) dθ
2π −π
La mesure spectrale est absolument continue par rapport à la mesure
de probabilité sur le cercle
dθ dθ
µc,c = |u(−θ)|2 = |Φc(−θ)|2
2π 2π
2
de densité |Φc(−θ)| .

Exercice 2. Soit (A, D(A)) un opérateur autoadjoint. Il s’agit dans cet exercice
de donner une caractérisation alternative de son spectre. On note

σ̃(A) = λ ∈ R : ∃(un )n∈N suite de D(A)
telle que ∀n ∈ N ∥un ∥ = 1 et lim(A − λ)un = 0 .
On veut montrer que σ(A) = σ̃(A).
8

1. Montrer que R \ σ(A) ⊂ R \ σ̃(A).


Soit λ ∈ R \ σ(A) = ϱ(A) ∩ R alors pour toute suite (un )n∈N telle que
lim(A − λ)un = 0,
un = (A − λ)−1 (A − λ)un
on obtient par continuité de la résolvante
lim un = 0
ce qui est en contradiction avec ∥un ∥ = 1, et ainsi λ ∈
/ σ̃(A).
2. Montrer que σp (A) ⊂ σ̃(A).

Si λ est une valeur propre de A alors il existe un vecteur propre u ∈ H \{0}


et la suite constante
u
un =
∥u∥
convient pour montrer que λ ∈ σ̃(A).
3. Soit λ ∈ σc (A).
(a) Supposons que v = lim(A − λ)un où (un )n∈N est une suite bornée de
D(A). D’après le théorème de Banach-Alaoglu, il existe une sous-suite
(uφ(n) )n∈N qui converge faiblement vers un u ∈ H, c’est-à-dire que pour
tout w ∈ H
lim⟨uφ(n) , w⟩ = ⟨u, w⟩.
Montrer que v = (A − λ)u.

On a pour tout w ∈ D(A),


⟨u, (A − λ)w⟩ = lim⟨uφ(k) , (A − λ)w⟩ = lim⟨(A − λ)uφ(k) , w⟩ = ⟨v, w⟩
ce qui montre que u ∈ D(A) puisque
|⟨u, (A − λ)w⟩ ≤ ∥v∥∥w∥, w ∈ D(A).
Ainsi
⟨v − (A − λ)u, w⟩ = 0, w ∈ D(A).
Comme le domaine de A est dense dans H, on en tire v = (A − Λ)u.
(b) En déduire que si v ∈ H \ ran(A − λ) alors il existe une suite (un )n∈N
de D(A) telle que lim ∥un ∥ = ∞ et v = lim(A − λ)un .

Comme λ ∈ σc (A), on a ran(A − λ) = H et donc il existe une suite


(un )n∈N de D(A) telle que
v = lim(A − λ)un .
Cette suite ne peut être bornée car sinon d’après la question précédente,
on aurait v ∈ ran(A − λ). Il existe donc une sous-suite (uφ(n) )n∈N telle
que lim ∥uφ(n) ∥ = ∞. Cette sous-suite convient.
9

(c) Montrer que λ ∈ σ̃(A).

Soit v ∈ H \ ran(A − λ), d’après la question précédente, il existe une


suite (un )n∈N de D(A) telle que lim ∥un ∥ = ∞ et v = lim(A − λ)un . On
pose wn = un /∥un ∥ et on a ∥wn ∥ = 1 et
lim(A − λ)wn = 0
ce qui prouve que λ ∈ σ̃(A).
4. Que peut-on dire du spectre résiduel de A ? Conclure.

Le spectre résiduel d’un opérateur autoadjoint est vide ainsi


σ( A) = σp (A) ∪ σc (A) ⊂ σ̃(A).
Finalement, on a bien σ(A) = σ̃(A).

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