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Examc 2004

Le document présente des exercices de théorie spectrale, incluant la diagonalisation d'un opérateur hermitien compact et l'étude d'un opérateur de Hilbert-Schmidt. Il traite également des propriétés des opérateurs dans un espace de Hilbert, démontrant des résultats sur des polynômes d'opérateurs et des relations entre des fonctions holomorphes. Enfin, il aborde la structure d'une algèbre de Banach unitaire associée à un idempotent.

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Corrigé de l’examen de Théorie spectrale, automne 2004

Exercice I
On désigne par Q le projecteur orthogonal de L2 (0, 1) sur le sous-espace des fonctions
d’intégrale nulle, qui est défini par
Z 1
∀f ∈ L2 (0, 1), ∀x ∈ [0, 1], (Qf )(x) = f (x) − f (t) dt.
0

On considère l’opérateur A = Q P ∈ L(L2 (0, 1)), où P est défini par


Z x
∀f ∈ L2 (0, 1), ∀x ∈ [0, 1], (Pf )(x) = f (t) dt.
0

Diagonaliser l’opérateur hermitien compact T = A∗ A. Montrer que T est un opérateur


de Hilbert-Schmidt, calculer son noyau k(x, y) et exprimer ce noyau à partir des fonctions
propres.
Solution. On rappelle qu’on a vu en cours que P est compact et injectif. L’opérateur A
associe à chaque fonction f ∈ L2 (0, 1) sa primitive d’intégrale nulle Af . Ensuite on note
que Q est un projecteur hermitien, donc A∗ A = P∗ Q∗ QP = P∗ QQP = P∗ A. L’opérateur
P∗ associe à Af l’opposée de la primitive de Af nulle en 1, donc (A∗ Af )(1) = 0. Comme
l’intégrale de Af était nulle, on a aussi (A∗ Af )(0) = (A∗ Af )(1) = 0, car
Z 1
∗ ∗
(A Af )(0) − (A Af )(1) = (Af )(t) dt = 0.
0

L’opérateur A∗ A est hermitien positif compact (puisque P est compact), injectif car A
est injectif : si A∗ Af = 0, alors 0 = hA∗ Af, f i = kAf k2 , donc Af = 0 ; si Af = 0, c’est
que Pf est constante ; mais (Pf )(0) = 0, donc cette constante est nulle, Pf = 0 et on
sait que P est injectif ; finalement on déduit que f = 0, et A est bien injectif.
Il reste à rechercher les vecteurs propres de A∗ A pour des valeurs propres λ > 0 :
on veut trouver une fonction ϕ ∈ L2 (0, 1) non nulle telle que

A∗ Aϕ = λϕ,

ce qui implique que ϕ = λ−1 A∗ Aϕ est continue, puis C2 , etc. . . En dérivant deux fois,

−ϕ = λϕ00 .

La nullité de la fonction ϕ = λ−1 A∗ Aϕ aux deux bords de l’intervalle [0, 1] impose que
ϕ = sin(λ−1/2 x) avec sin(λ−1/2 ) = 0, ce qui fournit des valeurs propres de la forme
−1/2
λm = mπ, m = 1, 2, . . . . La plus grande valeur propre est λ1 = π −2 , ce qui donne
accessoirement la norme de A,

1/2 1
kAk = kA∗ Ak1/2 = λ1 = .
π
Si on veut des fonctions propres de norme 1 dans L2 (0, 1), il faut prendre

ϕm (x) = 2 sin(mπx), m = 1, 2, . . .

1
On vérifie que le noyau k(x, t) de A∗ A est égal à k(x, t) = (1 − x)t quand 0 ≤ t ≤ x ≤ 1
et k(x, t) = x(1 − t) quand 0 ≤ x ≤ t ≤ 1 ; en effet la fonction Tk f définie par
Z x Z 1
∀x ∈ [0, 1], (Tk f )(x) = (1 − x) tf (t) dt + x (1 − t)f (t) dt
0 x

est nulle aux deux bords, et (quand f est continue) sa dérivée est égale à
Z x Z 1
0
(Tk f ) (x) = − tf (t) dt + (1 − x)xf (x) − x(1 − x)f (x) + (1 − t)f (t) dt
0 x

et sa dérivée seconde à

(Tk f )00 (x) = −xf (x) − (1 − x)f (x) = −f (x).

Comme il n’y a qu’une seule fonction g telle que g 00 = −f et g(0) = g(1) = 0, on conclut
que Tk coı̈ncide avec A∗ A sur le sous-espace de L2 (0, 1) formé des fonctions continues,
qui est dense dans L2 (0, 1), donc Tk = A∗ A, et k est bien le noyau cherché. On peut
donner une expression plus symétrique pour k, sous la forme

∀x, t ∈ [0, 1], k(x, t) = min(x, t) − xt.

On en déduit que pour 0 ≤ t, x ≤ 1,


+∞
X +∞
2 X sin(mπx) sin(mπt)
min(x, t) − xt = λm ϕm (x)ϕm (t) = .
m=1
π 2 m=1 m2

Cette égalité était a priori seulement vraie au sens L2 , mais des considérations habituelles
de continuité prouvent qu’elle est vraie pour toutes les valeurs indiquées (attention, la
relation n’est plus vraie en dehors de l’intervalle [0, 1]).

Exercice II
On désigne par H un espace de Hilbert complexe ; si S ∈ L(H) et kSk < 1, on pose

+∞
X +∞
X
P(S) = IdH + Sn + (S∗ )n ∈ L(H).
n=1 n=1

a. Montrer que
P(S) = (IdH −S∗ )−1 (IdH −S∗ S)(IdH −S)−1 ;
en déduire que P(S) est un opérateur hermitien positif.

Solution. Puisque kSk = kS∗ k < 1 on peut écrire

+∞
X +∞
X
n −1
S = (IdH −S) , (S∗ )n = (IdH −S∗ )−1
n=0 n=0

2
donc
P(S) = (IdH −S)−1 − IdH +(IdH −S∗ )−1
= (IdH −S∗ )−1 (IdH −S∗ )(IdH −S)−1 − IdH +(IdH −S∗ )−1 (IdH −S)(IdH −S)−1
¡ ¢
= (IdH −S∗ )−1 IdH −S∗ − (IdH −S∗ )(IdH −S) + IdH −S (IdH −S)−1

= (IdH −S∗ )−1 (IdH −S∗ S)(IdH −S)−1 .


On aurait aussi pu intuiter directement que

³X
+∞ ´ ³X
+∞ ´ +∞
X
∗ −1 ∗ −1 ∗ m ∗ n
(IdH −S ) S S(IdH −S) = (S ) S S S = (S∗ )p Sq
m=0 n=0 p,q≥1

et que P(S) est précisément ce qu’il faut ajouter à l’expression précédente pour trouver

+∞
X
(S∗ )p Sq = (IdH −S∗ )−1 IdH (IdH −S)−1 .
p,q≥0

de sorte que

P(S) = (IdH −S∗ )−1 IdH (IdH −S)−1 − (IdH −S∗ )−1 S∗ S (IdH −S)−1 ,

d’où le résultat. Il est clair que l’objet (IdH −S∗ )−1 (IdH −S∗ S)(IdH −S)−1 est hermitien,
car il est de la forme A∗ BA, avec B = IdH −S∗ S hermitien et A = (IdH −S)−1 ; de plus

h(IdH −S∗ S)x, xi = hx, xi − hSx, Sxi ≥ 0

puisque kSxk ≤ kSk kxk ≤ kxk pour tout x ∈ H. Quand B est hermitien positif, il en est
de même pour A∗ BA, car

hA∗ BAx, xi = hBAx, Axi ≥ 0.

PN j
b. On suppose que T ∈ L(H) et kTk < 1 ; soit Q = j=0 cj X un polynôme à coefficients
complexes ; montrer que

N
X Z 2π
j dθ
Q(T) = cj T = Q(e iθ )P(e−iθ T) .
j=0 0 2π

On pourra utiliser sans démonstration le fait suivant : si une suite (fn ) de fonctions
Rb
continues de [a, b] dans un Banach Y tend vers f uniformément sur [a, b], alors a fn (t) dt
Rb
tend vers a f (t) dt dans l’espace Y.
Solution. Par linéarité il suffit de le faire quand Q = Xm , m entier ≥ 0, c’est-à-dire de
calculer Z 2π

e imθ P(e−iθ T) .
0 2π

3
Comme la série de définition de P(S) est normalement convergente dans L(H), l’intégrale
précédente vaut
+∞ Z
X +∞ Z

imθ −inθ dθ X
n


e e T + e imθ e inθ (T∗ )n = Tm ,
n=0 0 2π n=1 0 2π
R 2π
car 0 e i`θ dθ = 0 pour tout ` ∈ Z non nul ; ainsi, le seul terme non nul est celui qui
correspond à n = m dans la première série.
c. Soient x, y ∈ H ; montrer que la fonction g(θ) = hP(e−iθ T) x, xi est réelle positive,
d’intégrale égale à hx, xi par rapport à la mesure dθ/(2π) sur [0, 2π] ; majorer hQ(T) x, yi
en utilisant Cauchy-Schwarz pour le produit scalaire hP(e−iθ T) x, yi, et en déduire que

kQ(T)kL(H) ≤ kQk∞ = max{|Q(eiθ )| : θ ∈ [0, 2π]}.

Solution. Il est clair que la fonction gx définie par gx (θ) = hP(e−iθ T) x, xi est réelle
positive puisque P(S) est hermitien positif pour tout S ∈ L(H) de norme < 1 ; comme
l’intégrale de Riemann vectorielle est limite de sommes de Riemann, on voit que
Z 2π Z
−iθ dθ ­³ 2π dθ ´ ®
hP(e T) x, xi = P(e−iθ T) x, x = hIdH x, xi.
0 2π 0 2π
Cauchy-Schwarz donne
¯ ¯
¯hP(e−iθ T) x, yi¯ ≤ gx (θ)1/2 gy (θ)1/2

et Z
¯ ¯ ¯ 2π
dθ ¯¯
¯hQ(T) x, yi¯ = ¯¯ iθ
Q(e ) hP(e −iθ
T) x, yi ¯
0 2π
Z 2π Z 2π
iθ dθ
1/2 1/2 dθ
≤ |Q(e )| gx (θ) gy (θ) ≤ kQk∞ gx (θ)1/2 gy (θ)1/2
0 2π 0 2π
³Z 2π Z
dθ ´1/2 ³ 2π dθ ´1/2
≤ kQk∞ gx (θ) gy (θ) ≤ kQk∞ kxk kyk.
0 2π 0 2π

d. Montrer le même résultat sous l’hypothèse kTk ≤ 1. En déduire, quand kTk ≤ 1, que
l’application Q → Q(T) se prolonge en un homomorphisme de A(D) dans L(H), où A(D)
désigne l’algèbre des fonctions holomorphes dans le disque unité ouvert qui se prolongent
en fonction continue sur le disque fermé.
Solution. Si kTk = 1 et si Q est un polynôme il est évident que Q(T) = lim Q(sT), quand
s → 1 par valeurs s < 1 ; pour sT le résultat de la question c s’applique et

kQ(T)kL(H) = lim kQ(sT)kL(H) ≤ kQk∞ .


s%1

Pour terminer il suffit de savoir que les polynômes sont denses dans A(D), munie de la
norme uniforme : cela résulte par exemple du théorème de Fejér sur les séries de Fourier
des fonctions continues.

4
Exercice III
On désigne par A une algèbre de Banach unitaire complexe, et on suppose donné un
idempotent p ∈ A, p = p2 . On lui associe les sous-ensembles

Cp = {a ∈ A : ap = pa} ; Ap = {a ∈ A : ap = pa = a}.

a. Vérifier que Ap peut être considérée comme une algèbre de Banach unitaire dont
l’unité est p.
Solution. Il y a une petite erreur dans l’énoncé, par rapport aux conventions adoptées
dans le cours. En effet, on a imposé en cours que l’unité soit de norme 1 ; on aurait dû
ajouter dans l’énoncé :
on suppose que kpk = 1
et aussi kqk = 1 à la question suivante. Cela dit, si a, b ∈ Ap , on a

abp = ap b = pab = ab,

donc Ap est stable par produit, et il est évident que p agit comme unité. De plus Ap est
fermée dans A par continuité du produit, donc c’est une algèbre de Banach, unitaire.
On pose q = 1A − p et pour a ∈ Cp on définit ap = pa, aq = qa.
b. Soit b ∈ Cp ; montrer que b est inversible dans A si et seulement si bp et bq sont
inversibles, respectivement dans Ap et Aq . Si a ∈ Cp , en déduire que le spectre de a est
la réunion des spectres de ap et aq .
Solution. Supposons que c soit l’inverse de b dans l’algèbre A ; alors c commute avec p,
car cp = cpbc = cbpc = pc. On a

bp cp = bppc = bpc = pbc = p,

et de même pour l’autre côté, donc cp est l’inverse de bp dans Ap , et de la même façon
cq est l’inverse de bq dans Aq . Inversement, on note que pq = qp = p − p2 = 0 ; si u ∈ Ap
et v ∈ Aq , alors uv = upqv = 0 ; si u ∈ Ap et v ∈ Aq sont les inverses de bp et bq on aura

b(u + v) = (bp + bq )(u + v) = bp u + bq v = p + q = 1A ,

et de même pour l’autre côté, (u + v)b = 1A . Si on applique ceci à b = a − λ1A , si on


note que bp = ap − λp, on obtient que λ est dans le résolvant de a si et seulement s’il est
dans les deux résolvants de ap et aq , relatifs à Ap et Aq respectivement.
c. Maintenant A est une C∗ -algèbre et a ∈ A est un élément normal, dont le spectre
est égal à la réunion de deux compacts disjoints non vides P et Q du plan complexe ;
on désigne par p = 1P (a) l’image de la fonction indicatrice 1P par le calcul fonctionnel
associé à a. Montrer que le spectre de ap est P, et celui de aq est Q. Montrer que le calcul
fonctionnel associé à ap est donné par

Φ(f ) = fe(a) p,

5
où fe est n’importe quel prolongement de f ∈ C(σ(ap )) en une fonction continue sur σ(a).
Solution. Posons K = σ(a) = P ∪ Q. On note que

f (a) p = (f 1P )(a) = (1P f )(a) = pf (a),

donc f (a) ∈ Cp ; si la fonction f est nulle sur P, il en résulte que f 1P = 0 sur K, donc
f (a)p = f (a) p = 0, ce qui montre que f (a)p ne dépend que de la restriction de f à
l’ensemble P : si f1 et f2 coı̈ncident sur P, alors f1 (a)p − f2 (a)p = (f1 − f2 )(a)p = 0.
Prenons une fonction f = λ1P +µ1Q , avec λ ∈ / P et µ ∈/ Q ; la fonction f −ζK ne s’annule
pas sur σ(a) = P ∪ Q, donc son image f (a) − a est inversible dans A, donc f (a)p − ap est
inversible dans Ap . Mais f coı̈ncide sur P avec la fonction constante λ, donc f (a)p = λp,
et ap − λp est inversible dans Ap , ce qui montre que σ(ap ) ⊂ P, et de même σ(aq ) ⊂ Q ;
comme la réunion des deux est le spectre de a, égal à P ∪ Q, il en résulte que nos deux
inclusions sont des égalités.
Pour chaque f continue sur P, considérons le prolongement particulier fe0 obtenu
en posant fe0 = 0 sur Q. Il est clair que f → fe0 est un ∗-homomorphisme de C(P) dans
C(K) (mais pas unitaire !) et si on propose

Φ(f ) = fe0 (a) p ∈ Ap ,

il est facile de vérifier que ce candidat est un homomorphisme qui a toutes les bonnes
propriétés.

Exercice IV
Dans cet exercice les fonctions sont réelles. On notera pour abréger, quand f ∈ L1 (R)
Z Z
f= f (t) dt.
R

On dira qu’une fonction h continue sur R admet une dérivée généralisée h0 , si h0 est
mesurable, intégrable sur tout intervalle borné, et vérifie pour tous x, y ∈ R
Z y
h(y) − h(x) = h0 (t) dt.
x

On utilisera la formule d’intégration par parties (IPP) démontrée en cours : si les fonc-
tions h et k admettent des dérivées généralisées, on a pour tous a < b
Z b h ib Z b
0
h(t)k (t) dt = hk − h0 (t)k(t) dt.
a a a

Dans le cas où k = ϕ ∈ D(R), cette formule implique que


Z Z
h ϕ = − h0 ϕ.
0

On fixera une fonction θ ∈ D(R) à support dans ]−2, 2[, telle que 0 ≤ θ ≤ 1 et θ = 1 sur
[−1, 1]. Pour tout entier n ≥ 1, on définira θn par θn (x) = θ(x/n). Par abus de notation,

6
on notera x la fonction identité x ∈ R → x, par exemple xf sera la fonction x → xf (x).
Par kf k2 on désignera la norme de f dans L2 (R).

a. Dans cette question préliminaire, ε = ±1 est fixé ; on va montrer que si h admet une
dérivée généralisée h0 , si h et h0 + εxh sont dans L2 (R), alors h0 est dans L2 (R), et plus
précisément : il existe une constante C, indépendante de h, telle que
¡ ¢
kh0 k2 ≤ C khk2 + kh0 + εxhk2 .

a1. Montrer que pour tout entier n ≥ 1,


¯Z ¯ ¡ ¢
Z 2
h
¯ 0¯ 0 .
¯ xh θn h ¯ ≤ 1 + kx θ k∞
2

Solution. On vérifie avec (IPP) que f 2 admet 2f f 0 pour dérivée généralisée, donc
Z Z Z
0 0 0 h2
xh θn h = (xθn )hh = − (xθn )
2

et la dérivée de xθn vaut θn (x) + (x/n)θn0 (x/n), quantité majorée par 1 + kxθ0 k∞ .
a2. Montrer qu’il existe une constante τ > 0, indépendante de la fonction h, telle
qu’en posant y = khk2 + kh0 + εxhk2 , on ait pour tout entier n ≥ 1
Z Z
θn2 02
h ≤ θn h02 = hh0 , θn h0 iL2 (R) ≤ τ y 2 + y kθn h0 k2 .

En déduire que kθn h0 k2 ≤ (1 + τ ) y, puis déduire le résultat annoncé à la question a.


Solution. La première inégalité est claire : puisque 0 ≤ θn ≤ 1, on a θn2 ≤ θn . L’égalité
avec un produit scalaire est claire, et

hh0 , θn h0 i = hh0 + εxh, θn h0 i − hεxh, θn h0 i

qui se majore par

1¡ ¢
kh0 + εxhk2 kθn h0 k2 + 1 + kxθ0 k∞ khk22 ≤ y kθn h0 k2 + τ y 2 ,
2

où on peut prendre τ = 1/2 + kxθ0 k∞ /2. Posons kθn h0 k2 = uy ; on a

u2 y 2 ≤ uy 2 + τ y 2 ,

donc u2 ≤ u + τ . Si s := u − τ était > 1, on aurait

u2 = τ 2 + 2τ s + s2 > (2τ + s)s > 2τ + s = u + τ

7
donc on doit avoir s ≤ 1, c’est-à-dire u ≤ τ + 1. Pour tout entier n, on a ainsi
Z
θn2 h02 ≤ (τ + 1)2 y 2 ,

ce qui implique par le lemme de Fatou que


Z
h02 ≤ (τ + 1)2 y 2 .

On a obtenu le résultat annoncé, avec C = τ + 1 = 3/2 + kxθ0 k/2.


b. On considère l’espace H des fonctions f admettant une dérivée généralisée f 0 , telles
que f , xf et f 0 soient dans L2 (R). On le munit de la norme kf kH définie par
Z ³ ´
kf k2H = f 02 2
+ (1 + x )f . 2

On définit un opérateur (non borné) T sur L2 (R) de la façon suivante : son domaine est
H, et pour toute fonction f ∈ dom(T) = H on pose Tf = f 0 + xf . Montrer que T est
densément défini et fermé. Montrer que H est un espace de Hilbert.
Solution. Le domaine de T contient D(R), donc il est dense dans L2 (R). Si (fn , fn0 + xfn )
converge vers une limite (f, h), on voit que (fn − fm )0 + x(fn − fm ) tend vers 0 dans
L2 (R) quand m, n → ∞, donc (fn −fm )0 tend vers 0 dans L2 (R) d’après les préliminaires
de la question a, et fn0 tend dans L2 (R) vers une fonction g. Alors
Z y
fn (y) − fn (x) = h1(x,y) , fn0 i → g(t) dt
x

permet de voir (comme dans le cours) que g = f 0 . Par différence xfn converge dans L2 ,
et la limite ne peut être que xf . Finalement h = f 0 + xf et le graphe de T est fermé. La
norme de f ∈ H est équivalente à la norme de (f, Tf ) dans le graphe de T, qui est un
fermé du Hilbert L2 × L2 , donc H lui-même est un espace de Hilbert.
c. On suppose que f, g sont deux fonctions telles que f, f 0 , g, g 0 ∈ L2 (R) ; montrer que la
suite (θn g)0 tend vers g 0 dans L2 (R) et en déduire que
Z Z
0
fg = − f 0 g.

Déterminer l’adjoint de T ; montrer ensuite que le domaine de T∗ T est égal à

E = {f : f, x2 f, f 0 , x f 0 , f 00 ∈ L2 (R)}.

Solution. Avec (IPP) on voit que

(θn g)0 = θn0 g + θn g 0 ,

8
qui tend vers g 0 dansR L2 (R), car la suite θn0 g tend vers 0 dans L2 (R) (on note que
kθn0 k∞ = O(1/n)), et |g 0 − θn g 0 |2 tend vers 0 par Lebesgue dominé. On en déduit que
Z Z Z Z
f g = lim f (θn g) = − lim f θn g = − f 0 g.
0 0 0
n n

Si g est dans le domaine de T∗ , la forme linéaire

f ∈ H → hTf, gi

est L2 -continue ; en particulier, en restreignant aux fonctions test ϕ ∈ D, et en utilisant


le langage des distributions, on voit que la forme linéaire
Z
¡ 0 ¢ ¡ ¢
ϕ → hTϕ, gi = ϕ + xϕ g = −g 0 + xg, ϕ D0

où g 0 désigne la dérivée distribution, est L2 -continue. On en déduit qu’il existe une
fonction h ∈ L2 (R) qui représente la distribution −g 0 + xg ; comme xg est une fonction
intégrable sur tout intervalle borné, il en est de même pour g 0 ; ceci implique que g 0
est la dérivée généralisée de g, au sens de l’énoncé. D’après le préliminaire, g ∈ L2 (R)
et g 0 − xg dans L2 (R) entraı̂nent que g 0 ∈ L2 (R), xg ∈ L2 (R). Il est facile de voir que
réciproquement, ces deux dernières conditions impliquent que g ∈ dom(T∗ ), donc

dom(T∗ ) = H, T∗ g = −g 0 + xg.

Le domaine de T∗ T est formé des f ∈ H tels que Tf ∈ H, c’est-à-dire f, xf, f 0 ∈ L2 ,


et f 0 − xf ∈ H, donc f 0 − xf, xf 0 − x2 f, f 00 − f − xf 0 ∈ L2 . On a par combinaison que
f 0 , f 00 − xf 0 ∈ L2 , donc f 00 ∈ L2 par le préliminaire. On termine la caractérisation de
dom(T∗ T) par additions et soustractions. On note que

T∗ Tf = −(Tf )0 + x(Tf ) = −(f 0 + xf )0 + x(f 0 + xf ) = −f 00 + (x2 − 1)f.

d. Pour tout entier n on considère l’application qui associe à f ∈ H ¡la fonction¢ θn f .


Montrer que cette application, vue comme application de H dans H10 ] − 2n, 2n[ , est
bornée de H dans H10 . En déduire que f → θn f , vue comme application de H dans
L2 (R), est compacte de H dans L2 (R).
Montrer que pour tout entier n ≥ 1, on a
Z
° °
°f − θn f °2 ≤ 1 x2 f 2 .
2 n2

En déduire que l’injection de H dans L2 (R) est compacte.


Solution. La norme H1 de θn f est donnée par la norme L2 de θn f , qui est plus petite
que celle de f puisque |θ| ≤ 1, et celle de la dérivée

(θn f )0 = θn0 f + θn f 0

qui est plus petite que kθ0 k∞ kf k2 + kf 0 k2 , quantité contrôlable par un multiple conve-
nable de la norme kf kH . Il en résulte que f → θn f est continue de H dans H1 (R).

9
On peut aussi considérer que θn f ∈ H10 (] − 2n, 2n[) puisque la fonction θn est à
support dans l’intervalle ouvert ]−2n, 2n[. Désignons par Sn ∈ L(H, H10 (]−2n, 2n[)) cette
application. L’opérateur Vn : f → θn f , vu de H dans L2 (R), s’obtient en composant Sn
avec l’injection de H10 (]−2n, 2n[) dans L2 (R), qui est compacte d’après le cours, puisque
l’ouvert est borné ; on voit donc que Vn ∈ L(H, L2 (R)) est compact.
On voit que la fonction 1 − θn est nulle sur l’intervalle [−n, n], puisque θ = 1 sur
[−1, 1], et on a partout |1 − θn | ≤ 1. Il en résulte que
Z Z Z Z
2 2 2 2 x2 2 2 1
(1 − θn ) f = (1 − θn ) f ≤ 2
(1 − θn ) f dx ≤ 2 x2 f 2 .
|x|≥n |x|≥n n n
Si on note V l’injection de H dans L2 (R), on voit que kVf − Vn f k2 ≤ n−1 kf kH ; ceci
implique que
kV − Vn kL(H,L2 (R)) ≤ 1/n,
et montre que V est limite en norme d’opérateur d’une suite d’opérateurs compacts, donc
l’injection V est compacte de H dans L2 (R).
e. Montrer que S : f → −f 00 + x2 f est une bijection de E sur L2 (R) ; montrer qu’il existe
une suite (λn ) et une base orthonormée (ϕn ) de L2 (R) telles que
∀n, −ϕ00n + x2 ϕn = λn ϕn .

Solution. L’opérateur proposé est de la forme Id +T∗ T ; d’après le cours, c’est une bijec-
tion de dom(T∗ T) = E sur L2 (R), dont l’inverse B est continue de L2 (R) dans L2 (R), et
de plus on a
∀f ∈ E, h(Id +T∗ T)f, f i = kf k22 + kTf k22 .
Si on pose By = f quand (Id +T∗ T)f = y, on voit en utilisant la question a qu’en
prenant C1 ≥ 10 C2 on peut écrire
¡ ¢
kByk2H = kf k22 + kf 0 k22 + kxf k22 ≤ C1 kf k22 + kf 0 + xf k22
= C1 hBy, yi ≤ C1 kByk2 kyk2 ≤ C1 kBykH kyk2 ,
ce qui prouve que kBykH ≤ C1 kyk2 , donc B est continue, considérée de L2 (R) dans H.
En composant avec l’injection compacte de H dans L2 (R) on obtient que B est compacte
de L2 (R) dans L2 (R). On sait d’après le cours que B est un opérateur hermitien positif,
de norme ≤ 1, injectif par définition. On peut le diagonaliser dans une base orthonormée
(ϕn ) ; les équations Bϕn = µn ϕn , µn > 0, se traduisent en (Id +T∗ T)ϕn = µ−1
n ϕn .
f. Montrer que le résultat de la question précédente subsiste si on perturbe l’opérateur
S en Sv : f ∈ E → −f 00 + (x2 + v)f , où v est ≥ 0 sur R et v(x) = o(x2 ) à l’infini.
Solution. Il est clair qu’on peut munir E d’une structure d’espace de Hilbert. En raison-
nant comme à la question d, on voit que l’opérateur f → vf est compact de E dans L2 (R),
donc son addition à l’isomorphisme f ∈ E → −f 00 + x2 f ∈ L2 (R) donne un Fredholm Tv
d’indice nul. Mais le noyau de Tv est nul à cause de la positivité de v, donc Tv reste un
isomorphisme. Vérifions que l’inverse Bv est encore compact. On définit Bv yn = fn par
le fait que −fn00 + (x2 + v)fn = yn , ce qui donne −fn00 + x2 fn = B(yn − vfn ). Comme Bv
est un isomorphisme, la suite (fn ) est bornée dans E, donc yn − vfn est bornée dans L2
et B(yn − vfn ) admet des sous-suites convergentes. On se débrouille ensuite pour finir
en temps fini. . .

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