INTRODUCTION
Dans un contexte où l’écriture masculine prévalait, il y avait
une volonté de la part de l’auteur de prendre en charge la
cause des femmes et de faire valoir l’écriture féminine. Dans le
roman Une si longue lettre Mariama Ba fait usage à la présence
de sa plume pour décrire les réalités de la société sénégalaise à
travers un style de fluidité jamais égalée. En effet elle y peint
les vicissitudes qui ont marquées sa vie matrimoniale et y
aborde de nombreux thèmes comme le conflit de génération
qui fait l’objet de notre étude. Ainsi, dans notre élucidation du
sujet, nous allons d’abord définir conflit de génération. Puis
nous évoquerons le conflit de génération dans le roman
I°) DEFINITION DE CONFLIT
On entend par conflit, toutes sortes de mésententes ou
dissociations entre deux individus ou groupe de personne. Le
mot conflit intervient dans le cas où il y a divergence entre des
idées ou des sujets à discuter entre ces derniers. Le conflit de
génération est donc une opposition entre les générations
différentes selon un contexte. C’est-à-dire que des
changements ont été portés ou accompagnés par une
diversification croissante des attitudes et des valeurs d’une
classe d’âge. Cependant, le conflit de génération cause
beaucoup de problèmes, dans la société d’aujourd’hui, que
parfois il est très difficile de les résoudre.
II°) LE CONFLIT DE GENERATION DANS UNE SI LONGUE LETTRE
A/ LES CAUSES :
1- Le Camp des traditionnalistes
La mère de Mawdo, Tante Nabou : descendante d'une grande
famille du Sine (Ancien Royaume du Sénégal), s'oppose au
mariage de son fils avec une castrée, une « bijoutière », une «
courte robe », une « diablesse
Ce passage du roman nous le montre : « Mon frère Farma t’a
donné la petite Nabou comme femme pour me remercier de la
façon dont je l’avais élevée. Si tu ne la prends pas comme
épouse, je ne m’en relèverai jamais. La honte tue vite que la
maladie. » (p.48) disait Tante Nabou. Pour la mère donc, ni le
point de vue d’Aïssatou ni surtout celui de Nabou, la fille de son
de son frère n’ont pas de place devant la mère. Curieusement
la mère se fait ici la représentante, la continuatrice et la
conservatrice de la coutume. Elle doit la faire respecter contre
tout et en toutes ses formes. - La mère de Ramatoulaye :
souhaite un mariage arrangé avec un médecin qui lui inspire
confiance. Mais Ramatoulaye refuse le choix maternel : «
Libérée donc des tabous qui frustrent, apte à l’analyse,
pourquoi devrais suivre l’index de ma mère pointé sur Daouda
Dieng, célibataire encore, mais trop mûr pour mes dix-huit
hivernages. Exerçant la profession de médecin à la Polyclinique,
il était nanti et savait en tirer profit. » (page 28) -Tamsir Fall :
c’est le frère ainé de Modou Fall, il est polygame. Lorsque ce
dernier est mort, il a voulu hérité sa femme Ramatoulaye
comme l’ordonne la tradition à travers le lévirat mais Rama
refuse catégoriquement. Lisons comment Rama l’a répondu : «
Tu oublies que j'ai un cœur, une raison, que je ne suis pas un
objet que l'on se passe de main à main. Tu ignores ce que le
mariage signifie pour moi : c'est un acte de foi et d'amour, un
don total de soi à l'être qu'on a choisi et qui vous a choisi. (....)
Et tes femmes, Tamsir ? Ton revenu ne couvre ni leurs besoins
ni ceux de tes dizaines d'enfants... Je ne serai jamais le
complément de ta collection ». (Page 94) - Nabou et Binetou :
coépouses d'Aïssatou et Ramatoulaye sont instruites. Pourtant,
elles acceptent la polygamie et ses conséquences avec
bonheur, puisque c’est à elles que profite la dislocation du
couple.
2- Le Camp des modernistes
Aissatou : quand son mari Mawdo Ba a pris la Petite Nabou
comme deuxième femme, elle refuse le rôle secondaire de
femme qui lui est attribué par son mari, et elle le quitte. Elle
décide de divorcer
Ramatoulaye et Aïssatou dont la vie est bouleversée par
l’intrusion d’une coépouse. Alors que Aïssatou divorce sans
hésiter, Ramatoulaye hésite, s’enferre dans ses rêves
d’ancienne normalienne de l’idéal du bonheur symbolisé par le
couple monogamique et les méandres réelles, sinueuses et
douloureuses de la vie polygamique. Cet idéal, Ramatoulaye
avoue en être restée prisonnière : « Je suis de celles qui ne
peuvent se réaliser et s'épanouir que dans le couple. Je n'ai
jamais conçu le bonheur hors du couple (...) » (page 82).
Prouvant ainsi que bien que consciente des progrès et de
l'émancipation des femmes, elle est profondément prisonnière
de stéréotypes qui sont autant d'obstacles à la concrétisation
de sa rébellion intérieure. A travers ce personnage, Mariama Bâ
évoque moins son expérience personnelle (elle-même était
divorcée) que les déchirements d'une génération de jeunes
femmes qui tentent d'affirmer leur individualité dans une
société encore mal préparée à accepter les conséquences
sociales de l'instruction des femmes.
III. Tradition et modernité
Le sujet porte sur les conflits entre la tradition et la modernité.
Avec 1’arrivée des maitres coloniaux les coutumes séculaires
qui ont empêché 1’évolution de la femme africaine ont déjà
éclaté. Alors la femme a commencer à avoir 1’éducation
occidentale et cela lui a aidé à lutter centre1’exploitation de
l’homme. Ainsi la femme traditionnelle africaine considère la
femme éduquée comme celle qui est gâtée. Elle croit que
1’éducation gâte les jeunes gens surtout les femmes. On a
remarqué que 1’origine du conflit entre la femme traditionnelle
africaine et la femme moderne africaine résident dans la
culture. II est aussi observé que des pratiques culturelles sur la
femme africaine moderne parfois ont abouti aux conflits entre
la culture africaine et la culture étrangère. Nous avons vu
Aissatou dans Une si longue lettre de Mariama Bâ comme un
exemple de la femme qui lutte contre la tradition en quittant
son foyer avec ses quatre enfants quand son mari a épousé une
deuxième femme. Elle est capable de faire cela à cause de
1’éducation occidentale qu’elle a acquise. Cela lui à faire
connaitre ses droits. Aissatou a lutté donc contre la polygamie
qui fait partie de la culture africaine. Malgré les distorsions de la
culture africaine par 1’éducation occidentale ce travail propose
toujours qu’il ne faut pas que la femme soit toujours relègue en
arrière car cela lui fait perdre son droit humain. Si elle reste
toujours à la maison, elle n’aura pas confiance en elle-même et
elle restera analphabète, et elle continue à rester très
misérable
Conclusion
Dans ce travail, nous avons étudié ‘’Tradition’’ et ‘’Modernité’’
dans Une si longue lettre de Mariama Bâ et examiné les deux
aspects ou conditions de la femme africaine. Nous avons pu
définir le conflit, en montrant quelques sources possibles puis
en donnant les types de conflits les plus souvent rencontrés sur
le lieu de travail. Les méthodes de gestion de conflits que nous
avons présentées pour les divergences, les tensions, le blocage
et le conflit ouvert peuvent être appliquées pour chaque type
de conflit rencontré dans son entreprise. Les conseils apportés
pour la prévention des conflits sont utiles pour empêcher qu’un
conflit éclate, cela permet de « prévenir plutôt que guérir ».