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Takeda

Takeda, un jeune garçon orphelin, voit son village détruit et sa famille tuée, ce qui le pousse à jurer de se venger. Sous la tutelle d'un maître d'arts martiaux, il apprend que la véritable force réside dans l'équilibre intérieur et la sagesse, plutôt que dans la brutalité. Son voyage de transformation commence alors qu'il se prépare à affronter non seulement des ennemis extérieurs, mais aussi ses propres démons intérieurs.

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Takeda, un jeune garçon orphelin, voit son village détruit et sa famille tuée, ce qui le pousse à jurer de se venger. Sous la tutelle d'un maître d'arts martiaux, il apprend que la véritable force réside dans l'équilibre intérieur et la sagesse, plutôt que dans la brutalité. Son voyage de transformation commence alors qu'il se prépare à affronter non seulement des ennemis extérieurs, mais aussi ses propres démons intérieurs.

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LISTE DES CHAPITRES

CHAPITRE 1 : l'enfance paisible p5-p7

CHAPITRE 2 : le jour de la destruction p8-p10

CHAPITRE 3 : les secrets de la montagne p11-p14

CHAPITRE 4 : l’épreuve du silence p15-p18

CHAPITRE 5 : l'essence du combat p19-p22

CHAPITRE 6 : la voie de l'illusion p23-p26

FIN D'ACTE

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Préface

Dans un monde où la guerre fait rage et où les pouvoirs mystiques sont aussi
anciens que la civilisation elle-même, Takeda, un jeune garçon sans pouvoir,
voit sa vie bouleversée lorsque son village est attaqué et sa famille tuée sous
ses yeux. Incapable de se défendre, il jure de se venger. Cependant, sa quête de
vengeance le mène bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.
Sous la tutelle d'un mystérieux maître d'arts martiaux, Takeda apprend que la
véritable force ne réside pas dans la simple brutalité, mais dans l’équilibre
intérieur et la sagesse. À travers des épreuves physiques et spirituelles, il
découvre un monde où chaque combat est un reflet de ses propres conflits
intérieurs. Les ennemis qu'il affronte ne sont pas seulement des adversaires
physiques, mais des incarnations de ses peurs, de ses doutes et de ses désirs de
pouvoir.
Au fil de son voyage, Takeda rencontre des alliés et des ennemis, chacun avec
des pouvoirs uniques et des histoires profondes, et il se retrouve plongé dans
une guerre de clans, où la loyauté, la stratégie et la philosophie du combat
deviennent des éléments essentiels. Dans un monde où les pouvoirs mystiques
sont aussi stratégiques que destructeurs, Takeda devra non seulement maîtriser
des techniques secrètes, mais aussi comprendre les subtilités de la guerre
mentale et spirituelle.
Ce roman épique, où les combats sont à la fois stratégiques et philosophiques,
explore des thèmes de rédemption, de justice et de ce que cela signifie être
véritablement fort. Les batailles sont longues, intenses et intérieures, et chaque
victoire ou défaite porte une leçon importante. Takeda, pris entre la quête de
vengeance et l’apprentissage de la sagesse, se trouve à la croisée des chemins,
avec un destin qui le pousse à repenser tout ce qu’il pensait savoir sur le
pouvoir et l’équilibre.
Dans ce premier acte, nous assistons à l’éveil d’un guerrier, mais l’histoire ne
fait que commencer. Un monde de mystères, d’anciens secrets et de
confrontations épiques attend Takeda, alors qu’il s’apprête à affronter non
seulement des ennemis, mais aussi ses propres démons intérieurs. L’avenir est
incertain, mais une chose est sûre : son voyage sera un chemin de
transformation, de lutte et de sagesse.

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Acte 1 : L'éveil du guerrier

Takeda, un jeune garçon orphelin dont le village a été détruit lors d'une attaque
brutale. Incapable de se défendre, il est témoin de la mort de sa famille et de
ses proches, ce qui laisse en lui une profonde douleur et une soif de vengeance.
Cependant, il découvre rapidement que sa recherche de justice ne peut pas être
accomplie uniquement par la force brute.
Il rencontre un vieil homme sage, un maître d'arts martiaux, qui devient son
mentor. Sous sa tutelle, Takeda commence à comprendre que la véritable
maîtrise ne réside pas dans la simple puissance physique, mais dans l'équilibre
intérieur et la compréhension de soi-même. Le maître lui enseigne que la
sagesse, la patience et la maîtrise de l'esprit sont les clés pour se préparer aux
épreuves à venir. Takeda commence à apprendre à se battre non seulement
contre des ennemis extérieurs, mais aussi contre ses propres démons intérieurs,
comme la colère et la haine.
Au fur et à mesure de son entraînement, Takeda fait face à des épreuves
spirituelles et physiques, telles que des illusions qui le poussent à remettre en
question ses croyances et sa vision du monde. Ces expériences, bien que
difficiles, lui permettent de se connaître davantage et de comprendre que la
véritable force réside dans la clarté d’esprit et la maîtrise de soi.
L'Acte 1 se termine par un moment clé où Takeda, désormais plus mature et
prêt à affronter les défis du monde extérieur, quitte les montagnes pour se
lancer dans un voyage qui le mènera à ses premiers vrais ennemis. Il est prêt à
tester ses nouvelles connaissances et à se confronter à ceux qui pervertissent la
voie qu’il cherche à suivre.
Cet acte marque donc la transition de Takeda de la simple vengeance à une
quête plus profonde de compréhension et de sagesse, avec une ouverture sur un
futur rempli de combats, mais aussi de grandes réflexions philosophiques.

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Chapitre 1 : L’enfance paisible

Le vent soufflait doucement sur les montagnes, caressant les champs


verdoyants qui s’étendaient autour du petit village de Takeda. Perché au
sommet d’une colline, le village semblait être un lieu hors du temps, où les
horloges du monde extérieur n'avaient pas de prise. Les maisons en bois étaient
simples, mais solides, construites avec soin par les villageois, qui vivaient en
harmonie avec la nature. Ici, dans cet endroit reculé, Takeda n’avait jamais
connu de guerre, ni de conflit. Il était un enfant comme les autres : insouciant,
curieux et plein de vie.

Il passait ses journées à s’entraîner avec son père, Kenji, un homme respecté
pour ses compétences en arts martiaux. Kenji n’était pas un combattant parmi
d’autres, mais un maître humble, un artisan des corps et des esprits, qui
enseignait à son fils non seulement la manière de se défendre, mais aussi le
respect et la philosophie qui allaient avec chaque geste.

Sous les yeux de son père, Takeda avait appris à manier l’épée, à esquiver les
coups, à contrôler sa respiration. Chaque mouvement était un effort pour
atteindre l’harmonie entre le corps et l’esprit. Pourtant, malgré sa compétence
croissante, Takeda n’avait aucune idée de ce qui l’attendait. Le monde
extérieur était encore un mystère pour lui, un lieu dont il entendait les histoires
mais qu’il n’avait jamais exploré.

Un matin, alors que Takeda s’entraînait sous le regard attentif de son père, un
bruit étrange parvint à ses oreilles. Ce n'était pas le doux murmure des oiseaux
ni le son lointain des ruisseaux. Non, c’était un bruit qu’il n’avait jamais
entendu auparavant : un grondement lourd, presque surnaturel. Un frisson
parcourut son échine. Son père s'arrêta soudainement dans ses mouvements,
son regard perçant cherchant l’horizon.
"Qu'est-ce que c'est ?" demanda Takeda, la voix tremblante.
Kenji se tourna vers son fils, une expression de gravité sur le visage. "Ce que tu
entends, Takeda, n’est pas naturel. Rentre immédiatement dans la maison."
Takeda ne comprenait pas encore, mais il obéit instinctivement. Il n’eut même

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pas le temps de poser davantage de questions. Alors qu'il courait vers la
maison, une lumière intense éclaira le ciel, et un cri perça le silence, résonnant
comme un écho lugubre à travers les montagnes. Takeda s'arrêta un instant,
l’angoisse nouant son estomac. Il tourna les yeux vers son père, mais celui-ci
n’était plus là. Une ombre avait englouti son visage, et son corps s’était
soudainement figé, comme si l’air lui-même avait été volé.
"Papa !"
La réponse qu’il attendait ne vint pas. Kenji n’était plus là. C’était comme si le
vent, le sol, et l’ombre elle-même s’étaient ligués contre son père, l’emportant
dans une fureur qu’il ne pouvait comprendre. Sans un mot, Takeda se précipita
hors de la maison, la peur prenant le dessus.
À l’extérieur, la scène était apocalyptique. Des créatures sombres, déformées et
gigantesques, se déversaient depuis les montagnes comme des vagues d’un
tsunami d’acier. Leurs armures scintillaient sous la lumière du jour, et leurs
silhouettes menaçantes déchiraient l'horizon. Takeda aperçut des villageois
fuyant dans toutes les directions, terrorisés. Mais ce n'était pas le combat qui
les effrayait, c'était la présence de ces êtres surnaturels, qui semblaient être nés
de l’obscurité elle-même.
Les éclats de métal s’entrechoquaient tandis que des bruits de batailles
résonnaient tout autour. Takeda ne savait pas quoi faire. Il avait appris à se
défendre, à combattre dans le respect des principes du bushido, mais face à
cette monstruosité, tout son savoir semblait dérisoire. Les cris des villageois se
mêlaient aux éclats de combat. Il chercha son père, ses yeux fouillant
désespérément la scène chaotique.
Il aperçut Kenji au loin, se battant avec une détermination inébranlable. Mais
c’était un combat qu’il ne pouvait pas gagner. Takeda le vit tomber, frappé par
un adversaire colossal. Le choc se produisit lentement, comme dans un rêve, et
Kenji tomba à genoux, le sang se mêlant à la poussière. Le visage de Takeda se
crispa, une rage noire envahissant son cœur.
"Papa !" hurla-t-il.
Mais le cri fut étouffé par l’explosion d’un nouveau coup porté à la maison
qu’il venait de quitter. Les flammes s’élevaient, engloutissant tout sur leur
passage. Takeda se sentit pris au piège dans cette réalité qu’il ne pouvait
comprendre. Il s’élança, désespéré, vers son père, mais il n’arriva jamais à le
rejoindre.
Un guerrier, vêtu d’une armure noire brillante, s’avança dans la rue, un sourire
déformé sur son visage. "Tu crois vraiment que tu peux sauver ton père,

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enfant ?" dit-il d’une voix froide. "Ce monde ne se pliera pas à tes rêves naïfs."
Takeda, tremblant de peur et de colère, se releva et se précipita vers l’homme,
prêt à tout donner dans ce combat, même s'il savait au fond de lui qu'il ne
faisait que courir vers sa propre perte. Mais avant qu'il ne puisse faire un seul
geste, une main massive s’abattit sur son épaule. "Tu n’es qu’un enfant",
murmura une voix grave, pleine de pitié. "Va te cacher, si tu veux survivre."
Le village était perdu. Takeda était seul.
Il s’effondra sur le sol, les larmes brouillant sa vision. Ce jour-là, une partie de
lui mourut avec son père. Mais une autre naquit. Ce fut là, au milieu des ruines
de tout ce qu’il avait connu, qu’il fit le vœu de devenir plus fort. De ne plus
jamais être aussi faible. De comprendre, un jour, ce qui se cache derrière cette
violence et ce pouvoir mystérieux.
Il se releva, décidé à quitter cet endroit, à partir à la recherche de réponses, de
force et de sagesse. Il allait apprendre à se battre, non seulement pour lui-
même, mais pour comprendre ce qu’il venait de perdre.
Son voyage venait de commencer.

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Chapitre 2 : Le jour de la destruction

Le vent soufflait toujours fort à travers les montagnes, mais aujourd'hui, il


semblait porter une mélancolie plus profonde, comme si la nature elle-même
pleurait la perte du village. Takeda se tenait là, au sommet de la colline qui
avait été sa maison, regardant les cendres s’élever lentement dans l’air,
emportées par la brise. Autour de lui, les ruines de Takeda, son village, étaient
tout ce qui restait de l'endroit qu’il avait un jour appelé chez lui. Les maisons
en bois étaient réduites à des carcasses noircies, des flammes résiduelles
léchant les vestiges des structures effondrées. Le sol était couvert de cendres et
de débris, l’air saturé de la puanteur du fer et de la chair brûlée.

Il n’y avait plus aucun signe de vie, sauf peut-être pour les ombres mouvantes
des monstres qui avaient dévasté l’endroit. Takeda sentait encore la chaleur des
flammes sur sa peau, l'odeur du sang frais et de la terre brûlée. Son esprit,
encore sous le choc de la perte, se noyait dans les souvenirs. Il avait vu son
père tomber, la manière dont la lumière s’était éteinte dans ses yeux alors qu’il
était englouti par le chaos. Et il avait compris, à ce moment-là, qu’il n’était
rien face à ce monde.

Mais plus que jamais, une colère silencieuse bouillonnait en lui. Je ne serai
plus jamais aussi faible. Les images de la scène infernale se gravaient dans sa
mémoire, se répétant sans fin. Il se tenait là, sans savoir où aller ni quoi faire,
mais une chose était claire : il devait partir. Il devait quitter ces ruines et
trouver la force de venger son père et protéger ce qu'il restait de l’héritage de
son village.

Je dois devenir plus fort..." murmura-t-il, ses lèvres tremblantes mais pleines de
détermination.
Alors qu'il faisait un pas en avant, une voix profonde et calme interrompit ses
pensées.
Le fardeau de la vengeance est lourd à porter, jeune homme."
Takeda sursauta et se tourna brusquement. Un vieil homme, portant des
haillons sombres et un manteau qui semblait avoir vu de nombreux hivers, se

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tenait dans l'ombre d’un arbre mourant. Ses yeux, perçants et sages, fixaient
Takeda avec une intensité tranquille, comme s'il voyait au-delà de sa douleur,
de sa colère, et de son chagrin.
"Qui êtes-vous ?" Takeda se figea, encore sous le choc. Il ne se souvenait pas
avoir vu cet homme dans le village avant la destruction, mais ses vêtements,
pourtant usés, semblaient empreints d’une aura ancienne, d’un savoir
ancestral.
"Je suis un voyageur," répondit le vieil homme d’une voix calme, "et il semble
que le destin m’a conduit jusqu’à toi."

Takeda le scruta avec méfiance, une flamme d’agressivité dans les yeux. "Je
n’ai pas de temps pour les étrangers, vieil homme. Mon père est mort. Mon
village est réduit en cendres. Je dois me venger. Et je dois le faire rapidement."
Le vieil homme haussait légèrement un sourcil, mais son regard restait doux,
presque compatissant. "La vengeance te consumera. C’est la voie facile, mais
ce n’est pas la voie qui te conduira à la véritable force."

"Qu'en savez-vous ?" répliqua Takeda, sa voix brisée, mais emplie de défi.
"Vous ne comprenez pas ce que j’ai perdu. Vous n’avez pas vu ce qu’ils m’ont
pris. Si je ne me venge pas, qui le fera ?"
"Ce n’est pas la vengeance qui t’élèvera, mais la maîtrise de toi-même." Le
vieil homme s'avança lentement, comme s’il n’avait pas peur du jeune garçon,
malgré la douleur et la rage évidentes qui se dégageaient de lui. "Tu crois que
la vengeance te donnera la paix, mais elle ne fait que renforcer la douleur.
Pour combattre les ténèbres, tu dois d’abord comprendre ce qu’elles sont."

Takeda sentit une pression sur son cœur. L'idée de devoir comprendre la
douleur, de l'accepter, de l'utiliser... cela semblait si lointain et abstrait. Il
n’était qu’un enfant, un enfant sans famille, sans but. "Je veux juste être fort. Je
veux protéger les innocents. Je veux être capable de me défendre."
Le vieil homme hocha lentement la tête, comme s’il avait prévu cette réponse.
"La véritable force ne réside pas seulement dans le combat physique. Elle
réside dans l’esprit, dans l’équilibre intérieur. Si tu veux survivre à ce monde,
tu dois apprendre à maîtriser tes émotions. C’est ainsi que tu deviendras plus
fort."

9
Takeda le fixa, hésitant. "Comment puis-je maîtriser ce qui me ronge de
l’intérieur ? Comment puis-je maîtriser cette colère ?"
Le vieil homme sourit doucement. "C’est là que je peux t’aider. Viens avec moi.
Je vais t’apprendre ce qu’aucune école de combat n'enseigne : la voie de
l'esprit."
Sans attendre de réponse, le vieil homme tourna les talons et commença à
s'éloigner. Takeda, encore bouleversé, le suivit machinalement. Ses pas, lourds
de douleur et de confusion, semblaient peser sur le sol comme une promesse,
mais aussi un fardeau. Il n'avait rien d'autre à perdre, après tout.

Les jours suivants furent emplis de silence et de discipline. Le vieil homme ne


parlait que rarement, préférant enseigner à travers des actions plutôt que des
mots. Il montra à Takeda la façon de contrôler son souffle, d’entraîner son
corps à se mouvoir en harmonie avec la nature, de ne jamais laisser ses
émotions dicter ses actions. Il l’emmena dans des montagnes reculées, où il
l'exposa à des épreuves physiques et mentales, des épreuves où il devait
surmonter la douleur, la fatigue, la solitude. Takeda était épuisé, désespéré
parfois, mais il ne cessait de se relever.

"Chaque épreuve, chaque douleur, est un pas vers la compréhension," disait le


vieil homme. "Le combat n’est pas seulement contre l’ennemi, mais contre soi-
même."
Au fur et à mesure des semaines, Takeda commença à comprendre. Il ressentait
encore la colère qui bouillonnait en lui, mais il apprenait à la canaliser. Ce
qu’il pensait être une faiblesse devenait sa force. Le combat qu’il mènerait un
jour serait bien plus que physique. Ce serait une lutte pour trouver la paix au
milieu du chaos.

Mais quelque chose de plus grand et de plus sombre se cachait derrière cette
quête de paix... Takeda le sentait, et il savait que ce voyage allait le mener vers
un destin bien plus grand que celui qu’il imaginait. Le vieil homme, lui, ne
disait rien. Il savait que le moment viendrait où Takeda comprendrait la
véritable signification de la voie du guerrier.
Et ce moment était encore loin.

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Chapitre 3 : Les Secrets de la Montagne

Le soleil se levait lentement, enveloppant les cimes des montagnes d'une lueur
dorée qui semblait effacer une partie de la nuit. Takeda, les muscles tendus et
la respiration haletante, regardait le sommet de la montagne, à des heures de
marche de l’endroit où il s'était arrêté la veille. Ses pieds, nus et écorchés,
laissaient des empreintes dans la poussière du sentier escarpé, mais il ne se
souciait pas de la douleur. Ce n’était que l’un des nombreux sacrifices qu’il
devait faire pour apprendre à se connaître.

Le vieil homme, qui l’accompagnait toujours dans son voyage, marchait devant
lui sans faiblir. Il était d’une agilité étonnante pour son âge avancé, glissant
sur les rochers et les pentes comme un être à peine humain. Takeda, lui, se
sentait encore comme un enfant qui cherche sa place dans un monde trop vaste
et trop cruel. Mais il savait une chose : chaque pas qu’il faisait, chaque souffle
qu’il prenait, le rapprochait d’une vérité qu’il ne pouvait encore pleinement
comprendre.

"Nous sommes presque arrivés," dit le vieil homme d’une voix calme, sans se
retourner. "Ce que tu cherches se trouve au sommet de cette montagne."
Takeda hocha la tête sans répondre, concentré sur son effort. Depuis leur
départ, le vieil homme n’avait cessé de lui rappeler que la voie du guerrier
n’était pas simplement une question de force physique. "Maîtriser le corps,
c’est maîtriser l’esprit", répétait-il sans cesse. Takeda avait fini par
comprendre que la douleur, la fatigue et même la peur étaient des outils. Des
outils qu’il devait apprivoiser s’il voulait un jour être digne de l’héritage de
son père.

"Ce n’est pas un simple exercice de survie," expliqua le vieil homme alors
qu’ils grimpaient. "Ce que tu cherches à accomplir, Takeda, c’est une
transformation intérieure. Et la transformation n’arrive pas dans le confort."

La montagne se dressait devant eux, abrupte et intimidante. Takeda connaissait


bien l’entraînement physique. Il avait appris à manier l’épée, à se défendre, à

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comprendre la discipline nécessaire pour combattre. Mais ce que le vieil
homme lui demandait, ce n’était pas simplement d’apprendre à se battre. Il
voulait qu’il comprenne ce qu’était la véritable force. Une force qui, selon lui,
résidait dans la capacité à transcender la violence, à ne jamais se laisser
définir par la colère ou le désir de vengeance.
Arrivés au sommet, ils découvrirent une grande clairière qui semblait hors du
temps. Le vent soufflait moins fort ici, et la température était plus douce,
comme si l’air lui-même se retirait pour offrir un répit. Takeda aperçut une
petite cabane en bois, presque enfouie sous les racines des arbres. Le vieil
homme s’arrêta devant la porte, la main sur le bois, et le regarda intensément.

"Bienvenue," dit-il simplement, ouvrant la porte. "Ce lieu a été construit il y a


des siècles par des maîtres que l’on ne voit plus, mais qui ont laissé derrière
eux un savoir qui transcende tout ce que tu connais. Si tu veux vraiment
comprendre la voie du guerrier, c’est ici que tu apprendras."

Takeda entra sans dire un mot, fasciné. L’intérieur était simple, presque
spartiate, mais il respirait une sagesse ancienne. Des parchemins jaunit par le
temps étaient posés sur une table en bois. Une grande pierre, usée par les âges,
occupait le centre de la pièce. Le vieil homme s’assit sur cette pierre, invitant
Takeda à faire de même.
"Avant que tu n'apprennes à combattre les autres, tu dois d'abord comprendre
comment te battre contre toi-même. C’est de cette lutte intérieure que naît la
véritable maîtrise."

Takeda le regarda avec des yeux pleins de confusion et d’incertitude. "Je


comprends, mais comment apprendre à contrôler ma colère ? Comment éviter
de sombrer dans la violence quand tout ce que je veux, c’est venger mon père et
protéger ce qui reste de ma vie ?"

Le vieil homme soupira et se leva, ses yeux brillant d'une sagesse infinie. "La
vengeance n'est pas un but, Takeda. C'est un piège, un piège qui te lie à tes
émotions et qui t'empêche d’atteindre l’équilibre. Si tu veux vraiment devenir
fort, tu dois comprendre que chaque coup que tu portes doit être mû par une
raison juste. Pas par la colère, mais par la compréhension."

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Il s'avança vers l’un des parchemins et le déplia lentement. Les caractères,
tracés à la main avec une encre sombre, semblaient danser sous la lumière de
la lampe. Takeda se pencha pour les examiner, mais le vieil homme le stoppa
d’un geste.

"Ce que tu vois ici n’est pas seulement écrit pour que tu le lises. C’est un savoir
ancien qui doit être intégré dans ton esprit. Cela fait partie de ton
entraînement, tout comme les techniques de combat."
Takeda fronça les sourcils, un peu perdu. "Comment puis-je intégrer ce savoir ?
Comment un simple texte peut-il m’aider à combattre ma propre colère et mon
désir de vengeance ?"

Le vieil homme se tourna vers lui, un sourire sage flottant sur ses lèvres. "Ce
texte est un guide, un chemin vers la maîtrise de l’esprit. Regarde." Il indiqua
un passage en particulier, écrit en caractères élégants mais simples. "Voici le
principe de Sei — la clarté. Pour combattre efficacement, l’esprit doit être
aussi clair que l’eau d’une rivière calme. Sans clarté, même les plus grandes
compétences deviendront inutiles. La clarté naît de la connaissance de soi."

Takeda réfléchit, les paroles du vieil homme résonnant en lui. "Donc, pour être
plus fort… je dois comprendre ce que je suis et pourquoi je ressens ce que je
ressens ?"
"Exactement. La voie du guerrier n’est pas uniquement une voie d’action. Elle
est aussi une voie de réflexion. Tu ne peux pas comprendre les autres, ni les
combattre efficacement, si tu n’as pas d'abord compris ton propre cœur."

Le silence s’installa, et Takeda se concentra sur ces paroles. À cet instant, il


sentit que quelque chose en lui se transformait. Il n’était plus seulement un
jeune garçon cherchant à venger la mort de son père. Il commençait à
comprendre qu’il y avait une profondeur dans cette quête, une quête pour
comprendre son propre esprit et sa propre nature.

Le vieil homme continua, ses yeux brillants d’une intensité étrange. "Il est
temps maintenant de t'entraîner sur cette pierre. Ce n’est pas la douleur
physique qui te brisera, mais ta propre incapacité à voir au-delà de ta

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souffrance."

Takeda s’avança vers la pierre, son cœur battant plus fort. Il savait que
l’entraînement qui l’attendait serait différent de tout ce qu’il avait connu. Ce ne
serait pas seulement une épreuve de force, mais de sagesse. Une épreuve pour
découvrir la véritable essence du guerrier.

Il s’assit, les jambes croisées, prêt à écouter la voix intérieure qui, il le sentait,
allait le guider vers la transformation.

Le chemin serait long et difficile, mais Takeda savait désormais qu’il devait
commencer par une chose fondamentale : se connaître soi-même. Et cela, plus
que tout, serait la clé pour devenir celui qu'il avait toujours rêvé d’être. Un
guerrier, certes, mais un guerrier éclairé par la vérité.

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Chapitre 4 : L'Épreuve du Silence

Les jours passèrent, les ombres dansantes des arbres s’allongeaient et se


contractaient au rythme des saisons. Takeda avait appris à s'adapter à cette vie
austère, loin des vestiges de son village, loin des vestiges de son enfance. Le
vieil homme, avec sa patience infinie, ne lui offrait aucun répit. Chaque matin,
il se levait à l'aube, écoutant les oiseaux chanter dans les cieux clairs, avant
d’entamer des exercices physiques d’une rigueur sans égale. Les techniques de
combat étaient simples en apparence, mais d’une profondeur qui échappait à
Takeda.

Ce matin-là, comme chaque jour, il se trouvait devant la grande pierre, les


jambes croisées. Il attendait les instructions du vieil homme. Mais cette fois,
rien ne vint.
Le vieil homme était resté silencieux, immobile à ses côtés, ses yeux fermés,
comme absorbé par une méditation profonde. Takeda se tourna vers lui,
inquiet.

"Maître, que dois-je faire aujourd'hui ?" demanda-t-il, sa voix résonnant sur la
clairière. Le silence de la montagne semblait plus lourd que jamais.
"Rien," répondit le vieil homme d’un ton calme. "Aujourd'hui, tu feras
l'expérience du silence."
Takeda fronça les sourcils, perplexe. "Le silence ? Mais je suis ici pour
apprendre à me battre, pas à rester sans rien faire."
Le vieil homme ouvrit doucement les yeux, son regard perçant fixant Takeda.
"Le combat commence dans l’esprit, Takeda. Tant que tu laisses tes pensées
t’égarer, tu ne feras que te battre contre toi-même. Aujourd’hui, tu vas
comprendre ce que signifie être véritablement présent. Pas dans l’action, mais
dans l’instant."

Takeda n'était pas sûr de comprendre. Il avait appris à se concentrer sur ses
gestes, à maîtriser son corps dans les mouvements de combat, mais l’idée de
"rien faire" lui semblait être une perte de temps. Pourtant, il n’osa pas

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contester.
Le vieil homme lui fit signe de se lever. "Nous partons."
Ils marchèrent tous deux en silence à travers la forêt, leurs pas étouffés par la
mousse qui recouvrait le sol. Takeda sentait la chaleur du soleil percer à
travers les feuillages, mais il était trop absorbé par ses pensées pour vraiment
profiter du moment. Il était impitoyable envers lui-même. Chaque moment de
repos, chaque instant de calme, lui semblait une trahison envers la mémoire de
son père, une trahison envers son désir de vengeance.

Ils arrivèrent à une petite clairière, une étendue d'herbe douce où le vent
soufflait doucement. Le vieil homme s’assit sur une pierre plate au centre de la
clairière et invita Takeda à faire de même. Ils étaient seuls, entourés
uniquement par le chant des oiseaux et le murmure des feuilles. Takeda se
sentait désemparé.
"Pourquoi ne faisons-nous rien ?" demanda-t-il finalement, brisant le silence.
"Comment vais-je devenir plus fort si je reste là à ne rien faire ?"

Le vieil homme resta calme, les yeux fermés, respirant lentement. "Le silence
n’est pas un vide, Takeda. C’est un espace de compréhension. Regarde autour
de toi."

Takeda tourna lentement la tête. La forêt semblait paisible, mais en même


temps, elle était pleine de vie. Les arbres dansaient lentement sous le vent, leurs
branches se balançant comme des bras dans une danse silencieuse. Chaque
bruit, chaque mouvement semblait avoir sa propre raison d’être, sa propre
place dans l’univers. Et dans ce silence, Takeda sentit quelque chose changer
en lui. Il n'était plus tout à fait seul. Il n'était pas isolé par sa douleur, par ses
pensées chaotiques.

"Les grands combattants ne sont pas ceux qui frappent les plus fort, Takeda,"
dit le vieil homme, brisant à nouveau le silence. "Ce sont ceux qui savent quand
ne pas frapper. Ceux qui savent écouter, même dans le tumulte du monde. La
véritable force réside dans la maîtrise du temps, dans la capacité à attendre, à
observer, à comprendre."

16
Takeda se concentra sur les mots du vieil homme, sur l’expérience étrange de
rester immobile et attentif, comme un arbre enraciné dans le sol. Pendant un
long moment, il ferma les yeux et écouta. Chaque bruit devenait plus clair. Le
vent, les oiseaux, même le léger bruissement des feuilles sous ses pieds… tout
semblait faire partie d’une vaste symphonie qu’il n’avait jamais entendue
auparavant.
"Ce que tu cherches, ce n’est pas simplement la vengeance. Ce que tu cherches,
c’est un équilibre que tu ne peux atteindre par la violence. La violence, par
définition, brise cet équilibre. Si tu veux devenir un véritable guerrier, tu dois
apprendre à comprendre chaque mouvement de la vie. Savoir quand frapper,
quand se retirer. L'instant de l’attaque est une question de timing, mais plus
encore, il est une question d’équilibre."

Le vieil homme leva lentement la main, paume ouverte, et le vent sembla se


concentrer autour de lui, comme s’il contrôlait les éléments eux-mêmes.
"Le temps, Takeda, est ton plus grand allié, mais il est aussi ton pire ennemi. Si
tu veux le maîtriser, tu dois commencer par te maîtriser toi-même."

Takeda, encore absorbé par ses pensées, commença à comprendre. C’était bien
plus qu’une simple question de force physique ou de technique. Il devait
apprendre à se connaître pleinement, à voir au-delà de la colère qui
bouillonnait en lui, à comprendre pourquoi il voulait se venger. Pourquoi il
ressentait ce vide. C’était une question de stratégie, de patience. Chaque
impulsion, chaque émotion devait être examinée et comprise avant d’agir.

Il se tourna alors vers le vieil homme, une lueur de compréhension dans les
yeux. "Mais comment savoir quand… quand tout est prêt ? Quand doit-on
agir ?"
Le vieil homme sourit, comme s'il savait que Takeda était enfin sur le point de
comprendre. "La réponse, mon jeune ami, vient du silence. Quand tu seras prêt,
tu le sauras. Mais tu ne le sauras qu’en écoutant vraiment."

Takeda resta là, les yeux fermés, concentré sur le silence qui l’entourait. Il
n’était pas sûr de tout comprendre encore, mais il savait que cette épreuve du
silence avait ouvert quelque chose en lui. Une porte qu’il n’avait jamais
remarquée auparavant. Une porte vers la maîtrise, une porte vers la paix

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intérieure, une porte qu’il allait devoir franchir s’il voulait devenir le guerrier
qu’il rêvait d’être.
Et à ce moment précis, il sut qu’il avait franchi un seuil. Le chemin était encore
long, mais il n’était plus seul sur cette route.

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Chapitre 5 : L'Essence du Combat

Les jours continuèrent de défiler, immuables comme le mouvement des astres


dans le ciel. Takeda avait passé des semaines, peut-être des mois, sur cette
montagne. Le temps semblait se diluer dans la répétition de ses entraînements.
Mais une chose avait changé en lui. Chaque souffle qu'il prenait, chaque
mouvement, même le plus anodin, portait désormais une signification plus
profonde.

Le vieil homme l’avait entraîné à la maîtrise de l’esprit, à comprendre que le


corps et l'âme étaient indissociables dans le combat. Mais ce matin-là, il était
venu le moment d’aller plus loin. Le vieil homme n'avait donné aucune
indication claire, mais Takeda sentait qu'une épreuve se profilait.

Ils se tenaient sur la même clairière que la première fois, mais cette fois-ci, le
silence n’était pas aussi apaisant. Une tension palpable flottait dans l’air.
Takeda savait que quelque chose allait se produire.
"Tu m’as appris à comprendre le silence, à attendre, à observer… Mais je ne
comprends toujours pas ce qu’est vraiment l’essence du combat," dit Takeda, le
regard fixé sur le vieil homme. "Quand dois-je frapper ? Quand dois-je agir ?"

Le vieil homme lui lança un regard qui semblait scruter son âme. Il se leva
lentement, ses mouvements empreints de calme et de sagesse. Ses yeux étaient
comme deux océans d’une profondeur insondable. "Takeda," dit-il d'une voix
grave, "le combat n’est pas ce que tu penses. Ce n’est pas une simple série de
gestes, de frappes et de parades. L’essence du combat se trouve dans
l’intention. Dans l'âme de celui qui se bat."

Takeda plissa les yeux, incertain. "L’intention ?"


"Oui," répondit le vieil homme, "chaque coup que tu portes doit être une
manifestation de ton intention la plus pure. Ce que tu veux accomplir doit se
refléter dans chaque geste, dans chaque respiration. Le vrai combat commence
dans l’esprit, et ce que tu ressens dans ton cœur, tu le libères dans tes actions."

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Les paroles du vieil homme étaient lourdes de sens, mais elles restaient
abstraites pour Takeda. Il avait l’impression qu’il n’avait pas encore atteint ce
niveau de compréhension, cette maîtrise qu'il cherchait désespérément.

Soudain, le vieil homme se tourna brusquement et, en un instant, fonça sur


Takeda avec une rapidité fulgurante. Takeda n’eut même pas le temps de réagir.
Le vieil homme avait anticipé son mouvement, bloquant son coup et le projetant
au sol d’un geste fluide. Takeda roula sur le sol, se redressant immédiatement,
les muscles tendus par la surprise.

"Ce que tu as fait là, Takeda," dit le vieil homme, sans se presser, "c’était un
mouvement instinctif. Tu as réagi à ma vitesse, mais tu n’as pas agi avec
intention. Tu as agi par réflexe. Et dans le combat, les réflexes peuvent te
perdre."
Takeda se redressa, essuyant la poussière de son visage. "Comment puis-je
réagir autrement ? Je ne peux pas tout anticiper."

Le vieil homme le regarda droit dans les yeux, ses lèvres esquissant un léger
sourire. "C’est là que tu te trompes. Tu crois que le combat repose sur la vitesse
et la réaction. Mais le vrai combat ne se joue pas avec des réflexes. Il se joue
avec des décisions. Des choix conscients. Lorsque tu agis dans l'instant, tu es
déjà en retard. Si tu veux maîtriser l’essence du combat, tu dois apprendre à
prévoir l’intention de l’adversaire avant même qu’il ne l’exprime."

Takeda prit une profonde inspiration, luttant contre l'ego qui lui soufflait qu'il
devait se battre, qu’il devait frapper plus vite. "Alors… comment savoir ce que
l’adversaire veut avant qu’il ne le fasse ?"

"En l’observant," répondit le vieil homme. "Les signes sont partout, dans les
moindres mouvements. Un changement dans la posture, une respiration qui se
modifie, une légère hésitation dans le regard. Tu peux tout lire. Mais tu dois
d’abord être capable de lire tes propres intentions avant de pouvoir
comprendre celles de ton adversaire."

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Takeda se concentra, cherchant à calmer les tumultes dans son esprit. Le vieil
homme se déplaça lentement autour de lui, sa silhouette se fondant dans
l’ombre des arbres.
"Si tu ne maîtrises pas ton propre esprit, Takeda," continua le vieil homme, "tu
seras toujours en retard sur ton adversaire. Le combat n’est pas seulement une
bataille de force. C’est une bataille d’esprits. Si tu es concentré uniquement sur
ton adversaire, tu perdras de vue la vérité de la situation."

Un long silence s'installa entre eux, et Takeda se remit en position, prêt à tester
cette nouvelle approche. Cette fois, il ferma les yeux. Il se concentra non sur le
vieil homme, mais sur ses propres intentions. Que voulait-il accomplir ?
Pourquoi était-il là ? Il chercha au plus profond de lui-même. Ses réponses
n’étaient pas claires, mais il sentait une vague de calme l’envahir. Ce n’était
pas une recherche de vengeance, ce n’était pas une quête de gloire. C’était une
recherche de maîtrise, de paix intérieure. Il devait apprendre à comprendre
avant de frapper.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, tout semblait différent. Le monde autour de lui était
plus net, plus précis. Il pouvait voir les moindres détails : la façon dont le vent
effleurait les feuilles, la brillance des gouttes de rosée sur l’herbe. Mais plus
encore, il sentait la présence du vieil homme, comme une extension de la
montagne elle-même.

Le vieil homme attendait, silencieux, comme un lion prêt à bondir. Takeda, fort
de cette nouvelle perception, attendit également. Un instant suspendu. Puis,
sans prévenir, il fit un mouvement, mais cette fois-ci, ce n’était pas un réflexe.
Ce n’était pas une attaque frénétique. Il se déplaça avec intention, guidé par la
conscience de l’instant.

Le vieil homme, bien qu’il eût anticipé ce mouvement, parut légèrement pris au
dépourvu par la précision et la fluidité de l’attaque. Takeda, réalisant qu’il
avait enfin compris, se retrouva face à lui, le poing levé mais suspendu, comme
une question dans l’air.

"Ce n’est pas la force brute qui gagne le combat," dit Takeda, les yeux
brillants. "C’est la force de l’esprit."

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Le vieil homme, impressionné mais jamais satisfait, inclina la tête en signe de
respect. "Tu commences à comprendre. Mais ce n’est que le début, Takeda. Le
véritable combat est celui que tu mènes en toi-même."
Takeda baissa lentement son poing, son cœur battant plus fort que jamais. Il
savait que ce combat intérieur, qu’il avait à peine effleuré, serait celui qui
définirait son destin. Un jour, il saurait comment faire face à l’ennemi, qu’il fût
réel ou symbolique. Mais aujourd’hui, il avait franchi un pas important : il
savait que la vraie maîtrise venait de l’esprit, et que chaque combat, qu’il soit
physique ou spirituel, était une question d’intention.
L’essence du combat était bien plus profonde qu’il n’avait jamais imaginé.

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Chapitre 6 : La Voie de l’Illusion

Takeda se leva tôt ce matin-là, plus déterminé que jamais. Le soleil n’avait pas
encore franchi l’horizon, et la brume restait suspendue dans les vallées, comme
un voile qui ne voulait pas se lever. Le vieil homme avait cessé de lui enseigner
les mouvements physiques depuis plusieurs jours. Après la leçon sur
l’intention, il l’avait laissé à sa propre réflexion, à sa propre évolution
intérieure. Pourtant, Takeda savait que chaque instant de calme était un test en
soi. Le véritable combat était plus insidieux qu’il ne l’avait imaginé.

Ce jour-là, lorsqu'il arriva sur la clairière, le vieil homme était déjà là, mais il
ne semblait pas seul. Takeda s’arrêta net en apercevant une silhouette
mystérieuse se détacher parmi les arbres, une silhouette qui ne correspondait à
aucun des visiteurs qu’il avait pu rencontrer jusque-là. Elle était plus légère
que l’air, plus fluide que l’eau. Un être étrange, presque éthéré.

"Maître, qui est-ce ?" demanda Takeda, une lueur de méfiance dans sa voix.
L'énigmatique personnage semblait irréel, comme une vision.
Le vieil homme tourna lentement la tête vers lui, un sourire énigmatique au
coin des lèvres. "C’est ton prochain défi, Takeda. Elle est appelée
l’Illusionniste."

L’Illusionniste s’avança alors avec une grâce déconcertante, son pas léger
mais mesuré. Elle portait une robe d’un blanc éclatant, presque translucide,
qui scintillait comme si elle captait la lumière des étoiles elles-mêmes. Ses yeux
étaient d’un bleu profond, insondables, comme l’océan. Mais ce qui frappait le
plus chez elle, c’était son calme absolu, un calme presque surnaturel.

Takeda se sentit soudainement inconfortable, une sensation de vide s’insinuant


dans son ventre. C’était comme si son esprit se noyait dans l’air autour de lui.
"Elle n’est pas ici pour te donner une leçon physique, Takeda," expliqua le vieil

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homme. "Elle est là pour te confronter à ton propre esprit. Si tu veux
comprendre la véritable essence du combat, tu dois d’abord comprendre
l’illusion."
Takeda fronça les sourcils. "L'illusion ?"
L’Illusionniste posa un regard intense sur lui. "Oui, l’illusion. Tout ce que tu
crois savoir peut se dissoudre, Takeda. Le monde, ton esprit, même la vérité que
tu cherches, tout cela n’est qu’illusion. Le véritable combat est de percevoir ce
qui se cache derrière ce voile."

Sans un mot de plus, l’Illusionniste s’éteignit dans un nuage de poussière fine,


comme si elle n’avait jamais été là. Takeda se figea, déconcerté. Il scruta la
clairière autour de lui, mais elle n’était plus nulle part. Aucun bruit, aucun
mouvement. Il se tourna vers le vieil homme, dont le regard restait implacable.

"Ne cherche pas à la suivre," conseilla-t-il calmement. "Elle n’est pas ce


qu’elle semble être. La vérité qu’elle porte est bien plus complexe."
Takeda hésita, puis se concentra, cherchant à sentir une présence, un
mouvement, quelque chose qui trahirait l’illusion. Le vent, les feuilles, rien ne
semblait hors de l’ordinaire. Mais il savait que ce défi n’était pas physique, il
était mental.

Soudain, une sensation étrange l’envahit. Il se sentait observé, épié, comme si


ses pensées mêmes étaient mises à nu. Il fit un pas en arrière, mais la terre sous
ses pieds sembla se dérober. Il tomba en avant, se rattrapant de justesse à un
tronc d’arbre.

"Elle t’a déjà envahi," dit la voix du vieil homme, calme comme toujours.
"C’est ça, l’illusion. Tu la cherches dans le monde extérieur, mais elle se trouve
déjà dans ton esprit. Chaque doute, chaque peur, chaque incertitude que tu as à
l’intérieur de toi devient une fenêtre ouverte pour elle."
Takeda se redressa, la gorge sèche. "Comment l’affronter ?"

Le vieil homme leva une main, comme pour inviter Takeda à écouter les sons
invisibles autour de lui. "Tout ce que tu crois savoir, tout ce que tu vois, tout ce

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que tu ressens… ce n’est qu’un miroir. L’illusion se nourrit de ce que tu crois
être vrai. Mais si tu regardes au-delà de ton propre reflet, si tu examines ta
propre vision, alors tu verras à travers elle."

Takeda ferma les yeux, essayant de repousser le tourbillon de pensées et de


doutes qui l'envahissaient. Il se concentra sur son souffle, cherchant à apaiser
son esprit. Lorsqu’il rouvrît les yeux, il se retrouva dans un lieu totalement
différent. La clairière avait disparu, et il se tenait désormais au bord d’un vaste
océan, la mer calme mais infinie, s'étendant à perte de vue. Mais quelque chose
était étrange. Il sentait qu’il n’était pas seul.

"Tu vois ?" dit une voix douce, mais pourtant profonde, résonnant comme un
écho dans son esprit. C’était l’Illusionniste. "Tout ceci est une illusion, Takeda.
Cet océan, cette mer infinie, ce sol sous tes pieds, tout cela n’est qu’un reflet de
tes propres pensées. Ce que tu vois, ce que tu ressens… ce sont tes propres
peurs et désirs qui les façonnent."

Takeda tourna lentement la tête, essayant de localiser la source de la voix, mais


il ne vit personne. La voix semblait se répandre dans l'air autour de lui.

"Regarde profondément en toi," continua la voix. "Chaque illusion est le reflet


de ce que tu veux voir. Si tu crois que la force vient de la brutalité, tu verras la
brutalité dans chaque mouvement. Si tu crois que la vérité réside dans la
vengeance, tu verras la vengeance dans chaque combat. Mais si tu cherches
au-delà de ces illusions, tu trouveras la véritable puissance."

Takeda sentit une lourdeur dans son cœur. Les mots de l'Illusionniste
résonnaient profondément en lui. Il n’était pas seulement en face d’une illusion
extérieure, mais d’une illusion intérieure. Une illusion qu’il s’était lui-même
forgée. Il avait cherché la vengeance, le pouvoir, la force physique, et c’était
cette vision déformée de lui-même qui l’avait aveuglé.

"Tu as déjà perdu une partie de toi dans cette illusion," murmura la voix. "Mais
tu as aussi la possibilité de t’en libérer."
Dans un élan de lucidité, Takeda ferma les yeux et se concentra sur ses pensées

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les plus profondes, sur ce qu’il voulait vraiment. Il n’était plus un enfant
cherchant à venger ses parents. Il n’était plus un homme absorbé par la haine
et la douleur. Il était un combattant cherchant l’équilibre, la maîtrise de soi.

À cet instant, il sentit l’illusion se dissiper, comme la brume qui se lève sous les
premiers rayons du soleil. Le paysage se transforma de nouveau. Il se
retrouvait sur la clairière, aux côtés du vieil homme, qui le regardait avec une
calme approbation.

"Tu as franchi une étape importante, Takeda," dit le vieil homme, son regard
empreint de sagesse. "L’illusion est la plus grande adversaire de l’esprit. Si tu
veux vraiment comprendre le combat, tu dois d’abord comprendre ce que tu
cherches à combattre."

Takeda hocha la tête, la tête pleine de nouvelles compréhensions. Il savait que


l’illusion n’était pas une simple épreuve mentale. C’était un reflet de son âme,
un combat intérieur qu’il devait affronter pour pouvoir grandir.
Et ce n’était que le début.

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Fin de l'Acte 1 : L’Éveil du Guerrier

Après la rencontre avec l’Illusionniste et l’introspection profonde qui suivit,


Takeda se retrouva changé, pas seulement dans ses capacités physiques, mais
dans sa compréhension du monde qui l’entourait. Les montagnes, les forêts, la
brume et le vent n’étaient plus simplement des éléments de la nature ; ils
étaient devenus des métaphores de son propre chemin intérieur, de ses luttes et
de ses victoires silencieuses. Chaque instant semblait désormais chargé de
sens, de défis à relever, mais aussi de vérités à découvrir.
Le vieil homme ne le quittait plus, mais ses enseignements devenaient de plus
en plus énigmatiques. Chaque jour, Takeda s’entraînait avec une rigueur
nouvelle, cherchant à comprendre et à maîtriser ses pensées et ses émotions,
pas seulement ses muscles. Chaque geste, chaque mouvement devenait une
réflexion en soi. Le combat n’était plus une question de victoire ou de défaite,
mais d'équilibre et de compréhension profonde de soi-même.
Alors que les semaines passaient, Takeda sentait qu’il était prêt à affronter des
épreuves plus concrètes. Le vieil homme lui avait montré la voie, mais il savait
que le monde extérieur ne serait pas aussi clément. Il ne pouvait plus se cacher
dans la paix des montagnes. La réalité l’appelait, avec ses propres démons et
adversaires.
Un matin, le vieil homme l'amena à un sommet, offrant une vue spectaculaire
sur un horizon lointain. Là, il le regarda dans les yeux, une lueur de gravité
dans le regard.
"Le moment est venu, Takeda. Tu es prêt pour ta première véritable épreuve."
Takeda fronça les sourcils. "Epreuve ?"
"Tu vas quitter cet endroit, Takeda," dit-il calmement. "Il y a des forces dans ce
monde qui ne comprennent pas la voie de l’équilibre, des ennemis qui se
nourrissent de la haine, de la violence et du chaos. Tu devras les affronter."
Takeda serra les poings. Il savait que son voyage ne faisait que commencer. Les

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véritables tests, ceux qui mettraient à l'épreuve tout ce qu’il avait appris,
l'attendaient désormais. Son esprit s’échauffa, mais cette fois, il n’était plus
aveuglé par la colère ou la vengeance. Il avait compris que la vraie force ne
résidait pas dans l'attaque, mais dans la clarté d’esprit et la maîtrise intérieure.
"Je suis prêt, Maître," dit-il, déterminé. "Je vais faire face à ce qui vient."
Le vieil homme hocha la tête. "Le monde est vaste, Takeda. Mais tant que tu
restes fidèle à toi-même, rien ne pourra t’arrêter. Souviens-toi : l’illusion est
partout. Mais ceux qui savent regarder au-delà de l’apparence verront la
vérité."
Ainsi, Takeda prit son premier pas en dehors des montagnes, une décision
lourde de sens. Derrière lui, l'ombre du vieil homme se dissipa, comme une
présence qui veillait sur lui sans jamais l’abandonner.
Le chemin serait long. Les ennemis nombreux. Les combats épiques. Mais
Takeda savait que, peu importe les épreuves, il avait désormais une
compréhension plus profonde de son propre cœur et de ce qu’il défendait.
L'Acte 1 se termine sur une ouverture vers de nouveaux horizons, où Takeda,
armé de sa sagesse fraîchement acquise, se lance dans un monde incertain,
prêt à affronter son destin.
Ce chapitre marque la fin de l'Acte 1. Le voyage de Takeda est prêt à entrer
dans une phase plus active, où les ennemis se révèleront et où ses nouveaux
principes de combat seront mis à l’épreuve.

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À Suivre ACTE 2....................................................

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