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Préambule GougesV2

La 'Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne' d'Olympe de Gouges, écrite en 1791, revendique les droits des femmes en réponse à leur exclusion de la Révolution française. Olympe de Gouges appelle à une refondation de la société française en insistant sur le rôle actif des femmes dans la nation et en demandant leur reconnaissance au sein de l'Assemblée nationale. Son texte, à la fois politique et polémique, vise à rappeler les droits et devoirs des femmes tout en soulignant l'importance de leur émancipation.

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Préambule GougesV2

La 'Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne' d'Olympe de Gouges, écrite en 1791, revendique les droits des femmes en réponse à leur exclusion de la Révolution française. Olympe de Gouges appelle à une refondation de la société française en insistant sur le rôle actif des femmes dans la nation et en demandant leur reconnaissance au sein de l'Assemblée nationale. Son texte, à la fois politique et polémique, vise à rappeler les droits et devoirs des femmes tout en soulignant l'importance de leur émancipation.

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INTRODUCTION

Lorsqu'elle écrit en 1791 la DECLARATION DES DROITS DE LA FEMME ET DE LA


CITOYENNE, Olympe de Gouges n'en est pas à son premier écrit politique (et
polémique !) : elle a déjà signé un nombre important de textes engagés tels
que SUR «L'ESPECE D'HOMMES NEGRES » (1788), LETTRE AU PEUPLE OU
PROJET D'UNE CAISSE PATRIOTIQUE PAR UNE CITOYENNE (1788), LE CRI DU
SAGE PAR UNE FEMME (1789), etc. Avec cette DECLARATION, Olympe de
Gouges fait entendre une nouvelle fois des revendications féministes, mais elle
propose aussi une véritable refondation de la société française, soulignant du
même coup combien les femmes ont été les grandes oubliées de la Révolution
française.
La déclaration se veut une réponse à la harangue du texte qui précède le
préambule « les droits de la femme » où elle montre que l’ homme qui se
comporte en tyran , c’est-à-dire qui prend un pouvoir de manière illégale,
l’auteure propose donc de faire une « déclaration » c’est-à-dire d’annoncer
officiellement un état de fait, et ici, il s’agit de revendiquer des droits
aux femmes. Ce texte est donc la réponse, la solution au problème mis en
avant dans l’exhortation.

Les mouvements :
1er mouvement : l’objectif d’Olympe de Gouges
2ème mouvement : le raisonnement de l’auteure
-A QUEL AUTRE DOCUMENT EST-IL FAIT ALLUSION ? QUEL PROBLÈME CELA
POSE ?
Le titre « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » est la reprise
directe de la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen », soit le texte
fondateur de la Révolution qui permet la fin de l’Ancien Régime et la naissance
de la démocratie. Or, les hommes ont perverti l’esprit même de la Révolution.
→ Est-ce une parodie ? si les femmes en sont exclues, le texte originel perd
toute valeur ! Olympe reprendrait donc le même schéma pour s’en moquer
mais avec le risque de perdre en efficacité.
→Est-ce une réécriture ? Le texte serait donc complémentaire de celui produit
par l’assemblée.
-QUEL EST LE BUT D’OLYMPE DE GOUGES ?
Olympe s’inscrit dans le processus législatif puisqu’elle demande « à décréter »
donc un décret (= terme de droit, décision émanant de l’autorité souveraine)
par l’Assemblée Nationale soit le groupe qui légifère en France. Elle suit le
procédé sur lequel repose la jeune démocratie. Les textes de loi sont
performatifs : une fois formulé, la loi est effective. Mais il n’y a pas de femme
dans l’assemblée ! Comment faire que la parole décrétée puisse être
performative ?
Problématique :
En quoi la déclaration des droits de la femme s’inscrit dans un combat politique
et sociétal?

1ER MOUVEMENT : L’OBJECTIF D’OLYMPE DE GOUGES


Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la Nation, demandent à être
constituées en Assemblée nationale.
- Olympe de Gouges ne se met pas en avant et s’exprime au nom de la gente
féminine qui passe par une énumération «les mères, les filles, les sœurs ».
- A travers cette énumération, on voit apparaître le statut des femmes : mère,
des filles et sœurs.
- Le dernier terme montre une affinité particulière puisqu’en dehors de la
sphère familiale, il y a des sœurs (sororité).
- la synecdoque « représentantes de la Nation » se veut plus précise pour
ouvrir ce préambule portant sur le droit des femmes (le terme femme en
dehors du titre n’est pas mentionné). Elles représentent toutes les autres
femmes.
- L’enjeu est complexe pour l’auteure qui doit s’adresser à plusieurs publics
alors même qu’elle appartient au public des femmes mais en écrivant elle
assume le rôle attribué aux hommes. (n’oublions pas que feu Olympe de
Gouges sera considérée comme une « femme – homme » par le procureur de la
Commune de Paris , Chaumette qui y voir l’ennemi de l’ordre naturel à savoir la
femme s’occupe du foyer !)
-Que signifie la périphrase « représentantes de la nation » ?Les Etats généraux
convoqués par le roi Louis XVI ont donné naissance à la Déclaration des droits
de l’homme et du citoyen. La liberté d’expression a permis aux femmes de se
constituer en club, en société de femme… Les femmes ont participé
activement à la Révolution (n’oublions pas les marches de la faim) Elles sont «
représentantes de la nation ».
 Cette périphrase rappelle donc le rôle actif de la femme dans la naissance de
la nation.
Pour autant, c’est aussi un refus d’être des « citoyens » secondaires. N’oublions
pas que peuvent agir selon la DDHC les hommes libres et indépendants de plus
de 25 ans et pouvant payer l’impôt. En d’autres termes, les esclaves, les
femmes, les pauvres sont exclus de fait ! Cette périphrase est donc une
revendication et un rappel. ( on retrouve la tension de la double adresse)
- L’emploi de l’indicatif s’impose ici comme un prédicat avec le verbe «
demandent ».
-Comment Olympe de Gouges contourne le fait qu’étant femme elle n’a pas
accès à l’assemblée ? Comment contourne-t-elle la difficulté ?
- Tout repose sur un simple verbe : « demandent » ! Elle inscrit dès le début son
intention, celle d’une assemblée qualifiée de nationale sous-entendue au
même titre que celle des hommes.
- Elle affirme donc dès cette première phrase sont thème : les droits de la
femme. Elle ne l’énonce pas directement, elle évoque « une assemblée
nationale » pour les femmes. Or, il en existe déjà une ce qui suppose qu’elle ne
représente que les hommes.
- Le fait même de demander…valide la demande ! C’est déjà un acte
d’émancipation que de produire ce texte (puisqu’une femme n’a pas accès au
monde politique et encore moins aux questions de législation, même quand
elle en est le sujet exclusif) mais le fait d’utiliser le terme « demander » donne
à ce texte un caractère performatif (même si ce n’est pas encore une loi). Les
articles qui vont suivre même si ils ne sont pas votés existent par la parole de
Gouges et par le fait même d’être demandés.

2ÈME MOUVEMENT : LE RAISONNEMENT DE L’AUTEURE


Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont
les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements,
ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels,
inaltérables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration constamment
présente à tous les membres du corps social leur rappelle sans cesse leurs
droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes et ceux du
pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de
toute institution politique en soient plus respectés, afin que les réclamations
des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables,
tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes mœurs et au
bonheur de tous.
Cette longue phrase va permettre à Olympe de Gouges d’exposer ses
arguments.
-En effet, de son point de vue comme l’indique le participe présent
«considérant » suivi d’une énumération qui justifie cette demande.
-Le terme « ignorance » est connoté péjorativement, « l’oubli » n’est guère
mieux pire est le terme « mépris ». Cette énumération est reliée au CDN droits
de la femme qui met en valeur le besoin de les reconnaitre car sans eux il n’y a
que « malheurs publics » et « corruption des gouvernements ».
- C’est pourquoi une déclaration amènerait à une justice sociale faite de
droits naturels, mais aussi « inaltérables » et même « sacrés ». Elle avance,
ainsi, ses arguments.
- Pour elle, la déclaration des droits de la femme est une forme non seulement
de reconnaissances « naturels », à valeur morale « solennelle », mais aussi
juridique « inaltérables » et même religieuse « sacrés ». Cette déclaration a
pour but de rappeler à tous ce qu’est un citoyen avec des droits mais aussi des
devoirs.
- On remarquera qu’elle ne s’en prend pas aux hommes. De manière indirecte,
elle sous-entend qu’une déclaration servirait à rappeler les droits et les devoirs
des femmes mais aussi des hommes envers les femmes.
- Adroitement, elle prétend que cette déclaration œuvrerait au bonheur de tous
car elle utilise des adjectifs qui ne soulèvent aucune protestation « simples et
incontestables ». Elle définit au final le principe même de la déclaration avec
l’emploi du mot « but ».
- Elle propose une solution qui devrait permettre à la société d’accéder à
l’égalité, au bien-être tout en se référant à la Constitution. Ce qui est plus
intéressant c’est ce qui se cache derrière ces mots. - - - L’expression « aux
bonnes mœurs » semblent soumettre l’idée que sans droit pour les femmes, les
hommes enfreignent les bonnes mœurs, ne respectent pas les femmes et
la conduite qu’ils se doivent d’avoir.- De même que sans la déclaration des
droits de la femme, la Constitution n’est pas respectée puisque les femmes,
comme, en écho à la phrase précédente sont les représentantes de la Nation.
Enfin, l’idée du « bonheur » s’inscrit pleinement dans le contexte des Lumières.
Par le biais du savoir pour tous, alors le bonheur est possible.
- Ainsi, cette phrase qui n’est construite que sur des propositions subordonnées
circonstancielles de conséquence « afin que » amène à l’esprit des Lumières et
même plus précisément à son origine en faisant référence au « sapere aude »
de Kant « ose apprendre par toi-même ». Une déclaration apporterait la
lumière sur l’égalité qu’il doit y avoir envers les femmes.
En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les
souffrances maternelles reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices
de l’Être suprême, les droits suivants de la femme et de la citoyenne.
-La locution « en conséquence » devrait être apparaitre comme la conclusion
logique des propos tenus précédemment mais il s’apparente davantage à une
forme de résumé de la « demande ».
- On notera l’ironie de la périphrase « sexe supérieur en beauté comme en
courage » pour évoquer les femmes.
- Le ton polémique est présent avec l’adjectif « supérieur ». Astucieusement,
elle rappelle que ces hommes sont nés « dans les souffrances maternelles ».
Autrement dit, sans les femmes, il n’y aurait pas d’hommes (la réciproque est
valable) et valide sa demande par deux verbes déclaratifs « reconnaitre et
déclarer ». Une fois de plus, Olympe de Gouges inscrit ces termes dans le
performatif (quand dire c’est faire / ex : il pleut).

CONCLUSION
Ce début de texte apparait d’emblée comme un texte de combat. Olympe de
Gouges s’arroge le droit d’écrire et de penser, comme un homme. « Le
préambule » cherche à faire réagir autant les hommes, contre qui elle écrit,
que les femmes pour qui elle se bat.

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