Ratio de solvabilité
Le respect des exigences du ratio de solvabilité en termes de capital vise, essentiellement, à
intensifier la solidité du système bancaire. Toutefois, plusieurs banques estiment que le ratio de
solvabilité conduit à des besoins en fonds propres exagérés et ont développé leurs propres
techniques de mesure des risques et des capitaux requis. Vers la fin des années 1980, plusieurs
importantes banques américaines avaient investi lourdement dans des modèles de mesure des
risques associés à leurs diverses activités1.
La méthodologie RAROC repose sur une modélisation statistique poussée. Les fonds propres
économiques sont calculés initialement au niveau des transactions individuelles. Ils sont ensuite
agrégés au niveau global de la banque en prenant en compte les effets de diversification. Les
fonds propres économiques globaux sont à nouveau alloués au niveau des divers échelons
hiérarchiques de la banque pour permettre de calculer des performances ajustées au risque.
Le modèle « Earnings-at-Risk »2, contrairement à la technique RAROC, adopte une démarche
descendante (Top-down) pour la détermination et l’allocation du capital économique. Dans cette
approche, l’évaluation des risques et des performances se fait, dans un premier temps, au niveau
global de la banque pour d’étendre, par la suite, aux divers échelons hiérarchiques inférieurs.
Les techniques Value-at-Risk3 (VaR) sont des techniques efficaces pour la mesure des risques de
marchés. Elles peuvent être regroupées sous deux catégories : les VaR basées sur la simulation
historique4 et les VaR basées sur la méthode probabiliste 5. Les approches basées sur les scénarios
de stress sont valables aussi bien pour l’évaluation des risques de marché que pour l’évaluation
du risque de crédit6.
1
Selon Christopher (1996), le but principal de ces modèles de mesure des risques est d’offrir aux gestionnaires de la
banque des moyens fiables pour la détermination des montants de capitaux requis pour soutenir chacune de leurs
activités essentielles et, par conséquent, déterminer le degré d’endettement global de la banque. Selon Stoughton et
Zechner (1999), ces modèles cherchent à mesurer et à limiter les risques compte tenu du niveau des fonds propres
disponibles pour la banque. Les besoins en fonds propres sont déterminés au niveau global de l’entreprise. Par la
suite, le capital est alloué au niveau des divisions et des projets.
2
Le modèle «Earnings-at-Risk» utilisé par la banque «Swiss Bank Corporation» est basé sur l’estimation de la
variabilité des bénéfices futurs. L’idée sous-jacente à ce modèle est de procéder à un investissement sans risque
capable de couvrir les fluctuations futures des bénéfices.
3
Selon Hull (2002), la VaR est un essai pour fournir aux gestionnaires un chiffre unique, résumant le risque total
d’un portefeuille d’actifs financiers. C’est essentiellement les gestionnaires de fonds et les institutions financières
qui ont recours à cet outil de mesure des risques.
4
L’approche historique consiste à estimer la valeur du portefeuille en se basant sur les scénarios de marchés passés.
Les périodes de référence pour le calcul des risques couvrent généralement un intervalle d’une année. L’avantage de
cette méthode est qu’elle permet d’évaluer les risques liés à tout type de positions, notamment les produits dérivés.
5
L’approche probabiliste regroupe 2 techniques : la technique analytique et la technique de simulation numérique.
La première, appelée aussi RiskMetrics, suppose implicitement que l’évolution future des variables de marché sera
conforme à leurs comportements constatés historiquement. L’estimation du risque global est obtenue en multipliant
la sensibilité de chacune des positions aux changements des prix des actifs sous-jacents et en agrégeant, par la suite,
les sommes, ainsi obtenues, en utilisant les corrélations entre ces différentes positions (Kevenides, 2002). Toutefois,
cette méthode n’est pas valable pour estimer les risques liés à plusieurs produits dérivés. La simulation numérique
consiste à générer un nombre élevé de scénarios aléatoires d’évolution des prix, jugés cohérents avec l’évolution
passée des paramètres de marché et à calculer à chaque fois le «mark to market» du portefeuille (Hull, 2002). À
partir de la distribution des «mark to market», il devient possible de retrouver la perte correspondant à l’intervalle de
confiance retenu (Marteau, 1995). Cette méthode s’applique à tout type de positions. Cependant, elle reste
imparfaite sur les marchés «non stables» (Rizk et Mahjoub, 1996). De plus, sa mise en place est coûteuse.
6
Hull (2002) définit les tests de stress comme étant des estimations du comportement du portefeuille dans le cas de
l’occurrence des mouvements de marché les plus extrêmes observés sur les 10 ou 20 dernières années ?. Il stipule que
les tests de stress peuvent être considérés comme un moyen de prendre en compte les événements extrêmes qui
apparaissent de temps en temps mais qui sont virtuellement impossibles, compte tenu de la distribution de
1
probabilité des variables de marché.