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Guide LBCFT Mars 25 FR

Le guide présente les enjeux de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en mettant en avant les normes internationales établies par le GAFI et le dispositif mis en place par le Maroc. Il détaille les acteurs clés impliqués, les processus de blanchiment et de financement du terrorisme, ainsi que les raisons pour lesquelles il est crucial de combattre ces phénomènes. Enfin, il souligne l'importance de la sensibilisation du public et de la coopération entre les différents acteurs pour renforcer l'efficacité des actions entreprises.

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Guide LBCFT Mars 25 FR

Le guide présente les enjeux de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en mettant en avant les normes internationales établies par le GAFI et le dispositif mis en place par le Maroc. Il détaille les acteurs clés impliqués, les processus de blanchiment et de financement du terrorisme, ainsi que les raisons pour lesquelles il est crucial de combattre ces phénomènes. Enfin, il souligne l'importance de la sensibilisation du public et de la coopération entre les différents acteurs pour renforcer l'efficacité des actions entreprises.

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LA LUTTE CONTRE

LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

LA LUTTE CONTRE
Guide

LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME
1ère Edition - Mars 2025
GUIDE

Introduction
Le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme
et la prolifération des armes de destruction massive sont des
phénomènes qui menacent l’intégrité du système financier
mondial. A ce titre, le Groupe d’Action Financière (GAFI) a mis en
place des normes internationales visant à garantir que les autorités
nationales puissent s’attaquer efficacement à ces menaces
et prévenir les dommages qu’elles causent à la société.

Dans ce cadre, le Maroc a mis en place un dispositif national de


de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement de
terrorisme (LBC-FT) couvrant le cadre législatif, institutionnel, de
contrôle et de supervision des secteurs financier et non financier
visant la conformité aux normes précitées. En février 2023, le
Royaume a franchi une étape décisive en sortant de la liste grise
du GAFI, marquant ainsi la reconnaissance des efforts entrepris
pour renforcer son dispositif de LBC-FT.

Le présent guide a été conçu par Bank Al-Maghrib conjointement


avec l’Autorité Nationale du Renseignement Financier,
la Commission Nationale chargée de l’application des sanctions
prévues par les Résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-
Unies relatives au terrorisme, à la prolifération des armes et à
leur financement, l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux et
l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la prévoyance Sociales,
pour aider à mieux comprendre les risques encourus, les enjeux
ainsi que les dispositifs mis en place pour les maîtriser.

Ce guide qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des actions de


sensibilisation du public aux risques de blanchiment de capitaux
et de financement du terrorisme, explique ce qu’est le blanchiment
de capitaux et le financement du terrorisme et présente les normes
internationales en la matière ainsi que le dispositif mis en place au
Maroc pour s’y conformer. Il présente les acteurs clés du dispositif
national notamment, l’Autorité Nationale du Renseignement
Financier, la Commission Nationale des Sanctions prévues par
les Résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies et les
autorités du secteur financier ainsi que leurs missions.

2
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

Sommaire
1. Qu’est-ce que le blanchiment de p.4 11. Q
 uelles sont les missions p.15
capitaux ? de l’Autorité Nationale du
Renseignement Financier
2. Quelles sont les étapes d’une p.6 « ANRF » ?
opération de blanchiment de
capitaux ? 12. Q
 uelles sont les missions de la p.16
commission Nationale chargée
3. Qu’est ce que le financement du p.7 de l’application des sanctions
terrorisme ? prévues par les Résolutions du
Conseil de Sécurité des Nations-
4.Quel est le processus d’une p.8 Unies « CNASNU » ?
opération de financement du
terrorisme ? 13. Q
 uelles sont les missions de p.17
Bank Al-Maghrib dans la
5. Pourquoi faut-il lutter contre le p.9 LBC-FT ?
blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme ? 14. Quel est le rôle des p.18
établissements de crédit
6. Quelles sont les normes p.10 et organismes assimilés dans la
internationales dans le domaine LBC-FT ?
de lutte contre le blanchiment
de capitaux et financement de 15. Quelles sont les missions de p.19
terrorisme ? l’Autorité Marocaine du Marché
des Capitaux « AMMC » dans la
7. Que se passe-t-il si un pays ne p.11 LBC-FT ?
respecte pas les normes
du GAFI ? 16. Q
 uel est le rôle des intervenants p.20
sur le marché des capitaux dans
8. Quel est notre dispositif National p.12 la LBC-FT ?
de lutte contre le blanchiment
des capitaux et le financement du 17. Q
 uelles sont les missions de p.21
terrorisme ? l’Autorité de Contrôle des
Assurances et de la Prévoyance
9. Quelles sont les sanctions p.13 Sociale « ACAPS » dans
prévues en cas d’infractions à la la LBC-FT ?
loi 43.05 relative à la lutte contre
le blanchiment de capitaux ? 18. Q
 uel est le rôle des intervenants p.22
du secteur des assurances dans
10. Quelles sont les autorités p.14 la LBC-FT ?
et les acteurs impliqués dans la
lutte contre le blanchiment de
capitaux et le financement du
terrorisme ?

3
GUIDE

1. Q
 u'est-ce que
le blanchiment de capitaux ?

Le blanchiment de capitaux consiste à donner une apparence


légitime à l’argent qui, en réalité, provient d’activités illicites. Ce
processus permet au criminel de profiter de l’argent produit par ces
activités tout en dissimulant sa source.
L'article 574.1 du code pénal définit précisément le blanchiment de
capitaux comme suit :

4
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

Les revenus d'origine criminelle sont ceux issus des infractions


dites sous-jacentes citées par l'article 574-2 du code pénal, même
lorsqu’elles sont commises à l’extérieur du Maroc :

• Le trafic illicite de stupéfiants et de • L’enlèvement, la séquestration et la


substances psychotropes ; prise d’otages ;

• Le trafic d’êtres humains ; • Le vol et l’extorsion ;

• Le trafic d’immigrants ; • La contrebande ;

• Le trafic illicite d’armes et de muni- • La fraude sur les marchandises et sur


tions ; les denrées alimentaires ;

• La corruption, la concussion, le trafic • Le faux, l’usage de faux et l’usurpation


d’influence et le détournement de ou l’usage irrégulier de fonctions, de
biens publics et privés ; titres ou de noms ;

• Les infractions de terrorisme ; • Le détournement, la dégradation


d’aéronefs ou des navires ou de
• La contrefaçon ou la falsification des tout autre moyen de transport,
monnaies ou effets de crédit public la dégradation des installations
ou d’autres moyens de paiement ; de navigation aérienne, maritime
et terrestre ou la destruction, la
• L’appartenance à une bande dégradation ou la détérioration des
organisée, formée ou établie dans le moyens de communication ;
but de préparer ou de commettre un
ou plusieurs actes de terrorisme ; • Le fait de disposer dans l’exercice
d’une profession ou d’une fonction,
• L’exploitation sexuelle ; d’informations privilégiées en les
utilisant pour réaliser ou permettre
• Le recel de choses provenant d’un sciemment de réaliser sur le marché
crime ou d’un délit ; une ou plusieurs opérations ;
• L’abus de confiance ; • L’atteinte aux systèmes de traitement
automatisé des données ;
• L’escroquerie ;
• La diffusion d’informations fausses
• Les infractions portant atteinte à la
ou trompeuses sur les instruments
propriété industrielle ;
financiers et les perspectives de leur
évolution ;
• Les infractions portant atteinte aux
droits d’auteur et aux droits voisins ;
• Le recours à des manœuvres sur le
marché des instruments financiers
• Les infractions contre l’environne-
ayant pour objet d’agir sur les cours ;
ment ;
• La vente ou la fourniture de services
• L’homicide volontaire, les violences
de façon pyramidale ou par toute
et voies de fait volontaires ;
autre méthode similaire.

5
GUIDE

2. Q
 uelles sont
les étapes d’une opération
de blanchiment de capitaux ?

1
Placement des revenus issus des activités
délictuelles ou criminelles dans le système
économique ou financier.

2
Conversion des revenus délictuels ou
criminels sous une autre forme et la
réalisation d’opérations financières
multiples et complexes dans le but
de masquer l’origine de ces produits
financiers et leurs propriétaires.
(Ex: Transferts de fonds entre différents
pays, fractionnement puis regroupement,
etc.)

3
Réintégration des fonds d’origine
délictuelle ou criminelle dans l’économie
afin de donner aux fonds une apparence
licite.
La réintégration de ces revenus financiers
peut par exemple être réalisée à travers
les opérations suivantes :
• Des acquisitions immobilières avec ou
sans crédit ;
• Des remboursements anticipés de
crédits mobiliers et immobiliers ;
• Des prises de participation dans des
sociétés commerciales et industrielles ;
• Des acquisitions de biens de luxe
(Œuvres d’art, bijoux).

6
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

3. Q
 u'est-ce que
le financement du terrorisme ?
Le financement du terrorisme est le fait de collecter des fonds d’origine licite ou
illicite pour les utiliser à des fins criminelles ou terroristes.

Est considéré comme acte de financement du terrorisme :


• Le fait de fournir, procurer, réunir ou gérer délibérément, par quelque moyen
que ce soit, directement ou indirectement, des fonds ou des biens, même
licites, dans l’intention de les voir utilisés ou en sachant qu’ils seront utilisés,
en tout ou en partie :
» en vue de commettre un ou plusieurs actes de terrorisme
indépendamment de la survenance de l’acte de terrorisme ;
» par une personne terroriste ;
» ou par un groupe, une bande ou organisation terroriste.
• Le fait d'apporter un concours ou de donner des conseils à cette fin ;
• Le fait de tenter de commettre les actes précités.

Les actes de terrorisme sont ceux ayant pour but l'atteinte grave à l'ordre public
par l'intimidation, la terreur ou la violence.

Les principales infractions constituant un acte de terrorisme sont notamment :

• L'atteinte volontaire à la vie des • Le vol et l'extorsion des biens ;


personnes ou à leur intégrité, ou • La fabrication, la détention, le
à leurs libertés, l'enlèvement ou la transport, la mise en circulation ou
séquestration des personnes ; l'utilisation illégale d'armes, d'explosifs
• La contrefaçon ou la falsification des ou de munitions ;
monnaies ou effets de crédit public, • Les infractions relatives aux systèmes
des sceaux de l'Etat et des poinçons, de traitement automatisé des
timbres et marques, ou le faux ou la données ;
falsification visés dans les articles 360,
361 et 362 du code pénal ; • Le faux ou la falsification en matière
de chèque ou de tout autre moyen
• Les destructions, dégradations ou de paiement visés respectivement
détériorations ; par les articles 316 et 331 du code de
• Le détournement, la dégradation commerce ;
d'aéronefs ou des navires ou de • La participation à une association
tout autre moyen de transport, formée ou à une entente établie en vue
la dégradation des installations de la préparation ou de la commission
de navigation aérienne, maritime d'un des actes de terrorisme ;
et terrestre et la destruction, la
dégradation ou la détérioration des • Le recel sciemment du produit d'une
moyens de communication ; infraction de terrorisme.

7
GUIDE

4. Q
 uel est le processus
d’une opération de
financement du terrorisme ?

COLLECTE
Obtenir des fonds
d’origines légales
ou illégales.

TRANSFERT
Procéder au transfert
des fonds via des canaux
informels (Ex : transport
physique des fonds ou
Hawala), ou des canaux
formels (Ex : Etablissements
financiers).

UTILISATION
Utiliser des fonds pour
acheter les armes ;
Bénéficier et/ou assurer
une formation pour le
maniement des armes à
des fins terroristes ;
Se déplacer à l’étranger à
des fins terroristes.

8
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

5. P
 ourquoi faut-il lutter contre
le blanchiment de capitaux et
le financement du terrorisme ?
Lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement
du terrorisme a pour objectifs ce qui suit :
• Éviter en amont aux criminels de perpétrer des crimes ou des actes de
terrorisme ;
• Empêcher les criminels de bénéficier des produits de leurs crimes ;
• Éviter les conséquences négatives de ces fléaux sur notre pays et notre
économie, notamment :
» Violation des règles de la concurrence et effets négatifs sur la formation des
prix ;
» Instabilité des marchés financiers en raison de la volatilité des fonds d’origine
criminelle ;
» Effets négatifs sur la réputation et l’attractivité du pays à l’échelle internationale,
les investissements et les financements étrangers ;
» Impact sur les relations de correspondance bancaire à l’international et les
opérations de commerce extérieur.

La lutte contre le
blanchiment de capitaux et
le financement du terrorisme
est l'affaire de Tous !
Toute personne physique ou morale
de droit public ou de droit privé
est concernée par la lutte contre
le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme.

9
GUIDE

6. Q
 uelles sont les normes
internationales dans le
domaine de la LBC-FT ?
Le Groupe d’Action Financière (GAFI) est l’organisme indépendant
intergouvernemental chargé de l’élaboration des normes internationales
en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du
terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction
massive.

Le GAFI a arrêté 40
recommandations
qui définissent les
mesures essentielles
que les pays
devraient mettre en
place pour :

• Identifier les risques de BC-FT et • Agir contre le blanchiment de


développer des politiques de LBC- capitaux et le financement du
FT et une coordination nationale terrorisme ;
pour la mise en oeuvre de ces
politiques ; • Renforcer la transparence et la
disponibilité des informations au
• Mettre en œuvre des mesures sujet des personnes morales ;
préventives pour préserver les
secteurs financier et non financier • Faciliter la coopération
de ces fléaux ; internationale dans le domaine de
la LBC-FT ;
• Doter les autorités compétentes
des pouvoirs et des responsabilités • Appliquer les sanctions prévues
nécessaires dans ce domaine ; par les résolutions du Conseil de
Sécurité des Nations-Unies.

10
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

7. Q
 ue se passe-t-il si un pays
ne respecte pas les normes
du GAFI ?
Le GAFI et les organismes régionaux de type GAFI surveillent les progrès
réalisés par les pays dans la mise en œuvre des normes et procèdent à
des missions d’évaluation dans chacun des pays au terme desquelles ils
publient des rapports d’évaluations.
Lorsque le GAFI considère qu’un pays présente des déficiences
stratégiques dans son dispositif de LBC-FT, il l’inscrit dans une liste de
suivi renforcé, dite «liste grise».
Le pays doit alors mettre en œuvre un plan d’actions pour remédier aux
déficiences constatées à l’effet de sortir de ladite liste.

11
GUIDE

8. Q
 uel est notre dispositif
National de lutte contre le
blanchiment des capitaux et le
financement du terrorisme ?
Au Maroc, la loi n°43-05 relative à la lutte contre le blanchiment
de capitaux telle que modifiée et complétée, est le texte de base qui
structure notre dispositif national de LBC-FT.

Les principaux éléments arrêtés par la loi n°43-05 relative à la lutte


contre le blanchiment de capitaux sont :
• Obligations incombant aux personnes assujetties à la loi (Devoir de vigilance à
l’égard des clients, comptes et opérations, identification des relations d’affaires
et des bénéficiaires effectifs, conservation des documents, déclaration des
opérations suspectes à l’Autorité Nationale du Renseignement Financier
(ANRF), gel des biens conformément aux décisions de la CNASNU, etc.) ;

• Missions et attributions de l’Autorité Nationale du Renseignement Financier


et des autorités de supervision et de contrôle des personnes assujetties ;

• Protection des personnes assujetties, de leurs dirigeants et agents, de l’ANRF


et de ses agents, cette protection concerne également les autorités de contrôle
et de supervision et les agents ;

• Sanctions applicables en cas de non-conformité ;

• Dispositions particulières aux infractions de terrorisme.

12
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

9. Q
 uelles sont les sanctions
prévues en cas d’infractions à la
loi 43.05 relative à la lutte contre
le blanchiment de capitaux ?
Sans préjudice des sanctions plus
graves, le blanchiment de capitaux
et le financement du terrorisme sont
punis d’amendes et de peines de prison,
notamment (Cf. articles 218-4, 218-4-1,
218-7,574-3 à 574-5 du code pénal) :

Blanchiment des capitaux Financement du terrorisme

• Amende de 50.000 à 500.000 dirhams. • Amende de 500.000 à 2.000.000 de dirhams.


Personnes physiques
• Deux à cinq ans d’emprisonnement. • Cinq à vingt ans d’emprisonnement.

• Amende de 500.000 à 3.000.000 de • Amende de 1.000.000 à 5.000.000 de


dirhams. dirhams.
• Sans préjudice des peines qui pourraient • Sans préjudice des peines qui pourraient être
Personnes morales être prononcées à l’encontre de leurs prononcées à l’encontre des dirigeants ou
dirigeants et agents impliqués dans les agents impliqués dans les infractions.
infractions.

• Doublement des peines d’emprisonnement • Dix ans et à trente ans de réclusion et


et des amendes dans les cas suivants : doublement de l’amende dans les cas
» Récidive ; suivants :
» les infractions sont commises en bande » Récidive ;
organisée ; » les infractions sont commises en bande
» la personne se livre de façon habituelle organisée ;
aux opérations de blanchiment de » les infractions sont commises en utilisant
Peines capitaux ; les facilités que procure l’exercice d’une
complémentaires » les infractions sont commises en utilisant activité professionnelle ;
les facilités que procure l’exercice d’une • La confiscation totale de choses, objets
activité professionnelle ; et biens qui ont servi ou devraient servir à
• La confiscation totale de choses, objets commettre l’infraction.
et biens qui ont servi ou devraient servir à La « dissolution de la personne morale » doit
commettre l’infraction. être prononcée.
La « dissolution de la personne morale » doit
être prononcée.

13
10. Q
 uels sont les autorités et les
acteurs impliqués dans la LBC-FT ?


 Commission Nationale chargée
de l'application des sanctions
prévues par les Résolutions
du Conseil de Sécurité

 
des Nations-Unies relatives
au terrorisme, à la prolifération
des armes et à leur financement

  †  


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14
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

 uelles sont les missions


11. Q
de l’Autorité Nationale du
Renseignement Financier ?
L’Autorité Nationale du Renseignement financier (ANRF) est la cellule du
renseignement financier nationale chargée de coordonner l’action des
autorités en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le
financement du terrorisme.

Principales attributions :

• Assurer la coordination nationale entre les départements gouvernementaux, les


administrations et les établissements publics et les autres personnes morales de
droit public ou privé en matière de LBC/FT. Elle peut, lorsqu’il s’agit d’une infraction
de terrorisme, faire appel à des personnes morales de droit public concernées par
le sujet ;

• Proposer au Gouvernement toute réforme législative, réglementaire ou


administrative nécessaire en matière de LBC/FT et donner son avis au Gouvernement
sur le contenu des mesures relatives à l’application de la loi ;

• Déterminer, dans le cadre de la politique des pouvoirs publics, les orientations


générales et stratégiques de LBC/FT ;

• Émettre des directives prévoyant des orientations générales ou des


recommandations destinées aux personnes assujetties dont la fixation des
modalités d’application est confiée aux autorités de supervision et de contrôle,
pour les personnes soumises à leur contrôle, selon les spécificités de leur activité ;

• Veiller au respect, par les personnes assujetties, des dispositions légales en


matière de LBC/FT, sous réserve des missions dévolues à chacune des autorités de
supervision et de contrôle désignées par la loi ;

• Recevoir les déclarations de soupçon liées au blanchiment de capitaux, aux


infractions sous-jacentes, au terrorisme et son financement et les informations
complémentaires y afférentes, les analyser, décider de la suite à réserver à ces
dossiers et diffuser les résultats de ces analyses auprès des personnes habilitées ;

• Transmettre les informations et les résultats de l’analyse effectuée, spontanément


ou sur demande, aux autorités judiciaires ou administratives compétentes ;

• Échanger les renseignements financiers liés au BC/FT avec les Cellules de


Renseignement Financier étrangères.

15
GUIDE

 uelles sont les missions de


12. Q
la Commission Nationale
chargée de l'application des
sanctions prévues par les
Résolutions du Conseil de
Sécurité des Nations-Unies ?

La Commission est composée de différents autorités et départements


ministériels.

Elle est chargée des principales missions suivantes :

• Procéder au gel immédiat et sans avertissement préalable, des biens et avoirs des
personnes physiques ou morales, entités, organisations, bandes ou groupes dont
les noms figurent sur les listes annexées aux Résolutions du Conseil de Sécurité
des Nations-Unies relatives au terrorisme, à la prolifération des armes et à leur
financement ;

• Examiner la possibilité de donner accès aux biens, aux capitaux et aux autres fonds
objet de gel ;

• Assurer le suivi des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, les
publier, les diffuser et assurer le suivi de leur application au niveau national ;

• Veiller à fournir les informations relatives aux personnes et aux entités inscrites
dans les listes de personnes sous sanctions, et aux mesures prises à leur encontre,
à destination des autorités nationales concernées ;

• Identifier les personnes et les entités qui correspondent aux critères, et procéder à
leur inscription sur la liste locale des personnes et entités sous sanctions ;

• Procéder périodiquement à la révision de la liste locale des personnes et entités


sous sanctions ;

• Soumettre des propositions d’inscription des personnes et des entités étrangères


sur les listes locales des autres pays, et fournir les informations nécessaires
concernant ces personnes et entités ;

• Soumettre au gouvernement toute proposition concernant les mesures et les


procédures appropriées pour la bonne application des recommandations et
propositions rendues par la Commission.

16
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

 uelles sont les missions


13. Q
de Bank Al-Maghrib
dans la LBC-FT ?

Bank Al-Maghrib est désignée, en vertu de loi n°43-05 relative à la


lutte contre le blanchiment de capitaux, et de la loi bancaire, en tant
qu’autorité de supervision et de contrôle pour les établissements de
crédit, les organismes assimilés*, et les conglomérats financiers dans le
domaine de la LBC-FT.

A ce titre, elle agit au travers de plusieurs axes d’intervention :

• Réglementation
Elaboration et mise à jour du cadre réglementaire en matière de la LBC-FT pour les
établissements de crédit et organisme assimilés.

• Formation & Sensibilisation


Organisation régulière des ateliers de formation et de sensibilisation au profit des
établissements de crédit et organismes assimilés sur des sujets afférents à la LBC- FT.

• Accompagnement
Assistance des établissements de crédit et organismes assimilés pour leur conformité
par rapport aux exigences de LBC- FT.

• Supervision & Contrôle


Conduite de contrôle permanent sur pièces et sur place auprès des établissements
bancaires pour vérifier le respect des dispositions légales et réglementaires en
matière de LBC-FT ainsi que l’effectivité des dispositifs mis en place en la matière.

• Mesures disciplinaires
Prononcé des sanctions à l’encontre des assujettis qui ne sont pas conformes au
cadre légal et réglementaire en matière de la LBC- FT.

(*) 
Les organismes assimilés : les établissements de paiement, les associations de microfinance, les
banques offshore, les compagnies financières, la caisse de dépôt et de gestion, la Société nationale
de garantie et du financement de l’entreprise.

17
GUIDE

 uel est le rôle des


14. Q
établissements de crédit
et organismes assimilés
dans la LBC-FT ?
Sous le contrôle de Bank Al-Maghrib, les établissements de crédit et
organismes assimilés doivent respecter les règles de vigilance en vue
de détecter les opérations inhabituelles ou suspectes qui pourraient
éventuellement constituer du blanchiment de capitaux ou du
financement du terrorisme.
La réglementation oblige les établissements de crédit à avoir une
connaissance approfondie de leurs clients ; Ainsi, ils doivent mettre en
place un dispositif de vigilance et de veille interne.

Ce dispositif se décline à travers des politiques et procédures qui


définissent un ensemble de règles dans la conduite de leurs activités :

• Doter le dispositif de vigilance et • Adopter des règles d’identification,


de veille interne de ressources de connaissance et d'acceptation des
et moyens suffisants pour être relations d'affaires et de leurs bénéfi-
pleinement opérationnel et évaluer ciaires effectifs ;
periodiquement l’efficacité de ce • Adopter des règles de filtrage de la
dispotif ; clientèle, des donneurs d'ordre et des
• Procéder à l’évaluation des risques BC- bénéficiaires effectifs des opérations,
FT relatifs aux activités exercées et aux par rapport aux listes de sanctions des
clients ; instances internationales habilitées à
• Evaluer les clients selon le niveau de prononcer ces sanctions ;
risque BC-FT qu’ils représentent ; • Assurer un suivi et une surveillance des
• Mettre à jour de manière régulière les opérations par rapport aux scenarii
informations et les documents des possibles de BC-FT ;
clients ; • Procéder à des déclarations
• Déployer des mesures de vigilance d’opérations suspectes à l’ANRF ;
renforcée pour les clients et • La sensibilisation et la
transactions présentant un risque formation du personnel de
élevé ; l'établissement en matière de
• Répondre aux demandes d’informa- LBC-FT ;
tions formulées par les autorités com- • Assurer la conservation de la
pétentes selon les délais impartis ; documentation relative aux relations
• Adopter une approche basée sur d'affaires et aux opérations qu'elles
les risques, adaptée à la nature et la effectuent.
taille de leurs activités et aux risques
y afférents ;

18
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

 uelles sont les missions


15. Q
de l’Autorité Marocaine du
Marché des Capitaux
« AMMC » dans la LBC-FT ?

L’AMMC est désignée, en vertu de la loi n°43-05 relative à la lutte contre


le blanchiment de capitaux, et de la loi n°43-12 relative à l’Autorité
Marocaine du Marché des Capitaux, en tant qu’autorité de supervision
et de contrôle pour les intervenants du marché des capitaux*.

A cet égard, elle assure les missions suivantes :


• Réglementation
Elaboration des circulaires LBC-FT relatives aux intervenants sur le marché des
capitaux.

• Encadrement et accompagnement
Elaboration de guides et de lignes directrices en se basant sur les normes du GAFI
et organisation de séances de sensibilisation et de formation au profit des
intervenants du marché des capitaux.

• Supervision & Contrôle


Contrôle sur pièces à travers les reportings réglementaires remontés par les
intervenants sur le marché des capitaux et contrôle sur place dans le cadre des
missions d’inspection.

• Pouvoir disciplinaire
Prononciation de sanctions administratives et pécuniaires en cas de non-conformité
aux exigences législatives et réglementaires en matière de LBC-FT.

(*)
L es intervenants sur le marché des capitaux : les sociétés de gestion des organismes de placement
collectif en valeurs mobilières, les sociétés de gestion des organismes de placement collectif en
capital, les établissements gestionnaires des fonds de placement collectif en titrisation, les sociétés
de gestion des organismes de placement collectif immobilier, les sociétés de bourse, les conseillers
en investissement financier, les sociétés de financement collaboratif et les teneurs de comptes titres.

19
GUIDE

 uel est le rôle des intervenants


16. Q
sur le marché des capitaux dans la LBC-FT ?
Les intervenants sous la supervision de l’AMMC, contribuent à immuniser
le marché des capitaux contre les actes ou opérations pouvant constituer
un risque de blanchiment des capitaux et de financement de terrorisme.

A cet effet, ils doivent mettre en place un dispositif permanent


de vigilance et de veille interne à travers l’adoption des mesures
suivantes :

• Doter le dispositif de vigilance et • Surveiller et analyser efficacement les


de veille interne de ressources transactions et opérations à caractère
et moyens suffisants pour être inhabituel et complexe ;
pleinement opérationnel et évaluer
périodiquement l’efficacité de ce • Déployer des mesures de vigilance
dispositif ; renforcée pour les clients et
transactions présentant un risque
• Procéder à l’évaluation des risques BC/ élevé ;
FT relatifs aux activités exercées et aux
clients ; • Documenter de manière exhaustive
et continue l’ensemble des contrôles,
• Avoir une parfaite identification analyses, procédures, politiques,
des clients, donneurs d’ordres, reportings, décisions, formations et
mandataires et bénéficiaires effectifs ; autres actions entreprises en matière
de LBC/ FT ;
• Classer les clients selon le niveau de
risque BC/FT qu’ils représentent ; • Former et sensibiliser son personnel
en matière de LBC/FT ;
• Procéder au filtrage des clients et des
bénéficiaires effectifs par rapport aux • Procéder aux déclarations de soupçon
listes des instances internationales à l’ANRF ;
compétentes et par rapport à la liste
locale ; • Conserver les informations et
documents tel qu’exigé par la
• Appliquer les décisions de la CNASNU réglementation en vigueur ;
en matière des sanctions financières
ciblées notamment le gel des biens ; • Répondre aux demandes
d’informations formulées par les
• Mettre à jour de manière régulière les autorités compétentes selon les délais
informations et les documents des impartis.
clients ;

20
LA LUTTE CONTRE
LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX
ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME

 uelles sont les missions


17. Q
de l’Autorité de Contrôle
des Assurances et de la
Prévoyance Sociale dans
la LBC-FT ?
L’Autorité veille au respect par les entreprises d’assurances et de
réassurance et les intermédiaires d’assurance, des dispositions en
vigueur relatives à la LBC/FT et à l’accompagnement du secteur dans
l’implémentation d’un dispositif efficace, à travers, entre autres, la mise
en place de textes d’application, en vertu de la loi 64.12 portant sur sa
création ainsi que de la loi 43.05 relative à la lutte contre le blanchiment
de capitaux telle que modifiée et complétée par la loi 12.18.

Les principales missions de l’Autorité consistent à :

• Accompagner le secteur des assurances dans la compréhension des dispositions


relatives à la LBC/FT et l’implémentation pratique de ces dispositions à travers des
actions de formations et de sensibilisation ;
• Examiner l’efficacité des dispositifs mis en place par les entreprises d’assurances et
de réassurance et les intermédiaires d’assurance à travers des contrôles sur place,
sur pièces, des entretiens de surveillance et des échanges avec les opérateurs ;
• Prononcer des sanctions administratives et pécuniaires en cas de non-conformité
aux exigences légales et réglementaires en matière de LBC/FT ;
• Mettre en place les textes réglementaires liés à la LBC/FT ;
• Publier des guides et lignes directrices en matière de LBC/FT ;
• Mener des actions de coordination avec l’Autorité Nationale du Renseignement
Financier (ANRF) ;
• Mener des actions de coordination avec les instances nationales et internationales
dans le cadre de la LBC/FT.

21
GUIDE

 uel est le rôle des intervenants


18. Q
du secteur des assurances dans la LBC/FT ?
Afin de veiller à la prévention de l’utilisation du secteur des assurances
dans des infractions relatives au blanchiment de capitaux et au
financement du terrorisme, les entreprises d’assurances et de
réassurance et les intermédiaires d’assurance doivent mettre en place,
selon une approche basée sur les risques, un dispositif de vigilance
et de veille interne qui permet de disposer, d’une manière efficace et
permanente de :

• Une approche basée sur les risques, documentée et actualisée, permettant de


classer les relations d’affaires en fonction des risques observés ;
• Un dispositif de vigilance vis-à-vis des clients permettant l’identification et la
connaissance de la clientèle ;
• Un système d’information au service de la conformité LBC/FT ;
• Un processus d’archivage et de conservation des documents relatifs aux opérations
de la clientèle ;
• Un dispositif de déclaration de soupçons et d’une formalisation de la relation avec
l’Autorité Nationale du Renseignement Financier ;
• Un filtrage des clients conformément aux listes publiées par la CNASNU.

Afin d’y parvenir, les entreprises d’assurances et de réassurance et les


intermédiaires d’assurance doivent veiller à :

• La désignation d’une personne chargée de la gestion et du contrôle du dispositif


de vigilance ;
• L’implication des organes de gouvernance dans le pilotage et le suivi du dispositif
LBC/FT ;
• L’organisation, de manière permanente et efficace, d’actions de formation et de
sensibilisation dans le cadre de la LBC/FT.

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