PNA Madagascar
PNA Madagascar
Novembre 2019
Citation
L’implication de différents acteurs concernés par le changement climatique au niveau des 22 Régions
de Madagascar lors des consultations inter-régionales a permis de recueillir des informations qui ont
nourri le présent document, sur la vulnérabilité des populations et des secteurs d’activité au changement
climatique, ainsi que sur les risques encourus.
Le Plan National d’Adaptation s’articule ainsi autour de trois grands axes stratégiques définis comme
suit :
Les enjeux de lutte contre le changement climatique qui se manifeste à Madagascar par une
multitude d’impacts socio-économiques et environnementaux, se retrouvent intrinsèquement liés aux
problématiques de développement : énergie et électrification, aménagement du territoire, transports et
croissance urbaine, impacts du climat sur la gestion de l’eau et l’agriculture, effets sanitaires, impacts
des catastrophes naturelles, maintien des services écosystémiques, gestion des forêts et conservation
de la biodiversité, etc.
Afin de mettre la Politique Nationale de Lutte contre le Changement Climatique au service des priorités de
développement de Madagascar, le présent document se focalise sur les secteurs Agriculture-Elevage-
Pêche, Ressources en eau, Santé publique, Biodiversité et Foresterie, Zones côtières, Infrastructures,
Gestion/Réduction des risques et des catastrophes climatiques, tout en considérant de manière
transversale le renforcement des capacités humaines, financières, techniques et technologiques et
institutionnelles, ainsi que la prise en compte du genre. Cette priorisation tient compte du document
« Contribution Déterminée au niveau National » (CDN) que le Pays a adopté à l’issue de l’Accord de
Paris, tout en considérant l’évolution des autres problématiques liées au changement climatique au
niveau d’autres secteurs.
La formulation du Plan National d’Adaptation de Madagascar tient compte des directives du Groupe
Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC) et du Groupe d’experts des pays les moins avancés
(LEG). De ce fait, le document propose une approche sectorielle avec des orientations stratégiques
et des actions prioritaires pour chaque secteur au niveau national et/ou régional, et un ensemble de
programmes structurants. Au nombre de dix, ces programmes visent une articulation des priorités
stratégiques et actions préconisées dans le Plan National d’Adaptation pour une opérationnalisation
effective, intersectorielle et planifiée dans le temps, sur un territoire précis.
Découlant des cadrages politiques et stratégiques existantes, et tenant compte des expériences
acquises, ainsi que des défis actuels du Programme Emergence de Madagascar (2019), les programmes
structurants du Plan National d’Adaptation sont les suivants :
Le présent Plan National d’Adaptation a été élaboré dans une perspective de planification de 10 ans,
avec une possibilité de révision au bout de 5 ans, suivant l’évolution du contexte et les résultats de
l’évaluation à mi-parcours. L’approche programmatique définit des programmes de court (1 à 3 ans),
moyen (3 à 8 ans) et long termes (au-delà de 8 ans).
A ce jour, la mobilisation des financements pour la lutte contre le changement climatique demeure
faible à Madagascar. Toutefois, dans un contexte international où les financements climats sont de
plus en plus importants, il est essentiel de mettre en œuvre un système national capable d’organiser
la mobilisation et l’utilisation des fonds nationaux et internationaux, et d’instaurer la gestion rigoureuse
et transparente exigée par ces mécanismes de financement. Ce document présente des stratégies
adaptées pour la mobilisation des ressources financières internes et externes, et pour l’intégration du
changement climatique dans la budgétisation nationale.
Enfin, tout Plan National d’Adaptation nécessite la mise en œuvre d’un système de suivi-évaluation
permettant d’évaluer l’état d’avancement du processus, ainsi que des résultats de la mise en œuvre du
PNA. Ledit système est décrit dans le document. Il sert également à informer la Conférence des Parties
de l’avancement des avancées du processus et d’alimenter les révisions régulières du PNA.
En outre, tenant compte du fait que le PNA est un document de référence et de planification qui
s’assimile au « Plan, Programme, Politique » (PPP), il est proposé qu’il fasse l’objet d’une Evaluation
Environnementale et Sociale Stratégique (EESS). Ceci, conformément à la Charte de l’environnement
malagasy actualisée (Loi n°2015-003). La conduite de cette EESS et les éléments qui lui sont associés,
feront partie des premiers indicateurs à suivre et à vérifier dans le dispositif de Suivi-Évaluation.
INTRODUCTION 1
I. METHODOLOGIE 3
I.1 Méthode d'élaboration 3
I.1.1 Collecte de données et analyses documentaires 3
I.1.2 Consultations 4
I.2 Informations disponibles 6
II. CONTEXTE 9
II.1 Contexte socio-économique national 9
II.2 Le genre dans le contexte social 9
II.3 Contexte environnemental 11
II.4 Changement climatique à Madagascar 13
II.4.1 Caractéristiques climatiques, évolutions passées et
tendances actuelles 13
II.4.2 Projections climatiques futures 15
II.4.3 Analyse des vulnérabilités et des risques par secteur 19
V. PLAN D’ACTION 91
V.1 Programmes nationaux 92
V.2 Activités transversales : gouvernance et financement 115
V.3 Mise en œuvre du plan d’action 120
V.3.1 Limites et recommandations 120
V.3.2 Chronogramme 122
ACRONYME SIGNIFICATION
Capacités (d’adap- Faculté d’ajustement des systèmes, des institutions, des êtres humains et
tation) d’autres organismes, leur permettant de se prémunir contre d’éventuels
dommages, de tirer parti des opportunités ou de réagir aux conséquences
(GIEC).
Changements cli- Changements qui sont attribués directement ou indirectement à une activité
matiques humaine altérant la composition de l’atmosphère mondiale et qui viennent
s’ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes
comparables (CCNUCC).
Gestion des Action d’élaborer, de mettre en œuvre et d’évaluer des stratégies, politiques
Risques de Catas- et mesures destinées à mieux comprendre les risques de catastrophes,
trophes à favoriser la réduction et le transfert de ces risques et à promouvoir
l’amélioration constante de la préparation à une catastrophe, des réponses à
y apporter et du rétablissement postérieur, dans le but explicite de renforcer
la protection des personnes, leur bien-être, la qualité de vie, la résilience et le
développement durable.
Ainsi, en 2018, l’élaboration du présent document PNA a été reprise par le Bureau National
des Changements Climatiques, du Carbone et de la Réduction des Émissions dues à la
Déforestation et Dégradation des Forêts (BN-CCCREDD+), sous la tutelle du Ministère de
l’Environnement et du Développement Durable (MEDD).
Sur la base d’une série de consultations qui a permis l’implication de toutes les parties prenantes
(couverture nationale, mobilisations interministérielles, implication des acteurs de la société
civile et du secteur privé), le PNA identifie et organise les actions prioritaires d’adaptation au
changement climatique à Madagascar. Il doit ainsi servir de base à la planification et orienter le
financement, ainsi que le mainstreaming de la lutte contre le changement climatique à travers
l’adaptation.
En particulier, les cinq consultations inter-régionales, conduites sur une période de trois mois,
se sont voulues représentatives des besoins et enjeux de l’ensemble du pays. Elles ont eu
vocation à impliquer des représentants de chacune des 22 Régions, avec la représentation
du secteur public, du secteur privé et de la société civile, et avec une attention particulière
portée sur la représentativité des femmes. Par ailleurs, les recommandations élaborées dans
ce document s’appuient sur un travail récent de la Direction Générale de la Météorologie de
Madagascar, qui en 2019, a fourni pour la première fois des projections climatiques spécifiques
au pays. L’ensemble de cette approche a permis d’obtenir un document tenant compte des
enjeux sectoriels et intersectoriels, ainsi que des besoins réels du pays, au regard de l’évolution
des effets du changement sur le territoire.
Le PNA a été réalisé avec le soutien de la Coopération Allemande (GIZ), avec le financement
du Ministère fédéral Allemand de la Coopération Economique et de Développement (BMZ), et
de l’Union Européenne (UE).
L’élaboration du Plan National d’Adaptation (PNA) à Madagascar est issue d’un ensemble de
processus impulsé par le Cadre d’Adaptation de Cancun (Cancun Adaptation Framework- CAF)
ressorti lors de la COP 16 et des recommandations de la COP 17 à Durban (respectivement,
la 16e et la 17e conférences des parties en 2010 et en 2011) sur le changement climatique. Il
est également mentionné comme un des documents permettant une communication relative
à l’adaptation soumise et actualisée périodiquement tel que requis par l’Accord de Paris
(paragraphe 10) dont Madagascar est signataire.
Une Feuille de route PNA a été élaborée par le Comité PNA mis en place déjà en 2017,
comme un cadre établi par le BN-CCCREDD+, montrant les différentes étapes de l’élaboration
du document et reflétant son caractère transversal, multidimensionnel et intersectoriel. La
Feuille de route est partagée entre les différentes parties prenantes, afin que celles-ci puissent
se positionner par rapport à leurs contributions respectives au processus. Les contributeurs
à la Feuille de route sont le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD),
la coopération allemande (GIZ), l’Agence des Etats-Unis pour le développement international
(USAID), World Wide Fund (WWF), Conservation International (CI), Worldlife Conservation
Society (WCS) et la Cellule de Prévention et de Gestion des Urgences (CPGU).
Le présent document s’appuie sur une série de consultations originales effectuées à différents
niveaux : régionaux et nationaux.
Différents acteurs (ministères, collectivités, ONG, membres du secteur privé) impliqués dans
les secteurs-clés concernés par l’atténuation et l’adaptation au changement climatique :
agriculture-élevage-pêche, aménagement du territoire-habitat-travaux publics, zones côtières,
ressources en eau, forêts-biodiversité, éducation, réduction des risques de catastrophes,
santé publique, etc., ont été notamment consultés.
Le secteur privé, les Organisations de la Société Civile (OSC) et les partenaires techniques et
financiers ont été également mobilisés pour des entretiens individuels ou pour participer aux
ateliers de concertation.
Les membres du Comité National sur le Changement Climatique (CNCC) ont également été
impliqués à trois reprises au travers de réunions d’échanges, sur la base du travail en cours.
Le Comité Interministériel pour l’Environnement (CIME) a été aussi mobilisé à l’initiative du
MEDD, afin de présenter les programmes structurants du Plan, en Juin 2019.
Les consultations ont été à la base de la formulation des priorités et actions du présent plan,
elles ont aussi servi à collecter les initiatives en cours sur le territoire, à hiérarchiser les besoins
et à définir les potentiels freins de mise en œuvre.
Figure 1 : Synthèse des aléas climatiques majoritaires cumulés par région (sur la base du travail effectué lors
des concertations inter-régionales et des perceptions recueillies).
Comme susmentionné, les démarches entreprises se sont basées essentiellement sur les
informations disponibles, recueillies à travers la documentation, les concertations et les
échanges.
▪▪ Un « État des lieux » relatif à une soixantaine de documents portant sur les études/
analyses de vulnérabilité, les risques climatiques et l’adaptation au changement
climatique, qui a été élaboré dans le cadre du Projet de Renforcement des Conditions
et Capacités d’adaptation durable au Changement Climatique (PRCCC) du Programme
d’Appui à la Gestion de l’Environnement (PAGE) avec l’appui de la GIZ, et qui a été
fourni par le BN-CCCREDD+ ;
▪▪ Les trois Communications Nationales sur le changement climatique (2002, 2010,
2018) ;
▪▪ Le Programme d’Actions National d’Adaptation au changement climatique
(PANA -2006) ;
▪▪ La liste Actions Nationales d’Atténuation Appropriées (ANAA - 2010)1 ;
▪▪ La Politique Nationale de Lutte contre le Changement Climatique (PNLCC - 2011) ;
▪▪ La Contribution Déterminée au niveau National (CDN -2015) ;
▪▪ La Stratégie Nationale REDD+ (2018) ;
▪▪ Les rapports d’évaluation des risques climatiques dans les Régions de Boeny,
d’Analamanga et de DIANA incluant des chaînes d’impacts pour les secteurs forêt et
biodiversité, pêche et zones côtières, agriculture et élevage, infrastructures, ainsi que
des cartes et des indicateurs des risques climatiques, ainsi que des options d’adaptations
(2018) ;
▪▪ Le document sur les indicateurs de suivi pour les options d’adaptation (2018) ;
▪▪ Le Rapport sur des Ateliers d’évaluation et de renforcement des capacités nationales
pour la planification de l’adaptation au changement climatique à Madagascar (2018)2 ;
▪▪ Plusieurs résultats de recherche au niveau des universités.3
D’autres documents ont été mobilisés, correspondant aux politiques et stratégies sectorielles
du pays et qui mentionnent la prise en compte du changement climatique :
1
Bien que centrés sur l’atténuation, ces documents ont été consultés afin de soutenir une action climatique cohé-
rente entre l’adaptation et l’atténuation. Ils ont permis d’élaborer des activités d’adaptation portant des co-béné-
fices en matière d’atténuation
2
Ces documents sont des documents internes au BN-CCCREDD+
3
Les travaux et publications de recherche mobilisés sont cités dans les documents et dans les références biblio-
graphiques
Enfin, en 2019, des documents référentiels ont été élaborés par l’Office National pour
l’Environnement (ONE), le BN-CCCREDD+ et la GIZ, dans le cadre du Programme PRCCC-
PAGE/GIZ.
Ces documents se basent sur des résultats de démarches ou études effectuées au sein de
Communes sélectionnées dans les Régions d’Analamanga, de Boeny et de DIANA :
Des outils ont été également produits en 2018 dans le cadre du même programme :
Il est à noter que, malgré la multiplicité des documents, il a été observé que les analyses
ou études de vulnérabilité conduites à Madagascar, pour certaines régions ou secteurs, ne
suivent pas de démarche standardisée et ne sont donc pas homogènes, certaines se réfèrent
au cadre d’analyse du rapport AR4 (Quatrième rapport d’évaluation du GIEC) centrées sur la
vulnérabilité, tandis que les plus récentes s’appuient sur le concept de risque tel que développé
dans le rapport AR5 (Cinquième rapport d’évaluation du GIEC).
4
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019.
Enfin, du point de vue institutionnel et organisationnel, malgré l’existence d’un Bureau National
en charge de la Coordination des Changements Climatiques, il n’existe pas de système formel
(ex : répertoire par région ou par secteur) de gestion des connaissances sur les résultats
d’études (analyses de vulnérabilité, étude des capacités d’adaptation, étude sectorielle sur
l’adaptation/atténuation, etc.). Toutefois, un tel dispositif est prévu dans un futur proche.
Figurant parmi les pays les pays les plus pauvres et avec une croissance démographique de
3,01% par an (INSTAT, 2018), Madagascar fait face à de nombreux défis socio-économiques
et de développement.
L’insécurité alimentaire et le taux de malnutrition ont atteint un niveau alarmant depuis 2011,
avec environ 35% de la population rurale affectée par l’insécurité alimentaire sévère et avec 48%
considérée comme étant vulnérable (UNICEF). Les grandes zones urbaines sont également
touchées, du fait d’un exode rural important et d’une forte croissance démographique. En
2019, 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté qui est de 1,90 $/jour.5
Avec 80,5 % de la population vivant en milieu rural, contre 19,5% résidant en milieu urbain
(INSTAT), le secteur agricole représente la principale source de revenu pour une majorité de
la population et joue un rôle déterminant pour l’évolution de la pauvreté. Par ailleurs, bien
que l’économie dépende fortement du commerce extérieur et étant essentiellement basée
sur l’échange de produits agricoles, de la pêche et sur les produits miniers, les principaux
moteurs de croissance ces dernières années relèvent des secteurs de l’industrie et des
services. Aussi, la forte demande mondiale de certains produits comme le nickel et la vanille,
devraient contribuer à faire croître l’économie nationale au cours des prochaines années.
Toutefois, cette reprise économique profite principalement à la population urbaine, tandis que
la population rurale agricole demeure marginalisée.
Madagascar a pris un certain nombre de dispositions dans le domaine du Genre sur le plan
législatif en adoptant le Plan d’Action National pour l’Éducation des Filles (PANEF)6 au début
des années 1990. Cette stratégie vise à réduire les disparités entre les femmes et les hommes
en milieu rural et urbain. Cinq enjeux principaux sont abordés :(1) améliorer les revenus et
le statut économique des femmes (notamment des femmes rurales et des femmes cheffes
de foyer), (2) augmenter le niveau d’éducation et de formation des femmes et des filles, (3)
promouvoir les droits à la santé et les droits reproductifs, (4) renforcer la participation des
femmes dans les processus de prise de décision et (5) améliorer les mécanismes institutionnels
relatifs à l’égalité́ des sexes.
Le PANAGED a été formulé dans un contexte où le changement climatique ne faisait pas encore
partie des sujets importants à considérer dans les documents de référence. Néanmoins, les
actions et programmes du PNA sont préconisés pour être mis en œuvre de manière inclusive,
à responsabilités égales, mais différenciées en tenant compte des spécificités des genres.
Par ailleurs, le PEM, dans sa priorité stratégique 13, souhaite promouvoir l'autonomisation des
femmes et la protection des droits de l'enfant, par plusieurs réformes, actions et mesures qui
seront mises en place d’ici 2023.
Ces dernières années, une évolution positive a été néanmoins constatée dans le domaine
du genre à Madagascar. Selon le RMDH, l’Indice de Développement Humain ajusté des
Inégalités (IDHI) a connu un taux de croissance annuel moyen de 1,3%, passant de 0,282
point en 1993 à 0,378 en 2016. Par ailleurs, le pays a eu un Indice de Développement humain
du Genre (IDG) de 0,988 en 2015, qui permet de classer Madagascar dans le troisième groupe
(parmi 5) des pays ayant atteint une égalité moyenne dans ses accomplissements d’IDH entre
les femmes et les hommes. Le taux est supérieur à celui des pays d’Afrique subsaharienne
qui est de 0,877.
Les disparités de scolarisation filles/garçons aux niveaux primaire et secondaire sont faibles à
Madagascar, notamment par rapport à ce qui est observé en moyenne dans les pays d’Afrique
subsaharienne. Au niveau primaire et secondaire, Madagascar atteint quasiment la parité :
les ratios de scolarisation filles/garçons étant de 98,7% au primaire et de 95,4% au niveau
secondaire.9 Au niveau supérieur, la situation se dégrade au détriment des filles mais reste
plus équilibrée par rapport à d’autres pays avec un ratio de scolarisation femme/homme de
91,8%, tout en considérant que l’enseignement supérieur ne concerne que 4% de la population
malagasy (Banque Mondiale, 2012).
Les impacts directs et indirects des changements climatiques affectent toutes les échelles
et niveaux de développement. Toutefois, les différences entre les femmes et les hommes
dans leurs rapports à leur environnement, leurs conditions économiques et l’accès inégal aux
ressources et aux prises de décision suggèrent que les impacts ne seront pas uniformes
(Randriamaro, 2012).10
7
Plan d’action national genre et développement 2004-2008
8
PNUD (2018). Rapport national sur le développement humain Madagascar
9
Data Word Bank.
10
Ministère de l’Environnement de l’Écologie, et des Forêts, 2019. Pour un Processus de Plan National d’Adapta-
tion (PNA) qui Réponde aux Questions de Genre à Madagascar
Abritant environ 5% de la biodiversité mondiale, Madagascar est connu par la richesse de son
capital naturel. Cette riche biodiversité est hébergée au sein de plusieurs régions écologiques,
caractérisées par une variété d’écosystèmes terrestres (de forêts, de champs agricoles et de
zones herbeuses), aquatiques (zones humides, eaux continentales), marins et côtiers. Ces
différents types d’écosystèmes abritent un complexe spécifique et varié de faune et de flore.
De l’autre côté, d’autres enjeux comme les pollutions de l’air et du sous-sol, la prépondérance
de l’utilisation de l’énergie fossile et des bois, ainsi que la gestion des déchets, affectant la
qualité de l’environnement dans son ensemble et touchant particulièrement les ressources
en eaux (quantité et qualité) et les caractéristiques du sol (dégradation, érosion, fertilité,
caractéristiques physico-chimiques), sont également liés aux changements climatiques.
De l’autre côté, la mise en place et la gestion des aires protégées figurent parmi les politiques
adoptées par le Pays, pour la préservation de ses ressources naturelles en général, et de sa
biodiversité, en particularité. En 2015, Madagascar dénombre 122 aires protégées réparties
sur 7 082 525 ha, représentant environ 12% du territoire.11 Le Pays a ainsi dépassé la Vision
Durban12 consistant à tripler la superficie de ses aires protégées qui étaient de 1,7 millions en
2003. Madagascar présente un taux de protection des habitats terrestres s’élevant à 15% du
territoire, s’approchant ainsi des objectifs d’Aichi qui fixe l’objectif national à 17%. Avec près de
80% d’espèces de plantes et 90% d’animaux endémiques, le pays dispose d’une biodiversité
mondiale unique à préserver.
Par ailleurs, il est essentiel de comprendre les liens entre le changement climatique et la
conservation à long terme de la biodiversité de Madagascar. Comme ailleurs, le climat constitue
le principal facteur contrôlant la structure et la productivité végétale, ainsi que la composition
des espèces animales et végétales à l’échelle mondiale. Un grand nombre de végétaux ne
peuvent se reproduire et croître que dans une plage de températures spécifiques, réagissent
à des volumes et des profils saisonniers de précipitations spécifiques, risquent d’être déplacés
par la concurrence d’autres végétaux ou de ne pas survivre à des changements climatiques. De
même, les espèces animales nécessitent des plages de températures et/ou de précipitations
également spécifiques et dépendent de la présence permanente d’espèces indispensables à
leur alimentation.
11
Ministère de l’Environnement, de l’Écologie et des Forêts (2017), Rapport sur l’Avenir de l’Environnement de
Madagascar (RAEM)
12
En 2003, lors du Congrès mondial des Aires Protégées à Durban, le Président de la République de Madagas-
car a déclaré l’engagement du Pays à tripler la superficie de ses aires protégées
Bien que des informations manquent encore sur la répartition des espèces et les relations avec
le changement climatique, ainsi que sur la vitesse avec laquelle les espèces peuvent s’adapter
ou non à l’accélération du changement climatique, les résultats de nombreuses recherches
permettent déjà de reconnaître que les changements climatiques augmentent la probabilité
d’extinctions d’espèces et/ou de changements dans la répartition des espèces, tandis que des
changements dans la répartition des espèces peuvent à leur tour causer des perturbations de
la communauté et la formation de nouveaux assemblages d’espèces (Williams et al. 2007).
Localisé dans le bassin du sud-ouest de l’Océan Indien, et soumis à une alternance entre
saisons sèches (de Mai à Octobre) et humides (de Novembre à Avril), Madagascar présente
quatre principales zones climatiques : la côte Est humide, les hautes terres centrales, le Nord-
Ouest, et le Sud-Ouest semi-aride.13 La température moyenne annuelle varie de 14 à 22°C
et les précipitations moyennes annuelles se situent entre 500 mm et 2750 mm (DGM, 2019).
Figure 2 : Précipitations moyennes annuelles (mm) et température moyenne annuelle (°C) à Madagascar de
1971 à 2000.14 Source: Climate Research Unit (CRU).
13
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
14
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
15
Desinventar Disaster Loss and Damage Database of Madagascar - https://www.desinventar.net/DesInventar/
16
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019.
17
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
18
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
Les projections montrent une évolution à la hausse des températures, avec des températures
minimales et maximales qui pourraient augmenter de +1,3 à 1,6 °C d’ici 2050 et de +1,7 à 2,9
°C d’ici 2080.
Figure 4 : Evolution de la moyenne annuelle des Figure 5 : Evolution de la moyenne annuelle des
températures minimales (°C) sur la période 2020-2100 températures maximales (°C) sur la période 2020-2100
pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5.20 pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5. 20
Source : DGM, 2019 Source : DGM, 2019
20
Quant aux précipitations, les changements projetés sont incertains, certains modèles suggé-
rant des conditions plus sèches, tandis que d’autres suggérant des conditions plus humides.
Toutefois, le régime des précipitations devrait être significativement modifié durant la saison
hivernale, de mai à octobre, avec une baisse des précipitations de 9,6 à 16 % d’ici 2080.
Figure 6 : Evolution des précipitations moyennes mensuelles (%) sur les périodes 2030, 2050 et 2080 pour les
scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 par rapport à la période de référence (1971-2000).21 Source : DGM, 2019.
Par ailleurs, d’ici 2100, la fréquence des cyclones tropicaux ne devrait pas changer
19
Travail conduit par la Direction Générale de la Météorologie en 2019, sur la base de 18 modèles GCM (Global
Climate Models) de la suite CMIP5
20
La variabilité intermodèle relative au scénario RCP 4.5 est représentée par la gamme grise et celle relative au
scénario RCP 8.5 par la gamme rose.
21
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
Les projections climatiques futures montrent des disparités régionales sur l’évolution des
paramètres climatiques.24 La partie sud, la côte ouest et le centre de Madagascar devraient
connaître une élévation accrue des températures. 2526
Figure 7 : Evolution de la moyenne annuelle des tem- Figure 8 : Evolution des précipitations moyennes
pératures minimales (°C) aux horizons 2030, 2050 et annuelles (en %) aux horizons 2030, 2050 et 2080
2080 relativement à la période de référence (1971-200) relativement à la période de référence (1971-200) et
et selon l'ensemble de modèles CORDEX pour les scé- selon l'ensemble de modèles CORDEX pour les scéna-
narios RCP 4.5 et RCP 8.5.24 Source : DGM, 2019. rios RCP 4.5 et RCP 8.5.25 Source : DGM, 2019.
Figure 9 : Evolution des précipitations moyennes annuelles (en %) aux horizons 2030, 2050 et 2080 relativement
à la période de référence (1971-200) pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5.27
L’élévation du niveau moyen de la mer projeté pour l’ensemble du globe est aussi attendue
sur les régions côtières de Madagascar et pourrait atteindre en moyenne entre 34 cm et 48 cm
vers la fin du XXI siècle.28 Toutes les régions ne seraient pas exposées de la même manière :
par exemple, la côte de Morondava (Moyen-ouest) serait très exposée à une élévation
accélérée du niveau moyen de la mer, de l’ordre de 7,4 mm/an et comprenant un recul des
côtes compris entre 5 et 6 cm/an.29 Sur le littoral de Mahajanga (Nord-ouest), l’élévation du
niveau de la mer serait moins rapide et comprise entre 3 à 4 mm/an.30
27
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
28
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
29
P. Ramarojaona et G. Moynot, (2011). Présentation des études et analyses de la vulnérabilité et adaptation
dans le cadre du projet ACCLIMATE. Atelier national à Madagascar, présentation faite le 20 janvier 2011.
30
P. Ramarojaona et G. Moynot, (2011). Présentation des études et analyses de la vulnérabilité et adaptation
dans le cadre du projet ACCLIMATE. Atelier national à Madagascar, présentation faite le 20 janvier 2011.
31
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
PÊCHEURS À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar
RISQUE
IMPACTS
Si à terme, l’ensemble des risques liés au changement climatique convergait aux risques
d’insécurité alimentaire et de pauvreté accrue, les risques spécifiques à chaque secteur-clé
sont résumés ci-dessous.32
Santé publique Risque accru de maladies respiratoires Risque sur la disponibilité de la Risque sur la santé Risques sanitaires liés
aigües. ressource en eau potable. publique suite à la au forage d’eau dans
dégradation de la les zones côtières
Risque de propagation des maladies Risque de pénurie d’eau qualité de l'eau et de (salinisation des nappes
vectorielles comme le paludisme. ayant des conséquences sur l'assainissement. phréatiques).
l'assainissement et l’hygiène.
Risque accru de stress thermique
pour les personnes, entraînant Risque d’évolution des maladies
des problèmes d’acclimatation et vectorielles transmissibles dû à
aggravant les affections médicales une modification de la distribution
préexistantes telles que les problèmes des précipitations entre périodes
cardiovasculaires. sèches et humides.
ALÉA AUGMENTATION DE LA DIMINUTION DES CYCLONES TROPICAUX ELÉVATION DU
CLIMATIQUE TEMPÉRATURE PRÉCIPITATIONS POSSIBLEMENT PLUS NIVEAU DE LA MER
SECTEUR INTENSES
Ressources en eau Risque d’élévation du taux Risque d’un besoin accru Risque de dommages Risque d’intrusion marine
d'évapotranspiration, réduisant d'irrigation surtout pour la aux infrastructures et de salinisation des eaux
l'humidité du sol et appauvrissant le riziculture. hydrauliques dûs aux de surface et souterraines
réapprovisionnement des nappes cyclones. dans les zones côtières.
phréatiques. Risque de diminution des
ressources en eau potable due au
Risque de diminution des eaux de manque de réapprovisionnement
ruissellement et des eaux de surfaces. des nappes phréatiques.
Gestion des Risque accru de stress thermique Risque de sécheresse entraînant Risque de dommages Risque d’intrusion marine
risques et catas- pour les personnes, entraînant des dégâts sur les cultures, une causés aux cultures, et de salinisation des eaux
trophes des problèmes d’acclimatation et pénurie d’eau et d'autres impacts aux infrastructures, de surface et souterraines
aggravant les affections médicales socio-économiques. aux chaînes dans les zones côtières.
préexistantes telles que les problèmes d'approvisionnement, aux
cardiovasculaires. services, etc.
Plan National d’Adaptation de Madagascar
Energie Risque de perte de débit engendrant Risque de perte de débit Risque de dégradation
diminution de la production d’énergie. engendrant la diminution de la des infrastructures du
production d’énergie. secteur énergie.
21
22
Plan National d’Adaptation de Madagascar
Risque de dégradation
des écosystèmes
terrestres.
Pêche Risque d’évolution des populations Risque de rallongement des Risque d’augmentation
de poissons et de modifications des périodes d’étiage, perturbant des coûts de production
cycles de reproduction. ainsi le cycle des espèces, et due à la destruction
engendrant potentiellement une des infrastructures et à
Risque de dégradation des habitats perte de ressources dans les eaux l'interruption des chaînes
et écosystèmes (récifs coralliens douces. d'approvisionnement.
et mangroves) et de migration des
poissons hors des zones de pêche
historiques.
ALÉA AUGMENTATION DE LA DIMINUTION DES CYCLONES TROPICAUX ELÉVATION DU
CLIMATIQUE TEMPÉRATURE PRÉCIPITATIONS POSSIBLEMENT PLUS NIVEAU DE LA MER
SECTEUR INTENSES
Aménagement du Risque de réduction des terres Risque de réduction des terres Risque de dégradation Risque d’érosion accrue
territoire cultivables et des plans d'eau. cultivables et des plans d'eau. des infrastructures des sols sur la frange
littorale.
Risque de dégradation
des terres agricoles.
Tourisme Risque de perte d’attractivité Risque de perte d’attractivité Risque Risque d’endommagement
touristique due à l’aggravation des touristique due aux conditions de d’endommagement des infrastructures
conditions de chaleur, réduisant le sécheresse affectant le paysage des infrastructures touristiques côtières.
nombre de touristes. vert, ainsi que la biodiversité (flore touristiques.
et faune).
Plan National d’Adaptation de Madagascar
23
Aussi, un travail de synthèse à l’échelle régionale a été conduit. Il découle d’un processus
participatif conduit lors des ateliers de concertation inter-régionaux menés dans le cadre de
l’élaboration du présent Plan National d’Adaptation, ainsi que des résultats d’études antérieures
et documentées. Cette synthèse vise à mettre en lumière les spécificités régionales en termes
de risques climatiques auxquels elles sont confrontées. Le tableau suivant complète la synthèse
précédente (établie d’après la littérature disponible) en s’appuyant sur les informations
consolidées lors des concertations régionales. Ainsi il ne reprend pas tous les secteurs cités
au-dessus mais souligne plutôt les éléments manquants et précise certaines localisations de
risques. Aussi, les deux tableaux doivent être considérés ensemble pour dresser une image
complète de la situation actuelle des risques par secteur et région.
Tableau 4 : Evaluation des risques climatiques par secteur et région (sur la base du travail effectué lors des consul-
tations inter-régionales).
Note : Ce tableau synthétise à la fois des secteurs proposés durant l’atelier (secteurs du PNA) et ceux
ajoutés par les participants (souvent des secteurs transversaux). Aussi certains secteurs n’ont pas
fait l’objet d’évaluation pour toutes les régions. Les régions manquantes dans le tableau peuvent être
considérées comme été ou n’étant pas concerné (par exemple les zones côtières) par le risque du
secteur.
Le BN-CCCREDD+ dispose de :
De l’autre côté, la plateforme nationale REDD+ (PFN REDD+) et les plateformes régionales
REDD+ (PFR REDD+) ont été mises en place.
Ministre
SDS-CC
SDS-REDD+
Sécretaire BN- SAF
Général CCCREDD+ SFCFE
SPSE-GBD
SCP
33
Bien que relevant de l’atténuation les activités REDD+ ,à Madagascar, impactent également la résilience des
populations et l’adaptation des territoires au changement climatique. Ces activités étant de la responsabilité du
BN-CCCREDD+ tout comme l’adaptation, il paraît important de les faire apparaître ici afin de promouvoir une
gouvernance climatique coordonnée et complémentaire entre atténuation et adaptation.
En outre, il existe deux autres entités qui peuvent renforcer l’efficacité des actions en matière
d’adaptation au changement climatique :
Madagascar a ratifié la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
(CCNUCC) à travers la Loi n° 98-020 du 02 décembre 1998 et de son Décret d’application
n° 98-168 du 18 décembre 1998. De cette adhésion découlent les dispositifs (textes, politiques)
adoptés par le Pays en matière de changement climatique :
À portée internationale :
À l’échelle nationale :
Toutefois à l’heure actuelle, il existe certains freins auxquels le BN-CCCREDD+ fait face pour
la mise en œuvre effective des engagements de Madagascar en termes de lutte contre le
changement climatique. Plusieurs facteurs en seraient la cause : manque de déclinaison des
documents de cadrage des politiques au niveau sectoriel, se traduisant par des manques
d’appropriation et d’intégration, lacunes en termes de renforcement des capacités nationales
(techniques, institutions sectorielles, de mobilisation des ressources et d’absorption
des financements) ; manque de maitrîse des divers dispositifs internationaux en termes
d’opportunité de financement, de transfert de technologies et de recherches relatives à la lutte
contre les changements climatiques ; tutelle du BN-CCCREDD+ sous un ministère sectoriel
qui ne rend pas forcément facile la reconnaissance de son rôle en tant que « coordonnateur »,
aux yeux des autres ministères.
En ce qui concerne les autres acteurs ou parties prenantes, outre la Direction Générale de
la Météorologie, le ministère sectoriel qui est le plus concerné en termes d’adaptation au
changement climatique est surtout celui en charge de l’agriculture, l’élevage et la pêche. Les
organismes rattachés au MEDD jouent également des rôles importants dans l’accompagnement
des actions ou initiatives d’adaptation, dont notamment :
▪▪ ONE, dont les responsabilités sont déjà décrites dans les paragraphes précédents ;
▪▪ ANAE (Association Nationale d’Actions Environnementales) pour la promotion des
actions de défense et de restauration des sols ;
▪▪ SAGE (Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement) pour les actions de
développement auprès des communautés locales de base ;
▪▪ SNGF (Silo National des Graines Forestières), pour les recherches, la distribution, la
collection, le stockage, la vente et l’approvisionnement des graines forestières ;
▪▪ MNP (Madagascar National Parks), gestionnaire du réseau d’aires protégées de
Madagascar.
Chacun de ces organismes à son niveau, et selon son propre mandat, est partie prenante
dans les actions d’adaptation et collabore avec les autres acteurs, soit directement sur le
terrain (ANAE, SAGE, MNP), soit dans des domaines spécifiques (ONE, SNGF).
La synthèse des principaux programmes d’adaptation en cours à Madagascar est présentée ci-
dessous. Toutefois, cette liste n’est pas exhaustive. Par ailleurs, des projets de développement
sectoriels, intégrant l’adaptation au changement climatique, appuyés par différents partenaires
(coopération multi-bilatérales) sont en cours.
Ces projets et programmes relèvent de différents aspects : Ils sont d’ordre technique et
opérationnel (sous forme de projet), institutionnel, politique et stratégiques.
Quel que soit le niveau d’intervention (politique ou opérationnel), ces projets et programmes
concernent généralement les renforcements de capacité, et visent l’amélioration de la résilience
face au changement climatique. À terme, les cibles des effets attendus sont les populations,
en passant par l’amélioration des politiques et des planifications, et/ou en conduisant des
actions ciblées sur le terrain et qui sont appelées à monter à l’échelle.
Promouvoir la résilience Riziculture Adaptation Fund PNUE 2012- Régions d’Alaotra Mangoro, - Augmentation de la
climatique de la riziculture à 2019 puis extension dans l’Itasy, production du riz
travers des investissements zone du Moyen-Ouest et dans - Pratique agricole
pilotes dans la Région Alaotra- la Région de Vakinankaratra améliorée
Mangoro - Sécurité alimentaire
Adaptation de la gestion de la Pêche LCDF PNUE 2015- Institutions aux niveaux Institutions renforcées en :
zone côtière au changement Zones côtières 2020 national et régional : Menabe, - Intégration systématique
climatique en tenant compte Boeny, Atsinanana et du changement climatique
des écosystèmes et des Vatovavy Fitovinany dans les politiques et la
moyens de subsistance planification
- Prises de mesures
concrètes d'adaptation
pour les zones côtières
Programme de Renforcement Multisectoriel Union GIZ 2016- CTD : Communes et Régions et Communes
des conditions et capacités Européenne/ ONE 2020 Régions : Analamanga, résilientes grâce à la mise
d’adaptation durable au AMCC Boeny, DIANA, DGM, en œuvre des SRAT et
changement climatique BMZ Éducation, Aménagement du SAC intégrant le CC
territoire, Infrastructures et
équipements, Santé, Energie
de biomasse, Mine artisanale
PROJET SECTEUR OU SOURCES DE MAITRISE DURÉE POPULATION/ IMPACTS ATTENDUS
DOMAINE FINANCEMENT D’OUVRAGE SECTEUR/
BÉNÉFICIAIRE RÉGION CIBLE
Adaptation des chaînes Agriculture Union GIZ 2018- Anosy, Androy, Atsimo Accroître la résilience
de valeur agricoles au Européenne/ 2022 Andrefana des exploitations opérant
changement climatique à BMZ dans les chaînes de valeur
Madagascar agricoles sélectionnées
face aux risques liés au
changement climatique
Programme Pilote pour la Multisectoriel Banque CPGU 18 mois National Efforts de planification
Résilience Climatique de Mondiale/ CIF nationale recadrés à
Madagascar (PPCR) Phase I travers une nouvelle
lecture du développement
en termes de résilience
climatique
Plan National d’Adaptation de Madagascar
Facilité Adapt’Action : Multisectoriel AFD Expertise 30 à 48 Niveau national et régional Mise en œuvre réussie
déclinaison de la CDN France mois de la CDN à travers
en politiques publiques le renforcement des
sectorielles et plans d’action, capacités du BN-
conception de programmes et CCCREDD+ dans la
projets climat- structurants et gouvernance du CC
transformationnels
35
ELEVEURS DE ZÉBUS À IHOROMBE
36 photo:
crédit Plan National d’Adaptation de Madagascar
Ramboll
IV. PLANIFICATION ET STRATEGIE DE
MISE EN ŒUVRE DE L’ADAPTATION
AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Par ailleurs, sur la base des travaux engagés en 2012, des concertations inter-régionales
menées au cours du premier semestre 2019, et des échanges avec le BN-CCCREDD+ et les
différentes parties prenantes menés entre Novembre 2018 et Septembre 2019, ce document a
été rédigé avec les contributions des instances nationales, qui sont en charge de sa validation.
L’élaboration du Plan d’Action d’Adaptation s’inscrit alors dans la continuité des engagements
pris par Madagascar depuis la ratification de la Convention Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques (CCNUCC). En se basant sur les grandes actions définies dans
le document Contribution Déterminée Nationale (2015), ainsi que les secteurs d’activités
identifiés dans le PANA (2006), le Plan d’Action d’Adaptation adopte dans sa stratégie une
approche sectorielle.
1998 2003 2006 2008 2010 2011 2014 2015 2016 2017 2018 2019
RATIFICATIONS
Protocole Amendement de Doha (2014) EBT II (2018)
CCNUCC (1998)
de Kyoto (2003)
Accord de Paris (2016)
Légende Atténuation
Directive Adaptation
internationale Climat (Atténuation et Adaptation)
Figure 13 : Chronologie de publication des documents nationaux de référence climat pour Madagascar
▪▪ Une approche basée sur les risques : suivant le rapport AR5 (Cinquième rapport
d’évaluation du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat
(GIEC) ;
▪▪ Une approche intégrée : le processus PNA visant à intégrer le risque climatique dans
la planification, les politiques et les programmes de développement national, et tenant
ainsi compte des documents cadres tels que les politiques et plans de développement
du pays ;
▪▪ Une approche inclusive veillant à la considération du genre et tenant compte des
perceptions des acteurs, recueillies lors des consultations inter-régionales ;
Le présent Plan National d’Adaptation a été élaboré dans une perspective de planification de
10 ans, avec une révision possible au bout de 5 ans. L’approche programmatique définit des
programmes de court (1 à 3 ans), moyen (3 à 8 ans) et long termes (au-delà de 8 ans).
Le document étant centré sur l’adaptation au changement climatique, aussi toutes les
actions sélectionnées démontrent un lien explicite avec le changement climatique en termes
d’adaptation.
Le secteur tourisme n’apparaît pas comme secteur prioritaire, mais il s’agit d’un secteur en
croissance et porteur d’options d’adaptation. Aussi, il fait l’objet d’activité dans une fiche
programme. De l’autre côté, le secteur minier a été envisagé durant les discussions comme un
potentiel secteur stratégique. Malgré la place du secteur dans l’économie du pays, le lien avec
le changement climatique est indirect : en matière d’adaptation, les activités de ce secteur
tiendront compte des mesures à adopter par rapport aux autres domaines touchés ou qui
lui sont liés comme la gestion des ressources en eau, les infrastructures, le logement des
employés, la considération de la biodiversité, etc.
Aussi, à l’échelle nationale, le BN-CCCREDD+, afin d’asseoir son rôle de « porteur » des
problématiques en matière de changement climatique, sa responsabilité en tant que « point
focal » et de « coordonnateur » doit être renforcée. Pour ce faire, il importe de disposer d’un
mécanisme capitalisant les existants, à savoir les structures comme le CIME, la Plateforme
des Secrétaires Généraux, le CNCC et les Comités PNA (coordination et suivi).
Le CIME, qui se réunit uniquement une à deux fois par an, est saisi seulement pour les
sujets requérant des priorisations stratégiques et en cas de besoin, pour régler des conflits
intersectoriels éventuels. Le CIME ne constitue pas une hiérarchie de plus pour les actions
du ministère en charge de l’environnement. Il est plutôt une structure de soutien et de
facilitation de prise de décision politique relative à la lutte contre le changement climatique, sur
proposition du BN-CCCREDD+ ; ce dernier, de son côté, bénéficie des assistances et conseils
du CNCC et des Comités PNA sur différents sujets, notamment ceux relatifs aux besoins de
renforcement de capacité, aux transferts de technologie, aux recherches et aux mécanismes
de financement.
La Plateforme des Secrétaires Généraux quant à elle, est un « espace » de dialogue, permettant
de faciliter la fluidité des échanges intersectoriels, d’éviter les chevauchements et d’optimiser
la convergence des points de vue sur l’intégration de la dimension changement climatique, et
spécifiquement de l’adaptation au changement climatique.
Aucune de ces entités n’a vocation à se substituer aux missions des unes et des autres,
car leurs interventions sont de différents ordres et de différents niveaux. Leurs rôles visent
à optimiser la bonne gouvernance de l’adaptation au changement climatique, aussi bien à
l’échelle sectorielle qu’à l’échelle territoriale.
PLATEFORME
DES SG
CNCC BN-CCCREDD+
COMITE COMITE
COORDINATION PNA SUIVI EVALUATION PNA
Pour une concrétisation formelle du mécanisme, il est proposé que l’actuelle Politique Nationale
de Lutte contre le Changement Climatique (PNLCC) soit revue, en y ajoutant les clauses ou
dispositifs relatifs aux arrangements institutionnels, tels susmentionnés, et en précisant plus
en détails les rôles et attributions des parties.34 De la même façon, les actions proposées ici
devront se faire en cohérence avec les axes 3 et 5 du PANLCC.
34
Il est à noter en effet que le CIME et la Plateforme ne s’occupent pas que de la lutte contre le changement
climatique.
Inscrire dans la Redynamiser le - Tenir des séances de travail courtes mais régulières
durabilité les rôles CNCC dans son entre le SG/MEDD et le BN-CCCREDD+ pour
du CNCC rôle de soutien à la échanges et réflexions, puis pour transmission de
mise en œuvre de la thèmes d’échanges au niveau de la Plateforme des
PNLCC SG
- Au sein de la Plateforme : sous l’impulsion du SG/
MEDD, inciter chaque SG à s’approprier les attributions
du CNCC, et par conséquent, à bien cibler les membres
du CNCC à nommer
- Sur proposition du BN-CCCREDD+, revoir en hausse
la fréquence des réunions des membres du CNCC,
permettant des réflexions et des orientations de
décision plus à jour sur des sujets importants
L’ensemble des chaînes de valeur agricoles se verrait affecté, entraînant des impacts
économiques notables. A titre d’exemple dans la Région SAVA, la filière vanille représente
un axe de développement local très important, et son exportation constitue le fer de lance
économique. Or, selon les perspectives 2050-2100, la partie Nord de cette Région serait
parmi les zones les plus exposées au risque cyclonique du pays, menaçant ainsi de manière
durable les cultures (Acclimate et al., 2011). Le pays pourrait même être confronté à une
baisse significative des exportations nettes, comme déjà observé pour le manioc et le riz
(IFPRI, 2012). De surcroît, Madagascar pourrait passer d’un statut d’exportateur à importateur
pour certaines cultures, telles que le maïs.
Avec une productivité limitée, des faibles rendements, un manque de capacité technique
et des services de vulgarisation limités, le secteur agricole n’est pas aujourd’hui en mesure
de faire pleinement face aux impacts du changement climatique.36 L’insécurité alimentaire
et la malnutrition pourraient alors augmenter significativement face aux effets combinés du
changement climatique, de la croissance démographique et des pressions anthropiques
croissantes sur les ressources37, y compris l’utilisation des terres.38 De ce fait, ce sont à la
fois la sécurité alimentaire et l’économie nationale qui sont menacées. Face à cette précarité
rurale, les populations pourraient être amenées à migrer vers les zones urbaines. Mais le
changement climatique pourrait également être vecteur d’une émigration plus généralisée.
35
Data Word Bank, consulté le 28 février 2019
36
IFPRI, (2012). East African Agriculture and Climate Change: a comprehensive analysis - Madagascar
37
IFPRI, (2012). East African Agriculture and Climate Change: a comprehensive analysis - Madagascar
38
Ministère d’Etat en charge des projets présidentiels, de l’Aménagement du Territoire et de l’Equipement, (2015).
Nouvelle Lettre de Politique Foncière - 2015-2030
Il s’agira avant tout d’accompagner les populations rurales (hommes et femmes, y compris
les personnes en situation de handicap) dans la mise en place d’une agriculture résiliente au
changement climatique, contribuant également à renforcer la lutte contre l’insécurité alimentaire
et nutritionnelle, avec une attention particulière sur les groupes les plus vulnérables et sur les
activités agricoles différenciées entre hommes et femmes.
Afin de promouvoir une production durable et d’assurer la résilience des systèmes agricoles
au changement climatique, l’accès aux intrants de base et d’outillages adaptés sera favorisé :
semences, engrais adaptés, aliments, matériels et équipements en tenant compte des enjeux
spécifiques actuels et futurs du changement climatique.
Toutefois, l’adoption de ces pratiques doit être adaptée aux milieux et environnements
rencontrés et un suivi devra être conduit pour savoir où soutenir les efforts. Aussi, un
accompagnement des agriculteurs à l’utilisation de nouvelles pratiques agricoles et à l’adoption
de nouvelles espèces et variétés, ainsi qu’à la modification de leurs calendriers culturaux est
nécessaire, tel que préconisé dans la priorité 27 du Plan Emergence de Madagascar (PEM,
2019).
Ces deux dernières actions viennent conforter les objectifs de la CDN visant à assurer la
sécurité alimentaire nationale d’ici 2025, et à maintenir la production rizicole au moins à
4 tonnes par hectare, d’ici 2030, par l’application à grandes échelles des Modèles Intégrés
d’Agricultures Résilientes dans les grands pôles agricoles.
MANGROVE À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar
Le gouvernement de Madagascar s’est engagé dès 2005 dans une vaste réforme visant
à décentraliser la gestion foncière et à reconnaître légalement les droits de propriété des
occupants « de fait ». L’objectif affiché est alors de « répondre à la demande massive en
sécurisation foncière, dans des brefs délais et à des coûts ajustés au contexte économique,
par la formalisation des droits non écrits et la sauvegarde des droits écrits ».39 Toutefois la
décentralisation de la compétence foncière s’est heurtée à de nombreuses contraintes
d’ordre technologique, juridique et financier, et pose la question essentielle du partage des
compétences et des informations foncières entre l’Administration et les Collectivités locales.
En raison de l’inadéquation entre les pratiques agricoles locales et les codes juridiques
existants, et dans un contexte de hausse des investissements étrangers et des pressions
croissantes sur la terre, l’insécurité foncière s’est généralisée à Madagascar. Faisant écho
aux recommandations du Programme Sectoriel Agriculture – Elevage – Pêche / Plan National
d’Investissement Agricole Agriculture – Elevage – Pêche (PSAEP/PNIAEP) et de la nouvelle
Lettre de Politique Foncière 2015-2030 (LPF), le présent plan d’action vise à accroître les
efforts liés à la sécurisation du foncier via la reconnaissance de la diversité des droits fonciers
et l’établissement d’une protection légale.
Sécuriser les droits des hommes et des femmes dans leur diversité à travers des outils
juridiques adaptés
Les outils juridiques devront être adaptés pour permettre la protection des droits portant sur les
espaces de gestion communautaire et la sécurisation des droits transférés de façon temporaire
(métayage ou autre arrangement). Les droits sur des terrains ayant fait l’objet de procédures
d’enregistrement inabouties, devenues inadaptées ou incluant des étapes trop complexes,
devront être reconnus. En somme, les processus de reconnaissance ou les procédures de
formalisation seront rendus accessibles (simplification, limitation des coûts) et cohérentes
avec les réalités de terrain. Les compétences décentralisées en la matière seront renforcées
par l’accompagnement des agents communaux via la formation et l’assistance perlée.
Par ailleurs, les inégalités liées au genre sont très marquées en ce qui concerne l’accès à la
terre et à la propriété foncière. La majorité des femmes se heurtent encore à une multitude de
pratiques complexes, de traditions et de règles coutumières socialement encore très ancrées,
qui tendent à limiter leur accès à la terre et au statut de propriétaire. Les femmes seront donc
associées de façon plus systématique dans la gestion et la planification de l’aménagement du
territoire à l’échelle locale.
Ministère d’Etat en charge des projets présidentiels, de l’Aménagement du Territoire et de l’Equipement, (2015).
39
Les actions qui seront conduites à travers cette priorité visent à promouvoir des systèmes
de production compétitifs, via notamment le renforcement des facteurs de production et des
filières, et d’amélioration à l’accès aux marchés nationaux et internationaux.
De même, des filières génératrices de revenus à forte valeur ajoutée (épices, vanille, huiles
essentielles, mytiliculture, etc.) seront développées. Les travaux en cours sur l’adaptation des
chaînes de valeur agricoles au changement climatique, au travers du programme PrAda (GIZ,
2017-2022) notamment, seront répliqués et pérennisés sur le long terme.
Cette priorité stratégique se réfère à la CDN qui prévoit entre 2020 et 2030, le renforcement
et la mise à jour des Systèmes d’Alerte Précoce multirisques en intégrant la surveillance
phytosanitaire, les avertissements agricoles, les alertes aux sécheresses et la surveillance
alimentaire et nutritionnelle.
Sur la base de bulletins agrométéorologiques produits tous les mois par la DGM et des
calendriers culturaux également disponibles par saison et région, il s’agira de promouvoir
une communication rapide et adaptée aux utilisateurs finaux, reconnaissant une activité et
une capacité différenciées des agriculteurs et agricultrices. Pour ce faire, la mobilisation de
médias et des méthodes de vulgarisation sera nécessaire pour rendre effective l’utilisation des
résultats de ces bulletins pour le plus grand nombre.
40
Article « La FAO avertit que les pluies torrentielles et les cyclones récents favoriseraient une recrudescence
acridienne », consulté le 07/08/2019 sur http://www.fao.org/news/story/fr/item/343818/icode/
Avec un risque de sécheresse et de déficit hydrique accru au cours des prochaines décennies,
l’approvisionnement en eau risque de diminuer pour l'agriculture dans son ensemble. Afin de
soutenir la production agricole, certaines mesures s’avèrent prioritaires Ces dernières sont
déclinées plus en détail dans la section relative aux Ressources en eau.
Les structures d'irrigation existantes doivent être consolidées, mais des investissements seront
également à privilégier dans des infrastructures permettant la rétention d’eau et la minimisation
des pertes, ainsi que dans des systèmes de drainage limitant les dégâts occasionnés durant
les périodes d’inondations. Toutefois, la capacité des agences décentralisées à entretenir de
grandes structures est encore limitée (limites financières et techniques). Aussi, un autre levier
d’action réside dans la promotion des techniques agricoles de conservation de l’eau et du
sol, telles que les techniques de recharge, les techniques de goutte à goutte, la rétention et
la réutilisation de l’eau à la parcelle (technologies 3R41, décrites dans l’action « Apporter une
solution durable aux sécheresses dues à l’absence prolongée ou à l’irrégularité des
pluies » dans la section Ressources en eau). Également, la gestion intégrée des bassins
versant comme solution à la rétention d’eau et à la réduction du phénomène d’érosion et
de ruissellement est explicitée plus en détail dans la section Ressources en eau. Un
accompagnement pour la formation et le renforcement de capacités des exploitants agricoles
sera proposé.
41
Steenbergen F. van and A. Tuinhof. (2009). Managing the Water Buffer for Development and Climate Change
Adaptation. Groundwater recharge, retention, reuse and rainwater storage. Wageningen, The Netherlands: Me-
taMeta Communications. Consultable sur : http://www.bebuffered.com/
Afin de soutenir des pratiques d’élevage durable, les actions prioritaires d’adaptation à mettre
en œuvre sont décrites dans les sections ci-dessous.
Appliquer à grande échelle des Modèles Intégrés d’Agricultures Résilientes pour les
zones d’élevage extensif
Les pratiques d’élevage durable seront appliquées à grande échelle, notamment en prenant
des mesures adéquates contre les pratiques de feux de brousse et en se tournant vers des
techniques alternatives contribuant à la résilience à long terme des zones d’élevage extensif.
Aussi, la mobilité du bétail sera favorisée en accord avec les systèmes extensifs en place.
Les systèmes de production mixtes associant plus étroitement qu’aujourd’hui les cultures et
l’élevage et en relation avec le gradient latitudinal, donc agro-écologique sur des espaces
réaménagées, seront soutenus, cela, afin de préserver les sols de l’érosion, de maintenir leur
productivité par la production de fumier et compost, de maîtriser l’irrigation et le drainage et
surtout d’accroître la productivité du travail des agriculteurs. La recherche devra fournir des
outils aidant à l’opérationnalisation des mesures d’adaptation, par exemple une typologie des
sols de Madagascar et un Atlas des différents systèmes agraires et leur mode de production.
Préserver le capital sol, eau et biodiversité en orientant les actions sur la réduction du
taux des tarissements des eaux
La gestion intégrée du sol, de l’eau et de la biodiversité pour diminuer le risque de tarissement
des eaux devra passer par l’élaboration de cartographies des points d’eau et des pâturages,
par l’élaboration et le développement de plans de gestion de pâturages naturels, et par la mise
en œuvre d’un programme d’hydraulique pastoral en vue d’assurer un abreuvement adéquat
des animaux. Cette action fait notamment écho aux préconisations des secteurs Ressources
en eau, et Biodiversité et Foresterie.
Outre les recherches pour l’amélioration des races, les recherches dans le domaine de l’élevage
ont trait plus particulièrement à la maîtrise de la reproduction des animaux, à l’amélioration de
l’alimentation animale et à l’utilisation des techniques améliorées pour la production laitière et
carnée. Toutefois, de nouvelles préoccupations relatives à la sécurité alimentaire, à la nutrition,
aux technologies adaptées, aux questions environnementales et foncières et au changement
climatique émergent. En ligne avec la stratégie nationale du secteur AEP face au changement
climatique (2012-2025), il convient de promouvoir les recherches appliquées et l’utilisation des
résultats de recherche en outils de décision efficaces face au changement climatique. Ces
directives seront notamment supportées au travers des actions prioritaires suivantes :
▪▪ La mise à jour des données et des informations sur le pastoralisme, face à l’évolution de
l’environnement, du climat et des pratiques ;
▪▪ La gestion de l’espace et des conflits potentiels entre l’élevage extensif et l’agriculture,
les Aires Protégées, et les surfaces dédiées au reboisement, avec un accent sur la
question foncière sous contexte de changement climatique ;
▪▪ L’analyse économique de l’élevage extensif, sous changement climatique.
Les mangroves et les récifs coralliens sont connus pour être de véritables nurseries à poissons,
tout en représentant un atout important de la promotion du tourisme à Madagascar. Il est donc
primordial de protéger ces espaces pour garantir le renouvellement des ressources halieutiques
d’une part et sécuriser un secteur en croissance (tourisme) d’autre part, et qui s’appuient sur
les ressources naturelles du pays. Par ailleurs, dans le contexte des changements climatiques,
les régions côtières se trouvent particulièrement exposées à l’élévation du niveau de la mer.
Néanmoins, un grand pas a été fait en ce qui concerne les connaissances sur les récifs coralliens
de Madagascar depuis la réalisation d’un projet de caractérisation et de cartographie des récifs
au niveau global dans le cadre du projet américain Millennium Coral Reef Mapping lequel a
produit, entre autres, un Atlas des Récifs Coralliens de l’Océan Indien Ouest (Andréfouet,
2012). Ces données doivent être consolidées au niveau national.
Appuyer le processus de mise en protection des Aires Marines Protégées incluant les
systèmes coralliens et les mangroves à haute valeur de conservation
La politique nationale s’inscrit dans une démarche ambitieuse de protection des milieux
terrestres et marins à Madagascar, en lien avec des démarches internationales telles
que la « vision Durban » de 2003 (objectif de tripler les surfaces d’aires protégées) et les
décisions de Sydney de 2014 (avec notamment l’objectif spécifique de tripler également les
aires marines protégées). Cette volonté et la politique de gestion et de conservation de la
biodiversité se heurtent cependant à différentes problématiques, il s’agit donc de renforcer
la bonne gouvernance et la gestion opérationnelle de ces aires protégées, dont les territoires
sont parfois très difficiles d’accès. Les gestionnaires, qui sont confrontés à des problèmes de
gestion rationnelle des ressources et des problématiques socio-économiques encrées, seront
ainsi mieux soutenus.
42
GCRMN, CORDIO, IOC, (2017). Coral reef status report for the Western Indian Ocean
Les impacts de l’augmentation des températures de surface des eaux seront inégaux le long
des côtes malgaches du fait de la variation naturelle de la température de surface qui sera très
importante dans le Sud-ouest par rapport à celle du Nord-ouest et le Sud-est. Les risques de
blanchissement des coraux seront donc plus élevés dans la région du Sud-ouest de l’île que
dans le Nord-ouest (McClanahan et al., 2009).
Connaître les stocks dans chaque zone actuelle en se basant sur un système statistique
amélioré et mis à jour
Il est primordial de réactualiser l’évaluation et le suivi des stocks de ressources halieutiques
exploitées et exploitables (y compris les thons, les holothuries et les langoustes, crabes des
mangroves, etc.) en vue d’envisager l’éventuel aménagement des pêcheries, mais également
pour les espèces à enjeu de conservation et/ou pour les espèces sur lesquelles il existe une
forte pression.
▪▪ Un zonage des sites aquacoles pour minimiser leur exposition aux aléas climatiques et
une relocalisation des exploitations implantées sur des sites exposés ;
▪▪ Une organisation appropriée de systèmes de veille sanitaire et d’intervention en cas de
maladies animales ;
▪▪ L’accroissement de l’efficience de l’utilisation de l’eau ;
▪▪ La sélection et le développement d’espèces et de souches adaptées à des facteurs
du milieu susceptibles de varier avec le changement climatique, tels que la salinité, la
température, etc. ;
▪▪ La promotion d’écloseries pouvant assurer une large dissémination de ces souches et
espèces.
Ces mesures seront prises à l’échelle locale et nationale, afin de faire face, de manière
proactive, aux défis posés par le changement climatique au développement de l’aquaculture.
Les capacités de mise en œuvre des systèmes d’alerte précoces dans différents pays et
régions sont aujourd’hui très disparates au sein des pays les moins avancés (PMA) et les
petits États insulaires en développement (PEID), qui connaissent des difficultés à fournir des
alertes critiques aux autorités nationales et locales, ainsi qu’aux populations résidentes.
Dans le contexte de la sècheresse récurrente, prévenir et anticiper sont très cruciaux, et ce,
compte tenu des impacts socio-économiques et des éventuelles pertes en vies humaines
constatées ces dernières années et exacerbées par une intervention humanitaire tardive.
En effet, ces impacts auraient pu être évités ou du moins atténués si des systèmes d’alerte
adaptés avaient été mis en place et opérationnels.
Il conviendra d’appuyer le type d’organisation comme les LMMA (Locally Managed Marine
Area) qui sont des aires marines gérées par les communautés et pour les communautés, afin
de protéger la biodiversité et les ressources marines pour la promotion de la pêche durable.
Avec les catastrophes naturelles, les pollutions et les différentes pressions anthropiques, le
changement climatique influence la qualité et la durabilité des ressources en eau et se faisant,
menace la santé publique. Dans ce contexte, le changement climatique se présente comme
un facteur aggravant les limites d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Les ressources
en eau sont impactées aussi bien en termes de quantité (tarissement ou insuffisance dans les
localités connaissant déjà des stress hydriques) que de qualité (pollution, salinisation).
Par ailleurs, il est à noter que le secteur eau présente la particularité d’être intimement lié avec
d’autres secteurs, comme la biodiversité, la forêt, l’agriculture, l’aménagement du territoire,
l’énergie et la santé.
Cité dans le quotidien Midi Madagasikara du 27 novembre 2018, selon le Ministère de l’Eau, de l’Energie et des
43
Hydrocarbures
Les risques d’inondation sont inhérents à certaines grandes villes de Madagascar, dus à
plusieurs facteurs, notamment l’obstruction des canalisations et des voies d’évacuation (vétusté,
déversements de déchets, manque ou absence d’entretien, etc.) et la perte (ou forte diminution)
de capacité d’absorption des terres pour cause de nouvelles infrastructures. L’érosion quant
à elle est causée par la fragilisation des sols à cause des déboisements, défrichements et
changement d’utilisation des terres, qui de par leurs caractéristiques (géographiques, physico-
chimiques), sont généralement déjà sensibles à ce phénomène. L’érosion est ainsi plus
souvent observée en milieu rural et fréquemment au niveau des bassins versants.
Il en est de même pour la mise en place des stations d’observation des crues et des stations
d’observation des mesures hydrométriques, dans les villes et les milieux péri-urbains et ruraux,
où l’initiative s’avère pertinente, suivant l’évolution du contexte climatique de ces dernières
années et les scénarios à venir.
Pour ce faire, il y a lieu de se référer aux SRAT (Schéma Régional d’Aménagement de Territoire)
et considérer aussi bien pour le milieu urbain que le milieu rural.
Apporter une solution durable contre la salinisation des ressources en eaux souterraines
Cette action peut tenir compte de toutes les études46 qui ont été déjà conduites en la matière,
et les traduire en actions concrètes pour remédier à cette problématique. Les techniques
préconisées sont à développer et à mettre en œuvre, en commençant avec les localités où les
problèmes sont les plus cruciaux (identifiés dans les SRAT) et en élargissant progressivement.
45
Steenbergen F. van and A. Tuinhof. (2009). Managing the Water Buffer for Development and Climate Change
Adaptation. Groundwater recharge, retention, reuse and rainwater storage. Wageningen, The Netherlands: Me-
taMeta Communications. Consultable sur : http://www.bebuffered.com/
46
De nombreuses études ont été conduites par les différents ministères successifs en charge de l’eau potable,
appuyées notamment par l’UNICEF, le JICA et la BAD.
Figure 16: Vulnérabilité (AR4, 2007) du secteur santé des différentes Régions de Madagascar.47
De l’autre côté, la gestion des déchets, y compris les déchets médicaux, fait partie des
problèmes auxquels le secteur doit faire face, et qui sont exacerbés par le phénomène du
changement climatique, favorisant les rapides proliférations des maladies liées à ces déchets.
Les priorités stratégiques ci-après sont des options d’adaptation s’articulant autour des actions
identifiées dans le PNASS. Deux grandes priorités sont identifiées. La première concerne le
renforcement de capacités au niveau institutionnel, et la seconde est relative au renforcement
au niveau de la population.
Un des objectifs fort du PEM, tel qu’explicité dans la priorité stratégique 11, relève de
l’amélioration de l'état de santé de la population à travers un système de santé cohérent,
renforcé, équitable et capable de répondre aux demandes et aux besoins sanitaires de la
communauté même dans le cadre de la gestion des urgences et des catastrophes. Par ailleurs,
sur la base des constats élaborés dans le PNASS, cette priorité stratégique se veut de :
Les agents de santé et les agents communautaires doivent être formés en cascade, à travers
des formations de formateurs successives.
Prioriser les Centres de Santé de Base (CSB) érigés ou à ériger au sein des Régions
considérées comme les plus vulnérables en tenant compte des besoins différenciés
femmes-hommes
Pour les Régions d’Androy et d’Anosy, les aléas qui les concernent le plus sont la hausse de
la température et la sécheresse. Les constructions sanitaires sont par conséquent à réaliser
suivant ces facteurs, en les équipant de dispositifs permettant de faire face au manque d’eau,
mais tout en prévoyant l’occurrence, même plus rare, des cyclones ou de grandes pluies, mais
qui sont destructrices lorsque ces cas se présentent.
Pour les autres Régions, prévoir des CSB pouvant faire face surtout aux cyclones, et tenant
compte des dispositions légales existantes y afférentes.
48
Ministère de l’Environnement de l’Écologie, et des Forêts, 2019. Pour un Processus de Plan National d’Adapta-
tion (PNA) qui Réponde aux Questions de Genre à Madagascar
Renforcer les capacités des autorités locales pour mener des activités d’adaptations au
changement climatique
Cette action fait partie des orientations du PNASS et correspondant à un projet prioritaire du
PANA relatif au « Renforcement, consolidation de la capacité des services de santé de base
par la décentralisation du personnel, le renforcement des équipements, des médicaments
pharmaceutiques communautaires appropriés, par la valorisation du COSAN (communauté
sanitaire), par les mesures préventives de constitution de stocks, intensification de la
surveillance Épidémiologique ».
MANGROVES À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar
La stratégie Nationale REDD+ est un document de référence qui spécifie les orientations en
termes de secteurs touchés, de zones priorisées, d’approches adoptées, de classe d’acteurs
à cibler, de dispositifs à mettre en place, et de catégories d’activités éligibles à mener.
Pour faire face aux défis durant la prochaine décennie, quatre (4) orientations stratégiques ont
été définies et adoptées avec l’ensemble des parties prenantes :
Figure 17: Historique du Système des Aires Protégées de Madagascar (SAPM). Source : La gouvernance, l’équi-
té et le système des aires protégées de Madagascar (SAPM), 22/03/16.
Bien que les résultats de l'évaluation de la représentativité des espèces indiquent que le réseau
actuel d'aires protégées contiendra des proportions très élevées d'espèces qui survivront aux
changements climatiques prévus d'ici 2050, les taux élevés de disparition d'espèces dans des
aires protégées individuelles suggèrent que la composition des espèces au sein des aires
protégées changera considérablement. Cela signifie que les espèces devront migrer à travers
le paysage pour s'établir dans d'autres écosystèmes encore intacts à l'avenir. Par conséquent,
les habitats situés en dehors du domaine de conservation (Système des Aires Protégées de
Madagascar : SAPM) devront être protégés et les écosystèmes dégradés restaurés pour
permettre la migration des espèces à travers d’importants corridors d’habitats.
Les forêts riveraines sont des zones importantes sur lesquelles les efforts de restauration et de
protection se concentrent, en raison de leur rôle potentiel en tant que corridors, permettant aux
espèces de suivre leurs enveloppes climatiques, et de leur rôle potentiel en tant que refuges.50
49
WWF and Anchor environmental, (2019). Climate Change Vulnerability and Adaptation Assessment for Mada-
gascar’s Terrestrial Protected Areas
50
Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts et du Tourisme, Conservation International, WWF, Mc Arthur
Foundation, (2008). Assessing the impacts of climate change on Madagascar’s biodiversity and livelihoods. A
workshop report
Gérer les forêts naturelles restantes pour maximiser le potentiel de migration des
espèces en réponse au changement climatique
Le changement climatique provoquant des changements dans la distribution des espèces
de faune et de flore, la taille de leurs populations, leur période de reproduction ou leurs
évènements de migration, et entrainant une augmentation de la fréquence des infestations
par les ravageurs et les maladies, il est primordial de conserver les corridors. Les massifs
forestiers naturels restants devront être gérés de manière à favoriser le potentiel de migration,
en réponse aux effets des changements climatiques, via ces corridors. Les corridors et les
massifs forestiers n’ayant pas encore de statut de protection (Kolo’ala) devront faire l’objet de
nouvelles réglementations.
Madagascar s'est déjà engagé à restaurer quatre millions d'hectares de paysages forestiers
dégradés d'ici 2030 (MNP 2019), avec une planification et des méthodes appropriées.
Cependant, pour augmenter de manière significative cet engagement, un financement
international pour le climat peut être obtenu pour aider à soutenir des activités d'adaptation
à travers le pays, en particulier des projets EbA et REDD+. Les propositions de financement
de projets émanant de mécanismes internationaux de financement du climat peuvent être
extrêmement techniques, complexes et/ou financièrement prohibitifs, il serait donc préférable
que les ONG financées par des donateurs aident le gouvernement malgache à présenter une
demande de financement.
Sécuriser in situ les écosystèmes les plus menacés (forêts sèches, forêts humides,
mangroves, récifs coralliens, lacs et étangs) qui constituent des éléments tampons lors
des évènements extrêmes
Il s’agira de mettre en place une police de l’environnement et de réaliser des patrouilles pour
lutter efficacement contre les trafics de ressources naturelles. Des mesures d’IEC seront
développées sur les enjeux et nécessités de préservation des écosystèmes naturels les plus
menacés et des espèces qui leur sont inféodées.
▪▪ D’identifier les écosystèmes refuges, et les espèces qui leurs sont associées ;
▪▪ D’établir une cartographie des axes potentiels de migration à travers le pays et de
prioriser ceux qui ont besoin de protection et de restauration, dans l’optique d’assurer la
connectivité des habitats ;
▪▪ D’identifier les sites de restauration potentiels ainsi que les porteurs de projets associés.
Selon les cas, cette action peut être menée avec des essences exotiques selon un
plan d'exploitation durable qui permette à la fois la protection des bassins versants et
l’approvisionnement en services écosystémiques. Dans d’autres secteurs avec de forts enjeux
de conservation et/ou de reconnexion entre certains habitats (corridors), il faut travailler avec
des essences autochtones adaptées en fonction des habitats.
Créer des zones d’approvisionnement en bois avec des essences adaptées (services
écosystémiques intégrés)
Il est primordial de créer une filière de sylviculture durable qui permette de subvenir aux besoins
des populations pour l’approvisionnement en bois de chauffe et de construction, notamment.
Ce, afin que les services écosystémiques rendus par les forêts soient maintenus.
Améliorer la protection dans les aires protégées et dans les zones de conservation
existantes
Un diagnostic sur les textes et pratiques règlementaires sera conduit au niveau national,
régional et local en termes de gestion et de contrôle des ressources naturelles. Il s’agira
d’étudier le contenu des textes nationaux et régionaux et leur cohérence avec les Dina, ainsi
que toutes les autres procédures et leurs applications concrètes. Ensuite, il conviendra de
sécuriser le foncier des Aires protégées existantes en tenant compte des dispositions dans
les Plans d’Aménagement et de Gestion (PAG), notamment sur les différentes délimitations.
Investir dans le tourisme pour augmenter le revenu des parcs avec MNP (Madagascar
National Park)
Le développement du potentiel touristique et la promotion d’une exploitation et d’une valorisation
durable des espaces touristiques, tels que préconisés dans la priorité 25 du PEM et dans le
dernier rapport WWF51, seront soutenus par la création et la tenue d’évènements de type foire
régionale (et/ou intra régionales) pour promouvoir les filières et les produits développés dans
et autour des aires protégées. Un appui financier et technique à la création, la promotion et au
développement de produits touristiques complémentaires et régionaux centrés sur les aires
protégées sera apporté.
Conduire une évaluation détaillée des contraintes du développement local autour des
Aires Protégées
En produisant un diagnostic systématique des PAPs autour des aires protégées, il s’agirait de
financer le développement d’activités génératrices de revenu (ou spéculations) respectueuses
de l’environnement en permettant de réduire la pression sur les ressources naturelles. Cela
pourra se faire en soutenant notamment les activités génératrices de revenus favorisant la
lutte contre la dégradation des écosystèmes.
51 WWF and Anchor environmental, (2019). Climate Change Vulnerability and Adaptation Assessment for Mada-
gascar’s Terrestrial Protected Areas
Toutefois, les activités anthropiques accentuent ces phénomènes. Par exemple, une érosion
accrue est constatée sur le littoral de Mahanoro (côte Est), à la suite de la déforestation littorale,
qui protégeait dans le passé la côte et la ville. Aussi, la déforestation accentue fortement la
vulnérabilité des populations lors du passage de violents cyclones. C’est également le cas par
exemple dans la Région de Boeny, où les cyclones causent de graves inondations, à l’instar
de l’inondation de 1984.
Mandaté par le Gouvernement de la République de Madagascar qui l’a institué par arrêté
n° 2169/2009 du 12 Février 2009, le Comité National pour la Gestion Intégrée des Zones
Côtières (CNGIZC) a entrepris depuis Septembre 2009 l’actualisation des documents cadres
pour le développement des zones côtières et marines du pays. Le CNGIZC a bénéficié de
l’appui technique et financier du Programme pour la Gestion des ressources marines et
Côtières (ProGeCO) de la Commission de l’Océan Indien, et de la Convention de Nairobi dans
cette dynamique de relance du processus de mise en place de la GIZC dans le pays.
Cette dynamique a passé une étape décisive, avec l’adoption par le Gouvernement du
décret n°2010-137 du 23 Mars 2010, portant sur la réglementation de la gestion intégrée des
zones côtières à Madagascar, décret qui confère une base juridique officielle à l’adoption de
« La Politique Nationale pour la Gestion intégrée des Zones Côtières » et de son cadre de
mise en œuvre, la « Stratégie Nationale de Développement durable des zones Côtières et
Marines ».
Le Plan d’Action National de la Gestion Intégrée des Zones Côtières et marines (PAN-GIZC)
pour une application sur 5 ans (2019-2023) constitue le nouveau cadre de référence pour
la mise en œuvre du Document de Politique Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC)
au niveau national. L’identification et la réalisation des différentes activités de ce PAN-GIZC
au niveau national se feront par le biais d’un Plan de Travail Annuel (PTA). Aussi les Plans
d’Actions Régionaux (PAR-GIZC) doivent être déclinés, afin de constituer des référentiels pour
les 13 Régions littorales. Il est néanmoins important de noter la mise en place des structures
GIZC au niveau de certaines Régions (Menabe, Vatovavy Fitovinany, Atsinanana, Boeny),
ainsi qu’au niveau communal (Nosy-Be), à la suite des directives du Plan d’Action de 2011-
2015, ce qui constitue une grande performance pour le développement du processus GIZC à
Madagascar.
Mettre en œuvre des techniques de lutte antiérosive fondées sur la nature et restaurer
les secteurs dégradés
Les côtes endommagées feront l’objet de mesures de restauration adaptées qui seront
notamment basées sur les services écosystémiques que procurent les mangroves et coraux,
dans leur fonction de protection et de stabilisation du littoral. Diverses actions de restauration
pourront être considérées d’ici 2030 (CDN, 2015) : reprofilage du bourrelet foncier littoral,
reboisement de filaos à vocation de brise vent, plantation de mangroves, restauration des
récifs coralliens. Il conviendra en particulier de capitaliser les résultats de recherches déjà
conduites, comme préconisé par la CDN. Ces actions de restauration et conservation devront
être directement entreprises par les communautés et les autorités locales, qui bénéficieront
d’un programme de sensibilisation et de transfert de capacité en termes de GIZC. Les régions
prioritaires sont celles du Sud-ouest et de l’Est, et plus spécifiquement de Boeny, de Bongolava,
d’Atsinanana et de Menabe (CDN, 2015).
La CDN appuie à la mise en œuvre de programmes de gestion intégrée des zones côtières
pour préserver le littoral, et notamment les mangroves, afin de permettre aux différents groupes
socio-économiques (pêcheurs, agriculteurs/trices, etc.) d’adapter leurs activités sans que cela
n’impacte négativement celles des autres. Les activités décrites dans ce présent document
visent à s’aligner avec cette orientation.
Créer dans les villes côtières des schémas directeurs d’évacuation des eaux pluviales
urbaines
Dans le cadre de la protection du littoral, les villes côtières sont soutenues pour l’élaboration et
la mise en œuvre de schémas directeurs d’évacuation des eaux. Ce plan devra soutenir une
meilleure gestion des risques d’inondations urbaines.
L’aménagement du territoire est cadré par deux lois : la Loi n° 2015-051 portant sur l’Orientation
de l’Aménagement du Territoire (LOAT) et la Loi n° 2015-052 relative à l’Urbanisme et à
l’Habitat (LUH), dont les textes d’application sont prévus prochainement.
Par rapport au milieu urbain, les priorités stratégiques s’articuleront autour de la Vision
2036 du développement urbain durable : « Instaurer des villes bien planifiées, plus sûres,
résilientes, inclusives, équitables, durables et identitaires pour la société Malagasy ; des
villes qui assureront pleinement leurs fonctions de fournisseur de services, de moteur de
développement économique et de structuration du territoire national ».
Les priorités et les actions y afférentes s’accordent avec la Stratégie Nationale de Gestion des
Risques et des Catastrophes (SNGRC) et la PNAT, tout en contribuant à la mise en œuvre de
la PNLCC. Par ailleurs, l’aménagement du territoire étant un domaine transversal, certaines
actions sont exécutées par les ministères sectoriels, tandis que l’aménagement du territoire en
assure le lancement et la coordination.
La gestion des risques et des catastrophes climatiques fait ainsi intervenir systématiquement
et principalement la CPGU, la DGM, le BNGRC et le BN-CCCREDD+, qui collaborent suivant
leurs mandats respectifs.
Madagascar a élaboré pour la première fois sa Politique de gestion des risques et des
catastrophes en 2003. Cette politique a été revue et mise à jour en 2015, et est cadrée par la
Loi n°2015-031 relative à la Politique Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes
(PNGRC), et la Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes (SNGRC)
qui l’accompagne. La particularité de ces documents réside dans l’approche multirisques et
multi aléas, et dans la considération du changement climatique comme un facteur aggravant à
ne pas négliger. La formulation de la PNGRC et de la SNGRC se base sur le cadre d’actions
de Sendai auquel Madagascar adhère, et leur application s’harmonise avec les différents
documents de politique et de stratégie relatifs au changement climatique, en considérant
que la réduction des risques et des catastrophes fait partie de l’adaptation au changement
climatique, et réciproquement.
Les textes d’application de la Loi PNGRC sont actuellement en cours de finalisation, tandis
que la déclinaison de la SNGRC en plan d’action est également programmée.
Dans une démarche de prise en compte des efforts de réflexion développés et adoptés,
et surtout dans une logique de continuité et pour éviter de « recréer la roue », les priorités
stratégiques seront tirées des quatre axes stratégiques de la SNGRC, en fonction de leurs
liens avec le changement climatique.
Les actions de cette priorité constituent un préalable pour l’effectivité de l’axe 3 de la SNGRC.
En effet, les mêmes types d’actions peuvent se retrouver dans différents secteurs en matière
de gestion des risques et/ou d’adaptation au changement climatique. Il y a lieu par conséquent
d’améliorer les collaborations inter et multisectorielles en développant un document de
planification unique, transversal et concerté qui peut être le prochain Plan d’action de la
SNGRC, auquel tous les secteurs participent et identifient leurs rôles respectifs.
Cette priorité rejoint l’axe stratégique n°1 de la SNGRC. Elle consiste à conduire des actions
de plaidoyer et de lobby auprès des décideurs politiques pour plus d’engagement dans la
Gestion / Réduction des Risques Climatiques (GRC/RRC) et l’Adaptation au Changement
Climatique (ACC). Il faut, par conséquent :
▪▪ Sensibiliser et informer les responsables étatiques et sectoriels, ainsi que les élus à tous
les niveaux, en vue d’intégrer la GRC/RRC et l’ACC dans tous les politiques, stratégies,
plans, programmes et projets sectoriels et territoriaux, en précisant les textes légaux
qui soutiennent ces démarches et en considérant systématiquement la spécificité selon
le genre (hommes, femmes, personnes en situation de handicap, personnes âgées,
enfants par catégorie d’âge), dont la prise en compte est importante dans les actions
de RRC ;
▪▪ Sensibiliser le Gouvernement, le Sénat et l’Assemblée Nationale pour prévoir et/ou
accroître les lignes budgétaires destinées à la GRC/RRC et l’ACC et pour l’augmentation
des ressources propres internes, ainsi que pour des mesures d’incitation à l’endroit du
secteur privé, de manière à faire de ce dernier une partie totalement prenante dans ces
domaines ;
▪▪ Impliquer le secteur privé en le sensibilisant sur l’importance de son rôle.
D’ici 2030, des Systèmes d’Alertes Précoces seront structurés et développés afin de prévenir
les différentes Régions des impacts humains, socio-économiques et environnementaux à
l’issue d’événements extrêmes, qui devraient s’accroître en intensité et/ou fréquence sous
changement climatique. En ligne avec la CDN, les cyclones, les inondations, la sécheresse,
ainsi que la surveillance sanitaire, alimentaire et nutritionnelle seront considérés prioritairement.
Un des objectifs notamment visés par la CDN est la réduction à 3 de l’indice des pertes
en vies dues aux cyclones. Afin d’être intégrées dans les SAP multirisques, les informations
climatiques devront être suivies en temps réel.
Figure 19 : Evolution de la finance climat reçu à Madagascar sur la période 2010-2017 (en million de USD, prix
constant). Source : OECD- DAC : http://www.oecd.org/dac/financing-sustainable-development/development-fi-
nance-topics/climate-change.htm , consulté en août 2019.52
Cette assistance prend principalement la forme de dons (60%), le bailleur principal sur la
finance climatique à Madagascar étant l’Union européenne (toutes institutions confondues à
l’exception de la Banque Européenne d’investissement).
52
Les données du marqueur Rio reflètent le montant total déclaré par les bailleurs pour des activités dans l’objec-
tif environnementale est « principal » ou « significatif ». La somme des activités considérant ces deux objectifs est
appelée « estimation de la limite supérieure » (bleu clair), tandis que « Borne inférieure » est représentée par les
activités qui se concentrent sur les questions environnementales comme objectif principal uniquement (bleu foncé
dans le graphique).
53
Base de données ND-GAIN 2017, disponible sur : https://gain.nd.edu/our-work/country-index/rankings/, consul-
té en septembre 2019
54
Base de données Climate Risk Index (CRI) 2017 ; disponible sur https://germanwatch.org/sites/germanwatch.
org/files/Global%20Climate%20Risk%20Index%202019_2.pdf, consulté en septembre 2019
Cette section comprend la mobilisation des ressources internes disponibles pour la lutte contre
le changement climatique. Les actions proposées sont :
Impliquer les acteurs privés dans le soutien financier aux actions de renforcement de la
résilience au changement climatique
L’action vise à inciter les acteurs du secteur privé à s’impliquer dans la lutte contre le changement
climatique en apportant des appuis permettant un effet de levier sur les investissements et
les changements de pratiques. Les incitations peuvent prendre la forme de subvention, de
prêts bonifiés, d’exemption de taxes, d’investissements publics, etc. Les secteurs pouvant
bénéficier de tels mécanismes sont : le secteur du tourisme, de l’industrie des boissons, de
l’énergie, des banques/assurances et du secteur agricole.
Par exemple dans le secteur agricole, ces actions pourraient prendre la forme de :
▪▪ Soutien aux paysans s’investissant dans la pratique du « climate smart agriculture »
via des prix subventionnés ou des exemptions de taxes pour l’acquisition de semences
adaptées, des formations aux pratiques durables, etc.
▪▪ Facilitation d’accès aux institutions de micro-finances privées avec des prêts bonifiés
soutenus par l’Etat.
Renforcer les compétences des agents nationaux dans la mobilisation des financements
extérieurs
La rédaction de proposition de projets auprès des fonds internationaux est un exercice
spécifique : Faire suivre aux techniciens du BN-CCCREDD+ mais également aux agents en
charge de la rédaction et de la mise en œuvre de ces projets au sein des différents ministères
sectoriels clés, des formations sur les préparations, les formulations des projets/programmes,
ainsi que sur la connaissance des spécificités des partenaires financiers, afin qu’ils puissent
renforcer leur compétence sur la préparation de tels documents. Le BN-CCCREDD+ pourrait
Cette étape est en partie dépendante du succès de l’activité d’accréditation Fonds Vert. Le rôle
du fonds national ainsi créé dans le suivi-évaluation des investissements climat, ainsi que la
gouvernance de ce fonds (clarification des rôles du BN-CCCREDD+ et ceux du ministère en
charge du budget et de la planification) seront également clarifiés.
Le présent PNA est organisé en axes stratégiques, déclinés en priorités et actions sectorielles.
Afin d’opérationnaliser rapidement le plan, dix programmes prioritaires ont été élaborés durant
les concertations et ateliers de travail. Les programmes prioritaires sont multisectoriels. Ils
répondent à des risques climatiques précis et clairement définis. Ainsi, l’objectif d’adaptation
et l’attribution du changement climatique sont établis pour chaque programme. L’objectif de
ces programmes est de concrétiser un plan de lutte contre le changement climatique à travers
l’adaptation, en priorisant les actions, en précisant le ciblage et les activités associées.
Les programmes structurants du PNA résultent d’un travail de priorisation, découlant des
cadrages stratégiques et des concertations. Ils tiennent compte des expériences acquises,
ainsi que des récents développements du Plan pour l’Emergence de Madagascar. Leur
définition a été guidée par les principes directeurs suivants :
Les axes, stratégies et actions prioritaires s’inscrivent dans un calendrier à long terme (15 à
20 ans), tandis que les programmes d’actions doivent soutenir une action à moyen terme (5
à 10 ans) en maintenant le lien entre projets à court-moyen terme et stratégies à long terme.
Dans le cadre de la révision du PNA ces programmes pourront être ajustés et modifiés tous les
5 ans en fonction de l’avancement de la mise en œuvre du plan. Par ailleurs, cette approche
programmatique permet d’entraîner un financement rapide des projets de lutte contre le
changement climatique, tout en renforçant le lien entre stratégies et actions.
Projets
Nouveaux projets Nouveaux projets Nouveaux projets
(3 - 5 ans)
(3-5 ans) (3-5 ans) (3-5 ans)
9 Amélioration des systèmes d’alerte précoce aux cyclones, dans le cadre d’un effort
régional au niveau de l’océan Indien ;
PÊCHEURS À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar
Contexte : Il est attendu que les sécheresses s’intensifient en raison du changement climatique,
affectant significativement les régions du sud de Madagascar. Soumis à un risque important de déficit
hydrique et subissant d’ores et déjà des périodes de sècheresse récurrentes et une dégradation
marquée des ressources naturelles, les activités économiques, particulièrement celles de l’agriculture
et de l’élevage, se retrouvent affaiblies. Par ailleurs, d’autres aléas tels que les cyclones, même s’ils
sont plus rares, peuvent venir menacer la résilience des activités agricoles.
Objectif(s) :
▪▪ La résilience des agrosystèmes sera renforcée et plus généralement, celle des populations
rurales ;
▪▪ Les pratiques agricoles et d’élevage seront adaptées à des conditions climatiques plus rudes.
Activités du programme :
▪▪ Pour les régions ciblées, élaborer conjointement le SRAT et le Plan Régional de Développement
(PRD) veillant à intégrer spécifiquement la gestion durable des ressources en eau (tenant compte
du schéma de gestion et d’aménagement des ressources en eau existant), des espaces de
pâturages, des bassins versants, etc ;
▪▪ Former les services décentralisés (DIREDD, DREDD et autres STD) à l’application de tels cadres.
Note : les indicateurs de résilience au niveau ménage peuvent être calculés sur la base d’enquêtes
ménages (voir par exemple l’indicateur Resilience Index Measurement and Analysis- RIMA55).
55
Pour plus d’information sur l’indicateur et le projet RIMA II, voir http://www.fao.org/resilience/contexte/outils/
rima/fr/ consulté en octobre 2019.
Contexte :
Madagascar dispose de filières d'exportation importantes : les litchis (18 000 t), les épices (dont la
vanille) qui sont sources de rentrée de devises pour le pays et qui jouent un rôle clé dans la croissance
du pays. Toutefois, ces filières demeurent très en-dessous de leurs performances de par une forte
vulnérabilité de la production aux aléas climatiques et un manque de structuration et d’organisation
des filières en matière d’agro-business. Le changement climatique pourrait déstabiliser encore plus la
filière en influençant les rendements mais aussi la qualité des produits.
Objectif(s) :
En ligne avec le PEM (Priorité 27), ce programme vise à mieux organiser ces filières de rente de
manière à diminuer leur vulnérabilité au changement climatique en diversifiant les productions tout en
rendant plus performantes à l’exportation les filières existantes.
Activités du programme :
Sources potentielles de financement : AfDB, ▪▪ Nombre de ménages dont les revenus ont
FEM, GIZ, Fonds d’adaptation. augmenté à la suite du développement
d’activités génératrices de revenus,
résilientes au changement climatique ;
Durée : 8 ans. ▪▪ Nombre de ménages bénéficiant d’une
amélioration des capacités d'auto-
organisation et d'apprentissage.
Note : les indicateurs de résilience au niveau ménage peuvent être calculés sur la base d’enquêtes
ménages (voir par exemple l’indicateur RIMA56)
56
Pour plus d’information sur l’indicateur et le projet RIMA II, voir http://www.fao.org/resilience/contexte/outils/
rima/fr/ consulté en octobre 2019.
Contexte :
Le secteur pêche est un secteur vulnérable aux aléas climatiques en particulier des cyclones, dont
l'intensité devrait augmenter de 46% et se déplacer vers le nord. Or, dans certaines régions, ce
secteur est source de revenus pour des ménages souvent pauvres et vivant dans des localités
périphériques. Aussi, le présent programme d’action vise un renforcement de la résilience des acteurs
du secteur pêche dans un contexte de changement climatique. Ce programme qui s’intègre dans le
plan de développement du pays présente également des co-bénéfices environnementaux pour la
préservation des écosystèmes marins.
Le présent programme d’action est cohérent avec les engagements internationaux pris par Madagascar.
Certaines actions détaillées ci-dessous font notamment écho à la Contribution Déterminée au niveau
National (CDN, 2015) et au Programme d’Action National d’Adaptation au changement climatique
(PANA, 2006).
Objectif(s) :
Le programme a pour objectif le renforcement de la résilience des populations côtières à l’augmentation
du niveau de la mer et à l’intensification des cyclones dans un contexte de changement climatique.
Pour ce faire, il prévoit des actions de soutien à l’adaptation de la filière pêche au changement
climatique, le développement de systèmes d’alerte et de plans d’actions associés pour les zones
côtières, ainsi qu’un axe de préservation des écosystèmes marins, contribuant à la réduction des gaz
à effet de serre.
Activités du programme :
▪▪ Prendre toutes les mesures adéquates pour l’application effective des textes réglementaires
existants concernant la pêche et la préservation des ressources halieutiques ;
▪▪ Restructurer la Pêcherie Traditionnelle Nationale et la réglementer (zonage, carte pêcheur,
marquage engin, etc.) ;
▪▪ Préserver les zones frayères à poissons ;
▪▪ Développer des mécanismes de pêche durable.
▪▪ Renforcer le Système d’Alerte Précoce avec le BNGRC pour l’ensemble des régions
côtières ;
▪▪ Développer des plans et opérations d’urgence en cas d’alerte pour chacune des localités des
régions concernées.
▪▪ Renforcer l’intégration des pêcheurs dans une plateforme de concertation, afin qu’ils puissent
s’approprier du développement durable par rapport à leurs activités ;
▪▪ Développer un programme de renforcement de capacité des associations de pêche.
▪▪ Appuyer le processus de mise en protection des Aires Marines Protégées incluant les systèmes
coralliens et les mangroves à haute valeur de conservation ;
▪▪ Développer un programme de restauration des mangroves dégradées ;
▪▪ Entreprendre des mesures pour la conservation de l'ensemble des récifs coralliens et la promotion
d’une gestion durable concertée de tous les récifs coralliens.
Estimation sur la base de fond FEM déjà reçu ▪▪ Nombre de ménages dont l’activité principale
par Madagascar pour le secteur pêche. est la pêche ayant renforcé leurs capacités
de réponse aux évènements extrêmes
Sources potentielles de financement : FEM, (cyclones, vents forts) ;
LDCF, Banque mondiale. ▪▪ Nombre de ménage dont la source de revenu
principal est la pêche et dont les revenus ont
augmenté à la suite d’un changement dans la
Durée: 3 ans.
gestion des ressources ;
▪▪ Nombre de ménages dont l’activité principale
est la pêche ayant renforcé leurs capacités
d’absorption des chocs climatiques en
matière de sécurité alimentaire ;
▪▪ Nombre de ménages bénéficiant d’une
amélioration des capacités d'auto-
organisation et d'apprentissage.
Contexte : En 2017, le taux moyen national d’accès à l’eau potable est de 24 %, tandis que 6,9% de
la population utilise des latrines améliorées et seulement 19% ne pratiquent plus de défécation à l’air
libre, selon le Ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Hydrocarbures. En milieu rural, la consommation
de l’eau de surface (lac, rivière, ruisseau) est pratiquée par plus de 20% de la population. Ce taux
tend à la baisse face aux impacts du changement climatique (évapotranspiration accrue, tarissement
des ressources, etc.). De l’autre côté, un grand nombre de ménages ne dispose pas d’infrastructures
d’évacuation des excrétas. Ainsi, cette défaillance en eau-assainissement-hygiène est en partie à
l’origine des maladies à support hydrique dont la diarrhée, qui représentent les principales causes de
morbidité et de mortalité à Madagascar, surtout celles des enfants.
Toujours selon le ministère en charge de l’eau, outre les problématiques liées à la qualité (salubrité,
potabilité), le secteur Eau et Assainissement fait également face au manque de moyens freinant
l’optimisation d’une bonne gestion, aux conséquences de la dégradation de l’environnement
(ensablement, érosion, etc.), à l’insuffisance de la protection contre les crues et autres aléas
climatiques, et à l’exposition permanente aux pollutions. À ceci s’ajoutent la faible sensibilisation de
la population vis à vis de l’utilisation de l’eau et de la maintenance des infrastructures hydrauliques,
l’application insuffisante des textes règlementaires et les impacts des diverses pressions anthropiques
et naturelles telles que la déforestation et l’érosion. De l’autre côté, le manque d’entretien et la vétusté
des infrastructures ne feront qu’exacerber la situation, notamment dans les nombreux quartiers des
milieux urbains. Le changement climatique constitue un facteur de risque de propagation de maladies,
les maladies déjà climato-sensibles risquant de s’exacerber dans ce contexte de forte exposition dans
les milieux urbains et ruraux.
Face à ce contexte, le pays est conscient de la nécessité de mettre en œuvre et à l’échelle la Gestion
Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) qu’il est en train de développer progressivement. Par
ailleurs, les Directives nationales pour les infrastructures Accès à l’Eau-Potable résistantes aux aléas
climatiques ont été également établies.
Objectif(s) :
▪▪ L’accès universel à l’eau potable de bonne qualité et à l’assainissement (en cohérence avec le
Plan Emergence de Madagascar et l’atteinte des ODD) tenant compte du changement climatique
est garanti ;
▪▪ Les priorités spécifiques aux femmes sont identifiées et prises effectivement en compte dans les
planifications et les constructions d’infrastructures d’eau et d’assainissement.
Ces actions sont cohérentes avec le PANA, le Programme National d’Accès à l’Eau et à l’Assainissement
(PNAEA) et les documents de stratégie du secteur.
Sur la base des financements GCF reçus pour ▪▪ Augmentation des taux d’accès à l’eau
un projet similaire. potable et à l’assainissement au niveau de
chaque Région, distinguant milieu urbain et
Sources potentielles de financement : GCF, milieu rural ;
BAD. ▪▪ Nombre d’infrastructures d’eau et
d’assainissement au niveau de chaque
Région, répondant à la Directive Nationale et
Durée: 5 ans.
tenant compte du genre ;
▪▪ Nombre d’infrastructures résilientes au
changement climatique ;
▪▪ Baisse du prix de l’eau à la consommation
▪▪ Diminution du nombre de conflits d’usage de
l’eau ;
▪▪ Nombre de projets liés à la gestion durable
de l’eau ;
▪▪ Baisse du taux de morbidité des maladies
liées à l’eau, l’assainissement et l’hygiène.
Contexte : Le changement climatique est facteur de risque de propagation de maladies, les maladies
déjà climato-sensibles risquant de s’exacerber. L’étude de vulnérabilité conduite en 2015 par le
ministère en charge de la santé, en collaboration avec la Direction Générale de la Météorologie montre
une accentuation de l’exposition du territoire aux aléas climatiques sous changement climatique. Les
communautés les plus vulnérables sont les populations les plus enclavées et à la fois pauvres ou très
pauvres, ayant très peu ou pas du tout accès aux services de santé, aux interventions urgentes, aux
informations et à la sensibilisation sur la manière de se protéger ou de se prémunir des maladies, et
où la considération du genre ne constitue pas une priorité.
Objectif(s) : Les systèmes d’alerte précoce multirisques utilisant les nouvelles données climatiques
disponibles (fournies par la Direction Générale de la Météorologie) et alignés avec les objectifs de la
CDN, de la SNGRC et du PNASS sont renforcés.
Activités du programme :
▪▪ Élaborer un SAP santé multirisques avec des indicateurs sur la considération des spécificités des
genres (hommes, femmes, enfants, personnes âgées, personnes en situation de handicap, etc.),
en collaboration et coordonné avec la DGM et le BNGRC ;
▪▪ Former régulièrement les acteurs sur le terrain (agents de santé communautaire, structures
locales de gestion des risques et des catastrophes) sur l’opérationnalisation du SAP à leur niveau
et réaliser des exercices de simulation (SIMEX) considérant le genre, en ciblant prioritairement
les Districts les plus climato-sensibles ;
▪▪ Réaliser une étude de vulnérabilité plus étendue géographiquement au changement climatique
du secteur santé publique, tenant compte de données récentes de la DGM.
Contexte : Les forêts de reboisement réparties dans le pays ne comptent actuellement qu’une
superficie de 415 000 ha. Avec le mécanisme REDD+, Madagascar prévoit, pour le secteur UTCATF,
d’atteindre 61 MtCO2 de Réductions d’Emissions (REs) d’ici 2030. D’autre part, un engagement de
270 000 ha de reforestation en essences autochtones a été déclaré, en vue d’accroître le stockage
de carbone. En vue d’améliorer le bien-être de la population locale, de développer durablement
l’économie, et de conserver la richesse en biodiversité, d’ici 2030, le taux de déforestation sera
maîtrisé, et le couvert forestier sera augmenté afin de contribuer à la réduction de 14% des émissions
de GES du secteur forestier.
Objectif(s) : Le secteur UTCATF est un secteur clé de la lutte contre le changement climatique
à Madagascar et ce programme vise à contribuer à l’objectif national fixé par la CDN en termes
de réduction des émissions, et à renforcer la résilience aux changements climatiques du pays en
augmentant de façon significative la surface forestière nationale.
Activités du programme :
Contexte : Les forêts naturelles couvrent 8,9 millions d’hectares en 2014. L’ensemble du territoire est
soumis à un taux annuel croissant de déforestation, s’élevant à 1,18 %/an pour la période 2010-2014
(Tableau de Bord Environnemental National -TBEN, 2019). Le taux de déforestation varie selon les
régions mais en moyenne, les forêts situées à moins de 800 m d'altitude sont les plus touchées par
la déforestation, avec un taux de 1 % par an. D’une manière générale, les causes principales de la
déforestation relèvent en grande partie de plusieurs facteurs interdépendants au niveau social et au
niveau économique, mais un facteur prépondérant est le besoin en bois-énergie.
La perte de superficie forestière se traduit par la perte d’habitat qui fragilise de ce fait, non seulement
les écosystèmes et leurs fonctions écologiques, mais tout un environnement social, économique et
culturel, et le changement climatique est un facteur exacerbant dans ce prisme de dégradation.
Objectif(s) : Les objectifs visés par ce programme sont le maintien des fonctions écologiques des
écosystèmes et la limitation des nouvelles dégradations.
Activités du programme :
Estimation sur la base des projets GCF déjà ▪▪ Superficie des restaurations forestières
financés sur le sujet. réalisées ;
▪▪ Nombre d’îlots forestiers reconnectés ;
Sources potentielles de financement : FAO, ▪▪ Taux de prélèvement de bois ;
PNUD, FEM. ▪▪ Taux de régénération par espèce végétale ou
faunistique ;
▪▪ Période/durée de migration par espèce par
Durée : 10 ans.
année.
Contexte : Les impacts du changement climatique sur les zones côtières de Madagascar sont de
plus en plus visibles, et se traduisent principalement par l’érosion marine et la dégradation marquée
du littoral. La hausse du niveau de la mer, l’intensification des cyclones et l’érosion des côtes sont
sources de risques importants pour les infrastructures côtières.
Dans la région d’Atsinanana, l’érosion du littoral n’a cessé de s’accélérer depuis 1974, entraînant par
exemple à Toamasina l’ensablement progressif de la rade et du port. Les villes du Moyen-Ouest du
littoral malgache connaissent également des stades d’érosion avancés. Les activités économiques,
dont le tourisme, la pêche, le secteur BTP, se retrouvent donc menacées, ainsi que la sécurité de la
population.
Objectif(s) :
▪▪ La protection des infrastructures côtières aux risques climatiques sera renforcée contribuant
ainsi à la résilience des activités économiques dont la transformation adaptative du secteur
touristique ;
▪▪ L’érosion côtière sera diminuée et contrôlée.
Activités du programme :
▪▪ Appliquer des techniques de luttes antiérosives adaptées pour la stabilisation des dunes et pour
éviter l’érosion des littoraux ;
▪▪ Construire des ouvrages de défense rigides en concertation avec les communautés locales de
base ;
▪▪ Mettre en place des activités touristiques respectueuses de l’environnement ;
▪▪ Réaliser les actions préconisées dans le Plan d’Action National pour la Gestion Intégrée des
Zones Côtières (PANGIZC) liées au changement climatique ;
▪▪ Piloter de nouvelles initiatives pour développer des activités génératrices de revenus en lien avec
le tourisme (par exemple, l’écotourisme) qui offrent des opportunités autant aux femmes qu’aux
hommes.
Contexte : Du fait de leurs positions géographiques dans le bassin du sud-ouest de l’Océan Indien,
les îles de cette partie du globe, notamment Madagascar, La Réunion et Maurice sont exposés aux
cyclones. Tous les ans, au moins un de ces États est touché par un cyclone. Avec le phénomène
du changement climatique, les cyclones deviennent de plus en plus intenses et leurs trajectoires se
déplacent. Aussi, d’autres pays comme le Mozambique sont ou peuvent être tout aussi concernés.
Toutefois, la résilience et la capacité de réponse de chaque pays ne sont pas les mêmes, tandis que
la considération des spécificités du genre n’est pas encore totalement intégrée dans les approches.
Des actions concertées au niveau régional constituent l’un des moyens les plus efficaces pour y
faire face, afin qu’en mutualisant les efforts, la Région de l’Océan Indien soit une Région ayant une
résilience renforcée face aux cyclones, et qu’ainsi, les efforts de développement de chaque Etat-
membre soient consolidés aux bénéfices de toute la Région. D’où la nécessité de l’amélioration
des systèmes d’alerte précoce au niveau régional, malgré les initiatives déjà développées dans ce
sens, dans un contexte climatique évolutif. Par ailleurs, la coopération au niveau régional et sous
régional fait partie des facteurs de réussite de la Stratégie Nationale de Gestion des Risques et de
Catastrophes (SNGRC) de Madagascar.
Objectif(s) :
Activités du programme :
▪▪ Adopter des dispositifs communs (politique, stratégie opérationnelle, technologies, etc.) d’alerte
précoce et intégrant les spécificités selon le genre, au sein de la Région ;
▪▪ Acquérir les équipements modernes pour améliorer les communications entre les États concernés
au sein de l’Océan Indien ;
▪▪ Systématiser les concertations régulières entre les techniciens, aux fins de renforcements
de capacités réciproques et de partages des expériences, pour l’amélioration régulière des
systèmes ;
Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : BNGRC, DGM, COI, AFD, CPGU,
ONE autres PTF prêts à se positionner.
Contexte : 45% seulement des périmètres cultivables durant ces 50 dernières années sont
opérationnels, alors que Madagascar ambitionne d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et de mettre
fin à l’importation de riz, aliment de base de la population malagasy, et qui constitue la principale
culture vivrière à Madagascar. Le riz occupe ainsi une place importante dans le secteur agricole : en
effet, le riz fait l’objet d’exploitations par environ 2 000 000 de ménages répartis dans 10 zones agro-
écologiques, selon la Stratégie Nationale de Développement Rizicole (SNDR, 2016-2020).
Or, à l’heure actuelle, Madagascar n’est pas encore parvenu à l’autosuffisance dans ce domaine, et
encore moins à passer à l’échelle de l’agro-business pour la filière riz. Plusieurs raisons en sont les
causes, dont le manque de connaissance au niveau des paysans et la persistance des pratiques
non modernes. À cette situation s’ajoute le phénomène du changement climatique auquel il importe
désormais de s’adapter tout en adoptant des pratiques moins émettrices de gaz à effet de serre, dont
le méthane, propre à la riziculture.
De l’autre côté, d’autres cultures peuvent être mieux développées au sein du pays, notamment les
cultures de rente comme le girofle et le café, contribuant à l’économie et à la réduction de la pauvreté.
À l’heure actuelle, le projet d’extension de 100 000 ha les périmètres cultivables est une opportunité
pour promouvoir une agriculture résiliente, adaptée au changement climatique.
Objectif(s) : En ligne avec la Vision AEP, l’objectif est le développement du secteur Agriculture-
Elevage-Pêche d’ici 2025, afin qu’il constitue un pilier d’une économie verte à vocation agricole,
résilient aux effets du changement climatique.
▪▪ Se doter des infrastructures rizicoles adaptées au changement climatique suivant les normes
nationales sur les infrastructures hydro-agricoles contre les crues et inondations, et tenant
compte des spécificités selon le genre ;
▪▪ Augmenter les superficies des rizières et des périmètres hydro-agricoles permettant la pratique
du Système de Riziculture Intensive (SRI)/ Système de Riziculture Améliorée (SRA) ;
▪▪ Vulgariser la pratique des techniques d’Agriculture de Conservation et l’agriculture intelligente
face au climat -AIC (Climate Smart Agriculture) pour l’augmentation des productions rizicoles ;
▪▪ Développer et mettre en œuvre des programmes de formation pour la professionnalisation des
jeunes ruraux sur le changement climatique, l’agroécologie et l’AIC ;
▪▪ Vulgariser à l’échelle régionale et locale les résultats de recherche sur l’agriculture adaptée
au changement climatique, y compris la riziculture, et les faire adopter sur le terrain par les
agriculteurs (création de nouvelles variétés, pratiques autochtones, techniques adaptées comme
le drainage intermittent, etc.) ;
▪▪ Mettre en place un ensemble de mécanismes institutionnels et opérationnels facilitant l’implication
du secteur privé dans l’agro-business (textes, cadres incitatifs, centres d’agrégation et de services
agricoles, etc.).
Estimation effectuée sur la base des projets GCF ▪▪ Tonnes de dioxyde de carbone équivalent
déjà financés sur le sujet. réduits ou évités (y compris l'augmentation
des stocks) sur 10 ans ;
Source potentielle de financement : Union ▪▪ Surfaces additionnelles de rizières bénéficiant
Européenne, FIDA, Banque Mondiale, BAD, d’une meilleure résilience au changement
JICA, PNUD. climatique ;
▪▪ Nombre de producteurs bénéficiant de
l’adoption de technologies contribuant à
Durée : 5 ans.
l’adaptation au changement climatique ;
▪▪ Nombre d’opérateurs privés s’impliquant
dans l’agro-business ;
▪▪ Rendement moyen des principales cultures.
Afin de garantir la mise en place de ces programmes, il est essentiel qu’un certain nombre
d’activités transversales soient réalisées, de manière à fournir l’environnement technique et
institutionnel garantissant l’efficacité des activités listées dans les programmes.
Finalement la mise en œuvre effective des activités exige des renforcements des capacités
nationales (techniques, institutionnelles, de mobilisation des ressources et d’absorption
des financements) et le transfert de technologies et de recherches par la valorisation des
techniques endogènes et les technologies novatrices.
L’ensemble des activités transversales garantissant la bonne réalisation des programmes est
résumé ici.
Renforcer les compétences Court terme BN-CCCREDD+ Volumes de financement internationaux reçus
des agents nationaux dans la (3 ans) pour la lutte contre le CC (indicateur glissant
mobilisation des financements sur 5 ans)
extérieurs
Nombre de formations à destination des
agents nationaux en termes de levée de
fonds internationale
Créer un fonds national Long terme Ministère de Existence d’un fonds national (dont statut)
pérenne de lutte contre le (8 ans) l’Economie et des
changement climatique en Finances Volume financier du Fonds
charge de centraliser les
financements climat, d’organiser Nombre de bénéficiaires du fonds
les investissements climat et de
leur suivi
Organiser l’intégration du changement climatique dans la budgétisation Nombre de projets nationaux ayant bénéficiés
d’une analyse de faisabilité intégrant une
analyse de risque climatique ou tenant compte
des perspectives de CC
Maitriser les étapes du Court Terme Primature et Ministère Nombre de projets climat ayant fait l’objet
processus d’élaboration (4 ans) de l’Economie et des d’une estimation de délais et de coûts.
budgétaire et l’identification des Finances
points d’entrée
Continuer à mettre en œuvre les Court Terme BN-CCCREDD+, Cette étape va de Le BN-CCCREDD+ est invité à contribuer et
attributions du BN-CCCREDD+ (continue) ONE, Primature pair avec l’activité de donner son avis lors de validation de projet
dans l’intégration systématique planification. climatique.
des questions climatiques dans
la budgétisation à Madagascar. Le BN-CCCREDD+ donne un avis sur le
Plan National d’Adaptation de Madagascar
Renforcer les capacités Court Terme BN-CCCREDD+, Nombre de projets nationaux ayant bénéficié
de gestion budgétaire et (continue) ONE, Ministère de d’une analyse de faisabilité intégrant une
programmatique des agents l’Economie et des analyse de risque climatique
en charge de la mise en œuvre Finances
des projets de lutte contre le Nombre de projets nationaux bénéficiant d’un
changement climatique suivi évaluation et financier en ligne avec les
standards DU Secrétariat de la CCNUCC
119
120
Adaptation
V.3.1 Limites et recommandations Co-bénéfices atténuation-adaptation
Tableau 7 : Limites et recommandation à la mise en oeuvre des programmes nationaux.
2. Renforcement de la résilience Moyen Ministère en charge de l’agriculture et L’implication des opérateurs privés (en particulier
des populations rurales par le Terme de l’élevage, Ministère en charge de transformateurs et commerçants) est un aspect critique de
développement et l’ organisation de (8 ans) l’environnement, ONE, ce programme. L’intégration de d’activité de renforcement de
filières d’exportation la place des femmes dans le développement d’AGR devrait
garantir la construction d’une résilience climatique inclusive.
La prise en compte et la valorisation des rôles importants et
différenciés des hommes et des femmes en tant qu'agents de
changement en adaptation pourra également être développée.
3. Renforcement de l’adaptation de Court Ministère en charge de la pêche, L’implication du secteur privé doit être prise en compte pour ce
la filière pêche et développement Terme Ministère en charge de l’enseignement programme afin de garantir l’efficacité de ce dernier.
des systèmes d’alerte et des plans (3 ans) technique et de la formation Une approche spécifique, sensible aux questions de genre devra
d’actions associés pour accroître la professionnelle, DGM, BNGRC, ONE, être mise en place, afin de renforcer la place des femmes dans
résilience des populations côtières et CPGU le secteur et de soutenir la professionnalisation des activités
des écosystèmes marins dans lesquelles elles sont déjà impliquées.
4. Amélioration de l’accès à l’eau potable Moyen- Ministère en charge de l’eau, Ministère
en milieux urbains et ruraux Long en charge de l’environnement, BNGRC,
Terme ONE
(5 ans)
5. Renforcement des systèmes d’alertes Moyen Ministère en charge de la santé L’intégration des jeunes et des personnes ayant des besoins
précoces pour la résilience du secteur Terme publique, ONE spécifiques (en situation de handicap ou personnes âgées),
de la santé face au changement (5 ans) comme population cible de ce programme doit contribuer à la
climatique à Madagascar mise en place d’actions inclusives.
6. Accélération du reboisement à travers Long BN-CCCREDD+, Ministère en charge Le rôle des femmes dans la gestion et le suivi des aires de
l'opérationnalisation du mécanisme Terme de l’environnement, ONE reboisement et de restauration pourra être priorisé.
REDD+ et du développement de (10 ans)
services écosystémiques
7. Amélioration de la conservation des Long Ministère en charge de Ce programme ne pourra être efficace qu’en complément d’une
forêts naturelles et de la gestion Terme l’environnement, DSPAM, MNP action importante, organisée et nationale visant à faire respecter
des aires protégées intégrant (10 ans) et renforcer la législation en matière de gestion des aires
l’aménagement de zones de refuge protégées.
climatique à l’intérieur et dans les Le programme doit également mettre en place des partenariats/
périphéries collaborations avec les ONG et OSC de conservation et de
développement, nationales et internationales
8. Protection des infrastructures côtières Court Ministère en charge des transports et L’implication du secteur privé doit être considérée comme capital
et des activités économiques (dont le Terme du tourisme, Ministère en charge de pour ce programme, afin de garantir son efficacité et sa bonne
tourisme) contre l’élévation du niveau (3 ans) l’aménagement du territoire, BNGRC, mise en œuvre. Le développement actuel de formations sur
de la mer ONE le climat auprès de professionnels et futurs professionnels du
bâtiment doit soutenir la mobilisation d’un secteur privé national
pour les activités de ce programme.
L'entreprenariat des femmes pourra être ici mieux soutenu pour
Plan National d’Adaptation de Madagascar
V.3.2 Chronogramme
Plan National d’Adaptation de Madagascar
Programme national 9 : Amélioration des systèmes d’alerte précoce aux cyclones dans le cadre
MAE, BNGRC, DGM, COI, AFD, CPGU, ONE
d’un effort régional au niveau de l’océan indien
PADR, MAEP, MATHTP, MESUPRES, METFP,
Programme national 10 : Développement de rizières résilientes et moins émettrices de méthane MICA, Banque Mondiale, PNUD, BAD, JICA,
ONE
Programmes ou priorités stratégiques 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029
Organe en charge de la mise en œuvre
Actions
AXE STRATEGIQUE 3 : FINANCER L’ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Mobiliser des ressources financières internes et budgétiser les activités prévues
Sécuriser les recettes nationales issues de la lutte contre le CC en direction de mesures BN-CCCREDD+, Point focal du MEF/ DGs du
d’adaptation et d’atténuation Plan et du Budget
Estimer systématiquement les besoins de financement nécessaires pour la mise en œuvre des BN-CCCREDD+, Point focal du MEF/ DGs du
activités climatiques prévues Plan et du Budget
Mobiliser des ressources financières externes
BN-CCCREDD+, Institut pressenti pour
Soutenir l’accréditation Fonds Vert d’une institution nationale
l’accréditation
Impliquer le secteur privé dans le soutien financier aux actions de renforcement de la résilience BN-CCCREDD+, Point focal du MEF/ DGs du
au CC Plan et du Budget
Renforcer les compétences des agents nationaux dans la mobilisation des financements extérieurs BN-CCCREDD+
Maitriser les étapes du processus d’élaboration budgétaire et l’identification des points d’entrée Primature et MEF
Le système de suivi-évaluation comprend un plan de suivi et d’évaluation du processus, ainsi qu’un plan
pour la collecte des données et la compilation et la synthèse des nouvelles informations sur les impacts
et les vulnérabilités. Ces informations doivent être utilisées lors des mises à jour du PNA.
Il est à rappeler que le processus d’élaboration PNA vise prioritairement à réduire la vulnérabilité des
pays aux impacts du changement climatique, en renforçant les capacités d'adaptation et la résilience
d’une part, et à faciliter l'intégration de l’adaptation au changement climatique de manière cohérente
et pertinente dans les politiques, stratégies, programmes et actions, dans tous les secteurs-clés et à
différents niveaux d’autre part.57
Ces objectifs sont surtout qualitatifs et assez subjectifs, car ils ne sont pas matériellement mesurables.
De ce fait, le suivi-évaluation du processus PNA est confronté à des principaux défis, dont l’absence
d’une unité de mesure commune pour apprécier les résultats attendus, l’échelle temporelle qui est
assez longue et qui peut être différente d’un secteur à un autre, et l’incertitude concernant les impacts
réels des changements climatiques à laquelle s’ajoute la nécessité de bien distinguer entre « impact des
aléas climatiques » et « impacts des changements climatiques » ‘proprement-dits’.
À plus long terme, le suivi-évaluation s’adresse directement à chaque secteur concerné et se focalise
sur les résultats des intégrations de l’adaptation au changement climatique, à ces différents niveaux et
qui devraient se traduire par la réduction des vulnérabilités.
En considération de ce qui précède, au stade actuel, les indicateurs sont donc surtout relatifs au
processus du PNA et concernent l’intégration, l’appropriation, le financement, la communication, la
coordination et la gestion des données sur le changement climatique, la capacité des acteurs et la mise
en œuvre des actions prioritaires. Les indicateurs du SNSVACC qui s’intéressent à l’état de vulnérabilité
et de risques climatiques sont également à intégrer : Les indicateurs du SNSVACC sont des indicateurs
importants de suivi des impacts des réalisations en matière d’adaptation, et sont complémentaires aux
indicateurs globaux, comme illustrés dans le tableau suivant :
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Selon les directives du groupe des experts PMA (2012) : « À l’heure de déterminer les modalités de suivi et
d’évaluation du processus PNA, il est important de rappeler ses objectifs : réduire la vulnérabilité aux incidences
des changements climatiques et faciliter l’intégration de ce phénomène à la planification du développement »
Mise en œuvre des actions Renforcer les capacités - nombre de cadres formés en
prioritaires institutionnelles et techniques ACC au niveau central et au
pour réaliser des actions d’ACC niveau régional
- nombre de PRD et de PCD
intégrant l’ACC développés
Nombre de ménages bénéficiant d’une amélioration des capacités d'auto-organisation et d'apprentissage Oui
Nombre de SRAT et de PRD élaborés et qui tiennent compte des enjeux climatiques Non
Nombre de plan de mobilités bétail élaborés et mis en œuvre au niveau communal Non
SAVA, Analanjirofo, Vatovavy Fitovinany (zones avec culture de rente),
Programme national 2 : Renforcement de la résilience des populations rurales par le développement et la structuration de filières d’exportation
Atsinanana (export)
Nombre de ménage dont les revenus ont augmenté à la suite du développement d’activités génératrices de revenus,
Oui
résilientes au changement climatique
Nombre de ménages bénéficiant d’une amélioration des capacités d'auto-organisation et d'apprentissage Oui
Programme national 3 : Renforcement de l’adaptation de la filière pêche et développement des systèmes d’alerte et de plans d’actions associés
Analanjirofo, Atsimo Andrefana, Diana, Melaky, Menabe, Boeny et SAVA
pour accroître la résilience des populations côtières et des écosystèmes marins
Nombre de ménages dont l’activité principale est la pêche ayant renforcé leurs capacités de réponse au évènements
Oui
extrêmes (cyclones)
Nombre de ménage dont la source de revenu principal est la pêche et dont les revenus ont augmenté à la suite d’un
Oui
changement dans la gestion des ressources
Nombre de ménages dont l’activité principale est la pêche ayant renforcé leurs capacités d’absorption des chocs climatiques
Oui
en matière de la sécurité alimentaire
Nombre de ménages bénéficiant d’une amélioration des capacités d'auto organisation et d'apprentissage Oui
Programme national 4 : Amélioration de l’accès à l’eau potable en milieux urbains et ruraux National
Augmentation des taux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement au niveau de chaque Région, distinguant milieu urbain et
Oui
milieu rural
Nombre d’infrastructures d’eau et d’assainissement au niveau de chaque Région, répondant à la Directive Nationale et tenant
Oui
compte du genre
Nombre d’infrastructures résilientes aux changements climatiques Non
Prix de l’eau à la consommation Non
Nombre de conflits d’usage de l’eau Non
Nombre de projets lié à la gestion durable de l’eau Oui
Taux de Morbidité des maladies liées à l’eau l’assainissement et l’hygiène Oui
Programme national 5 : Renforcement des systèmes d’alertes précoces pour la résilience du secteur de la santé face au changement climatique à
National
Madagascar
Diminution des maladies liées au climat par rapport aux années précédentes à tous les niveaux (national, régional) Oui
Nombre de localités enclavées disposant et mettant en œuvre un SAP multirisques, incluant la santé Non
Diminution du taux des victimes classées dans les catégories vulnérables (femmes, femmes enceintes, nourrissons, enfants,
Oui
personnes en situation de handicap, personnes âgées, etc.) des aléas climatiques
Proportion d’agents de santé ayant bénéficié des séances d’information et de formation sur la santé et le changement
Oui
climatique
Proportion de Centres de Santé de Base ou CSB utilisant les SMS / tablettes pour l’alerte précoce Non
Proportion de Services de districts de santé publique ou (SDSP) disposant d’un système de surveillance et d’alerte précoce en
Non
climat et santé fonctionnelle
Surfaces additionnelles de terres bénéficient d’une meilleure résilience au changement climatique Non
Nombre d'hectares avec une augmentation de la couverture arborée et végétale (réduction des glissements de terrain et de
Non
l’érosion, résistance aux inondations)
Superficie reboisée Non
Nombre de pépinières Non
Analanjirofo, Anosy, Atsimo Atsinanana, Atsinanana, DIANA, SAVA, Sofia,
Programme national 7 : Amélioration de la conservation des forêts naturelles et de la gestion des aires protégées intégrant l’aménagement de
Vatovavy Fitovinany (Corridor de l’Est) ; Atsimo Andrefana, Melaky, Menabe,
zones de refuge climatique à l’intérieur et dans les périphéries
(Forêts épineuses)
Superficie des restaurations forestières réalisées Non
Nombre d’ilots forestiers reconnectés Non
Taux de prélèvement de bois Non
Taux de régénération par espèce végétale ou faunistique Non
Période / durée de migration par espèce par année Non
Programme national 8 : Protection des infrastructures côtières et des activités économiques (dont le tourisme) contre l’élévation du niveau de la Analanjirofo, Atsinanana, Menabe, Sava, Anosy, Vatovavy-Fitovinany, Atsimo
mer Andrefana, Boeny (Mahajanga) et Atsimo Atsinanana
Nombre de communautés bénéficiaires des actions préconisées dans le PANGIZC Non
Nombre d’AGR créées en lien avec le tourisme Oui
Nombre / linéaires d’infrastructures de défenses contre l’élévation du niveau de la mer et conformes aux normes climatiques
Non
réalisées
Analanjirofo, Androy, Anosy, Atsimo-Andrefana, Atsimo-Atsinanana, Atsinanana,
Programme national 9 : Amélioration des systèmes d’alerte précoce aux cyclones, dans le cadre d’un effort régional au niveau de l’Océan Indien Boeny, DIANA, Melaky, Menabe, SAVA, Sofia, Vatovavy-Fitovinany (Régions
côtières)
Nombre de régions côtières à Madagascar ayant accès à des services améliorés d'information sur le climat Non
Diminution du nombre des victimes, identifiées selon le genre Oui
Nombre de plans et processus décentralisés (régionaux, communaux) développés et renforcés pour identifier, hiérarchiser et
Non
intégrer les stratégies et mesures d'adaptation
Nombre de personnes formées par région (de Madagascar) pour opérationnaliser le SAP/Océan Indien (identifier,
hiérarchiser, mettre en œuvre, surveiller et évaluer les stratégies et mesures d'adaptation et de réponses d’urgence) et Oui
considérant les spécificités selon le genre
Nombre de communes, régions disposant du système d’alerte précoce, de comité de gestion des catastrophes, de plan de
Non
préparation aux urgences
Nombres d’installations para cycloniques ou limitant les risques causés par les aléas climatiques : barrages, bâtiments Non
Tonnes de dioxyde de carbone équivalent (réduits ou évités (y compris l'augmentation des stocks) sur 10 ans Non
Surfaces additionnelles de terres bénéficiant d’une meilleure résilience au changement climatique Non
Nombre de producteurs bénéficiant de l’adoption de technologies contribuants à l’adaptation au changement climatique Oui
Renforcer le rôle pivot du BN-CCCREDD+ et du CNCC dans la gouvernance transversale du changement climatique National et déclinaison régionale
Nombre de projets nationaux ayant bénéficiés d’une analyse de faisabilité intégrant une analyse de risque climatique Non
Nombre d’indicateurs relatifs à l’adaptation au changement climatique intégrés dans le SNISE Oui
Fréquence et niveau de remplissage des indicateurs relatifs à l’adaptation au changement climatique Non
Nombre de nouvelles politiques et stratégies publiques intégrant le CC Non
Nombre de projets nationaux ayant bénéficiés d’une analyse de faisabilité intégrant une analyse de risque climatique Non
Nombre de projets nationaux bénéficiant d’un suivi évaluation et financier en ligne avec les standards de l’UNFCCC Non
Assurer l’intégration de l’ACC dans les politiques, plans, stratégies, programmes National
Nombre de documents de référence politiques, plans, stratégies, programmes) intégrant l’ACC de 2020 à 2025 Non
60% des ministères sectoriels intégrant les indicateurs SNSVACC dans leurs systèmes Non
Chaque ministère clés dispose un point focal Oui
Renforcer l’appropriation de l’ACC par les responsables politiques et l’Administration, en général National
Nombre de séances d’information sur l’ACC à l’Assemblée Nationale de 2020 à 2025 Non
Au moins 50% de membres du Secteur Privé s’engageant dans l’ACC Oui
Augmentation des actions d’ACC réalisées au sein des ministères sectoriels (en %) Non
Assurer le financement croissant et durable de l’ACC National
Chaque ministère dispose une ligne budgétaire sur le CC Non
Une Loi des finances existante attribuant des rubriques concrètes pour l’ACC à partir de 2020 Non
Augmentation du budget alloué à l’ACC (en%) dans le plan de mise en œuvre du plan de développement Non
Volumes de financements extérieurs mobilisés à partir de 2020 Non
Volume d’allocation en financement par interne (RPI) pour l’ACC Non
Coordoner et gérer les données/informations sur le changment climatique National
Nombre de personnes/Ministères sensibilisés sur l'ACC Oui
Assurer la consolidation et la dissémination des informations à tous les niveaux (pour améliorer la compréhension et l’appropriation) National
Niveau d’augmentation (en %) de partage/ diffusion de données et informations sur l'ACC par le BN-CCCREDD+ Non
Renforcer les capacités institutionnelles et techniques pour réaliser des actions d’ACC National et déclinaison régionale
Nombre de cadres formés en ACC au niveau central et au niveau régional Oui
Nombre de PRD et de PCD intégrant l’ACC développés Non
Des données et informations seront nécessaires pour renseigner les indicateurs. Il s’agira
des données de référence qui seront collectées au début de la mise en œuvre du système de
suivi-évaluation ; et des données périodiques (à des moments précis) au cours de la mise en
œuvre du PNA.
Les données à collecter par niveau (national, régional) et/ou sectoriel, ainsi que les moyens
et méthodes de collecte seront précisés dans les fiches d’indicateur développées par le BN-
CCCREDD+. Pour l’opérationnalisation du système, la fiche d’indicateur sera élaborée pour
chacun des indicateurs retenus. Les données et informations seront collectées et traitées par
des acteurs au niveau sectoriel.
D’abord, le BN-CCCREDD+ et l’ONE intègrent dans leurs plans de travail respectifs, des
concertations régulières (par exemple trimestrielles), afin d’analyser et de consolider les
résultats des suivis et des évaluations des interventions d’adaptation au changement climatique
développés à différents niveaux, et utilisant le SNSVACC. Les travaux doivent faire ressortir la
situation de réalisation et de performance par rapport à l’adaptation au changement climatique,
en définissant des indicateurs réalistes et vérifiables. Cette première étape comprend :
Le SNISE est mis en place pour éviter des doublons institutionnels par rapport aux secteurs
disposant de système de suivi-évaluation. Cependant, il se servira des données et informations
déjà disponibles grâce à ces systèmes.
Au niveau ministériel :
Chaque ministère disposant d’une entité en charge de planification et de suivi-évaluation, à
charge pour cette dernière d’intégrer le suivi des mises en œuvre des actions d’adaptation au
changement climatique dans le système du ministère, et d’être en lien avec le BN-CCCREDD+.
Au niveau territorial :
Pour le PNA de Madagascar, l’approche adoptée est l’approche sectorielle. À chaque ministère
sectoriel par conséquent, à travers ses services techniques déconcentrés au niveau régional,
d’opérationnaliser un mécanisme d’échanges et de remontée d’information, afin d’alimenter le
système de suivi-évaluation ministériel au niveau central.
La révision du PNA peut intervenir dans les conditions ci-après : (i) lorsque de nouvelles
informations ou de nouvelles analyses de vulnérabilité sont faites ; (ii) quand il y a évolution
dans les négociations internationales sur le climat ; et (iii) lorsque les circonstances nationales
l’exigent.
Les données et informations collectées serviront à produire des rapports semestriels et annuels.
Les rapports seront adaptés aux besoins et capacités des destinataires. La fréquence et le
calendrier de la production de résultats opérationnels seront définis de manière à assurer que
les données et informations serviront à alimenter l’élaboration ou la révision des politiques,
stratégies et interventions.