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PNA Madagascar

Le Plan National d'Adaptation (PNA) de Madagascar vise à renforcer la gouvernance climatique et à intégrer l'adaptation au changement climatique dans divers secteurs, notamment l'agriculture, la santé et la biodiversité. Il propose des actions prioritaires pour améliorer la résilience des populations face aux impacts climatiques, tout en tenant compte des enjeux de développement socio-économique. Le PNA inclut également un système de suivi-évaluation pour mesurer l'efficacité des mesures mises en place et s'assurer de la mobilisation des financements nécessaires.

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PNA Madagascar

Le Plan National d'Adaptation (PNA) de Madagascar vise à renforcer la gouvernance climatique et à intégrer l'adaptation au changement climatique dans divers secteurs, notamment l'agriculture, la santé et la biodiversité. Il propose des actions prioritaires pour améliorer la résilience des populations face aux impacts climatiques, tout en tenant compte des enjeux de développement socio-économique. Le PNA inclut également un système de suivi-évaluation pour mesurer l'efficacité des mesures mises en place et s'assurer de la mobilisation des financements nécessaires.

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Plan National d’Adaptation

Plan National Climatique


au Changement d’Adaptation
(PNA)
au Changement Climatique (PNA)
Madagascar
Madagascar
Novembre 2019 Octobre 2019
Plan National d’Adaptation de Madagascar I

Novembre 2019
Citation

Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD): Plan National d’Adaptation au


Changement Climatique (PNA) Madagascar. Antananarivo, Madagascar. Novembre 2019.

II Plan National d’Adaptation de Madagascar


Plan National d’Adaptation de Madagascar III
RESUME EXECUTIF
A ce jour, Madagascar figure parmi les pays qui ont honoré leurs engagements vis-à-vis de la Convention
Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC), soulignant ainsi sa volonté de
contribuer à l’effort international pour la lutte contre les changements climatiques. Le pays s’est en
particulier doté d’une gouvernance climatique bien structurée, lui apportant une certaine avance sur
des pays similaires.

L’implication de différents acteurs concernés par le changement climatique au niveau des 22 Régions
de Madagascar lors des consultations inter-régionales a permis de recueillir des informations qui ont
nourri le présent document, sur la vulnérabilité des populations et des secteurs d’activité au changement
climatique, ainsi que sur les risques encourus.

Le Plan National d’Adaptation s’articule ainsi autour de trois grands axes stratégiques définis comme
suit :

Axe stratégique 1 : Renforcer la gouvernance et l’intégration de l’adaptation ;


Axe stratégique 2 : Mettre en œuvre un programme d’actions sectoriel prioritaire ;
Axe stratégique 3 : Financer l’adaptation aux changements climatiques.

Les enjeux de lutte contre le changement climatique qui se manifeste à Madagascar par une
multitude d’impacts socio-économiques et environnementaux, se retrouvent intrinsèquement liés aux
problématiques de développement : énergie et électrification, aménagement du territoire, transports et
croissance urbaine, impacts du climat sur la gestion de l’eau et l’agriculture, effets sanitaires, impacts
des catastrophes naturelles, maintien des services écosystémiques, gestion des forêts et conservation
de la biodiversité, etc.

Afin de mettre la Politique Nationale de Lutte contre le Changement Climatique au service des priorités de
développement de Madagascar, le présent document se focalise sur les secteurs Agriculture-Elevage-
Pêche, Ressources en eau, Santé publique, Biodiversité et Foresterie, Zones côtières, Infrastructures,
Gestion/Réduction des risques et des catastrophes climatiques, tout en considérant de manière
transversale le renforcement des capacités humaines, financières, techniques et technologiques et
institutionnelles, ainsi que la prise en compte du genre. Cette priorisation tient compte du document
« Contribution Déterminée au niveau National » (CDN) que le Pays a adopté à l’issue de l’Accord de
Paris, tout en considérant l’évolution des autres problématiques liées au changement climatique au
niveau d’autres secteurs.

La formulation du Plan National d’Adaptation de Madagascar tient compte des directives du Groupe
Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (GIEC) et du Groupe d’experts des pays les moins avancés
(LEG). De ce fait, le document propose une approche sectorielle avec des orientations stratégiques
et des actions prioritaires pour chaque secteur au niveau national et/ou régional, et un ensemble de
programmes structurants. Au nombre de dix, ces programmes visent une articulation des priorités
stratégiques et actions préconisées dans le Plan National d’Adaptation pour une opérationnalisation
effective, intersectorielle et planifiée dans le temps, sur un territoire précis.

Découlant des cadrages politiques et stratégiques existantes, et tenant compte des expériences
acquises, ainsi que des défis actuels du Programme Emergence de Madagascar (2019), les programmes
structurants du Plan National d’Adaptation sont les suivants :

IV Plan National d’Adaptation de Madagascar


▪▪ Renforcement de l’adaptation du secteur agricole et de la résilience des populations rurales dans
le grand Sud ;
▪▪ Renforcement de la résilience des populations rurales par le développement et l’organisation
des filières d’exportation ;
▪▪ Renforcement de l’adaptation de la filière pêche et développement de systèmes d’alerte et de
plans d’action associés ;
▪▪ Amélioration de l’accès à l’eau potable en milieux urbains et ruraux ;
▪▪ Renforcement des systèmes d’alertes précoces pour la résilience du secteur de la santé face au
changement climatique ;
▪▪ Accélération du reboisement à travers l’opérationnalisation du mécanisme REDD+ et le
développement de services écosystémiques ;
▪▪ Amélioration de la conservation des forêts naturelles et de la gestion des aires protégées
intégrant l’aménagement de zones de refuge climatique à l’intérieur et dans les périphéries ;
▪▪ Protection des infrastructures côtières et des activités économiques (dont le tourisme) contre
l’élévation du niveau de la mer ;
▪▪ Amélioration des systèmes d’alerte précoce aux cyclones, dans le cadre d’un effort régional au
niveau de l’océan Indien ;
▪▪ Développement de rizières résilientes et moins émettrices de méthane.

Le présent Plan National d’Adaptation a été élaboré dans une perspective de planification de 10 ans,
avec une possibilité de révision au bout de 5 ans, suivant l’évolution du contexte et les résultats de
l’évaluation à mi-parcours. L’approche programmatique définit des programmes de court (1 à 3 ans),
moyen (3 à 8 ans) et long termes (au-delà de 8 ans).

A ce jour, la mobilisation des financements pour la lutte contre le changement climatique demeure
faible à Madagascar. Toutefois, dans un contexte international où les financements climats sont de
plus en plus importants, il est essentiel de mettre en œuvre un système national capable d’organiser
la mobilisation et l’utilisation des fonds nationaux et internationaux, et d’instaurer la gestion rigoureuse
et transparente exigée par ces mécanismes de financement. Ce document présente des stratégies
adaptées pour la mobilisation des ressources financières internes et externes, et pour l’intégration du
changement climatique dans la budgétisation nationale.

Enfin, tout Plan National d’Adaptation nécessite la mise en œuvre d’un système de suivi-évaluation
permettant d’évaluer l’état d’avancement du processus, ainsi que des résultats de la mise en œuvre du
PNA. Ledit système est décrit dans le document. Il sert également à informer la Conférence des Parties
de l’avancement des avancées du processus et d’alimenter les révisions régulières du PNA.

À court et à moyens termes, le système de suivi-évaluation PNA de Madagascar concernera le processus


d’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les politiques, stratégies, planifications
programmatiques et budgétaires, et les processus d’interventions sectorielles et/ou territoriales. À plus
long terme, le suivi-évaluation s’adressera directement à chaque secteur concerné et se focalisera sur
les résultats des intégrations de l’adaptation au changement climatique, à ces différents niveaux et sur
la mise en œuvre des programmes.

En outre, tenant compte du fait que le PNA est un document de référence et de planification qui
s’assimile au « Plan, Programme, Politique » (PPP), il est proposé qu’il fasse l’objet d’une Evaluation
Environnementale et Sociale Stratégique (EESS). Ceci, conformément à la Charte de l’environnement
malagasy actualisée (Loi n°2015-003). La conduite de cette EESS et les éléments qui lui sont associés,
feront partie des premiers indicateurs à suivre et à vérifier dans le dispositif de Suivi-Évaluation.

Plan National d’Adaptation de Madagascar V


TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION 1

I. METHODOLOGIE 3
I.1 Méthode d'élaboration 3
I.1.1 Collecte de données et analyses documentaires 3
I.1.2 Consultations 4
I.2 Informations disponibles 6

II. CONTEXTE 9
II.1 Contexte socio-économique national 9
II.2 Le genre dans le contexte social 9
II.3 Contexte environnemental 11
II.4 Changement climatique à Madagascar 13
II.4.1 Caractéristiques climatiques, évolutions passées et
tendances actuelles 13
II.4.2 Projections climatiques futures 15
II.4.3 Analyse des vulnérabilités et des risques par secteur 19

III. ARRANGEMENT INSTITUTIONNEL 27


III.1 Disposition institutionnelle en vigueur et gouvernance 27
III.1.1 Ancrage institutionnel 27
III.1.2 Dispositifs d’appui ou d’accompagnement 29
III.2 Cadre réglementaire 30
III.3 Limite actuelle de la coordination de la lutte contre le changement climatique 31
III.4 Revue des acteurs et des programmes ou actions d’adaptation en cours 32

IV. PLANIFICATION ET STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE DE L’ADAPTATION


AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES 37
IV.1 Vision et orientations 37
IV.2 Les axes stratégiques 40
Axe Strategique 1 : Renforcer la Gouvernance de l'adaptation 40
Axe Strategique 2 : Mettre en œuvre un programme d'actions sectoriel
prioritaire 44
Agriculture, élevage et pêche 44
Ressources en eau 59
Santé publique 64
Biodiversité et foresterie 69
Zones côtières 77
Aménagement du territoire et infrastructures 81
Gestion des risques et des catastrophes climatiques 84
Axe Strategique 3 : Financer l'adaptation aux changements climatiques 86

V. PLAN D’ACTION 91
V.1 Programmes nationaux 92
V.2 Activités transversales : gouvernance et financement 115
V.3 Mise en œuvre du plan d’action 120
V.3.1 Limites et recommandations 120
V.3.2 Chronogramme 122

VI Plan National d’Adaptation de Madagascar


VI. SUIVI ET EVALUATION ET DEFINITION DES OBJECTIFS ET
INDICATEURS DU PROCESSUS PNA 124
VI.1 Méthodologie du suivi-évaluation. 124
VI.2 Dispositif de suivi-évaluation de mise en œuvre du PNA 130
VI.3 Processus de révision et de mise à jour 131

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 132

Plan National d’Adaptation de Madagascar VII


LISTE DES FIGURES ET TABLEAUX
Figure 1 : Synthèse des aléas climatiques majoritaires cumulés par région 5
Figure 2 : Précipitations moyennes annuelles (mm) et température moyenne annuelle (°C) à Madagascar
de 1971 à 2000 13
Figure 3 : Analyse des tendances climatiques durant la période 1961-2017. 14
Figure 4 : Evolution de la moyenne annuelle des températures minimales (°C) sur la période 2020-2100
pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 15
Figure 5 : Evolution de la moyenne annuelle des températures maximales (°C) sur la période 2020-2100
pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 15
Figure 6 : Evolution des précipitations moyennes mensuelles (%) sur les périodes 2030, 2050 et 2080
pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 par rapport à la période de référence (1971-2000) 16
Figure 7 : Evolution de la moyenne annuelle des températures minimales (°C) aux horizons 2030, 2050
et 2080 16
Figure 8 : Evolution des précipitations moyennes annuelles (en %) aux horizons 2030, 2050 et 2080
relativement à la période de référence (1971-2000) et selon l'ensemble de modèles CORDEX pour
les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 16
Figure 9 : Evolution des précipitations moyennes annuelles (en %) aux horizons 2030, 2050 et 2080
relativement à la période de référence (1971-2000) pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 17
Figure 10 : Projection de l’élévation du niveau de la mer à Madagascar à l’horizon 2100 considérant
différents scénarios et en comparaison avec les projections moyennes globales 18
Figure 11 : Cadre conceptuel du GIEC 19
Figure 12 : Organigramme du Ministère de l'Environnement et du Développement Durable 28
Figure 13 : Chronologie de publication des documents nationaux de référence climat pour Madagascar 38
Figure 14 : Organisation de la gouvernance climatique à Madagascar 41
Figure 15 : Distribution des terres irriguées 50
Figure 16 : Vulnérabilité (AR4, 2007) du secteur santé des différentes Régions de Madagascar 64
Figure 17 : Historique du Système des Aires Protégées de Madagascar (SAPM) 70
Figure 18 : Evolution du Système des Aires Protégée (SAPM) à Madagascar 71
Figure 19 : Evolution de la finance climat reçu à Madagascar sur la période 2010-2017 86
Figure 20 : Approche programmatique du PNA contribuant au renforcement de la structuration entre
stratégies de long terme et actions 92

Tableau 1 : Calendrier des concertations menées dans le cadre de l’élaboration du PNA 4


Tableau 2 : Régions inclues dans les zones climatiques 13
Tableau 3 : Synthèse des risques sectoriels liés aux changements climatiques 20
Tableau 4 : Evaluation des risques climatiques par secteur et région 24
Tableau 5 : Synthèse des principaux programmes et projets d'adaptation en cours à Madagascar 34
Tableau 6 : Activités transversales du PNA 116
Tableau 7 : Limites et recommandation à la mise en oeuvre des programmes nationaux 120
Tableau 8 : Chronogramme pour la mise en œuvre du PNA 122
Tableau 9 : Indicateurs globaux du système de suivi-évaluation du PNA 125
Tableau 10 : Indicateurs des programmes et activités du PNA 126

VIII Plan National d’Adaptation de Madagascar


LISTE DES ACRONYMES ET DEFINITIONS

ACRONYME SIGNIFICATION

ACC Adaptation au Changement Climatique


AEP Agriculture Elevage Pêche
AFR100 Initiative pour la restauration des forêts et paysages forestiers en
Afrique
AGR Activités Génératrices de Revenus
ANAA Actions Nationales d’Atténuation Appropriées
ANDEA Autorité Nationale de l’Eau et de l’Assainissement
AP Aires Protégées
APIPA Autorité pour la Protection contre les Inondations de la Plaine
d’Antananarivo
BMZ Ministère fédéral Allemand de la Coopération économique
(Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und
Entwicklung
BNCCC Bureau National de Coordination des Changements Climatiques
BN-CCCREDD+ Bureau National des Changements Climatiques, du Carbone et de la
Réduction des Émissions dues à la Déforestation et Dégradation des
Forêts
BNC REDD+ Bureau National de Coordination REDD+
BNGRC Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes
CC Changement Climatique
CCNUCC Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique
CDN Contribution Déterminée au niveau National
CIDR Centre International de Développement et de Recherche
CIME Comité Interministériel pour l’Environnement
CNCC Comité National sur le Changement Climatique
CNGIZC Comité National pour la Gestion Intégrée des Zones Côtières
CNRE Centre National de Recherche pour l’Environnement
CNRIT Centre National de Recherche Industrielle et Technologique
CNRO Centre National de Recherche Océanographique
CO2 Dioxyde de carbone
COP Conference of Parties (Conférence des Parties)
CPDN Contribution Prévue Déterminée au niveau National
COSAN COmmunauté SANitaire
CPGU Cellule de Prévention et de Gestion des Urgences
CSB Centre de Santé de Base
CTD Collectivités Territoriales Décentralisées
DCP Dispositif de Concentration de Poissons
DGDD Direction Générale du Développement Durable

Plan National d’Adaptation de Madagascar IX


DGEF Direction Générale de l’Environnement et des Forêts
DGM Direction Générale de la Météorologie
DRAHTP Direction Régionale de l’Aménagement du Territoire, de l’Habitat et
des Travaux Publiques
DREDD/ DIREDD Direction Régionale/ Inter-Régionale de l’Environnement et du
Développement Durable
DRTTM Direction Régionale des Transport, du Tourisme et de la Météorologie
DTM Dynamiques de mobilités locales des populations
EAH Eau Assainissement Hygiène
EbA Ecosystem-based Adaptation
EdV Etude de Vulnérabilité
EESS Evaluation Environnementale et Sociale Stratégique
FOFIFA Foibem-pirenena momba ny Fikarohana ampiharina amin’ny Fampan
drosoana ny eny Ambanivohitra/ Centre National de la recherche
Appliquée au Ddéveloppement Rural
FSP/PARRUR Fonds Solidarité Prioritaire/ PArtenariat et Recherche dans le secteur
RURal
GCF Gestion Contractualisée des Forêts
GELOSE Gestion Locale Sécurisée
GERP Groupe d’Étude et de Recherche sur les Primates de Madagascar
GES Gaz à Effet de Serre
GIEC Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat
GIRE Gestion Intégrée des Ressources en Eau
GIZ Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit/ Agence de
coopération internationale allemande pour le développement
GIZC Gestion Intégrée des Zones Côtières
GRC Gestion des Risques et des Catastrophes
GT-CC Groupe Thématique Changement Climatique
IGD Indice de Développement humain du Genre
IDHI Indice de Développement Humain ajusté des Inégalités
IEC Information Education Communication
IEM Initiative Emergence Madagascar
INSTAT Institut National de la Statistique de Madagascar
LEG Least developed countries Experts Group (Groupe d’experts des pays
les moins avancés)
LMMA Locally Managed Marine Area
LOAT Loi relative à l’Orientation de l’Aménagement du Territoire
LPAEP Lettre de Politique sectorielle Agriculture, Elevage et Pêche
LPE Lettre de Politique de l’Elevage
LPF Lettre de Politique Foncière
LUH Loi relative à l’Urbanisme et à l’Habitat
MAEP Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche
MAHTP Ministère de l’Aménagement, de l’Habitat et des Travaux Publics

X Plan National d’Adaptation de Madagascar


MDP Mécanisme de Développement Propre
MEDD Ministère de l’Environnement et du Développement Durable
MEAH Ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène
MEEH Ministère de l’Energie, de l’Eau et des Hydrocarbures
MEF Ministère de l’Economie et des Finances
MENETP Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique et
Professionnel
MESupReS Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
METFP Ministère de l’Emploi, de l’Enseignement Technique et de la Formation
Professionnelle
MNP Madagascar National Parks
MSP Ministère de la Santé Publique
ONE Office National pour l’Environnement
ONG Organisation Non Gouvernementale
ORSEC Organisation de la Réponse de Sécurité Civile
OSC Organisation de la Société Civile
PADR Plan d’Action pour le Développement Rural
PAGE Programme d’Appui à la Gestion de l’Environnement
PANA Programme d’Actions National d’Adaptation
PANASS Plan National d’Adaptation du Secteur Santé au changement
climatique
PANEF Plan d’Action National pour l’Éducation des Filles
PANGIZC Plan d’Action National pour la Gestion Intégrée des Zones Côtières
PANLCC Plan d’Action National de Lutte contre le Changement Climatique
PANSA Programme National pour la Sécurité Alimentaire
PAP Population Affectée par le Projet/Programme
PAR Plan d’Action Régional
PEDD Programme Environnemental pour le Développement Durable
PEID Petits États Insulaires en Développement
PEM Plan Emergence Madagascar
PFN REDD+ Plateforme Nationale REDD+
PFR REDD+ Plateformes Régionales REDD+
PHCF Programme Holistique de Conservation des Forêts
PMA Pays Moins Avancés
PNA Plan National d’Adaptation
PNAEPA Programme National d’Accès à l’Eau Potable et à l’Assainissement
PANAGED Plan d’Action National Genre et Développement
PNAT Politique Nationale d’Aménagement du Territoire
PND Plan National de Développement
PNDIE Politique Nationale des Infrastructures et Equipements
PNDR Programme National de Développement Rural
PNEDD Politique Nationale de l’Environnement pour le Développement
Durable

Plan National d’Adaptation de Madagascar XI


PErEDD Politique Nationale de l’Éducation Relative à l’Environnement pour le
Développement Durable
PNIAEP Plan National d’Investissement Agricole Agriculture – Elevage – Pêche
PNLCC Politique Nationale de Lutte contre le Changement Climatique
PNGRC Politique Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes
PNSE Politique Nationale de Santé et Environnement
POLFOR Politique Forestière de Madagascar
PRCCC Projet de Renforcement des Conditions et Capacités d’adaptation
durable au Changement Climatique
PRD Plans Régionaux de Développement
ProGeCO Programme pour la Gestion des ressources marines et CÔtières
PSA Programme Sectoriel Agricole
PSAEP Programme Sectoriel Agriculture - Elevage - Pêche
PSE Plan Sectoriel de l’Éducation
PSE Paiement pour Service Ecosystémique
PSNA Politique et Stratégie Nationale de l’Assainissement
PTA Plan de Travail Annuel
PTFs Partenaires techniques et financiers
PUDi Plans d’Urbanisme Directeurs
RRC Réduction des Risques de Catastrophes
REDD+ Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégradation
forestière
SAC Schémas d’Aménagement Communaux
SAF Service Administratif et Financier
SAGE Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement
SAIC Schémas d’Aménagement Intercommunaux
SAP Systèmes d’Alerte Précoce
SAPM Système des Aires Protégées de Madagascar
SARC Service de l’Adaptation et de la Résilience Climatique
SCAA Service de la Coordination des Actions d’Atténuation
SCAT Service de la Coordination des Activités Transversales
SCP Service Communication et Partenariat
SDAGIRE Schémas d’Aménagement et de Gestion Intégrée des Ressources en
Eau
SDFC Service du Développement des Finances Climatiques
SDS-CC Service du Développement des Stratégies Changements Climatiques
SDS-REDD+ Service du Développement de la Stratégie REDD+
SFCFE Service Fonds Carbone et Financements Extérieur
SGG Secrétaire Général du Gouvernement
SIE Système d’Information Environnementale
SLA Stratégies Locales d’Adaptation au changement climatique
SNEAH Stratégie Nationale de l’Eau - Assainissement - Hygiène
SNDR Stratégie Nationale de Développement Rizicole

XII Plan National d’Adaptation de Madagascar


SNGRC Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes
SNISE Système National Intégré de Suivi Evaluation
SNRPF Stratégie Nationale sur la Restauration des Paysages Forestiers et
des infrastructures vertes à Madagascar
SNS Stratégie Nationale Semencière
SNSVACC Système National de suivi de la Vulnérabilité et de l’Adaptation au
Changement Climatique
SPCR Strategic Program for Climate Resilience
SPSE-GBD Service Planification, Suivi-Evaluation et Gestion Base de Données
SRA Systèmes de Riziculture Améliorée
SRAT Schémas Régionaux d’Aménagement du Territoire
SRI Systèmes de Riziculture Intensive
TBEN/ TBER Tableau de Bord Environnemental National/ Régional
UNDRR United Nations International Strategy for Disaster Risk Reduction
UE Union Européenne
UNFCCC United Nations Framework Convention on Climate Change
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
WB World Bank
WCS Wildlife Conservation Society
WWF World Wide Fund

Plan National d’Adaptation de Madagascar XIII


GLOSSAIRE OU QUELQUES DEFINITION DE BASE
TERMES DÉFINITIONS SELON LE GIEC OU L’UNDRR OU LA CCNUCC
Adaptation Démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses
conséquences. Pour les systèmes humains, il s’agit d’atténuer les effets
préjudiciables et d’exploiter les effets bénéfiques. Pour les systèmes naturels,
l’intervention humaine peut faciliter l’adaptation au climat attendu ainsi qu’à
ses conséquences (GIEC).

Aléa Survenue potentielle d’un phénomène naturel ou induit par l’homme ou


une tendance, ou un impact physique, pouvant entraîner la perte de
la vie, des blessures, ou d’autres impacts sur la santé, ainsi que des
dommages et des pertes aux biens, aux infrastructures, aux moyens de
subsistance, à la prestation de services, aux écosystèmes et aux ressources
environnementales (UNDRR).

Capacités (d’adap- Faculté d’ajustement des systèmes, des institutions, des êtres humains et
tation) d’autres organismes, leur permettant de se prémunir contre d’éventuels
dommages, de tirer parti des opportunités ou de réagir aux conséquences
(GIEC).

Changements cli- Changements qui sont attribués directement ou indirectement à une activité
matiques humaine altérant la composition de l’atmosphère mondiale et qui viennent
s’ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes
comparables (CCNUCC).

Exposition Présence de personnes, de moyens de subsistance, d’espèces ou


d’écosystèmes, de fonctions environnementales, de services et de
ressources, d’infrastructures ou de biens économiques, sociaux ou culturels
dans des zones susceptibles d’être affectées négativement.

Gestion des Action d’élaborer, de mettre en œuvre et d’évaluer des stratégies, politiques
Risques de Catas- et mesures destinées à mieux comprendre les risques de catastrophes,
trophes à favoriser la réduction et le transfert de ces risques et à promouvoir
l’amélioration constante de la préparation à une catastrophe, des réponses à
y apporter et du rétablissement postérieur, dans le but explicite de renforcer
la protection des personnes, leur bien-être, la qualité de vie, la résilience et le
développement durable.

(Glossaire du Rapport spécial sur la gestion des risques de catastrophes et


de phénomènes extrêmes pour les besoins de l’adaptation au changement
climatique, SREX).

Selon le Groupe de travail RRC au sein des Nations Unies (2016) :


Mise en œuvre de politiques et stratégies de réduction des risques visant à
empêcher l’apparition de nouveaux risques, à réduire ceux qui existent et à
gérer le risque résiduel, afin de renforcer la résilience et de limiter les pertes
dues aux catastrophes.

Résilience Capacité des systèmes sociaux, économiques et environnementaux à


faire face à un événement, une tendance ou une perturbation dangereuse,
en répondant ou en se réorganisant de manière à maintenir la capacité
d’adaptation, d’apprentissage, et de transformation.

XIV Plan National d’Adaptation de Madagascar


TERMES DÉFINITIONS SELON LE GIEC OU L’UNDRR OU LA CCNUCC
Risque Résultant de l’interaction entre la vulnérabilité, l’exposition et l’aléa (ou le
danger) : il est défini comme potentiel de conséquences, dans lequel quelque
chose de valeur est en jeu, et dont l’issue est incertaine.

Selon le Groupe de travail RRC au sein des Nations Unies (2016) :

Risque de catastrophe : Risque de pertes en vies humaines, de blessures,


de destruction ou de dégâts matériels pour un système, une société ou
une communauté au cours d’une période donnée, dont la probabilité est
déterminée en fonction du danger, de l’exposition, de la vulnérabilité et des
capacités existantes.

Vulnérabilité Propension ou prédisposition à être affectée de manière négative. La


vulnérabilité recouvre plusieurs concepts et éléments, notamment la
sensibilité d’être atteint et le manque de capacités, telles que les capacités
à anticiper, faire face et récupérer. La vulnérabilité se caractérise à travers
différentes dimensions (par exemple sociale, économique, environnementale,
institutionnelle, culturelle).

Plan National d’Adaptation de Madagascar XV


FORÊT HUMIDE
XVI photo:
crédit Plan National
Biotope d’Adaptation de Madagascar
Madagascar
INTRODUCTION

En 2011, le Gouvernement de Madagascar a adopté la Politique Nationale de Lutte contre le


Changement Climatique (PNLCC). Cette politique vise à (i) gérer efficacement le changement
climatique de manière à ce que ces effets néfastes sur les secteurs de développement soient
réduits au minimum, (ii) renforcer les actions de lutte contre le changement climatique, (iii)
servir de référence aux actions à entreprendre, (iv) donner les grandes orientations de la lutte
contre le changement climatique et (vi) inciter les investisseurs et partenaires techniques et
financiers (PTF) à œuvrer dans le domaine du changement climatique.

Conformément aux directives issues des Conférences de Parties (COP) à la Convention


Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), et renforcées plus
particulièrement, lors de la 21e COP qui s’est tenue à Paris en 2015, Madagascar a repris le
processus d’élaboration du Plan National d’Adaptation (PNA), après l’avoir initié en 2012.

Ainsi, en 2018, l’élaboration du présent document PNA a été reprise par le Bureau National
des Changements Climatiques, du Carbone et de la Réduction des Émissions dues à la
Déforestation et Dégradation des Forêts (BN-CCCREDD+), sous la tutelle du Ministère de
l’Environnement et du Développement Durable (MEDD).

Sur la base d’une série de consultations qui a permis l’implication de toutes les parties prenantes
(couverture nationale, mobilisations interministérielles, implication des acteurs de la société
civile et du secteur privé), le PNA identifie et organise les actions prioritaires d’adaptation au
changement climatique à Madagascar. Il doit ainsi servir de base à la planification et orienter le
financement, ainsi que le mainstreaming de la lutte contre le changement climatique à travers
l’adaptation.

En particulier, les cinq consultations inter-régionales, conduites sur une période de trois mois,
se sont voulues représentatives des besoins et enjeux de l’ensemble du pays. Elles ont eu
vocation à impliquer des représentants de chacune des 22 Régions, avec la représentation
du secteur public, du secteur privé et de la société civile, et avec une attention particulière
portée sur la représentativité des femmes. Par ailleurs, les recommandations élaborées dans
ce document s’appuient sur un travail récent de la Direction Générale de la Météorologie de
Madagascar, qui en 2019, a fourni pour la première fois des projections climatiques spécifiques
au pays. L’ensemble de cette approche a permis d’obtenir un document tenant compte des
enjeux sectoriels et intersectoriels, ainsi que des besoins réels du pays, au regard de l’évolution
des effets du changement sur le territoire.

Le PNA a été réalisé avec le soutien de la Coopération Allemande (GIZ), avec le financement
du Ministère fédéral Allemand de la Coopération Economique et de Développement (BMZ), et
de l’Union Européenne (UE).

Plan National d’Adaptation de Madagascar 1


ELECRIFICATION RURALE À HAUTE-MATSIATRA
2 photo:
crédit PlanBiotope
NationalMadagascar
d’Adaptation de Madagascar
I. METHODOLOGIE

I.1 MÉTHODE D’ÉLABORATION

L’élaboration du Plan National d’Adaptation (PNA) à Madagascar est issue d’un ensemble de
processus impulsé par le Cadre d’Adaptation de Cancun (Cancun Adaptation Framework- CAF)
ressorti lors de la COP 16 et des recommandations de la COP 17 à Durban (respectivement,
la 16e et la 17e conférences des parties en 2010 et en 2011) sur le changement climatique. Il
est également mentionné comme un des documents permettant une communication relative
à l’adaptation soumise et actualisée périodiquement tel que requis par l’Accord de Paris
(paragraphe 10) dont Madagascar est signataire.

Conformément à la méthodologie établie et validée par le BN-CCCREDD+, la formulation du


présent document a été soutenue par un ensemble d’activités pouvant être résumé comme
suit :

I.1.1 Collecte de données et analyses documentaires

Les activités suivantes ont été conduites pour l’élaboration de ce document :

▪▪ Consultation des dispositions nationales liées à la Politique Nationale de Lutte contre le


Changement Climatique (PNLCC) ;
▪▪ Consultation des politiques et stratégies sectorielles du pays qui mentionnent la prise en
compte du changement climatique ;
▪▪ Collectes et analyses continues des documentations existantes en matière de lutte contre
le changement climatique (atténuation et adaptation) et/ou d’analyses de vulnérabilité et
de risque, issues des résultats de recherche, des programmes ou projets ayant été mis
en œuvre (ou en cours de mise en œuvre) ;
▪▪ Consultations des acteurs aux niveaux national et inter-régional ;
▪▪ Collecte et analyse des données climatiques produites par la Direction Générale de la
Météorologie (DGM) ;
▪▪ Consultations des documents produits par les autres pays dans une démarche de
« benchmarking ».

Une Feuille de route PNA a été élaborée par le Comité PNA mis en place déjà en 2017,
comme un cadre établi par le BN-CCCREDD+, montrant les différentes étapes de l’élaboration
du document et reflétant son caractère transversal, multidimensionnel et intersectoriel. La
Feuille de route est partagée entre les différentes parties prenantes, afin que celles-ci puissent
se positionner par rapport à leurs contributions respectives au processus. Les contributeurs
à la Feuille de route sont le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD),
la coopération allemande (GIZ), l’Agence des Etats-Unis pour le développement international
(USAID), World Wide Fund (WWF), Conservation International (CI), Worldlife Conservation
Society (WCS) et la Cellule de Prévention et de Gestion des Urgences (CPGU).

Plan National d’Adaptation de Madagascar 3


I.1.2 Consultations

Le présent document s’appuie sur une série de consultations originales effectuées à différents
niveaux : régionaux et nationaux.

Différents acteurs (ministères, collectivités, ONG, membres du secteur privé) impliqués dans
les secteurs-clés concernés par l’atténuation et l’adaptation au changement climatique :
agriculture-élevage-pêche, aménagement du territoire-habitat-travaux publics, zones côtières,
ressources en eau, forêts-biodiversité, éducation, réduction des risques de catastrophes,
santé publique, etc., ont été notamment consultés.

Le secteur privé, les Organisations de la Société Civile (OSC) et les partenaires techniques et
financiers ont été également mobilisés pour des entretiens individuels ou pour participer aux
ateliers de concertation.

Les membres du Comité National sur le Changement Climatique (CNCC) ont également été
impliqués à trois reprises au travers de réunions d’échanges, sur la base du travail en cours.
Le Comité Interministériel pour l’Environnement (CIME) a été aussi mobilisé à l’initiative du
MEDD, afin de présenter les programmes structurants du Plan, en Juin 2019.

Par ailleurs, sous la direction du BN-CCCREDD+, cinq ateliers de consultations inter-régionaux


ont été menés, afin de collecter les informations auprès des 22 Régions, en vue de produire
le PNA (et le PANLCC : Plan d’Action National de Lutte contre le Changement Climatique).

Tableau 1 : Calendrier des concertations menées dans le cadre de l’élaboration du PNA.


ATELIER DE DATE RÉGIONS REPRÉSENTÉES
CONCERTATION
Tamatave Février 2019 Atsinanana, Analanjirofo, Alaotra Mangoro
Fianarantsoa Mars 2019 Haute Matsiatra, Vatovavy Fitovinany, Atsimo
Atsinanana, Ihorombe, Amoron’i Mania
Tuléar Mars 2019 Atsimo Andrefana, Androy, Anosy
Diego Avril 2019 Diana, Sofia, SAVA, Boeny, Betsiboka
Antsirabe Avril 2019 Itasy, Vakinankaratra, Bongolava, Analamanga,
Melaky, Menabe

De l’autre côté, les recommandations ressorties des ateliers de concertations régionales


organisés en 2018 par les entités s’étant impliquées dans la Feuille de route ont été prises en
compte dans le cadre du présent processus.

L’ensemble de ce travail précurseur a visé à définir de manière participative les enjeux


de développement et les besoins des Régions en termes de lutte contre les impacts des
changements climatiques, afin de les intégrer au niveau national dans le PNA. Les spécificités
de chaque Région au regard de son exposition aux risques climatiques, de ses principaux
secteurs d’activités et de sa vulnérabilité socio-économique et environnementale ont été
prises en compte.

Les consultations ont été à la base de la formulation des priorités et actions du présent plan,
elles ont aussi servi à collecter les initiatives en cours sur le territoire, à hiérarchiser les besoins
et à définir les potentiels freins de mise en œuvre.

4 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Ces consultations se sont voulues inclusives, avec l’implication de représentants du secteur
public, du secteur privé et de la société civile, et avec une attention particulière portée sur
la représentativité des femmes. Elles ont fait intervenir un total de 220 acteurs locaux et ont
permis un meilleur ciblage et priorisation au niveau régional des activités d’adaptation sur le
changement climatique.

Figure 1 : Synthèse des aléas climatiques majoritaires cumulés par région (sur la base du travail effectué lors
des concertations inter-régionales et des perceptions recueillies).

Plan National d’Adaptation de Madagascar 5


I.2 INFORMATIONS DISPONIBLES

Comme susmentionné, les démarches entreprises se sont basées essentiellement sur les
informations disponibles, recueillies à travers la documentation, les concertations et les
échanges.

Les documents consultés incluent :

▪▪ Un « État des lieux » relatif à une soixantaine de documents portant sur les études/
analyses de vulnérabilité, les risques climatiques et l’adaptation au changement
climatique, qui a été élaboré dans le cadre du Projet de Renforcement des Conditions
et Capacités d’adaptation durable au Changement Climatique (PRCCC) du Programme
d’Appui à la Gestion de l’Environnement (PAGE) avec l’appui de la GIZ, et qui a été
fourni par le BN-CCCREDD+ ;
▪▪ Les trois Communications Nationales sur le changement climatique (2002, 2010,
2018) ;
▪▪ Le Programme d’Actions National d’Adaptation au changement climatique
(PANA -2006) ;
▪▪ La liste Actions Nationales d’Atténuation Appropriées (ANAA - 2010)1 ;
▪▪ La Politique Nationale de Lutte contre le Changement Climatique (PNLCC - 2011) ;
▪▪ La Contribution Déterminée au niveau National (CDN -2015) ;
▪▪ La Stratégie Nationale REDD+ (2018) ;
▪▪ Les rapports d’évaluation des risques climatiques dans les Régions de Boeny,
d’Analamanga et de DIANA incluant des chaînes d’impacts pour les secteurs forêt et
biodiversité, pêche et zones côtières, agriculture et élevage, infrastructures, ainsi que
des cartes et des indicateurs des risques climatiques, ainsi que des options d’adaptations
(2018) ;
▪▪ Le document sur les indicateurs de suivi pour les options d’adaptation (2018) ;
▪▪ Le Rapport sur des Ateliers d’évaluation et de renforcement des capacités nationales
pour la planification de l’adaptation au changement climatique à Madagascar (2018)2 ;
▪▪ Plusieurs résultats de recherche au niveau des universités.3

D’autres documents ont été mobilisés, correspondant aux politiques et stratégies sectorielles
du pays et qui mentionnent la prise en compte du changement climatique :

▪▪ La Politique Nationale d’Aménagement du Territoire - PNAT (2006) ;


▪▪ La Stratégie Nationale sur le Changement climatique du secteur Agriculture-Élevage-
Pêche (2012) ;
▪▪ La Politique Nationale de l’Éducation Relative à l’Environnement pour le Développement
Durable - PErEDD (2013) ;
▪▪ La Politique Nationale de l’Environnement pour le Développement Durable (2015) ;

1
Bien que centrés sur l’atténuation, ces documents ont été consultés afin de soutenir une action climatique cohé-
rente entre l’adaptation et l’atténuation. Ils ont permis d’élaborer des activités d’adaptation portant des co-béné-
fices en matière d’atténuation
2
Ces documents sont des documents internes au BN-CCCREDD+
3
Les travaux et publications de recherche mobilisés sont cités dans les documents et dans les références biblio-
graphiques

6 Plan National d’Adaptation de Madagascar


▪▪ Le Rapport d’analyse de vulnérabilité au changement climatique du secteur Santé-
PANASS (2015) ;
▪▪ La nouvelle Politique de l’Énergie (NPE) et d’une Stratégie pour la République de
Madagascar (2015) ;
▪▪ Le Plan directeur de la recherche sur les énergies renouvelables (2015) ;
▪▪ Le Plan directeur de la recherche sur l’environnement lié au changement climatique
(2015) ;
▪▪ La Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes (SNGRC - 2016) ;
▪▪ Le document Programme Stratégique pour la Résilience Climatique (Strategic Program
for Climate Resilience - SPCR, 2017) ;
▪▪ La lettre de Politique de l’Énergie de Madagascar - 2015-2030 ;
▪▪ Le document élaboré par le réseau mondial pour le PNA : « Un processus de PNA qui
répond aux enjeux de l’intégration du genre » (2018) ;
▪▪ Le Plan d’Actions National pour la Gestion Intégrée des Zones Côtières - PANGIZC
2018-2022 ;
▪▪ Le Plan Sectoriel de l’Éducation - PSE-2018-2022 ;
▪▪ Les résultats de l’étude conduite par la Direction Générale Météorologie sur les
projections climatiques à Madagascar (2019)4 ;
▪▪ L’Initiative Emergence Madagascar (2019) et le Plan Emergence Madagascar
2019-2023 (2019), comme documents cadre structurants.

Enfin, en 2019, des documents référentiels ont été élaborés par l’Office National pour
l’Environnement (ONE), le BN-CCCREDD+ et la GIZ, dans le cadre du Programme PRCCC-
PAGE/GIZ.

Ces documents se basent sur des résultats de démarches ou études effectuées au sein de
Communes sélectionnées dans les Régions d’Analamanga, de Boeny et de DIANA :

▪▪ Démarches méthodologiques d’élaboration des cartes de vulnérabilité et de risque ;


▪▪ Stratégies locales d’adaptation au changement climatique (SLA) ;

Des outils ont été également produits en 2018 dans le cadre du même programme :

▪▪ Guide pour l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans le Schéma


d’Aménagement Communal (SAC) par une démarche d’ Évaluation Environnementale
Stratégique (EES) ;
▪▪ Directives pour l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les
référentiels de planification territoriale par une démarche d’évaluation environnementale
stratégique.

Il est à noter que, malgré la multiplicité des documents, il a été observé que les analyses
ou études de vulnérabilité conduites à Madagascar, pour certaines régions ou secteurs, ne
suivent pas de démarche standardisée et ne sont donc pas homogènes, certaines se réfèrent
au cadre d’analyse du rapport AR4 (Quatrième rapport d’évaluation du GIEC) centrées sur la
vulnérabilité, tandis que les plus récentes s’appuient sur le concept de risque tel que développé
dans le rapport AR5 (Cinquième rapport d’évaluation du GIEC).
4
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 7


Aussi, durant 10 ans, l’absence d’informations produites au niveau national concernant
l’évolution du climat et les projections climatiques a rendu le pays « dépendant » des résultats
de recherches conduites par des partenaires extérieurs et ayant des portées géographiques
limitées. Si le document de 2008 produit par la DGM a beaucoup servi au cours de ces
dernières années, les besoins en informations plus affinées, plus localisées et plus ciblées par
rapport aux secteurs d’activité se sont toujours fait sentir. D’où l’importance du document sur
les projections climatiques, sorti récemment et qui va beaucoup soutenir les analyses futures
relatives à la vulnérabilité.

Enfin, du point de vue institutionnel et organisationnel, malgré l’existence d’un Bureau National
en charge de la Coordination des Changements Climatiques, il n’existe pas de système formel
(ex : répertoire par région ou par secteur) de gestion des connaissances sur les résultats
d’études (analyses de vulnérabilité, étude des capacités d’adaptation, étude sectorielle sur
l’adaptation/atténuation, etc.). Toutefois, un tel dispositif est prévu dans un futur proche.

ELECRIFICATION RURALE À HAUTE-MATSIATRA


crédit photo: GERP

8 Plan National d’Adaptation de Madagascar


II. CONTEXTE

II.1 CONTEXTE SOCIO-ÉCONOMIQUE NATIONAL

Figurant parmi les pays les pays les plus pauvres et avec une croissance démographique de
3,01% par an (INSTAT, 2018), Madagascar fait face à de nombreux défis socio-économiques
et de développement.

L’insécurité alimentaire et le taux de malnutrition ont atteint un niveau alarmant depuis 2011,
avec environ 35% de la population rurale affectée par l’insécurité alimentaire sévère et avec 48%
considérée comme étant vulnérable (UNICEF). Les grandes zones urbaines sont également
touchées, du fait d’un exode rural important et d’une forte croissance démographique. En
2019, 75% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté qui est de 1,90 $/jour.5

Avec 80,5 % de la population vivant en milieu rural, contre 19,5% résidant en milieu urbain
(INSTAT), le secteur agricole représente la principale source de revenu pour une majorité de
la population et joue un rôle déterminant pour l’évolution de la pauvreté. Par ailleurs, bien
que l’économie dépende fortement du commerce extérieur et étant essentiellement basée
sur l’échange de produits agricoles, de la pêche et sur les produits miniers, les principaux
moteurs de croissance ces dernières années relèvent des secteurs de l’industrie et des
services. Aussi, la forte demande mondiale de certains produits comme le nickel et la vanille,
devraient contribuer à faire croître l’économie nationale au cours des prochaines années.
Toutefois, cette reprise économique profite principalement à la population urbaine, tandis que
la population rurale agricole demeure marginalisée.

Les problématiques socio-économiques et environnementales actuelles devraient s’exacerber,


Madagascar s’avérant être fortement exposé et vulnérable au changement climatique, dont
les effets sont déjà perceptibles.

II.2 LE GENRE DANS LE CONTEXTE SOCIAL

Madagascar a pris un certain nombre de dispositions dans le domaine du Genre sur le plan
législatif en adoptant le Plan d’Action National pour l’Éducation des Filles (PANEF)6 au début
des années 1990. Cette stratégie vise à réduire les disparités entre les femmes et les hommes
en milieu rural et urbain. Cinq enjeux principaux sont abordés :(1) améliorer les revenus et
le statut économique des femmes (notamment des femmes rurales et des femmes cheffes
de foyer), (2) augmenter le niveau d’éducation et de formation des femmes et des filles, (3)
promouvoir les droits à la santé et les droits reproductifs, (4) renforcer la participation des
femmes dans les processus de prise de décision et (5) améliorer les mécanismes institutionnels
relatifs à l’égalité́ des sexes.

Le pays a également intégré la Plateforme d’action de Beijing lors de la 4ème Conférence


Mondiale sur les Femmes en 1995, Madagascar ayant affirmé l’égalité des sexes et
l’émancipation des femmes comme principes fondamentaux du développement humain et
durable.
5
Banque Mondiale : Madagascar, Vue d’ensemble (janvier 2019)
6
Décret n° 95-645 DU 10 OCTOBRE 1995relatif au Plan d'Action National pour l'Education des Filles (PANEF)

Plan National d’Adaptation de Madagascar 9


Le pays a ainsi adopté une stratégie nationale de l’intégration transversale de la dimension
« genre » à travers le Plan d’Action National Genre et Développement (PANAGED)7 dans
toutes interventions du développement, et s’est engagé à mettre en œuvre des politiques et
programmes spécifiques pour la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes. Le
PANAGED était prévu sur 5 ans (2004-2008), et n’a pas encore connu de mise à jour à l’heure
actuelle.

Le PANAGED a été formulé dans un contexte où le changement climatique ne faisait pas encore
partie des sujets importants à considérer dans les documents de référence. Néanmoins, les
actions et programmes du PNA sont préconisés pour être mis en œuvre de manière inclusive,
à responsabilités égales, mais différenciées en tenant compte des spécificités des genres.

Par ailleurs, le PEM, dans sa priorité stratégique 13, souhaite promouvoir l'autonomisation des
femmes et la protection des droits de l'enfant, par plusieurs réformes, actions et mesures qui
seront mises en place d’ici 2023.

Ces dernières années, une évolution positive a été néanmoins constatée dans le domaine
du genre à Madagascar. Selon le RMDH, l’Indice de Développement Humain ajusté des
Inégalités (IDHI) a connu un taux de croissance annuel moyen de 1,3%, passant de 0,282
point en 1993 à 0,378 en 2016. Par ailleurs, le pays a eu un Indice de Développement humain
du Genre (IDG) de 0,988 en 2015, qui permet de classer Madagascar dans le troisième groupe
(parmi 5) des pays ayant atteint une égalité moyenne dans ses accomplissements d’IDH entre
les femmes et les hommes. Le taux est supérieur à celui des pays d’Afrique subsaharienne
qui est de 0,877.

Les disparités de scolarisation filles/garçons aux niveaux primaire et secondaire sont faibles à
Madagascar, notamment par rapport à ce qui est observé en moyenne dans les pays d’Afrique
subsaharienne. Au niveau primaire et secondaire, Madagascar atteint quasiment la parité :
les ratios de scolarisation filles/garçons étant de 98,7% au primaire et de 95,4% au niveau
secondaire.9 Au niveau supérieur, la situation se dégrade au détriment des filles mais reste
plus équilibrée par rapport à d’autres pays avec un ratio de scolarisation femme/homme de
91,8%, tout en considérant que l’enseignement supérieur ne concerne que 4% de la population
malagasy (Banque Mondiale, 2012).

Les impacts directs et indirects des changements climatiques affectent toutes les échelles
et niveaux de développement. Toutefois, les différences entre les femmes et les hommes
dans leurs rapports à leur environnement, leurs conditions économiques et l’accès inégal aux
ressources et aux prises de décision suggèrent que les impacts ne seront pas uniformes
(Randriamaro, 2012).10

7
Plan d’action national genre et développement 2004-2008
8
PNUD (2018). Rapport national sur le développement humain Madagascar
9
Data Word Bank.
10
Ministère de l’Environnement de l’Écologie, et des Forêts, 2019. Pour un Processus de Plan National d’Adapta-
tion (PNA) qui Réponde aux Questions de Genre à Madagascar

10 Plan National d’Adaptation de Madagascar


II.3 CONTEXTE ENVIRONNEMENTAL

Abritant environ 5% de la biodiversité mondiale, Madagascar est connu par la richesse de son
capital naturel. Cette riche biodiversité est hébergée au sein de plusieurs régions écologiques,
caractérisées par une variété d’écosystèmes terrestres (de forêts, de champs agricoles et de
zones herbeuses), aquatiques (zones humides, eaux continentales), marins et côtiers. Ces
différents types d’écosystèmes abritent un complexe spécifique et varié de faune et de flore.

De l’autre côté, d’autres enjeux comme les pollutions de l’air et du sous-sol, la prépondérance
de l’utilisation de l’énergie fossile et des bois, ainsi que la gestion des déchets, affectant la
qualité de l’environnement dans son ensemble et touchant particulièrement les ressources
en eaux (quantité et qualité) et les caractéristiques du sol (dégradation, érosion, fertilité,
caractéristiques physico-chimiques), sont également liés aux changements climatiques.

Le décloisonnement du « secteur environnement » et le développement d’initiatives


intersectorielles (environnement-agriculture, environnement-mines, environnement-pêche,
lutte contre le changement climatique-gestion des risques, etc.) font partie des réponses
du Gouvernement, ainsi et surtout que la mise en place des cellules ou département «
environnement » au sein de chaque ministère sectoriel, afin d’optimiser le développement des
réflexions et des actions complémentaires et intégrées.

Les activités de reboisement (effectuées et programmées prochainement) y compris


les reboisements des mangroves, le transfert de gestion des ressources naturelles aux
communautés de base à travers la GELOSE (Gestion Locale Sécurisée), la GCF (Gestion
Contractualisée des Forêts) et les dispositifs relatifs au transfert de gestion des ressources
halieutiques et écosystèmes aquatiques font également partie des dispositifs mis en œuvre
pour assurer la durabilité de l’environnement.

De l’autre côté, la mise en place et la gestion des aires protégées figurent parmi les politiques
adoptées par le Pays, pour la préservation de ses ressources naturelles en général, et de sa
biodiversité, en particularité. En 2015, Madagascar dénombre 122 aires protégées réparties
sur 7 082 525 ha, représentant environ 12% du territoire.11 Le Pays a ainsi dépassé la Vision
Durban12 consistant à tripler la superficie de ses aires protégées qui étaient de 1,7 millions en
2003. Madagascar présente un taux de protection des habitats terrestres s’élevant à 15% du
territoire, s’approchant ainsi des objectifs d’Aichi qui fixe l’objectif national à 17%. Avec près de
80% d’espèces de plantes et 90% d’animaux endémiques, le pays dispose d’une biodiversité
mondiale unique à préserver.

Par ailleurs, il est essentiel de comprendre les liens entre le changement climatique et la
conservation à long terme de la biodiversité de Madagascar. Comme ailleurs, le climat constitue
le principal facteur contrôlant la structure et la productivité végétale, ainsi que la composition
des espèces animales et végétales à l’échelle mondiale. Un grand nombre de végétaux ne
peuvent se reproduire et croître que dans une plage de températures spécifiques, réagissent
à des volumes et des profils saisonniers de précipitations spécifiques, risquent d’être déplacés
par la concurrence d’autres végétaux ou de ne pas survivre à des changements climatiques. De
même, les espèces animales nécessitent des plages de températures et/ou de précipitations
également spécifiques et dépendent de la présence permanente d’espèces indispensables à
leur alimentation.
11
Ministère de l’Environnement, de l’Écologie et des Forêts (2017), Rapport sur l’Avenir de l’Environnement de
Madagascar (RAEM)
12
En 2003, lors du Congrès mondial des Aires Protégées à Durban, le Président de la République de Madagas-
car a déclaré l’engagement du Pays à tripler la superficie de ses aires protégées

Plan National d’Adaptation de Madagascar 11


Sur le plan scientifique, il est établi que la variation de la localisation géographique des
microclimats à Madagascar aurait été déterminante pour le taux d’endémisme de sa biodiversité
(Wilmé et al. 2006). De nombreux taxons malgaches semblent être liés étroitement avec les
conditions climatiques avec lesquelles ils se produisent, notamment des plantes, des lémuriens,
des reptiles et des amphibiens, papillons, escargots et fourmis. De même, pour les écosystèmes
côtiers et marins, les changements climatiques peuvent provoquer des changements dans la
répartition des espèces et une augmentation du stress thermique outre les blanchissements
des coraux et la dégradation des mangroves. Au fil des siècles, si le changement climatique
« naturel » conduit inévitablement à l’extinction de nombreuses espèces (cf. Présentation
S. Goodman, Consultations inter-régionales, Axe Nord), les interventions humaines, favorisant
les changements climatiques anthropiques, constituent un facteur exacerbant.

Bien que des informations manquent encore sur la répartition des espèces et les relations avec
le changement climatique, ainsi que sur la vitesse avec laquelle les espèces peuvent s’adapter
ou non à l’accélération du changement climatique, les résultats de nombreuses recherches
permettent déjà de reconnaître que les changements climatiques augmentent la probabilité
d’extinctions d’espèces et/ou de changements dans la répartition des espèces, tandis que des
changements dans la répartition des espèces peuvent à leur tour causer des perturbations de
la communauté et la formation de nouveaux assemblages d’espèces (Williams et al. 2007).

FORÊT HUMIDE DE RANOMAFANA


crédit photo: Ramboll

12 Plan National d’Adaptation de Madagascar


II.4 CHANGEMENT CLIMATIQUE À MADAGASCAR

II.4.1 Caractéristiques climatiques, évolutions passées et tendances actuelles

Localisé dans le bassin du sud-ouest de l’Océan Indien, et soumis à une alternance entre
saisons sèches (de Mai à Octobre) et humides (de Novembre à Avril), Madagascar présente
quatre principales zones climatiques : la côte Est humide, les hautes terres centrales, le Nord-
Ouest, et le Sud-Ouest semi-aride.13 La température moyenne annuelle varie de 14 à 22°C
et les précipitations moyennes annuelles se situent entre 500 mm et 2750 mm (DGM, 2019).

Figure 2 : Précipitations moyennes annuelles (mm) et température moyenne annuelle (°C) à Madagascar de
1971 à 2000.14 Source: Climate Research Unit (CRU).

Tableau 2 : Régions inclues dans les zones climatiques.


Nord-Ouest Diana, Sofia, Boeny, Betsiboka, Melaky
Sud-Ouest Menabe, Atsimo Andrefana, Androy, Ihorombe
Hautes Terres Centrales Haute Matsiatra, Amoron’i Mania, Vakinankaratra, Itasy, Bongolava,
Analamanga, Alaotra Mangoro
Côte Est Sava, Analanjirofo, Atsinanana, Vatovavy Fitovinany, Atsimo
Atsinanana, Anosy

Madagascar connaît des situations climatiques variables dues à l’insuffisance ou l’irrégularité


des pluies, et est fréquemment soumis à des événements climatiques extrêmes (cyclones,
sécheresses, inondations, etc.) provoquant des dommages importants. Entre 1961 et 2017,
les cyclones ont provoqué le décès de 1 193 personnes, détruit 0,6 million de maisons et
touché directement et indirectement 4 millions de personnes. Autre catastrophe climatique, les
inondations ont touché plus de 300 000 personnes au cours de cette période.15

13
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
14
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
15
Desinventar Disaster Loss and Damage Database of Madagascar - https://www.desinventar.net/DesInventar/

Plan National d’Adaptation de Madagascar 13


L’analyse des tendances historiques et de l’évolution des paramètres climatiques montre une
élévation significative des températures sur l’ensemble du territoire sur la période 1961-2017.
Les températures minimales et maximales ont augmenté respectivement de 0,04 et 0,05°C/
an (DGM, 2019).16 En parallèle, les indicateurs de température montrent une évolution à la
hausse des événements extrêmes. Par ailleurs, une diminution des précipitations hivernales
et printanières a été détectée dans la plupart des régions. Enfin, le niveau de la mer s’élève
progressivement, à une vitesse de 1,57 mm/an entre 1993 et 2017, et la température de la mer
dans l’océan Indien occidental a augmenté de 0,60° C entre 1950 et 2009.17

Figure 3 : Analyse des tendances climatiques durant la période 1961-201718

16
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019.
17
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
18
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019

14 Plan National d’Adaptation de Madagascar


II.4.2 Projections climatiques futures

Concernant les futurs changements climatiques à Madagascar, deux scénarios d’émissions


de gaz à effet de serre, relatifs aux scénarios modéré (RCP 4.5) et élevé (RCP 8.5) sont
considérés.19

Les projections montrent une évolution à la hausse des températures, avec des températures
minimales et maximales qui pourraient augmenter de +1,3 à 1,6 °C d’ici 2050 et de +1,7 à 2,9
°C d’ici 2080.

Figure 4 : Evolution de la moyenne annuelle des Figure 5 : Evolution de la moyenne annuelle des
températures minimales (°C) sur la période 2020-2100 températures maximales (°C) sur la période 2020-2100
pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5.20 pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5. 20
Source : DGM, 2019 Source : DGM, 2019
20

Quant aux précipitations, les changements projetés sont incertains, certains modèles suggé-
rant des conditions plus sèches, tandis que d’autres suggérant des conditions plus humides.
Toutefois, le régime des précipitations devrait être significativement modifié durant la saison
hivernale, de mai à octobre, avec une baisse des précipitations de 9,6 à 16 % d’ici 2080.

Figure 6 : Evolution des précipitations moyennes mensuelles (%) sur les périodes 2030, 2050 et 2080 pour les
scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 par rapport à la période de référence (1971-2000).21 Source : DGM, 2019.
Par ailleurs, d’ici 2100, la fréquence des cyclones tropicaux ne devrait pas changer
19
Travail conduit par la Direction Générale de la Météorologie en 2019, sur la base de 18 modèles GCM (Global
Climate Models) de la suite CMIP5
20
La variabilité intermodèle relative au scénario RCP 4.5 est représentée par la gamme grise et celle relative au
scénario RCP 8.5 par la gamme rose.
21
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances

Plan National d’Adaptation de Madagascar 15


significativement. En revanche, l’intensité des cyclones devrait augmenter de 46% et se
déplacer vers le nord.22 Il est aussi attendu une augmentation probable de 0,28 à 0,48 m du
niveau de la mer en 2100.23

Les projections climatiques futures montrent des disparités régionales sur l’évolution des
paramètres climatiques.24 La partie sud, la côte ouest et le centre de Madagascar devraient
connaître une élévation accrue des températures. 2526

Figure 7 : Evolution de la moyenne annuelle des tem- Figure 8 : Evolution des précipitations moyennes
pératures minimales (°C) aux horizons 2030, 2050 et annuelles (en %) aux horizons 2030, 2050 et 2080
2080 relativement à la période de référence (1971-200) relativement à la période de référence (1971-200) et
et selon l'ensemble de modèles CORDEX pour les scé- selon l'ensemble de modèles CORDEX pour les scéna-
narios RCP 4.5 et RCP 8.5.24 Source : DGM, 2019. rios RCP 4.5 et RCP 8.5.25 Source : DGM, 2019.

climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019


22
GFDRR, 2011. Vulnerability, Risk Reduction, and Adaptation to Climate Change
23
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
24
Travail de la Direction Générale de la Météorologie en 2019, sur la base de 16 modèles régionaux RCMs
(Regional Climate Models) issus de CORDEX AFRICA et de 7 modèles réduits de la NASA NEX (Statistical and
Spatial Downscaled Models)
25
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
26
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019

16 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Les modèles prévoient une tendance progressive à l’augmentation des précipitations sur la
côte ouest, alors que la côte est, le sud et le centre du pays devraient connaître une diminu-
tion des précipitations d’ici la fin du siècle.

Figure 9 : Evolution des précipitations moyennes annuelles (en %) aux horizons 2030, 2050 et 2080 relativement
à la période de référence (1971-200) pour les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5.27

L’élévation du niveau moyen de la mer projeté pour l’ensemble du globe est aussi attendue
sur les régions côtières de Madagascar et pourrait atteindre en moyenne entre 34 cm et 48 cm
vers la fin du XXI siècle.28 Toutes les régions ne seraient pas exposées de la même manière :
par exemple, la côte de Morondava (Moyen-ouest) serait très exposée à une élévation
accélérée du niveau moyen de la mer, de l’ordre de 7,4 mm/an et comprenant un recul des
côtes compris entre 5 et 6 cm/an.29 Sur le littoral de Mahajanga (Nord-ouest), l’élévation du
niveau de la mer serait moins rapide et comprise entre 3 à 4 mm/an.30

27
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
28
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances
climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019
29
P. Ramarojaona et G. Moynot, (2011). Présentation des études et analyses de la vulnérabilité et adaptation
dans le cadre du projet ACCLIMATE. Atelier national à Madagascar, présentation faite le 20 janvier 2011.
30
P. Ramarojaona et G. Moynot, (2011). Présentation des études et analyses de la vulnérabilité et adaptation
dans le cadre du projet ACCLIMATE. Atelier national à Madagascar, présentation faite le 20 janvier 2011.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 17


Figure 10 : Projection de l’élévation du niveau de la mer à Madagascar à l’horizon 2100 considérant différents
scénarios et en comparaison avec les projections moyennes globales. Source : DGM, 201931

31
MTTM/ Direction Générale de la Météorologie, CPGU, Banque Mondiale et RIMES, (2019). Les tendances

PÊCHEURS À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar

18 Plan National d’Adaptation de Madagascar


II.4.3 Analyse des vulnérabilités et des risques par secteur
Afin de présenter une synthèse en cohérence avec la normalisation internationale, le
vocabulaire relatif à la conceptualisation du risque est utilisé, tel que défini dans le cinquième
rapport du GIEC (AR5, 2014). Le risque climatique est la résultante de l'interaction entre des
aléas climatiques (les tendances et les évènements extrêmes), la vulnérabilité et l'exposition
des territoires et systèmes anthropiques et naturels.

ALEAS EXPOSITION VULNERABILITE

Evaluation du climat et du territoire aux aléas Sensibilité et capacité


impacts biophysiques climatiques d'adaption face aux
associés aléas climatiques

RISQUE

IMPACTS

Impacts directs Impacts socio- Impacts


sur les humains économiques environmentaux

Figure 11 : Cadre conceptuel du GIEC (AR5, 2014).

Si à terme, l’ensemble des risques liés au changement climatique convergait aux risques
d’insécurité alimentaire et de pauvreté accrue, les risques spécifiques à chaque secteur-clé
sont résumés ci-dessous.32

climatiques et les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019


32
D’après : MTTM, CPGU, Météo Madagascar, Banque Mondial et Rime, (2019). Les tendances climatiques et
les futurs changements climatiques à Madagascar - 2019

Plan National d’Adaptation de Madagascar 19


20

Tableau 3 : Synthèse des risques sectoriels liés aux changements climatiques.


Plan National d’Adaptation de Madagascar

ALÉA AUGMENTATION DE LA DIMINUTION DES CYCLONES TROPICAUX ELÉVATION DU


CLIMATIQUE TEMPÉRATURE PRÉCIPITATIONS POSSIBLEMENT PLUS NIVEAU DE LA MER
SECTEUR INTENSES
Agriculture Risque direct de l’augmentation des Risque d’un besoin accru Risque de dommages Risque d’intrusion marine
températures sur le rendement des d'irrigation surtout pour la causés aux cultures (en et de salinisation de
cultures actuelles. riziculture. particulier les plantations l’eau dans les zones
sensibles à de tels agricoles côtières de
Risque accru lors de hausses évènements comme la basses altitudes avec des
nocturnes de la température. banane) et aux chaînes impacts négatifs sur les
d'approvisionnement. rendements agricoles.
Risque d’élévation du taux
d'évapotranspiration, réduisant
l'humidité du sol et augmentant sa
dégradation.

Risque d’augmentation de la mortalité


du bétail (en particulier les bovins).

Santé publique Risque accru de maladies respiratoires Risque sur la disponibilité de la Risque sur la santé Risques sanitaires liés
aigües. ressource en eau potable. publique suite à la au forage d’eau dans
dégradation de la les zones côtières
Risque de propagation des maladies Risque de pénurie d’eau qualité de l'eau et de (salinisation des nappes
vectorielles comme le paludisme. ayant des conséquences sur l'assainissement. phréatiques).
l'assainissement et l’hygiène.
Risque accru de stress thermique
pour les personnes, entraînant Risque d’évolution des maladies
des problèmes d’acclimatation et vectorielles transmissibles dû à
aggravant les affections médicales une modification de la distribution
préexistantes telles que les problèmes des précipitations entre périodes
cardiovasculaires. sèches et humides.
ALÉA AUGMENTATION DE LA DIMINUTION DES CYCLONES TROPICAUX ELÉVATION DU
CLIMATIQUE TEMPÉRATURE PRÉCIPITATIONS POSSIBLEMENT PLUS NIVEAU DE LA MER
SECTEUR INTENSES
Ressources en eau Risque d’élévation du taux Risque d’un besoin accru Risque de dommages Risque d’intrusion marine
d'évapotranspiration, réduisant d'irrigation surtout pour la aux infrastructures et de salinisation des eaux
l'humidité du sol et appauvrissant le riziculture. hydrauliques dûs aux de surface et souterraines
réapprovisionnement des nappes cyclones. dans les zones côtières.
phréatiques. Risque de diminution des
ressources en eau potable due au
Risque de diminution des eaux de manque de réapprovisionnement
ruissellement et des eaux de surfaces. des nappes phréatiques.

Gestion des Risque accru de stress thermique Risque de sécheresse entraînant Risque de dommages Risque d’intrusion marine
risques et catas- pour les personnes, entraînant des dégâts sur les cultures, une causés aux cultures, et de salinisation des eaux
trophes des problèmes d’acclimatation et pénurie d’eau et d'autres impacts aux infrastructures, de surface et souterraines
aggravant les affections médicales socio-économiques. aux chaînes dans les zones côtières.
préexistantes telles que les problèmes d'approvisionnement, aux
cardiovasculaires. services, etc.
Plan National d’Adaptation de Madagascar

Infrastructures Risques de fragilisation des ouvrages Risque de dégradation Risque de dégradation


bâtis due à la dilatation pendant les des infrastructures. des infrastructures
épisodes extrêmes de chaleur par Risque de destruction des côtières.
exemple dégradation des bandes infrastructures.
roulantes pendant les périodes de Risque de destruction des
températures extrêmes. infrastructures.

Energie Risque de perte de débit engendrant Risque de perte de débit Risque de dégradation
diminution de la production d’énergie. engendrant la diminution de la des infrastructures du
production d’énergie. secteur énergie.
21
22
Plan National d’Adaptation de Madagascar

ALÉA AUGMENTATION DE LA DIMINUTION DES CYCLONES TROPICAUX ELÉVATION DU


CLIMATIQUE TEMPÉRATURE PRÉCIPITATIONS POSSIBLEMENT PLUS NIVEAU DE LA MER
SECTEUR INTENSES
Gestion des zones Risque de dégradation de la Risque de dégradation de la Risque de dégradation Risque d’intrusion marine
côtières, biodiver- biodiversité et des écosystèmes, biodiversité et des écosystèmes, des récifs coralliens et des et de salinisation des eaux
sité et foresterie notamment accrue par la déforestation. notamment accrue par la écosystèmes côtiers sous- de surface et souterraines
déforestation. marins. dans les zones côtières
et de destruction des
Risque d’augmentation habitats terrestres côtiers
des inondations côtières intolérants au sel.
affectant les écosystèmes
côtiers.

Risque de dégradation
des écosystèmes
terrestres.

Transports Risque Risque d’endommagement


d’endommagement des des infrastructures
routes dû aux inondations routières à proximité
causées par les cyclones. immédiate de la mer.

Pêche Risque d’évolution des populations Risque de rallongement des Risque d’augmentation
de poissons et de modifications des périodes d’étiage, perturbant des coûts de production
cycles de reproduction. ainsi le cycle des espèces, et due à la destruction
engendrant potentiellement une des infrastructures et à
Risque de dégradation des habitats perte de ressources dans les eaux l'interruption des chaînes
et écosystèmes (récifs coralliens douces. d'approvisionnement.
et mangroves) et de migration des
poissons hors des zones de pêche
historiques.
ALÉA AUGMENTATION DE LA DIMINUTION DES CYCLONES TROPICAUX ELÉVATION DU
CLIMATIQUE TEMPÉRATURE PRÉCIPITATIONS POSSIBLEMENT PLUS NIVEAU DE LA MER
SECTEUR INTENSES
Aménagement du Risque de réduction des terres Risque de réduction des terres Risque de dégradation Risque d’érosion accrue
territoire cultivables et des plans d'eau. cultivables et des plans d'eau. des infrastructures des sols sur la frange
littorale.
Risque de dégradation
des terres agricoles.

Tourisme Risque de perte d’attractivité Risque de perte d’attractivité Risque Risque d’endommagement
touristique due à l’aggravation des touristique due aux conditions de d’endommagement des infrastructures
conditions de chaleur, réduisant le sécheresse affectant le paysage des infrastructures touristiques côtières.
nombre de touristes. vert, ainsi que la biodiversité (flore touristiques.
et faune).
Plan National d’Adaptation de Madagascar
23
Aussi, un travail de synthèse à l’échelle régionale a été conduit. Il découle d’un processus
participatif conduit lors des ateliers de concertation inter-régionaux menés dans le cadre de
l’élaboration du présent Plan National d’Adaptation, ainsi que des résultats d’études antérieures
et documentées. Cette synthèse vise à mettre en lumière les spécificités régionales en termes
de risques climatiques auxquels elles sont confrontées. Le tableau suivant complète la synthèse
précédente (établie d’après la littérature disponible) en s’appuyant sur les informations
consolidées lors des concertations régionales. Ainsi il ne reprend pas tous les secteurs cités
au-dessus mais souligne plutôt les éléments manquants et précise certaines localisations de
risques. Aussi, les deux tableaux doivent être considérés ensemble pour dresser une image
complète de la situation actuelle des risques par secteur et région.

Tableau 4 : Evaluation des risques climatiques par secteur et région (sur la base du travail effectué lors des consul-
tations inter-régionales).

Légende : Evaluation des risques :

Très élevé Élevé Moyennement élevé Faible

SECTEURS ALÉAS RISQUES OBSERVÉS NIVEAU RÉGIONS


OU FUTURS DE
RISQUE
Agriculture, Hausse de Érosion, pertes de Alaotra Mangoro, Androy
élevage température, terres cultivables et/ou DIANA, Sofia, Boeny,
fortes pluies, pastorales, diminution Betsiboka, Melaky, Menabe,
cyclones, des récoltes, insécurité Atsimo Andrefana, Anosy,
sécheresse alimentaire, pertes de Atsimo Atsinanana, Vatovavy
revenu Fitovinany, Atsinanana,
Analanjirofo, SAVA, Bongolava,
Analamanga, Matsiatra Ambony,
Ihorombe
Itasy, Vakinankaratra, Amoron’I
Mania
Pêche Hausse de Diminution et perte des Atsimo Andrefana
température, productions, insécurité DIANA, Sofia, Boeny,
fortes pluies, alimentaire Melaky, Menabe, Atsinanana,
cyclones, Analanjirofo, SAVA, Bongolava,
sécheresse Analamanga
Androy, Anosy, Vatovavy
Fitovinany, Itasy
Atsimo Atsinanana
Santé Hausse de Risque d’augmentation Melaky, Androy, Atsimo
température, du taux de morbidité et Atsinanana, Vatovavy
fortes pluies, mortalité accru Fitovinany, Analanjirofo,
cyclones Bongolava
DIANA, Betsiboka, Menabe,
Atsinanana, SAVA, Itasy,
Analamanga, Matsiatra Ambony
Sofia, Atsimo Andrefana, Anosy,
Vakinankaratra, Amoron’I Mania,
Ihorombe

24 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Zones Hausse de Salinisation, inondation, Menabe
côtières température, submersion des zones
(infrastruc- fortes pluies, urbaines, préjudice vis-
tures) cyclones, à-vis du tourisme Atsimo Andrefana, Atsinanana,
vents violents Analanjirofo
DIANA, Boeny, Melaky, Anosy,
SAVA
Zones Hausse de Hausse du niveau de la Boeny, Analanjirofo
côtières température, mer, préjudice vis-à-vis
Atsinanana
(perte de fortes pluies, du tourisme
plage) cyclones, DIANA
vents violents Sofia, Atsimo Andrefana
Forêts- Bio- Hausse de Perte d’habitat, perte Betsiboka, Menabe, Androy
diversité température, d’espèces, modification
cyclones, des aires de répartition, Alaotra Mangoro, Melaky
sécheresse perte de services
écosystémiques Atsimo Andrefana, Anosy,
Vatovavy Fitovinany,
Analamanga, Matsiatra Ambony
Infrastruc- Fortes pluies, Dégradation des voies Bongolava
tures cyclones de communication,
(routes, limitation des Atsimo Atsinanana, Vatovavy
pistes) écoulements des Fitovinany, SAVA
produits, préjudice vis- Atsimo Andrefana,
à-vis du tourisme Vakinankaratra, Matsiatra
Ambony
Ressources Hausse de Pollution, tarissement, Bongolava
en eau température, maladies Alaotra Mangoro, Sofia, Melaky,
sécheresse Androy, Atsimo Atsinanana,
Vatovavy Fitovinany,
Analanjirofo, Analamanga,
Matsiatra Ambony, Ihorombe
Sofia, Boeny, Menabe,
Atsinanana, Vakinankaratra,
Amoron’I Mania
Éducation Fortes pluies, Absentéisme, Bongolava
cyclones déperdition scolaire SAVA, Atsinanana, Vatovavy
Fitovinany
Vakinankaratra

Note : Ce tableau synthétise à la fois des secteurs proposés durant l’atelier (secteurs du PNA) et ceux
ajoutés par les participants (souvent des secteurs transversaux). Aussi certains secteurs n’ont pas
fait l’objet d’évaluation pour toutes les régions. Les régions manquantes dans le tableau peuvent être
considérées comme été ou n’étant pas concerné (par exemple les zones côtières) par le risque du
secteur.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 25


MARCHÉ D'AMBALAVAO À HAUTE MATSIATRA
26 photo:
crédit Plan National d’Adaptation de Madagascar
Ramboll
III. ARRANGEMENT INSTITUTIONNEL

III.1 DISPOSITION INSTITUTIONNELLE EN VIGUEUR ET GOUVERNANCE

III.1.1 Ancrage institutionnel

Sur la base des principes et des dispositions de la Charte de l’Environnement Malagasy


actualisée (2015) Malagasy et des Conventions Internationales relatives à la protection de
l’Environnement, ratifiées par Madagascar, le Ministre de l’Environnement et du Développement
Durable (MEDD) est chargé de la conception, de la coordination, de la mise en œuvre et du
suivi-évaluation de la politique de l’Etat en matière d’environnement et de Développement
Durable, selon le décret N° 2019 - 138. A ce titre, il a notamment pour mission de renforcer la
lutte contre le changement climatique en vue d’une économie résiliente et d’un développement
à faible émission de carbone.

Le Bureau National des Changements Climatiques, du Carbone et de la Réduction des


Emissions dues à la Déforestation et Dégradation des Forêts (BN-CCCREDD+) est sous
la tutelle du Secrétaire Général du MEDD. Le BN-CCCREDD+ est issu du regroupement
récent du Bureau National de Coordination REDD+ (BNC REDD+) et du Bureau National de
Coordination des Changements Climatiques (BNCCC) en 2019. Il est chargé de coordonner
toutes initiatives et actions relatives aux changements climatiques et à la REDD+. Ces actions
visent à promouvoir une économie résiliente aux changements climatiques, à réduire les
émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts, ainsi que les autres gaz à
effet de serre à l’origine du changement climatique, afin de parvenir à un développement
durable à faible émission de carbone. Il est placé sous l’autorité du Coordonnateur du Bureau
National des Changements Climatiques, du Carbone et de la Réduction des Emissions dues
à la Déforestation et Dégradation des Forêts (BN-CCCREDD+), ayant rang de Directeur au
sein du Ministère.

Le BN-CCCREDD+ dispose de :

▪▪ Un Service Développement des Stratégies Changements Climatiques (SDS-CC) ;


▪▪ Un Service Développement de la Stratégie REDD+ (SDS-REDD+) ;
▪▪ Un Service Administratif et Financier (SAF) ;
▪▪ Un Service Fonds Carbone et Financements Extérieur (SFCFE) ;
▪▪ Un Service Planification, Suivi-Evaluation et Gestion Base de Données (SPSE-GBD) ;
▪▪ Un Service Communication et Partenariat (SCP).

De l’autre côté, la plateforme nationale REDD+ (PFN REDD+) et les plateformes régionales
REDD+ (PFR REDD+) ont été mises en place.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 27


La PFN REDD+33 a été créée par Arrêté ministériel n° 14569/2016 du 12 juillet 2016. Elle est
constituée de 31 membres issus de différentes entités : Administration, représentants des
Régions et Districts, secteur privé, partenaires techniques et financiers, universitaires, société
civile, communautés de base, agences spécialisées, gestionnaire de forêt.

La plateforme a été consultée et impliquée notamment pour la formulation des orientations


stratégiques et des cadres de mise en œuvre de stratégie nationale REDD+. La stratégie
nationale REDD+ se décline au niveau de chaque Région (PFR REDD+) au travers de
plateformes régionales REDD+ de référence visant à :

▪▪ Intégrer la spatialisation REDD+ dans les outils d’aménagement du territoire, à savoir


les SRAT et SAC ;
▪▪ Insérer les priorités REDD+ dans les outils de planification forestière, à savoir les PDFR
et les zonages ;
▪▪ Cadrer les initiatives à développer au sein de la Région concernée ;
▪▪ Etablir un guide régional, pour la conception et la formulation des activités REDD+ ;
▪▪ Devenir un document de suivi de la performance socio-économique du mécanisme
REDD+.

Les Directions Inter-Régionales et Régionales de l’Environnement et du Développement


Durable (DIREDD/DREDD) ont vocation à jouer le rôle de relais régional du MEDD/
BN-CCCREDD+ tant au niveau de la coordination que de suivi de la mise en œuvre de
stratégies et actions émanant des politiques du MEDD/BN-CCCREDD+. Elles ont aussi un
rôle de communication et de rapportage auprès du MEDD/BN-CCCREDD+.

Ministre
SDS-CC
SDS-REDD+
Sécretaire BN- SAF
Général CCCREDD+ SFCFE
SPSE-GBD
SCP

Direction Générale du l'Environnement et Direction Générale du Développement


des Forêts (DGEF) Durable (DGDD)

03 DIREDD (Directions Inter-Régionales de l'Environnement et du Développement Durable)


15 DREDD (Directions Régionales de l'Environnement et du Développement Durable)

Figure 12 : Organigramme du Ministère de l'Environnement et du Développement Durable.

33
Bien que relevant de l’atténuation les activités REDD+ ,à Madagascar, impactent également la résilience des
populations et l’adaptation des territoires au changement climatique. Ces activités étant de la responsabilité du
BN-CCCREDD+ tout comme l’adaptation, il paraît important de les faire apparaître ici afin de promouvoir une
gouvernance climatique coordonnée et complémentaire entre atténuation et adaptation.

28 Plan National d’Adaptation de Madagascar


III.1.2 Dispositifs d’appui ou d’accompagnement

En raison du caractère transversal du changement climatique, le Comité National sur


le Changement Climatique (CNCC) a été créé en novembre 2014, selon le décret
n°2014-1588. Le CNCC a été créé, afin de renforcer la coordination de la mise en œuvre de
la PNLCC. Il s’agit d’une structure multisectorielle de concertation, de partage d’information et
d’échanges en la matière. Le Comité National sur le Changement Climatique est présidé par le
Secrétaire Général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), et
le BN-CCCREDD+ en assure le secrétariat permanent. Dans le cadre du PNA, le CNCC joue
notamment un rôle majeur sur les aspects techniques relevant de l’élaboration du document
et sur le processus de validation par le Secrétariat de la Convention Cadre des Nations Unies
sur les Changements Climatiques. Le CNCC se réunit, en session ordinaire, deux fois par an.

Également, deux Comités PNA, à savoir un Comité de Coordination et un Comité Suivi-


Évaluation ont été mis en place, afin d’appuyer et d’accompagner le processus d’élaboration
de ce document PNA. Ces deux Comités, qui dans leurs interventions se sont finalement
fusionnés en un unique « Comité PNA », sont composés de membres issus des ministères
sectoriels et des partenaires techniques, permettent à toutes les parties prenantes de mieux
s’impliquer dans ledit processus et d’obtenir un document PNA adapté au contexte du pays.

En outre, il existe deux autres entités qui peuvent renforcer l’efficacité des actions en matière
d’adaptation au changement climatique :

▪▪ Le Comité Interministériel de l’Environnement (CIME), placé sous l’autorité


du Premier Ministre. Le CIME est l’organe garant de l’intégration des actions
environnementales dans les différentes politiques sectorielles pour un développement
durable. Dans ce cadre, le CIME assiste le Chef du Gouvernement dans le choix des
grandes orientations de la politique environnementale, ainsi que dans celui de stratégies
opérationnelles de mise en œuvre de cette politique. Etant donné que la coordination
de la lutte contre le changement climatique est sous la responsabilité du ministère en
charge de l’environnement, le CIME, qui est une instance de haut niveau, peut être
par conséquent, mobilisé, pour assurer effectivement l’intégration de l’adaptation au
changement climatique, dans les grandes orientations politiques et stratégiques pour le
développement durable.

Le CIME a également pour objectif de soutenir tout ministère et toute Collectivité


Territoriale Décentralisée (CTD) dans leurs initiatives pour l’intégration de la dimension
environnementale et du changement climatique dans leurs efforts de développement,
et d’assurer la coordination interministérielle et transversale autour de ces questions.

▪▪ La plateforme des secrétaires généraux des départements ministériels, siégeant


au sein de la Primature et présidée par le Secrétaire Général du Gouvernement
(SGG). Cette plateforme, récemment redynamisée, joue un rôle très important dans
l’accomplissement des tâches issues des cinq grands axes du programme de la mise
en œuvre de la Politique Générale de l’État, à savoir, gouvernance, paix et sécurité,
économie, environnement et social.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 29


III.2 CADRE RÉGLEMENTAIRE

Madagascar a ratifié la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
(CCNUCC) à travers la Loi n° 98-020 du 02 décembre 1998 et de son Décret d’application
n° 98-168 du 18 décembre 1998. De cette adhésion découlent les dispositifs (textes, politiques)
adoptés par le Pays en matière de changement climatique :

À portée internationale :

▪▪ La Loi n° 2003-009 du 03 septembre 2003 autorisant la ratification du Protocole de


Kyoto de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques et le
décret n° 2003-909 du 03 septembre 2003 portant ratification dudit Protocole ;
▪▪ La Loi 2014-022 du 10 décembre 2014 autorisant la ratification de l’Amendement de
Doha au Protocole de Kyoto et le Décret n°2015-701 du 20 avril 2015 portant ratification
de l’Amendement de Doha ;
▪▪ Loi n° 2016-019 du 30 juin 2016, autorisant la ratification de l’Accord de Paris de la
Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques.

À l’échelle nationale :

▪▪ La Politique Nationale de Lutte contre le Changement Climatique-PNLCC (2011) ;


▪▪ La considération du changement climatique comme faisant partie des risques liés
à l’environnement dans Loi n° 2015-003 du 24 février 2015, portant Charte de
l’Environnement Malagasy actualisée ;
▪▪ L’intégration de la gestion des risques et de catastrophes dans l’adaptation au changement
climatique, dans la Loi n° 2015-031 du 22 février 2016 portant sur la Politique Nationale
de Gestion des Risques et des Catastrophes (PNGRC) ;
▪▪ La reconnaissance des problématiques liées au changement climatique sur la durabilité
de développement dans le Décret n° 2015-1308 du 22 septembre 2015 fixant la Politique
Nationale de l’Environnement pour le Développement Durable (PNEDD).

30 Plan National d’Adaptation de Madagascar


III.3 LIMITE ACTUELLE DE LA COORDINATION DE LA LUTTE CONTRE LE
CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le document « Contribution Déterminée au niveau National » (CDN) rappelle le rôle de


coordination, facilitation, contrôle et suivi de la mise en œuvre effective et efficace des mesures/
actions prévues dans la CDN, du BNCCC (actuellement BN-CCCREDD+). L’organigramme du
ministère en charge de l’environnement précise également ces attributions.

Toutefois à l’heure actuelle, il existe certains freins auxquels le BN-CCCREDD+ fait face pour
la mise en œuvre effective des engagements de Madagascar en termes de lutte contre le
changement climatique. Plusieurs facteurs en seraient la cause : manque de déclinaison des
documents de cadrage des politiques au niveau sectoriel, se traduisant par des manques
d’appropriation et d’intégration, lacunes en termes de renforcement des capacités nationales
(techniques, institutions sectorielles, de mobilisation des ressources et d’absorption
des financements) ; manque de maitrîse des divers dispositifs internationaux en termes
d’opportunité de financement, de transfert de technologies et de recherches relatives à la lutte
contre les changements climatiques ; tutelle du BN-CCCREDD+ sous un ministère sectoriel
qui ne rend pas forcément facile la reconnaissance de son rôle en tant que « coordonnateur »,
aux yeux des autres ministères.

Par ailleurs, au niveau décentralisé, il apparaît que les DIREDD/DREDD rencontrent


des difficultés à assurer leur rôle par manque d’informations et de moyens, mais aussi de
systématisation de leurs communications avec le MEDD/BN-CCCREDD+. La fluidité des
échanges entre les représentants nationaux et régionaux doit être renforcée.

De l’autre côté, la reconnaissance à l’échelle internationale de Madagascar, comme faisant


partie des pays prioritaires devant bénéficier d’attentions particulières en termes d’appuis, n’est
pas encore suffisante. Pour cette reconnaissance, le rôle du BN-CCCREDD+ est essentiel
dans la mobilisation des partenaires techniques et financiers à travers les mécanismes de
coopération bi-multilatérales, les organisations non-gouvernementales internationales et les
acteurs importants dans le secteur privé au niveau mondial. D’où l’importance du document
PNA destiné à être un document de référence pour faciliter les orientations des appuis
potentiels.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 31


III.4 REVUE DES ACTEURS ET DES PROGRAMMES OU ACTIONS D’ADAP-
TATION EN COURS

En ce qui concerne les autres acteurs ou parties prenantes, outre la Direction Générale de
la Météorologie, le ministère sectoriel qui est le plus concerné en termes d’adaptation au
changement climatique est surtout celui en charge de l’agriculture, l’élevage et la pêche. Les
organismes rattachés au MEDD jouent également des rôles importants dans l’accompagnement
des actions ou initiatives d’adaptation, dont notamment :

▪▪ ONE, dont les responsabilités sont déjà décrites dans les paragraphes précédents ;
▪▪ ANAE (Association Nationale d’Actions Environnementales) pour la promotion des
actions de défense et de restauration des sols ;
▪▪ SAGE (Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement) pour les actions de
développement auprès des communautés locales de base ;
▪▪ SNGF (Silo National des Graines Forestières), pour les recherches, la distribution, la
collection, le stockage, la vente et l’approvisionnement des graines forestières ;
▪▪ MNP (Madagascar National Parks), gestionnaire du réseau d’aires protégées de
Madagascar.

Chacun de ces organismes à son niveau, et selon son propre mandat, est partie prenante
dans les actions d’adaptation et collabore avec les autres acteurs, soit directement sur le
terrain (ANAE, SAGE, MNP), soit dans des domaines spécifiques (ONE, SNGF).

La synthèse des principaux programmes d’adaptation en cours à Madagascar est présentée ci-
dessous. Toutefois, cette liste n’est pas exhaustive. Par ailleurs, des projets de développement
sectoriels, intégrant l’adaptation au changement climatique, appuyés par différents partenaires
(coopération multi-bilatérales) sont en cours.

Ces projets et programmes relèvent de différents aspects : Ils sont d’ordre technique et
opérationnel (sous forme de projet), institutionnel, politique et stratégiques.

Quel que soit le niveau d’intervention (politique ou opérationnel), ces projets et programmes
concernent généralement les renforcements de capacité, et visent l’amélioration de la résilience
face au changement climatique. À terme, les cibles des effets attendus sont les populations,
en passant par l’amélioration des politiques et des planifications, et/ou en conduisant des
actions ciblées sur le terrain et qui sont appelées à monter à l’échelle.

32 Plan National d’Adaptation de Madagascar


MARCHÉ D'AMBALAVAO À HAUTE MATSIATRA
crédit photo: Ramboll Plan National d’Adaptation de Madagascar 33
crédit photo: TEC
34

Tableau 5 : Synthèse des principaux programmes et projets d'adaptation en cours à Madagascar.


Plan National d’Adaptation de Madagascar

PROJET SECTEUR OU SOURCES DE MAITRISE DURÉE POPULATION/ IMPACTS ATTENDUS


DOMAINE FINANCEMENT D’OUVRAGE SECTEUR/
BÉNÉFICIAIRE RÉGION CIBLE
Amélioration des capacités Agriculture LCDF/ GEF PNUD 2016- Régions d’Androy, d’Anosy, - Sécurité alimentaire
d’adaptation et de résilience Eau 2020 d’Atsinanana, d’Analamanga - Techniques agricoles
face aux changements et d’Atsimo-Andrefaana adaptées au changement
climatiques dans les climatique
communautés rurales à - Amélioration moyens de
Madagascar (PACARC) subsistance

Promouvoir la résilience Riziculture Adaptation Fund PNUE 2012- Régions d’Alaotra Mangoro, - Augmentation de la
climatique de la riziculture à 2019 puis extension dans l’Itasy, production du riz
travers des investissements zone du Moyen-Ouest et dans - Pratique agricole
pilotes dans la Région Alaotra- la Région de Vakinankaratra améliorée
Mangoro - Sécurité alimentaire

Adaptation de la gestion de la Pêche LCDF PNUE 2015- Institutions aux niveaux Institutions renforcées en :
zone côtière au changement Zones côtières 2020 national et régional : Menabe, - Intégration systématique
climatique en tenant compte Boeny, Atsinanana et du changement climatique
des écosystèmes et des Vatovavy Fitovinany dans les politiques et la
moyens de subsistance planification
- Prises de mesures
concrètes d'adaptation
pour les zones côtières

Programme de Renforcement Multisectoriel Union GIZ 2016- CTD : Communes et Régions et Communes
des conditions et capacités Européenne/ ONE 2020 Régions : Analamanga, résilientes grâce à la mise
d’adaptation durable au AMCC Boeny, DIANA, DGM, en œuvre des SRAT et
changement climatique BMZ Éducation, Aménagement du SAC intégrant le CC
territoire, Infrastructures et
équipements, Santé, Energie
de biomasse, Mine artisanale
PROJET SECTEUR OU SOURCES DE MAITRISE DURÉE POPULATION/ IMPACTS ATTENDUS
DOMAINE FINANCEMENT D’OUVRAGE SECTEUR/
BÉNÉFICIAIRE RÉGION CIBLE
Adaptation des chaînes Agriculture Union GIZ 2018- Anosy, Androy, Atsimo Accroître la résilience
de valeur agricoles au Européenne/ 2022 Andrefana des exploitations opérant
changement climatique à BMZ dans les chaînes de valeur
Madagascar agricoles sélectionnées
face aux risques liés au
changement climatique

Programme Pilote pour la Multisectoriel Banque CPGU 18 mois National Efforts de planification
Résilience Climatique de Mondiale/ CIF nationale recadrés à
Madagascar (PPCR) Phase I travers une nouvelle
lecture du développement
en termes de résilience
climatique
Plan National d’Adaptation de Madagascar

Facilité Adapt’Action : Multisectoriel AFD Expertise 30 à 48 Niveau national et régional Mise en œuvre réussie
déclinaison de la CDN France mois de la CDN à travers
en politiques publiques le renforcement des
sectorielles et plans d’action, capacités du BN-
conception de programmes et CCCREDD+ dans la
projets climat- structurants et gouvernance du CC
transformationnels
35
ELEVEURS DE ZÉBUS À IHOROMBE
36 photo:
crédit Plan National d’Adaptation de Madagascar
Ramboll
IV. PLANIFICATION ET STRATEGIE DE
MISE EN ŒUVRE DE L’ADAPTATION
AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

IV.1 VISION ET ORIENTATIONS

Selon sa Politique Nationale de Lutte contre le Changement Climatique (PNLCC), Madagascar


a pour vision de disposer de toutes les capacités requises favorables au développement
durable du pays.

Les capacités dont il est question revêtent plusieurs aspects :

▪▪ Capacité en ressources humaines : du personnel qualifié et suffisant en effectif, maîtrisant


le concept du changement climatique et le mécanisme de financement y afférent ;
▪▪ Capacité technique et technologique : des recherches, des connaissances et des
moyens (financiers et techniques) à jour, suivant l’évolution du contexte aussi bien à
l’échelle nationale qu'internationale ;
▪▪ Capacité financière : développement et opérationnalisation de politique de financements
propres pour la lutte contre le changement climatique et de politique de mobilisation de
ressources ;
▪▪ Capacité institutionnelle : intégration du changement climatique dans toutes politiques
de développement du pays (dimension nationale, dimensions sectorielles), avec des
modes de gouvernance bien définis (plans d’action, partage des responsabilités,
allocation des ressources, transparence de gestion, etc.).

Pour l’adaptation en particulier, le développement du Plan National d’Adaptation (PNA) est au


centre de la Politique Nationale de Lutte contre le Changement Climatique, dans la mesure où
ce document est appelé à contenir les besoins réels et prioritaires à moyen et à long termes
du pays en matière d’adaptation au changement climatique.

Par ailleurs, sur la base des travaux engagés en 2012, des concertations inter-régionales
menées au cours du premier semestre 2019, et des échanges avec le BN-CCCREDD+ et les
différentes parties prenantes menés entre Novembre 2018 et Septembre 2019, ce document a
été rédigé avec les contributions des instances nationales, qui sont en charge de sa validation.

L’élaboration du Plan d’Action d’Adaptation s’inscrit alors dans la continuité des engagements
pris par Madagascar depuis la ratification de la Convention Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques (CCNUCC). En se basant sur les grandes actions définies dans
le document Contribution Déterminée Nationale (2015), ainsi que les secteurs d’activités
identifiés dans le PANA (2006), le Plan d’Action d’Adaptation adopte dans sa stratégie une
approche sectorielle.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 37


La figure ci-après illustre la chronologie des étapes franchies par le Pays, par rapport à ses
engagements internationaux :

1998 2003 2006 2008 2010 2011 2014 2015 2016 2017 2018 2019

PANA (2006) PNLCC (2011) Stratégie Nationale


REDD+ (2018)
ANAA (2010)
DOCUMENTS NATIONAUX
PANLCC (2019)
SN-MDP (2010)
PNA (2019)
Changement Climatique à Madagascar (2008) CDN (2015)

COMMUNICATIONS 1ère Communication 2ème Communication 3ème Communication


NATIONALES Nationale (2003) Nationale (2010) Nationale (2017)

RATIFICATIONS
Protocole Amendement de Doha (2014) EBT II (2018)
CCNUCC (1998)
de Kyoto (2003)
Accord de Paris (2016)

Légende Atténuation
Directive Adaptation
internationale Climat (Atténuation et Adaptation)

Figure 13 : Chronologie de publication des documents nationaux de référence climat pour Madagascar

Partie intégrante de la Politique Nationale de Lutte contre le Changement Climatique et


répondant aux visions décrites ci-dessus, le Plan National d’Adaptation s’articule autour de
trois grands axes stratégiques définis comme suit :

▪▪ Renforcer la gouvernance de l’adaptation au changement climatique et intégrer


l’adaptation dans les documents et activités de planification ;
▪▪ Mettre en œuvre un programme d’actions sectoriel prioritaire ;
▪▪ Financer l’adaptation aux changements climatiques par le développement d’une
capacité nationale et d’une meilleure mobilisation et coordination des financements
internationaux.

La formulation du document tient compte des directives du Groupe Intergouvernemental


d’Experts sur le Climat (GIEC) et du Groupe d'experts des pays les moins avancés (LEG),
et veille par conséquent à mettre sa démarche en conformité avec les aspects spécifiques
indiqués :

▪▪ Une approche basée sur les risques : suivant le rapport AR5 (Cinquième rapport
d’évaluation du Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat
(GIEC) ;
▪▪ Une approche intégrée : le processus PNA visant à intégrer le risque climatique dans
la planification, les politiques et les programmes de développement national, et tenant
ainsi compte des documents cadres tels que les politiques et plans de développement
du pays ;
▪▪ Une approche inclusive veillant à la considération du genre et tenant compte des
perceptions des acteurs, recueillies lors des consultations inter-régionales ;

38 Plan National d’Adaptation de Madagascar


▪▪ Des solutions spécifiques au pays : le PNA étant un document cadre visant
l’opérationnalisation de mesures d’adaptation en cohérence avec les besoins spécifiques
de Madagascar ;
▪▪ Une approche veillant à la continuité : la planification de l’adaptation à moyen et à long
termes (10 ans) étant un processus itératif et continu, et non une activité ponctuelle. Le
PNA s’ouvre ainsi à ces perspectives de « contextualisation » en fonction des spécificités
socio-économiques et politiques du pays. Dans le cadre de ce processus itératif, le PNA
s’aligne sur les documents-cadres climat existants ;
▪▪ Une approche sectorielle avec des propositions d’orientations stratégiques et d’actions
prioritaires pour chaque secteur au niveau national et/ou régional, tenant compte des
projections climatiques à Madagascar, publiées en septembre 2019 ;
▪▪ Une approche transversale considérant le renforcement des capacités humaines,
financières, techniques, technologiques et institutionnelles ;
▪▪ Une approche programmatique : dix programmes structurants, répondant aux priorités
fortes de Madagascar, sont proposés. Ces programmes visent à proposer des actions
concrètes et cohérentes avec les besoins spécifiques du pays, tout en assurant une
continuité de l’action dans le temps.

Le présent Plan National d’Adaptation a été élaboré dans une perspective de planification de
10 ans, avec une révision possible au bout de 5 ans. L’approche programmatique définit des
programmes de court (1 à 3 ans), moyen (3 à 8 ans) et long termes (au-delà de 8 ans).

Pour chaque programme, les concertations inter-régionales ont permis de préciser sa


localisation, sa durée, les parties-prenantes devant être mobilisées pour la bonne réalisation
des activités. Aussi, une estimation du coût du programme, ainsi que des indicateurs de suivi
sont proposés sur la base des expériences passées et des données collectées durant les
concertations.

Le document étant centré sur l’adaptation au changement climatique, aussi toutes les
actions sélectionnées démontrent un lien explicite avec le changement climatique en termes
d’adaptation.

Les secteurs prioritaires retenus pour le présent document sont :


▪▪ Agriculture-Elevage-Pêche ;
▪▪ Ressources en eau ;
▪▪ Santé publique ;
▪▪ Biodiversité et foresterie ;
▪▪ Zones côtières ;
▪▪ Infrastructures et Aménagement du territoire ;
▪▪ Gestion des risques et des catastrophes.

Le secteur tourisme n’apparaît pas comme secteur prioritaire, mais il s’agit d’un secteur en
croissance et porteur d’options d’adaptation. Aussi, il fait l’objet d’activité dans une fiche
programme. De l’autre côté, le secteur minier a été envisagé durant les discussions comme un
potentiel secteur stratégique. Malgré la place du secteur dans l’économie du pays, le lien avec
le changement climatique est indirect : en matière d’adaptation, les activités de ce secteur
tiendront compte des mesures à adopter par rapport aux autres domaines touchés ou qui
lui sont liés comme la gestion des ressources en eau, les infrastructures, le logement des
employés, la considération de la biodiversité, etc.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 39


Les questions relatives au genre et au rôle du secteur privé ont bénéficié d’une attention
particulière dans la méthodologie (invitation d’un panel de participants représentatif en termes
d’égalité femmes-hommes, invitation de membres du secteur privé aux ateliers de concertation,
etc.). Il en est de même pour l’élaboration des actions et programmes prioritaires.

IV.2 LES AXES STRATÉGIQUES

AXE STRATEGIQUE 1 : RENFORCER LA


GOUVERNANCE DE L’ADAPTATION
Afin d’assoir son rôle national et international de point focal en matière de lutte contre le
changement climatique, le BN-CCCREDD+ devra déployer ses actions de manière transversale
et coordonnée, et sur la base de collaboration multisectorielle à différentes échelles.

Le défi du BN-CCCREDD+ est ainsi à la fois de dimension nationale et internationale, tout en


considérant que les deux sont liés.

Aussi, à l’échelle nationale, le BN-CCCREDD+, afin d’asseoir son rôle de « porteur » des
problématiques en matière de changement climatique, sa responsabilité en tant que « point
focal » et de « coordonnateur » doit être renforcée. Pour ce faire, il importe de disposer d’un
mécanisme capitalisant les existants, à savoir les structures comme le CIME, la Plateforme
des Secrétaires Généraux, le CNCC et les Comités PNA (coordination et suivi).

Le CIME, qui se réunit uniquement une à deux fois par an, est saisi seulement pour les
sujets requérant des priorisations stratégiques et en cas de besoin, pour régler des conflits
intersectoriels éventuels. Le CIME ne constitue pas une hiérarchie de plus pour les actions
du ministère en charge de l’environnement. Il est plutôt une structure de soutien et de
facilitation de prise de décision politique relative à la lutte contre le changement climatique, sur
proposition du BN-CCCREDD+ ; ce dernier, de son côté, bénéficie des assistances et conseils
du CNCC et des Comités PNA sur différents sujets, notamment ceux relatifs aux besoins de
renforcement de capacité, aux transferts de technologie, aux recherches et aux mécanismes
de financement.

La Plateforme des Secrétaires Généraux quant à elle, est un « espace » de dialogue, permettant
de faciliter la fluidité des échanges intersectoriels, d’éviter les chevauchements et d’optimiser
la convergence des points de vue sur l’intégration de la dimension changement climatique, et
spécifiquement de l’adaptation au changement climatique.

Aucune de ces entités n’a vocation à se substituer aux missions des unes et des autres,
car leurs interventions sont de différents ordres et de différents niveaux. Leurs rôles visent
à optimiser la bonne gouvernance de l’adaptation au changement climatique, aussi bien à
l’échelle sectorielle qu’à l’échelle territoriale.

La démarche ascendante schématisée ci-dessous illustre le processus : à partir des deux


comités PNA à la Plateforme des Secrétaires Généraux, en passant par le CNCC, chaque
entité a un rôle de plaidoyer, de manière à améliorer la synergie, l’appropriation et l’intégration
de l’adaptation au changement climatique et au besoin, à faciliter la prise de décision du CIME.
Ce dernier a en charge de transmettre des propositions au niveau du Conseil de Gouvernement
ou du Conseil des Ministres.
CIME

PLATEFORME
DES SG

CNCC BN-CCCREDD+

COMITE COMITE
COORDINATION PNA SUIVI EVALUATION PNA

Figure 14 : Organisation de la gouvernance climatique à Madagascar

Ainsi entouré, le BN-CCCREDD+ bénéficiera de soutiens à la fois techniques et politiques,


ses attributions seront mieux comprises et réciproquement, il aura également une meilleure
compréhension de ce qui se fait au niveau de chaque secteur et encourage les actions
synergiques et/ou complémentaires. D’autre part, il sera plus à même de renforcer les
directions interrégionales et régionales.

Pour une concrétisation formelle du mécanisme, il est proposé que l’actuelle Politique Nationale
de Lutte contre le Changement Climatique (PNLCC) soit revue, en y ajoutant les clauses ou
dispositifs relatifs aux arrangements institutionnels, tels susmentionnés, et en précisant plus
en détails les rôles et attributions des parties.34 De la même façon, les actions proposées ici
devront se faire en cohérence avec les axes 3 et 5 du PANLCC.

34
Il est à noter en effet que le CIME et la Plateforme ne s’occupent pas que de la lutte contre le changement
climatique.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 41


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : RENFORCER LE RÔLE PIVOT DU BN-CCCREDD+ ET DU
CNCC DANS LA GOUVERNANCE TRANSVERSALE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

PRIORITÉS ACTIONS RÉALISATION


Renforcer les Mettre en place et en Se doter des moyens/ budgétiser aux fins des activités
capacités de BN- œuvre un système suivantes :
CCCREDD+ de base de données, - Inventorier et consolider les données et informations
tableau de bord antérieures pour l’établissement (et la mise à jour
des actions et des future) de la base de données
acteurs impliqués - Connaître et se faire connaître par toutes les parties
dans l’adaptation prenantes et autres partenaires potentiels en clarifiant
au changement les rôles de chacun : chaque service au sein du BN-
climatique CCCREDD+ intègre dans son programme de travail
(Ministères la communication au sens élargi, avec les acteurs
sectoriels, STD, ou entités qui le concernent (gestionnaires de projet
CTD, société civile, de développement, opérateurs privés, société civile,
opérateurs privés) etc.) en programmant les déplacements, la production
d’outils de communication, les missions d’échanges et
de suivi, etc.)
- Prendre connaissance de ce qui se pratique ailleurs
en termes de mobilisation des partenaires et de
coordination : formations, établissement d’un système
de partage à l’interne des résultats des formations
- Elargir les attributions du Service actuel de la
Communication en tenant compte des portées ci-
dessus et des liens avec l’exploitation d’une base de
données des actions, interactions et acteurs

Renforcer le Le SNSVACC est un - Alimenter le système par des données et informations


SNSVACC dispositif de suivi de issues des secteurs et des localités
(Système National l’état de vulnérabilité - Mettre à jour régulièrement la base de données
de Suivi de la et des risques - Rendre disponibles et exploitables par toutes les
Vulnérabilité et climatiques parties prenantes les informations du TBE
de l’Adaptation
au Changement
Climatique)
pour le suivi des
indicateurs de
vulnérabilité et de
risques climatiques

Inscrire dans la Redynamiser le - Tenir des séances de travail courtes mais régulières
durabilité les rôles CNCC dans son entre le SG/MEDD et le BN-CCCREDD+ pour
du CNCC rôle de soutien à la échanges et réflexions, puis pour transmission de
mise en œuvre de la thèmes d’échanges au niveau de la Plateforme des
PNLCC SG
- Au sein de la Plateforme : sous l’impulsion du SG/
MEDD, inciter chaque SG à s’approprier les attributions
du CNCC, et par conséquent, à bien cibler les membres
du CNCC à nommer
- Sur proposition du BN-CCCREDD+, revoir en hausse
la fréquence des réunions des membres du CNCC,
permettant des réflexions et des orientations de
décision plus à jour sur des sujets importants

42 Plan National d’Adaptation de Madagascar


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : INTÉGRER L’ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
DANS LA PLANIFICATION NATIONALE À TRAVERS UNE APPROCHE PROGRAMMATIQUE
i
PRIORITÉS ACTION RÉALISATION
Intégrer dans Introduire dans le - Entreprendre une démarche initiale entre le MEDD
un système de système national et le MEF (en charge de la planification) pour dessiner
suivi national la d’intégration et de le contour d’un guide d’intégration à élaborer (l’objectif
dimension suivi-évaluation du guide, le contenu attendu et pouvant être approprié
« adaptation (SNISE), les par les ministères, les démarches à entreprendre, etc.)
au changement informations et sortir une première ébauche en tenant compte de la
climatique » nécessaires pour la planification globale de développement du pays (PEM,
visibilité et le suivi PGE, etc.)
programmatique - Discuter avec les parties prenantes et partenaire de la
et financier de définition des indicateurs clé (échelle, fréquence, etc.)
l’adaptation au Ces indicateurs doivent se référer à ceux suggérer dans
changement le PNA et la PANLCC
climatique - Tester au niveau de quelques ministères la faisabilité
de la première ébauche : identifier avec les ministères
sectoriels concernés les opérations nécessaires à
chaque mise en œuvre d’options d’adaptation, comment
estimer les délais et les coûts de réalisation, etc.
- Intégrer dans le SNISE, avec un mécanisme de mises
à jour régulières

Pérenniser le Intégrer le budget Au niveau de chaque ministère :


mécanisme nécessaire dans les - Affecter d’une manière permanente les personnes
d’intégration de lois de finance ressources nécessaires
l’ACC - Budgétiser

Plan National d’Adaptation de Madagascar 43


AXE STRATEGIQUE 2 : METTRE EN
ŒUVRE UN PROGRAMME D’ACTIONS
SECTORIEL PRIORITAIRE
Les priorités stratégiques et actions définies ci-dessous, via un processus de concertation
nationale et décentralisée, sont similaires à celles présentées dans le Plan d’Action National de
Lutte contre le Changement Climatique (PANLCC), élaboré sur la même période. La cohérence
entre le PANLCC et le PNA est essentielle, afin que l’opérationnalisation de l’adaptation au
changement climatique soit considérée tant au niveau national qu’international (mobilisation
de financements, etc.).

AGRICULTURE, ÉLEVAGE ET PÊCHE


Le secteur agricole représente 80% de la population active35, et fait face à de multiples enjeux,
accrus sous perspective de changement climatique. Les régions Est, Centre, Nord-est et
Nord-ouest devraient subir des cyclones plus intenses et plus fréquents au cours de la saison
humide et seront soumises à des inondations plus fréquentes. D’autre part au cours de la
saison sèche, ces mêmes régions seront susceptibles de rencontrer des périodes de déficits
hydriques accrus. L’accentuation de tels événements extrêmes pourrait fortement impacter
l’agriculture, et notamment la riziculture, principale source d’activité dans ces régions. Aussi,
les sécheresses affectant les régions Sud de Madagascar devraient s’accentuer, perturbant
alors les rendements, les niveaux de production, les pratiques agricoles et d’élevage et la
résilience du secteur.

L’ensemble des chaînes de valeur agricoles se verrait affecté, entraînant des impacts
économiques notables. A titre d’exemple dans la Région SAVA, la filière vanille représente
un axe de développement local très important, et son exportation constitue le fer de lance
économique. Or, selon les perspectives 2050-2100, la partie Nord de cette Région serait
parmi les zones les plus exposées au risque cyclonique du pays, menaçant ainsi de manière
durable les cultures (Acclimate et al., 2011). Le pays pourrait même être confronté à une
baisse significative des exportations nettes, comme déjà observé pour le manioc et le riz
(IFPRI, 2012). De surcroît, Madagascar pourrait passer d’un statut d’exportateur à importateur
pour certaines cultures, telles que le maïs.

Avec une productivité limitée, des faibles rendements, un manque de capacité technique
et des services de vulgarisation limités, le secteur agricole n’est pas aujourd’hui en mesure
de faire pleinement face aux impacts du changement climatique.36 L’insécurité alimentaire
et la malnutrition pourraient alors augmenter significativement face aux effets combinés du
changement climatique, de la croissance démographique et des pressions anthropiques
croissantes sur les ressources37, y compris l’utilisation des terres.38 De ce fait, ce sont à la
fois la sécurité alimentaire et l’économie nationale qui sont menacées. Face à cette précarité
rurale, les populations pourraient être amenées à migrer vers les zones urbaines. Mais le
changement climatique pourrait également être vecteur d’une émigration plus généralisée.

35
Data Word Bank, consulté le 28 février 2019
36
IFPRI, (2012). East African Agriculture and Climate Change: a comprehensive analysis - Madagascar
37
IFPRI, (2012). East African Agriculture and Climate Change: a comprehensive analysis - Madagascar
38
Ministère d’Etat en charge des projets présidentiels, de l’Aménagement du Territoire et de l’Equipement, (2015).
Nouvelle Lettre de Politique Foncière - 2015-2030

44 Plan National d’Adaptation de Madagascar


La CDN de Madagascar prévoit d’ailleurs d’ici 2030 un renforcement de la sécurité alimentaire,
ainsi qu’une réduction de l’occurrence des évènements de famine et d’insécurité alimentaire
associés aux évènements de sécheresse, notamment dans le Sud d’ici 2025.

Pour toutes les priorités stratégiques de ce secteur agriculture-élevage-pêche, il convient


d’accompagner les femmes dans le renforcement de leurs capacités et compétences,
tout en considérant les relations de pouvoir qui affectent leurs choix (particulièrement les
relations au sein des familles et des communautés) et leur place dans les structures d’activité
(responsabilités différenciées dans les activités d'agriculture, politiques sur la propriété
foncière, normes sociales, etc.) qui conditionnent les modes de vie des femmes.

Priorité stratégique pour l’agriculture


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : PROMOUVOIR DES SYSTÈMES AGRICOLES RÉSILIENTS

Il s’agira avant tout d’accompagner les populations rurales (hommes et femmes, y compris
les personnes en situation de handicap) dans la mise en place d’une agriculture résiliente au
changement climatique, contribuant également à renforcer la lutte contre l’insécurité alimentaire
et nutritionnelle, avec une attention particulière sur les groupes les plus vulnérables et sur les
activités agricoles différenciées entre hommes et femmes.

Utiliser des intrants respectueux de l’environnement et résilients au changement


climatique
Certaines cultures ou pratiques agricoles sont particulièrement menacées par le changement
climatique, contribuant à l’augmentation du risque de maladies (mosaïque du manioc par
exemple), la réduction de la fertilité des sols, etc.

Afin de promouvoir une production durable et d’assurer la résilience des systèmes agricoles
au changement climatique, l’accès aux intrants de base et d’outillages adaptés sera favorisé :
semences, engrais adaptés, aliments, matériels et équipements en tenant compte des enjeux
spécifiques actuels et futurs du changement climatique.

Renforcer la recherche de variétés adaptées aux conditions climatiques futures


En ligne avec le Plan Directeur de la Recherche sur l’agriculture et la sécurité alimentaire et
nutritionnelle (2015-2019), des variétés adaptées aux conditions climatiques futures seront
mises au point par amélioration génétique des variétés et espèces. Ces variétés seront
adaptées aux conditions agroécologiques et agro-climatiques de chaque région et résistantes
à la nouvelle donne climatique (utilisation de semences plus précoces par exemple). Cette
recherche devra s’effectuer en accord avec les lois actuelles en cours à Madagascar,
notamment l’article premier du Décret n°2018-397, ayant pour objet l’interdiction d’importation,
de distribution, de production et de vente des produits d’origine végétale ou animale issus
des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Ainsi, l’amélioration génétique portera
essentiellement sur des travaux d’hybridation et de sélection, mais en excluant tout organisme
génétiquement modifié (OGM).

Promouvoir le système de Riziculture Intensive et le Système de Riziculture Améliorée


Les Systèmes de Riziculture Intensive (SRI) et de Systèmes de Riziculture Améliorée (SRA)
seront plus largement développés au sein des grands bassins de production rizicole. La CDN
de Madagascar souligne également l’aspect prioritaire de cette action qui vise à lutter contre
l’insécurité alimentaire.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 45


Développer des initiatives pilotes dans le cadre de l’application de Modèles Intégrés
d’Agricultures Résilientes
Il existe à Madagascar une diversité de systèmes agricoles et de pratiques agroécologiques
en place : semis sur couverture végétale permanente (SCV), système de riziculture intensive
(SRI) et améliorée (SRA), riziculture à irrigation aléatoire (RIA), intégration agriculture-élevage,
agroforesterie, associations de techniques et de systèmes agroécologiques. Cette diversité de
systèmes sera soutenue et développée plus largement sur l’ensemble du territoire au travers
d’un travail de capitalisation. De nouvelles initiatives pilotes seront initiées et les agriculteurs
seront accompagnés.

Passer à l’échelle la diffusion de l’agriculture de conservation et « climato-intelligente »


Les systèmes agricoles de conservation et climato-intelligents seront appliqués à plus
grande échelle via la réplication, l’intensification et la dissémination des pratiques novatrices
actuellement conduites à petite échelle. Cette mesure présente des co-bénéfices en termes
d’atténuation d’émissions de GES et de conservation des ressources en eau.

Toutefois, l’adoption de ces pratiques doit être adaptée aux milieux et environnements
rencontrés et un suivi devra être conduit pour savoir où soutenir les efforts. Aussi, un
accompagnement des agriculteurs à l’utilisation de nouvelles pratiques agricoles et à l’adoption
de nouvelles espèces et variétés, ainsi qu’à la modification de leurs calendriers culturaux est
nécessaire, tel que préconisé dans la priorité 27 du Plan Emergence de Madagascar (PEM,
2019).

Ces deux dernières actions viennent conforter les objectifs de la CDN visant à assurer la
sécurité alimentaire nationale d’ici 2025, et à maintenir la production rizicole au moins à
4 tonnes par hectare, d’ici 2030, par l’application à grandes échelles des Modèles Intégrés
d’Agricultures Résilientes dans les grands pôles agricoles.

MANGROVE À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar

46 Plan National d’Adaptation de Madagascar


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : SÉCURISER LE FONCIER

Le gouvernement de Madagascar s’est engagé dès 2005 dans une vaste réforme visant
à décentraliser la gestion foncière et à reconnaître légalement les droits de propriété des
occupants « de fait ». L’objectif affiché est alors de « répondre à la demande massive en
sécurisation foncière, dans des brefs délais et à des coûts ajustés au contexte économique,
par la formalisation des droits non écrits et la sauvegarde des droits écrits ».39 Toutefois la
décentralisation de la compétence foncière s’est heurtée à de nombreuses contraintes
d’ordre technologique, juridique et financier, et pose la question essentielle du partage des
compétences et des informations foncières entre l’Administration et les Collectivités locales.

En raison de l’inadéquation entre les pratiques agricoles locales et les codes juridiques
existants, et dans un contexte de hausse des investissements étrangers et des pressions
croissantes sur la terre, l’insécurité foncière s’est généralisée à Madagascar. Faisant écho
aux recommandations du Programme Sectoriel Agriculture – Elevage – Pêche / Plan National
d’Investissement Agricole Agriculture – Elevage – Pêche (PSAEP/PNIAEP) et de la nouvelle
Lettre de Politique Foncière 2015-2030 (LPF), le présent plan d’action vise à accroître les
efforts liés à la sécurisation du foncier via la reconnaissance de la diversité des droits fonciers
et l’établissement d’une protection légale.

Sécuriser les droits des hommes et des femmes dans leur diversité à travers des outils
juridiques adaptés
Les outils juridiques devront être adaptés pour permettre la protection des droits portant sur les
espaces de gestion communautaire et la sécurisation des droits transférés de façon temporaire
(métayage ou autre arrangement). Les droits sur des terrains ayant fait l’objet de procédures
d’enregistrement inabouties, devenues inadaptées ou incluant des étapes trop complexes,
devront être reconnus. En somme, les processus de reconnaissance ou les procédures de
formalisation seront rendus accessibles (simplification, limitation des coûts) et cohérentes
avec les réalités de terrain. Les compétences décentralisées en la matière seront renforcées
par l’accompagnement des agents communaux via la formation et l’assistance perlée.

Gérer et planifier de façon concertée et décentralisée les usages du foncier


De façon participative et concertée, une cartographie et identification des statuts des terres
sera conduite à l’échelle locale, afin de faciliter l’élaboration et la mise en œuvre des outils
d’aménagement du territoire (SRAT/SAC). L’objectif sous-jacent est aussi de multiplier la
délivrance de certificats fonciers aux producteurs.

Par ailleurs, les inégalités liées au genre sont très marquées en ce qui concerne l’accès à la
terre et à la propriété foncière. La majorité des femmes se heurtent encore à une multitude de
pratiques complexes, de traditions et de règles coutumières socialement encore très ancrées,
qui tendent à limiter leur accès à la terre et au statut de propriétaire. Les femmes seront donc
associées de façon plus systématique dans la gestion et la planification de l’aménagement du
territoire à l’échelle locale.

Ministère d’Etat en charge des projets présidentiels, de l’Aménagement du Territoire et de l’Equipement, (2015).
39

Nouvelle Lettre de Politique Foncière - 2015-2030

Plan National d’Adaptation de Madagascar 47


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 3 : SOUTENIR LE DÉVELOPPEMENT DE CULTURES
RÉSILIENTES ET BÉNÉFICIANT DE DÉBOUCHÉS NATIONAUX ET/OU INTER-NATIONAUX
EN PARTICULIER À TRAVERS LE SOUTIEN AUX ACTIVITÉS D’AGRO-BUSINESS

Les actions qui seront conduites à travers cette priorité visent à promouvoir des systèmes
de production compétitifs, via notamment le renforcement des facteurs de production et des
filières, et d’amélioration à l’accès aux marchés nationaux et internationaux.

Restructurer et réorganiser les filières agricoles


Les filières agricoles seront restructurées et réorganisées, afin d’accroître la résilience et la
compétitivité des systèmes de production et de les valoriser, notamment à l’international.
L’accès aux marchés nationaux et internationaux des petits et gros producteurs sera repensé :
prospection de marchés potentiels, transport de marchandises, aménagement d’infrastructures
de collecte et de transformation des produits agricoles, conditionnement des produits, etc.
La réorganisation de l’accès des produits agricoles et d’élevage aux marchés locaux sera
également soutenue. Les capacités des femmes, des hommes, et des jeunes en matière
d’agrobusiness, d’entrepreneuriat agricole et de développement de chaînes de valeur devront
être également renforcées, notamment au travers de formations ciblées.

Valoriser des sous-produits et développer des filières génératrices de revenus pour


améliorer la rentabilité des exploitations agricoles
Les produits et sous-produits agricoles devront être plus largement valorisés. Seront visés
les produits locaux traditionnels (tels que « anapatsa », « « patsa » ou chivaquine), certaines
espèces de plantes sauvages (« ovy ala », etc.), des compléments alimentaires (spiruline,
« ananambo » ou moringa, etc.), les déchets et résidus des activités de pêche, etc. Les sous-
produits de l’élevage seront également valorisés (cornes, cuir, production de biogaz, etc.).

De même, des filières génératrices de revenus à forte valeur ajoutée (épices, vanille, huiles
essentielles, mytiliculture, etc.) seront développées. Les travaux en cours sur l’adaptation des
chaînes de valeur agricoles au changement climatique, au travers du programme PrAda (GIZ,
2017-2022) notamment, seront répliqués et pérennisés sur le long terme.

Concevoir les textes réglementaires permettant à l’ensemble du secteur de se mettre au


niveau de la concurrence mondiale
Madagascar demeure très en deçà de ses potentialités en matière d’exportation des produits
de l’agrobusiness, notamment pour cause de non- conformité aux normes internationales. Les
démarches de mises en conformité avec les normes internationales seront progressivement
développées par les autorités compétentes dans le secteur : la Direction des Services
Vétérinaires, l’Autorité Sanitaire Halieutique et la Direction de la Protection des Végétaux
seront visées, tandis que les textes législatifs et réglementaires relatifs au secteur agricole
seront mis à jour, diffusés et appliqués, et un code sur les infrastructures et équipements
sera élaboré. Cette action est estimée à 2 055 milliards d’Ariary (soit 550 millions USD)
dans le PSAEP/PNIAEP. En ligne avec les objectifs de Madagascar exprimés dans le Plan
d’Emergence de Madagascar (2019), des entreprises de transformation aux normes ISO
seront créées afin de produire des produits agricoles transformés « Made in Madagascar »
sur le marché international. Des labels de qualité seront développés pour la mise en valeur de
certaines filières économiques porteuses (vanille, girofle, etc.).

48 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Soutenir une offre d’assurance climatique adaptée aux besoins des agriculteurs et
tenant compte des évolutions futures du climat
Il s’agira de faciliter l’accès à des produits d’assurance adaptés au contexte climatique
malgache et adéquats pour les différents acteurs des chaînes de valeur agricoles, afin de
soutenir la résilience des petites exploitations ainsi que leur gain en productivité.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 4 : METTRE EN PLACE UN SYSTÈME D’ALERTE PRÉCOCE ET


DE GESTION DES CATASTROPHES ADAPTÉ AUX SYSTÈMES AGRICOLES

Cette priorité stratégique se réfère à la CDN qui prévoit entre 2020 et 2030, le renforcement
et la mise à jour des Systèmes d’Alerte Précoce multirisques en intégrant la surveillance
phytosanitaire, les avertissements agricoles, les alertes aux sécheresses et la surveillance
alimentaire et nutritionnelle.

Les catastrophes climatiques ou sanitaires sont souvent dévastatrices à Madagascar, qui ne


dispose pas de systèmes d’alerte précoce en lien avec l’agriculture, et permettant d’anticiper
de tels événements. A titre d’exemple, la saison cyclonique de 2008 a causé des pertes sur les
cultures vivrières et d’exportation estimées à environ 145 milliards d’Ariary (soit 88,4 millions
USD) (Acclimate et al., 2011). Aussi, les trois cyclones ayant touché Madagascar au début
de l’année 2000 ont affecté plus d’un million de personnes et occasionné presque 85 millions
de dollars de dégâts au niveau des infrastructures agricoles (USAID, 2016). A cela se sont
ajoutées les pertes directes de bétail et de grandes cultures.

Favoriser l’utilisation et le partage d’informations climatiques


Les données climatiques collectées, observées et analysées par la Direction Générale de
la Météorologie seront partagées, suivies et utilisées régulièrement pour la planification des
activités agricoles au niveau national et décentralisé.

Sur la base de bulletins agrométéorologiques produits tous les mois par la DGM et des
calendriers culturaux également disponibles par saison et région, il s’agira de promouvoir
une communication rapide et adaptée aux utilisateurs finaux, reconnaissant une activité et
une capacité différenciées des agriculteurs et agricultrices. Pour ce faire, la mobilisation de
médias et des méthodes de vulgarisation sera nécessaire pour rendre effective l’utilisation des
résultats de ces bulletins pour le plus grand nombre.

Le défi consiste beaucoup plus à systématiser et à pérenniser ce système de partage, qu’à


l’opérationnaliser. Il importe par conséquent que les autorités se l’approprient en cherchant à
assurer la durabilité des moyens (humains, financiers, techniques).

Soutenir une meilleure réponse à la lutte acridienne


Si les effectifs acridiens diminuent pendant les sécheresses, ces résurgences acridiennes
font souvent suite aux inondations et cyclones.40 Certaines Régions de Madagascar devraient
donc être sujettes à des invasions plus fréquentes dans le futur, à l’instar de certains pays
d’Afrique de l’Ouest et de la corne de l’Afrique qui subissent également ce phénomène.

Le réseau de veille et de surveillance épidémiologique contre les organismes nuisibles sera


renforcé et un système de réponse rapide aux invasions acridiennes sera mis en place. Le
PSAEP/PNIAEP estime le coût de cette mesure à 52 252 millions d’Ariarys (soit 14 millions
USD).

40
Article « La FAO avertit que les pluies torrentielles et les cyclones récents favoriseraient une recrudescence
acridienne », consulté le 07/08/2019 sur http://www.fao.org/news/story/fr/item/343818/icode/

Plan National d’Adaptation de Madagascar 49


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 5 : MIEUX GÉRER ET ÉCONOMISER LES RESSOURCES EN
EAU

Avec un risque de sécheresse et de déficit hydrique accru au cours des prochaines décennies,
l’approvisionnement en eau risque de diminuer pour l'agriculture dans son ensemble. Afin de
soutenir la production agricole, certaines mesures s’avèrent prioritaires Ces dernières sont
déclinées plus en détail dans la section relative aux Ressources en eau.

Réaliser/Mettre à jour les schémas d’aménagement et de gestion intégrée des ressources


en eau (SDAGIRE) tenant compte du changement climatique
L’investissement et le développement de systèmes de gestion des ressources en eau (irrigation,
drainage et rétention) apparaissent comme un enjeu majeur. Toutefois, il convient également
de dépasser les pressions liées aux conflits d’usage, via une gestion intégrée et durable de
ces ressources. Dans la section « Ressources en eau », l’action relative à la réalisation ou
à la mise à jour des schémas d’aménagement et de gestion intégrée des ressources en eau
(SDAGIRE) est détaillée. Comme préconisé dans la CDN, la Gestion durable et intégrée des
ressources en eau (GIRE) devra être conduite en priorité dans les zones subarides et dans les
zones sensibles aux périodes de sécheresse.

Investir dans la maîtrise de l’eau (irrigation, stockage et drainage)


L'irrigation telle qu’elle est conduite à Madagascar utilise à ce jour de manière quasiment
exclusive les eaux de surface en raison du coût plus élevé de l'extraction des eaux souterraines.
Majoritairement gravitaires, seulement 0,6% des eaux d’irrigation sont pompées. L’irrigation à
Madagascar, principalement pratiquée sur de petites parcelles et couvrant 1,1 million d’hectare
est répartie comme suit :

Figure 15 : Distribution des terres irriguées (Source : AQUASTAT/FAO).

Les structures d'irrigation existantes doivent être consolidées, mais des investissements seront
également à privilégier dans des infrastructures permettant la rétention d’eau et la minimisation
des pertes, ainsi que dans des systèmes de drainage limitant les dégâts occasionnés durant
les périodes d’inondations. Toutefois, la capacité des agences décentralisées à entretenir de
grandes structures est encore limitée (limites financières et techniques). Aussi, un autre levier
d’action réside dans la promotion des techniques agricoles de conservation de l’eau et du
sol, telles que les techniques de recharge, les techniques de goutte à goutte, la rétention et
la réutilisation de l’eau à la parcelle (technologies 3R41, décrites dans l’action « Apporter une
solution durable aux sécheresses dues à l’absence prolongée ou à l’irrégularité des
pluies » dans la section Ressources en eau). Également, la gestion intégrée des bassins
versant comme solution à la rétention d’eau et à la réduction du phénomène d’érosion et
de ruissellement est explicitée plus en détail dans la section Ressources en eau. Un
accompagnement pour la formation et le renforcement de capacités des exploitants agricoles
sera proposé.
41
Steenbergen F. van and A. Tuinhof. (2009). Managing the Water Buffer for Development and Climate Change
Adaptation. Groundwater recharge, retention, reuse and rainwater storage. Wageningen, The Netherlands: Me-
taMeta Communications. Consultable sur : http://www.bebuffered.com/

50 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Priorités stratégiques du secteur de l’élevage
Découlant de la Lettre de Politique sectorielle Agriculture, Elevage et Pêche (LPAEP), en 2015,
le sous-secteur élevage a précisé les enjeux et défis auxquels il était confronté, ses objectifs et
ses orientations spécifiques dans la Lettre de Politique de l’Elevage (LPE).

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : SOUTENIR LES PRATIQUES D’ÉLEVAGE DURABLE

Le développement de l’élevage est confronté à de nombreuses contraintes parmi lesquelles :


▪▪ La prévalence de l’élevage extensif traditionnel, un système à faible productivité et peu
soucieux de l’environnement (feux de brousse) ;
▪▪ La diminution constante des surfaces pastorales par érosion des sols et par la substitution
des surfaces pastorales aux surfaces agricoles et aux carrés miniers, notamment ;
▪▪ La réduction et la dégradation des pâturages par l’augmentation des températures et des
périodes de sécheresse qui vient menacer la végétation, base même de l’alimentation
du cheptel ;
▪▪ Les faibles performances zootechniques des animaux liées à l’absence de gestion et
de suivi génétique.

Afin de soutenir des pratiques d’élevage durable, les actions prioritaires d’adaptation à mettre
en œuvre sont décrites dans les sections ci-dessous.

Appliquer à grande échelle des Modèles Intégrés d’Agricultures Résilientes pour les
zones d’élevage extensif
Les pratiques d’élevage durable seront appliquées à grande échelle, notamment en prenant
des mesures adéquates contre les pratiques de feux de brousse et en se tournant vers des
techniques alternatives contribuant à la résilience à long terme des zones d’élevage extensif.
Aussi, la mobilité du bétail sera favorisée en accord avec les systèmes extensifs en place.

Dans ce sens, le PSAEP/PNIAEP propose l’élaboration et la mise en œuvre de plans de


gestion des pâturages existants qu’il s’agira de soutenir, avec un coût estimé à 2 468 millions
d’Ariary (soit 660 000 USD).

Les systèmes de production mixtes associant plus étroitement qu’aujourd’hui les cultures et
l’élevage et en relation avec le gradient latitudinal, donc agro-écologique sur des espaces
réaménagées, seront soutenus, cela, afin de préserver les sols de l’érosion, de maintenir leur
productivité par la production de fumier et compost, de maîtriser l’irrigation et le drainage et
surtout d’accroître la productivité du travail des agriculteurs. La recherche devra fournir des
outils aidant à l’opérationnalisation des mesures d’adaptation, par exemple une typologie des
sols de Madagascar et un Atlas des différents systèmes agraires et leur mode de production.

Diversifier les plantes fourragères


La diversité spécifique des plantes fourragères est assez faible à Madagascar, notamment
dans les zones de pâturage extensif. Dans un contexte de dégradation accrue de la productivité
des terres, la Politique Nationale en matière de neutralité de la dégradation des terres (2017)
promeut le développement d’un système de pâturage plus diversifié qui assure le maintien de
la qualité des fourrages sur les zones de transhumance et une limitation de l’utilisation des
feux. Il s’agira de multiplier les semences fourragères et de promouvoir leur utilisation dans
les régions pastorales. Les agriculteurs seront donc encouragés à produire du fourrage pour
une meilleure gestion de leur approvisionnement annuel et seront accompagnés dans la vente

Plan National d’Adaptation de Madagascar 51


des surplus, comme source de revenus supplémentaires, via une aide à l’accessibilité des
marchés. La diversification des plantes fourragères sera assurée lors de la remise en pâturage
des prairies.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : AMÉLIORER LA RÉSILIENCE DES ANIMAUX D’ÉLEVAGE

Le changement climatique menace la résilience des activités d’élevage dans le sens où


l’alimentation du bétail tend à être limitée à cause de la dégradation des pâturages, dont les
surfaces diminuent d’année en année. L’accès à l’eau devient de plus en plus problématique du
fait de la dégradation et de la raréfaction des points d’abreuvement. Aussi, la mauvaise qualité
de l’eau entraîne des maladies fréquentes chez le bétail (tuberculose, parasitoses internes,
charbon bactérien) et qui devraient s’accroître dans le futur. Il est ainsi attendu une perte de
la productivité et de la reproduction, ainsi qu’une augmentation de la mortalité des animaux
soumis à des stress physiologiques plus importants. Dans une perspective d’amélioration de la
résilience des animaux d’élevage au changement climatique, les actions prioritaires suivantes
seront conduites :

Prioriser et sauvegarder les races locales en augmentant le nombre d’animaux adaptés


au stress climatique et résistants aux maladies
La redynamisation du secteur repose sur l’augmentation du nombre d’animaux performants
adaptés aux stress climatiques et résistants aux maladies dans tous types d’élevage : bovins,
porcins, ovins, caprins, volailles.
Cette action relève de la mise en application de la stratégie de priorisation et de sauvetage des
races locales adaptées à des conditions climatiques plus rudes. Aussi le PSAEP vise l’objectif
d’utilisation de races améliorées par 50% des éleveurs d’ici 2025 et promeut la reconstitution
de la race « Renitelo » dans la Région du Moyen ouest.
Par exemple, plus résistants à la soif et à l’attaque de différentes épizooties, les « barias » sont
adaptés au climat chaud. En ligne avec la Lettre Politique de l’Elevage il s’agira également de
sauvegarder cette race locale, notamment via la mise en place de pâturages protégés dans
toutes les zones à vocations pastorales, et spécifiquement dans les zones de localisation des
« barias » (Ouest et Nord-ouest).

Renforcer la sécurité sanitaire du bétail


Des outils de diagnostics biologiques, adaptés aux conditions de terrain, seront développés,
afin de soutenir les efforts de veille épidémiologique. Ces outils feront appel aux connaissances
locales des éleveurs afin d’élaborer des stratégies de lutte contre les maladies à la fois
réalistes et adaptées, et de contribuer à la constitution d’un réseau national de formateurs en
épidémiologie participative. Des programmes de lutte contre les maladies des petits ruminants
seront également mis en place. La capacité des laboratoires déjà existants qui travaillent pour
aider les éleveurs contre les différentes maladies et les parasites se devra d’être renforcée.
Le PSAEP prévoit notamment de renforcer la couverture sanitaire animale et phytosanitaire,
en dotant les responsables des postes d’inspections épidémiologiques de formations et
d’équipements de qualité, pour un coût estimé à 4 824 millions d’Ariary (soit 1,3 million USD).

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 3 : PROMOUVOIR UNE MEILLEURE GESTION DES TERRES ET


DU FONCIER

Un des objectifs stratégiques de la Lettre Politique de l’Elevage est le renforcement des


systèmes de production pastoraux et agropastoraux, à travers une meilleure gestion des
ressources naturelles et des infrastructures pastorales, et sur une sécurisation foncière.

52 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Conserver et sécuriser les zones agropastorales
La sécurisation du foncier pastoral sera renforcée avec la délimitation des zones de pâturages
et des terrains de parcours des bétails, en relation avec les autorités locales et les organisations
d’éleveurs et d’agriculteurs, et par l’adoption de textes correspondants. Des stratégies de
conservation des prairies seront également élaborées.

Préserver le capital sol, eau et biodiversité en orientant les actions sur la réduction du
taux des tarissements des eaux
La gestion intégrée du sol, de l’eau et de la biodiversité pour diminuer le risque de tarissement
des eaux devra passer par l’élaboration de cartographies des points d’eau et des pâturages,
par l’élaboration et le développement de plans de gestion de pâturages naturels, et par la mise
en œuvre d’un programme d’hydraulique pastoral en vue d’assurer un abreuvement adéquat
des animaux. Cette action fait notamment écho aux préconisations des secteurs Ressources
en eau, et Biodiversité et Foresterie.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 4 : PROMOUVOIR LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ET


TECHNOLOGIQUE POUR MIEUX COMPRENDRE L’INCIDENCE DU CHANGEMENT
CLIMATIQUE SUR L’ÉLEVAGE

Outre les recherches pour l’amélioration des races, les recherches dans le domaine de l’élevage
ont trait plus particulièrement à la maîtrise de la reproduction des animaux, à l’amélioration de
l’alimentation animale et à l’utilisation des techniques améliorées pour la production laitière et
carnée. Toutefois, de nouvelles préoccupations relatives à la sécurité alimentaire, à la nutrition,
aux technologies adaptées, aux questions environnementales et foncières et au changement
climatique émergent. En ligne avec la stratégie nationale du secteur AEP face au changement
climatique (2012-2025), il convient de promouvoir les recherches appliquées et l’utilisation des
résultats de recherche en outils de décision efficaces face au changement climatique. Ces
directives seront notamment supportées au travers des actions prioritaires suivantes :

Favoriser l’utilisation et le partage d’informations climatiques


Les données climatiques collectées, observées et analysées par la Direction Générale de
la Météorologie seront partagées, suivies et utilisées pour nourrir les activités de recherche
du secteur de l’élevage au niveau des différentes filières (bovins, ovins, porcins, volailles,
etc.). Ces données pourront servir de base à la mise en place de dispositifs de veille et de
surveillance des impacts climatiques sur les activités d’élevage. Elles pourront également
servir l’élaboration de message d’information adapté au public visé.

Promouvoir les recherches sur l’évolution du pastoralisme, y compris ses implications


socio-économiques, sous changement climatique
Il conviendra dans l’ensemble d’évaluer les impacts du changement climatique induits chez les
animaux par le stress thermique et hydrique (diminution de la production ou de la reproduction,
mortalité du cheptel), la modification des ressources fourragères locales due à l’augmentation
des températures et des teneurs en CO2, ou encore la baisse des surfaces de pâturage
disponibles sur certains territoires. Les axes de recherche pourront notamment porter sur :

▪▪ La mise à jour des données et des informations sur le pastoralisme, face à l’évolution de
l’environnement, du climat et des pratiques ;
▪▪ La gestion de l’espace et des conflits potentiels entre l’élevage extensif et l’agriculture,
les Aires Protégées, et les surfaces dédiées au reboisement, avec un accent sur la
question foncière sous contexte de changement climatique ;
▪▪ L’analyse économique de l’élevage extensif, sous changement climatique.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 53


Priorités stratégiques du secteur pêche
D’un point de vue réglementaire, la Loi n° 2015-053 portant sur le Code de la pêche et de
l’aquaculture fait suite à l’engagement de l’État à instaurer l’état de droit et le renforcement
de son autorité dans le secteur. La présente loi a pour objet la gouvernance et la gestion
durable des ressources halieutiques en vue de la préservation des écosystèmes aquatiques
et de la protection de la diversité biologique des eaux malagasy. Aussi, elle vise à renforcer la
contribution du secteur de la pêche et de l’aquaculture à la sécurité alimentaire et nutritionnelle,
ainsi qu’au développement économique et social de Madagascar pour le bien-être des
générations actuelles et futures.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : METTRE EN PLACE DES RÉSERVES MARINES ET


PROTÉGER LES CORAUX ET LES MANGROVES

Les mangroves et les récifs coralliens sont connus pour être de véritables nurseries à poissons,
tout en représentant un atout important de la promotion du tourisme à Madagascar. Il est donc
primordial de protéger ces espaces pour garantir le renouvellement des ressources halieutiques
d’une part et sécuriser un secteur en croissance (tourisme) d’autre part, et qui s’appuient sur
les ressources naturelles du pays. Par ailleurs, dans le contexte des changements climatiques,
les régions côtières se trouvent particulièrement exposées à l’élévation du niveau de la mer.

À Madagascar, les changements climatiques en milieu marin se traduisent par le blanchissement


des coraux ou encore par l’élévation moyenne de 7 à 8 mm par an du niveau de la mer.42
Bien que menacés par le changement climatique, les mangroves et les barrières de corail
constituent des puits de carbone et forment une protection naturelle idéale contre nombreux
aléas naturels et climatiques, dont l’érosion côtière. Leur protection et leur reconstitution
permettent donc de réduire la vulnérabilité des espaces côtiers où ils sont présents.

Réaliser un inventaire des récifs coralliens et de leur état de conservation


Les connaissances très parcellaires sur les écosystèmes et la plupart des ressources limitent
les prises de décision pour leur préservation. Dans la plupart des cas, la dégradation est déjà
très avancée avant que des mesures de gestion aient été prises.

Néanmoins, un grand pas a été fait en ce qui concerne les connaissances sur les récifs coralliens
de Madagascar depuis la réalisation d’un projet de caractérisation et de cartographie des récifs
au niveau global dans le cadre du projet américain Millennium Coral Reef Mapping lequel a
produit, entre autres, un Atlas des Récifs Coralliens de l’Océan Indien Ouest (Andréfouet,
2012). Ces données doivent être consolidées au niveau national.

Appuyer le processus de mise en protection des Aires Marines Protégées incluant les
systèmes coralliens et les mangroves à haute valeur de conservation
La politique nationale s’inscrit dans une démarche ambitieuse de protection des milieux
terrestres et marins à Madagascar, en lien avec des démarches internationales telles
que la « vision Durban » de 2003 (objectif de tripler les surfaces d’aires protégées) et les
décisions de Sydney de 2014 (avec notamment l’objectif spécifique de tripler également les
aires marines protégées). Cette volonté et la politique de gestion et de conservation de la
biodiversité se heurtent cependant à différentes problématiques, il s’agit donc de renforcer
la bonne gouvernance et la gestion opérationnelle de ces aires protégées, dont les territoires
sont parfois très difficiles d’accès. Les gestionnaires, qui sont confrontés à des problèmes de
gestion rationnelle des ressources et des problématiques socio-économiques encrées, seront
ainsi mieux soutenus.
42
GCRMN, CORDIO, IOC, (2017). Coral reef status report for the Western Indian Ocean

54 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Développer un programme de restauration des mangroves dégradées à l’échelle
nationale et promouvoir leur gestion durable
La restauration des mangroves fait partie des objectifs de la Politique Forestière de Madagascar
(POLFOR, 2017) dans la promotion de la restauration des paysages forestiers. Elle figure
également parmi les priorités dans la Stratégie Nationale sur la Restauration des Paysages
Forestiers et des infrastructures vertes à Madagascar (SNRPF, 2017) en précisant des actions
prioritaires notamment sur les Côtes ouest et nord et s’étalant sur 170 000 ha.
Un atelier National Mangrove a été tenu à Tuléar en Juin 2019, présentant des éléments de
diagnostic des écosystèmes mangroves à l’échelle nationale. Sur la base des documents
issus de cet atelier, il convient de développer un programme de restauration des mangroves
à l’échelle nationale.

Conserver tous les récifs coralliens


Les récifs coralliens et les écosystèmes qui leur sont associés (herbiers, mangroves) abritent
la plus riche biodiversité marine du monde (Lozano et al., 2012) et supportent les moyens de
subsistance et l’économie des communautés côtières. L’importance des récifs coralliens de
Madagascar, aussi bien en termes de conservation de la biodiversité que de réduction de la
pauvreté, n’est plus à démontrer.

Les impacts de l’augmentation des températures de surface des eaux seront inégaux le long
des côtes malgaches du fait de la variation naturelle de la température de surface qui sera très
importante dans le Sud-ouest par rapport à celle du Nord-ouest et le Sud-est. Les risques de
blanchissement des coraux seront donc plus élevés dans la région du Sud-ouest de l’île que
dans le Nord-ouest (McClanahan et al., 2009).

Promouvoir une gestion durable des ressources aquatiques et de l’aquaculture

▪▪ Promouvoir la conservation des écosystèmes-nurseries (mangroves et récifs coralliens


notamment), afin de garantir la reproduction de la ressource ;
▪▪ Améliorer la gestion et la surveillance des coraux durs prélevés pour le commerce
international, en encourageant la gestion des ressources de coraux durs de façon à
garantir que toute espèce entrant dans le commerce soit maintenue dans l’ensemble de
son aire de répartition, à un niveau compatible avec son rôle dans l’écosystème marin ;
▪▪ Etablir des partenariats avec des organisations pour appuyer la gestion des sites
existants et soutenir la désignation de nouveaux sites, et renforcer les capacités de
gestion des sites.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : DÉVELOPPER ET VULGARISER DE NOUVELLES


TECHNIQUES DE PÊCHE

Connaître les stocks dans chaque zone actuelle en se basant sur un système statistique
amélioré et mis à jour
Il est primordial de réactualiser l’évaluation et le suivi des stocks de ressources halieutiques
exploitées et exploitables (y compris les thons, les holothuries et les langoustes, crabes des
mangroves, etc.) en vue d’envisager l’éventuel aménagement des pêcheries, mais également
pour les espèces à enjeu de conservation et/ou pour les espèces sur lesquelles il existe une
forte pression.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 55


Développer de nouvelles recherches pour les segments de pêcherie à haute valeur
commerciale
De nombreuses recherches ont été réalisées au niveau du secteur de la pêche et de
l’aquaculture. Cela touche entre autres, les filières langouste, crevette et concombre de mer.
D’autres recherches doivent être en même temps développées telles que la recherche sur
la filière crabe. Ensuite, une valorisation de la recherche halieutique s’impose dans le but
d’assurer la transparence de la gestion durable des ressources marines et aquacoles.

Restructurer la petite pêche nationale et la réglementer


Un Dispositif de Concentration de Poissons (DCP) doit être mis en place et faire l’objet d’un
encadrement réglementairement précis (périodes identifiées, taille, nombre), afin de favoriser
le maintien des ressources pour les pêcheurs. De même, le développement et la mise en
application de moyens de contrôle de l’activité tels que le zonage, la carte pêcheur, le marquage
d’engins de pêche doivent être accélérés.

Développer et promouvoir la pisciculture, l’aquaculture, la valorisation d’autres


ressources marines (huîtres, concombres de mer, algues, etc.)
La promotion de la pisciculture, de l’aquaculture et de la valorisation d’autres ressources
marines fera l’objet de différentes activités, à savoir :

▪▪ Un zonage des sites aquacoles pour minimiser leur exposition aux aléas climatiques et
une relocalisation des exploitations implantées sur des sites exposés ;
▪▪ Une organisation appropriée de systèmes de veille sanitaire et d’intervention en cas de
maladies animales ;
▪▪ L’accroissement de l’efficience de l’utilisation de l’eau ;
▪▪ La sélection et le développement d’espèces et de souches adaptées à des facteurs
du milieu susceptibles de varier avec le changement climatique, tels que la salinité, la
température, etc. ;
▪▪ La promotion d’écloseries pouvant assurer une large dissémination de ces souches et
espèces.

Ces mesures seront prises à l’échelle locale et nationale, afin de faire face, de manière
proactive, aux défis posés par le changement climatique au développement de l’aquaculture.

Tenir un processus de concertation internationale/nationale/régionale pour la prise de


décision sur les mesures d’aménagement
Tenant toujours compte du défi majeur que constitue pour Madagascar la structuration des
filières pêches, la gestion et la gouvernance (et les aménagements associés) des systèmes
de pêcheries doivent faire l’objet d’un processus de consultation (participatif), afin de partager
aux parties prenantes l’état des lieux des filières à travers les connaissances actualisées au
niveau national.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 3 : DÉVELOPPER DES SYSTÈMES D’ALERTES PRÉCOCES


MÉTÉOROLOGIQUES POUR LES PÊCHEURS

Les capacités de mise en œuvre des systèmes d’alerte précoces dans différents pays et
régions sont aujourd’hui très disparates au sein des pays les moins avancés (PMA) et les
petits États insulaires en développement (PEID), qui connaissent des difficultés à fournir des
alertes critiques aux autorités nationales et locales, ainsi qu’aux populations résidentes.

56 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Il est nécessaire de consolider les systèmes d’alerte par un renforcement de leurs services
de prévision météorologique, combinés avec l’amélioration de leurs plans et opérations
d’urgence en cas de catastrophe. Dans leur contribution nationale (CDN), ces pays définissent
les systèmes d’alerte précoce (SAP) comme une priorité.

Renforcer le Système d’Alerte Précoce (SAP) et le suivi des dynamiques de mobilités


locales des populations avec le BNGRC et au niveau de l’ensemble des régions côtières
Le SAP est un système permettant d’anticiper une réponse humanitaire appropriée et à temps
aux populations exposées, alors que la DTM (Matrice de suivi des déplacements) est un
système de suivi des dynamiques de mobilités locales de la population, qui capture, traite et
diffuse régulièrement et systématiquement les informations pour une meilleure compréhension
de ces mouvements et de l'évolution des besoins de ces populations. Les informations fournies
par les rapports DTM permettent à la fois d’orienter l'intervention des acteurs humanitaires et
de fournir des sources importantes de données pour le SAP.

Dans le contexte de la sècheresse récurrente, prévenir et anticiper sont très cruciaux, et ce,
compte tenu des impacts socio-économiques et des éventuelles pertes en vies humaines
constatées ces dernières années et exacerbées par une intervention humanitaire tardive.
En effet, ces impacts auraient pu être évités ou du moins atténués si des systèmes d’alerte
adaptés avaient été mis en place et opérationnels.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 4 : PROFESSIONNALISER LES MÉTIERS DES PÊCHEURS ET


RENFORCER LEUR CAPACITÉ MANAGÉRIALE

Intégrer les pêcheurs dans des groupements de pêcheurs et une plateforme de


concertation afin qu’ils puissent s’approprier du développement durable de leurs
activités
Le sous-secteur de la pêche subit plusieurs contraintes d’ordre structurel, organisationnel
et de développement. Ces défaillances se traduisent par une dévalorisation des produits
ou une incapacité des producteurs à satisfaire régulièrement les demandes. De nouvelles
structurations des acteurs sont à considérer à travers le renforcement de leur capacité, le
renforcement des organisations de relais et des encadrements techniques.

Il conviendra d’appuyer le type d’organisation comme les LMMA (Locally Managed Marine
Area) qui sont des aires marines gérées par les communautés et pour les communautés, afin
de protéger la biodiversité et les ressources marines pour la promotion de la pêche durable.

Développer un programme de renforcement de capacité des associations de pêche


Les pêcheurs sont les premiers acteurs de la protection des ressources halieutiques et du
littoral. Aussi, il apparaît important de sensibiliser les associations aux impacts du changement
climatique sur les ressources, tout en renforçant la professionnalisation de la filière (capacité
managériale, gestion des stocks, compréhension et interprétation des informations climatiques
disponible). Cette approche combinée est garante d’un secteur pêche efficace, source
de revenus pour des populations vulnérables et acteurs de la lutte contre le changement
climatique.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 57


PÊCHEURS À TULÉAR
58 photo:
crédit Plan National d’Adaptation de Madagascar
Ramboll
RESSOURCES EN EAU
En 2017, le taux moyen national d’accès à l’eau potable est de 24 %, tandis que 6,9% de la
population utilisent des latrines améliorées et seulement 19% ne pratiquent plus de défécations
à l’air libre, selon le ministère en charge de l’eau43 (actuellement le ministère de l’énergie, de
l’eau et des hydrocarbures).

Avec les catastrophes naturelles, les pollutions et les différentes pressions anthropiques, le
changement climatique influence la qualité et la durabilité des ressources en eau et se faisant,
menace la santé publique. Dans ce contexte, le changement climatique se présente comme
un facteur aggravant les limites d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Les ressources
en eau sont impactées aussi bien en termes de quantité (tarissement ou insuffisance dans les
localités connaissant déjà des stress hydriques) que de qualité (pollution, salinisation).

Par ailleurs, il est à noter que le secteur eau présente la particularité d’être intimement lié avec
d’autres secteurs, comme la biodiversité, la forêt, l’agriculture, l’aménagement du territoire,
l’énergie et la santé.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : PRÉSERVER ET SÉCURISER LES RESSOURCES EN EAU


PAR LA MISE EN ŒUVRE D’UNE GESTION INTÉGRÉE DES RESSOURCES EN EAU (GIRE)

Renforcer les actions et les techniques de reboisement et de reforestation en amont


des bassins versants et sur les berges des différents cours d’eau
Sur la base des faits, des observations et des résultats d’études conduites jusqu’ici,
la sécurisation et le stockage des ressources constituent un impératif urgent face aux
risques de tarissements temporaires/saisonniers ou durables, alors que les besoins sont
multiples : utilisations domestiques, consommation, agriculture, santé, assainissement,
énergie, etc. Cela, sans compter son importance par rapport à la protection de la biodiversité.
Les causes premières étant connues (déboisement, défrichement, dégradation des bassins
versants), cette action prioritaire consiste à renforcer, mais surtout à « repenser » les manières
de faire en matière de reforestation, de reboisement et de restauration, en considérant les
liens avec la sécurité alimentaire, la malnutrition, la santé et la protection humaine en général.

Intégrer dans les activités de l’ANDEA (Autorité Nationale de l’Eau et de l’Assainissement)


des dispositions renforçant l’effectivité de la GIRE
Cette action vise à assurer la protection des ressources en eau de manière à les rendre
disponibles et répondant aux besoins des usagers et utilisateurs, à travers :

▪▪ L’application effective des prescriptions environnementales des Plans d’Urbanisme


Directeurs (PUDi) qui recommandent la protection des ressources en eau par des
activités de reboisements des environs immédiats ;
▪▪ La réalisation et la mise en place de mécanismes d’évaluation et de suivi de la disponibilité
et de la qualité des ressources en eau, dont la mise en place de réseaux d’observation
des eaux de surface et des eaux souterraines ;
▪▪ La promotion de comportements et pratiques responsables à travers des activités
d’Information-Education-Communication (IEC) vis-à-vis de l’eau, pour des consomma-
tions d’eau à bon escient, permettant sa gestion durable et saine ;

Cité dans le quotidien Midi Madagasikara du 27 novembre 2018, selon le Ministère de l’Eau, de l’Energie et des
43

Hydrocarbures

Plan National d’Adaptation de Madagascar 59


▪▪ La définition des actions adéquates d’assainissement urbain pour assurer la protection
des ressources en eau, la considération et le ciblage spécifique du milieu urbain dans le
cadre de l’élaboration d’un Plan d’action National relatif à la Déclaration de Manille pour
la gestion des sources émergentes de pollution incluant les eaux usées urbaines et/ou
industrielles, et les détritus et/ou les déchets marins.
▪▪ La considération et le ciblage spécifique du milieu urbain dans le cadre de l’élaboration
d’un Plan d’action National relatif à la Déclaration de Manille pour la gestion des sources
émergentes de pollution incluant les eaux usées urbaines et/ou industrielles, et les
détritus et/ou les déchets marins.

Restaurer les mangroves dans les zones côtières


Cette action vise à éviter ou à réduire les intrusions salines, notamment au niveau des puits
des villages, qui sont un cas récurrent, surtout dans le Sud. Le reboisement sera intégré
dans les activités à entreprendre afin de maintenir ou restaurer le rôle des mangroves dans
le stockage de l’eau. En effet, la restauration des mangroves fait partie des objectifs de la
Politique Forestière de Madagascar (POLFOR, 2017) dans la promotion de la restauration
des paysages forestiers. Elle figure également parmi les priorités dans la Stratégie Nationale
sur la Restauration des Paysages Forestiers et des infrastructures vertes à Madagascar
(SNRPF, 2017) en précisant des actions prioritaires notamment sur les Côtes Ouest et Nord
et s’étalant sur 170.000 ha. Ceci démontre le caractère intersectoriel et transversal du secteur
eau, requérant une bonne collaboration et coordination entre les secteurs.

Préserver les zones humides


Cette action vise à soutenir la mise en œuvre effective de la Stratégie nationale de gestion
intégrée des zones côtières en intégrant la considération des zones humides en milieu urbain
dans la Stratégie Nationale de Gestion Durable des Zones Humides qui serait mise à jour
prochainement. Elle répond également aux prescriptions environnementales des Plans
d’Urbanisme Directeurs (PUDi) qui recommandent la protection des zones sensibles incluant
bassins versants, zones inondables et zones humides par des mesures particulières adéquates.
L’action vise en outre la mise en œuvre d’initiatives de restauration des zones humides dans le
cadre de la définition des objectifs et actions planifiées du développement urbain.

Réaliser/Mettre à jour les schémas d’aménagement et de gestion intégrée des ressources


en eau (SDAGIRE) tenant compte du changement climatique
Cette action est conforme à la Stratégie Nationale de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène
(SNEAH) de 2013, déclinant de la note d’orientation stratégique du secteur établie en 2012 et
à la CDN. Dans l’une des actions programmées, l’intégration de l’adaptation au changement
climatique et de la GIRE est préconisée lors de la conception des SDAGIRE. Certaines Régions
disposent déjà d’un SDAGIRE ou d’un SDAGRE, mais avec des références insuffisantes sur
le changement climatique. Pour chaque Région ou District, ce sera un outil pour optimiser la
sécurisation des ressources en eau en intégrant la dimension changement climatique, puis
en se déclinant en programmes ou plans d’action permettant d’améliorer la pérennisation des
actions.

Précédant l’élaboration des SDAGIRE proprement dite, la situation de vulnérabilité des


ressources face au changement climatique doit être connue à travers la conduite d’études y
afférent. Ensuite, chaque SDAGIRE doit identifier de la manière aussi précise que possible, les
actions adéquates (au niveau institutionnel et au niveau technique), afin d’assurer la résilience
des ressources en eau, au moins au niveau de chaque Région et en tenant compte des liens
avec la santé de la population, notamment celle des enfants.

60 Plan National d’Adaptation de Madagascar


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : MIEUX GÉRER LES RISQUES D’INONDATION ET LES
RISQUES D’ÉROSION EN ZONES URBAINES ET RURALES

Les risques d’inondation sont inhérents à certaines grandes villes de Madagascar, dus à
plusieurs facteurs, notamment l’obstruction des canalisations et des voies d’évacuation (vétusté,
déversements de déchets, manque ou absence d’entretien, etc.) et la perte (ou forte diminution)
de capacité d’absorption des terres pour cause de nouvelles infrastructures. L’érosion quant
à elle est causée par la fragilisation des sols à cause des déboisements, défrichements et
changement d’utilisation des terres, qui de par leurs caractéristiques (géographiques, physico-
chimiques), sont généralement déjà sensibles à ce phénomène. L’érosion est ainsi plus
souvent observée en milieu rural et fréquemment au niveau des bassins versants.

Mettre en place des stations de pompage et des stations d’observation hydrologiques /


de mesure du niveau des rivières / de prévision des crues
Outre la plaine d’Antananarivo, il s’agit de mettre en place et de rendre opérationnelle une
structure similaire à l’APIPA.44 Actuellement, cette station de pompage est chargée de la
surveillance, de l’exploitation et de la maintenance des ouvrages et équipements destinés à la
protection contre les inondations d’une part, et d’autre part, de la direction et de la coordination,
en période de menace de danger ou de danger déclaré, de toutes les opérations de défense
contre les inondations. La structure peut aussi participer, en cas de force majeure, au plan
ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile). La présente proposition de mettre
également des stations de pompage similaires vise des sites au sein des villes de la Côte Est
exposés aux cyclones et aux inondations ainsi que les villes les plus sujettes aux inondations
comme celles de Toliara et celles de la Région de Sofia, en cas de fortes précipitations, en
addition aux autres mesures à entreprendre.

Il en est de même pour la mise en place des stations d’observation des crues et des stations
d’observation des mesures hydrométriques, dans les villes et les milieux péri-urbains et ruraux,
où l’initiative s’avère pertinente, suivant l’évolution du contexte climatique de ces dernières
années et les scénarios à venir.

Ériger/ Renforcer les digues de protection


À chaque saison de pluies, des cas de rupture de digue sont signalés. Les constructions ou
les renforcements des digues de protection ont commencé à être réalisés dans certaines
Régions, sauf dans la Région de Boeny qui est pourtant identifiée dans le PANA. Toutefois, les
actions ne sont pas non plus à limiter à la Région de Boeny, car le phénomène a tendance à se
généraliser sur tout le territoire. Aussi, les berges et les littorales et autres zones définies comme
sensibles à l’érosion sont notamment considérés également comme objets de protection.

Pour ce faire, il y a lieu de se référer aux SRAT (Schéma Régional d’Aménagement de Territoire)
et considérer aussi bien pour le milieu urbain que le milieu rural.

Renouveler les systèmes de canalisation au niveau de toutes les grandes villes


Les réseaux de canalisation datent de plusieurs décennies et ne sont ni adaptés à la
croissance démographique, ni à l’évolution des villes. A la vétusté s’ajoute aussi l’absence
ou le manque d’entretien et de maintenance. Cette situation constitue l’une des principales
causes d’inondation au niveau des villes. Des efforts ont commencé à être entrepris. Toutefois,
le défi est de réaliser les travaux de rénovation sur l’ensemble du territoire, en construisant des
canaux selon les normes adaptées aux contextes des villes et aux projections climatiques, et
permettant de se protéger contre des actes de vandalisme. Ces initiatives sont conformes aux
Autorité pour la protection contre les inondations de la plaine d’Antananarivo. Organisme rattaché au ministère
44

en charge de l’eau. http://www.meeh.gov.mg/organismes-rattaches-2/apipa-2/

Plan National d’Adaptation de Madagascar 61


différents (PUDi) que les grandes agglomérations sont en train ou prévoient de développer.
Elles contribuent également à la préservation de la santé de la population.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 3 : SOUTENIR LA GESTION DURABLE DE L’EAU EN PÉRIODE


DE SÉCHERESSE, NOTAMMENT DANS LA PARTIE SUD DU PAYS

Apporter une solution durable aux sécheresses dues à l’absence prolongée ou à


l’irrégularité des pluies
Cette action correspond à un axe de la Stratégie Nationale de l’Eau-Assainissement-Hygiène
(SNEAH) qui veut apporter un service d’accès à l’eau efficace et durable, notamment dans le
Sud, et invite à réfléchir sur la conception d'un système d'adduction d'Eau Potable adapté. Pour
ce faire, la technologie 3R : Recharge, Rétention et Réutilisation45 pourrait y être développée
(cf. Priorité stratégique/ Agriculture).

Apporter une solution durable contre la salinisation des ressources en eaux souterraines
Cette action peut tenir compte de toutes les études46 qui ont été déjà conduites en la matière,
et les traduire en actions concrètes pour remédier à cette problématique. Les techniques
préconisées sont à développer et à mettre en œuvre, en commençant avec les localités où les
problèmes sont les plus cruciaux (identifiés dans les SRAT) et en élargissant progressivement.

Prioriser l’élaboration des SDAGIRE de la partie Sud : Régions d’Atsimo Andrefana,


d’Androy et d’Anosy et d’Atsimo Atsinanana
Mentionnée plus haut, l’élaboration des SDAGIRE est préconisée, et ceux des Régions de
la partie Sud du pays doivent être une priorité. Cette considération rejoint ce qui est stipulé
dans les documents de stratégie du secteur, que ce soit dans la Note d’orientation ou dans la
SNEAH, compte tenu du contexte qui prévaut au sein de ces Régions.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 4 : DÉVELOPPER DES INFRASTRUCTURES ADAPTÉES ET


RÉSILIENTES

Assurer l’application effective de la Directive Nationale pour des infrastructures d’AEP


résistantes aux aléas climatiques
Cette action est complémentaire aux priorités précédentes, dans la mesure où elle contribue à
garantir la durabilité de l’utilisation des ressources en eau. Elle comprendra plusieurs activités,
allant de la sensibilisation aux renforcements techniques sur la construction et la maintenance
des infrastructures.

Mettre en place et en œuvre un mécanisme de gouvernance des infrastructures


Cette action fait partie de la GIRE et vise à pérenniser les infrastructures, en précisant les
différentes responsabilités (ministère, collectivités, usagers, etc.) sur le suivi, le contrôle et la
maintenance des infrastructures, ainsi que le mécanisme de financement y afférent.

45
Steenbergen F. van and A. Tuinhof. (2009). Managing the Water Buffer for Development and Climate Change
Adaptation. Groundwater recharge, retention, reuse and rainwater storage. Wageningen, The Netherlands: Me-
taMeta Communications. Consultable sur : http://www.bebuffered.com/
46
De nombreuses études ont été conduites par les différents ministères successifs en charge de l’eau potable,
appuyées notamment par l’UNICEF, le JICA et la BAD.

62 Plan National d’Adaptation de Madagascar


VILLAGE DE PÊCHEURS À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar Plan National d’Adaptation de Madagascar 63
SANTÉ PUBLIQUE
Le secteur santé est un secteur climato-sensible. En matière de santé publique, les données
disponibles concernent essentiellement le paludisme. Selon le ministère en charge de la
santé, il est montré que l’augmentation de températures moyennes annuelles tend à rompre
les barrières thermiques des maladies, ou du moins de leur vecteur. Ainsi, si le paludisme
est endémique des régions côtières de Madagascar en général et ne revêt qu’une forme
saisonnière dans les Hautes Terres Centrales, la hausse des températures tend à étendre
l’aire de répartition des vecteurs sur les Hautes Terres Centrales.

En 2015, le ministère en charge de la santé, en collaboration avec la Direction Générale de


la Météorologie a conduit une analyse de vulnérabilité du secteur. Le secteur a pu établir un
aperçu global de la situation de la vulnérabilité de certaines Régions au changement climatique.
Globalement les Régions les plus vulnérables sont également celles qui encourent le plus de
risques sanitaires liés au changement climatique. Il est à noter néanmoins que les perceptions
recueillies au cours cette année 2019 montrent quelques nuances par rapport à l’analyse de
2015, si l’on ne considère que les aléas cycloniques : par rapport à ces derniers, les Régions
de Sofia, d’Atsimo Andrefana, d’Anosy, de Vakinankaratra, d’Amoron’I Mania et d’Ihorombe,
la vulnérabilité serait moyenne.

Figure 16: Vulnérabilité (AR4, 2007) du secteur santé des différentes Régions de Madagascar.47

De l’autre côté, la gestion des déchets, y compris les déchets médicaux, fait partie des
problèmes auxquels le secteur doit faire face, et qui sont exacerbés par le phénomène du
changement climatique, favorisant les rapides proliférations des maladies liées à ces déchets.

La Politique Nationale de Santé et Environnement (PNSE) et le Plan National d’Adaptation


du Secteur Santé au changement climatique (PNASS) élaborés respectivement en 2011 et
en 2015 constituent actuellement les documents de référence du secteur santé en matière
d’intégration de la dimension changement climatique.
47
Source : Ministère de la Santé Publique, 2015 : PNASS

64 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Finalement la dimension de genre est importante dans le secteur de la santé: les soins de
santé à prodiguer aux enfants et aux personnes âgées dans les foyers sont généralement
considérés comme étant la responsabilité des femmes ; ces dernières voient leur charge
de travail alourdie par les soins à apporter à leur famille, notamment à cause de maladies
endémiques et épidémiques persistantes ; certaines pratiques discriminatoires ou sujets
sensibles ont des impacts différenciés sur la santé des hommes et des femmes.48

Les priorités stratégiques ci-après sont des options d’adaptation s’articulant autour des actions
identifiées dans le PNASS. Deux grandes priorités sont identifiées. La première concerne le
renforcement de capacités au niveau institutionnel, et la seconde est relative au renforcement
au niveau de la population.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : AMÉLIORER LES CAPACITÉS DU SECTEUR SANTÉ POUR


FAIRE FACE AUX EFFETS NÉFASTES DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Un des objectifs fort du PEM, tel qu’explicité dans la priorité stratégique 11, relève de
l’amélioration de l'état de santé de la population à travers un système de santé cohérent,
renforcé, équitable et capable de répondre aux demandes et aux besoins sanitaires de la
communauté même dans le cadre de la gestion des urgences et des catastrophes. Par ailleurs,
sur la base des constats élaborés dans le PNASS, cette priorité stratégique se veut de :

Former les agents de santé et les agents communautaires en matière de changement


climatique et santé
Une méconnaissance des risques climatiques et sur leurs impacts, ainsi que les mesures
d’adaptation face au changement climatique est constatée au niveau du secteur. Par
conséquent, organiser des formations à l’endroit du personnel de la santé, avec des modules
précis, sur le changement climatique, le lien avec la santé, l’adaptation, les impacts des
inactions. Des supports simples et adaptés doivent être élaborés, pouvant être utilisés et
compréhensibles par les cibles.

Les agents de santé et les agents communautaires doivent être formés en cascade, à travers
des formations de formateurs successives.

Mettre en place les infrastructures de santé résilientes au Changement Climatique dans


les formations sanitaires des régions à risque et vulnérables
Construire des bâtiments sanitaires comme les Centres de Santé de Base (CSB) et dispensaires,
répondant aux normes établies contre les cyclones et inondations, et/ou réhabiliter, car les
bâtiments actuels ne sont pas adaptés.

Prioriser les Centres de Santé de Base (CSB) érigés ou à ériger au sein des Régions
considérées comme les plus vulnérables en tenant compte des besoins différenciés
femmes-hommes
Pour les Régions d’Androy et d’Anosy, les aléas qui les concernent le plus sont la hausse de
la température et la sécheresse. Les constructions sanitaires sont par conséquent à réaliser
suivant ces facteurs, en les équipant de dispositifs permettant de faire face au manque d’eau,
mais tout en prévoyant l’occurrence, même plus rare, des cyclones ou de grandes pluies, mais
qui sont destructrices lorsque ces cas se présentent.

Pour les autres Régions, prévoir des CSB pouvant faire face surtout aux cyclones, et tenant
compte des dispositions légales existantes y afférentes.
48
Ministère de l’Environnement de l’Écologie, et des Forêts, 2019. Pour un Processus de Plan National d’Adapta-
tion (PNA) qui Réponde aux Questions de Genre à Madagascar

Plan National d’Adaptation de Madagascar 65


Dans tous les cas, il faut veiller à ce que les infrastructures érigées tiennent compte de la
dimension genre, en veillant aux besoins spécifiques des femmes, des personnes à mobilité
réduite ou en situation de handicap et des enfants, et en considérant à la fois le personnel
soignant et les malades, en matière sanitaire.

Construire et intégrer à tout projet visant à soutenir la scolarisation, la santé et l’accès


à l’emploi des infrastructures sanitaires Eau, Assainissement et Hygiène et gestion des
déchets suivant des normes établies ou à établir
En amont, il s’agit d’abord de fixer et de divulguer des règles ou normes de base communes
concernant le respect de l’hygiène au sein des infrastructures sanitaires. Puis, accompagner la
construction ou la réhabilitation des bâtiments par des équipements ou dispositifs permettant
de répondre aux exigences de la propreté et de la salubrité. Par exemple, dispositif sécurisé des
sources et de stockage d’eau, système de sécurisation des médicaments stockés, notamment
ceux qui sont sensibles aux facteurs climatiques, système de déversement et d’isolement des
déchets, système de tri des déchets, etc. Ces constructions permettent de ne pas exclure les
filles et les femmes. Par exemple, il s’agira de penser à la construction de latrines, faciliter
l’accès à un point d’eau et sécuriser des espaces privés pour les filles et les femmes pour
qu’elles puissent continuer leur scolarité et leurs activités même pendant leurs menstruations.

Renforcer le système d’alerte précoce pour la résilience du secteur de la santé


Cette action vise à remédier à la situation actuelle : Absence de plan de contingence sur les
épidémies, manque de stocks d’urgence, manque de moyens de déplacements surtout au
niveau des localités exposées aux effets du changement climatique, faible capacité de gestion
des risques et de catastrophes.

Il faut par conséquent : Elaborer des plans de contingence, pré-positionner systématiquement


en place des stocks d’urgence épidémique, doter des moyens de communication et de
déplacement au niveau des CSB, recycler régulièrement les agents de santé sur la gestion des
risques et de catastrophes, intégrant les impacts des variabilités climatiques et l’adaptation et
valoriser les compétences des personnes-ressources au sein des Comités GRC en place (au
niveau décentralisé).

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : ACCROÎTRE LA CAPACITÉ DE LA POPULATION POUR


FAIRE FACE AUX RISQUES ET EFFETS SANITAIRES DU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Réaliser des activités d’IEC de la communauté en vue de l’adoption des pratiques


d’adaptation au changement climatique
Ceci correspond également à un projet prioritaire dans le PANA relatif au secteur santé, qui
prévoit des actions IEC auprès de la population sur les causes de la maladie et les mesures
adéquates à entreprendre pendant la période propice à sa transmission, la nécessité
de rejoindre les centres de santé, la construction de latrines, la nutrition, la nécessité des
moustiquaires imprégnées. Les 12 Régions identifiées dans le PANA sont à prioriser, sans
négliger les autres. Les IEC sont conduites de manière à atteindre l’objectif de « changement
de comportement » et de « changement de considération des valeurs communautaires et
individuelles » relatives à la santé.

66 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Renforcer les compétences des acteurs communautaires pour accompagner la
communauté en matière de santé et changement climatique
Dans le PNASS, les parties prenantes au niveau des communautés sont considérées comme
bénéficiaires, mais également comme acteurs dans le cadre de l’adaptation du secteur santé
au changement climatique. Bien entendu, les efforts entrepris à l’endroit des communautés
leur permettent de renforcer leur résilience, mais également, elles peuvent être à l’origine des
initiatives locales pour les actions d’adaptation.

Renforcer les capacités des autorités locales pour mener des activités d’adaptations au
changement climatique
Cette action fait partie des orientations du PNASS et correspondant à un projet prioritaire du
PANA relatif au « Renforcement, consolidation de la capacité des services de santé de base
par la décentralisation du personnel, le renforcement des équipements, des médicaments
pharmaceutiques communautaires appropriés, par la valorisation du COSAN (communauté
sanitaire), par les mesures préventives de constitution de stocks, intensification de la
surveillance Épidémiologique ».

MANGROVES À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar

Plan National d’Adaptation de Madagascar 67


MANGROVES À BOENY
68 photo:
crédit Plan National
GIZ d’Adaptation de Madagascar
Madagascar
BIODIVERSITÉ ET FORESTERIE
La biodiversité est d’autant plus vulnérable aux effets du changement climatique que les
écosystèmes sont pauvres et dégradés. Pour ces raisons, l’Union Internationale pour la
Conservation de la Nature (UICN) préconise de favoriser les solutions fondées sur la nature
(Ecosystem based Adaptation - EbA), qu’elle définit comme des « actions positives » et
« sans regret », car « elles apportent des avantages combinés sur les plans environnementaux,
économiques et sociaux ». Ces solutions concernent trois types d’action : la préservation
d’écosystèmes en bon état écologique, l’amélioration de la gestion durable d’écosystèmes, la
restauration d’écosystèmes dégradés ou la création d’écosystèmes.

La nouvelle politique forestière (POLFOR, 2017) promeut les mécanismes de financement


innovants : d’une part, des financements directs qui doivent servir aux actions, notamment
la mise à disposition effective des allocations de l'Etat et la mobilisation d'autres sources,
et d’autre part les financements indirects qui proviennent des activités de valorisation des
ressources forestières ligneuses et non ligneuses. Par ailleurs, le mécanisme REDD+
constitue une opportunité pour capter des financements internationaux afin de, simultanément,
(i) contribuer aux objectifs climatiques déclarés par Madagascar dans sa Communication
Nationale Initiale, et (ii) mettre en œuvre des activités « transformationnelles » d’utilisation et
de gestion des terres et des espaces forestiers. Bien que le mécanisme REDD+ soit souvent
attribué à l’atténuation, ces trois points montrent qu’il fait également partie de l’adaptation, et
les paragraphes qui suivent le confirment.

La stratégie Nationale REDD+ est un document de référence qui spécifie les orientations en
termes de secteurs touchés, de zones priorisées, d’approches adoptées, de classe d’acteurs
à cibler, de dispositifs à mettre en place, et de catégories d’activités éligibles à mener.

Pour faire face aux défis durant la prochaine décennie, quatre (4) orientations stratégiques ont
été définies et adoptées avec l’ensemble des parties prenantes :

1. L’amélioration du cadre politique, juridique et institutionnel nécessaire à la bonne


gouvernance des ressources ;
2. La promotion de l’aménagement et l’utilisation efficace des terres et des espaces
ruraux ;
3. La promotion de la gestion durable et la valorisation des ressources forestières ;
4. L’amélioration du niveau de vie des populations locales à travers des alternatives aux
pratiques agricoles, et à la consommation et exploitation de produits ligneux et non
ligneux non durables.

Les actions d’adaptation doivent contribuer à l’amélioration de la résilience des populations


et de la biodiversité, en offrant des ressources durables pour les populations locales et des
habitats pour les espèces de faune et de flore et ainsi donc évitant de mettre en danger la
biodiversité.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 69


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : MAINTENIR LA COUVERTURE FORESTIÈRE EXISTANTE ET
CRÉER UN RÉSEAU DE CORRIDORS FORESTIERS DE CONSERVATION

La conservation de ces habitats revêt un triple enjeu en permettant la régulation du climat, le


stockage de l’eau, la fourniture en service écosystémiques d’approvisionnement de base, et
sont par ailleurs l’un des principaux réservoirs de la diversité biologique à Madagascar.

La CDN, ainsi que le dernier rapport du WWF49, soulignent l’importance du renforcement de la


connectivité des habitats, de l’identification et l’aménagement des zones de refuge climatique
à l’intérieur et en dehors des zones protégées. En ligne avec ces préconisations, ci-après sont
détaillées les opportunités d’actions.

Protéger des corridors de déplacement, des opportunités (« tremplins ») et des refuges


des espèces

•Tripler la surface des Aires Protégées à


Vision Durban Madagascar : de 1,7 à 6 millions
d'hectares
(septembre 2003)

Promesse de •Obtention du statut de création définitive


des Aires Protégées avant le 15 mai 2015
Sydney •Triplement du nombre d'Aires Marines
(novembre 2014) Protégées

Figure 17: Historique du Système des Aires Protégées de Madagascar (SAPM). Source : La gouvernance, l’équi-
té et le système des aires protégées de Madagascar (SAPM), 22/03/16.

Bien que les résultats de l'évaluation de la représentativité des espèces indiquent que le réseau
actuel d'aires protégées contiendra des proportions très élevées d'espèces qui survivront aux
changements climatiques prévus d'ici 2050, les taux élevés de disparition d'espèces dans des
aires protégées individuelles suggèrent que la composition des espèces au sein des aires
protégées changera considérablement. Cela signifie que les espèces devront migrer à travers
le paysage pour s'établir dans d'autres écosystèmes encore intacts à l'avenir. Par conséquent,
les habitats situés en dehors du domaine de conservation (Système des Aires Protégées de
Madagascar : SAPM) devront être protégés et les écosystèmes dégradés restaurés pour
permettre la migration des espèces à travers d’importants corridors d’habitats.

Les forêts riveraines sont des zones importantes sur lesquelles les efforts de restauration et de
protection se concentrent, en raison de leur rôle potentiel en tant que corridors, permettant aux
espèces de suivre leurs enveloppes climatiques, et de leur rôle potentiel en tant que refuges.50

49
WWF and Anchor environmental, (2019). Climate Change Vulnerability and Adaptation Assessment for Mada-
gascar’s Terrestrial Protected Areas
50
Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts et du Tourisme, Conservation International, WWF, Mc Arthur
Foundation, (2008). Assessing the impacts of climate change on Madagascar’s biodiversity and livelihoods. A
workshop report

70 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Figure 18 : Evolution du Système des Aires Protégée (SAPM) à Madagascar.

Gérer les forêts naturelles restantes pour maximiser le potentiel de migration des
espèces en réponse au changement climatique
Le changement climatique provoquant des changements dans la distribution des espèces
de faune et de flore, la taille de leurs populations, leur période de reproduction ou leurs
évènements de migration, et entrainant une augmentation de la fréquence des infestations
par les ravageurs et les maladies, il est primordial de conserver les corridors. Les massifs
forestiers naturels restants devront être gérés de manière à favoriser le potentiel de migration,
en réponse aux effets des changements climatiques, via ces corridors. Les corridors et les
massifs forestiers n’ayant pas encore de statut de protection (Kolo’ala) devront faire l’objet de
nouvelles réglementations.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 71


Restaurer et protéger les corridors de forêts ripicoles importants pour la migration des
espèces
Dans certains secteurs, des massifs pourront également être reconnectés via des opérations
de restauration, maximisant ainsi le potentiel de migration des espèces, en réponse aux
effets du changement climatique (exemple du Corridor d’Ankeniheny Zahamena). Un plan
de restauration des massifs forestiers sera développé en conséquence, afin de rétablir les
fonctions écologiques des corridors (migration des espèces, brassage génétique, etc.).

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : METTRE EN PLACE UN PROGRAMME DE RESTAURATION


À GRANDE ÉCHELLE DES ÉCOSYSTÈMES LES PLUS MENACÉS

Madagascar s'est déjà engagé à restaurer quatre millions d'hectares de paysages forestiers
dégradés d'ici 2030 (MNP 2019), avec une planification et des méthodes appropriées.
Cependant, pour augmenter de manière significative cet engagement, un financement
international pour le climat peut être obtenu pour aider à soutenir des activités d'adaptation
à travers le pays, en particulier des projets EbA et REDD+. Les propositions de financement
de projets émanant de mécanismes internationaux de financement du climat peuvent être
extrêmement techniques, complexes et/ou financièrement prohibitifs, il serait donc préférable
que les ONG financées par des donateurs aident le gouvernement malgache à présenter une
demande de financement.

Sécuriser in situ les écosystèmes les plus menacés (forêts sèches, forêts humides,
mangroves, récifs coralliens, lacs et étangs) qui constituent des éléments tampons lors
des évènements extrêmes
Il s’agira de mettre en place une police de l’environnement et de réaliser des patrouilles pour
lutter efficacement contre les trafics de ressources naturelles. Des mesures d’IEC seront
développées sur les enjeux et nécessités de préservation des écosystèmes naturels les plus
menacés et des espèces qui leur sont inféodées.

Poursuivre un programme de restauration des écosystèmes refuges pour le changement


climatique
D’après la SNRPF ; Madagascar fait partie d’un des 10 pays qui se sont engagés officiellement
dans l’AFR100 (Initiative pour la restauration des forêts et paysages forestiers en Afrique)
avec une première promesse de restaurer 4 millions d’hectares d’ici à 2030. Une telle initiative
répond principalement à la vision nationale et la vision du Programme Environnemental pour
le Développement Durable (PEDD) qui vise l’objectif suivant : « d’ici 2030, l’environnement et
le capital naturel de Madagascar sont sources de bénéfices durables ».

Dans ce contexte, il s’agira :

▪▪ D’identifier les écosystèmes refuges, et les espèces qui leurs sont associées ;
▪▪ D’établir une cartographie des axes potentiels de migration à travers le pays et de
prioriser ceux qui ont besoin de protection et de restauration, dans l’optique d’assurer la
connectivité des habitats ;
▪▪ D’identifier les sites de restauration potentiels ainsi que les porteurs de projets associés.

De sécuriser le foncier des sites de restauration.

72 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Développer des filières locales capables de produire des plants adaptés au changement
climatique et de qualité et de déployer de protocoles de restauration efficace en contexte
Malagasy
Des directives pour le déploiement de filières structurées capables de produire des plants
adaptés seront développées et des protocoles de restauration seront mis en œuvre, afin
d’assurer le suivi, et éventuellement le réajustement des actions de restauration. Cette action
permet de réduire les coûts de restauration tout en étant génératrice de revenus.

Aménagement des bassins versants


Les bassins versants déboisés engendrent des problématiques d’érosion mais aussi de qualité
de l’approvisionnement en eau. Ainsi, la mise en place de programme de reboisement pourrait
remplir un triple objectif, à savoir :
▪▪ Adaptation pour la préservation de la ressource en eau tout en limitant les phénomènes
d’érosion ;
▪▪ Reconnexion de certains massifs (selon les cas) et nouvelles opportunités de tremplin
et refuge climatique pour les espèces ;
▪▪ Reboisement à grande échelle.

Selon les cas, cette action peut être menée avec des essences exotiques selon un
plan d'exploitation durable qui permette à la fois la protection des bassins versants et
l’approvisionnement en services écosystémiques. Dans d’autres secteurs avec de forts enjeux
de conservation et/ou de reconnexion entre certains habitats (corridors), il faut travailler avec
des essences autochtones adaptées en fonction des habitats.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 3 : ENCOURAGER L’UTILISATION DURABLE DE LA


RESSOURCE EN BOIS

Renforcer la législation sur l’exploitation des bois précieux et autres ressources


naturelles pour lesquelles il existe une forte pression, et encadrer le marché
Cette action vise à éliminer les risques d’exploitation illicite des ressources naturelles,
notamment des bois précieux, et à éviter les dérives (impactant fortement le milieu environnant
et constituant un fort vecteur de déforestation dans certaines régions telles que les Régions de
SAVA, de Boeny, de Menabe, d’Analanjirofo et d’Anosy notamment) :

▪▪ Appliquer rigoureusement la Loi organique n° 2015-056 du 03 février 2016 portant sur


la création de la « chaine spéciale de lutte contre le trafic de bois de rose et/ou de
bois d’ébène » et sur la répression des infractions relatives aux bois de rose et/ou bois
d’ébène, à travers une collaboration étroite et opérationnelle, de manière permanente,
entre le MEDD, la Justice et les forces de l’ordre.
▪▪ Appliquer rigoureusement la Loi sur le commerce des espèces de faune et de flore
sauvage Loi n° 2005-018 du 17/10/2005.
▪▪ Pour les autres ressources sous pression, réaliser une analyse des lacunes politiques
(policy gap analysis), afin d’identifier les lacunes réglementaires, et le cas échéant,
rédiger des propositions de texte pour couvrir l’ensemble des ressources.

Créer des zones d’approvisionnement en bois avec des essences adaptées (services
écosystémiques intégrés)
Il est primordial de créer une filière de sylviculture durable qui permette de subvenir aux besoins
des populations pour l’approvisionnement en bois de chauffe et de construction, notamment.
Ce, afin que les services écosystémiques rendus par les forêts soient maintenus.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 73


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 4 : RENFORCER LA GESTION DES AIRES PROTÉGÉES ET
SÉCURISER LE FONCIER DES AIRES PROTÉGÉES

Améliorer la protection dans les aires protégées et dans les zones de conservation
existantes
Un diagnostic sur les textes et pratiques règlementaires sera conduit au niveau national,
régional et local en termes de gestion et de contrôle des ressources naturelles. Il s’agira
d’étudier le contenu des textes nationaux et régionaux et leur cohérence avec les Dina, ainsi
que toutes les autres procédures et leurs applications concrètes. Ensuite, il conviendra de
sécuriser le foncier des Aires protégées existantes en tenant compte des dispositions dans
les Plans d’Aménagement et de Gestion (PAG), notamment sur les différentes délimitations.

Investir dans le tourisme pour augmenter le revenu des parcs avec MNP (Madagascar
National Park)
Le développement du potentiel touristique et la promotion d’une exploitation et d’une valorisation
durable des espaces touristiques, tels que préconisés dans la priorité 25 du PEM et dans le
dernier rapport WWF51, seront soutenus par la création et la tenue d’évènements de type foire
régionale (et/ou intra régionales) pour promouvoir les filières et les produits développés dans
et autour des aires protégées. Un appui financier et technique à la création, la promotion et au
développement de produits touristiques complémentaires et régionaux centrés sur les aires
protégées sera apporté.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 5 : CRÉER DES ACTIVITÉS GÉNÉRATRICES DE REVENUS


MOINS DÉPENDANTES DES RESSOURCES NATURELLES

Conduire une évaluation détaillée des contraintes de l’industrie du tourisme à


Madagascar qui limitent le potentiel de son développement

▪▪ Sur la base des évaluations menées, proposer un programme de développement des


AGR pour les populations vivant à proximité des aires protégées.
▪▪ De même, définir un programme d’investissement pour le développement de
l’écotourisme.

Conduire une évaluation détaillée des contraintes du développement local autour des
Aires Protégées
En produisant un diagnostic systématique des PAPs autour des aires protégées, il s’agirait de
financer le développement d’activités génératrices de revenu (ou spéculations) respectueuses
de l’environnement en permettant de réduire la pression sur les ressources naturelles. Cela
pourra se faire en soutenant notamment les activités génératrices de revenus favorisant la
lutte contre la dégradation des écosystèmes.

Sur la base des évaluations précédemment détaillées, renforcer le développement et


la mise en œuvre de programmes de développement d’AGR en périphérie des Aires
Protégées
Il s’agirait de restituer aux PAPs les pertes de revenus occasionnées par la restriction d’accès
aux prélèvements de ressources naturelles dans les Aires Protégées et d’éviter leur retour à la
destruction de ces ressources.

51 WWF and Anchor environmental, (2019). Climate Change Vulnerability and Adaptation Assessment for Mada-
gascar’s Terrestrial Protected Areas

74 Plan National d’Adaptation de Madagascar


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 6 : REVOIR ET RENFORCER L’APPLICATION DES TEXTES
LÉGISLATIFS ET DES POLITIQUES RELATIVES À LA DURABILITÉ, À LA CONSERVATION
ET À LA RESTAURATION DES HABITATS DANS LES ÉCOSYSTÈMES DÉGRADÉS

Intégrer la question de la biodiversité dans les politiques sectorielles afin de prévenir


les activités non durables qui affectent la biodiversité
Afin de garantir une prise en considération par l’ensemble des secteurs des questions de
conservation de la biodiversité (exceptionnelle) de Madagascar cette thématique devra être
intégrée de manière transversale dans les différentes politiques sectorielles via leur révision,
pour garantir un cadrage réglementaire intégré permettant d’éviter et/ou de limiter les activités
non durables qui affectent la biodiversité.

Instaurer une police de l’environnement au niveau National et au niveau Régional


Afin de garantir l’application des textes légaux en vigueur (et des révisions éventuelles), la
police de l’environnement au niveau des Régions (DREDD et DIREDD) sera mise en place et/
ou renforcée. L’opérationnalisation de l’Officier de police judiciaire (OPJ) de l’Environnement
devra également être rigoureusement soutenue. Les réflexions pour développer un système
de coopération interrégionale pour coordonner les actions de lutte contre les trafics et autres
infractions doivent se poursuivre et traduites en actions.

MANGROVE DE BEMANONDROBE-NOSY BE À DIANA


crédit photo: Biotope Madagascar

Plan National d’Adaptation de Madagascar 75


MANGROVES À BOENY
76 photo:
crédit Plan National
GIZ d’Adaptation de Madagascar
Madagascar
ZONES CÔTIÈRES
Les impacts du changement climatique sur les zones côtières de Madagascar sont de plus en
plus visibles, et se traduisent principalement par l’érosion marine et la dégradation marquée du
littoral. Dans la région d’Atsinanana, l’érosion du littoral n’a cessé de s’accélérer depuis 1974,
entraînant par exemple à Toamasina l’ensablement progressif de la rade et du port. Les villes
du Moyen-Ouest du littoral malgache connaissent également des stades d’érosion avancés,
la ville de Morondava en étant une illustration particulièrement prégnante. Outre les impacts
sur les zones urbaines, l’intrusion saline dans les terres, les eaux souterraines et les zones
humides littorales sont responsables de la dégradation des écosystèmes et habitats, menaçant
faune et flore, mais également les activités agricoles côtières, ainsi que l’approvisionnement
en eau potable des populations côtières.

Toutefois, les activités anthropiques accentuent ces phénomènes. Par exemple, une érosion
accrue est constatée sur le littoral de Mahanoro (côte Est), à la suite de la déforestation littorale,
qui protégeait dans le passé la côte et la ville. Aussi, la déforestation accentue fortement la
vulnérabilité des populations lors du passage de violents cyclones. C’est également le cas par
exemple dans la Région de Boeny, où les cyclones causent de graves inondations, à l’instar
de l’inondation de 1984.

Mandaté par le Gouvernement de la République de Madagascar qui l’a institué par arrêté
n° 2169/2009 du 12 Février 2009, le Comité National pour la Gestion Intégrée des Zones
Côtières (CNGIZC) a entrepris depuis Septembre 2009 l’actualisation des documents cadres
pour le développement des zones côtières et marines du pays. Le CNGIZC a bénéficié de
l’appui technique et financier du Programme pour la Gestion des ressources marines et
Côtières (ProGeCO) de la Commission de l’Océan Indien, et de la Convention de Nairobi dans
cette dynamique de relance du processus de mise en place de la GIZC dans le pays.

Cette dynamique a passé une étape décisive, avec l’adoption par le Gouvernement du
décret n°2010-137 du 23 Mars 2010, portant sur la réglementation de la gestion intégrée des
zones côtières à Madagascar, décret qui confère une base juridique officielle à l’adoption de
« La Politique Nationale pour la Gestion intégrée des Zones Côtières » et de son cadre de
mise en œuvre, la « Stratégie Nationale de Développement durable des zones Côtières et
Marines ».

Le Plan d’Action National de la Gestion Intégrée des Zones Côtières et marines (PAN-GIZC)
pour une application sur 5 ans (2019-2023) constitue le nouveau cadre de référence pour
la mise en œuvre du Document de Politique Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC)
au niveau national. L’identification et la réalisation des différentes activités de ce PAN-GIZC
au niveau national se feront par le biais d’un Plan de Travail Annuel (PTA). Aussi les Plans
d’Actions Régionaux (PAR-GIZC) doivent être déclinés, afin de constituer des référentiels pour
les 13 Régions littorales. Il est néanmoins important de noter la mise en place des structures
GIZC au niveau de certaines Régions (Menabe, Vatovavy Fitovinany, Atsinanana, Boeny),
ainsi qu’au niveau communal (Nosy-Be), à la suite des directives du Plan d’Action de 2011-
2015, ce qui constitue une grande performance pour le développement du processus GIZC à
Madagascar.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 77


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : RENFORCER LA LUTTE CONTRE L’ÉROSION ET LES
SUBMERSIONS MARINES

Mettre en œuvre des techniques de lutte antiérosive fondées sur la nature et restaurer
les secteurs dégradés
Les côtes endommagées feront l’objet de mesures de restauration adaptées qui seront
notamment basées sur les services écosystémiques que procurent les mangroves et coraux,
dans leur fonction de protection et de stabilisation du littoral. Diverses actions de restauration
pourront être considérées d’ici 2030 (CDN, 2015) : reprofilage du bourrelet foncier littoral,
reboisement de filaos à vocation de brise vent, plantation de mangroves, restauration des
récifs coralliens. Il conviendra en particulier de capitaliser les résultats de recherches déjà
conduites, comme préconisé par la CDN. Ces actions de restauration et conservation devront
être directement entreprises par les communautés et les autorités locales, qui bénéficieront
d’un programme de sensibilisation et de transfert de capacité en termes de GIZC. Les régions
prioritaires sont celles du Sud-ouest et de l’Est, et plus spécifiquement de Boeny, de Bongolava,
d’Atsinanana et de Menabe (CDN, 2015).

Promouvoir la recherche pour une meilleure connaissance du risque de submersion


marine
Il conviendra de renforcer les connaissances scientifiques sur le risque de submersion marine,
en appuyant la DGM pour des recherches approfondies en ce sens. L’effort sera porté en
priorité sur l’évaluation des risques de submersion sur les zones côtières urbanisées et sur
l’analyse des impacts socio-économiques résultants.

Renforcer la résilience des infrastructures côtières aux risques climatiques


Des ouvrages de défense rigides seront construits (murs de soutènement, digues
d’enrochements, épis et brise-lames) sur la base de consultations menées auprès des
communautés locales et faisant suite à des études d’ingénierie et d’aménagement du littoral.
En effet, de nombreux exemples montrent que l’installation d’ouvrages artificiels peut conduire
à l’érosion accélérée des zones limitrophes.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : GARANTIR UNE PROTECTION OPTIMALE DU LITTORAL


PAR UNE GESTION INTÉGRÉE DES ZONES CÔTIÈRES (GIZC) ADÉQUATE

La CDN appuie à la mise en œuvre de programmes de gestion intégrée des zones côtières
pour préserver le littoral, et notamment les mangroves, afin de permettre aux différents groupes
socio-économiques (pêcheurs, agriculteurs/trices, etc.) d’adapter leurs activités sans que cela
n’impacte négativement celles des autres. Les activités décrites dans ce présent document
visent à s’aligner avec cette orientation.

Garantir la mise en œuvre effective de la Stratégie nationale de développement durable


des zones côtières et marines de Madagascar
La mise en œuvre effective de cette Stratégie nécessite la sensibilisation de tous les acteurs
nationaux (départements ministériels), régionaux et sectoriels sur la GIZC. Le renforcement
de capacité sur le processus GIZC doit être conduit de manière transversale. Ceci nécessite
le suivi et l’accompagnement des acteurs régionaux et locaux dans l’application des directives
de la Stratégie.

78 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Accompagner l’acquisition foncière du domaine littoral par les communautés de base
Afin de répondre aux enjeux liés à la réforme foncière de 2005, portant sur la décentralisation
de la gestion foncière et la reconnaissance légale les droits de propriété du foncier, les
communautés côtières seront accompagnées. Les agents communaux bénéficieront d’un
important chantier de formation, d’appui-conseil et de renforcement de capacités pour
l’acquisition progressive du foncier littoral.

Créer dans les villes côtières des schémas directeurs d’évacuation des eaux pluviales
urbaines
Dans le cadre de la protection du littoral, les villes côtières sont soutenues pour l’élaboration et
la mise en œuvre de schémas directeurs d’évacuation des eaux. Ce plan devra soutenir une
meilleure gestion des risques d’inondations urbaines.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 3 : DÉVELOPPER ET PROMOUVOIR DES ACTIVITÉS


ÉCONOMIQUES DURABLES EN ZONES CÔTIÈRES

En ligne avec la composante stratégique 2 du PAN-GIZC qui promeut le renforcement de la


mise en œuvre des activités sociales et économiques et la promotion de l’économie bleue dans
les actions de développement durable des zones côtières et marines, les activités préconisées
par le présent plan d’action sont les suivantes :

Développer et promouvoir la pisciculture, l’aquaculture et la valorisation d’autres


ressources marines (huitres, concombre de mer, algues, etc.)
Cette action également relative au secteur de la pêche a été détaillée au sein de la section
dédiée.

Promouvoir le tourisme durable en zones côtières


Un des objectifs stratégiques de l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar est le
développement du potentiel touristique et la promotion d’une exploitation et valorisation
durable des sites touristiques. De grandes orientations stratégiques doivent être définies et
un plan d’action élaboré pour valoriser ce potentiel économique. Il conviendra notamment
de sensibiliser et d’accompagner les opérateurs touristiques pour la promotion de l’approche
GIZC dans la mise en œuvre de leurs activités et de diversifier l’offre touristique sur l’ensemble
des 13 Régions côtières, valorisant les paysages et la biodiversité de Madagascar. Aussi, des
initiatives pilotes seront développées afin de promouvoir les activités génératrices de revenus
en lien avec le tourisme (par exemple, l’éco-tourisme) offrant des opportunités autant aux
femmes qu’aux hommes.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 79


PETIT ESCALE KATSEPY À BOENY
80 photo:
crédit Plan National
GIZ d’Adaptation de Madagascar
Madagascar
AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET
INFRASTRUCTURES
Par rapport aux autres ministères sectoriels, l’aménagement du territoire est relativement
récent à Madagascar. Longtemps, les fonctions qui lui sont liées étaient réparties au niveau
de différents ministères. Les préoccupations relatives à l’occupation des terres se sont surtout
focalisées sur le milieu rural, s’expliquant par les activités agricoles, poumons de l’économie
de Madagascar, qui y sont exercées.

La première Politique Nationale d’Aménagement du Territoire (PNAT) a été développée en


2006. Elle contient six orientations stratégiques, comprenant la gestion durable des ressources
naturelles et le développement urbain.

Déclinant de la PNAT, les outils de planification territoriale à Madagascar sont :


▪▪ Au niveau national, le Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT) ;
▪▪ Au niveau régional, les Schémas régionaux (SRAT) ;
▪▪ Aux niveaux intercommunal et communal (SAIC ou SAC) ;
▪▪ Au niveau d’une « ville », le Plan d’urbanisme ;
▪▪ Au niveau d’un quartier, le Plan de développement de quartier (et au niveau d’un îlot :
le Plan de lotissement).

L’aménagement du territoire est cadré par deux lois : la Loi n° 2015-051 portant sur l’Orientation
de l’Aménagement du Territoire (LOAT) et la Loi n° 2015-052 relative à l’Urbanisme et à
l’Habitat (LUH), dont les textes d’application sont prévus prochainement.

Par rapport au milieu urbain, les priorités stratégiques s’articuleront autour de la Vision
2036 du développement urbain durable : « Instaurer des villes bien planifiées, plus sûres,
résilientes, inclusives, équitables, durables et identitaires pour la société Malagasy ; des
villes qui assureront pleinement leurs fonctions de fournisseur de services, de moteur de
développement économique et de structuration du territoire national ».
Les priorités et les actions y afférentes s’accordent avec la Stratégie Nationale de Gestion des
Risques et des Catastrophes (SNGRC) et la PNAT, tout en contribuant à la mise en œuvre de
la PNLCC. Par ailleurs, l’aménagement du territoire étant un domaine transversal, certaines
actions sont exécutées par les ministères sectoriels, tandis que l’aménagement du territoire en
assure le lancement et la coordination.

De l’autre côté, les infrastructures notamment (routes, habitations, aménagement/construction,


etc.), constituent un domaine crucial concerné par les impacts de la variabilité et du changement
climatiques. En effet, les infrastructures sont fortement exposées, et peuvent devenir des
facteurs de blocage pour les activités des autres secteurs, en cas de dommage ou de sinistre
lié au climat, particulièrement. Pour y faire face, Madagascar a développé un certain nombre
de dispositifs :

▪▪ Normes contre l’inondation pour la construction des infrastructures routières,


accompagnées d’un guide de protection routière (2013) ;
▪▪ Normes de construction des infrastructures hydroagricoles contre les crues et les
inondations (2013) ;
▪▪ Normes de construction de bâtiments para-cycloniques (2010), actuellement en cours
de mises à jour ;
▪▪ Guide pour la construction de cases d’habitation.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 81


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : INTÉGRER L’ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
DANS LES DIFFÉRENTS DISPOSITIFS D’APPLICATION DE LA LOI PORTANT SUR
L’ORIENTATION DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE (LOAT) ET DANS LES
RÉFÉRENTIELS DE PLANIFICATION TERRITORIALE

De manière générale, il y a lieu d’assurer l’effectivité de l’adaptation au changement climatique


des territoires, que ce soit en milieu rural ou en milieu urbain, en la prévoyant dans les textes
d’application de la loi. Ceci devra notamment passer par une application plus rigoureuse
des prescriptions environnementales des Plan d’Urbanisme Directeurs (PUDi), considérant
la dimension climatique, mais également par une intégration systématique de l’adaptation
aux changements climatiques dans les plans d’action des PRD et PCD et dans les SRAT,
SAC et SAIC. A cet effet un guide d’intégration de l’adaptation et de la résilience climatique
dans les SRAT et PRD a été développé (CPGU, 2019). Au niveau du littoral, des actions de
gestion intégrée et de protection des zones côtières seront lancées et coordonnées avec les
ministères sectoriels.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : DÉVELOPPER LES CONNAISSANCES ET LES SAVOIR-


FAIRE POUR RENFORCER LA RÉSILIENCE DU MILIEU URBAIN AUX CHANGEMENTS
CLIMATIQUES

La connaissance des impacts socio-économiques et environnementaux des changements


climatiques sera tout d’abord renforcée, notamment grâce à la conduite d’études de
vulnérabilité en milieu urbain. Seront ensuite identifiées et évaluées des actions adéquates
d’adaptation en fonction des capacités et des besoins des populations locales. Des mesures
d’accompagnement associées seront proposées (outils, recherches, etc.). Enfin, des dispositifs
locaux et nationaux de surveillance et de suivi des impacts de la variabilité et du changement
climatique, ainsi que des facteurs de vulnérabilité y afférents, seront développés, en exploitant
en priorité les systèmes d’observation et d’information sectoriels déjà existants (locaux et
nationaux), et valorisant les savoir-faire locaux.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 3 : INFORMER, SENSIBILISER, ÉDUQUER, FORMER TOUS


LES ACTEURS CONCERNÉS, À TOUS LES NIVEAUX, Y COMPRIS LA POPULATION, LES
AUTORITÉS ET ACTEURS URBAINS ET NATIONAUX IMPLIQUÉS.

La résilience des zones urbaines et de l’aménagement du territoire passera par un programme


national d’information, de sensibilisation, d’éducation et de renforcement de capacité à
tous les niveaux : population, autorités locales et décideurs. Les secteurs du transport et
de l’industrie seront également à prendre en compte, comme composantes clefs des zones
urbaines. Il conviendra aussi de créer et de mettre en œuvre des plateformes d’échanges
entre acteurs urbains tels que les municipalités et districts associés, les acteurs du secteur
privé impliqués dans la construction, l’aménagement du territoire et le transport, le MATHTP
et les partenaires techniques et financiers, pour faciliter le partage d’information et de bonnes
pratiques contribuant à l’adaptation ou à la réduction des risques liés à la variabilité et au
changement climatiques en milieu urbain. La collaboration et la coordination conjointes entre le
BN-CCCREDD+ et le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC)
sur le développement et la mise en œuvre de programmes et d’outils IEC adéquats, à l’intention
de tous les décideurs et techniciens impliqués ou concernés seront poursuivies. En parallèle,
une base de données relatives au milieu urbain en général et à la vulnérabilité au changement
climatique du secteur, en lien avec les risques y afférents, sera mieux développée, en tenant
compte des efforts déjà consentis dans le cadre de mise en œuvre de projets ou programmes.

82 Plan National d’Adaptation de Madagascar


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 4 : DÉVELOPPER UN DISPOSITIF D’ALERTES ET DES PLANS
D’ACTIONS ASSOCIÉS POUR LES COMMUNES URBAINES

Un dispositif d’élaboration et de mise en œuvre d’un plan de contingence et de réponses


d’urgence, ainsi que de relèvement post-catastrophes, destiné à être pérennisé, sera mieux
développé. Un système de diffusion des informations et des données produites aux acteurs
concernés sera mis en place, permettant également des mises à jour régulières de ces
informations. L’état de préparation du milieu urbain en cas d’alerte précoce sera en ce sens
renforcé.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 5 : ASSURER LA RÉSILIENCE DES BÂTIMENTS ET


INFRASTRUCTURES URBAINES

La priorité s’avère être l’opérationnalisation rapide de la Politique Nationale de Développement


des Infrastructures et Equipements (PNDIE), notamment via la consolidation des informations
sur les localités prioritaires (déjà identifiées ou à identifier) pour les infrastructures routières
et les aménagements agricoles, puis le développement d’un système de géolocalisation des
projets tel que prévu dans la PNDIE.

En parallèle, la collaboration et la coordination avec les autres départements ministères


sectoriels, en particulier la CPGU, sur l’organisation des actions concertées d’adaptation,
concernant les différentes infrastructures sera renforcée. Il conviendra principalement
d’améliorer la résilience des infrastructures d’adduction et d’approvisionnement d’eau
potable, des infrastructures de drainage et d’assainissement, des infrastructures routières,
aéroportuaires, ferroviaires et portuaires, des infrastructures électriques, des infrastructures
de télécommunication et des infrastructures industrielles. Aussi, un système de contrôle de la
vétusté et du degré de vulnérabilité des infrastructures urbaines sera mis en place. Ce travail
concerne la mise en place de normes et de bonnes pratiques, en tenant compte de ce qui
existe déjà. Il devra se faire en concertation avec le secteur privé pour permettre une mise
à niveau de pratiques des acteurs privés nationaux. Il pourra notamment s’appuyer sur le
développement de formations initiales et professionnelles intégrant le changement climatique
dans leur curricula (cf. Axes 3 et 5) et la mise en place d’activités de sensibilisation s’adressant
aux professionnels de ces sous-secteurs.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 83


GESTION DES RISQUES ET DES CATASTROPHES
CLIMATIQUES
Les cyclones, la sécheresse, les fortes pluies et l’inondation constituent les principaux
aléas climatiques affectant régulièrement Madagascar, et causant de nombreux dégâts
environnementaux et socio-économiques. La menace des catastrophes climatique est
également facteur potentiel de migration.

La gestion des risques et des catastrophes climatiques fait ainsi intervenir systématiquement
et principalement la CPGU, la DGM, le BNGRC et le BN-CCCREDD+, qui collaborent suivant
leurs mandats respectifs.

Madagascar a élaboré pour la première fois sa Politique de gestion des risques et des
catastrophes en 2003. Cette politique a été revue et mise à jour en 2015, et est cadrée par la
Loi n°2015-031 relative à la Politique Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes
(PNGRC), et la Stratégie Nationale de Gestion des Risques et des Catastrophes (SNGRC)
qui l’accompagne. La particularité de ces documents réside dans l’approche multirisques et
multi aléas, et dans la considération du changement climatique comme un facteur aggravant à
ne pas négliger. La formulation de la PNGRC et de la SNGRC se base sur le cadre d’actions
de Sendai auquel Madagascar adhère, et leur application s’harmonise avec les différents
documents de politique et de stratégie relatifs au changement climatique, en considérant
que la réduction des risques et des catastrophes fait partie de l’adaptation au changement
climatique, et réciproquement.

Les textes d’application de la Loi PNGRC sont actuellement en cours de finalisation, tandis
que la déclinaison de la SNGRC en plan d’action est également programmée.
Dans une démarche de prise en compte des efforts de réflexion développés et adoptés,
et surtout dans une logique de continuité et pour éviter de « recréer la roue », les priorités
stratégiques seront tirées des quatre axes stratégiques de la SNGRC, en fonction de leurs
liens avec le changement climatique.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : COORDONNER LES ACTIONS OU STRATÉGIES ENTRE LA


GESTION/ RÉDUCTION DES RISQUES ET L’ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Les actions de cette priorité constituent un préalable pour l’effectivité de l’axe 3 de la SNGRC.
En effet, les mêmes types d’actions peuvent se retrouver dans différents secteurs en matière
de gestion des risques et/ou d’adaptation au changement climatique. Il y a lieu par conséquent
d’améliorer les collaborations inter et multisectorielles en développant un document de
planification unique, transversal et concerté qui peut être le prochain Plan d’action de la
SNGRC, auquel tous les secteurs participent et identifient leurs rôles respectifs.

84 Plan National d’Adaptation de Madagascar


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : RENFORCER L’ENGAGEMENT POLITIQUE EN RÉDUCTION
DES RISQUES DE CATASTROPHES ET EN ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Cette priorité rejoint l’axe stratégique n°1 de la SNGRC. Elle consiste à conduire des actions
de plaidoyer et de lobby auprès des décideurs politiques pour plus d’engagement dans la
Gestion / Réduction des Risques Climatiques (GRC/RRC) et l’Adaptation au Changement
Climatique (ACC). Il faut, par conséquent :

▪▪ Sensibiliser et informer les responsables étatiques et sectoriels, ainsi que les élus à tous
les niveaux, en vue d’intégrer la GRC/RRC et l’ACC dans tous les politiques, stratégies,
plans, programmes et projets sectoriels et territoriaux, en précisant les textes légaux
qui soutiennent ces démarches et en considérant systématiquement la spécificité selon
le genre (hommes, femmes, personnes en situation de handicap, personnes âgées,
enfants par catégorie d’âge), dont la prise en compte est importante dans les actions
de RRC ;
▪▪ Sensibiliser le Gouvernement, le Sénat et l’Assemblée Nationale pour prévoir et/ou
accroître les lignes budgétaires destinées à la GRC/RRC et l’ACC et pour l’augmentation
des ressources propres internes, ainsi que pour des mesures d’incitation à l’endroit du
secteur privé, de manière à faire de ce dernier une partie totalement prenante dans ces
domaines ;
▪▪ Impliquer le secteur privé en le sensibilisant sur l’importance de son rôle.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 3 : ELABORER ET METTRE EN PLACE DES SYSTÈMES


D’ALERTES PRÉCOCES (SAP) MULTIRISQUES

D’ici 2030, des Systèmes d’Alertes Précoces seront structurés et développés afin de prévenir
les différentes Régions des impacts humains, socio-économiques et environnementaux à
l’issue d’événements extrêmes, qui devraient s’accroître en intensité et/ou fréquence sous
changement climatique. En ligne avec la CDN, les cyclones, les inondations, la sécheresse,
ainsi que la surveillance sanitaire, alimentaire et nutritionnelle seront considérés prioritairement.
Un des objectifs notamment visés par la CDN est la réduction à 3 de l’indice des pertes
en vies dues aux cyclones. Afin d’être intégrées dans les SAP multirisques, les informations
climatiques devront être suivies en temps réel.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 85


AXE STRATEGIQUE 3 : FINANCER
L’ADAPTATION AUX CHANGEMENTS
CLIMATIQUES
La lutte contre le changement climatique à Madagascar nécessite un soutien financier
important. A ce jour, celui-ci est en grande partie assuré par l’aide internationale qui est en
forte croissance (estimée à 383 millions de dollars d’engagement en 2017).

Figure 19 : Evolution de la finance climat reçu à Madagascar sur la période 2010-2017 (en million de USD, prix
constant). Source : OECD- DAC : http://www.oecd.org/dac/financing-sustainable-development/development-fi-
nance-topics/climate-change.htm , consulté en août 2019.52

Cette assistance prend principalement la forme de dons (60%), le bailleur principal sur la
finance climatique à Madagascar étant l’Union européenne (toutes institutions confondues à
l’exception de la Banque Européenne d’investissement).

Le financement de la lutte contre le changement climatique à Madagascar s’oriente vers


le renforcement de l’adaptation au changement climatique pour laquelle les besoins sont
considérables, mais sans négliger les actions d’atténuation, compatibles avec ses ambitions
de développement tout en maintenant son statut de « puits ». Madagascar, peu émetteur de
gaz à effet de serre, est l’une des premières victimes des effets du changement climatique.
Ainsi, le pays possède un score de ND-GAIN et de vulnérabilité climatique (composante
vulnérabilité du ND-GAIN) parmi les 15 plus faibles au niveau mondial (13ème rang le plus
faible)53 : Madagascar est le 7ème pays présentant un score de risque climatique le plus élevé
selon l’indicateur du German Watch.54 Aussi, le pays qui appartient à la catégorie des Pays
les Moins Avancés (PMA) devrait bénéficier d’un ciblage spécifique des financements climats
internationaux de par sa très forte vulnérabilité et ses ressources domestiques limitées.

52
Les données du marqueur Rio reflètent le montant total déclaré par les bailleurs pour des activités dans l’objec-
tif environnementale est « principal » ou « significatif ». La somme des activités considérant ces deux objectifs est
appelée « estimation de la limite supérieure » (bleu clair), tandis que « Borne inférieure » est représentée par les
activités qui se concentrent sur les questions environnementales comme objectif principal uniquement (bleu foncé
dans le graphique).
53
Base de données ND-GAIN 2017, disponible sur : https://gain.nd.edu/our-work/country-index/rankings/, consul-
té en septembre 2019
54
Base de données Climate Risk Index (CRI) 2017 ; disponible sur https://germanwatch.org/sites/germanwatch.
org/files/Global%20Climate%20Risk%20Index%202019_2.pdf, consulté en septembre 2019

86 Plan National d’Adaptation de Madagascar


En effet, au niveau national, la mobilisation des financements pour l’activité climatique demeure
faible. L’organisation du budget national et le système de suivi évaluation ne permettent
pas à l’heure actuelle d’évaluer exactement les recettes et dépenses gouvernementales
liées au changement climatique. Toutefois, le budget du Ministère de l’Environnement et du
Développement Durable, inscrit dans la Loi de Finance 2019 donne une première illustration.
Les crédits carbone REDD+ représentent 2 567 386 000 Ariary (loi de Finance 2019). La loi de
Finance 2019 affiche également le risque climatique comme un risque budgétaire important
pour lequel des mesures de prévention doivent être prises.

Afin d’opérationnaliser la politique nationale de lutte contre le changement climatique qui


s’inscrit dans le temps, des actions significatives doivent être menées de manière à soutenir
« le développement des instruments de financement pérennes » (Axe 4 de la PNLCC).

La planification budgétaire est de la responsabilité du Ministère de l’Economie et des Finances


(MEF). Ce dernier ordonne et priorise la mobilisation des financements internes, ainsi que
l’utilisation de ces financements. Dans un contexte international où les financements climats
sont de plus en plus importants, il est essentiel de mettre un œuvre un système national capable
d’organiser l’utilisation des fonds nationaux et internationaux, et d’instaurer un mécanisme de
gestion rigoureuse et transparente exigé par ces financements.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 1 : MOBILISER DES RESSOURCES FINANCIÈRES INTERNE ET


BUDGÉTISER LES ACTIVITÉS PRÉVUES

Cette section comprend la mobilisation des ressources internes disponibles pour la lutte contre
le changement climatique. Les actions proposées sont :

Sécuriser les recettes nationales issues de la lutte contre le changement climatique en


direction de mesures d’adaptation et d’atténuation
Ce point concerne prioritairement les recettes issues des crédits-carbone REDD+, ainsi que
toute autre recette future que le pays pourrait développer dans le cadre de sa lutte contre le
changement climatique (crédit issu du marché carbone). Ces recettes doivent être sécurisées
par la mise en place de mécanismes stables et pérennes permettant à la fois de stabiliser cette
source de revenus de façon pérenne (soutenant une meilleure visibilité des futurs fonds) et
d’orienter l’utilisation de ces fonds vers la lutte contre le changement climatique. La sécurisation
de ces recettes peut être consolidée par une inscription dans la Loi de Finances du pays.

Estimer systématiquement les besoins de financement nécessaires pour la mise en


œuvre des activités climatiques prévues
L’ensemble des activités prioritaires de ce plan doit bénéficier d’une budgétisation systématique
des dépenses lorsque cela n’est pas encore disponible. Cette budgétisation comprendra à la
fois les coûts d’investissement et de fonctionnement des activités, afin de ne pas compromettre
la durabilité des investissements. De plus, une identification des sources de financement sera
effectuée pour chacun de ces besoins.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 87


PRIORITÉ STRATÉGIQUE 2 : MOBILISER DES RESSOURCES FINANCIÈRES EXTERNES

Les financements-climat internationaux étant en croissance, il est important de prioriser des


activités permettant d’attirer ces financements et d’organiser leur utilisation. En effet, les
volumes augmentent au rythme des demandes de financements en matière d’adaptation et
d’atténuation, et les pays en développement sont contraints de s’appuyer sur des ressources
extérieures pour lutter contre le changement climatique. Dans ce contexte, Madagascar veut
renforcer son organisation pour améliorer son accès aux financements climat internationaux
et mieux gérer les fonds reçus. Cet objectif nécessite une montée en compétence et une
amélioration organisationnelle de la gestion des financements.

Soutenir l’accréditation Fonds Vert d’une institution nationale


L’accréditation Fonds Vert d’une institution nationale permet l’appropriation par le gouvernement
de l’action climat. Cette activité nécessite une réflexion sur l’objectif, le ciblage et le renforcement
de l’ancrage institutionnel de cette accréditation et les besoins en renforcement de capacité
pour justifier la compétence en gestion de programme et de financement nécessaire à
l’accréditation (la coordination avec les actions de l’axe 3 est ici essentielle).

Concernant l’ancrage institutionnel en particulier, il importe que le Gouvernement identifie


et nomme l’entité à accréditer, en tenant compte des critères de capacité fiduciaire et de
gestion de programmes/projets d’envergure de l’entité, ainsi que de la correspondance des
missions, activités, acquis et expériences de l’entité avec les rôles et responsabilités d’une
entité accréditée.

Impliquer les acteurs privés dans le soutien financier aux actions de renforcement de la
résilience au changement climatique
L’action vise à inciter les acteurs du secteur privé à s’impliquer dans la lutte contre le changement
climatique en apportant des appuis permettant un effet de levier sur les investissements et
les changements de pratiques. Les incitations peuvent prendre la forme de subvention, de
prêts bonifiés, d’exemption de taxes, d’investissements publics, etc. Les secteurs pouvant
bénéficier de tels mécanismes sont : le secteur du tourisme, de l’industrie des boissons, de
l’énergie, des banques/assurances et du secteur agricole.

Par exemple dans le secteur agricole, ces actions pourraient prendre la forme de :
▪▪ Soutien aux paysans s’investissant dans la pratique du « climate smart agriculture »
via des prix subventionnés ou des exemptions de taxes pour l’acquisition de semences
adaptées, des formations aux pratiques durables, etc.
▪▪ Facilitation d’accès aux institutions de micro-finances privées avec des prêts bonifiés
soutenus par l’Etat.

L’ensemble de ces mécanismes nécessite l’élaboration ou l’adaptation du cadre réglementaire


en vigueur afin de faciliter les investissements privés.

Renforcer les compétences des agents nationaux dans la mobilisation des financements
extérieurs
La rédaction de proposition de projets auprès des fonds internationaux est un exercice
spécifique : Faire suivre aux techniciens du BN-CCCREDD+ mais également aux agents en
charge de la rédaction et de la mise en œuvre de ces projets au sein des différents ministères
sectoriels clés, des formations sur les préparations, les formulations des projets/programmes,
ainsi que sur la connaissance des spécificités des partenaires financiers, afin qu’ils puissent
renforcer leur compétence sur la préparation de tels documents. Le BN-CCCREDD+ pourrait

88 Plan National d’Adaptation de Madagascar


être l’organe en charge de l’organisation et de la mise en œuvre de ces activités de renforcement
de ces compétences et en intégrant également le niveau régional.

Créer un fonds national pérenne de lutte contre le changement climatique en charge de


centraliser les financements climat, d’organiser les investissements climat et leur suivi
Afin de centraliser les sources de financement, un fonds climat national pourra être créé et
organiser le financement climatique. Les contours de ce fonds sont encore à définir. La mise
en place d’un tel fonds nécessite le financement et la mise en œuvre d’une étude de faisabilité
préliminaire qui aideront à la définition des bénéficiaires du fonds, des activités et objectifs et
de son mécanisme de fonctionnement.

Cette étape est en partie dépendante du succès de l’activité d’accréditation Fonds Vert. Le rôle
du fonds national ainsi créé dans le suivi-évaluation des investissements climat, ainsi que la
gouvernance de ce fonds (clarification des rôles du BN-CCCREDD+ et ceux du ministère en
charge du budget et de la planification) seront également clarifiés.

PRIORITÉ STRATÉGIQUE 3 : ORGANISER L’INTÉGRATION DE L’ADAPTATION AU


CHANGEMENT CLIMATIQUE DANS LA BUDGÉTISATION NATIONALE

La prise en compte des questions de l’adaptation aux changements climatiques dans le


budget est nécessaire. Il convient toutefois de préciser et d’insister que la prise en compte
de l’atténuation est tout aussi importante. Pour ce faire, il est crucial de s’assurer que les clés
de répartition du budget à retenir sont celles permettant de mettre en œuvre les orientations
stratégiques issues des documents de stratégie et ayant un lien avec les changements
climatiques.

Maitriser les étapes du processus d’élaboration budgétaire et l’identification des points


d’entrée
Ce point comprend notamment
▪▪ L’établissement d’un listing des opérations nécessaires à l’accomplissement de
chaque activité de lutte contre le changement climatique retenues dans le système de
planification stratégique de développement ;
▪▪ L’estimation les délais de réalisation ;
▪▪ L’évaluation systématique des coûts respectifs des activités (cf. priorité 1), en vue de
leur incorporation dans les instruments de budgétisation.

Continuer à mettre en œuvre les attributions du BN-CCCREDD+ dans l’intégration


systématique des questions climatiques dans la budgétisation à Madagascar.
Le BN-CCCREDD+ vise à accentuer sa collaboration étroite avec le Ministère en charge de
la planification et des politiques de développement, ainsi que celui du budget et des finances.
Cette collaboration vise une meilleure prise en charge des questions climatiques dans la
budgétisation.

Renforcer les capacités de gestions budgétaires et programmatiques des agents en


charge de la mise en œuvre des projets de lutte contre le changement climatique
Il s’agira d’assurer que les agents du MEDD (aux niveau central et régional) sont en mesure de
gérer des projets de lutte contre le changement climatique, d’un point de vue de planification
pluriannuelle, de gestion budgétaire transparente et de suivi et évaluation, selon les normes
internationales.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 89


FERMIER À BOENY
90 photo:
crédit Plan National
GIZ d’Adaptation de Madagascar
Madagascar
V. PLAN D’ACTION

Le présent PNA est organisé en axes stratégiques, déclinés en priorités et actions sectorielles.
Afin d’opérationnaliser rapidement le plan, dix programmes prioritaires ont été élaborés durant
les concertations et ateliers de travail. Les programmes prioritaires sont multisectoriels. Ils
répondent à des risques climatiques précis et clairement définis. Ainsi, l’objectif d’adaptation
et l’attribution du changement climatique sont établis pour chaque programme. L’objectif de
ces programmes est de concrétiser un plan de lutte contre le changement climatique à travers
l’adaptation, en priorisant les actions, en précisant le ciblage et les activités associées.

Les programmes structurants du PNA résultent d’un travail de priorisation, découlant des
cadrages stratégiques et des concertations. Ils tiennent compte des expériences acquises,
ainsi que des récents développements du Plan pour l’Emergence de Madagascar. Leur
définition a été guidée par les principes directeurs suivants :

▪▪ Les programmes doivent répondre à un impact explicitement lié au changement


climatique et ne doivent pas se contenter d’aborder une problématique déjà existante ;
▪▪ Les programmes doivent répondre à un ou des risque(s) climatique(s) tangible(s)
identifié(s) sur la base d’une étude de vulnérabilité/risque ;
▪▪ Les programmes doivent être en ligne avec les documents nationaux sectoriels, les
politiques de développement et les priorités stratégiques du pays.

Les axes, stratégies et actions prioritaires s’inscrivent dans un calendrier à long terme (15 à
20 ans), tandis que les programmes d’actions doivent soutenir une action à moyen terme (5
à 10 ans) en maintenant le lien entre projets à court-moyen terme et stratégies à long terme.
Dans le cadre de la révision du PNA ces programmes pourront être ajustés et modifiés tous les
5 ans en fonction de l’avancement de la mise en œuvre du plan. Par ailleurs, cette approche
programmatique permet d’entraîner un financement rapide des projets de lutte contre le
changement climatique, tout en renforçant le lien entre stratégies et actions.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 91


Priorités stratégiques du pays
(15 - 20 ans)

Programmes d’action du PNA Programmes d’action du PNA


(5 - 10 ans) (5 - 10 ans)

Projets
Nouveaux projets Nouveaux projets Nouveaux projets
(3 - 5 ans)
(3-5 ans) (3-5 ans) (3-5 ans)

Nouveaux financements Nouveaux financements


(5 ans) (5 ans)

Figure 20 : Approche programmatique du PNA contribuant au renforcement de la structuration entre stratégies


de long terme et actions.

V.1 PROGRAMMES NATIONAUX

Les dix programmes nationaux structurant le PNA sont les suivants :

1 Renforcement de l'adaptation du secteur agricole et de la résilience des populations


rurales dans le grand Sud de Madagascar
;

2 Renforcement de la résilience des populations rurales par le développement et


l’organisationde filières d’exportation ;

3 Renforcement de l’adaptation de la filière pêche et développement de systèmes


d’alerte et de plans d’actions associés ;

4 Amélioration de l’accès à l’eau potable en milieux urbains et ruraux ;

5 Renforcement des systèmes d’alerte précoce pour la résilience du secteur de la


santé face au changement climatique ;

6 Accélération du reboisement à travers l'opérationnalisation du mécanisme REDD+ et


le développement de services écosystémiques ;

7 Amélioration de la conservation des forêts naturelles et de la gestion des aires


protégées intégrant l’aménagement de zones de refuge climatique à l’intérieur et
dans les périphéries ;

8 Protection des infrastructures côtières et des activités économiques (dont le


tourisme) contre l’élévation du niveau de la mer ;

9 Amélioration des systèmes d’alerte précoce aux cyclones, dans le cadre d’un effort
régional au niveau de l’océan Indien ;

10 Développement de rizières résilientes et moins émettrices de méthane

92 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Pour chaque programme, un exercice de ciblage des populations et des activités a été effectué.
Le lien avec le changement climatique (attribution des risques ou potentiel d’atténuation)
est systématiquement justifié. Les co-bénéfices climat et développement ont été explorés
de manière à inscrire les programmes dans les perspectives nationales et sectorielles
de développement. Finalement, une identification des partenaires potentiels, des coûts
du programme et des indicateurs de suivi a été effectuée sur la base de la littérature, de
programmes similaires existants, d’interviews et de partage de bonnes pratiques : indicateurs
de suivi suggérés par les fonds climats internationaux, niveaux et sources de financement de
projet similaires, etc.

PÊCHEURS À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar

Plan National d’Adaptation de Madagascar 93


PROGRAMME NATIONAL 1 :
RENFORCEMENT DE L'ADAPTATION DU SECTEUR
AGRICOLE ET DE LA RÉSILIENCE DES POPULATIONS
RURALES DANS LE GRAND SUD DE MADAGASCAR

Localisation : Androy, Anosy, Atsimo Andrefana, Lutte contre le changement climatique :


Atsimo Atsinanana et Ihorombe Adaptation

Contexte : Il est attendu que les sécheresses s’intensifient en raison du changement climatique,
affectant significativement les régions du sud de Madagascar. Soumis à un risque important de déficit
hydrique et subissant d’ores et déjà des périodes de sècheresse récurrentes et une dégradation
marquée des ressources naturelles, les activités économiques, particulièrement celles de l’agriculture
et de l’élevage, se retrouvent affaiblies. Par ailleurs, d’autres aléas tels que les cyclones, même s’ils
sont plus rares, peuvent venir menacer la résilience des activités agricoles.

Objectif(s) :
▪▪ La résilience des agrosystèmes sera renforcée et plus généralement, celle des populations
rurales ;
▪▪ Les pratiques agricoles et d’élevage seront adaptées à des conditions climatiques plus rudes.

Activités du programme :

1. PROMOUVOIR LA GESTION INTÉGRÉE ET DURABLE DES RESSOURCES


NATURELLES À TRAVERS L’ÉLABORATION ET LA MISE EN ŒUVRE DE RÉFÉRENTIELS
DIRECTEURS

▪▪ Pour les régions ciblées, élaborer conjointement le SRAT et le Plan Régional de Développement
(PRD) veillant à intégrer spécifiquement la gestion durable des ressources en eau (tenant compte
du schéma de gestion et d’aménagement des ressources en eau existant), des espaces de
pâturages, des bassins versants, etc ;
▪▪ Former les services décentralisés (DIREDD, DREDD et autres STD) à l’application de tels cadres.

2. ADAPTER LES PRATIQUES AGRICOLES AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

▪▪ Renforcer les recherches de variétés adaptées à la baisse de la pluviométrie et à la hausse de


la température ;
▪▪ Traduire en actions les recommandations de recherche pour la conservation des eaux et des
sols, ainsi que les luttes contre l’ensablement/l’avancée des dunes ;
▪▪ Investir dans la maîtrise de l’eau (systèmes d’irrigation, de stockage des eaux) tenant compte des
SDAGRE/SDAGIRE ;
▪▪ Développer des techniques alternatives contribuant à la résilience à long terme des zones
d’élevage extensif, afin d’abandonner progressivement les pratiques de feux de brousse ;
▪▪ En concertation avec les communautés, favoriser la mobilité du bétail en accord avec les
systèmes extensifs en place ;
▪▪ Mettre en œuvre un programme d’hydraulique pastorale ;
▪▪ Mettre en œuvre la Stratégie Nationale de Restauration des Paysages et des Forêts.

94 Plan National d’Adaptation de Madagascar


3. RENFORCER LA RÉSILIENCE SOCIO-ÉCONOMIQUE DES POPULATIONS RURALES
PAR LE DÉVELOPPEMENT D’ACTIVITÉS GÉNÉRATRICES DE REVENUS

▪▪ Diversifier les activités agricoles et d’élevage (diversification de la production, commerce de


sous-produits agricoles, tourisme, etc.).
▪▪ Développer des chaînes de valeur (Cf. en particulier le programme national 2 : Renforcement de la
résilience des populations rurales par le développement et l’organisation de filières d’exportation)

4. INVESTIR DANS LE SECTEUR AGRICOLE ET ACCOMPAGNER LES COMMUNAUTÉS


RURALES VIA DES ACTIONS DE SENSIBILISATION, FORMATION ET RENFORCEMENT
DE CAPACITÉ

Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : Ministère en charge de l’agriculture


et de l’élevage, Ministère en charge de l’aménagement du territoire, Office National pour
l’Environnement.

Coût : 15 millions USD Indicateurs

Estimation effectuée sur la base de financement ▪▪ Nombre de ménages bénéficiant de


FEM reçus pour des projets de nature similaires. l'amélioration de la résilience du territoire
aux chocs climatiques (en particulier
Sources potentielles de financement : AfDB, sécheresses) ;
FEM, LDCF, Fonds d’adaptation. ▪▪ Nombre de ménages ayant renforcé leurs
capacités de réponse aux évènements
extrêmes (sécheresses) ;
Durée : 3 à 5 ans.
▪▪ Taux d’adoption de techniques culturales
améliorées ;
▪▪ Nombre de ménages bénéficiant d’une
amélioration des capacités d'auto-
organisation et d'apprentissage ;
▪▪ Nombre de SRAT et de PRD élaborés qui
tiennent compte des enjeux climatiques ;
▪▪ Nombre de plans de mobilité bétail élaborés
et mis en œuvre au niveau communal.

Note : les indicateurs de résilience au niveau ménage peuvent être calculés sur la base d’enquêtes
ménages (voir par exemple l’indicateur Resilience Index Measurement and Analysis- RIMA55).

55
Pour plus d’information sur l’indicateur et le projet RIMA II, voir http://www.fao.org/resilience/contexte/outils/
rima/fr/ consulté en octobre 2019.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 95


PROGRAMME NATIONAL 2 :
RENFORCEMENT DE LA RÉSILIENCE DES
POPULATIONS RURALES PAR LE DÉVELOPPEMENT ET
L’ORGANISATIONDE FILIÈRES D’EXPORTATION

Localisation : SAVA, Analanjirofo, Vatovavy Lutte contre le changement climatique :


Fitovinany (zones avec culture de rente), Adaptation
Atsinanana (export).

Contexte :
Madagascar dispose de filières d'exportation importantes : les litchis (18 000 t), les épices (dont la
vanille) qui sont sources de rentrée de devises pour le pays et qui jouent un rôle clé dans la croissance
du pays. Toutefois, ces filières demeurent très en-dessous de leurs performances de par une forte
vulnérabilité de la production aux aléas climatiques et un manque de structuration et d’organisation
des filières en matière d’agro-business. Le changement climatique pourrait déstabiliser encore plus la
filière en influençant les rendements mais aussi la qualité des produits.

Objectif(s) :
En ligne avec le PEM (Priorité 27), ce programme vise à mieux organiser ces filières de rente de
manière à diminuer leur vulnérabilité au changement climatique en diversifiant les productions tout en
rendant plus performantes à l’exportation les filières existantes.

Un accompagnement sera fourni au renforcement des chaînes de valeur existantes et au


développement de nouvelles, afin de mieux structurer les filières de niches et d’accroître la résilience
des populations rurales.

Activités du programme :

1. RENFORCER LA RÉSILIENCE SOCIO-ÉCONOMIQUE DES POPULATIONS RURALES


PAR LE DÉVELOPPEMENT DE CHAINES DE VALEUR

▪▪ Renforcer le développement des filières agricoles et d’élevage existantes (rentabilité, écoulement


sur le marché, etc.) ;
▪▪ Développer de nouvelles pratiques pour renforcer la résilience face au changement climatique
des filières agricoles et d’élevage génératrices de revenus (vanille, café, girofle, huile de ricin,
miel, haricots, Niébé, pois du cap et la viande de caprins et bovins) ;
▪▪ Créer des partenariats entre producteurs et opérateurs privés pour le développement de l’agro-
business, en tenant compte du facteur « changement climatique ».

2. FOURNIR DES SERVICES DE CONSEILS AGRO MÉTÉOROLOGIQUES ET AGRICOLES


À LA DISPOSITION DES ACTEURS

▪▪ Adapter les modèles de production des chaînes de valeur au changement climatique ;


▪▪ Intensifier les recherches sur l'amélioration de la production de la transformation et de la résilience
des produits de rente.

3. INVESTIR DANS LE SECTEUR AGRICOLE ET ACCOMPAGNER LES COMMUNAUTÉS


RURALES VIA DES ACTIONS DE SENSIBILISATION, FORMATION ET RENFORCEMENT
DE CAPACITÉ

96 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : Ministère en charge de l’agriculture et
de l’élevage, Ministère en charge de l’environnement, Office National pour l’Environnement.

Coût : 15 millions USD Indicateurs

Sources potentielles de financement : AfDB, ▪▪ Nombre de ménages dont les revenus ont
FEM, GIZ, Fonds d’adaptation. augmenté à la suite du développement
d’activités génératrices de revenus,
résilientes au changement climatique ;
Durée : 8 ans. ▪▪ Nombre de ménages bénéficiant d’une
amélioration des capacités d'auto-
organisation et d'apprentissage.

Note : les indicateurs de résilience au niveau ménage peuvent être calculés sur la base d’enquêtes
ménages (voir par exemple l’indicateur RIMA56)

56
Pour plus d’information sur l’indicateur et le projet RIMA II, voir http://www.fao.org/resilience/contexte/outils/
rima/fr/ consulté en octobre 2019.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 97


PROGRAMME NATIONAL 3 :
RENFORCEMENT DE L’ADAPTATION DE LA FILIÈRE
PÊCHE ET DÉVELOPPEMENT DE SYSTÈMES D’ALERTE
ET DE PLANS D’ACTION ASSOCIÉS POUR ACCROÎTRE
LA RÉSILIENCE DES POPULATIONS CÔTIÈRES ET DES
ÉCOSYSTÈMES MARINS
Localisation : Analanjirofo, Atsimo Andrefana, Lutte contre le changement climatique :
Diana, Melaky, Menabe, Boeny et SAVA. Adaptation

Contexte :
Le secteur pêche est un secteur vulnérable aux aléas climatiques en particulier des cyclones, dont
l'intensité devrait augmenter de 46% et se déplacer vers le nord. Or, dans certaines régions, ce
secteur est source de revenus pour des ménages souvent pauvres et vivant dans des localités
périphériques. Aussi, le présent programme d’action vise un renforcement de la résilience des acteurs
du secteur pêche dans un contexte de changement climatique. Ce programme qui s’intègre dans le
plan de développement du pays présente également des co-bénéfices environnementaux pour la
préservation des écosystèmes marins.

Le présent programme d’action est cohérent avec les engagements internationaux pris par Madagascar.
Certaines actions détaillées ci-dessous font notamment écho à la Contribution Déterminée au niveau
National (CDN, 2015) et au Programme d’Action National d’Adaptation au changement climatique
(PANA, 2006).

Objectif(s) :
Le programme a pour objectif le renforcement de la résilience des populations côtières à l’augmentation
du niveau de la mer et à l’intensification des cyclones dans un contexte de changement climatique.
Pour ce faire, il prévoit des actions de soutien à l’adaptation de la filière pêche au changement
climatique, le développement de systèmes d’alerte et de plans d’actions associés pour les zones
côtières, ainsi qu’un axe de préservation des écosystèmes marins, contribuant à la réduction des gaz
à effet de serre.

Activités du programme :

1. DÉVELOPPER ET VULGARISER DE NOUVELLES TECHNIQUES DE PÊCHE


RÉSILIENTES FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

▪▪ Prendre toutes les mesures adéquates pour l’application effective des textes réglementaires
existants concernant la pêche et la préservation des ressources halieutiques ;
▪▪ Restructurer la Pêcherie Traditionnelle Nationale et la réglementer (zonage, carte pêcheur,
marquage engin, etc.) ;
▪▪ Préserver les zones frayères à poissons ;
▪▪ Développer des mécanismes de pêche durable.

2. DÉVELOPPER LES SYSTÈMES D’ALERTE PRÉCOCE MÉTÉO POUR LES PÊCHEURS

▪▪ Renforcer le Système d’Alerte Précoce avec le BNGRC pour l’ensemble des régions
côtières ;
▪▪ Développer des plans et opérations d’urgence en cas d’alerte pour chacune des localités des
régions concernées.

98 Plan National d’Adaptation de Madagascar


3. FORMALISER LES MÉTIERS DES PÊCHEURS ET RENFORCER LEUR CAPACITÉ
MANAGÉRIALE

▪▪ Renforcer l’intégration des pêcheurs dans une plateforme de concertation, afin qu’ils puissent
s’approprier du développement durable par rapport à leurs activités ;
▪▪ Développer un programme de renforcement de capacité des associations de pêche.

4. METTRE EN PLACE DES RÉSERVES MARINES ET PROTÉGER LES RÉCIFS


CORALLIENS ET LES MANGROVES

▪▪ Appuyer le processus de mise en protection des Aires Marines Protégées incluant les systèmes
coralliens et les mangroves à haute valeur de conservation ;
▪▪ Développer un programme de restauration des mangroves dégradées ;
▪▪ Entreprendre des mesures pour la conservation de l'ensemble des récifs coralliens et la promotion
d’une gestion durable concertée de tous les récifs coralliens.

Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : Ministère en charge de la pêche,


Ministère en charge de l’enseignement technique et de la formation professionnelle ; DGM ;
BNGRC, ONE, CNGIZC, ONG.

Coût : 12 millions USD Indicateurs :

Estimation sur la base de fond FEM déjà reçu ▪▪ Nombre de ménages dont l’activité principale
par Madagascar pour le secteur pêche. est la pêche ayant renforcé leurs capacités
de réponse aux évènements extrêmes
Sources potentielles de financement : FEM, (cyclones, vents forts) ;
LDCF, Banque mondiale. ▪▪ Nombre de ménage dont la source de revenu
principal est la pêche et dont les revenus ont
augmenté à la suite d’un changement dans la
Durée: 3 ans.
gestion des ressources ;
▪▪ Nombre de ménages dont l’activité principale
est la pêche ayant renforcé leurs capacités
d’absorption des chocs climatiques en
matière de sécurité alimentaire ;
▪▪ Nombre de ménages bénéficiant d’une
amélioration des capacités d'auto-
organisation et d'apprentissage.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 99


PROGRAMME NATIONAL 4 :
AMÉLIORATION DE L’ACCÈS À L’EAU POTABLE EN
MILIEUX URBAINS ET RURAUX

Localisation : National Lutte contre le changement climatique :


Adaptation

Contexte : En 2017, le taux moyen national d’accès à l’eau potable est de 24 %, tandis que 6,9% de
la population utilise des latrines améliorées et seulement 19% ne pratiquent plus de défécation à l’air
libre, selon le Ministère de l’Énergie, de l’Eau et des Hydrocarbures. En milieu rural, la consommation
de l’eau de surface (lac, rivière, ruisseau) est pratiquée par plus de 20% de la population. Ce taux
tend à la baisse face aux impacts du changement climatique (évapotranspiration accrue, tarissement
des ressources, etc.). De l’autre côté, un grand nombre de ménages ne dispose pas d’infrastructures
d’évacuation des excrétas. Ainsi, cette défaillance en eau-assainissement-hygiène est en partie à
l’origine des maladies à support hydrique dont la diarrhée, qui représentent les principales causes de
morbidité et de mortalité à Madagascar, surtout celles des enfants.

Toujours selon le ministère en charge de l’eau, outre les problématiques liées à la qualité (salubrité,
potabilité), le secteur Eau et Assainissement fait également face au manque de moyens freinant
l’optimisation d’une bonne gestion, aux conséquences de la dégradation de l’environnement
(ensablement, érosion, etc.), à l’insuffisance de la protection contre les crues et autres aléas
climatiques, et à l’exposition permanente aux pollutions. À ceci s’ajoutent la faible sensibilisation de
la population vis à vis de l’utilisation de l’eau et de la maintenance des infrastructures hydrauliques,
l’application insuffisante des textes règlementaires et les impacts des diverses pressions anthropiques
et naturelles telles que la déforestation et l’érosion. De l’autre côté, le manque d’entretien et la vétusté
des infrastructures ne feront qu’exacerber la situation, notamment dans les nombreux quartiers des
milieux urbains. Le changement climatique constitue un facteur de risque de propagation de maladies,
les maladies déjà climato-sensibles risquant de s’exacerber dans ce contexte de forte exposition dans
les milieux urbains et ruraux.

Face à ce contexte, le pays est conscient de la nécessité de mettre en œuvre et à l’échelle la Gestion
Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) qu’il est en train de développer progressivement. Par
ailleurs, les Directives nationales pour les infrastructures Accès à l’Eau-Potable résistantes aux aléas
climatiques ont été également établies.

Objectif(s) :

▪▪ L’accès universel à l’eau potable de bonne qualité et à l’assainissement (en cohérence avec le
Plan Emergence de Madagascar et l’atteinte des ODD) tenant compte du changement climatique
est garanti ;
▪▪ Les priorités spécifiques aux femmes sont identifiées et prises effectivement en compte dans les
planifications et les constructions d’infrastructures d’eau et d’assainissement.

100 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Activités du programme :

▪▪ Élargir sur tout le territoire la construction et la réhabilitation d’infrastructures d’eau et


d’assainissement adaptées au changement climatique suivant la « Directive Nationale pour la
construction des infrastructures d’Alimentation en Eau Potable (AEP) à l’échelle communautaire
résistantes aux aléas climatiques » établie, et tenant compte du contexte urbain ou rural ;
▪▪ Dans le prochain Code de l’eau révisé, prévoir dans la partie concernant la GIRE les modes
de gouvernance des infrastructures (clarification des responsabilités, notamment celles des
collectivités et des AUE, responsabilité quant aux recherches de financement, rôle de l’État,
implication du secteur privé, etc.) ;
▪▪ Définir et documenter comme des référentiels nationaux des objectifs et des indicateurs de
réduction des inégalités homme-femme dans la planification et la mise en œuvre de l’amélioration
de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement ;
▪▪ Renforcer la promotion des messages clés WASH et soutenir les initiatives sur la bonne pratique
d’hygiène, afin de réduire les maladies liées à l’eau et l’assainissement ;
▪▪ Renforcer les capacités des acteurs clés à tous les niveaux en termes de gestion des ressources
en eau, en les appuyant à la planification stratégique et opérationnelle des activités prioritaires
en réponse aux impacts des aléas climatiques ;
▪▪ Au niveau des Collectivités (Régions, Communes), intégrer dans les planifications de travail
des actions ciblées renforcées d’Information-Education-Communication communautaire pour la
protection des bassins-versants, la lutte contre la déforestation et le respect des infrastructures
(tenant compte des différents facteurs : genre, socio-économie, contexte environnemental et
climatique) ;
▪▪ Au niveau de chaque région, élaborer régulièrement (tous les ans) un plan de contingence et
opérationnel et tenant compte du genre, pour le secteur eau et assainissement face aux aléas
climatiques.

Ces actions sont cohérentes avec le PANA, le Programme National d’Accès à l’Eau et à l’Assainissement
(PNAEA) et les documents de stratégie du secteur.

Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : Ministère en charge de l’eau, Ministère


en charge de l’environnement, BNGRC, ONE, et les Partenaires Techniques et Financiers prêts à se
positionner (UNICEF, BAD, …).

Coût : 10 millions USD Indicateurs :

Sur la base des financements GCF reçus pour ▪▪ Augmentation des taux d’accès à l’eau
un projet similaire. potable et à l’assainissement au niveau de
chaque Région, distinguant milieu urbain et
Sources potentielles de financement : GCF, milieu rural ;
BAD. ▪▪ Nombre d’infrastructures d’eau et
d’assainissement au niveau de chaque
Région, répondant à la Directive Nationale et
Durée: 5 ans.
tenant compte du genre ;
▪▪ Nombre d’infrastructures résilientes au
changement climatique ;
▪▪ Baisse du prix de l’eau à la consommation
▪▪ Diminution du nombre de conflits d’usage de
l’eau ;
▪▪ Nombre de projets liés à la gestion durable
de l’eau ;
▪▪ Baisse du taux de morbidité des maladies
liées à l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 101


PROGRAMME NATIONAL 5 :
RENFORCEMENT DES SYSTÈMES D’ALERTES
PRÉCOCES POUR LA RÉSILIENCE DU SECTEUR DE LA
SANTÉ FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
À MADAGASCAR

Localisation : National Lutte contre le changement climatique :


Adaptation

Contexte : Le changement climatique est facteur de risque de propagation de maladies, les maladies
déjà climato-sensibles risquant de s’exacerber. L’étude de vulnérabilité conduite en 2015 par le
ministère en charge de la santé, en collaboration avec la Direction Générale de la Météorologie montre
une accentuation de l’exposition du territoire aux aléas climatiques sous changement climatique. Les
communautés les plus vulnérables sont les populations les plus enclavées et à la fois pauvres ou très
pauvres, ayant très peu ou pas du tout accès aux services de santé, aux interventions urgentes, aux
informations et à la sensibilisation sur la manière de se protéger ou de se prémunir des maladies, et
où la considération du genre ne constitue pas une priorité.

Objectif(s) : Les systèmes d’alerte précoce multirisques utilisant les nouvelles données climatiques
disponibles (fournies par la Direction Générale de la Météorologie) et alignés avec les objectifs de la
CDN, de la SNGRC et du PNASS sont renforcés.

Activités du programme :

▪▪ Élaborer un SAP santé multirisques avec des indicateurs sur la considération des spécificités des
genres (hommes, femmes, enfants, personnes âgées, personnes en situation de handicap, etc.),
en collaboration et coordonné avec la DGM et le BNGRC ;
▪▪ Former régulièrement les acteurs sur le terrain (agents de santé communautaire, structures
locales de gestion des risques et des catastrophes) sur l’opérationnalisation du SAP à leur niveau
et réaliser des exercices de simulation (SIMEX) considérant le genre, en ciblant prioritairement
les Districts les plus climato-sensibles ;
▪▪ Réaliser une étude de vulnérabilité plus étendue géographiquement au changement climatique
du secteur santé publique, tenant compte de données récentes de la DGM.

Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : Ministère en charge de la santé


publique, ONE et Partenaires Techniques et Financiers prêts à se positionner sur le secteur santé
(Banque mondiale, OMM, OMS, UNICEF, UNFPA, USAID, GIZ, JICA, ONG locales, etc.).

102 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Coût : 3 millions USD Indicateurs :

Sources potentielles de financement : ▪▪ Diminution des maladies liées au climat par


Fonds mondial, Banque Mondiale, OMM, OMS, rapport aux années précédentes à tous les
UNICEF, UNFPA, USAID, GIZ, JICA, etc. niveaux (national, régional) ;
▪▪ Nombre de localités enclavées disposant
Durée : 5 ans. et mettant en œuvre un SAP multirisques,
incluant la santé ;
▪▪ Diminution du taux des victimes classées dans
les catégories vulnérables (femmes, femmes
enceintes, nourrissons, enfants, personnes
en situation de handicap, personnes âgées,
etc.) aux aléas climatiques ;
▪▪ Proportion d’agents de santé ayant bénéficié
des séances d’information et de formation
sur la santé et le changement climatique ;
▪▪ Proportion de Centres de Santé de Base
utilisant les SMS/tablettes pour l’alerte
précoce ;
▪▪ Proportion de Services de districts de
santé publique disposant d’un système de
surveillance et d’alerte précoce en climat et
santé fonctionnelle.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 103


PROGRAMME NATIONAL 6 :
ACCÉLÉRATION DU REBOISEMENT À TRAVERS
L'OPÉRATIONNALISATION DU MÉCANISME REDD+
ET LE DÉVELOPPEMENT
DE SERVICES ÉCOSYSTÉMIQUES

Localisation : Diana, Boeny, Haute Matsiatra, Lutte contre le changement climatique :


Vakinankaratra, Itasy, Melaky Atténuation - Adaptation

Contexte : Les forêts de reboisement réparties dans le pays ne comptent actuellement qu’une
superficie de 415 000 ha. Avec le mécanisme REDD+, Madagascar prévoit, pour le secteur UTCATF,
d’atteindre 61 MtCO2 de Réductions d’Emissions (REs) d’ici 2030. D’autre part, un engagement de
270 000 ha de reforestation en essences autochtones a été déclaré, en vue d’accroître le stockage
de carbone. En vue d’améliorer le bien-être de la population locale, de développer durablement
l’économie, et de conserver la richesse en biodiversité, d’ici 2030, le taux de déforestation sera
maîtrisé, et le couvert forestier sera augmenté afin de contribuer à la réduction de 14% des émissions
de GES du secteur forestier.

Cette déclaration vise à inverser la tendance de régression de la couverture forestière et à mettre en


place une gestion durable des ressources forestières, tout en améliorant les stocks de carbone et les
conditions de vie des populations riveraines.

Objectif(s) : Le secteur UTCATF est un secteur clé de la lutte contre le changement climatique
à Madagascar et ce programme vise à contribuer à l’objectif national fixé par la CDN en termes
de réduction des émissions, et à renforcer la résilience aux changements climatiques du pays en
augmentant de façon significative la surface forestière nationale.

Activités du programme :

▪▪ Mettre en œuvre le mécanisme REDD+ (stratégie REDD+ et décret REDD+) ;


▪▪ Reboiser à grande échelle et restaurer les forêts dégradées ;
▪▪ Mieux gérer les prairies, réduire les superficies défrichées pour divers besoins et surtout la
pratique du « tavy » ;
▪▪ Soutenir le secteur arboricole et l’agroforesterie ;
▪▪ Promouvoir l’utilisation efficace et durable de la ressource en bois ;
▪▪ Créer des zones d’approvisionnement en bois avec des essences adaptées ;
▪▪ Aménager des bassins versants.

Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : BN-CCCREDD+, Ministère en charge


de l’environnement, ONE et les ONG partenaires.

104 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Coût : 60 millions USD Indicateurs

Estimation effectuée sur la base du document de ▪▪ Tonnes de dioxyde de carbone équivalent


proposition d’un projet similaire GCF. réduits ou évités (y compris l'augmentation
des stocks) sur 10 ans ;
Sources potentielles de financement : ▪▪ Surfaces additionnelles de terres bénéficiant
PTF déjà engagés dans la reforestation à d’une meilleure résilience au changement
Madagascar (non exhaustif) : EIB, World Bank, climatique ;
GCF. ▪▪ Nombre d'hectares avec une augmentation
de la couverture arborée et végétale
(réduction des glissements de terrain et de
Durée : 10 ans.
l’érosion, résistance aux inondations) ;
▪▪ Superficies reboisées ;
▪▪ Nombre de pépinières créées au niveau de
chaque Région ;
▪▪ Taux de bassins versants aménagés.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 105


PROGRAMME NATIONAL 7 :
AMÉLIORATION DE LA CONSERVATION DES FORÊTS
NATURELLES ET DE LA GESTION DES AIRES
PROTÉGÉES INTÉGRANT L’AMÉNAGEMENT DE ZONES
DE REFUGE CLIMATIQUE À L’INTÉRIEUR
ET DANS LES PÉRIPHÉRIES
Localisation : Analanjirofo, Anosy, Atsimo Lutte contre le changement climatique :
Atsinanana, Atsinanana, DIANA, SAVA, Sofia, Atténuation - Adaptation
Vatovavy Fitovinany (Corridor de l’Est) ; Atsimo
Andrefana, Melaky, Menabe, (Forêts épineuses).

Contexte : Les forêts naturelles couvrent 8,9 millions d’hectares en 2014. L’ensemble du territoire est
soumis à un taux annuel croissant de déforestation, s’élevant à 1,18 %/an pour la période 2010-2014
(Tableau de Bord Environnemental National -TBEN, 2019). Le taux de déforestation varie selon les
régions mais en moyenne, les forêts situées à moins de 800 m d'altitude sont les plus touchées par
la déforestation, avec un taux de 1 % par an. D’une manière générale, les causes principales de la
déforestation relèvent en grande partie de plusieurs facteurs interdépendants au niveau social et au
niveau économique, mais un facteur prépondérant est le besoin en bois-énergie.

La perte de superficie forestière se traduit par la perte d’habitat qui fragilise de ce fait, non seulement
les écosystèmes et leurs fonctions écologiques, mais tout un environnement social, économique et
culturel, et le changement climatique est un facteur exacerbant dans ce prisme de dégradation.

Objectif(s) : Les objectifs visés par ce programme sont le maintien des fonctions écologiques des
écosystèmes et la limitation des nouvelles dégradations.

Activités du programme :

▪▪ Protéger les forêts naturelles et réduire le prélèvement de bois ;


▪▪ Renforcer l’application des textes législatifs et des politiques relatives à la durabilité, à la
conservation et à la restauration des habitats dans les écosystèmes dégradés ;
▪▪ Sécuriser le statut foncier des Aires protégées ;
▪▪ Mettre en place un programme de restauration à grande échelle des écosystèmes les plus
menacés ;
▪▪ Développer un programme de recherche, afin de décrire l’écologie de l’ensemble des taxons de
la biodiversité Malagasy en vue de maximiser les opportunités d’adaptation dans la mise en place
des activités futures ;
▪▪ Maintenir la couverture forestière existante et continuer à créer un réseau de corridors forestiers
de conservation ;
▪▪ Promouvoir la création d’occupations moins dépendantes des ressources naturelles.

Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : Ministère en charge de


l’environnement, DSPAM, MNP et des Partenaires Techniques et Financiers prêts à se positionner,
FAO, ONE, ONG.

106 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Coût : 30 millions USD Indicateurs :

Estimation sur la base des projets GCF déjà ▪▪ Superficie des restaurations forestières
financés sur le sujet. réalisées ;
▪▪ Nombre d’îlots forestiers reconnectés ;
Sources potentielles de financement : FAO, ▪▪ Taux de prélèvement de bois ;
PNUD, FEM. ▪▪ Taux de régénération par espèce végétale ou
faunistique ;
▪▪ Période/durée de migration par espèce par
Durée : 10 ans.
année.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 107


PROGRAMME NATIONAL 8 :
PROTECTION DES INFRASTRUCTURES CÔTIÈRES ET
DES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES (DONT LE TOURISME)
CONTRE L’ÉLÉVATION DU NIVEAU DE LA MER

Localisation : Analanjirofo, Atsinanana, Lutte contre le changement climatique :


Menabe, Sava, Anosy, Vatovavy-Fitovinany, Adaptation
Atsimo Andrefana, Boeny (Mahajanga) et Atsimo
Atsinanana

Contexte : Les impacts du changement climatique sur les zones côtières de Madagascar sont de
plus en plus visibles, et se traduisent principalement par l’érosion marine et la dégradation marquée
du littoral. La hausse du niveau de la mer, l’intensification des cyclones et l’érosion des côtes sont
sources de risques importants pour les infrastructures côtières.

Dans la région d’Atsinanana, l’érosion du littoral n’a cessé de s’accélérer depuis 1974, entraînant par
exemple à Toamasina l’ensablement progressif de la rade et du port. Les villes du Moyen-Ouest du
littoral malgache connaissent également des stades d’érosion avancés. Les activités économiques,
dont le tourisme, la pêche, le secteur BTP, se retrouvent donc menacées, ainsi que la sécurité de la
population.

Objectif(s) :

▪▪ La protection des infrastructures côtières aux risques climatiques sera renforcée contribuant
ainsi à la résilience des activités économiques dont la transformation adaptative du secteur
touristique ;
▪▪ L’érosion côtière sera diminuée et contrôlée.

Activités du programme :

▪▪ Appliquer des techniques de luttes antiérosives adaptées pour la stabilisation des dunes et pour
éviter l’érosion des littoraux ;
▪▪ Construire des ouvrages de défense rigides en concertation avec les communautés locales de
base ;
▪▪ Mettre en place des activités touristiques respectueuses de l’environnement ;
▪▪ Réaliser les actions préconisées dans le Plan d’Action National pour la Gestion Intégrée des
Zones Côtières (PANGIZC) liées au changement climatique ;
▪▪ Piloter de nouvelles initiatives pour développer des activités génératrices de revenus en lien avec
le tourisme (par exemple, l’écotourisme) qui offrent des opportunités autant aux femmes qu’aux
hommes.

Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : Ministère en charge des transports et


du tourisme, Ministère en charge de l’aménagement du territoire, BNGRC, ONE.

108 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Coût : 25 millions USD Indicateurs :

Sur la base d’estimation de projets similaires. ▪▪ Nombre d’infrastructures côtières dont la


résilience aux risques climatiques a été
Sources potentielles de financement : FEM, renforcée ;
CIF. ▪▪ Nombre d’activités économiques (tourisme,
portuaire, …) protégées, adaptées
Durée : 3 ans.
et développées face aux impacts du
changement climatique ;
▪▪ Nombre de ménages dont les revenus
ont augmenté grâce au développement et
protection des activités économiques aux
produits du changement climatique ;
▪▪ Evolution de l’érosion côtière (évolution du
niveau de la mer et vitesse de recul du trait
de côte) ;
▪▪ Nombre de communautés bénéficiaires pour
la quatrième composante ;
▪▪ Nombre d’AGR créées ;
▪▪ Evolution du nombre de touristes ;
▪▪ Liste de mesures de protection du littoral
entrepris ;
▪▪ Nombre de constructions de défense rigides
réalisées : Nombre / longueur d’infrastructures
conformes aux normes climatiques
réalisées ;
▪▪ Pourcentage d’actions réalisées.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 109


PROGRAMME NATIONAL 9 :
AMÉLIORATION DES SYSTÈMES D’ALERTE PRÉCOCE
AUX CYCLONES, DANS LE CADRE D’UN EFFORT
RÉGIONAL AU NIVEAU DE L’OCÉAN INDIEN

Localisation : Les Régions côtières : Lutte contre le changement climatique :


Analanjirofo, Androy, Anosy, Atsimo-Andrefana, Adaptation
Atsimo-Atsinanana, Atsinanana, Boeny, DIANA,
Melaky, Menabe, SAVA, Sofia, Vatovavy-
Fitovinany.

Contexte : Du fait de leurs positions géographiques dans le bassin du sud-ouest de l’Océan Indien,
les îles de cette partie du globe, notamment Madagascar, La Réunion et Maurice sont exposés aux
cyclones. Tous les ans, au moins un de ces États est touché par un cyclone. Avec le phénomène
du changement climatique, les cyclones deviennent de plus en plus intenses et leurs trajectoires se
déplacent. Aussi, d’autres pays comme le Mozambique sont ou peuvent être tout aussi concernés.
Toutefois, la résilience et la capacité de réponse de chaque pays ne sont pas les mêmes, tandis que
la considération des spécificités du genre n’est pas encore totalement intégrée dans les approches.

Des actions concertées au niveau régional constituent l’un des moyens les plus efficaces pour y
faire face, afin qu’en mutualisant les efforts, la Région de l’Océan Indien soit une Région ayant une
résilience renforcée face aux cyclones, et qu’ainsi, les efforts de développement de chaque Etat-
membre soient consolidés aux bénéfices de toute la Région. D’où la nécessité de l’amélioration
des systèmes d’alerte précoce au niveau régional, malgré les initiatives déjà développées dans ce
sens, dans un contexte climatique évolutif. Par ailleurs, la coopération au niveau régional et sous
régional fait partie des facteurs de réussite de la Stratégie Nationale de Gestion des Risques et de
Catastrophes (SNGRC) de Madagascar.

Objectif(s) :

▪▪ La résilience de la Région de l’Océan Indien face aux cyclones est renforcée ;


▪▪ Les risques de catastrophes à la suite des cyclones sont réduits.

Activités du programme :

▪▪ Adopter des dispositifs communs (politique, stratégie opérationnelle, technologies, etc.) d’alerte
précoce et intégrant les spécificités selon le genre, au sein de la Région ;
▪▪ Acquérir les équipements modernes pour améliorer les communications entre les États concernés
au sein de l’Océan Indien ;
▪▪ Systématiser les concertations régulières entre les techniciens, aux fins de renforcements
de capacités réciproques et de partages des expériences, pour l’amélioration régulière des
systèmes ;

110 Plan National d’Adaptation de Madagascar


▪▪ Améliorer le Plan de contingence National prenant compte des risques climatiques et surtout des
projections climatiques pour le futur ;
▪▪ Former la population sur les réflexes à avoir lors des cyclones à travers des exercices de
simulation, : renforcement de la population à faire face aux cyclones et les risques y afférents :
vents violents, inondations ;
▪▪ Mettre en place des infrastructures d’accueil ou des infrastructures anticycloniques : bâtiments
publics.

Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : BNGRC, DGM, COI, AFD, CPGU,
ONE autres PTF prêts à se positionner.

Coût : Le programme doit s’inclure dans une Indicateurs :


initiative régionale de grande ampleur.
▪▪ Nombre de régions côtières à Madagascar
Source potentielle de financement : FFEM, ayant accès à des services améliorés
FEM, GCF, UE et Interreg, AFD. d'information sur le climat ;
▪▪ Diminution du nombre des victimes,
identifiées selon le genre ;
Durée : 5 ans.
▪▪ Nombre de plans et processus décentralisés
(régionaux, communaux) développés
et renforcés pour identifier, hiérarchiser
et intégrer les stratégies et mesures
d'adaptation ;
▪▪ Nombre de personnes formées par Région
(de Madagascar) pour opérationnaliser le
SAP/Océan Indien (identifier, hiérarchiser,
mettre en œuvre, surveiller et évaluer les
stratégies et mesures d'adaptation et de
réponses d’urgence) et considérant les
spécificités selon le genre ;
▪▪ Nombre de communes et Régions disposant
du système d’alerte précoce, de comités
de gestion des catastrophes, de plan de
préparation aux urgences ;
▪▪ Nombres d’installations para-cycloniques
ou limitant les risques causés par les aléas
climatiques : barrages, bâtiments.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 111


PROGRAMME NATIONAL 10 :
DÉVELOPPEMENT DE RIZIÈRES RÉSILIENTES ET
MOINS ÉMETTRICES DE MÉTHANE

Localisation : Alaotra-Mangoro, Amoron'i Mania, Lutte contre le changement climatique :


SOFIA, Betsiboka, Bongolava, Haute Matsiatra, Atténuation - Adaptation
Ihorombe, Atsimo Andrefana (Bas Mangoky),
Itasy et Vakinankaratra

Ciblant des localités spécifiques : Antsirabe,


Ambilobe, Vangaindrano, Farafangana, Iazafo
Vavatenina, Bealanana, Marovoay, Ambositra,
Taolagnaro, Ambovombe, Port-Bergé, Bas-
Mangoky

Contexte : 45% seulement des périmètres cultivables durant ces 50 dernières années sont
opérationnels, alors que Madagascar ambitionne d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et de mettre
fin à l’importation de riz, aliment de base de la population malagasy, et qui constitue la principale
culture vivrière à Madagascar. Le riz occupe ainsi une place importante dans le secteur agricole : en
effet, le riz fait l’objet d’exploitations par environ 2 000 000 de ménages répartis dans 10 zones agro-
écologiques, selon la Stratégie Nationale de Développement Rizicole (SNDR, 2016-2020).

Or, à l’heure actuelle, Madagascar n’est pas encore parvenu à l’autosuffisance dans ce domaine, et
encore moins à passer à l’échelle de l’agro-business pour la filière riz. Plusieurs raisons en sont les
causes, dont le manque de connaissance au niveau des paysans et la persistance des pratiques
non modernes. À cette situation s’ajoute le phénomène du changement climatique auquel il importe
désormais de s’adapter tout en adoptant des pratiques moins émettrices de gaz à effet de serre, dont
le méthane, propre à la riziculture.

De l’autre côté, d’autres cultures peuvent être mieux développées au sein du pays, notamment les
cultures de rente comme le girofle et le café, contribuant à l’économie et à la réduction de la pauvreté.

À l’heure actuelle, le projet d’extension de 100 000 ha les périmètres cultivables est une opportunité
pour promouvoir une agriculture résiliente, adaptée au changement climatique.

Objectif(s) : En ligne avec la Vision AEP, l’objectif est le développement du secteur Agriculture-
Elevage-Pêche d’ici 2025, afin qu’il constitue un pilier d’une économie verte à vocation agricole,
résilient aux effets du changement climatique.

112 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Activités du programme :

▪▪ Se doter des infrastructures rizicoles adaptées au changement climatique suivant les normes
nationales sur les infrastructures hydro-agricoles contre les crues et inondations, et tenant
compte des spécificités selon le genre ;
▪▪ Augmenter les superficies des rizières et des périmètres hydro-agricoles permettant la pratique
du Système de Riziculture Intensive (SRI)/ Système de Riziculture Améliorée (SRA) ;
▪▪ Vulgariser la pratique des techniques d’Agriculture de Conservation et l’agriculture intelligente
face au climat -AIC (Climate Smart Agriculture) pour l’augmentation des productions rizicoles ;
▪▪ Développer et mettre en œuvre des programmes de formation pour la professionnalisation des
jeunes ruraux sur le changement climatique, l’agroécologie et l’AIC ;
▪▪ Vulgariser à l’échelle régionale et locale les résultats de recherche sur l’agriculture adaptée
au changement climatique, y compris la riziculture, et les faire adopter sur le terrain par les
agriculteurs (création de nouvelles variétés, pratiques autochtones, techniques adaptées comme
le drainage intermittent, etc.) ;
▪▪ Mettre en place un ensemble de mécanismes institutionnels et opérationnels facilitant l’implication
du secteur privé dans l’agro-business (textes, cadres incitatifs, centres d’agrégation et de services
agricoles, etc.).

Maître d’œuvre et partenaires institutionnels potentiels : PRIMATURE (PADR), Ministère en


charge de l’agriculture, Ministère en charge de l’aménagement du territoire, Ministère en charge de
l'enseignement supérieur et de la recherche, Ministère en charge de l’enseignement technique et
de la formation professionnelle, Ministère en charge de l'industrie, du commerce et de l'artisanat,
Banque Mondiale, PNUD, BAD, JICA, ONE.

Coût : 20 millions USD Indicateurs

Estimation effectuée sur la base des projets GCF ▪▪ Tonnes de dioxyde de carbone équivalent
déjà financés sur le sujet. réduits ou évités (y compris l'augmentation
des stocks) sur 10 ans ;
Source potentielle de financement : Union ▪▪ Surfaces additionnelles de rizières bénéficiant
Européenne, FIDA, Banque Mondiale, BAD, d’une meilleure résilience au changement
JICA, PNUD. climatique ;
▪▪ Nombre de producteurs bénéficiant de
l’adoption de technologies contribuant à
Durée : 5 ans.
l’adaptation au changement climatique ;
▪▪ Nombre d’opérateurs privés s’impliquant
dans l’agro-business ;
▪▪ Rendement moyen des principales cultures.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 113


VILLAGE DE PÊCHEURS À BOENY
114 photo:
crédit Plan
GIZNational d’Adaptation de Madagascar
Madagascar
V.2 ACTIVITÉS TRANSVERSALES : GOUVERNANCE ET FINANCEMENT

Afin de garantir la mise en place de ces programmes, il est essentiel qu’un certain nombre
d’activités transversales soient réalisées, de manière à fournir l’environnement technique et
institutionnel garantissant l’efficacité des activités listées dans les programmes.

La mise en œuvre des programmes est fortement tributaire de la situation de précarité


économique du pays. Ainsi, la mobilisation de soutiens financiers extérieurs est nécessaire à
leur bonne réalisation. Cela implique des estimations plus précises des coûts des activités qui
doivent systématiquement précéder la mise en œuvre de programmes (cf. Axe 3).
De même, la gouvernance du projet devra être alignée et s’ancrer dans le système de
gouvernance climat tel que défini dans l’Axe 1. En particulier :

▪▪ Le BN-CCCREDD+ sera mobilisé en tant qu’organe en charge de la coordination des


activités de lutte contre le changement climatique au sein du Gouvernement.
▪▪ Les rôles des DREDD doivent être renforcés, pour le suivi et l’accompagnement
des programmes, car c’est un aspect essentiel de la bonne mise en œuvre de ces
programmes.

Finalement la mise en œuvre effective des activités exige des renforcements des capacités
nationales (techniques, institutionnelles, de mobilisation des ressources et d’absorption
des financements) et le transfert de technologies et de recherches par la valorisation des
techniques endogènes et les technologies novatrices.
L’ensemble des activités transversales garantissant la bonne réalisation des programmes est
résumé ici.

VILLAGE DE PÊCHEURS À BOENY


crédit photo: GIZ Madagascar

Plan National d’Adaptation de Madagascar 115


116
Plan National d’Adaptation de Madagascar

Tableau 6 : Activités transversales du PNA.


ACTIVITES ECHÉANCE DE MISE ORGANE EN CHARGE NOTES POUR LA MISE INDICATEURS DE SUIVI POTENTIELS
EN ŒUVRE DE LA MISE EN EN ŒUVRE
(DURÉE DE ŒUVRE
L’ACTIVITÉ)
Renforcer le rôle pivot du BN-CCCREDD+ et du CNCC dans la gouvernance transversale du changement Degré de connaissance du BN-CCCREDD+
climatique et de ses responsabilités au niveau du
gouvernement
Degré de connaissance du CNCC et de ses
responsabilités au niveau du gouvernement
Renforcer les capacités de BN- Premier semestre Ministère en charge Les responsabilités des différents organismes
CCCREDD+ 2020 de l’environnement impliqués dans la lutte contre le changement
climatique sont clarifiées et disponibles dans
un ou plusieurs documents de référence.
Renforcer le SNSVACC Premier semestre BN-CCCREDD+, Nombre d’indicateurs relatifs au risque
(Système National de Suivi 2020 ONE climatique intégré dans le TBEW.
de la Vulnérabilité et de Fréquence et niveau de remplissage du TBE
l’Adaptation au Changement en matière d’indicateurs relatifs au risque
Climatique) pour le suivi des climatique.
indicateurs de vulnérabilité et de
risques climatiques.
Inscrire dans la durabilité les Premier trimestre 2020 BN-CCCREDD+, Fréquence de rencontre du CNCC.
rôles du CNCC Ministère en charge Degré de connaissance des membres du
de l’environnement, CNCC et de leur rôle au sein des ministères
Plateforme des SG sectoriels.
Intégrer l’adaptation au changement climatique dans la planification nationale à travers une approche Nombre de projets nationaux ayant bénéficiés
programmatique d’une analyse de faisabilité intégrant une
analyse de risque climatique
Intégrer dans un système de Premiers semestre Ministère en charge Nombre d’indicateurs relatifs à l’adaptation
suivi national la dimension « 2020 de l’économie et au changement climatique intégrés dans le
adaptation au changement des finances et de SNISE.
climatique » l’économie, Ministère
en charge de Fréquence et niveau de remplissage
l’environnement des indicateurs relatifs à l’adaptation au
changement climatique.
Pérenniser le mécanisme Continu Ministère en charge Nombre de nouvelles politiques et stratégies
d’intégration de l’ACC de l’économie et publiques intégrant le CC
des finances et de
l’économie, Ministère
en charge de
l’environnement
Mobiliser des ressources financières internes et budgétiser les activités prévues Volumes de financement nationaux mobilisés
pour la lutte contre le CC. (indicateur glissant
sur 5 ans).
Sécuriser les recettes Court Terme BN-CCCREDD+; Volume de recettes annuelles générées par la
nationales issues de la lutte (continue) Point focal du lutte contre le CC
contre le changement climatique Ministère de
en direction de mesures l’Économie et des Part des recettes réutilisées pour la lutte
Plan National d’Adaptation de Madagascar

d’adaptation et d’atténuation Finances/ Directions contre le CC


Générales du Plan et
du Budget
Estimer systématiquement Court Terme BN-CCCREDD+; Cette action est une Nombre de projets sur le CC ayant bénéficiés
les besoins de financement (10 ans) Point focal du étape préliminaire clé à d’une étude de faisabilité impliquant une
nécessaires pour la mise en Ministère de la mise en œuvre des analyse de valorisation économique et
œuvre des activités climatiques l’Économie et des programmes d’action financière
prévues Finances/ Directions
Générales du Plan et
du Budget
117
118

Mobiliser des ressources financières externes Volumes de financement internationaux reçus


Plan National d’Adaptation de Madagascar

pour la lutte contre le CC (indicateur glissant


sur 5 ans)
Soutenir l’accréditation Fonds Moyen terme BN-CCCREDD+, L’activité concernant les Agence nationale accréditée
Vert d’une institution nationale (3 ans) Institut pressenti pour rôles et responsabilités
l’accréditation doit être finalisée et déjà
intégrer ce potentiel
rôle.
Impliquer les acteurs privés de Court terme / moyen BN-CCCREDD+, La mise en œuvre de Nombre de mesures visant un effet levier sur
secteurs clés dans le soutien terme Point focal du ces mesures sera un le secteur privé
financier aux activités de (5 ans) Ministère de enjeu de cette activité
renforcement de la résilience au l’Économie et des (au-delà d’un décret, Evaluation des montants privés mobilisés sur
changement climatique Finances/ Directions son application sera le CC suite à ces mesures
Générales du Plan et essentielle).
du Budget
Les risques de
détournement,
effets pervers des
mécanismes en place
devront faire l’objet
d’une analyse pour être
anticipés.

Renforcer les compétences Court terme BN-CCCREDD+ Volumes de financement internationaux reçus
des agents nationaux dans la (3 ans) pour la lutte contre le CC (indicateur glissant
mobilisation des financements sur 5 ans)
extérieurs
Nombre de formations à destination des
agents nationaux en termes de levée de
fonds internationale
Créer un fonds national Long terme Ministère de Existence d’un fonds national (dont statut)
pérenne de lutte contre le (8 ans) l’Economie et des
changement climatique en Finances Volume financier du Fonds
charge de centraliser les
financements climat, d’organiser Nombre de bénéficiaires du fonds
les investissements climat et de
leur suivi

Organiser l’intégration du changement climatique dans la budgétisation Nombre de projets nationaux ayant bénéficiés
d’une analyse de faisabilité intégrant une
analyse de risque climatique ou tenant compte
des perspectives de CC
Maitriser les étapes du Court Terme Primature et Ministère Nombre de projets climat ayant fait l’objet
processus d’élaboration (4 ans) de l’Economie et des d’une estimation de délais et de coûts.
budgétaire et l’identification des Finances
points d’entrée
Continuer à mettre en œuvre les Court Terme BN-CCCREDD+, Cette étape va de Le BN-CCCREDD+ est invité à contribuer et
attributions du BN-CCCREDD+ (continue) ONE, Primature pair avec l’activité de donner son avis lors de validation de projet
dans l’intégration systématique planification. climatique.
des questions climatiques dans
la budgétisation à Madagascar. Le BN-CCCREDD+ donne un avis sur le
Plan National d’Adaptation de Madagascar

risque climatique lors de l’analyse préliminaire


de projet.

Renforcer les capacités Court Terme BN-CCCREDD+, Nombre de projets nationaux ayant bénéficié
de gestion budgétaire et (continue) ONE, Ministère de d’une analyse de faisabilité intégrant une
programmatique des agents l’Economie et des analyse de risque climatique
en charge de la mise en œuvre Finances
des projets de lutte contre le Nombre de projets nationaux bénéficiant d’un
changement climatique suivi évaluation et financier en ligne avec les
standards DU Secrétariat de la CCNUCC
119
120

V.3 MISE EN ŒUVRE DU PLAN D’ACTION


Plan National d’Adaptation de Madagascar

Adaptation
V.3.1 Limites et recommandations Co-bénéfices atténuation-adaptation
Tableau 7 : Limites et recommandation à la mise en oeuvre des programmes nationaux.

NUMÉRO PROGRAMMES NATIONAUX ECHÉANCE INSTITUTIONS EN CHARGE DE LIMITES ET RECOMMANDATIONS

DE PRO- DE MISE LA MISE EN ŒUVRE, AVEC LE BN-

GRAMME EN ŒUVRE CCCREDD+


1. Renforcement de l'adaptation du Court à Ministère en charge de l’agriculture et L’implication du secteur privé doit être renforcée pour ce
secteur agricole et de la résilience des Moyen de l’élevage, Ministère en charge de programme.
populations rurales dans le grand Sud Terme l’aménagement du territoire, ONE
de Madagascar (3 à 5 ans) Le renforcement de la place des femmes dans le développement
d’AGR est un aspect critique permettant une approche inclusive.

2. Renforcement de la résilience Moyen Ministère en charge de l’agriculture et L’implication des opérateurs privés (en particulier
des populations rurales par le Terme de l’élevage, Ministère en charge de transformateurs et commerçants) est un aspect critique de
développement et l’ organisation de (8 ans) l’environnement, ONE, ce programme. L’intégration de d’activité de renforcement de
filières d’exportation la place des femmes dans le développement d’AGR devrait
garantir la construction d’une résilience climatique inclusive.
La prise en compte et la valorisation des rôles importants et
différenciés des hommes et des femmes en tant qu'agents de
changement en adaptation pourra également être développée.
3. Renforcement de l’adaptation de Court Ministère en charge de la pêche, L’implication du secteur privé doit être prise en compte pour ce
la filière pêche et développement Terme Ministère en charge de l’enseignement programme afin de garantir l’efficacité de ce dernier.
des systèmes d’alerte et des plans (3 ans) technique et de la formation Une approche spécifique, sensible aux questions de genre devra
d’actions associés pour accroître la professionnelle, DGM, BNGRC, ONE, être mise en place, afin de renforcer la place des femmes dans
résilience des populations côtières et CPGU le secteur et de soutenir la professionnalisation des activités
des écosystèmes marins dans lesquelles elles sont déjà impliquées.
4. Amélioration de l’accès à l’eau potable Moyen- Ministère en charge de l’eau, Ministère
en milieux urbains et ruraux Long en charge de l’environnement, BNGRC,
Terme ONE
(5 ans)

5. Renforcement des systèmes d’alertes Moyen Ministère en charge de la santé L’intégration des jeunes et des personnes ayant des besoins
précoces pour la résilience du secteur Terme publique, ONE spécifiques (en situation de handicap ou personnes âgées),
de la santé face au changement (5 ans) comme population cible de ce programme doit contribuer à la
climatique à Madagascar mise en place d’actions inclusives.
6. Accélération du reboisement à travers Long BN-CCCREDD+, Ministère en charge Le rôle des femmes dans la gestion et le suivi des aires de
l'opérationnalisation du mécanisme Terme de l’environnement, ONE reboisement et de restauration pourra être priorisé.
REDD+ et du développement de (10 ans)
services écosystémiques
7. Amélioration de la conservation des Long Ministère en charge de Ce programme ne pourra être efficace qu’en complément d’une
forêts naturelles et de la gestion Terme l’environnement, DSPAM, MNP action importante, organisée et nationale visant à faire respecter
des aires protégées intégrant (10 ans) et renforcer la législation en matière de gestion des aires
l’aménagement de zones de refuge protégées.
climatique à l’intérieur et dans les Le programme doit également mettre en place des partenariats/
périphéries collaborations avec les ONG et OSC de conservation et de
développement, nationales et internationales
8. Protection des infrastructures côtières Court Ministère en charge des transports et L’implication du secteur privé doit être considérée comme capital
et des activités économiques (dont le Terme du tourisme, Ministère en charge de pour ce programme, afin de garantir son efficacité et sa bonne
tourisme) contre l’élévation du niveau (3 ans) l’aménagement du territoire, BNGRC, mise en œuvre. Le développement actuel de formations sur
de la mer ONE le climat auprès de professionnels et futurs professionnels du
bâtiment doit soutenir la mobilisation d’un secteur privé national
pour les activités de ce programme.
L'entreprenariat des femmes pourra être ici mieux soutenu pour
Plan National d’Adaptation de Madagascar

des activités de tourisme résilientes au changement climatique,


par exemple.
9. Amélioration des systèmes d’alerte Moyen BNGRC, DGM, COI, AFD, CPGU, ONE Ce programme devra s’appuyer sur les partenariats et activités
précoce aux cyclones dans le cadre Terme actuellement en cours avec les acteurs régionaux de l’Océan
d’un effort régional au niveau de (5 ans) Indien, afin de s’inscrire en complémentarité des initiatives
l’océan indien existantes.
10. Développement de rizières résilientes Long PRIMATURE (PADR), Ministère en L’implication des institutions de recherche (FOFIFA, GSDM)
et moins émettrices de méthane Terme charge de l’agriculture, Ministère en en lien avec les activités de l’Axe 5 soutiendra une approche
(8 ans) charge de l’aménagement du territoire, intégrée.
Ministère en charge de l'enseignement
supérieur et de la recherche, Ministère
en charge de l’enseignement technique
et de la formation professionnelle,
Ministère en charge de l'industrie, du
commerce et de l'artisanat, Banque
Mondiale, PNUD, BAD, JICA, ONE
121
122

V.3.2 Chronogramme
Plan National d’Adaptation de Madagascar

Tableau 8 : Chronogramme pour la mise en œuvre du PNA.


Programmes ou priorités stratégiques 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029
Organe en charge de la mise en œuvre
Actions
AXE STRATEGIQUE 1 : RENFORCER LA GOUVERNANCE DE L’ADAPTATION
Renforcer le rôle pivot du BNCCCREDD+ et du CNCC dans la gouvernance transversale du
changement climatique
Renforcer les capacités de BN CCCREDD+ MEDD
Renforcer le SNSVACC pour le suivi des indicateurs de vulnérabilité et de risques climatiques. BN-CCCREDD+, ONE
Inscrire dans la durabilité les rôles du CNCC BN CCCREDD+, MEDD, Plateforme des SG
Intégrer l’adaptation au changement climatique dans la planification nationale à travers
une approche programmatique
Intégrer dans un système de suivi national la dimension ACC MEF, MEDD
Pérenniser le mécanisme d’intégration de l’ACC MEF, MEDD
AXE STRATEGIQUE 2 : METTRE EN ŒUVRE UN PROGRAMME D’ACTIONS SECTORIEL PRIORITAIRE

Programme national 1 : Renforcement de l'adaptation du secteur agricole et de la résilience des


MAEP, MAHTP, ONE
populations rurales dans le grand Sud de Madagascar

Programme national 2 : Renforcement de la résilience des populations rurales par le


MAEP, ONE, MEDD
développement et l'organisation de filières d’exportation
Programme national 3 : Renforcement de l’adaptation de la filière pêche et développement des
systèmes d’alerte et des plans d’actions associés pour accroître la résilience des populations côtières MAEP, METFP, DGM, BNGRC, ONE, CPGU
et des écosystèmes marins
Programme national 4 : Amélioration de l’accès à l’eau potable en milieux urbains et ruraux MEEH, MEDD, BNGRC, ONE

Programme national 5 : Renforcement des systèmes d’alertes précoces pour la résilience du


ONE, MSP
secteur de la santé face au changement climatique à Madagascar
Programme national 6 : Accélération du reboisement à travers l'opérationnalisation du
BN-CCCREDD+, MEDD, ONE
mécanisme REDD+ et du développement de services écosystémiques
Programme national 7 : Amélioration de la conservation des forêts naturelles et de la gestion des
aires protégées intégrant l’aménagement de zones de refuge climatique à l’intérieur et dans les MEDD, DSPAM, MNP
périphéries
Programme national 8 : Protection des infrastructures côtières et des activités économiques (dont
MTTM, BNGRC, MAHTP, ONE
le tourisme) contre l’élévation du niveau de la mer

Programme national 9 : Amélioration des systèmes d’alerte précoce aux cyclones dans le cadre
MAE, BNGRC, DGM, COI, AFD, CPGU, ONE
d’un effort régional au niveau de l’océan indien
PADR, MAEP, MATHTP, MESUPRES, METFP,
Programme national 10 : Développement de rizières résilientes et moins émettrices de méthane MICA, Banque Mondiale, PNUD, BAD, JICA,
ONE
Programmes ou priorités stratégiques 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029
Organe en charge de la mise en œuvre
Actions
AXE STRATEGIQUE 3 : FINANCER L’ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Mobiliser des ressources financières internes et budgétiser les activités prévues
Sécuriser les recettes nationales issues de la lutte contre le CC en direction de mesures BN-CCCREDD+, Point focal du MEF/ DGs du
d’adaptation et d’atténuation Plan et du Budget
Estimer systématiquement les besoins de financement nécessaires pour la mise en œuvre des BN-CCCREDD+, Point focal du MEF/ DGs du
activités climatiques prévues Plan et du Budget
Mobiliser des ressources financières externes
BN-CCCREDD+, Institut pressenti pour
Soutenir l’accréditation Fonds Vert d’une institution nationale
l’accréditation
Impliquer le secteur privé dans le soutien financier aux actions de renforcement de la résilience BN-CCCREDD+, Point focal du MEF/ DGs du
au CC Plan et du Budget
Renforcer les compétences des agents nationaux dans la mobilisation des financements extérieurs BN-CCCREDD+

Créer un fond national pérenne de lutte contre le CC MEF

Organiser l’intégration du changement climatique dans la budgétisation

Maitriser les étapes du processus d’élaboration budgétaire et l’identification des points d’entrée Primature et MEF

Continuer à mettre en œuvre les attributions du BN-CCCREDD+ dans l’intégration systématique


BN-CCCREDD+, ONE, Primature
des questions climatiques dans la budgétisation à Madagascar
Renforcer les capacités de gestions budgétaires et programmatique des agents en charge de la
BN-CCCREDD+, ONE, MEF
mise en œuvre des projets de lutte contre le CC
Plan National d’Adaptation de Madagascar
123
VI. SUIVI ET EVALUATION ET DEFINITION DES OBJECTIFS ET INDICATEURS
DU PROCESSUS PNA
La mise en place et le développement d’un système de suivi-évaluation se basent sur l’identification
d’indicateurs, permettant d’évaluer l’état d’avancement du processus, ainsi que les résultats de la mise
en œuvre du PNA. Le système sert également à informer la Conférence des Parties de l’avancement
des avancées du processus. Plus tard, le système permettra aussi d’alimenter les révisions régulières
du PNA.

Le système de suivi-évaluation comprend un plan de suivi et d’évaluation du processus, ainsi qu’un plan
pour la collecte des données et la compilation et la synthèse des nouvelles informations sur les impacts
et les vulnérabilités. Ces informations doivent être utilisées lors des mises à jour du PNA.

VI.1 MÉTHODOLOGIE DU SUIVI-ÉVALUATION

Il est à rappeler que le processus d’élaboration PNA vise prioritairement à réduire la vulnérabilité des
pays aux impacts du changement climatique, en renforçant les capacités d'adaptation et la résilience
d’une part, et à faciliter l'intégration de l’adaptation au changement climatique de manière cohérente
et pertinente dans les politiques, stratégies, programmes et actions, dans tous les secteurs-clés et à
différents niveaux d’autre part.57

Ces objectifs sont surtout qualitatifs et assez subjectifs, car ils ne sont pas matériellement mesurables.
De ce fait, le suivi-évaluation du processus PNA est confronté à des principaux défis, dont l’absence
d’une unité de mesure commune pour apprécier les résultats attendus, l’échelle temporelle qui est
assez longue et qui peut être différente d’un secteur à un autre, et l’incertitude concernant les impacts
réels des changements climatiques à laquelle s’ajoute la nécessité de bien distinguer entre « impact des
aléas climatiques » et « impacts des changements climatiques » ‘proprement-dits’.

À court et à moyens termes, le système de suivi-évaluation PNA de Madagascar concernera le processus


d’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les politiques, stratégies, planifications
programmatiques et budgétaires, et les processus d’interventions sectorielles et/ou territoriales.

À plus long terme, le suivi-évaluation s’adresse directement à chaque secteur concerné et se focalise
sur les résultats des intégrations de l’adaptation au changement climatique, à ces différents niveaux et
qui devraient se traduire par la réduction des vulnérabilités.

En considération de ce qui précède, au stade actuel, les indicateurs sont donc surtout relatifs au
processus du PNA et concernent l’intégration, l’appropriation, le financement, la communication, la
coordination et la gestion des données sur le changement climatique, la capacité des acteurs et la mise
en œuvre des actions prioritaires. Les indicateurs du SNSVACC qui s’intéressent à l’état de vulnérabilité
et de risques climatiques sont également à intégrer : Les indicateurs du SNSVACC sont des indicateurs
importants de suivi des impacts des réalisations en matière d’adaptation, et sont complémentaires aux
indicateurs globaux, comme illustrés dans le tableau suivant :

57
Selon les directives du groupe des experts PMA (2012) : « À l’heure de déterminer les modalités de suivi et
d’évaluation du processus PNA, il est important de rappeler ses objectifs : réduire la vulnérabilité aux incidences
des changements climatiques et faciliter l’intégration de ce phénomène à la planification du développement »

124 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Tableau 9 : Indicateurs globaux du système de suivi-évaluation du PNA.

ÉLÉMENT DU PROCESSUS OBJECTIF INDICATEURS GLOBAUX


Appropriation Assurer l’intégration de l’ACC - Nombre de documents de
dans les politiques, plans, référence politiques, plans,
stratégies, programmes stratégies, programmes)
Installation d’un point focal dans intégrant l’ACC de 2020 à 2025
chaque ministère clé - 60% des ministères sectoriels
intégrant les indicateurs
SNSVACC dans leurs systèmes
-Chaque ministère clés dispose
d'un point focal

Financement Renforcer l’appropriation de - Nombre de séances


l’ACC par les responsables d’information sur l’ACC à
politiques et l’Administration, en l’Assemblée Nationale de 2020
général à 2025
- Au moins 50% de membres du
Secteur Privé s’engageant dans
l’ACC
- Augmentation des actions
d’ACC réalisées au sein des
ministères sectoriels (en %)

Communication Assurer le financement - Chaque ministère dispose


croissant et durable de l’ACC d'une ligne budgétaire sur le CC
Installation d’une ligne - Une Loi des finances
budgétaire sur le changement existante, attribuant des
climatique sans chaque rubriques concrètes pour l’ACC
ministère à partir de 2020
- Augmentation du budget
alloué à l’ACC (en %)dans le
plan de mise en œuvre du plan
de développement
- Volumes de financements
extérieurs mobilisés à partir de
2020
- Volume d’allocation en
financement par interne (RPI)
pour l’ACC

Coordination et gestion de - Nombre de personnes/


données/informations sur le Ministères sensibilisés sur
changement climatique l’ACC

Capacité des acteurs Assurer la consolidation et la - Niveau d’augmentation (en


dissémination des informations %) de partage/ diffusion de
à tous les niveaux (pour données et informations en
améliorer la compréhension et ACC, par le BN-CCCREDD+
l’appropriation)

Mise en œuvre des actions Renforcer les capacités - nombre de cadres formés en
prioritaires institutionnelles et techniques ACC au niveau central et au
pour réaliser des actions d’ACC niveau régional
- nombre de PRD et de PCD
intégrant l’ACC développés

Plan National d’Adaptation de Madagascar 125


Tableau 10 : Indicateurs des programmes et activités du PNA.
Adaptation
Co-bénéfices atténuation-adaptation
Suivi des programmes et activités du Plan d'Action National d'Adaptation
Activités transversales
Indicateurs globaux du PNA
Désagrégation par genre
Indicateurs Localisation
(oui/non)
Programme national 1 : Renforcement de l'adaptation du secteur agricole et de la résilience des populations rurales dans le grand Sud de
Androy, Anosy, Atsimo Andrefana, Atsimo Atsinanana et Ihorombe
Madagascar
Nombre de ménages bénéficiant de l'amélioration de la résilience du territoire aux chocs climatiques (en particulier
Oui
sécheresses)
Taux d’adoption de techniques culturales améliorées Oui

Nombre de ménages bénéficiant d’une amélioration des capacités d'auto-organisation et d'apprentissage Oui

Nombre de SRAT et de PRD élaborés et qui tiennent compte des enjeux climatiques Non

Nombre de plan de mobilités bétail élaborés et mis en œuvre au niveau communal Non
SAVA, Analanjirofo, Vatovavy Fitovinany (zones avec culture de rente),
Programme national 2 : Renforcement de la résilience des populations rurales par le développement et la structuration de filières d’exportation
Atsinanana (export)
Nombre de ménage dont les revenus ont augmenté à la suite du développement d’activités génératrices de revenus,
Oui
résilientes au changement climatique

Nombre de ménages bénéficiant d’une amélioration des capacités d'auto-organisation et d'apprentissage Oui
Programme national 3 : Renforcement de l’adaptation de la filière pêche et développement des systèmes d’alerte et de plans d’actions associés
Analanjirofo, Atsimo Andrefana, Diana, Melaky, Menabe, Boeny et SAVA
pour accroître la résilience des populations côtières et des écosystèmes marins
Nombre de ménages dont l’activité principale est la pêche ayant renforcé leurs capacités de réponse au évènements
Oui
extrêmes (cyclones)
Nombre de ménage dont la source de revenu principal est la pêche et dont les revenus ont augmenté à la suite d’un
Oui
changement dans la gestion des ressources
Nombre de ménages dont l’activité principale est la pêche ayant renforcé leurs capacités d’absorption des chocs climatiques
Oui
en matière de la sécurité alimentaire
Nombre de ménages bénéficiant d’une amélioration des capacités d'auto organisation et d'apprentissage Oui

Programme national 4 : Amélioration de l’accès à l’eau potable en milieux urbains et ruraux National
Augmentation des taux d’accès à l’eau potable et à l’assainissement au niveau de chaque Région, distinguant milieu urbain et
Oui
milieu rural
Nombre d’infrastructures d’eau et d’assainissement au niveau de chaque Région, répondant à la Directive Nationale et tenant
Oui
compte du genre
Nombre d’infrastructures résilientes aux changements climatiques Non
Prix de l’eau à la consommation Non
Nombre de conflits d’usage de l’eau Non
Nombre de projets lié à la gestion durable de l’eau Oui
Taux de Morbidité des maladies liées à l’eau l’assainissement et l’hygiène Oui
Programme national 5 : Renforcement des systèmes d’alertes précoces pour la résilience du secteur de la santé face au changement climatique à
National
Madagascar
Diminution des maladies liées au climat par rapport aux années précédentes à tous les niveaux (national, régional) Oui

Nombre de localités enclavées disposant et mettant en œuvre un SAP multirisques, incluant la santé Non
Diminution du taux des victimes classées dans les catégories vulnérables (femmes, femmes enceintes, nourrissons, enfants,
Oui
personnes en situation de handicap, personnes âgées, etc.) des aléas climatiques
Proportion d’agents de santé ayant bénéficié des séances d’information et de formation sur la santé et le changement
Oui
climatique
Proportion de Centres de Santé de Base ou CSB utilisant les SMS / tablettes pour l’alerte précoce Non
Proportion de Services de districts de santé publique ou (SDSP) disposant d’un système de surveillance et d’alerte précoce en
Non
climat et santé fonctionnelle

126 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Adaptation
Co-bénéfices atténuation-adaptation
Suivi des programmes et activités du Plan d'Action National d'Adaptation
Activités transversales
Indicateurs globaux du PNA
Désagrégation par genre
Indicateurs Localisation
(oui/non)
Programme national 6 : Accélération du reboisement à travers l'opérationnalisation du mécanismes REDD+ et le développement de services
Diana, Boeny, Haute Matsiatra, Vakinankaratra, Itasy, Melaky
écosystémiques
Tonnes de dioxyde de carbone équivalent (réduits ou évités (y compris l'augmentation des stocks) sur 10 ans Non

Surfaces additionnelles de terres bénéficient d’une meilleure résilience au changement climatique Non
Nombre d'hectares avec une augmentation de la couverture arborée et végétale (réduction des glissements de terrain et de
Non
l’érosion, résistance aux inondations)
Superficie reboisée Non
Nombre de pépinières Non
Analanjirofo, Anosy, Atsimo Atsinanana, Atsinanana, DIANA, SAVA, Sofia,
Programme national 7 : Amélioration de la conservation des forêts naturelles et de la gestion des aires protégées intégrant l’aménagement de
Vatovavy Fitovinany (Corridor de l’Est) ; Atsimo Andrefana, Melaky, Menabe,
zones de refuge climatique à l’intérieur et dans les périphéries
(Forêts épineuses)
Superficie des restaurations forestières réalisées Non
Nombre d’ilots forestiers reconnectés Non
Taux de prélèvement de bois Non
Taux de régénération par espèce végétale ou faunistique Non
Période / durée de migration par espèce par année Non
Programme national 8 : Protection des infrastructures côtières et des activités économiques (dont le tourisme) contre l’élévation du niveau de la Analanjirofo, Atsinanana, Menabe, Sava, Anosy, Vatovavy-Fitovinany, Atsimo
mer Andrefana, Boeny (Mahajanga) et Atsimo Atsinanana
Nombre de communautés bénéficiaires des actions préconisées dans le PANGIZC Non
Nombre d’AGR créées en lien avec le tourisme Oui
Nombre / linéaires d’infrastructures de défenses contre l’élévation du niveau de la mer et conformes aux normes climatiques
Non
réalisées
Analanjirofo, Androy, Anosy, Atsimo-Andrefana, Atsimo-Atsinanana, Atsinanana,
Programme national 9 : Amélioration des systèmes d’alerte précoce aux cyclones, dans le cadre d’un effort régional au niveau de l’Océan Indien Boeny, DIANA, Melaky, Menabe, SAVA, Sofia, Vatovavy-Fitovinany (Régions
côtières)
Nombre de régions côtières à Madagascar ayant accès à des services améliorés d'information sur le climat Non
Diminution du nombre des victimes, identifiées selon le genre Oui
Nombre de plans et processus décentralisés (régionaux, communaux) développés et renforcés pour identifier, hiérarchiser et
Non
intégrer les stratégies et mesures d'adaptation
Nombre de personnes formées par région (de Madagascar) pour opérationnaliser le SAP/Océan Indien (identifier,
hiérarchiser, mettre en œuvre, surveiller et évaluer les stratégies et mesures d'adaptation et de réponses d’urgence) et Oui
considérant les spécificités selon le genre
Nombre de communes, régions disposant du système d’alerte précoce, de comité de gestion des catastrophes, de plan de
Non
préparation aux urgences

Nombres d’installations para cycloniques ou limitant les risques causés par les aléas climatiques : barrages, bâtiments Non

Alaotra-Mangoro, Amoron'i Mania, SOFIA, Betsiboka, Bongolava, Haute


Programme national 10 : Développement de rizières résilientes et moins émettrices de méthane
Matsiatra, Ihorombe, Atsimo Andrefana (Bas Mangoky), Itasy et Vakinankaratra

Tonnes de dioxyde de carbone équivalent (réduits ou évités (y compris l'augmentation des stocks) sur 10 ans Non

Surfaces additionnelles de terres bénéficiant d’une meilleure résilience au changement climatique Non

Nombre de producteurs bénéficiant de l’adoption de technologies contribuants à l’adaptation au changement climatique Oui

Nombre d’opérateurs privés s’impliquant dans l’agro-business Oui


Rendement moyen des principales cultures Non

Renforcer le rôle pivot du BN-CCCREDD+ et du CNCC dans la gouvernance transversale du changement climatique National et déclinaison régionale

Degré de connaissance du BN-CCCREDD+ et de ses responsabilités au niveau du gouvernement Oui


Degré de connaissance du CNCC et de ses responsabilités au niveau du gouvernement Oui
Responsabilités des différents organismes impliqués dans la lutte contre le CC claires et disponibles dans un ou plusieurs
Non
documents de référence
Nombre d’indicateurs relatifs au risque climatique intégré dans le TBE Non
Fréquence et niveau de remplissage du TBE en matière d’indicateurs relatifs au risque climatique Non
Fréquence de rencontre du CNCC Non
Degré de connaissance des membres du CNCC et de leur rôle au sein des ministères sectoriels Non
Intégrer l’adaptation au changement climatique dans la planification nationale à travers une approche programmatique National et déclinaison régionale

Nombre de projets nationaux ayant bénéficiés d’une analyse de faisabilité intégrant une analyse de risque climatique Non
Nombre d’indicateurs relatifs à l’adaptation au changement climatique intégrés dans le SNISE Oui
Fréquence et niveau de remplissage des indicateurs relatifs à l’adaptation au changement climatique Non
Nombre de nouvelles politiques et stratégies publiques intégrant le CC Non

Plan National d’Adaptation de Madagascar 127


Adaptation
Co-bénéfices atténuation-adaptation
Suivi des programmes et activités du Plan d'Action National d'Adaptation
Activités transversales
Indicateurs globaux du PNA
Désagrégation par genre
Indicateurs Localisation
(oui/non)
Mobiliser des ressources financières internes et budgétiser les activités prévues National
Volumes de financement nationaux mobilisés pour la lutte contre le CC. (indicateur glissant sur 5 ans) Non
Volume de recettes annuelles générées par la lutte contre le CC Non
Part des recettes réutilisées pour la lutte contre le CC Non
Nombre de projet sur le CC ayant bénéficiés d’une étude de faisabilité impliquant une analyse une valorisation économique
Non
et financière
Mobiliser des ressources financières externes National
Volumes de financement internationaux reçus pour la lutte contre le CC (indicateur glissant sur 5 ans) Non
Agence nationale accréditée Fonds Vert Non
Nombre de mesures visant un effet levier sur le secteur privé Non
Evaluation des montants privés mobilisés sur le CC suite à ces mesures Non
Volumes de financement internationaux reçus pour la lutte contre le CC (indicateur glissant sur 5 ans) Non
Nombre de formations à destination des agents nationaux en termes de levée de fond international Non
Existence d’un fond national (dont statut) Non
Volume financier du Fonds Non
Nombre de bénéficiaires du fonds Non
Organiser l’intégration du changement climatique dans la budgétisation National
Nombre de projets climat ayant fait l’objet d’une estimation de délais et de couts. Non
Invitation du BN-CCCREDD+ à contribuer et donner son avis lors de validation de projet climatique Non
Le BN-CCCREDD+ donne un vis sur le risque climatique lors de l’analyse préliminaires de projet. Non
Avis du BN-CCCREDD+ sur le risque climatique lors de l’analyse préliminaire de projet. Non

Nombre de projets nationaux ayant bénéficiés d’une analyse de faisabilité intégrant une analyse de risque climatique Non

Nombre de projets nationaux bénéficiant d’un suivi évaluation et financier en ligne avec les standards de l’UNFCCC Non

Assurer l’intégration de l’ACC dans les politiques, plans, stratégies, programmes National

Nombre de documents de référence politiques, plans, stratégies, programmes) intégrant l’ACC de 2020 à 2025 Non

60% des ministères sectoriels intégrant les indicateurs SNSVACC dans leurs systèmes Non
Chaque ministère clés dispose un point focal Oui
Renforcer l’appropriation de l’ACC par les responsables politiques et l’Administration, en général National
Nombre de séances d’information sur l’ACC à l’Assemblée Nationale de 2020 à 2025 Non
Au moins 50% de membres du Secteur Privé s’engageant dans l’ACC Oui
Augmentation des actions d’ACC réalisées au sein des ministères sectoriels (en %) Non
Assurer le financement croissant et durable de l’ACC National
Chaque ministère dispose une ligne budgétaire sur le CC Non
Une Loi des finances existante attribuant des rubriques concrètes pour l’ACC à partir de 2020 Non
Augmentation du budget alloué à l’ACC (en%) dans le plan de mise en œuvre du plan de développement Non
Volumes de financements extérieurs mobilisés à partir de 2020 Non
Volume d’allocation en financement par interne (RPI) pour l’ACC Non
Coordoner et gérer les données/informations sur le changment climatique National
Nombre de personnes/Ministères sensibilisés sur l'ACC Oui
Assurer la consolidation et la dissémination des informations à tous les niveaux (pour améliorer la compréhension et l’appropriation) National
Niveau d’augmentation (en %) de partage/ diffusion de données et informations sur l'ACC par le BN-CCCREDD+ Non
Renforcer les capacités institutionnelles et techniques pour réaliser des actions d’ACC National et déclinaison régionale
Nombre de cadres formés en ACC au niveau central et au niveau régional Oui
Nombre de PRD et de PCD intégrant l’ACC développés Non

Des données et informations seront nécessaires pour renseigner les indicateurs. Il s’agira
des données de référence qui seront collectées au début de la mise en œuvre du système de
suivi-évaluation ; et des données périodiques (à des moments précis) au cours de la mise en
œuvre du PNA.

Les données à collecter par niveau (national, régional) et/ou sectoriel, ainsi que les moyens
et méthodes de collecte seront précisés dans les fiches d’indicateur développées par le BN-
CCCREDD+. Pour l’opérationnalisation du système, la fiche d’indicateur sera élaborée pour
chacun des indicateurs retenus. Les données et informations seront collectées et traitées par
des acteurs au niveau sectoriel.

128 Plan National d’Adaptation de Madagascar


FORÊT À BOENY
crédit photo: GIZ Madagascar Plan National d’Adaptation de Madagascar 129
VI.2 DISPOSITIF DE SUIVI-ÉVALUATION DE MISE EN ŒUVRE DU PNA

Le dispositif de suivi-évaluation comprend plusieurs niveaux :

Au niveau national / Coordination nationale :

D’abord, le BN-CCCREDD+ et l’ONE intègrent dans leurs plans de travail respectifs, des
concertations régulières (par exemple trimestrielles), afin d’analyser et de consolider les
résultats des suivis et des évaluations des interventions d’adaptation au changement climatique
développés à différents niveaux, et utilisant le SNSVACC. Les travaux doivent faire ressortir la
situation de réalisation et de performance par rapport à l’adaptation au changement climatique,
en définissant des indicateurs réalistes et vérifiables. Cette première étape comprend :

▪▪ L’identification des indicateurs que l’on souhaite suivre


▪▪ La détermination des informations de base (baseline) par rapport à ces indicateurs
▪▪ La mise en place et en œuvre d’un mécanisme de liaison avec les différents ministères
sectoriels pour les collectes et la cohérence des informations
▪▪ L’intégration dans le système du MEDD/ DPPSE

Ensuite, la Direction de la Planification, de la Programmation et du Suivi-Evaluation


(DPPSE) du MEDD, partage les résultats avec le ministère en charge de la planification qui
est actuellement le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), à travers l’exercice de
rapportage trimestriel systématique organisé par ce dernier (« Suivi des performances » pour
chaque ministère sectoriel ;

Enfin, le MEF intègre le système dans le Système National d’Information et de Suivi-Evaluation


(SNISE), afin que l’adaptation au changement climatique soit considérée, suivie et évaluée au
même titre que les autres actions de développement au sein du pays.

Conjointement, le MEDD et le MEF assument l’appropriation, le suivi et l’évaluation du niveau


de prise en compte de l’adaptation au changement climatique dans les documents et outils de
planification et de programmation.

Le SNISE est mis en place pour éviter des doublons institutionnels par rapport aux secteurs
disposant de système de suivi-évaluation. Cependant, il se servira des données et informations
déjà disponibles grâce à ces systèmes.

Au niveau ministériel :
Chaque ministère disposant d’une entité en charge de planification et de suivi-évaluation, à
charge pour cette dernière d’intégrer le suivi des mises en œuvre des actions d’adaptation au
changement climatique dans le système du ministère, et d’être en lien avec le BN-CCCREDD+.

Au niveau territorial :
Pour le PNA de Madagascar, l’approche adoptée est l’approche sectorielle. À chaque ministère
sectoriel par conséquent, à travers ses services techniques déconcentrés au niveau régional,
d’opérationnaliser un mécanisme d’échanges et de remontée d’information, afin d’alimenter le
système de suivi-évaluation ministériel au niveau central.

130 Plan National d’Adaptation de Madagascar


Au niveau des autres parties prenantes (Organisations de la société civile, Secteur
Privé) :
Toutes les interventions en matière d’adaptation au changement climatique réalisées par les
autres parties prenantes doivent être communiquées au BN-CCCREDD+. À la base, cette
disposition doit être mentionnée dans les conventions entre ces parties et le BN-CCCREDD+.
Si besoin est, les nomenclatures de base du système de suivi-évaluation du BN-CCCREDD+
doivent être partagées avec les responsables de suivi-évaluation de ces autres parties et
adoptées par celles-ci.

Le dispositif de suivi-évaluation valorise les systèmes existants et de ce fait, inclut


systématiquement le SNSVACC qui alimente également le Tableau de Bord Environnemental
(TBE) et bénéficie des méthodologies, des approches et des infrastructures techniques de ce
système : remontée des données, traitement, diffusion etc.

VI.3 PROCESSUS DE RÉVISION ET DE MISE À JOUR

La révision du PNA peut intervenir dans les conditions ci-après : (i) lorsque de nouvelles
informations ou de nouvelles analyses de vulnérabilité sont faites ; (ii) quand il y a évolution
dans les négociations internationales sur le climat ; et (iii) lorsque les circonstances nationales
l’exigent.

Les données et informations collectées serviront à produire des rapports semestriels et annuels.
Les rapports seront adaptés aux besoins et capacités des destinataires. La fréquence et le
calendrier de la production de résultats opérationnels seront définis de manière à assurer que
les données et informations serviront à alimenter l’élaboration ou la révision des politiques,
stratégies et interventions.

Il est prévu une révision quinquennale du PNA.

Plan National d’Adaptation de Madagascar 131


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