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Chapitre 3

Le document explore l'histoire complexe de l'Afrique, marquée par la traite négrière, la colonisation et les luttes pour l'indépendance, soulignant que l'Afrique a une histoire riche et ancienne. Il examine les impacts de ces événements sur le développement du continent, notamment les conséquences démographiques, culturelles et économiques de la colonisation, ainsi que les défis auxquels font face les pays africains post-indépendance. Enfin, il aborde les stratégies de développement et les obstacles rencontrés, notamment la dépendance économique et la crise de la dette.

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Chapitre 3

Le document explore l'histoire complexe de l'Afrique, marquée par la traite négrière, la colonisation et les luttes pour l'indépendance, soulignant que l'Afrique a une histoire riche et ancienne. Il examine les impacts de ces événements sur le développement du continent, notamment les conséquences démographiques, culturelles et économiques de la colonisation, ainsi que les défis auxquels font face les pays africains post-indépendance. Enfin, il aborde les stratégies de développement et les obstacles rencontrés, notamment la dépendance économique et la crise de la dette.

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L’Afrique, un continent en réserve de développement ?

Introduction
Contrairement au discours de Dakar de Nicolas Sarkozy l’Afrique à une histoire elle n’est pas apolitique et elle est
bien insérée dans la mondialisation.
L’Afrique a dans son histoire subie 3 chocs majeurs :
*la traite esclavagiste.
* la colonisation : prise en main par les états occidentaux de l’Afrique.
* la Période des indépendances et les tentatives de développement.
M’Bokolo Elikia dit que l’histoire de l’Afrique n’a pas commence avec la colonisation il y avait de grands empires,
c’est faux de considérer que l’Afrique subsaharienne n’a pas d’histoire sous prétexte qu’elle est sans écriture…
Selon Catherine Coquery-Vidrovitch, l’Afrique est le berceau de la civilisation et possède de fait l’histoire la plus
ancienne au monde. L’histoire africaine préexiste donc à ces chocs.
Pb : Quels sont les impacts que l’on peut attribuer à l’histoire de l’Afrique et quel rôle jouent-ils dans le sous-
développement ?
I/ La longue insertion de l’Afrique dans l’histoire du monde :
A/ Esclavage et traites négrières : essai d’histoire globale
1/ Une traite, deux traites, trois traites :
- La plus importante traite négrière a eu lieu au 16e afin de fournir de la main d’œuvre au « Nouveau Monde ».
Selon C-V, ¼ de la population ouest-africaine était alors esclave. Les européens n’inventent donc pas la traite
et recourent d’ailleurs à des traiteurs africains.
- Les trois phases de la traite négrière sont : traite par les arabes au 6e, traite saharienne, traite atlantique
(commerce triangulaire).
2/ L’importance numérique des prélèvements de la traite européenne :
- Les prélèvements européens sont sans précédents du 16-19eme : environ 10M d’africains furent débarqués
en Amérique jusqu’au 19e (abolition de la traite). 12 à 15M ont ainsi été embarqués (donc taux de mortalité
énorme) alors même que la population africaine n’était à l’époque que de 80M d’habitants. Par ailleurs, on
estime (Ph.Lovejoy, OPG) à 4M le nombre d’esclaves africains vendus par les caravaniers arabes au Maghreb
et au Proche-Orient=Le bilan est donc de 20M, soit ¼ de la population.
- La traite est abolie en Europe en 1815, Mais elle continue de façon officieuse très longtemps.
- L’esclavage Aboli en 1848 en France (Victor Schœlcher), et en 1865 aux EU (guerre de sécession (nordiste
(industriels) et sudiste (sucre et café)), certaines pratiques clandestines persistent, d’autant que l’esclavage,
enraciné dans la culture africaine, ne sera aboli que tardivement (Mauritanie 1980 après l’abolition de
l’esclavage aucune sanction n’est venu frappée ceux qui continuent à le pratiquer).
3/ Conséquences de la traite :
- Les principaux impacts sont :
 Démographie : La faiblesse initiale du capital humain en Afrique et l’ampleur des prélèvements (et le déficit des
naissances) ont contribué à faire stagner la population africaine = « Saignée démographique». Sexe ratio
déséquilibré (traite arabe= femme ; traite atlantique=homme).
 Espace : les inégalités spatiales de peuplement s’expliquent par l’ampleur des prélèvements dans certaines
régions (littorale) et par le fait que des zones difficiles (région refuge).
 Culturel : regroupement arbitraire de tribus dans des états aux frontières artificielles. Lors des indépendances il y
a eu réactivation de ces différences (dominés dominants)=Rwanda.
 Politique et économie : (esclavagistes européens ont fait perdurer la violence politique (=diviser pour mieux
régner)) difficulté de créer un état-nation, reconversion des économies locales…
B/ Les héritages de la colonisation :
1/ L’Afrique, nouvel enjeu politico-économique ?
- L’Afrique a longtemps été en marge des préoccupations mondiales pour des raisons naturelles (Le Sahara,
forêt tropicale(le paludisme) ce sont ces raisons que les européens ont préfère une traite ponctuel qu’une
colonisation. Ensuite=évolution technique (kynine etc.), intérêt du sud de l’Afrique (diamant) et du nord de
l’AfriqueLa conférence de Berlin en 1884 instaure un partage équitable de l’Europe pour éviter que
l’Europe ne s’y fasse la guerre, mise en place donc de sphères d’influences (fixe rapport entre pays
coloniaux, de plus l’arrière pays est aussi exploité) . L’Afrique revêt dès lors un intérêt économique
(recherche de territoire pour purge des paysans) (RI) et politique (prestige de l’empire+le fardeau de
l’homme blanc.)
- Pour alléger leur budget, les grands empires recourent parfois aux compagnies privées à charte (ce qui
coutait moins d’argent).Mythe de la non violence de la colonisation britannique : Soudan mahdiste, le
Zoulouland, l’Afrique du Sud(Land act en 1913=Statut de dominion a l’union sud africaine). C’est le cas de la
British Africa Company, fondée en 1889 par Cécile Rhodes et qui dispose du monopole de la
commercialisation du diamant. Seulement, aucune mine de diamant n’a été trouvée dans les territoires
(Actuellement Zimbabwe, Botswana, Zombie, Malawi), ils ont alors été mis en culture intensive et les
populations locales ont été repoussées vers des espaces marginaux et désertiques. La population a ainsi fait
les frais de ce capitalisme sauvage induit par le colonialisme.
- Le colonialisme a aussi eu des travers antihumanistes. En Afrique de l’Ouest, suite à une rébellion, les
allemands ont assassiné les ¾ de la population herero et ½ des narras entre 1905 et 1908. C’est le premier
génocide du 20 siècle.
- Le Portugal, présent le premier, est celui qui restera le plus longtemps dans ce continent avec
l’indépendance tardive de l’Angola, Mozambique et Guinée Bissau.
On peut parler de deux Afriques, une Afrique orientale peu peuplée, une deuxième Afrique celle des colonies
de peuplement ou les conditions de vie tende a rappeler l’Europe, prioritairement installé dans l’Afrique
méditerranéenne mais aussi Afrique centrale (Kenya, Rhodésie) =le plus de concentration de blancs : Maghreb et
Afrique du sud
2/ Les impacts « géohistoriques » de l’emprise coloniale :
- Un nouveau découpage du territoire : La notion de frontière était pour l’Afrique une notion nouvelle
importée par l’Europe, laquelle a arbitrairement découpé le territoire (selon puissances européennes) selon
ses intérêts. 70% des frontières actuelles en Afrique sont celles instaurées entre 1880 et 1914 par l’Europe
(tracé approximatif avec une piètre connaissance du terrain.). Deux modèles s’affrontent avec un point
commun [=nouveau maillage administratif régulé est inédit en Afrique et s’appuie sur la chefferie]:
 « Indirect rule » =administration indirect qui passe par les chefferies locales pour lever l’impôt=forme de
protectorat qu’a une véritable prise en main coloniale au fond: Sir … Lugard prône le respect des règles et coutumes
locales et vise à former les populations à l’auto-gouvernance.
 Assimilation (fiction): en proclamant des valeurs humanistes, la France vise à imposer le modèle français aux
populations conquises. ; la permanence d’un veritable racisme (=indigène en 48 4%scolarisés et 6%un siècle plus
tard)
- Une économie de rente : certains géographes considèrent que c’est une continuation de la traite…Les
européens mettent en place en Afrique une économie de rente et accroissent leurs échanges avec elle : en
1913, 13% du commerce extérieur français est réalisé avec l’Afrique contre 30% en 1933[sa part va sans
cesse croitre]. Ce sont les européens qui importent en Afrique la notion de culture et de plantation avec de
grandes exploitations…ce qui a l’effet pervers a terme qui est la spécialisation du continent dans le secteur
primaire.
Ex :
*production du bois de l’arachide
*on crée des plantations avec des produits nouveaux (le thé, le cacao, le café (d’Arabie))*
*produits minéraux qui sont exploites de façon systématique (diamant, or, cuivre…)
Pillage de l’Afrique coloniale privé de ses ressources en matière premier mais il ne faut pas pousser a l’extrême
selon Bairoch : jusqu’aux années 50 -60 le dvt de l’Europe se fait avant tout selon MP européenne et que l’Afrique
est marginal, Marseille dit la même chose
- Impact politique : L’héritage colonial entraîne parfois la négation de la culture d’origine (rebaptiser des lieux,
enseigner nouvelles langues …), mais surtout il laisse à l’Afrique une histoire violente avec laquelle elle doit
composer pour se développer au sein de frontières arbitrairement imposées.
 Créé en 1963 dans le but de hâter la décolonisation et de préparer une union économique africaine l'Organisation
de l’Unité Africaine avait pour but de constituer une tribune spécifiquement régionale, panafricaine, et à défaut,
consensuelle, dans la voie du non-alignement.
[Une question demeure : modèles imposés par la colonisation sont-ils des modèles viables ?]
[Premier génocide de l’histoire (arméniens, herero, juifs, Rwandais)].
C/ Le temps des indépendances (1939-décennie 1970) :
1/ Des décolonisations réussies ?
- En 45 on établit un bilan mondiale et que certains territoires passent sous la tutelle de l’ONU ca va vite…
L’ONU décide d’oublier la politique mandataire de la SDN et favorise l’indépendance via une décolonisation
rapide. C’est donc une tribune des revendications indépendantistes.
- Grâce à l’ « indirect rule », la GB a su s’appuyer sur une élite locale qui a été préparée à diriger le pays. La
décolonisation n’est alors souvent qu’un simple transfert de gouvernance. L’objectif de la GB est d’éviter des
guerres coûteuses et de préparer l’élite locale à rester dans le giron du Commonwealth.
Ex : premier d’Afrique noire indépendant : le Ghana (57).
- En décembre 1944, dans le discours de Brazzaville, De Gaulle promet des réformes mais écarte toute
éventualité d’indépendance ni même d’autonomie, car cela s’oppose au modèle d’assimilation. La France ne
pourra néanmoins pas contrecarrer les soulèvements nationalistes, et se verra contrainte (la défaite de
54(Indochine)+trouble en Algérie+le retour de De gaulle) de concéder pacifiquement l’indépendance à la
grande majorité de ses colonies avant 1960, sans qu’aucune élite n’ait été préparée à prendre la relève.
2/ Les décolonisations conflictuelles :
- L’idéologie coloniale est en perte de vitesse après la 2e GM en raison de la montée du Tiers-mondisme. Or les
métropoles s’entêtent (logique parce que la condition de leur puissance est le maintien de l’empire) à
conserver leur empire et ce qu’il représente en terme de « grandeur ». 2 zones sont particulièrement
concernées par la guerre : l’Afrique du Nord française, et l’Afrique Centrale et Orientale (Congo Belge (il
donne leur ind (60) du jour au lendemain sans préparer)[Voyage au Congo André gilles], Afrique orientale
britannique avec notamment Kenya, Rhodésie qui donnera Zambie et Malawi).
3/ Les décolonisations tardives :
- La Guinée Bissau accède à l’indépendance en 1974, l’Angola et le Mozambique en 1975, suite à la révolution
des œillets. Entre 1950 et 1970, le Portugal accentue sa présence des ces trois pays, et consacre 50% du
budget à leur maintien.
- L’Espagne quitte tardivement le Sahara occidental après la Marche Verte.
- Bien après l’indépendance de l’Afrique, la présence économique et politique de la France reste extrêmement
forte : en 2006, sur les 30000 soldats français déployés dans le monde, 12000 le sont en Afrique. De même,
les compagnies pétrolières restent bien implantées : Elf Gabon.(elle reste présente au Comores et au
Djibouti).
- La « politique de dvt séparé des races »=Afrique du Sud (présence d’une minorité blanche=forme de
perpétuation de la colonisation.
II/ « L’Afrique noire est mal partie » [Vs «L’Afrique des idées reçues »]? Les enjeux du développement en Afrique :
A/ Les stratégies de développement au lendemain des indépendances, un regard critique.
- Les pays nouvellement indépendants doivent réaliser 5 objectifs : bâtir un Etat de droit (cap d’organiser
démocratie et séparation des trois domaines), créer des structures territoriales qui correspondent aux
frontières laissées par les colonisateurs (une nation), créer une vie politique la plus démocratique possible,
trouver une voie de développement adaptée, instaurer de nouvelles relations avec les métropoles.
- Les modèles de développement qui s’imposent majoritairement chez les pays africains sont les modèles
chinois et soviétique (parce qu’ils les ont soutenu de plus ils se présentent pour aider les pays nouvellement
indépendants).Le choix du tout Etat fonctionne jusqu’aux années 1970 avec des taux de croissance
trompeurs grâce à des conditions climatiques favorables, une bonne conjoncture économique (prix du
pétrole x5..), une forte croissance… Seulement les états africains empruntent et dépensent sans compter, et
6 obstacles apparaissent à partir des années 1970 :
 Coûts de production généralement trop élevés en raison d’un manque d’infrastructures, insuffisance de main
d’œuvre qualifiée, forte imposition…
 Marché intérieur vite saturé
 Monnaies africaines surévaluées, ce qui réduit la compétitivité des produits
 Les élites africaines qui imitent les modes de vie occidentaux se fournissent sur les marchés extérieurs(et donc ne
soutient pas la production industrielle nationale).
 Impossibilité d’accéder aux marchés internationaux, donc débouchés peu importants
 Pas de culture industrielle, ce qui occasionne des projets massifs et inutiles et ainsi un fort endettement : la dette
africaine croît de 20% entre 1970 et 1980.(ex :usine de fabrication de pate à papier au Cameroun qui n’a jamais
fonctionné)
B/ Années 1980 : la remise en cause de l’économie de rente, cause principale de la « crise africaine » ?
 Après le 2e choc pétrolier, le prix des produits de base chute et atteint un minimum historique depuis 1950.
Or l’Afrique n’a pas su diversifier son économie et développer sa production afin de tirer profit de la rente.
Ainsi, en 2000, le niveau moyen des matières premières était inférieur à celui des années 1970, alors même
qu’elles constituent plus de 90% des exportations africaines.
 Les IDE connaissant un tarissement avec la crise de la dette : la décision du Mexique en 1982, suivi par
d’autres pays du Tiers-Monde, d’arrêter de payer les intérêts de la dette a dissuadé les investisseurs. Les
intérêts des prêts croissent considérablement alors que les aides se tarissent. en 80 l’Afrique a reçu
10milliard de dollars, en 85 un milliard de dollars.==>surendetté les états africains rentrent dans une ère
d’ajustement structurel. (Ex : Sénégal)
 L’argent prêté sert désormais uniquement aux frais de fonctionnement et profite surtout aux « éléphants
blancs ».
 L’institut de financement international, en collaboration avec le FMI et la banque mondiale, met sous
condition l’accès à de nouveaux financements. C’est l’ère de l’ère de l’ajustement structurel, qu’a subi par
exemple le Sénégal en 1979 : privatisations, licenciement du personnel en surnombre, fin des subventions
aux produits alimentaires de base, rigueur budgétaire (ne pas dépenser plus que les rentrées d’argent, et
consacrer les profits au remboursement de la dette).
 En Juin 1990, après la chute de l’URSS(= fin de la rente stratégique) et la fin des enjeux géopolitiques en
Afrique, Mitterrand, au sommet franco-africain de La Baule, conditionne l’APD à la démocratisation de
l’Afrique.
 Bilan à la fin 1990s : l’Afrique s’est démocratisée, la volonté de l’occident de soutenir l’Afrique est réelle,
mais la situation économique se dégrade car l’Afrique n’intéresse plus personne, mais le concept de
« FrançAfrique » gagne du terrain.
C/ 1991-2001 ou la « décennie du chaos ».(Sylvie Brunel)
1/ Des Etats impuissants :
 Les pays africains s’enlisent dans les politiques d’ajustement structurel, car celles-ci ne leur sont pas
adaptées. La conséquence en est : paupérisation, chômage de masse, malnutrition… La notion même d’état
est alors remise en cause. L’Etat perd d’autant plus de crédit vis-à-vis de la population qu’il ne fait
qu’appliquer des politiques dictées par l’extérieur.
2/ A qui profitera la rente ?
 La question de la rente africaine est à l’origine des conflits africains des 80s à nos jours, au point que Colette
Braeckman parlera de « 1ère guerre mondiale africaine ». Ainsi, dans 90s, 35 pays africains sur 53 sont en
guerre : guerres civiles internes (où deux factions politiques s’affrontent pour le contrôle de la rente),
conflits marginaux (Mali menacé par les rébellions Touareg), guerres civiles souterraines (Algérie, Tchad…où
une infime part de la population accapare le pouvoir). L’exemple rwandais est à cet égard très parlant [|].
 Braeckman parle de « diagonale de la guerre » pour évoquer la zone conflictuelle africaine. Les tentatives de
pacifications qui proviennent de l’extérieur échouent, et les interventions des ONG ont parfois des effets
pervers : ingérence sous prétexte humanitaire (cf. Arche de Zoe).
3/ La montée de la question ethnique ou la fin des Etats-nations ?
 La crise des états-nations entraîne la résurgence des ethnies, et l’apparition de multiples politiques basant
leur message politique sur des bases ethniques. Face à la mondialisation et la standardisation, les africains
opposent des réflexes identitaires qui s’expriment à travers le communautarisme. La question ethnique est
donc plus présente actuellement qu’après l’indépendance.  explosion des « trois masques posés sur le
visage de l’Afrique (Sylvie Brunel) » : occidentalisation, état-nation, développement.
D/ Agriculture et développement en Afrique, un double défi : « manger, exporter »
1/ Unité et diversité des agricultures africaines :
a/ Diversité et inadaptation :
 L’Afrique tropicale est dotée d’une agriculture extensive et peu productive : l’agriculture itinérante sur brulis
 Certaines zones sont dédiées aux cultures de plantations destinées aux besoins des pays ex-colonisateurs
(Ex : Tchad, coton).
 L’Afrique du Nord et du Sud se caractérise par des cultures spéculatives exportatrices.
 L’élevage reste peu important en Afrique subsaharienne.
b/ Le statut de la terre : hétérogénéité et inégalité :
 Il existe deux types de propriétés du sol : l’agriculture itinérante sur brulis (pas de possession, sol mis en
valeur de façon communautaire), cultures de plantation (au profit des colons, et détenues par l’état
colonisateur ou par des multinationales).
c/ Des faiblesses techniques structurelles :
 L’agriculture subsaharienne reste faiblement productive : elle possède 15% des terres mondiales arables
mais seulement 2% du parc de tracteur au monde. La généralisation de la traction animale en Afrique n’a eu
lieu que dans 60s. La consommation d’engrais reste de plus très faible : 10kg/ha contre 200 dans les
productions les plus intensives d’Europe occidentale. (6x en Amérique latine (Honduras),11x en Asie
(Malaisie))

2/ De réels efforts de modernisation :


a/ La place des cultures de rente et des cultures vivrières :
 La colonisation a introduit en Afrique des plantations agro-exportatrices. Après la décolonisation, elles sont
soit été nationalisées soit été confiées à des multinationales. Ceci a occasionné un véritable décollage
économique pour certains pays : cf. Côte d’Ivoire qui a fondé son agriculture sur trois axes : diversité des
productions, instituts de recherche regroupés dans le CIRAD (centre international de recherche agronomique
et développement), organismes publics(Caistab) qui garantissent des prix minimum aux agriculteurs.
 L’urbanisation que connaît l’Afrique entraîne une croissance de ses besoins, et ainsi une agriculture
maraîchère visant à alimenter les centres urbains.
b/ Les aménagements hydro-agricoles (surtout en Afrique du Nord ?).
 Les aménagements sur la vallée du Nil sont considérables et ont permis de fixer près de 2M d’agriculteurs.
 Le Maroc consacre 70% de ses investissements publics agricoles dans la construction de barrages.
 Le lac Tchad n’est pas aménagé mais on procède à l’assèchement de certaines parcelles pour obtenir des
terres arables.
c/ Poids et rôle des ONG dans le développement de l’agriculture africaine.
 Les ONG sont nombreuses à investir le terrain agricole :
 Association de Coopération pour la Recherche et le Développement se compose de 18 ONG et intervient
spécifiquement avec des projets micro-locaux.
 Fonds International pour le Développement Agricole, organe de l’ONU.
3/ Bilan :
a/ Des productions notoirement insuffisantes :
 Les productions demeurent insuffisantes bien que 70% des actifs soient concentrés dans le secteur agricole.
Les africains souffrent de malnutrition : 2400c/j en moyenne au lieu des 2700 requis. De plus, seulement, 4%
des terres arables sont cultivées, et 5% seulement des terres cultivées sont irriguées.
 60ans après l’indépendance, l’Afrique est le continent qui souffre le plus d’insécurité alimentaire : la
production agricole s’est accrue de 2%/an environ contre une croissance démographique de 3%/an.
b/ Cultures d’exportation et « vivrier marchand » à l’origine de timides progrès :
 Agriculture extravertie : modèle ivoirien mis en place par le président Félix Bouali après l’indépendance
 Diversité : Afrique du Sud qui bénéficie d’une grande diversité de climats
 Agricultures périurbaines : « L’essor des villes en Afrique a gommé la distinction entre cultures dites vivrières et
cultures dites commerciales (Sylvie Brunel) ».
c/ Perspectives d’avenir :
 La double perspective exprimée par Roland Courtier reste de mise : manger et exporter, et devrait se
dérouler selon trois axes :
 Formation des agriculteurs : scolarité
 Maîtrise de l’eau qui doit permettre d’étendre les surfaces irriguées et augmenter la SAU.
 Diffusion de méthodes agricoles simples : traction animale par exemple, afin de passer d’une agriculture de
subsistance à une agriculture vivrière  modernisation.
[Le défi de l’Afrique est celui du développement dans sa globalité, et il faut que l’Afrique doit dans un cycle de pais
qui dure et ce n’est pas le cas…]
III/ Les quatre « défis de l’Afrique » :
A/ Le défi démographique :
1/ « Les africaines font trop d’enfants ; une bombe démographique en puissance ! »(L’Afrique des idées reçues) :
 Avec la traite négrière, l’Afrique connaît un décrochage démographique. La colonisation réduit la croissance
démographique à court terme en raison des conflits qu’a occasionné la conquête, mais à long terme la
favorise grâce aux aménagements sanitaires mis en place. A la fin 50s, l’Afrique entre dans la 1 ère phase de la
transition démographique avec une baisse de la mortalité et la persistance d’une forte natalité. A la fin 90s,
la fécondité chute et l’accroissement démographique ralentit. Les raisons sont une généralisation de la
contraception (mais encore ojd seulement 10% des femmes d’ASS y ont accès), la multiplication des centres
de planning familial, et la chute de la mortalité infantile.
2/ L’Afrique, un continent sous-peuplé ?
- En Asie, la densité moyenne est de 100 hab. /km² contre 30 en Afrique subsaharienne. L’Afrique se partage
entre deux zones démographiques :
 Afrique des plein : Afrique de l’Ouest, Afrique Australe, littoraux. PS : les montagnes et plateaux sont
Paradoxalement bien peuplés  pour se prémunir contre les maladies endémiques, la traite, les colons…
 Afrique des vides : espaces désertiques ou subdésertiques(Le Sahara), diagonale du vide (Namibie ~ Soudan),
forêts tropicales.
Les facteurs naturels demeurent insuffisants pour cette répartition. Les facteurs historiques doivent être pris en
compte, et notamment l’impact des traites négrières et de la colonisation (littoralisation).
3/ Une urbanisation incontrôlée :
 Avant la 19e, la ville africaine n’est pas absente et occupe plusieurs fonction : lieu symbolique où s’incarne le
pouvoir politique, point nodal des échanges commerciaux,… Pendant la colonisation, les villes ont été
utilisées comme zone de contrôle de la population et comme zone de transit avec les ressources exploitées
dans l’hinterland, ce qui explique la multiplication des villes port à la fin du 19 e aux dépens des villes
carrefours.
 La croissance urbaine s’est depuis lors déroulée de façon incontrôlée et exponentielle : dans 70s, la
population africaine croît de 3%/an alors même que la population urbaine croît de 5%/an. Ainsi, la ville de
Lagos au Nigéria est passée d’une population de 0,3M d’habitant en 1950 à 10M en 1990. L’Afrique compte
en 1930 2M d’urbains contre 60M en 1980. La morphologie des villes africaines demeure duale entre la
vieille ville et la nouvelle ville façon européenne.
4/ Migrations et flux de personnes en Afrique : des populations en quête de stabilité ?
 La mobilité est une constante de l’histoire africaine et se déroule de 4 façons au 20 e : populations nomades,
routes empruntées par les commerçants ambulants, déplacements forcés suite aux guerres de conquête,
exode rural.
 Dans 70s, la mobilité intra-africaine est très forte : mobilité interétatique plus intense car certains pays
deviennent plus attractifs, déplacement de populations de réfugiés qui fuient les guerres civiles. L’Afrique
subsaharienne compte ainsi ojd 17M de déplacés, et les 5 plus gros pourvoyeurs de réfugiés sont : Burundi,
Soudan, Angola, Somalie, RDC. Par exemple, 45% des guinéens vivent sous le seuil de pauvreté alors qu’ils
accueillent 300000 réfugiés de Sierra Leone et 100000 du Libéria.
 Les migrations extracontinentales sont récentes et leurs motivations sont essentiellement économiques. Le
Maghreb est touché plus précocement mais le mouvement est actuellement plus massif en Afrique
subsaharienne avec pour destination privilégiée l’Europe occidentale. Le désir d’expatriation ne touche plus
seulement les classes défavorisées mais aussi les classes éduquées et aisées, ce qui représente un manque
d’autant plus important pour les pays émetteurs. En effet, la remise en cause de l’économie de rente et la
perte de souveraineté étatique rend l’avenir de ces classes incertain. Par ailleurs, les femmes sont de plus en
plus nombreuses à participer à ces mouvements de départ.
B/ Le défi de la lutte contre une pauvreté endémique :
1/ La structure des échanges africains, entre inégalité et atrophie :
 Depuis 80s, tous les indicateurs, IDH et PPA, indiquent au mieux une stagnation sinon une régression des
états africains. Sur les 48 pays que compte l’Afrique subsaharienne, seuls 8 possèdent un PIB/hab supérieur
à 5000$/an. Sur les 20 pays les plus pauvres au monde, l’Afrique subsaharienne en compte 15. Sur les 49
PMA, 34 sont africains. En 2004, 79% de la population africaine dispose d’un revenu quotidien inférieur à 2$.
Quant à l’Afrique australe, ses 5 pays possèdent un revenu moyen de 10000$ hab/an, et l’Afrique du Sud
11000$ hab/an.
2/ L’hyperspécialisation africaine, une malédiction ?
 Les écarts de richesse sont flagrants en Afrique : en Côte d’Ivoire, 5% de la population la plus riche perçoit
65% des richesses, et en, 2005, 45% de la population vit sous le seuil de la pauvreté. La population aisée est
celle qui se spécialise dans l’activité marchande.
 En Afrique du Sud, l’apartheid est aboli depuis 1994 mais la ségrégation suivant la richesse subsiste, et la
politique de « Affirmative action » empêchent de nombreux blancs pauvres de trouver un emploi.
 La pauvreté en Afrique touche surtout les campagnes : les populations les plus sous-alimentées se trouvent
paradoxalement dans les campagnes.
C/ Le défi de la conquête de l’indépendance extérieure :
1/ La structure des échanges africains, entre inégalités et atrophie :
 Les termes de l’échange sont inégaux et en voie d’atrophisation. « L’Afrique subsaharienne comporte tous
les ingrédients pour être qualifiée de périphérie délaissée du système-monde (Sylvie Brunel) ». Elle compte
11,5% de la population mondiale mais moins de 1% des exportations en 2000 (dont plus de la moitié par le
seul pétrole) contre 6% dans 80s. Par ailleurs, l’Afrique ne capte que 1,2% des flux mondiaux d’IDE.
 Deux thèses s’opposent concernant ce retard de l’Afrique :
 thèse formulée par la Banque mondiale et par le FMI : l’Afrique est en voie d’appauvrissement à cause d’elle-
même, et son développement ne peut provenir que d’une plus grande ouverture de son marché intérieur.
 Thèse de dépendance : la mondialisation est le principal facteur de l’appauvrissement de l’Afrique. Deux instances
internationales militent pour changer la donne : Comité économique de l’Afrique, organe de l’ONU et l’UE.
2/ L’hyperspécialisation africaine, une malédiction ?
 L’hyperspécialisation de l’Afrique la place en situation de dépendance. Ainsi, pour 16 pays africains, seuls 1
ou 2 produits (essentiellement matière première) constituent près de 90% de leurs exportations.
L’économie africaine est donc fragile et dépendante de la conjoncture. Dans 90s, elle voit ses exportations
croître de 2%/an contre 15% en Asie du Sud-est.
3/ La dépendance technologie et industrielle, une réalité :
 Le principal handicap des exportations africaines est lié à des facteurs techniques : pas de tradition
industrielle, de formation logistique, de marketing international…, coûts de transport prohibitifs, taxes
douanières élevées…
 Certaines zones bénéficient d’accords préférentiels : Accord Lomé, Accord tout sauf les armes (franchise
douanière à l’entrée de l’UE et d’autres pays, sauf pour les armes), African Growth Opportunity Act (US)...
 Ces privilèges commerciaux pour les PMA se font en dehors du cadre de l’OMC et accentuent la dépendance de
l’Afrique.
D/ Le défi de l’insertion dans la mondialisation :
1/ Les limites d’un processus loin d’être achevé :
 La traite négrière et la colonisation ont constitué les deux premières fortes insertions (ratées ?) de l’Afrique
au sein du système-monde. L’Afrique ne représente ojd que 2% du PIB mondial. Plus grave, depuis 80s, elle
ne cesse de régresser dans les échanges mondiaux. La dépendance est accrue en raison du poids trop lourd
de l’économie de rente et de l’importance des transferts financiers sous forme d’aides.
 Malgré les IDE qu’elle perçoit, ceux-ci ne sont pas toujours adaptés et privilégient certaines zones aux
dépens d’autres. La solution serait-elle des IDE internes à l’Afrique ?
2/ La mondialisation, source de nouveaux déséquilibres :
 La mondialisation crée un certain nombre de déséquilibres :
 Économique : la production de l’Afrique est déstabilisée, et la population préfère souvent les produits importés,
moins chers et de meilleure qualité. En 2000, la dette publique africaine représentait 2,5 fois le montant de ses
exportations. Le brain drain demeure quant à lui un véritable fléau.
 Politique : l’argent du pétrole entretient la corruption, et les instances internationales jouent un rôle néfaste car
les politiques qu’elles imposent sont inadaptées. Terrorisme…
 Religieux : concurrence Islam et évangélisme.
 Militaire : ventes croissantes d’armes à feu
 Sanitaire : catastrophe du SIDA avec 70% des victimes mondiales
3/ Quel bénéfice de la mondialisation pour l’Afrique ?
 De nombreux emplois sont crées par les grands groupes qui s’implantent sur place. Ceux-ci imposent par
ailleurs des normes de travail positives, qui permet à la population d’accéder à un certain niveau de vie.
 Les éléments de la culture africaine (musique, peinture…) sont de plus en plus prisés en Occident, mais il
semble que ce ne soit qu’un phénomène de mode qui ne concerne qu’une infime part de cette culture. Le
seul domaine où l’Afrique parvient à s’imposer est le sport.
 L’Afrique ne semble toutefois pas apte à constituer un lobby viable.
Conclusion :
L’Afrique possède une histoire marquée par trois phases : traite négrière atlantique, colonisation,
mondialisation. Elle possède de nombreuses ressources, qui sont néanmoins mal exploitées et mal redistribuées. Elle
est insérée dans la mondialisation mais n’en profite pas autant que les autres continents en voie de développement.
« Au jeu de la surenchère, l’Afrique subsaharienne, criminelle et victime, exploitée et suicidaire, offre une
vaste palette d’idées reçues. Issues des projections occidentales, des explicitations du retard africain et des
réévaluations mémorielles, mais aussi des confrontations autour du développement, elles sont souvent répétées de
manière obsédante depuis l’époque coloniale sans vraiment avoir évolué ou être rediscutées […]. L’ensemble de ces
attributs appartient à une Afrique mythique alors que ce continent est pluriel dans sa géographie et son histoire, ses
sociétés et son économie, ses lieux de mémoire et ses mythologies. » Georges Courade, L’Afrique des idées reçues.

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