LOLF
LOLF
Mme DIARRA
PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE REPUBLIQUE DU MALI
-=-=-=-=-=- Un Peuple – Un But – Une Foi
SECRETARIAT GENERAL -=-=-=-=-=-
-=-=-=-=-=-=-
Article 1er: La présente loi fixe les règles relatives au contenu, à la présentation, à
l'élaboration, à l'adoption, à l'exécution et au contrôle des lois de finances.
Elle détermine les conditions dans lesquelles est arrêtée la politique budgétaire à moyen terme
pour l'ensemble des finances publiques.
Elle énonce les principes relatifs à l'exécution des budgets publics, à la comptabilité publique
et aux responsabilités des agents publics intervenant dans la gestion des finances publiques.
Article 3: Aucune recette ne peut être liquidée ou encaissée, aucune dépense publique ne
peut être engagée ou payée, si elle n'a été au préalable autorisée par une loi de finances.
Toutefois, conformément à l'article 4 alinéa 3 de la présente loi, des recettes non prévues par
une loi de finances initiale peuvent être liquidées ou encaissées à conditions d'être autorisées
par un décret pris en Conseil des ministres et régularisées dans la plus prochaine loi de
finances.
Lorsque des dispositions d'ordre législatif ou règlementaire doivent entraîner des charges
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nouvelles ou des pertes de ressources, elles ne peuvent être définitivement votées ou adoptées
tant que ces charges ou pertes de ressources n'aient été prévues, évaluées et soumises à l'avis
conforme du ministre chargé des finances.
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La loi de finances de l'année prévoit et autorise, pour chaque année civile, l'ensemble des
ressources et des charges de l'État.
Les lois de finances rectificatives modifient, en cours d'année, les dispositions de la loi de
finances de l'année.
La loi de règlement constate les résultats financiers de chaque année civile et rend compte de
l'exécution du budget ainsi que de l'utilisation des crédits.
Article 5: Les ressources et les charges de l'État sont constituées de recettes et de dépenses
budgétaires, ainsi que de ressources et de charges de trésorerie.
Article 6 : La loi de finances de l'année contient le budget de l'État pour l'année civile. Le
budget décrit les recettes et les dépenses budgétaires autorisées par la loi de finances.
Article 8:L'autorisation de percevoir les impôts est annuelle. Le rendement des impôts dont
le produit est affecté à l'État est évalué par les lois de finances.
Les taxes parafiscales perçues dans un intérêt économique ou social au profit d'une personne
morale de droit public ou privé autre que l'État, les collectivités territoriales et leurs
établissements publics administratifs, sont établies par décret pris en Conseil des Ministres
sur rapport du ministre chargé des finances et du ministre intéressé.
Article 9 : La rémunération des services rendus par l'État ne peut être établie et perçue que si
elle est instituée par décret pris en Conseil des Ministres sur rapport du ministre chargé des
finances et du ministre intéressé.
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Le produit des amendes et des rémunérations pour services rendus, les revenus du domaine et
des participations financières, les bénéfices des entreprises publiques, et le montant des
produits divers, sont prévus et évalués par la loi de finances de l'année.
- dépenses de personnel ;
- charges financières de la dette ;
- dépenses d'acquisitions de biens et services ;
- dépenses de transfert courant ;
- dépenses en atténuation de recettes.
Article 11 : Les lois de finances répartissent les crédits budgétaires qu'elles ouvrent entre les
différents ministères et institutions constitutionnelles.
Un programme regroupe les crédits destinés à mettre en œuvre une action ou un ensemble
cohérent d'actions représentatif d'une politique publique clairement définie dans une
perspective de moyen terme.
A ces programmes sont associés des objectifs précis, arrêtés en fonction de finalités d'intérêt
général, et des résultats attendus.
Ces résultats, mesurés notamment par des indicateurs de performance, font l'objet
d'évaluations régulières et donnent lieu à un rapport de performance élaboré en fin de gestion
par les ministères et les institutions constitutionnelles.
Un programme peut regrouper, tout ou partie des crédits d'une direction, d'un service, d'un
ensemble de directions ou de services, d'un même ministère.
Les crédits de chaque programme sont décomposés selon leur nature en crédits de :
- Personnel ;
- biens et services ;
- investissement ;
- transferts.
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Les crédits de personnel sont assortis, par ministère, de plafonds d'autorisation d'emplois
rémunérés par l'État.
Les crédits sont spécialisés par programme.
Article 12 : Les responsables de programme sont désignés par le Ministre dont ils relèvent.
Le Ministre précise, le cas échéant, les conditions dans lesquelles les compétences
d'ordonnateur leur sont déléguées, ainsi que les modalités de gestion du programme, en
application des articles 14, 66 et 69 de la présente loi.
Sur la base des objectifs généraux fixés par le ministre dont il relève, le responsable de
programme détermine les objectifs spécifiques, affecte les moyens et contrôle les résultats des
services chargés de la mise en œuvre du programme. Il s'assure du respect des dispositifs de
contrôle interne et de contrôle de gestion.
Les modalités de mise en œuvre des contrôles budgétaires et comptables prévus par la
présente loi, ainsi que par le décret portant règlement général sur la comptabilité publique,
tiennent compte tant de la qualité et de l'efficacité du contrôle interne que du contrôle de
gestion pour chaque programme.
Article 13 : Les crédits budgétaires non répartis en programmes sont répartis en dotations.
Chaque dotation regroupe un ensemble de crédits globalisés destinés à couvrir des dépenses
spécifiques auxquelles ne peuvent être directement associés des objectifs de politiques
publiques ou des critères de performance.
- les crédits destinés aux pouvoirs publics qui ne sont pas répartis en programmes à
l'intérieur d'une institution constitutionnelle. Les crédits de la dotation de cette
institution constitutionnelle couvrent les dépenses de personnel, de biens et services,
de transfert et d'investissement directement nécessaires à l'exercice de ses fonctions
constitutionnelles ;
- des crédits de personnel, pour majorer les crédits de biens et services, de transfert ou
d'investissement ;
- des crédits de biens et services et de transfert, pour majorer les crédits
d'investissement.
Ces modifications sont décidées par arrêté du ministre concerné. Il en informe le ministre
chargé des finances.
Article 15 : Le budget général de l'État, les budgets annexes et les comptes spéciaux du
Trésor sont présentés selon les classifications administratives, par programme, fonctionnelle
et économique.
La nomenclature budgétaire est construite dans le respect des articles 7, 10, Il, 13 et 14 de la
présente loi.
Article 16 : Les crédits ouverts par les lois de finances sont constitués :
Pour les contrats de partenariats publics-privés, par lesquels l'État confie à un tiers le
financement, la réalisation, la maintenance ou l'exploitation d'opérations d'investissements
d'intérêt public, les autorisations d'engagement couvrent, dès l'année où les contrats sont
conclus, la totalité de l'engagement juridique.
Article 18: Les crédits de paiement constituent la limite supérieure des dépenses pouvant être
ordonnancées ou payées au cours de l'exercice.
Article 19: Toutes les autorisations d'engagement et tous les crédits de paiement, ainsi que
les plafonds d'autorisation d'emplois rémunérés par l'État, sont limitatifs.
Sauf dispositions spéciales d'une loi de finances prévoyant un engagement par anticipation
sur les crédits de l'année suivante, les dépenses sur crédits limitatifs ne peuvent être engagées
et ordonnancées que dans la limite des crédits ouverts.
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Par exception aux dispositions de l'alinéa 1 er du présent article, les crédits relatifs aux
charges financières de l'État sont évaluatifs. Ces crédits évaluatifs s'imputent, au besoin, au-
delà de la dotation qui les concerne.
Article 20 : Des transferts et des virements de crédits peuvent, en cours d'exercice, modifier
la répartition des crédits budgétaires entre programmes.
Les transferts de crédits modifient la répartition des crédits budgétaires entre programmes de
ministères distincts. Ils sont autorisés par décret pris en Conseil des Ministres sur rapport
conjoint du ministre chargé des finances et des ministres concernés.
Les virements de crédits modifient la répartition des crédits budgétaires entre programmes
d'un même ministère. S'ils ne changent pas la nature de la dépense, selon les catégories
définies à l'alinéa 7 de l'article Il de la présente loi, ils sont pris par arrêté interministériel du
ministre intéressé et du ministre chargé des finances. Dans le cas contraire, ils sont autorisés
par décret du Premier ministre sur rapport conjoint du ministre chargé des finances et du
ministre concerné.
A l'exception des crédits globaux pour des dépenses accidentelles et imprévisibles, aucun
transfert ni virement ne peut être opéré d'une dotation vers un programme.
Article 21 : La répartition par programme des crédits globaux pour des dépenses accidentelles
et imprévisibles se fait par décret du Premier Ministre. Aucune dépense ne peut être
directement imputée sur ces crédits globaux avant cette répartition.
Article 22: En cas d'urgence et de nécessité impérieuse d'intérêt national, des crédits
supplémentaires peuvent être ouverts par décret d'avances pris en Conseil des Ministres.
Article 23 : Sous réserve des dispositions concernant les autorisations d'engagement, les
crédits ouverts et les plafonds des autorisations d'emplois fixés au titre d'une année ne créent
aucun droit au titre des années suivantes.
Les crédits de paiement ne peuvent être reportés. Par exception, les crédits de paiement
relatifs aux dépenses d'investissement disponibles sur un programme à la fin de l'année
peuvent être reportés sur le même programme, dans la mesure où les reports de crédits retenus
ne dégradent pas l'équilibre budgétaire tel que défini à l'article 44 de la présente loi.
Les reports s'effectuent par décret pris en Conseil des Ministres, en majoration des crédits de
paiement pour les investissements de l'année suivante, sous réserve de la disponibilité des
financements correspondants.
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Ce décret, qui ne peut être pris qu'après clôture des comptes de l'exercice précédent, est
consécutif à un rapport du ministre chargé des finances. Ce rapport évalue et justifie les
ressources permettant de couvrir le financement des reports, sans dégradation du solde du
budget autorisé de l'année en cours.
Article 24 : Des crédits budgétaires peuvent être annulés par arrêté du ministre chargé des
finances, après information du ministre concerné, lorsqu'ils sont devenus sans objet ou dans
le cadre de la mise en œuvre du pouvoir de régulation budgétaire défini à l'article 66 de la
présente loi.
Article 25 : Les arrêtés et décrets relatifs aux mouvements de crédits, prévus aux articles 20
à 24 de la présente loi, sont transmis, dès leur signature, au Parlement et à la Juridiction des
comptes.
La ratification de ces mouvements est demandée au Parlement dans la plus prochaine loi de
finances relative à l'exercice concerné.
Ces ressources de trésorerie sont évaluées et, s'agissant des emprunts à moyen et à long
termes, autorisées par une loi de finances.
La variation nette de l'encours des emprunts à moyen et long termes qui peuvent être émis est
plafonnée annuellement par une loi de finances.
Sauf disposition expresse d'une loi de finances, les titres d'emprunts publics émis par l'État
sont libellés en monnaie nationale; ils ne peuvent prévoir d'exonération fiscale et ne peuvent
être utilisés comme moyen de paiement d'une dépense publique.
Les opérations de dépôt sont faites dans les conditions prévues par les règles de comptabilité
publique.
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Article 28: Sauf dérogation accordée par décret pris en Conseil des Ministres, les organismes
publics autres que l'État sont tenus de déposer toutes leurs disponibilités au Trésor public.
Le Trésor public est tenu d'assurer la liquidité de ces dépôts dans les conditions définies au
moment du dépôt.
Elles doivent être effectuées avec réalisme et prudence, compte tenu des informations
disponibles au moment où le projet de loi de finances est établi.
Article 30:Sous réserve des dispositions concernant les budgets annexes et les comptes
spéciaux du Trésor, les recettes et les dépenses budgétaires de l'État sont retracées, sous
forme de recettes et de dépenses, dans le budget général.
Article 31: Il est fait recette du montant intégral des produits, sans contraction entre les
recettes et les dépenses. L'ensemble des recettes assurant l'exécution de l'ensemble des
dépenses, toutes les dépenses et toutes les recettes sont imputées au budget général.
Article 32: Par dérogation aux dispositions de l'article 31 de la présente loi, des procédures
particulières peuvent permettre d'assurer une affectation au sein du budget général.
Les fonds de concours sont portés en recettes au budget général et un crédit supplémentaire de
même montant est ouvert sur le programme concerné par arrêté du ministre chargé des
finances. L'emploi des fonds de concours doit être conforme à l'intention de la partie versante
ou du donateur.
- les recettes provenant de cessions ayant donné lieu à un paiement sur crédits
budgétaires.
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Article 33 : Les opérations financières des services de l'État que la loi n'a pas dotés de la
personnalité morale, et dont l'activité tend essentiellement à produire des biens ou à rendre
des services donnant lieu au paiement de prix, peuvent faire l'objet de budgets annexes.
La création d'un budget annexe et sa suppression, ainsi que l'affectation d'une recette à celui-
ci, sont décidées par une loi de finances.
Toutefois, des budgets annexes visant la même finalité d'intérêt général peuvent être
regroupés dans un programme spécifique.
Chaque budget annexe est rattaché à un ministère.
Article 34 : Les budgets annexes comprennent, d'une part, les recettes et les dépenses
d'exploitation, d'autre part, les dépenses d'investissement et les recettes spéciales affectées à
ces dépenses.
Les opérations des budgets annexes s'exécutent comme les opérations du budget général. Les
dépenses d'exploitation suivent les mêmes règles que les dépenses ordinaires, tandis que les
dépenses d'investissement suivent les mêmes règles que les dépenses en capital.
Les emplois des agents publics rémunérés sur chaque budget annexe sont plafonnés par une
loi de finances.
Article 35 : Des comptes spéciaux du Trésor peuvent être ouverts 'par une loi de finances
pour retracer des opérations effectuées par les services de l'État.
Les comptes spéciaux du Trésor peuvent être traités comme des programmes.
Article 36: Sous réserve des règles particulières énoncées aux articles 37 à 42 de la présente
loi, les opérations des comptes spéciaux du Trésor sont prévues, autorisées et exécutées dans
les mêmes conditions que les opérations du budget général.
Sauf dérogations prévues par une loi de finances, il est interdit d'imputer directement à un
compte spécial du Trésor des dépenses résultant du paiement des traitements ou indemnités à
des agents de l'État ou d'autres organismes publics.
Sauf dispositions contraires prévues par une loi de finances, le solde de chaque compte
spécial du Trésor est reporté de droit sur l'exercice suivant.
Article 37: Les comptes d'affectation spéciale retracent des opérations qui sont financées au
moyen de recettes particulières.
Une subvention du budget général de l'État ne peut compléter les recettes d'un compte spécial
que si elle est au plus égale à dix pour cent (10 %) du total des prévisions de dépenses.
Le total des dépenses engagées ou ordonnancées au titre d'un compte d'affectation spéciale ne
peut excéder le total des recettes du même compte.
Si, en cours d'année, les recettes d'un compte d'affectation spéciale apparaissent supérieures
aux évaluations, les crédits peuvent être majorés par arrêté du ministre chargé des finances
dans la limite de cet excédent de recettes.
Article 38: Les comptes de commerce retracent des opérations à caractère industriel ou
commercial effectuées à titre accessoire par des services publics de l'État.
Les prévisions de dépenses concernant ces comptes ont un caractère évaluatif; seul le
découvert fixé annuellement pour chacun d'eux a un caractère limitatif.
Sauf dérogations expresses prévues par une loi de finances, il est interdit d'exécuter, au titre
de comptes de commerce, des opérations d'investissement financier, de prêts ou d'avances,
ainsi que des opérations d'emprunts.
Les résultats annuels sont établis pour chaque compte selon les règles du plan comptable
général de l'État.
Les prévisions de recettes et de dépenses sur ces comptes ont un caractère évaluatif; seul le
découvert fixé annuellement pour chacun d'eux a un caractère limitatif.
Article 40 : Les comptes d'avances décrivent les avances que le ministre chargé des finances
est autorisé à consentir dans la limite des crédits ouverts à cet effet.
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Un compte d'avances distinct doit être ouvert pour chaque débiteur ou catégorie de débiteur.
Les avances du Trésor sont productives d'intérêt à un taux qui ne peut être inférieur au taux
moyen des bons du Trésor. Sauf dispositions spéciales contenues dans une loi de finances,
leur durée ne peut excéder un an, renouvelable une fois. Toute avance non remboursée à
l'expiration du délai fixé doit faire l'objet :
La variation nette de l'encours des avances qui peuvent être accordées par l'État sur chaque
compte d'avances est plafonnée annuellement par une loi de finances.
Article 41 : Les comptes de prêts retracent les prêts d'une durée supérieure à deux ans, mais
égale ou inférieure à dix ans, consentis par l'État dans la limite des crédits ouverts à cet effet,
soit à titre d'opérations nouvelles, soit à titre de consolidation.
Les prêts consentis sont productifs d'intérêts à un taux qui ne peut être inférieur au taux
moyen des bons du Trésor.
La variation nette de l'encours des prêts qui peuvent être accordés par l'État sur chaque
compte de prêts est plafonnée annuellement par une loi de finances.
Article 42 : Les comptes de garanties et d'avals retracent les engagements de l'État résultant
des garanties financières accordées par lui à une personne physique ou morale, notamment les
garanties octroyées par l'État pour les contrats de partenariats publics-privés visés à l'article
17 de la présente loi.
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La dotation portant les crédits destinés à couvrir les défauts de remboursement ou appels en
garantie intervenus sur les comptes d'avances, de prêts, d'avals et de garanties, visée à
l'article 40 de la présente loi, est provisionnée au minimum à hauteur de dix pour cent (10 %)
des échéances annuelles dues par les bénéficiaires des garanties et avals de l'État.
La variation nette de l'encours des garanties et avals qui peuvent être accordés par l'État sur
chaque compte de garanties et d'avals est plafonnée annuellement par une loi de finances.
Les garanties et les avals sont donnés par décret pris en Conseil des ministres.
Les conditions d'octroi des garanties doivent respecter les dispositions du Règlement portant
cadre de référence de la politique d'endettement public et de gestion de la dette publique dans
les États membres de l'UEMOA.
L'ensemble des comptes de garanties et d'avals constitue un programme au sens des articles
11 et 12 de la présente loi.
Article 43 : La loi de finances de l'année comprend le texte de loi proprement dit et les
annexes qui l'accompagnent et qui en font partie intégrante.
- fixe, pour le budget général, par programme et par dotation, le montant des crédits de
paiement et, le cas échéant, des autorisations d'engagement ;
- détermine, par ministère et par budget annexe, le plafond des autorisations d'emplois
rémunérés par l'État ;
- fixe, par budget annexe et par compte spécial du Trésor, le montant des crédits de
paiement et, le cas échéant, des autorisations d'engagement ;
- définit les modalités de répartition des concours financiers de l'État aux autres
administrations publiques ;
- autorise l'octroi des garanties et avals accordés par l'État ;
- approuve les conventions financières conclues par l'État;
- comporte, le cas échéant, toutes règles fondamentales relatives à l'exécution des
budgets publics, à la comptabilité publique et aux responsabilités des agents
intervenant dans la gestion des finances publiques.
- d'un rapport définissant l'équilibre économique et financier, les résultats connus et les
perspectives ;
- d'annexes explicatives :
2. développant, pour chaque budget annexe et chaque compte spécial, le montant des
recettes et des dépenses ventilées par nature. Dans le cas des comptes de prêts et
d'avances, les annexes contiennent un état de l'encours et des échéances des prêts
et avances octroyés. S'agissant des budgets annexes, ces annexes explicatives sont
accompagnées du projet annuel de performance de chaque programme, dans les
conditions prévues au 1 er alinéa ;
4. comportant un état développé des restes à payer de l'État, établi à la date du dépôt
du projet de loi de finances ;
Article 46 : Les textes des lois de finances rectificatives sont définis conformément à l'article
4 de la présente loi.
Article 47 : En cours d'exercice, un projet de loi de finances rectificative doit être déposé par
le Gouvernement :
- si les grandes lignes de l'équilibre budgétaire ou financier, défini par la loi de finances
de l'année, se trouvent bouleversées, notamment par l'intervention de décrets
d'avances ou d'arrêtés d'annulation de crédits ;
- si les recettes constatées dépassent sensiblement les prévisions de la loi de finances de
l'année;
- s'il y a intervention de mesures législatives ou règlementaires affectant de manière
substantielle l'exécution du budget.
Article 50:La loi de règlement est accompagnée du rapport de la Juridiction des comptes sur
l'exécution de la loi de finances et de la déclaration générale de conformité entre les comptes
des ordonnateurs et ceux des comptables publics.
La Juridiction des comptes donne son avis sur le système de contrôle interne et le dispositif
de contrôle de gestion, sur la qualité des procédures comptables et des comptes, ainsi que sur
les rapports annuels de performance. Cet avis est accompagné de recommandations sur les
améliorations souhaitables.
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Article 51 : Le projet de loi de finances de l'année est élaboré par référence à un document de
programmation budgétaire et économique pluriannuelle couvrant une période minimale de
trois ans.
Il prévoit la situation financière des entreprises publiques sur la période considérée et,
éventuellement, les concours que l'État peut leur accorder.
Il fixe enfin les objectifs d'équilibre budgétaire et financier sur le moyen terme en application
des dispositions du Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité de
l'UEMOA.
Article 54: Quelle que soit leur forme, tous les concours financiers de l'État aux organismes
publics doivent être approuvés par une loi de finances.
Ces concours peuvent comprendre des subventions du budget général, des budgets annexes
ou des comptes spéciaux, l'affectation de tout ou partie du produit d'impositions de toute
nature, ou toute autre forme de contribution, subvention ou rétrocession de recettes.
Les budgets de fonctionnement de ces organismes publics doivent être équilibrés sans recours
à l'emprunt.
Des règles encadrant et plafonnant les possibilités d'emprunt des organismes publics, qui ne
peuvent être affectés qu'au financement de leurs investissements, doivent être adoptées.
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Article 55 : Le ministre chargé des finances prépare les projets de lois de finances qui sont
adoptés en Conseil des Ministres.
Article 57: Le projet de loi de finances de l'année, y compris le rapport et les annexes
explicatives prévus à l'article 45 de la présente loi, est déposé sur le bureau du Parlement au
plus tard le jour de l'ouverture de la session ordinaire précédant la période budgétaire.
Lorsque le projet de loi de finances a été déposé dans les délais sur le bureau du Parlement, il
doit être adopté au plus tard à la date de clôture de cette session ordinaire précédant la période
budgétaire.
Dans la mesure où, compte tenu de la procédure prévue à l'alinéa précédent, le projet de loi de
finances n'a pu être voté avant le début de l'année financière, le Gouvernement est autorisé à
continuer de percevoir les impôts et à reprendre en dépenses le budget de l'année précédente
par douzièmes provisoires.
Tout article additionnel et tout amendement doit être motivé et accompagné des
développements des moyens qui le justifient. La disjonction d'articles additionnels ou
d'amendements qui contreviennent aux dispositions du présent article ou à l'objet des lois de
finances défini à l'article 2 de la présente loi est de droit.
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Article 59 : La seconde partie de la loi de finances de l'année ne peut être mise en discussion
devant le Parlement avant l'adoption de la première partie.
Article 60 : Les évaluations de recettes font l'objet d'un vote d'ensemble pour le budget
général.
Les crédits du budget général font l'objet d'un vote par programme et d'un vote par dotation.
Toutefois, au cas où le parlement en décide, les crédits budget général peuvent également
faire l’objet d’un vote par groupe des programmes d’un même ministère. Les votes portent à
la fois sur les autorisations d’engagement et les crédits de paiement.
Les plafonds des autorisations d'emplois rémunérés par l'État font l'objet d'un vote unique.
Les évaluations de recettes font l'objet d'un vote d'ensemble par budget annexe et par compte
spécial du Trésor.
Les crédits des budgets annexes et des comptes spéciaux font l'objet d'un vote par budget
annexe et par compte spécial du Trésor.
Les évaluations de ressources et de charges de trésorerie font l'objet d'un vote unique.
Ces dispositions répartissent et fixent les crédits conformément aux annexes explicatives de
l'article 45 de la présente loi, modifiées, le cas échéant, par les votes du Parlement.
Article 62 : Le projet de loi de règlement est déposé sur le bureau du Parlement et distribué
au plus tard le jour de l'ouverture de la session ordinaire précédant la période budgétaire de
l'année suivant celle de l'exécution du budget auquel il se rapporte.
Le rapport sur l'exécution des lois de finances, la déclaration générale de conformité et, le cas
échéant, l'avis de la Juridiction des comptes sur la qualité des procédures comptables et des
comptes, ainsi que sur les rapports annuels de performance prévus à l'article 50 de la présente
loi, sont remis au Parlement sitôt leur adoption définitive par la Juridiction des comptes.
Article 64 : Les ordonnateurs peuvent déléguer leur pouvoir à des agents publics,
conformément à la réglementation en vigueur.
Ils peuvent déléguer à ces agents la gestion de tout ou partie des crédits dont ils ont la charge.
Article 65 : Le ministre chargé des finances est ordonnateur principal unique des recettes du
budget général, des comptes spéciaux du Trésor et de l'ensemble des opérations de trésorerie.
Le ministre chargé des finances est ordonnateur principal des crédits, des programmes et des
budgets annexes de son ministère.
Il peut déléguer son pouvoir d'ordonnateur dans les conditions définies à l'article 64 de la
présente loi.
En outre, le ministre chargé des finances peut subordonner l'utilisation des crédits par les
ordonnateurs aux disponibilités de trésorerie de l'État.
Le ministre chargé des finances est responsable de la centralisation des opérations budgétaires
des ordonnateurs, en vue de la reddition des comptes relatifs à l'exécution des lois de
finances.
Article 68: Les contrôleurs financiers relèvent du ministre chargé des finances et sont
nommés par celui-ci ou à son initiative auprès des ordonnateurs. Ils sont chargés des
contrôles a priori des opérations budgétaires.
Ils peuvent donner des avis sur la qualité de la gestion des ordonnateurs et sur la performance
des programmes.
Article 69 : Sont prescrites au profit de l'État ou de tout autre organisme public doté d'un
comptable public, toutes créances dont le paiement n'a pas été réclamé dans un délai de
quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont
été acquis.
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La prescription peut être interrompue dans les conditions définies par la réglementation en
vigueur.
Les règles de prescription des créances de l'État ou de tout autre organisme public doté d'un
comptable public, sur des particuliers ou personnes morales, sont définies conformément à la
législation en vigueur.
Quelle que soit leur nature, les actifs de l'État ou de tout autre organisme public doté d'un
comptable public sont insaisissables.
Article 71 : La comptabilité budgétaire a pour objet de retracer, pour l'exercice concerné, les
opérations d'exécution du budget de l'État en recettes et en dépenses, conformément à la
nomenclature de présentation et de vote du budget.
Elle est fondée sur le principe de la constatation des droits et obligations. Les opérations sont
prises en compte au titre de l'exercice auquel elles se rattachent, indépendamment de leur date
de paiement ou d'encaissement.
Article 72 : Les ressources et les charges de trésorerie de l'État sont imputées à des comptes
de trésorerie par opération lors de leur encaissement et paiement.
Article 73 : Sans préjudice des pouvoirs généraux de contrôle du Parlement, les commissions
chargées des finances veillent, au cours de la gestion annuelle, à la bonne exécution des lois
de finances.
Les informations ou les investigations sur place que le Parlement pourrait demander ne
sauraient lui être refusées.
Il peut procéder à l'audition des ministres, seuls responsables devant le Parlement de la mise
en œuvre des programmes, le parlement peut, s’il le juge opportun, auditionner tout
responsable de programme à des fins d’information.
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Article 74 : La Juridiction des comptes juge les comptes des comptables publics.
Sans préjudice de ses attributions propres en matière de contrôle juridictionnel et non
juridictionnel telles que définies par la législation en vigueur, la Juridiction des comptes
assiste le Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances.
La Juridiction des comptes exerce un contrôle sur la gestion des administrations en charge de
l'exécution des programmes et dotations. Elle émet un avis sur les rapports annuels de
performance.
Les comptes de gestion, déposés en état d'examen à la Juridiction des comptes, doivent être
jugés dans un délai de cinq ans.
En l'absence de jugement de la Juridiction des comptes dans ce délai, le comptable public est
déchargé d'office de sa gestion.
Article 76 : Sous réserve des dispositions de l'article 75 de la présente loi, les ordonnateurs
de l'Etat et des autres organismes publics encourent une responsabilité qui peut être
disciplinaire, pénale et civile, sans préjudice des sanctions qui peuvent leur être infligées par
la Juridiction des comptes à raison de fautes de gestion dans les conditions définies par les
articles 77 à 80 de la présente loi.
Article 78 : Les contrôleurs financiers sont responsables aux plans disciplinaire, pénal et
civil, sans préjudice des sanctions qui peuvent leur être infligées par la Juridiction des
comptes, du visa qu'ils apposent sur les actes portant engagement de dépenses ou les
ordonnances, mandats de paiement ou délégations de crédits.
Article 79: Les fautes de gestion sanctionnables par la Juridiction des comptes sont
constituées par :
- la violation des règles relatives à l'exécution des recettes et des dépenses de l'État et
des autres organismes publics ;
- la violation des règles relatives à la gestion des biens appartenant à l'État et aux autres
organismes publics ;
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- l'approbation donnée à une décision violant les règles visées aux 1er et 2ème tirets du
présent article par une autorité chargée de la tutelle ou du contrôle desdits
organismes ;
- le fait, pour toute personne dans l'exercice de ses fonctions, d'octroyer ou de tenter
d'octroyer à elle-même ou à autrui un avantage injustifié, pécuniaire ou en nature ;
- le fait d'avoir produit, à l'appui ou à l'occasion des liquidations des dépenses, des
fausses certifications ;
- le fait d'avoir omis sciemment de souscrire les déclarations qu'ils sont tenus de fournir
aux administrations fiscales conformément à la législation en vigueur ou d'avoir
fourni sciemment des déclarations inexactes ou incomplètes.
Article 80: Le régime des sanctions autres que disciplinaires, relatif aux fautes de gestion
énumérées à l'article 79 de la présente loi, est défini par la législation en vigueur.
Les comptables de fait encourent les mêmes sanctions que les comptables publics patents.
En cas de défaillance dans la tenue des comptes, la Juridiction des comptes peut condamner le
comptable public concerné à des sanctions prévues par la législation en vigueur.
Article 82 : La responsabilité pécuniaire des comptables publics se trouve engagée dès lors
qu'une des situations suivantes advient :
Article 83: La responsabilité pécuniaire d'un agent public ne peut être mise en jeu que par le
ministre chargé des finances ou la Juridiction des comptes.
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Quand la responsabilité pécuniaire d'un agent public est engagée, il est constitué en débet. Le
débet est l'obligation, pour l'agent public de réparer, sur ses deniers propres, le préjudice qu'il
a causé à la collectivité publique.
Tout agent public dont la responsabilité pécuniaire est engagée peut obtenir remise gracieuse
des sommes laissées à sa charge dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur.
La remise gracieuse suite à un arrêt de débet est soumise à un avis conforme de la Juridiction
des comptes.
Lorsqu'un agent commet une faute de gestion prévue à l'article 79 de la présente loi, ou un
manquement aux règles de discipline dans le domaine budgétaire ou financier, le pouvoir
disciplinaire prévu par la législation en vigueur sur la fonction publique est exercé par le
ministre chargé des finances, quel que soit le ministère de rattachement de l'agent.
Article 84 : Les modalités d'application des dispositions de la présente loi sont développées
dans des décrets, portant notamment Règlement Général sur la Comptabilité Publique,
Nomenclature Budgétaire de l'État, Plan Comptable de l'État, et Tableau des Opérations
Financières de l'État.
Toutefois, l'État a jusqu'au l " janvier 2017 pour procéder à l'application intégrale des
dispositions relatives :
- aux programmes et aux dotations tels que prévus notamment aux articles 11, 12,
13, 14 et 15 de la présente loi, ainsi que des annexes y relatives dans les articles 45, 46
et 49 de la présente loi ;
Pour ces dispositions, les règles prescrites par la Loi N°96-060 du 4 novembre 1996 relative à
la Loi de Finances et la Loi N°96-061 du 4 novembre 1996 portant Principes Fondamentaux
de la Comptabilité Publique, et leurs textes modificatifs, restent applicables jusqu'à cette date.
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