Memoiremaster
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Université d’Antananarivo
École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo
Domaine : Sciences de l’ingénieur
Mention : Ingénierie des Systèmes Avancés
Parcours : Sciences Cognitives
Mémoire en vue de l’obtention du diplôme
Master à visée de recherche
Modélisation cognitive :
Règles mathématiques du sikidy alanana
Université d’Antananarivo
École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo
Domaine : Sciences de l’ingénieur
Mention : Ingénierie des Systèmes Avancés
Parcours : Sciences Cognitives
Mémoire en vue de l’obtention du diplôme
Master à visée de recherche
Modélisation cognitive :
Règles mathématiques du sikidy alanana
Je remercie tous mes proches de leur soutien moral, physique et financier tout au long de
mes études, en particulier lors de la rédaction de ce mémoire.
Une pensée spéciale pour Dadabe et Rabeby qui auraient aimé assister à ma soutenance.
Que tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’accomplissement de ce mémoire soient
assurés de ma gratitude.
i
Notations et symboles
ii
Table des figures
iii
Liste des tableaux
11 Nom de la matrice-mère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
12 Addition dans Z/2Z . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
13 Nom de la matrice-fille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
14 Répertoire des soralahy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
iv
Glossaire
antandroy Les Antandroy ou Ntandroy – « ceux qui vivent dans les épines » – sont un peuple
de Madagascar présent dans l’extrême sud de l’île, dans une région aride couverte de
ronces.. 31
antemoro Les Antaimoro (ou Antemoro ou Antimorona) – « ceux du rivage » – sont un
peuple de Madagascar qui vit principalement dans le sud-est de l’île, s’étendant du district
de Vohipeno au district de Manakara dans la Province de Fianarantsoa, dans la région
Fitovinany.. 31
faditra offrande pour « réparer » une mauvaise chance ou écarter un danger. Peut être de
forme animale, végétale ou minérale selon la situation. 9, 10
fanjambana se traduit en « aveuglement ». Objet magique qui conduit à l’invisibilité de son
utilisateur. 3
malagasy originaire de Madagascar dont le père et la mère ont été Malagasy avant lui ou
elle. Ne sont pas inclus les étrangers nés à Madagascar et/ou ayant acquis la nationalité
malagasy. Sont inclus les natifs nés à l’étranger et/ou ayant acquis la nationalité de leur
pays d’accueil. Dans le cas de métisses, le débat reste ouvert.
Invariable en genre et en nombre comme tous les substantifs et adjectifs de la langue. 1
mpisikidy est le practicien du sikidy. 1
ody objet magique à visée spécifique dispensée par le mpisikidy. Composants selon les besoins
du consultant. 18
v
Table des matières
Remerciements i
Notations et symboles ii
Glossaire v
Introduction 1
Conclusion 42
Bibliographie vii
Annexe vii
vi
Introduction
Couramment, l’entente du terme sikidy évoque l’image d’un individu peu accompli acadé-
miquement, accoutré de manière barbare, versé dans les sciences occultes, monnayant aux naïfs
leur avenir. Or, le sikidy auparavant était monnaie courante dans la vie du Malagasy avec plus
ou moins tous les Malagasy connaissant les rudiments du sikidy et sikidy-ant souvent pour
eux-mêmes. Depuis la colonisation chrétienne, le sikidy n’intéresse plus voire répulse du fait de
passages bibliques qui paraissent le condamner.
Le sikidy s’inscrit dans les sciences cognitives de par sa prétention à, par le biais d’une tech-
nique numérique établie, savoir des choses cachées que ce soit l’avenir, l’issue d’une maladie
ou par exemple la location d’un voleur. Bien que l’implication d’éléments surnaturels dans la
pratique du sikidy soit sans équivoque, la partie numérique permet de la ranger dans le cercle
des sciences. Sur la question d’exactitude ou d’infaillibité de l’interprétation du mpisikidy, elle
est subjective et laissée au jugement de tout un chacun d’où nous ne nous attarderons pas sur
le sujet.
Si le sikidy décompte en tout quatre types à savoir le sikidy joria, le sikidy alanana, le sikidy
alakarabo et le sikidy adabaray, notre travail ici présent se porte sur le sikidy alanana. En ana-
lysant l’aspect mathématique du sikidy alanana, ce dont le présent mémoire fait l’objet, nous
remarquons que les Malagasy, des siècles avant l’introduction du système éducatif occidental,
maîtrisaient le concept de nombre binaire qui est d’importance capitale en informatique, sans
compter que ladite opération « maneraka » en sikidy n’est autre qu’une opération matricielle
en algèbre linéaire.
Dans le premier chapitre, nous jouons les entremetteurs entre le lecteur et le sikidy, son histo-
rique, ses caractéristiques, les équations définissant le sikidy alanana.
Dans le second chapitre, nous traduirons les soralahy de manière polynomiale.
Dans le troisième chapitre, nous démontrerons mathématiquement des théorèmes déjà en exis-
tence afférant des types de sikidy dits fohatse sikidy et toka sikidy.
Dans le quatrième chapitre, nous expliquerons comment bâtir une matrice-mère à partir d’une
matrice-fille.
1
Chapitre 1
La version Anakandriana
Nous devons le récit suivant à Callet [3] seul scribe officiel recensé de cette histoire.
D’après ce manuscrit, Anakandriana est une entité ni homme ni bête, invisible, audible, arbi-
traire du choix de ses oracles. Il loge dans des grottes parmi lesquelles celle à l’est d’ Ambohi-
traza, à Fandàna à l’est d’Ambohimanambola ... Pleins de gens y voyagent en vue de prières, de
doléances, d’offrandes d’argent. Ceux à qui il daigne communiquer deviennent mpisikidy (res-
pectivement mpitahiri-sampy) selon qu’Anakandriana leur octroie un sikidy (respectivement
un sampy). Le sikidy peut se présenter sous différentes formes :
— une poignée de sable
— un grain de maïs
— un grain de haricot
— un grain de fano
— un brin d’herbe
tandis que le sampy est essentiellement un bout de bois. À l’occasion, Anakandriana émet
le discours suivant « Ne dissimulez point mes cadeaux, révélez-les à tout le monde, ils me
représentent au sein de l’Humanité ».
Peu après, le mpisikidy sait mamoaka voafano qui est l’action de brasser les grains de sikidy. Il
consiste en une technique que nous expliquerons dans la section 1.3. Les sikidy objets deviennent
des héritages qu’on se transmet de génération en génération. Nombreux sont les sikidy qui datent
de plusieurs générations passées. Parmi les mpisikidy, autant il y en a qui « entendent une voix
», autant il y en a qui n’ont pas besoin de l’entendre.
En gros, sikidy, sampy, rêves sont tous œuvres d’Anakandriana.
Le sikidy représente pour le Malagasy le salut. On consulte le sikidy pour les motivations
suivantes :
— la recherche d’objets perdus
— l’arrivée ou non de visiteurs
— la vie ou mort d’un fœtus
— l’achat d’un terrain
2
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 3
sorts, les sampy, les médicaments végétaux se propagent à travers Madagascar. Toutefois, la
communication avec Anakandriana reste clé dans l’interprétation du sikidy : on ne sait pas du
tout lire le sikidy sans l’assistance d’ Anakandriana.
2. HAJA
3. LALA ou LALANA
4. SOROTA ou SOROTANA
Ces quatre enfants, dont deux garcons et deux filles, donnèrent naissance à deux
autres enfants qui sont :
1. OMBIASA
2. SELY ou TOVOLAHY
Ces deux enfants (un garcon et une fille) donnèrent naissance a HAKY . Mais
contrairement a tous ses ascendants, HAKY n’enfanta pas immédiatement. Il etait
un enfant bizarre et, a cause de cela, ses parents ne voulurent point le garder auprès
d’eux. En fait, il avait des dons particuliers et ne ressemblait a aucun enfant de
son âge. Abandonné par ses parents, HAKY vivait dans la solitude. Supportant mal
cette solitude, il demanda alors secours a TALE, son arrière grand-père. Celui-ci
accepta de l’elever. Parvenu a l’age adulte, il finit enfin par enfanter, lui aussi. Mais
son fils n’a plus donne d’enfant. Mais, en contrepartie, il etait devenu plus grand
devin du village ainsi que de tous les gens qui peuplent la Grande ile. Toutes ces
gens essaimées cà et là, des Côtes aux Hautes Terres ne sont que des descendants
de RASOLO ».
Ce récit met en emphase les différents soralahy présents dans la matrice-sikidy. En premier lieu,
les huit enfants sont les huit soralahy de la matrice-mère.
En second lieu, leurs quatre enfants respectifs sont les huit soralahy dits première génération.
En troisième lieu, leurs deux enfants respectifs sont les deux soralahy dits seconde génération.
En quatrième lieu, leur enfant unique dit troisième génération.
En cinquième lieu, son enfant unique dit quatrième génération qu’il a engendré à l’aide de son
ancêtre TALE. Nous expliquerons cela en détail dans la partie 1.3.
toux sans relâche Mélanger l’olax et le Ilex mitis-Aquifoliacée, bouillir dans l’eau, ajouter la
viande de quatorze cœurs de bœufs. À boire matin et soir. Si la toux persiste, piler du
ravinonoka, le bouillir avec du sel de cendre d’amaranthe épineuse, à boire le matin et
avant de dormir. Si la toux persiste, se résigner.
variole Diospyros aculeata H. Perrier. Bouillir les racines et les feuilles. Boire et se laver avec
uniquement le lundi, le mercredi, le vendredi et le samedi.
vers intestinaux Oxalis corniculata, Oxalis repens. En broyer les feuilles, en boire le jus ex-
trait.
abcès os de lézard avec asparagus vaginellatus. Mouiller le tout avec la salive, appliquer sur
l’abcès. Il se dissout sans crevaison externe
douleurs utérines postérieures à l’accouchement Polygonum minus, Polygonum salici-
folium. À consommer en décoction.
plaie purulente Brûler un régime de bananes encore enveloppé de ses bractées. Glisser la
cendre dans la plaie. Piler des feuilles de Hibiscus bojerianus et en périmétrer la plaie.
plaie bénigne Gnaphalium luteoalbum Mâcher puis appliquer sur la plaie
L’astrologie et le sikidy
Pour cette sous-section, nous nous sommes entièrement documentés dans Vig [10].
L’astrologie constitue la fibre même du sikidy car le diagnostic et la prescription du mpisikidy
sont entièrement basés sur l’astrologie. Au préalable, distinguons :
mpanandro astrologue. Il sait la bonne ou mauvaise chance d’une telle heure, d’un tel jour,
d’un tel mois d’après la position de la lune. Il sait également comment changer une
mauvaise chance en bonne. On le consulte pour savoir la date propice à une entreprise
et, dans le cas d’un évènement chargé d’un destin impropice, comment se débarrasser des
malédictions associées.
mpisikidy On le consulte pour absolument tous ses soucis : le temps qu’il fera la semaine
prochaine, les causes d’une maladie etc. À cet effet, il manoko sikidy. L’astrologie occupe
une place prééminente dans sa résolution du problème qui lui est présenté.
Il en résulte que le mpisikidy est obligatoirement un mpanandro. À noter que souvent, confronté
à un ennui qui le dépasse, le malagasy ne fait plus de distinction de cas mais il s’agit juste de
chercher un "saint", une personne qui converse avec le surnaturel.
7. adimizana
8. alakarabo
9. alakaosy
10. adijady
11. adalo
12. alohotsy
Ce sont juste les noms des mois mais les vrais destins, ceux qui ont une portée sur le cours des
évènements, sont au nombre de 28 avec un destin occupant un jour du mois.
Lorsque la nouvelle lune n’advient pas le 28ème jour, tous les jours inclus dans l’intervalle
]28,jour de la nouvelle lune] sont considérés comme le 28ème jour. Une année malgache occupe
obligatoirement 352 jours. Les destins sont répartis selon les mois comme l’indique la figure
suivante :
Sur cette figure, le destin « Bouche d’alahamady » est placé sous alahamady au coin Nord-
Est et le destin « Postérieur d’alohotsy » est sis sous Alohotsy au coin Nord-Est. L’ordre de
succession des destins suit les sens des aiguilles d’une montre. Voici leurs noms :
1. Bouche d’alahamady
2. Dépression d’alahamady
3. Fin d’alahamady
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 9
4. Corne d’adaoro
5. Postérieur d’adaoro
6. Feuille d’adizaoza
7. Fertilité d’adizaoza
8. Bouche d’asorotany
9. Assemblage d’asorotany
10. Secouement d’asorotany
11. Bouche d’alahasaty
12. Postérieur d’alahasaty
13. Bouche d’asombola
14. Postérieur d’asombola
15. Bouche d’adimizana
16. Élévation d’adimizana
17. Postérieur d’adimizana
18. Bouche d’alakarabo
19. Postérieur d’alakarabo
20. Bouche d’alakaosy
21. Postérieur d’alakaosy
22. Bouche d’adijady
23. Enflure d’adijady
24. Postérieur d’adijady
25. Bouche d’adalo
26. Postérieur d’adalo
27. Bouche d’alohotsy
28. Postérieur d’alohotsy
Chaque destin a une période annuelle d’un mois mais pas uniformément c’est-à-dire : le pre-
mier mois, le destin du premier jour est Bouche d’alahamady et le destin du dernier jour est
Postérieur d’alohotsy ; le second mois, le destin du premier jour est Corne d’adaoro et le destin
du dernier jour est Fin d’alahamady ; le troisième mois, le destin du premier jour est Feuille
d’adizaoza et le destin du dernier jour est Postérieur d’adaoro, ainsi de suite ...
La figure 11 est projetée géométriquement dans la case du mpisikidy c’est-à-dire que ce cycle
zodiacal est visible mentalement pour le mpisikidy dans son sanctuaire. Pour faire court, la case
d’un mpisikidy étant de forme rectangulaire, Alahamady est dans le coin Nord-Est, Adaoro est
sur le mur Centre-Est, Adizaoza est au coin Sud-Est, Asorotany est dans le coin Est du Sud,
ainsi de suite. Cette topologie intervient dans le sikidy notamment dans le fait où, chaque jour,
il existe un destin des vivants et un destin des morts. Par exemple, si le jour d’aujourd’hui
porte un des destins d’alohotsy, le destin des morts est son symétrique par rapport au centre
de la case i.e. les deux destins d’asombola et le destin des vivants est la moyenne entre les deux
i.e. les trois destins d’asorotany.
— s’il est en général faste ou néfaste. S’il est néfaste, un faditra défaira la mauvaise chance.
— des activités qu’il est judicieux de commencer ce destin-là
— des activités ou objets à radicalement exclure ce destin-là
Par exemple,
Postérieur d’alahasaty Très bon et favorable aux travaux du printemps : ensemencement,
repiquage de riz, plantation de maïs et de légume à racines
Bouche d’asombola destin d’or qui favorise les affaires d’argent. Les entreprises commerciales
qui débutent un jour qui porte ce destin seront rémunératrices et prospères. Jour idéal
pour la semence de chanvre et plantation de canne à sucre. Ce destin est faste s’il se
trouve en période de lune croissante et néfaste en lune décroissante. Ceux qui naissent ce
jour doivent trimballer de peits anneaux d’argent. Il est interdit à ceux qui naissent ce
destin de porter "des marmites ou cruches noires sur la tête".
Les destins ne parcourent pas uniquement le mois mais font également le tour de la journée. Au
lever du soleil, le destin est Bouche d’alahamady et au coucher du soleil, le destin est Postérieur
d’alohotsy. Toute heure de la journée est affectée par un destin différent qui délimite la chance
ou malchance de cette heure, les choses à faire ou ne pas faire cette heure.
Le destin mensuel n’est pas le seul qui affecte le sikidy. Il existe également une liste de destins
du jour de la semaine qui assigne, pour chaque jour de la semaine, un destin qui lui est
propre. Cette liste est indépendante de celle des 28 destins. En voici un court résumé :
dimanche "jour blanc". Jour idéal pour faire des sacrifices. Aux enfants nés ce jour, il faut
agiter une poule blanche au-dessus d’eux pour enlever leur malchance. L’aube à midi est
faste et midi à la nuit est une prériode néfaste durant laquelle il ne faut pas travailler. Ne
pas manger d’aliments blancs.
lundi Pour enlever la malchance de ceux qui naissent un lundi, des faditra de couleur noire.
On ne doit pas manger des végétaux de couleur verte. Jour idéal pour effectuer des faditra
contre la sorcellerie.
mardi Jour léger. On commence des travaux faciles un mardi et on ne doit pas commencer
des travaux de longue durée ou qui exigent un labeur quotidien. On ne peut manger des
mets tricolores ou trois mets différents. Un enfant né mardi doit être frotté avec une poule
tachetée.
mercredi Jour idéal après le dimanche pour offrir des sacrifices. Une poule brune pour les
enfants nés. Ne pas manger des poumons car ils sont marrons.
jeudi jour noir. Une poule noire pour les enfants nés. Ne pas manger de nourriture offerte par
des esclaves.
vendredi jour rouge. Poule rouge pour sauver un enfant né. S’abstenir d’aliments rouge comme
du sang ou des sauterelles séchées.
samedi jour bleu et jour des enfants. Les bonnes d’enfants doivent chômer un samedi et on
doit s’abstenir d’aliments tripotés et donnés par des enfants. Une poule bleu foncé est à
agiter au-dessus des enfants accouchés.
Comme nous le verrons plus tard dans le tableau 14, parmi les 16 soralahy qui apparaissent
dans le sikidy, 12 qui ont les noms des mois influent radicalement le diagnostic du mpisikidy.
0
chercher à l’Est.
Initiation du mpisikidy
Comme dans toute société occulte, il existe un rituel au cours duquel on passe de l’état non-
mpisikidy à l’état mpisikidy. Ce n’est pas une expérience unique : l’étape d’initiation déploie
différentes formes, entre autres la suivante relatée par Callet [3].
L’initié s’en va chez le mpisikidy en apportant avec lui obligatoirement une pièce d’argent, sept
grains de riz, un jeune coq rouge et une sagaie. Le contournement de ce rituel prolonge la durée
d’apprentissage du sikidy tandis que son passage accélère l’accomplissement du mpisikidy. Le
poulet est occis à l’entrée de la case du mpisikidy et mangé par les deux parties avec la crête
assignée à l’initié.
L’initié rejoint le pilier au centre de la case. Il boit de l’eau contenant du sable géomantique et le
jus d’une mousse végétale. Tous ses doigts de la main droite sauf l’auriculaire, son poignet droit
et son coude droit sont entaillés ; les liquides susmentionnés sont déversés sur les blessures. Cela
sacrera son toucher. Sa langue est lésée aussi ; lesdits liquides sont versés dessus. Cela sacrera
sa parole.
Pour ce qui en est de la sagaie, le mpisikidy la saisit. Les objets suivants, fournis par l’initié :
poil de bœuf noir. poil de bœuf roux, poil de bœuf blond, de l’argent, de la viande grasse, de
l’eau pure sont déposés sur un sahafa. Le mpisikidy pique le tout avec la sagaie puis énonce
une prière dans ce sens :
« Dieu créateur, auteur de tout, ainsi que dieux mâles et femelles, nous ne savons rien
par nous-mêmes mais comptons sur vous, donnez-nous de la connaissance, bénissez-
nous ».
Les objets piqués répandent un jus que l’initié boit. La sagaie est gardée par le mpisikidy.
Par la suite, Ranakandriana transmet des révélations à l’initié.
Évidemment, on ne devient pas mpisikidy du jour au lendemain suite à ce rituel. Même entre
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 12
mpisikidy officiants, il y a une différence entre mpisikidy « qui sait » et mpisikidy « qui sait peu
». L’apprentissage à part entier s’étend sur plusieurs mois et engage un initié et un initiateur,
un mpisikidy expert qui sera son mentor. Cet apprentissage comporte deux stades :
apprentissage passif l’initié est un observateur muet de l’initiateur, se contentant de se mé-
moriser ses gestes et méthodes à l’ouvrage
apprentissage actif l’initié est stagiaire, il tire les graines et diagnostique en présence de son
maître qui, le client parti, lui explique ce qu’il a bien ou mal fait.
Ramamonjisoa [8] partage la pratique suivante quant à la cueillette pour l’initié de ses graines
de sikidy à lui, celles qu’il conservera et transmettra à ses descendants . L’initié va dans la forêt
et lance une sagaie les yeux fermés sur un arbre quelconque. S’il a touché, c’est indicatif de
son expertise en tant que futur mpisikidy : il excellera dans son art, guérissant tous, devinant
tout. L’arbre touché fournira les graines pour son sikidy. Il insulte aussi des arbres. S’íls fanent
sur-le-champ des suites de ses imprécations, cela prédit sa puissance de maudisseur qui est une
qualité recherchée pour un mpisikidy.
Source : [Link]
Ce qui succède nous est expliqué en détail par Achser [1] et Anona [2]. L’opération commence
par le famohazan-tsikidy dit encore toka sikidy que nous avons déjà épelé. Il s’achève
différemment selon la situation qui est présentée au mpisikidy, ainsi que l’a précisé Vig [10].
Par exemple, dans le cas d’une maladie :
« Voilà un tel qui est malade, qui souffre ; nous ignorons ce qui le fait ainsi souffrir.
C’est pour que vous nous le disiez que nous vous questionnons, ô sikidy ! Vous qui
pouvez interroger Zanahary. C’est pour cela que j’attends une réponse. Dites-nous
ce qui le rend malade. Dites si ce sont les maléfices d’un sorcier. Dites si c’est un
mauvais vintana. Dites si c’est la colère des esprits offensés. Dites si ce sont les
esprits. Dites si c’est un fady qu’il a transgressé. Dites si c’est un vœu qu’il a omis
d’accomplir. Dites-nous la vérité, car si vous mentez j’en aurai grand-honte et si
vous dites la vérité, j’en serai très heureux. Mais si vous mentez, ne serait-ce qu’une
fois, pendant plus de dix ans, personne ne vous croira plus ».
Le mpisikidy, assis par terre tourné vers l’Est, dispose en face de lui d’une natte. À sa gauche,
en tas, les graines de fano (piptadenia chrysostachys) ou de bois noir (albizzia lebbeh) ou tout
autre petit objet susceptible de suppléer à ce besoin. En pays merina, on se sert communément
de graines de Caesalpinia sepiaria tandis que dans le Sud et l’Ouest, on préfère des graines de
kily (tamarindus indica). Après le toka sikidy, le mpisikidy dispose en face de lui quatre tas tout
à fait aléatoires à partir des graines. Il retire successivement deux graines de chaque tas jusqu’à
ce que, au lieu de chaque tas, il reste une ou deux graines. ( C’est-à-dire que si le tas est pair, il
reste deux et s’il est impair, il reste 1). De ces restes, il forme sur la natte une première colonne
verticale. Il réitère l’opération. Cette seconde colonne est sise à droite de la première. Ainsi de
suite, on s’arrête avec la quatrième colonne. La matrice ainsi formée, à quatre lignes et quatre
colonnes, est dénommée matrice-mère. Au cours de ce travail, nous remplaçons les 2 de la
matrice-mère et plus tard de la matrice-fille par 0. Notons qu’on a réalisé une correspondance
depuis M4 (N) vers M4 (Z/2Z).
3 1 3 10 1 1 1 0
12 12 12 12 0 0 0 0
Exemple 1.1. S = 8 9 16 7 ∈ M4 (N) 7→ M = 0 1 0 1 ∈ M4 (Z/2Z)
5 10 13 27 1 0 1 1
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 14
d
a est la tête du soralahy
b est la poitrine du soralahy
c est les hanches du soralahy
d est les pieds du soralahy
l’ensemble {a, b} est le haut du soralahy
l’ensemble {c, d} est le bas du soralahy
Remarque.
— Si la somme des coordonnées d’un soralahy est 0, ce soralahy est dit prince.
— Si la somme des coordonnées d’un soralahy est 1, ce soralahy est dit esclave.
La somme s’effectue dans Z/2Z. Voir tableau 12 pour les règles de cette addition.
Remarque. Dans la matrice-mère, la lecture du soralahy s’effectue de haut en bas pour les
colonnes et de droite à gauche pour les lignes.
Tout au long de ce mémoire, nous noterons P4 P3 P2 P1 les colonnes de la matrice-mère
P5
P6
P7 les lignes de la matrice-mère avec P1 son premier soralahy et P8 son dernier soralahy
et
P8
par ordre de lecture. En voici les noms ainsi que la traduction française :
P1 tale le postulant
P2 harena les richesses
P3 fahatelo les parents éloignés
P4 vohitra le village
P5 zatovo na fianahana le jeune homme
P6 mariny na andevo le vieillard
P7 vehivavy femme
P8 fahavalo ennemi
0
0
P1
1
1
1
0
P2
0
1
1
0
P3
1
0
1
0
P4
0
1
0
1
P5
1
1
0
0
P6
0
0
1
0
P7
1
0
1
1
P8
0
1
L’opération ne s’arrête pas là. Il s’agit à présent de construire la matrice-fille. Comme son
nom l’indique, elle est établie à partir de la matrice-mère.
Définition 1.2. La matrice-fille est une matrice D ∈ M4,8 (Z/2Z) dont les lignes n’ont pas de
nom.
Ses colonnes sont les sommes de colonnes et de lignes de la matrice-mère et de colonnes
d’elle-même ainsi que l’indique la définition suivante :
Définition 1.3. Soient, P9 , P10 , P11 , P12 , P13 , P14 , P15 , P16 les colonnes de la matrice-fille par
ordre de construction c’est-à-dire de gauche à droite. Ci-dessous les équations les définissant :
P 9 = P 7 + P8
P11 = P5 + P6
P13 = P3 + P4
P10 = P9 + P11
P14 = P13 + P15
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 16
+ 0 1
0 0 1
1 1 0
Exemple 1.3. Ainsi donc, dans notre exemple 1.1, la matrice-fille devient :
Théorème 1.1. La matrice-sikidy dépend de l’effectif individuel de chacun des seize tas ini-
tialement empilés par le mpisikidy.
C’est la matrice-sikidy en tant qu’ensemble qui est sujette à la lecture et l’interprétation
du mpisikidy. Vu la simplicité de ce procédé, on peut comprendre que n’importe qui peut le
pratiquer.
Interprétation du sikidy
L’interprétation du sikidy est, en premier lieu, dépendante du mpisikidy. Pour une même
matrice-sikidy et devant une même requête, deux mpisikidy n’ont pas une même révélation.
Le sikidy n’est pas une science exacte car on ne peut pas s’appuyer les yeux fermés sur lui
pour résoudre ses problèmes. En sikidy alanana, il existe un repértoire qui liste, pour chaque
soralahy, son nom et son augure et dont se doit de mémoriser par cœur tout mpisikidy sérieux.
1 0
1
Taraiky. Maigreur. Chemin
1
Alohotsy. Argent. Malheur
1 0
1 1
1 1
1
Karija. Esclave. Froid en paroles
0
Adalo. Chef ou enfant. Pleurs
1 1
0 0
0 0
1
Alakaosy. Enfant. Mauvaises pensées
1
Alatsimay. Esclave. Mauvaises pensées
1 1
1 0
0 1
0
Adabara. Zanahary. Le plus sacré
0
Alokola. Maison. Nourriture
1 0
1 1
1 0
1
Alahasady. Deuil. Ody
0
Alabiavo. Joie. Lolo
0 1
0 0
1 0
0
Alahijana. Femme. Mort
1
Alahamora. Ombiasa. Foule. Chagrins
0 0
0 0
0 1
0
Alikisy. Terre. Faste
1
Alakasajy. Nourriture. Colère
0 0
1 1
0 1
0
Asombola. Abondance
0
Alakarabo. Brigands. Malheur
0 1
0 1
J. F. Rabedimy [6] nous fait part de la méthode suivante quant au déchiffrage de la matrice-
sikidy :
Jouons au mpisikidy.
Supposons que Perline est venue s’enquérir auprès de nous de son succès ou de son échec lors
de son prochain examen de semestre impair en vue de passage en troisième année. Supposons
exemple 1.4 la matrice-sikidy obtenue après que nous ayons manoko sikidy. En vue de l’assister
efficacement, nous procédons comme suit :
— repértorier chacun des seize soralahy ; les classer en fonction de leur location ( Est, Ouest,
Nord, Sud) , leur statut social (prince, esclave), le moment de la journée où Perline est
venue nous consulter.
— interroger de manière non-intrusive et professionnelle Perline concernant l’intensité de
ses révisions, ses résultats à l’examen blanc, sa maîtrise des leçons, le pourcentage en
général de succès annuel pour la classe de 2ème année. Cette enquête exige du tact et de
la courtoisie qu’exerce avec dextérité tout mpisikidy digne de ce nom.
Ceci étant, maintenant on applique une vérification pratiquée par tous les mpisikidy qui consiste
à vérifier les colonnes P12 , P10 , P14 , technique originellement baptisée tsy misara-telo.
Cette vérification a pour visée de vérifier la cohérence de la matrice-sikidy.
Pour la colonne P12 P12 est toujours prince. S’il ne l’est pas, la matrice-fille est incorrecte et
il faut la rebâtir.
S’il est prince, vérifions que la somme des coordonnées de P1 plus la somme des coor-
données de P5 égale la 1ère coordonnée de P12 . La somme des coordonnées de P2 plus la
somme des coordonnées de P6 égale la seconde coordonnée de P12 . La somme des coor-
données de P3 plus la somme des coordonnées de P7 égale la troisième coordonnée de P12 .
La somme des coordonnées de P4 plus la somme des coordonnées de P8 égale la quatrième
coordonnée de P12
P1 +P5 1+1+1+0+0+0+1+1=1
P2 +P6 1+0+0+1+0+0+0+0=0
P3 +P7 1+0+1+0+0+1+0+1=0
P4 +P8 1+0+0+1+1+0+1+1=1
Ce calcul qui peut paraître fastidieux ne prend que quelques secondes à un mpisikidy.
Pour la colonne P10 On effectue la somme individuelle de chacune des colonnes de la matrice-
mère. La somme de P1 est égale à la première coordonnée de P10 , la somme de P2 est
égale à la seconde coordonnée de P10 ainsi de suite. Ici,
P1 0+0+1+1=0
P2 1+0+0+1=0
P3 1+0+1+0=0
P4 1+0+0+1=0
Pour la colonne P14 On effectue la somme individuelle de chacun des rangs de la matrice-
mère. La somme de de P5 est égale à la première coordonnée de P14 , la somme de P6 est
égale à la seconde coordonnée de P14 ainsi de suite. Ici,
P5 1+1+1+0=1
P6 0+0+0+0=0
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 19
P7 0+1+0+1=0
P8 1+0+1+1=1
Ce test clos, il est important maintenant d’analyser nos différents
soralahy.
0
0
Voyons P1 , tale, qui représente notre consultante Perline.
1 signifie zanahary, le plus sacré,
1
qui est de très bonneaugure pour Perline. L’en-haut favorise ses affaires.
1
0
P2 , les richesses, est
0 qui indique maison, nourriture. Perline sera comblée de biens dans
1
le futur.
0
1
P16 qui est la maison indique 1 qui sous-entend mauvaises pensées d’où les colocataires
0
de Perline ont vraisemblablement des intentions adverses à l’endroit de l’examen de Perline.
Nous prophétisons donc à Perline que le destin est de son côté et qu’elle réussira à coup sûr
son examen pourvu qu’elle renforce ses révisions et qu’elle mette toutes les chances de son côté
à l’aide d’un ody que nous lui pourvoirons.
On remarque qu’il n’y a pas de règle fixe dans la lecture du sikidy qui est donc entièrement
tributaire des grés du mpisikidy.
Chapitre 2
Tandis que le chapitre précédent relève davantage de l’anthropologie avec des opérations
mathématiques élémentaires, ici nous entrons au vif du sujet en mettant en exergue de façon
inédite des facettes algébriques avancées du sikidy alanana, plus précisément en matière de
polynôme.
Le tableau 21 associe, pour chaque élément du tableau 14, le polynôme qui lui correspond.
Au terme de la construction de la matrice-sikidy, il s’agit à présent de traduire tous les soralahy
en polynômes. Voici comment définir les polynômes de la matrice-mère :
1 X X 2 X 3 M = P1 [X] P2 [X] P3 [X] P4 [X] (2.1)
X3 P5 [X]
X 2 P6 [X]
M
X = P7 [X]
(2.2)
1 P8 [X]
20
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 21
Nous nommerons symbole de P et noterons s(P) la valeur de P (0). Deux soralahy P ∈ F16
et Q ∈ F16 sont dits complémentaires si P + Q = 1. Nous noterons P 0 le complément de P .
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 22
fahavalo 1
ondry= m11 + m22 X + m33 X 2 + m44 X 3 (2.14)
akoho= m14 + m23 X + m32 X 2 + m41 X 3 (2.15)
fahasivy, ombiasy, nia, haky, asorotany, vahoaka, lalana,
= 1 X X2 X3 D
trano
(2.16)
lamba
amboa T
olondratsy = D
X3 X2 X 1 0 0 0 0 (2.17)
soavetivety
tsinahy= d11 + d22 X + d33 X 2 + d44 X 3 (2.18)
rà= d14 + d23 X + d32 X 2 + d41 X 3 (2.19)
tsief a = d15 + d26 X + d37 X 2 + d48 X 3 (2.20)
sakaizamanody= d18 + d27 X + d36 X 2 + d45 X 3 (2.21)
tsiary
vazimba = D 0 0 0 0 X3 X2 X 1 T
(2.22)
vehivavy hafa
firiariavana
1. P + P = 2P ≡ 0 (mod 2)
2. Commutativité dans Z/2Z
3. P + Q = R
=⇒ P + R = P + P + Q = 2P + Q ≡ Q (mod 2)
=⇒ Q + R = Q + P + Q = 2Q + P ≡ P (mod 2)
4. Associativité dans Z/2Z
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 23
5. Par définition, P + P 0 = 1
Par définition, P 0 + P 00 = 1
Par identification, P = P 00
Démonstration.
P P0
0 1 + X + X2 + X3
1 X + X2 + X3
X 1 + X2 + X3
1. 1+X X2 + X3
X2 1 + X + X3
1+ X 2 X + X3
X + X2 1 + X3
X3 1 + X + X2
Théorème 2.3. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est tsiota,
2. P est prince
3. m(P) = 0
Démonstration. (1) ⇐⇒ (3) par définition
(1) =⇒ (2) Supposons P tsiota.
a 1
b X
Par définition, P =
c X2
d X3
P est tsiota d’où P (1)=0
a + b + c + d = 0.
D’où P est prince
Théorème 2.4. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est ota,
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 24
2. P est esclave
3. m(P) = 1
d X3
P est ota d’où P (1)=1
a + b + c + d= 1.
D’où P est esclave
Théorème 2.5. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est esclave
2. P’ est prince
Démonstration. Voir tableau 22.
Théorème 2.6. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est mâle
2. s(P) = 1
Démonstration. Voir définition 2.2
Théorème 2.7. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est femelle
2. s(P) = 0
Démonstration. Voir définition 2.2
Théorème 2.8. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est femelle
2. P’ est mâle
Démonstration. Voir tableau 22.
Théorème 2.11. L’enfant de deux soralahy ayant la même masse est tsiota
Démonstration. D’après le théorème 2.2, m(P + Q) = m(P ) + m(Q)
Soit m(P ) = m(Q) = 1
=⇒ m(P+Q) = 1 + 1 = 0
D0 où P+Q est tsiota.
Soit m(P) = m(Q) = 0
=⇒ m(P+Q) = 0 + 0 = 0
D0 où P+Q est tsiota.
Théorème 2.12. L’enfant de deux soralahy ayant des masses différentes est ota.
Démonstration. D’après le théorème 2.2, m(P + Q) = m(P ) + m(Q)
Soit m(P ) = 0. Alors m(Q) = 1.
=⇒ m(P+Q) = 1 + 0 = 1
D0 où P+Q est ota.
Soit m(P) = [Link] m(Q) = 0.
=⇒ m(P+Q) = 0 + 1 = 1
D0 où P+Q est ota.
Corollaire 2.12.1.
Théorème 2.13. L’enfant de deux soralahy ayant le même symbole est femelle.
Démonstration. D’après le théorème 2.2, s(P + Q) = s(P ) + s(Q)
Soit s(P ) = s(Q) = 1
=⇒ s(P+Q) = 1 + 1 = 0
D0 où P+Q est f emelle.
Soits(P) = s(Q) = 0
=⇒ s(P+Q) = 0 + 0 = 0
D0 où P+Q est f emelle.
Théorème 2.14. L’enfant de deux soralahy ayant des symboles différents est mâle.
Démonstration. D’après le théorème 2.2, s(P + Q) = s(P ) + s(Q)
Soit s(P ) = 0. Alors s(Q) = 1.
=⇒ s(P+Q) = 1 + 0 = 1
D0 où P+Q est male
Soit s(P) = [Link] s(Q) = 0.
=⇒ s(P+Q) = 0 + 1 = 1
D0 où P+Q est male.
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 26
Théorème 2.15 (Mpisikidy). Toute matrice-sikidy vérifie les équations suivantes dites les trois
inséparables :
P10 + P16 = P14 + P1 = P13 + P2 . (2.23)
Démonstration. On a :
P12 + P16 = P1
P10 + P12 = P14
P15 =P13 + P14 = P1 + P2
1 (P1 + P2 + P3 + P4 = m(P5 )
X 2 (P1 + P2 + P3 + P4 ) = m(P6 )
X 3 (P1 + P2 + P3 + P4 ) = m(P7 )
X (P1 + P2 + P3 + P4 ) = m(P8 )
Corollaire 2.16.2.
s(P14 ) = m(P5 ) (2.27)
Démonstration. s(P14 ) = P14 (0) = m(P5 ) + m(P6 ) · 0 + m(P7 ) · 0 + m(P8 ) · 0 = m(P5 )
Corollaire 2.16.3.
m(P10 ) = m(P14 ) (2.28)
Démonstration. m(P10 ) = P10 (1) = m(P1 ) + m(P2 ) + m(P3 ) + m(P4 )
m(P14 ) = P14 (1) = m(P5 ) + m(P6 ) + m(P7 ) + m(P8 )
m(P1 ) + m(P2 ) + m(P3 ) + m(P4 ) est la somme de tous les éléments de la matrice − mère.
m(P5 ) + m(P6 ) + m(P7 ) + m(P8 ) est la somme de tous les éléments de la matrice − mère. =⇒
m(P10 ) = m(P14 )
Corollaire 2.16.4.
m(P12 ) = 0 (2.29)
Démonstration. Dans la définition 1.3. nous avons : P12 = P10 + P14
=⇒ m(P12 ) = m(P10 ) + m(P14 )
Corollaire 2.16.5. Pour toute matrice-sikidy, si on connaît trois coefficients de P12 , tous les
coefficients de P12 sont déterminés.
Démonstration. Soient S la somme des trois coefficients connus, l la constante telle que l =
m(P12 ) et m le coefficient inconnu. Il suffit de résoudre l’équation l = S + m
Corollaire 2.16.7. Pour toute matrice-sikidy, si m(P16 ) (respectivement m(P1 )) est connu,
trois coefficients de P1 (resp. P16 ) suffisent à déterminer P1 (resp. P16 ).
Démonstration. Soient S la somme des trois coefficients connus, l la constante telle que l =
m(P16 ) (respectivement l = m(P1 )) et m le coefficient inconnu. Il suffit de résoudre l’équation
l =S+m
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 28
Théorème 2.17.
1 P9 = X 3 1 + X P1
(2.31)
X P9 = X 3 1 + X P2
(2.32)
2
X P9 = X 3 1 + X P3
(2.33)
3
X P9 = X 3 1 + X P4
(2.34)
Théorème 2.18.
1 P11 = X 1 + X P1 (2.35)
X P11 = X 1 + X P2 (2.36)
2
X P11 = X 1 + X P3 (2.37)
3
X P11 = X 1 + X P4 (2.38)
Théorème 2.19.
1 P13 = X 3 1 + X P5
(2.39)
X P13 = X 3 1 + X P6
(2.40)
2
X P13 = X 3 1 + X P7
(2.41)
3
X P13 = X 3 1 + X P8
(2.42)
3
1
P 3 + P 4 = X 1
3 + X P5
X (P
2 3 + P 4 ) = X
3 1 + X P6
X 3 (P3 + P4 ) = X 3 1 + X P7
X (P3 + P4 ) = X 1 + X P8
Théorème 2.20.
1 P15 = X 1 + X P5 (2.43)
X P15 = X 1 + X P6 (2.44)
2
X P15 = X 1 + X P7 (2.45)
3
X P15 = X 1 + X P8 (2.46)
X 1 + X P9 = X 3 1 + X P15
(2.47)
3
X 1 + X P9 = X 3 1 + X P13
(2.48)
X 1 + X P11 = X 1 + X P15 (2.49)
3
X 1 + X P11 = X 1 + X P13 (2.50)
Démonstration.
Pour l’équation
2.47,
Soient l = 1 P9 et m = X P9 . =⇒ X 1+X P9 = l+m. D’après les équations dans théorème
2.17,
3
l= X 1 + X P
1
m = X 3 1 + X P2 . 3
D’après
3 la structure-même
de matrice-mère, X 1 + X P1 = 1 P7 + 1 P8
la
X 1 + X P2 = X P7 + X P8
=⇒ l + m = X 1 + X P7 + X 1 + X P8 2 3
D’après
3 les équations
dans théorème 2.20, X 1+X P 7 + X 1+X P 8 = X P 15 + X P15 =
X 1 + X P15
Démonstrations similaires pour les trois autres équations.
Théorème 2.22. L’ensemble G = {0, 1, 1 + X, X 2 + X 3 } est un sous-groupe de F16 .
Démonstration. L’ensemble G vérifie les conditions suivantes :
— L’élément neutre 0 ∈ G.
— On a vu dans théorème 2.1 que P+P=0. =⇒P−1 = P . =⇒ P our tout P ∈ G, P −1 ∈ G.
— Pour tous x, y ∈ G, x 6= y, x + y ∈ G.
Remarque. Tous les soralahy dans G sont princes.
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 30
Définition 2.3. Soient (P, Q) et (T, U ) deux couples de soralahy. (P, Q) et (T, U ) sont sorala-
hyment équivlents s’ils vérifient l’équation P + T = Q + U ∈ G.
P + Q = P̄ + Q̄ (2.51)
Démonstration. Soit G ∈ G tel que P +P̄ = Q+Q̄ = G. Nous avons P + Q = P̄ + G + Q̄ + G = P̄ + Q̄ .
Lemme 2.24. Soient P,
Q,R et S quatre soralahy.
Si P, Q, R, S est une matrice-mère,
alors P, Q, R, S et P̄ , Q̄, R, S ont la même matrice-fille.
p1 q 1 r1 s 1
p2 q 2 r2 s 2
Démonstration. Si P, Q, R, S = p3 q 3 r3 s 3 ,
p4 q 4 r4 s 4
Alors,
p1 + x q 1 + x r 1 s1
p2 + x q 2 + x r 2 s2
P̄ , Q̄, R, S = p3 + y q3 + y r3 s3 avec x,y ∈ {0, 1}.
p4 + y q4 + y r4 s4
Théorème 2.25. Quatre matrices-mères ont la même matrice-fille.
Démonstration. D’après lemme 2.24 et théorème 2.22, G a quatre éléments distincts. Il en
résulte que quatre couples de soralahy sont soralahyment équivalents. Il en est de même pour
les matrices-mères.
1 1 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 1 1 0 1
0 1 0 1 1
0 0 1 1
0 0 1 0
1 0 1
1 , , ,
0 0 1 0 1 0 1 1 0 0 1 0 1 0 1
1 0 0 1 0 1 0 1 1 0 0 1 0 1 0 1
0 0 0 1 0 1 1 0
0 0 0 0 1 0 1 1
ont la même matrice-fille
0 0
0 0 1 0 1 1
0 1 1 1 1 0 1 0
Dans le chapitre que voici, nous étudions deux types de matrices-sikidy alanana à propriétés
particulières nommés l’un fohatse et l’autre toka. Ces styles de sikidy déploient une pléthore de
théorèmes qui méritent qu’on s’y penche. En arrière-plan, nous exposons d’emblée les deux types
de partitions cardinales du sikidy alanana. Partitions cardinales c’est-à-dire répartitions des 16
soralahy dans le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest. L’une est antemoro et l’autre est antandroy. Ce
classement est disponible à partir de M. Chemillier [7].
31
CHAPITRE 3. DEUX SIKIDY SPÉCIAUX : FOHATSE SIKIDY ET TOKA SIKIDY 32
Ce classement importe du fait qu’un théorème s’applique aux deux partitions à la fois, à la
partition antemoro exclusivement ou à la partition antandroy exclusivement. Il est présenté
dans le tableau 31.
/ {0, 1}, P et P 0
Remarque. Dans les deux partitions, 0 et 1 sont dans le Sud. Pour tout P ∈
sont toujours dans des points cardinaux différents.
À noter que les théorèmes qui suivent ne sont pas le fruit de l’auteur mais des mpisikidy.
Nous nous contentons de les partager.
Théorème 3.3. Il n’existe pas de fohatse sikidy qui contienne huit apparitions de alokola ou
alikisy ou alahamora ou alahijana ou alabiavo ou adalo ou taraiky.
Démonstration.
0 1 1 1
0 1 1 1
0 1 1 1
0 0 0 0
1 1 0 0 1 1 0 1
1 1 0 0 1 1 0 1
1 1 0 0 1 1 0 1
0 0 0 0 0 0 0 0
Théorème 3.5. Il existe un unque fohatse sikidy avec 11 apparitions de alakasajy.
Démonstration.
1 0 1 1
1 0 1 1
0 0 0 0
1 0 1 1
1 1 0 0 1 1 0 1
1 1 0 0 1 1 0 1
0 0 0 0 0 0 0 0
1 1 0 0 1 1 0 1
Théorème 3.6. Il existe un unique fohatse sikidy avec 11 apparitions de alakarabo.
Démonstration.
1 1 0 1
0 0 0 0
1 1 0 1
1 1 0 1
0 1 1 0 0 1 1 1
0 0 0 0 0 0 0 1
0 1 1 0 0 1 1 0
0 1 1 0 0 1 1 1
Théorème 3.7. Il existe un unique fohatse sikidy avec 10 apparitions de alakaosy.
Démonstration.
CHAPITRE 3. DEUX SIKIDY SPÉCIAUX : FOHATSE SIKIDY ET TOKA SIKIDY 34
0 0 0 0
1 1 1 0
1 1 1 0
1 1 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0
0 1 1 0 0 1 1 0
0 1 1 0 0 1 1 0
0 1 1 0 0 1 1 0
Théorème 3.8. Il existe un unique fohatse sikidy avec 9 apparitions de taraiky.
Démonstration.
1 1 1 1
1 1 1 1
1 1 1 1
1 1 1 1
0 0 0 0 0 0 0 1
0 0 0 0 0 0 0 1
0 0 0 0 0 0 0 1
0 0 0 0 0 0 0 0
Théorème 3.9. Il existe un unique fohatse sikidy avec 9 apparitions de alakasajy.
Démonstration.
0 1 0 1
0 0 0 0
0 1 0 1
0 0 0 0
1 0 1 0 1 0 1 1
0 0 0 0 0 0 0 0
1 0 1 0 1 0 1 1
0 0 0 0 0 0 0 0
Théorème 3.11. Il existe un unique fohatse sikidy avec 9 apparitions de karija.
Démonstration.
CHAPITRE 3. DEUX SIKIDY SPÉCIAUX : FOHATSE SIKIDY ET TOKA SIKIDY 35
0 0 0 0
0 1 1 0
0 1 1 0
0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0
1 0 1 0 1 0 1 0
1 0 1 0 1 0 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0
Théorème 3.14. Il existe un unique fohatse sikidy avec 8 apparitions d’alokola.
Démonstration.
1 0 0 1
0 0 0 0
0 0 0 0
1 0 0 1
1 0 1 0 1 0 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0
1 0 1 0 1 0 1 0
Théorème 3.15. Il existe un unique fohatse sikidy avec 8 apparitions d’alohotsy.
Démonstration.
0 0 0 0
1 0 1 0
0 0 0 0
1 0 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0
1 0 1 0 1 0 1 0
0 0 0 0 0 0 0 0
1 0 1 0 1 0 1 0
Théorème 3.16. Soit A ∈ M4 (Z/2Z) une matrice-mère telle que tous les soralahy colonnes
sont identiques. Soit P la colonne soralahy. Si m(P )=0 et P ∈
/ Sud, le sikidy est toka pour les
partitions antandroy et antemoro.
Théorème 3.17. Soit A ∈ M4 (Z/2Z) une matrice-mère telle que tous les soralahy colonnes
sont identiques. Soit P la colonne soralahy. Si m(P ) = 1 et P (X) 6= X 2 , le sikidy est toka pour
les partitions antemoro et antandroy.
Exemple
3.1.
S O S S E O O N
1 0 1 1 S
0 1 1 1 N
1 0 1 1 S
1 0 0 1 O
0 0 0 0 S
1 0 0 1 O
1 1 1 1 S
1 1 1 0 E
1 1 0 0 1 1 0 1 1 1 0 0 1 1 0 1
1 1 0 0 1 1 0 1 1 0 1 0 1 0 1 1
1 1 0 1 0 0 0 1 1 0 1 0 1 0 1 1
1 1 0 1 0 0 0 0 0 1 1 0 0 1 1 0
S S S E S S S N N O E S N O E N
Un toka sikidy triple selon la partition
cardinale antandroy. Ouest, Est et Nord sont Un toka sikidy quadruple selon la partition car-
représentés individuellement par un seul dinale antemoro
soralahy.
Chapitre 4
38
CHAPITRE 4. CONSTRUCTION INVERSE D’UNE MATRICE-SIKIDY 39
déduits de 4.1, 4.2, 4.3. Un coefficient de B8 de chacune des équations 4.9 et 4.10 déterminent
B8 c’est-à-dire un coefficient du haut et un coefficient du bas.
Théorème 4.2 (Premier théorème fondamental). Quatorze (14) termes d’une matrice B ∈
M4,8 (Z/2Z) suffisent à compléter B en tant que matrice-fille.
Démonstration. À partir du lemme 4.1, trois coefficients de chacune des équations 4.5, 4.6, 4.7
et 4.8 totalisent 12 coefficients. En plus des deux coefficients de B8 des équations 4.9 et 4.10,
nous avons els quatorze coefficients nécessaires à construire la matrice-fille.
0 ∗ 0 ∗ ∗ ∗ 1 ∗
∗ ∗ ∗ ∗ 1 ∗ ∗ 0
Exemple 4.1. Soit B = 0 ∗ 1 ∗ 1 ∗ 0 1 une matrice-fille incomplète. À partir
0 ∗ 1 ∗ 1 ∗ 1 ∗
des équations
4.5, 4.6, 4.7 et 4.8nous déduisons les coefficients colorés *.
0 ∗ 0 ∗ 1 ∗ 1 ∗
1 ∗ 0 ∗ 1 ∗ 1 0
B= 0 ∗ 1 ∗ 1 ∗ 0 1 .
0 ∗ 1 ∗ 1 ∗ 1 ∗
B2 , B4 , B6 sont définis par les équations
4.1, 4.2, 4.3.
0 0 0 0 1 0 1 ∗
1 1 0 1 1 0 1 0
B= 0 1 1 0 1 1 0 1 .
0 1 1 1 1 0 1 ∗
À partir des équations 4.9 et 4.10, nous déterminons les coefficients inconnus de B8 . La matrice-
fille est
0 0 0 0 1 0 1 1
1 1 0 1 1 0 1 0
B= 0 1 1 0 1 1 0 1 .
0 1 1 1 1 0 1 0
Théorème 4.4. Étant donnée une matrice-fille, connaître un coefficient du haut de P3 (respec-
tivement P4 ) et un coefficient du bas de P4 (respectivement P3 ) suffit à déterminer entièrement
la marice-mère.
CHAPITRE 4. CONSTRUCTION INVERSE D’UNE MATRICE-SIKIDY 40
0 1 0 1
Théorème 4.5 (Deuxième théorème fondamental). Seize (16) coefficients suffisent à détermi-
ner la matrice-sikidy.
Démonstration. Les quatorze coefficients du théorème 4.2 et les deux coefficients du théorème
4.4 permet de déterminer la matrice-sikidy.
Remarque. La construction non-inverse de la matrice-sikidy requiert elle aussi les seize (16)
coefficients la matrice-mère.
Exemple 4.3. Cet exemple vise à mettre en pratique l’entièreté du Chapitre 4. Complétons la
matrice-sikidy incomplète suivante :
CHAPITRE 4. CONSTRUCTION INVERSE D’UNE MATRICE-SIKIDY 41
1
1 1 0
1 1 1 0
0 1 0
0 0 0 0
1
1 0 1 1 0
1 1 1 0
1 0 1 0 0
0 0 0 0
1
1 1 0 1 1 0 1 0
1 0 1 1 1 1 0
1 1 0 0 1 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0
1
1 1 0 1 1 0 1 0
1 0 1 1 1 1 0 0
1 1 0 0 1 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0 1
CHAPITRE 4. CONSTRUCTION INVERSE D’UNE MATRICE-SIKIDY 42
Déterminons P1 et P2 .
0 0 1
1 1
0 0
1 1 1
1 1 0 1 1 0 1 0
1 0 1 1 1 1 0 0
1 1 0 0 1 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0 1
Déterminons P3 et P4 .
0 1 0 1
0 1 1 1
1 0 0 0
1 1 1 1
1 1 0 1 1 0 1 0
1 0 1 1 1 1 0 0
1 1 0 0 1 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0 1
Conclusion
En définitive, en premier lieu nous avons introduit le lecteur dans le monde du sikidy alanana.
En deuxième lieu, nous avons montré les théorèmes définissant la version polynomiale du sikidy
alanana.
En troisième lieu, nous avons énoncé des théorèmes concernant le fohatse sikidy et le toka sikidy
qui sont deux types de sikidy alanana.
En quatrième lieu, nous avons expliqué comment combler une matrice-sikidy incomplète, abou-
tissement de tous les théorèmes visités précédemment.
En plus de traduire mathématiquement des principes du sikidy déjà existants, nous contribuons
des théorèmes nouveaux qui enrichissent les références concernant le sikidy alanana.
Nous espérons par ce travail renouveler voire créer un intérêt du public pour une science en
général désertée des Malagasy quoique partie intégrante de notre culture.
43
Bibliographie
[2] Anona, F. (2016). Mathematical aspects of sikidy. J. Gen. Lie Theory Apl. 10 S2 , 1–3.
[3] Callet, R. (1908). Tantara ny andriana (Deuxième édition ed.), Volume Tome 1, Chapter
Ny nanjakan’ Andriamanelo teo Alasora, pp. 82–133. Imprimerie Nationale.
[4] Decary, R. (1970). La divination malgache par le sikidy, Volume Volume IX of Sixième
série. Paris : Librairie Orientaliste Paul Geuthner.
[10] Vig, L. (2006). Croyances et mœurs des malgaches, Volume Fascicule 2. Fiangonana
Loterana Malagasy.
vii
Annexe
viii
BIBLIOGRAPHIE ix
Titre du mémoire :
Modélisation cognitive :
Règles mathématiques du sikidy alanana
Nombre de pages 56
Nombre de tableaux 8
Nombre de figures 2
Mots-clés sikidy, matrice-sikidy, mpisikidy, fohatse, toka, soralahy
Abstract
This thesis, entitled « Cognitive modelling : Mathematical rules of sikidy alanana », translates
into mathematics the sikidy alanana. The reader makes acquaintance with the history and
specifics of sikidy alanana, plus the numerical modus operandi of sikidy alanana. Soralahy are
translated and linked between one another as polynomials. Two types of sikidy called fohatse
and toka are introduced and explained. We build a complete matrix-sikidy from an incomplete
matrix-sikidy.
Keywords : sikidy, matrix-sikidy, mpisikidy, fohatse, toka, soralahy