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Memoiremaster

Ce document est un mémoire de Master présenté par Rakotovao Valisoa Miavaka Voninahitra Ambinintsoa à l'Université d'Antananarivo, portant sur la modélisation cognitive et les règles mathématiques du sikidy alanana. La soutenance a eu lieu le 16 juin 2023 devant une commission d'examen composée de plusieurs professeurs et docteurs. Le mémoire inclut des remerciements, des notations, des symboles, ainsi qu'une introduction sur le sikidy et ses implications dans les sciences cognitives.

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Ce document est un mémoire de Master présenté par Rakotovao Valisoa Miavaka Voninahitra Ambinintsoa à l'Université d'Antananarivo, portant sur la modélisation cognitive et les règles mathématiques du sikidy alanana. La soutenance a eu lieu le 16 juin 2023 devant une commission d'examen composée de plusieurs professeurs et docteurs. Le mémoire inclut des remerciements, des notations, des symboles, ainsi qu'une introduction sur le sikidy et ses implications dans les sciences cognitives.

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N d’ordre : Année universitaire : 2019-2020

Université d’Antananarivo
École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo
Domaine : Sciences de l’ingénieur
Mention : Ingénierie des Systèmes Avancés
Parcours : Sciences Cognitives
Mémoire en vue de l’obtention du diplôme
Master à visée de recherche

Modélisation cognitive :
Règles mathématiques du sikidy alanana

Présenté par Rakotovao Valisoa Miavaka Voninahitra Ambinintsoa

Soutenu le 16 juin 2023 devant la Commission d’examen composée de :

Président Monsieur Andriamanohisoa Hery Zo, Professeur


Examinateurs Monsieur Robinson Matio Hobihery, Maître de Conférences
Monsieur Randriamamonjy Liantsoa Johary, Docteur
Monsieur Maherindrainibelahasa Ratsimamitaka Édouard,
Docteur
Directrice Madame Rakotondrajao Fanja, Professeure
de mémoire
N d’ordre : Année universitaire : 2019-2020

Université d’Antananarivo
École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo
Domaine : Sciences de l’ingénieur
Mention : Ingénierie des Systèmes Avancés
Parcours : Sciences Cognitives
Mémoire en vue de l’obtention du diplôme
Master à visée de recherche

Modélisation cognitive :
Règles mathématiques du sikidy alanana

Présenté par Rakotovao Valisoa Miavaka Voninahitra Ambinintsoa

Soutenu le 16 juin 2023 devant la Commission d’examen composée de :

Président Monsieur Andriamanohisoa Hery Zo, Professeur


Examinateurs Monsieur Robinson Matio Hobihery, Maître de Conférences
Monsieur Randriamamonjy Liantsoa Johary, Docteur
Monsieur Maherindrainibelahasa Ratsimamitaka Édouard,
Docteur
Directrice Madame Rakotondrajao Fanja, Professeure
de mémoire
Remerciements

Ma reconnaissance première et principale revient à Jésus-Christ de Nazareth. Je Le bénis


de dispenser un Master de l’Université d’Antananarivo à une personne comme moi.

Les individus estimés suivants sont l’objet de ma gratitude :


— Pr Ravelomanana Mamy Raoul, Président de l’Université d’Antananarivo
— Pr Rakotosaona Rijalalaina, Directeur de l’École Supérieure Polytechnique d’Antana-
narivo
— Pr Randimbindrainibe Falimanana
— Pr Andriamanohisoa Hery Zo, qui me fait l’honneur de présider le jury
Je remercie tous mes examinateurs, en l’occurence :
— M. Robinson Matio Hobihery, Maître de Conférences et Responsable de la Mention
Ingénierie des Systèmes Avancés. Je lui suis éternellement redevable de m’admettre dans
sa mention.
— M. Randriamamonjy Liantsoa Johary, Docteur
— M. Maherindrainibelahasa Ratsimamitaka Édouard, Docteur
En particulier, Pr Rakotondrajao Fanja qui m’a donné le sujet de mémoire que voici.

Je remercie tous mes proches de leur soutien moral, physique et financier tout au long de
mes études, en particulier lors de la rédaction de ce mémoire.

Je remercie Neny de son amour intarissable.

Une pensée spéciale pour Dadabe et Rabeby qui auraient aimé assister à ma soutenance.

Que tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’accomplissement de ce mémoire soient
assurés de ma gratitude.

i
Notations et symboles

(P̄ , Q̄) couple de soralahy soralahyment équivalement à (P, Q)


(mij )i,j matrice
  
X 1 + X P la somme des deux éléments du haut du soralahy P
 3 
X 1 + X P la somme des deux éléments du bas du soralahy P
 i 
X P coefficient du polynôme P pour le degré i de l’indéterminée X avec i ∈ 0, 1, 2, 3
F16 Corps de Galois de cardinal 16
N ensemble des entiers naturels
Z ensemble des entiers relatifs
Z/2Z[X] ensemble des polynômes dont les coefficients sont 0 et 1
Z/nZ anneau quotient
m(P ) valeur de P (1)
Mn ensemble des matrices carrées de dimension n
Mn,p ensemble des matrices à n lignes et p colonnes
Mn,p (Z/nZ) ensemble des matrices à n lignes et p colonnes dont les coefficients sont dans Z/nZ
Mn (Z/nZ) ensemble des matrices carrées de dimension n dont les coefficients sont dans Z/nZ
n(P ) nombre d’apparitions de 0 dans un soralahy P ∈ F16
P 0 (X) complément du polynôme P (X)
P (X) traduction polynomiale d’un soralahy de la matrice-sikidy
s(P ) valeur de P (0)
0 le polynôme nul nommé asombola
1 le polynôme 1 + X + X 2 + X 3 nommé taraiky

ii
Table des figures

11 Répartition des 28 destins dans les 12 mois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8


12 Matrice-sikidy en réalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

iii
Liste des tableaux

11 Nom de la matrice-mère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
12 Addition dans Z/2Z . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
13 Nom de la matrice-fille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
14 Répertoire des soralahy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

21 Traduction des seize soralahy en polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20


22 Liste des compléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
23 Somme des couples (m, s) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

31 Les deux partitions cardinales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

iv
Glossaire

antandroy Les Antandroy ou Ntandroy – « ceux qui vivent dans les épines » – sont un peuple
de Madagascar présent dans l’extrême sud de l’île, dans une région aride couverte de
ronces.. 31
antemoro Les Antaimoro (ou Antemoro ou Antimorona) – « ceux du rivage » – sont un
peuple de Madagascar qui vit principalement dans le sud-est de l’île, s’étendant du district
de Vohipeno au district de Manakara dans la Province de Fianarantsoa, dans la région
Fitovinany.. 31

faditra offrande pour « réparer » une mauvaise chance ou écarter un danger. Peut être de
forme animale, végétale ou minérale selon la situation. 9, 10
fanjambana se traduit en « aveuglement ». Objet magique qui conduit à l’invisibilité de son
utilisateur. 3

malagasy originaire de Madagascar dont le père et la mère ont été Malagasy avant lui ou
elle. Ne sont pas inclus les étrangers nés à Madagascar et/ou ayant acquis la nationalité
malagasy. Sont inclus les natifs nés à l’étranger et/ou ayant acquis la nationalité de leur
pays d’accueil. Dans le cas de métisses, le débat reste ouvert.
Invariable en genre et en nombre comme tous les substantifs et adjectifs de la langue. 1
mpisikidy est le practicien du sikidy. 1

ody objet magique à visée spécifique dispensée par le mpisikidy. Composants selon les besoins
du consultant. 18

sahafa récipient en métal de forme parabolique incontournable de la cuisine malagasy . 11


sampy courte brindille offerte par Anankandriana faisant office de déité. 2
sikidy vient de l’arabe sikhl qui signifie « figure ». Défini comme suit par Raoelison [9] :«
Science de prédiction du futur et de connaissance de secrets par le biais de brassage de
grains de haricots ou de fano, très difficile pour les non-initiés ». Par extension, désigne
ledit grain utilisé. 1
soralahy vecteur à quatre dimensions dont les coordonnées sont uniquement les entiers naturels
{0, 1}. 1, 13

v
Table des matières

Remerciements i

Notations et symboles ii

Table des figures iii

Liste des tableaux iv

Glossaire v

Introduction 1

1 Généralités sur le sikidy alanana 2


1.1 La naissance du sikidy à Madagascar . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
La version Anakandriana . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
La version depuis Menabe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
La version depuis Morondava . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Caractéristiques du sikidy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Les plantes et le sikidy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
L’astrologie et le sikidy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Initiation du mpisikidy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Construction mathématique du sikidy alanana . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Les équations définissant le sikidy alanana . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
Interprétation du sikidy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

2 Représentation polynomiale des soralahy 20


2.1 Traduction polynomiale des soralahy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2 Propriétés de ces polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

3 Deux sikidy spéciaux : fohatse sikidy et toka sikidy 31


3.1 Fohatse sikidy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.2 Toka sikidy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35

4 Construction inverse d’une matrice-sikidy 38


4.1 Construction inverse de la matrice-fille . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
4.2 Construction inverse de la matrice-mère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

Conclusion 42

Bibliographie vii

Annexe vii

vi
Introduction

Couramment, l’entente du terme sikidy évoque l’image d’un individu peu accompli acadé-
miquement, accoutré de manière barbare, versé dans les sciences occultes, monnayant aux naïfs
leur avenir. Or, le sikidy auparavant était monnaie courante dans la vie du Malagasy avec plus
ou moins tous les Malagasy connaissant les rudiments du sikidy et sikidy-ant souvent pour
eux-mêmes. Depuis la colonisation chrétienne, le sikidy n’intéresse plus voire répulse du fait de
passages bibliques qui paraissent le condamner.
Le sikidy s’inscrit dans les sciences cognitives de par sa prétention à, par le biais d’une tech-
nique numérique établie, savoir des choses cachées que ce soit l’avenir, l’issue d’une maladie
ou par exemple la location d’un voleur. Bien que l’implication d’éléments surnaturels dans la
pratique du sikidy soit sans équivoque, la partie numérique permet de la ranger dans le cercle
des sciences. Sur la question d’exactitude ou d’infaillibité de l’interprétation du mpisikidy, elle
est subjective et laissée au jugement de tout un chacun d’où nous ne nous attarderons pas sur
le sujet.
Si le sikidy décompte en tout quatre types à savoir le sikidy joria, le sikidy alanana, le sikidy
alakarabo et le sikidy adabaray, notre travail ici présent se porte sur le sikidy alanana. En ana-
lysant l’aspect mathématique du sikidy alanana, ce dont le présent mémoire fait l’objet, nous
remarquons que les Malagasy, des siècles avant l’introduction du système éducatif occidental,
maîtrisaient le concept de nombre binaire qui est d’importance capitale en informatique, sans
compter que ladite opération « maneraka » en sikidy n’est autre qu’une opération matricielle
en algèbre linéaire.
Dans le premier chapitre, nous jouons les entremetteurs entre le lecteur et le sikidy, son histo-
rique, ses caractéristiques, les équations définissant le sikidy alanana.
Dans le second chapitre, nous traduirons les soralahy de manière polynomiale.
Dans le troisième chapitre, nous démontrerons mathématiquement des théorèmes déjà en exis-
tence afférant des types de sikidy dits fohatse sikidy et toka sikidy.
Dans le quatrième chapitre, nous expliquerons comment bâtir une matrice-mère à partir d’une
matrice-fille.

1
Chapitre 1

Généralités sur le sikidy alanana

1.1 La naissance du sikidy à Madagascar


Les récits suivants demeurent des légendes du fait qu’ils incluent des éléments invisibles et
des faits historiques non prouvés.

La version Anakandriana
Nous devons le récit suivant à Callet [3] seul scribe officiel recensé de cette histoire.
D’après ce manuscrit, Anakandriana est une entité ni homme ni bête, invisible, audible, arbi-
traire du choix de ses oracles. Il loge dans des grottes parmi lesquelles celle à l’est d’ Ambohi-
traza, à Fandàna à l’est d’Ambohimanambola ... Pleins de gens y voyagent en vue de prières, de
doléances, d’offrandes d’argent. Ceux à qui il daigne communiquer deviennent mpisikidy (res-
pectivement mpitahiri-sampy) selon qu’Anakandriana leur octroie un sikidy (respectivement
un sampy). Le sikidy peut se présenter sous différentes formes :
— une poignée de sable
— un grain de maïs
— un grain de haricot
— un grain de fano
— un brin d’herbe
tandis que le sampy est essentiellement un bout de bois. À l’occasion, Anakandriana émet
le discours suivant « Ne dissimulez point mes cadeaux, révélez-les à tout le monde, ils me
représentent au sein de l’Humanité ».
Peu après, le mpisikidy sait mamoaka voafano qui est l’action de brasser les grains de sikidy. Il
consiste en une technique que nous expliquerons dans la section 1.3. Les sikidy objets deviennent
des héritages qu’on se transmet de génération en génération. Nombreux sont les sikidy qui datent
de plusieurs générations passées. Parmi les mpisikidy, autant il y en a qui « entendent une voix
», autant il y en a qui n’ont pas besoin de l’entendre.
En gros, sikidy, sampy, rêves sont tous œuvres d’Anakandriana.
Le sikidy représente pour le Malagasy le salut. On consulte le sikidy pour les motivations
suivantes :
— la recherche d’objets perdus
— l’arrivée ou non de visiteurs
— la vie ou mort d’un fœtus
— l’achat d’un terrain

2
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 3

— l’issue d’un combat de taureaux


— un esclave qu’on souhaite acquérir
— la location d’un voleur
— ...
Les secrets révélés chez la grotte d’ Anakandriana ou dans le sanctuaire du mpisikidy s’avèrent
la plupart du temps vrais.
Par exemple, lorsqu’on demande à Anakandriana un médicament, il le tend avec une main
invisible et on entend simplement « Voici pour toi ». Beaucoup sont guéris grâce à lui, beaucoup
périssent faute de ne pas avoir recours à lui car lui seul connaît le remède, d’où la foi immuable
en sa puissance.
Hiérarchiquement, Anakandriana est au-dessous du dieu crèateur et au-dessus du sampy vu que
c’est lui qui dispense et sanctifie le sampy.
Les anakandriana ( ils forment un peuple, non une entité omniprésente) sont genrés : il y a des
Anakandriana mâles et des Anakandriana femelles.
On ne s’attitre pas mpisikidy, mpanandro, mpanitsakandro de son propre chef. On le
devient par décret et grâce d’ Anakandriana. Anakandriana ne fait pas de distinction de sexe
c’est-à-dire il peut nous choisir qu’on soit mâle ou femelle.
Les dieux dans la culture malagasy regroupent deux catégories :
— Un dieu créateur
— Des petits dieux qui sont les sampy. Ils sont genrés.
Tous sont priés sans distinction en vue de protection, de bénédiction, de faveur ...
Avant le sikidy, la formule suivante dite famohazan-tsikidy ou ses variantes est d’usage :
« fohafoha ny sikidy, fohafoha ny alanana ! tamy ny Ranakandriana, tamy ny Be-
somotra, tamy ny Bevolombava tompo ny sikidy : avia manoloana : Zanahary lahy
zanahary vavy ! andriamanitra any ambony elanelana ny lnitra sy ny tany ! andria-
manitra eto ambany elanelana ny tany sy ny olombelona : avia manatrika avia
manoloana, avia milaza ny faditra hifadirana sy ny soron-kisoronana » 1 .
Si les paragraphes précédents décrivent la transaction du sikidy depuis Ankandriana vers les
Hommes, nous élaborerons à présent sa naissance, en d’autres termes comment le sikidy a vu
le jour.
Anakandriana a refilé le sikidy pour la première fois à deux tiers de sexe masculin dénommés
Zafintakara et Zafitsimaito, ancêtres de l’ethnie dite Tanosy. L’évènement a lieu au Sud de
l’Île, dans une plage non nommée. Ils ont croisé des anakandriana multiples en train de se
nager. Le sikidy se présente alors sous forme de sable noir étendu sur des rochers dans l’eau.
Les anakandriana leur tendent des tablettes en pierre imprimées d’écritures. Au cours d’un
échange verbal entre les deux parties, les inhumains expliquent que ces écritures recèlent des
revelations concernant le sikidy, les sacrifices, les conjurations contre les mauvais sorts, les
sampy, les médicaments végétaux ... Ces messieurs requièrent ensuite du fanjambana que les
anakandriana refusent de prime abord de crainte qu’il soit employé à des fins criminelles mais
consentent ensuite à condition qu’il soit appliqué uniquement dans un contexte d’auto-défense
contre un assaillant.
Les deux messieurs deviennent maîtres du sikidy. Ils transmettent leur connaissance à leurs
concitoyens en commençant par deux individus nommés Kiboandrano et Raborosy. C’est ainsi
que la technique du sikidy, le data concernant les sacrifices, les conjurations contre les mauvais
1. En français, se traduit grossièrement en : « Réveille-toi sikidy, reveille-toi alanana. Venez, Anakandriana,
Besomotra, Bevolombava. Confrontez, messieurs et mesdames les dieux. Dieux d’en-haut, dieux d’ici-bàs, dites-
nous comment conjurer le sort et quoi sacrifier »
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 4

sorts, les sampy, les médicaments végétaux se propagent à travers Madagascar. Toutefois, la
communication avec Anakandriana reste clé dans l’interprétation du sikidy : on ne sait pas du
tout lire le sikidy sans l’assistance d’ Anakandriana.

La version depuis Menabe


La version suivante de la naissance du sikidy nous est transmise par J. F. Rabedimy [5]. Ici,
l’action se situe dans la Côte Ouest de Madagascar, au sein du groupe ethnique sakalava.
« Il y eut un homme appelé RASOLO. Il fit des études sur l’islam à la Mecque,
en Arabie. A la fin de ses études, il decida de quitter le pays. Mais avant de quitter
ce pays, il épousa une fille issue d’une grande famille de la Mecque. Un vendredi, le
couple quitta le pays.
RASOLO et sa femme traversèrent la mer a pied. Et la mer s’ouvrit en leur donnant
passage pour se refermer aussitot après, derrière eux. RASOLO marcha devant, muni
d’une canne qui fendit les eaux. Sa femme, les bagages bien calés sur la tête, le suivit
par derrière.
Après des jours et des semaines de traversée, ils arrivèrent sur une ile. Ce fut l’île
Sainte-Marie, qui autrefois s’appelait : « Nosy Ibrahima » (ile Ibrahim). RASOLO
et sa femme y séjournaient pour longtemps. La, ils eurent des enfants dont deux
garcons et deux filles.
Lorsque ces quatre enfants atteignirent l’âge du mariage, RASOLO fit fermenter
deux cruches d’alcool.
Un vendredi, il appela les deux premiers enfants, un garcon et une fille. Ils les firent
asseoir sur une natte faisant, face a l’Est. Le garcon etait place au Nord et la fille
au Sud. Puis RASOLO se mit a prier pour ses enfants, en récitant des formules
incantatoires. Après cette priere, les deux enfants se marièrent. RASOLO en fit
de même pour ses deux autres enfants. A la fin de l’operation, les quatre enfants
devinrent époux et épouses. Et les descendants de ces deux couples peuplèrent la
partie Est de la grande île. On appela ces habitants Vazimba. La femme de RASOLO
vieillit. RASOLO, le mari, s’enterra pendant six mois sans que la tombe fût bouchee.
Après six mois d’auto- enterrement, RASOLO retrouva sa jeunesse. Il retourna à
La Mecque, avec sa vieille épouse. Là, RASOLO épousa une autre jeune fille de la
Mecque, issue elle aussi d’une grande famille. Et il revint encore une fois dans l’île
Ibrahim. De cette seconde union naquirent huit enfants (quatre garcons et quatre
filles), à savoir :
1. TALE
2. MALY
3. FAHATELO
4. BILADY
5. FIANAHANA
6. ABIDY
7. BETSIMISAY
8. FAHAVALO
Les quatre garcons et les quatre filles se marièrent entre eux et mettent à leur tour
quatre enfants, a savoir
1. FAHASIVY
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 5

2. HAJA
3. LALA ou LALANA
4. SOROTA ou SOROTANA
Ces quatre enfants, dont deux garcons et deux filles, donnèrent naissance à deux
autres enfants qui sont :
1. OMBIASA
2. SELY ou TOVOLAHY
Ces deux enfants (un garcon et une fille) donnèrent naissance a HAKY . Mais
contrairement a tous ses ascendants, HAKY n’enfanta pas immédiatement. Il etait
un enfant bizarre et, a cause de cela, ses parents ne voulurent point le garder auprès
d’eux. En fait, il avait des dons particuliers et ne ressemblait a aucun enfant de
son âge. Abandonné par ses parents, HAKY vivait dans la solitude. Supportant mal
cette solitude, il demanda alors secours a TALE, son arrière grand-père. Celui-ci
accepta de l’elever. Parvenu a l’age adulte, il finit enfin par enfanter, lui aussi. Mais
son fils n’a plus donne d’enfant. Mais, en contrepartie, il etait devenu plus grand
devin du village ainsi que de tous les gens qui peuplent la Grande ile. Toutes ces
gens essaimées cà et là, des Côtes aux Hautes Terres ne sont que des descendants
de RASOLO ».
Ce récit met en emphase les différents soralahy présents dans la matrice-sikidy. En premier lieu,
les huit enfants sont les huit soralahy de la matrice-mère.
En second lieu, leurs quatre enfants respectifs sont les huit soralahy dits première génération.
En troisième lieu, leurs deux enfants respectifs sont les deux soralahy dits seconde génération.
En quatrième lieu, leur enfant unique dit troisième génération.
En cinquième lieu, son enfant unique dit quatrième génération qu’il a engendré à l’aide de son
ancêtre TALE. Nous expliquerons cela en détail dans la partie 1.3.

La version depuis Morondava


Cette version a également été consultée dans J. F. Rabedimy [5] :
« Le sikidy vient de MAMAKIVATOHARANA dont l’outil magique était une
tablette de cristal sur laquelle sont gravées les figures. Avec cette tablette, il soigne
les malades, rend riche les pauvres, accompagne les personnes qui désirent avoir
des enfants. Par la suite MAMAKIVATOHARANA transmet sa science a BABA-
MINO. Pour soigner les malades, enrichir les pauvres et rendre un couple fécond,
BABAMINO n’a plus besoin de consulter sa tablette de cristal. Il lui suffit tout
simplement de s’installer au pied d’un grand arbre appelé iabovahitse. Et à l’ombre
de cet arbre il arrive a soigner toutes les personnes venues pour le consulter. Et
comme talisman :
— aux gens de l’Est, il donne les feuilles sommet de l’iabovahitse ;
— aux gens du Nord, il donne les branches de l’iabovahitse ;
— aux gens de l’Ouest, il leur donne la racine de l’iabovahitse ;
— aux gens du Sud, il leur offre les écorces de l’iabovahitse.
De bouche à oreille, le nom de BABAMINO a fini par courir sur toutes les lèvres
et son autorité va en s’amplifiant. Personne n’arrive a le rivaliser et, très vite, il est
devenu incontournable.
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 6

Malheureusement, un jeudi, le célèbre BABAMINO a commis une faute impardon-


nable, en voulant se mésuser avec Zanahary (le Dieu createur). Furieux, ce dernier
le priva de son pouvoir magique qui lui permet de lire directement les présages.
En revanche, il le laissa soulager la souffrance des humains. Depuis, BABAMINO
continue de soigner les gens et de les accompagner dans leur projet de vie. Mais
pour ce faire, il sera désormais obligé de consulter systématiquement ses graines de
sikidy ».
Dans cette légende et celle d’Anakandriana, on identifie une trame commune de listes de so-
lutions toutes faites d’origine surnaturelle dictées sur des tablettes de pierre à l’endroit des
humains pour leur bien, de magiciens que les non-magiciens quièrent pour tous leurs soucis,
d’objets sikidy à caractère végétal, et de technique de brassage de sikidy.

1.2 Caractéristiques du sikidy


Au sein de cette section, nous élaborons des attributs essentiels du sikidy à savoir la primauté
de la flore dans son efficience, ensuite sa relation fusionnelle avec l’astrologie et enfin nous
narrerons l’initiation de l’élève-mpisikidy.

Les plantes et le sikidy


D’ores et déjà, l’objet déplacè lors de la lecture du sikidy, s’il n’est pas minéral (pierre,
sable) est toujours végétal (haricot, maïs, fano etc).
Ramamonjisoa [8] nous fait comprendre que dans la région Sud-Ouest du pays, les mpisikidy
possèdent tout un stock de volohazo qui sont des morceaux de bois spécifiques à vertu thé-
rapeutique. Mais juste l’ingestion orale du volahazo ne suffit pas à vaincre la maladie. Elle
est additionnée à des ingrédients comme du rhum, du parfum ou/et du miel ... et bénie par
une incantation magique du mpisikidy. Le traitement prescrit par le mpisikidy n’est pas dû à
la pratique ou l’expérience mais lui est soufflé par une entité surnaturelle baptisée dans cette
le région le kokolampy en qui nous pouvons voir une réinterprétation du ranakandriana. En
somme, le remède offert chez le mpisikidy est obligatoirement à base végétale.
En sa qualité de guérisseur traditionnel, le mpisikidy a une connaissance très étendue sur les
propriétés curatives d’une telle ou telle plante. En fait, comme en médecine, il existe chez les
mpisikidy un lexique pharmarceutique où les remèdes d’à peu près toutes les maladies sont
recensés. Ce n’est pas un littéral ouvrage mais des connaissances qu’ils se passent entre eux,
héritées des mpisikidy qui les ont précédés. D’origine, ces recettes n’ont pas été créées par un
homme mais ont toutes été communiquées par le kokolampy dans une interaction face-à-face
ou dans un rêve.
Nous trouvons dans Callet [3] une liste très longue non exhaustive d’un pareil lexique qui énu-
mère pour chaque maladie la préparation médicamenteuse végétale qui la remédie. En voici un
court extrait :
entorse l’éleusine (Eleusine coracana). La bouillir, en masser la zone affectée. Appliquer la
racine en cataplasme deux ou trois jours.
douleurs musculaires Zanthoxylum decaryi [Link]
kwashiorkor raisiypona, volompimpina, kilalaon-tany, tsobolo (plantes non identifiées par
l’auteur). Tremper dans l’eau les raisimpona, volompimpina, tsobolo. Piler avec du sel
le kilalaon-tany. Mélanger les quatre. Faire boire l’enfant atteint et sa nourrice. En en-
duire les seins de la nourrice.
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 7

toux sans relâche Mélanger l’olax et le Ilex mitis-Aquifoliacée, bouillir dans l’eau, ajouter la
viande de quatorze cœurs de bœufs. À boire matin et soir. Si la toux persiste, piler du
ravinonoka, le bouillir avec du sel de cendre d’amaranthe épineuse, à boire le matin et
avant de dormir. Si la toux persiste, se résigner.
variole Diospyros aculeata H. Perrier. Bouillir les racines et les feuilles. Boire et se laver avec
uniquement le lundi, le mercredi, le vendredi et le samedi.
vers intestinaux Oxalis corniculata, Oxalis repens. En broyer les feuilles, en boire le jus ex-
trait.
abcès os de lézard avec asparagus vaginellatus. Mouiller le tout avec la salive, appliquer sur
l’abcès. Il se dissout sans crevaison externe
douleurs utérines postérieures à l’accouchement Polygonum minus, Polygonum salici-
folium. À consommer en décoction.
plaie purulente Brûler un régime de bananes encore enveloppé de ses bractées. Glisser la
cendre dans la plaie. Piler des feuilles de Hibiscus bojerianus et en périmétrer la plaie.
plaie bénigne Gnaphalium luteoalbum Mâcher puis appliquer sur la plaie

L’astrologie et le sikidy
Pour cette sous-section, nous nous sommes entièrement documentés dans Vig [10].
L’astrologie constitue la fibre même du sikidy car le diagnostic et la prescription du mpisikidy
sont entièrement basés sur l’astrologie. Au préalable, distinguons :
mpanandro astrologue. Il sait la bonne ou mauvaise chance d’une telle heure, d’un tel jour,
d’un tel mois d’après la position de la lune. Il sait également comment changer une
mauvaise chance en bonne. On le consulte pour savoir la date propice à une entreprise
et, dans le cas d’un évènement chargé d’un destin impropice, comment se débarrasser des
malédictions associées.
mpisikidy On le consulte pour absolument tous ses soucis : le temps qu’il fera la semaine
prochaine, les causes d’une maladie etc. À cet effet, il manoko sikidy. L’astrologie occupe
une place prééminente dans sa résolution du problème qui lui est présenté.
Il en résulte que le mpisikidy est obligatoirement un mpanandro. À noter que souvent, confronté
à un ennui qui le dépasse, le malagasy ne fait plus de distinction de cas mais il s’agit juste de
chercher un "saint", une personne qui converse avec le surnaturel.

Comment donc l’astrologie affecte-t-elle le sikidy ?

Il faut savoir qu’avant l’intsitutionnalisation du calendrier grégorien, les Malagasy se référaient


à un calendrier lunaire qui, comme son successeur, comportait 12 mois mais chaque mois re-
groupait 28 jours. Une nouvelle lune marquait la fin d’un mois et le début d’un nouveau mois.
En voici les noms :
1. alahamady
2. adaoro
3. adizaoza
4. asorotany
5. alahasaty
6. asombola
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 8

7. adimizana
8. alakarabo
9. alakaosy
10. adijady
11. adalo
12. alohotsy
Ce sont juste les noms des mois mais les vrais destins, ceux qui ont une portée sur le cours des
évènements, sont au nombre de 28 avec un destin occupant un jour du mois.
Lorsque la nouvelle lune n’advient pas le 28ème jour, tous les jours inclus dans l’intervalle
]28,jour de la nouvelle lune] sont considérés comme le 28ème jour. Une année malgache occupe
obligatoirement 352 jours. Les destins sont répartis selon les mois comme l’indique la figure
suivante :

Figure 11 – Répartition des 28 destins dans les 12 mois

Sur cette figure, le destin « Bouche d’alahamady » est placé sous alahamady au coin Nord-
Est et le destin « Postérieur d’alohotsy » est sis sous Alohotsy au coin Nord-Est. L’ordre de
succession des destins suit les sens des aiguilles d’une montre. Voici leurs noms :
1. Bouche d’alahamady
2. Dépression d’alahamady
3. Fin d’alahamady
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 9

4. Corne d’adaoro
5. Postérieur d’adaoro
6. Feuille d’adizaoza
7. Fertilité d’adizaoza
8. Bouche d’asorotany
9. Assemblage d’asorotany
10. Secouement d’asorotany
11. Bouche d’alahasaty
12. Postérieur d’alahasaty
13. Bouche d’asombola
14. Postérieur d’asombola
15. Bouche d’adimizana
16. Élévation d’adimizana
17. Postérieur d’adimizana
18. Bouche d’alakarabo
19. Postérieur d’alakarabo
20. Bouche d’alakaosy
21. Postérieur d’alakaosy
22. Bouche d’adijady
23. Enflure d’adijady
24. Postérieur d’adijady
25. Bouche d’adalo
26. Postérieur d’adalo
27. Bouche d’alohotsy
28. Postérieur d’alohotsy
Chaque destin a une période annuelle d’un mois mais pas uniformément c’est-à-dire : le pre-
mier mois, le destin du premier jour est Bouche d’alahamady et le destin du dernier jour est
Postérieur d’alohotsy ; le second mois, le destin du premier jour est Corne d’adaoro et le destin
du dernier jour est Fin d’alahamady ; le troisième mois, le destin du premier jour est Feuille
d’adizaoza et le destin du dernier jour est Postérieur d’adaoro, ainsi de suite ...

La figure 11 est projetée géométriquement dans la case du mpisikidy c’est-à-dire que ce cycle
zodiacal est visible mentalement pour le mpisikidy dans son sanctuaire. Pour faire court, la case
d’un mpisikidy étant de forme rectangulaire, Alahamady est dans le coin Nord-Est, Adaoro est
sur le mur Centre-Est, Adizaoza est au coin Sud-Est, Asorotany est dans le coin Est du Sud,
ainsi de suite. Cette topologie intervient dans le sikidy notamment dans le fait où, chaque jour,
il existe un destin des vivants et un destin des morts. Par exemple, si le jour d’aujourd’hui
porte un des destins d’alohotsy, le destin des morts est son symétrique par rapport au centre
de la case i.e. les deux destins d’asombola et le destin des vivants est la moyenne entre les deux
i.e. les trois destins d’asorotany.

Un destin est caractérisé par :


CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 10

— s’il est en général faste ou néfaste. S’il est néfaste, un faditra défaira la mauvaise chance.
— des activités qu’il est judicieux de commencer ce destin-là
— des activités ou objets à radicalement exclure ce destin-là
Par exemple,
Postérieur d’alahasaty Très bon et favorable aux travaux du printemps : ensemencement,
repiquage de riz, plantation de maïs et de légume à racines
Bouche d’asombola destin d’or qui favorise les affaires d’argent. Les entreprises commerciales
qui débutent un jour qui porte ce destin seront rémunératrices et prospères. Jour idéal
pour la semence de chanvre et plantation de canne à sucre. Ce destin est faste s’il se
trouve en période de lune croissante et néfaste en lune décroissante. Ceux qui naissent ce
jour doivent trimballer de peits anneaux d’argent. Il est interdit à ceux qui naissent ce
destin de porter "des marmites ou cruches noires sur la tête".
Les destins ne parcourent pas uniquement le mois mais font également le tour de la journée. Au
lever du soleil, le destin est Bouche d’alahamady et au coucher du soleil, le destin est Postérieur
d’alohotsy. Toute heure de la journée est affectée par un destin différent qui délimite la chance
ou malchance de cette heure, les choses à faire ou ne pas faire cette heure.
Le destin mensuel n’est pas le seul qui affecte le sikidy. Il existe également une liste de destins
du jour de la semaine qui assigne, pour chaque jour de la semaine, un destin qui lui est
propre. Cette liste est indépendante de celle des 28 destins. En voici un court résumé :
dimanche "jour blanc". Jour idéal pour faire des sacrifices. Aux enfants nés ce jour, il faut
agiter une poule blanche au-dessus d’eux pour enlever leur malchance. L’aube à midi est
faste et midi à la nuit est une prériode néfaste durant laquelle il ne faut pas travailler. Ne
pas manger d’aliments blancs.
lundi Pour enlever la malchance de ceux qui naissent un lundi, des faditra de couleur noire.
On ne doit pas manger des végétaux de couleur verte. Jour idéal pour effectuer des faditra
contre la sorcellerie.
mardi Jour léger. On commence des travaux faciles un mardi et on ne doit pas commencer
des travaux de longue durée ou qui exigent un labeur quotidien. On ne peut manger des
mets tricolores ou trois mets différents. Un enfant né mardi doit être frotté avec une poule
tachetée.
mercredi Jour idéal après le dimanche pour offrir des sacrifices. Une poule brune pour les
enfants nés. Ne pas manger des poumons car ils sont marrons.
jeudi jour noir. Une poule noire pour les enfants nés. Ne pas manger de nourriture offerte par
des esclaves.
vendredi jour rouge. Poule rouge pour sauver un enfant né. S’abstenir d’aliments rouge comme
du sang ou des sauterelles séchées.
samedi jour bleu et jour des enfants. Les bonnes d’enfants doivent chômer un samedi et on
doit s’abstenir d’aliments tripotés et donnés par des enfants. Une poule bleu foncé est à
agiter au-dessus des enfants accouchés.
Comme nous le verrons plus tard dans le tableau 14, parmi les 16 soralahy qui apparaissent
dans le sikidy, 12 qui ont les noms des mois influent radicalement le diagnostic du mpisikidy.

En somme, cinq paramètres astrologiques influent le sikidy :


— des détails topologiques dans la case du mpisikidy au moment de la consultation.
— le destin parmi les 28 destins du jour de la consultation
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 11

— le destin de l’heure de la consultation


— le destin du jour de la semaine de la consultation
— les soralahy astrologiques présents dans la matrice-sikidy
Illustrons chacun de ces cinq paramètres par un exemple en nous imaginant le mpisikidy :
— Aujourd’hui porte un des deux destins d’adaoro. Au moment, où nous recevons une visite
d’un consultant qui vient demander s’il suvivra sa présente maladie, nous sommes assis
au milieu du mur Ouest qui, dans ce cas, porte le destin des morts. Nous en déduisons
sur-le-champ que le malade mourra. À savoir : dans le cas de maladie , nous devons avant
tout délimiter si l’issue est la vie ou la mort avant de procéder au sikidy.
— Si aujourd’hui porte un des trois destins d’alakaosy, la maladie est dûe au fait d’avoir
mangé de la chèvre.
— Si nous recevons de la visite un jeudi, nous préférons le reporter à une autre fois car ça
contredit les us de recevoir un jeudi.
— si nous recevons un malade le mercredi, nous estimons fissa que la consommation d’ali-
ments marrons est cause de son ennui.
— Nous nous voyons  consultés
 pour cause de bétail volé. Après avoir tiré le sikidy, un de
0
 0 
nos soralahy est  1 , adaoro qui, comme l’indique la figure 11 est à l’Est. Donc il faut

0
chercher à l’Est.

Initiation du mpisikidy
Comme dans toute société occulte, il existe un rituel au cours duquel on passe de l’état non-
mpisikidy à l’état mpisikidy. Ce n’est pas une expérience unique : l’étape d’initiation déploie
différentes formes, entre autres la suivante relatée par Callet [3].
L’initié s’en va chez le mpisikidy en apportant avec lui obligatoirement une pièce d’argent, sept
grains de riz, un jeune coq rouge et une sagaie. Le contournement de ce rituel prolonge la durée
d’apprentissage du sikidy tandis que son passage accélère l’accomplissement du mpisikidy. Le
poulet est occis à l’entrée de la case du mpisikidy et mangé par les deux parties avec la crête
assignée à l’initié.
L’initié rejoint le pilier au centre de la case. Il boit de l’eau contenant du sable géomantique et le
jus d’une mousse végétale. Tous ses doigts de la main droite sauf l’auriculaire, son poignet droit
et son coude droit sont entaillés ; les liquides susmentionnés sont déversés sur les blessures. Cela
sacrera son toucher. Sa langue est lésée aussi ; lesdits liquides sont versés dessus. Cela sacrera
sa parole.
Pour ce qui en est de la sagaie, le mpisikidy la saisit. Les objets suivants, fournis par l’initié :
poil de bœuf noir. poil de bœuf roux, poil de bœuf blond, de l’argent, de la viande grasse, de
l’eau pure sont déposés sur un sahafa. Le mpisikidy pique le tout avec la sagaie puis énonce
une prière dans ce sens :
« Dieu créateur, auteur de tout, ainsi que dieux mâles et femelles, nous ne savons rien
par nous-mêmes mais comptons sur vous, donnez-nous de la connaissance, bénissez-
nous ».
Les objets piqués répandent un jus que l’initié boit. La sagaie est gardée par le mpisikidy.
Par la suite, Ranakandriana transmet des révélations à l’initié.
Évidemment, on ne devient pas mpisikidy du jour au lendemain suite à ce rituel. Même entre
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 12

mpisikidy officiants, il y a une différence entre mpisikidy « qui sait » et mpisikidy « qui sait peu
». L’apprentissage à part entier s’étend sur plusieurs mois et engage un initié et un initiateur,
un mpisikidy expert qui sera son mentor. Cet apprentissage comporte deux stades :
apprentissage passif l’initié est un observateur muet de l’initiateur, se contentant de se mé-
moriser ses gestes et méthodes à l’ouvrage
apprentissage actif l’initié est stagiaire, il tire les graines et diagnostique en présence de son
maître qui, le client parti, lui explique ce qu’il a bien ou mal fait.
Ramamonjisoa [8] partage la pratique suivante quant à la cueillette pour l’initié de ses graines
de sikidy à lui, celles qu’il conservera et transmettra à ses descendants . L’initié va dans la forêt
et lance une sagaie les yeux fermés sur un arbre quelconque. S’il a touché, c’est indicatif de
son expertise en tant que futur mpisikidy : il excellera dans son art, guérissant tous, devinant
tout. L’arbre touché fournira les graines pour son sikidy. Il insulte aussi des arbres. S’íls fanent
sur-le-champ des suites de ses imprécations, cela prédit sa puissance de maudisseur qui est une
qualité recherchée pour un mpisikidy.

1.3 Construction mathématique du sikidy alanana


Nous narrerons les étapes du manoko sikidy alanana et visiterons les manières de l’interpré-
ter.

Les équations définissant le sikidy alanana


On dénombre en tout quatre variétés du sikidy, d’après Decary [4] :
sikidy joria Le mpisikidy aligne deux rangées de graines chacune à huit éléments, chaque
élément étant constitué de un ou deux graines. Quand la graine est unique, elle est dite
taraiky, quand elle est double elle est dite asombola
sikidy alakarabo dérivé du joria, plus complexe, pratiqué par les Sakalava, Antandroy, Ma-
hafaly. Au lieu de deux graines, on en manœuvre trois. On emploie précisément des
voankarabo ( parkia madagascariensis) d’où le nom de ce sikidy. Les divinités invoquées
sont exclusivement le roi Andriamosara et les ancêtres des Maroseranana.
sikidy adabaray ou kofafa ou vero en existence chez les Betsimisaraka, n’est pas un mode
de divination sérieux
sikidy alanana que nous nous en allons décrire.
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 13

Figure 12 – Matrice-sikidy en réalité

Source : [Link]

Ce qui succède nous est expliqué en détail par Achser [1] et Anona [2]. L’opération commence
par le famohazan-tsikidy dit encore toka sikidy que nous avons déjà épelé. Il s’achève
différemment selon la situation qui est présentée au mpisikidy, ainsi que l’a précisé Vig [10].
Par exemple, dans le cas d’une maladie :
« Voilà un tel qui est malade, qui souffre ; nous ignorons ce qui le fait ainsi souffrir.
C’est pour que vous nous le disiez que nous vous questionnons, ô sikidy ! Vous qui
pouvez interroger Zanahary. C’est pour cela que j’attends une réponse. Dites-nous
ce qui le rend malade. Dites si ce sont les maléfices d’un sorcier. Dites si c’est un
mauvais vintana. Dites si c’est la colère des esprits offensés. Dites si ce sont les
esprits. Dites si c’est un fady qu’il a transgressé. Dites si c’est un vœu qu’il a omis
d’accomplir. Dites-nous la vérité, car si vous mentez j’en aurai grand-honte et si
vous dites la vérité, j’en serai très heureux. Mais si vous mentez, ne serait-ce qu’une
fois, pendant plus de dix ans, personne ne vous croira plus ».
Le mpisikidy, assis par terre tourné vers l’Est, dispose en face de lui d’une natte. À sa gauche,
en tas, les graines de fano (piptadenia chrysostachys) ou de bois noir (albizzia lebbeh) ou tout
autre petit objet susceptible de suppléer à ce besoin. En pays merina, on se sert communément
de graines de Caesalpinia sepiaria tandis que dans le Sud et l’Ouest, on préfère des graines de
kily (tamarindus indica). Après le toka sikidy, le mpisikidy dispose en face de lui quatre tas tout
à fait aléatoires à partir des graines. Il retire successivement deux graines de chaque tas jusqu’à
ce que, au lieu de chaque tas, il reste une ou deux graines. ( C’est-à-dire que si le tas est pair, il
reste deux et s’il est impair, il reste 1). De ces restes, il forme sur la natte une première colonne
verticale. Il réitère l’opération. Cette seconde colonne est sise à droite de la première. Ainsi de
suite, on s’arrête avec la quatrième colonne. La matrice ainsi formée, à quatre lignes et quatre
colonnes, est dénommée matrice-mère. Au cours de ce travail, nous remplaçons les 2 de la
matrice-mère et plus tard de la matrice-fille par 0. Notons qu’on a réalisé une correspondance
depuis M4 (N) vers M4 (Z/2Z).
   
3 1 3 10 1 1 1 0
 12 12 12 12   0 0 0 0 
Exemple 1.1. S =   8 9 16 7  ∈ M4 (N) 7→ M =  0 1 0 1  ∈ M4 (Z/2Z)
  

5 10 13 27 1 0 1 1
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 14

Chaque colonne et chaque ligne de la matrice-mère a un titre. Remarquons que chaque


colonne et chaque ligne constitue un soralahy.
 
a
 b 
Définition 1.1. Soit S un soralahy tel que S=  c  avec a, b, c, d ∈ {0, 1}

d
a est la tête du soralahy
b est la poitrine du soralahy
c est les hanches du soralahy
d est les pieds du soralahy
l’ensemble {a, b} est le haut du soralahy
l’ensemble {c, d} est le bas du soralahy

Remarque.

— Si la somme des coordonnées d’un soralahy est 0, ce soralahy est dit prince.
— Si la somme des coordonnées d’un soralahy est 1, ce soralahy est dit esclave.
La somme s’effectue dans Z/2Z. Voir tableau 12 pour les règles de cette addition.
Remarque. Dans la matrice-mère, la lecture du soralahy s’effectue de haut en bas pour les
colonnes et de droite à gauche pour les lignes.
 
Tout au long de ce mémoire, nous noterons P4 P3 P2 P1 les colonnes de la matrice-mère
 
P5
 P6 
 P7  les lignes de la matrice-mère avec P1 son premier soralahy et P8 son dernier soralahy
et  

P8
par ordre de lecture. En voici les noms ainsi que la traduction française :

P1 tale le postulant
P2 harena les richesses
P3 fahatelo les parents éloignés
P4 vohitra le village
P5 zatovo na fianahana le jeune homme
P6 mariny na andevo le vieillard
P7 vehivavy femme
P8 fahavalo ennemi

Tableau 11 – Nom de la matrice-mère

Exemple 1.2. Dans l’exemple 1.1, les soralahy de la matrice-mère sont :


CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 15

 
0
 0 
P1  
 1 
 1 
1
 0 
P2  
 0 
 1 
1
 0 
P3  
 1 
 0 
1
 0 
P4  
 0 
 1 
0
 1 
P5  
 1 
 1 
0
 0 
P6  
 0 
 0 
1
 0 
P7  
 1 
 0 
1
 1 
P8  
 0 
1

L’opération ne s’arrête pas là. Il s’agit à présent de construire la matrice-fille. Comme son
nom l’indique, elle est établie à partir de la matrice-mère.
Définition 1.2. La matrice-fille est une matrice D ∈ M4,8 (Z/2Z) dont les lignes n’ont pas de
nom.
Ses colonnes sont les sommes de colonnes et de lignes de la matrice-mère et de colonnes
d’elle-même ainsi que l’indique la définition suivante :
Définition 1.3. Soient, P9 , P10 , P11 , P12 , P13 , P14 , P15 , P16 les colonnes de la matrice-fille par
ordre de construction c’est-à-dire de gauche à droite. Ci-dessous les équations les définissant :
P 9 = P 7 + P8
P11 = P5 + P6
P13 = P3 + P4
P10 = P9 + P11
P14 = P13 + P15
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 16

P12 = P10 + P14


P15 = P1 + P2
P16 = P12 + P1
Remarque. L’addition se fait dans Z/2Z c’est-à-dire elle obéit à la règle suivante :

+ 0 1
0 0 1
1 1 0

Tableau 12 – Addition dans Z/2Z

Voici pour chaque colonne de la matrice-fille le nom en malgache et en français respective-


ment :
P9 fahasivy maléfice
P10 ombiasy devin-guérisseur
P11 nia nourriture
P12 haky le Créateur
P13 asorotany le roi ou l’ancêtre
P14 vahoaka voisin ou peuple
P15 lalana chemin
P16 trano maison

Tableau 13 – Nom de la matrice-fille

Exemple 1.3. Ainsi donc, dans notre exemple 1.1, la matrice-fille devient :

P9 P10 P11 P12 P13 P14 P15 P16


0 0 0 1 1 1 1 1
1 0 1 0 0 0 0 0
1 0 1 0 1 0 1 1
1 0 1 1 1 1 0 0

Une fois la matrice-mère et la matrice-fille définies, la matrice-sikidy est pratiquement ter-


minée sachant que
Définition 1.4. On appelle matrice-sikidy l’union de la matrice-mère et de la matrice-fille. On
la note (M, D) ∈ M4 (Z/2Z) × M4,8 (Z/2Z).
Exemple 1.4. Dans notre exemple 1.1, la matrice-sikidy est :
 
1 1 1 0

 0 0 0 0 


 0 1 0 1 


 1 0 1 1 

 0 0 0 1 0 1 1 1 
 
 1 0 1 0 0 0 0 0 
 
 1 0 1 0 1 0 1 1 
1 0 1 1 1 1 0 0
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 17

Théorème 1.1. La matrice-sikidy dépend de l’effectif individuel de chacun des seize tas ini-
tialement empilés par le mpisikidy.
C’est la matrice-sikidy en tant qu’ensemble qui est sujette à la lecture et l’interprétation
du mpisikidy. Vu la simplicité de ce procédé, on peut comprendre que n’importe qui peut le
pratiquer.

Interprétation du sikidy
L’interprétation du sikidy est, en premier lieu, dépendante du mpisikidy. Pour une même
matrice-sikidy et devant une même requête, deux mpisikidy n’ont pas une même révélation.
Le sikidy n’est pas une science exacte car on ne peut pas s’appuyer les yeux fermés sur lui
pour résoudre ses problèmes. En sikidy alanana, il existe un repértoire qui liste, pour chaque
soralahy, son nom et son augure et dont se doit de mémoriser par cœur tout mpisikidy sérieux.
   
1 0
 1 
 Taraiky. Maigreur. Chemin
 1 
   Alohotsy. Argent. Malheur
 1   0 
 1   1 
1 1
 1 
 Karija. Esclave. Froid en paroles
 0 
   Adalo. Chef ou enfant. Pleurs
 1   1 
 0   0 
0 0
 1 
 Alakaosy. Enfant. Mauvaises pensées
 1 
   Alatsimay. Esclave. Mauvaises pensées
 1   1 
 1   0 
0 1
 0 
 Adabara. Zanahary. Le plus sacré
 0 
   Alokola. Maison. Nourriture
 1   0 
 1   1 
1 0
 1 
 Alahasady. Deuil. Ody
 0 
   Alabiavo. Joie. Lolo
 0   1 
 0   0 
1 0
 0 
 Alahijana. Femme. Mort
 1 
   Alahamora. Ombiasa. Foule. Chagrins
 0   0 
 0   0 
0 1
 0 
 Alikisy. Terre. Faste
 1 
   Alakasajy. Nourriture. Colère
 0   0 
 1   1 
0 1
 0 
 Asombola. Abondance
 0 
   Alakarabo. Brigands. Malheur
 0   1 
0 1

Tableau 14 – Répertoire des soralahy


CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 18

J. F. Rabedimy [6] nous fait part de la méthode suivante quant au déchiffrage de la matrice-
sikidy :

Jouons au mpisikidy.

Supposons que Perline est venue s’enquérir auprès de nous de son succès ou de son échec lors
de son prochain examen de semestre impair en vue de passage en troisième année. Supposons
exemple 1.4 la matrice-sikidy obtenue après que nous ayons manoko sikidy. En vue de l’assister
efficacement, nous procédons comme suit :
— repértorier chacun des seize soralahy ; les classer en fonction de leur location ( Est, Ouest,
Nord, Sud) , leur statut social (prince, esclave), le moment de la journée où Perline est
venue nous consulter.
— interroger de manière non-intrusive et professionnelle Perline concernant l’intensité de
ses révisions, ses résultats à l’examen blanc, sa maîtrise des leçons, le pourcentage en
général de succès annuel pour la classe de 2ème année. Cette enquête exige du tact et de
la courtoisie qu’exerce avec dextérité tout mpisikidy digne de ce nom.
Ceci étant, maintenant on applique une vérification pratiquée par tous les mpisikidy qui consiste
à vérifier les colonnes P12 , P10 , P14 , technique originellement baptisée tsy misara-telo.
Cette vérification a pour visée de vérifier la cohérence de la matrice-sikidy.
Pour la colonne P12 P12 est toujours prince. S’il ne l’est pas, la matrice-fille est incorrecte et
il faut la rebâtir.
S’il est prince, vérifions que la somme des coordonnées de P1 plus la somme des coor-
données de P5 égale la 1ère coordonnée de P12 . La somme des coordonnées de P2 plus la
somme des coordonnées de P6 égale la seconde coordonnée de P12 . La somme des coor-
données de P3 plus la somme des coordonnées de P7 égale la troisième coordonnée de P12 .
La somme des coordonnées de P4 plus la somme des coordonnées de P8 égale la quatrième
coordonnée de P12
P1 +P5 1+1+1+0+0+0+1+1=1
P2 +P6 1+0+0+1+0+0+0+0=0
P3 +P7 1+0+1+0+0+1+0+1=0
P4 +P8 1+0+0+1+1+0+1+1=1
Ce calcul qui peut paraître fastidieux ne prend que quelques secondes à un mpisikidy.
Pour la colonne P10 On effectue la somme individuelle de chacune des colonnes de la matrice-
mère. La somme de P1 est égale à la première coordonnée de P10 , la somme de P2 est
égale à la seconde coordonnée de P10 ainsi de suite. Ici,
P1 0+0+1+1=0
P2 1+0+0+1=0
P3 1+0+1+0=0
P4 1+0+0+1=0
Pour la colonne P14 On effectue la somme individuelle de chacun des rangs de la matrice-
mère. La somme de de P5 est égale à la première coordonnée de P14 , la somme de P6 est
égale à la seconde coordonnée de P14 ainsi de suite. Ici,
P5 1+1+1+0=1
P6 0+0+0+0=0
CHAPITRE 1. GÉNÉRALITÉS SUR LE SIKIDY ALANANA 19

P7 0+1+0+1=0
P8 1+0+1+1=1
Ce test clos, il est important maintenant d’analyser nos  différents
 soralahy.
0
 0 
Voyons P1 , tale, qui représente notre consultante Perline. 
 1  signifie zanahary, le plus sacré,

1
qui est de très bonneaugure pour Perline. L’en-haut favorise ses affaires.
1
 0 
P2 , les richesses, est 
 0  qui indique maison, nourriture. Perline sera comblée de biens dans

1
le futur.  
0
 1 
P16 qui est la maison indique   1  qui sous-entend mauvaises pensées d’où les colocataires

0
de Perline ont vraisemblablement des intentions adverses à l’endroit de l’examen de Perline.
Nous prophétisons donc à Perline que le destin est de son côté et qu’elle réussira à coup sûr
son examen pourvu qu’elle renforce ses révisions et qu’elle mette toutes les chances de son côté
à l’aide d’un ody que nous lui pourvoirons.
On remarque qu’il n’y a pas de règle fixe dans la lecture du sikidy qui est donc entièrement
tributaire des grés du mpisikidy.
Chapitre 2

Représentation polynomiale des soralahy

Tandis que le chapitre précédent relève davantage de l’anthropologie avec des opérations
mathématiques élémentaires, ici nous entrons au vif du sujet en mettant en exergue de façon
inédite des facettes algébriques avancées du sikidy alanana, plus précisément en matière de
polynôme.

2.1 Traduction polynomiale des soralahy


Soient M = (mij )i,j ∈ M4 (Z/2Z) et D = (dij )i,j ∈ M4,8 (Z/2Z) tels que (M, D) une matrice-
sikidy alanana. Nous représentons un soralahy comme polynôme de degré inférieur ou égal à 3
dans Z/2Z[X]. Il s’ensuit automatiquement que les soralahy sont des éléments de F16 .

asombola alikisy alahijana alahasady


(0, 0, 0, 0) (1, 0, 0, 0) (0, 0, 0, 1) (0, 0, 1, 1)
0 X3 1 1+X
adabara alakaosy karija taraiky
(1, 1, 0, 0) (1, 1, 1, 0) (0, 1, 1, 1) (1, 1, 1, 1)
X2 + X3 X + X2 + X3 1 + X + X2 1+ X + X 2 + X 3
alohotsy adalo alatsimay alokola
(1, 0, 1, 0) (0, 1, 0, 1 ) (0, 1, 1, 0) (1, 0, 0, 1)
X + X3 1+X 2 X + X2 1+ X 3
alabiavo alahamora alakasajy alakarabo
(0, 1, 0, 0) (0, 0, 1, 0) (1, 0, 1, 1) (1, 1, 0, 1)
X2 X 1 + X + X3 1 + X2 + X3

Tableau 21 – Traduction des seize soralahy en polynômes

Le tableau 21 associe, pour chaque élément du tableau 14, le polynôme qui lui correspond.
Au terme de la construction de la matrice-sikidy, il s’agit à présent de traduire tous les soralahy
en polynômes. Voici comment définir les polynômes de la matrice-mère :
  
1 X X 2 X 3 M = P1 [X] P2 [X] P3 [X] P4 [X] (2.1)

   
X3 P5 [X]
 X 2   P6 [X] 
M
 X  =  P7 [X]
  
 (2.2)
1 P8 [X]

20
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 21

Voici les polynômes de la matrice-fille :


  
1 X X 2 X 3 D = P9 [X] P10 [X] P11 [X] P12 [X] P13 [X] P14 [X] P15 [X] P16 [X]
(2.3)
L’addition s’effectue dans F16 .
Soient polynômes-fils les polynômes de la matrice-fille. Les polynômes-fils première génération
sont :

P9 (X) = P7 (X) + P8 (X) (2.4)


P11 (X) = P5 (X) + P6 (X) (2.5)
P13 (X) = P3 (X) + P4 (X) (2.6)
P15 (X) = P1 (X) + P2 (X) (2.7)

Les polynômes-fils deuxième génération sont :

P10 (X) = P9 (X) + P11 (X) (2.8)


P14 (X) = P13 (X) + P15 (X) (2.9)

Le polynôme-fils troisième génération est :

P12 (X) = P10 (X) + P14 (X) (2.10)

Le polynôme-fils quatrième génération est :

P16 (X) = P12 (X) + P1 (X) (2.11)

Notons 1 le soralahy 1 + X + X 2 + X 3 et 0 le soralahy 0.

Définition 2.1. Nous disons qu’un soralahy P ∈ F16 est :


— tsiota si P (1) = 0
— ota si P (1) = 1

Nous nommerons masse de P et noterons m(P) la valeur de P (1).

Définition 2.2. Nous disons qu’un soralahy P ∈ F16 est :


— mâle si P (0) = 1
— femelle si P (0) = 0

Nous nommerons symbole de P et noterons s(P) la valeur de P (0). Deux soralahy P ∈ F16
et Q ∈ F16 sont dits complémentaires si P + Q = 1. Nous noterons P 0 le complément de P .
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 22

Nous avons les noms suivants :


  
vohitra, fahatelo, harena, tale = 1 X X 2 X 3 M (2.12)
   3 
zatovo X
 marina   X2 
 vehivavy  = M  X  (2.13)
   

fahavalo 1
ondry= m11 + m22 X + m33 X 2 + m44 X 3 (2.14)
akoho= m14 + m23 X + m32 X 2 + m41 X 3 (2.15)
 
fahasivy, ombiasy, nia, haky, asorotany, vahoaka, lalana, 
= 1 X X2 X3 D
trano
(2.16)
 
lamba
 amboa  T
 olondratsy  = D
  X3 X2 X 1 0 0 0 0 (2.17)
soavetivety
tsinahy= d11 + d22 X + d33 X 2 + d44 X 3 (2.18)
rà= d14 + d23 X + d32 X 2 + d41 X 3 (2.19)
tsief a = d15 + d26 X + d37 X 2 + d48 X 3 (2.20)
sakaizamanody= d18 + d27 X + d36 X 2 + d45 X 3 (2.21)
 
tsiary
 vazimba  = D 0 0 0 0 X3 X2 X 1 T
 
 (2.22)
 vehivavy hafa 
firiariavana

2.2 Propriétés de ces polynômes


Maintenant que voilà traduits en polynômes les soralahy, nous nous avisons à présent d’ex-
poser des théorèmes y afférant.

Théorème 2.1. Tous P, Q, R ∈ F16 vérifient :


1. P + P = 0
2. P + Q = Q + P
3. P + Q = R ⇐⇒ P + R = Q ⇐⇒ Q + R = P
4. P + (Q + R) = (P + Q) + R
5. P 00 = P
Démonstration.

1. P + P = 2P ≡ 0 (mod 2)
2. Commutativité dans Z/2Z
3. P + Q = R
=⇒ P + R = P + P + Q = 2P + Q ≡ Q (mod 2)
=⇒ Q + R = Q + P + Q = 2Q + P ≡ P (mod 2)
4. Associativité dans Z/2Z
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 23

5. Par définition, P + P 0 = 1
Par définition, P 0 + P 00 = 1
Par identification, P = P 00

Théorème 2.2. Pour tous soralahy P, Q ∈F16 , nous avons :


1. m(P) = m(P’)
2. s(P’) = 1 + s(P)
3. m(P+Q) = m(P) + m(Q)
4. s(P+Q) =s(P) + s(Q)

Démonstration.

P P0
0 1 + X + X2 + X3
1 X + X2 + X3
X 1 + X2 + X3
1. 1+X X2 + X3
X2 1 + X + X3
1+ X 2 X + X3
X + X2 1 + X3
X3 1 + X + X2

Tableau 22 – Liste des compléments

2. Voir tableau 22.


3. m(P + Q) = (P + Q)(1) = P (1) + Q(1) = m(P ) + m(Q) de par l’additivité dans Z/2Z
4. s(P + Q) = (P + Q)(0) = P (0) + Q(0) = s(P ) + s(Q) de par l’additivité dans Z/2Z

Théorème 2.3. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est tsiota,
2. P est prince
3. m(P) = 0
Démonstration. (1) ⇐⇒ (3) par définition
(1) =⇒ (2) Supposons P tsiota.
 
a 1
 b  X 
Par définition, P =  
 c   X2 

d X3
P est tsiota d’où P (1)=0
a + b + c + d = 0.
D’où P est prince

Théorème 2.4. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est ota,
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 24

2. P est esclave
3. m(P) = 1

Démonstration. (1) ⇐⇒ (3) par définition


(1) =⇒ (2) SupposonsP ota.
 
a 1
 b  X 
Par définition, P =  
 c   X2 

d X3
P est ota d’où P (1)=1
a + b + c + d= 1.
D’où P est esclave

Théorème 2.5. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est esclave
2. P’ est prince
Démonstration. Voir tableau 22.

Théorème 2.6. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est mâle
2. s(P) = 1
Démonstration. Voir définition 2.2

Théorème 2.7. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est femelle
2. s(P) = 0
Démonstration. Voir définition 2.2

Théorème 2.8. Pour tout soralahy P ∈F16 , les assertions suivantes sont équivalentes :
1. P est femelle
2. P’ est mâle
Démonstration. Voir tableau 22.

Théorème 2.9. l’ensemble des soralahy femelles est un sous-groupe de F16 .


Démonstration.

— le polynôme nul est femelle


— l’enfant de deux soralahy femelles est femelle d’après le théorème 2.13
— D’après le théorème 2.1, P + P = 0. D’où P −1 = P . D’où si P est femelle, P −1 est femelle.

Théorème 2.10. l’ensemble des soralahy princes est un sous-groupe de F16 .


Démonstration.
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 25

— le polynôme nul est prince


— l’enfant de deux soralahy princes est prince d’après le théorème 2.11
— D’après le théorème 2.1, P + P = 0. D’où P −1 = P . D’où si P est prince, P −1 est prince.

Théorème 2.11. L’enfant de deux soralahy ayant la même masse est tsiota
Démonstration. D’après le théorème 2.2, m(P + Q) = m(P ) + m(Q)
Soit m(P ) = m(Q) = 1
=⇒ m(P+Q) = 1 + 1 = 0
D0 où P+Q est tsiota.
Soit m(P) = m(Q) = 0
=⇒ m(P+Q) = 0 + 0 = 0
D0 où P+Q est tsiota.

Théorème 2.12. L’enfant de deux soralahy ayant des masses différentes est ota.
Démonstration. D’après le théorème 2.2, m(P + Q) = m(P ) + m(Q)
Soit m(P ) = 0. Alors m(Q) = 1.
=⇒ m(P+Q) = 1 + 0 = 1
D0 où P+Q est ota.
Soit m(P) = [Link] m(Q) = 0.
=⇒ m(P+Q) = 0 + 1 = 1
D0 où P+Q est ota.

Corollaire 2.12.1.

1. L’enfant de deux soralahy ayant la même masse est prince.


2. L’enfant de deux soralahy ayant des masses différentes est esclave.
Démonstration. Voir théorèmes 2.4 et 2.3 .

Théorème 2.13. L’enfant de deux soralahy ayant le même symbole est femelle.
Démonstration. D’après le théorème 2.2, s(P + Q) = s(P ) + s(Q)
Soit s(P ) = s(Q) = 1
=⇒ s(P+Q) = 1 + 1 = 0
D0 où P+Q est f emelle.
Soits(P) = s(Q) = 0
=⇒ s(P+Q) = 0 + 0 = 0
D0 où P+Q est f emelle.

Théorème 2.14. L’enfant de deux soralahy ayant des symboles différents est mâle.
Démonstration. D’après le théorème 2.2, s(P + Q) = s(P ) + s(Q)
Soit s(P ) = 0. Alors s(Q) = 1.
=⇒ s(P+Q) = 1 + 0 = 1
D0 où P+Q est male
Soit s(P) = [Link] s(Q) = 0.
=⇒ s(P+Q) = 0 + 1 = 1
D0 où P+Q est male.
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 26

Le tableau suivant affiche la somme des couples (m, s) :

(m, s) (1,1) (1,0) (0,1) (0,0)


(1,1) (0,0) (0,1) (1,0) (1,1)
(1,0) (0,1) (0,0) (1,1) (1,0)
(0,1) (1,0) (1,1) (0,0) (0,1)
(0,0) (1,1) (1,0) (0,1) (0,0)

Tableau 23 – Somme des couples (m, s)

Théorème 2.15 (Mpisikidy). Toute matrice-sikidy vérifie les équations suivantes dites les trois
inséparables :
P10 + P16 = P14 + P1 = P13 + P2 . (2.23)
Démonstration. On a :

 P12 + P16 = P1
P10 + P12 = P14
P15 =P13 + P14 = P1 + P2

Théorème 2.16. Toute matrice-sikidy vérifie :

P10 (X) = m(P1 ) + m(P2 )X + m(P3 )X 2 + m(P4 )X 3 (2.24)

Démonstration. D’après les équations (2.3) et (2.8), nous avons :


P10 (X) = P5 (X) + P6 (X) + P7 (X) + P8 (X)
P10 (X) = 1 X X 2 X 3 P10
Or, dans la déf inition1.3.
 nous remarquons que P10  = P5 + P 6 + P7 + P8
1 [1](P
  5 + P 6 + P 7 + P 8 )
 X   X (P5 + P6 + P7 + P8 ) 
=⇒ P10 (X) =    
 X 2   X 2 (P5 + P6 + P7 + P8 ) 

 3
X3 X (P5 + P6 + P7 + P8 )
0
D après la structure même de la matrice − mère,
1 (P5 + P6 + P7 + P8 = m(P1 )
X 2 (P5 + P6 + P7 + P8 ) = m(P2 )
X 3 (P5 + P6 + P7 + P8 ) = m(P3 )
X (P5 + P6 + P7 + P8 ) = m(P4 )

P14 (X) = m(P5 ) + m(P6 )X + m(P7 )X 2 + m(P8 )X 3 (2.25)

Démonstration. D’après les équations (2.3) et (2.9), nous avons :


P14 (X) = P1 (X) + P2 (X) + P3 (X) + P4 (X)
P14 (X) = 1 X X 2 X 3 P14
Or, dans la déf
inition1.3,
 nous remarquons que P14  = P 1 + P2 + P 3 + P4
1 [1](P
  1 + P 2 + P 3 + P 4 )
 X   X (P1 + P2 + P3 + P4 ) 
=⇒ P14 (X) =    
 X 2   X 2 (P1 + P2 + P3 + P4 ) 

 3
X3 X (P1 + P2 + P3 + P4 )
0
D après la structure même de la matrice − mère,
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 27

 
1 (P1 + P2 + P3 + P4 = m(P5 )
X 2 (P1 + P2 + P3 + P4 ) = m(P6 )
X 3 (P1 + P2 + P3 + P4 ) = m(P7 )
X (P1 + P2 + P3 + P4 ) = m(P8 )

Corollaire 2.16.1. Toute matrice-sikidy vérifie :

s(P10 ) = m(P1 ) (2.26)

Démonstration. s(P10 ) = P10 (0) = m(P1 ) + m(P2 ) · 0 + m(P3 ) · 0 + m(P4 ) · 0 = m(P1 )

Corollaire 2.16.2.
s(P14 ) = m(P5 ) (2.27)
Démonstration. s(P14 ) = P14 (0) = m(P5 ) + m(P6 ) · 0 + m(P7 ) · 0 + m(P8 ) · 0 = m(P5 )

Corollaire 2.16.3.
m(P10 ) = m(P14 ) (2.28)
Démonstration. m(P10 ) = P10 (1) = m(P1 ) + m(P2 ) + m(P3 ) + m(P4 )
m(P14 ) = P14 (1) = m(P5 ) + m(P6 ) + m(P7 ) + m(P8 )
m(P1 ) + m(P2 ) + m(P3 ) + m(P4 ) est la somme de tous les éléments de la matrice − mère.
m(P5 ) + m(P6 ) + m(P7 ) + m(P8 ) est la somme de tous les éléments de la matrice − mère. =⇒
m(P10 ) = m(P14 )

Corollaire 2.16.4.
m(P12 ) = 0 (2.29)
Démonstration. Dans la définition 1.3. nous avons : P12 = P10 + P14
=⇒ m(P12 ) = m(P10 ) + m(P14 )

Corollaire 2.16.5. Pour toute matrice-sikidy, si on connaît trois coefficients de P12 , tous les
coefficients de P12 sont déterminés.
Démonstration. Soient S la somme des trois coefficients connus, l la constante telle que l =
m(P12 ) et m le coefficient inconnu. Il suffit de résoudre l’équation l = S + m

Corollaire 2.16.6. Toute matrice-sikidy vérifie :

m(P16 ) = m(P1 ) (2.30)

Démonstration. Dans la définition 1.3. nous avons : P16 = P12 + P1


=⇒ m(P16 ) = m(P12 ) + m(P1 )

Corollaire 2.16.7. Pour toute matrice-sikidy, si m(P16 ) (respectivement m(P1 )) est connu,
trois coefficients de P1 (resp. P16 ) suffisent à déterminer P1 (resp. P16 ).
Démonstration. Soient S la somme des trois coefficients connus, l la constante telle que l =
m(P16 ) (respectivement l = m(P1 )) et m le coefficient inconnu. Il suffit de résoudre l’équation
l =S+m
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 28

Théorème 2.17.

1 P9 = X 3 1 + X P1
    
(2.31)
X P9 = X 3 1 + X P2
    
(2.32)
 2
X P9 = X 3 1 + X P3
  
(2.33)
 3
X P9 = X 3 1 + X P4
  
(2.34)

Démonstration.  D’après l’équation P9 (X) = P7 (X) + P8 (X).


 (2.4), 
[1](P
  7 + P 8 ) 1
 X (P7 + P8 )   X 
=⇒ P9 (X) =    
 X 2 (P7 + P8 )   X 2 

 3
X (P7 + P8 ) X3
D’après
  la structure-même
 3 de
 la matrice-mère,
1 (P
  7 + P 8 ) = X
 3 1 + X P1
X 2 (P7 + P8 ) = X 3  1 + X P2
X 3 (P7 + P8 ) = X 3  1 + X P3
X (P7 + P8 ) = X 1 + X P4

Théorème 2.18.
    
1 P11 = X 1 + X P1 (2.35)
    
X P11 = X 1 + X P2 (2.36)
 2   
X P11 = X 1 + X P3 (2.37)
 3   
X P11 = X 1 + X P4 (2.38)

Démonstration.D’après l’équation (2.5), P11 (X) = P5 (X) + P6 (X).


[1](P
 5 + P6 ) 1
 X (P5 + P6 )   X 
=⇒ P11 (X) =    
 X 2 (P5 + P6 )   X 2 

 3
X (P5 + P6 ) X3
D’après
  la structure-même
   de la matrice-mère,
1
 5P + P 6 = X 1 + X P1
X 2 (P5 + P6 ) = X  1 + X P2
X 3 (P5 + P6 ) = X  1 + X P3
X (P5 + P6 ) = X 1 + X P4

Théorème 2.19.

1 P13 = X 3 1 + X P5
    
(2.39)
X P13 = X 3 1 + X P6
    
(2.40)
 2
X P13 = X 3 1 + X P7
  
(2.41)
 3
X P13 = X 3 1 + X P8
  
(2.42)

Démonstration.D’après l’équation (2.6), P13 (X) = (P3 (X) + P4 (X)).



[1](P
 3 + P4 ) 1
 X (P3 + P4 )   X 
=⇒ P13 (X) =    
 X 2 (P3 + P4 )   X 2 

 3
X (P3 + P4 ) X3
D’après la structure-même de la matrice-mère,
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 29

   3 
1
  P 3 + P 4 = X 1
 3 + X P5
X (P
 2 3 + P 4 ) = X
 3 1 + X P6
X 3 (P3 + P4 ) = X 3  1 + X P7
X (P3 + P4 ) = X 1 + X P8
Théorème 2.20.
    
1 P15 = X 1 + X P5 (2.43)
    
X P15 = X 1 + X P6 (2.44)
 2   
X P15 = X 1 + X P7 (2.45)
 3   
X P15 = X 1 + X P8 (2.46)

Démonstration.D’après l’équation (2.7), P15 (X) = P1 (X) + P2 (X).


[1](P
 1 + P2 ) 1
 X (P1 + P2 )   X 
=⇒ P15 (X) =    
 X 2 (P1 + P2 )   X 2 

 3
X (P1 + P2 ) X3
D’après
  la structure-même
  de la matrice-mère,
1 (P
  1 + P 2 ) = X
  1 + X P5
X 2 (P1 + P2 ) = X  1 + X P6
X 3 (P1 + P2 ) = X  1 + X P7
X (P1 + P2 ) = X 1 + X P8
Théorème 2.21.

X 1 + X P9 = X 3 1 + X P15
     
(2.47)
 3
X 1 + X P9 = X 3 1 + X P13
   
(2.48)
     
X 1 + X P11 = X 1 + X P15 (2.49)
 3    
X 1 + X P11 = X 1 + X P13 (2.50)

Démonstration.
  Pour l’équation
  2.47,
  
Soient l = 1 P9 et m = X P9 . =⇒ X 1+X P9 = l+m. D’après les équations dans théorème
2.17,  
3
l= X   1 + X P
1
m = X 3 1 + X P2 .  3     
D’après
 3  la structure-même
   de  matrice-mère, X 1 + X P1 = 1 P7 + 1 P8
 la
X 1 + X P2 = X P7 + X P8 
=⇒ l + m = X 1 + X P7 + X 1 + X P8      2  3
D’après
 3 les équations
 dans théorème 2.20, X 1+X P 7 + X 1+X P 8 = X P 15 + X P15 =
X 1 + X P15
Démonstrations similaires pour les trois autres équations.
Théorème 2.22. L’ensemble G = {0, 1, 1 + X, X 2 + X 3 } est un sous-groupe de F16 .
Démonstration. L’ensemble G vérifie les conditions suivantes :
— L’élément neutre 0 ∈ G.
— On a vu dans théorème 2.1 que P+P=0. =⇒P−1 = P . =⇒ P our tout P ∈ G, P −1 ∈ G.
— Pour tous x, y ∈ G, x 6= y, x + y ∈ G.
Remarque. Tous les soralahy dans G sont princes.
CHAPITRE 2. REPRÉSENTATION POLYNOMIALE DES SORALAHY 30

Définition 2.3. Soient (P, Q) et (T, U ) deux couples de soralahy. (P, Q) et (T, U ) sont sorala-
hyment équivlents s’ils vérifient l’équation P + T = Q + U ∈ G.

Exemple 2.1. Les couples de soralahy suivants sont soralahyment équivalents : (1 + X 2 +


X 3 , 1 + X), (X, X 2 + X 3 ), (X + X 2 + X 3 , 0) et (1, 1).

Théorème 2.23. Tous P, Q ∈ F16 vérifient :

P + Q = P̄ + Q̄ (2.51)
 
Démonstration. Soit G ∈ G tel que P +P̄ = Q+Q̄ = G. Nous avons P + Q = P̄ + G + Q̄ + G = P̄ + Q̄ .

 
Lemme  2.24. Soient P,
 Q,R et S quatre soralahy.
 Si P, Q, R, S est une matrice-mère,
alors P, Q, R, S et P̄ , Q̄, R, S ont la même matrice-fille.
 
p1 q 1 r1 s 1
   p2 q 2 r2 s 2 
Démonstration. Si P, Q, R, S =   p3 q 3 r3 s 3  ,

p4 q 4 r4 s 4
Alors,  
p1 + x q 1 + x r 1 s1
   p2 + x q 2 + x r 2 s2 
P̄ , Q̄, R, S =   p3 + y q3 + y r3 s3  avec x,y ∈ {0, 1}.

p4 + y q4 + y r4 s4
Théorème 2.25. Quatre matrices-mères ont la même matrice-fille.
Démonstration. D’après lemme 2.24 et théorème 2.22, G a quatre éléments distincts. Il en
résulte que quatre couples de soralahy sont soralahyment équivalents. Il en est de même pour
les matrices-mères.

Exemple 2.2. Les quatre matrices-mères

       
1 1 0 1 0 0 0 1 0 0 0 1 1 1 0 1
 0 1 0 1   1
  0 0 1   1
  0 0 1   0
  1 0 1 

 1 , , , 
0 0 1   0 1 0 1   1 0 0 1   0 1 0 1 
1 0 0 1 0 1 0 1 1 0 0 1 0 1 0 1
 
0 0 0 1 0 1 1 0
 0 0 0 0 1 0 1 1 
ont la même matrice-fille 
 0 0

0 0 1 0 1 1 
0 1 1 1 1 0 1 0

Corollaire 2.25.1. Il existe 214 = 16384 matrices-filles distinctes.


Démonstration. Il existe 216 matrices-mères.
Quatre matrices-mères soralahyment équivalentes ont une même matrice-fille.
16 16
Le nombre total de matrices-filles est 24 = 222 = 216−2 = 214 .
Chapitre 3

Deux sikidy spéciaux : fohatse sikidy et


toka sikidy

Nord Sud Est Ouest


alahijana asombola alahamora alikisy
3
 1   0   X  X 
1 0 0 0 Nord Sud Est Ouest
 0   0   1   0  alahijana asombola alahamora alikisy
       
 0   0   0   0  3
 1   0   X  X 
0 0 0 1 1 0 0 0
alabiavo alahasady alatsimay alokola  0   0   1   0 
       
2 2 3  0   0   0   0 
X  1+X X
 + X 1+X 
0 1 0 1 0 0 0 1
 0   1   1   0  alabiavo alatsimay alahasady alokola
       
 1   0   1   0  2 2 3
X  X
 + X 1 + X 1 + X

0 0 0 1 0 0 1 1
adalo alakasajy adabara alohotsy  0   1   1   0 
       
2 X3 2 3 3  1   1   0   0 
1+X   +
1+X X
 +X  X
 + X
1 1 0 0 0 0 0 1
 0   1   0   1  adalo alakasajy alohotsy adabara
       
 1   0   1   0  2 X3 3 2 3
1+X   +
1+X X
 + X X +X 
0 1 1 1 1 1 0 0
karija taraiky alakarabo  0   1   1   0 
       
1+X + X2 1+X+ X 2+ X 3 2
 +X
1+X 3  1   0   0   1 
1 1 1 0 1 1 1
 1   1   0  karija taraiky alakaosy alakarabo
     
 1   1   1  1+X + X2 1 + X+ X 2+ X 3 X+X +
2
X
3 1 +X 2 +X 3
0 1 1 1 1 0 1
alakaosy  1   1   1   0 
       
X+ 2 3  1   1   1   1 
X + X
0 0 1 1 1
 1 
(b) La partition cardinale an-
 
 1 
1 temoro
(a) La partition cardinale an-
tandroy

Tableau 31 – Les deux partitions cardinales

Dans le chapitre que voici, nous étudions deux types de matrices-sikidy alanana à propriétés
particulières nommés l’un fohatse et l’autre toka. Ces styles de sikidy déploient une pléthore de
théorèmes qui méritent qu’on s’y penche. En arrière-plan, nous exposons d’emblée les deux types
de partitions cardinales du sikidy alanana. Partitions cardinales c’est-à-dire répartitions des 16
soralahy dans le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest. L’une est antemoro et l’autre est antandroy. Ce
classement est disponible à partir de M. Chemillier [7].

31
CHAPITRE 3. DEUX SIKIDY SPÉCIAUX : FOHATSE SIKIDY ET TOKA SIKIDY 32

Ce classement importe du fait qu’un théorème s’applique aux deux partitions à la fois, à la
partition antemoro exclusivement ou à la partition antandroy exclusivement. Il est présenté
dans le tableau 31.
/ {0, 1}, P et P 0
Remarque. Dans les deux partitions, 0 et 1 sont dans le Sud. Pour tout P ∈
sont toujours dans des points cardinaux différents.
À noter que les théorèmes qui suivent ne sont pas le fruit de l’auteur mais des mpisikidy.
Nous nous contentons de les partager.

3.1 Fohatse sikidy


Définition 3.1. Un sikidy est dit fohatse si un soralahy apparaît au moins 8 (huit) fois dans
la matrice-sikidy.
Lemme 3.1. Le nombre maximal d’apparitions d’un soralahy dans une matrice-mère dépend
du nombre de ses 0.
Démonstration. Soit n(P ) le nombre d’apparitions de l’entier 0 dans P . Il est toujours possible
d’avoir Pi = P pour i = 1, ..., 4 ou i = 5, ..., 8 pour un soralahy donné P . Soit P (X) =
p1 + p2 X + p3 X 2 + p4 X 3 .
Si n(P ) = 0, la matrice-mère est la matrice dont tous les coefficients sont 1. 1 est le seul soralahy
et il apparaît 8 fois.
Si n(P ) = 1, soit 16 j 64 tel que pj = 0. Nous définissons

0 pour i = j, 4 + j,
Pi =
P sinon
Le nombre maximal d’apparitions de P est 6.
Si n(P ) = 2. Le nombre maximal d’apparitions de P est 4.
Si n(P ) = 3. Soit 16 j 64 tel que pj = 1. Nous définissons

P pour i = 1, ..., 4 et i 6= j,
Pi =
P pour i = 5, ..., 8; et i 6= 4 + j.
Le soralahy P apparaît 6 fois max.
Si n(P ) = 4. Nous avons P = 0. Le nombre maximal d’apparitions de P est 8.

Théorème 3.2. Il existe un seul fohatse sikidy avec 16 soralahy asombola.


Démonstration.
 
0 0 0 0

 0 0 0 0 


 0 0 0 0 


 0 0 0 0 

 0 0 0 0 0 0 0 0 
 
 0 0 0 0 0 0 0 0 
 
 0 0 0 0 0 0 0 0 
0 0 0 0 0 0 0 0
CHAPITRE 3. DEUX SIKIDY SPÉCIAUX : FOHATSE SIKIDY ET TOKA SIKIDY 33

Théorème 3.3. Il n’existe pas de fohatse sikidy qui contienne huit apparitions de alokola ou
alikisy ou alahamora ou alahijana ou alabiavo ou adalo ou taraiky.

Démonstration. Voir lemme 3.1

Théorème 3.4. Il existe un unique fohatse sikidy avec 11 apparitions de karija.

Démonstration.
 
0 1 1 1

 0 1 1 1 


 0 1 1 1 


 0 0 0 0 

 1 1 0 0 1 1 0 1 
 
 1 1 0 0 1 1 0 1 
 
 1 1 0 0 1 1 0 1 
0 0 0 0 0 0 0 0
Théorème 3.5. Il existe un unque fohatse sikidy avec 11 apparitions de alakasajy.

Démonstration.
 
1 0 1 1

 1 0 1 1 


 0 0 0 0 


 1 0 1 1 

 1 1 0 0 1 1 0 1 
 
 1 1 0 0 1 1 0 1 
 
 0 0 0 0 0 0 0 0 
1 1 0 0 1 1 0 1
Théorème 3.6. Il existe un unique fohatse sikidy avec 11 apparitions de alakarabo.

Démonstration.
 
1 1 0 1

 0 0 0 0 


 1 1 0 1 


 1 1 0 1 

 0 1 1 0 0 1 1 1 
 
 0 0 0 0 0 0 0 1 
 
 0 1 1 0 0 1 1 0 
0 1 1 0 0 1 1 1
Théorème 3.7. Il existe un unique fohatse sikidy avec 10 apparitions de alakaosy.

Démonstration.
CHAPITRE 3. DEUX SIKIDY SPÉCIAUX : FOHATSE SIKIDY ET TOKA SIKIDY 34

 
0 0 0 0

 1 1 1 0 


 1 1 1 0 


 1 1 1 0 

 0 0 0 0 0 0 0 0 
 
 0 1 1 0 0 1 1 0 
 
 0 1 1 0 0 1 1 0 
0 1 1 0 0 1 1 0
Théorème 3.8. Il existe un unique fohatse sikidy avec 9 apparitions de taraiky.

Démonstration.
 
1 1 1 1

 1 1 1 1 


 1 1 1 1 


 1 1 1 1 

 0 0 0 0 0 0 0 1 
 
 0 0 0 0 0 0 0 1 
 
 0 0 0 0 0 0 0 1 
0 0 0 0 0 0 0 0
Théorème 3.9. Il existe un unique fohatse sikidy avec 9 apparitions de alakasajy.

Démonstration. Voir lemme 3.1.

Théorème 3.10. Il existe un unique fohatse sikidy avec 9 apparitions d’adalo.

Démonstration.
 
0 1 0 1

 0 0 0 0 


 0 1 0 1 


 0 0 0 0 

 1 0 1 0 1 0 1 1 
 
 0 0 0 0 0 0 0 0 
 
 1 0 1 0 1 0 1 1 
0 0 0 0 0 0 0 0
Théorème 3.11. Il existe un unique fohatse sikidy avec 9 apparitions de karija.

Démonstration. Voir lemme 3.1.

Théorème 3.12. Il existe un unique fohatse sikidy avec 8 apparitions d’alakaosy.

Démonstration. Voir lemme 3.1.

Théorème 3.13. Il existe un unique fohatse sikidy avec 8 apparitions d’alotsimay.

Démonstration.
CHAPITRE 3. DEUX SIKIDY SPÉCIAUX : FOHATSE SIKIDY ET TOKA SIKIDY 35

 
0 0 0 0

 0 1 1 0 


 0 1 1 0 


 0 0 0 0 

 0 0 0 0 0 0 0 0 
 
 1 0 1 0 1 0 1 0 
 
 1 0 1 0 1 0 1 0 
0 0 0 0 0 0 0 0
Théorème 3.14. Il existe un unique fohatse sikidy avec 8 apparitions d’alokola.

Démonstration.
 
1 0 0 1

 0 0 0 0 


 0 0 0 0 


 1 0 0 1 

 1 0 1 0 1 0 1 0 
 
 0 0 0 0 0 0 0 0 
 
 0 0 0 0 0 0 0 0 
1 0 1 0 1 0 1 0
Théorème 3.15. Il existe un unique fohatse sikidy avec 8 apparitions d’alohotsy.

Démonstration.
 
0 0 0 0

 1 0 1 0 


 0 0 0 0 


 1 0 1 0 

 0 0 0 0 0 0 0 0 
 
 1 0 1 0 1 0 1 0 
 
 0 0 0 0 0 0 0 0 
1 0 1 0 1 0 1 0

3.2 Toka sikidy


Définition 3.2. Un sikidy est dit toka si au moins un des points cardinaux est représenté par
un seul soralahy.

Théorème 3.16. Soit A ∈ M4 (Z/2Z) une matrice-mère telle que tous les soralahy colonnes
sont identiques. Soit P la colonne soralahy. Si m(P )=0 et P ∈
/ Sud, le sikidy est toka pour les
partitions antandroy et antemoro.

Démonstration. Soit P ∈ F16 un soralahy tel que m(P ) = 0. Nous avons



 P pour i = 1, .., 4 et i = 16,
Pi = 0 ou 1 pour i = 5, ..., 11,
0 sinon.

0 et 1 sont au Sud. Le sikidy est toka si P ∈


/ Sud.
CHAPITRE 3. DEUX SIKIDY SPÉCIAUX : FOHATSE SIKIDY ET TOKA SIKIDY 36

Théorème 3.17. Soit A ∈ M4 (Z/2Z) une matrice-mère telle que tous les soralahy colonnes
sont identiques. Soit P la colonne soralahy. Si m(P ) = 1 et P (X) 6= X 2 , le sikidy est toka pour
les partitions antemoro et antandroy.

Démonstration. Soit P (X) = a + bX + cX 2 + dX 3 le soralahy colonne tel que m(P ) = 1. Nous


avons 

 P pour i = 1, .., 4
 0 ou 1 pour i = 5, ..., 8, 9, 11,


Pi = 1 pour i = 10, 12
0 pour i = 13, ..., 15




 0
P pour i = 16.
P9 + P11 = P10 = P12 = 1 vu que le nombre de soralahy-lignes 0 est impair. L’une ou l’autre
des colonnes P9 et P11 est 0. Les quatre soralahy ici sont :
— 0 et 1, qui sont au Sud
— P et P 0 qui appartiennent à des points cardinaux différents. (m(P ) = m(P 0 ) = 1)
Le sikidy est toka en P16 s’il n’est pas au Sud c’est-à-dire P 0 (X) 6= 1 + X + X 3 . D’où P (X) 6=
X 2.
Théorème 3.18. Il n’existe pas de sikidy toka du point de vue antandroy qui a le soralahy
asombola, taraiky ou alahasady en P15 ou P11 comme unique soralahy du Sud.
Démonstration. Considérons le cas où asombola est le soralahy en P15 . Supposons P15 = 0.
Nous avons P1 = P2 = P pour soralahy donné P ∈ F16 Sud.
SoitP(X)=p1 + p2 X + p3 X 2 + p4 X 3 . Nous traitons seulement le cas du haut de P . Le cas du
bas est traité similairement. Considérons les cas un par un.
1. Si p1 = 0, alors p2 6= 0 ou p3 6= 0 ou p4 6= 0. Sinon, P = 0 ∈ Sud
2. Si p1 = 0 et p2 = 1. Il s’ensuit automatiquement que
a) P6 (X) = 1 + X + X 2 ; sinon P6 ∈ Sud
b) P5 (X) = aX 2 + bX 3 . Si a + b = 1 oua = b = 1, alors P11 = 0 ∈ Sud ; sinon P5 = 0 ∈ Sud.
3. Si p1 = 1. Alors P5 (X) = 1 + X + X 2 ; sinon P5 ∈ Sud.
4. Si p1 = 1 et p2 = 0. Alors P6 (X) = aX + bX 2 .Sia+b=1oua=b=1, alorsP11 = P5 + P6 ∈ Sud ;
sinon P6 = 0 ∈ Sud.
5. Si p1 = p2 = 1. Alors P (X) = 1 + X + X 2 , sinon P ∈ Sud. Il s’ensuit automatiquement que
P5 (X) = P6 (X) = P8 (X) = 1 + X + X 2 ; sinonP5 , P6 et P8 ∈ Sud. Nous avons P11 = P5 + P6 =
0 ∈ Sud.
Notons que le cas où p1 = p2 = 0 c’est-à-dire le haut est nul sera traité de 2 à 5 en remplaçant
p1 et p2 par p3 et p4 respectivement, et P5 , P6 et P11 par P7 , P8 et P9 respectivement.
Pour le cas 5, nous avons P (X) = X 2 + X 3 et P7 (X) = P8 (X) = 1 + X + X 2 . En d’autres
termes, la bas est traité de manière similaire.
Théorème 3.19. Il n’existe pas de toka sikidy du point de vue antandroy qui a le soralahy
alakarabo, alokola, alohotsy ou alakaosy en P9 ou P13 en tant que seul soralahy de l’Ouest.
Démonstration. Démonstration similaire à celle du théorème 3.18.
Théorème 3.20. Il n’existe pas de toka sikidy du point de vue antandroy qui a le soralahy
alohotsy en P10 ou P14 en tant que seul soralahy de l’Ouest.
Démonstration. Démonstration similaire à celle du théorème 3.18.
CHAPITRE 3. DEUX SIKIDY SPÉCIAUX : FOHATSE SIKIDY ET TOKA SIKIDY 37

Exemple
 3.1.   
S O S S E O O N

 1 0 1 1 S 


 0 1 1 1 N 


 1 0 1 1 S 


 1 0 0 1 O 


 0 0 0 0 S 


 1 0 0 1 O 


 1 1 1 1 S 


 1 1 1 0 E 

 1 1 0 0 1 1 0 1   1 1 0 0 1 1 0 1 
   
 1 1 0 0 1 1 0 1   1 0 1 0 1 0 1 1 
   
 1 1 0 1 0 0 0 1   1 0 1 0 1 0 1 1 
   
 1 1 0 1 0 0 0 0   0 1 1 0 0 1 1 0 
S S S E S S S N N O E S N O E N
Un toka sikidy triple selon la partition
cardinale antandroy. Ouest, Est et Nord sont Un toka sikidy quadruple selon la partition car-
représentés individuellement par un seul dinale antemoro
soralahy.
Chapitre 4

Construction inverse d’une matrice-sikidy

Dans le Chapitre 1, nous élaborons l’érection d’une matrice-sikidy depuis le famohazan-


tsikidy jusqu’à la matrice-fille. Dans le présent chapitre, nous inversons ces étapes c’est-à-dire
qu’à partir d’une matrice-fille incomplète, nous écrivons premièrement une matrice-fille com-
plète, deuxièmement la matrice-mère correspondante. À cette fin, nous employons la résolution
d’équations déjà présentées dans les chapitres 1 et 2.

4.1 Construction inverse de la matrice-fille


 
Lemme 4.1. Soit B = B1 B2 B3 B4 B5 B6 B7 B8 ∈ M4,8 (Z/2Z). Si B est une
matrice-fille, alors
B1 + B3 = B2 (4.1)
B5 + B7 = B6 (4.2)
B2 + B6 = B4 (4.3)
B4 (1) = 0 (4.4)
[X](1 + X)B3 = [X](1 + X)B7 (4.5)
[X](1 + X)B1 = [X 3 ](1 + X)B7 (4.6)
[X 3 ](1 + X)B3 = [X](1 + X)B5 (4.7)
[X 3 ](1 + X)B1 = [X 3 ](1 + X)B5 (4.8)
B1 (0) = [X 3 ](1 + X)(B4 + B8 ) (4.9)
B3 (0) = [X](1 + X)(B4 + B8 ) (4.10)
Démonstration.
B1 = P9 = P7 + P 8 (4.11)
B2 = P10 (4.12)
B3 = P11 = P5 + P6 (4.13)
B4 = P12 (4.14)
B5 = P13 = P3 + P4 (4.15)
B6 = P14 (4.16)
B7 = P15 = P1 + P2 (4.17)
B8 = P16 (4.18)
Trois coefficients de chaque équation définie dans les équations 4.5, 4.6, 4.7, 4.8 qui sont les
équations définies dans le théorème 2.21 détermineront B1 , B3 , B5 et B7 .B2 , B6 et B4 sont

38
CHAPITRE 4. CONSTRUCTION INVERSE D’UNE MATRICE-SIKIDY 39

déduits de 4.1, 4.2, 4.3. Un coefficient de B8 de chacune des équations 4.9 et 4.10 déterminent
B8 c’est-à-dire un coefficient du haut et un coefficient du bas.
Théorème 4.2 (Premier théorème fondamental). Quatorze (14) termes d’une matrice B ∈
M4,8 (Z/2Z) suffisent à compléter B en tant que matrice-fille.
Démonstration. À partir du lemme 4.1, trois coefficients de chacune des équations 4.5, 4.6, 4.7
et 4.8 totalisent 12 coefficients. En plus des deux coefficients de B8 des équations 4.9 et 4.10,
nous avons els quatorze coefficients nécessaires à construire la matrice-fille.
 
0 ∗ 0 ∗ ∗ ∗ 1 ∗
 ∗ ∗ ∗ ∗ 1 ∗ ∗ 0 
Exemple 4.1. Soit B =   0 ∗ 1 ∗ 1 ∗ 0 1  une matrice-fille incomplète. À partir

0 ∗ 1 ∗ 1 ∗ 1 ∗
des équations
 4.5, 4.6, 4.7 et 4.8nous déduisons les coefficients colorés *.
0 ∗ 0 ∗ 1 ∗ 1 ∗
 1 ∗ 0 ∗ 1 ∗ 1 0 
B=  0 ∗ 1 ∗ 1 ∗ 0 1 .

0 ∗ 1 ∗ 1 ∗ 1 ∗
B2 , B4 , B6 sont définis par les équations
 4.1, 4.2, 4.3.
0 0 0 0 1 0 1 ∗
 1 1 0 1 1 0 1 0 
B=  0 1 1 0 1 1 0 1 .

0 1 1 1 1 0 1 ∗
À partir des équations 4.9 et 4.10, nous déterminons les coefficients inconnus de B8 . La matrice-
fille est
 
0 0 0 0 1 0 1 1
 1 1 0 1 1 0 1 0 
B=  0 1 1 0 1 1 0 1 .

0 1 1 1 1 0 1 0

4.2 Construction inverse de la matrice-mère


Dans le théorème 4.1, quatre matrices-mères ont la même matrice-fille. Pour déterminer une
matrice-mère unique, nous avons le théorème suivant.
Théorème 4.3. Pour une matrice-fille donnée, les soralahy P1 et P2 de la matrice-mère cor-
respondante sont bien déterminés.
Démonstration. Nous avons

P1 = P12 + P16 ,
P2 =P15 + P1 = P15 + P12 + P16

Théorème 4.4. Étant donnée une matrice-fille, connaître un coefficient du haut de P3 (respec-
tivement P4 ) et un coefficient du bas de P4 (respectivement P3 ) suffit à déterminer entièrement
la marice-mère.
CHAPITRE 4. CONSTRUCTION INVERSE D’UNE MATRICE-SIKIDY 40

Démonstration. Nous savons depuis le Chapitre 1 que P13 = P3 + P4 .


D’après les équations dans les théorèmes 2.17 et 2.18, nous avons
 2
X P9 = X 3 1 + X P3 ,
  
 3
X P9 = X 3 1 + X P4 ,
  
 2   
X P11 = X 1 + X P3 ,
 3   
X P11 = X 1 + X P4 .

À partir de ces équations, les soralahy P3 et P4 sont entièrement déterminés.


Exemple 4.2. Considérons la matrice-fille dans l’exemple 4.1.
Résolution de P1 et P2
      

 0 1 1

  1   0   1 
P =  +  =

1
  


  0   1   1 

 1 0   1



 1 0 1 0

  1   1   0   0 
P2 = 0  +  0  +  1 =

       
1

 


1 1 0 0

Résolution de P3 et P4 Soient P3 (X) = 1 + aX + bX 2 + cX 3 et P4 (x) = d + eX + f X 3 .




 1=1 + d 
1=a + e b=1

=⇒

 1=b + 0 d=0
1=c + f

En résolvant les équations tel qu’expliqué dans le théorème 4.4,


 

 1=1 + a 
 c=1
0=1 + c f =0
 
=⇒

 1=0 + e 
 a=0
0=f e=1
 
 
0 1 0 1
 1 0 0 1 
La matrice-mère est donc  0 1 1 1 

0 1 0 1
Théorème 4.5 (Deuxième théorème fondamental). Seize (16) coefficients suffisent à détermi-
ner la matrice-sikidy.
Démonstration. Les quatorze coefficients du théorème 4.2 et les deux coefficients du théorème
4.4 permet de déterminer la matrice-sikidy.
Remarque. La construction non-inverse de la matrice-sikidy requiert elle aussi les seize (16)
coefficients la matrice-mère.
Exemple 4.3. Cet exemple vise à mettre en pratique l’entièreté du Chapitre 4. Complétons la
matrice-sikidy incomplète suivante :
CHAPITRE 4. CONSTRUCTION INVERSE D’UNE MATRICE-SIKIDY 41

1
1 1 0
1 1 1 0
0 1 0
0 0 0 0

Déterminons B1 , B3 , B5 et B7 par le biais des équations 4.5, 4.6, 4.7 et 4.8.

1
1 0 1 1 0
1 1 1 0
1 0 1 0 0
0 0 0 0

Déterminons B2 , B4 et B6 par les équations 4.1, 4.2 et 4.3.

1
1 1 0 1 1 0 1 0
1 0 1 1 1 1 0
1 1 0 0 1 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0

Déterminons B8 par les équations 4.9 et 4.10.

1
1 1 0 1 1 0 1 0
1 0 1 1 1 1 0 0
1 1 0 0 1 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0 1
CHAPITRE 4. CONSTRUCTION INVERSE D’UNE MATRICE-SIKIDY 42

Déterminons P1 et P2 .

0 0 1
1 1
0 0
1 1 1
1 1 0 1 1 0 1 0
1 0 1 1 1 1 0 0
1 1 0 0 1 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0 1

Déterminons P3 et P4 .

0 1 0 1
0 1 1 1
1 0 0 0
1 1 1 1
1 1 0 1 1 0 1 0
1 0 1 1 1 1 0 0
1 1 0 0 1 1 0 0
0 0 0 0 0 0 0 1
Conclusion

En définitive, en premier lieu nous avons introduit le lecteur dans le monde du sikidy alanana.
En deuxième lieu, nous avons montré les théorèmes définissant la version polynomiale du sikidy
alanana.
En troisième lieu, nous avons énoncé des théorèmes concernant le fohatse sikidy et le toka sikidy
qui sont deux types de sikidy alanana.
En quatrième lieu, nous avons expliqué comment combler une matrice-sikidy incomplète, abou-
tissement de tous les théorèmes visités précédemment.
En plus de traduire mathématiquement des principes du sikidy déjà existants, nous contribuons
des théorèmes nouveaux qui enrichissent les références concernant le sikidy alanana.
Nous espérons par ce travail renouveler voire créer un intérêt du public pour une science en
général désertée des Malagasy quoique partie intégrante de notre culture.

43
Bibliographie

[1] Achser, M. (1997). Malagasy sikidy : A case in ethnomathematics. Historia Mathematica,


376–395.

[2] Anona, F. (2016). Mathematical aspects of sikidy. J. Gen. Lie Theory Apl. 10 S2 , 1–3.

[3] Callet, R. (1908). Tantara ny andriana (Deuxième édition ed.), Volume Tome 1, Chapter
Ny nanjakan’ Andriamanelo teo Alasora, pp. 82–133. Imprimerie Nationale.

[4] Decary, R. (1970). La divination malgache par le sikidy, Volume Volume IX of Sixième
série. Paris : Librairie Orientaliste Paul Geuthner.

[5] J. F. Rabedimy, E. R. (2012-2013a). Cours 1. In La divination au quotidien : le sikidy et ses


formes symboliques. http ://[Link]/bibliotheque/SIKIDY_Cours_1.pdf.

[6] J. F. Rabedimy, E. R. M. (2012-2013b). Cours 4. In La


divination au quotidien : le sikidy et ses formes symboliques.
http ://[Link]/bibliotheque/SIKIDY_Cours_4.pdf.

[7] M. Chemillier, D. Jacquet, V. R. e. M. Z. (2007). Aspects mathématiques et cognitifs de la


divination sikidy à madagascar. L’Homme.

[8] Ramamonjisoa, J. B. I. (2009). Sans la plante, point de devin-guérisseur. Études océan


Indien, 42–43.

[9] Raoelison, R. R. (1985). Rakibolana Malagasy. Fianarantsoa : Librairie Ambozontany.

[10] Vig, L. (2006). Croyances et mœurs des malgaches, Volume Fascicule 2. Fiangonana
Loterana Malagasy.

vii
Annexe

Programme C pour entrer une matrice-mère et afficher la matrice-fille


correspondante :
include <stdio.h>
int main()
{
int a[4][4], b[4][8] ;
printf("Taper les éléments de la matrice-mère\n") ;
for (int i = 0 ; i < 4 ; ++i)
for (int j = 0 ; j < 4 ; ++j)
{
printf("Taper a%d%d : ", i + 1, j + 1) ;
scanf("%d", &a[i][j]) ;
}
int j = 0 ;
if (j == 0){b[0][j] = (a[2][3] + a[3][3])%2 ;
b[1][j] = (a[2][2] + a[3][2])%2 ;
b[2][j] = (a[2][1] + a[3][1])%2 ;
b[3][j] = (a[2][0] + a[3][0])%2 ;
}
else if (j == 2)
{b[0][j] = (a[0][3] + a[1][3])%2 ;
b[1][j] = (a[0][2] + a[1][2])%2 ;
b[2][j] = (a[0][1] + a[1][1])%2 ;
b[3][j] = (a[0][0] + a[1][0])%2 ;}
else if (j == 4){for (int i = 0 ; i < 4 ; ++i)
{b[i][j] = (a[i][0] + a[i][1])%2 ;
}
}
else if (j == 6){for (int i = 0 ; i < 4 ; ++i)
{b[i][j] = (a[i][2] + a[i][3])%2 ;
}
}
else if (j == 1){for (int i = 0 ; i < 4 ; ++i)
{b[i][j] = (b[i][0] + b[i][2])%2 ;
}
}
else if (j == 5){for (int i = 0 ; i < 4 ; ++i)
{b[i][j] = (b[i][4] + b[i][6])%2 ;
}
}

viii
BIBLIOGRAPHIE ix

else if (j == 3){for (int i = 0 ; i < 4 ; ++i)


{b[i][j] = (b[i][1] + b[i][5])%2 ;
}
}
else ;{for (int i = 0 ; i < 4 ; ++i)
{b[i][j] = (b[i][3] + a[i][4])%2 ;
}
}
printf("\nLa matrice-fille est :") ;
for (int i = 0 ; i < 4 ; ++i)
for (int j = 0 ; j < 8 ; ++j)
{
printf("%d ", b[i][j]) ;
if (j == 7)
printf("\n") ;
}
return 0 ;
}
Fiche de renseignements

Noms Rakotovao Valisoa


Prénoms Miavaka Voninahitra Ambinintsoa
Adresse Lot VF 167 Volotara Andoharanofotsy
Téléphone 0386889515
Email vony@[Link]

Titre du mémoire :

Modélisation cognitive :
Règles mathématiques du sikidy alanana

Nombre de pages 56
Nombre de tableaux 8
Nombre de figures 2
Mots-clés sikidy, matrice-sikidy, mpisikidy, fohatse, toka, soralahy

Directrice de mémoire Madame Rakotondrajao Fanja


Téléphone 0340219582
Email [Link]@[Link]
Résumé
Ce mémoire, intitulé « Modélisation cognitive : Règles mathématiques du sikidy alanana »,
traduit de manière mathématique le sikidy alanana. Le lecteur est introduit dans l’historique
et les spécificités du sikidy alanana, ainsi que le procédé numérique du sikidy alanana. Les
soralahy sont transcrits et reliés entre eux sous forme de fonction polynomiale. Deux catégories
de sikidy dits fohatse et sikidy sont avancés et expliqués. Nous démontrons comment remplir
une matrice-sikidy incomplète.
Mots-clés : sikidy, matrice-sikidy, mpisikidy, fohatse, toka, soralahy

Abstract
This thesis, entitled « Cognitive modelling : Mathematical rules of sikidy alanana », translates
into mathematics the sikidy alanana. The reader makes acquaintance with the history and
specifics of sikidy alanana, plus the numerical modus operandi of sikidy alanana. Soralahy are
translated and linked between one another as polynomials. Two types of sikidy called fohatse
and toka are introduced and explained. We build a complete matrix-sikidy from an incomplete
matrix-sikidy.
Keywords : sikidy, matrix-sikidy, mpisikidy, fohatse, toka, soralahy

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