FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
Chapitre II : Matériaux et hypothèses de calcul
I- Le béton armé
I-1- Définition
Le béton armé est un matériau complexe (ou un complexe), constitué par la réunion de deux
matériaux simple : le béton et l’acier, disposés de façon à utiliser de manière économique et
rationnelles les résistances propres de chacun d’eux.
C’est un matériau artificiel venu du moulage qui nécessite la mise en œuvre des opérations
suivantes :
1- Réalisation de la forme extérieure de la pièce à construire à l’aide d’un matériau
quelconque (le plus souvent bois, quelque fois fer et béton armé même) : c’est le coffrage.
2- Mise en place des barres d’acier (armatures) : c’est le ferraillage.
3- Mise en œuvre du béton dans le moule : c’est le bétonnage.
4- Enfin, après un certain temps nécessaire permettant au béton de durcir, on démonte le
moule et on enlève les étais : c’est le décoffrage.
I-2- l’idée créatrice du complexe
Le béton résiste beaucoup mieux à la compression qu’à la traction (de 8 12 fois plus) ; l’acier
résiste également bien à ces deux natures d’efforts et la valeur absolue de sa résistance est
bien supérieure à celle du béton.
Disons que si un béton résiste couramment à 28 jours d’âge à 35 MPa en compression et à 2,5
MPa en traction, l’acier, dans les mêmes conditions, pourra absorber une contrainte de 380 à
420 MPa et plus pour les aciers mi-durs. D’où vient l’idée du complexe : combiner le béton et
l’acier de façon que dans une même pièce les efforts de traction soient absorbés par l’acier, et
les efforts de compression par le béton.
I-3- Avantages du matériau béton armé
1- Souplesse : on peut réaliser en béton armé des formes très diverses et soumise à des
efforts quelconques.
2- Monolithisme : une construction en béton armé forme un ensemble rigide d’un seul tenant
solidaire.
Mme TAREK. K /2020-2021 1
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
3- Mise en œuvre très simple : elle ne nécessite pratiquement pas de mains d’œuvre
spécialisée (ouvriers).
4- Economie : l’économie sur une construction est de l’ordre de 1/5 et même de 1/4 par
rapport à une construction métallique.
5- Conservation, entretien : une construction en béton armé voit sa résistance croitre avec le
temps, du fait du durcissement progressif du béton, sans qu’il soit nécessaire de procéder à
un entretien régulier.
6- Faible poids : par rapport aux ouvrages en maçonnerie, ceci peut être très intéressant pour
les fondations (par contre, un ouvrage en béton armé peut peser trois à quatre fois plus
qu’une construction métallique).
7- Incombustibilité : résistance au feu : avantage incontestable par rapport aux ouvrages en
métal sur les quels le feu produit des déformations considérables.
8- Faible encombrement : notable surtout en matière de bâtiments, ou le béton armé permet
des économies d’épaisseur sur les planchers et les ossatures.
9- Efforts dynamiques : les ponts en béton armé sont moins sensibles aux efforts répétés des
charges roulantes que les ponts métalliques plus légers. Au contraire, désavantagés par
rapport aux ponts en maçonnerie.
II- Caractéristiques des matériaux :
II- 1- le béton :
Le béton hydraulique est un mélange optimal de matériaux : liants (ciments artificiels),
granulats naturels ou artificiels (sables, graviers), eau et éventuellement d’adjuvants
(plastifiants, entraîneurs d’air, hydrofuge de masse, accélérateur de prise, de durcissement,
retardateur de prise….). Ces principales caractéristiques sont :
- Une bonne résistance en compression simple ;
- Une mauvaise résistance en traction simple ;
- Un poids volumique compris entre 22 et 24 KN/m3 pour le béton et 25 KN/m3 pour le
béton armé ;
- Un coefficient de dilatation thermique identique à celui de l’acier de 10-5/°C.
II-1-1- Résistance du béton à la compression
Pour l’établissement des projets, un béton est défini par la valeur de sa résistance à la
compression à l’âge de 28 jours dite valeur caractéristique requise ou spécifiée, notée fc28, est
Mme TAREK. K /2020-2021 2
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
choisie en fonction des possibilités locales et les règles de contrôle qui permettent de vérifier
qu’elle est atteint.
Celle-ci est mesurée par compression axiale de cylindres droits de révolution de diamètre de
16cm et de hauteur de 32cm (section 200cm2) pour des granulats de grosseur au plus égale à
40mm (Dmax ≤40mm). Les éprouvettes, conformes à la norme NFP18-400 sont
confectionnées et essayées selon le mode opératoire des normes NFP18-401 et NFP18-406.
II-1-2- Résistance caractéristique requise du béton (choix du béton)
Une bonne résistance est généralement liée à une bonne compacité obtenue par un choix
rigoureux du squelette granulaire, du rapport E/C et de bonnes conditions de mise en œuvre
respectant les règles de l’art, ce qui est favorable pour la durabilité du béton (donc de
l’ouvrage). La composition finale du béton devrait se faire en fonction de fc28 par l’une des
méthodes de composition (méthode de Dreux Gorisse par exemple).
Pour le choix de la valeur de fc28 on peut considérer que :
- 20 MPa sont facilement atteints pour les chantiers convenablement outillés.
- 25 MPa sur les chantiers faisant l’objet d’un contrôle régulier.
- 30 MPa par choix convenable des matériaux et étude de la composition du béton.
- Des résistances supérieures peuvent être atteintes moyennant d’une sélection rigoureuse
des matériaux utilisés.
Il est rappelé que les résistances moyennes du béton doivent être supérieures aux
caractéristiques requises (fc28 fixée) d’environ 15 à 30% (σ28 = 1.15 σn). Les différences étant
d’autant plus grandes que le chantier est moins bien contrôlé et le béton moins régulier.
D’autre part, le dosage en ciment doit tenir compte du pourcentage en volume des armatures ;
pour assurer un bon enrobage et une bonne protection des armatures, le béton doit être
d’autant plus dosé que les armatures sont plus nombreuses et plus divisées. Dans le cas des
pièces moyennement ou fortement armées, les dosages usuels en ciment oscillent entre
350 400 Kg/m3 de béton, sachant que l’augmentation du dosage en ciment constitue un moyen
d’augmenter la résistance du béton.
On opte pour un béton dont la valeur de sa résistance caractéristique à 28 jours est égale à :
fc28 = 25MPa.
Mme TAREK. K /2020-2021 3
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
II-1-3- Résistance caractéristique minimale
La résistance caractéristique minimale fc28 doit être de 15 MPa quant on utilise des aciers à
haute adhérence et de 12 MPa pour les aciers ronds lisses.
II-1-4- Recommandation
Lorsque les sollicitations s’exercent sur le béton dont l’âge de j jours (en cours d’exécution)
inférieur à 28 jours, on se réfère à la résistance fcj obtenue au jour considéré à partir des deux
lois suivantes :
j j
fcj fc28 pour fc28 40 MPa fcj fc28 pour fc28 40 MPa
4,76 0,83 j 1,40 0,95 j
Pour la vérification de la résistance des sections, la valeur de fcj, pour j > 28 jours est
conventionnellement prise égale à fc28.
fcj fc 28 pour fc j fc 28
Pour l’évaluation des déformations ; la valeur de fcj est prise égale à :
j
fcj fc28 pour fc28 40 MPa et 28 j 60 jours et :
4,76 0,83 j
fcj 1,1 fc 28 pour fc 28 40 MPa et j 60 jours
II-1-5- Résistance du béton à la traction
La résistance caractéristique du béton à la traction à j jours d’âge, notée ftj est
conventionnellement définie par la relation :
ftj 0,6 0,06 fc j pour fc j 60 MPa
II-1-6- Déformations longitudinales du béton
- Module de déformation longitudinale instantanée du béton
Le module de déformation longitudinale instantanée du béton sous des contraintes normales
d’une durée d’application inférieure à 24 heures, noté Eij à l’âge de j jours est égale à :
1
Eij 11000 fc j 3 pour j 28 jours Eij et fci en Mpa
Mme TAREK. K /2020-2021 4
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
Cette formule n’est valable que pour les bétons habituels durcissant naturellement sur le
chantier. Elle n’est pas valable pour les vérifications à l’état limite ultime de stabilité de forme
pour les quelles des règles particulières sont données.
- Module de déformation longitudinale différée du béton
Les déformations différées du béton Evj comprennent le retrait et le fluage, on considère dans
les calculs que les effets de ces deux phénomènes s’additionnent sans atténuation.
A défaut de mesures, on admet que sous contraintes de longue durée d’application, les
déformations longitudinales complémentaires dues au fluage du béton sont doubles de celles
dues aux mêmes contraintes supposées de courte durée et appliquées au même âge.
Le module de déformation longitudinale différée du béton Evj est égal à :
1 Eij
Evj 3700 fc j 3
3
II-1-7- Coefficient de Poisson
Le coefficient de poisson μ du béton est pris égale à :
μ = 0,2 pour le calcul des déformations
μ = 0 pour le calcul des sollicitations
Pour le calcul des éléments bidimensionnels (cas des dalles par exemple) :
μ = 0,2 à L’ELS (béton non fissuré)
μ=0 à L’ELU (béton fissuré).
II-1-8- Récapitulatif
Tableau n°1 : récapitulatif
La résistance du béton à la compression fc28 25 MPa
La résistance du béton à la traction ft28 2,1 MPa
Le module de déformation instantanée Eij 32164,195 MPa
Le module de déformation différée Evj 10818,866 MPa
II-1-9- Diagramme contraintes – déformations
Diagramme parabole- rectangle avec :
σbc : la contrainte de compression dans le béton
εbc : déformation unitaire dans le béton
Mme TAREK. K /2020-2021 5
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
fbu : résistance conventionnelle ultime à la compression donnée par :
fc28
fbu 0,85
b
avec :
γb = 1,15 situation accidentelle
1,5 autres cas (situation durable et transitoire).
En fonction de la durée d’application t de la combinaison d’action considérée, θ est pris égal
à:
0,85 t < 1 heure
θ= 0,9 1 ≤ t ≤ 24 heures
1 t > 24 heures et
OS : parabole du deuxième degré tangente à son sommet S à l’horizontale.
σbc
S
fbu
Parabole Rectangle
εbc
O
2‰ 3,5‰
Figure n°1 : diagramme contrainte-déformation du béton
II-2- Les aciers
Les aciers doivent être conformes aux textes règlementaires en vigueur. La caractéristique
mécanique servant de base aux justifications est la limite d’élasticité garantie désignée par fe.
II-2-1- Aciers disponibles
Les armatures pour béton armé sont constituées par des aciers qui se distinguent par leur
nuance et leur état de surface : on trouve les ronds lisses et les barres à hautes adhérence. Pour
les ronds lisses, on distingue deux nuances : FeE 215 et FeE 315, correspondant à des limites
d’élasticité garantie de 215 et 235 MPa.
Mme TAREK. K /2020-2021 6
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
Pour les barres à haute adhérence, les nuances sont FeE 400 et FeE 500 correspondant à des
limites d’élasticité garanties de 400 et 500 MPa.
II-2-2- Diagramme contrainte-déformation de l’acier
Le diagramme contrainte (σs) - déformation (εs) est conventionnellement défini ci-après :
σs
fe
- 10‰ - fe/Es
εs
fe/Es 10‰
- fe
Figure n°2 : diagramme contrainte-déformation de l’acier
Le module d’élasticité longitudinale de l’acier Es est pris égal à 200 000 MPa.
Dans notre cas l’acier utilisé est un acier à haute adhérence FeE 400 de limite élastique
fe = 400 MPa.
III- Hypothèses et données pour le calcul du béton armé
III-1- Objet des justifications de calcul
Les ouvrages et éléments d’ouvrages doivent être conçus et calculés de manière à pouvoir
résister avec sécurité appropriée à toutes les sollicitations prévues et à présenter une durabilité
satisfaisante durant toute la période d’exploitation envisagée. Une conception correcte est
essentielle en ce qui concerne les dispositions générales de l’ouvrage et les détails constructifs
(assemblages, ferraillage…).
Le calcul permet de justifier dans la mesure où il n’existe pas de faute de conception, qu’une
sécurité appropriée est assurée :
Mme TAREK. K /2020-2021 7
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
- Vis-à-vis de la ruine de l’ouvrage et de ses éléments constitutifs.
- Vis-à-vis d’un comportement non satisfaisant en service (aspect, durabilité, confort des
usagers…).
Pour le béton armé, les vérifications du comportement en service concerneront
essentiellement les ouvertures de fissures (danger de corrosion des armatures, aspect
inesthétique) et les déformations des éléments porteurs (danger de dommages aux éléments
portés tels que les cloisons, inconfort des occupants).
III-2- Méthode des états limites
III-2-1- Actions
L’ensemble des charges appliquées à une construction directement (charge permanente ou
charges d’exploitation) ou résultat de déformations imposées (retrait, variation de
température, tassement d’appuis …). Elles peuvent être permanentes, variables ou
accidentelles.
- Actions permanentes (G)
Elles sont appliquées pratiquement avec la même intensité pendant toute la durée de vie de
l’ouvrage ; elles comportent :
Le poids propre de la structure, calculé d’après les dimensions prévues aux plans
d’exécution, la masse volumique du béton armé étant égal à 2,5 t/m3.
Les charges des superstructures, des équipements fixes, les efforts dus à des terres ou à des
liquides dont les niveaux varient peu, les efforts dus aux déformations permanentes imposées
à la construction.
- Actions variables (Q)
Ce sont des actions dont l’intensité est plus ou moins constante, mais qui sont appliquées
pendant un temps court par rapport aux actions permanentes. Elles sont définies par les textes
règlementaires et normatifs en vigueur ; on distingue les actions d’exploitation, les actions
climatiques (neige, vent), les actions dues à la température et les actions appliquées en cours
d’exécution.
Mme TAREK. K /2020-2021 8
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
- Actions accidentelles (FA)
Tels que les chocs des véhicules routiers ou bateaux sur les appuis des ponts, séismes, action
du feu.
III-2-2- Sollicitation
Sont les efforts provoqués, en chaque point et sur chaque section de la structure, par des
actions exercées sur elle ; les sollicitations sont exprimées sous forme d’efforts (normaux N,
tranchants V), de moments (de flexion M, de torsion T).
III-2-3- Etats limites
L’état limite est défini comme celui pour lequel une condition requise d’une construction (ou
d’un de ses éléments) est strictement satisfaite et cesserait de l’être en cas de modification
défavorable d’une action. En d’autre termes, un état limite est un état au delà duquel la
structure, ou un élément de la structure, est mis hors service, c'est-à-dire ne répond plus aux
fonctions pour les quelles elle a été conçue.
Les états limites se classent en deux catégories :
- Les états limites ultimes
Ils mettent en jeu la sécurité des personnes (usagers) et des biens. Ils correspondent à
l’atteinte du maximum de la capacité portante de l’ouvrage ou l’un de ses éléments, traduite
par la perte d’équilibre statique (basculement), par la perte de stabilité de forme (flambement),
et surtout la perte de résistance (rupture d’une section critique de la structure qui conduisent à
la ruine de l’ouvrage).
Parmi les causes pouvant produire un état limite ultime, on peut citer :
- Les matériaux peuvent être moins résistants que prévu ;
- Les charges appliquées peuvent être plus sévères que prévu ;
- Les méthodes de calcul et les hypothèses peuvent ne pas correspondre exactement à la
réalité.
L’état limite ultime peut également être dû aux effets d’une explosion, du feu ou à la
répétition des actions (actions sismiques).
Mme TAREK. K /2020-2021 9
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
Les calculs à l’ELU font référence aux conditions de rupture, il s’agit de s’assurer que le
risque de ruine est très faible en prenant divers coefficient de sécurité (sur les matériaux) et de
pondération (sur les charges).
- Les états limites de service
Au delà desquels ne sont plus satisfaites les conditions normales d’exploitation et de
durabilité. Ils correspondent aux phénomènes suivants :
- Ouvertures excessives des fissures.
- Compression excessive du béton.
- Déformation excessive des éléments porteurs pour une utilisation normale de la structure.
- Vibrations excessives ou inconfortables.
- Perte d’étanchéité.
- Déplacements excessifs sans pertes d’équilibre.
- Dommages indésirables (corrosion par exemple).
Les calculs à l’ELS font référence aux conditions d’exploitation normales et de durabilité de
la construction. Il s’agit de vérifier le bon respect des conditions pour que l’exploitation
normale et la durabilité de la construction soient assurées.
III-3- Sollicitations de calcul
Les sollicitations de calcul sont notées comme suit :
G max : l’ensemble des actions permanentes défavorables ;
G min : l’ensemble des actions permanentes favorables ;
Q1 : une action variable dite de base ;
Q i (i >1) : les autres actions variables dites d’accompagnement.
Dans une combinaison donnée, G max et G min désignent des actions d’origine et de nature
différente, ce qui exclut de partager une même action permanente entre ces deux parties ; en
particulier le poids propre d’une poutre continue est introduit avec le même coefficient sur
toute sa longueur.
III-3-1- Sollicitations de calcul vis-à-vis des états limites ultimes de résistance et de
stabilité de forme
Les sollicitations à considérer résultent des combinaisons d’actions suivantes :
Mme TAREK. K /2020-2021 10
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
- Combinaison fondamentale : lors des situations durables ou transitoires (par opposition
aux situations dites accidentelles), il y a lieu de considérer la combinaison fondamentale :
1,35 G max + G min + γ Q1 Q 1 + ∑ 1,3 ψ i Q i
Expression dans la quelle G max représente l’ensemble des actions permanentes allant dans le
même sens que l’action de base Q 1 et G min l’ensemble des actions permanentes allant en
sens inverse ;
γ Q1 vaut 1,5 dans le cas général et 1,35 pour la température, les bâtiments agricoles à faible
densité d’occupation humaine et les charges d’exploitation de caractère particulier.
Les coefficients ψ i (ψ 0, ψ 1, ψ 2) de pondération des valeurs d’accompagnement sont définis
dans l’annexe D du règlement BAEL.
- Combinaison accidentelle : si elle n’est pas définie par des textes spécifiques, la
combinaison d’action à considérée est :
G max + G min + F A + ψ 11 Q 1 + ∑ ψ 2i Q i
Avec:
F A = valeur nominale de l’action accidentelle,
ψ 11 Q 1 = valeur fréquente d’une action variable,
ψ 2i Q I = valeur quasi permanente d’une action variable.
III-3-2- Sollicitations de calcul vis-à-vis des états limites de service
Elles résultent de la combinaison d’actions suivante dite combinaison rare :
G max + G min + Q 1 + ∑ ψ i Q i
III-4- Hypothèses de calcul
III-4-1- Hypothèses générales valables pour tous les états limites
- Conservation des sections planes : au cours de la déformation, les sections droites restent
planes et conservent leurs dimensions (principe de Navier BERNOULLI).
- La résistance du béton tendu est considérée comme nulle.
- Par adhérence, les déformations relatives de l’acier et du béton au contact sont les
mêmes : absence de glissement entre acier et béton.
Mme TAREK. K /2020-2021 11
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
- La section d’un groupe de plusieurs barres d’acier tendues ou comprimées est concentrée
en son centre de gravité.
III-4-2- Hypothèses supplémentaires pour les ELS
- Calcul élastique
- Loi de Hooke : les contraintes sont proportionnelles aux déformations relatives
σ = E ε = E ΔL/L.
- Introduction du coefficient d’équivalence acier-béton : n = Es / Eb = 15 (rapport entre les
coefficients d’élasticité longitudinale de l’acier et le béton).
- Etat limite de compression du béton
La contrainte de compression du béton en service σbc est limitée à : bc 0,6 fc28
La limitation de la compression du béton correspond à un état limite de formation de fissures
parallèles à la direction des contraintes de compression.
- Etat limite d’ouverture des fissures
La forme des divers éléments de structure et les dispositions des armatures sont conçues de
manière à limiter la probabilité d’apparition des fissures d’une largeur supérieure à celle qui
est tolérable en fonction du rôle et de la situation de l’ouvrage.
Les fissures de largeur excessive peuvent compromettre l’aspect des parements, l’étanchéité
des parois, la tenue des armatures vis-à-vis de la corrosion.
Les contraintes limites des aciers varient selon le degré de nocivité des ouvertures des fissures
(type de fissuration).
1- Fissuration peu préjudiciable
La fissuration est considérée comme peu préjudiciable lorsque les éléments en cause sont
situés dans des locaux couverts et clos ou les parements susceptibles d’être fissurés ne sont
pas visibles. Dans ce cas, aucune vérification particulière n’est requise :
fe
s s
Mme TAREK. K /2020-2021 12
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
2- Fissuration préjudiciable
La fissuration est considérée comme préjudiciable lorsque les éléments en cause sont exposés
aux intempéries ou à des condensations, ou peuvent être alternativement émergés ou noyés en
eau douce. Dans ce cas, la contrainte de traction des armatures est limitée à :
2 fe
s min ; 110 ft 28 pour 25 fc28 40 MPa
3
η : coefficient de fissuration, dont la valeur est égale à 1 pour les aciers ronds lisses et 1,6
pour les armatures à hautes adhérence, sauf le cas des fils de diamètre inférieur à 6 mm pour
les quels on prend 1,3.
3- Fissuration très préjudiciable
La fissuration est considérée comme très préjudiciable lorsque les éléments en cause sont
exposés à un milieu agressif (l’eau de mer, atmosphère marine : embrun, brouillards salins,
l’eau très pure, les gazs ou sols particulièrement corrosifs) ou doivent assurer une étanchéité.
Dans ce cas, la contrainte limite des armatures est la suivante :
s min 0,5 fe ; 90 ft 28 pour 25 fc28 40 MPa
III-4-3- Hypothèses supplémentaires pour les ELU
- Diagramme contrainte-déformation
Béton : le diagramme de calcul normal du béton est le diagramme parabole-rectangle.
σbc
fc28
fbu 0,85
b
fbu b 1,5 SDT et 1,15 SA
εbc
2‰ 3,5‰
Figure n°3 : digramme de calcul du béton
Mme TAREK. K /2020-2021 13
FGC/Licence L3 /projet de fin de cycle Matériaux et hypothèses de calcul
Acier : le diagramme de calcul de l’acier est le diagramme idéalisé.
σs
s 1,15 SDT et 1 SA
fed = fe/γs
Es = 2 .105MPa
εs
εsl = fed/Es 10‰
- Déformations relatives limites
- L’allongement relatif de l’acier est limité à 10 ‰ (l’acier le plus tendu).
- Le raccourcissement relatif du béton est limité à : 3,5 ‰ en flexion et 2 ‰ en compression
simple.
Mme TAREK. K /2020-2021 14