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Programme Ec Xu511t30068

Le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle d'Haïti a mis en circulation des programmes remaniés pour l'enseignement secondaire, visant à offrir une éducation de qualité et inclusive. Ces programmes, qui répondent aux besoins actuels de la société, préparent les élèves à devenir des citoyens responsables et engagés, tout en favorisant l'apprentissage autonome. Le cadre d'orientation curriculaire définit les compétences attendues des élèves à la fin de leur parcours secondaire, incluant la communication, l'autonomie, l'engagement citoyen et la créativité.

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Programme Ec Xu511t30068

Le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle d'Haïti a mis en circulation des programmes remaniés pour l'enseignement secondaire, visant à offrir une éducation de qualité et inclusive. Ces programmes, qui répondent aux besoins actuels de la société, préparent les élèves à devenir des citoyens responsables et engagés, tout en favorisant l'apprentissage autonome. Le cadre d'orientation curriculaire définit les compétences attendues des élèves à la fin de leur parcours secondaire, incluant la communication, l'autonomie, l'engagement citoyen et la créativité.

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Programmes de

L’ENSEIGNEMENT
SECONDAIRE

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE


ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
(MENFP)

Version définitive–24juillet 2024

2
PRÉAMBULE
Mots du Ministre
Très Chers Compatriotes,
Aujourd'hui, en tant que Ministre de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle, j’éprouve une grande joie et me sens
aussi habité par un sentiment de grande responsabilité en m'adressant à vous, pour annoncer la mise en circulation des programmes
remaniés du secondaire. Au cours des dernières années, des efforts considérables ont été déployés pour réviser et actualiser les
programmes scolaires du secondaire. Une initiative qui marque une étape significative dans la quête d'un système éducatif inclusif et de
qualité en Haïti.
Alors que la rentrée scolaire vient d’avoir lieu, j’ai pris la décision d'autoriser l'utilisation de ces programmes remaniés du secondaire
haïtien.
Cette démarche traduit non seulement ma volonté en tant que Ministre de l’Education en exe rcice, mais aussi celle du
gouvernement de rendre l'éducation, et une éducation de qualité, accessible à tous, alors que les défis socio-économiques demeurent
prégnants.
Les programmes qui ont été révisés visent à répondre aux besoins actuels de notre société, en intégrant des compétences essentielles qui préparent
nos jeunes à devenir des citoyens responsables et engagés. À mes yeux, l’éducation ne doit pas être un privilège, mais un droit fondamental
pour chaque Haïtien et Haïtienne.
En rendant ces programmes disponibles, je souhaite encourager l'apprentissage autonome, soutenir les familles et les communautés et
promouvoir une éducation tout au long de la vie.
L’Éducation est un pilier du développement durable et un vecteur de changement social.
Voilà pourquoi, j’invite les parents, les éducateurs et tous les acteurs de la société à s'approprier ces ressources, à les adapter à leurs contextes
respectifs et à les utiliser dans le but d’enrichir l'expérience de nos jeunes.
Je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à l'élaboration de ces programmes, particulièrement l’Agence Française de
Développement (AFD) à travers le projet NECTAR, ainsi que les partenaires qui soutiennent le Ministère dans cette noble mission. Mes
remerciements spéciaux vont aux valeureux et dévoués concepteurs haïtiens et étrangers qui ont utilement élaboré, révisé et remanié ces
programmes. Je salue aussi l’engagement de la Coordination du Pôle Enseignement et Qualité (CGPEQ), la détermination exemplaire de la
Direction de l’Enseignement Secondaire (DES) et la collaboration de l’UTICE.
Que ces programmes contribuent à la transformation sociale tant souhaitée et longuement attendue par notre chère patrie !

Augustin ANTOINE
Ministre de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle

3
Table des matières
PRESENTATION

Pourquoi ces programmes ? 5


L’enseignement secondaire 6
Sa place dans le curriculum haïtien 6
Ce qui est attendu des élèves à la sortie du secondaire 7
Une volonté de changement 14
Une conception de la classe centrée sur l’élève 14
Une notion essentielle : celle de compétence 14
Une exigence : l’évaluation 15
Des attentes fortes 16
Lire et mettre en œuvre les programmes 18
Leur fonction 19
Comment sont conçus les programmes ? 20
Les domaines – Les disciplines 20
Les parcours – Les horaires 21
Mettre en œuvre les programmes 23
La nécessité d’une coopération entre enseignants 24
ÉDUCATION À LA CITOYENNETÉ 25

4
PRESENTATION
POURQUOI CES PROGRAMMES ?
Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) a entrepris depuis plusieurs années une vaste
rénovation du système éducatif afin d’assurer la pleine réussite de tous les jeunes Haïtiens et de toutes les jeunes Haïtiennes, de
répondre aux défis du XXIe siècle et de contribuer au progrès de notre pays. Dans le prolongement de la réforme initiée par le
ministre Joseph C. Bernard dès 1982, une évolution profonde de l’École haïtienne a été engagée avec la volonté de favoriser une
pédagogie inclusive et mobilisatrice, centrée sur les activités de l’élève et privilégiant une éducation multilingue.
Dans cette perspective, le Ministère conduit une révision de l’ensemble des programmes officiels afin d’assurer leur continuité et leur
cohérence. Dans ce contexte, un texte d’orientation a été élaboré : le « Cadre d’Orientation Curriculaire pour le système éducatif
haïtien ». Ce document rassemble les grandes orientations du système éducatif à partir de quelques questions fondamentales : quelle
formation ? pour quel citoyen ? pour quelle société ? quelles valeurs ? Il définit les lignes directrices qui permettront d’écrire les
programmes au service des finalités communes et, à travers ceux-ci, les apprentissages qui seront conduits par les élèves. Le « Cadre
d’Orientation Curriculaire » ne détermine pas seulement le contenu et la forme des programmes, mais il précise aussi les modalités
de leur mise en œuvre et de l’évaluation des élèves, et plus largement, ce qui est attendu des enseignants et de ceux qui ont pour
mission de les former. Tous les enseignants et les autres acteurs du système éducatif sont invités à prendre connaissance de ce
document.
La refonte du curriculum haïtien a d’abord porté sur le 3e cycle de l’enseignement fondamental dont les programmes sont désormais
rénovés. Il s’agit aujourd’hui d’étendre progressivement cette révision aux autres cycles et, en particulier, au secondaire.
L’enseignement secondaire avaitdéjà fait l’objet d’une réforme d’ampleur au cours des dernières décennies avec la réorganisation du
cursus scolaire et le transfert des 7e, 8e et 9e années dans les écoles fondamentales. Néanmoins, il s’imposait de revoir les programmes
du « Nouveau Secondaire » pour les mettre en cohérence avec les nouvelles ambitions de notre système éducatif, prendre en compte
l’évolution scientifique et technologique et consolider la continuité avec l’enseignement dispensé dans les écoles fondamentales.
Ces programmes seront complétés par ceux des enseignements spécifiques à la voie technologique au fur et à mesure du
développement de cette voie.

5
L’enseignement
C
secondaire
e
Sa place dans le curriculum haïtien
q
u
À la sortiei de l’école fondamentale, les élèves accèdent à l’enseignement secondaire en poursuivant leur formation, soit dans la voie
générale ou technologique, soit dans la voie professionnelle. L’enseignement secondaire général ou technologique scolarise les élèves
sur une durée
e de quatre ans et les prépare à la poursuite d’études supérieures universitaires ou professionnalisantes. Il est
sanctionnés par un diplôme, le baccalauréat. Les élèves de la voie générale suivent un tronc commun de deux ans, puis choisissent
une série pour
t les deux dernières années. Les séries proposées aujourd’hui sont : « Mathématiques et physique », « Sciences de la vie
et de la Terre », « Sciences économiques et sociales » et « Lettres, langues et arts ». Désormais, la voie technologique est également
ouverte etaprogressivement plusieurs séries seront mises en place avec une option possible dès la 2e année. Si l’éducation secondaire
permet d’opter
t pour une « série » privilégiant un domaine particulier, elle se situe dans la continuité de l’éducation fondamentale et
poursuit l’acquisition
t des compétences qui permettent à chacun et à chacune de s’insérer harmonieusement dans la société et de
développer e toutes ses potentialités.
n
d
u

d
e
s

é
l
è
v
e
s

à
6
l
a
Ce qui est attendu des élèves à la sortie du secondaire
C
e
Le cadre d’orientation curriculaire décrit très précisément ce qui doit être acquis par les jeunes Haïtiens et par les jeunes Haïtiennes à
la fin du qsecondaire. Il présente les compétences qui leur seront nécessaires pour engager leurs études supérieures ou s’insérer dans
le mondeuprofessionnel et qui composent le profil de l’élève à la sortie de l’enseignement secondaire (ce qu’on appelle le « profil de
sortie »). i
Ces compétences sont au nombre de sept :
Communiquere de manière efficace dans toutes les situations de sa formation,
s
de sa vie sociale et de l’exercice de son métier
t
 En français et en créole, il peut exprimer sa pensée et développer un raisonnement construit et argumenté, participer à un
a
débat ou faire un exposé. Il peut produire un écrit clair, correct et organisé sur un sujet complexe. Il pratique la lecture
t
d’œuvres littéraires ou philosophiques.
t
 Il dispose des ressources linguistiques nécessaires pour suivre des enseignements de niveau universitaire ou une formation
e
professionnelle.
n
 Il adapte son mode de communication et son registre de langue à toutes les situations de la vie professionnelle, familiale,
d
associative ou politique.
u
 Il peut utiliser l’anglais ou l’espagnol dans la plupart des situations de la vie quotidienne ou pour établir des relations dans
und contexte professionnel. Il accède à des informations produites dans ces deux langues. Il est ouvert à la culture des pays
voisins
e anglophones et hispanophones et lit sans difficulté des textes narratifs ou informatifs écrits dans l’une et l’autre.
 Il ss’engage dans l’apprentissage d’une autre langue de communication internationale.
 Il communique sans difficulté avec les outils numériques.
é
l
S’approprier les méthodes et outils nécessaires pour penser, apprendre et travailler de manière autonome
è
 Il vutilise les méthodes et outils acquis dans l’ensemble des disciplines pour traiter des problèmes complexes dans des
e
situations nouvelles.
 Il sest initié aux démarches scientifiques. Il dispose des outils mathématiques nécessaires pour traiter les données, construire
son raisonnement, représenter les faits et les objets, modéliser les solutions, optimiser ses choix ou encore évaluer son
à
action.

7
l
a
 Il dispose des ressources nécessaires pour développer sa réflexion et l’exposer dans un écrit structuré ou dans une
intervention orale claire et argumentée.
 Il sait accéder efficacement aux informations dont il a besoin, il sélectionne les plus pertinentes et les plus fiables et les
exploite, avec un recul critique, dans toutes ses activités.
 Il maîtrise les principes de l’informatique et de la programmation. Il choisit et utilise efficacement les applications qui lui sont
nécessaires. Il prend en compte les exigences d’un usage responsable et sécurisé du numérique et la nécessité de protéger
les données personnelles.
 Il est autonome dans son travail personnel. Il gère et programme ses activités.
 Il organise ses notes et sa documentation.

Exercer activement sa citoyenneté en s’appuyant sur une connaissance


et une compréhension de la société ouverte au monde et à son histoire

 Il resitue dans le contexte mondial son approche géographique, politique, économique et historique de la société haïtienne.
 Il est conscient des défis auxquels sont confrontées les sociétés aujourd’hui : la dégradation de l’environnement, les fléaux
sanitaires, les trafics de drogue, la violence, le terrorisme. Il les prend en compte dans ses engagements au service de la
collectivité et fait preuve de résilience.
 Il comprend la justification et l’enjeu des valeurs cardinales de la société haïtienne : le respect, la solidarité, la tolérance,
l’honnêteté et l’équité, ainsi que les principes de l’inclusion. Il les porte et les défend. Il s’oppose à toute forme de
discrimination, qu’elle soit fondée sur le genre, l’origine, la culture, la religion, la langue ou le handicap. Il connaît les
principes du droit et le fonctionnement des institutions. Il coopère et s’insère efficacement dans le travail collectif. Il peut
animer une équipe et conduire un projet collaboratif.
 Il exerce pleinement sa responsabilité de citoyen et contribue au progrès de la démocratie. Il est prêt à assumer une
responsabilité familiale et parentale dans le respect de chacun. Il joue un rôle actif dans sa communauté.

Étendre ses connaissances scientifiques et les mettre au service de son engagement pour un développement durable

 Il relie et exploite les connaissances construites dans chaque discipline pour comprendre, avec une approche scientifique,
l’environnement et les enjeux du développement durable.

8
 Curieux et ouvert aux progrès de la recherche, il se constitue une culture scientifique. Il utilise les outils numériques pour
répondre à ses interrogations, explorer des nouveaux champs de connaissance, remettre en cause ses modèles et ses préjugés.
Il appuie ses démarches sur les concepts et les modes de raisonnement acquis à travers la réflexion philosophique.
 Il est prêt à s’impliquer dans une activité pour protéger l’environnement et prendre l’initiative de projets en faveur du
développement.
 Il a acquis les compétences nécessaires pour participer à la prévention des risques naturels et pour porter les premiers
secours.

Concevoir, planifier et réaliser un projet innovant

 Dans tous les champs de son activité d’étudiant ou de citoyen impliqué, il manifeste sa créativité, il propose des solutions
innovantes, il s’adapte aux situations nouvelles, il anticipe. Il a l’envie d’entreprendre et est informé des démarches de
l’entrepreneuriat.
 Il prend l’initiative de projets individuels et collectifs. Il sait en définir l’objectif, en évaluer la pertinence et la faisabilité, en
planifier les étapes, en assurer la réalisation, surmonter les obstacles rencontrés et dresser le bilan de son action.
 Il met en œuvre sa créativité dans des productions artistiques ou littéraires, dans des démarches d’investigation, dans
l’utilisation du numérique pour concevoir, programmer ou simuler, dans la construction de sa pensée philosophique,
politique ou économique.

Affirmer toutes les dimensions de sa personnalité

 Il conduit une réflexion personnelle sur la vie, sur ses attentes, sur sa place parmi les autres, sur ses responsabilités. Il exprime
et justifie ses idées tout en respectant celles des autres. Il se prépare à prendre les décisions qui vont engager son existence et
en assumer les conséquences. Il a le souci de développer et d’exploiter pleinement toutes ses potentialités intellectuelles,
physiques, relationnelles, artistiques, sociales. Il prend en charge l’équilibre de sa vie quotidienne et décide de l’emploi de son
temps libre.
 Il attache de l’importance à sa vie physique et s’investit dans les activités sportives. Il est attentif à son hygiène et à sa santé. Il
est engagé dans la prévention des toxicomanies et dans les grandes causes sanitaires.
 Il se construit une culture personnelle ouverte à tous les champs de l’activité humaine. Il pratique la lecture avec plaisir et
développe sa connaissance et son expérience des arts en affirmant ses goûts et ses choix esthétiques.

9
Préparer et engager les orientations de sa formation et sa vie professionnelle

 Il connaît le contexte économique de son pays, les secteurs d’activité à développer et les principes de l’entrepreneuriat. Il
situe, dans ce cadre, les métiers qui l’intéressent. Il a vécu une première expérience du monde du travail.
 Il s’informe sur les conditions d’accès à ces métiers, sur les possibilités d’emploi ou de création d’activité et sur le parcours de
formation nécessaire.
 Il prend en compte ses aptitudes, ses goûts et ses attentes, mais aussi les contraintes du contexte pour décider de sa voie de
formation. Il tire profit de l’expérience acquise dans la série qu’il a choisie en fin de 11e année pour confirmer ou modifier ses
choix initiaux.
Les programmes sont conçus en fonction de ces compétences qui constitueront la référence de l’évaluation finale du parcours des
élèves.
Chaque enseignant doit donc organiser son travail et les apprentissages conduits dans sa discipline en fonction de ces compétences
et suivre la progression de chacun de ses élèves dans leur acquisition.
Pour cela, il doit aussi prendre en compte les acquis de ses élèves à l’entrée du secondaire par rapport à ces mêmes compétences.
Afin d’aider l’enseignant dans cette démarche, on peut rappeler ce qui est attendu des élèves au terme de l’éducation fondamentale :
A. Communiquer avec aisance dans toutes les situations du quotidien et de ses activités d’élève
- Il dispose de compétences linguistiques en créole, en français ainsi qu’en anglais et/ou en espagnol qui lui permettent de
communiquer avec aisance, à l’oral comme à l’écrit, en assumant un multilinguisme fonctionnel. Dans chacune des
langues, il comprend les propos de tous ses interlocuteurs et s’exprime de façon claire et bien structurée, y compris sur des
sujets complexes, sans hésitation ni confusion. Il rédige et expose sans difficulté, pour informer, raconter, décrire, expliquer
et argumenter. Il pratique avec plaisir la lecture et comprend des textes longs à caractère littéraire ou documentaire.
- Il s’adapte aux situations courantes rencontrées dans sa vie personnelle, sociale et scolaire, en choisissant les modes de
communication appropriés. En fonction du contexte, il utilise la langue la plus favorable à la compréhension mutuelle. Il
écoute et prend en compte le point de vue de ses interlocuteurs. Il a conscience de l’importance de la communication non
verbale.
- Il dispose des ressources linguistiques nécessaires pour poursuivre son parcours d’apprentissage dans l’enseignement
secondaire général, technologique ou professionnel. Dans toutes les disciplines, il comprend sans effort les consignes et les
informations apportées par son enseignant. Il a acquis le vocabulaire spécifique et les structures grammaticales
indispensables pour accéder aux méthodes et modes de raisonnement propres à chaque discipline.

10
- Il a engagé l’apprentissage des deux autres langues de la région, l’anglais et l’espagnol, en s’appuyant sur les acquis
construits en français et en créole. Dans chacune des deux langues, il comprend et produit des messages simples en
utilisant le vocabulaire courant. Il peut participer à une conversation de la vie quotidienne sur des sujets concrets.
- Il utilise, de manière pertinente, les outils numériques pour communiquer. Il est informé des limites et des règles de leur
usage. Il est initié aux principes de l’informatique et du codage.
-
B. Utiliser les modes de raisonnement, les méthodes et les outils appropriés pour traiter efficacement les problèmes posés dans
la vie courante et dans les situations d’apprentissage auxquelles l’élève est confronté
- Dans les situations de la vie courante, il sait identifier et formuler un problème, engager une démarche de résolution,
mobiliser les ressources nécessaires, concevoir des solutions, les mettre à l’essai, les valider. Il exploite ses ressources
linguistiques pour décrire, analyser, expliquer, formuler des hypothèses, argumenter et exposer ses conclusions. Il utilise
les outils propres aux mathématiques et aux disciplines scientifiques, entre autres, pour effectuer des calculs, représenter
des objets, des faits ou des expériences ou pour modéliser des situations.
- Il réinvestit ces techniques et méthodes dans toutes les disciplines, y compris pour traiter des situations imaginées ou
représentées.
- Il planifie et organise son travail personnel. Il se constitue ses propres outils : prise de notes, brouillons, fiches, lexiques,
schémas, tableaux. Il les utilise pour s’entraîner, réviser et mémoriser. Il accède à une certaine autonomie.
- Il cherche les informations qui lui sont nécessaires, les sélectionne en faisant preuve d’esprit critique et les exploite dans son
activité scolaire et personnelle. Il lit et interprète sans difficulté les cartes, les plans, les schémas, les diagrammes et les
tableaux de données.
- Il sait utiliser les applications numériques dans ses activités pour accéder à l’information, produire des textes et des images,
regrouper et traiter des données, travailler en coopération avec les autres élèves. Il est initié à l’algorithmique.

C. Se situer dans la société et agir en citoyen responsable


- Il dispose d’une bonne connaissance du territoire où il vit et de la géographie d’Haïti. Il est en mesure de mettre sa
compréhension de la société haïtienne, de son histoire et des défis auxquels celle-ci est confrontée, au service de sa
participation active à la vie et au développement de sa communauté et de son pays.
- Il a construit les repères nécessaires pour resituer les réalités haïtiennes dans le contexte régional et mondial.
- Il est initié à tous les aspects de la culture et du patrimoine de son pays tout en s’ouvrant, avec curiosité, au monde extérieur,

11
notamment, à l’espace régional. Il s’implique dans une pratique culturelle.
- Il connaît et met en œuvre, dans la vie scolaire et dans sa vie personnelle, les valeurs fondamentales de la société haïtienne : le
respect, la solidarité, la tolérance, l’honnêteté et l’équité, ainsi que les principes de l’inclusion. Il connaît les principes du
droit humain et la justification des règles de vie collective qu’il pratique et défend. Il est attentif aux droits des autres
élèves. Il coopère avec eux et établit des relations confiantes et respectueuses.
- Il est prêt à exercer pleinement sa responsabilité de citoyen dans le respect de la démocratie et avec la distance critique
nécessaire. Il participe activement à la vie de la communauté.
D. S’impliquer activement dans l’étude de son environnement et dans sa protection
- Il met en œuvre les principes d’une démarche d’investigation pour explorer et comprendre son environnement. Il observe son
milieu de vie, il questionne, formule des hypothèses, expérimente, exploite les résultats, dégage des conclusions et les
expose. Il dispose de connaissances sur le corps humain, sur le monde vivant, sur la Terre, sur la structure de l’univers, sur
la matière et sur l’énergie. Il les mobilise et les met en relation pour comprendre les principaux problèmes posés par son
environnement.
- Il utilise efficacement ses connaissances et le recours à des ressources externes pour adapter ses activités au respect de
l’environnement. Il prend conscience de l’impact de l’activité humaine sur celui-ci et l’enjeu d’un comportement
responsable. Il est prêt à assumer sa responsabilité vis-à-vis de l’environnement et à contribuer à sa protection.
- Il connaît les risques naturels qui menacent le territoire où il vit. Il est initié à leur prévention. Il sait quel comportement
adopter face aux situations graves liées à ces risques et fait preuve de résilience.
E. Concevoir et réaliser un projet en mobilisant sa créativité et son sens de l’innovation
- Il prend des initiatives, entreprend et met en œuvre des projets. Il en planifie les tâches, en fixe les étapes et évalue les
résultats obtenus. Il est aussi en mesure d’assumer une responsabilité dans un projet collectif. Il travaille en équipe et
coopère de manière constructive.
- Il met en œuvre sa créativité à travers l’expression artistique ou littéraire, la conception technologique et l’initiation à la
recherche scientifique. Il imagine, conçoit et réalise des productions de natures diverses en mobilisant des techniques de
création, mais aussi ses connaissances, son imagination et son habileté corporelle.
- Il s’est initié aux activités productives avec l’envie d’entreprendre et d’innover. Il observe avec curiosité les activités
humaines qui l’entourent. Il est en mesure de les décrire et de les mettre en relation. Il s’interroge sur le fonctionnement
des objets qu’il utilise au quotidien, sur les besoins auxquels ils répondent et sur les modalités de leur production. Il peut
concevoir et réaliser certains de ces objets en mettant en œuvre une démarche technologique.

12
F. Développer harmonieusement toutes les dimensions de sa personnalité

- Il est conscient de la nécessité d’un bon équilibre de sa vie personnelle et de la nécessité d’exploiter pleinement ses facultés
intellectuelles, physiques et affectives, en ayant confiance en sa capacité à progresser. Il dispose des ressources nécessaires
pour conduire une réflexion sur ses choix de vie.
- Il est attentif à sa vie physique et il pratique régulièrement un sport. Il s’investit dans les activités sportives. Il a le sens de
l’effort et la volonté de progresser dans ses gestes ou ses performances.
- Il a acquis des habitudes d’hygiène et connaît les principes de base d’une bonne santé. Il est conscient des enjeux d’un mode
de vie équilibré. Il est informé des risques sanitaires et il adapte son comportement à la prévention des épidémies.
- Il développe sa sensibilité et son sens esthétique à travers la fréquentation des œuvres artistiques et la pratique de la lecture. Il
évoque ses sentiments et ses émotions en utilisant un vocabulaire précis et adapté. Il exprime ses goûts et peut les
expliquer ou les justifier.
- Il est attentif aux relations humaines et à l’enjeu de cette dimension dans sa vie personnelle.

G. Préparer et engager les orientations de sa formation et sa vie professionnelle

- Il a découvert les activités professionnelles de son milieu de vie et construit une première représentation du monde du
travail. Il est initié à l’entrepreneuriat.
- Il est en mesure de chercher des informations sur les métiers qui peuvent lui être ouverts et sur les conditions de l’accès aux
emplois concernés.
- Il est conscient de l’enjeu des choix qu’il devra accomplir et des ressources à mobiliser pour préparer son avenir scolaire et
professionnel.
- Il connaît les principes de la gestion financière et les applique dans sa vie personnelle.

La première tâche de l’enseignant de 10e année est donc de situer chacun de ses élèves par rapport à ces attentes et de prendre le
temps de renforcer ses compétences avant d’engager les apprentissages propres au secondaire.

13
Une volonté de changement
Le Cadre d’orientation curriculaire porte une volonté de changement profond de l’école haïtienne et de l’enseignement qui y est
dispensé. Les nouveaux programmes du secondaire s’inscrivent pleinement dans cette perspective :

UNE CONCEPTION DE LA CLASSE CENTRÉE SUR L’ÉLÈVE


« Ce qui importe, ce n’est pas ce que l’enseignant enseigne, mais ce que l’élève apprend. » Le Cadre d’orientation curriculaire et
l’ensemble des réformes récentes expriment la volonté de centrer l’enseignement sur l’élève, sur ce qu’il apprend réellement et sur les
progrès qu’il accomplit tout au long de sa scolarité. La finalité de l’école est la réussite de chacun dans son parcours de formation. Le
rôle de l’enseignant est d’organiser les situations d’apprentissage en fonction des acquis visés, de fournir les supports, les outils et les
aides nécessaires, de susciter l’activité des élèves et de suivre leur progression. Son attention est centrée sur les besoins
d’apprentissage de chaque élève : que sait-il déjà ? Qu’a-t-il à apprendre ? Progresse-t-il pendant la séance ? Que puis-je faire pour
l’aider ?
L’élève doit être constamment actif. Il doit être mobilisé sur des tâches susceptibles de le faire avancer dans les apprentissages :
traiter des problèmes, créer, s’exprimer, analyser, échanger, observer, expérimenter, etc. Si des exposés de l’enseignant restent
nécessaires, ils doivent être considérés comme une ressource au service des apprentissages et faire l’objet d’une « écoute active ». Ils
ne sont plus l’essentiel de l’enseignement, mais un moment d’une séquence dont l’acteur principal est l’élève. Le rôle de l’enseignant
est d’aider l’élève à agir et à apprendre.

UNE NOTION ESSENTIELLE : CELLE DE COMPÉTENCE


Le choix est fait de concevoir les programmes en fonction des compétences que doit acquérir l’élève plutôt que sur les contenus que
doit transmettre l’enseignant.
Il faut rappeler qu’une compétence peut être définie comme la capacité à exploiter des connaissances, mais aussi des savoir-faire et
des attitudes, pour apporter des réponses efficaces aux problèmes posés dans un ensemble de situations1. À travers ce choix, il s’agit
d’amener l’élève à être capable d’assumer efficacement toutes les situations auxquelles il sera confronté dans sa vie d’homme ou de
femme, dans l’exercice de sa citoyenneté et dans son travail.
La première conséquence est le lien indispensable entre le contenu du programme de chaque discipline avec les grandes
compétences que vise l’enseignement secondaire. Les disciplines sont au service du développement de ces compétences et les

1Dans le Cadre d’orientation curriculaire, une compétence est définie comme « la capacité à mobiliser et à exploiter des ressources internes telles que les connaissances, les
aptitudes et les attitudes, ainsi que des ressources externes afin de répondre efficacement aux problèmes posés dans un ensemble de situations. »

14
connaissances ou les savoir-faire que fixent les programmes sont avant tout des ressources qui permettent d’exercer ces compétences
avec la plus grande efficacité.
De même, les enseignants doivent désormais confronter leurs élèves à des situations qui leur permettent de progresser dans ces
compétences. Cela impose une conception de la classe qui privilégie l’activité des élèves et le lien entre les tâches proposées et la
compétence précisément ciblée. Une telle conception induit une autre manière de préparer, de conduire et d’évaluer le travail des
élèves.

UNE EXIGENCE : L’ÉVALUATION

« L’évaluation fait partie intégrante du processus d’apprentissage. Elle est intimement liée au programme d’études et elle est au cœur
de sa mise en œuvre »2.

L’évaluation a comme premier objectif de vérifier, étape par étape, que chaque élève a accompli les apprentissages définis par les
programmes afin, si nécessaire, de remédier aux difficultés rencontrées et de lui permettre d’accéder aux acquis visés. Il n’y a pas
d’apprentissage sans évaluation. Quelles que soient la discipline, l’approche ou la méthode utilisée, l’enseignant doit définir
clairement ce qui est attendu, s’assurer de son acquisition effective par tous, comprendre, si ce n’est pas le cas, pourquoi certains
n’ont pas réussi et les aider à surmonter les obstacles.
L’évaluation est une nécessité tout au long des apprentissages :
– Au début de chaque étape (séquence)3, il faut d’une part, se demander où en est l’élève par rapport à l’apprentissage visé,
d’autre part, vérifier s’il dispose des connaissances et des savoir-faire nécessaires (les « prérequis »). C’est ce qu’on appelle
généralement « l’évaluation diagnostique ». Elle est indispensable pour que l’élève apprenne et progresse.
– Au cours des activités, on doit vérifier la compréhension des consignes et des situations, l’accomplissement effectif des tâches
et, surtout, la pertinence et la qualité des réponses apportées aux situations auxquelles chaque élève est confronté. Cette
évaluation est « formative » parce qu’elle permet à l’élève comme à l’enseignant de réagir et de surmonter les obstacles et les
difficultés rencontrées.
– À la fin de l’étape, il s’agit d’évaluer le résultat : qu’ont appris les élèves ? Ont-ils appris ce qui était prévu ? Ont-ils progressé
par rapport aux compétences visées ? Sinon pourquoi ? Ce troisième temps est celui de l’évaluation dite « sommative ». Il
permet à la fois de « valider » l’étape que l’élève a franchie, voire de certifier ses acquis, et d’engager les remédiations
nécessaires en aidant l’élève à comprendre ses réussites et ses manques et en lui apportant les aides nécessaires.

2Cadre d’Orientation curriculaire (chapitre 2.4).

3 On peut définir une séquence comme un ensemble cohérent et continu de séances destiné à mettre en œuvre une partie du programme.

15
Pour que l’apprentissage soit efficace, l’élève lui-même doit être impliqué dans son évaluation : il doit connaître l’objet et l’objectif de
la séance (ou de la séquence), savoir ce qu’on attend de lui. Il doit être en mesure d’évaluer ses réponses et ses productions en
fonction de critères clairs posés au départ, de situer ses progrès, d’identifier les connaissances et les savoir-faire nouveaux. Il doit
aussi pouvoir repérer ses erreurs et en connaître la cause, chercher des solutions et améliorer ses productions. L’évaluation est un
levier pour apprendre. Ce n’est pas du temps perdu, mais, au contraire, un moment essentiel du processus d’apprentissage. L’élève
qui comprend ce qui est attendu, qui organise son activité et en évalue lui-même les résultats en fonction de cette attente est un élève
qui apprend et qui progresse.
Cela conduit inévitablement à redéfinir les modalités actuelles d’évaluation sommative de fin de période. Il faut, en particulier,
considérer que les bilans périodiques sont d’abord un moyen de fournir aux élèves des informations sur leurs progrès et sur les
points qui doivent faire l’objet d’une attention et de régulations au cours de la période suivante. Plutôt qu’un constat global du
« niveau » de l’élève, le bilan de fin de période devrait être conçu comme une évaluation encourageante destinée à aider les élèves à
avancer dans leurs apprentissages et à adapter les activités à leurs acquis et à leurs besoins.
Le bilan peut reposer sur les évaluations ponctuelles réalisées à la fin de chaque séquence et/ou sur l’observation continue de
situations rencontrées au cours des apprentissages. Pour réaliser ces bilans, il convient que l’élève soit confronté à des situations qui
permettent d’apprécier son degré de maîtrise de la (ou des) compétence(s) concernée(s). Dans tous les cas, les situations proposées et
les critères choisis pour situer les productions de l’élève, doivent aider à déterminer si l’élève a progressé et s’il réinvestit les
connaissances, savoir-faire et comportements acquis au cours de la période dans l’exercice de cette compétence. L’évaluation
sommative ne peut se limiter à l’attribution d’une note. Elle doit permettre de positionner l’élève par rapport aux compétences visées
(par exemple, à l’aide d’une grille simple) et de préciser les acquis, les progrès réalisés et les difficultés (au moins par une
appréciation littérale). Si une note finale est attribuée, elle doit reposer sur des critères clairement explicités pour l’élève et ses
parents.

DES ATTENTES FORTES

Une éducation inclusive


L’école haïtienne est une école inclusive, c’est-à-dire une école qui prend en considération la situation, les besoins et les potentialités
de chaque enfant sans distinction de sexe, de religion ou de d’appartenance sociale. Elle vise à la réussite de tous y compris de ceux
qui sont en situation de handicap, de maladie ou de grande difficulté.

« Chaque enfant est un potentiel de richesse pour sa communauté et pour la Nation. Il est digne d’être pris en compte aussi bien dans ses forces
que dans ses faiblesses. L’inclusion dans l’école ordinaire est un moyen de donner à chacun une juste place dans la société. »4

4
Cadre d’Orientation curriculaire (page 11).

16
Chacun doit pouvoir progresser à son rythme. Les programmes ont été conçus avec cette préoccupation. Il appartient à chaque
enseignant d’adapter les situations d’apprentissage, les supports, les progressions et les aides à la diversité des besoins.

L’attention portée aux valeurs fondamentales

Le cadre d’orientation curriculaire accorde une large place aux valeurs fondamentales de la société haïtienne : le respect, la solidarité,
la tolérance, l’honnêteté, l’équité, le patriotisme et l’engagement.
L’École a une responsabilité première dans leur transmission. Si l’éducation à la citoyenneté constitue une discipline à part entière
fortement impliquée dans l’appropriation des valeurs, il est essentiel que celles-ci soient portées par l’ensemble des disciplines,
explicitées et exercées dans le quotidien de la classe et partagées dans tous les aspects de la vie de l’école et de la communauté.
Enfin, si le respect est la première des valeurs cardinales du curriculum haïtien, il est indissociable du principe de la non-violence.Le
système éducatif haïtien ne tolère la violence, sous aucune forme que ce soit, et l’enseignement, au quotidien, doit intégrer ce
principe fondamental.

Le choix du multilinguisme fonctionnel et ouvert

L’école haïtienne doit permettre à chaque élève de maîtriser les deux langues officielles ainsi qu’au moins l’une des deux langues
régionales. Il doit pouvoir utiliser ces langues en s’adaptant à toutes les situations de communication de sa vie. C’est aussi à travers
ces langues qu’il construit une culture riche du patrimoine de son pays, tout en restant ouvert sur le monde. Le créole et le français
s’enseignent désormais, tout au long de la scolarité, jusqu’à la fin du secondaire. L’anglais et l’espagnol sont enseignés à partir de la
5e année du fondamental, ce qui n’exclut pas leur apprentissage précoce.

L’ambition de l’école haïtienne est d’amener, chacun à parler, comprendre, lire et écrire, avec une égale aisance dans au moins trois
langues. Enfin, cette compétence linguistique doit favoriser l’ouverture aux principales langues de la région dès le fondamental, puis
à d’autres langues de communication mondiale, au cours du secondaire.

L’innovation

Pour répondre aux défis de l’avenir de notre pays, les programmes accordent une place importante à l’innovation et à la création.
Qu’il s’agisse des sciences, des disciplines linguistiques, de la technologie et de l’informatique, du domaine des arts, de l’éducation
physique et sportive ou de la découverte de l’environnement, les élèves doivent pouvoir exercer leur créativité et être mis en
situation d’imaginer, d’inventer, de concevoir des solutions nouvelles en réponse à des problèmes complexes. Ils doivent être
préparés à transférer cette capacité à toutes les situations, imprévisibles aujourd’hui, qu’ils rencontreront dans leur vie future.

17
La maîtrise des outils numérique et l’apprentissage de l’informatique constituent un axe déterminant des programmes du
secondaire. S’ils sont pris en charge par une discipline spécifique, ils traversent l’ensemble des domaines d’apprentissage, et cela
pour toutes les séries générales ou technologiques.

Lire et mettre en œuvre les programmes

DES ATTENTES FORTES

Une éducation inclusive

L’école haïtienne est une école inclusive, c’est-à-dire une école qui prend en considération la situation, les besoins et les potentialités
de chaque enfant sans distinction de sexe, de religion ou de d’appartenance sociale. Elle vise à la réussite de tous y compris de ceux
qui sont en situation de handicap, de maladie ou de grande difficulté.

« Chaque enfant est un potentiel de richesse pour sa communauté et pour la Nation. Il est digne d’être pris en compte aussi bien dans ses forces
que dans ses faiblesses. L’inclusion dans l’école ordinaire est un moyen de donner à chacun une juste place dans la société. »5

Chacun doit pouvoir progresser à son rythme. Les programmes ont été conçus avec cette préoccupation. Il appartient à chaque
enseignant d’adapter les situations d’apprentissage, les supports, les progressions et les aides à la diversité des besoins.

L’attention portée aux valeurs fondamentales

Le cadre d’orientation curriculaire accorde une large place aux valeurs fondamentales de la société haïtienne : le respect, la solidarité,
la tolérance, l’honnêteté, l’équité, le patriotisme et l’engagement.
L’École a une responsabilité première dans leur transmission. Si l’éducation à la citoyenneté constitue une discipline à part entière
fortement impliquée dans l’appropriation des valeurs, il est essentiel que celles-ci soient portées par l’ensemble des disciplines,
explicitées et exercées dans le quotidien de la classe et partagées dans tous les aspects de la vie de l’école et de la communauté.
Enfin, si le respect est la première des valeurs cardinales du curriculum haïtien, il est indissociable du principe de la non-violence.Le
système éducatif haïtien ne tolère la violence, sous aucune forme que ce soit, et l’enseignement, au quotidien, doit intégrer ce
principe fondamental.

5
Cadre d’Orientation curriculaire (page 11).

18
Le choix du multilinguisme fonctionnel et ouvert

L’école haïtienne doit permettre à chaque élève de maîtriser les deux langues officielles ainsi qu’au moins l’une des deux langues
régionales. Il doit pouvoir utiliser ces langues en s’adaptant à toutes les situations de communication de sa vie. C’est aussi à travers
ces langues qu’il construit une culture riche du patrimoine de son pays, tout en restant ouvert sur le monde. Le créole et le français
s’enseignent désormais, tout au long de la scolarité, jusqu’à la fin du secondaire. L’anglais et l’espagnol sont enseignés à partir de la
5e année du fondamental, ce qui n’exclut pas leur apprentissage précoce.

L’ambition de l’école haïtienne est d’amener, chacun à parler, comprendre, lire et écrire, avec une égale aisance dans au moins trois
langues. Enfin, cette compétence linguistique doit favoriser l’ouverture aux principales langues de la région dès le fondamental, puis
à d’autres langues de communication mondiale, au cours du secondaire.

L’innovation

Pour répondre aux défis de l’avenir de notre pays, les programmes accordent une place importante à l’innovation et à la création.
Qu’il s’agisse des sciences, des disciplines linguistiques, de la technologie et de l’informatique, du domaine des arts, de l’éducation
physique et sportive ou de la découverte de l’environnement, les élèves doivent pouvoir exercer leur créativité et être mis en
situation d’imaginer, d’inventer, de concevoir des solutions nouvelles en réponse à des problèmes complexes. Ils doivent être
préparés à transférer cette capacité à toutes les situations, imprévisibles aujourd’hui, qu’ils rencontreront dans leur vie future.
La maîtrise des outils numérique et l’apprentissage de l’informatique constituent un axe déterminant des programmes du
secondaire. S’ils sont pris en charge par une discipline spécifique, ils traversent l’ensemble des domaines d’apprentissage, et cela
pour toutes les séries générales ou technologiques.

Lire et mettre en œuvre les programmes

LEUR FONCTION
Les programmes établissent ce qui doit être acquis par les élèves à chaque étape de leur scolarité.
Ils sont publiés et diffusés dans tout le pays. Si le contexte peut nécessiter des adaptations locales, ils constituent une norme qui
s’impose dans toutes les écoles, publiques et non publiques du pays. Les enseignants ont l’obligation de les connaître et de les
appliquer. Ils sont une référence commune et officielle pour tous les acteurs, pour les concepteurs de manuels, pour les évaluateurs,
pour les cadres de l’éducation et pour les instituts de formation des enseignants.

19
COMMENT SONT CONÇUS LES PROGRAMMES ?

Le point de départ des programmes est le profil de sortie de l’enseignement secondaire, qui regroupe les compétences que tout élève
doit avoir acquises à la fin de la 13e année de la scolarité. Le programme de chaque discipline est conçu en fonction de ce profil.
– Il est d’abord précisé pourquoi la discipline est enseignée et comment elle contribue à la maîtrise des compétences attendues.
– En un second temps, sont présentées les compétences spécifiques visées dans la discipline. Pour chacune, sont définis ce qui
est attendu de l’élève à la fin du secondaire, la stratégie mise en œuvre pour cela et les modalités d’évaluation.
– Puis, sont détaillées, dans un ensemble de tableaux, les étapes (« unités d’apprentissage ») qui vont permettre à l’élève de
progresser dans la maîtrise de ces compétences. Pour chaque étape, sont indiquées les connaissances, aptitudes et attitudes
que l’élève doit acquérir, les situations auxquelles il doit être confronté ainsi que les modalités d’évaluation à mettre en place.
La répartition des unités d’apprentissage au cours des quatre années du secondaire et en fonction des séries est présentée dans un
tableau.
Les programmes sont élaborés de manière à aider les enseignants à construire et à préparer les activités de leur classe en centrant
leur attention sur les apprentissages effectivement accomplis par tous les élèves : quelles sont les compétences que chaque élève doit
développer ? Que doit-il apprendre pour cela ? Quelles situations mettre en place ? Comment évaluer sa progression ?

LES DOMAINES – LES DISCIPLINES


Les compétences visées au cours du secondaire sont développées dans le cadre de 14 disciplines ou groupes de disciplines qui
concourent à l’éducation de tous les jeunes haïtiens. Elles sont réunies dans cinq grands domaines :
 Les langues et la communication,
 Le développement personnel,
 Les sciences mathématiques et expérimentales,
 Les sciences sociales,
 La technologie et l’informatique.

20
5 DOMAINES Langage et Développement Sciences mathématiques Technologie
Sciences sociales
communication personnel et social et expérimentales et informatique

Éducation Esthétique
Créole
ÉDUCATION artistique
FONDAMENTALE 10 DISCIPLINES
ETAP : Éducation à la
Français Sciences
(OU GROUPES DE Mathématiques Histoire et géographie technologie et aux
Éducation Physique et expérimentales
DISCIPLINES) activités productives
Sportive
Anglais
Espagnol Éducation
à la citoyenneté

Créole Arts Physique


14 DISCIPLINES Histoire et géographie
ÉDUCATION Éducation Physique et
Français Chimie Numérique et
SECONDAIRE (OU GROUPES DE Sportive Mathématiques
Informatique
DISCIPLINES)
Philosophie Biologie
Anglais
Physiologie Économie
Espagnol Éducation Géologie
à la citoyenneté

Le rapprochement des disciplines d’un même domaine permet de mettre en cohérence le vocabulaire et les notions utilisées,
d’harmoniser les progressions et les modalités d’évaluation et de répartir l’apprentissage de certains contenus communs.

LES PARCOURS – LES HORAIRES


En 1ère et 2e années, les élèves suivent les mêmes enseignements. Seule, la mise en place d’une option est possible en 2 e année pour
préparer l’orientation choisie à partir de la 3e année, en particulier pour les élèves souhaitant s’engager dans la voie technologique.
A partir de la 3e année, les enseignements sont organisés en fonction des séries mises en place. Outre les séries technologiques qui
feront l’objet de programmes spécifiques, quatre séries générales sont ouvertes aux élèves :
- La série « Mathématiques et physique ».

- La série « Sciences de la vie et de la Terre ».

- La série « Sciences économiques et sociales ».

- La série « Lettres, langues et arts ».

21
Les séries ne constituent pas des filières fermées contraignant l’élève à une orientation précoce. Si elles contribuent à préparer ses
choix à venir, elles doivent lui laisser un large champ de possibilités et ménager des passerelles à la fin de la 3 e année. De même,
toutes les séries ont la même finalité : permettre à tous les élèves de développer toutes les compétences composant le profil de sortie.
L’horaire total est de 30 heures par semaine pour tous les élèves du secondaire à l’exception de la 4e année de la série « Lettres,
langues et arts ». La répartition des horaires officiels est précisée dans le tableau ci-dessous.
ère e
1 et 2 3e et 4e années (S3 et S4)
années
REPARTITION HORAIRE DES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRES MP SVT SES LET/LA/AR

S3 S4 S3 S4 S3 S4 S3 S4

Français/Philosophie 4 3 4 4 4 5 4 5 6
Créole 3 2 2 2 2 2 2 3 3
Anglais 2 2 2 2 2 2 2 3
Espagnol 2 2 3
Histoire/géographie 3 2 2 2 2 3 3 3 3
Éducation à la citoyenneté 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Sciences économiques et sociales 1 1 - 1 - 6 6 2 2
Mathématiques 5 7 8 5 6 5 5 2 2
Physique 2 4 4 3 2 3 3 3 3
Chimie 2 1 1 2 3
Physiologie/Biologie, géologie 3 3 2 5 5
Informatique 2 3 3 2 3 2 3 2 2
Éducation physique et sportive 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Arts 1 4 6
Horaire total 30 30 30 30 31 30 30 30 35

22
METTRE EN ŒUVRE LES PROGRAMMES
Chaque enseignant doit lire l’intégralité des programmes de sa discipline sans se limiter au niveau où il exerce. Les programmes
forment un tout et on ne peut isoler une étape d’un parcours d’apprentissage continu et cohérent. De même, il est souhaitable qu’il
prenne connaissance des programmes des autres disciplines pour coopérer efficacement avec les autres enseignants.
Il s’agit d’abord de lire les programmes de manière à pouvoir répondre clairement à cinq questions :
– Quelle est l’utilité de la discipline au service de ce qui est attendu des élèves à la sortie de l’enseignement fondamental ?
– Quelles sont les compétences que tous les élèves doivent maîtriser à la fin du secondaire ?
– Pour chaque compétence, qu’est-ce qui est attendu précisément et que doit-on faire pour cela ? Quelle stratégie mettre en
place ?
– Comment évaluer que chaque élève progresse dans la maîtrise de ces compétences ?
– Quelles sont les étapes fixées par le programme ? Quels sont les connaissances, les savoir-faire et les attitudes que l’élève doit
acquérir à chaque étape et dont il faut vérifier l’acquisition ?
C’est à partir des réponses à ces questions que l’enseignant va construire et préparer son travail, en planifiant la réalisation de la
progression proposée en une succession de séquences6, en fixant précisément les résultats attendus de chaque séquence, en
déterminant les modalités de leur évaluation et en prévoyant les situations à mettre en place et les supports nécessaires.
Ces programmes imposent une conception de la classe centrée sur l’élève.
– L’élève est le premier responsable de ses apprentissages : il doit savoir clairement ce qu’il apprend, pourquoi il l’apprend et
ce dont il a besoin pour cela. Il réussira d’autant mieux qu’il comprendra ce qu’on attend de lui et le sens de son activité. Il
doit être en mesure d’évaluer ses connaissances et ses savoir-faire, de suivre ses progrès ou encore d’identifier les difficultés
rencontrées pour mieux les surmonter. Cela impose à l’enseignant de mettre les élèves en situation pour qu’ils assument
effectivement la responsabilité de leurs apprentissages, de leur expliquer ce qui justifie l’activité et ce qu’on attend de leur
travail ou encore de leur donner les moyens d’évaluer par eux-mêmes la qualité et l’efficacité de ce travail.
– Aucun élève ne doit être en échec : la mise en œuvre d’un enseignement centré sur l’élève conduit à adapter les interventions
de l’enseignant, donc à différencier les activités, les rythmes d’apprentissage, les aides et les compléments apportés en
fonction des situations et des besoins spécifiques des élèves. L’évaluation joue, sur ce point, un rôle essentiel. Elle permet de
s’assurer de la progression de chacun et d’adapter, au jour le jour, les parcours d’apprentissage.

6 On rappellera qu’une séquence est un ensemble cohérent et continu de séances destiné à mettre en œuvre une partie du programme.

23
LA NÉCESSITÉ D’UNE COOPÉRATION ENTRE ENSEIGNANTS
Toutes les disciplines contribuent au développement des grandes compétences qui composent le profil de sortie. De plus, certaines
d’entre elles, tels que les mathématiques, fournissent des outils aux autres. Les programmes prennent en compte cette nécessaire
articulation entre les disciplines. Ils proposent une répartition cohérente des contenus, ils soulignent les complémentarités entre les
parcours d’apprentissage et s’attachent à harmoniser le vocabulaire utilisé, les choix pédagogiques et les modalités d’évaluation.
La mise en œuvre des programmes impose la concertation et le travail commun des enseignants.
Ils ont d’abord à s’informer mutuellement de leurs progressions, des situations mises en place, des méthodes choisies, des obstacles
rencontrés et des difficultés repérées. Ils ont surtout à articuler leurs contributions au service des mêmes compétences, à faire
converger leurs démarches, à se répartir certains contenus et à s’entendre sur les notions et les mots utilisés. Chaque enseignant doit
pouvoir solliciter un collègue d’une autre discipline pour expliciter un concept, proposer un outil, aborder une connaissance,
renforcer un savoir-faire.
Ils peuvent aussi construire ensemble certaines séquences et se concerter pour travailler parallèlement autour d’un même thème ou à
partir d’une même situation. Par exemple, l’environnement, la culture locale, la communication numérique ou la réaction aux crises
sanitaires imposent la collaboration de plusieurs enseignants (voire de toute l’équipe pédagogique).
Enfin, il est prioritaire de coordonner l’évaluation des compétences développées par les élèves en référence au profil de sortie du
secondaire. Une réunion est indispensable dès le début de l’année pour organiser et planifier les modalités d’évaluation, puis à
chaque fin de période pour évaluer la progression de chaque élève, pour prévoir les apprentissages à consolider et les aides à lui
apporter.
Les situations d’apprentissage et l’application des programmes ne sont pas limitées à l’espace et au temps de la classe. Les
compétences attendues s’exercent à travers toutes les activités et tous les moments de la vie de l’école. La citoyenneté, la protection
de l’environnement, la communication, la prévention des risques ou encore l’éducation physique et la pratique sportive impliquent,
au quotidien, toute la communauté scolaire.
Le directeur et tous les enseignants doivent s’impliquer pour faire de l’établissement scolaire un espace éducatif et aider chaque
élève à progresser à travers la vie collective. Son comportement et son implication doivent être encouragés et évalués. La plupart des
« savoir-être » attendus de l’élève ne peuvent être considérés comme acquis que s’ils sont mis en œuvre dans la cour de récréation et
aux portes de l’école.
De même la participation à la vie communautaire ou associative doit être suscitée et valorisée. Les situations qu’elle favorise peuvent
être exploitées en classe et asseoir les apprentissages.

24
Éducation à la citoyenneté
La discipline éducation à la citoyenneté

L’approche par compétences en éducation à la citoyenneté, développée en interaction avec les compétences transversales du Cadre
d’orientation curriculaire du système éducatif haïtien, privilégie une approche pragmatique basée sur le vécu des élèves, les
situations réelles et les études de cas concrets en lien avec le quotidien des élèves, leur environnement et le contexte haïtien dans son
rapport au monde.

L’éducation à la citoyenneté est une discipline scolaire construite sur les apports de différentes disciplines (politique, philosophie,
droit, sociologie, psychologie, histoire, géographie, économie, éducation physique et sportive, arts…). Par les recherches sur les
rapports entre l’individu et la société, par la rédaction et l’étude de textes divers (textes constitutionnels et juridiques, contrats,
traités, conventions…), par l’analyse de l’homme comme être social, ces différentes sciences contribuent aux questionnements et aux
interprétations sur :

- l’universalité de l’individu, ses droits, ses devoirs, et la singularité de la personne humaine ;

- la formation de la personnalité individuelle et sociale du citoyen ;

- la définition des valeurs et des principes qui fondent le social - ce qui fait société - le vivre ensemble et le bien commun : la paix,
la liberté, l’égalité, la justice, l’inclusivité et la lutte contre toutes les formes de violence ;

- les interactions entre la société haïtienne et son environnement, la société haïtienne et les autres sociétés dans la Caraïbe, les
Amériques et le monde ;

- la mémoire individuelle et collective de la société et de la nation ;

- le développement personnel et social de la citoyenne et du citoyen œuvrant pour la protection de l’environnement et un


développement durable, une Haïti verte et bleue.

25
L’éducation à la citoyenneté, par définition interdisciplinaire, articule toutes ces questions pour former des citoyennes et des
citoyens :

- capables d’analyse critique ;

- dotés d’un sens éthique et d’honnêteté ; tolérants et respectueux des croyances ; acquis aux valeurs fondamentales de la
personne, de la société haïtienne et aux valeurs universelles ; solidaires ;

- responsables et engagés individuellement et socialement dans la protection de l’environnement ;

- créatifs et imaginatifs, capables d’innover et de porter un changement positif dans la société et la culture ;

- cultivés, fiers de leur identité et de leur culture haïtiennes dans une ouverture à l’altérité et au monde ;

- performants dans leur vie professionnelle ;

- bien dans leur corps et respectueux de toutes les différences.

La contribution de l’éducation à la citoyenneté au profil de sortie – La relation de l’éducation à la citoyenneté aux autres
disciplines : l’interdisciplinarité

L’approche par compétences en éducation à la citoyenneté est pragmatique, elle s’appuie sur le vécu des élèves, sur des situations
réelles et des cas pratiques. Dans l’environnement proche et dans le quotidien, tout peut enclencher et servir de base à une situation
d’apprentissage en éducation à la citoyenneté : une élection de délégués, la mise en place d’une bibliothèque d’établissement ou
inter-établissement, un projet innovant, individuel ou collectif, de solidarité, d’amélioration de l’espace et de la communauté scolaire,
de protection et de valorisation de l’environnement, de développement durable, une commémoration, le règlement d’un conflit, etc.

Par définition, dans la continuité des acquis des cycles précédents du Fondamental et dans un rapport étroit avec les compétences
transversales du Cadre d’orientation curriculaire du système éducatif haïtien, l’éducation à la citoyenneté s’inscrit dans une
démarche éthique qui forme les élèves à réfléchir sur et à agir pour :

- la culture de la paix et de la solidarité : la société haïtienne, comme toute société, se compose d’individus, de groupes, de
collectivités d’origines et de positionnement sociaux différents, aux intérêts individuels et collectifs divergents qui, souvent,

26
s’opposent les uns aux autres. L’éducation à la citoyenneté contribue à la conciliation de ces intérêts dans un vivre ensemble qui
fait des différences et de l’altérité, comme de l’inclusivité, la base des solidarités dans l’action et de la transmission des valeurs ;

- l’identité nationale dans une citoyenneté mondiale : avant même la naissance de l’État haïtien, la Révolution et l’Indépendance
se sont fondées sur un intérêt commun, la lutte pour la libération, dont le symbole est le drapeau et qui, aujourd’hui, est
représenté par la Constitution démocratique, l’espace territorial, la culture commune, le patrimoine culturel et par deux langues
formellement à égalité, le français et le créole, une place dans l’histoire et la communauté mondiales ; l’éducation à la citoyenneté
contribue à responsabiliser les élèves, citoyennes et citoyens haïtiens, citoyennes et citoyens du monde, pour la défense et la
préservation de leur patrimoine culturel et historique, pour la valorisation de leur identité ;

- la sécurité : l’État, par sa Constitution, ses lois et ses institutions (ministères, Office de la Protection du Citoyen, police, Bureau de
la Protection civile, armée…) est le garant de la sécurité intérieure et extérieure des citoyennes et des citoyens ; l’éducation à la
citoyenneté contribue à la responsabilisation des élèves pour que chacune d’entre elles et chacun d’entre eux soient les garants de
la sécurité de toutes et de tous au quotidien, par la parole, l’engagement et l’action ;

- la justice : le fondement de l’État démocratique est la séparation des pouvoirs et l’indépendance des institutions chargées de la
justice. L’exercice de la justice relève non seulement du criminel et du civil (ministère de la Justice), mais aussi du social (ministère
des Affaires sociales, ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes) ; l’éducation à la citoyenneté engage les élèves,
en tant que futures citoyennes et futurs citoyens, à lutter contre toutes les discriminations liées au sexe, aux ressources, aux
origines, aux croyances ;

- les droits et les devoirs : les droits et les devoirs sont définis par un certain nombre de textes nationaux (Constitution) et
internationaux (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Convention Internationale des Droits de l’Enfant, Conférence des
Nations unies sur l’environnement et le développement…) ; l’éducation à la citoyenneté a pour objectif de faire connaître ces
textes aux élèves et de les engager, en paroles et en actes, à veiller et à s’engager à leur respect en s’investissant dans leur
communauté ;

- l’égalité : la devise inscrite sur le drapeau haïtien est « L’Union fait la Force », l’article 4 de la Constitution précise « La devise
nationale est : Liberté - Égalité - Fraternité » ; l’éducation à la citoyenneté, prenant acte des inégalités économiques, sociales et
culturelles, engage les élèves à questionner la société et les liens sociaux et à participer à la réduction des inégalités et à la
solidarité ;

27
- la démocratie : l’article premier de la Constitution précise « Haïti est une République, indivisible, souveraine, indépendante,
libre, démocratique et solidaire » ; la loi y définit les droits et l’organisation des pouvoirs. L’éducation à la citoyenneté a pour
objectif de faire connaître les principes et les lois qui régissent la démocratie haïtienne et d’engager les élèves, à leur niveau, à la
défense de la vie démocratique et à la participation active à celle-ci dans la classe (comité de classe, élection de représentants de
classe) et dans le quotidien (défense des droits de l’enfant) ;

- le consentement à l’impôt qui fonde la solidarité nationale, le système de services publics et de redistribution ;
- la protection de l’environnement et le développement durable ;
- la mémoire collective et le patrimoine ;
- la maitrise critique de l’information sous toutes ses formes : presse papier, audiovisuelle, numérique ; réseaux sociaux ;
productions de l’intelligence artificielle.
- l’universalité de l’homme et la lutte contre toute forme de discrimination dans la société haïtienne.

Par définition et vocation, l’éducation à la citoyenneté est interdisciplinaire et pluridisciplinaire. Elle prend tout son sens dans la
complémentarité et la collaboration avec les enseignements des autres disciplines, dans un jeu d’échanges de points de vue et de
focalisations :

- analyse et critique textuelle et iconique ;


- pratiques linguistiques orale et écrite ;
- respect de l’altérité et communication, entre autres numérique ;

- protection de l’environnement ;
- engagement actif dans le développement durable.

Quelques principes de la didactique de l’éducation à la citoyenneté dans le secondaire

Les élèves haïtiens, comme tous les élèves du monde, vivent dans un territoire, dans une société et un État, au sein d’une nation, qui
forment un vivre ensemble construit sur des valeurs et des références communes. L’enseignement et l’étude de l’éducation à la
citoyenneté, dans sa dimension interdisciplinaire, s’inscrit d’abord dans une approche pragmatique basée sur le vécu et
l’environnement des élèves. À partir de situations réelles et de cas pratiques, dans l’environnement local, puis dans le cadre national
et face au monde, les élèves construisent, exercent et développent leur citoyenneté.

28
L’éducation à la citoyenneté s’articule avec toutes les disciplines, mais plus directement et en continu avec l’enseignement de la
philosophie, de l’éducation physique et sportive, de l’histoire, de l’économie et de la géographie. Elle participe, avec ces disciplines et
dans des situations d’apprentissage réflexives spécifiques, comme dans des situations de terrain, à la formation de l’esprit critique et
de la capacité à raisonner, au développement des pratiques collaboratives et coopératives ; par la réflexion sur l’identité individuelle
et collective, par la pratique d’équipe, elle ouvre l’esprit à l’altérité et à la tolérance ; comme support de l’insertion sociale, des
sentiments d’appartenance, et de la mobilisation pour les droits et les devoirs, elle est la base du positionnement et de l’engagement
citoyens et de l’action civique des élèves dans le présent et dans le futur.

La mise en place dans le secondaire d’une formation à l’éducation à la citoyenneté suppose alors quelques attentions spécifiques tant
en ce qui concerne les opérations cognitives et de recherche qu’en ce qui concerne l’engagement citoyen :

- Compétences linguistiques générales et spécifiques dans la traduction d’une langue à l’autre tant en ce qui concerne le
vocabulaire courant, dont les emplois peuvent différer et avoir historiquement évolué différemment d’une langue à l’autre que
dans les lexiques spécifiques de la politique, du droit et de la justice, de l’éthique : textes constitutionnels et législatifs ; rendus de
jugement et jurisprudence ; conventions, traités et accords internationaux… La mise en place collaborative, en continu sur les
quatre années du Secondaire, d’un glossaire, rédigé par les élèves, s’avère donc indispensable. En quatrième année, le glossaire
accompagné d’extraits de textes nationaux et internationaux, présentés et analysés, constitue la base d’une étude historique de
l’évolution des notions et des débats sociétaux sur le droit.

- Analyse critique de la production, de la matérialité, de la conservation, de la reproduction et de la diffusion des documents


utilisés : textes, images, séries statistiques, graphiques, archives sonores et cinématographiques ou vidéo, images virtuelles et
productions de l’intelligence artificielle…

- Étude des contextes et des droits liés à la conservation, la production et la communication des archives, des sources et des
documents : textes constitutionnels et législatifs ; rendus de jugement et jurisprudence ; conventions, traités et accords
internationaux….

- Mise en contexte et périodisation des textes nationaux et internationaux.

- Analyse de la logique et de la structuration des textes officiels, des champs lexicaux et sémantiques, ainsi que des procédés
discursifs et narratifs des textes et des discours qui en rendent compte : presse, télévision, réseaux sociaux, notamment par

29
l’attention critique portée à leur composition (titraille, rapport image / texte, typographie), leur montage (scénario, plan séquence,
son) et à leur diffusion.
- Argumentation, orale et écrite sur différents types de supports.
- Distinction des documents officiels et de leurs usages sociaux.
- Attention spécifique à l’altérité, au respect de la personne et des institutions.
- Attention aux prises de position, aux attitudes et aux gestes, aux engagements et à l’action.
- Sens et pratique du débat argumenté.

Si les contenus sont adaptés à une année plus qu’à une autre dans le cycle, pratiquer l’éducation à la citoyenneté en classe suppose
une cohérence d’ensemble dans la continuité des apprentissages et des allers-retours permanents entre la norme, la règle, la
prescription, l’injonction et l’étude de cas ancrée dans le réel. Dans les propositions de programme, il est ainsi proposé, chaque fois
que cela est possible, des approfondissements, des extensions, des échos de chaque question dans les quatre années du secondaire, à
travers notamment la formation au débat sur les enjeux sociétaux contemporains.

Enfin l’éducation à la citoyenneté ne se conçoit pas sans un véritable dialogue entre toutes les disciplines.

Les compétences visées en éducation à la citoyenneté

Le programme structure la didactique de l’éducation à la citoyenneté et sa contribution spécifique aux compétences du profil de
sortie autour de trois compétences principales (schéma et tableaux ci-dessous) :
- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique œuvrant pour le respect et la promotion des valeurs
nationales et universelles
- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables
- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun
Ces trois compétences, interdépendantes, s’articulent aux compétences transversales du profil de sortie du Secondaire. Elles
s’appuient sur un programme de questionnement, de recherche, d’interprétation de tout ce qui fait société pour un développement
harmonieux de l’individu, du niveau local, de l’espace haïtien à l’espace mondial, en prenant conscience de leur altérité et de leur
nécessaire solidarité. Ces trois compétences organisent le programme en dix unités d’apprentissages qui ont pour but de développer
et d’approfondir les savoirs, les savoir-faire et les savoir-être acquis dans le Fondamental en éducation à la citoyenneté. La démarche
s’organise à partir de :

30
- l’attention au quotidien dans le respect de l’autre et des valeurs ;

- la connaissance, l’analyse critique et l’interprétation des textes, locaux, nationaux et internationaux qui définissent et régissent la
vie en société ainsi que les droits et les devoirs ;

- l’analyse critique de documents: textes, images, statistiques, graphiques, cartes, archives sonores et cinématographiques ou
vidéo, images virtuelles et productions de l’intelligence artificielle…;

- la recherche et la collecte d’informations et de documents authentifiés ;

- la connaissance critique des situations et des événements sociaux, économiques, politiques et culturels ;

- le questionnement et l’interprétation du rôle social des acteurs ;

- la comparaison des sociétés et de leur interaction avec l’environnement, ici et ailleurs ;

- le développement de l’argumentation dans les débats sociétaux.

Par la démarche en éducation à la citoyenneté, les élèves prennent conscience de l’altérité. Dans une démarche critique, ils
questionnent, interprètent, respectent, s’engagent et mettent en valeur l’environnement.

Par le développement et l’approfondissement en interaction continue de ces trois compétences, les élèves construisent une démarche,
des connaissances et une éthique du quotidien et de la société dans laquelle ils vivent, appuyés sur les débats sociétaux. Par
définition, l’éducation à la citoyenneté est une démarche interdisciplinaire. Par l’analyse critique, les élèves distinguent l’information
à visée de vérité et de réalité des rumeurs et des fausses nouvelles Ils vérifient la source de toute information, notamment des
informations diffusées par les réseaux sociaux.

Les élèves se forgent, dans l’échange permanent avec les autres disciplines, une conscience citoyenne responsable, attentive à
l’altérité et à la coopération sociale et culturelle. Ils s’engagent dans l’action pour un développement durable dans leur communauté,
dans la société et sur le territoire haïtiens comme dans le monde. Ils préparent et engagent les orientations de leur formation et de
leur vie professionnelle.

31
Schéma des compétences en éducation à la citoyenneté

32
Les compétences

Éducation à la citoyenneté - Compétence 1

Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique œuvrant pour le respect et la promotion des valeurs
nationales et universelles

- Présentation de la compétence

La compétence est construite et développée à partir des valeurs et des droits de la société, de la nation et de l’État haïtiens, puis des
valeurs et des droits universels.
Par le développement de compétences en éducation à la citoyenneté, les élèves, futurs ou déjà citoyennes et citoyens, deviennent les
garants de la volonté de vivre ensemble dans une nation libre et démocratique et une société égalitaire et solidaire.
Les élèves :
- lisent, mettent en contexte, analysent et font leurs les textes qui régissent l’état de droit haïtien et ceux qui définissent au niveau
international les droits de l’individu, de la personne et des collectivités ;
- s’approprient les valeurs et les droits de la société et de la nation haïtiennes, les valeurs et les droits universels ;
- souscrivent en toute conscience à l’idée que tout droit correspond à un devoir envers soi-même et les autres, considérés
individuellement et collectivement ;
- connaissent et utilisent les textes constitutionnels, législatifs et juridiques nationaux, les déclarations, les conventions et les
traités internationaux comme référence et comme recours ;
- s’engagent pour l’égalité et contre toute forme de discrimination dans leurs paroles et leurs actes au quotidien, pour le présent
et pour l’avenir;
- constituent un répertoire des textes nationaux et internationaux, présents et passés, garantissant les droits ;
- connaissent les institutions chargées de proclamer et de faire respecter les droits.
Composantes de la compétence
La compétence vise, par la conciliation permanente des intérêts individuels, et collectifs, par une formation à la résolution des
conflits, à construire une culture de la paix et de la solidarité, dans une acceptation et une perception des différences et de l’altérité
comme richesse.
Elle développe l’idée de nation comme un vouloir vivre ensemble caractérisé par la paix, la cohésion sociale et l’unité. En se référant
au drapeau national, symbole de l’alliance pour la liberté, à la devise nationale, au territoire national et à l’histoire d’Haïti, les élèves

33
construisent et valorisent leur identité en référence à la constitution, aux droits et devoirs auxquels elle engage, à l’espace national,
au patrimoine culturel, historique et linguistique. Citoyennes et citoyens d’un État démocratique, les élèves en connaissent et font
leurs les valeurs, la Constitution, les lois qui fondent l’État de droit, ils connaissent les institutions chargées de la justice, de la police
et de la solidarité nationale et s’engagent au respect de celles-ci au quotidien.
En approfondissant et développant les compétences acquises au cycle 3 du fondamental, les élèves sont capables de :
- se référer aux sources du droit haïtien et du droit international ;
- questionner et interpréter les textes nationaux (textes constitutionnels, législatifs, juridiques) et internationaux (déclarations,
conventions, accords, traités) et les institutions qui les garantissent et les font respecter ;
- émettre des hypothèses sur un cas de droit et les vérifier par une recherche documentaire ;
- questionner et analyser les débats sociétaux, passés et présents ; en faire une présentation argumentée.
L’acquisition de la compétence suppose de :
- élaborer des problématiques à partir d’études de cas ;
- mener, à partir de leur questionnement, des recherches documentaires destinées à confirmer ou infirmer leurs hypothèses ;
- maitriser le lexique et les constructions argumentaires des textes prescriptifs et injonctifs ;
- s’engager comme citoyen et agir pour la défense des droits.
Attentes à la fin du tronc commun
- Maitriser et distinguer les notions d’individu et de personne et les droits et les devoirs qui y sont attachés.
- Reconnaitre l’égalité de droit entre citoyennes et citoyens quelles que soient leurs différences, leurs handicaps ou leurs préférences.
- Maîtriser les textes de référence haïtiens et internationaux : Constitution et lois d’Haïti, Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme, déclarations, conventions, accords et traités internationaux.
- Connaitre les valeurs de la société haïtienne et les valeurs universelles et s’y référer dans l’analyse des situations du quotidien et
dans l’action.

- Se situer et agir en citoyenne et en citoyen responsables conscients et respectueux des droits et des devoirs de l’individu et de la
personne, notamment dans la résolution de conflit : compréhension et respect de l’altérité, dialogue et négociation.
- Pratiquer au quotidien les valeurs démocratiques et prendre position en faveur de leur respect : liberté, égalité, solidarité,
coresponsabilité, participation, coopération, intégrité, dignité humaine.

Attentes à la sortie du secondaire

34
- Maitriser et distinguer les notions d’individu et de personne et les droits et les devoirs qui y sont attachés.
- Reconnaitre l’égalité de droit entre citoyennes et citoyens quelles que soient leurs différences, leurs handicaps ou leurs préférences.
- Maîtriser les textes de référence haïtiens et internationaux : Constitution et lois d’Haïti, Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme, déclarations, conventions, accords et traités internationaux.
- Connaitre les valeurs de la société haïtienne et les valeurs universelles et s’y référer dans l’analyse des situations du quotidien et
dans l’action.
- Se situer et agir en citoyenne et en citoyen responsables conscients et respectueux des droits et des devoirs de l’individu et de la
personne, notamment dans la résolution de conflit : compréhension et respect de l’altérité, dialogue et négociation.
- Pratiquer au quotidien les valeurs démocratiques et prendre position en faveur de leur respect : liberté, égalité, solidarité,
coresponsabilité, participation, coopération, intégrité, dignité humaine.
- Concevoir et développer un projet d’engagement bénévole pour lutter contre la violation des droits ou pour la création d’une
situation inclusive.
- Préparer et engager les orientations de sa formation et sa vie professionnelle en élaborant, mettant en place et développant un
projet créateur de revenus individuels et pour la communauté.
La compétence est développée de la même manière interdisciplinaire dans toutes les séries.

Modalités et critères d’évaluation


- Les élèves auto-évaluent le développement de la compétence dans des situations quotidiennes.
- Les élèves auto-évaluent leur compétence à mener une recherche dans les textes sur les droits.
- Le professeur évalue à la fois l’acquisition de la compétence (analyse critique, questionnement, interprétation, synthèse,
communication sous diverses formes : écrit, schéma interprétatif, commentaire oral, vidéo, page web) et l’auto-évaluation de l’élève.
- Le professeur évalue la compétence des élèves à concevoir, mettre en œuvre et développer un projet bénévole ou un projet
créateur de revenus.
Stratégie mise en œuvre pour le développement de la compétence
Le développement de cette compétence en éducation à la citoyenneté doit moins être conçu en termes de cours avec un horaire
hebdomadaire défini, que comme :
- l’étude et la pratique quotidiennes, dans toutes les disciplines du Secondaire, des droits et des devoirs ;
- l’implication éthique et l’engagement actif de toutes et de tous dans les collectivités scolaire et locale.
Le développement de la compétence est aussi directement lié avec l’étude et la maîtrise des textes de droit nationaux et
internationaux.

35
Éducation à la citoyenneté - Compétence 2

Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables


Présentation de la compétence

Dans une démarche d’analyse et de recherche critique au quotidien, dans leur environnement, dans la société haïtienne et au
niveau mondial, les élèves portent une attention permanente :

- aux paroles, aux attitudes, aux échanges et aux actes pour un développement harmonieux de toutes les dimensions de leur
personnalité et de leur identité personnelle et sociale ;

- aux informations et aux événements qui mettent en jeu les droits et la démocratie du local au mondial ;

- à l’égalité et à l’altérité comme richesse à cultiver ;

- à l’environnement, au patrimoine et à la mémoire collective comme bien commun.

Les élèves s’engagent au quotidien dans leurs paroles et leurs actes pour les valeurs haïtiennes et des droits de l’Homme et leur
promotion. Ils s’engagent pour la démocratie et la paix.

Composantes de la compétence

L’État de droit et la construction d’une société haïtienne et d’un monde juste et égalitaire est l’affaire de toutes et de tous. Par leurs
paroles, leurs attitudes, leurs gestes, leurs actions, les élèves s’engagent au quotidien dans :
- la lutte contre les discriminations sociales, culturelles, sexuelles, culturelles, liées aux handicaps, aux choix individuels et
sociaux ;
- l’entraide ;
- le respect des lieux et des biens publics ;
- la préservation de l’environnement.
Les élèves se forment, par la pratique, à la résolution des conflits. Ils connaissent les textes de droit nationaux et internationaux et
les institutions chargées de la justice, de la protection des personnes, de la sécurité et de la santé et s’engagent dans la lutte contre
toutes les formes d’insécurité individuelle et socio-économique.

36
Attentes à la fin du tronc commun

Les élèves sont capables, de façon critique, argumentée et informée, de :


- questionner et interpréter ce qu’est une attitude citoyenne et solidaire dans le quotidien ;
- agir en citoyenne et en citoyen responsables et engagés à l’école et dans la communauté ;
- participer à des activités de promotion et de renforcement de la démocratie à l’école et dans la communauté ;
- participer à la vie démocratique dans la cité en tant que membre d’un comité de représentation de la classe dans une élection à
l’échelle de son institution scolaire ; participer activement à la vie scolaire dans la coopération et la collaboration avec d’autres
élèves, notamment dans l’entretien de l’école ;
- respecter la loi dans la conduite quotidienne ;
- se forger une personnalité de citoyenne et de citoyen responsables et engagés dans la vie sociale.
Attentes à la sortie du secondaire
- Questionner et interpréter ce qu’est une attitude citoyenne et solidaire dans le quotidien.
- Agir en citoyenne et en citoyen à l’école et dans la communauté.
- Participer à des activités de promotion et de renforcement de la démocratie à l’école et dans la communauté.
- Participer à la vie démocratique dans la cité en tant que membre d’un comité de représentation de la classe dans une élection à
l’échelle de son institution scolaire ; participer activement à la vie scolaire dans la coopération et la collaboration avec d’autres
élèves, notamment dans l’entretien de l’école.
- Respecter la loi dans la conduite quotidienne
- Se forger une personnalité de citoyenne et de citoyen responsables et engagés dans la vie sociale.
La compétence est développée de la même manière interdisciplinaire dans toutes les séries.

Modalités et critères d’évaluation


- Réalisation d’une analyse de cas en lien avec un texte de droit.
- Conception d’un projet de classe ou pour la communauté, projet bénévole ou créateur de revenus.
Stratégie mise en œuvre pour le développement de la compétence
Le développement de cette compétence en éducation à la citoyenneté est moins conçu en termes de cours avec un horaire
hebdomadaire défini, que comme un engagement éthique et actif à la coopération et à l’entraide, en lien avec les autres disciplines
(comportement, coopération dans l’acquisition des connaissances et collaboration dans les exercices scolaires, conception et
développement de projets…), comme une réflexion sur la solidarité, une implication et une action quotidiennes dans les
collectivités scolaire et locale.

37
Éducation à la citoyenneté - Compétence 3

S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble

Présentation de la compétence

La citoyenneté repose sur un engagement actif de toutes et de tous. Cet engagement est à la fois intellectuel et pratique. Il repose
sur la connaissance des biens communs et des besoins de la communauté. À la base se trouve la coopération et le partage qui font
de la diversité et des différences une richesse et une dynamique de création.

Composantes de la compétence

En lien avec les deux autres compétences, celle-ci met l’accent sur l’implication individuelle et collective et sur l’engagement et
l’action dans :
- la construction d’un vivre ensemble reposant sur les valeurs démocratiques d’une culture de la paix et de la solidarité ;
- la résolution des conflits, qu’ils soient négatifs ou positifs ;
- la cohésion sociale et la culture commune ;
- la lutte pour l’égalité, la sécurité et la justice, et contre toute forme d’injustice et de discrimination ;
- la lutte pour la préservation de l’environnement dans une perspective de développement durable ;
- la participation au niveau de l’école et de la communauté aux instances démocratiques (comité et représentant de classe,
associations…) ;
- la conception et le développement de projets bénévoles ou créateurs de revenus pour préparer et engager les orientations de sa
formation et sa vie professionnelle.
Attentes à la fin du tronc commun

- Connaître et utiliser les textes de droit et les recours, les institutions.

- Identifier tout ce qui participe du bien commun, s’engager et agir pour le préserver et le développer.

- S’engager dans un projet coopératif de préservation et de développement des éléments de ce qui constitue le bien commun :
entretien de lieux et biens publics et patrimoniaux, préservation de la flore et de la faune, des sols, action en faveur de l’accès de
toutes et de tous aux biens de première nécessité, notamment l’eau.

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- s’impliquer activement, en tant que citoyenne et citoyen, dans le quotidien de la collectivité par une attitude inclusive
mobilisant la créativité et le sens de l’innovation.

Attentes à la sortie du secondaire

- Connaître et utiliser les textes de droit et les recours, les institutions.


- Identifier tout ce qui participe du bien commun, s’engager et agir pour le préserver et le développer.
- S’engager dans un projet coopératif de préservation et de développement des éléments de ce qui constitue le bien commun :
entretien de lieux et biens publics et patrimoniaux, préservation de la flore et de la faune, des sols, action en faveur de l’accès de
toutes et de tous aux biens de première nécessité, notamment l’eau.

- Préparer et engager les orientations de sa formation et sa vie professionnelle en s’engageant dans un projet créateur de
revenus individuels ou pour la communauté.

- s’impliquer activement, en tant que citoyenne et citoyen, dans le quotidien de la collectivité par une attitude inclusive
mobilisant la créativité et le sens de l’innovation.

La compétence est développée de la même manière interdisciplinaire dans toutes les séries.

Modalités et critères d’évaluation

- Conception et développement d’un projet de classe, d’école, pour la communauté notamment un projet inclusif ou un projet de
préservation de l’environnement.

- Conception et développement d’un projet individuel source de revenus.

Stratégie mise en œuvre pour le développement de la compétence

Le développement de cette compétence en éducation à la citoyenneté est moins conçu en termes de cours avec un horaire
hebdomadaire défini, que comme un engagement éthique et actif à la coopération et à l’entraide, une implication et une action
collaboratives et quotidiennes dans la solidarité, à l’école et dans la communauté, et dans la préservation et l’entretien des biens
collectifs.

39
Programmes détaillés d’éducation à la citoyenneté par unités d’apprentissage

Compétences et unités d’apprentissage en éducation à la citoyenneté

Pour chaque « Unité d’apprentissage », étudiée en approfondissement et élargissement progressifs de la maîtrise des compétences
sur une, deux, trois ou les quatre années de secondaire, figurent séparément les savoir-faire et les savoir-être d’une part, les savoirs
d’autre part, ainsi qu’un choix de « Propositions d’activités d’apprentissage ». Ces propositions sont des exemples de démarches qui
ne couvrent donc pas tous les savoir-faire, savoir-être et savoirs des « Unités d’apprentissage ». Elles invitent au choix et à
l’adaptation selon les intérêts locaux et l’actualité locale, nationale et internationale et les études menées dans les autres disciplines.

Les dix unités d’apprentissage en éducation à la citoyenneté se réfèrent au contexte haïtien et au contexte mondial dans leurs
interrelations :

UA1. La nation haïtienne et l’identité haïtienne

UA2. Citoyenneté, droits, devoirs et responsabilité

UA3. La constitution, l’État, les pouvoirs et la gouvernance

UA4. La résolution de conflit, la liberté et la culture de la paix

UA5. Citoyenneté et solidarité du local au mondial

UA6. Égalité

UA7. Citoyenneté mondiale, un combat pour l’avenir ?

UA8. La protection de l’environnement et le développement durable

UA9. Population, éducation et santé

UA 10. Éducation financière et sociale

40
41
Les unités d’apprentissage en éducation à la citoyenneté
Avertissement : Les propositions d’activités d’apprentissage sont données à titre de suggestions et d’exemples. Il appartient au professeur :
- de sélectionner ce qui est le plus adapté à ses élèves, à l’environnement et aux conditions sociales, économiques et culturelles ;
- de travailler dans une approche inclusive par l’utilisation de supports variés prenant en compte les compétences différenciées des élèves.

Unité d’apprentissage 1.La nation haïtienne et l’identité haïtienne

COMPÉTENCES CIBLÉES :

- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs universelles
- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables
- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun
SAVOIR-FAIRE ET ATTITUDES PROPOSITION D’ACTIVITÉS D’APPRENTISSAGE

- Questionner, interpréter et distinguer la notion et le - À partir des mots reliés entre eux « identité » et « Haïti », inscrits au
concept d’identité, dans son acception générale et dans tableau ou sur écran en utilisant un logiciel libre de « mind mapping »,
ses significations politique et nationale. participer à un remue-méninges (« brain storming ») individuel ou
- Distinguer la mémoire individuelle de la mémoire collectif et à la réalisation d’une carte mentale en inscrivant et reliant
collective. entre eux tous les mots qu’évoque l’identité et l’identité haïtienne.
- S’interroger sur ce qui fait d’un objet, d’un monument, - En interdisciplinarité avec la philosophie et les mathématiques,
d’une œuvre d’art, d’un lieu, d’un paysage… un objet ou rechercher en petits groupes, puis mettre en commun, tous les sens de
un lieu de mémoire. l’identité et leur emploi selon les disciplines : mêmeté, ipséité, identités
- Questionner et interpréter les valeurs, les principes et numérique et qualitative, identité culturelle, universalité, identités de
les symboles de la République d’Haïti. S’engager, en tant perception et de pensée, principe d’identité, relation d’identité, etc.
que citoyenne et citoyen haïtiens à les respecter dans Proposer pour chaque mot, notion ou concept une recherche et une
l’action quotidienne. analyse sur le champ lexical et sur le champ sémantique.
- Questionner historiquement et philosophiquement la
notion de nation. - Rechercher dans les versions française et créole de la Constitution du
29 mars 1987 (version amendée), tous les termes, expressions et articles
Savoirs
qui définissent l’identité et la nationalité haïtiennes.

42
- L’identité personnelle et l’identité haïtienne - Compléter et réorganiser la carte mentale en carte de concept autour
(Constitution de 1987). Identité et nationalité. de la notion d’identité haïtienne.

- La mémoire individuelle et la mémoire collective. Les - En interdisciplinarité avec l’histoire, par petits groupes chargés
personnes, les mots, les événements, les lieux et les objets chacun de la lecture et de la comparaison de trois Constitutions
de mémoire. historiques, relever les différentes définitions de la qualité et de
l’identité d’haïtien et de citoyen haïtien. Si possible sur écran pour la
- Valeurs, principes et symboles de la République d’Haïti. recherche d’occurrences.

- La nation. - Lire et analyser collectivement l’article 5 de la Constitution du 29 mars


1987. Rédiger un court texte sur la dimension identitaire du
bilinguisme, sur sa réalité et sa nécessité, sur ses limites au sein de la
communauté haïtienne et à l’international.
- Rédiger une synthèse sur la différence et la complémentarité de
l’identité personnelle, de l’identité culturelle et de l’identité haïtienne.

- Collectivement, en interdisciplinarité avec l’histoire, la littérature et


les arts, lister dans le milieu local, puis sur l’ensemble du territoire
haïtien, tous les lieux et objets de mémoire : lieux historiques, paysages,
monuments, statues, objets muséaux, œuvres d’art… Par petits
groupes, chargés chacun d’un lieu ou d’un objet, faire l’histoire du lieu
ou de l’objet, présenter sa configuration, son exposition et son
accessibilité actuelles. Rechercher et analyser toutes ses représentations
officielles (monnaie, timbre poste, site web…), historiques, littéraires et
artistiques. Réaliser soit une exposition sous forme d’affiches papier ou
une exposition virtuelle, soit une vidéo pour présenter l’objet ou le
lieu ; expliquer ce qui fait de lui un objet ou un lieu de mémoire. S’il
s’agit d’un lieu, organiser une visite, réelle ou virtuelle en distinguant
le lieu et la mémoire collective qui y est attachée.

- Faire de même, à partir de la lecture de l’Acte d’Indépendance et des

43
différentes constitutions d’Haïti pour tous les mots et références, ainsi
que pour les événements, qui constituent la mémoire collective du
peuple, de la nation et de l’État haïtien.

- À partir des recherches précédentes, rédiger une ou deux pages


argumentées sur la notion de « devoir de mémoire ». De même, en
appuyant la démonstration sur ou plusieurs exemples, expliquer en
une page ou deux, la différence entre la mémoire collective et la
commémoration.

- À partir de la lecture de la Constitution de 1987 et d’une recherche


dans plusieurs Constitutions historiques, relever et lister les symboles,
les emblèmes et la devise de la République d’Haïti. Par petits groupes,
chargés chacun d’un symbole, d’un emblème ou de la devise,
rechercher, photographier ou relever sous forme de croquis, dans
l’environnement immédiat, tous les lieux et noms de lieux, monuments,
objets (carte d’identification nationale, passeport, autres documents
officiels, pièces de monnaie et billets de banque, timbres postaux…), les
logos, les publicités, les dessins de presse, les caricatures, les sites…
évoquant, sous une forme ou une autre, les symboles, les emblèmes et
la devise de la République d’Haïti et du territoire d’Haïti. En
interdisciplinarité avec l’histoire, faire l’histoire des symboles, des
emblèmes et de la devise, de la mythologie qui s’y attache ainsi que de
leurs utilisations historiques, politiques, mémorielles et artistiques.
Réaliser et présenter l’étude sous forme de portfolio, d’un ensemble de
pages web, d’une animation écran ou d’une vidéo.

- Réaliser un dossier de presse, présenté et commenté, sur le respect et


l’utilisation (évocations politiques, commémorations…) des symboles,
des emblèmes et de la devise de la République d’Haïti et du territoire

44
d’Haïti, le non respect et les atteintes à ceux-ci.

- À partir du mot « nation », inscrit au tableau ou sur écran en utilisant


un logiciel libre de « mind mapping », participer à un remue-méninges
(« brain storming ») individuel ou collectif et à la réalisation d’une carte
mentale en inscrivant et reliant entre eux tous les mots qu’évoque l’idée
de « nation ». Faire l’analyse des champs lexical et sémantique de la
notion.

- En interdisciplinarité avec l’histoire et la philosophie, rechercher dans


différents dictionnaires et encyclopédies les définitions en notant les
auteurs de la définition et les auteurs référencés : Cicéron, Schiller,
Fichte, Jaucourt, Diderot, Holbach, Hegel, Herder, List, Marx, Renan,
etc. Par petits groupes, faire l’analyse critique de la définition qu’en
donnent ces auteurs après avoir, en quelques lignes, présenté une
biobibliographie de l’auteur. Présenter et argumenter les définitions
dans un débat collectif.

- Rédiger un court argumentaire, appuyé sur différents exemples


historiques ou contemporains, sur la différence entre la nation et le
nationalisme.

Modalités et critères d’évaluation

- Synthèse rédigée sur les notions d’identité collective, d’objet et de lieu de mémoire.
- Présentation orale des recherches sous diverses formes et sur différents supports.
- Présentation orale du portfolio sur les recherches et l’analyse documentaire.

45
Unité d’apprentissage 2.Citoyenneté, droits, devoirs et responsabilité

COMPÉTENCES CIBLÉES :

- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs universelles

- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables

- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun

SAVOIR-FAIRE ET ATTITUDES PROPOSITION D’ACTIVITÉS D’APPRENTISSAGE

- Questionner et interpréter le concept Les propositions d’activités d’apprentissage se réfèrent au contexte haïtien et au contexte
de citoyen. Faire la différence entre le mondial dans leurs interrelations.
concept, la notion de citoyenne et de
- À partir des mots « citoyenne - citoyen », inscrits au tableau ou sur écran en utilisant un
citoyen et la réalité politique,
logiciel libre de « mind mapping », participer à un remue-méninges (« brain storming »)
juridique, sociale et culturelle de la
individuel ou collectif et à la réalisation d’une carte mentale en inscrivant et reliant entre
citoyenneté. eux tous les mots qu’évoque la notion de citoyen. Faire l’analyse des champs lexical et
sémantique de la notion de citoyen.
- Maîtriser et utiliser, comme support
du positionnement, de la pratique et - Rechercher dans les versions française et créole de la Constitution du 29 mars 1987
de l’engagement quotidiens, les bases (version amendée du 9 mai 2011), tous les termes, expressions et articles qui définissent la
du vocabulaire politique et social qui qualité de citoyen, les droits et les devoirs de la citoyenne et du citoyen : Préambule ; Titre
III : Du Citoyen - Des Droits et Devoirs Fondamentaux ; articles 58, 59, 89, 94, 172.1, 268.1,
définissent la citoyenneté, les droits et
269.1 ; Titre VI Des institutions indépendantes, Chapitre IV De la protection du citoyen).
les devoirs de la citoyenne et du
citoyen dans un État démocratique. Relever les articles où il est question de « citoyennes » et de « citoyens » et ceux où le terme
de « citoyen » est employé de façon générique au masculin. Formuler quelques hypothèses
- Connaître et questionner les valeurs sur ces différences après avoir questionné la notion de « quota » (articles 17.1 et 31.1.1).
et les droits définis dans la Questionner la notion d’écriture inclusive dans le cadre des textes constitutionnels et
Constitution de la République d’Haïti juridiques.
et l’exercice historique et effectif des

46
droits. Réorganiser la carte mentale en carte de concepts. Inscrire tous les mots et expressions
qualifiant la citoyenne, le citoyen et leurs droits et devoirs en faisant apparaitre la
- Questionner la réciprocité citoyenne
réciprocité des droits et des devoirs.
des droits et des devoirs.
- En interdisciplinarité avec le français, individuellement ou en petits groupes, choisir un
-Maîtriser ce que signifie la
ou plusieurs articles de la Constitution exprimant un droit et sa réciprocité en devoir et,
citoyenneté dans un État
soit :
démocratique et agir en conséquence,
en : - rédiger un court récit mettant en scène le droit et le devoir
- rechercher dans la littérature haïtienne un ou plusieurs extraits mettant en scène le
- respectant la différence,
droit et le devoir
- assumant ses responsabilités, - faire un suivi de la presse sur ce droit et ce devoir, constituer un dossier de presse ou
un portfolio.
- participant et en s’engageant dans
le vivre ensemble de sa Présenter oralement les résultats.
communauté et pour le bien
- En quelques lignes argumentées et, éventuellement illustrées d’exemples pris dans
commun.
l’actualité, expliquer en quoi valeurs, droits et devoirs sont interdépendants.
- Développer une attitude et des
- Définir par écrit la notion de « responsabilité citoyenne » et présenter un projet,
compétences qui favorisent la
individuel ou collectif, engageant la responsabilité citoyenne dans l’établissement ou la
coopération, l’engagement civique et
communauté, projet bénévole ou projet créateur de revenus individuels ou pour la
la prise de responsabilité.
communauté.
- Développer, en s’appuyant sur un
- En interdisciplinarité avec l’histoire, rechercher et relever toutes les occurrences des
projet,une pensée critique et mettre en
notions de citoyen et de citoyenneté dans les différentes constitutions haïtiennes. Analyser
œuvre une pratique, respectueuses
l’évolution de la notion de « citoyen » dans une étude comparative des contextes
des droits et de l’altérité, projet
historiques.
bénévole ou projet créateur de
revenus individuels ou collectifs dans - En interdisciplinarité avec la philosophie et l’histoire et les langues, en petits groupes,
le cadre de l’orientation ou de la rechercher, analyser les différentes définitions de la citoyenneté. Choisir, présenter et

47
formation à la vie professionnelle. analyser oralement un extrait :

- Questionner l’actualité sur les - Aristote, Politique,1.III, 1.


questions de droits et de devoirs, - Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social ou Principes du droit politique, 1. I ; Émile, 1. V.
mener une enquête, en communiquer - Thomas Hobbes, De Cive / Le Citoyen
l’analyse critique en utilisant la - Immanuel Kant, Premiers principes métaphysiques de la doctrine du droit
terminologie appropriée liée aux - Georg Wilhelm Hegel, Principes de la philosophie du droit
textes constitutionnels et juridiques - John Rawls, A Theory of Justice
haïtiens. -…

SAVOIRS Compléter par l’analyse collective d’extraits de :

- Citoyennes et citoyens haïtiens, - Lyonel Trouillot, Haïti (re)penser la citoyenneté, 2001.


valeurs, droits et devoirs. - Jean-Marie Théodat, « Haïti : la fin du citoyen et l’avènement de l’individu 2.0 »,
- Les concepts de « citoyen » et de EchoGéo, 2020.
« citoyenneté », le citoyen, l’individu, - Rechercher les recours légaux contre le non respect des droits. Rédiger une courte fiche
la personne. de présentation de chacun des recours.
- La citoyenneté et la justice sociale, - Constituer un dossier de presse sur la citoyenneté en Haïti, les droits et les devoirs et
les lois et institutions de protection leur respect. Le présenter oralement.
des citoyennes et des citoyens. - En interdisciplinarité avec le français et le créole, lire et analyser des extraits de la
littérature haïtienne et caribéenne contemporaine sur les questions liées à la citoyenneté
- Éthique et responsabilité citoyennes :
par exemple :
égalité, inclusivité, environnement,
- Jacques Roumain, Gouverneurs de la Rosée, 1944.
patrimoine.
- Lyonel Trouillot, Bicentenaire, 2006. La belle amour humaine, 2011.
- Formation à la vie professionnelle. - Marie Vieux-Chauvet, La Danse sur le volcan, 1957.
- Watson Charles, Le ciel sans boussole, 2021.
Modalités et critères d’évaluation
- Rédaction d’un lexique de l’ensemble des notions étudiées.
- Conception d’un projet citoyen.
- Présentation orale du résultat d’une recherche.

48
Unité d’apprentissage 3. La Constitution, l’État, les pouvoirs et la gouvernance

COMPÉTENCES CIBLÉES :

- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs universelles
- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables
- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun
SAVOIR-FAIRE ET ATTITUDES PROPOSITION D’ACTIVITÉS D’APPRENTISSAGE

- Questionner la vie politique et Les propositions d’activités d’apprentissage se réfèrent au contexte haïtien et au contexte
l’organisation des pouvoirs, les mondial dans leurs interrelations.
institutions. - Rechercher dans les versions française et créole de la Constitution du 29 mars 1987
(version amendée), tous les termes, expressions et articles qui relèvent :
- Questionner et interpréter le
- des différents pouvoirs, leurs formes, leurs caractéristiques, leur exercice et leur
lexique politique et son histoire.
contrôle
- Se former à la culture du débat - des représentants du pouvoir, leurs mandats, les élections, les nominations et le choix
argumenté dans un cadre par l’autorité
interdisciplinaire autour des - de la souveraineté et la légitimité des pouvoirs
concepts, des notions et des prises de - du fonctionnement des pouvoirs et des recours contre l’abus de pouvoir
décision relatifs à l’exercice du - des rapports des citoyennes et citoyens au pouvoir et aux différentes autorités.
pouvoir. - En interdisciplinarité avec la philosophie et l’histoire et les langues, en petits groupes,
rechercher, analyser les différentes définitions du pouvoir. Choisir, présenter et analyser
Savoirs oralement un extrait par exemple de :
- Aristote, Politique, I.1
- Le pouvoir, les institutions et les
- Thomas Hobbes, Leviathan, orThe Matter, Forme, & Power of a Common-wealth
instruments du gouvernement
Ecclesiasticall and Civil, 1651, X
démocratique.
- Max Weber, Le savant et le politique, 1917 et 1919. Économie et société, 1921.
- L’organisation politique de la - Bertrand Russel, Power: A New Social Analysis, 1938.
- Par petits groupes, rechercher et faire des analyses de cas des différentes formes actuelles

49
République d’Haïti. de pouvoir et de gouvernement dans le monde.

- Les symboles de l’État. - En interdisciplinarité avec l’histoire et la philosophie, rechercher, retracer et faire l’analyse
critique du concept de « gouvernance » et de son ambiguïté dans le domaine politique en
- La participation de la citoyenne et
s’appuyant sur des extraits de :
du citoyen à la vie politique. Les
- Carl Schmitt, Du politique. « Légalité et légitimité »,1932.
élections dans un pays
- Jürgen Habermas, Droit et démocratie. Entre faits et normes, 1992, chapitres III et IV.
démocratique. - Pierre Rosanvallon, Pour une histoire conceptuelle du politique, 2003.
- Les formes de pouvoir et de Faire de même sur la notion de « bonne gouvernance » à partir de l’analyse des textes
gouvernement dans le monde. émanant des institutions et organisations internationales et de la presse.

- Le concept de gouvernance, la - Réaliser un dossier de presse (titres, articles, dessins, photographies) sur l’exercice du
notion de « bonne gouvernance » et pouvoir en Haïti et dans plusieurs pays du monde. Présenter, par oral ou par écrit sur
leur ambiguïté. papier ou sur écran, la situation et son historique, les organes et les forces politiques et
l’analyse critique d’un ou de plusieurs extraits de presse.
- Le pouvoir et l’éthique. - En interdisciplinarité avec le français et le créole, lire et analyser des extraits de la
littérature haïtienne et caribéenne contemporaine sur les questions liées au pouvoir par
- Le pouvoir politique et la religion.
exemple :

- Justin Lhérisson, La famille des Pitite-Caille, 1905.


- Lyonel Trouillot, Bicentenaire, 2006.
- Marie Vieux-Chauvet, Amour, Colère et Folie, 1968.
- Makenzy Orcel, L’Empereur, 2020.
- En interdisciplinarité avec l’histoire, rechercher, analyser et présenter les liens entre le
pouvoir politique et la religion en Haïti et dans quelques autres pays du monde.

Modalités et critères d’évaluation


- Rédaction d’un lexique de l’ensemble des notions étudiées.
- Présentation orale d’un dossier de presse.
- Présentation orale d’une fiche auteur et de l’analyse d’un extrait de texte philosophique ou littéraire.

50
Unité d’apprentissage 4. La résolution de conflit, la liberté et la culture de la paix

COMPÉTENCES CIBLÉES :

- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs universelles

- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables

- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun

SAVOIR-FAIRE ET PROPOSITION D’ACTIVITÉS D’APPRENTISSAGE


ATTITUDES
Les propositions d’activités d’apprentissage se réfèrent prioritairement au vécu des élèves pour
- Questionner et interpréter les questionner et interpréter les notions dans le contexte de l’histoire mondiale.
textes constitutionnels.
- Analyser la devise de la République d’Haïti (article 4 de la Constitution de 1987). Rechercher les
- Questionner et interpréter les occurrences, au singulier et au pluriel du terme « liberté » dans la Constitution : libertés
résolutions de conflit. fondamentales, libertés publiques ; liberté individuelle d'autrui ; liberté d’expression, de
conscience, de réunion et d'association, du travail, syndicale, de prospection, économique… Par
- S’engager pour la liberté et la
petits groupes, questionner et interpréter, à partir d’exemples, ce que recouvrent ces emplois du
paix à l’école et dans la
mot « liberté », dans la Constitution, dans les institutions et dans la vie quotidienne en Haïti.
communauté.
- En interdisciplinarité avec la philosophie, en petits groupes, rechercher, analyser et présenter
oralement les différentes définitions du concept et de la notion de liberté :

SAVOIRS - liberté au sens philosophique : liberté physique, liberté d’action, liberté de la personne et
autonomie, liberté de la volonté et déterminisme, liberté de pensée
- Le concept et la notion de - liberté au sens métaphysique : libre arbitre, liberté de jugement, libre examen
liberté.
- liberté(s) formelle(s) : Droits de l’Homme
- Le concept de paix, les
notions de « droit à la paix » et - liberté(s) publique(s).

51
de « culture de la paix ». - Définir en une page ou deux ce qu’est la liberté.

- En interdisciplinarité avec les arts et l’histoire, rechercher des allégories et les symboles de la
- Les valeurs d’une culture de
liberté : chaînes brisées, bonnet phrygien, arbre de la liberté… Faire leur histoire, rechercher et
la paix à l’école, dans la
analyser leur emploi institutionnel (Armes de la République d’Haïti, symbole de différents pays,
communauté, aux niveaux
monnaies, timbres poste…) ainsi que des œuvres d’art représentant la liberté. Les présenter et les
national et international.
analyser. Réaliser un portfolio des utilisations et des réemplois de ces symboles et de ces œuvres
- Les représentations dans :
allégoriques et symboliques de - en interdisciplinarité avec l’histoire, les œuvres passées, notamment les gravures et peintures
la liberté et de la paix. des mouvements abolitionnistes du XVIIIe siècle, les gravures et les peintures sur les abolitions
de la traite et de l’esclavage au XIXe siècle ;
- en interdisciplinarité avec les arts, les œuvres des artistes contemporains ;
- les dessins de presse ;
- en interdisciplinarité avec les arts, l’art de rue (« street art »).
- Dans une réflexion collective, faire une recherche lexicale autour de la notion de « paix ».

- Rechercher les occurrences du mot « paix » (paix sociale, paix publique, maintien de la paix…)
dans la Constitution de 1987 et dans les textes internationaux ratifiés par la République d’Haïti ou
auxquels Haïti a participé, entre autres :

- Charte, résolutions et déclarations de l’ONU, notamment la résolution 55/282 du 7 septembre


2001 déclarant la Journée mondiale de la Paix ;
- Convention américaine relative aux droits de l'homme (Pacte de San José), 1969 ;
- Consultation de l’UNESCO visant à faire de la paix un droit humain, 1997 ;
- Résolution du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme affirmant le droit des peuples à la
paix, 2009.

Établir une courte fiche de présentation des documents. À partir des documents, définir les
expressions « droit à la paix » et « culture de la paix ». Par petits groupes, faire une recherche dans
les rapports internationaux et dans la presse sur des cas où ces principes ont été évoqués. En faire

52
une analyse et les présenter oralement.

- En interdisciplinarité avec la philosophie, en petits groupes, rechercher, analyser les différentes


définitions de la notion de paix. Formuler quelques hypothèses sur la difficulté de penser la paix
indépendamment du conflit (absence de définition positive / définition négative) et des facteurs
nécessaires à son établissement perpétuel (abbé de Saint-Pierre, Kant…).

- Par petits groupes, puis en collectif, lister et analyser les valeurs d’une culture de la paix à
l’école, dans la communauté, aux niveaux national et international.

- Mener une étude de cas sur une résolution de conflit, à partir d’un événement survenu dans
l’école ou dans la communauté, d’un article de presse ou de revue scientifique, d’un
documentaire, d’un docu-fiction, d’un film ou d’un roman.

- En interdisciplinarité avec l’histoire, faire une recherche sur les conférences internationales de La
Haye (1899 et 1907) et sur les mouvements de la paix.

- En interdisciplinarité avec les arts et l’histoire, rechercher des allégories et les symboles de la
paix : déesse Pax et ses attributs (couronne de laurier, palme, rameau d’olivier...), colombe (Jean
Effel, Pablo Picasso…). Faire leur histoire. Réaliser :
- un portfolio ou un dossier de presse sur l’utilisation des allégories et des symboles de la paix
dans le dessin de presse ; choisir un ou plusieurs dessins du même dessinateur ; faire l’analyse
du dessin, de son contexte de réalisation et de publication, en rapport ou non avec un article,
du support de diffusion ;
- un reportage sur l’utilisation des allégories et des symboles de la paix par les artistes de rue
(« street artists »).

Modalités et critères d’évaluation


- Rédaction de définitions de la liberté et de la paix.
- Analyse critique et présentation, orale ou écrite, d’un document iconographique sur le liberté ou la paix.
- Présentation orale d’un portfolio ou d’un dossier de presse.

53
Unité d’apprentissage 5. Citoyenneté et solidarité du local au mondial

COMPÉTENCES CIBLÉES :

- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs universelles

- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables

- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun

SAVOIR-FAIRE ET ATTITUDES PROPOSITION D’ACTIVITÉS D’APPRENTISSAGE

- En interdisciplinarité avec l’économie, - Dans une réflexion collective, comparer les rédactions de l’article 1 de la Constitution
questionner et connaître le statut (29 mars 1987 et version amendée du 9 mai 2011) : « République, […] coopératiste […] et
juridique et les pratiques de la solidarité sociale » / « République […] solidaire ». Questionner le sens des mots « social » et
institutionnelle et associative et « solidaire ». Comparer avec le préambule de la Constitution de 1983 (« solidarité […]
s’engager en tant que citoyen. devant l'impôt et les cataclysmes »).

- En interdisciplinarité avec l’économie, Questionner le sens du mot « solidaire », puis faire une recherche dans un dictionnaire
questionner les enjeux des associations étymologique. Poursuivre la recherche dans un dictionnaire sur le sens des mots de la
et de l’entreprenariat collectif, de même famille : solidarité, solidarisme, solidariser, désolidariser, solidairement, etc.
l'économie collaborative et inclusive, de
En synthèse proposer une définition pour la notion de « République solidaire ».
l'innovation ouverte sans propriété
intellectuelle (critique de la logique - En interdisciplinarité avec le français, les arts, l’informatique, réaliser sous forme
propriétaire et marchande et de d’affiches, d’exposition virtuelle, de récit, de bande dessinée, de vidéo documentaire ou
l'extension de la brevetabilité : exemple de fiction, de production musicale…, une proposition d’Haïti solidaire.
des logiciels libres, de l’accès aux
ressources culturelles). - Par petits groupes, rechercher les références à la solidarité dans le droit international,
dans les débats et les appels à la solidarité internationale. En s’appuyant sur un exemple
- Comprendre le rôle des acteurs

54
publics et des soutiens dans la (projet de texte, rapport ou étude d’institutions et d’organisations internationales,
solidarité. d’experts mandatés ou non, d’associations et d’organisations non gouvernementales, de
partis politiques, de syndicats…), rédiger une synthèse illustrée et argumentée sur la
notion de « solidarité internationale » ou de « solidarité mondiale »
- Maîtriser la comptabilité d’une
- Réfléchir collectivement sur les valeurs et les actes qui participent au quotidien à la
association.
solidarité à l’école, dans la communauté, au niveau national.
- Questionner les potentialités de
- Concevoir, mettre en place et gérer dans l’établissement ou dans la communauté un
l’économie sociale et solidaire en Haïti.
projet solidaire d’engagement citoyen et responsable.
- S’engager dans un projet solidaire
préparant ou engageant les orientations
de la formation et de la vie
professionnelle.

SAVOIRS

- La notion de « République solidaire ».

- Citoyenneté et solidarité.

- Institutions et associations de
solidarité.

- Le droit à la solidarité ?

Modalités et critères d’évaluation

- Conception d’un projet de solidarité.

55
Unité d’apprentissage 6. Égalité

COMPÉTENCES CIBLÉES :

- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs universelles

- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables

- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun

SAVOIR-FAIRE ET PROPOSITION D’ACTIVITÉS D’APPRENTISSAGE


ATTITUDES
- En lien avec l’unité d’apprentissage 4 sur la liberté, reprendre l’article 4 de la Constitution de
- Questionner et interpréter les 1987 et relever dans le texte de la Constitution les différents domaines où L'État haïtien garantit
textes constitutionnels. l’égalité de tous les citoyens et citoyennes :

- Analyser les champs lexical et - absence de discrimination ville – campagne, communauté de langues et de culture, droit au
sémantique de l’égalité. progrès, à l'information, à l'éducation, à la santé, au travail et au loisir (Préambule) ;

- Questionner et interpréter des - égalité des sexes et équité de genre (Préambule) ;


statistiques nationales et
internationales. - droit à la vie et à la santé, respect de la personne, accès aux soins (articles 19 et 23) ;

- Questionner et interpréter les - accès à un logement décent, à l'éducation, à l'alimentation et à la sécurité sociale (article 22) ;
rapports des institutions, des - accès aux études supérieures (article 32.6) ;
organisations et des associations
internationales. - conditions de travail et de salaire (Article 35.2) ;

SAVOIRS - protection des familles, aide et assistance à la maternité, à l'enfance et à la vieillesse (Article
260).
- Le concept et la notion
d’égalité Questionner collectivement et lister les autres domaines où se pose le problème de l’égalité :
handicap, étrangers, etc.

56
- L’inclusivité - En interdisciplinarité avec la philosophie et l’économie, questionner collectivement avec
l’appui de quelques textes et statistiques la pensée, les principes et la réalité de l’égalité :
- Le féminisme haïtien et
antillais : histoire et littérature - lien avec l’idée d’universalité, totale (Déclaration universelle des Droits de l’Homme) ou
restreinte (tous les citoyens dans la Constitution) ;

- modalités d’application du principe d’égalité : juridique et politique ;

- caractère relationnel inhérent à la définition de l’égalité : exercice d’une propriété commune


(citoyen ; contexte spatial et historique nationaux / étrangers) ;

- rapport égalité / inégalité (Thomas Hobbes, Jean-Jacques Rousseau, Alexis de


Tocqueville…) ;

- rapport égalité / contrat politique ;

- rapport égalité formelle (juridico-politique) et inégalité économique, sociale, culturelle à


partir de l’analyse de statistiques économiques, sociales et culturelles (revenus, logement,
santé, loisirs...).

- À partir des éléments précédents, s’engager collectivement dans le projet d’une école inclusive
et définir les conditions de sa mise en place.

- En interdisciplinarité avec le français, le créole et les langues, préparer par petits groupes
l’argumentaire pour un débat sur l’écriture inclusive.

- En interdisciplinarité avec les arts et l’histoire, rechercher des œuvres dans lesquelles figure le
symbole de l’égalité (niveau ou triangle). Rechercher l’histoire de cette symbolique et compléter
le portfolio sur les œuvres d’art représentant la liberté (unité d’apprentissage 4 sur la liberté).

- Réaliser un dossier de presse sur l’égalité / inégalité des hommes et des femmes en Haïti :
études, monde du travail professionnel et domestique, santé, sécurité, politique…

57
- En interdisciplinarité avec l’histoire, faire une recherche sur l’histoire des mouvements et des
luttes féministes en Haïti et aux Antilles :

- construire une chronologie ;

- rédiger une présentation des associations et des revues ;

- rédiger une biographie des principales actrices et des principaux acteurs du féminisme en
Haïti et dans les Antilles.

- Rechercher dans les différentes Constitutions haïtiennes et réaliser une analyse et une
chronologie commentée de :

- l’accès des femmes aux élections législatives et municipales à la suite des revendications de
la Ligue féminine d’action sociale (LFAS) ;

- l’obtention du droit de vote et son exercice effectif ;

- les quotas minimaux de présence féminine aux postes électoraux.

Compléter par une recherche sur :

- les textes de lois et décrets sur la condition féminine adoptés en Haïti ;

- les textes internationaux ratifiés par Haïti sur la condition féminine ;

- les textes sur la question du genre.

- Rechercher et analyser les rapports des institutions, des organisations et des associations
internationales sur la condition féminine dans le monde. Faire et présenter en petits groupes des
études de cas.

- En interdisciplinarité avec le français et les langues, lire et analyser des extraits de l’écriture

58
féministe caraïbe :

- Anna Julia Cooper, A Voice from the South: By a Woman from the South, 1892.

- Suzanne Lacascade, Claire-Solange, âme africaine, 1924.

- Amita Véry Paulette et Jane Nardal (la notion d’« afro-latin »), articles dans La Dépêche
africaine, La Revue du monde noir, Le Cri des nègres.

- Amita Véry, article dans Le Cri des nègres.

- Suzanne Roussi-Césaire, revue Tropiques.

Compléter par la lecture et la présentation critique individuelle d’un ouvrage d’écrivaine


haïtienne : Marie-Célie Agnant, Milady Auguste Mimi Barthélemy, Saika Céus, Sybille Claude
Annie Desroy, Myrtelle Devilmé, Maggy Belin Biais, Gerda Cadostin, Edwige Danticat, Martine
Fidele,Mercédès Foucard Deita, Roxane Gay, Fabienne Josaphat, Yanick Lahens, Kettly Mars,
Emmelie Prophète, Marie Alice Théard, Evelyne Trouillot, Cléante Valcin, Marie Vieux-
Chauvet…

Modalités et critères d’évaluation

- Rédaction de biographies.

- Rédaction de fiches de lecture et d’analyse d’extraits d’œuvres.

- Présentation orale d’un portfolio.

59
Unité d’apprentissage 8. La protection de l’environnement et le développement durable

COMPÉTENCES CIBLÉES :

- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs universelles

- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables

- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun

SAVOIR-FAIRE ET ATTITUDES PROPOSITION D’ACTIVITÉS D’APPRENTISSAGE

- Questionner l’environnement. - Mettre en place par élection un comité au développement durable destiné à :
- piloter, au sein de la classe, de l’établissement et de la communauté, la réflexion
- Travailler en équipe pour développer un
sur l’auto-formation ;
réseau de réflexion, de diffusion
- piloter au sein de la classe les groupes d’étude ;
d’information et de conception de projets
- concevoir des campagnes de sensibilisation et d’information sur la protection de
de protection de l’environnement et de
l’environnement et le développement durable, sur l’économie circulaire ;
développement durable.
- concevoir, porter et être l’ambassadeur auprès de l’établissement et de la
- Organiser et animer une réunion. communauté de projets de protection de l’environnement et de développement
durable ;
- Créer une campagne de sensibilisation et - créer et développer un réseau social sur les questions de protection de
d’information. l’environnement et de développement durable ;
- développer un comité de lecture sur les questions de protection de
SAVOIRS
l’environnement et de développement durable ;
- L’écocitoyenneté - assurer l’interdisciplinarité des réflexions, des actions et des projets.
- Analyse collective d’un documentaire ou d’un docu-fiction sur les problèmes
- La protection de l’environnement d’environnement et de développement durable :
- analyser collectivement le synopsis et en arrêt sur image les génériques de début
- La protection et la valorisation du
et de fin (réalisateur, producteur, intervenants, voix off, musique, image) ; rédiger
patrimoine
une fiche de présentation à partir des génériques et du synopsis ;

60
- Le développement durable - visionner le documentaire en entier, repérer et noter au cours du visionnage les
principales parties et articulations du film ;
- L’économie circulaire
- visionner des extraits pour faire le chapitrage et l’analyse du récit et de
l’argumentaire ;
- collectivement ou par petits groupes, travaillant chacun sur un thème, analyser
une séquence clé du documentaire : découpage, repérage des plans, point de vue /
parti pris, transitions, construction du récit, temporalités, cadrage, mise en scène,
rapport de la voix off avec les interviews ou les personnages, musique, bruitage.
- Par petits groupes, mener une recherche sur :
- les institutions, organisations et associations locales, nationales et internationales
qui agissent dans les domaines de la préservation des ressources, de la préservation
et de la mise en valeur du patrimoine et dans le développement durable ;
- les forums, les sommets, les conférences et les protocoles internationaux destinés à
la protection de l’environnement, sur les campagnes d’information et les décisions
prises, sur la mise en place effective de celles-ci.

Rédiger une fiche de présentation critique. Faire une étude de cas sur une
intervention en Haïti et dans d’autres pays du monde.
- Par petits groupes, en interdisciplinarité avec la géographie, l’économie et les
sciences de la vie et de la terre, mener une étude sur l’environnement local :
- accès et gestion de l’eau pour la consommation et pour la production, commerce
de l’eau embouteillée et ensachée ;
- accès et gestion de l’énergie ;
- gestion des déchets ;

- déboisement, artificialisation des sols ;

- pollution des sols, de l’eau, de l’air ;

- inégalités dans l’accès aux biens de première nécessité ;

61
- évolution climatique, etc.

- En interdisciplinarité avec la géographie et l’économie, réaliser un portfolio ou un


dossier de presse autour d’une étude de cas sur un espace, un phénomène ou un
événement lié à la pollution atmosphérique et au changement climatique.

- Concevoir, en interdisciplinarité avec toutes les disciplines, un projet et le


développer, évaluer le projet :

- s’informer et lutter contre les pollutions diverses ;

- participer à l’amélioration de l’alimentation ;

- réduire les déchets et participer au recyclage ;

- préserver la biodiversité : collecte et échange de graines, pépinières ;

- participer à la protection du patrimoine : paysage, monument… ;

- concevoir une campagne de sensibilisation et d’information.

- En interdisciplinarité avec la géographie et l’économie, dans la communauté et au


sein de partenariats avec des institutions et des mouvements pour le développement
durable, s’engager dans des actions de préservation de l’environnement et pour le
développement durable.

Modalités et critères d’évaluation

- Conception et développement d’un projet de protection de l’environnement et de développement durable, projet bénévole ou
projet créateur de revenus individuels ou collectifs dans le cadre de l’orientation ou de la formation à la vie professionnelle.

62
Unité d’apprentissage 9. Population, éducation et santé

COMPÉTENCES CIBLÉES :
- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs universelles
- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables
- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun
SAVOIR-FAIRE ET PROPOSITION D’ACTIVITÉS D’APPRENTISSAGE
ATTITUDES
- En interdisciplinarité avec la biologie et la philosophie et en lien avec l’unité d’apprentissage 6.
- S’engager pour l’égalité dans la sur l’égalité, réfléchir collectivement aux questions de genre. Par petits groupes, mener une
différence. recherche, dans les textes institutionnels nationaux et internationaux et dans la presse, sur les
mouvements, les associations, les actions qui traitent de la question du genre. Relever en Haïti et
- Se protéger et s’engager pour la
dans différents pays la législation sur la question du genre. Rédiger une synthèse problématisée
santé.
sur les questions posées à la société et les réponses de la société haïtienne, d’autres sociétés dans
SAVOIRS le monde et des institutions et organisations internationales.
- Réfléchir collectivement sur le consentement, la santé et la reproduction humaine à partir du
- La femme et l’homme face à la site de l’Organisation mondiale de la santé sur la « Santé sexuelle ».
santé et la sexualité. - En interdisciplinarité avec la biologie et avec l’histoire, en petits groupe, faire une recherche
sur les maladies sexuellement transmissibles en Haïti et dans le monde, leur histoire, les moyens
- Les maladies sexuellement
de prévention et l’accès aux soins.
transmissibles.
- En interdisciplinarité avec les arts, rechercher et analyser quelques œuvres qui :
- La politique publique de la - posent la question du genre : Claude Cahun, Frida Kahlo, Robert Mapplethorp, Gilbert and
santé sexuelle et reproductive et George, Diane Arbus, Cindy Sherman, Orlan, Pedro Almodovar…
les services de santé. - traitent des maladies sexuellement transmissibles : Keith Haring, Nan Goldin, Derek Jarman…
- En interdisciplinarité avec la littérature et les langues, rechercher et analyser quelques œuvres
qui posent la question du genre : Virginia Woolf, Jean Genet, Copi, Hervé Guibert, Virginie
Despentes…
Modalités et critères d’évaluation
- Réalisation d’une charte sur la protection de la santé.

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Unités d’apprentissage 10. Éducation financière et sociale

COMPÉTENCES CIBLÉES :
- Se situer en tant que citoyenne et citoyen d’une société démocratique, respectueuse et respectueux des valeurs universelles
- Penser et agir au quotidien en citoyenne et citoyen responsables
- S’impliquer en citoyenne et citoyen engagés actifs dans le vivre ensemble et le bien commun
SAVOIR-FAIRE ET ATTITUDES PROPOSITION D’ACTIVITÉS D’APPRENTISSAGE

- Questionner les droits économiques et sociaux au Les propositions d’activités d’apprentissage sont construites
regard de la réalité économique et sociale du pays. prioritairement dans le contexte haïtien.
- En interdisciplinarité avec l’économie, rechercher et lister tous les droits
- Préparer et gérer le budget d’une association, d’une économiques et sociaux que la Constitution garantit aux Haïtiens.
activité récréative et culturelle dans le cadre de - Rechercher sur le site de l’Institut Haïtien de Statistique et
l’orientation ou de la formation à la vie professionnelle. d’Informatique, ainsi sur divers sites institutionnels comme la Banque
mondiale, des données sur l’état économique et social de la population et
SAVOIRS son évolution.
- Rechercher quelles sont les aides sociales, les aides aux familles et à la
- Les aides sociales. personne et leur poids dans le budget des familles. Rédiger une synthèse.
- La notion de budget et la comptabilité à partie - En interdisciplinarité avec l’économie, concevoir le budget d’un projet
local et le gérer selon une comptabilité à partie double pour :
double : budget personnel, budgets des familles,
- une association : coopérative scolaire ; plantation ; préservation du
budgets d’association, d’entreprise et équilibre patrimoine
budgétaire. - une fête ou une commémoration dans l’établissement ou la
communauté
- un événement local : visite d’une entreprise, d’un musée ou d’un
monument.

Modalités et critères d’évaluation


- Conception d’un budget

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Progression en éducation à la citoyenneté

Avertissement : L’approfondissement et l’élargissement progressif des compétences sur les quatre années du Secondaire, tronc commun et séries,
induit la multiplication des points de vues et des questionnements sur un même sujet. Ainsi des questionnements citoyens abordés en Secondaire I
ou II, notamment lorsqu’ils sont l’objet de débats sociétaux ou lorsqu’ils se retrouvent dans l’actualité sont repris en Secondaire III et IV. Dans les
tableaux suivants de répartition annuelle des unités d’apprentissage, les contenus peuvent donc être répartis sur les quatre années du Secondaire
ou se retrouver logiquement sous forme de liens ou d’approfondissements dans plusieurs unités d’apprentissage, ce qui a été signalé par des
renvois entre parenthèses.

Répartition annuelle des unités d’apprentissage en éducation à la citoyenneté

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Répartition des unités d’apprentissage selon les séries
Le développement des compétences dans les unités d’apprentissage concerne toutes les séries avec un degré plus ou moins
important d’approfondissement décliné dans les « Propositions d’activités d’apprentissage ».

Repères de progression dans la maîtrise des compétences ciblées en éducation à la citoyenneté

- Se référer aux sources du droit haïtien et du droit international.


- Maîtriser les textes de référence haïtiens et internationaux (Constitution et lois d’Haïti, Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme, déclarations, conventions, accords et traités internationaux). Les questionner et les interpréter. Connaitre les institutions
qui les garantissent et les font respecter. Savoir utiliser ces textes au quotidien.

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- Questionner et analyser les débats sociétaux, passés et présents. En faire une présentation argumentée.

- S’engager comme citoyen pour la défense des droits.

- Maitriser et distinguer les notions d’individu et de personne et les droits et les devoirs qui y sont attachés.
- Reconnaitre l’égalité de droit entre citoyennes et citoyens quelles que soient leurs différences, leurs handicaps ou leurs préférences.

- Connaitre les valeurs de la société haïtienne et les valeurs universelles et s’y référer dans l’analyse des situations du quotidien et
dans l’action.
- Se situer et agir en citoyenne et en citoyen responsables conscients et respectueux des droits et des devoirs de l’individu et de la
personne, notamment dans la résolution de conflit (compréhension et respect de l’altérité, dialogue et négociation).
- Pratiquer au quotidien les valeurs démocratiques et prendre position en faveur de leur respect : liberté, égalité, solidarité,
coresponsabilité, participation, coopération, intégrité, dignité humaine.
- Concevoir et développer un projet pour lutter contre la violation des droits ou pour la création d’une situation inclusive.

- Agir en citoyenne et en citoyen à l’école et dans la communauté


- Participer à des activités de promotion et de renforcement de la démocratie à l’école et dans la communauté. Participer à la vie
démocratique dans la cité en tant que membre d’un comité de représentation de la classe dans une élection à l’échelle de son
institution scolaire ; participer activement à la vie scolaire dans la coopération et la collaboration avec d’autres élèves, notamment
dans l’entretien de l’école.

- Identifier tout ce qui participe du bien commun et agir pour le préserver et le développer. S’engager dans un projet coopératif de
préservation et de développement des éléments de ce qui constitue le bien commun : entretien de lieux et biens publics et
patrimoniaux, préservation de la flore et de la faune, des sols, action en faveur de l’accès de toutes et de tous aux biens de première
nécessité, notamment l’eau

- S’impliquer activement, en tant que citoyenne et citoyen, dans le quotidien de la collectivité par une attitude inclusive mobilisant la
créativité et le sens de l’innovation.

- Préparer et engager les orientations de sa formation et sa vie professionnelle en élaborant, mettant en place et développant un
projet créateur de revenus individuels et pour la communauté.

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