Habitat et zones à risques à Daloa
Habitat et zones à risques à Daloa
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Introduction
Selon la BANQUE MONDIALE (2020), quelque 2,2 milliards de personnes, soit 29% de la
population mondiale vivent dans des zones exposées à une crue centennale dont
1,47 milliard directement exposées à un risque d’inondation violente. Dans les villes des
pays en développement, la non-maîtrise de l’urbanisation accélérée conduit à de nombreux
défis dont celui lié au déficit de logements poussant les populations à s’installer dans les
zones à risques. En Côte d’Ivoire, le déficit de logement est estimé à environ 500 000
logements et se creuse d’environ 40 000 à 50 000 unités par année (S. GIROUD, F.
BOILEVE, J. OTRO, 2017, p.11). À Abidjan où le déficit en logements s’élève à près de
200 000, les pauvres vivent majoritairement dans des quartiers précaires susceptibles d’être
touchés par des catastrophes naturelles avec 6,9 % des ménages vivant en zone
d’éboulement, 4,4 % dans des zones prédisposées à l’inondation, 7 % en bordure de rivière
et 29,5 % sur des collines raides (ONU-HABITAT, 2012, p. 26). La ville d’Abidjan avec
26% de la superficie constituées des zones à risques (inondations et éboulements) pendant
les saisons de pluie a près de 80 000 personnes menacées par les inondations qui causent
depuis 2009, la mort de 13 personnes en moyenne (CNTIG et al., 2014, p.1). À ce rythme,
la gouvernance urbaine de la Côte d’Ivoire est en passe de s’écarter du onzième ODD qui
vise « d’ici à 2030, à assurer l’accès de tous à un logement et des services de base adéquats
sûrs, à un coût abordable et assainir les quartiers de taudis ». Daloa, ville située au centre-
ouest de la Côte d’Ivoire est aussi confrontée au phénomène d’occupation des zones à
risques par les populations. Les basfonds qui font partie des espaces déclarés non
inconstructibles par les urbanistes à cause des risques d’inondation et d’érosion qu’ils
comportent font de plus en plus l’objet de morcellement et bâtis. Pendant la saison des
pluies, on assiste entre autres à des inondations, des éboulements, des glissements de
terrains, des dégâts matériels, à des pertes en vies humaines, etc.
Pourtant, au lendemain de l’indépendance en 1960, l’État a pris l’engagement d’offrir un
meilleur cadre de vie à sa population. Pour ce faire, l’État pour une organisation rationnelle
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de l’espace urbain a doté chaque ville d’un Schéma Directeur d’Urbanisme (SDU) consacré
par la directive n°94-01 du 21 Novembre 1994 du ministère de la Construction et de
l’Urbanisme. C’est un outil ayant pour objet de garantir l’organisation rationnelle de
l’espace, en servant de cadre de référence aux politiques d’aménagement et de protection et
en définissant les grands axes de développement de la ville, ses principales structures et en
indiquant les zones constructibles ainsi que les réserves pour les équipements publics (E. C.
Ouompie, 2012, p.87). Ensuite, en 2013, à Abidjan, les pouvoirs publics ont tenté plusieurs
initiatives pour réinstaller les populations vivant dans les zones à risques dans de nouveaux
logements construits à la périphérie urbaine (Banque Mondiale, 2016, p.59). Enfin, le
ministère de l’hydraulique, de l’assainissement et de la salubrité a lancé depuis le 5 juin
2022 à Abidjan, une campagne de sensibilisation à travers l’opération « pour sauver ma vie,
je quitte les zones à risques ». En outre, face à une urbanisation accélérée et au sévère
déficit en logements abordables, la Côte d’Ivoire s’est fixée l’objectif de produire 13 000
logements dont 4 000 déjà remis (Commission de l’UEMOA, 2020, p.12). De façon
spécifique, à Daloa les autorités locales veillent au respect des règles d’urbanisme et
sensibilisent les populations sur les dangers qu’elles encourent en s’installant dans les zones
à risques. En dépit de tous ces efforts, l’installation des populations dans les zones à risques
se poursuit. Des populations sont installées dans les basfonds, dans les lits des cours d’eau
asséchés ou en cours d’assèchement. La question centrale qui fonde cette recherche est
pourquoi, malgré les efforts consentis par l’État et le conseil municipal de la commune,
l’occupation des zones à risques persistent-elle dans la ville de Daloa ? Le problème
soulevé est celui du développement de l’habitat dans les zones à risques dans la ville de
Daloa. L’objectif visé par l’étude est d’analyser les facteurs explicatifs de l’occupation des
zones à risques par l’habitat dans la ville de Daloa. Pour mener à bien l’étude, nous allons
d’abord, faire l’état des lieux de l’occupation des zones à risques par l’habitat dans la ville
de Daloa. Ensuite, analyser les facteurs explicatifs de l’installation des populations de la
ville de Daloa dans les zones à risques. Enfin déterminer le mode d’acquisition du sol dans
les zones à risques.
1. Méthodologie
La méthodologie comprend la présentation de la ville de Daloa, les matériels et la méthode.
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2.1. Etat des lieux des risques d’inondation dans la ville de Daloa
L’état des lieux englobe la répartition des zones à risques d’inondation et l’évaluation du
niveau de risques d’inondation dans la ville de Daloa. La notion de risque se définie par la
formule suivante : R= f (A, E, V, I, t, s). Cela signifie que le risque est une fonction de
l’aléa (A = événement pouvant causer des dommages) s’exerçant en un lieu (s) et dans un
temps (t). Il dépend des éléments soumis au risque (E), quantifiés en termes physiques ou
économiques. La vulnérabilité (V) et la résilience (R) se rapportent aux éléments à risque.
(J.P. DINH, 2006, p. 11). Le risque (R) est le résultat de la confrontation entre l’aléa (A) et
la vulnérabilité (V) en rapport avec les enjeux (habitat, école, route et hôpital, etc.).
2.1.1. Inégale répartition des zones à risques d’inondation dans la ville de Daloa
La ville de Daloa fait face à des réels risques d’inondation. Ainsi, plusieurs quartiers y sont
exposés pendant la saison pluvieuse. Cependant, à l’échelle des quartiers, le niveau des
risques varie des quartiers centraux aux périphériques (carte 2).
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2.1.2. Présence significative des zones à risques d’inondation élevés dans la ville
À l’échelle de la ville, les zones à risques d’inondation sont importantes. Les espaces
concernés sont ceux dont le niveau de risque varie de moyen à très élevé. Dans la ville, le
niveau de risque se présente comme suit (tableau 2).
Tableau 2 : Répartition des niveaux de risques d’inondation dans la ville de Daloa
Niveau de risques d’inondation Superficie (ha) Proportion (%)
Très faible 448, 9 6,96
Faible 1 300 20,16
Moyen 2 369 36,74
Elevé 1 700 26,36
Très élevé 630,6 9,78
Total 6 448, 5 100
Sources : INS, 2014 ; Cadastre, 2019 ; Image satellitaire Landsat OLI, 2021 et MNT, 2021
Le tableau 2 montre les superficies des niveaux des risques d’inondation et leurs différentes
proportions. Il ressort de ce tableau que la ville de Daloa a une superficie totale de 6 448, 5
ha. Sur ce total, les espaces à risques dominent. Sont considérés comme zones à risques, les
espaces dont le niveau d’indice de risques d’inondation varie de moyen (5,59 - 6,38) à très
élevé (7,18-9,44). Ainsi, la superficie totale de la ville soumise à des risques d’inondation
est de 4 699,6 ha, soit 72,88% contre 1 748, 9 ha, soit 27,12% pour les espaces sans risques,
c’est-à-dire les quartiers dont le risque d’inondation est très faible et faible avec un indice
compris entre (2,84-5,58). Toutefois, le niveau moyen de risques domine avec une
superficie de 2 369 ha, soit 38,74%, suivi du niveau élevé disposant d’une superficie de
1 700 ha, soit 26,36% et le niveau très élevé 630,6 ha, soit 9,78%.
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Sources : Alla Della, 2001, RGP, 1975, RGPH 1988, 1998, 2014 et estimation 2020
L’observation de la figure 1 montre que la ville de Daloa connaît une croissance
démographique soutenue depuis 1955. Toutefois, nous pouvons la subdiviser en deux
principales phases. D’une part, la ville a connu une croissance forte, car sur la période de
1955 à 1988, la population est passée de 7 487 habitants à 121 842 habitants en 1988, soit
un taux d’accroissement moyen annuel de 8,82 %. Toutefois, c’est sur la période de 1955 à
1965 que la croissance a atteint son pic. Elle est passée de 7 487 habitants en 1955 à 35 000
habitants en 1965, soit un taux d’accroissement moyen annuel de 16,67 %. Alors que sur la
période de 1965 à 1988, le rythme connaît un fléchissement où le taux d’accroissement
moyen annuel est passé à 5,57 %. Cette forte croissance observée sur la période de 1955 à
1988 pourrait s’expliquer par la natalité et surtout par les migrations. En effet dès
l’accession à l’indépendance du pays en 1960, l’État a axé son développement sur
l’agriculture, principalement sur les cultures d’exportation dont le Cacao et le café. Daloa,
ville située en zone forestière, propice à la pratique de ces deux principales cultures attire
de nombreux migrants à la suite de la délocalisation de la « boucle du cacao » du centre du
pays à l’ouest et dans le sud-ouest. Les ressortissants de la sous-région ouest africaine
attirés par le « miracle ivoirien » des années 70 vont également affluer dans cette région.
Cependant, à partir de 1988, la population bien que continuant de croître connaît une
relative baisse, car le taux d’accroissement moyen annuel est inférieur à 3 %. En effet, sur
la période de 1988 à 2020, la population est passée de 121 842 habitants à 273 190
habitants, soit un taux d’accroissement moyen annuel de 2,25 %. Le ralentissement de la
croissance démographique pourrait s’expliquer par la crise économique des années 80 due à
la chute des cours mondiaux des matières premières. À cela s’ajoutent les effets de la crise
politico-militaire de 2002 et de la crise postélectorale de 2010 où les effets se sont
beaucoup fait sentir dans la ville de Daloa. Toutes ces crises ont fait que la ville de Daloa
attire de moins en moins. Malgré la relative baisse, les besoins en logement continuent
d’augmenter entrainant une spéculation foncière dans la ville.
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2.2.2. Cherté des terrains et des loyers, facteurs de l’occupation des zones à
risques
Les coûts des terrains urbains et des loyers varient dans le temps selon l’importance de la
ville dans le réseau urbain du pays. Dans la ville de Daloa, les prix des lots et des logements
ont aussi connu une évolution comme l’indique le tableau 3.
Le tableau 3 indique que la valeur vénale des lots connaît une hausse dans la ville de Daloa.
Les prix des terrains se sont multipliés par 8 en l’espace de 67 ans. Dans les quartiers
économiques, les coûts des terrains sont passés de 50 000 FCFA pour les lots d’une
superficie de 600 m² en 1955 à 400 000 FCFA en 2022. Dans les quartiers résidentiels sur
la même période et pour la même superficie, les prix sont passés de 250 000FCFA à
2 000 000 FCFA. La fixation des prix tient compte de plusieurs paramètres. Ce sont entre
autres : les périodes (au fil des années), du type de vendeur (Administration ou privé), la
superficie du lot, le type de quartier, la position du lot (intersection de deux voies), le
niveau de viabilisation du quartier et surtout la proximité ou non du lot à une zone à risques
d’inondation très élevé. À Daloa, les lots d’une superficie variant entre 150 m² à 250 m²
situés dans un basfond asséché ou non sont vendus à 150 000 FCFA. Ceux situés sur les
versants d’un basfond sont vendus entre 400 000 FCFA et 500 000 FCFA. Il faut relever
que les textes règlementaires en matière d’urbanisme interdisent le lotissement des zones
non aedificandi, notamment les zones inondables. Mais, très souvent, les initiateurs des
lotissements les outrepassent. La hausse des prix des lots a commencé dès le retrait de
l’État de la production des terrains urbains depuis la loi n°97-524 du 4 septembre 1997
portant création d’une concession d’aménagement foncier. L’initiative des lotissements est
de plus en plus dans les mains des opérateurs privés, notamment les autorités coutumières.
Le paradoxe est que pendant que le coût des lots augmente, les superficies quant à elles
diminuent. Ceci répond à un souci de densification de la ville pour éviter l’étalement urbain
coûteux en infrastructures et équipements. Par, ailleurs, la hausse du coût des terrains,
entraîne une hausse du loyer dans la ville. Toutefois, le loyer dans les quartiers à risques
d’inondation demeure abordable (tableau 4).
Tableau 4 : Les loyers à Daloa, selon le niveau de risques d’inondation des quartiers
en 2022
Type de pièce Loyer mensuel dans les quartiers Loyer mensuel dans les
à risques élevés quartiers à faible risques
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À l’analyse du tableau 4, il ressort que pour le même type de pièce, le loyer est plus
abordable dans les quartiers situés dans les zones à forts risques d’inondation que ceux
issus des quartiers à faibles risques. Les prix des logements dans les quartiers à risques
d’inondation élevés sont deux, voire trois fois inférieurs à ceux situés dans les quartiers à
faibles risques. D’où le choix des populations à faibles revenus de s’y installer, malgré les
conditions d’habitabilité défavorables (planche photo 1).
Prise de vue, Yapi Atsé Calvin, Avril 2022 Prise de vue, Kacou Geoffroy, Mai 2022
La photo 1 montre un habitat précaire situé dans une zone à risques d’inondation au quartier
Huberson où une partie du béton de propriété servant à assainir le cadre de vie a été
arrachée par l’eau souterraine. Alors que, la photo 2 indique une maison abandonnée en
cours d’affaissement à cause du caractère compressible du sol dans les zones de basfond.
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Figure 1 : Répartition des chefs de ménage par quartier selon le statut d’occupation
de logements
16
Taux par statut d'occupation (%) 14
12
10
8
6
4
2
0
Marais Savonnerie Soleil 2 Lobia 2 Fatiga Huberson
2.3.2. Zones à risques majoritairement habitées par des ménages exerçant dans
le secteur informel
Le secteur informel regroupe toutes les activités qualifiées de petits métiers (mécaniciens,
vulcanisateurs, réparateurs d’appareils électro-ménagers, cireurs, petits commerçants, etc.).
Dans la ville de Daloa, les chefs de ménage exerçant dans ce secteur sont les plus nombreux
parmi les habitants des quartiers dont les risques d’inondation sont élevés (figure 2).
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3. Discussion
L’étude a d’abord relevé que la ville de Daloa est exposée à de réels risques d’inondation.
Ensuite, l’installation des ménages dans les zones à risques d’inondation dans la ville de
Daloa s’explique par la croissance démographique induisant la hausse des loyers. Enfin,
une prédominance des ménages des locataires exerçant dans le secteur informel.
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indiqué que dans cette partie de la France, près de 830 000 habitants, soit 7,2 % de la
population francilienne, sont directement menacés par une crue centennale.
3.2. Occupation des zones à risques liée à la croissance démographique et à
hausse des loyers
L’étude a aussi relevé que la croissance démographique rapide a induit des besoins en
logements, la cherté des terrains urbains et surtout la hausse des loyers. Les populations les
plus vulnérables sont alors contraintes pour se loger de s’installer dans les zones à risques
d’inondation où, les terrains et les loyers sont moins couteux.
Les résultats de l’étude sont en phases avec ceux obtenus par J. C. BERTONI (2006, p.128)
dans ses travaux sur l’inondation urbaine en Amérique Latine indiquait que les inondations
des secteurs riverains sont liées à l’urbanisation inadéquate des secteurs voisins des cours
de l’eau ou l’utilisation du lit majeur des cours de l’eau par l’homme. Les résultats sont
également conformes à ceux de la BANQUE MONDIALE (2012, p.19) qui indiquait dans
son étude sur les villes et inondations, qu’une urbanisation mal planifiée ou maîtrisée peut
aggraver les risques d’inondation en raison de changements inadaptés d’affectation des
terres donnant lieu à un développement anarchique des plaines inondables. Par ailleurs, les
résultats concordent bien avec ceux effectués par la BANQUE MONDIALE (2016, p.59)
sur la Côte d’Ivoire qui indique que l’occupation des zones à risques d’inondation se
développe à la périphérie des villes à cause de l’accroissement de la population urbaine et
ses difficultés à accéder à un logement formel abordable. C’est dans cette optique que
L’ONU-HABITAT (2012, p. 26) dans son étude sur Abidjan a soutenu que la pauvreté est
l’une des causes car les pauvres vivent majoritairement dans des quartiers précaires
susceptibles d’être touchés par des catastrophes naturelles. Alors que l’OCHA (2014, p.1)
est allé plus loin en affirmant que l’occupation des zones à risques serait plutôt liée à la
proximité du lieu de travail, la pauvreté, les coûts élevés du logement ou l’attente d’une
aide conséquente du gouvernement pour leur relocalisation. Cependant, le résultat est en
désaccord avec les conclusions de certains auteurs. En effet, pour L. WALLEZ (2010 p.32)
ayant mené une étude sur les inondations dans les villes d’Afrique de l’ouest a plutôt
accusé les pouvoirs publics qui après les indépendances, dépassés par l’explosion urbaine
n’ont pas maîtrisé le processus d’occupation des sols par un accompagnement des
aménagements. Quant à la BANQUE MONDIALE (2016 p.60), l’occupation des zones à
risques à Abidjan s’explique par le fait que les ménages devraient faire un choix difficile
entre le paiement de loyers élevés dans des quartiers bien desservis et des coûts de transport
élevés dans des zones situées à la périphérie.
Les résultats de l’étude ont montré que le statut d’occupation des logements situés dans les
zones à risques d’inondation est dominé par des ménages locataires. Ces derniers exercent
surtout dans le secteur informel.
Les résultats de l’étude ne diffèrent pas de ceux obtenus par la BANQUE MONDIALE
(2016, p.57) dans son étude sur la ville d’Abidjan qui indiquait que les trois quarts de la
population abidjanaise étaient des locataires. La plupart du temps les habitants des quartiers
à risques ont des revenus très bas, sans alternative immédiate de relogement (J.C.
BERTONI 2006, p.137). Y. KOVACS et al., (2017, p.6) ne disent pas le contraire car dans
leur étude sur les risques d’inondation et villes des pays en développement arrivent à la
conclusion que les populations pauvres s’y installent car les perspectives économiques
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priment sur le risque qu’elles encourent. Nos résultats vont dans le sens de ceux obtenus par
J. C. BERTONI (2006, p.130) dans son étude sur l’inondation urbaine en Amérique Latine
lorsqu’il affirme que sur un effectif de 500 000 habitants se trouvant dans une région de
risques d’inondation, 53% des foyers se trouvaient en situation de pauvreté. Le résultat est
aussi en phase avec l’étude menée par D. Y. TOMETY (2017, p.45) au Burkina-Faso,
indiquant que le sous-emploi constaté dans la plupart des villes ne permet pas aux ménages
d’avoir accès aux zones hors lotissement et non inondables pour achat du fait de leurs coûts
élevés.
Conclusion
Au terme de notre étude, il ressort que la ville de Daloa est exposée à de réels risques
d’inondation. L’installation des ménages dans les zones à risques d’inondation dans la ville
de Daloa s’explique par la croissance démographique à l’origine des hausses des loyers et
des coûts élevés des terrains urbains. Cette situation contraint les ménages économiquement
faibles exerçant pour la plupart dans le secteur informel à être des locataires dans les
logements situés dans les zones à risques d’inondation. Pour réduire les effets néfastes de la
croissance urbaine, l’État devrait poursuivre la sensibilisation des populations sur les
risques qu’elles encourent en occupant ces dits espaces, voire procéder à leur
déguerpissement.
Références Bibliographiques
BANQUE MONDIALE, 2012, Villes et inondations Guide de gestion intégrée du risque
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BERTONI Juan Carlos, 2006, « Inondations urbaines en Amérique Latine: réflexions sur le
rôle des facteurs de risque », Frontiers in Flood Research / Le point de la recherche sur les
crues (IAHS Publ. 305, 2006), pp.123-141
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