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SUPPORT - Cours Hydro - ISOTOPIE - 2019

Le document présente un manuel de cours sur l'hydrochimie et l'isotopie destiné aux étudiants en Sciences de l'Eau et de l'Environnement. Il aborde les techniques d'échantillonnage, d'analyses chimiques des eaux souterraines et les méthodes d'interprétation des résultats, tout en soulignant l'importance de l'hydrochimie dans l'étude des interactions entre l'eau et son environnement. Les objectifs incluent la maîtrise des méthodes d'échantillonnage, l'utilisation de logiciels hydrochimiques et la détermination de l'âge des eaux souterraines.
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SUPPORT - Cours Hydro - ISOTOPIE - 2019

Le document présente un manuel de cours sur l'hydrochimie et l'isotopie destiné aux étudiants en Sciences de l'Eau et de l'Environnement. Il aborde les techniques d'échantillonnage, d'analyses chimiques des eaux souterraines et les méthodes d'interprétation des résultats, tout en soulignant l'importance de l'hydrochimie dans l'étude des interactions entre l'eau et son environnement. Les objectifs incluent la maîtrise des méthodes d'échantillonnage, l'utilisation de logiciels hydrochimiques et la détermination de l'âge des eaux souterraines.
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Université Jean Lorougnon GUEDE

----------------
Daloa

Hydrochimie et Isotopie-M1GEE

UNIVERSITE JEAN LOUROUGNON GUÉDÉ

Dr ADJIRI Oi Adjiri
Enseignant-Chercheur
Environnementaliste – Hydrogéochimiste – Eco concepteur
Auditeur Santé et Sécurité au Travail et évaluation du risque
Hydrochimie et isotopie M1
L’hydrogéologie est la science de l’eau souterraine. C’est une discipline des Sciences de la Terre
qui a pour objectifs l’étude du rôle des matériaux constituant le sous-sol et les structures
hydrogéologiques (aquifères) et, par acquisition de données numériques par la prospection ou
l’expérimentation sur le terrain, de permettre la planification des captages, ainsi que l’exploitation et la
gestion de l’eau souterraine. L’hydrogéologie se spécialise dans la recherche et l’exploitation des eaux
souterraines à usage domestique ou industriel. Elle étudie également à travers l’hydrodynamique
souterraine, comment les matériaux géologiques influencent la circulation des eaux. A travers
l’hydrochimie, elle étudie la qualité, les facteurs ou matériaux influençant la qualité et l’âge des eaux
souterraines. Outre des connaissances géologiques, l’hydrogéologue doit disposer de bonnes
connaissances en hydraulique et en chimie. Il intervient en effet dans la recherche et l’exploitation du
gisement de nappe aquifère, dans l’étude de la qualité des eaux ainsi que dans leur protection.
L’hydrogéologue doit être capable d’estimer la quantité et la qualité de l’eau et prédire son
comportement dans l’aquifère.
Ce manuel constitue un support de cours utile à l’enseignement de l’hydrochimie assuré par le
Département des Sciences de la Terre. Il est destiné aux étudiants débutants des Sciences de l’Eau et
de l’Environnement (Licence 3) ; il servira d’aide-mémoire et pourra être complété par des notes
personnelles et des exercices qui seront effectués en séances de travaux dirigés (TD).

Pré requis :
 Notions de géologie, d’hydrogéologie et de chimie;
 Connaissances de niveau terminal scientifique en mathématiques, de physique et de chimie ;
 Connaître le contenu élémentaire (paramètres) liés aux propriétés physiques et chimiques des eaux.

Objectifs :
Être familier avec les méthodes d'échantillonnage et d'analyses des eaux souterraines ;
Être capable d'appliquer des méthodes hydrochimiques pour interpréter les résultats afin de classifier ou
de donner le nom de l’hydrofaciès;
Maîtriser des logiciels hydrochimiques pour caractériser les eaux souterraines, interpréter les résultats et
donner le nom de l’hydrofaciès ;
Être capable de déterminer l’âge relatif d’une eau souterraine à partir de l’évolution du système calco-
carbonique ;
Être capable de déterminer l’âge relatif d’une eau souterraine à partir de l’équilibre eau-minéraux
d’altération;
Être capable de déterminer l’âge relatif d’une eau souterraine et de dire si un milieu hydrogéologique est
ouvert ou fermé à l’atmosphère (notion de nappe libre et captive) ;
Notion d’isotopie des eaux ;
Être capable de déterminer l’âge relatif et absolu d’une eau souterraine à partir de la variation des teneurs
isotopiques ;
Être capable de déterminer l’âge relatif d’une eau souterraine à partir de la composition chimique de l’eau
de surface et celle des eaux souterraines.
Avertissement
- Les thèmes abordés ici sont totalement interdépendants et présentent une complexité croissante. Il est
donc très conseillé d’assurer une présence continue.
- Durant toutes les séances, le matériel requis est le suivant : Crayon à dessin (à mine ou HB),
diagramme de Schöeller – Berkaloff, de piper, gomme, un stylo et éventuellement un compas, une
traceuse et une calculatrice.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 1
Hydrochimie et isotopie M1

Introduction
L’hydrochimie est l’une des branches les plus importantes de l’hydrogéologie. Elle permet
de connaître non seulement la composition de l’eau, mais elle renseigne également sur les
interactions entre l’eau et son milieu ambiant. Elle traite donc essentiellement la composition
chimie de l’eau qui a plusieurs origines : atmosphérique, origine artificielle (pollution), origine
profonde (remontée magmatique dans les eaux souterraines) et les mécanismes d’acquisition
des substances dissoutes.

L’hydrochimie revêt une importance capitale, parce qu’elle est le support des informations
en Sciences de l’eau en générale et en hydrogéologie en particulier. En effet, savoir analyser,
exploiter et interpréter correctement des résultats d’analyses chimiques des eaux apporte
beaucoup à la résolution de nombreux problèmes scientifiques en hydrogéologie
environnementale. Par exemple, à partir d’un simple tableau d’analyse chimique des eaux, on
peut déterminer :
- les échanges et les interactions entre l’eau et la roche encaissante;
- le taux et le mode de renouvellement des eaux dans l’aquifère;
- la présence ou l’absence de milieux ouvert et fermé à l’atmosphère;
- le degré de pollution et de toxicité des eaux d’une région;
- le taux d’évaporation ;
- la température des masses nuageuses et l’intensité des précipitations ;
- l’âge absolu et l’âge relatif des eaux souterraines, c’est-à-dire le temps de séjour de l’eau
dans l’aquifère.

Pour la détermination de l’âge absolu de l’eau, le taux d’évaporation, la température des


masses nuageuses, l’intensité des précipitations, etc., on fait appel à l’isotopie, étude des
2
variations des isotopes stables et radioactifs de la molécule d’eau: Deutérium ( H), Tritium
3 14
( H), carbone -14 ( C), etc. Ces derniers volets ne seront pas abordés dans ce cours.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 2
Hydrochimie et isotopie M1

PARTIE 1 : Hydrochimie
I- Techniques de prélèvement, de dosages et modes d’expression de la composition
chimique des eaux
I-1. Techniques et modes de prélèvements d’échantillons

I-1-1. Techniques de prélèvements

Le premier objectif de l'échantillonnage est d'obtenir des prélèvements représentatifs de


l'élément que l'on désire analyser. L'eau doit donc être prélevée dans des bouteilles
particulièrement propres et rincées plusieurs fois avec l'eau à examiner, sauf si la bouteille,
provenant du laboratoire, contient un agent chimique: par exemple déchlorant (bactériologie)
ou encore acide préservateur (métaux), etc. Dans la plupart des analyses physico-chimiques
d'eaux destinées à l'alimentation (eau de réseau, de forage...), il faut laisser couler le temps
nécessaire à l'obtention d'une eau de qualité permanente.

I-1-2. Modes de prélèvements

Prélèvement instantané
C'est le mode de prélèvement le plus fréquemment utilisé. Les flacons sont remplis sans
agiter l'eau au contact de l'air. Pour cela, il est nécessaire d'utiliser un tuyau adapté à la prise
d'échantillon et plongeant au fond de la bouteille, de laisser renouveler plusieurs fois le contenu
de celle-ci puis boucher aussitôt. Certaines analyses (oxygène, gaz carbonique, pH...) exigent
d'éviter toute agitation et contact avec l'air. Les échantillons pour analyses bactériologiques sont
prélevés en flacons stériles après avoir flambé le point de puisage (robinet métallique) et laissé
couler l'eau à débit constant pendant une minute environ sous la protection de la flamme avant
de prélever. Il est indispensable de noter sur chaque échantillon la date, l'origine et la nature
de l'eau.

Prélèvement composite
Des échantillons moyens sont recueillis lorsqu'on cherche une mesure de qualité moyenne
sur une période (par exemple 2 heures ou 24 heures). Un certain nombre d'appareils de
prélèvement automatiques permettent de constituer des échantillons proportionnellement au
débit.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 3
Hydrochimie et isotopie M1
Prélèvement avec concentration
Une étape de concentration-extraction est nécessaire pour la mesure de micropolluants
organiques; elle peut être mise en œuvre au laboratoire, mais à partir d'un faible volume ou,
directement sur le site, au moyen d'appareils automatiques continus; dans ce cas, l'échantillon
peut correspondre à la concentration de plusieurs centaines de litres prélevés sur plusieurs
jours.
- échantillonneur d'eau pour substances volatiles, en combinaison avec un strippage en
boucle fermée ;
- système continu d'adsorption sur résines macroporeuses ;
- extracteur liquide-liquide en continu.
I-2. Techniques de dosage

I-2-1. Analyses sur site ou in-situ

Certains paramètres peuvent évoluer pendant le transport des échantillons au laboratoire


et il est toujours préférable de faire ces déterminations sur le terrain. Il s’agit essentiellement
de paramètres physiques : température, conductivité, pH, turbidité, matières en suspension…
et de quelques paramètres chimiques : teneur en O2, CO2, H2S, NH3, potentiel
d'oxydoréduction, oxydants résiduels... La mesure de ces paramètres repose souvent sur des
méthodes de précision inférieure à celle des méthodes de laboratoire mais l'intérêt de la mesure
immédiate peut être prépondérant compte tenu des variations susceptibles d'intervenir durant
le transport et la conservation en laboratoire. Les méthodes les plus utilisées sont les méthodes
potentiométriques. Elles mettent en œuvre le plus souvent des électrodes spécifiques qui sont
utilisées par immersion dans l'eau; elles permettent de mesurer: pH, potentiel
d'oxydoréduction, oxygène, turbidité, résistivité, fluorures, cyanures... Le couplage de ces
sondes à une unité centrale de saisie de données (microprocesseur ou 337 micros ordinateurs)
permet de suivre sur le site l'évolution de la qualité de l'eau dans le temps.
Par ailleurs, ces analyses sont aussi nécessaires lors de l'étude prolongée d'une eau brute ou
d'un effluent en vue de l'établissement d'un projet ou de l'optimisation d'une installation de
traitement.

I-2-2. Analyses au laboratoire

Il existe plusieurs techniques de dosages chimiques permettant de déterminer la


composition en ions de l’eau. Les méthodes les plus connues sont :

Dr ADJIRI Oi Adjiri 4
Hydrochimie et isotopie M1
la volumétrie: les analyses portent sur un certain volume d’eau. De nombreux
paramètres sont déterminés par volumétrie (alcalinité, dureté totale, dureté calcique,
chlorures...). Des mallettes contenant de la verrerie classique de laboratoire
permettent ces déterminations (burettes, erlenmeyer, éprouvettes graduées,
fioles...) ;
la colorimétrie: Ces méthodes mettent en jeu des "réactions colorées" dont l'intensité
de la couleur obtenue est évaluée au moyen de comparateurs possédant des disques,
plaquettes ou bandes colorées servant d'étalons. Le seuil de la détection est déterminé
par un changement de couleur au contact d’une certaine quantité de réactif.
De nombreux paramètres sont déterminés par volumétrie (alcalinité, dureté totale,
dureté calcique, chlorures...). Des mallettes contenant de la verrerie classique de
laboratoire permettent ces déterminations (burettes, erlenmeyer, éprouvettes
graduées, fioles...) ;
la spectrophotométrie: La spectrophotométrie est une méthode analytique
quantitative qui consiste à mesurer l'absorbance ou la densité optique d'une substance
chimique donnée, généralement en solution. Plus l'échantillon est concentré, plus il
absorbe la lumière dans les limites de proportionnalité énoncées par la loi de Beer-
Lambert. La densité optique des échantillons est déterminée par un
spectrophotomètre préalablement étalonné sur la longueur d'onde d'absorption de la
substance à étudier. Il existe plusieurs méthode spectrophotométriques : la
spectrophotométrie d'absorption UV et IR, la spectrophotométrie d'absorption
atomique (SAA), la spectrophotométrie d'émission de flamme, la spectrophotométrie
de plasma à couplage inductif (ICP)…
la fluorescence X : La spectrométrie de fluorescence X (SFX ou FX, ou en anglais
XRF pour X-ray fluorescence) est une méthode d'analyse chimique utilisant une
propriété physique de la matière, la fluorescence de rayons X.
Lorsque l'on bombarde de la matière avec des rayons X, la matière réémet de
l'énergie sous la forme, entre autres, de rayons X ; c'est la fluorescence X, ou émission
secondaire de rayons X.
Le spectre des rayons X émis par la matière est caractéristique de la composition de
l'échantillon, en analysant ce spectre, on peut en déduire la composition élémentaire,
c'est-à-dire les concentrations massiques en éléments.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 5
Hydrochimie et isotopie M1
D’autres méthodes très variées sont également utilisées telles, la chromatographie, la
polarographie spectrométrie de masse (SM), la mesure de la radioactivité…, mais elles ont
toutes la même finalité: la détermination de la teneur en ions des eaux. Après un dosage
chimique des eaux, le problème majeur se pose au niveau de la fiabilité et de l’expression des
résultats.
I-2. Les principaux paramètres de la composition de l’eau

Il existe une liste des principaux cations et anions à doser dans une eau naturelle de nos
régions. Les principaux cations:
+ 2+
Ca2 , Mg : sont les deux alcalino-terreux ;

Na , K : sont les deux alcalins.


+ +

À ces cations majeurs, on ajoute souvent certains cations mineurs comme: Al 3+, Fe2+, H+,
NH4+, etc. dont le dosage est souvent négligé dans certains travaux hydrogéologiques.

Il existe également 4 principaux anions dans la composition de l’eau dans nos régions: HCO -,
3

- 2- -
Cl , SO4 , NO3 .
2- - - -
Il existe également, des anions accessoires ou mineurs: PO3 , NO2 , Fl et I . L’iode et le fluor
sont des anions en traces.
I-3. Modes d’expression de la composition chimique

I-3-1. Concentration en mg/L, méq/L et mol/L

La composition chimique d’une eau constitue une de ses caractéristiques fondamentales. Les
modes d’expression des résultats d’analyses de cette composition chimique varient d’une
époque à l’autre et même d’un pays à l'autre. Toutefois, les résultats de dosages chimiques sont
généralement exprimés dans 3 unités différentes: le milligramme par litre (mg/L), le
milliéquivalent par litre (méq/L) et la mole par le litre (mol/L). Le milligramme par litre est
donné directement par les résultats de dosage. Mais, compte tenu du poids exceptionnel
important de certains éléments dans l’eau, il est préférable de traiter le dosage chimique en
milliéquivalent par litre. 1 méq/L se calcule en divisant la concentration obtenue en mg/L par
le rapport entre la masse (M) et la valence (V) de l’ion considéré.

En effet, le faciès chimique d’une eau provient non seulement de la quantité d’éléments
dissous dans l’eau mais aussi et surtout des quantités relatives des espèces dissoutes. L’unité de

Dr ADJIRI Oi Adjiri 6
Hydrochimie et isotopie M1
masse d’un ion capable d’entrer en réaction avec un autre ion est un "équivalent chimique”, il
est caractéristique de chaque élément et il dépend de sa masse atomique et de sa valence.

𝐦𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐚𝐭𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞 (𝐌)


Equivalent=
𝐯𝐚𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 (𝐕)

Les concentrations dans ce cas sont exprimées en équivalents. Ce qui correspond au nombre
d’équivalents contenus dans le poids de l’élément en solution. Lorsque les résultats sont donnés
en mg/L, on peut les exprimer en milliéquivalent par litre (méq/L) de l’ion considéré notés
rCa2+, rMg2+, rK+, etc.

Principe du calcul :
C (mg / L)
C en méq/L = , M : masse molaire ; V : valence
M /V
Très souvent, pour des besoins de calcul, les concentrations des ions peuvent également être
traduites en mole par litre ou millimole par litre (1 mol/L =1 000 mmol/L).

x 10-3
C (mg / L)
C en mol/L =
M

APPLICATION
Le dosage chimique d’une source d’eau a donné les résultats consignés dans le tableau ci-après. Les
teneurs étant exprimées en mg/L:
Ca2+ Mg2+ Na+ K+ HCO3- NH4+ Fe3+ Al3+ SO42- Cl- NO3- NO2- PO42-
78 24,5 5,7 0,97 352,5 0,48 0,09 0,7 10,6 2,25 3,8 0,23 0,05
, on demande de calculer
- les concentrations de cette même eau en méq/L;
- les concentrations de cette même eau en millimole/L
I-3-2. Concentration en ppm
Les résultats des dosages des différents éléments chimiques en solution dans l’eau exprimés
en méq/L ou en mol/L, peuvent aussi s’exprimer en partie par million ou ppm. La ppm est une
concentration ramenée à l’unité de poids x 106. Ce qui correspond à des concentrations en
milligrammes de sels dissous par kg de solution (mg/kg). Lorsque les eaux ont des poids
spécifiques voisins de 1, donc faiblement minéralisées, les teneurs en mg/L et ppm sont
approximativement les mêmes. Par contre elles diffèrent dans le cas d’eaux très chargées en sel.

I-3-3. Concentration sous forme de sels dissous


Les éléments, dans les anciennes analyses, sont parfois représentés à l’état combiné, sous
forme de sels ou d’oxydes. En réalité, les ions en solution dans l’eau sont à l’état libre, de ce fait

Dr ADJIRI Oi Adjiri 7
Hydrochimie et isotopie M1
une telle représentation, aujourd’hui, est abandonnée. Néanmoins, il n’est pas inutile de
rappeler le principe de calcul de la concentration de l’élément simple à partir de la
concentration en sel.

Soit un sel de formule générale AyBx, de concentration C en mg. La concentration


de l’ion A est :

Poids Atomique de A
A(mg) = C(mg) ×𝑦
poids moléculaire

Il en est de même du calcul de la concentration de l’ion B.

I-3-4. Concentration en degré


Certaines grandeurs, telles que la dureté et l’alcalinité s’expriment souvent en degrés.
Par convention un degré français (1 °F) correspond à 10 mg/L de CaCO3 :

1°F= 10 mg/L de CaCO3 ;

100
1 méq/L de CaCO3 = = 50 mg ;
2

1
Donc 1°F = 5 de méq = 0,2 méq/L de CaCO3 Ou 1 méq/L de CaCO3= 5 degré français

NB : Les unités de concentration utilisées couramment dans les eaux sont le mg/L ou la ppm
(mg/kg). De telles unités se prêtent mal aussi bien à l’estimation des bilans réactionnels qu’aux
calculs d’équilibre qui font intervenir des moles. On utilisera la molarité (concentrations exprimées
en moles /litre) ou bien la molalité (concentration en moles/kg de solvant) ou encore la formalité
(moles/kg de solution).
La molarité est pratique lorsqu’on utilise des instruments de mesure de volume (pipettes, fioles
jaugées) et les dilutions se font plus aisément.
La molalité convient en thermodynamique pour exprimer les concentrations.

II- Contrôle de la fiabilité des résultats


Pour vérifier la validité des dosages avant l’utilisation des résultats, on dispose d’un certain
nombre de critère.
II-1. Balance ionique
Les substances dissoutes dans l’eau étant presque ionisées, pour une solution électriquement

neutre comme l’eau, le nombre de charges négatives Ԑ- doit être égal au nombre de charges

Dr ADJIRI Oi Adjiri 8
Hydrochimie et isotopie M1
positives Ԑ+. Les principaux éléments constituants des espèces dissoutes étant au nombre de 8
(4 cations et 4 anions), un tableau d’analyse des eaux n’a de valeur que si la somme des 4 cations
majeurs (K+, Na+, Ca2+, Mg2+) est égale à celle des 4 anions majeurs (Cl-, SO42-, HCO3-, NO3-
(CO32- pour des pH>8,3)), exprimés en milliéquivalent par litre (méq/L). La vérification de
cette égalité est appelée balance ionique Ԑ. Cette dernière donne une idée de la fiabilité des
résultats d’analyse (erronée ou incomplète):
∑C+ = ∑A-
Avec:
∑C+ = [rCa2+]+ [rMg2+ ]+ [rNa+] + [rK+]
∑A- = [rCl-] + [rSO42-] + [rHCO3-] + [rCO3-] + [rNO3-]
et r = milliéquivalent
[ ] = concentration

II-1-1. Balance ionique mal équilibré


Une balance ionique parfaitement équilibrée s’obtient rarement. Il y a toujours un

 
 

pourcentage d’erreurs évalué ainsi : ERR  x100


 
 

Si ERR < 5 %: l’analyse est jugée satisfaisante, les méthodes de dosages ont été précises. Un
tel pourcentage inclut les erreurs liées à la précision des méthodes de détermination (les erreurs
d'analyse sur les cations ont été compensées par les erreurs équivalentes sur les anions) ainsi
qu’à l’omission des ions mineurs non pris en compte dans la balance ionique. Ce pourcentage
peut être ramené à 3 ou 2 pour des eaux faiblement minéralisées (<1 g/l) ou lorsque les
méthodes de dosages sont très précises.

Si 5 < ERR < 10 %: l’analyse est jugée acceptable;

Si ERR > 10 %: l’analyse est douteuse et doit être reprise pour une vérification. D’ailleurs, des
dosages présentant une balance ionique trop équilibrée (ERR = 0,1) peuvent être aussi douteux
et doivent être repris. En général, de nombreuses eaux naturelles présentent un déséquilibre
très important. En particulier, la balance ionique des eaux de l’Afrique de l’Ouest n’est pas
souvent équilibrée, mais cet état de fait n’a souvent rien à avoir avec une mauvaise analyse de
l’eau. Souvent, c’est le problème du non dosage de certains éléments dits mineurs (Al3+, Fe2+,

Dr ADJIRI Oi Adjiri 9
Hydrochimie et isotopie M1
H+, NH4+, NO2-, PO3-, etc.), alors que leurs concentrations sont souvent importantes dans
certaines eaux.
2-
En outre, en Côte d’Ivoire, les carbonates CO 3 n’existent généralement pas dans les eaux
naturelles, parce que le pH de celles-ci ne dépasse jamais 8,3 pour permettre l’apparition des
carbonates. C’est pourquoi partout, les eaux naturelles ne contiennent que les ions bicarbonates
HCO3-.

II-1-2. Balance ionique non équilibrée

Dans ce cas, des éléments ont été dosés au laboratoire et les éléments manquants sont
déterminés par différence. C’est le cas de la somme rNa + + rK+ déterminée à partir de la
relation : r(N++K+) = ∑A- - r(Ca2++ Mg2+).

De tels résultats, présentent une balance ionique bien équilibrée. Mais, ils peuvent paraître
douteux surtout avec l’avènement du spectromètre à flamme très utilisé pour le dosage des
alcalins.

Toutefois, il existe une légère différence entre les erreurs d’analyses et celles liées aux ions non
analysés.

APPLICATION
Le dosage chimique d’une eau donne les valeurs suivantes en mmol/L :
Ca2+ Mg2+ Na+ K+ HCO3- SO42- Cl- NO3-
1,95 1,01 0,25 0,025 5,78 0,11 0,063 0,061

1- Calculer la minéralisation totale de cet échantillon en mg/L et en méq/L ;


2- Vérifier la balance ionique de cet échantillon et en déduire les caractéristiques fondamentales
de cette eau.

II-2. pH et carbonates
Une eau dont le pH<8,3 ne contient pas de carbonates. L’alcalinité des eaux naturelles
provient de la dissolution des sels de carbonates (HCO3-). L’eau qui contient du CO2 de l’air et
de la respiration des organismes du sol, dissout le magnésium et le calcium à partir d’un minéral
ordinaire, la dolomite (CaCO3, MgCO3) pour former la dureté et l’alcalinité de l’eau
souterraine.

H2O+ CO2 + MgCO3 → Mg (HCO3)2 ↔ Mg2+ + 2(HCO3-)


Dr ADJIRI Oi Adjiri 10
Hydrochimie et isotopie M1
H2O + CO2 + CaCO3 → Ca(HCO3)2 ↔ Ca2 + 2(HCO3-)

NB : Une eau à pH supérieur à 8,3 doit contenir des carbonates

II-3. Concentrations et titres


Il est possible de faire des vérifications supplémentaires ou même des corrections avec les
analyses chimiques présentant des concentrations : Ca, Mg, CO3, HCO3 ; et des titres : TH, TA,
TAC, puisqu'il existe une relation d'une part entre TH et Ca, Mg :
TH= (rCa + rMg) x 5
et d'autre part, entre TA, TAC et CO3 , HCO3 et OH :
TAC= (rCO22- + rHCO3-) x 5
TA= (rCO32- + rOH-) x 5

II-3-1. Mesure du TH
La dureté totale de l’eau ou Titre Hydrotimétrique total (TH) est un indicateur global de la
minéralisation de l’eau. Elle exprime la teneur en sels de Ca et Mg de l'eau en degré TH et
correspond à la somme des cations métalliques, à l’exception des métaux alcalins (Na +, K+).
Dans les eaux naturelles elle est essentiellement due aux ions calcium (Ca 2+) et magnésium
(Mg2+), dont les concentrations lui sont proportionnelles. Il est généralement exprimé en degré
français (°F) :
TH = Ca2+ + Mg2+ = [Ca] (°F) + [Mg] (°F)
NB: 1°F de Ca2+ équivaut à 4 mg/L de Ca2+
1°F de Mg2+ équivaut à 2,43 mg/L Mg2+
Les eaux dures (avec un fort TH) s'opposent à la cuisson des aliments et se présentent mal pour
la lessive car elles empêchent le savon de mousser.
Le TH ne présente aucun risque pour la santé, mais peut provoquer l'entartrage des
installations de chauffage, des fers à repasser ou des cafetières électriques par précipitation de
carbonate de calcium CaCO3 (ou calcaire) en réagissant avec le TAC.
Le magnésium peut avoir un effet laxatif (purge doucement).
NB :
 0 < TH < 10°F = eau très douce
 10 < TH < 20°F = eau douce
 20 < TH < 30°F = eau moyennement dure
 30 < TH < 40°F = eau dure

Dr ADJIRI Oi Adjiri 11
Hydrochimie et isotopie M1
 TH > 40°F = eau très dure

TH total se mesure à partir des concentrations de : carbonates, bicarbonates, chlorures et


sulfates de Ca et Mg. le TH permanent est obtenu après ébullition en 1/2 h. Chlorures et
sulfates de Ca et Mg se mesure au savon (carboxylate de Na ou K, R-𝐶−𝑜−𝑁𝑎
=𝑂
) ou avec complexe
EDTA ou acide éthylène diamine tétraacétique diaminotétracarboxylique (de formule
C10H16N2O8, fort pouvoir chélatant (ou complexant)).

II-3-2. Mesure du TA et TAC


Les titres alcalimétriques simple TA et complet TAC traduisent les teneurs en carbonates,
bicarbonates ou hydrates alcalins ou alcalino-terreux d'une eau. L'alcalinité est dosée par une
solution acide titrée. Le TA est mesuré grâce à des indicateurs colorés qui sont choisis selon la
valeur du pH. Le TA mesuré, lors du virage du rouge à l'incolore de la phénolphtaléine quand
le pH devient inférieur à 8,3 et qu'il y a une trace de CO2 libre dans la solution, indique la teneur
en (OH-) et la moitié de la teneur en CO32-.
Le TA mesuré lors du virage du jaune à l'orangé de l'hélianthine ou méthylorange quand le pH
devient inférieur à 4,5 et qu'il y a donc trace d'acide fort dans la solution, indique la teneur
totale en OH-, CO32-, HCO3- (Figure 1).
Si le pH< 8,3 il n'y a ni OH- ni CO32-.

Figure 1. Acidité, Alcalinité et zone de pH

II-3-3. La répartition CO32- /HCO3-


Les eaux naturelles contiennent, en général, une alcalinité bicarbonatée et sont à un pH
inférieur à 8,3. Au-dessus de ce pH, le CO2 cesse d’exister en quantité mesurable tandis que
l’ion carbonate commence à être repérable. De sorte que la réaction d’équilibre est la suivante
: HCO3- ↔ CO32- + H+
Des eaux traitées à la chaux ont un pH supérieur au point de virage de la phénolphtaléine. Elles
contiennent du TA. Dans l’intervalle de pH 8,2-9,6 : les ions bicarbonaté et carbonaté sont
Dr ADJIRI Oi Adjiri 12
Hydrochimie et isotopie M1
présents ensemble en l’absence de quantité mesurable dioxyde de carbone ou d’ions oxhydryles
(groupement : -OH ou radical : ).
La répartition entre ions carbonates et bicarbonates peut se calculer après l’évaluation du TA
et TAC (alcalinité P et M) selon les équations suivantes :
CO32- = 2TA ; HCO3-= TAC- CO32-= TAC - 2TA
Lorsque le pH augmente au-dessus de 9,6, l'alcalinité OH- peut se mesurer. La répartition entre
les carbonates et les oxhydryles se calcule de la manière suivante :
CO32-= 2(TAC - TA) ; OH- = 2TA-TAC ; HCO3- = 0
II-4. Concentration et Conductivité
On peut estimer grossièrement la conductivité à partir des formules empiriques :
Concentration totale en méq
Conductivité (en µmho) = × 100 ou
2
ConRésidu sec 𝑒𝑛 𝑚𝑔/𝐿
Conductivité (en µmho) = = 𝑟é𝑠𝑖𝑑𝑢 𝑠𝑒𝑐 × 1,55 ou
0,65

106
Conductivité (en µmho/cm) = ; R= résistivité
𝑅(𝑂ℎ𝑚−𝑐𝑚)

III- Interprétation des résultats par représentation graphique ou indice numérique


Dans une première phase, il s'agit de transformer les résultats analytiques bruts fournis par
le laboratoire et de les traduire par des représentations graphiques et/ou cartographiques et/ou
des indices numériques (ex. rapports d'ions caractéristiques, statistiques ...) aux fins de pouvoir
: comparer et classer les compositions chimiques. Dans une deuxième phase, il s'agit de pouvoir
retirer de ces compositions chimiques, des renseignements sur l'origine de l'eau, le mode
d'alimentation de la nappe, la circulation des eaux et les mélanges possibles.
La troisième phase consiste à transformer les résultats en renseignements pratiques sur la
qualité de l'eau, c'est à dire son aptitude à satisfaire tel ou tel usage.
III-1. Représentation graphique
De nombreux diagrammes sont utilisés en hydrogéologie pour représenter les tableaux de
dosage chimiques des eaux. L’intérêt de ces diagrammes est de comparer les différentes
catégories d’eaux en présence afin de dégager rapidement les caractéristiques hydrochimiques
de chaque eau. On utilise également ces diagrammes pour classifier les eaux, en particulier pour
déterminer les hydrofaciès (caractéristiques hydrogéochimiques), c’est le cas des formules de
Strahler. Les diagrammes standards présentent certes un grand intérêt, mais en général, il est
souhaitable que chaque chercheur mette au point une représentation qui lui est propre. Les

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diagrammes standards les plus utilisés sont : le diagramme de Schöeller-Berkaloff; le
diagramme triangulaire de Piper; et le diagramme rayonnant de Biémi.

III-1-1. Diagramme de Schöeller - Berkaloff


Ce diagramme comporte plusieurs échelles logarithmiques (Figure 2) sur lesquelles, on
porte les teneurs des ions majeurs en mg/L, le titre hydrotimétrique (THT) en degré français,
et les résidus secs en méq/L. Ces échelles sont disposées par rapport à celles des méq/L de telle
sorte qu’un même point soit représentatif d’un échantillon dans les deux systèmes d’unité. Les
différents points représentatifs reportés sur le diagramme sont reliés par une ligne brisée
permettant de visualiser la minéralisation et de faciliter les comparaisons et les classements.
Ainsi, quand deux graphiques coïncident, c’est qu’ils représentent des eaux de composition
qualitative et quantitative identiques; et quand ils sont parallèles, c’est que les proportions des
teneurs varient dans le même sens, même si la minéralisation totale est différente.
Ce diagramme facilite la caractérisation des hydrofaciès et la comparaison entre eaux
d’origine différente. Mais, sur un même diagramme, on ne peut porter qu’un nombre réduit
d’échantillons, car dès que les lignes brisées deviennent multiples, la lisibilité devient mauvaise.
C’est pourquoi, en général, ce type de diagramme ne convient que pour la représentation d’un
ensemble d’échantillons appartenant à une même région ou à un même hydrofaciès. Dans ce
cas, les valeurs extrêmes des teneurs (maxima et minima) et les moyennes de chaque ion sont
calculées de sorte que pour un tableau, on puisse tracer: une ligne brisée représentant les
minima, une ligne brisée représentant les maxima et si possible entre les deux, une troisième
ligne brisée représentant les moyennes. Lorsque plusieurs hydrofaciès ont des champs qui se
chevauchent dans le diagramme, il devient très facile d’étudier l’évolution des différents ions
d’une région à l’autre.

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Figure 2. Diagramme de Schöeller-Berkaloff

APPLICATION
Les eaux d’une région du Nord de la Côte d’Ivoire ont fait l’objet de dosage et les résultats obtenus en
mg/L sur les forages profonds creusés dans les roches sont :
Nord Est Ouest Centre Sud
Ca2+ 2,33 1,77 1 1,48 2,58
Mg 2+
1,58 1,44 0,56 1,56 1,94
Na+ 0,5 0,69 0,75 0,67 0,93
K+ 0,26 0,14 0,13 0,08 0,64
HCO3- 2,02 2,08 1,67 3,13 3,13
Cl- 0,39 0,45 0,33 0,52 0,59
SO42- 0,76 1,26 1,14 0,55 1,57
NO3- 0,65 0,43 0,89 0,94 0,67
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De même les analyses effectuées sur les forages profonds creusés dans les roches fissurées donnent les
résultats suivants en méq/L :
Nord Est Ouest Centre Sud
2+
Ca 1,01 3,3 1,19 0,7 2,01
Mg2+ 0,95 2,95 0,93 0,73 1,51
Na+ 0,43 0,35 0,37 0,49 0,78
K+ 0,24 0,31 0,5 0,32 0,33
HCO3- 1,71 1,76 2,66 1,89 2,22
Cl- 0,55 0,55 0,32 0,39 0,57
SO42- 0,4 1,88 1,17 0,9 1,83
NO3- 0,67 0,54 0,45 0,61 0,72

1- Représenter les 2 analyses d’eaux dans le diagramme de Schöeller – Berkaloff et comparer les
différents ions dans les différents secteurs.
2- Que pensez-vous du phénomène d’écoulement des eaux dans la nappe de cette ville ?

III-1-2. Diagramme triangulaire de Piper

Ce diagramme définit également les hydrofaciès à l’instar des formules de Strahler, mais de
façon graphique. Il est composé de 3 parties: 2 triangles isocèles et 1 losange (Figure 3). Le
triangle I (à gauche du losange) est celui des cations; le triangle II (à droite du losange), celui
des anions et le losange III est le champ des hydrofaciès.

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Figure 3. Diagramme de Piper

Dans la pratique, pour déterminer l’hydrofaciès d’un échantillon dans le diagramme de Piper,
c’est le report des deux points représentatifs partiels de cet échantillon dans les triangles I et II
qui constitue l’étape la plus difficile; tandis que le point représentatif final, qui permet de
donner le nom de l’hydrofaciès dans le parallélogramme, n’est qu’une simple intersection de
deux droites projetées l’une à partir du point représentatif partiel de l’échantillon considéré
dans le triangle I et l’autre, à partir du point représentatif partiel du même échantillon dans le
triangle II.

Pour trouver le point représentatif de l’échantillon dans le triangle I des cations, il faut convertir
les concentrations ioniques de tous les cations de l’échantillon en méq/L et on calcule le
pourcentage (%) de chaque cation par rapport à la concentration totale de tous les cations.

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APPLICATION
Un échantillon d’eau présente une composition cationique comme l’indique les tableaux ci-dessous :
Tableau I. Cations
Ion C en mg/l
2+
Ca 122,244
2+
Mg 10,940
+
Na 45,980
+
K 3,910
Total

Tableau II. Anions


Ion C en mg/l
-
HCO3 213,561
-
Cl 120,077
2-
SO4 17,727
-
NO3 0,000
Total

Trouver le nom de l’hydrofaciès de cet échantillon,

III-1-3. Diagramme rayonnant de Biémi


Ce mode de représentation est assez spectaculaire. D’un seul coup, on identifie les
éléments dominants dans l’eau, ce qui facilite la comparaison entre les hydrofaciès ou les
régions. On donne par exemple les concentrations ioniques en méq/L des eaux de la région de
Séguéla à représenter dans le diagramme rayonnant.

Tableau III. Concentrations ioniques en méq/l des eaux de Séguéla pour le diagramme
rayonnant

rCa rMg rNa rK rHCO3 rCl rSO4


Mpouto 5,2 2,8 1,2 0,5 7,5 1,5 2,3
GBona 2,1 3,1 0,7 0,2 6,1 1,1 2,1
Siana 1,3 1,5 0,98 0,68 2,3 0,9 0,92
Morondo 4,58 1,2 0,85 0,7 4,2 0,7 1,8
Madina 6,1 0,9 2 0,1 3,5 0,2 2,5

C (max) 6,1 3,1 2 0,7 7,5 1,5 2,5


C (mini) 1,3 0,9 0,7 0,1 2,3 0,2 0,92
Moyenne 3,86 1,9 1,15 0,44 4,72 0,88 1,92

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Dans la pratique, on détermine les valeurs extrêmes (voir tableau): maxima, minima et
concentrations moyennes des ions; et on calcule aussi les écarts-types de dosage pour chaque
ion. Pour un ion donné, la valeur de l’écart-type doit être inférieure à la moyenne, sinon
l’analyse statistique en ce qui concerne l’ion en question n’a pas de sens, à cause de la trop
grande dispersion des valeurs extrêmes.

L’établissement proprement dit du diagramme rayonnant nécessite qu’on trace 3 cercles de


diamètre différent et qui ont en commun un même centre:
- un cercle des minima de rayon 0,75 cm;
- un cercle des moyennes de rayon 1,5 cm
- un cercle des maxima de rayon 3 cm.
Dans ce cas, l’échelle la plus commode pour la réalisation du diagramme est: 1cm = 1 méq/L.

A partir de 0° N (ou 360°), on divise la circonférence des trois cercles de 60° en 60°.
L’extrémité de chaque graduation obtenue sur le grand cercle correspond à un ion majeur du
tableau. Ainsi, on positionne en ordre les ions: Ca 2+; Mg2+; SO42-; HCO3-, Cl- et Na++K+
comme l’indique la figure 4. Ensuite, entre les graduations précédentes correspondant à la
position des ions, on procède à une seconde graduation intermédiaire en pointillés, en vue de
construire le diagramme rayonnant.
Pour des raisons de commodité, le report des teneurs des ions en méq/L dans le diagramme se
fait toujours dans l’ordre : maxima, moyenne et minima; c’est lorsque le graphique des maxima
est terminé, qu’il faut attaquer celui des moyennes et ainsi de suite. Sur l’axe de Ca 2+, on
positionne le point représentatif le maximum du Ca2+, sachant que: 1cm = 1 méq/L dans le
diagramme. On joint par une ligne brisée ce point représentatif du maximum du Ca2+ au point
d’intersection du premier trait en pointillés de la graduation intermédiaire avec le grand cercle,
puis au point représentatif du maximum de Mg2+ situé à 60°. Et, à partir de Mg2+, on
recommence la même opération en direction de SO42- en passant toujours par les positions
intermédiaires; et ainsi de suite, jusqu’à ce que les maxima de tous les ions du tableau soient
représentés. On attaquera le graphique des moyennes quand celui des maxima sera fini ; celui
des minima étant le dernier.

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Figure 4. Diagramme rayonnant de Biémi (à titre d’exemple)

Pour ce diagramme rayonnant, Il faut surtout noter que les points représentatifs des ions
peuvent tomber à l’intérieur comme à l’extérieur du cercle considéré. Par ailleurs, pour tracer
la droite brisée qui joint un point représentatif à un autre, on passe toujours par les points
intermédiaires qui sont des intersections entre les traits pointillés et le cercle considéré.
III-2. Minéralisation, abondance ionique- Classification des eaux naturelles et notion
d’hydrofaciès à partir de la minéralisation et de la formule de Strahler

III-2-1. Minéralisation et abondance ionique


En hydrochimie, la physionomie d’une eau est définie grâce à sa teneur en sels dissous (ou
sa minéralisation totale). La minéralisation est donc la quantité de sels dissous et de matières
organiques contenus dans l’eau. Elle est traduite par le résidu sec. La mesure de la conductivité

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d’une eau (ou de son inverse, la résistivité) permet d’évaluer rapidement sa minéralisation
totale.
En effet, au cours du cheminement des eaux dans le sol et sous-sol, les roches traversées sont
le siège d’une dissolution et attaque des éléments constitutifs. Il s’établit, entre la roche et l’eau
qui l’imprègne, des échanges d’ions. La minéralisation reflète la nature géologique des terrains
traversés par les eaux souterraines. Elle représente donc une carte signalétique importante.
La minéralisation totale de l’eau ne doit pas dépasser 2 g/L.
La relation liant la minéralisation à la résistivité (DOROSCHEWSKI in R GIRARD - 1973 et
in J. RODIER- 1979) est la suivante :
750 000
Minéralisation totale en mg/L=
Résistivité en Ohm.cm à 20°C

III-2-2. Classification des eaux naturelles et notion d’hydrofaciès à partir de la


minéralisation et de la formule de Strahler

III-2-2-1. Classification par rapport à la minéralisation et l’abondance ionique


Les analyses chimiques permettent non seulement d’examiner l’évolution de la
minéralisation dans le temps mais également d’établir des comparaisons entre divers points de
prélèvement sur une unité hydrogéologique à un même moment donné. Elles constituent donc
un procédé d’identification et de corrélation. La classification se fait sur chaque point d’eau et
les eaux sont classées par faciès (caractères spécifiques).
Les différentes familles d’eaux sont mises en évidence par les diagrammes de minéralisation
(diagramme de Schöeller-Berkaloff, diagramme triangulaire de Piper, diagramme rayonnant)
En Afrique de l’Ouest les eaux sont en général bicarbonatées calciques ou mixtes (calcique,
magnésienne, sodique).

III-2-2-2. Classification par rapport aux formules caractéristiques de Strahler


On utilise les formules caractéristiques de Strahler pour faire une distinction plus précises
des eaux: on dit qu’on détermine l’hydrofaciès auquel appartient l’eau considérée. Dans cette
nomenclature, les principaux anions se combinent aux principaux cations, pour définir les
2- -
principaux hydrofaciès. En Afrique de l’Ouest, les 3 anions majeurs: HCO3- ; SO4 ; Cl
2+ 2+ +
s’associent aux 3 cations majeurs: Ca ; Mg ; Na , pour donner les 9 hydrofaciès qui
caractérisent toutes les eaux naturelles de la région.
- 3 hydrofaciès des eaux bicarbonatées (Groupe A: eaux bicarbonatée calcique; Groupe B:
eau bicarbonatée magnésienne; Groupe C : eau bicarbonatée sodique);
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- 3 hydrofaciès des eaux sulfatées (Groupe D: eau sulfatée calcique; Groupe E: eau sulfatée
magnésienne; Groupe F: eau sulfatée sodique);
- 3 hydrofaciès des eaux chlorurées (Groupe G: chlorurée calcique; Groupe H: chlorurée
magnésienne; Groupe I: eau chlorurée sodique).

En réalité il existe donc 3 grands groupes d’eaux: bicarbonatées; chlorurée et sulfatée. Mais,
il arrive souvent qu’une eau soit à cheval entre deux groupes: ce sont des eaux mixtes. Lorsqu’on
étudie un hydrofaciès, remarque que chaque hydrofaciès est divisé en 4 groupes.

Exemple :

Tableau IV. Hydrofaciès des eaux bicarbonatées sodiques


N° du groupe Formules Strahler Nom de l’hydrofaciès
A1 r (Na + K) > rMg > r Ca Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3) > r (Cl) > r SO4 fortement chlorurée magnésienne
A2 r (Na + K) > r (Mg) > r Ca Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3-) > r SO4 > r Cl fortement sulfatée magnésienne
A3 r (Na + K) > r Ca > r Mg Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3) > r Cl > r SO4 fortement chlorurée-calcique
A4 r (Na + K) > r (Ca) > r Mg Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3) > r (SO4) > r Cl fortement sulfatée calcique

Dans l’hydrofaciès des eaux bicarbonatées, on doit ensuite établir aussi les formules
caractéristiques des groupes B et C.
Tableau V. Hydrofaciès des eaux sulfatées calciques
N° du groupe Formules Strahler Nom de l’hydrofaciès
D1 r (Na + K) > rMg > r Ca Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3) > r (Cl) > r SO4 fortement chlorurée magnésienne
D2 r (Na + K) > r (Mg) > r Ca Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3-) > r SO4 > r Cl fortement sulfatée magnésienne
D3 r (Na + K) > r Ca > r Mg Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3) > r Cl > r SO4 fortement chlorurée-calcique
D4 r (Na + K) > r (Ca) > r Mg Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3) > r (SO4) > r Cl fortement sulfatée calcique

On pourrait définir aussi les formules caractéristiques des Groupes E et F de l’hydrofaciès


des eaux sulfatées.

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Tableau VI. Hydrofaciès des eaux chlorurées magnésiennes

N° du groupe Formules Strahler Nom de l’hydrofaciès


H1 r (Mg) > r(Na +K) > r (Ca) Eau chlorurée magnésienne, légèrement ou
r (Cl) > r (HCO3) > r (SO4) fortement bicarbonatée sodique
H2 r (Mg) > r(Na +K) > r (Ca) Eau chlorurée magnésienne, légèrement ou
r (Cl) > r (SO4) > r (HCO3) fortement sulfatée sodique
H3 r (Mg) > r(Ca) > r (Na + K) Eau chlorurée magnésienne, légèrement ou
r (Cl) > r (HCO3) > r (SO4) fortement bicarbonatée calcique
H4 r (Mg) > r(Ca) > r (Na + K) Eau chlorurée magnésienne, légèrement ou
r (Cl) > r (SO4)> r (HCO3) fortement sulfatée calcique

Enfin, il reste à définir, les formules des Groupes G et I de l’hydrofaciès.


APPLICATION
Déterminer l’hydrofaciès de l’eau minérale AWA dont la composition chimique en mg/L est donnée
dans le tableau suivant :
Tableau VII. Composition chimique en mg/L de l’eau AWA
Ion mg/L
Ca2+ 67
Mg2+ 3
Na+ 21
K+ 4
HCO3- 259

Cl- 9
SO42- 7

NO3- 0

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IV- Qualité des eaux destinées à agriculture

Il existe trois méthodes de contrôle de qualité des eaux destinée à une activité agricole: la
méthode du taux d’absorption du sodium (SAR); la méthode de wilcox; et la méthode de
Donneen.
IV-1. Méthode du taux d’absorption du sodium (SAR)
Pour la méthode du taux d’absorption du sodium (SAR), il faut signaler que le Na + joue un
rôle négatif dans le sol, parce qu’il réagit avec le sol en diminuant sa perméabilité et donc en
freinant la circulation des eaux. Sa présence dans le sol augmente le volume des particules
+
argileuses, ce qui fait obstruer les pores entre les particules. Quand un sol est riche en Na et
2- + 2-
que son anion dominant est CO3 , le sol est dit sol alcalin. Si un sol est riche en Na et SO4 ,
-
ou en cl , on parle de sol salé. Cependant, dans les deux cas, les végétaux supporteront moins
un tel sol.
rNa
SAR =
rCa 2  rMg2
2
+ 2+ 2+
Dans cette formule du SAR, les concentrations en Na , Ca et Mg sont imprimées en méq/L.
Cette méthode permet d’obtenir un graphique à double entrée par rapport aux valeurs du SAR
et à la conductivité de l’eau. Les valeurs du SAR permettent d’isoler les 4 classes d’eau du
tableau ci-après.

Tableau VIII. Qualité de l’eau en agriculture en fonction du SAR

Classe Valeur du SAR Qualité de l’eau


< 10 eau d’excellente qualité,
S1
à faible danger d’alcalinisation
10 < SAR < 18 eau de bonne qualité,
S2
à danger d’alcalinisation négligeable.
18 < SAR < 26 eau de qualité médiocre,
S3
à danger d’alcalinisation importante
> 26 eau de qualité très mauvaise,
S4
à danger d’alcalinisation excessif.

De même, les valeurs de la conductivité donnent également lieu à 4 classes.

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Tableau IX. Qualité de l’eau en agriculture en fonction de la conductivité

Classe Conductivité Qualité de l’eau


C1 < 250  s/cm eau à faible salinité
C2 250 <  s/cm < 750 eau à salinité moyenne
C3 750 <  s/cm< 2250 eau à forte salinité
C4 > 2250  s/cm eau à très forte salinité

L’interprétation de la méthode du SAR peut se faire de plusieurs manières:


- en comparant la minéralisation totale à la conductivité (Tableau XI);
- en utilisant uniquement les valeurs du SAR (Tableau XII);
- en comparant les valeurs du SAR et conductivité (Tableau XIII).
En effet, l’évolution de la minéralisation totale et du SAR par rapport à conductivité permet
de déterminer les possibilités d’utilisation d’une eau en agriculture.

Tableau X. Possibilités d’utilisation d’une eau en fonction de la minéralisation totale et la


conductivité (US Salinity Laboratory, 1955; in Soro, 1998)
Classe Conductivité (  Minéralisation Observations
mho/cm) totale (g/l)
Les eaux de faible minéralisation peuvent
être utilisées pour l’irrigation de la plupart
des cultures sur la plupart des sols, sans
crainte qu’un problème dû à la
C1 O<C<250 0,2 minéralisation des eaux se pose. Un lessivage
du sol est nécessaire, mais celui-ci existe dans
les conditions normales d’irrigation sauf dans
le cas de sols à perméabilité extrêmement
faible.
Les eaux de minéralisation moyenne peuvent
être utilisées si le sol subit un lessivage
C2 250 < C <750 0,2 à ,50 modéré. Les plantes ayant une tolérance
moyenne aux sels peuvent être irriguées sans
contrôle particulier.
Les eaux salées ne peuvent être utilisées sur
des sols insuffisamment drainés. L’évolution
de la salinité doit cependant être contrôlée
C3 750<C<2 250 0,5 à 1,5 même si le drainage est insuffisant. Les eaux
ne peuvent servir qu’à l’irrigation de plantes
tolérantes aux sels.
Dr ADJIRI Oi Adjiri 25
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L’utilisation des eaux fortement minéralisées
n’est pas souhaitable en agriculture.
Cependant, elles peuvent être utilisées sous
certaines conditions: sols très perméables,
C4 2 250< C  5 000 1,5 à 3 drainage suffisant, irrigation importante
pour éviter un lessivage trop grand. Ces eaux
ne peuvent convenir qu’à des plantes tolérant
très bien le sel.

Tableau XI. Possibilités d’utilisation d’une eau en fonction du SAR (Wilcox, 1958)
Classe Valeur du SAR Observations
Ces eaux peuvent être utilisées à peu près sans danger sur la
plupart des sols. Cependant, les plantes particulièrement
S1 < 10 sensibles au sodium, telles certaines espèces de fruits à noyau,
arbres, avocats, peuvent dangereusement accumuler du
sodium dans leurs feuilles.
L’irrigation avec des eaux de ce type peut être un peu
problématique sur des sols à texture fine, forte capacité
S2 10 < SAR < 18 d’échange d’ions (argileux), à moins qu’ils ne soient
gypsifères. Ces eaux peuvent être utilisées sans problème sur
des sols grossiers (sableux) ou organiques, à bonne
perméabilité.
L’utilisation de ces eaux est problématique sur la plupart des
sols et nécessite une préparation spéciale des sols: bon
drainage, bon lessivage, addition de matières organiques. Les
S3 18 < SAR < 26 risques d’amendements chimiques peuvent être nécessaires
pour remplacer le sodium échangeable, sous réserve de ne
pas être utilisé avec des eaux salées.
Les eaux à fort taux d’absorption du sodium sont
généralement déconseillées pour l’irrigation, sauf si l’eau est
S4 > 26 moyennement minéralisée, et sur des sols où la présence de
Ca, l’addition de gypse ou d’autres amendements en rend
l’utilisation possible.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 26
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Tableau XII. Aptitude des eaux à l’irrigation à partir de l’évolution de la conductivité par
rapport au SAR (US, DA, Hand book n° 60, 1954)

Classe Diagnostic
C1S1 Utilisable pour l’irrigation de la plupart des espèces cultivées
C1S2 Utilisable pour l’irrigation de la plupart des espèces cultivées, mais veiller au
lessivage, difficile dans les sols peu perméables, et au drainage
C1S3 - Nécessité de sols bien préparés: bon drainage, fort lessivage, addition de matières
organiques.
- Dans certains cas, l’eau d’irrigation peut dissoudre suffisamment le Ca pour
abaisser sa teneur relative en Na d’une façon appréciable.
- Dans les sols calcaires à pH élevé ou dans les sols non calcaires, la teneur relative
en Na peut être améliorée par addition de gypse.
C1S4 -Difficilement utilisable dans les sols de faible perméabilité.
- Nécessité des sols bien préparés, bien drainés, fort lessivage, addition de matières
organiques.
- Dans certains cas, l’eau d’irrigation peut dissoudre suffisamment le Ca pour
abaisser sa teneur relative en Na d’une façon appréciable.
- Dans les sols calcaires à pH élevé ou dans les sols non calcaires, la teneur relative
en Na peut être améliorée par addition de gypse.

C2S1 Eau convenant aux plantes présentant une légère tolérance au sel (les arbres
fruitiers à noyau peuvent accumuler dangereusement le Na)
C2S2 Eau convenant aux plantes présentant une légère tolérance au sel, mais nécessite
un sol grossier ou organique de bonne perméabilité.
C2S3 - Implique des plantes ayant une certaine tolérance au sel et des sols grossiers et
bien préparés (bon drainage, bon lessivage, addition de matières organiques).
- Il peut être bénéfique d’ajouter périodiquement du gypse au sol.
C2S4 - Ne convient généralement pas pour l’irrigation.
- Dans les sols calcaires à pH élevé ou dans des sols non calcaires, la teneur relative
en Na peut être améliorée par addition de gypse.
C3S1 Implique le choix d’espèces ayant une bonne tolérance au sel et un sol
particulièrement bien aménagé (drainage adéquat, contrôle de l’évolution de la
salinité).
C3S2 -Implique le choix d’espèces ayant une bonne tolérance au sel et des sols
particulièrement perméables et drainables.
- A utiliser sur des sols grossiers ou organiques de bonne perméabilité, avec
drainage adéquat, contrôle de l’évolution de la salinité.
- Il peut être bénéfique d’ajouter périodiquement du gypse au sol.
Dr ADJIRI Oi Adjiri 27
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C3S3 Implique le choix d’espèces ayant une bonne tolérance au sel et des sols
particulièrement perméables et drainables.
C3S4 Ne convient généralement pas pour l’irrigation.
C4S1 Ne convient pas à l’irrigation dans des conditions normales, mais peut être
acceptable dans certains cas pour des espèces ayant une bonne tolérance au sel et
des sols particulièrement bien drainés. .
C4S2 Ne convient pas à l’irrigation dans des conditions normales, mais peut être
acceptable dans certains cas pour des espèces ayant une bonne tolérance au sel et
des sols particulièrement bien drainés. .
C4S3 Ne convient généralement pas pour l’irrigation.
C4S4 Ne convient généralement pas pour l’irrigation.

IV-2. Méthode de Wilcox


Cette dernière est basée sur la concentration totale des sels dissous et le pourcentage de sodium
par rapport aux autres sels dans l’eau. Mais l’auteur conseille de tenir compte de la conductivité
et de teneurs en bore, le bore étant un élément très dangereux et toxique pour les plantes.
(rNa   rK  )x100
% Na = 2 2  
rCa  rMg  rNa  rK
Dans laquelle, les concentrations de Ca2+, Mg2+, Na+, K+ sont en méq/L.

Wilcox préconise de tenir compte de la conductivité, c’est-à-dire de la salinité de l’eau, du


danger d’alcalinisation des sols et des concentrations des éléments nocifs pour les plantes,
notamment le bore. En effet, les teneurs très élevées en sels, sodium et bore sont nuisibles aux
plantes. Par exemple, le bore constitue l’un des éléments le plus dangereux dans les eaux
destinées à l’agriculture, car une teneur élevée en bore provoque des effets toxiques sur les
plantes. Quant au sodium, sa combinaison avec les sols diminue leur perméabilité. Par exemple
comme précédemment, les sols ayant une forte concentration en sodium et dont l’anion
2- +
dominant est CO3 sont des sols alcalins; alors que ceux qui sont roches en Na et dont les

anions dominants sont Cl- et SO4 sont des sols salés. En général, les sols alcalins et salés, s’ils
2-

+
sont saturés en Na ne conviennent pas aux activités agricoles. Pour cette raison, Wilcox
propose 5 classes d’eau pour l’agriculture en fonction des 3 éléments que sont: la conductivité,
+
le Na et le bore (Tableau XIII).

Dr ADJIRI Oi Adjiri 28
Hydrochimie et isotopie M1
Tableau XIII. Classes d’eau de Wilcox pour l’agriculture en fonction de la conductivité,
du Na+ et du bore
Bore (mg/l) pour les cultures
Classe % Na Cond.
Tolérantes semi- sensibles
tolérantes
C1 20 <250 <1 <0,67 <0,33
C2 20-40 200-750 1-2 0,67-1,33 0,33-0,67
C3 40-60 750-2000 2-3 1,33-2 0,67-1
C4 60-80 >3000 3-3,75 2-2,25 1-1,25
C5 >80 2000-3000 >3,75 3-2,50 >1,25

Ainsi, la qualité des eaux des 5 classes pour l’agriculture est donnée de la façon suivante :
- classe C1, Na < 20: eau de qualité excellente pour l’agriculture
- classe C2, 20 < Na < 40: eau de bonne qualité pour l’agriculture
- classe C3, 40 < Na < 60: eau de qualité acceptable pour l’agriculture
- classe C4, 60 < Na < 80: eau de mauvaise qualité, ou douteuse
- classe C5, Na > 80: eau de très mauvaise qualité

Les 5 classes d’eau pour l’agriculture de Wilcox donnent lieu à un diagramme (Figure 6).

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Hydrochimie et isotopie M1

Figure 5. Diagramme de Wilcox

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IV-3. Méthode de Donneen
La méthode de Donneen est basée sur 3 éléments: la salinité potentielle ou effective (SP),
l’indice de perméabilité (IP) et la teneur en bore (substance toxique).

La salinité potentielle de Donneen est calculée par la formule :


1
SP = Cl + SO42-
2
Elle divise les eaux d’irrigation en 3 classes en fonction de la nature du sol (Tableau XV).

Tableau XIV. Classes d’eau d’irrigation en fonction de la salinité potentielle

Classes
Caractère du sol
I II III
sol à perméabilité faible 3 3-5 >5
sol à perméabilité moyen 5 5-10 >10
sol à perméabilité élevée 10 10-15 >15

Quant à l’indice de perméabilité de Donneen, son expression est:

Na  HCO3
IP =  2 2 x100
Na  Mg  Ca

Dans cette formule les teneurs des différents ions sont exprimées en méq/L. En 1961, Donneen
propose un diagramme de classification des eaux d’irrigation en fonction de la salinité
potentielle, de l’indice de perméabilité et de la concentration totale des ions en méq/L. La
valeur de l’indice de perméabilité est portée en abscisse sur le diagramme et la concentration
totale des ions en ordonnée. Mais, la méthode n’a de sens que si la salinité potentielle calculée
préalablement est inférieure à 3. La méthode donne 3 classes d’eau d’irrigation (Figure 7):
- classe I : eau de bonne qualité
- classe II: eau de moyenne qualité
- classe III : eau de mauvaise qualité

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Figure 6. Diagramme de classification des eaux d'irrigation selon la méthode Donneen

Dr ADJIRI Oi Adjiri 32
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PARTIE 2 : ÂGES DES EAUX


I- DÉTERMINATION DE L’ÂGE RELATIF DES EAUX À PARTIR DE MÉTHODES
HYDROCHIMIQUES

I.1. Evolution du système calco-carbonique dans les eaux souterraines


I.1.1. Objectifs de la méthode

Très souvent on peut se demander s’il est nécessaire d’étudier le système calco-carbonique dans
les souterraines issues des roches cristalline, c'est-à-dire des roche non carbonatées. Sur ce
point, on doit savoir que cette méthode n’est pas utilisée pour étudier ni les carbonates dans
l’eau ni dans les roches encaissantes. Elles sont utilisées pour déterminer le temps de séjour de
l’eau dans l’aquifère. Son principe est basé sur le fait que le CO2 est produit à la surface du sol.
S’il n’est pas entrainé en profondeur, les eaux profondes en sont exemptes. S’ils sont entrainés
en profondeur par les eaux d’infiltration et que l’alimentation se bloque, le stock de CO2 va
s’épuiser après un temps plus ou moins long. Au contrainte, une eau profonde toujours riche
en CO2 séjourne dans un aquifère qui reçoit en permanence des eaux d’infiltration. Lorsqu’on
calcule les indices de saturation de l’eau par rapport au carbonate, ils mettent en évidence tous
ces phénomènes. Dans certains cas, une eau qui n’avait pas de carbonate au départ s’enrichit
secondairement en carbonate suivant la réaction :
CaCO3+CO2+H2O ↔ 2HCO3-+Ca2+
En conséquence, les valeurs des indices de saturation vont augmenter dans la solution.
L’apparition de tels carbonates entrainent avec elle la séquestration des ions H +.

I.1. 2. Présentation du système calco-carbonique


Le séjour des eaux souterraines entraine au contact des roches, la dissolution et la précipitation
de diverse forme de carbonates secondaires, calcique (CaCO3) et dolomite (Mg (Ca(CO3)2))
ou de sulfate secondaire en solution. Ceci nécessite la coexistence de 3 phases dans le milieu :
- une phase gazeuse associée à la présence de CO2 injecté dans l’aquifère par des eaux
d’infiltration ;
- une phase liquide constituée par les eaux d’infiltration ;
- une phase solide correspondant à la roche encaissante.

La coexistence de ces 3 phases donne naissance à un système calco-carbonique régit par 8


équations, l’équation de base est :

CO2 + H2O + CaCO3 ↔ 2HCO3- aq + Ca2+aq


 Phase gazeuse
La dissolution du gaz carbonique de l’atmosphère, en contact de l’eau donne l’équation :
CO2g ↔ CO2aq (1)
Hydratation du CO2aq en acide carbonique :

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CO2aq+H2O ↔ H2CO3 (2)
Ko étant de constance d’équilibre de cette équation
Log Ko= -1,5 à 25°C
 Phase liquide
Au niveau de la phase liquide, il y a 3 équilibres qui règlent les réactions :
- l’acide carbonique (H2CO3) subit une ionisation en H+ et HCO3- suivant la réaction
H2CO3 ↔ H++ HCO3- (3)
Log K1= - 6, 4 à 25°C
L’ion bicarbonate se divise à son tour pour donner les ions H + et CO3-
HCO3- ↔ H++ CO32- (4)
Log K2= - 10, 3 à 25 °C
- Les protons H+ issus de la dissolution du bicarbonate vont entrainer l’ionisation de
l’eau.
H2 O ↔ H+ + OH- (5)
Log Ke= -14
 Phase solide
Il se produit diverses réactions de dissolution des roches carbonatées ou sulfatées et l’apparition
de carbonate de néoformation.
MeCO3 ↔ Me2+ + CO32-
Me : tous les cations bivalents
- Dans le cas de la calcite, il se produit une dissolution à l’interface eau-solide :
CaCO3 ↔ Ca2+ + CO32- (6)
Log Kc = -8,5 à 25 °C, Kc constance de dissociation de la calcite
Kc= aca2+ + aco32-
- dans le cas de la dolomite, il se produit la dissolution de celle-ci :
MgCa(CO3)2 ↔ Mg²++ Ca2+ + 2(CO32-) (7)
Log Kd = - 17 à 25°c
Kd = aMg2+ + aca2+ 2aco32-
Kd : constance de dissolution de la dolomite
 Autres équilibres

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Dans la nature, d’autres composés peuvent également se formés et donnée lieu à d’autre type
de réactions d’équilibre c’est le cas des composé sulfatés. De même le gaz carbonique, l’acide
carbonique, ainsi que dans ion H+ et HCO3- peuvent exister dans l’eau pure.

CaCO3 ↔ Ca2+ + CO32- (8)


(Aragonite)
Log Ka= -8, 22
MgCo3 ↔ Mg²++ CO32-
(Magnétite)
Log Km = -4, 9
FeCO3 ↔ Fe2+ + CO32-
(Sidérose)
Log Ks = -10,4
L’ensemble de ces 8 équations ainsi que les variables chimiques et la réaction
d’électroneutralités (∑+=∑-) de l’eau donne 9 équations à 10 inconnus dont les constantes
d’équilibre sont estimées par la relation de Bakalowicz (1989). Le tableau ci-dessous présente
les principaux équilibres du système calco-carbonique dans les eaux souterraines et expressions
de leurs constantes.

Tableau XV. Principaux équilibres du système calco-carbonique dans les eaux souterraines et
expressions de leurs constantes
1 CO2g ↔ CO2aq Ko = mCO2/pCO2

2 CO2aq+H2O ↔ HCO3- +H+ K1=(( HCO3-)( H+))/ (CO2aq)

3 HCO3- ↔ CO32- + H+ K2=(( CO32-)( H+))/ (HCO3-)

4 Me HCO+3 ↔ Me2+ + HCO3- K3= ((HCO3-)( Me2+))/ (Me HCO3)

5 Me CO°3 ↔ Me2+ + CO32- K4= ((CO32-)( Me2+))/ (Me CO°3 )

6 SO42-+ Me2+ ↔ Me SO°4 K5=( Me SO4)/(( Me2+)( SO°4))

7 Me CO2-3 ↔ Me2+ + CO32- KS= ((Me2+)( CO32-))/( Me CO3)

8 H2 O ↔ H+ + OH- Ke= ((H+)( OH-)/( H2O)

9 2mCO32- + mHCO3- + mOH- + 2mSO2-4 = 2mMe+2 mMeHCO3++ mH+

Me CO°3 = paire d’ions : Me2+-carbonates


Me SO°4 = paire d’ion : Me2+-sulfates
Ks = constances de dissolution du solide
M = molarité, quantité

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L’utilisation optimum du système calco-carbonique nécessite que l’on tienne compte de deux
corrections : celle liée à la température et celle due à la force ionique de chaque point d’eau et
donc au coefficient d’activité de chaque ion.

I .1.3. Correction sur la valeur de la constante d’équilibre

 Correction due à la température


Les valeurs numériques des constantes d’équilibre sont généralement calculées pour une
température constante donnée (25° C). Or en réalité, les différents points d’eau n’ont pas une
température commune fixe, mais des températures variables. Aussi, il est conseillé de tenir
compte de la température réelle des solutions étudiées.

L’expression de la relation est donnée par la formule de Bakalowicz (1977) :

Log K= a + b/T+ cT+ dT2

T (en °K)= 273,15 + t°c

Les paramètres permettant de calculer la valeur des constantes d’équilibre en tenant compte
de la température du point d’eau sont consignés dans le tableau II.

Tableau XVI. Expression analytique des constantes d’équilibre du système calco-carbonique


dans les eaux naturelles (d’après Plummer et al., 1976)
a b c d
K0 Me2+ -14,0184 2385,73 0,015264 0
K1 14,8435 -3404,71 -0,032786 0
K2 6,498 -2902,39 -0,02379 0
K3 Ca2+ 2,95 0 -0,0133 0
K4 Mg2+ -2,319 0 0,011056 2,3.10-15
KS Ca2+ 27,393 -4,114 -0,05617 0

Mg2+ -0,991 0 -0,0066 0

calcite 13,870 -3059,0 -0,04035 0

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 Correction due à la force ionique
La solubilité d’un sel est généralement accrue en présence d’autres ions. On mesure donc
l’importance du rôle joué par les ions i par la relation suivante :
1
I = 2 ∑𝑛0 𝑚𝑖 𝑍𝑖2

I : force ionique, exprimée en mol.L-1


mi : concentration molaire de chacun des ions présents dans la solution considérée (mol. L-1)
Zi : valence ou charge des ions i
Dans les équations d’équilibre du système calco-carbonique, ce sont les activités de chaque
espèce ionique qui sont considérées, excepté dans l’expression d’électroneutralités de
l’équation (9) du tableau 1 où ce sont les molarités qui sont prise en compte. La capacité de
l’ion à réagir avec les autres est appelée activité et son expression s’écrit :
ai= mi γi
Avec mi= concentration mesurée en mol.L-1

γi = coefficient d’activité de l’ion i. Il est donné par la formule de Debye et Hükel (in Schoeller,
1922). Celle-ci n’est valable que pour les eaux à force ionique négligeable (ai<0,1 mol.L -1).
−𝐴𝑍𝑖2 √I
𝐿𝑜𝑔 𝛾𝑖 =
1 + a°𝑖 B√I

𝑎𝑖° : Rayon d’influence de l’ion i considéré en angstrœm (Å). C’est une grandeur expérimentale
fonction du diamètre effectif de l’ion i (Tableau III). A et B étant des coefficients empiriques
en fonction de la température (°C).
A (t en °C)= 0,000920t+0,4850 ;

B (t en °C)=0,0001162t+0,3241 ;

Zi = valence ou charge de l’ion i.


Tableau XVII. Valeurs de 𝑎𝑖° pour quelques ions rencontrés dans les eaux (Truesdell et Jones,
1974)
Ion i ai0
-
NO3 3
OH- , K+, CL- 3
2+
Ca 6
2+
Mg 8
+
Na 4,25
SO42- 4,25
-
HCO3 4,25
2-
CO3 4,5
2+
Fe 8
+
H 9

Dr ADJIRI Oi Adjiri 37
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La loi d’action de masse ne s’applique, en toute rigueur pour des activités pour lesquelles la
force ionique I<0,05. Dans l’application numérique, il faut tenir compte de ce coefficient
d’activité.
I.2. Les variables du système calco-carbonique et leur signification
L’évolution du système calco-carbonique dépend essentiellement de 2 catégories variables :

 La pression partielle de CO2 (pco2) et le CO2 dissout qui renseigne sur la présence ou
non des eaux nouvellement infiltrées dans le sol ;
 Le pH d’équilibres et les indices de saturation (ISC, ISD) de l’eau par rapport aux
carbonates. Ils renseignent sur le temps de séjour des eaux dans l’aquifère.

ISC = indice de saturation par rapport à la calcite ;


ISD = indice de saturation par rapport à la dolomite.
Les teneurs en CO2 s’obtiennent soit par des mesures directes, soit par des calculs qui prennent
en compte la température et le pH de l’eau ainsi que la quantité de sels dissous. ISC (ou ΔpH)
et ISD sont calculés de la même façon.

 I.2.1. La pression partielle de CO2 (pco2) et CO2 dissous


Cette méthode repose sur le principe selon lequel le CO 2 dissous dans l’eau provient
essentiellement de deux origines : Le CO2 de l’atmosphère et le CO2 produit dans le sol.

 Le CO2 de l’atmosphère
Selon H. Schöeller (1969), le CO2 dissous dans l’eau et d’origine atmosphérique n’existerait
qu’en proportion faible en raison de la faible tension de CO2 de l’air qui serait de l’ordre de
0,0003 à 0,0004. De sorte que l’eau de pluie ne contient que de très petites quantités de CO2
dissous entre 0,5 et 0,8 mg / L, selon la température. Cependant, des dosages ont donné des
valeurs pouvant atteindre tout au plus 2,5 mg/L. De ce fait, la teneur en bicarbonate (HCO3-)
est très faible, de l’ordre de 0,14 à 0,22 mg/L.

 Le CO2 produit dans le sol


Dans la zone humide de l’Afrique de l’Ouest, la presque totalité du gaz carbonique dissous dans
les eaux souterraines a son origine, les sols. Ils proviennent de la respiration des organismes et
des microorganismes vivants dans le sol et de la décomposition de la matière organique.
L’intensité du CO2 produit sera d’autant plus élevée que le milieu sera humide et que les
quantités de microorganismes et de matière organique seront importantes. Par conséquent,
puisque ce sont les eaux d’infiltrations qui entrainent avec elle le flux de CO 2 dans le sol en
profondeur, toute eau profonde située entre 80 et 100 m au plus dans le socle et contenant des
quantités importantes de CO2 dissous, cette eau devrait être logiquement considérée comme
récente dans l’aquifère. Toutefois, une remontée de CO2 magmatique à travers les réseaux
d’accidents tectoniques, est susceptible de maintenir les solutions dans un état d’agressivité
constante indépendamment de leur âge dans le réservoir.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 38
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A l’opposé quand une eau profonde présente des teneurs en CO2 faibles, voire nulles, cela
signifie que les quantités de gaz présents à l’origine dans l’eau sont arrivées à épuisement. Cette
hypothèse est basée sur le fait que le CO2 est utilisé par l’eau pour l’hydrolyse des silicates dans
les roches encaissantes. Or, l’hydrolyse est une réaction lente qui requiert un temps
suffisamment long pour s’accomplir en totalité. C’est pourquoi à priori, toute eau profonde
pauvre en CO2 dissous pourrait être considérée comme ancienne.

Malheureusement, la détermination de l’âge des eaux souterraines à partir uniquement de la


teneur en CO2 dissous se heurte à quelques difficultés. En effet, puisque les conditions de
production du CO2 peuvent varier dans l’espace et dans le temps, la pauvreté de l’eau en CO 2
ne saurait traduire forcément un âge avancé de celle-ci dans l’aquifère, car si la vie microbienne
et les quantités de matières organiques sont insuffisantes en un lieu, la production de CO2 sera
faible et les quantités de CO2 négligeables. Dans ce cas, même une eau très récente, sera pauvre
en ce gaz. Pour cela, il est nécessaire de faire appel au pH d’équilibre et aux indices de
saturation par rapport aux différents types de carbonates. Les valeurs de teneurs en CO2
peuvent être tirées (être déduites) de celle de PCO2, elle-même calculée à partir des équations
(1) et (2) de l’équilibre des carbonates.
𝑚𝐶𝑂2
(1) K0 = 𝑃𝐶𝑂2
→ mCO2=K0 PCO2

(𝐻𝐶𝑂3− )(𝐻 + ) (𝐻𝐶𝑂 3− )(𝐻 + )


(2) K1 = 𝐶𝑂2𝑎𝑞
→ 𝐶𝑂2𝑎𝑞 = 𝐾1

mCO2 et CO2aq étant équivalentes, on peut écrire:

(𝐻𝐶𝑂 3− )(𝐻 + )
(3) K0 PCO2= 𝐾1
LogPCO2 = Log (H+) + log (HCO3-) - LogK1 - LogK0

LogPCO2 = log (HCO3-) – pH - LogK1 - LogK0

LogPCO2 = log (aHCO3-) – pH - LogK1 - LogK0


a
HCO3-: activité du bicarbonate
K0 : constante de dissolution de CO2 dans l’eau
K1 : première constante d’activité du H2CO3 dissous
On en déduit la concentration du CO2 dissous :
LogmCO2 = LogK0 + LogPCO2
m : molarité
On sait qu’une millimole (10-3 mol/L) de CO2 libre pèse 44 mg/L alors, 10-3 mol→ 44 et A ?
a
CO2aq = 10 LogaCO2 = A (mol.L-1) concentration de CO2 en mol.L-1

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𝒎𝒐𝒍
𝟒𝟒.𝑨 ( 𝑳
)
Concentration de CO2 libre (en mg/L) = = 44.A (mol/L) 103
𝟏𝟎−𝟑

La détermination de l’âge relatif des eaux à partir de la variation des teneurs en CO 2 dissous
n’étant pas totalement fiable pour des raisons énumérées plus haut, on va avoir recours aux
calculs du pH d’équilibre et aux calculs de ISC et ISD.
 I.2.2. pH d’équilibre et indice de saturation de l’eau par rapport à la calcite
(ISC) et à la dolomite (ISD)
Le pH d’équilibre est égal au pH d’eau en équilibre chimique avec un carbonate pour une
activité invariable du bicarbonate (HCO3-). Une eau équilibrée sur le plan calco-carbonique,
est une eau exactement saturée en carbonate de calcium (CaCo3). Elle n’aura donc plus
tendance à en dissoudre qu’elle n’a à en déposer. Elle contient la quantité de CO2 nécessaire et
suffisante pour maintenir en solution les Ca2+ qu’elle contient sous forme de bicarbonate (J.
Bontoux, 1983). Le calcul du pH d’équilibre se fonde sur les équations du tableau 1.

(𝐶𝑂32− )(𝐻 + )
HCO3- ↔ H+ + CO32- (3) avec K2 = de l’équation 3 (Tableau 2) on tire (H+)
(𝐻𝐶𝑂3− )

(𝐻𝐶𝑂 3− )
(H+) = K2 où (H+) est l’activité de l’ion hydrogène
(𝐶𝑂32− )

pHéq = - Log (H+) = - Log K2 – log (HCO3-) + log (CO32-)

log K2 = log (CO32-) – pH – Log (HCO3-)

(𝐶𝑎 2+ )(𝐶𝑂32− )
CaCO3 ↔ Ca2+ + CO32- (5) Avec Kc = (𝐶𝑎𝐶𝑂3 )

(𝐶𝑎𝐶𝑂3 )
Selon l’équation (5) (CO32-) = Kc , (CaCo3) = 1
(𝐶𝑎 2+ )

log (CO32-) = log Kc – log (Ca2+), ainsi :


pHéq = PK2 – (PKc + log a HCO3- + log a Ca2+)
a : activité des ions HCO3- et Ca2+
K2 : 2ème constante d’activité de l’acide carbonique (H2CO3)

Kc : constante de dissolution de la calcite

∆pH est le paramètre le plus important du point de vue hydrogéologique. Sa valeur est
déterminée à partir d’une simple comparaison entre le pH réel et le pH d’équilibre. ∆pH
correspond aussi à la valeur de l’indice de saturation par rapport à la calcite (ISC).

∆pH = pHréel – pHéq = ISC


D’une façon générale, les indices de saturation sont calculés par la formule de Back et
Hanshaw (1970).
IS = log (CO32-) + log (Me2+) – log (Ks)
Dr ADJIRI Oi Adjiri 40
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Dans le cas de la calcite ISC :

ISC = Log (CO32-) + Log (Ca2+) – Log Kc

D’après l’équation 3 de l’équilibre des carbonates :

Log (CO32-) = Log K2 + Log (HCO3-) – Log (H+)

ISC = Log K2 + Log (HCO3-) – Log (H+) + Log (Ca2+) – log Kc

= pH - Pk2 + PKc + log a HCO3- + log a Ca2+, ainsi:

ISC = pHréel – [Pk2 –(PKc + log a HCO3- + log a Ca2+)]

ISC = pHréel – Phéq = ∆pH

Dans le cas de la dolomite (CaMg(Co3)2)

ISD = 2 log (CO32-) + log Ca2+ + log Mg2+ - log KD

= 2 (log K2 + log (HCO3-) – log H+) + log Ca2+ + log Mg2+ - log KD

ISD = PKD + 2 (pH - PK2 + log a HCO3-) + log a Ca2+ + log aMg2+
Log KD = a Ca + a Mg + 2 a CO32-

Log KD = - [a+10-4 b (t –t2) + 10-6c (t –t2)2]

a = 16, 25; b = 185; c = 250; t2=15; t=température de l’eau en °C

∆pH ou indice de Langelier, nous renseigne sur l’état d’équilibre des solutions et sur leur degré
d’agressivité pouvant intervenir dans l’attaque et l’hydrolyse des silicates dans les roches.

- Lorsque la valeur de l’indice de saturation est très négative (∆pH < -0,05), l’eau est
récente dans le sol et dans ce cas elle peut contenir ou non du CO 2 en quantité
importante. Les eaux sont agressives et sous saturées en calcite.
- Quand les indices sont nuls ou proche de zéro, cela sous-entend que ∆pH est compris
entre -0,05 et + 0,05. On doit dire alors que les eaux sont saturées par rapport aux
carbonates considérés ou qu’elles sont en équilibre chimique.
Dans ce cas, leur teneur en CO2 dissous est voisine de zéro. La solution ne peut subir
d’évolution tant que les conditions de PCO2 et de température n’auront pas varié. L’eau
est saturée en carbonate considéré. Ceci se traduit par un épuisement des quantités de
CO2 initialement présentes dans l’eau. Les eaux perdent alors leur agressivité au contact
des roches encaissantes. Les eaux sont de ce fait anciennes et ont donc un temps de
séjour prolongé dans l’aquifère.
- Quand les indices de saturation sont supérieurs à 0,05. On dit que les eaux sont
sursaturées vis-à-vis de la calcite, alors, les carbonates précipitent dans l’eau. Ce qui est
un indice de vieillissement de l’eau dans l’aquifère. Seul un contact très prolongé entre
Dr ADJIRI Oi Adjiri 41
Hydrochimie et isotopie M1
l’eau et l’aquifère peut justifier un précipité de carbonate dans les roches. Contrairement
à la plus part des équilibres qui sont atteints en quelques minutes ou en quelques heures,
la dissolution de la roche encaissante par contre est conditionnée par la durée du temps
de séjour de l’eau au contact de la roche.
Pour avoir des résultats satisfaisants, il est conseillé de calculer les indices de saturation
de l’eau par rapport à au moins deux carbonates (calcite et dolomite), figure 1.

Figure 7. Diagramme des indices de saturation : ISD = ρ(ISC)

Dr ADJIRI Oi Adjiri 42
Hydrochimie et isotopie M1
Les indices de saturation peuvent être calculés pour toutes sortes de carbonates : calcite,
aragonites, dolomite, etc. à partir de la formule générale.
 I.2.3. Inconvénients et limites de la méthode
La détermination de l’âge relatif des eaux par l’évolution du système calco-carbonique est
assujettie à la précision et à la fiabilité des résultats d’analyse. Cette méthode présente une
limite qui est celle de l’origine du CO2. En effet, dans les endroits où le CO 2 ne provient pas
uniquement de l’atmosphère et du sol, mais aussi d’une source magmatique, cette méthode
devient incapable de renseigner sur l’âge des eaux dans l’aquifère. Dans ce cas, par exemple,
une montée permanente de CO2 magmatique maintiendra les eaux dans un état de sous
saturation permanente pour lequel les indices de saturation seront toujours négatifs malgré
l’âge ancien des eaux dans l’aquifère.

APPLICATION
Les eaux d’une région du Nord de la Côte d’Ivoire ont fait l’objet de dosage et les
résultats obtenus sur les forages profonds creusés dans les roches sont (en mg/L) :

Tableau XVIII. Composition des eaux en mg/L


Nord Est Ouest Centre Sud
2+
Ca 2,33 1,77 1 1,48 2,58
2+
Mg 1,58 1,44 0,56 1,56 1,94
+
Na 0,5 0,69 0,75 0,67 0,93
+
K 0,26 0,14 0,13 0,08 0,64
HCO3 -
2,02 2,08 1,67 3,13 3,13
-
Cl 0,39 0,45 0,33 0,52 0,59
2-
SO4 0,76 1,26 1,14 0,55 1,57
-
NO3 0,65 0,43 0,89 0,94 0,67
pH 7,4 7,1 7,2 7,4 7,5

1. Calculer les concentrations en mmol/L de chaque échantillon.


2. Calculer PCO2, les pH d’équilibre et les indices de saturation (ISC, ISD) pour tous les
points d’eau.
3. Reporter les valeurs ainsi trouvé dans le diagramme ISD et ISC.
4. Interpréter les diagrammes.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 43
Hydrochimie et isotopie M1

I. 2. NOTION DE MILIEU OUVERT ET FERMÉ À L’ATMOSPHÈRE


I.2.1. Objectif de la méthode
Les relations entre le pH et les teneurs en bicarbonates peuvent permettre de définir la
présence d’un système fermé ou ouvert à l’atmosphère dans un socle cristallin.

Dans un système ouvert, l’évolution chimique des eaux a lieu sous pression partielle de CO 2
variable dans l’espace et dans le temps, se produisant dans la zone d’aération des sols et des
réservoirs : zone non saturée siège des écoulements diphasiques où la phase gazeuse associée à
l’eau, favorise une alimentation ininterrompue de l’aquifère en CO2.

Dans le sol, la dissolution, l’hydratation et la dissociation du CO 2 et de l’acide carbonique


(H2CO3) qui en résulte concourent à la production des ions bicarbonates (HCO3-) ainsi que les
protons H+ dans l’eau. De telle sorte que, les eaux acquièrent leur pH et leur teneur en CO2 au
niveau de la zone non saturée, au moment de leur infiltration dans le sol. Dans ce cas, leur état
ne se modifie pas ultérieurement, par interaction avec les minéraux de la roche encaissante,
dans la zone noyée de la nappe (Gallo, 1978).

Au contraire, quand un milieu est fermé, l’évolution chimique des eaux a lieu avec une quantité
de CO2 et de HCO3- invariable dans la zone saturée; où l’écoulement monophasique est
caractérisé par l’absence de la phase gazeuse et ne permet plus la réalimentation de la nappe
en CO2. Dans un tel système, le carbone total dissous (CTD), dès sa formation est soustrait du
contact de CO2 de l’atmosphère des sols et ne subit désormais aucune réaction d’échange, lors
de son transit dans la zone noyée. Dans ces conditions, il est établit que le bicarbonate et l'acide
carbonique proviennent du CO2 des sols et en partie, des carbonates solides.

Dans les systèmes fermés à l’atmosphère, les eaux sont logiquement exemptes du tritium
d’origine thermonucléaire et elles doivent parcourir une grande distance avant d’atteindre le
réservoir qui évolue en absence du CO 2. Le système fermé indique que l’alimentation de la
nappe par infiltration à travers la zone non saturée est arrêtée ; ce qui rend logiquement la
nappe captive, parce que la fracturation n’est plus suffisante pour permettre une alimentation
directe décelable chimiquement (Gallo, 1978).

I.2.2. Diagramme pH - HCO3-


Cette méthode utilise des courbes théoriques établies par Gallo en 1979 (Figure 2). Celles - ci
sont obtenues à 25 °C pour une force ionique moyenne de 10-3 mol.L-1 et une pression partielle
en CO2 de 2,5 10-2 atm (pour l’atmosphère).

Dr ADJIRI Oi Adjiri 44
Hydrochimie et isotopie M1

Figure 8. Diagramme des relations pHréel-teneurs en bicarbonates (courbe théorique à 25°C


et pour une force ionique de 10-3).
Dr ADJIRI Oi Adjiri 45
Hydrochimie et isotopie M1

I.2.3. Description des domaines


Ces domaines comportent trois courbes correspondant à l’air du sol (en bas), aux systèmes
mixtes et fermés (au milieu) et à l’atmosphère (en haut). Ces trois courbes définissent en tout,
cinq domaines hydrogéologiques notés de I à V.
Les domaines I et III correspondent à des systèmes hydrogéologiques perméables, offrant
d’excellentes conditions de circulation des masses d’eau dans le sol : ce sont des milieux ouverts
à l’atmosphère, c’est -à-dire bien aérés, dans lesquels l’alimentation des nappes est évidente.

Le domaine II désigne des conditions de circulation des eaux peu favorables comparativement
à celles des domaines I et III, notamment pour les points représentatifs qui s’écartent davantage
de l’origine des axes et surtout qui sont assez rapprochés du domaine V ;

Le domaine IV correspond à des systèmes hydrauliques mixtes, c’est-à-dire à des


comportements imprévisibles :

- ou ils appartiennent au système fermé et sont privés de toute alimentation ;


- ou ils évoluent vers des systèmes aérés pouvant recevoir les eaux de précipitations
actuelles ;

Enfin, le domaine V est celui qui caractérise les systèmes hydrogéologiques fermés à
l’atmosphère : il est limité à une portion de la courbe théorique située au centre du diagramme,
à son voisinage immédiat. Cette courbe théorique est bien connue des chimistes et correspond
à l’évolution d’une quantité invariable de CO32- vers l’état d’équilibre représenté par le point de
précipitation du carbonate (CaCO3), en présence d’une concentration constante de CO 2 gaz.

Cette notion sera largement abordée en isotopie.

APPLICATION
Variables du système calco-carbonique dans les eaux souterraines de la Marahoué
Localités I(mo/L) Log K0 Log K1 pHr pHéq PCO2 ISC ISD
1 Darabana 0,006 -1,5 -6,34 6,8 7 ,46 0 ,0311 -0 ,7 -2,1
2 Mangbanran 0,01 -1,52 -6,32 6,6 7 ,22 0,0476 -1,4 -1 ,6
3 Douanha 0,01 -1 ,51 -6,33 6,1 7,45 0,2092 -1,3 -3,7

1-A partir des valeurs CO2, PCO2, pHréel (pHr), pHéq et IS, dites à quels domaines et quels
systèmes appartiennent les eaux de ces aquifères ?
2- Donner l’âge relatif de ces eaux.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 46
Hydrochimie et isotopie M1
I.3. ÉQUILBRE EAU-MINÉRAUX D’ALTÉRATION DES ROCHES
I.3.1. Base de la méthode
Toutes les formations géologiques sont composées de minéraux primaires plus ou moins
facilement altérables. On a les plagioclases calco-sodiques, et potassiques et les minéraux
ferromagnésiens (biotite, amphibole, pyroxène, etc.) dont la destruction aboutit à la
néoformation d’argiles secondaires de séquence d’apparition liée au climat et à l’intensité de
lessivage.
L’évolution des argiles, les premières à apparaître (séricite, vermiculite, montmorillonite) va
évoluer vers les argiles de la séquence suivante : illite, kaolinite et gibbsite. Les plus pauvres en
cations basiques et en silice passe en premier en solution et les autres, quand l’intensité de
l’altération augmente. Ces argiles présentes dans l’eau renseignent donc sur l’âge de l’eau et la
perméabilité du milieu.
Il en résulte que dans les aquifères riches en minéraux secondaires (argile), le contact eau de
pluie agressive et les formations encaissantes plus ou moins vulnérables à la dissolution va
provoquer une série de réactions d’échanges de base et éventuellement d’énergie, en vue d’un
ajustement de l’équilibre liquide-solide entre les corps étrangers de l’eau venus au contact de
ceux de la roche. Par conséquent, lorsque cet équilibre est atteint, la composition des eaux au
sein de l’aquifère devrait pouvoir se rapprocher des compositions chimiques et minéralogiques
des roches en place ou de leurs minéraux secondaires. C’est pourquoi la composition chimique
de l’eau peut fournir des indications sur la nature pétrographique des formations dans une
région. En conséquence, les objectifs de cette méthode sont :
- Identification de l’argile en équilibre avec l’eau au réservoir.
- Utiliser le chimisme de l’eau pour avoir une idée sur la nature pétrographique des roches.
- Détermination de l’âge relatif des eaux.

I.3.2. Diagramme de l’équation eau-minéraux d’argile de néoformation


L’équilibre entre la phase aqueuse et les minéraux de néoformation provenant de l’altération
des minéraux primaires va donner 4 types de diagrammes :
 1er équilibre : diagramme d’équilibre eau et plagioclases et leurs minéraux d’altération
(montmorillonite, kaolinite, gibbsite) ;
 2ème équilibre : Eau-chlorite manganésienne et microcline (feldspath potassique) et leur
minéraux d’altération (montmorillonite, illite, kaolinite) ;
 3ème équilibre : Equilibre eau-albite et chlorite manganésienne et leur minéraux
d’altération (montmorillonite, kaolinite) ;
 4ème équilibre : eau-minéraux ferromagnésien (la trémolite, le diopside, chrysotile,
wollastonite) et leur minéraux d’altération ;
Ces 4 groupes de diagrammes constituent les diagrammes d’activité de Korjinski qui donne la
représentation graphique du domaine de stabilité des aluminosilicates. Ils sont basés sur le fait
que parmi les éléments chimiques présents dans le minéral, on note ceux dont la solubilité est
très faible et toujours limitée par une phase solide tels sont les oxydes et les hydroxydes.
Korjinski appelle de tels éléments, éléments inertes. C’est le rôle que joue par exemple
l’aluminium ou la silice.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 47
Hydrochimie et isotopie M1
 I3.2-1. Equilibre eau-plagioclases calcosodique (anorthite et albite) et minéraux
d’altération
L’albite (NaAlSi3O8) et l’anorthite (CaAl2Si2O8) sont des minéraux primaires sodiques et
calciques qui constituent les deux extrêmes sodique et calcique de la série des plagioclases
(Tableau V).

Tableau XIX. Série des plagioclases


Albite (NaAlSi3O8) 0-10% An
Oligoclase 10-30% An
Andésite 30-50% An
Labrador 50-70% An
Bytownite 70-90% An
Anorthite (CaAl2Si2O8) 90-100 An
0-10% An=An10 : un plagioclase An10 contient 90 de la molécule Albite et 10% de la molécule anorthite

Leur altération suite à l’hydrolyse donne des argiles telles que la montmorillonite, la kaolinite
et la gibbsite (Figure 3).

Figure 9. Schéma du processus de transformation des plagioclases en argiles de néoformation


dans les roches cristallines.
Age des eaux dans le diagramme
Les échantillons en équilibre avec la montmorillonite sodique contiennent les eaux les plus
vielles, riches en silice et confinées.
Les échantillons en équilibre avec la kaolinite bénéficient d’une bonne condition de circulation
des eaux. Ce qui se traduit par un bon lessivage de la silice.
Les échantillons en équilibre avec la gibbsite évoluent dans un aquifère très perméable où la
silice est complètement lessivée. En outre, pour les échantillons d’eaux regroupées dans un
même domaine, par exemple dans les domaines de la montmorillonite, on constate que ces
échantillons vont être alignés sur une droite entre la solubilité du quartz et la solubilité de la
silice. Le pôle extrême proche de la solubilité du quartz contient les eaux les plus anciennes,
riches en silice et mal lessivées. Et ce pôle extrême, le plus proche de la silice amorphe contient
les eaux les plus récentes pourvues en silice.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 48
Hydrochimie et isotopie M1
 I.3-2-2. Equilibre eau-chlorite manganésienne microcline et leurs minéraux
d’altération
La chlorite [(Mg, Fe, Al)6(Al, Si)4O10(OH)] est un phyllosilicate qui appartient à la zone
supérieure du métamorphisme général. Tandis que le microcline (Si3AlO8K) est un tectosilicate
très résistant à l’altération. L’altération de la chlorite et du microcline aboutit à la formation de
la montmorillonite ou de l’illite qui vont évoluer vers la kaolinite (Figure 4).

Figure 10. Schéma de la transformation de la chlorite magnésienne et du microcline en argile


de néoformation dans les roche cristallines (Biémi, 1992)
Contrairement à la chlorite dont l’altération passe obligatoirement par une phase
montmorillonitique ou illitique, le microcline a la possibilité de s’altérer directement en
kaolinite ; ou encore en illite puis en kaolinite : mais il ne s'altère jamais en montmorillonite.
L’étude des équilibres concernant l’eau, aux deux minéraux (chlorite, microcline) et leur
produit d’altération devient facile dès que l’on connait les concentrations en K+, Mg2+ et en H+
(mol/L) ainsi que les valeurs des activités en solution comme dans le cas précédent. La
connaissance de ces paramètres permet d’établir les différents diagrammes de stabilité (Figure
5).

(A) (B)
Figure 5. (A) Diagramme d’équilibre albite-montmorillonite-kaolinite-gibbsite (à 25°C et 1 atm)
(B) Diagramme d’équilibre anorthite-montmorillonite-kaolinite-gibbsite (à 25°C et 1 atm)

Dr ADJIRI Oi Adjiri 49
Hydrochimie et isotopie M1
Age des eaux dans le diagramme
Les échantillons les plus éloignés de l’origine des axes sont de fait ceux qui contiennent les eaux
les plus anciennes.

 I.3-2-3. Equilibre eau-minéraux Ferro-magnésium (la trémolite, le diopside,


chrysotile, wollastonite) et leurs produits d’altération.
La trémolite est une amphibole provenant des calcaires cristallins généralement
métamorphiques au contact de roches ignées.
Le diopside est un inosilicate de magnésium caractéristique des roches basiques et
ultrabasiques.
Le chrysotile est un inosilicate de magnésium hydraté apparenté à l’olivine.
La wollastonite Provient d’un calcaire métamorphisé par des magmas acides au contact des
roches éruptives.

Leurs minéraux d’altération sont: la brucite, la magnésite, le talc, la calcite, la dolomite.

La brucite, hydroxyde de magnésium, peut provenir de l’altération des minéraux de serpentine,


de trémolite, schiste-chloriteux ou alors des sources hydrothermales chaudes ; ce qui justifie sa
présence habituelle dans les filons hydrothermaux.

La magnésite, carbonate de magnésium, dérive des roches riches en magnésium : serpentine,


épidote, dunite, etc. Elle est également associée au talc et à la chlorite et peut provenir des
micaschistes et d’autres roches métamorphiques.

Le talc, phyllosilicate de magnésium hydraté très micacé, est un produit d’altération de la


trémolite et du chrysotile.

La dolomite, carbonate double de calcium et de magnésium provient généralement de la


néoformation des suites de l’altération des roches cristallines.

La calcite, carbonate de calcium est typique des roches sédimentaires carbonatées ou


métamorphiques ; mais elle peut se former secondairement dans les roches cristallines ayant
subi l’altération.

Âge des eaux


Les échantillons les plus éloignés de l’origine des axes sont de fait ceux qui contiennent les eaux
les plus anciennes (Figure 6).

APPLICATION
Variables du système calco-carbonique dans les eaux souterraine de la Marahoué
Localités I(mo/L) Log K0 Log K1 pHr pHéq PCO2 ISC ISD
1 Darabana 0,006 -1,5 -6,34 6,8 7 ,46 0 ,0311 -0 ,7 -2,1
2 Mangbanran 0,01 -1,52 -6,32 6,6 7 ,22 0,0476 -1,4 -1 ,6
3 Douanha 0,01 -1 ,51 -6,33 6,1 7,45 0,2092 -1,3 -3,7

Dr ADJIRI Oi Adjiri 50
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1-A partir des valeurs CO2, PCO2, pHréel, (pHr), pHéq et IS, quelle est l’évolution chimique
des eaux de ces aquifères ?
2- Donner l’âge relatif de ces eaux.
(B)
(A)

(C) (D)

Figure 11. Equilibre Eau-minéraux néoformés :


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(A) Equilibre Eau-minéraux néoformés à partir de l’albite et de la chlorite magnésienne
(B) Equilibre Eau-minéraux néoformés à partir de la chlorite magnésienne et du microcline
(C) Equilibre Eau-minéraux néoformés à partir des ferromagnésiens
(D) Equilibre Eau-Calcite-Dolomite

II. DÉTERMINATION DE L’AGE ABSOLU DES EAUX À PARTIR DE LA VARIATION


DES TENEURS ISOTOPIQUES

II.1. Généralités
Les techniques isotopiques sont utilisées depuis une trentaine d’année dans la recherche
hydrologique et hydrogéologique. Elles permettent d’évaluer correctement les ressources en
eaux souterraines là où leur exploitation rêvait intimement délicat.

En Afrique de l’ouest, l’utilisation n’est pas encore vulgarisée à cause du coût encore élevé.

Les isotopes de l’environnement sont des éléments dont les variations naturelles de
concentration au cours du cycle de l’eau permettent leur utilisation comme traceur des espèces
chimiques auxquelles ils sont intrinsèquement liés. Ils sont stables ou radioactifs naturels ou
artificiels. Parmi les plus utilisés, on peut en citer : 2H, 3H, 18O, 17O. Le principe de la technique
consiste à mesurer les abondances ioniques des constituants de la molécule d’eau.

II.2. Les isotopes du milieu


Les isotopes du milieu sont tous les isotopes d’un élément chimique dont les teneurs relatives
dans les composés naturelles varient dans des proportions régies par les processus naturels.
Ceux qui présentent le plus intérêt sont les isotopes naturels dans les molécules d’eau et les
isotopes rares du carbone qui constituent les espèces rares organiques en solution.

 II.2.1. Rappel sur les isotopes


On appelle isotope, les atomes qui ont le même numéro atomique Ζ et des nombres de masse
A différents.

Exemples : 168O, 178O, 188O, 11H, 21H (deutérium), 31H (tritium)

La teneur en isotope stable 21H, 178O fournissent des informations sur le mécanisme des zones
de recharge et des zones d’alimentation des nappes. Les isotopes radioactifs sont régis par la
loi de décroissance radioactive.
𝑇1/2 𝐴
t = ln(2) 𝐴0
𝑡

T½ : c’est le temps de demi -vie ou période radio active de l’élément. En d’autre terme, c’est le
temps nécessaire pour qu’un atome donné se réduise de moitié.

A0 : activité spécifique initiale

A t : activité spécifique restante au temps t.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 52
Hydrochimie et isotopie M1
Leur étude permet la connaissance des temps de transite des eaux, l’âge et l’identification des
mélanges entre les eaux.

 II.2.2. Les isotopes de la molécule d’eau


L’atome d’oxygène et l’atome d’hydrogène, existe dans la molécule d’eau sous forme d’isotope
dont les caractéristiques et les proportions sont données dans le tableau suivant :

Tableau XX Fréquences isotopes stables et radioactifs


ISOTOPES FREQUENCES EN % NATURE
16
O 99,76 Stable
17
O 0,04 Stable
18
O 0,20 Stable
1
H 99,985 Stable
2
H 0,015 Stable
3
H 10 à 10-12
-15
radioactif

Pour le tritium, la fréquence la plus faible correspond à celle des précipitations avant 1952. La plus
forte est celle qui est atteinte par les pluies dans l’hémisphère nord en 1963 à la suite aux essais
thermonucléaires aériens, américains et soviétiques qui ont débuté le 31 octobre 1952 et qui se sont
poursuivis jusqu’en 1963.
Parmi les espèces moléculaires rares de l’eau fournies par la combinaison de ces isotopes, en
particulier celle qui présente un intérêt en hydrogéologie sont : 1H1H18O, 1H2H16O, 1H3H16O
La molécule d’eau qui contient un atome de tritium quoique rare présente un grand intérêt
car émettant des particules β- qui sont détectés de façon très sensible.

II.2. Méthode d’étude isotopique des eaux souterraines

 II.2.1. Notions utilisées en étude isotopique


 Rapport isotopique R

Le rapport isotopique appelé R est déterminé à partir d’un spectromètre de masse.

𝑝𝑟𝑜𝑝𝑜𝑟𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙′ 𝑖𝑠𝑜𝑡𝑜𝑝𝑒 𝑙𝑜𝑢𝑟𝑑


R = 𝑝𝑟𝑝𝑜𝑟𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙′ 𝑖𝑠𝑜𝑡𝑜𝑝𝑒 𝑙𝑒𝑔𝑒𝑟

 Composition d’isotopie δ

On utilise δ pour traduire les variations de concentration de l’espèce isotopique rare par
rapport à celle d’un étalon de référence bien connu au niveau du rapport isotopique.

𝑅 é𝑐ℎ𝑎𝑛𝑡𝑖𝑙𝑙𝑜𝑛−𝑅 é𝑡𝑎𝑙𝑜𝑛 (𝑟𝑒𝑓é𝑟𝑒𝑛𝑐𝑒)


δ (‰)= × 1000
𝑅 é𝑡𝑎𝑙𝑜𝑛 (𝑟𝑒𝑓é𝑟𝑒𝑛𝑐𝑒)

Les δ sont ainsi exprimées en part pour 0/00 d’où cette notation δ pour 1000. L’étalon de
référence utilisé par l’isotopique stable constitutif de l’eau est le SMOW.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 53
Hydrochimie et isotopie M1
S: Standard; M: Mille; O: Ocean; W: Water

δ 0/00 océan = 0 (le Standard), c’est Craig qui a défini le SMOW en 1961.

Il représente la composition isotopique moyenne mondiale des eaux océaniques (98% de


l’hydrosphère), par définition sont δ ‰ océan = 0.

Cette notation est transposable à tous les isotopes stables, en particulier au deutérium.

Les variations des teneurs en isotopes lourds dépendent essentiellement de 2 mécanismes


propre à savoir le fractionnement isotopique lors des changements de phase de l’eau et des
principaux facteurs régissant les précipitations (l’altitude, la latitude, les climats) et les réactions
d’échange avec les composés oxygénés ou hydrogénés présents dans les réservoirs.

 II.2.2. Les Isotopes stables de l’eau


L’eau comprend plusieurs combinaisons d’isotopes d’hydrogène et d’oxygène, précisément, elle
comporte 18 types différents de combinaisons. Les combinaisons comportant 31H, 17O, 18O
détiennent les proportions les plus faibles.

L’eau ordinaire : c’est l’hydrogène 1H et 16O.


L’eau lourde : c’est 2H (deutérium) et 16O (D216O), c’est ≈ 2 10-6 % de l’eau l’ordinaire ;

L’eau tritiée : c’est 3H (tritium) et 16O, c’est ≈ 10-18% de l’eau ordinaire ;


18
𝑂
Oxygène 18O: le rapport 16𝑂 dépend du fractionnement isotopique intervenant au cours des
processus d’évaporation, les molécules lourdes entrant en phase vapeur beaucoup plus
difficilement que les molécules légères. De ce fait, ce rapport est fonction de la température.
On dit qu’il est thermo dépendant.

 A quoi servent le deutérium et l’oxygène 18

Le deutérium et l’oxygène 18 sont les deux isotopes stables de l’eau

A quoi sert 18O ? Grâce au gradient géothermique d’une région, il est possible d’évaluer
l’altitude de l’air d’infiltration des eaux alimentant une source.

A quoi sert le deutérium ? le Deutérium est un isotope stable de l’eau, il est utilisé souvent pour
les phénomènes d’évaporation de l’eau. En effet les eaux naturelles exempt de phénomène
18
𝑂 1
d’évaporation, présente un rapport : 16𝑂 = 8
Une évaporation va par contre induire un fractionnement isotopique et le deutérium sera
18
𝑂
rapidement éliminer de la face liquide en raison de sa plus faible masse. Ainsi le rapport : 16𝑂
va augmenter.
Ce rapport constitue un excellent facteur des eaux ayant subi une forte évaporation.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 54
Hydrochimie et isotopie M1
Qu’est ce qui fait varier les teneurs en isotopes stable

Les variations naturelles d’une composition isotopie de l’eau (isotope stable) résulte de
plusieurs facteurs entre autre, l’évaporation, la latitude, les variations saisonnières,
l’éloignement de la mer et la Température.

 Effet de l’évaporation
Le fractionnement générer par l’évaporation partielle donne une composition particulièrement
significative à l’eau. Ce qui permet d’identifier l’eau d’un aquifère qui a subi une évaporation
avant son infiltration. La corrélation entre les teneurs en 18O et le Deutérium dans les
précipitations n’ayant pas subi d’évaporation est de la forme :

δ ‰ 2H= a δ ‰18O + d

a : pente d’une droite de régression, en générale 3<a <8 quand la pluie a subi une évaporation
avant de s’infiltrer dans la nappe, lorsque a = 8, la pluie n’a pas subi d’évaporation avant de
s’infiltrer dans la nappe.

d= cste = excès de deutérium, c’est l’ordonnée à l’origine et dépendant du régime de


précipitation.
d= +10 : régime océanique non perturbé ;
d= +22 : régime méditerranéen dans les régions semi arides, dans les bassins fermés. Il est
par contre négatif sous l’effet de continentalité.

 Effet de la latitude
Quand la latitude augmente, la composition isotopique diminue. Ceci est en relation directe
avec la thermo-dépendance.

Ils subissent des variations saisonnières dans les précipitations en fonction de la latitude. A
l’équateur, les δ ‰ de 18O et de 2H sont plus élevées et deviennent progressivement négatives
au fur et à mesure qu’on monte en altitude.

 Effet de continentalité
Les précipitations sont de plus en plus pauvres en 18O et en deutérium vers l’intérieur des terres.
En effet, au cours de son passage sur le continent, un air riche en isotope lourd subit plusieurs
stades de refroidissement, notamment au passage de la barrière montagneuse, en condensant
les isotopes lourds d’un réservoir atmosphérique.

Il en résulte un appauvrissement progressif de celui-ci en isotope lourd devenant ainsi de plus


en plus négatif. Au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’océan, la vapeur d’eau dans les nuages
présentera les valeurs de δ ‰ de -12, -14, -16, -18 tandis que les pluies présenteront des δ‰ -
2, -4, -6, -8 (Figure 7)

Dr ADJIRI Oi Adjiri 55
Hydrochimie et isotopie M1

Figure 12. Effet de continentalité


 Gradient isotopique d’altitudes

Plus l’altitude est grand, plus on constate un appauvrissement en isotope lourd par rapport au
SMOW. Le fractionnement isotopique étant thermo dépendant et la température variant avec
l’altitude, il est possible de calculer le gradient δ ‰18O et le deutérium avec l’altitude. En
générale, ce gradient varie entre -0,45 et -0,3 ‰ pour 100 sur l’altitude.

 L’effet de température en variation saisonnière


Les différences de températures peuvent entrainer des différences de composition isotopiques
des pluies suivant les saisons. En Europe, les pluies d’été sont en générale moins négatives que
celle d’hiver. En Afrique de l’ouest, les teneurs en 2H et en 180 peuvent présenter de forts
fluctuation d’une part au cours d’une averse et d’autre part au cours des saisons des pluies et
en fonction de l’intensité de l’averse.

 II-2-3. Les isotopes radioactifs


Les teneurs en isotopes radioactifs servent à déterminer les temps de transit des eaux
souterraines, l’âge et l’identification des mélanges entre les eaux.

Le tritium est le seul isotope radioactif constitutif de la molécule d’eau. Son étude est d’un
grand intérêt dans l’examen des phénomènes dynamiques associés au cycle hydrologique.

En effet, sa période ou demi-vie = 12,35 années convient parfaitement à l’étude des eaux de
surface et semi-profonde.

 Origine du tritium

Le Tritium a 2 origines :

Une origine naturelle et une origine artificielle.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 56
Hydrochimie et isotopie M1
Le Tritium naturelle provient de l’interaction dans la haute atmosphère entre les neutrons
produits par les rayonnements cosmiques et l’azote atmosphérique.

La quantité annuelle de tritium produit de façon naturelle = 0,25 atm/cm²/s ≈ 3,5 kg/an.

La concentration de tritium naturel dans les précipitations variait de 0 à 10 unités tritium (UT)
avant les essais nucléaires. Le tritium artificiel est produit par les essais thermonucléaires
aériens.

De 1952 à 1974 une quantité importante de tritium a été injectée dans l’atmosphère suite à ces
explosions thermonucléaires. Les teneurs en tritium avaient considérablement augmenté
passant de 0 à 20 UT avant 1952 à 400 à 850 UT entre 1954-1959.

Tableau XXI. Essais thermonucléaires 1952-1974


1952 1954-1959
0 à 20 UT
U=20 UT

Année 1952-1958 1958-1960 1961-1962 1963-1968 1969-1972 1972-1978 1973-1974

Quantité 3 H 60 kg Arrêt 130 kg 2 kg Arrêt 1kg Arrêt


Injectée définitif

Les explosions ces dernières années sont devenues souterraines, par conséquent on va assister
à une diminution des teneurs de tritium en solution.

 Variation des teneurs en 3 H dans les eaux

En Afrique Occidentale, l’interprétation quantitative de la teneur en tritium repose sur un


critère fondamental pour une teneur comprise entre 0 et une unité tritium : on dit que les eaux
ont plus de 40 ans d’âge. Aussi, grâce à sa période relativement courte le tritium va permettre
de dater les eaux relativement jeunes. On utilise comme repère 1952, qui est celle des débuts
des essais thermonucléaires. Si la teneur en tritium d’une eau est inférieure à celle des
précipitations, elle résulte d’un mélange d’eau ancienne et d’une eau récente. Par contre, une
eau qui a une forte concentration en tritium est une eau récente ou actuelle, c’est-à-dire entre
20 et 50 UT.

II.3. CONCLUSION SUR LA DATATION ABSOLUE DES EAUX PAR LE TRITIUM


De milliers de résultats des teneurs en 3H supérieures à 2 UT ont été réalisées sur des eaux
souterraines de France, de Suisse, d'Italie et d'Espagne de 1990 à 1993.
Les teneurs observées les plus fréquentes permettent de distinguer actuellement quatre
catégories de résultats.

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a. Teneurs inférieures à 2 UT : il s'agit essentiellement d'eaux provenant d'aquifères
profonds.
Une teneur inférieure à 0,2 UT (seuil de mesure en comptage par scintillation liquide
après enrichissement électrolytique) indique que l'on est en présence d'une eau ancienne
dont le temps de séjour est supérieur ou égal à environ 2000 ans.
Une teneur comprise entre 0,2 et 2 UT peut avoir 3 origines. Ou bien il s'agit d'une eau
dont le temps de séjour est de l'ordre de 1000 à 2000 ans. Ou bien il peut y avoir, pour
les eaux des nappes profondes au contact de roches cristallines riches en uranium,
thorium, lithium et bore, production in situ de 3H qui peut atteindre jusqu'à 2 UT dans
les cas les plus favorables (Andrews et al., 1982). Ou bien enfin il peut se produire une
très légère contamination, bien inférieure au pourcent, par des eaux de surface actuelles
dont la teneur est voisine de 15 UT. Cette contamination peut résulter du tubage
défectueux d'un forage profond ou d'une drainance per descensum suite à une
surexploitation de l'aquifère profond. Dans tous les cas une datation par le radiocarbone
s'impose.

b. Teneurs comprises entre 2 et 10 UT, deux possibilités : il s'agit soit d'une eau dont le
temps de séjour est compris entre environ 200 et 300 ans, soit d'un mélange entre une
eau ancienne (< 2 UT) et une eau de surface actuelle (≈15 UT). Ce mélange d'eaux est
fréquent dans les aquifères (Mazor et Nativ, 1992). Il résulte de remontées d'eaux le long
d'accidents géologiques ou, comme précédemment, d'un tubage défectueux. Le contexte
hydrogéologique permet souvent de conclure.

c. Teneurs comprises entre 10 et 40 UT : c'est le résultat le plus fréquent des mesures


réalisées actuellement sur les eaux souterraines peu profondes d'Europe. Il s'agit d'eaux
actuelles bien marquées par le pic de 1963. Le temps de séjour est compris entre environ
5 et 10 ans pour les nappes libres et 50 et 100 ans pour les nappes captives.

d. Teneurs supérieures à 40 UT : ces fortes teneurs, qui dépassent exceptionnellement


1000 UT, indiquent que les aquifères sont en relation avec une centrale nucléaire. Citons
par exemple les eaux de la nappe phréatique à l'aval du Centre de Marcoule au Nord
d'Avignon dont les teneurs allaient, en 1992/1993, de 100 à 2500 UT. Citons aussi le
champ captant de la Grande Paroisse en aval de Montereau qui prélève environ 20.000
m3.j-1 dans la nappe des alluvions de la Seine. Les teneurs en 3H, en 1991, étaient de
l'ordre de la centaine d’UT et résultaient de rejets d'HTO (eau tritiée sous sa forme : 1
atome d’oxygène, 1 atome d’hydrogène normal et 1 tritium) dans la Seine par la centrale
nucléaire de Nogent-sur-Seine située à 40 km en amont.
Notons que nous sommes très loin de la teneur maximum admissible pour l'eau de
consommation humaine qui est de 2,5 millions d'UT.

Dr ADJIRI Oi Adjiri 58
Hydrochimie et isotopie M1
II.4 DATATION ABSOLUE DES EAUX SOUTERRAINES PAR LE RADIOCARBONE
II.4.1. Principe de la méthode

Le carbone minéral total dissous (CMTD) des eaux souterraines comprend :


- Le CO 2 dissous ou acide carbonique : H 2 CO 3(aq) ;
- L'ion hydrogénocarbonate ou bicarbonate :HCO 3 -;
- L'ion carbonate : CO 3 2-(aq).

(CMTD) = (H 2 CO 3 ) + (HCO3 -) + (CO 32-)

Les teneurs sont habituellement exprimées en concentration molaire: millimole par litre =
mmole.L-1. Le CMTD résulte d'une double dissolution :

 Du CO2 d'origine biologique (CBIO) résultant de la respiration des racines et de la


minéralisation de la matière organique du sol. Ce CBIO présente une activité en 14C
voisine de 100 pourcents de carbone moderne (100 pcm).

 Du carbone d'origine minérale (CMIN) provenant de la matrice calcaire du sol et


de l'aquifère et dont la teneur en 14C est nulle. Donc :
(CMTD) = (CBIO) + (CMIN)
L'activité originelle en radiocarbone A 0 du CMTD lors de l'infiltration des eaux
souterraines dépend donc du pourcentage p du CBIO dans le CMTD :
A0 = A14 CBIO . p = A14 CBIO . (CBI0)/(CMTD) [pcm]
Ensuite si, et seulement si, la seule perte en radiocarbone du CMTD l’est par
désintégration radioactive, l'activité résiduelle du CMTD au moment du prélèvement étant
At, exprimée elle aussi en pcm, le temps t qui s'est écoulé entre l'infiltration et le
prélèvement est de:
t = 8267 . Ln(A0 /At) [années]
Où Ln est le logarithme népérien et la vie moyenne du radiocarbone de 8267 ans (Godwin,
1962).

II.4. 2. Estimation théorique DE At


L'âge d'une eau souterraine résulte donc d'une mesure A t et d'une estimation A 0 . Cette
dernière revient à évaluer le pourcentage p de carbone actif présent dans le CMTD lors de
l'infiltration, c'est-à-dire la participation du CO 2 du sol à la minéralisation carbonatée
totale.
L'utilisation du couple alcalinité/acidité permet une telle évaluation. L'alcalinité
carbonatée d'une eau (ALC) est sa capacité à neutraliser les H +. Ce rôle est joué par les
bases faibles suivantes :
HCO 3- + H+→ H2 CO 3 ;
CO 3 2- + 2H+ → H2CO3 ;
Si bien que l'on peut écrire l'équation:
Dr ADJIRI Oi Adjiri 59
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(ALC) = (HCO 3 -) + 2(CO3 2-) + (OH-) - (H+) [méq.L-1]

Symétriquement l'acidité carbonatée d'une eau (ACI) est sa capacité à neutraliser les OH - :

HCO 3 - + OH → CO32- + H2O ;


H2 CO 3 + 2OH- → CO 32- + 2H2O ;
Donc:
(ACI) = (HCO 3 - ) + 2(H2 CO3 ) + (H+) - (OH-) [méq.L-1]

Les équations précédentes entraînent :

(CMTD) = (ACI)/2 + (ALC)/2

La dissolution de CO 2 augmente le CMTD et l’ACI sans affecter l’ALC et la dissolution de


CaCO 3 augmente le CMTD et l’ALC sans affecter l’ACI (Tableau 6).

Tableau XXII. Effets de la dissolution de CO2 (g) et de CaCO3(S), sur le carbone minéral total
dissous (CMTD), l’acidité (ACI) et l’alcalinité (ALC) d’une eau

Effets sur:
Dissolution de
CMTD [1 mmole.L ACI [méq.L -
-
1 mmole . de : 1 1 ALC [méq.L -1 ]
] ]
CO2 (g)→
+1 +2 0
H2CO3
CaCO3(S) →CO32- +1 0 +2

On peut démontrer en effet que l’alcalinité n'est en rien affectée par la dissolution de CO 2 :
(CBIO) = (ACI)/2 ;
(CMTD) = (ALC)/2
et
p = (CBIO)/(CMTD) = (ACI)/2(CMTD),

Où p représente le pourcentage de carbone actif dans le CMTD.

III.3. Estimation pratique de At

a. Sur le terrain, lors du prélèvement pour la mesure de At, on mesure la température


de l'eau, son pH et son alcalinité,

b. Calcul de ACI et de CMTD. Lors de l’infiltration des eaux souterraines la pression


partielle du CO 2 du sol est environ de 10 à 100 fois celle du CO 2 atmosphérique
(Pitman, 1978). Il en résulte que le pH reste dans un domaine compris entre 7 et 8.
On est alors en droit, de négliger CO 32-, H+ et OH- si bien que l'on peut utiliser les
approximations suivantes :
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(CMTD) ≈ (H2CO 3) + (HCO3 -);
(ALC) ≈ (HCO 3 -);
(ACI) ≈ (HCO 3 -) + 2(H2 CO 3).
On peut en déduire que :

(CMTD) ≈ (ALC) (10 pK-pH +1)


p = (ACI)/2(CMTD) ≈ 1 - [l/2(10pK-pH + 1)]
où pK= 6,54 + 8,51.10-5 t2 - 9,46.10-3t avec t en °C (d'après Plummer et Busenberg, 1982).

Dans le domaine du pH habituel des eaux souterraines, c'est-à-dire entre 7 et 8, le


pourcentage p varie de 0,6 à 0,5.
c. Estimation de A14 CO 2 . Il est généralement admis que l'activité en l4C du CO 2 de
l'atmosphère, des plantes et du CO 2 du sol était de 100 pcm avant les essais
thermonucléaires aériens qui ont lieu de 1952 à 1980. Cette valeur doit être nuancée
car dans un sol, la matière organique s'accumule sur de longues périodes durant
lesquelles elle est continuellement renouvelée. L'activité en 14 C du CO 2 du sol est
donc nécessairement inférieure à 100 pcm. Avec Harrisson et al. (1993) nous
retiendrons avant 1952 :
A14 CBIO = A14CO 2 du sol = 90 ± 5 pcm
Après 1952 l'activité dans le CO 2 atmosphérique et les plantes a atteint un
maximum d'environ 190 pcm en 1964 (Levin et al., 1985; Olsson et Possnert, 1992;
Kamei et al., 1992). On utilisera la valeur suivante après 1952 :
A14 CO2 du sol = 110 ± 10 pcm .

III.4. Incertitude sur la datation


L'incertitude Δt sur l'âge t se calcule à partir de :
t = 8267. Ln(A0/At) [années] ;

|Δt| ≤ 8267. (|ΔA0/A0 | +|ΔAt /At|) [années].

a. Erreur relative|ΔA0 /A0 |. Elle résulte des erreurs sur A 14CO 2 et sur p. Celle sur
A14CO 2 d'environ 5% (5/90) et celle sur p provient essentiellement de l'erreur sur le
pH qui est au mieux de 5%. Donc |ΔA0 /A0|≤10%.

b. Erreur relative |ΔAt/At| est généralement de l'ordre de 0,5 pcm. Elle croît
évidemment avec l'âge pour atteindre 50% lorsque l'activité mesurée A t n'est plus
que de 1 pcm.
En définitive l'incertitude sur l'âge sera comprise entre ± 900 ans pour une eau récente (A t
≈ 50 pcm) à ± 5000 ans pour une eau fossile (A t ≈ 1 pcm).
Le seuil de mesure habituel est de 0,5 pcm. Cela entraîne un âge limite de :
t ≥ 8267.Ln(50/0,5) ≥ 40 000 ans pour A t ≤ 0,5 pcm

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APPLICATION
Les analyses isotopiques effectuées sur les eaux souterraines d'une région sahélienne de
l'Afrique où il pleut en moyenne 100 à 160 mm.an-1 et où l'évaporation potentielle avoisine
2700 mm.an-1 ont donné les résultats sous-mentionnés.
Tableau XXIII. Résultats des analyses isotopiques.
Points d'eau 18
O
2
H 3
H 1- Reportez ces résultats dans le
2 -0,90 -7 34,70 diagramme δ2H -δ18O.
10 -9,37 -66,7 0,50 2- En vous basant sur le diagramme
11 -9,21 ' -67,90 et les données du tableau, quelles
13 -1,80 -11,65 47,90
analyses et interprétations pouvez-
14 -6,22 -44,10 1,40
vous en tirer ?
15 -2,09 -12,31 44,90
16 -9,20 -57,50 0,80
3- On admet qu'une droite locale
17 -9,02 -58,80 passe par les points 2 ; 29 ; 34 ; 24.
18 -3,52 -18,70 53,90 a) Etablissez l'équation de cette
22 -8,39 -61 0,10 droite locale.
24 4,03 16 14,30 b) Quels renseignements peut-
26 -3,14 -13,80 30,30 on en tirer ?
29 0,78 0,30 20,10
c) Définissez les
30 -7,76 -53,50 0,10
31 -8,44 -56,60
caractéristiques de la pluie
32 -4.68 -23,70 54,60 initiale à l’origine de la
34 2,65 9,40 13,80 recharge.
35 -4,79 -24,60 47,70 4- Le tritium est le seul isotope
36 -3,51 -20,10 60,60 radioactif de la molécule d'eau. Il est
40 -9 -52 1,90 indiqué pour des temps de transit
42 -6,29 -42,90
inférieur à 30 ans. En vous appuyant
43 -9,14 -61 0,30
sur les données du tableau quelles
interprétations peut-on en tirer sur
l'âge des eaux.

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