SUPPORT - Cours Hydro - ISOTOPIE - 2019
SUPPORT - Cours Hydro - ISOTOPIE - 2019
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Daloa
Hydrochimie et Isotopie-M1GEE
Dr ADJIRI Oi Adjiri
Enseignant-Chercheur
Environnementaliste – Hydrogéochimiste – Eco concepteur
Auditeur Santé et Sécurité au Travail et évaluation du risque
Hydrochimie et isotopie M1
L’hydrogéologie est la science de l’eau souterraine. C’est une discipline des Sciences de la Terre
qui a pour objectifs l’étude du rôle des matériaux constituant le sous-sol et les structures
hydrogéologiques (aquifères) et, par acquisition de données numériques par la prospection ou
l’expérimentation sur le terrain, de permettre la planification des captages, ainsi que l’exploitation et la
gestion de l’eau souterraine. L’hydrogéologie se spécialise dans la recherche et l’exploitation des eaux
souterraines à usage domestique ou industriel. Elle étudie également à travers l’hydrodynamique
souterraine, comment les matériaux géologiques influencent la circulation des eaux. A travers
l’hydrochimie, elle étudie la qualité, les facteurs ou matériaux influençant la qualité et l’âge des eaux
souterraines. Outre des connaissances géologiques, l’hydrogéologue doit disposer de bonnes
connaissances en hydraulique et en chimie. Il intervient en effet dans la recherche et l’exploitation du
gisement de nappe aquifère, dans l’étude de la qualité des eaux ainsi que dans leur protection.
L’hydrogéologue doit être capable d’estimer la quantité et la qualité de l’eau et prédire son
comportement dans l’aquifère.
Ce manuel constitue un support de cours utile à l’enseignement de l’hydrochimie assuré par le
Département des Sciences de la Terre. Il est destiné aux étudiants débutants des Sciences de l’Eau et
de l’Environnement (Licence 3) ; il servira d’aide-mémoire et pourra être complété par des notes
personnelles et des exercices qui seront effectués en séances de travaux dirigés (TD).
Pré requis :
Notions de géologie, d’hydrogéologie et de chimie;
Connaissances de niveau terminal scientifique en mathématiques, de physique et de chimie ;
Connaître le contenu élémentaire (paramètres) liés aux propriétés physiques et chimiques des eaux.
Objectifs :
Être familier avec les méthodes d'échantillonnage et d'analyses des eaux souterraines ;
Être capable d'appliquer des méthodes hydrochimiques pour interpréter les résultats afin de classifier ou
de donner le nom de l’hydrofaciès;
Maîtriser des logiciels hydrochimiques pour caractériser les eaux souterraines, interpréter les résultats et
donner le nom de l’hydrofaciès ;
Être capable de déterminer l’âge relatif d’une eau souterraine à partir de l’évolution du système calco-
carbonique ;
Être capable de déterminer l’âge relatif d’une eau souterraine à partir de l’équilibre eau-minéraux
d’altération;
Être capable de déterminer l’âge relatif d’une eau souterraine et de dire si un milieu hydrogéologique est
ouvert ou fermé à l’atmosphère (notion de nappe libre et captive) ;
Notion d’isotopie des eaux ;
Être capable de déterminer l’âge relatif et absolu d’une eau souterraine à partir de la variation des teneurs
isotopiques ;
Être capable de déterminer l’âge relatif d’une eau souterraine à partir de la composition chimique de l’eau
de surface et celle des eaux souterraines.
Avertissement
- Les thèmes abordés ici sont totalement interdépendants et présentent une complexité croissante. Il est
donc très conseillé d’assurer une présence continue.
- Durant toutes les séances, le matériel requis est le suivant : Crayon à dessin (à mine ou HB),
diagramme de Schöeller – Berkaloff, de piper, gomme, un stylo et éventuellement un compas, une
traceuse et une calculatrice.
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Hydrochimie et isotopie M1
Introduction
L’hydrochimie est l’une des branches les plus importantes de l’hydrogéologie. Elle permet
de connaître non seulement la composition de l’eau, mais elle renseigne également sur les
interactions entre l’eau et son milieu ambiant. Elle traite donc essentiellement la composition
chimie de l’eau qui a plusieurs origines : atmosphérique, origine artificielle (pollution), origine
profonde (remontée magmatique dans les eaux souterraines) et les mécanismes d’acquisition
des substances dissoutes.
L’hydrochimie revêt une importance capitale, parce qu’elle est le support des informations
en Sciences de l’eau en générale et en hydrogéologie en particulier. En effet, savoir analyser,
exploiter et interpréter correctement des résultats d’analyses chimiques des eaux apporte
beaucoup à la résolution de nombreux problèmes scientifiques en hydrogéologie
environnementale. Par exemple, à partir d’un simple tableau d’analyse chimique des eaux, on
peut déterminer :
- les échanges et les interactions entre l’eau et la roche encaissante;
- le taux et le mode de renouvellement des eaux dans l’aquifère;
- la présence ou l’absence de milieux ouvert et fermé à l’atmosphère;
- le degré de pollution et de toxicité des eaux d’une région;
- le taux d’évaporation ;
- la température des masses nuageuses et l’intensité des précipitations ;
- l’âge absolu et l’âge relatif des eaux souterraines, c’est-à-dire le temps de séjour de l’eau
dans l’aquifère.
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Hydrochimie et isotopie M1
PARTIE 1 : Hydrochimie
I- Techniques de prélèvement, de dosages et modes d’expression de la composition
chimique des eaux
I-1. Techniques et modes de prélèvements d’échantillons
Prélèvement instantané
C'est le mode de prélèvement le plus fréquemment utilisé. Les flacons sont remplis sans
agiter l'eau au contact de l'air. Pour cela, il est nécessaire d'utiliser un tuyau adapté à la prise
d'échantillon et plongeant au fond de la bouteille, de laisser renouveler plusieurs fois le contenu
de celle-ci puis boucher aussitôt. Certaines analyses (oxygène, gaz carbonique, pH...) exigent
d'éviter toute agitation et contact avec l'air. Les échantillons pour analyses bactériologiques sont
prélevés en flacons stériles après avoir flambé le point de puisage (robinet métallique) et laissé
couler l'eau à débit constant pendant une minute environ sous la protection de la flamme avant
de prélever. Il est indispensable de noter sur chaque échantillon la date, l'origine et la nature
de l'eau.
Prélèvement composite
Des échantillons moyens sont recueillis lorsqu'on cherche une mesure de qualité moyenne
sur une période (par exemple 2 heures ou 24 heures). Un certain nombre d'appareils de
prélèvement automatiques permettent de constituer des échantillons proportionnellement au
débit.
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Prélèvement avec concentration
Une étape de concentration-extraction est nécessaire pour la mesure de micropolluants
organiques; elle peut être mise en œuvre au laboratoire, mais à partir d'un faible volume ou,
directement sur le site, au moyen d'appareils automatiques continus; dans ce cas, l'échantillon
peut correspondre à la concentration de plusieurs centaines de litres prélevés sur plusieurs
jours.
- échantillonneur d'eau pour substances volatiles, en combinaison avec un strippage en
boucle fermée ;
- système continu d'adsorption sur résines macroporeuses ;
- extracteur liquide-liquide en continu.
I-2. Techniques de dosage
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la volumétrie: les analyses portent sur un certain volume d’eau. De nombreux
paramètres sont déterminés par volumétrie (alcalinité, dureté totale, dureté calcique,
chlorures...). Des mallettes contenant de la verrerie classique de laboratoire
permettent ces déterminations (burettes, erlenmeyer, éprouvettes graduées,
fioles...) ;
la colorimétrie: Ces méthodes mettent en jeu des "réactions colorées" dont l'intensité
de la couleur obtenue est évaluée au moyen de comparateurs possédant des disques,
plaquettes ou bandes colorées servant d'étalons. Le seuil de la détection est déterminé
par un changement de couleur au contact d’une certaine quantité de réactif.
De nombreux paramètres sont déterminés par volumétrie (alcalinité, dureté totale,
dureté calcique, chlorures...). Des mallettes contenant de la verrerie classique de
laboratoire permettent ces déterminations (burettes, erlenmeyer, éprouvettes
graduées, fioles...) ;
la spectrophotométrie: La spectrophotométrie est une méthode analytique
quantitative qui consiste à mesurer l'absorbance ou la densité optique d'une substance
chimique donnée, généralement en solution. Plus l'échantillon est concentré, plus il
absorbe la lumière dans les limites de proportionnalité énoncées par la loi de Beer-
Lambert. La densité optique des échantillons est déterminée par un
spectrophotomètre préalablement étalonné sur la longueur d'onde d'absorption de la
substance à étudier. Il existe plusieurs méthode spectrophotométriques : la
spectrophotométrie d'absorption UV et IR, la spectrophotométrie d'absorption
atomique (SAA), la spectrophotométrie d'émission de flamme, la spectrophotométrie
de plasma à couplage inductif (ICP)…
la fluorescence X : La spectrométrie de fluorescence X (SFX ou FX, ou en anglais
XRF pour X-ray fluorescence) est une méthode d'analyse chimique utilisant une
propriété physique de la matière, la fluorescence de rayons X.
Lorsque l'on bombarde de la matière avec des rayons X, la matière réémet de
l'énergie sous la forme, entre autres, de rayons X ; c'est la fluorescence X, ou émission
secondaire de rayons X.
Le spectre des rayons X émis par la matière est caractéristique de la composition de
l'échantillon, en analysant ce spectre, on peut en déduire la composition élémentaire,
c'est-à-dire les concentrations massiques en éléments.
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D’autres méthodes très variées sont également utilisées telles, la chromatographie, la
polarographie spectrométrie de masse (SM), la mesure de la radioactivité…, mais elles ont
toutes la même finalité: la détermination de la teneur en ions des eaux. Après un dosage
chimique des eaux, le problème majeur se pose au niveau de la fiabilité et de l’expression des
résultats.
I-2. Les principaux paramètres de la composition de l’eau
Il existe une liste des principaux cations et anions à doser dans une eau naturelle de nos
régions. Les principaux cations:
+ 2+
Ca2 , Mg : sont les deux alcalino-terreux ;
À ces cations majeurs, on ajoute souvent certains cations mineurs comme: Al 3+, Fe2+, H+,
NH4+, etc. dont le dosage est souvent négligé dans certains travaux hydrogéologiques.
Il existe également 4 principaux anions dans la composition de l’eau dans nos régions: HCO -,
3
- 2- -
Cl , SO4 , NO3 .
2- - - -
Il existe également, des anions accessoires ou mineurs: PO3 , NO2 , Fl et I . L’iode et le fluor
sont des anions en traces.
I-3. Modes d’expression de la composition chimique
La composition chimique d’une eau constitue une de ses caractéristiques fondamentales. Les
modes d’expression des résultats d’analyses de cette composition chimique varient d’une
époque à l’autre et même d’un pays à l'autre. Toutefois, les résultats de dosages chimiques sont
généralement exprimés dans 3 unités différentes: le milligramme par litre (mg/L), le
milliéquivalent par litre (méq/L) et la mole par le litre (mol/L). Le milligramme par litre est
donné directement par les résultats de dosage. Mais, compte tenu du poids exceptionnel
important de certains éléments dans l’eau, il est préférable de traiter le dosage chimique en
milliéquivalent par litre. 1 méq/L se calcule en divisant la concentration obtenue en mg/L par
le rapport entre la masse (M) et la valence (V) de l’ion considéré.
En effet, le faciès chimique d’une eau provient non seulement de la quantité d’éléments
dissous dans l’eau mais aussi et surtout des quantités relatives des espèces dissoutes. L’unité de
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masse d’un ion capable d’entrer en réaction avec un autre ion est un "équivalent chimique”, il
est caractéristique de chaque élément et il dépend de sa masse atomique et de sa valence.
Les concentrations dans ce cas sont exprimées en équivalents. Ce qui correspond au nombre
d’équivalents contenus dans le poids de l’élément en solution. Lorsque les résultats sont donnés
en mg/L, on peut les exprimer en milliéquivalent par litre (méq/L) de l’ion considéré notés
rCa2+, rMg2+, rK+, etc.
Principe du calcul :
C (mg / L)
C en méq/L = , M : masse molaire ; V : valence
M /V
Très souvent, pour des besoins de calcul, les concentrations des ions peuvent également être
traduites en mole par litre ou millimole par litre (1 mol/L =1 000 mmol/L).
x 10-3
C (mg / L)
C en mol/L =
M
APPLICATION
Le dosage chimique d’une source d’eau a donné les résultats consignés dans le tableau ci-après. Les
teneurs étant exprimées en mg/L:
Ca2+ Mg2+ Na+ K+ HCO3- NH4+ Fe3+ Al3+ SO42- Cl- NO3- NO2- PO42-
78 24,5 5,7 0,97 352,5 0,48 0,09 0,7 10,6 2,25 3,8 0,23 0,05
, on demande de calculer
- les concentrations de cette même eau en méq/L;
- les concentrations de cette même eau en millimole/L
I-3-2. Concentration en ppm
Les résultats des dosages des différents éléments chimiques en solution dans l’eau exprimés
en méq/L ou en mol/L, peuvent aussi s’exprimer en partie par million ou ppm. La ppm est une
concentration ramenée à l’unité de poids x 106. Ce qui correspond à des concentrations en
milligrammes de sels dissous par kg de solution (mg/kg). Lorsque les eaux ont des poids
spécifiques voisins de 1, donc faiblement minéralisées, les teneurs en mg/L et ppm sont
approximativement les mêmes. Par contre elles diffèrent dans le cas d’eaux très chargées en sel.
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une telle représentation, aujourd’hui, est abandonnée. Néanmoins, il n’est pas inutile de
rappeler le principe de calcul de la concentration de l’élément simple à partir de la
concentration en sel.
Poids Atomique de A
A(mg) = C(mg) ×𝑦
poids moléculaire
100
1 méq/L de CaCO3 = = 50 mg ;
2
1
Donc 1°F = 5 de méq = 0,2 méq/L de CaCO3 Ou 1 méq/L de CaCO3= 5 degré français
NB : Les unités de concentration utilisées couramment dans les eaux sont le mg/L ou la ppm
(mg/kg). De telles unités se prêtent mal aussi bien à l’estimation des bilans réactionnels qu’aux
calculs d’équilibre qui font intervenir des moles. On utilisera la molarité (concentrations exprimées
en moles /litre) ou bien la molalité (concentration en moles/kg de solvant) ou encore la formalité
(moles/kg de solution).
La molarité est pratique lorsqu’on utilise des instruments de mesure de volume (pipettes, fioles
jaugées) et les dilutions se font plus aisément.
La molalité convient en thermodynamique pour exprimer les concentrations.
neutre comme l’eau, le nombre de charges négatives Ԑ- doit être égal au nombre de charges
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positives Ԑ+. Les principaux éléments constituants des espèces dissoutes étant au nombre de 8
(4 cations et 4 anions), un tableau d’analyse des eaux n’a de valeur que si la somme des 4 cations
majeurs (K+, Na+, Ca2+, Mg2+) est égale à celle des 4 anions majeurs (Cl-, SO42-, HCO3-, NO3-
(CO32- pour des pH>8,3)), exprimés en milliéquivalent par litre (méq/L). La vérification de
cette égalité est appelée balance ionique Ԑ. Cette dernière donne une idée de la fiabilité des
résultats d’analyse (erronée ou incomplète):
∑C+ = ∑A-
Avec:
∑C+ = [rCa2+]+ [rMg2+ ]+ [rNa+] + [rK+]
∑A- = [rCl-] + [rSO42-] + [rHCO3-] + [rCO3-] + [rNO3-]
et r = milliéquivalent
[ ] = concentration
Si ERR < 5 %: l’analyse est jugée satisfaisante, les méthodes de dosages ont été précises. Un
tel pourcentage inclut les erreurs liées à la précision des méthodes de détermination (les erreurs
d'analyse sur les cations ont été compensées par les erreurs équivalentes sur les anions) ainsi
qu’à l’omission des ions mineurs non pris en compte dans la balance ionique. Ce pourcentage
peut être ramené à 3 ou 2 pour des eaux faiblement minéralisées (<1 g/l) ou lorsque les
méthodes de dosages sont très précises.
Si ERR > 10 %: l’analyse est douteuse et doit être reprise pour une vérification. D’ailleurs, des
dosages présentant une balance ionique trop équilibrée (ERR = 0,1) peuvent être aussi douteux
et doivent être repris. En général, de nombreuses eaux naturelles présentent un déséquilibre
très important. En particulier, la balance ionique des eaux de l’Afrique de l’Ouest n’est pas
souvent équilibrée, mais cet état de fait n’a souvent rien à avoir avec une mauvaise analyse de
l’eau. Souvent, c’est le problème du non dosage de certains éléments dits mineurs (Al3+, Fe2+,
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H+, NH4+, NO2-, PO3-, etc.), alors que leurs concentrations sont souvent importantes dans
certaines eaux.
2-
En outre, en Côte d’Ivoire, les carbonates CO 3 n’existent généralement pas dans les eaux
naturelles, parce que le pH de celles-ci ne dépasse jamais 8,3 pour permettre l’apparition des
carbonates. C’est pourquoi partout, les eaux naturelles ne contiennent que les ions bicarbonates
HCO3-.
Dans ce cas, des éléments ont été dosés au laboratoire et les éléments manquants sont
déterminés par différence. C’est le cas de la somme rNa + + rK+ déterminée à partir de la
relation : r(N++K+) = ∑A- - r(Ca2++ Mg2+).
De tels résultats, présentent une balance ionique bien équilibrée. Mais, ils peuvent paraître
douteux surtout avec l’avènement du spectromètre à flamme très utilisé pour le dosage des
alcalins.
Toutefois, il existe une légère différence entre les erreurs d’analyses et celles liées aux ions non
analysés.
APPLICATION
Le dosage chimique d’une eau donne les valeurs suivantes en mmol/L :
Ca2+ Mg2+ Na+ K+ HCO3- SO42- Cl- NO3-
1,95 1,01 0,25 0,025 5,78 0,11 0,063 0,061
II-2. pH et carbonates
Une eau dont le pH<8,3 ne contient pas de carbonates. L’alcalinité des eaux naturelles
provient de la dissolution des sels de carbonates (HCO3-). L’eau qui contient du CO2 de l’air et
de la respiration des organismes du sol, dissout le magnésium et le calcium à partir d’un minéral
ordinaire, la dolomite (CaCO3, MgCO3) pour former la dureté et l’alcalinité de l’eau
souterraine.
II-3-1. Mesure du TH
La dureté totale de l’eau ou Titre Hydrotimétrique total (TH) est un indicateur global de la
minéralisation de l’eau. Elle exprime la teneur en sels de Ca et Mg de l'eau en degré TH et
correspond à la somme des cations métalliques, à l’exception des métaux alcalins (Na +, K+).
Dans les eaux naturelles elle est essentiellement due aux ions calcium (Ca 2+) et magnésium
(Mg2+), dont les concentrations lui sont proportionnelles. Il est généralement exprimé en degré
français (°F) :
TH = Ca2+ + Mg2+ = [Ca] (°F) + [Mg] (°F)
NB: 1°F de Ca2+ équivaut à 4 mg/L de Ca2+
1°F de Mg2+ équivaut à 2,43 mg/L Mg2+
Les eaux dures (avec un fort TH) s'opposent à la cuisson des aliments et se présentent mal pour
la lessive car elles empêchent le savon de mousser.
Le TH ne présente aucun risque pour la santé, mais peut provoquer l'entartrage des
installations de chauffage, des fers à repasser ou des cafetières électriques par précipitation de
carbonate de calcium CaCO3 (ou calcaire) en réagissant avec le TAC.
Le magnésium peut avoir un effet laxatif (purge doucement).
NB :
0 < TH < 10°F = eau très douce
10 < TH < 20°F = eau douce
20 < TH < 30°F = eau moyennement dure
30 < TH < 40°F = eau dure
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TH > 40°F = eau très dure
106
Conductivité (en µmho/cm) = ; R= résistivité
𝑅(𝑂ℎ𝑚−𝑐𝑚)
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diagrammes standards les plus utilisés sont : le diagramme de Schöeller-Berkaloff; le
diagramme triangulaire de Piper; et le diagramme rayonnant de Biémi.
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APPLICATION
Les eaux d’une région du Nord de la Côte d’Ivoire ont fait l’objet de dosage et les résultats obtenus en
mg/L sur les forages profonds creusés dans les roches sont :
Nord Est Ouest Centre Sud
Ca2+ 2,33 1,77 1 1,48 2,58
Mg 2+
1,58 1,44 0,56 1,56 1,94
Na+ 0,5 0,69 0,75 0,67 0,93
K+ 0,26 0,14 0,13 0,08 0,64
HCO3- 2,02 2,08 1,67 3,13 3,13
Cl- 0,39 0,45 0,33 0,52 0,59
SO42- 0,76 1,26 1,14 0,55 1,57
NO3- 0,65 0,43 0,89 0,94 0,67
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De même les analyses effectuées sur les forages profonds creusés dans les roches fissurées donnent les
résultats suivants en méq/L :
Nord Est Ouest Centre Sud
2+
Ca 1,01 3,3 1,19 0,7 2,01
Mg2+ 0,95 2,95 0,93 0,73 1,51
Na+ 0,43 0,35 0,37 0,49 0,78
K+ 0,24 0,31 0,5 0,32 0,33
HCO3- 1,71 1,76 2,66 1,89 2,22
Cl- 0,55 0,55 0,32 0,39 0,57
SO42- 0,4 1,88 1,17 0,9 1,83
NO3- 0,67 0,54 0,45 0,61 0,72
1- Représenter les 2 analyses d’eaux dans le diagramme de Schöeller – Berkaloff et comparer les
différents ions dans les différents secteurs.
2- Que pensez-vous du phénomène d’écoulement des eaux dans la nappe de cette ville ?
Ce diagramme définit également les hydrofaciès à l’instar des formules de Strahler, mais de
façon graphique. Il est composé de 3 parties: 2 triangles isocèles et 1 losange (Figure 3). Le
triangle I (à gauche du losange) est celui des cations; le triangle II (à droite du losange), celui
des anions et le losange III est le champ des hydrofaciès.
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Dans la pratique, pour déterminer l’hydrofaciès d’un échantillon dans le diagramme de Piper,
c’est le report des deux points représentatifs partiels de cet échantillon dans les triangles I et II
qui constitue l’étape la plus difficile; tandis que le point représentatif final, qui permet de
donner le nom de l’hydrofaciès dans le parallélogramme, n’est qu’une simple intersection de
deux droites projetées l’une à partir du point représentatif partiel de l’échantillon considéré
dans le triangle I et l’autre, à partir du point représentatif partiel du même échantillon dans le
triangle II.
Pour trouver le point représentatif de l’échantillon dans le triangle I des cations, il faut convertir
les concentrations ioniques de tous les cations de l’échantillon en méq/L et on calcule le
pourcentage (%) de chaque cation par rapport à la concentration totale de tous les cations.
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APPLICATION
Un échantillon d’eau présente une composition cationique comme l’indique les tableaux ci-dessous :
Tableau I. Cations
Ion C en mg/l
2+
Ca 122,244
2+
Mg 10,940
+
Na 45,980
+
K 3,910
Total
Tableau III. Concentrations ioniques en méq/l des eaux de Séguéla pour le diagramme
rayonnant
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Dans la pratique, on détermine les valeurs extrêmes (voir tableau): maxima, minima et
concentrations moyennes des ions; et on calcule aussi les écarts-types de dosage pour chaque
ion. Pour un ion donné, la valeur de l’écart-type doit être inférieure à la moyenne, sinon
l’analyse statistique en ce qui concerne l’ion en question n’a pas de sens, à cause de la trop
grande dispersion des valeurs extrêmes.
A partir de 0° N (ou 360°), on divise la circonférence des trois cercles de 60° en 60°.
L’extrémité de chaque graduation obtenue sur le grand cercle correspond à un ion majeur du
tableau. Ainsi, on positionne en ordre les ions: Ca 2+; Mg2+; SO42-; HCO3-, Cl- et Na++K+
comme l’indique la figure 4. Ensuite, entre les graduations précédentes correspondant à la
position des ions, on procède à une seconde graduation intermédiaire en pointillés, en vue de
construire le diagramme rayonnant.
Pour des raisons de commodité, le report des teneurs des ions en méq/L dans le diagramme se
fait toujours dans l’ordre : maxima, moyenne et minima; c’est lorsque le graphique des maxima
est terminé, qu’il faut attaquer celui des moyennes et ainsi de suite. Sur l’axe de Ca 2+, on
positionne le point représentatif le maximum du Ca2+, sachant que: 1cm = 1 méq/L dans le
diagramme. On joint par une ligne brisée ce point représentatif du maximum du Ca2+ au point
d’intersection du premier trait en pointillés de la graduation intermédiaire avec le grand cercle,
puis au point représentatif du maximum de Mg2+ situé à 60°. Et, à partir de Mg2+, on
recommence la même opération en direction de SO42- en passant toujours par les positions
intermédiaires; et ainsi de suite, jusqu’à ce que les maxima de tous les ions du tableau soient
représentés. On attaquera le graphique des moyennes quand celui des maxima sera fini ; celui
des minima étant le dernier.
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Pour ce diagramme rayonnant, Il faut surtout noter que les points représentatifs des ions
peuvent tomber à l’intérieur comme à l’extérieur du cercle considéré. Par ailleurs, pour tracer
la droite brisée qui joint un point représentatif à un autre, on passe toujours par les points
intermédiaires qui sont des intersections entre les traits pointillés et le cercle considéré.
III-2. Minéralisation, abondance ionique- Classification des eaux naturelles et notion
d’hydrofaciès à partir de la minéralisation et de la formule de Strahler
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d’une eau (ou de son inverse, la résistivité) permet d’évaluer rapidement sa minéralisation
totale.
En effet, au cours du cheminement des eaux dans le sol et sous-sol, les roches traversées sont
le siège d’une dissolution et attaque des éléments constitutifs. Il s’établit, entre la roche et l’eau
qui l’imprègne, des échanges d’ions. La minéralisation reflète la nature géologique des terrains
traversés par les eaux souterraines. Elle représente donc une carte signalétique importante.
La minéralisation totale de l’eau ne doit pas dépasser 2 g/L.
La relation liant la minéralisation à la résistivité (DOROSCHEWSKI in R GIRARD - 1973 et
in J. RODIER- 1979) est la suivante :
750 000
Minéralisation totale en mg/L=
Résistivité en Ohm.cm à 20°C
En réalité il existe donc 3 grands groupes d’eaux: bicarbonatées; chlorurée et sulfatée. Mais,
il arrive souvent qu’une eau soit à cheval entre deux groupes: ce sont des eaux mixtes. Lorsqu’on
étudie un hydrofaciès, remarque que chaque hydrofaciès est divisé en 4 groupes.
Exemple :
Dans l’hydrofaciès des eaux bicarbonatées, on doit ensuite établir aussi les formules
caractéristiques des groupes B et C.
Tableau V. Hydrofaciès des eaux sulfatées calciques
N° du groupe Formules Strahler Nom de l’hydrofaciès
D1 r (Na + K) > rMg > r Ca Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3) > r (Cl) > r SO4 fortement chlorurée magnésienne
D2 r (Na + K) > r (Mg) > r Ca Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3-) > r SO4 > r Cl fortement sulfatée magnésienne
D3 r (Na + K) > r Ca > r Mg Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3) > r Cl > r SO4 fortement chlorurée-calcique
D4 r (Na + K) > r (Ca) > r Mg Eau bicarbonatée sodique, légèrement ou
r (HCO3) > r (SO4) > r Cl fortement sulfatée calcique
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Cl- 9
SO42- 7
NO3- 0
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IV- Qualité des eaux destinées à agriculture
Il existe trois méthodes de contrôle de qualité des eaux destinée à une activité agricole: la
méthode du taux d’absorption du sodium (SAR); la méthode de wilcox; et la méthode de
Donneen.
IV-1. Méthode du taux d’absorption du sodium (SAR)
Pour la méthode du taux d’absorption du sodium (SAR), il faut signaler que le Na + joue un
rôle négatif dans le sol, parce qu’il réagit avec le sol en diminuant sa perméabilité et donc en
freinant la circulation des eaux. Sa présence dans le sol augmente le volume des particules
+
argileuses, ce qui fait obstruer les pores entre les particules. Quand un sol est riche en Na et
2- + 2-
que son anion dominant est CO3 , le sol est dit sol alcalin. Si un sol est riche en Na et SO4 ,
-
ou en cl , on parle de sol salé. Cependant, dans les deux cas, les végétaux supporteront moins
un tel sol.
rNa
SAR =
rCa 2 rMg2
2
+ 2+ 2+
Dans cette formule du SAR, les concentrations en Na , Ca et Mg sont imprimées en méq/L.
Cette méthode permet d’obtenir un graphique à double entrée par rapport aux valeurs du SAR
et à la conductivité de l’eau. Les valeurs du SAR permettent d’isoler les 4 classes d’eau du
tableau ci-après.
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Tableau IX. Qualité de l’eau en agriculture en fonction de la conductivité
Tableau XI. Possibilités d’utilisation d’une eau en fonction du SAR (Wilcox, 1958)
Classe Valeur du SAR Observations
Ces eaux peuvent être utilisées à peu près sans danger sur la
plupart des sols. Cependant, les plantes particulièrement
S1 < 10 sensibles au sodium, telles certaines espèces de fruits à noyau,
arbres, avocats, peuvent dangereusement accumuler du
sodium dans leurs feuilles.
L’irrigation avec des eaux de ce type peut être un peu
problématique sur des sols à texture fine, forte capacité
S2 10 < SAR < 18 d’échange d’ions (argileux), à moins qu’ils ne soient
gypsifères. Ces eaux peuvent être utilisées sans problème sur
des sols grossiers (sableux) ou organiques, à bonne
perméabilité.
L’utilisation de ces eaux est problématique sur la plupart des
sols et nécessite une préparation spéciale des sols: bon
drainage, bon lessivage, addition de matières organiques. Les
S3 18 < SAR < 26 risques d’amendements chimiques peuvent être nécessaires
pour remplacer le sodium échangeable, sous réserve de ne
pas être utilisé avec des eaux salées.
Les eaux à fort taux d’absorption du sodium sont
généralement déconseillées pour l’irrigation, sauf si l’eau est
S4 > 26 moyennement minéralisée, et sur des sols où la présence de
Ca, l’addition de gypse ou d’autres amendements en rend
l’utilisation possible.
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Tableau XII. Aptitude des eaux à l’irrigation à partir de l’évolution de la conductivité par
rapport au SAR (US, DA, Hand book n° 60, 1954)
Classe Diagnostic
C1S1 Utilisable pour l’irrigation de la plupart des espèces cultivées
C1S2 Utilisable pour l’irrigation de la plupart des espèces cultivées, mais veiller au
lessivage, difficile dans les sols peu perméables, et au drainage
C1S3 - Nécessité de sols bien préparés: bon drainage, fort lessivage, addition de matières
organiques.
- Dans certains cas, l’eau d’irrigation peut dissoudre suffisamment le Ca pour
abaisser sa teneur relative en Na d’une façon appréciable.
- Dans les sols calcaires à pH élevé ou dans les sols non calcaires, la teneur relative
en Na peut être améliorée par addition de gypse.
C1S4 -Difficilement utilisable dans les sols de faible perméabilité.
- Nécessité des sols bien préparés, bien drainés, fort lessivage, addition de matières
organiques.
- Dans certains cas, l’eau d’irrigation peut dissoudre suffisamment le Ca pour
abaisser sa teneur relative en Na d’une façon appréciable.
- Dans les sols calcaires à pH élevé ou dans les sols non calcaires, la teneur relative
en Na peut être améliorée par addition de gypse.
C2S1 Eau convenant aux plantes présentant une légère tolérance au sel (les arbres
fruitiers à noyau peuvent accumuler dangereusement le Na)
C2S2 Eau convenant aux plantes présentant une légère tolérance au sel, mais nécessite
un sol grossier ou organique de bonne perméabilité.
C2S3 - Implique des plantes ayant une certaine tolérance au sel et des sols grossiers et
bien préparés (bon drainage, bon lessivage, addition de matières organiques).
- Il peut être bénéfique d’ajouter périodiquement du gypse au sol.
C2S4 - Ne convient généralement pas pour l’irrigation.
- Dans les sols calcaires à pH élevé ou dans des sols non calcaires, la teneur relative
en Na peut être améliorée par addition de gypse.
C3S1 Implique le choix d’espèces ayant une bonne tolérance au sel et un sol
particulièrement bien aménagé (drainage adéquat, contrôle de l’évolution de la
salinité).
C3S2 -Implique le choix d’espèces ayant une bonne tolérance au sel et des sols
particulièrement perméables et drainables.
- A utiliser sur des sols grossiers ou organiques de bonne perméabilité, avec
drainage adéquat, contrôle de l’évolution de la salinité.
- Il peut être bénéfique d’ajouter périodiquement du gypse au sol.
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C3S3 Implique le choix d’espèces ayant une bonne tolérance au sel et des sols
particulièrement perméables et drainables.
C3S4 Ne convient généralement pas pour l’irrigation.
C4S1 Ne convient pas à l’irrigation dans des conditions normales, mais peut être
acceptable dans certains cas pour des espèces ayant une bonne tolérance au sel et
des sols particulièrement bien drainés. .
C4S2 Ne convient pas à l’irrigation dans des conditions normales, mais peut être
acceptable dans certains cas pour des espèces ayant une bonne tolérance au sel et
des sols particulièrement bien drainés. .
C4S3 Ne convient généralement pas pour l’irrigation.
C4S4 Ne convient généralement pas pour l’irrigation.
anions dominants sont Cl- et SO4 sont des sols salés. En général, les sols alcalins et salés, s’ils
2-
+
sont saturés en Na ne conviennent pas aux activités agricoles. Pour cette raison, Wilcox
propose 5 classes d’eau pour l’agriculture en fonction des 3 éléments que sont: la conductivité,
+
le Na et le bore (Tableau XIII).
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Tableau XIII. Classes d’eau de Wilcox pour l’agriculture en fonction de la conductivité,
du Na+ et du bore
Bore (mg/l) pour les cultures
Classe % Na Cond.
Tolérantes semi- sensibles
tolérantes
C1 20 <250 <1 <0,67 <0,33
C2 20-40 200-750 1-2 0,67-1,33 0,33-0,67
C3 40-60 750-2000 2-3 1,33-2 0,67-1
C4 60-80 >3000 3-3,75 2-2,25 1-1,25
C5 >80 2000-3000 >3,75 3-2,50 >1,25
Ainsi, la qualité des eaux des 5 classes pour l’agriculture est donnée de la façon suivante :
- classe C1, Na < 20: eau de qualité excellente pour l’agriculture
- classe C2, 20 < Na < 40: eau de bonne qualité pour l’agriculture
- classe C3, 40 < Na < 60: eau de qualité acceptable pour l’agriculture
- classe C4, 60 < Na < 80: eau de mauvaise qualité, ou douteuse
- classe C5, Na > 80: eau de très mauvaise qualité
Les 5 classes d’eau pour l’agriculture de Wilcox donnent lieu à un diagramme (Figure 6).
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IV-3. Méthode de Donneen
La méthode de Donneen est basée sur 3 éléments: la salinité potentielle ou effective (SP),
l’indice de perméabilité (IP) et la teneur en bore (substance toxique).
Classes
Caractère du sol
I II III
sol à perméabilité faible 3 3-5 >5
sol à perméabilité moyen 5 5-10 >10
sol à perméabilité élevée 10 10-15 >15
Na HCO3
IP = 2 2 x100
Na Mg Ca
Dans cette formule les teneurs des différents ions sont exprimées en méq/L. En 1961, Donneen
propose un diagramme de classification des eaux d’irrigation en fonction de la salinité
potentielle, de l’indice de perméabilité et de la concentration totale des ions en méq/L. La
valeur de l’indice de perméabilité est portée en abscisse sur le diagramme et la concentration
totale des ions en ordonnée. Mais, la méthode n’a de sens que si la salinité potentielle calculée
préalablement est inférieure à 3. La méthode donne 3 classes d’eau d’irrigation (Figure 7):
- classe I : eau de bonne qualité
- classe II: eau de moyenne qualité
- classe III : eau de mauvaise qualité
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Très souvent on peut se demander s’il est nécessaire d’étudier le système calco-carbonique dans
les souterraines issues des roches cristalline, c'est-à-dire des roche non carbonatées. Sur ce
point, on doit savoir que cette méthode n’est pas utilisée pour étudier ni les carbonates dans
l’eau ni dans les roches encaissantes. Elles sont utilisées pour déterminer le temps de séjour de
l’eau dans l’aquifère. Son principe est basé sur le fait que le CO2 est produit à la surface du sol.
S’il n’est pas entrainé en profondeur, les eaux profondes en sont exemptes. S’ils sont entrainés
en profondeur par les eaux d’infiltration et que l’alimentation se bloque, le stock de CO2 va
s’épuiser après un temps plus ou moins long. Au contrainte, une eau profonde toujours riche
en CO2 séjourne dans un aquifère qui reçoit en permanence des eaux d’infiltration. Lorsqu’on
calcule les indices de saturation de l’eau par rapport au carbonate, ils mettent en évidence tous
ces phénomènes. Dans certains cas, une eau qui n’avait pas de carbonate au départ s’enrichit
secondairement en carbonate suivant la réaction :
CaCO3+CO2+H2O ↔ 2HCO3-+Ca2+
En conséquence, les valeurs des indices de saturation vont augmenter dans la solution.
L’apparition de tels carbonates entrainent avec elle la séquestration des ions H +.
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CO2aq+H2O ↔ H2CO3 (2)
Ko étant de constance d’équilibre de cette équation
Log Ko= -1,5 à 25°C
Phase liquide
Au niveau de la phase liquide, il y a 3 équilibres qui règlent les réactions :
- l’acide carbonique (H2CO3) subit une ionisation en H+ et HCO3- suivant la réaction
H2CO3 ↔ H++ HCO3- (3)
Log K1= - 6, 4 à 25°C
L’ion bicarbonate se divise à son tour pour donner les ions H + et CO3-
HCO3- ↔ H++ CO32- (4)
Log K2= - 10, 3 à 25 °C
- Les protons H+ issus de la dissolution du bicarbonate vont entrainer l’ionisation de
l’eau.
H2 O ↔ H+ + OH- (5)
Log Ke= -14
Phase solide
Il se produit diverses réactions de dissolution des roches carbonatées ou sulfatées et l’apparition
de carbonate de néoformation.
MeCO3 ↔ Me2+ + CO32-
Me : tous les cations bivalents
- Dans le cas de la calcite, il se produit une dissolution à l’interface eau-solide :
CaCO3 ↔ Ca2+ + CO32- (6)
Log Kc = -8,5 à 25 °C, Kc constance de dissociation de la calcite
Kc= aca2+ + aco32-
- dans le cas de la dolomite, il se produit la dissolution de celle-ci :
MgCa(CO3)2 ↔ Mg²++ Ca2+ + 2(CO32-) (7)
Log Kd = - 17 à 25°c
Kd = aMg2+ + aca2+ 2aco32-
Kd : constance de dissolution de la dolomite
Autres équilibres
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Dans la nature, d’autres composés peuvent également se formés et donnée lieu à d’autre type
de réactions d’équilibre c’est le cas des composé sulfatés. De même le gaz carbonique, l’acide
carbonique, ainsi que dans ion H+ et HCO3- peuvent exister dans l’eau pure.
Tableau XV. Principaux équilibres du système calco-carbonique dans les eaux souterraines et
expressions de leurs constantes
1 CO2g ↔ CO2aq Ko = mCO2/pCO2
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L’utilisation optimum du système calco-carbonique nécessite que l’on tienne compte de deux
corrections : celle liée à la température et celle due à la force ionique de chaque point d’eau et
donc au coefficient d’activité de chaque ion.
Les paramètres permettant de calculer la valeur des constantes d’équilibre en tenant compte
de la température du point d’eau sont consignés dans le tableau II.
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Correction due à la force ionique
La solubilité d’un sel est généralement accrue en présence d’autres ions. On mesure donc
l’importance du rôle joué par les ions i par la relation suivante :
1
I = 2 ∑𝑛0 𝑚𝑖 𝑍𝑖2
γi = coefficient d’activité de l’ion i. Il est donné par la formule de Debye et Hükel (in Schoeller,
1922). Celle-ci n’est valable que pour les eaux à force ionique négligeable (ai<0,1 mol.L -1).
−𝐴𝑍𝑖2 √I
𝐿𝑜𝑔 𝛾𝑖 =
1 + a°𝑖 B√I
𝑎𝑖° : Rayon d’influence de l’ion i considéré en angstrœm (Å). C’est une grandeur expérimentale
fonction du diamètre effectif de l’ion i (Tableau III). A et B étant des coefficients empiriques
en fonction de la température (°C).
A (t en °C)= 0,000920t+0,4850 ;
B (t en °C)=0,0001162t+0,3241 ;
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La loi d’action de masse ne s’applique, en toute rigueur pour des activités pour lesquelles la
force ionique I<0,05. Dans l’application numérique, il faut tenir compte de ce coefficient
d’activité.
I.2. Les variables du système calco-carbonique et leur signification
L’évolution du système calco-carbonique dépend essentiellement de 2 catégories variables :
La pression partielle de CO2 (pco2) et le CO2 dissout qui renseigne sur la présence ou
non des eaux nouvellement infiltrées dans le sol ;
Le pH d’équilibres et les indices de saturation (ISC, ISD) de l’eau par rapport aux
carbonates. Ils renseignent sur le temps de séjour des eaux dans l’aquifère.
Le CO2 de l’atmosphère
Selon H. Schöeller (1969), le CO2 dissous dans l’eau et d’origine atmosphérique n’existerait
qu’en proportion faible en raison de la faible tension de CO2 de l’air qui serait de l’ordre de
0,0003 à 0,0004. De sorte que l’eau de pluie ne contient que de très petites quantités de CO2
dissous entre 0,5 et 0,8 mg / L, selon la température. Cependant, des dosages ont donné des
valeurs pouvant atteindre tout au plus 2,5 mg/L. De ce fait, la teneur en bicarbonate (HCO3-)
est très faible, de l’ordre de 0,14 à 0,22 mg/L.
Dr ADJIRI Oi Adjiri 38
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A l’opposé quand une eau profonde présente des teneurs en CO2 faibles, voire nulles, cela
signifie que les quantités de gaz présents à l’origine dans l’eau sont arrivées à épuisement. Cette
hypothèse est basée sur le fait que le CO2 est utilisé par l’eau pour l’hydrolyse des silicates dans
les roches encaissantes. Or, l’hydrolyse est une réaction lente qui requiert un temps
suffisamment long pour s’accomplir en totalité. C’est pourquoi à priori, toute eau profonde
pauvre en CO2 dissous pourrait être considérée comme ancienne.
(𝐻𝐶𝑂 3− )(𝐻 + )
(3) K0 PCO2= 𝐾1
LogPCO2 = Log (H+) + log (HCO3-) - LogK1 - LogK0
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𝒎𝒐𝒍
𝟒𝟒.𝑨 ( 𝑳
)
Concentration de CO2 libre (en mg/L) = = 44.A (mol/L) 103
𝟏𝟎−𝟑
La détermination de l’âge relatif des eaux à partir de la variation des teneurs en CO 2 dissous
n’étant pas totalement fiable pour des raisons énumérées plus haut, on va avoir recours aux
calculs du pH d’équilibre et aux calculs de ISC et ISD.
I.2.2. pH d’équilibre et indice de saturation de l’eau par rapport à la calcite
(ISC) et à la dolomite (ISD)
Le pH d’équilibre est égal au pH d’eau en équilibre chimique avec un carbonate pour une
activité invariable du bicarbonate (HCO3-). Une eau équilibrée sur le plan calco-carbonique,
est une eau exactement saturée en carbonate de calcium (CaCo3). Elle n’aura donc plus
tendance à en dissoudre qu’elle n’a à en déposer. Elle contient la quantité de CO2 nécessaire et
suffisante pour maintenir en solution les Ca2+ qu’elle contient sous forme de bicarbonate (J.
Bontoux, 1983). Le calcul du pH d’équilibre se fonde sur les équations du tableau 1.
(𝐶𝑂32− )(𝐻 + )
HCO3- ↔ H+ + CO32- (3) avec K2 = de l’équation 3 (Tableau 2) on tire (H+)
(𝐻𝐶𝑂3− )
(𝐻𝐶𝑂 3− )
(H+) = K2 où (H+) est l’activité de l’ion hydrogène
(𝐶𝑂32− )
(𝐶𝑎 2+ )(𝐶𝑂32− )
CaCO3 ↔ Ca2+ + CO32- (5) Avec Kc = (𝐶𝑎𝐶𝑂3 )
(𝐶𝑎𝐶𝑂3 )
Selon l’équation (5) (CO32-) = Kc , (CaCo3) = 1
(𝐶𝑎 2+ )
∆pH est le paramètre le plus important du point de vue hydrogéologique. Sa valeur est
déterminée à partir d’une simple comparaison entre le pH réel et le pH d’équilibre. ∆pH
correspond aussi à la valeur de l’indice de saturation par rapport à la calcite (ISC).
= 2 (log K2 + log (HCO3-) – log H+) + log Ca2+ + log Mg2+ - log KD
ISD = PKD + 2 (pH - PK2 + log a HCO3-) + log a Ca2+ + log aMg2+
Log KD = a Ca + a Mg + 2 a CO32-
∆pH ou indice de Langelier, nous renseigne sur l’état d’équilibre des solutions et sur leur degré
d’agressivité pouvant intervenir dans l’attaque et l’hydrolyse des silicates dans les roches.
- Lorsque la valeur de l’indice de saturation est très négative (∆pH < -0,05), l’eau est
récente dans le sol et dans ce cas elle peut contenir ou non du CO 2 en quantité
importante. Les eaux sont agressives et sous saturées en calcite.
- Quand les indices sont nuls ou proche de zéro, cela sous-entend que ∆pH est compris
entre -0,05 et + 0,05. On doit dire alors que les eaux sont saturées par rapport aux
carbonates considérés ou qu’elles sont en équilibre chimique.
Dans ce cas, leur teneur en CO2 dissous est voisine de zéro. La solution ne peut subir
d’évolution tant que les conditions de PCO2 et de température n’auront pas varié. L’eau
est saturée en carbonate considéré. Ceci se traduit par un épuisement des quantités de
CO2 initialement présentes dans l’eau. Les eaux perdent alors leur agressivité au contact
des roches encaissantes. Les eaux sont de ce fait anciennes et ont donc un temps de
séjour prolongé dans l’aquifère.
- Quand les indices de saturation sont supérieurs à 0,05. On dit que les eaux sont
sursaturées vis-à-vis de la calcite, alors, les carbonates précipitent dans l’eau. Ce qui est
un indice de vieillissement de l’eau dans l’aquifère. Seul un contact très prolongé entre
Dr ADJIRI Oi Adjiri 41
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l’eau et l’aquifère peut justifier un précipité de carbonate dans les roches. Contrairement
à la plus part des équilibres qui sont atteints en quelques minutes ou en quelques heures,
la dissolution de la roche encaissante par contre est conditionnée par la durée du temps
de séjour de l’eau au contact de la roche.
Pour avoir des résultats satisfaisants, il est conseillé de calculer les indices de saturation
de l’eau par rapport à au moins deux carbonates (calcite et dolomite), figure 1.
Dr ADJIRI Oi Adjiri 42
Hydrochimie et isotopie M1
Les indices de saturation peuvent être calculés pour toutes sortes de carbonates : calcite,
aragonites, dolomite, etc. à partir de la formule générale.
I.2.3. Inconvénients et limites de la méthode
La détermination de l’âge relatif des eaux par l’évolution du système calco-carbonique est
assujettie à la précision et à la fiabilité des résultats d’analyse. Cette méthode présente une
limite qui est celle de l’origine du CO2. En effet, dans les endroits où le CO 2 ne provient pas
uniquement de l’atmosphère et du sol, mais aussi d’une source magmatique, cette méthode
devient incapable de renseigner sur l’âge des eaux dans l’aquifère. Dans ce cas, par exemple,
une montée permanente de CO2 magmatique maintiendra les eaux dans un état de sous
saturation permanente pour lequel les indices de saturation seront toujours négatifs malgré
l’âge ancien des eaux dans l’aquifère.
APPLICATION
Les eaux d’une région du Nord de la Côte d’Ivoire ont fait l’objet de dosage et les
résultats obtenus sur les forages profonds creusés dans les roches sont (en mg/L) :
Dr ADJIRI Oi Adjiri 43
Hydrochimie et isotopie M1
Dans un système ouvert, l’évolution chimique des eaux a lieu sous pression partielle de CO 2
variable dans l’espace et dans le temps, se produisant dans la zone d’aération des sols et des
réservoirs : zone non saturée siège des écoulements diphasiques où la phase gazeuse associée à
l’eau, favorise une alimentation ininterrompue de l’aquifère en CO2.
Au contraire, quand un milieu est fermé, l’évolution chimique des eaux a lieu avec une quantité
de CO2 et de HCO3- invariable dans la zone saturée; où l’écoulement monophasique est
caractérisé par l’absence de la phase gazeuse et ne permet plus la réalimentation de la nappe
en CO2. Dans un tel système, le carbone total dissous (CTD), dès sa formation est soustrait du
contact de CO2 de l’atmosphère des sols et ne subit désormais aucune réaction d’échange, lors
de son transit dans la zone noyée. Dans ces conditions, il est établit que le bicarbonate et l'acide
carbonique proviennent du CO2 des sols et en partie, des carbonates solides.
Dans les systèmes fermés à l’atmosphère, les eaux sont logiquement exemptes du tritium
d’origine thermonucléaire et elles doivent parcourir une grande distance avant d’atteindre le
réservoir qui évolue en absence du CO 2. Le système fermé indique que l’alimentation de la
nappe par infiltration à travers la zone non saturée est arrêtée ; ce qui rend logiquement la
nappe captive, parce que la fracturation n’est plus suffisante pour permettre une alimentation
directe décelable chimiquement (Gallo, 1978).
Dr ADJIRI Oi Adjiri 44
Hydrochimie et isotopie M1
Le domaine II désigne des conditions de circulation des eaux peu favorables comparativement
à celles des domaines I et III, notamment pour les points représentatifs qui s’écartent davantage
de l’origine des axes et surtout qui sont assez rapprochés du domaine V ;
Enfin, le domaine V est celui qui caractérise les systèmes hydrogéologiques fermés à
l’atmosphère : il est limité à une portion de la courbe théorique située au centre du diagramme,
à son voisinage immédiat. Cette courbe théorique est bien connue des chimistes et correspond
à l’évolution d’une quantité invariable de CO32- vers l’état d’équilibre représenté par le point de
précipitation du carbonate (CaCO3), en présence d’une concentration constante de CO 2 gaz.
APPLICATION
Variables du système calco-carbonique dans les eaux souterraines de la Marahoué
Localités I(mo/L) Log K0 Log K1 pHr pHéq PCO2 ISC ISD
1 Darabana 0,006 -1,5 -6,34 6,8 7 ,46 0 ,0311 -0 ,7 -2,1
2 Mangbanran 0,01 -1,52 -6,32 6,6 7 ,22 0,0476 -1,4 -1 ,6
3 Douanha 0,01 -1 ,51 -6,33 6,1 7,45 0,2092 -1,3 -3,7
1-A partir des valeurs CO2, PCO2, pHréel (pHr), pHéq et IS, dites à quels domaines et quels
systèmes appartiennent les eaux de ces aquifères ?
2- Donner l’âge relatif de ces eaux.
Dr ADJIRI Oi Adjiri 46
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I.3. ÉQUILBRE EAU-MINÉRAUX D’ALTÉRATION DES ROCHES
I.3.1. Base de la méthode
Toutes les formations géologiques sont composées de minéraux primaires plus ou moins
facilement altérables. On a les plagioclases calco-sodiques, et potassiques et les minéraux
ferromagnésiens (biotite, amphibole, pyroxène, etc.) dont la destruction aboutit à la
néoformation d’argiles secondaires de séquence d’apparition liée au climat et à l’intensité de
lessivage.
L’évolution des argiles, les premières à apparaître (séricite, vermiculite, montmorillonite) va
évoluer vers les argiles de la séquence suivante : illite, kaolinite et gibbsite. Les plus pauvres en
cations basiques et en silice passe en premier en solution et les autres, quand l’intensité de
l’altération augmente. Ces argiles présentes dans l’eau renseignent donc sur l’âge de l’eau et la
perméabilité du milieu.
Il en résulte que dans les aquifères riches en minéraux secondaires (argile), le contact eau de
pluie agressive et les formations encaissantes plus ou moins vulnérables à la dissolution va
provoquer une série de réactions d’échanges de base et éventuellement d’énergie, en vue d’un
ajustement de l’équilibre liquide-solide entre les corps étrangers de l’eau venus au contact de
ceux de la roche. Par conséquent, lorsque cet équilibre est atteint, la composition des eaux au
sein de l’aquifère devrait pouvoir se rapprocher des compositions chimiques et minéralogiques
des roches en place ou de leurs minéraux secondaires. C’est pourquoi la composition chimique
de l’eau peut fournir des indications sur la nature pétrographique des formations dans une
région. En conséquence, les objectifs de cette méthode sont :
- Identification de l’argile en équilibre avec l’eau au réservoir.
- Utiliser le chimisme de l’eau pour avoir une idée sur la nature pétrographique des roches.
- Détermination de l’âge relatif des eaux.
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I3.2-1. Equilibre eau-plagioclases calcosodique (anorthite et albite) et minéraux
d’altération
L’albite (NaAlSi3O8) et l’anorthite (CaAl2Si2O8) sont des minéraux primaires sodiques et
calciques qui constituent les deux extrêmes sodique et calcique de la série des plagioclases
(Tableau V).
Leur altération suite à l’hydrolyse donne des argiles telles que la montmorillonite, la kaolinite
et la gibbsite (Figure 3).
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I.3-2-2. Equilibre eau-chlorite manganésienne microcline et leurs minéraux
d’altération
La chlorite [(Mg, Fe, Al)6(Al, Si)4O10(OH)] est un phyllosilicate qui appartient à la zone
supérieure du métamorphisme général. Tandis que le microcline (Si3AlO8K) est un tectosilicate
très résistant à l’altération. L’altération de la chlorite et du microcline aboutit à la formation de
la montmorillonite ou de l’illite qui vont évoluer vers la kaolinite (Figure 4).
(A) (B)
Figure 5. (A) Diagramme d’équilibre albite-montmorillonite-kaolinite-gibbsite (à 25°C et 1 atm)
(B) Diagramme d’équilibre anorthite-montmorillonite-kaolinite-gibbsite (à 25°C et 1 atm)
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Hydrochimie et isotopie M1
Age des eaux dans le diagramme
Les échantillons les plus éloignés de l’origine des axes sont de fait ceux qui contiennent les eaux
les plus anciennes.
APPLICATION
Variables du système calco-carbonique dans les eaux souterraine de la Marahoué
Localités I(mo/L) Log K0 Log K1 pHr pHéq PCO2 ISC ISD
1 Darabana 0,006 -1,5 -6,34 6,8 7 ,46 0 ,0311 -0 ,7 -2,1
2 Mangbanran 0,01 -1,52 -6,32 6,6 7 ,22 0,0476 -1,4 -1 ,6
3 Douanha 0,01 -1 ,51 -6,33 6,1 7,45 0,2092 -1,3 -3,7
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1-A partir des valeurs CO2, PCO2, pHréel, (pHr), pHéq et IS, quelle est l’évolution chimique
des eaux de ces aquifères ?
2- Donner l’âge relatif de ces eaux.
(B)
(A)
(C) (D)
II.1. Généralités
Les techniques isotopiques sont utilisées depuis une trentaine d’année dans la recherche
hydrologique et hydrogéologique. Elles permettent d’évaluer correctement les ressources en
eaux souterraines là où leur exploitation rêvait intimement délicat.
En Afrique de l’ouest, l’utilisation n’est pas encore vulgarisée à cause du coût encore élevé.
Les isotopes de l’environnement sont des éléments dont les variations naturelles de
concentration au cours du cycle de l’eau permettent leur utilisation comme traceur des espèces
chimiques auxquelles ils sont intrinsèquement liés. Ils sont stables ou radioactifs naturels ou
artificiels. Parmi les plus utilisés, on peut en citer : 2H, 3H, 18O, 17O. Le principe de la technique
consiste à mesurer les abondances ioniques des constituants de la molécule d’eau.
La teneur en isotope stable 21H, 178O fournissent des informations sur le mécanisme des zones
de recharge et des zones d’alimentation des nappes. Les isotopes radioactifs sont régis par la
loi de décroissance radioactive.
𝑇1/2 𝐴
t = ln(2) 𝐴0
𝑡
T½ : c’est le temps de demi -vie ou période radio active de l’élément. En d’autre terme, c’est le
temps nécessaire pour qu’un atome donné se réduise de moitié.
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Leur étude permet la connaissance des temps de transite des eaux, l’âge et l’identification des
mélanges entre les eaux.
Pour le tritium, la fréquence la plus faible correspond à celle des précipitations avant 1952. La plus
forte est celle qui est atteinte par les pluies dans l’hémisphère nord en 1963 à la suite aux essais
thermonucléaires aériens, américains et soviétiques qui ont débuté le 31 octobre 1952 et qui se sont
poursuivis jusqu’en 1963.
Parmi les espèces moléculaires rares de l’eau fournies par la combinaison de ces isotopes, en
particulier celle qui présente un intérêt en hydrogéologie sont : 1H1H18O, 1H2H16O, 1H3H16O
La molécule d’eau qui contient un atome de tritium quoique rare présente un grand intérêt
car émettant des particules β- qui sont détectés de façon très sensible.
Composition d’isotopie δ
On utilise δ pour traduire les variations de concentration de l’espèce isotopique rare par
rapport à celle d’un étalon de référence bien connu au niveau du rapport isotopique.
Les δ sont ainsi exprimées en part pour 0/00 d’où cette notation δ pour 1000. L’étalon de
référence utilisé par l’isotopique stable constitutif de l’eau est le SMOW.
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S: Standard; M: Mille; O: Ocean; W: Water
δ 0/00 océan = 0 (le Standard), c’est Craig qui a défini le SMOW en 1961.
Cette notation est transposable à tous les isotopes stables, en particulier au deutérium.
A quoi sert 18O ? Grâce au gradient géothermique d’une région, il est possible d’évaluer
l’altitude de l’air d’infiltration des eaux alimentant une source.
A quoi sert le deutérium ? le Deutérium est un isotope stable de l’eau, il est utilisé souvent pour
les phénomènes d’évaporation de l’eau. En effet les eaux naturelles exempt de phénomène
18
𝑂 1
d’évaporation, présente un rapport : 16𝑂 = 8
Une évaporation va par contre induire un fractionnement isotopique et le deutérium sera
18
𝑂
rapidement éliminer de la face liquide en raison de sa plus faible masse. Ainsi le rapport : 16𝑂
va augmenter.
Ce rapport constitue un excellent facteur des eaux ayant subi une forte évaporation.
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Qu’est ce qui fait varier les teneurs en isotopes stable
Les variations naturelles d’une composition isotopie de l’eau (isotope stable) résulte de
plusieurs facteurs entre autre, l’évaporation, la latitude, les variations saisonnières,
l’éloignement de la mer et la Température.
Effet de l’évaporation
Le fractionnement générer par l’évaporation partielle donne une composition particulièrement
significative à l’eau. Ce qui permet d’identifier l’eau d’un aquifère qui a subi une évaporation
avant son infiltration. La corrélation entre les teneurs en 18O et le Deutérium dans les
précipitations n’ayant pas subi d’évaporation est de la forme :
δ ‰ 2H= a δ ‰18O + d
a : pente d’une droite de régression, en générale 3<a <8 quand la pluie a subi une évaporation
avant de s’infiltrer dans la nappe, lorsque a = 8, la pluie n’a pas subi d’évaporation avant de
s’infiltrer dans la nappe.
Effet de la latitude
Quand la latitude augmente, la composition isotopique diminue. Ceci est en relation directe
avec la thermo-dépendance.
Ils subissent des variations saisonnières dans les précipitations en fonction de la latitude. A
l’équateur, les δ ‰ de 18O et de 2H sont plus élevées et deviennent progressivement négatives
au fur et à mesure qu’on monte en altitude.
Effet de continentalité
Les précipitations sont de plus en plus pauvres en 18O et en deutérium vers l’intérieur des terres.
En effet, au cours de son passage sur le continent, un air riche en isotope lourd subit plusieurs
stades de refroidissement, notamment au passage de la barrière montagneuse, en condensant
les isotopes lourds d’un réservoir atmosphérique.
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Plus l’altitude est grand, plus on constate un appauvrissement en isotope lourd par rapport au
SMOW. Le fractionnement isotopique étant thermo dépendant et la température variant avec
l’altitude, il est possible de calculer le gradient δ ‰18O et le deutérium avec l’altitude. En
générale, ce gradient varie entre -0,45 et -0,3 ‰ pour 100 sur l’altitude.
Le tritium est le seul isotope radioactif constitutif de la molécule d’eau. Son étude est d’un
grand intérêt dans l’examen des phénomènes dynamiques associés au cycle hydrologique.
En effet, sa période ou demi-vie = 12,35 années convient parfaitement à l’étude des eaux de
surface et semi-profonde.
Origine du tritium
Le Tritium a 2 origines :
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Le Tritium naturelle provient de l’interaction dans la haute atmosphère entre les neutrons
produits par les rayonnements cosmiques et l’azote atmosphérique.
La quantité annuelle de tritium produit de façon naturelle = 0,25 atm/cm²/s ≈ 3,5 kg/an.
La concentration de tritium naturel dans les précipitations variait de 0 à 10 unités tritium (UT)
avant les essais nucléaires. Le tritium artificiel est produit par les essais thermonucléaires
aériens.
De 1952 à 1974 une quantité importante de tritium a été injectée dans l’atmosphère suite à ces
explosions thermonucléaires. Les teneurs en tritium avaient considérablement augmenté
passant de 0 à 20 UT avant 1952 à 400 à 850 UT entre 1954-1959.
Les explosions ces dernières années sont devenues souterraines, par conséquent on va assister
à une diminution des teneurs de tritium en solution.
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a. Teneurs inférieures à 2 UT : il s'agit essentiellement d'eaux provenant d'aquifères
profonds.
Une teneur inférieure à 0,2 UT (seuil de mesure en comptage par scintillation liquide
après enrichissement électrolytique) indique que l'on est en présence d'une eau ancienne
dont le temps de séjour est supérieur ou égal à environ 2000 ans.
Une teneur comprise entre 0,2 et 2 UT peut avoir 3 origines. Ou bien il s'agit d'une eau
dont le temps de séjour est de l'ordre de 1000 à 2000 ans. Ou bien il peut y avoir, pour
les eaux des nappes profondes au contact de roches cristallines riches en uranium,
thorium, lithium et bore, production in situ de 3H qui peut atteindre jusqu'à 2 UT dans
les cas les plus favorables (Andrews et al., 1982). Ou bien enfin il peut se produire une
très légère contamination, bien inférieure au pourcent, par des eaux de surface actuelles
dont la teneur est voisine de 15 UT. Cette contamination peut résulter du tubage
défectueux d'un forage profond ou d'une drainance per descensum suite à une
surexploitation de l'aquifère profond. Dans tous les cas une datation par le radiocarbone
s'impose.
b. Teneurs comprises entre 2 et 10 UT, deux possibilités : il s'agit soit d'une eau dont le
temps de séjour est compris entre environ 200 et 300 ans, soit d'un mélange entre une
eau ancienne (< 2 UT) et une eau de surface actuelle (≈15 UT). Ce mélange d'eaux est
fréquent dans les aquifères (Mazor et Nativ, 1992). Il résulte de remontées d'eaux le long
d'accidents géologiques ou, comme précédemment, d'un tubage défectueux. Le contexte
hydrogéologique permet souvent de conclure.
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II.4 DATATION ABSOLUE DES EAUX SOUTERRAINES PAR LE RADIOCARBONE
II.4.1. Principe de la méthode
Les teneurs sont habituellement exprimées en concentration molaire: millimole par litre =
mmole.L-1. Le CMTD résulte d'une double dissolution :
Symétriquement l'acidité carbonatée d'une eau (ACI) est sa capacité à neutraliser les OH - :
Tableau XXII. Effets de la dissolution de CO2 (g) et de CaCO3(S), sur le carbone minéral total
dissous (CMTD), l’acidité (ACI) et l’alcalinité (ALC) d’une eau
Effets sur:
Dissolution de
CMTD [1 mmole.L ACI [méq.L -
-
1 mmole . de : 1 1 ALC [méq.L -1 ]
] ]
CO2 (g)→
+1 +2 0
H2CO3
CaCO3(S) →CO32- +1 0 +2
On peut démontrer en effet que l’alcalinité n'est en rien affectée par la dissolution de CO 2 :
(CBIO) = (ACI)/2 ;
(CMTD) = (ALC)/2
et
p = (CBIO)/(CMTD) = (ACI)/2(CMTD),
a. Erreur relative|ΔA0 /A0 |. Elle résulte des erreurs sur A 14CO 2 et sur p. Celle sur
A14CO 2 d'environ 5% (5/90) et celle sur p provient essentiellement de l'erreur sur le
pH qui est au mieux de 5%. Donc |ΔA0 /A0|≤10%.
b. Erreur relative |ΔAt/At| est généralement de l'ordre de 0,5 pcm. Elle croît
évidemment avec l'âge pour atteindre 50% lorsque l'activité mesurée A t n'est plus
que de 1 pcm.
En définitive l'incertitude sur l'âge sera comprise entre ± 900 ans pour une eau récente (A t
≈ 50 pcm) à ± 5000 ans pour une eau fossile (A t ≈ 1 pcm).
Le seuil de mesure habituel est de 0,5 pcm. Cela entraîne un âge limite de :
t ≥ 8267.Ln(50/0,5) ≥ 40 000 ans pour A t ≤ 0,5 pcm
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APPLICATION
Les analyses isotopiques effectuées sur les eaux souterraines d'une région sahélienne de
l'Afrique où il pleut en moyenne 100 à 160 mm.an-1 et où l'évaporation potentielle avoisine
2700 mm.an-1 ont donné les résultats sous-mentionnés.
Tableau XXIII. Résultats des analyses isotopiques.
Points d'eau 18
O
2
H 3
H 1- Reportez ces résultats dans le
2 -0,90 -7 34,70 diagramme δ2H -δ18O.
10 -9,37 -66,7 0,50 2- En vous basant sur le diagramme
11 -9,21 ' -67,90 et les données du tableau, quelles
13 -1,80 -11,65 47,90
analyses et interprétations pouvez-
14 -6,22 -44,10 1,40
vous en tirer ?
15 -2,09 -12,31 44,90
16 -9,20 -57,50 0,80
3- On admet qu'une droite locale
17 -9,02 -58,80 passe par les points 2 ; 29 ; 34 ; 24.
18 -3,52 -18,70 53,90 a) Etablissez l'équation de cette
22 -8,39 -61 0,10 droite locale.
24 4,03 16 14,30 b) Quels renseignements peut-
26 -3,14 -13,80 30,30 on en tirer ?
29 0,78 0,30 20,10
c) Définissez les
30 -7,76 -53,50 0,10
31 -8,44 -56,60
caractéristiques de la pluie
32 -4.68 -23,70 54,60 initiale à l’origine de la
34 2,65 9,40 13,80 recharge.
35 -4,79 -24,60 47,70 4- Le tritium est le seul isotope
36 -3,51 -20,10 60,60 radioactif de la molécule d'eau. Il est
40 -9 -52 1,90 indiqué pour des temps de transit
42 -6,29 -42,90
inférieur à 30 ans. En vous appuyant
43 -9,14 -61 0,30
sur les données du tableau quelles
interprétations peut-on en tirer sur
l'âge des eaux.
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