Rapport sur les prisons en RDC 2005
Thèmes abordés
Rapport sur les prisons en RDC 2005
Thèmes abordés
Pursuant to Trial Chamber I's instruction, dated 21 September 2011, this document is reclassified as "Public"
MONUC
OCTOBRE
2005
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 2/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 2/42 FB T
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RESUME INTRODUCTIF
Un premier « Rapport sur la détention dans les prisons et cachots de la RDC » publié par
la Section Droits de l’Homme de la MONUC en avril 2004 établissait un diagnostic très alarmant
quant au non respect des normes, nationales et internationales, concernant les conditions de
détention des personnes incarcérées. Les nombreux décès provoqués par la famine régnant dans
certains de ces lieux de détention conduisirent en décembre 2005 à la publication d’un « Rapport
spécial sur la malnutrition dans les prisons » qui tirait la sonnette d’alarme et recommandait que
des mesures d’urgence soient prises par les autorités. Aujourd’hui, il faut malheureusement
constater que les conditions de détention dans les prisons restent inacceptables.
Les déficiences graves dans l’alimentation, l’hygiène, les soins de santé continuent à
transformer certaines prisons en de véritables mouroirs. Il n’est toujours pas exagéré d’affirmer
que, en certains endroits, être condamné par un tribunal, parfois pour des faits bénins, à quelques
mois ou années d’emprisonnement équivaut en fait à une condamnation à mort, tant les risques de
mourir de faim en prison restent élevés.
De toutes parts, il a été signalé que la santé des détenus reste déplorable. Tout comme
pour l’alimentation, l’Etat n’offre plus de soins médicaux. Si les infirmiers et les médecins de
l’Etat sont parfois encore en place, ils manquent néanmoins de médicaments. La majorité des
détenus est en mauvaise santé et les maladies frappant des organismes affaiblis par la malnutrition
font des ravages mortels.
La surpopulation est la règle dans de nombreuses prisons, et est due, en grande partie, à
la capacité d’accueil très limitée des établissements pénitentiaires dont un très grand nombre est
tombé en ruine et ne peuvent plus utiliser qu’une partie de leurs infrastructures. La promiscuité
qui découle du manque d’espace a des implications sérieuses sur l’hygiène et l’état de santé des
détenus. Les conditions hygiéniques minimales font particulièrement défaut dans la plupart des
prisons de RDC visitées.
Faute de locaux disponibles, la séparation des diverses catégories de détenus entre adultes
et mineurs, condamnés et prévenus, hommes et femmes n’est pas respectée de manière
rigoureuse.
La plupart des contrôles prévus par la loi pour inspecter les conditions de détention ne
fonctionnent pas et ceux pour vérifier la légalité de l’arrestation et de la détention sont loin d’être
partout pratiqués régulièrement par les magistrats habilités.
Ce rapport formule des recommandations aux autorités congolaises visant à améliorer les
conditions de détention et à mieux respecter les Règles minima sur le traitement des détenus,
notamment :
- prendre d’urgence les mesures nécessaires afin de remédier à la situation de malnutrition
dans les prisons ce qui implique prioritairement l’allocation et la gestion adéquate des
fonds prévus pour la nourriture des prisonniers aux établissements pénitentiaires;
- remettre sur pied dans les prisons des activités d’élevage, de production agricole et
maraîchère visant à augmenter l’autosuffisance alimentaire notamment par la mise en
place de projets à caractère durable (fermes pénitentiaires);
- diminuer la surpopulation des prisons – et donc le nombre de détenus à nourrir - par
diverses mesures comme la diminution de la mise en détention préventive et de sa durée
ainsi que le recours intensif à la procédure de libération conditionnelle.
D’autres recommandations visent à réhabiliter les infrastructures pénitentiaire et préconisent,
entre autres, de :
- construire ou réhabiliter, après un audit de l‘état des infrastructures et une évaluation des
besoins, certaines prisons centrales et de district;
- réhabiliter une prison militaire à Kinshasa et une en province, permettant ainsi de
diminuer la surpopulation de nombreuses prisons et de séparer détenus civils et militaires.
2
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 3/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 3/42 FB T
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1. METHODOLOGIE
La visite des prisons et centres de détention constitue l’une des activités de surveillance du
respect des Droits de l’homme en République Démocratique du Congo (RDC) menée par la
Section devenue Division des droits de l’homme (DDH) de la Mission de l’Organisation des
Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUC).
Ces visites sur les lieux de détention ont, entre autres, pour objectif de vérifier le respect des
normes régissant les conditions matérielles dans lesquelles les personnes placées en détention
doivent être incarcérées et qui reposent sur un principe de base : l’obligation de traiter les détenus
avec dignité et humanité.1 Ce principe oblige au respect de règles minimales en matière de
séparation des catégories de détenus, locaux de détention, hygiène, alimentation, soins médicaux,
information des détenus sur leurs droits, discipline et punitions, contact et communication avec le
monde extérieur, travail, exercice physique, religion, surveillance des lieux de détention,
registres, etc.
Une attention particulière est portée au respect des normes applicables aux femmes détenues
qui sont particulièrement vulnérables au viol, à d’autres violences et à l’exploitation sexuelle2. Il
en est de même pour la surveillance; réalisée avec le concours de la Section Protection de l’enfant
de la MONUC; du respect des normes applicables aux mineurs qui fait l’objet d’un rapport
spécifique sur « La détention des enfants et la justice pour mineurs en RDC »
Les sources d’information sur lesquelles ce rapport est basé sont, pour l’essentiel, les rapports
des visites de prisons et cachots effectuées par les Officiers des Droits de l’Homme de la Division
des Droits de l’Homme et de la Section Protection de l’enfant de la MONUC, quelquefois
accompagnés de collègues du Bureau du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme (HCDH) en
RDC. Les rapports fiables d’ONGDH congolaises ont parfois aussi été utilisés.
1
Un autre but important des visites effectuées dans les lieux de détention est de connaître la situation judiciaire des
personnes détenues et de pouvoir ainsi vérifier la légalité de leur arrestation et de leur détention. Cet aspect du
monitoring des lieux de détention fait l’objet d’un rapport séparé sur « La légalité des arrestations et des détentions
dans les prisons et cachots de la RDC ».
2
Ces violations commises à l’encontre des femmes et de leurs droits passent souvent inaperçues et ne sont pas
rapportées. L’une des raisons de «l’invisibilité» de cette violence contre les femmes réside bien entendu, comme dans
d’autres pays, dans la composition à peu près exclusivement masculine des forces de police et de l’administration de la
justice.
3
A l’inverse une prison plus fréquemment citée dans cette étude n’est pas nécessairement la pire du pays. Elle a peut-
être été plus fréquemment visitée et ses responsables n’ont pas cherché à dissimuler les difficultés qu’ils rencontrent,
3
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Enfin; il est possible que certaines améliorations se soient produites dans certaines prisons depuis
la rédaction des rapports de visites effectuées par la DDH. Certains des constats établis et relatés
dans ce rapport de synthèse peuvent donc ne plus correspondre à la situation actuelle.
cela dans la perspective constructive de rechercher les voies et moyens pour résoudre les problèmes et apporter des
améliorations.
4
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2. LE CADRE LEGAL
Les normes qui concernent le traitement des personnes détenues ou emprisonnées font l’objet de
divers instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme. Ces instruments ont été adoptés
pour favoriser le respect de la dignité de tous les êtres humains, y compris des personnes accusées
d’infraction.
En ce qui concerne les conditions de détention, les normes sont pour l’essentiel, contenues dans
l’Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme
quelconque de détention ou d’emprisonnement et dans l’ Ensemble de Règles minima pour le
traitement des détenus 4 (en abrégé RM).
B. Normes nationales
Elles sont pour l’essentiel contenues dans l’Ordonnance n° 344 du 17 septembre 1965 portant
organisation du régime pénitentiaire (RP) et dans l’arrêté d’organisation judiciaire 87-025 du 31
mars 1987 portant comités de gestion des établissements pénitentiaires.
Aux termes de l’article 5 de l’ordonnance n°344, il existe des prisons militaires à côté des prisons
civiles.
Dans les faits, beaucoup ont été abandonnées parce que tombées en ruine ou sont fermées pour
vétusté. 52 seraient aujourd’hui utilisées sur un total de 145.
Il existe aussi des camps de détention destinés en principe à des condamnés à de longues peines
d’emprisonnement. Le plus connu est celui de Buluwo, au Katanga, qualifié parfois de « prison
de haute sécurité » et qui héberge nombre de prisonniers politiques.
L’article 530 du code de justice militaire instituait des prisons militaires en RDC 5. La vétusté et
le manque d’entretien des bâtiments ont entraîné la fermeture de ces différentes prisons et le
transfert des détenus militaires vers les prisons civiles. Ce qui contribue pour beaucoup à leur
surpeuplement. Il n’existe pas toutefois, dans ces prisons civiles, de séparation entre catégories de
détenus civils et militaires, ce qui expose les premiers aux pressions des militaires.
4
adoptées par le premier Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des
délinquants, tenu à Genève en 1955 et approuvé par le Conseil économique et social dans ses résolutions 663
c ( XXIV) du 31 juillet 1957 et 2076 (LXII) du 13 mai 1977 .
5
“Il est créé sur le territoitre de la République du Zaïre deux prisons militaires :
- la prison militaire de N’Dolo
- la prison militaire d’Angenga.
5
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L’article 39 de l’ordonnance n°344 dispose que le mineur d’âge n’est gardé ou incarcéré dans la
prison que s’il n’existe pas d’Etablissement de garde et d’éducation de l’Etat dans le ressort du
tribunal de grande instance. Le manque de moyens et l’état de vétusté de ces établissements les a
presque tous condamnés à la fermeture, entraînant un recours quasi systématique à l’enfermement
des mineurs dans les prisons d’adultes.
L’ordonnance n°344 énumère aussi les droits que tout détenu ou prisonnier peut réclamer. Elle
est conforme, dans ses grandes lignes, aux règles minima sur le traitement des détenus sauf en ce
qui concerne les sanctions disciplinaires. Alors que la Règle minima 32 p.ex. interdit les peines
corporelles, les peines d’isolement (sans avis préalable du médecin), l’ordonnance précitée en son
art.78 préconise les menottes pendant 7 jours, le cachot pendant 45 jours.
L’organisation interne des prisons et maisons d’arrêt est régie par la loi du 31 mars 1987 qui
dispose qu’il doit exister dans chaque prison et maison d’arrêt un comité de gestion chargé
d’administrer la prison. Ce comité est composé du directeur de prison, de son adjoint et de deux
administrateurs.
Le directeur coordonne et supervise l’ensemble. Il dispose du pouvoir de refuser l’incarcération
d’un détenu si les titres prévus aux articles 30 et 34 de l’ordonnance n° 344 du 17 septembre 1965
ne lui sont pas présentés.
6
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3. LA POPULATION CARCERALE
Le plus grand flou règne quant au chiffre exact de la population carcérale congolaise. L’appareil
statistique étant totalement déficient, y compris dans la durée, il n’est pas possible de dire si la
RDC connaît une inflation carcérale6. Cette déficience statistique a été accentuée par la guerre
qui a empêché toute centralisation des données en provenance de zones sous contrôle d’autorités
différentes. La multiplicité et la diversité des cachots et aussi de lieux de détention clandestins
complique encore le chiffrage.
Les visites des lieux de détention par la DDH ne permettent pas de formuler un décompte global
et précis puisqu’elles n’ont pas pu être effectuées dans tous les lieux de détention. Toutefois, les
relevés faits lors des visites par la DDH - entre avril et septembre 2005 - de 33 prisons - sur 52
qui seraient aujourd’hui en fonctionnement - donne un total de 6856 détenus.
6
Il est utile de faire la distinction entre les concepts d'inflation et de surpopulation carcérale. L’inflation carcérale est
liée à l'accroissement du nombre de détenus, pendant une période donnée, mesurée relativement à l’accroissement de
la population totale. La surpopulation carcérale est une notion liée à l'inflation carcérale, mais qui ne la recouvre pas
exactement : elle décrit l'inadéquation matérielle entre le nombre de détenus et le nombre de places (la capacité
d’accueil) dans les prisons. La question de la surpopulation peut s'envisager de deux façons : soit on considère qu'il n'y
a pas assez de places en détention, soit qu'il y a trop de personnes détenues. Une action sur ces deux variables est sans
doute nécessaire.
7
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Butembo 26/08/2005 57
Kalemie 09/06/2005 93
Kananga 30/08/05 163
Matadi 22/04/05 195
Boma 21/04/05 92
Mbanza Ngungu 13/01/05 84
Kasangulu 31/08/2005 26
Tshela 20/04/05 68
Bandundu 14/12/04 17
TOTAL 6856
Ce rapport ne peut donc fournir d’indication exacte sur la population pénitentiaire totale de la
RDC ni sur le taux d’incarcération c’est-à-dire sur le nombre de prisonniers par rapport à
l’ensemble de la population congolaise (lui-même mal connu)7.
Il n’y aurait donc pas à proprement parler d’inflation carcérale en RDC mais bien des situations
de surpopulation carcérale en rapport avec la capacité d’accueil8 réelle et actuelle des
établissements pénitentiaires (et non pas en rapport avec la capacité d’accueil qu’ils avaient lors
de leur construction, le plus souvent à l’époque coloniale, et qu’ils n’ont plus aujourd’hui).
La surpopulation est la règle dans de nombreuses prisons, comme il ressort, à quelques exceptions
près, des rapports de visites effectués par la Section des Droits de l’Homme de la MONUC.
Les causes de cette surpopulation de nombreux établissements pénitentiaire sont diverses. Tout
d’abord le manque de capacité d’accueil des établissements qui restent en activité (Voir ci-
dessous Locaux de détention), aggravé par la présence de nombreux détenus militaires9, mais
7
La population pénitentiaire totale ne dépasse vraisemblablement pas les 10.000 détenus ce qui sur une population de
la RDC estimée à 60 millions donnerait un taux d’incarcération relativement bas.
8
La notion de capacité d'accueil est définie par la somme du nombre de cellules et dortoirs utilisés pour héberger des
détenus placés en détention normale, qu'il s'agisse d'hommes, de femmes, de mineurs ou d'adultes.
9
Une autre cause de la surpopulation de nombreux établissements pénitentiaires est certainement la présence d’un
nombre élevé de détenus militaires. Beaucoup d’entre eux ont été arrêtés et traduits devant des tribunaux militaires
8
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aussi par la durée, anormalement longue, de la détention, phénomène répandu qui découle lui
même de plusieurs causes, principalement d’une utilisation excessive de la détention préventive
exagérément prolongée10.
Le manque de capacité d accueil est criant en beaucoup d’endroits. La grande majorité des
prisons en RDC ont été construites avant l’indépendance. Certaines sont tombées en ruine et sont
fermées depuis plusieurs années. En plusieurs endroits les détenus sont gardés dans des locaux
construits pour un tout autre usage (usine, dépôt). Dans d’autres prisons (Buluwo, Beni, Kananga,
Bandundu, etc), construites à l’origine pour héberger 1000 ou 1500 détenus, plusieurs bâtiments
sont tombés en ruine et 200 à 300 détenus sont forcés de s’entasser dans les quelques locaux,
pavillons et dortoirs encore utilisables.
(dont la COM) lors de la guerre alors que de nombreux autres sont toujours en détention provisoire (les
dysfonctionnements de la justice militaire accentuant encore la durée de leur détention).
. Aujourd’hui, des militaires, mal payés, commettent de nombreuses infractions (vol, extorsion, pillage, viol, etc.). La
plupart d’entre eux sont arrêtés et mis en détention dans les prisons « civiles » vu la quasi-inexistence des prisons
militaires (les trois prisons militaires de NDOLO à Kinshasa, de TSHINKAKASA à Boma (Bas-Congo) et de
ANGENGA (Equateur) sont actuellement inopérantes).
10
Ce phénomène est analysé plus en detail dans le “Rapport sur la légalité des arrestations et détentions en RDC”. Le
nombre de mise en détention et la durée, anormalement longue, de la détention ont plusieurs causes :
Tout d’abord certains excès en matière de condamnation à des peines d’emprisonnement de longue durée. De
nombreux magistrats, militaires notamment, font preuve d’une sévérité exagérée et condamnent à des peines de 20 ans
ou à perpétuité pour des infractions comme l’abandon de poste.
La sous-utilisation de la procédure de libération conditionnelle est une autre cause. La libération conditionnelle des
condamnés existe en droit congolais mais elle est très fortement sous-utilisée. Pour quelles raisons ? Certains gardiens
en ignorent l’existence, d’autres ne la mettent pas en œuvre faute de moyens (formulaires, papier, etc.). Enfin, les
lenteurs au sommet de la machine judiciaire et pénitentiaire finissent par en décourager plus d’un. Mais une des causes
principales de la surpopulation des prisons en RDC est à trouver dans le placement et le maintien exagérément
prolongé d’un trop grand nombre de personnes en détention preventive. L'allongement de la durée de la détention
préventive est lié à la durée de l'instruction et aux délais d'audiencement préalables au jugement qui sont très long en
RDC à cause des graves dysfonctionnement de l’appareil judiciaire.Des milliers de détenus peuvent rester des mois,
une année ou plus en détention avant d’être mis en liberté ou jugés.
9
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Tant les normes internationales11 que nationales12 énumèrent certains minima à respecter en ce
qui concernent l’hébergement des détenus dans les locaux de détention et l’hygiène qui doit y
régner.
La promiscuité qui découle du manque d’espace a évidemment aussi des implications sérieuses
sur l’hygiène et l’état de santé des détenus. Plusieurs Règles Minima (12 à 17) qui concernent
l’hygiène qui doit être respectées dans les lieux de détention sont lettres mortes. Les conditions
hygiéniques minimales font particulièrement défaut dans la plupart des prisons de RDC visitées.
La prison centrale de Bukavu dispose de 12 cellules mais seulement 5 sont opérationnelles. Les
dortoirs sont surpeuplés à cause du nombre de cellules disponibles. Les infrastructures sanitaires
sont vétustes et souvent cassées. L’eau ne manque pas, mais les toilettes sont souvent bouchées.
Pas de matelas. Les détenus dorment par terre. La prison dispose quand même d’une grande cour
où les détenus passent la journée.
Le bâtiment ou est située la prison de Kamituga était autrefois utilisé comme laboratoire par la
SOMEKI (Societé Minière du Kivu). Certains détenus se disent inquiets des risques d’une
possible intoxication chimique.
11
RM10. Les locaux de détention et, en particulier, ceux qui sont destinés au logement des détenus pendant la nuit,
doivent répondre aux exigences de l'hygiène, compte tenu du climat, notamment en ce qui concerne le cubage d'air, la
surface minimum, l'éclairage, le chauffage et la ventilation. 12. Les installations sanitaires doivent permettre au
détenu de satisfaire aux besoins naturels au moment voulu, d'une manière propre et décente. 13. Les installations de
bain et de douche doivent être suffisantes pour que chaque détenu puisse être mis à même et tenu de les utiliser, à une
température adaptée au climat et aussi fréquemment que l'exige l'hygiène générale selon la saison et la région
géographique, mais au moins une fois par semaine sous un climat tempéré. 14. Tous les locaux fréquentés
régulièrement par les détenus doivent être maintenus en parfait état d'entretien et de propreté.
12
Article 48 RP.
Chaque prison, chaque camp de détention et chaque maison d’arrêt doit disposer d’installations hygiéniques et, autant
que possible, des douches et d’étuves à désinfecter.
Le règlement d’ordre intérieur prescrit toutes les mesures relatives à la propreté et à l’entretien des locaux, des objets
de couchages et des vêtements, ainsi qu’à la toilette des détenus.
10
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En Province orientale, la prison d’Isangi est dans un état lamentable. Elle était en ruine et on a
réhabilité (i.e. ajouté une porte et fermer les issues) une cellule et un bureau pour garder les
détenus. Il y a une cellule (6m x 5 m) où s’entassent 11 détenus, et un bureau de 2 mètres carré
où est détenue une femme condamnée à 45 jours de prison. Il n’y a pas d’éclairage et pas de
ventilation. Les détenus se plaignent qu’ils étouffent. Les installations sanitaires sont inexistantes,
il y a un trou à l’extérieur. Les deux cellules sont sales, le sol est en terre, ce qui n’aide pas à
garder la propreté. Les détenus couchent à même le sol sur des nattes en paille.
La prison centrale de Kisangani est dans un grand état de délabrement. Des 27 dortoirs et
quartiers pour les hommes seuls 3 sont opérationnels. . Des 4 dortoirs et quartiers pour les
femmes aucun n’est opérationnel, si bien que toutes les femmes sont logées à l’EGEE. Il n’y a
pas d’éclairage. Existence d’installations sanitaires non hygiéniques dans la cour de la prison et
des trous aménagés dans chaque cellule pour des besoins nocturnes. Quelques détenus couchent
sur des nattes et d’autres sur le pavement ou sur des couvertures.
11
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La prison de Bunia, située elle aussi dans un entrepôt qui n’était pas conçu pour servir de
prison,dispose d’un espace prévu pour 100 personnes environ, mais dans lequel s’entasse jusqu’à
plus de150 voire 190 prisonniers. Elle est aussi en très mauvais état mais va bénéficier d’une
réhabilitation de plusieurs locaux permettant une meilleure séparation des catégories de détenus.
La particularité du cachot de la PNC de Bunia est qu’il est utilisé comme maison de détention à
cause du manque de place à la prison centrale qui a une capacité de 102 places et renferme parfois
de 150 à près de 200 détenus . Ce cachot d’une capacité de 25 personnes qui devrait être utilisé
seulement par la police pour des périodes de 48h00 voire 72h00 lors des interrogatoires durant la
garde à vue des personnes arrêtées, est devenu une annexe de la prison et renferme une centaine
de prévenus à disposition de l’Auditorat Militaire et du Tribunal de Grande Instance. La santé des
détenus laisse à désirer puisqu’il n’y a pas de soins médicaux et que les conditions hygiéniques
sont infra-humaines.
12
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La prison de Buta est localisée dans un ancien dépôt de l’entreprise CODENOR qui est dans un
état lamentable et en ruine. Il y a deux salles où sont gardées les détenus et il n’y a pas de toilettes
ni de douches.
Au Kasayi Occidental, la prison centrale de Kananga est en état de délabrement très avancé. Un
seul dortoir reste en état d’héberger les détenus sur les cinq construits depuis l’époque coloniale.
Les autres ne disposent plus que des murs parce que toiture et autres matériels ont disparus.
Le bâtiment érigé vers les années 1950 pour servir de prison au territoire de Mweka n’existe plus
puisqu’en état délabrement très avancé, il s’est écroulé. Les prisonniers sont pour le moment
gardés dans un ancien depôt de vivres.
La prison de Tshikapa a été emportée par une érosion. Les détenus sont incarcérés dans les
locaux, complétement délabrés, des anciennes installations de tri du diamant de la société
Forminière. Ils sont entassés 14 heures par jour à plus de 80 dans deux dortoirs exigus à l’aération
totalement insuffisante.
En Equateur, le cachot- prison militaire de Mbandaka13 a une seule pièce. Les locaux sont très
insalubres et propices à la contagion. Les détenus dorment à même le sol, sans draps, ni
couvertures et entassés les uns près des autres. Quelques uns étalent les nattes et les cartons. Les
détenus se soulagent à l’intérieur de la prison dans des seaux et les reversent après coup dans la
nature.
La Prison centrale de Mbandaka est en ruine, vétuste et insalubre. Les prisonniers dorment sur le
sol avec une natte. Pas de lits, matelas, draps, couvertures. Il y a un wc dans la prison dans un état
de grande insalubrité. Les hommes et les femmes vont se soulager dans la cour de la prison.
Quand il pleut l’eau rentre dans les dortoirs.
13
La prison militaire de Angenga, 25-40 kms à l'Est de Lisala, 426 Kms au centre nord est de Mbandaka sur le fleuve
Congo, était depuis le temps colonial, la seule infrastructure carcérale de haute sécurité l'une des plus réputées de la
province de l'Equateur. Cette prison recueillait autrefois les militaires et les civils condamnés à des peines de moyenne
et longue durée de la province de l'Equateur, ainsi que des provinces limitrophes y compris même de Kinshasa.
Non utilisée depuis près de 15 ans en raison des difficultés en terme de sécurité, d'acheminement et de transfert des
détenus et en conséquence par manque d'entretien, cette infrastructure carcérale militaire de haute sécurité de Angenga
est en état de délabrement et est devenue inopérationnelle. Ce qui a progressivement transformé ce qui était un cachot
militaire à Mbandaka, capitale provinciale de l'Equateur nommé communément GLM, en un cachot-prison accueillant
pêle-mêle, aussi bien les condamnés que des prévenus militaires. En raison de cette incapacité ou de cette absence
d'infrasructure carcérale d'accueil, les militaires condamnés ici à une peine supérieure à un an auraient dû être
systématiquement transférés à la prison centrale de Kinshasa CPRK où ils seraient éloignés de leur région et de leur
famille. Certains condamnés finissent par purger leur peine dans ce cachot-prison militaire au GLM de Mbandaka.
14
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 15/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 15/42 FB T
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Au Nord-Kivu, la Prison Centrale de Goma (Munzenze) est aussi très vétuste. Les dortoirs sont
mal équipés. Pas de matériel de couchage et de nettoyage des cellules. La prison n’est pas
électrifiée. A la tombée de la nuit les détenus sont dans une obscurité totale. Les cellules ne sont
pas aérées. La plupart des toilettes sont bouchées. Les 3 sur 11 qui sont fonctionnelles n’ont pas
de porte. Avec l’intervention de la Croix-Rouge locale, les conditions hygiéniques se sont
relativement améliorées. Il est important, cependant, de souligner que les douches sont en état de
délabrement. Pas de lits ni de matelas. Les détenus dorment sur le pavement. Il y a insuffisance de
couvertures car deux ou trois détenus utilisent une même couverture. Cela multiplie les risques de
contamination des maladies.
Le bâtiment où siège la prison de Beni, construit en 1935, se trouve dans un état de délabrement
avancé et risque de s’écrouler. A cette époque, deux dortoirs existaient avec une capacité
d’accueil de trente personnes.
15
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 16/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 16/42 FB T
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Aujourd’hui un seul dortoir (6x12m) est opérationnel et héberge en moyenne 150 personnes Il a
une une seule porte et est sans orifice d’aération ou fenêtre. Le deuxième dortoir est déjà
littéralement détruit par sa vétusté avancée. Les murs de l’intérieur présentent des fissures et il y a
risque qu’ils s’écroulent sur les détenus. Une cellule de 4x2m est réservée aux femmes. La prison
dispose de quatre toilettes dans la cours dont une pour les femmes mais sans douche. D’ou, les
toilettes sont utilisées comme douche aussi. La nuit le grand et petit besoins sont faits dans un
bidon en plastique coupé en deux. Les détenus se couchent sur le pavement, sans couverture ni
mousse.
Au Katanga, alors qu’il disposait jadis de plusieurs bâtiments, le camp de détention de Buluwo,
ne comprend actuellement qu’un seul pavillon constitué en fait du quartier cellulaire.
La prison de Musochi à Kasumbalesa ne dispose que de deux cellules de 10 mètres carrés pour
25 détenus. Il n’y a pas de matelas, ni de couverture, les détenus dormant donc à même le sol. Ils
restent dans une sorte d’enclos qui ressemble à une cage d’où ils ne peuvent pas sortir à cause des
évasions fréquentes. La prison de Kasumbalesa, qui ne devrait être qu’une prison de transit,
accueille trop de détenus. Certains doivent attendre plus d’un mois et demi pour pouvoir être
transféré à la prison de Kipushi et être mis à la disposition du tribunal de Kipushi. Il semblerait
également que les magistrats doivent payer le transport des détenus depuis le Parquet jusqu’à la
prison
Les bâtiments de la prison centrale de Mbuji Mayi, au Kasayi Oriental, sont très vétustes et il y a
même des risques d’écroulement. Les dortoirs sont surpeuplés Il n’y a pas de lumière ni de
ventilation. Il y a 7 douches et 5 WC mais sans portes. Il n’y a pas d’eau courante Les détenus
n’ont pas la possibilité de se laver régulièrement Il n’y a pas de lits ni de matelas, les prisonniers
dormant à même le sol. Pour améliorer quelque peu le sort des prisonniers, la MONUC a fait don
à la prison de matelas et autre matériel.
La prison centrale de Kindu compte 7 dortoirs, (6 au quartier des hommes, mais dont seulement
3 sont opérationnels et 1 au quartier des femmes), 2 WC et 2 douches en bon état construits par le
CICR
La prison de Bandundu est elle aussi délabrée. Ses installations sanitaires sont inadéquates ; il
n’y a pas de cuisine ; les dortoirs sont insalubres. Les détenus dorment à même le sol, au mieux
sur une paillasse
16
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 17/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 17/42 FB T
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La prison centrale de Kasangulu a été créée à l’époque coloniale, en 1953. Dans le temps prison
de territoire, elle est devenue prison du district de la Lukaya en 1993. La prison de Kasangulu a
été pillée le 21 mai 1997 et se trouve actuellement dans un état de délabrement total.
Cet état quasi généralisé de délabrement des prisons entraîne de nombreuses conséquences très
négatives sur les conditions de détention des détenus.
Les conditions de détention dans les cachots sont parfois pires que dans certaines prisons ce qui
a même conduit parfois à leur fermeture immédiate par l’Officier du Ministère Public.14
Les cachots sont généralement très exigus et surpeuplés. Sans lumière suffisante et système
d’aération adapté, les détenus sont fréquemment à la limite de l’étouffement. Les cachots sont
eux-mêmes en état de délabrement fort avancé. Il faut signaler qu’ils se sont multipliés avec la
mise en place des commissariats de police. Chaque commandant cherche son propre
emplacement et aucune formalité particulière n’est prévue avant l’installation d’un cachot.
L’on n’y trouve que rarement des installations sanitaires. Certains détenus font leurs besoins
pendant la journée dans les toilettes des bâtiments attenants. Cependant au cours de la nuit, ils
sont contraints de les faire sur place, c’est-à-dire dans un coin du cachot ou dans un pot qu’ils
sont tenus d’aller vider chaque matin.
Encore quelques exemples, parmi des dizaines, à titre d’illustrations de ce manque d’hygiène :
La SDH accompagnée du commissaire de la CIVPOL a visité le cachot du commissariat de
police d’Isangi. Le cachot comprend deux cellules, une pour les femmes et une autre pour les
hommes, ces deux cellules sont dans un état de délabrement avancé, le toit est en train de
s’effondrer du côté de la cellule des femmes. Les cellules mesurent environ 3 mètres carrés, elles
sont en mauvais état, elles sont sales, n’ont pas d’installations sanitaires, pas de fenêtres, pas de
lumière et pas d’aération.
14
La SDH a effectué le 10 janvier 2005 l’inspection des cachots de la police nationale congolaise dans les communes
de Mangobo, Tshopo et Makiso. avec le nouveau procureur général qui a saisi cette occasion pour voir l’état des
amigos. Au total, 30 personnes étaient gardées au niveau des différents cachots visités, dont 8 à Mangobo et 22 au
commandement ville dans la commune de Makiso. Le procureur général a remarqué comme la SDH que les cachots de
mangobo ne respectent pas les règles minima d’hygiène et a ordonné leur fermeture.
17
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 18/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 18/42 FB T
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Le cachot de Katunga
18
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 19/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 19/42 FB T
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Faute de locaux disponibles, la séparation des diverses catégories de détenus entre adultes et
mineurs, condamnés et prévenus, hommes et femmes n’est pas respectée de manière rigoureuse.
C’est le cas notamment à la prison de Mweka où tous les détenus sont enfermés dans un seul
endroit de manière confondue, hommes, femmes, mineurs, condamnés, prévenus, civils et
militaires, contrairement au prescrit des Règles minima (RM).
19
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 20/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 20/42 FB T
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Selon la règle 8 des RM les différentes catégories de détenus doivent être séparées15. La
législation congolaise confirme cette obligation 16.
La classification et la séparation des détenus suivant leur sexe, leur âge, leur statut pénal
(prévenus et condamnés) ou encore leur histoire criminelle est motivée essentiellement par la
vulnérabilité potentielle des différents groupes au sein de la population pénale et du besoin de les
protéger qui en est la conséquence.
La séparation hommes-femmes, adultes-mineurs n’est pas souvent respectée dans les cachots
faute des locaux disponibles. Malgré les déclarations qui sont parfois faites au sujet des mesures
de séparation des hommes et des femmes, celles-ci sont fréquemment dans les cachots à la portée
des hommes.
- La séparation des détenus hommes / femmes est généralement respectée dans les prisons
même si certaines modalités pratiques de cette séparation laissent parfois fortement à désirer.
Prison de Gbadolite : Pendant la journée tous sont ensemble. La nuit, les femmes sont séparées
des hommes
Prison centrale de Mbandaka : Les femmes et les hommes partagent la même enceinte, ainsi que
le même dortoir pendant la nuit.
A la prison de Bunia, il y a séparation mais la possibilité de fréquentation entre hommes et
femmes existe néanmoins car les portes ne ferment pas à cause de la défectuosité des serrures.
Conséquence : Deux femmes ont contracté des grossesses à l’intérieur même de la prison dont
l’une a fait l’objet d’une interruption volontaire.
15
RM 8. Les différentes catégories de détenus doivent être placées dans des établissements ou quartiers
d'établissements distincts, en tenant compte de leur sexe, de leur âge, de leurs antécédents, des motifs de leur détention
et des exigences de leur traitement. C'est ainsi que :
a) Les hommes et les femmes doivent être détenus dans la mesure du possible dans des établissements différents; dans
un établissement recevant à la fois des hommes et des femmes, l'ensemble des locaux destinés aux femmes doit être
entièrement séparé;
b) Les détenus en prévention doivent être séparés des condamnés;
c) Les personnes emprisonnées pour dettes ou condamnées à une autre forme d'emprisonnement civil doivent être
séparées des détenus pour infraction pénale;
d) Les jeunes détenus doivent être séparés des adultes.
16
Article 39 RP : Les détenus sont en règle générale, en fermés dans les locaux destinés à l’emprisonnement en
commun .
Les femmes sont séparées des hommes.
Les mineurs âgés de moins de 18 ans ne seront incarcérés dans les prisons que s’il n’existe pas dans le ressort du
tribunal de grande instance, d’établissement de garde et d’éducation de l’Etat. A défaut d’existence d’un pareil
établissement, ils seront détenus dans un quartier spécial.
20
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 21/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 21/42 FB T
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La prison d’Uvira dispose de quatre cellules séparées (1 femmes, 1 mineurs, 2 hommes). Pendant
la journée toutefois, tous les détenus sont dans la cour sauf les militaires. Parfois, il y a des
rapports sexuels entre eux, effectués probablement, dans les cellules qui sont vides pendant la
journée. La nuit, ils son gardés dans des cellules séparées.
Les détenues femmes de la prison de Beni disposent d’une cellule séparée, composée de deux
pièces d’environ 3 x 3 m2, avec toilettes et douches agencées. Même si les femmes disposent d’un
dortoir séparé, pendant la journée, elles ne sont pas séparées des hommes, ce qui comporte un
risque de viol et de harcèlement sexuel.
La séparation des mineurs des adultes pose problème dans certaines prisons et surtout dans les
cachots mais la situation s’est quelque peu améliorée dans certains établissements suite à
l’intervention d’organismes comme le BICE (Bureau International Catholique de l’Enfance) ou la
Section Protection de l’enfant de la MONUC. (Voir le Rapport sur la détention des enfants et la
Justice pour mineurs »)
- La séparation civils /militaires n’existe plus depuis la disparition des quelques prisons
militaires. La présence d’un grand nombre de détenus militaires dans les prisons centrales, qui
sont censées être réservées uniquement aux prisonniers civils, est à la base non seulement de la
surpopulation de beaucoup de ces prisons mais aussi de certains abus.
Selon l’autorité de la prison de Beni, par exemple, les détenus militaires, presque la moitié de
l’effectif total, s’imposent sur les autres prisonniers pour s’emparer de la nourriture disponible et
sont les responsables d’évasions massives.
21
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 22/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 22/42 FB T
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Par contre, une autre forme de séparation, pourtant non prévue par la réglementation tant
nationale qu’internationale, reste pratiquée dans de nombreux établissements pénitentiaires. C’est
la séparation entre détenus nantis et non-nantis, entre riches et pauvres.
Comme agents de la fonction publique, le personnel pénitentiaire est tellement mal payé qu’il
cherche n’importe quelle occasion pour soutirer de l’argent aux détenus. Des quartiers spéciaux,
pour « VIP » ou « évolués » sont aménagés pour les prisonniers nantis (p.ex. à la prison centrale
de Kananga, de Kassapa, de Mwene Ditu, etc.) moyennant payement d’un montant qui peut aller
jusqu’à 50 dollars
L’entrée du dortoir pour “évolués” de la prison de Mwene Ditu et l’intérieur du “quartier VIP”
Alimentation
Malgré les signaux d’alarme lancés par les rapports de la Section des Droits de l’Homme de la
MONUC en avril et novembre 2004, la situation alimentaire dans les prisons est loin de s’être
améliorée18. Dans ce domaine particulièrement les normes internationales19 et nationales20 ont
continué à être bafouées avec des conséquences dramatiques et, disons-le, mortelles pour nombre
de détenus.
La situation nutritionnelle est totalement déplorable puisque, dans de très nombreux endroits,
l’Etat a cessé depuis plusieurs années de fournir de la nourriture aux prisonniers. Seules les
familles des détenus eux-mêmes, le CICR et certains organismes et personnes charitables, ONGs
et confessions religieuses, aident à subvenir aux besoins des détenus.
Quelques illustrations de cette situation dramatique :
18
Dans les cachots, la situation alimentaire n’est pas différente de celle de la prison. L’Etat ne pourvoit à
aucun besoin dans ce domaine et les parents sont obligés de prendre en charge les membres de leurs
familles. Contrairement à la situation des prisons où les ONG et autres organisations caritatives se sont
organisées pour nourrir et soigner les détenus, les personnes arrêtées dans les cachots sont presque partout
abandonnées aux .seuls bons soins de leur famille.
19
RM 20. 1) Tout détenu doit recevoir de l'administration aux heures usuelles une alimentation de bonne qualité, bien
préparée et servie, ayant une valeur nutritive suffisant au maintien de sa santé et de ses forces.
2) Chaque détenu doit avoir la possibilité de se pourvoir d'eau potable lorsqu'il en a besoin.
20
Article 61 RP : Les détenus reçoivent une nourriture correspondant le plus possible à leur nourriture habituelle. Cette
nourriture doit avoir une valeur suffisante pour maintenir le détenu en parfaite condition physique.
Art. 20 de la Constitution de transition « … Tout détenu doit bénéficier d’un traitement qui préserve sa vie,
sa santé physique et mentale ainsi que sa dignité. »
22
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 23/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 23/42 FB T
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A la prison centrale de Bukavu, l’administration ne donne rien. Les détenus survivent grâce aux
approvisionnements de la CARITAS (150 kg de haricots, 150 kg de farine de mais et 20 litres de
huile sont donnés, 1 fois par semaine). Les détenus boivent l’eau du robinet qui n’est en principe
pas potable.
21
Cette aide vient du CICR qui compte d ‘ailleurs dans un avenir proche procéder au calcul de l’indice de
masse corporelle pour tous les détenus du CPRK, ce qui, si cela se vérifie, constituerait un outil précieux
pour prévenir une crise majeure.
23
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 24/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 24/42 FB T
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charité. Les membres de la famille qui sont proches amènent la nourriture mais moyennant 100Fc
pour qu’un détenu bénéficie de son repas. La prison est branchée à la Regideso qui ravitaille la
ville deux fois par semaine. Pour les autres jours ils recourent à la source.
La situation carcérale extrêmement préoccupante de la prison centrale de Kisangani a provoqué
une tentative d’évasion des détenus tôt le matin de la journée du 26 avril 05. Vers 06h15 du
matin, les prisonniers ont forcé la grande porte d’entrée principale. Les policiers gardiens ont
recouru aux armes à feu pour maîtriser la foule, mais quatre détenus ont réussi à se soustraire de
la prison dont l’un fut récupéré. Dans le rapport quotidien de la veille, le directeur de cette
institution pénitentiaire a informé les autorités politiques et judicaires de la tension qui prévalait
au sein de la prison. A la base de cette tension, l’absence de ration alimentaire, pendant plus de
deux semaines les détenus n’ont eu plus rien à manger. Depuis la tentative d’évasion, le
gouvernorat de province avait promis de mettre à la disposition de la division de la Justice un
montant de 300.000 FC soit 600 $ Usd par mois pour la prise en charge nutritionnelle. Cette
promesse n’est plus actuellement respectée. Le montant forfaitaire de 600$ a été versé seulement
pendant 2 mois. La Maison Saint Laurent de la congrégation des prêtres du Sacré Cœur donnent
la nourriture trois fois par semaine(mardi, jeudi et dimanche). D’autres confessions religieuses
passent aussi sporadiquement. La REGIDESO fournit de l’eau .
Les détenus de la Prison d’Isangi ne sont pas nourris par l’administration pénitentiaire. Lorsque
les familles apportent à manger, elles doivent payer 200Fc pour que ce soit remis au détenu. La
femme qui est détenue cuisinerait aussi pour les autres détenus contre rémunération.
Les détenus de la Prison d’Isiro ne sont pas nourris non plus par l’administration. Le Kapita va
au marché une fois par jour pour recueillir la nourriture donnée par la population. Le mercredi, les
missionnaires catholiques de la Consolata apportent de la nourriture. Il n’y a pas d’eau potable.
Les prisonniers puisent de l’eau de la source à 1 km.
Les détenus de la prison de Buta ne sont pas nourris par les autorités pénitentiaires. Lorsque les
familles apportent à manger, elles doivent payer 1000Fc au gardien et au directeur pour que le
repas soit remis au détenu. Ils ne reçoivent pas d’eau potable. Ils utilisent de l’eau stagnante
provenant d’une mare à 500m.
La Prison de Kasapa Lubumbashi a reçu un peu de nourriture du Gouvernorat en début 2005
mais en quantité insuffisante pour tous les prisonniers . Certaines églises locales, notamment
l’église GAREGANZE et les sœurs Mercedair aident également les détenus qui, principalement
restent à la charge de leurs familles.
La prison de Kasumbalesa ne recevrait jamais de nourriture ni de la part des autorités
provinciales ni locales.
Aucun budget n’est prévu, à la Prison de Kindu, pour offrir de la nourriture aux détenus. Ce sont
les parents qui apportent à manger. L’eau utilisée comporte de petits vers et n’est pas traitée ou
assainie.
L’alimentation reste un mythe à la prison centrale de Kananga. L’État subvient très
irrégulièrement aux besoins de la prison si bien que le gardien est obligé de lancer des appels à
l’aide aux églises et aux hommes de bonne volonté. Ceux-ci fournissent, mais de manière très
irrégulière, la nourriture aux prisonniers et cela une fois la semaine. Même alors, cette nourriture
reste très insuffisante. Généralement, on remet à chaque détenu un morceau de foufou, un peu de
légumes et un morceau de poisson. L’état de santé des prisonniers dénote vraiment une
malnutrition et les corps de beaucoup d’entre eux présentent une maigreur cadavérique. Certains
reçoivent les visites de leurs membres de familles à condition de payer un droit d’entrée aux
militaires de garde.
Il n’existe aucune source d’alimentation à la prison de Mweka. Les prisonniers sont abandonnés à
leur propre sort. Ceux qui ont de la famille reçoivent une ration pendant que les autres attendent
les actions salvatrices des églises mais qui ne sont pas du tout fréquentes. Une fois la semaine,
une église peut mobiliser ses croyants pour apporter de la nourriture à la prison.
24
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 25/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 25/42 FB T
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Aucun budget n’ayant encore été fourni pour la nourriture, les détenus de la prison de Kasangulu
font des travaux extra-muros pour assurer leur survie alimentaire. Des particuliers peuvent
solliciter la main d’œuvre des détenus pour divers travaux (maçonnerie, champs…) en échange
d’environ 1$ (500Fc) pour 5 à 10 personnes. Les terrains appartenant à la prison, prévus pour les
travaux champêtres, seraient actuellement en jachère.
Insuffisance de nourriture et faible qualité également à la Prison d’Osio (Kisangani). L’eau
provenant de la source est non traitée, non purifiée. Un projet (voir plus bas) vise à permettre
d’augmenter la production agricole et l’élevage, un autre à creuser et aménager un puit muni
d’une pompe.
L’ONG internationale RCN-Justice et Démocratie, sur base d’un financement européen fournit la
nourriture à la Prison de Bunia par le biais de l’ONG locale ADP (Aide aux détenus et personnes
défavorisées) Cette assistance s’arrête à mi-octobre 2005.
Le Cachot de la PNC de Bunia connaît une situation de malnutrition aigue. Le cachot n’a pas
d’eau parfois pendant une semaine. Les toilettes sont bouchées et la situation sanitaire des
prévenus est alarmante. Le manque d’eau est dû à la mauvaise alimentation de la ville et aux
coupures fréquentes. Rien n’a été prévu pour pallier à cette situation. Le Commissariat de District
livrerait de la nourriture trois fois par semaine. Cette fréquence ne serait toutefois pas toujours
respectée et la quantité ne suffirait pas à l’effectif nombreux. Les prévenus originaires de Bunia
sont alimentés plus ou moins régulièrement par la famille. Les autres attendent la distribution du
District.
Pour donner un début de solution au problème de nutrition des détenus au cachot de la PNC de
Bunia, la FAO à travers la Croix Rouge locale a fait don de 5 houes, 6 bêches et des semences de
légume ce qui a permis de créer un jardin potager autour de la PNC sur une superficie de 30 m2.
Ce jardin devra être entretenu par les détenus eux-mêmes.
La situation des prisonniers à la prison de Mwene Ditu est déplorable et critique. Depuis le début
de 2005 quatre personnes sont décédées4.
25
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 26/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 26/42 FB T
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En avril, les internés de la prison mangeaient deux fois par semaines, les lundi et les jeudi, car
une ONG leur apportait la nourriture.
A la Prison d’Uvira, l’administration n’a pas de moyens pour donner la nourriture. Caritas donne
une fois par semaine : 50 kg de haricots, 50 kg de farine de mais et 5 kg de sel.
Le niveau de malnutrition à la Prison Centrale de Goma (Munzenze) est des plus élevés. La
situation est devenue dramatique en 2005. Lors d’une visite effectuée en avril, une trentaine de
prisonniers sont squelettiques et leur vision évoque celle d'un camp de concentration. Le directeur
informe que cela fait cinq semaines que la nourriture est épuisée. L'auditeur de garnison militaire
accompagné de son équipe de magistrats s'en prend aux prisonniers parce qu'ils se sont dénudés
pour montrer leur état de maigreur, décide de ne pas auditionner les détenus et quitte
immédiatement la prison.
S’étant rendue ensuite à la mairie puis à la Division provinciale du Ministère des Finances afin de
s'enquérir davantage des fonds alloués pour l'alimentation des prisonniers en provenance du
ministère de la Justice, la DDH a rencontré l'Ordonnateur délégué du Ministère des finances qui,
après avoir ouvert ses livres et montré l'affectation de dépenses des fonds qu'il reçoit, a déclaré
n'avoir jamais reçu aucune somme destinée à l'alimentation des prisonniers depuis 1996. 22 Les
prisonniers ont eu la nourriture depuis le 22 juillet 2005 par le gouvernorat, pour une durée de
trois semaines. Ils sont nourris aux maïs et aux haricots.
A la Prison centrale de Mbuji Mayi ; la nourriture n’est fournie qu’une fois par semaine. Dans le
courant du mois d’avril 2005 douze (12) personnes sont décédées par suite de malnutrition et de
défaut de soins médicaux.
Le 3 mai 2005, le Directeur de la prison signale que trente cinq (35) personnes ont été recensées
comme étant dans un état de malnutrition avancée et qu’il attendait l’arrivée du médecin de la
prison pour le confirmer afin que les intéressés soient transférés à l’hôpital.
22
Il a pu être constater qu'il n'y avait aucune rubrique pour l'alimentation des prisonniers. La Division provinciale du
budget achemine une prévision budgétaire pour la prison au minisitère des Finances chaque année sans jamais recevoir
de suite. Il y a lieu de vérifier auprès du Secrétaire général du ministère des Finances à Kinshasa la suite réservée à ces
demandes.
26
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 27/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 27/42 FB T
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Cette situation a tellement empiré qu’elle a débouché, le 30 juin 2005, sur une émeute et
tentative d’évasion à l’intérieur de la prison .
La prison de Mbanza Ngungu a été visité par la DDH/Kinshasa accompagnée d’un médecin
membre de l’Unité HIV/AIDS de la MONUC. Outre les conditions d’hygiène critiques, elle a pu
constater de manière plus précise l’état de malnutrition des détenus qui ne recevraient que deux
repas par semaine, insuffisants en quantité et en qualité protéinique. Cinq décès ont été
enregistrés de juillet à octobre. Avec l’objectif de mesurer plus précisément le niveau de
malnutrition des détenus, il a été procédé au calcul de l’Indice de Masse Corporelle (IMC) d’un
échantillon des détenus. L’IMC moyen était seulement de 16.15 (entre 16 et 18 , il y a
malnutrition moyenne) et plus de la moitié des détenus pesés avaient un IMC en dessous de 16, ce
qui est l’indice d’une malnutrition grave.23
Dans ce domaine aussi les règles internationales24 et nationales25 ne sont pas respectées avec des
conséquences tout aussi meurtrières.
23
L'indice de masse corporelle permet d'estimer la quantité de masse grasse de l'organisme à partir de deux paramètres
: le poids et la taille. Il permet d'évaluer la relation entre le poids et la santé en déterminant la corpulence de la
personne, de voir s'il y a obésité ou maigreur et il en détermine la sévérité. L'indice de masse corporelle est le rapport
du poids (exprimé en Kilogrammes) sur le carré de la taille (exprimée en mètre).
24
RM22. 1) Chaque établissement pénitentiaire doit disposer au moins des services d'un médecin qualifié, qui devrait
avoir des connaissances en psychiatrie. Les services médicaux devraient être organisés en relation étroite avec
l'administration générale du service de santé de la communauté ou de la nation. Ils doivent comprendre un service
psychiatrique pour le diagnostic et, s'il y a lieu, le traitement des cas d'anomalie mentale.
2) Pour les malades qui ont besoin de soins spéciaux, il faut prévoir le transfert vers des établissements pénitentiaires
spécialisés ou vers des hôpitaux civils. Lorsque le traitement hospitalier est organisé dans l'établissement, celui-ci doit
être pourvu d'un matériel, d'un outillage et de produits pharmaceutiques permettant de donner les soins et le traitement
convenables aux détenus malades, et le personnel doit avoir une formation professionnelle suffisante.
RM25. 1) Le médecin est chargé de surveiller la santé physique et mentale des détenus. Il devrait voir chaque jour tous
les détenus malades, tous ceux qui se plaignent d'être malades, et tous ceux sur lesquels son attention est
particulièrement attirée 2) Le médecin doit présenter un rapport au directeur chaque fois qu'il estime que la santé
physique ou mentale d'un détenu a été ou sera affectée par la prolongation ou par une modalité quelconque de la
détention.
25
Article 56 RP : La visite médicale des malades a lieu journellement à la prison, à la maison d’arrêt, et au camp de
détention si les conditions du service médical le permettent. Tous les matins au réveil, le gardien inscrit les détenus qui
se déclarent malades sur le cahier des visites médicales.
Les malades sont conduits à la visite médicale à l’heure fixée par le médecin. Les détenus qui se sont déclarés malades
et qui n’ont pas été reconnus comme tels par le médecin peuvent être punis disciplinairement.
27
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 28/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 28/42 FB T
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De toutes parts, il a été signalé que la santé des détenus est déplorable. Tout comme pour
l’alimentation, l’Etat n’offre plus de soins médicaux. Si les infirmiers et les médecins de l’Etat
sont encore en place, ils manquent néanmoins de médicaments. La majorité des détenus est en
mauvaise santé et parmi les maladies les plus récurrentes, on retrouve la galle, la diarrhée, la
tuberculose, etc. Les maladies frappant des organismes affaiblis par la malnutrition font des
ravages mortels.
Les prisonniers gravement malades doivent, en principe, bénéficier d’un transfert vers la
formation médicale ou hospitalière la plus proche26. Le transfert des détenus vers les hôpitaux
s’est avéré un vaste marché pour les gardiens de prisons. Les malades qui peuvent payer sont tout
de suite évacués même pour des cas bénins, alors que les démunis ne sont généralement transférés
que lorsqu’ils sont pratiquement à l’agonie. Force est de constater qu’une fois transférés dans ces
lieux, ils sont tellement abandonnés à eux-mêmes que très peu survivent.
Article 60 RP : Si le médecin estime qu’en raison de la gravité ou de la nature de la maladie, il est impossible de
soigner le détenu dans la prison, le camp de détention ou la maison d’arrêt, celui-ci est conduit à la formation médicale
la plus proche.
A la formation médicale ou hospitalière, le détenu est placé dans une chambre séparée; sa garde est assurée par la
police locale.
26
Art 60 RP : Si le médecin estime qu’en raison de la gravité ou de la nature de la maladie, il est impossible de soigner
le détenu dans la prison, le camp de détention ou la maison d’arrêt, celui-ci est conduit à la formation médicale la plus
proche.
A la formation médicale ou hospitalière, le détenu est placé dans une chambre séparée; sa garde est assurée par la
police locale.
28
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 29/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 29/42 FB T
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Si le CPRK dispose d’une infirmerie et de personnel médical, les médicaments font défaut et les
détenus doivent être à même d’acheter les médicaments. Les détenus qui nécessitent une
hospitalisation sont en général transférés au sanatorium de Makala, mais, selon certains détenus,
l’administration attend que la situation soit grave pour ne pas dire désespérée pour procéder au
transfert.
La prison centrale de Kindu illustre bien l’insuffisance des services médicaux. La salle
d’infirmerie existe mais n’est pas opérationnelle. Pas de matériel, pas de médicament. L’infirmier
ne vient plus parce qu’il est sans salaire depuis plusieurs mois. Le contrôle médical mensuel ou
même trimestriel n’existe pas. En un an, une seule visite médicale effectuée en mars 2005 pour
une épidémie de gale mais qui n’a jamais été suivie de traitement jusqu’à ce jour. La maladie
persiste dans la prison. Souvent des détenus gravement malades souffrent pendant des jours avant
d’être conduits à l’hôpital.
A la prison centrale de Bukavu (07.04.05) aussi, aucune visite médicale depuis le 13/12/2004
(date de l’installation de la Directrice actuelle) Un infirmier visite la prison deux fois par jour, 7
jours sur 7. La prison dispose d’un dispensaire médical qui est approvisionné en médicaments par
29
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 30/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 30/42 FB T
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la Croix Rouge Internationale. La prison connaît des difficultés de transport, mais en cas de
besoin d’hospitalisation, le transfert est effectué dans un temps raisonnable.
A la Prison militaire de Mbandaka, il est prévu que les prisonniers reçoivent la visite d’un
infirmier deux fois par semaine. Les prisonniers o nt déclaré que ces visites sont sporadiques. Il
n’y a pas de médicaments.Les prisonniers gravement malades sont transférés à l’hôpital militaire.
Lors de la visite, quatre détenus étaient internés à l’hopital militaire du camp Ngashi.
A la Prison centrale de Mbandaka, on trouve un infirmier pour la prison affecté par la division
provinciale de la santé, mais qui ne possède aucun matériel médical ni même une table et une
chaise pour s’asseoir. Les médicaments sont fournis par le FNUAP au Procureur de la
République, qui les garde dans son bureau et fait la distribution au fur et à mesure. Nonobstant
cela, les médicaments sont insuffisants.
30
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 31/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 31/42 FB T
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pour se laver et comme toilette. A ceci s’ajoute non seulement le fait qu’ils dorment sur le
pavement la nuit, mais aussi qu’une seule couverture peut servir jusqu’à cinq personnes ; ce qui
peut accroître le risque de contaminations de différentes maladies.
Les détenus de la Prison de Isangi ne reçoivent pas de visites médicales. Le gardien affirme que
s’ils sont malades et s’ils peuvent assumer les frais de la clinique, il les amènera se faire soigner.
Les détenus de la Prison centrale de Kisangani ne reçoivent pas de visites médicales. Selon le
directeur de la prison un médecin a été désigné mais il attend encore son affectation à la prison
centrale. L’infirmerie est en réfection sur un Projet à impact rapide de la MONUC exécuté par
l’ONG Association Internationale des défenses des droits des Prisonniers « AIDPH »/ La prison
reçoit trimestriellement un kit médical, don de la délégation du CICR.
La prison de Buta n’a pas d’infirmerie et les détenus ne reçoivent pas de visites médicales.
Lorsque les détenus sont malades, le directeur fait rapport au procureur qui autorise ou non la
visite médicale. Mais pour être soigné il faudra que le détenu dispose des moyens suffisants pour
payer le médecin et les médicaments.
A Lubumbashi, le dispensaire de la prison de Kassapa est toujours ouvert mais presqu’aucun
médicament n’y est disponible. Les malades sont soignés uniquement le dimanche par les Sœurs
Mercedair, qui emportent leurs médicaments aussitôt après. En cas de maladie en cours de
semaine, le concerné est obligé d’acheter ses propres médicaments et il est soigné par un
prisonnier qui fait office d’infirmier.
La situation médicale est préoccupante à la prison de Kamina. Il y a des cas de malaria,
tuberculose, anémie, hémorroïde, verminose, appendicite, bronchite, et de malnutrition. Il y a un
infirmier permanent (sauf le dimanche) qui reçoit environ 110 consultations par mois et le
médecin visite la prison une fois par semaine. Le CICR donne des médicaments tous les trois
mois.
Les détenus ne sont en général pas informés de leurs droits et devoirs tels qu’ils figurent dans
l’ordonnance n° 344 portant régime pénitentiaire et libération conditionnelle ni dans le règlement
31
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 32/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 32/42 FB T
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d’ordre intérieur27 (établi par le gardien, ce qui ouvre la porte à l’arbitraire) qui doit être affiché
dans la prison. Cela prive les détenus de la possibilité de demander le respect de leurs droits et de
l’application de la procédure de libération conditionnelle28 dont un grand nombre de condamnés
remplissent pourtant les conditions pour être bénéficiaires (ce qui contribuerait par ailleurs à une
forte diminution de la surpopulation pénitentiaire).
Discipline et punitions
Les sanctions qui se transforment en fait fréquemment en des traitements inhumains, cruels et
dégradants sont appliquées dans toutes les prisons mais à divers degrés.
La mise au cachot (pour une période pouvant aller jusqu’à 45 jours), l’usage des chaînes, fouets,
etc. sont signalés en plusieurs endroits.
Par exemple, les gardiens de la prison d’Isangi utilisent le fouet en cas d’indiscipline ou de
tentative d’évasion. Le fouet est un morceau de câble électrique ou un morceau de tuyau
d’arrosage.
A la Prison de Kasapa plusieurs détenus sont en isolement dans des cellules obscures et
insalubres pour punition pendant deux semaines mais d’autres y sont pour des durées plus
longues et parfois durant toute leur peine
Certains gardiens de prison justifient ces pratiques sur base du Règlement pénitentiaire29, en
contradiction sur ce point avec l’Ensemble des règles minima30. En effet, la législation actuelle
27
Art 46 RP
28
Art 91 à 103 RP
29
Art 78 RP Les peines disciplinaires applicables dans les prisons et les camps de détention sont :
1-La privation de visite pendant deux mois au maximum, sous réserve du droit pour le prévenu, de communiquer avec
son conseil;
2-La privation de la correspondance pendant deux mois au maximum, sous réserve du droit pour le détenu de
correspondre avec son conseil et d’écrire aux autorités administratives et judiciaires;
3-Les travaux ou corvées supplémentaires pendant quinze jours au maximum à raison d’une heure par jour;
4-les menottes pendant sept jours au maximum;
5- Le cachot pendant 45 jours au maximum.
30
RM 27. L'ordre et la discipline doivent être maintenus avec fermeté, mais sans apporter plus de restrictions qu'il n'est
nécessaire pour le maintien de la sécurité et d'une vie communautaire bien organisée.
32
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 33/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 33/42 FB T
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sur la prison date de 1965. Il y est prévu aux art. 78 et 79 des punitions corporelles, notamment la
mise au cachot et les menottes, ce qui est une porte ouverte aux abus de toutes sortes. En outre, le
pouvoir accordé à chaque gardien dans l’élaboration du règlement intérieur de la prison qu’il
dirige donne lieu à des disparités dans les traitements des prisonniers (voir p.ex. le cas de nombre
d’heures de visites mentionné ci-dessous).
Le personnel de sécurité est souvent mis à contribution par les gardiens de prison lors des
mauvais traitements infligés aux détenus. En effet, les militaires ou les policiers de garde qui
assurent la surveillance des détenus ne sont pas formés en matière des droits de l’homme et ils
sont convaincus que les prisonniers n’ont aucun droit, ce qui les pousse à commettre toutes sortes
de violations.
La DDH / Kinshasa a relevé que, faute de surveillants professionnels, des détenus remplissent des
fonctions disciplinaires (ex : le comité d’encadrement anti-drogue du CPRK) ce qui est contraire
à la norme 28 des Règles minima en matière de traitement des détenus qui stipule que l’on ne
peut conférer à des détenus un pouvoir disciplinaire. Cette pratique peut être la source d’abus
comme des mauvais traitements pouvant entraîner la mort31
Les règles internationales32 garantissent aux détenus le droit de communiquer non seulement avec
un avocat, mais également avec le monde extérieur. Cette communication est importante pour
RM 31. Les peines corporelles, la mise au cachot obscur ainsi que toute sanction cruelle, inhumaine ou dégradante
doivent être complètement défendues comme sanctions disciplinaires.
31
Un détenu est mort au CPRK dans la nuit du 23 au 24 septembre 2004 dans des circonstances suspectes. Deux
ONGDH, le CODHO et l’ASADHO, ont déclaré que le décès du détenu serait survenu à la suite de mauvais traitements
qui lui auraient été infligés au motif qu’il aurait détenu de la drogue. En se basant sur les seules entrevues qu’elle a
conduites et n’ayant pas vu le corps ou eu accès au rapport d’autopsie, il n’a pas été possible à la DDH / Kinshasa de
confirmer les allégations des ONG précitées.
32
RM 37. Les détenus doivent être autorisés, sous la surveillance nécessaire, à communiquer avec leur famille et ceux
de leurs amis auxquels on peut faire confiance, à intervalles réguliers tant par correspondance qu'en recevant des
visites.
33
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 34/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 34/42 FB T
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protéger les droits du détenu, mais aussi pour qu’il puisse être traité avec humanité. Des règles
nationales 33 existent aussi en la matière.
Les visites sont certes autorisées mais le temps qui y est consacré varie d’une prison à l’autre. En
pratique, tout visiteur est obligé de donner de l’argent aux militaires ou policiers de garde
stationnés à la porte d’entrée. Parfois, l’entretien avec le détenu est également monnayé, ce qui
décourage finalement les visiteurs.
A la prison de Mbandaka, par exemple, les contacts avec la famille sont permis pendant le jour,
mais fréquemment monnayés. Les policiers en charge de la garde demandent de 50 à 200 FC. La
DDH a soulevé ce fait au Directeur de la prison
Les autres formes de contact et de communication avec l’extérieur, la correspondance, la radio, la
télévision, etc., sont très limitées, voire inexistantes dans certaines prisons.
Le contact avec un avocat est un droit et fait partie des garanties judiciaires dont un prévenu doit
bénéficier notamment pour préparer sa défense. Cette assistance peut aussi contribuer à limiter le
maintien en détention préventive prolongée. Dans les chefs-lieux de province ce droit est
partiellement respecté.
A Kindu, par exemple, tout comme à Mbandaka les avocats accèdent librement à la prison pour
prendre contact avec leurs clients :
Dans d’autres prisons, surtout celles situées en des lieux plus reculés, l’accès à un avocat est
problématique voire impossible. Les prévenus et les condamnés de la prison de Buta n’ont pas
accès aux avocats.car il n’y en a tout simplement pas à Buta.
Travail
Alors qu’au terme de l’article 64 du Régime pénitentiaire le travail est obligatoire pour les
détenus des prisons et des camps de détention, il n’est en fait pratiqué de façon organisée et très
limitée que dans quelques établissements (si on n’excepte les petits travaux de maraîchage
auxquels les prisonniers peuvent s’adonner pour améliorer leur vie ordinaire dans les quelques
prisons qui disposent suffisamment d’espace pour cultiver (ex. Kassapa)
La possibilité d’affecter les détenus par groupes à des travaux d’intérêt général en dehors de
l’enceinte de la prison ou du camp de détention comme l’autorise l’Ordonnance portant régime
pénitentiaire34 n’est presque utilisée nulle part alors que les travaux d’intérêt général ne
manquent certainement pas dans un pays presque complètement à reconstruire.
33
Art.74.RP Les détenus peuvent recevoir des visites aux jours et heures fixés par le règlement d’ordre intérieur,
moyennant une autorisation spéciale du gardien. Sauf autorisation contraire du magistrat instructeur, les visites aux
détenus peuvent être autorisées. Le gardien ou un surveillant doit assister à ces visites.
34
Art. 64 RP : Le travail est obligatoire pour les détenus des prisons et des camps de détention.
Le travail des mineurs âgés de moins de 18 ans, détenus dans les prisons est régi par des dispositions particulières.
Les détenus des maisons d’arrêt ne peuvent être mis au travail que s’ils en font la demande. Ils sont néanmoins tenus
d’entretenir en parfait état les locaux qu’ils occupent, leurs effets d’habillement ainsi que le matériel et les objets qui
sont à leur disposition.
Art.65 RP : (…) Les détenus peuvent pour autant qu’il soit possible de les entourer d’une surveillance efficace, être
affectés par groupes à des travaux d’intérêt général en dehors de l’enceinte de la prison ou du camp de détention.
34
ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 35/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 35/42 FB T
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ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 36/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 36/42 FB T
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Exercice physique
Les normes internationales35 et nationales36 qui imposent de faire bénéficier les détenus d’un
minimum d ‘exercice physique ne sont que très peu respectées notamment dans les prisons dont
l’infrastructure est réduite ou délabrée. Ce qui permet au gardien de n’autoriser ni promenade, ni
exercice physique en plein air par crainte des risques d’évasion.
Par exemple, au cachot de la PNC de Bunia, les prisonniers ne sortent jamais de l’espace exigu
qui leur est réservé et ne peuvent pratiquer aucun exercice physique dans la courette intérieure
grillagée d’une surface très réduite.
Le sport (football, volley, etc.) n’est en général que peu pratiqué et presque seulement dans les
prisons où un organisme ou personne charitable a fait don de ballons.
Religion
Sur le plan spirituel, la liberté du culte est généralement respectée, conformément aux règles
internationales37 et nationales38. En effet, les prisonniers bénéficient presque partout du culte et
35
RM 21. 1) Chaque détenu qui n'est pas occupé à un travail en plein air doit avoir, si le temps le permet, une heure au
moins par jour d'exercice physique approprié en plein air.
2) Les jeunes détenus et les autres détenus dont l'âge et la condition physique le permettent doivent recevoir pendant la
période réservée à l'exercice une éducation physique et récréative. A cet effet, le terrain, les installations et
l'équipement devraient être mis à leur disposition.
36
Art.53 RP. Les détrenus confinés dans le quartier de sécurité ou au cachot jouissent deux fois par jour , le matin et
l’après midi, d’une demi-heure de promenade ou d’exercice physique à exercer dans l’enceinte de la prison, du camp de
détention ou de la maison d’arrêt.
Le Gardien peut en priver les détenus dont il craint qu’ils ne causent du désordre.
37
RM 41. 1) Si l'établissement contient un nombre suffisant de détenus appartenant à la même religion, un représentant
qualifié de cette religion doit être nommé ou agréé. Lorsque le nombre de détenus le justifie et que les circonstances le
permettent, l'arrangement devrait être prévu à plein temps. 2) Le représentant qualifié, nommé et agréé selon le
paragraphe 1, doit être autorisé à organiser périodiquement des services religieux et à faire, chaque fois qu'il est
indiqué, des visites pastorales en particulier aux détenus de sa religion.
3) Le droit d'entrer en contact avec un représentant qualifié d'une religion ne doit jamais être refusé à aucun détenu. Par
contre, si un détenu s'oppose à la visite d'un représentant d'une religion, il faut pleinement respecter son attitude.
36
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d’un encadrement des prêtres et pasteurs, à quelques exceptions près/. A Buta, par exemple, le
Directeur ne permet pas aux différentes croyances religieuses de venir prêcher à la prison.
En vue de surveiller la stricte observation des lois et règlements concernés, les lieux de détention
doivent pouvoir être visités régulièrement par des personnes qualifiées et expérimentées.
L’ordonnance n° 344 du 17 septembre 1965 règle toutes les questions de contrôle des prisons par
différentes personnes (inspecteur des établissements pénitentiaires, gouverneur ou son délégué,
chef de la circonscription administrative territoriale, etc.) qui sont amenées à visiter régulièrement
les lieux de détention.39 Le médecin désigné par l’état doit aussi visiter également les prisons une
fois par mois sauf les prisons de police, une fois par trimestre. Les OMP du ressort doivent visiter
en début de mois la prison centrale et les prisons de district. Ils visitent, au cours de leurs
déplacements les prisons de police. Ils doivent vérifier les registres d’écrou, le registre
d’hébergement et s’assurer qu’aucun détenu n’est retenu au-delà du temps nécessaire pour être
conduit devant l’autorité judiciaire compétente. En outre, ils contrôlent la tenue du dossier
personnel du détenu.
En fait la plupart de ces contrôles ne fonctionnent pas.
Les inspections par le gouverneur ou son délégué, par l’inspecteur territorial (trimestrielles) sont
presque partout exceptionnelles et provoquées par des événements graves comme des mutineries,
prises d’otage ou autres incidents (Kisangani, Goma, Mbuji Mayi)
A Mbandaka, le Gouverneur a visité la prison deux fois dans une période d’un an. La deuxième
fois il accompagnait la Ministre des droits humains. Les inspections des magistrats du parquet,
par contre, en vue du contrôle de la régularité de la détention sont devenues plus régulières. A
Mbandaka, les officiers du ministère public font le contrôle et l’inspection une fois par mois,
normalement entre le 1er et le 5 du mois.Plusieurs magistrats se plaignent du fait que les
recommandations faites à l’occasion de ces visites et les doléances des détenus ne sont jamais
prises en compte par les autorités. Cela conduit au découragement.
Les lieux de détention de Bunia, à cause de la forte présence internationale et d’un programme
d’appui à la justice, font l’objet de visites fréquentes L’inspecteur territorial est sur place et
coordonne la PNC donc son cachot. De ce fait il déclare faire une visite journalière dans le lieu de
détention. La Commissaire de District a 2 délégués qui viendrait régulièrement visiter les lieux et
se rendre compte de la situation de même que les officiers du ministère public et les policiers de
la Civpol de la MONUC
Les inspections ne devraient pas être l’apanage d’un corps unique ou organismes officiels
habilités une fois pour toutes. Le contrôle devrait également pouvoir être effectué par des
personnes extérieures à l’administration pénitentiaire, comme les ONG des Droits de l’Homme40
RM 42. Chaque détenu doit être autorisé, dans la mesure du possible, à satisfaire aux exigences de sa vie religieuse, en
participant aux services organisés dans l'établissement et en ayant en sa possession des livres d'édification et
d'instruction religieuse de sa confession.
38
Art.76 RP : L’exercice de leur ministère auprès des détenus est facilité aux ministres du culte. Les conditions en sont
déterminées par le règlement d’ordre intérieur, après arrangement avec le ou les représentants de culte intéressé.
39
Art 24 RP : L’inspecteur territorialement compétent chargé de la section des établissements pénitentiaires visite les
prisons, les maisons d’arrêt et les camps de détention au moins une fois par trimestre.
Art 25 RP : Le gouverneur de province ou son délégué visite les prisons, les maisons d’arrêt et les camps de détention
au moins une fois par trimestre.
40
“Les ONG intéressées par le problème des prisons ont acquis une longue expérience dans le monde entier en matière
d’amélioration des conditions de vie en détention; elles ont un rôle essentiel à jouer dans la vérification de l’application
en prison de lois et de règlements équitables et de la conformité des conditions de détention aux Règles Minima et
autres documents afférents aux droits de l’homme. En visitant les prisons, en recueillant des informations auprès des
détenus, des anciens détenus et des surveillants, elles peuvent constituer un stock d’informations pertinentes sur
37
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Registres
Les registres, tels qu’ils sont exigés par les règles internationales42 et nationales43, ont une grande
importance, entre autres pour permettre un contrôle et une vérification de la légalité de la
détention.
Dans la plupart des prisons, les matériels de travail font défaut. En effet, il n’existe pratiquement
pas de registres à proprement parler. Les données de la prison, sont le plus souvent consignées
soit sur des cahiers d’écoliers, soit sur du simple papier, parfois payés par les détenus eux-
mêmes. Les « registres » principaux sont néanmoins tenus, sous cette forme artisanale, dans la
plupart des établissements pénitentiaires. Quelques uns font exception : seul le registre d’écrou,
qui reflète la situation journalière, existe à la prison militaire de Mbandaka.
l’ambiance règnant dans tel établissement, sur les conditions habituelles de la vie en détention et sur les pratiques
quotidiennes des agents ; L’engagement d’ONG dans l’inspection des prisons peut contribuer à diminuer ou à
interrompre l’érosion de l’indépendance d’inspecteurs devenus complices de l’institution par suite de leur cooptation et
de la routine administrative », Pratique de la prison ; Du bon usage des règles pénitentiaires internationales, Penal
Reform International, Paris, août 1977.
41
Le Comité de suivi a aussi pour objectif de lutter contre la détention illégale, de diminuer le nombre de mise en
détention préventive et leur durée.
42
RM 7. 1) Dans tout endroit où des personnes sont détenues, il faut tenir à jour un registre relié et coté indiquant pour
chaque détenu :
a) Son identité;
b) Les motifs de sa détention et l'autorité compétente qui l'a décidée;
c) Le jour et l'heure de l'admission et de la sortie.
2) Aucune personne ne peut être admise dans un établissement sans un titre de détention valable, dont les détails auront
été consignés auparavant dans le registre.
43
Article 14. RP : Le gardien tient pour la prison ou le camp de détention :
1-Le registre d’écrou prévu à l’article 31 dans lequel sont consignés les noms des détenus visés à l’article 9;
2-Un mémento qui doit mentionner à la page portant la date d’expiration de la peine, de l’internement ou de la
contrainte par corps, les noms des détenus à relaxer ce jour là.
3-Un dossier pour chaque détenu; ce dossier comprend outre les mentions relatives à l’écrou , toutes les pièces
concernant le détenu et , le cas échéant , le double de la proposition de libération conditionnelle et la fiche individuelle
relative au pécule.
38
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Les registres entreposés dans la cellule des femmes de la prison de Mwene Ditu
Pour faire face à la pénurie en personnel, les gardiens recourent souvent aux services des détenus
formés pour les travaux de greffe, secrétariat, etc.
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ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 40/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 40/42 FB T
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RECOMMANDATIONS
- Visant à améliorer les conditions de détention et à respecter les Règles minima sur le
traitement des détenus
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Le Procureur Général de la République dans une circulaire relative à la réduction des populations
pénitentiaires et de la mortalité dans les prisons du 12/12/04 “attire toutefois l’attention des magistrats
insstructeurs concernés dans de pareilles transactions que celles-ci ne doivent pas servir d’occasions de
soumettre les assujetis à des tracasseries de tout genre pour obtenir leur consentement ou négocier quoi que
ce soit avant le classement de leurs dossiers”.
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ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 41/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 41/42 FB T
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- Mieux garantir la séparation entre les hommes et les femmes détenus, ce qui doit aller de
pair avec une répartition des responsabilités entre le personnel pénitentiaire masculin et
féminin du lieu de détention et qui implique que :
o les femmes détenues doivent être gardées par un personnel féminin;
o pendant la nuit, le personnel masculin ne devrait être autorisé à pénétrer dans le
quartier de détention des femmes qu’en cas d’urgence et accompagné du
personnel féminin;
o tout détenu prétendant avoir été victime de violences sexuelles de la part d’un
membre du personnel pénitentiaire ou d’une autre personne devrait avoir accès à
la justice et, s’il y a lieu, recevoir des soins médicaux immédiats.
- Encourager la mise en place, auprès de chaque prison concernée, d’un comité de suivi
aux fins de mettre en œuvre ces recommandations et d’aboutir à la mise en œuvre de
mesures concrêtes autres45. De tels comités servent de cadre de concertation entre :
o les différents acteurs congolais de la chaîne pénale (Police judiciaire, Parquet,
Auditorat, Administration pénitentiaire, etc.)
o les services de la MONUC intéressés par le sujet de la détention
o les autres acteurs (ONGs humanitaires, ONG Droits de l’Homme, églises, etc)
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Les membres du comité de suivi assurent la visite des prisons et des cachots, relèvent les dysfonctionnements, se
rencontrent régulièrement en vue d’examiner les dysfonctionnements apparus au niveau des prisons et proposent des
mesures concrètes aux autorités judiciaires et carcérales visant, entre autres, à améliorer les conditions de détention, en
promouvant le respect des Règles minima sur le traitement des détenus, dans le domaine alimentaire, médical, de
l’adoucissement des conditions de détention, etc. Le Comité de suivi a aussi pour objectif de lutter contre la détention
illégale, de diminuer le nombre de mise en détention préventive et leur durée.
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Ces recommandations aux autorités congolaises nécessitent pour leur mise en oeuvre l’appui des partenaires en
développement en vue de financer des programmes de réhabilitation comme le REJUSCO (Programme d’urgence pour
Restaurer la Justice à l’Est du Congo) ainsi que d’autres qui seront le fruit des travaux du Comité mixte de suivi du
programme cadre de la Justice.
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ICC-01/04-01/06-2762-Anx6 21-09-2011 42/42 RH T ICC-01/04-01/06-2762-Conf-Anx6 15-06-2011 42/42 FB T
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Des études sont actuellement en cours entre Ministère de la Défense, MONUC et autres partenaires afin d’évaluer les
sites les plus intéressants à réhabiliter.
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Prisons in the Democratic Republic of Congo face multiple challenges that contribute to inhumane conditions, including severe malnutrition due to inadequate funding and resource allocation for food, which results in high mortality rates among prisoners . The infrastructure of many prisons is in a state of disrepair, leading to overcrowding and a lack of separation among different categories of detainees, such as adults and minors, thus exacerbating hygiene issues . Medical care is practically nonexistent, as the state fails to provide necessary health services and supplies, further compromising the health of malnourished and weakened inmates . Moreover, the shortage of basic amenities such as beds, ventilation, and lighting severely affects the living conditions . Lack of consistent oversight and adherence to legal standards for detention further aggravates these issues .
Prison conditions in the Democratic Republic of Congo reflect broader systemic issues in its justice system, such as inadequate legal oversight and resource allocation, which lead to rampant malnutrition, overcrowding, and administrative neglect in detention centers . The lack of functioning legal checks and balances means that preventive detention is overused, compounding overcrowding and deteriorating living conditions . The failure to regularly inspect prisons and enforce legal standards allows substandard conditions to persist, highlighting systemic inefficiencies and corruption within the judicial processes . Moreover, the chronic underfunding of detention facilities points to broader governance failings and prioritization issues at the state level .
Structural deficiencies in Congolese prisons include dilapidated infrastructures that are often insufficient to accommodate the inmate population, leading to overcrowding and heightened hygiene issues . The lack of proper facilities like cooking areas, beds, and basic sanitation, such as effective waste disposal systems, aggravates the living conditions . Many prisons lack separate facilities for different categories of prisoners, such as juveniles and adults, accused and convicted, which undermines safety and order . The absence of reliable power, ventilation, and adequate lighting further contributes to an inhospitable environment for detainees .
The suggested efforts to improve prison conditions in the Democratic Republic of Congo include increasing funding and proper management to address malnutrition and initiating agricultural activities within prisons to boost food self-sufficiency . Reducing overcrowding by limiting preventative detention and increasing conditional releases is advised to manage population size, which in turn could improve living conditions by decreasing strain on resources . The construction or rehabilitation of prison facilities is necessary to improve infrastructure and separate different types of detainees, thus aligning with minimum international detention standards . While these measures have the potential to significantly improve current conditions, their success depends heavily on adequate and sustained implementation by authorities, alongside effective monitoring and management of resources .
Political and logistical factors significantly influence the distribution and effectiveness of international aid to Congolese prisons. Politically, government corruption and lack of prioritization for prison reforms pose barriers to the effective allocation and utilization of international aid . Logistically, the poor state of infrastructure makes it challenging to deliver consistent aid, and the absence of robust oversight mechanisms often means that aid does not reach the intended recipients effectively . Additionally, coordination among local authorities, international organizations, and NGOs is necessary but frequently hampered by bureaucratic inefficiencies, reducing the overall impact of aid programs .
Inadequate healthcare provision severely impacts prison populations in the Democratic Republic of Congo by exacerbating the effects of widespread malnutrition and infectious diseases due to the lack of medical staff and supplies . Without state-provided medical care, the weakened physical state of prisoners leads to increased vulnerability to illness, often resulting in preventable deaths . Although some prisons have state healthcare personnel, they are typically ill-equipped to provide any meaningful care, lacking essential medicines . This situation necessitates external interventions from NGOs to attempt to fill the gap, but such efforts are sporadic and insufficient for the needs .
NGOs and international organizations play a critical role in addressing conditions in Congolese prisons by monitoring compliance with international standards, providing humanitarian aid, and advocating for reforms . Organizations such as CARITAS support basic needs through intermittent food supplies, alleviating some level of malnutrition in prisons like Bukavu . The MONUC has proposed the creation of committees to monitor and suggest improvements, providing a platform for various stakeholders, including NGOs, to engage in dialogue and collaboratively address systemic issues . Despite these efforts, only a few Congolese NGOs regularly conduct monitoring, indicating the need for broader engagement and support from international bodies to ensure sustained improvements .
Malnutrition severely impacts the health and survival of prisoners in Congolese prisons by weakening their immune system, making them more susceptible to diseases. The lack of adequate food provided by the state has led to some prisons depending on the intermittent aid from organizations like CARITAS, which is insufficient to meet nutritional needs . The prevalence of diseases in prisons with high malnutrition rates leads to increased mortality, where being sentenced for minor offenses can essentially become a death sentence due to starvation and related illnesses .
Recommendations for improving the separation and management of different categories of detainees in Congolese prisons involve infrastructure improvements to ensure proper segregation based on age, gender, and legal status . For instance, rehabilitating and constructing new facilities with dedicated sections for juveniles, males, females, convicted prisoners, and those awaiting trial is crucial . By decreasing over-reliance on preventative detention and increasing conditional releases, the prison system can manage populations more effectively, facilitating better separation and minimizing risks of violence and abuse .
Farm-based programs in Congolese prisons could significantly alleviate food shortages by fostering self-sufficiency and providing a continuous food supply . Such programs involve reactivating agricultural and livestock activities to supplement inmate nutrition and reduce dependency on external aid. However, implementing these programs involves several challenges such as securing initial funding, ensuring adequate training and resources for inmates, and overcoming logistical constraints within the prison infrastructure . Additionally, the sustainability of these initiatives depends on effective management and ongoing support from authorities, which is often complicated by political and bureaucratic hurdles in the Congolese system .