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Cours de DIP 2022

Le cours de droit international public, enseigné en Master 1 à l'Université Dakar Bourguiba, vise à familiariser les étudiants avec les sources et les sujets du droit international, en mettant l'accent sur la proscription du recours à la force et la responsabilité internationale. Le droit international, bien que centré sur les États, inclut également d'autres sujets comme les organisations internationales et les individus, et cherche à réguler les relations internationales pour promouvoir la paix et la sécurité. L'enseignement se déroule sur 20 heures de cours et 10 heures de travaux dirigés, permettant aux étudiants d'acquérir une culture juridique essentielle pour leur future carrière professionnelle.

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Cours de DIP 2022

Le cours de droit international public, enseigné en Master 1 à l'Université Dakar Bourguiba, vise à familiariser les étudiants avec les sources et les sujets du droit international, en mettant l'accent sur la proscription du recours à la force et la responsabilité internationale. Le droit international, bien que centré sur les États, inclut également d'autres sujets comme les organisations internationales et les individus, et cherche à réguler les relations internationales pour promouvoir la paix et la sécurité. L'enseignement se déroule sur 20 heures de cours et 10 heures de travaux dirigés, permettant aux étudiants d'acquérir une culture juridique essentielle pour leur future carrière professionnelle.

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Syllabus du cours de Droit International Public

Le cours de droit international public est un cours annuel, généralement enseigné dans les
universités pour les licences 3 droit public et pour les Master 2, droit public général. C’est un
cours relativement large composé généralement de deux parties : les sources et les sujets du
droit international public.

L’objectif de ce cours est de faire comprendre aux étudiants, qu’à côté de l’ordre juridique
interne, qu’un autre ordre dit international profondément spécifique s’est constitué. Défini
jadis comme l’ensemble des règles de droit qui régissent et ordonnent les rapports entre Etats,
le droit international public s’est constitué et développé au fur et à mesure que sont apparus
les sujets dont il a dû organiser la coexistence. Parce qu’il a été conçu pour réguler leurs
relations, les Etats sont naturellement les sujets originaires et ont créé des sujets dits dérivés
qu’ils appellent à les rejoindre. Longtemps contesté ou mis en doute, le droit international est
aujourd’hui largement devenu un droit proche, prétendant régler la conduite des sujets de
droit interne et d’abord des individus, fondés à se prévaloir devant les juges nationaux des
droits qu’il leur confère.

L’enseignement du cours de droit international public en Master 1 cours du soir à l’Université


Dakar Bourguiba, sera axé au cours de ces 20h et de 10h de travaux dirigés autour de la
proscription du recours à la force, des sujets du droit international, des sources du droit
international et enfin de la responsabilité internationale. L’objectif de ces séances de td est de
permettre aux étudiants de comprendre le cours de droit international et de parfaire leur
culture juridique en vue de leur insertion dans la vie professionnelle.

Cette méthode nous a permis, à défaut de pouvoir parcourir tout le cours de droit international
public en 20h, de connaitre l’essentiel du droit international public par la découverte des sujets
privilégiés auxquels il s’adresse, des sources qui lui donnent forme et des fonctions qu’il
remplit.
Bibliographie

Louis-Antoine Aledo, « Le droit international public », 3e éd. Dalloz, 2014, 162p.

COMBACAU (J) et SUR (S), Droit international public, Précis Domat, Montchrestien, 8ème éd.,
2008.

Nguyen (Q.D), Pellet (A), DAILLIER (P) : Droit international public, LGDJ, 7ème éd., 2002.

Alain Pellet, Le droit international à l’aube du XXIe Siècle, cours donné lors de la session
inaugurale des «Cours euro-méditerranéens Bancaja de droit international» organisés à
Castellon (Espagne) en septembre 1997.

Saidou Nourou TALL, « Droit des Organisations Internationales Africaines, Théorie Générale
Droit communautaire Comparé Droit de l’Homme, Paix et Sécurité », L’Harmattan, 2015, 547p.

Cheikh Tidiane THIAM, Cours de droit international public enseigné en Licence 3 droit public à
l’Université Cheikh Anta DIOP, en 2005.

Diez de Velasco Vallejo (M), Les organisations internationales, Economica, 2002.

T. ZOGBELEMOU, Droit des Organisations d’intégration économique en Afrique (CEDEAO,


CEMAC, UEMOA, ZMAO), L’harmattan, 2014. 337p.
INTRODUCTION

L’évolution connue par le droit international à partir de 1945 a été accueillie avec une grande
bienveillance par certains auteurs qui suivaient avec attention le processus d’adaptation du
droit aux nouvelles finalités assignées au droit international et à la société internationale par la
Charte des Nations Unies et, plus encore, par certaines résolutions et déclarations de
l’Assemblée générale.

Avec l'avènement du droit international public moderne en étroite corrélation avec l'idée de
souveraineté, l'État est considéré comme le cadre le mieux approprié pour l'organisation de la
vie collective et le développement de l'homme ; aussi a-t-il constitué le principal sujet de droit
international. Ceci est exact et la doctrine classique en tire la conséquence que « [l]e droit
international régit les rapports entre les États indépendants». Toutefois, il ne reflète qu'une
partie de la réalité car si les États, principaux acteurs de la société internationale, demeurent
au cœur du droit international ils n'en sont pas les seuls sujets. Un sujet de droit est une
personne ayant «la capacité d'être titulaire de droits et d'obligations» en vertu d'un système
juridique donné et de «se prévaloir de ses droits par voie de réclamation ... ». Comme l'a relevé
la Cour internationale de Justice, «[I]es sujets de droit, dans un système juridique, ne sont pas
nécessairement identiques quant à leur nature ou à l'étendue de leurs droits»

L’ordre juridique international témoigne aujourd’hui de la présence au côté des Etats qui sont
les principaux sujets du droit international, d’autres sujets dits secondaires comme les
organisations internationales (section 2). Cependant, dans les rapports interétatiques, le
recours à la force est formellement interdit par la Charte des Nations Unies (Section 1). En
outre, l’étude du droit international nous permettra également d’examiner les sources du droit
international (section 3) avant d’étudier la responsabilité en droit international (section 4).
Section 1 : La proscription du recours à la force dans les relations internationales

Les Etats sont, comme les individus avant le contrat social, dans un état de guerre
permanente. A partir du moment où la paix, si durement établie par le passage à l’état civil d’un
peuple, se voit sans cesse menacée par l’état de nature qui prévalait entre Etats. Ainsi,
l’ambition pour le droit international est de rétablir la paix et la sécurité internationale. C’est
ainsi que la communauté internationale par le biais du système des Nations Unies a décidé de
mettre fin à la fin à la guerre c’est-à-dire d’interdire de façon systématique le recours le recours
à la force dans les relations internationales. Ce principe rencontre cependant des exceptions
dans des circonstances particulières où un Etat victime d’une agression est en droit de recourir
à la force armée.

Paragraphe 1 : La volonté contemporaine de neutralisation de la guerre

Après la première puis la seconde guerre mondiale, l’ambition du « plus jamais ça » a été
manifestée dans la signature d’accords internationaux interdisant le recours à la guerre.
Cependant, cette ambition s’est concrétisée systématiquement dans la Charte des Nations
Unies.

A. La tentative d’interdiction du recours à la force

La volonté de bannir la guerre est affirmée après la première guerre mondiale, sans succès, et
renouvelée après la seconde lorsque les États adoptent la Charte des Nations unies dont le
projet principal est celui de favoriser, sinon d’instaurer, la paix entre les nations. Le recours à la
force armée était jusqu’à une époque récente licite. Ce n’est qu’au XX siècle que la
communauté internationale a tenté de mettre la « guerre hors la loi » internationale. Le droit
international a fait en matière de recours à la force un bond prodigieux et l’idée de prohiber le
recours à la force comme moyen de l’action internationale a commencé à ne plus apparaitre
comme totalement irréaliste à la fin du XIXe siècle même si son l’évolution fut difficile et
hérissée d’obstacles.

Ainsi, en 1907 la Convention de La Haye, dite convention Drago-Porter, marque la première


limitation de l’emploi à la force armée dans les rapports entre Etats. A cela s’ajoute en 1919
l’interdiction, par le Pacte de la SDN, de la guerre d’agression considérée comme étant illicite
au regard du droit international. Un quart de siècle plus tard, les signataires du Pacte Briand-
Kellog de 1928 déclareront solennellement qu’ils « condamnent le recours à la guerre pour le
règlement des différends internationaux et y renoncent en tant qu’instrument de politique
nationale dans leurs relations mutuelles ». Mais il faudra attendre véritablement l’adoption de
la Charte des Nations Unies en 1945 pour tourner définitivement la page du recours
discrétionnaire et libre de la force armée dans les relations internationales.

B. La concrétisation de l’interdiction systématique du recours à la force

Aux termes de l’article 2 de la Charte des Nations Unies, « les membres de l’Organisation
s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la
force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute
autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies ». Depuis lors cette idée est reprise
dans d’innombrables instruments internationaux comme la Déclaration de 1970 sur les
principes gouvernant les relations amicales, la Déclaration de Manille de 1982 sur le règlement
pacifique des différends.

En réalité, la réglementation de l’usage de la force en droit international est certes salutaire,


toutefois on ne peut s’empêcher de constater que la centralisation et l’institutionnalisation du
recours à la force dans le cadre du chapitre VII restent limitées. Pendant plusieurs décennies,
l’application du chapitre VII a été pratiquement paralysée par l’usage du véto. Même si la
guerre froide a aujourd’hui cessé, l’action militaire centralisée des Nations Unies n’en est pas
pour autant devenue une réalité tangible. Ce constat d’échec apparait dans les conflits,
syrien, soudanais, israélo-palestinien, Ukrainien avec le véto russe, chinois ou américain.

Si le droit international était conçu traditionnellement comme un instrument de coordination


des souverainetés, il se voit, aujourd’hui, investi d’une mission de transformation de la société
internationale et mis au service de finalités telles que la paix, la protection des droits de
l’homme, le développement durable et la préservation environnementale de la planète.
Le système international reste donc, aujourd’hui comme hier, celui de la société des Etats.
Toutefois sa dimension idéologique, face à sa prétendue neutralité s’est accrue récemment
intégrant l’interdiction du recours à la menace ou à l’emploi de la force, la promotion du droit
des peuples à disposer d’eux-mêmes, la reconnaissance et l’effort de protection des droits de
l’homme, la proclamation de concepts tels que « l’intérêt de l’humanité tout entière », « la
communauté internationale des Etats dans son ensemble », ou la notion de « patrimoine
commun de l’humanité ».

Il a, comme le souligne Prosper Weil, « certainement changé de contenu » et demeure


incontestablement un système juridique dont les particularités permettent de le considérer
comme un ordre juridique à part entière dont les conditions de réalisation sont
consubstantielles à la doctrine et à la pensée internationalistes. Les limitations à cette
interdiction ne peuvent résulter que de la Charte et ne sont que des exceptions à un principe.

Paragraphe 2 : Les exceptions au principe de l’interdiction du recours à la force

Le refus du recours à la force n’exclut pas sa possibilité. En cas d’usage de la force deux
dérogations au principe de l’interdiction du recours à la force sont prévues par l’article 51 : celle
de se défendre et celle de faire appel au système de sécurité collective. Dans la Charte des
Nations unies, figurent en ce sens un droit de légitime défense et un mécanisme de sécurité
collective.

A. Le droit de légitime défense

Le droit de légitimement se défendre est inscrit dans Charte des Nations Unies. Ainsi, aux
termes de l’article 51, « Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit
naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations
Unies est l'objet d'une agression armée, jusqu'à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures
nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales ».

Il s’agit d’un droit coutumier qui a été repris dans la Charte des Nations Unies. En outre, le juge
international reconnait le droit de légitime défense qu’il considère comme un droit
fondamental des États (CIJ, 27 juin 1986, Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et
contre celui-ci (Nicaragua c. Etats-Unis d'Amérique).

Cependant l’exercice de la légitime défense est juridiquement encadré. Selon l'article 51, ce
droit peut s’exercer jusqu’à ce « ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires
pour maintenir la paix et la sécurité internationales ». Il en résulte que dès que le mécanisme
de sécurité collective s'est mis en place, le droit à la légitime défense disparaît. De plus,
l’exercice de ce droit est conditionné par sa nécessité et sa proportionnalité. L’État agressé peut
bénéficier de l'assistance d'autres États : la légitime défense collective. Elle peut résulter
d'accord internationaux, des traités que les États concluent entre eux et par lesquels ils
prévoient que si l'un d'entre eux est attaqué les autres peuvent venir à son secours. Exemples
le Pacte de Varsovie ou l’OTAN dont l’article 5 dispose : « Les parties conviennent qu'une
attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du
Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence
elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles, dans l'exercice du droit de
légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l'article 51 de la Charte des Nations
Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et
d'accord avec les autres parties, telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la
force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique Nord. »

A noter que cet article affirme également, conformément à l’article 51 de la Charte, que ces
mesures prendront fin dès que le Conseil de sécurité aura pris les mesures nécessaires pour
rétablir et maintenir la paix et la sécurité internationales.

B. Le mécanisme de sécurité collective

En vertu du mécanisme de sécurité collective, les Etats membres des Nations Unies ont
expressément renoncé à l’utilisation de la force armée dans leurs rapports en échange d’une
protection collective. Cette protection est confiée au Conseil de sécurité de l’ONU en vertu du
chapitre VII. A cet égard, l’article 39 de la présente Charte dispose que, « le Conseil de sécurité
constate l’existence d’une menace contre la paix, d’une rupture de la paix ou d’un acte
d’agression et décide quelles mesures seront prises pour maintenir ou rétablir la paix et la
sécurité internationale ». Il peut alors proposer des mesures adaptées à la situation ou décider
de mesures armées ou non, telles que la rupture des relations diplomatiques, des sanctions
économiques, des embargos sur les armes et même une intervention armée (art. 42 de la
charte)… Cette éventuelle intervention armée est donc une dérogation au principe du recours à
la force. Cependant, dans la logique du chapitre VII, il s’agit de lutter contre les menaces à la
paix et non de punir les Etats qui ont recouru à la force. Ce système de sécurité collective a été
mis en œuvre contre l’Irak en 1990 qui avait annexé le Koweït. Dans un premier temps, les
Nations Unies avaient adopté des mesures de sanctions économiques et d’embargo contre
l’Irak, notamment dans la résolution 661 (6 août 1990). Dans un second temps, la résolution
678 avait autorisé les Etats membres à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour obtenir
l’évacuation du Koweït. Cette expression est récurrente et montre encore qu’une bonne partie
des relations internationales est gouvernée par des rapports de force. Or, depuis la mise en
place du système des NU au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’objectif principal était
et est toujours de garantir une paix durable aux sujets de droit international public.
Section 2 : Les sujets du droit international

Un sujet de droit est une personne ayant « la capacité d'être titulaire de droits et d'obligations»
en vertu d'un système juridique donné et de «se prévaloir de ses droits par voie de
réclamation». En droit international, l’Etat est, en vertu de la souveraineté le premier sujet.
C’est pourquoi le juge international le qualifie de sujet primaire ou originaire du droit
international. Cependant, avec l’évolution de la société internationale, les organisations
internationales sont aujourd’hui des sujets à part entière de droit international.

Paragraphe 1 : L’Etat, sujet originaire de droit international

L'unité conceptuelle qui préside à la définition de l’Etat comme une collectivité humaine,
installée de façon permanente sur une portion de territoire, dotée d'un gouvernement et
jouissant de la souveraineté, est commune à toutes les branches du droit. Cependant, en droit
international l'État est une entité souveraine jouissant de la personnalité juridique
internationale lui permettant d’exercer directement des compétences au niveau international.

A. La souveraineté

La souveraineté constitue le titre d'accès de manière immédiate de l’Etat à la vie internationale.


Envisagée sur le plan juridique, la souveraineté est à la fois le fondement de la compétence de
l'État en droit international et le critère de l'État.

1. La souveraineté, fondement de la compétence internationale de l’Etat

La souveraineté confère directement à l'État la qualité de sujet immédiat de droit international.


Ainsi, la qualité d’Etat souverain est la condition nécessaire et suffisante pour accéder
directement à la sphère internationale soit par la conclusion de conventions internationales,
soit par l’adoption d’un fait opposable aux autres sujets de droit international. À la différence
de la situation de droit interne caractérisée par l'existence d'une puissance publique, l'absence
d'autorité supérieure à l'État souverain en droit international implique l'égalité de statut
juridique des États de la société internationale. Dans l'État, le souverain est unique et la
souveraineté est définie comme un pouvoir suprême, illimité et inconditionné. Cela est
impossible dans l'ordre international où les « souverains » y coexistent et les pouvoirs de
chacun y sont nécessairement bornés par ceux, égaux, de tous les autres. La souveraineté peut,
certes, toujours apparaître comme la source des compétences étatiques, mais celles-ci ne sont
concevables que pour autant qu'elles sont compatibles avec celles des autres États, souverains
aussi. Dès lors, la notion de souveraineté change de sens; elle ne désigne plus un pouvoir
supérieur à tous les autres, mais un pouvoir sans supérieur, ce qui est tout différent. Ce
principe d’égalité des Etats en droit international est clairement affirmé par la Charte des
Nations Unies en son article 2, paragraphe 1, « L’Organisation est fondée sur le principe de
l’égalité souveraine de tous ses Membres ». Cette égalité montre que l’ordre juridique
international n’est pas un ordre impérial mais est plutôt un ordre de coexistence de
souverainetés ou de juxtaposition de souverainetés. Ainsi, la souveraineté est donc un critère
indispensable à l’existence de l’Etat en droit international.

2. La souveraineté le critère de l’Etat en droit international

La réalisation de la souveraineté permet d'établir la distinction entre l'État, au sens du droit


constitutionnel et l'État au sens du droit international. En droit constitutionnel, les entités
fédérées sont qualifiées d’Etat alors qu’elles ne disposent pas de la compétence de s’engager
directement au commerce juridique international. Or, en droit international ces entités
composantes d’un ensemble étatique souverain n’ont pas la qualité d’Etat du fait qu’elles n’ont
pas la souveraineté internationale. L'État est la seule entité jouissant de la plénitude de la
souveraineté en droit international. Ainsi, dans l’avis consultatif du 11 avril 1949, le juge
international déclare que, « Les sujets de droit dans un système juridique ne sont pas
nécessairement identiques quant à leur nature et quant à l’étendue de leurs pouvoirs. Les Etats
sont des sujets souverains et les organisations internationales sont des sujets dérivés ». Cette
autonomie de décision confirmée par le juge international est la manifestation de l'absence
d'un pouvoir politique de décision supérieur à l'État, compétent pour émettre des injonctions à
l'adresse d'un autre État. Dès lors, l'État n'est tenu d'obéir qu'aux seules décisions et règles qu'il
s'est imposées. Deux conséquences découlent de ce principe : l'absence du caractère supra-
étatique des organisations internationales même dotées des pouvoirs les plus importants et
ensuite le refus de la qualité d'État au sens du droit international des États ne jouissant plus de
la plénitude de l'autonomie internationale de décision, dans le cadre du protectorat par
exemple.

B. Les compétences de l’Etat en droit international

Le dictionnaire de la terminologie du droit international défini la compétence comme un : «


pouvoir juridique de connaître d'une affaire, de légiférer sur certaines matières, de prendre une
décision, de faire un acte, d'accomplir une action qui appartient à un État et non à un autre
État ou à une institution internationale, que l'exercice de ce pouvoir soit ou non soumis à des
règles du droit international ou laissé à l'appréciation discrétionnaire de cet État. ». L’Etat a
donc, selon Max WEBER, la compétence de sa compétence. Cela signifie que l’Etat a lui seul le
droit d’édicter dans le cadre de son territoire, il est le seul à posséder sa souveraineté interne et
externe.

Dans sa sphère interne, l’Etat dispose de compétences régaliennes sans aucune concurrence,
et il est le seul à posséder de tels pouvoirs sur son territoire. Alors que ses relations avec les
autres Etats il détermine librement et en toute indépendance le choix de toutes ses décisions
diplomatiques, économiques, politiques, sans intervention et pression des autres Etats. Par
ailleurs, l’Etat exerce aussi une compétence personnelle à l’égard de ses ressortissants.

1. La capacité de s’engager

La réalité de cet engagement ne doit pas faire l’objet d’un doute quelconque. L’engagement
doit être certain quel qu’en soit par ailleurs les formes. Il peut en effet être donné verbalement
comme dans le cas de l’affaire de la « déclaration Ihlen » relative au Groenland Oriental.
L’engagement peut aussi résulter du comportement des parties comme l’a illustré l’arrêt du 15
juillet 1962 rendu par la CIJ dans l’affaire du « Temple Preah Vihear » au sujet du
comportement de la Thaïlande et ceci pour chercher la réalité de l’engagement.

De même, la définition de l’article 2 des deux conventions de Vienne est relativement complète
du fait des précisions qu’elle apporte sur les formes que le Traité peut emprunter ainsi que sur
les différents sujets de droit international. L’énoncé suivant lequel un traité est un accord
conclu par les Etats et les Organisations internationales, montre que l’article 2 des deux
conventions les mentionne comme sujets de droit international c’est-à-dire pouvant atteindre
directement le commerce juridique international. Comment, alors, analyser l'engagement
international de l'État?

Selon la doctrine volontariste dominante, « accepter d'être lié par la règle de droit (...), c'est
surtout -quoi qu'on en dise- une limitation de souveraineté». Cette position est partagée par la
jurisprudence internationale du moins dans l’affaire du Vapeur Wimbledon. Dans le premier
arrêt qu’elle a été appelée à rendre en 1932, la CPJI, précise que l’engagement international est
inhérent à une limitation de souveraineté. Il en résulte que l'Allemagne était mal fondée à
invoquer le Traité de Versailles par lequel elle s’était engagée à ouvrir le canal de Kiel aux
navires de toutes les nations en temps de paix comme en temps de guerre et qu’elle considérait
comme contraire à sa souveraineté si elle devait être interpréter comme l’obligeant à laisser
passer un navire contenant des armes destinées à l’un des belligérants.

Il en est autrement pour une partie de doctrine internationale qui considère d'ailleurs qu’il est
assez absurde de parler de «limitation de souveraineté». La souveraineté ne se limite pas, ne se
divise pas, ne se «saucissonne» pas. Elle est le critère de l'État et la source de ses compétences
au plan international; s'il l'a, il est un État et jouit à ce titre de toutes les compétences que le
droit international reconnaît aux États; si l'entité en cause n'est pas souveraine, elle n'est pas
un État et le problème ne se pose tout simplement pas. La souveraineté, c'est comme la
virginité disent-ils, on l'a ou on ne l'a pas; mais on ne l'a pas «un peu» ou «beaucoup» ou «en
partie»!

2. La compétence personnelle de l’Etat

De même que l’Etat exerce une compétence sur son territoire, le droit international admet
l’exercice des compétences personnelles de l’Etat à l’égard de ses nationaux, ou de certaines
sociétés enregistrées ou ayant leur siège social sur son territoire, ou de certains véhicules,
navires, aéronefs ou engins spatiaux ayant son immatriculation. La nationalité fonde ainsi la
compétence personnelle de l’Etat sur ses sujets et ce parfois où qu’ils aillent. Exemple : une
personne résidant à l’étranger ou un aéronef ou société immatriculé au nom d’un Etat, relève,
sur le fondement de sa nationalité, de la compétence personnelle de son Etat national, alors
même qu’elle est soumise à la compétence territoriale de l’Etat d’accueil.

Le lien de national permet ainsi à un Etat de soumettre à tous ses sujets le respect des règles
de droit interne, mais également de surtout de leur garantir une protection optimale. Il en est
ainsi de l’exercice de la protection diplomatique qui est une institution essentielle en droit
international permettant à un Etat, s’il le souhaite, de prendre fait et cause pour l’un de ses
ressortissants lorsque celui-ci est victime d’agissements illicites de la part d’un Etat étranger.
C’est le cas de l’arrêt de la CIJ du 30 novembre 2010 entre la République démocratique du
Congo et la République de Guinée, dans l’affaire dite « Ahmadou Sadio DIALLO » à propos de
graves violations de droit international, alléguées par la Guinée et qui auraient été commises,
par la RDC, sur la personne d’Ahmadou Sadio DIALLO. Il en est également ainsi de l’arrêt rendu
par la CIJ le 5 février 1970 dans l’affaire Barcelona Traction opposant la Belgique au
gouvernement espagnol. La demande présentée à la Cour est formulée par le Gouvernement
belge pour le compte de personnes physiques et morales qui seraient ressortissants belges et
actionnaires de la Barcelona Traction, société constitué au Canada et y ayant son siège. L’objet
de la requête est donc d’obtenir réparation du dommage qui aurait été causé à ces personnes
par le comportement contraire au droit international résultant des agissements des divers
organes de l’Eta espagnol à l’égard de cette société.

Cette dans cette optique que s’inscrit que s’inscrit l’affaire Interhandel, introduite par une
requête du gouvernement suisse le 2 octobre 1957, contre les USA sur un différend portant sur
la demande de restitution par la suisse des avoirs de la société Interhandel. C’est en outre le cas
de l’affaire F. Nottebohm dans l’arrêt rendu le 5 avril 1955 et opposant le LIECHTENSTEIN au
GUATEMALA. Dans cette affaire il était question de savoir si la naturalisation de NOTTEBOHM
donne droit au Liechtenstein d’assurer sa protection diplomatique à l’égard du Guatemala ?

Il résulte ainsi de ces différentes jurisprudences que l’exercice de la protection diplomatique


peut être garanti non seulement à l’égard des personnes physiques mais également et surtout
des personnes morales. L’institution de la protection diplomatique transforme donc un litige de
droit interne entre une personne et un Etat en un différend international régi par le droit
international entre deux Etats. Toutefois, le bénéfice de l’institution de la protection
diplomatique dépend essentiellement du lien juridique entre la personne et son Etat. La CPJI,
dans son arrêt, du 31 Août 1924, dans l'" Affaire Mavrommatis", rappelle:" C'est un principe
élémentaire du droit international que celui-ci autorise l'Etat à protéger ses nationaux, lésés par
des actes contraire au DI, commis par un autre Etat, dont ils n'ont pu obtenir satisfaction par
les voies ordinaires. Ce faisant l'Etat fait valoir son droit propre, le droit qu'il a de faire
respecter, en la personne de ses nationaux, le droit international".

La préoccupation du droit international est d’éviter les naturalisations fantaisistes et de


complaisances obligeant les Etats à naturaliser des personnes étrangères résidant sur leur
territoire depuis un certain nombre d’année. Le grand mérite de la théorie des compétences
est de montrer que l'État, une fois qu'il existe, ne peut agir dans la sphère internationale qu'en
vertu du droit.

Paragraphe 2 : Les Organisations internationales, sujets dérivés de droit international

L'État a, depuis l'époque moderne, représenté le cadre normal d'impulsion des relations
internationales. Mais l'extension internationale de la dimension des termes d'un problème et
de leur solution adéquate révèle les limites du seul contexte étatique national comme cadre
pertinent de traitement des difficultés. Par ailleurs, la création de la Société des Nations puis
celle de l'Organisation des Nations Unies ont progressivement fait des organisations
internationales de véritables centres d'impulsion des relations internationales. On entend par
organisation internationale un groupement d’Etats créé par un traité, doté d’organes
autonomes et disposant de la personnalité juridique internationale distincte de celle des Etats.

L’organisation internationale est un sujet dérivé de droit international public reconnu non pas
en vertu de la souveraineté internationale mais plutôt de sa personnalité juridique
internationale. Si l’Etat est un être souverain, l’organisation est être dérivée fondé
essentiellement sur la reconnaissance de la personnalité juridique internationale. Définie
comme étant la capacité d’être titulaire de droits et devoirs internationaux, la personnalité
juridique a des fondements et permet aux organisations d’exercer des compétences au niveau
international.
A. Le fondement de l’admission des OI en droit international

L’organisation est destinée, selon le juge international, à exercer des fonctions et à jouir des
droits qui ne peuvent s’expliquer que si elle possède la personnalité internationale. Pourtant le
droit positif international a évolué dans le sens du juge international et a consacré l’admission
des organisations internationales dans le commerce juridique international.

1. Fondement jurisprudentiel

A la suite de l’assassinat par un groupe armé du Comte Folke Bernadotte, diplomate suédois
envoyé par l’ONU comme médiateur en Palestine la Cour internationale de justice a été saisie
pour avis par l’Assemblée générale des nations unies sur la question de savoir si l’ONU avait
qualité pour présenter contre le gouvernement de jure ou de fait responsable de dommages
subis d’une réclamation internationale en vue d’obtenir réparation ? Autrement dit
l'organisation internationale est-elle apte à jouir des droits et être titulaire d'obligations au
regard du droit international ?

La CIJ répond par l’affirmative en employant la méthode d’interprétation téléologique. Elle a


estimé que les membres de l’’ONU en lui assignant certaines fonctions avec les devoirs et
responsabilités qui les accompagnent, l’ont revêtu de la compétence nécessaire pour lui
permettre de s’acquitter de ses missions. La cour conclut que l’ONU est une personne
internationale. Dans son avis consultatif du 11 avril 1949 relatif à la réparation des dommages
subis au service des nations unies, la cour s’empresse de préciser l’étendue de cette
personnalité juridique en ces termes « ceci n’équivaut pas à dire que l’organisation soit un Etat,
ce qu’elle n’est certainement pas, ou que sa personnalité juridique, ses droits et ses devoirs
soient les mêmes que ceux d’un Etat. Cela signifie que l’Organisation est un sujet de droit
international, qu’elle a capacité d’être titulaire de droits et devoirs internationaux et qu’elle a
capacité de se prévaloir de ses droits par voie de réclamation internationale ».

Cette personnalité juridique se distingue toutefois de la personnalité juridique interne prévue


par la Charte des nations unies. La reconnaissance de cette personnalité juridique interne
découle de l’article 104 de la charte qui dispose que, « l’Organisation jouit sur le territoire de
chacun de ses membres de la capacité juridique qui lui est nécessaire pour exercer ses
fonctions et atteindre ses buts ». Selon le droit positif international, cette personnalité juridique
interne ne peut s’exercer sur le territoire d’un Etat qu’avec son consentement car
l’Organisation n’a pas de territoire qui lui est propre. Les contrats conclus par une organisation
internationale en droit interne relève donc du droit national de l’Etat de siège.

Si la compétence des États pour créer une organisation internationale est indiscutable, le
problème est de savoir quelles sont les conséquences de la reconnaissance de cette
personnalité juridique internationale des organisations internationales.

2. Fondement conventionnel

Les Etats étaient les seuls sujets de droit international. Ainsi, selon l’article 2 de la Convention
de Vienne sur le droit des traités de 1969, « l’expression traité international écrit, conclu entre
Etats régi par le droit international qu’il soit consigné dans un instrument unique ou dans deux
ou plusieurs instruments connexes et quelle que soit sa dénomination particulière ». Mais avec
l’évolution du droit international et l’admission des organisations internationales au commerce
juridique international l’article 2 de la convention de 1969 a, légèrement été modifié en 1986
par la Convention de Vienne sur le droit des traités entre Etats et organisations internationales
ou entre des organisations internationales. Aux termes de cette présente convention, le traité
s’entend d’un accord international conclu par écrit entre Etats et organisations internationales
ou entre des organisations internationales régi par le droit international. Désormais, le droit
positif international reconnait les organisations internationales la qualité de sujets de droit
international au même titre que les Etats. A cet égard, elles peuvent conclurent des accords
internationaux soit, entre elles, ou avec des Etats. Cependant elles n’ont pas les mêmes
compétences que les Etats.

B. Les compétences des OI

L'examen des compétences de l'organisation internationale s'inscrit dans la mise en œuvre du


principe de la spécialité des organisations. Instituée pour accomplir les fonctions déterminées
dans l'acte constitutif, l'organisation doit être dotée des moyens juridiques nécessaires à la
réalisation de ses fonctions. En vertu de la personnalité juridique internationale, l’organisation
exerce des compétences explicites et est pourvue aussi de compétences implicites.
1. Compétences explicites

À la différence de l'État qui jouit de la compétence souveraine en droit international,


l'organisation internationale a une compétence dérivée, c'est-à-dire déterminée par écrit par la
volonté des États fondateurs et des États membres. Il en résulte une double conséquence : en
premier lieu, l’acte constitutif détermine les compétences c'est-à-dire les attributions
conférées à l'organisation pour lesquelles les États membres renoncent à opposer leur
compétence nationale et exclusive. En second lieu, logiquement, les compétences de
l'organisation s'interprètent de façon restrictive pour préserver la souveraineté et la volonté
des États membres. Mais en pratique les organes font rarement preuve d'autolimitation dans
l'interprétation de leurs attributions. Cependant, en vertu du principe de la spécialité
l’organisation ne peut accomplir que les compétences nécessaires ou inéluctables. Il en résulte
qu’elle ne peut, dans l’exercice de ses compétences, outrepasser les limites fixées par l’Acte
constitutif.

2. Compétences implicites

La théorie des compétences implicites a été développée pour la première fois par la cour
suprême des Etats Unis en 1819. Le principe était : « pourvu que les fins soient légitimes,
qu'elles soient dans le système de la Constitution, tous les moyens qui sont appropriés à ces fins,
qui ne sont pas interdits, mais qui sont compatibles avec la lettre et l'esprit de la Constitution,
sont constitutionnels » (Mc Culloc V., Maryland).

S'inspirant de la jurisprudence du juge Marshall, la CPJI a transposé la méthode dans les


relations internationales dans l'avis du 23 juillet 1926, Compétence de l'OIT, série B n° 13. La CIJ
a formulé de façon systématique les compétences implicites en affirmant que : « Selon le droit
international, l'organisation doit être considérée comme possédant ces pouvoirs ... qui, s'ils ne
sont pas nécessairement énoncés dans la Charte, sont par une conséquence nécessaire conférés
à l'organisation en tant qu'essentiels à l'exercice des fonctions de celle-ci. » (CIJ. Recueil 1949,
Réparation des dommages subis au service des Nations Unies, avis consultatif, 11 avril 1949, p.
182.). Il s'agit d'une compétence non explicitement mentionnée dans l'acte constitutif, mais
absolument nécessaire et inéluctable pour un développement logique de l'ensemble des
dispositions stipulées dans l'acte constitutif. Dans ces conditions, la théorie des compétences
implicites s'analyse comme une technique d'interprétation des actes consécutifs dans un cadre
qui dépasse l'analyse littérale simple.
Section 3 : Les sources du droit international

L’idée de source exprime notamment un jaillissement et indique également un lieu de


provenance ou une matrice génératrice. Ainsi, en droit international les sources sont celles qui
créent des droits et des obligations pour les sujets. On retiendra donc en droit international
deux catégories : les sources conventionnelles et les sources non conventionnelles

Paragraphe 1 : Les sources conventionnelles

En droit international, les sources conventionnelles désignent toutes celles issues d’un accord
international, c’est-à-dire d’un traité international et qui comportent des droits et obligations à
l’égard des sujets de droit international que sont les Etats et les Organisations internationales.

En droit international il existe une grande variété de termes employés pour désigner l’accord
international. La pratique permet de recenser les expressions comme traité, constitution, pacte,
charte, convention, accord, échange de lettre, échanges de note, protocole, statut,
mémorandum d’accord, procès-verbal approuvé, déclaration, concordat, acte ou acte
constitutif, modus-vivendi. Tous ces termes ont la même signification juridique en droit
international et par conséquent ils sont interchangeables. Cependant, quelle que soit sa
dénomination, la formation d’un accord international obéit à un formalisme et sa validité
s’apprécie en fonction des conditions bien définies.

A. La formation d’un accord international

La réalisation d’un procédé conventionnel ne repose pas sur la recherche d’une forme
déterminée, mais plutôt sur le respect d’un certain nombre de règles nécessaires à la formation
du traité. Ces règles régissent la négociation du traité, sa signature et l’expression par les Etats
de leur consentement à être liés par le traité.

La négociation d’un traité correspond au sens large, à la phase de discussion et de rédaction du


texte de l’accord par les autorités habilités à négocier. La convention de Vienne en son article 7
distingue les plénipotentiaires des autorités habilités en raison de leur fonction. Ainsi, les chefs
d’Etat ou de gouvernement et les ministres des affaires étrangères disposent d’une capacité
générale à engager leur Etat. Il en est de même des chefs de missions diplomatiques (pour
l’adoption d’un texte de traité conclu entre l’Etat accréditant et l’Etat accréditaire) ainsi que des
représentants accrédités aux conférences internationales ou ceux appartenant aux missions
permanentes auprès des organisations internationales. La capacité à engager l’Etat peut par
ailleurs résulter des pouvoirs spécifiques traditionnellement qualifiés de pleins pouvoirs. Ces
pleins pouvoirs sont des lettres ou documents signés par l’autorité compétente de l’Etat,
d’ordinaire le chef de l’Etat à qui appartient le pouvoir les traités internationaux appelés treaty-
making-power. Les plénipotentiaires sont donc compétents pour authentifier ou approuver le
texte de l’accord, le signer et même exprimer le consentement de l’Etat à être lié si leur pouvoir
le prévoit. L’étendue des pouvoirs du négociateur peut être connu grâce à la production et à la
lecture des pleins pouvoirs dans une opération dite de vérification des pleins pouvoirs. Les
conventions de Vienne sur le droit des traités admettent que la pratique des Etats ou des
parties intéressées puissent enlever à cette opération de vérification son caractère obligatoire.
De même, l’article 8 des deux conventions prévoient un autre assouplissement introduit par la
pratique dans la production des pleins pouvoirs et permettant aux parties d’accepter les actes
d’une autorité ou d’un représentant dépourvu d’une autorisation régulière sous réserve d’une
confirmation ultérieure par l’Etat concerné.

Après avoir été négocié le texte du traité est signé par les Etats qui souhaitent devenir parties.
En signant l’accord international, les parties en arrêtent définitivement le texte. La signature est
donc l’acte d’authentification et de certification de l’exactitude du texte. Le texte ainsi signé ne
peut être modifié qu’avec l’accord de toutes les parties signataires. Au sens strict, la signature
ne peut être donnée que par un plénipotentiaire dument habilité ou par une autorité
compétente en raison de ses fonctions. Cette signature sera suivie d’une ratification c’est-à-dire
de l’expression par les Etats de leur consentement à être lié par l’accord international. Cette
compétence est du ressort exclusif des hautes autorités politiques, en particulier le chef de
l’Etat. Aux termes de l’article 95, titre IX de la constitution sénégalaise le président ratifie ou
approuve les traités internationaux sur autorisation de l’Assemblée Nationale.

B. La validité de l’accord international


La question de la validité d’un accord international a soulevé un important débat doctrinal et a
reçu de la pratique des solutions variées.

Au plan théorique, deux solutions ont été apportées. D’une part, la solution de la validité
internationale du traité. Cette solution, défendue par certains auteurs partisans de la doctrine
dualiste, admet que la violation des règles de droit interne n’entraine pas d’effets invalidants
sur le plan international. Selon ces auteurs, la compétence de l’agent ou de l’organe déterminé
du point de vue international suffit à engager valablement l’Etat. Par conséquent qui aurait
violé ses propres règles constitutionnelles ne saurait se prévaloir de sa faute ici qualifiée de
faute inexcusable par Anzilotti pour se retirer d’un engagement international. Cette position de
la doctrine vise à sauvegarder la sécurité des relations conventionnelles mais également et
surtout de garantir le principe du respect de la souveraineté des Etats afin de dissuader les
Etats tiers qui seraient tentés de vérifier le respect par les organes de l’Etat des règles internes.

D’autre part, la solution de l’invalidité internationale du traité défendue par la doctrine moniste
conduit à considérer que la violation des règles de droit interne entraine ipso facto l’invalidité
du traité international dans la mesure où ces règles participent à la procédure d’édiction des
normes internationales. Par conséquent une irrégularité constatée dans l’ordre interne
comportera nécessairement des conséquences invalidantes sur le plan international. Pourtant
cette position n’est pas partagée par une partie de la doctrine selon qui une distinction est à
faire entre la violation des dispositions internes notoires et les autres qui ne le seraient pas et
seules ces dispositions (notoires) peuvent être invoquées pour contester la validité
internationale d’un traité.

Au plan pratique il convient de distinguer la pratique étatique bilatérale de celle de la


jurisprudence.

Dans la pratique bilatérale les deux solutions de validité et d’invalidité sont consacrées avec
une portée équivalente. La jurisprudence surtout interne, quant à elle tend à accepter la
validité internationale des traités irrégulièrement ratifiés. En revanche dans la jurisprudence
internationale, la solution est versatile. Ainsi, dans l’affaire opposant le Costa-Rica au Nicaragua
l’arbitre choisit le président américain Cleveland avait conclu que la validité internationale du
traité dépend de sa régularité interne. Dans une autre affaire opposant le Danemark et la
Norvège relative au Groenland dite affaire de la déclaration Ihlen, la Cour (CPJI) a eu à rendre
une décision plutôt ambiguë. La cour considère, en effet, que « la réponse à une demande du
représentant diplomatique d’une puissance étrangère par le ministre des affaires étrangères au
nom du gouvernement dans une affaire qui est du ressort, lie le pays dont il est le ministre ». on
peut donc conclure, selon la cour, à la validité de la déclaration du fait de la compétence
implicitement admise du ministre agissant dans une affaire qui est de son ressort bien à la
validité de l’engagement nonobstant la violation au fond des règles constitutionnelles
pertinentes.

Dans une difficulté à trouver une solution définitive, la convention de viennes sur le droit des
traités propose une solution qui repose sur la notion de violation manifeste des règles de droit
interne. En effet, selon son article 46 « le fait que le consentement d’un Etat à être lié par un
traité o été exprimé en violation d’une disposition de son droit interne concernant la
compétence pour conclure des traités ne peut être évoqué par cet Etat comme viciant son
consentement à moins que cette violation n’ait été manifeste et ne concerne une règle de son
droit interne d’importance fondamentale ». En clarifiant la notion de violation manifeste
comme celle « objectivement évidente pour tout Etat se comportant en la matière
conformément à la pratique habituelle et de bonne foi », la convention admet la solution de la
validité internationale du traité sauf dans le cas d’une violation manifeste par l’Etat qui
l’invoque. Cette solution est favorable à la partie contre laquelle on invoque l’invalidité car
l’article 47 de la convention stipule clairement que « le représentant d’un Etat ne peut être
fondé à invoquer sa propre violation des restrictions particulières apportées à son pouvoir
d’exprimer le consentement de l’Etat à être lié que si ces restrictions ont été préalablement
notifiées aux parties donc connues de ces dernières ».

La troisième hypothèse, qui est une création de la convention de Vienne (art. 53 et 71), est celle
du jus cogens ou « norme impérative de droit international ». Tout accord international,
bilatéral ou multilatéral, qui comporterait des dispositions contraires au jus cogens serait
automatiquement nul et de nullité absolue.
L'idée est généreuse mais encore en voie de consolidation dans la mesure où le contenu exact
des normes de jus cogens n'est toujours pas précisé ni globalement admis. C'est pourtant la
voie du progrès pour la communauté internationale.

La doctrine s’est également interrogée sur le point de savoir si l’expression du consentement de


l’Etat à être lié par un traité pouvait être entachée de nullité comme dans l’ordre intérieur du
fait de vice de fond ou vice du consentement que sont l’erreur, le dol, la contrainte et la
corruption.

Paragraphe 2 : Les sources coutumières

On désigne par sources non conventionnelles toutes celles qui ne sont pas fondées sur
l’expression directe de la volonté collective des Etats et qui s’expliquent par des moyens autres
que le traité international. Ces sources comprennent essentiellement les règles coutumières,
les sources dites subsidiaires ainsi que les actes des organisations internationales. Toutefois,
nous étudierons la coutume comme source non conventionnelle du droit international.

A. Les conditions d’existence de la coutume

On désigne par sources non conventionnelles toutes celles qui ne sont pas fondées sur
l’expression directe de la volonté collective des Etats et qui s’expliquent par des moyens autres
que le traité international. Ces sources comprennent essentiellement les règles coutumières,
les sources dites subsidiaires ainsi que les actes des organisations internationales. En droit
international l’idée de coutume renvoie à un ensemble d’élément matériel et d’un élément
psychologique.

1. L’élément matériel

L’élément matériel de la coutume est constitué par un ensemble d’acte ou omissions attribué à
l’Etat dans l’ordre interne ou international et comprenant, s’agissant de la pratique interne
toute pratique gouvernementale ainsi que tous actes de nature législative ou juridictionnelle
pertinents tandis que sur le plan international l’élément matériel est constitué par les actes ou
omissions intéressants les sujets de droit international qu’il s’agisse notamment de traités
internationaux, de déclarations, de conduites bien définies ou de décisions judiciaires ou
arbitrales. Il convient à cet égard de distinguer la coutume universelle (article 38 du Statut de la
CIJ) de la coutume régionale (affaire Haya de la Tore) de celle bilatérale (affaire du droit de
passage entre l’Inde et le Portugal). Toutefois, qu’elle soit locale ou universelle la pratique doit
être répétée et cette répétition doit être suffisante et univoque pour dégager ce que la CIJ
appelle, dans l’affaire du droit d’asile de 1950, « un usage constant et uniforme ».

Pourtant, il n’est pas nécessaire que cette répétition s’effectue dans une période prolongée. Il
suffit tout simplement qu’elle soit le fait d’Etats qui par leur qualité sont considérés comme
suffisamment représentatifs et que les Etats tiers ne s’y soient pas opposés.

2. L’élément psychologique

La reconnaissance de la coutume en tant que règle ne suffit pas à exprimer le sentiment


d’obligation envers les parties. Cette reconnaissance doit être accompagnée par l’acception ou
du moins l’absence d’objection. La CIJ en admettant l’existence d’une coutume bilatérale
intéressant deux Etats (affaire du droit de passage sur le territoire indien et opposant l’Inde et
le Portugal le 12 avril 1960), reconnu dans la pratique constante et uniforme acceptée par les
deux parties et autorisant au profit du Portugal le lit de passage entre la ville portuaire de
Damao et les enclaves portugaises de la péninsule indienne (Dadra Nagar-Aveli).

La reconnaissance de la coutume oblige les parties à agir conformément à la pratique. Cette


opinion juris exprime pour les parties un sentiment d’obligation juridique qui doit être distingué
de l’obligeance liée à la courtoisie internationale ou à des considérations d’ordre humanitaire.
C’est dans cette optique que les Etats Unis avaient indemnisé des pécheurs japonais pour des
dommages subis en haute mer du fait d’expérience nucléaire américaine. La raison de cette
indemnisation était fondée sur des considérations d’équité et d’ordre humanitaire. En réalité la
coutume, en tant que pratique générale acceptée comme étant le droit, présente des
avantages certains.

B. Les conséquences de la reconnaissance de la coutume comme source de DIP


En assimilant la coutume à une règle de droit, la CIJ consacre en même temps une égale valeur
juridique entre une règle coutumière et une règle écrite. Le droit international postule ainsi
l’absence de hiérarchie ou de primauté entre ces deux catégories de règles. A cet égard, la
solution à un conflit éventuel entre ces deux catégories de règles, oblige le législateur
international à appliquer le principe selon lequel les règles postérieurement écrites peuvent
transformer en règles conventionnelles les règles coutumières. En revanche, il est aussi admis
qu’une coutume nouvelle peut modifier ou abroger un traité en le condamnant
progressivement à la désuétude. A titre d’exemple on peut citer l’article 27 de la Charte des
Nations Unies en ce qui concerne l’abstention d’un membre permanent lors d’un vote sur une
question de procédure. L’article 27 prévoit un vote affirmatif des membres permanents du
Conseil de sécurité mais une interprétation Président du Conseil acceptée par les Etats
membres a permis de considérer que l’abstention ne signifiait pas un vote négatif et que la
décision pouvait être prise dans ces conditions.
Section 4 : La responsabilité internationale

Le droit international de la responsabilité est essentiellement un droit coutumier car aucun des
projets de la Commission du Droit International sur la responsabilité n’est passé à l’état de
traité contraignant pour les signataires. Il en résulte que seules les coutumes internationales,
reprises par la jurisprudence, sont applicables en la matière.

L’Etat en tant que premier sujet de droit international, peut voir sa responsabilité engagée pour
violation du droit international et réparation de dommages éventuellement causés, et ce quel
que soit l’organe de l’Etat, unitaire ou fédéral qui agit. De la même façon, les organisations
internationales, depuis leur accession au commerce juridique international peuvent voir leur
responsabilité engagée pour manquement au droit international. Les conditions de mise en
œuvre de cette responsabilité et les conséquences qui en découlent seront successivement
examinées.

Paragraphe 1 : Les conditions d’engagement de la responsabilité internationale

Le régime de la responsabilité des Etats est analogue à celui des organisations internationales.
Le principe de la responsabilité repose sur le fait que la responsabilité sera engagée en cas de
faits internationalement illicite imputable à un Etat ou à une organisation internationale.

A. La commission d’un fait internationalement illicite

La responsabilité internationale trouve son origine dans un fait internationalement illicite. Il y a


fait internationalement illicite lorsqu’un « comportement consistant en une action ou omission
est attribuable, d’après le droit international, à l’Etat ou l’organisation internationale et que ce
comportement constitue une violation d’une obligation internationale ». Ce fait
internationalement illicite découle soit d’une violation d’une obligation conventionnelle, soit
d’une violation d’une obligation coutumière ou enfin d’une abstention condamnable. Il
convient cependant de noter que le fait illicite doit avoir porté atteinte à un droit ou un intérêt
juridique protégé. Par conséquent les sujets de droit international ne peuvent invoquer un fait
illicite pour fonder leur action que si le fait porte atteinte à un droit juridiquement protégé, un
droit dont ils sont titulaires. Il ne peut donc y avoir fait internationalement illicite et que en
conséquence responsabilité en l’absence d’une atteinte à un droit d’un tiers. La Cour
internationale de justice, dans son arrêt du 24 mai 1980, Personnel diplomatique et consulaire
des Etats-Unis à Téhéran, s’est prononcée sur la responsabilité pour faits illicites de l'État
Iranien. En l’espèce, la Cour tient que les violations successives et continues par l'Iran des
obligations qui lui incombent au titre des conventions de Vienne de 1961 et de 1963 sur les
relations diplomatiques et consulaires, du traité d'amitié, de commerce et de droits consulaires
de 1955 et des règles du droit international général en la matière engagent la responsabilité de
l'Iran à l'égard des Etats-Unis. Une conséquence évidente de cette constatation est que l’État
iranien a l'obligation de réparer le préjudice ainsi causé aux Etats-Unis.

B. Un fait imputable à un Etat ou une organisation internationale

La responsabilité internationale de l’Etat ou d’une organisation internationale ne peut être


engagée que lorsque le fait internationalement illicite (dommage matériel ou moral) a causé un
préjudice attribuable à un sujet de droit international public. A cet égard, pour que ce sujet soit
tenu pour responsable il faudra donc un lien de rattachement entre le sujet et le fait
dommageable. L’Etat ou l’organisation voit donc sa responsabilité internationale engagée dès
que le lien de rattachement est établi et quel que soient d’ailleurs les autorités qui sont à
l’origine de la commission du fait internationalement illicite.

En droit international, il est traditionnellement établi que la mise en jeu de la responsabilité


internationale résulte d’un manquement à une obligation déterminée. La violation du droit
peut consister en une action ou une omission mais elle constitue toujours un acte
internationalement illicite. Et lorsqu’un dommage résulte d’une activité illicite imputable à un
sujet de droit international public, la mise en jeu de la responsabilité internationale est engagée
contre son auteur.

Paragraphe 2 : Les conséquences de l’engagement de la responsabilité

La conséquence principale de l’engagement de responsabilité pour faits internationalement


illicites est la réparation du préjudice. Les modalités sont variables en fonction des
circonstances.
A. La réparation du préjudice

Lorsqu’un État est reconnu responsable d’une violation d’une obligation internationale, il doit
réparer le préjudice causé par cette violation. Mais il doit aussi faire cesser l’acte illicite s’il est
continu.

La réparation est un principe du droit international voire une obligation générale des systèmes
juridiques. Toute violation d’un engagement comporte l’obligation de réparer le préjudice qui
en a découlé. Cette affirmation figure dans un arrêt de la Cour permanente internationale de
justice, du 13 septembre 1928, affaire relative à l’Usine de Chorzów : « [...] la Cour constate que
c'est un principe du droit international, voire une conception générale du droit, que toute
violation d'un engagement comporte l'obligation de réparer ».

B. Les modalités de la réparation du préjudice

Il s’agit de rétablir la situation qui aurait vraisemblablement existé si l’acte dommageable


n’avait pas été commis. La réparation adéquate dépend des circonstances. En pratique la
réparation accordée à l’État lésé peut consister en une restitution (Remise en l’état de la
situation), une indemnisation et la satisfaction (S’il y a un dommage moral, quand l’état est
atteint dans son honneur, on peut avoir la reconnaissance ou mieux les excuses officielles.
Exemple lors de l’affaire du Rainbow Warrior entre la France et la Nouvelle-Zélande).

Dans son arrêt du 16 décembre 2015, la Cour a adjugé au Costa Rica la souveraineté sur le «
territoire litigieux » et a, en conséquence, déclaré que les activités du Nicaragua, notamment le
creusement de trois canaux et l’établissement d’une présence militaire sur ce territoire,
emportaient violation de la souveraineté territoriale du Costa Rica. Le Nicaragua était dès lors
tenu de réparer les dommages causés par ses activités illicites (C.I.J. Recueil 2015 (II), p. 703,
par. 93). La Cour a [...] conclu que le Costa Rica était fondé à recevoir une indemnisation pour
les dommages matériels découlant des violations dont elle avait constaté la commission par le
Nicaragua. Dans le présent arrêt, la Cour déterminera le montant de l’indemnité due au Costa
Rica.

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