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Extraits 3 Et 4 La Parure - vn7l9rbt6xl

Mme Loisel connaît un grand succès lors d'un bal, mais perd un collier précieux en rentrant chez elle. Pour rembourser la dette, elle et son mari vivent dans la pauvreté pendant des années, travaillant dur pour rembourser l'emprunt. Finalement, après avoir remplacé le collier, elle découvre que l'original était faux et que leur sacrifice était inutile.

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Mme Loisel connaît un grand succès lors d'un bal, mais perd un collier précieux en rentrant chez elle. Pour rembourser la dette, elle et son mari vivent dans la pauvreté pendant des années, travaillant dur pour rembourser l'emprunt. Finalement, après avoir remplacé le collier, elle découvre que l'original était faux et que leur sacrifice était inutile.

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Le jour de la fête arriva. Mme Loisel eut un succès.

Elle était plus jolie


que toutes, élégante, gracieuse, souriante et folle de joie. Tous les hommes
la regardaient, demandaient son nom, cherchaient à être présentés. Tous les
attachés du cabinet voulaient valser avec elle. Le ministre la remarqua. Elle
dansait avec ivresse, avec emportement, grisée par le plaisir, ne pensant
plus à rien, dans le triomphe de sa beauté, dans la gloire de son succès,
dans une sorte de nuage de bonheur fait de tous ces hommages, de toutes
ces admirations, de tous ces désirs éveillés, de cette victoire si complète et si
douce au cœur des femmes. Elle partit vers quatre heures du matin. Son
mari, depuis minuit, dormait dans un petit salon désert avec trois autres
messieurs dont les femmes s'amusaient beaucoup. Il lui jeta sur les épaules
les vêtements qu'il avait apportés pour la sortie, modestes vêtements de la vie
ordinaire, dont la pauvreté jurait avec l'élégance de la toilette de bal. Elle le
sentit et voulut s'enfuir, pour ne pas être remarquée par les autres femmes
qui s'enveloppaient de riches fourrures. Loisel la retenait : "Attends donc. Tu
vas attraper froid dehors. Je vais appeler un fiacre". Mais elle ne l'écoutait
point et descendait rapidement l'escalier. Lorsqu'ils furent dans la rue, ils
ne trouvèrent pas de voiture ; et ils se mirent à chercher, criant après les
cochers qu'ils voyaient passer de loin. Ils descendaient vers la Seine,
désespérés, grelottants. Enfin ils trouvèrent sur le quai un de ces vieux
coupés noctambules qu'on ne voit dans Paris que la nuit venue, comme s'ils
eussent été honteux de leur misère pendant le jour. Il les ramena jusqu'à leur
porte, rue des Martyrs, et ils remontèrent tristement chez eux. C'était fini,
pour elle. Et il songeait, lui, qu'il lui faudrait être au Ministère à dix heures.
Elle ôta les vêtements dont elle s'était enveloppé les épaules, devant la glace,
afin de se voir encore une fois dans sa gloire. Mais soudain elle poussa un cri.
Elle n'avait plus sa rivière autour du cou ! Son mari, à moitié dévêtu déjà,
demanda : " Qu'est­ce que tu as ? " Elle se tourna vers lui, affolée : "J'ai...
j'ai... je n'ai plus la rivière de Mme Forestier. " Il se dressa, éperdu : "Quoi !...
comment !... Ce n'est pas possible !" Et ils cherchèrent dans les plis de la
robe, dans les plis du manteau, dans les poches, partout. Ils ne la trouvèrent
point. Il demandait : " Tu es sûre que tu l'avais encore en quittant le bal ? ­
Oui, je l'ai touchée dans le vestibule du ministère. ­Mais, si tu l'avais perdue
dans la rue, nous l'aurions entendue tomber. Elle doit être dans le fiacre. ­Oui.
C'est probable. As­tu pris le numéro ? ­Non. Et toi, tu ne l'as pas regardé ? ­
Non." Ils se contemplaient atterrés. Enfin Loisel se rhabilla. "Je vais, dit­il,
refaire tout le trajet que nous avons fait à pied, pour voir si je ne la retrouverai
pas. " Et il sortit. Elle demeura en toilette de soirée, sans force pour se
coucher, abattue sur une chaise, sans feu, sans pensée. Son mari rentra
vers sept heures. Il n'avait rien trouvé. Il se rendit à la préfecture de Police,
aux journaux, pour faire promettre une récompense, aux compagnies de
petites voitures, partout enfin où un soupçon d'espoir le poussait. Elle attendit
tout le jour, dans le même état d'effarement devant cet affreux désastre.
Loisel revint le soir, avec la figure creusée, pâlie ; il n'avait rien découvert. "Il
faut, dit­il, écrire à ton amie que tu as brisé la fermeture de sa rivière et que tu
la fais réparer. Cela nous donnera le temps de nous retourner. " Elle écrivit
sous sa dictée. Au bout d'une semaine, ils avaient perdu toute espérance. Et
Loisel, vieilli de cinq ans, déclara : " Il faut aviser à remplacer ce bijou." Ils
prirent, le lendemain, la boîte qui l'avait renfermé, et se rendirent chez le
joaillier, dont le nom se trouvait dedans. Il consulta ses livres : " Ce n'est pas
moi, madame, qui ai vendu cette rivière ; j'ai dû seulement fournir l'écrin."
Alors ils allèrent de bijoutier en bijoutier, cherchant une parure pareille à
l'autre, consultant leurs souvenirs, malades tous deux de chagrin et
d'angoisse. Ils trouvèrent, dans une boutique du Palais Royal, un chapelet de
diamants qui leur parut entièrement semblable à celui qu'ils cherchaient. Il
valait quarante mille francs. On le leur laisserait à trente six mille. Ils prièrent
donc le joaillier de ne pas le vendre avant trois jours. Et ils firent
condition qu'on le reprendrait, pour trente quatre mille francs, si le premier
était retrouvé avant la fin de février. Loisel possédait dix huit mille francs que
lui avait laissés son père. Il emprunterait le reste. Il emprunta, demandant
mille francs à l'un, cinq cents à l'autre, cinq louis par-ci, trois louis par là. Il fit
des billets, prit des engagements ruineux, eut affaire aux usuriers, à toutes les
races de prêteurs. Il compromit toute la fin de son existence, risqua sa
signature sans savoir même s'il pourrait y faire honneur, et, épouvanté par
les angoisses de l'avenir, par la noire misère qui allait s'abattre sur lui, par la
perspective de toutes les privations physiques et de toutes les tortures
morales, il alla chercher la rivière nouvelle, en déposant sur le comptoir du
marchand trente six mille francs. Quand Mme Loisel reporta la parure à Mme
Forestier, celle-ci lui dit, d'un air froissé : "Tu aurais dû me la rendre plus tôt,
car, je pouvais en avoir besoin." Elle n'ouvrit pas l'écrin, ce que redoutait son
amie. Si elle s'était aperçue de la substitution, qu'aurait-elle pensé ? Ne
l'aurait-elle pas prise pour une voleuse ?

Mme Loisel connut la vie horrible des nécessiteux. Elle prit son parti,
d'ailleurs, tout d'un coup, héroïquement. Il fallait payer cette dette effroyable.
Elle payerait. On renvoya la bonne ; on changea de logement ; on loua sous
les toits une mansarde. Elle connut les gros travaux du ménage, les odieuses
besognes de la cuisine. Elle lava la vaisselle, usant ses ongles roses sur les
poteries grasses et le fond des casseroles. Elle savonna le linge sale, les
chemises et les torchons, qu'elle faisait sécher sur une corde ; elle
descendit à la rue, chaque matin, les ordures, et monta l'eau, s'arrêtant à
chaque étage pour souffler. Et, vêtue comme une femme du peuple, elle alla
chez le fruitier, chez l'épicier, chez le boucher, le panier au bras,
marchandant, injuriée, défendant sou à sou son misérable argent. Il fallait
chaque mois payer des billets, en renouveler d'autres, obtenir du temps. Le
mari travaillait,le soir,à mettre au net les comptes d'un commerçant, et la
nuit, souvent, il faisait de la copie à cinq sous la page.

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