REPUBLIQUE DU CAMEROUN REPUBLIC OF CAMEROON
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PAIX-TRAVAIL-PATRIE PEACE-WORK-FATHERLAND
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UNIVERSITE DE YAOUNDE I THE UNIVERSITY OF YAOUNDE I
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FACULTE DES ARTS, LETTRES ET FACULTY OF ARTS, LETTERS
SCIENCES HUMAINES AND HUMAN SCIENCES
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DEPARTEMENT D’HISTOIRE DEPARTMENT OF HISTORY
EXPOSE HISTOIRE (NIVEAU 3 GEOGRAPHIE)
THEME 1 :
LES RESISTANTS CAMEROUNAISE FACE À LA CONQUÊTE
ALLEMANDE
PRESENTE PAR :
GROUPE : 5 / SOUS-GROUPE 1
Noms Matricules
GAIMATAKON TOMOTHE 21B637
GANDE ABEL BAUDELAIRE 15H906
GOE ANONEN JULES 21H626
GONDJI JOEL 21D268
GORBA KAISSALA MICHAEL 21A880
GUAIGNE CHANTAL ROCHE 21F788
SUPPERVISE PAR:
DR. PAHO
Année Académique 2023 - 2024
Table des matières
INTRODUCTION .................................................................................................................... 2
I. LES MOTIFS ET LES PRINCIPAUX ACTEURS DE LA RESISTANCE
ALLEMANDE .......................................................................................................................... 3
A. Les Motif ..................................................................................................................... 3
B. Les chefs traditionnels et les rois locaux .................................................................. 4
C. Les guerriers et les combattants locaux ................................................................... 5
D. Les femmes et les enfants impliques dans la résistance ......................................... 6
II. LES PRINCIPALES FORME DE RRESISTANCE ................................................. 7
A. Résistance armée des Camerounais face à la colonisation allemande .................. 7
1. Soulèvements armés dans le nord du Cameroun ......................................................... 7
2. Révolte des Bassa et des Duala à Douala ................................................................... 7
3. Soulèvement Maquis dans le Sud-Cameroun .............................................................. 8
B. Résistance populaire des Camerounais face à la conquête allemande ................. 9
1. Refus de payer les impôts et boycott des produits allemands ......................................... 9
2. Grèves et manifestations des travailleurs des plantations .............................................. 9
3. Exode des populations vers des zones reculées ............................................................ 10
C. La résistance culturelle au Cameroun face à la conquête Allemande ................ 11
III- IMPACTS ET LIMITES DE LA RESISTANCE ........................................................ 11
A- Succès et réalisations des résistants ....................................................................... 11
B- Héritage de la résistance ......................................................................................... 12
C- Difficultés rencontrées par les résistants ............................................................... 12
CONCLUSION ....................................................................................................................... 13
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 14
1
INTRODUCTION
Le thème soumis à notre réflexion s’inscrit dans le contexte de l’histoire coloniale du
Cameroun qui se situe dans la période allant de 1884, date à laquelle le traité germano-douala fut
signé jusqu’en 1961, date de la réunification du pays. C’est dans les années 1860-1870 que les
Allemands et les Français commencent à porter un intérêt particulier au Cameroun. De ce fait, le
gouvernement allemand envoie Gustav Nachtigal pour négocier la mise sous tutelle allemande du
Cameroun avec les chefs doualas. Deux traités seront donc signés dans ce sens avec les chefs de
l’estuaire du fleuve Wouri. Le premier de ces traités, qui fut signé le 12 juillet 1884 marque la
naissance internationale du Cameroun moderne que nous avons aujourd’hui. Deux jour après la
signature du traité, le 14 juillet 1884, le drapeau allemand flotte à Cameroon Towns devenu
Kamerun pour les Allemands et plus tard Douala, et ce territoire devient sous protectorat allemand
du Kamerun. Ce protectorat s’étend du lac Tchad au nord jusqu’aux rives de la Sanaga au Sud-Est.
Le long de leur progression vers l’Est, les Allemands vont se heurter aux résistances internes, ce
qui constitue l’objet de notre étude. Pour mieux élucider cette résistance, nous partirons des
principaux acteurs de la résistance camerounaise (I) en passant par les principales formes de
résistance (II) pour arriver aux impacts et limites de la résistance (III).
2
I. LES MOTIFS ET LES PRINCIPAUX ACTEURS DE LA RESISTANCE
ALLEMANDE
La résistance camerounaise a la conquête allemande a été mené par une large entaille d’acteurs
allant de chef traditionnel et les rois locaux ; le combattant par le guerrier et les troupes locales
pour arriver sur les femmes et les enfants à la lutte contre la pénétration allemande.
A. Les Motif
La résistance camerounaise a la pénétration allemande peut être attribuer à plusieurs motifs parmi
lesquelles :
La résistance camerounaise à la pénétration allemande au début du 20e siècle peut être attribuée à plusieurs
motifs ou causes :
• Résistance à la domination étrangère : Les Camerounais ont naturellement résisté à l'invasion
allemande en raison de leur désir de protéger leur territoire et leur autonomie.
• Protection des ressources et du mode de vie : Les populations locales s'inquiétaient des
conséquences de la colonisation allemande sur leurs ressources naturelles et leur mode de vie
traditionnel.
• Rébellion contre l'exploitation : Les Camerounais redoutaient l'exploitation économique et humaine
par les colons allemands, ce qui a renforcé leur détermination à résister.
• Attachement à la culture et aux traditions : La fierté culturelle et l'attachement aux traditions ont
motivé de nombreux Camerounais à s'opposer à toute forme d'assimilation forcée.
• Influence des leaders locaux : Certains chefs traditionnels et leaders locaux ont joué un rôle crucial
en encourageant la population à résister à l'invasion allemande.
• Ces divers motifs ont contribué à la résistance farouche des Camerounais face à la pénétration
allemande et ont joué un rôle dans la lutte pour l'indépendance ultérieure du Cameroun.
3
B. Les chefs traditionnels et les rois locaux
La résistances Camerounaise face à la conquête allemande a été marqué par des acteurs courageux
dont les chefs traditionnels et les rois locaux ont joué un rôle crucial dans la lutte contre la
pénétration allemande parmi lesquelles nous pouvons citer :
Au niveau de la cote de douala les allemands lancent la conquête du Cameroun. Ces derniers se
sont heurtés à la résistance des bonaberie avec à sa tête leur chef lock priso. En décembre 1884 il
a organisé une révolte qui a abouti à la destruction des quartier Joss et Bonaberie. Cette résistance
de Lock Priso a celle de PONGO sous la direction de KUMA et celle de Douala diriger par
NGANGUE seront malheureusement vaine.
A partir de Kribi et du grand Batanga, les allemands lance une expédition en direction du sud-
ouest, une au sud et une autre au centre. Cette expédition conduit par KUND et TRAPPENBECK
traverse le Pays Ngoumba la vallée du Nyong et atteint Yaoundé en 1887. L’opposition a cette
pénétration est fait en pays Bulu par OBAM BETI. Dans le centre la résistance des FANG-BETI,
des BAFIA et des BANEN sont conduit respectivement par : NGILA MEYON, OMIGBO
BISSOGO et ESSONO.
Dans la région de Buea, une expédition allemande est organisée en 1891. L’opposition des Bakweri
sera fatal car un officier Allemand sera tué par le Chef LEKENYE. Les Allemands vont envoyer
une expédition punitive pour marcher sur les Bakweri afin de continuer leurs expéditions vers
l’Ouest.
Dans les hauts plateaux de l’ouest, l’expédition conduit par ZINTGRAFF occupé les pays BMOUN
et BAMILEKE à partir de 1902, malgré les résistances de LAMBE en pays Bamoun et du Fon
GALEGA Ier en pays Bamiléké.
A l’Est du Cameroun, la conquête est menée par HANS DOMINIK et SOHOSSER. Les résistances
sont menées par les BAYA sous la direction de BERTOUA, la résistance des MAKA conduit par
NGUELEMENDOUKA. Ces résistances s’achèvent en 1907. Ouvrant ainsi le chemin dans le
grand nord du pays.
Dans le grand nord du pays elle fut la plus difficile mais la plus rapide les allemand n fait face à
l’armée des métiers habituer à la guerre, les troupes de Zintgraff fut bloqué à Tibati par le Lamido
MOHAMA en 1893. Il a fallu plusieurs expéditions pour venir à bout de cette résistance. Le Dr
ZIEFFRIED passe par le Nigeria et remonte la Bénoué et arrive dans la zone de Ray Bouba. Le
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Lamido de Ray Bouba résiste énergétiquement mais sera vaincu. Cependant Ngaoundéré est
occupé par VON PUTT KAMER et HANS DOMINIK occupe le pays Mandara et Kousserie sur
leurs passages les allemands ont connu plusieurs résistances mais très faible comparé à celles
mentionné plus haut.
C. Les guerriers et les combattants locaux
Lors de la conquête allemande au Cameroun, les guerriers et le combattant on jouer un rôle crucial
dans la résistance. Parmi les exemples les plus célèbre, figure l’ethnie Douala nous pouvons citer :
Martin Paul Samba, King Bell et King Akwa
Martin-Paul Samba (né Mebenga m’Ebono vers 1875 et mort le 8 août 1914) était un officier
militaire Bulu pendant la période coloniale impériale allemande du Cameroun. M’Ebono est
devenu favori des coloniaux allemands lors de son éducation à Kribi, une colonie côtière du sud du
Cameroun. Il a été envoyé en Allemagne en 1891 pour entrer à l’Académie militaire allemande ; il
a été baptisé Martin-Paul Samba à l’étranger. Après avoir obtenu son diplôme, Samba est retourné
au Cameroun et a accompagné les expéditions militaires allemandes à travers la colonie.
La vue de Samba a lentement changé concernant les Allemands. Il s’est révolté contre les mauvais
traitements infligés par les colons aux femmes et aux enfants Bulu. La nomination en 1911 de Karl
Atangana comme chef suprême des Ewondo et de Bane inquiète Samba, qui a le sentiment que les
Allemands favorisent les Ewondo plutôt que les Bulu, ce qui donne aux Ewondo l’avantage dans
la longue rivalité entre les groupes ethniques. Il commence à entretenir des notions d’être un
grand nationaliste et d’unir tous le Kamerun. Pendant ce temps, Samba est devenu un chef de la
hiérarchie Bulu en 1910.
En 1912, Samba commence à planifier activement un soulèvement. Il entre en correspondance
avec Rudolf Douala Manga Bell, un leader du même groupe ethnique Duala. Les deux hommes
ont décidé de demander l’aide des ennemis de l’Allemagne, Samba pour contacter les Français et
Manga Bell des Britanniques.
Pendant ce temps, Samba a commencé à former des guerriers Bulu à des tactiques à utiliser contre
l’armée allemande. Il a obtenu le soutien d’autres dirigeants du sud du Cameroun, notamment
Madola du Batanga et Edande Mbita. Les rebelles ont stocké des armes et des munitions. Samba a
même demandé des armes aux Allemands eux-mêmes, apparemment pour conjurer les troubles
d’Ewondo qui avaient conduit à des soulèvements au nord du pays Bulu.
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Un informateur Bulu a alerté les Allemands des plans de Samba. En juillet 1914, les forces
coloniales étaient suffisamment méfiantes pour fouiller son domicile, où elles trouvèrent de
nombreux reçus d’achat d’armes auprès de fournisseurs britanniques et français. Au début de
la Première Guerre mondiale en 1914, Samba a envoyé une lettre aux forces françaises
à Brazzaville indiquant son intention de se rebeller et demandant de l’aide contre les Allemands.
Les forces coloniales ont intercepté la correspondance. Samba est arrêté le 1er août 1914 et inculpé
de haute trahison. Ses collaborateurs, Madola, Edande Mbita et d’autres, ont également été arrêtés
lorsque des stocks d’armes ont été trouvés chez eux. Les hommes sont jugés par un tribunal
militaire. Tous sont reconnus coupables. Le 8 août 1914, Samba et ses collaborateurs sont exécutés
par un peloton d’exécution.
Le King Bell, chef du people Douala. Il a mené une résistance farouche contre les forces allemande
organisant des attaques surprises et des embuscades pour reposer l’envahisseur. Il a mobilisé sont
people pour défendre leurs territoires et à coordonner les actions de résistances avec d’autre
groupes ethniques du Cameroun.
King Akwa, chef Douala a également jouer un rôle important dans la lutte contre les allemands. Il
a uni les diffèrent groupe ethnique du Cameroun sous sa bannière et a mené des opérations de
guérilla contre les troupes coloniales. Il infligeât des pertes importantes a l’ennemie, ces guerrier
Camerounais on montre un courage et une détermination exceptionnel pour protéger leurs pays de
l’invasion étrangère.
Cependant malgré la bravoure et la détermination des guerriers et des combattants locaux, la force
allemande était mieux équipé et disposait des ressources supérieures ce qui a finalement conduit à
la défaite des résistances camerounaise.
D. Les femmes et les enfants impliques dans la résistance
Les femmes et les enfants camerounais ont également jouer un rôle dans important dans la lutte
contre la pénétration allemande. Bien que souvent moins visible que les guerrier et les troupes
locales ils ont contribuer de différente manière a la résistance contre l’invasion étrangère.
Les femmes Camerounaise ont apporté un soutien crucial aux combattants en fournissant des soins
médicaux, de la nourriture, des vêtements et d’autres ressources essentielles. Elles ont également
joué un rôle dans la collecte des renseignements et la transmission d’information stratégique aux
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forces de résistances. Certain d’entre elles ont prit des armes pour défendre leurs communautés
contre les forces allemande
Les enfants camerounais ont également participé à la lutte contre l’occupation allemande en servant
parfois de Messager ou de porteur pour le combattant locaux leurs connaissance des sentiers en les
cachette locale ont été précieuse aux forces de résistance et certain enfant on participer à des actions
de sabotage contre les troupes allemandes.
II. LES PRINCIPALES FORME DE RRESISTANCE
Les populations locales au Cameroun ont opposé une résistance farouche a la colonisation
allemande de diverses manières :
A. Résistance armée des Camerounais face à la colonisation allemande
Durant cette période le Kamerun a connu plusieurs Soulèvements, Révolte qui seront abordé dans
cette section.
1. Soulèvements armés dans le nord du Cameroun
Dès les premières années de la colonisation allemande, des communautés du nord du Cameroun se
sont engagées dans une résistance armée contre l’avancée des troupes coloniales. Ces soulèvements
ont notamment été menés par les royaumes fulbé de Adamawa, dirigés par des chefs comme
Modibo Adama et Arda Njoya.
« Refusant de se soumettre à l’autorité allemande, les armées fulbés ont mené une guérilla acharnée
contre les forces coloniales, notamment dans les régions de Ngaoundéré et Maroua », rapporte
l’historien Issa Saibou dans son ouvrage « Les lamidats du Diamaré au XIXe siècle » (Presses
universitaires de Yaoundé, 2000).
Ces affrontements ont fait de nombreuses victimes des deux côtés, mais les troupes allemandes ont
finalement réussi à s’imposer grâce à leur supériorité militaire. « Les Allemands ont dû déployer
des moyens considérables, notamment en artillerie, pour venir à bout de la résistance acharnée des
guerriers fulbé », souligne l’historien Achille Mbembe dans son ouvrage « La naissance du maquis
dans le Sud-Cameroun » (Éditions Karthala, 1996).
2. Révolte des Bassa et des Duala à Douala
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En 1904, les populations Bassa et Duala de la région de Douala se sont soulevées contre l’autorité
coloniale allemande, entraînant de violents affrontements avec les troupes de la Schutztruppe (force
de protection).
« Exaspérés par les expropriations foncières, les corvées et les mauvais traitements, les habitants
de Douala ont pris les armes pour chasser les Allemands de la ville », relate l’historien Georges
Courade dans son article « Douala sous domination allemande » publié dans la Revue française
d’histoire d’outre-mer en 1976.
Menée par des chefs traditionnels comme Rudolph Duala Manga Bell et Martin Paul Samba, la
révolte a entraîné de violents combats de rue qui ont fait plusieurs dizaines de morts. « Les
Allemands ont dû faire appel à des renforts militaires pour écraser cette insurrection populaire,
marquée par une guérilla urbaine acharnée », souligne l’historien Jean-Luc Angué dans son
ouvrage « Histoire des luttes d’indépendance au Cameroun » (Éditions Présence Africaine, 2005).
Malgré leur défaite, les insurgés bassa et duala ont inspiré d’autres mouvements de résistance
armée contre la colonisation, comme la révolte Bamiléké de 1905-1907 dans l’Ouest du pays.
3. Soulèvement Maquis dans le Sud-Cameroun
Dans les années 1940-1950, la région forestière du sud du Cameroun a vu l’émergence d’un
important mouvement de résistance armée contre l’administration coloniale, connu sous le nom de
« Maquis ».
« Sous la direction de chefs rebelles comme Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandié et Felix Moumié,
les combattants du Maquis ont mené une lutte acharnée contre les forces de l’ordre françaises et
britanniques », relate l’historien Achille Mbembe dans son ouvrage « La naissance du maquis dans
le Sud-Cameroun » (1996).
Basés dans la forêt équatoriale, les maquisards ont mené une guérilla de longue haleine, attaquant
les postes administratifs, sabotant les infrastructures et harcelant les troupes coloniales. « Ces
groupes armés ont réussi à tenir en échec pendant plusieurs années les efforts de pacification menés
par les autorités coloniales », souligne l’historien Jean Suret-Canale dans son livre « Afrique noire,
la fin des empires » (Éditions Sociales, 1964).
Réprimé dans le sang, le Maquis a finalement été brisé au début des années 1960, mais son souvenir
a marqué les esprits et inspiré les mouvements d’indépendance qui ont conduit à la création de la
République fédérale du Cameroun en 1960.
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B. Résistance populaire des Camerounais face à la conquête allemande
1. Refus de payer les impôts et boycott des produits allemands
Dès les premières années de la colonisation allemande, de nombreuses communautés rurales ont
mené une résistance passive en refusant de payer les impôts prélevés par l'administration coloniale.
Ce mouvement a notamment été observé dans les régions de l'Ouest et du Centre-Ouest
camerounais, où les populations Bamiléké et Bamoum se sont massivement opposées au paiement
des taxes foncières et personnelles.
"Les chefs traditionnels ont encouragé leurs sujets à ne pas s'acquitter des impôts exigés par les
Allemands, en signe de rejet de leur domination", rapporte l'historien Léopold Ngouo dans son
ouvrage "Résistances paysannes au Cameroun sous domination allemande" (Éditions L'Harmattan,
1998).
Des campagnes de boycott ont également été organisées pour éviter l'achat et l'utilisation des
produits et infrastructures allemands, comme le chemin de fer reliant Douala à Nkongsamba. "Les
populations locales refusaient d'emprunter ces voies de communication construites par les
colonisateurs, préférant utiliser les sentiers traditionnels", souligne l'historienne Marguerite
Abossolo dans son article "Formes de résistance passive au Cameroun allemand" publié dans la
Revue française d'histoire d'outre-mer en 1980.
2. Grèves et manifestations des travailleurs des plantations
Les mauvaises conditions de travail imposées par les colons allemands dans les grandes plantations
de cacao, café et bananes ont suscité de nombreuses grèves et manifestations de la part des ouvriers
agricoles. Ces mouvements de protestation ont notamment eu lieu dans les régions de Douala, Kribi
et Edéa, où se concentraient les principales exploitations.
"Les travailleurs ont organisé des grèves pour dénoncer les heures de travail excessives, les
mauvais traitements et le faible niveau des salaires", relate l'historien Jean-Pierre Bayart dans son
ouvrage "La politique par le bas en Afrique noire" (Éditions Karthala, 1989). Des manifestations
de masse ont également été réprimées dans le sang par les forces de l'ordre allemandes, comme en
témoigne le "Soulèvement de Douala" de 1911 qui a fait plusieurs morts parmi les manifestants.
9
Ces mouvements sociaux ont parfois bénéficié du soutien de syndicats locaux comme l'Union des
Travailleurs Agricoles du Cameroun (UTAC), créée en 1907 à l'initiative de militants comme
Moukouri Mbella. "Les responsables syndicaux ont joué un rôle important dans l'organisation et la
coordination de ces actes de résistance ouvrière", souligne l'historien Célestin Landu dans son
article "Syndicalisme et anticolonialisme au Cameroun sous domination allemande" publié dans la
Revue historique en 2005
3. Exode des populations vers des zones reculées
Face à l'avancée de la colonisation allemande, de nombreuses communautés ont choisi de fuir les
zones sous contrôle direct pour s'installer dans des régions plus isolées et préserver leur mode de
vie. Cet exode a notamment été observé chez les populations Bassa, Beti et Gbaya du Centre et de
l'Est du Cameroun.
"Les habitants des villages proches des postes administratifs allemands ont progressivement migré
vers l'intérieur des terres, dans des zones plus reculées et difficiles d'accès", rapporte
l'anthropologue Sylvie Ngondé dans son étude "Mobilités et résistances paysannes au Cameroun
allemand" publiée dans les Cahiers d'études africaines en 1995. Ces déplacements de population
ont permis à certaines communautés d'échapper aux réquisitions de main-d'œuvre, aux travaux
forcés et aux autres formes d'oppression imposées par les colonisateurs.
Des leaders locaux comme le chef Njimoluh Mbarga, de l'ethnie Beti, ont ainsi encouragé leurs
sujets à fuir les zones sous contrôle allemand pour s'établir dans des régions plus reculées comme
la forêt de la Lékié. "Cette résistance par la mobilité a permis à de nombreuses communautés de
préserver leur autonomie et leurs traditions face à l'avancée de la domination coloniale", souligne
l'historien Patrice Ella dans son ouvrage "Histoire des résistances au Cameroun" (Éditions Clé,
2010).
En conclusion, la résistance populaire des Camerounais face à la conquête allemande s'est exprimée
à travers une diversité de formes, allant du refus de payer les impôts au boycott des produits en
passant par les grèves et l'exode des populations. Ces mouvements de résistance passive, bien que
n'ayant pas permis de repousser définitivement la colonisation, ont témoigné de la détermination
des populations locales à préserver leur indépendance et leurs traditions face à l'avancée du pouvoir
colonial.
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C. La résistance culturelle au Cameroun face à la conquête Allemande
Lors de la colonisation allemande, les royaumes traditionnels ont été des acteurs majeurs de la
résistance culturelle.
« Dès l’arrivée des Allemands en 1884, les rois comme Njoya du royaume Bamoun ou Rudolph
Duala Manga Bell du royaume Douala se sont opposés avec véhémence à l’imposition de la culture
et de l’administration coloniales », explique l’historien Martin Atangana dans son livre « The
Colonial Transformation of Cameroon, 1914-1939 » (ABC-CLIO, 1997).
Ces souverains ont ainsi cherché à préserver leurs langues, leurs systèmes politiques et religieux
face à la domination étrangère. « Ils ont mené des révoltes armées, organisé des boycotts
économiques et renforcé les liens sociaux traditionnels pour résister à l’acculturation », souligne
l’anthropologue Eugène Ngalim dans son article « Résistance culturelle et identitaire au Cameroun
colonial » (Revue française d’histoire d’outre-mer, 2005).
Malgré la répression violente des autorités coloniales, ces royaumes ont réussi à maintenir une
partie de leurs pratiques culturelles, notamment dans les domaines de l’éducation, de la justice et
des rites ancestraux.
III- IMPACTS ET LIMITES DE LA RESISTANCE
La résistance camerounaise face à la conquête allemande aura laissé des marques et traces
indélébiles dans les mémoires et sur le territoire camerounais du fait du sacrifice qu’ont consentis
les résistants malgré les limites qui seront constatées.
A- Succès et réalisations des résistants
Les résistants ont le mérite d’avoir mis un frein considérable à l’avancée de la machine
coloniale et empêcher l’exploitation de l’arrière-pays au rythme souhaité par le Colon. Les guerres
et révoltes conduites par les chefs des différents peuples ont posé bon nombre de difficultés au
pouvoir colonial qui s’est vu obligé d’adopter des méthodes de négociation. De ce fait commence
à naître de sentiment d’affirmation de l’identité camerounaise et de préservation de celle culturelle,
la volonté de conserver les us et coutumes malgré la volonté de convertir les indigènes à la religion
chrétienne par exemple, les locaux ont pu obtenir de conserver la polygamie même s’ils se faisaient
baptiser. En outre, c’est de cette résistance que les bases du processus d’indépendance vont être
jetée afin d’être libre et autonome, c’est donc le début de l’émergence d’un mouvement
indépendantiste.
11
B- Héritage de la résistance
Aujourd’hui les résistants sont considérés comme des modèles et symboles de la lutte pour
la liberté et l’autodétermination. Ils sont des figures historiques commémorées et sources
d’inspiration pour les jeunes générations. Ils représentent des valeurs de courage, de solidarité et
de persévérance. Ce sont des exemples de Martin Paul SAMBA dont le monument a été érigé à
Ebolowa, de Douala Manga bell et ceux cités plus haut.
Monument Martin Paul SAMBA à Ebolowa
Source :wikipedia
C- Difficultés rencontrées par les résistants
Les difficultés auxquelles ont fait face les résistants étaient entre autre les trahisons, les
divisions internes, guerres fratricides et le manque d’organisation des groupes guerriers face aux
Colons. À cela s’ajoute la supériorité technologique des Allemands, la force militaire et les armes
à feu. La répression féroce et sanglante des autorités coloniales fut une difficulté grave pour les
résistants qui sont allés jusqu’à donner de leur vie pour la défense de la cause nationaliste.
12
CONCLUSION
La séquence de la colonisation allemande qui s’est tenue de 1884 (signature du traité
germano-douala) jusqu’en 1916 fut marquée par une résistance tenace de la part des populations
locales dans leurs différentes formes d’organisations. Cette résistance s’est manifestée de diverses
manières, allant de la révolte ouverte à la contestation passive en passant par la guérilla et le
sabotage. Des plus importantes des révoltes, nous pouvons retenir celles des Douala en 1891, des
Maka en 1905 et des Bamiléké 1913. Pour ce qui est des guérillas et des sabotages, on retient les
attaques des convois coloniaux, destruction des infrastructures et assassinats des fonctionnaires
allemands. Dans les contestations, les populations refusent de payer les taxes et d’obtempérer aux
ordres coloniaux. Cette résistance a eu un impact significatif sur le cours des choses, obligeant les
Allemands à adopter une politique coloniale plus conciliante et ainsi limiter leur expansion
territoriale. Elle a permis la conservation de l’identité culturelle et linguistique des peuples ainsi
que l’immersion de l’esprit nationaliste. Elle a jeté les bases de la lutte pour l’indépendance qui
aboutira en 1960.
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BIBLIOGRAPHIE
- Saibou, Issa. Les lamidats du Diamaré au XIXe siècle. Presses universitaires de Yaoundé, 2000.
- Mbembe, Achille. La naissance du maquis dans le Sud-Cameroun. Éditions Karthala, 1996.
- Courade, Georges. « Douala sous domination allemande ». Revue française d’histoire d’outre-
mer, 1976.
- Angué, Jean-Luc. Histoire des luttes d’indépendance au Cameroun. Éditions Présence Africaine,
2005.
- Suret-Canale, Jean. Afrique noire, la fin des empires. Éditions Sociales, 1964.
- Ngouo, Léopold. Résistances paysannes au Cameroun sous domination allemande. Éditions
L'Harmattan, 1998.
- Abossolo, Marguerite. "Formes de résistance passive au Cameroun allemand". Revue française
d'histoire d'outre-mer, 1980.
- Bayart, Jean-Pierre. La politique par le bas en Afrique noire. Éditions Karthala, 1989.
- Landu, Célestin. "Syndicalisme et anticolonialisme au Cameroun sous domination allemande".
Revue historique, 2005.
- Ngondé, Sylvie. "Mobilités et résistances paysannes au Cameroun allemand". Cahiers d'études
africaines, 1995.
- Ella, Patrice. Histoire des résistances au Cameroun. Éditions Clé, 2010.
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