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Odon T 2023 3036 Prevot Hugo

Le document aborde les évolutions réglementaires concernant les alliages de cobalt-chrome et les monomères en dentisterie, en mettant en avant le PEEK comme une alternative sûre. Il examine la composition, les propriétés et les applications cliniques du PEEK, ainsi que les techniques de mise en œuvre. La thèse a été soutenue par Hugo Prévot à l'Université de Lorraine en 2023.

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Odon T 2023 3036 Prevot Hugo

Le document aborde les évolutions réglementaires concernant les alliages de cobalt-chrome et les monomères en dentisterie, en mettant en avant le PEEK comme une alternative sûre. Il examine la composition, les propriétés et les applications cliniques du PEEK, ainsi que les techniques de mise en œuvre. La thèse a été soutenue par Hugo Prévot à l'Université de Lorraine en 2023.

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Évolutions réglementaires concernant les alliages de

cobalt-chrome et les monomères utilisés en dentisterie :


le PEEK, une alternative “safe” ?
Hugo Prévot

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Hugo Prévot. Évolutions réglementaires concernant les alliages de cobalt-chrome et les monomères
utilisés en dentisterie : le PEEK, une alternative “safe” ?. Sciences du Vivant [q-bio]. 2023. �hal-
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ACADÉMIE DE NANCY-METZ

UNIVERSITÉ DE LORRAINE

FACULTÉ D’ODONTOLOGIE DE LORRAINE

Année 2023 N° 12970 C

THÈSE
POUR LE DIPLÔME D’ÉTAT DE DOCTEUR EN CHIRURGIE DENTAIRE

Présentée et soutenue publiquement le : 2 juin 2023

par

Hugo PREVOT
Né le 01/06/1997 à Verdun (Meuse)

Évolutions réglementaires concernant les alliages de


cobalt-chrome et les monomères utilisés en dentisterie : le
PEEK, une alternative «safe»?

Composition du jury :

Président : Pr. Eric MORTIER Professeur des Universités


Membres : Dr. Vanessa MOBY Maître de Conférences
Dr. Christophe AMORY Maître de Conférences
Dr. Caroline GERBER Chef de clinique des universités – Assistant
des hôpitaux

Directrice de thèse : Dr Vanessa MOBY

1
Par délibération en date du 11 décembre 1972,

la Faculté de Chirurgie Dentaire a arrêté que les opinions émises

dans les dissertations qui lui seront présentées

doivent être considérées comme propre à leurs auteurs

et qu’elle n’entend leur donner aucune approbation ni improbation

2
Présidente : Docteur Hélène BOULANGER Doyen : Docteur Kazutoyo YASUKAWA

Vice-Doyens : Dr Charlène KICHENBRAND – Dr Rémy BALTHAZARD – Dr Marin VINCENT

Membres Honoraires : Dr L. BABEL – Pr. S. DURIVAUX – Pr A. FONTAINE – Pr G. JACQUART – Pr D. ROZENCWEIG - Pr ARTIS

Doyens Honoraires : Pr J. VADOT, Pr J.P. LOUIS

Mme JAGER Stéphanie Maître de conférences *


M. PREVOST Jacques Maître de conférences
Mme HERNANDEZ Magali Maître de conférences *
Département odontologie M. HAINOT Raphaël Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
pédiatrique
Mme HILT Léa Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
Sous-section 56-01
Mme HOMBOURGER Morgane Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
M. MASSON Maximilien Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
M. WATRIN Ferdinand Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux*
Département orthopédie dento- M. VANDE VANNET Bart Professeur des universités *
faciale Mme DAMERDJI-BENHABIB Zaheira Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux ass. *
Sous-section 56-01 M. FAWAZ Paul Chef de clinique des universités associé *
Département prévention, Mme CLÉMENT Céline Maître de conférences *
épidémiologie, économie de la M. BAUDET Alexandre Maître de conférences *
santé, odontologie légale Mme CAIONE Mariette Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
Sous-section 56-02 M. VEYNACHTER Thomas Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux*
Mme BISSON Catherine Professeur des universités *
Département parodontologie M. JOSEPH David Maître de conférences *
Sous-section 57-01 Mme BERBE Ludivine Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux*
Mme VITALI Marine Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
M. BRAVETTI Pierre Maître de conférences *
Mme GUILLET-THIBAULT Julie Maître de conférences
Mme KICHENBRAND Charlène Maître de conférences *
Département chirurgie orale
Mme PHULPIN Bérengère Maître de conférences *
Sous-section 57-01
M. CLERC Sébastien Praticien hospitalier universitaire *
Mme BECKER Alice Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
Mme PEREIRA Laure Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
Mme EGLOFF-JURAS Claire Maître de conférences *
Département biologie orale
M. MARTRETTE Jean-Marc Professeur des universités *
Sous-section 57-01
M. YASUKAWA Kazutoyo Maître de conférences *
M. MORTIER Éric Professeur des universités *
M. ENGELS-DEUTSCH Marc Professeur des universités *
M. AMORY Christophe Maître de conférences
Département dentisterie M. BALTHAZARD Rémy Maître de conférences *
restauratrice, endodontie M. VINCENT Marin Maître de conférences*
Sous-section 58-01 M. GIESS Renaud Maître de conférences associé*
M. DAL MAGRO Claire Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
Mme DAVRIL Jeanne Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux*
M. LESIEUR François Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
LESIE
M. DE MARCH Pascal Maître de conférences
UR
Mme CORNE Pascale Maître de conférences *
Françoi
M.
s SCHOUVER Jacques Maître de conférences
Mme VAILLANT Anne-Sophie Maître de conférences *
M. HIRTZ Pierre Enseignant universitaire
Département prothèses Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux*
Mme GERBER Caroline
Sous-section 58-01
M. JONVEAUX Maxime Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
Mme MOUGEL Armande Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
M. PERRIN Tom Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
M. SYDA Paul-Marie Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
Mme WILK Sabine Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
Mme STRAZIELLE Catherine Professeur des universités *
Département fonction-dysfonction, Mme MOBY (STUTZMANN) Vanessa Maître de conférences *
imagerie, biomatériaux
M. SALOMON Jean-Pierre Maître de conférences
Sous-section 58-01
M. RITTIE François Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux

Souligné : responsable de département * temps plein Mis à jour le 17 février 2023

3
À NOTRE PRÉSIDENT

Monsieur le Professeur Éric MORTIER


Docteur en chirurgie dentaire
Docteur de l’université Henri Poincaré en physique-chimie de la matière et des
matériaux
Habilité à diriger des recherches
Professeur des universités – praticien hospitalier
Responsable du département de dentisterie restauratrice, endodontie
Chef du service d’odontologie du CHRU de Nancy

Vous nous faites l’honneur de présider notre jury de thèse.


Nous vous remercions de nous avoir accompagné tout au long de notre formation,
autant clinique que théorique, jusqu’à cet accomplissement.
Nous vous devons jusqu’à l’inspiration d’une partie de cette thèse, facilitée dans sa
rédaction par la rigueur de votre enseignement.
Votre pédagogie nous suivra encore longtemps dans notre exercice.
Puissiez-vous trouvez ici le témoignage de notre profonde reconnaissance et de
toute notre estime.

4
À NOTRE DIRECTRICE DE THÈSE

Madame le Docteur Vanessa MOBY-STUTZMANN


Docteur en chirurgie dentaire
Docteur de l’université Henri Poincaré en Ingénierie cellulaire et tissulaire
Maître de conférences – praticien hospitalier
Habilitée à diriger des recherches

Nous vous remercions de nous avoir fait l’honneur de diriger cette thèse.
Un grand merci pour votre dévouement, votre soutien et vos précieux conseils.
Nous tenions à vous exprimer notre gratitude la plus sincère pour le temps
considérable que vous nous avez consacré lors de la réalisation de ce travail.
Mais également pour votre pédagogie à travers votre enseignement pendant nos
études.
Veuillez trouver ici l’expression de notre profond respect et de notre vive
reconnaissance.

5
À NOTRE JUGE DE THÈSE

Monsieur le Docteur Christophe AMORY


Docteur en chirurgie dentaire
Maître de conférences – praticien hospitalier

Vous nous avez fait l’honneur de juger ce travail, nous vous remercions de l’attention
et de l’intérêt que vous y avez porté.
Nous nous souviendrons des années passées en tant que moniteur de travaux
pratiques à vos côtés.
Un grand merci pour votre pédagogie et vos conseils, vous resterez un pilier majeur
de notre formation.
Veuillez trouver ici l’expression de notre profond respect et de notre vive gratitude.

6
À NOTRE JUGE DE THÈSE

Madame le Docteur Caroline GERBER


Docteur en chirurgie dentaire
Chef de clinique des universités – Assistants des hôpitaux

Nous vous remercions de nous faire l’honneur de participer à notre jury de thèse.
Vous nous avez tant appris par votre pédagogie et votre expérience clinique
conjuguées dans la bienveillance.
Votre façon de pratiquer la prothèse a grandement façonné la nôtre et nous
accompagnera, tout au long de notre carrière de praticien.
Nous n’oublierons pas la grande disponibilité et la gentillesse dont vous avez
toujours fait preuve à notre égard, tout au long de nos études, particulièrement dans
les moments difficiles.

7
À mes parents,
c’est avant tout à eux que je dois la réussite de mes études. Merci pour votre soutien
à toute épreuve, financier et surtout moral, même dans les périodes les plus
sombres. Je ne pourrai jamais les remercier à hauteur de ce qu’ils m’offrent chaque
jour. Merci de m’avoir poussé jusque-là où j’en suis aujourd’hui.

À ma chérie,
mon pilier, merci de traverser les épreuves de la vie avec moi et d’en partager le
meilleur. Merci d’être toujours présente pour moi et de m’aider à construire un avenir
heureux.

À mes frères Tanguy et Enzo,


toujours là pour me soutenir mais aussi toujours là pour rire. Impossible de déprimer
à vos côtés, la pire des situations se transforme en fou-rire. Je suis heureux que
nous partagions nos passions et nos études, je suis fier de vous.

À ma sœur Violette,
mon rayon de soleil, toujours présente pour me rappeler ce qui est vraiment
important dans la vie.

À ma belle-sœur Manon,
merci pour ton soutien et les moments partagés, merci de faire partie de la famille.
Heureusement que tu t’occupes de mon frère il serait vite perdu…

À mes quatre grands-parents,


merci d’avoir toujours été là, merci d’avoir contribué à mon éducation et à mon
bonheur.

À ma belle famille, qui est comme ma famille


Fabienne, Olivier et Simon, merci de m’avoir accueilli à bras ouverts. Merci pour tous
ces moments partagés et merci pour votre soutient.

8
SOMMAIRE

INTRODUCTION

1.Vers une interdiction des matériaux conventionnels utilisés en odontologie


1.1. Les alliages de Co-Cr
1.2. Les monomères
1.3. Législation
2. Une alternative : le PEEK
2.1. Présentation du polymère et définitions
2.2. Structure et microstructure
2.3. Propriétés du PEEK
2.4. Synthèse du PEEK
2.5. Composites de PEEK
2.6. Utilisations en odontologie prothétique
3. CFAO et autres techniques de mise en œuvre
3.1. Coulée et moulage / pressée
3.2. Usinage et procédés soustractifs
3.3. Impression 3D
4. Utilisation clinique du PEEK
4.1. Pré-traitements et maquillage du PEEK

CONCLUSION

9
Liste des Figures

Figure 1 : chronologie des alliages de Co-Cr (source : document personnel) ........... 19


Figure 2 : illustration du phénomène de passivation (souce : Cdang utilisateur
wikipedia, 2011) ......................................................................................................... 23
Figure 3 : qualités principales des alliages de Cobalt-Chrome, rendant leur
remplacement difficile (source : document personnel) .............................................. 24
Figure 4 : exemples d’utilisations des alliages de Co-Cr (source : document
personnel). ................................................................................................................. 25
Figure 5 : produits de corrosion et débris métalliques retrouvés dans les tissus mous
péri-prothétiques d’une prothèse en alliage de Co-Cr (source : Scharf et al., 2015) . 27
Figure 6 : phénomènes conduisant aux effets néfastes des alliages dentaires (source
: Arakelyan et al., 2022) ............................................................................................. 28
Figure 7 : effets indésirables locaux et systémiques des alliages dentaires (source :
Arakelyan et al., 2022) . ............................................................................................. 29
Figure 8 : lésions orales les plus courantes qui pourraient être associées aux alliages,
(d’après : Arakelyan et al., 2022). .............................................................................. 30
Figure 9 : lésions palmo-plantaires à gauche, qui disparaissent 3 semaines plus tard
(à droite de l’image) après retrait des couronnes (source : Song et al., 2011) ......... 31
Figure 10 : illustration des mineurs de cobalt (souce : d’après Amnesty International,
2017) .......................................................................................................................... 34
Figure 11 : monomère de PMMA (source : Zhang et al., 1995)................................. 36
Figure 12 : représentation schématique d’une résine composite. 1. Matrice organique
; 2. silane ; 3. charge. (source : Leprince et al., 2010) ............................................... 36
Figure 13 : représentation schématique des différentes familles de résines composites
(source : Giraud et Raskin, 2019). ............................................................................. 38
Figure 14 : utilisations des monomères dans le cas de restaurations dentaires
définitives (source : document personnel) ................................................................. 43
Figure 15: schéma résumant les voies de libération des monomères (source:
document personnel) ................................................................................................. 45
Figure 16 : réglementation européenne des substances chimiques (source :
Grosgogeat et al., 2021) ............................................................................................ 52
Figure 17 : schéma résumant la situation actuelle (2021 à 2025) de la réglementation
des alliages de Co-Cr (source: document personnel)................................................ 53

10
Figure 18: poudre, granulés, tiges extrudées et film de PEEK pur (source: Kurtz, 2012)
................................................................................................................................... 56
Figure 19 : structure chimique du PEEK : deux fonctions éther et une fonction cétone,
3 noyaux aromatiques (source: Moby et al., 2022) .................................................... 57
Figure 20 : schéma des phases de transition thermique d’un polymère thermoplastique
(d’après Baudouin, 2018)........................................................................................... 57
Figure 21 : schéma de la structure d’un polymère semo-cristallin (source: Moby et al.,
2022) .......................................................................................................................... 59
Figure 22 : cliché MEB (microscopie électronique à balayage) de sphérolites (source :
Fayolle et Tcharkhtchi, 2015)..................................................................................... 60
Figure 23 : structure du PEEK (source : Moby et al., 2022) ...................................... 60
Figure 24 : pilier implantaire en PEEK (Koutouzis et al., 2011) ................................. 67
Figure 25 : barre supra-implantaire en Peek BioHpp® (AL-Rabab’ah et al., 2019) ... 67
Figure 26 : implant en titane en position 47 et implant en PEEK en position 46 invisible
radiographiquement (Marya et al., 2011). .................................................................. 67
Figure 27 : avantages cliniques octroyés par les propriétés physiques du PEEK ..... 68
Figure 28 : bilan général des propriétés optimales et des propriétés à améliorer pour
une utilisation clinique du PEEK (source : document personnel) .............................. 71
Figure 29 : synthèse du PEEK par substitution nucléophile (Giraud, 2011) .............. 72
Figure 30 : réalisation d’un bridge collé transitoire en PEEK (source : Zoidis et
Papathanasiou, 2016) ................................................................................................ 76
Figure 31 : choix de la forme de la tête du tenon afin de répartir au mieux les
contraintes, la tête sphérique est la plus appropriée pour le PEEK. (source :Ibrahim et
al., 2021) .................................................................................................................... 78
Figure 32 : contrainte maximale (en Mpa) sur les structures dentaires et parodontales
selon le matériau choisi pour le tenon d’une RCR (traduit d’après Ibrahim et al., 2021)
................................................................................................................................... 78
Figure 33 : répartition des contraintes dans la couronne, le ciment de scellement, le
tenon, la dentine et la partie coronaire, selon le matériau choisi : a. Titane, b. Fibre de
verre, c. PEEK (source : Ibrahim et al., 2021) ........................................................... 79
Figure 34 : inlay-core en PEEK fabriqué par pressée à partir de forme en résine pattern
(source : Lalama et al., 2021). ................................................................................... 80
Figure 35 : facettes en PEEK réalisées par CFAO (Maroiu et al., 2017) ................... 80

11
Figure 36 : cas clinique d’endocouronne en PEEK sur molaire dévitalisée (source :
Zoidis et al., 2017) ..................................................................................................... 81
Figure 37 : couronne en PEEK sur dent artificielle (Katzenbach et al., 2021) ........... 82
Figure 38 : infrastructure de bridge collé en PEEK BioHPP® (source : Andrikopoulou
et al., 2016). ............................................................................................................... 83
Figure 39 : trois vues cliniques, avant la pose (A) et après la pose du bridge en PEEK
(B,C) (source : Parmigiani-Izquierdo et al., 2017)...................................................... 83
Figure 40 : infrastructure en PEEK conçue par ordinateur puis usinée dans un disque
de PEEK (source : Siewert, 2018) ............................................................................. 84
Figure 41 : armature en PEEK nue visible sous la zircone, image issue d’une autre
étude (Siewert, 2019)................................................................................................. 84
Figure 42 infrastructure en PEEK marquée par les flèches rouges, visible sous la
zircone (source : Siewert, 2018) ................................................................................ 84
Figure 43 : vues intra-buccales après pose des facettes en zircones sur l’armature
PEEK (source : Siewert, 2018) .................................................................................. 85
Figure 44 : étapes de l’étude, a. Préparation d’une cavité de classe I, b. Design de
l’obturation par ordinateur, c. Impression 3D de la pièce, d. Collage de la pièce, e.
Simulation de mastication, f. Mesure de la résistance à la fracture (source : Prechtel
et al., 2020). ............................................................................................................... 85
Figure 45 : cavités de classe II traitées par onlay Zircone (sur la molaire, images
supérieures) ou par onlay PEEK BioHPP® (prémolaire, images inférieures) (source :
Rajamani et al., 2021) ................................................................................................ 86
Figure 46 : onlay PEEK (BioHPP®) sur modèle et collé en bouche (source : Rajamani
et al., 2021) ................................................................................................................ 87
Figure 47 : situation clinique et collage de la prothèse (haut de l’image), situation à la
pose de la prothèse (A), puis 8 ans plus tard (B), aucun problème particulier n’est
survenu. (Tasopoulos et al, 2021) ............................................................................. 88
Figure 48 : changement de couleur des crochets imperceptible, le jour de la pose (a)
et après 2 ans (b) (source : Ichikawa et al., 2019) ..................................................... 91
Figure 49 : adhésion du biofilm après 2 ans mise en évidence par révélateur de plaque
(source : Ichikawa et al., 2019) .................................................................................. 91
Figure 50 : photos intra-buccales de la prothèse amovible partielle à infrastructure
PEEK (source : Zoidis et al., 2016). ........................................................................... 92

12
Figure 51: conception assistée par ordinateur d’un châssis et usinage de la pièce dans
un disque de PEEK (source: Maryod et Taha, 2019). ............................................... 93
Figure 52: conception et vues intra-buccales des différents mainteneurs d’espace en
PEEK (source: Ierardo et al., 2017) ........................................................................... 97
Figure 53: fils orthodontiques en PEEK (source: Vasavi et al., 2021) ....................... 98
Figure 54 : prothèse maxillo-faciale en PEEK (source: Costa-Paulau et al, 2014).... 99
Figure 55 : pilier implantaire en PEEK (source: AL-Rabab'ah et al., 2019) ............. 101
Figure 56: vue occlusale de piliers de cicatrisation PEEK post-opératoire (a.) et à 3
mois (b.) et Titane post-opératoire (c.) et à 3 mois (d.)............................................ 102
Figure 57 : cas clinique d’armature en PEEK pour bridge implantaire complet (source:
AL-Rabab'ah et al., 2019) ........................................................................................ 102
Figure 58 : étapes opératoires d’un cas de mise en charge immédiate de prothèse
complète sur implant en PEEK (traduit d’après: Montero et al., 2021) .................... 103
Figure 59 : lingots de PEEK pour pressée (source: Stoyanov, 2021)...................... 105
Figure 60 : disque en PEEK pour usinage (source: Stoyanov, 2021)...................... 106
Figure 61 : usineuse Pro expert 5 Opera®, exemple d’usineuse capable d’usiner du
PEEK (source: Picart et al., 2016) ........................................................................... 107
Figure 62 : conception et Fabrication Assistée par ordinateur d’un châssis de prothèse
amovible en PEEK (source: Picart et al., 2016) ....................................................... 107
Figure 63: schéma d’une imprimante SLS (source : formlabs) ................................ 110
Figure 64: schéma d’une imprimante FDM (source : formlabs) ............................... 110
Figure 65: buse d’impression FDM (source: 3Dnatives.com) .................................. 111
Figure 66: pièce fabriquée par FDM (à gauche) comparée à une pièce fabriquée par
SLA (droite). ............................................................................................................. 111
Figure 67 : schéma de l’impression FDM du PEEK (traduit d’après: Wang et al., 2020)
................................................................................................................................. 112
Figure 68 : photo de la buse (a.) d’une imprimante 3D en cours d’impression d’une
pièce en PEEK (b.) (source: Wang et al., 2020) ...................................................... 113
Figure 69 : état de surface du PEEK au microscope après mordançage à l’acide
sulfurique 98%, formation de microporosités, la surface a un aspect de réseau en
« fibres d’éponge » (Silthampitag et al., 2016). ....................................................... 117
Figure 70 : digitations de résine composite de collage qui s’infiltre dans la surface du
PEEK après mordançage à l’acide sulfurique 98% (Silthampitag et al., 2016) ....... 117

13
Figure 71 : valeur d’adhésion au PEEK imprimé et au PEEK fraisé en fonction du
temps de mordançage par acide sulfurique (d’après Zhang et al., 2021)................ 120
Figure 72 : état de surface du PEEK au microscope électronique après traitement au
plasma versus non traité (Stawarczyk et al., 2014) ................................................. 121
Figure 73 : après sablage du PEEK sa surface est irrégulière, fissurée, avec des
oxydes d’alumine de forme polygonale incrustés dans ces surfaces (Silthampitag et
al., 2016) .................................................................................................................. 126
Figure 74 : coupe en microscopie électronique de l’interface de collage du PEEK
imprimé, le primaire d’adhésion a permis la formation d’une couche hybride entre le
PEEK et la résine composite (d’après Zhang et al., 2021). ..................................... 135
Figure 75 : sablage du PEEK (source : bredent.co.uk)............................................ 137
Figure 76 : application du primaire Visio.link (source : bredent.co.uk) .................... 138
Figure 77 : sablage du titane (source : bredent.co.uk) ............................................ 138
Figure 78 : collage de l’armature PEEK sur les chapes en titane (source :
bredent.co.uk) .......................................................................................................... 139
Figure 79 : collage de la résine cosmétique sur le PEEK (source : bredent.co.uk) . 139
Figure 80 : application de l’opaqueur gencive (source : bredent.co.uk) .................. 140
Figure 81 : maquillage de la fausse gencive (source : bredent.co.uk)..................... 140
Figure 82 : finition de la gencive (source : bredent.co.uk) ....................................... 140
Figure 83 : résultat final en place sur le modèle ...................................................... 141

14
Liste des tables

Table 1 : composition de certains alliages utilisés en dentisterie, (d’après : Vaicelyte et


al., 2020) .................................................................................................................... 20
Table 2 : tableau comparatif de certaines propriétés mécaniques des alliages de
Cobalt-Chrome et des tissus dentaires (d’après : Gregoire et Grosgogeat, 2009; Al
Jabbari, 2014; Chun et al., 2014; Nicholson et al., 2020) .......................................... 22
Table 3 : quantités de Cobalt et de Chrome pour un corps humain adulte, d’après
(Vaicelyte et al., 2020) ............................................................................................... 26
Table 4 : résumé des effets indésirables potentiels et avérés liés aux alliages de Co-
Cr (source : document personnel) ............................................................................. 32
Table 5 : structures chimiques de différents monomères des résines composites
(d’après : Jager, 2011; Chaput et Faure, 2019) ......................................................... 37
Table 6 : trois exemples de degrés de conversion selon le monomère (d’après Chaput
et Faure, 2019) .......................................................................................................... 40
Table 7 : tableau comparatif de certaines propriétés mécaniques des résines
composites et de celles des tissus dentaires (d’après Chaput et Faure, 2019)......... 42
Table 8 : tableau résumant les effets locaux et systémiques néfastes des monomères
(source : document personnel) .................................................................................. 48
Table 9 : définition d’une substance CMR selon le règlement CLP (d’après : ANSES
2013; CNRS, 2017).................................................................................................... 51
Table 10 : nombre de cycles moyen avant rupture des éprouvettes (pour une contre
dépouille de 0,5mm) (d’après Zheng et al., 2022) ..................................................... 64
Table 11 : tableau comparatif de certaines propriétés du PEEK aux matériaux vus en
partie 1 et aux tissus dentaires (résistance à la fatigue d’après Zheng et al., 2022) . 69
Table 12 : répartition des publications disponibles en janvier 2019 concernant le PEEK
en odontologie (d’après Bathala et al., 2019) ............................................................ 75
Table 13 : résumé des avantages et inconvénients de l’utilisation du PEEK en prothèse
fixe ............................................................................................................................. 89
Table 14 : variation moyenne des valeurs après douze mois de port, comparativement
aux valeurs mesurées au moment de la pose de la prothèse (d’après Maryod et Taha,
2019). ......................................................................................................................... 93
Table 15 : adaptation des châssis aux structures dentaires (d’après : Ye et al., 2018)
................................................................................................................................... 95

15
Table 16 : tableau résumant les avantages et inconvénients cliniques de l’utilisation du
PEEK en prothèse amovible (source : document personnel) .................................... 96
Table 17 : résumé des avantages et inconvénients du PEEK en orthodontie et
pédodontie (source : document personnel) ............................................................... 98
Table 18 : résumé des avantages et inconvénients de l’utilisation du PEEK en prothèse
maxillo-faciale ............................................................................................................ 99
Table 19 : résumé des avantages et inconvénients de l’utilisation du PEEK en
implantologie (source : document personnel) .......................................................... 104
Table 20 : résumé des avantages et inconvénients des techniques additives et
soustractives (source: document personnel) ........................................................... 108
Table 21 : tableau récapitulatif des paramètres recommandés pour l’impression du
PEEK par FFF (d’après Zanjanijam et al., 2020). .................................................... 114
Table 22 : valeurs de rugosité et d’adhésion en fonction de la concentration en acide
sulfurique (d’après Chaijareenont et al., 2018). ....................................................... 119
Table 23 : valeurs d’adhésions obtenues selon le type de plasma utilisé pendant 10
min (d’après Younis et al., 2019) ............................................................................ 122
Table 24 : valeurs d’adhésion obtenues en fonction du type de laser utilisé (d’après
Ulgey et al., 2021) .................................................................................................... 125
Table 25 : valeurs obtenues dans l’étude de Çulhaoglu et al. selon le protocole utilisé
(d’après Çulhaoglu et al., 2020) ............................................................................... 131
Table 26 : tableau résumé des paramètres influençant ou non les différents traitements
et les valeurs d’adhésion maximales trouvées dans la littérature pour chacun des
traitements (source : document personnel). ............................................................ 133

16
Introduction

Depuis 2020, le cobalt métallique est classé comme substance CMR : Cancérigène
Mutagène Reprotoxique. Or, ce dernier entre dans la composition de nombreux
dispositifs médicaux utilisés quotidiennement en odontologie et les conséquences de
cette législation sur l’activité du Chirurgien-dentiste pourraient être considérables, la
recherche d’un matériau de substitution se pose déjà.
Certains des matériaux que nous utilisons libèrent des monomères suscitant toujours
plus d’inquiétude. Ainsi, le Bisphénol-A, monomère entrant dans la composition de
certaines résines composites est une cible médiatique depuis maintenant quelques
années et l’interrogation de nos patients est croissante concernant l’innocuité des
matériaux que nous introduisons dans leur organisme

Nous nous sommes interrogé sur l’existence d’un matériau dépourvu de toxicité qui
pourrait se substituer dans un avenir proche à nos matériaux conventionnels. Le PEEK
ou polyétheréthercétone est un matériau léger, hydrophobe, ne favorisant pas le
dépôt de plaque, dépourvu de substances métalliques, et ne libérant pas de
monomères toxiques. Il pourrait constituer une excellente alternative à ces matériaux.

La première partie de mon travail sera consacrée à faire état des connaissances et de
la législation en ce qui concerne la toxicité des alliages de cobalt-chrome et des
monomères relargués par les matériaux de restaurations. Dans la seconde partie,
nous étudierons le PEEK qui semble se positionner comme une alternative fiable et
sans danger face à ces matériaux. Nous détaillerons ce qu’il est déjà possible de
réaliser ou pas à partir du PEEK en prothèse dentaire. Nous verrons que dans certains
cas il est encore nécessaire d’approfondir les études cliniques avant de généraliser
son utilisation, mais nous verrons aussi que bien souvent les propriétés du PEEK
semblent comparables (voir parfois supérieures) à celles des matériaux évoqués
précédemment. Dans la troisième partie de ce travail nous détaillerons les procédés
de mise en œuvre du PEEK en laboratoire et notamment une voie d’avenir que
représente l’impression 3D. Enfin dans la dernière partie nous nous concentrerons sur
l’utilisation clinique et plus particulièrement le collage du PEEK, un protocole de
collage proposé par un fabricant sera détaillé.

17
1. Vers une interdiction des matériaux conventionnels utilisés en odontologie
1.1. Les alliages de Co-Cr
1.1.1. Définitions

Le Cobalt (Co) et le Chrome (Cr) sont tous deux des éléments métalliques
naturellement présents dans notre environnement. On les retrouve sous diverses
formes dans les sols, les eaux mais aussi le corps humain et tous les êtres vivants
(Vaicelyte et al., 2020).

• Le Cobalt
C’est un métal de transition, de symbole Co et de numéro atomique 27. Il est très
rarement retrouvé sous forme d’élément natif dans la nature et la plupart du temps
combiné chimiquement à d’autres éléments. Par fusion réductrice on obtient un métal
gris argenté, brillant et dur.
Il existe deux principaux degrés d'oxydation pour le Co, à savoir le Co(II) et le Co(III)
et c’est sous ces formes qu’on le retrouve en petite quantité dans les organismes
vivants (Vaicelyte et al., 2020).
• Le Chrome
C’est également un métal de transition de symbole Cr et de numéro atomique 24. C’est
un minerai extrêmement rare qu’on peut retrouver à l’état natif (Cr0), sous forme d’un
métal brillant, cassant et dur. Mais on le trouve majoritairement à l’état trivalent ou
hexavalent dans la nature, cette dernière forme est très réactive et n’existe pas à l’état
libre (Vaicelyte et al., 2020).

Ces éléments métalliques sont associés pour constituer des alliages, mélange de
plusieurs éléments, dosés afin d’améliorer les propriétés du produit final. Les alliages
ont été développés car les métaux purs n'ont pas les propriétés physiques et
biologiques appropriées pour pouvoir être utilisés entre autres dans des conditions
normales d’utilisation en bouche (Barralis, 1991).
L’alliage est un produit solide obtenu par fusion de deux ou plusieurs métaux. La
composition d’un alliage peut être exprimée soit selon le pourcentage en poids des
éléments, soit selon le pourcentage d’atomes de chaque élément contenu dans
l’alliage, on parle dans ce cas de pourcentage atomique (Berges, 2019).

18
1.1.2. Historique (Figure 1)

Selon Baptiste Berges qui a très bien décrit les alliages de Cobalt-Chrome, ils ont
connu un essor considérable dans de nombreux domaines depuis leur découverte au
début du XXe siècle. Largement utilisés dans l’automobile, l’aéronautique ou la santé,
ils sont devenus particulièrement importants en dentisterie. « En 1907, le premier
alliage de cobalt chrome est déposé sous le nom de « stellite® ». […] Dans les années
1930, ils ont commencé à être utilisés pour la réalisation des châssis de prothèses
amovibles partielles. » (Berges, 2019). Des alliages dits céramisables sont développés
à partir des années 60, pour la fabrication de prothèses fixées céramo-métalliques
(Wataha, 2002).

1907: découverte du
"stellite"®

Années 1930: utilisation des alliages Co-Cr


pour châssis de prothèse amovible

Années 1960: Développement des


alliages "céramisables" De nos jours: utilisation
très importante des
alliages de Co-Cr en
odontologie

Vers une interdiction ?

Figure 1 : chronologie des alliages de Co-Cr (source : document personnel)

19
1.1.3. Composition

Les alliages de Cobalt-Chrome se composent majoritairement de Cobalt et de Chrome


(environ 80%) mais incluent également d’autres métaux en proportions variables tels
que du Manganèse, du Nickel, du Molybdène ou du Tungstène (table 1). Bien dosés,
ces métaux permettent de donner à l’alliage les meilleures propriétés possibles. Par
exemple, le Molybène (environ 5% en pourcentage massique) permet d’augmenter la
dureté et la ductilité de l’alliage (Bandyopadhyay et al., 2020). Nickel et Tungstène
permettent également d’augmenter la ductilité mais aussi la résistance à l’abrasion. Le
Manganèse quant à lui permet d’améliorer la liaison chimique céramo-métallique et le
Silicium améliore la résistance à l’oxydation (Berges, 2019).

Table 1 : composition de certains alliages utilisés en dentisterie, (d’après : Vaicelyte et


al., 2020)
Type Marque Composition (en pourcentage massique)
(Pays)
Co Cr Mo Si Mn C Fe W Autres
(Molybdène) (Silicium) (Manganèse) (Carbone) (Fer) (Tungstène)

Châssis de Wironit® 63,0 30,0 5,0 1,0 1,0 <1,0


PAPIM extrahart Bego
(Allemagne)
Remanium® GM 58,3 32,0 6,5 1,0 <1,0 1,5 N<1,0
800+ Dentaurum
(Allemagne)
Fils Alliage CoCr 31,0- 28,0- 4,0-6,0 ≤0,1 ≤0,1 ≤0,35 27,0-
orthodontiques 3,002 Dentaurum 35,0 32,0 31,0
(Allemagne)
Remaloy® reste 18,0- 3,0-5,0 ≤0,5 ≤1,0 ≤0,03 4,0- 3,0-5,0 Ni 19-
Dentaurum 22,0 6,0 23
(Allemagne) Ti 0,1-
2,0
S≤0,1
Prothèse fixée CoCr Biostar 61,65 22,75 1,61 <1,0 <1,0 8,45
Ernst Hinrichs
Dental Allemagne
Vi-comp II® 52,5 27,4 <1,0 1,0 12,1 Ga 2,5
Dentsply Sirona Ru 2,4
(États-Unis) Cu 1,0
Nb<1,0
Ta>1,0

20
1.1.4. Propriétés et cahier des charges

Un biomatériau dentaire doit répondre à divers critères pour être déclaré conforme à
un usage clinique. Parmi les principales caractéristiques retenues, on peut citer les
propriétés mécaniques, la biocompatibilité, l’absence de toxicité, la haute résistance à
la corrosion et la haute résistance à l'usure.
Les alliages de CoCr dentaires répondent à la norme NF EN ISO 22674 qui « spécifie
une classification des matériaux métalliques appropriés à la fabrication de
restaurations dentaires et des appareils, y compris les matériaux métalliques
d'utilisation recommandée avec ou sans revêtement céramique, ou indifféremment
pour ces deux utilisations, et spécifie les exigences qui leur sont applicables. De plus,
elle précise les exigences relatives au conditionnement et au marquage des produits
et les instructions à fournir pour l'utilisation de ces matériaux, y compris les produits
commercialisés à des tiers. » (ISO, 2016)

• Propriétés mécaniques
o Module d’élasticité élevé (200-220 GPa), évitant une trop grande
flexibilité des crochets de PAPIM (Prothèse Amovible Partielle à
Infrastructure Métallique)
o Limite élastique 640-700 MPa
o Résistance à la traction élevée (900-1000 MPa)
o Dureté élevée (340-410 HV)
o Allongement permanent de l’ordre de 10%, permettant de resserrer le
crochet d’une PAPIM sans le casser.
o Coefficient d’expansion thermique (CET) 13-15.10-6/°C

21
Table 2 : tableau comparatif de certaines propriétés mécaniques des alliages de
Cobalt-Chrome et des tissus dentaires (d’après : Gregoire et Grosgogeat, 2009; Al
Jabbari, 2014; Chun et al., 2014; Nicholson et al., 2020)
Alliages de Co- Émail Dentine Os cortical
Cr
Module 200-220 80-120 10-40 20
d’Young
(GPa)
Dureté 340-410 280-370 50-60 /
Vickers
(HV)
Coefficient 13-15 11,2 8,4 /
d’expansion
thermique
(10-6/°C)
Résistance 900-1000 10 105 120
à la traction
(MPa)

Le tableau ci-dessus (Table 2) présente certaines propriétés mécaniques des alliages


de Co-Cr en comparaison de celles des tissus dentaires (Gregoire et Grosgogeat,
2009; Al Jabbari, 2014; Chun et al., 2014; Nicholson et al., 2020).

• Propriétés physiques
o Grande résistance à l’usure, évitant la libération de particules
o Intervalle de fusion 1300-1600°C, permettant une mise en œuvre aisée
en laboratoire (coulée, fusion laser,…)
o Densité de l’ordre de 7,5 g.cm-3
o Absence de porosité, très bon état de surface
• Propriétés chimiques
o Résistance à la corrosion : par la formation d’une couche d’oxydes de
chrome à la surface de l’alliage sous l’influence de la corrosion
galvanique dans la salive. Cette couche de passivation, formée après un
certain temps, dans les conditions normales d’utilisation en milieu

22
buccal, ralentit fortement les phénomènes de corrosion (Figure 2)
(Vaicelyte et al., 2020).
o Excellente liaison céramo-métallique (environ 25MPa) (Gregoire et
Grosgogeat, 2009).

dioxygène
O2
air

chrome
(Cr)
acier

oxyde de chrome air


Cr2O3

zone appauvrie
en chrome {
acier

Figure 2 : illustration du phénomène de passivation (souce : Cdang utilisateur


wikipedia, 2011)

Les alliages de Cobalt-Chrome présentent donc des propriétés particulièrement


intéressantes pour un usage en dentisterie en alliant entre autres: dureté, élasticité,
résistance à la flexion et à la corrosion (Figure 3). Toutefois nous le verrons ils
présentent aussi de nombreux inconvénients qui semblent nous pousser vers un
remplacement difficile.

23
Dureté

Résistance
à la
corrosion

Résistance
Élasticité
à la flexion

Figure 3 : qualités principales des alliages de Cobalt-Chrome, rendant leur


remplacement difficile (source : document personnel)

24
1.1.5. Utilisations en odontologie

Les alliages de Cobalt-Chrome ont de nombreuses applications en odontologie, ils


sont utilisés quotidiennement en prothèse ou en orthopédie dento-faciale (ODF) par
exemple (Figure 4). Nous manipulons ces alliages de façon quasi-quotidienne et dans
tous les cas, ces alliages restent dans la bouche de nos patients pendant une durée
plus ou moins importante.

Figure 4 : exemples d’utilisations des alliages de Co-Cr (source : document


personnel).

25
1.1.6. Comportement biologique et toxicité

• Exposition de l’organisme aux métaux


Il faut savoir que l’exposition aux métaux, et plus particulièrement au Co et au Cr, se
fait principalement par trois voies d’exposition: l’inhalation, l’ingestion et le contact
cutané. Dans le cas qui nous concerne, ces métaux sont également en contact avec
la muqueuse buccale.
Tout d’abord, il est important de préciser que le Co et le Cr sont naturellement présents
dans le corps humain : le Co est un oligo-élément essentiel, quant au Cr, il est plutôt
qualifié de « micro-élément ».

• Des éléments essentiels


Ces deux éléments sont donc présents dans le corps humain, à l’état de traces, où ils
jouent un rôle important dans la régulation des fonctions biochimiques.
Les ions Co(III) par exemple, occupent le site catalytique de la vitamine B12 et sont
essentiels à l’activité biologique des vitamines dans les organismes vivants. Pour nos
cellules osseuses, la constitution d’un pool d’ions cobalt permet leur croissance (Lin et
al., 2020).
On retrouve le Cr(III) dans notre alimentation (n° CAS 16065-83-1, n° CE/Liste 605-
220-6) et il est essentiel à la survie de l’organisme humain : il permet de maintenir un
taux normal de glucose et d’assurer un fonctionnement efficace du métabolisme. Sa
carence chez l'homme entraîne une intolérance au glucose, une hyperglycémie à jeun,
une glycosurie, une hypoglycémie, une augmentation de l'insuline circulante et une
diminution du nombre de récepteurs à l'insuline (Anderson 1997).
Le Co et le Cr ont donc des effets bénéfiques sur la santé humaine, notre organisme
en a besoin en petite quantité pour se développer, mais ils peuvent aussi avoir des
effets nocifs. Il est donc nécessaire de respecter une dose journalière pour chaque
élément (Tableau 3) (Vaicelyte et al., 2020).
Table 3 : quantités de Cobalt et de Chrome pour un corps humain adulte, d’après
(Vaicelyte et al., 2020)

Élément Quantité totale moyenne (g) Besoins quotidiens (mg/j)


Cobalt 1,1 0,0001
Chrome 0,006 0,0050

26
• Qui peuvent devenir toxiques

a) Nécrose et infiltrat macrophagique-


lymphocytaire
b) Agrégat de particules de corrosion
au centre (rouge-vert)

c) Exfoliation macrophagique avec


libération des produits de corrosion
d)Infiltrat macrophagique contenant
des particules métalliques (vert pâle)

e) Analyse ultrastructurale de
particules de taille nanométrique et
micrométrique d'un macrophage
provenant de la même zone que celle
montrée en (b)

f) Débris particulaires partiellement


phagocytés dans l’endosome d'un
macrophage
g) Grossissement plus important
montrant des produits de corrosion
(particules globulaires) et une
particule irrégulière de densité
électronique élevée représentant très
probablement des débris métalliques
induits par l'abrasion

Figure 5 : produits de corrosion et débris métalliques retrouvés dans les tissus mous
péri-prothétiques d’une prothèse en alliage de Co-Cr (source : Scharf et al., 2015)

Lorsque le Cobalt et le Chrome sont artificiellement implantés dans le corps humain


via l'utilisation de dispositifs médicaux, des ions métalliques et des particules
d'usures sont libérés (Scharf et al., 2015). Ils viennent alors augmenter les doses de
Co et de Cr dans le corps humain et provoquent ainsi une certaine toxicité locale ou à
distance (Figure 5). Nous ne nous intéresserons qu’à notre cas spécifique des alliages
dentaires, cependant la plupart des articles disponibles sur le sujet sont des études au

27
travers d’autres dispositifs médicaux tels que des prothèses de hanche (Posada et al.,
2014).

Figure 6 : phénomènes conduisant aux effets néfastes des alliages dentaires (source
: Arakelyan et al., 2022)

La Figure 6 décrit les phénomènes conduisant à la libération de particules des alliages


dentaires. Il s’agit de la corrosion chimique, de la corrosion galvanique et de la
tribocorrosion. La corrosion chimique désigne l’altération du métal par les acides
présents dans le milieu buccal : la salive, les aliments et boissons acides et les acides
d’origine bactérienne. La corrosion galvanique, se produit lorsque des métaux de
natures différentes ayant des potentiels électrochimiques différents interagissent dans
un milieu électrolytique, dans ce cas la salive. Enfin, la tribocorrosion correspond aux
phénomènes de friction et d’usure du métal (lors de la mastication par exemple) dans
un contexte de corrosion (Arakelyan et al., 2022).
Ces processus conduisant à la libération d’ions métalliques par les alliages dentaires
sont sous l’influence de divers facteurs intra et extra-oraux tels que les habitudes
d’hygiène, l’alimentation, le microbiote, le pH salivaire, …

28
• Effets indésirables des alliages métalliques (table 4) (figure 7)
Les ions métalliques ainsi libérés peuvent entraîner des effets indésirables locaux ou
systémiques.

Figure 7 : effets indésirables locaux et systémiques des alliages dentaires (source :


Arakelyan et al., 2022) .

Les ions libérés par les alliages dentaires peuvent entraîner une certaine cytotoxicité,
notamment sur les fibroblastes parodontaux et sur les cellules épithéliales (Ortiz et al.,
2011; Nimeri et al., 2021; Arakelyan et al., 2022). Les principaux mécanismes mis en
jeux sont l'apoptose et le stress oxydatif par la création d’espèces réactives de
l’oxygène (ROS), ce qui augmente le risque de lésions buccales, potentiellement
malignes (Pan et al., 2017; Rincic Mlinaric et al., 2019; Sardaro et al., 2019; Kovač et
al., 2020).
Ils peuvent également stimuler la libération de médiateurs inflammatoires et provoquer
une inflammation chronique de la muqueuse et des tissus parodontaux (Imirzalioglu et
al., 2012; Noumbissi et al., 2019; Kheder et al., 2021).
De plus on constate une accumulation des ions dans la muqueuse buccale,
provoquant sa pigmentation.
Chez les patients allergiques, les ions métalliques peuvent provoquer une
hypersensibilité de type IV, affectant principalement la peau et la muqueuse buccale.
L'hypersensibilité aux métaux peut aggraver les maladies auto-immunes affectant les
articulations, la peau et les glandes salivaires.

29
Les réactions d’hypersensibilités peuvent être déclenchées par l’interaction des ions
métalliques avec des protéines humaines (haptènes). La réponse immunitaire se
manifeste sous forme d'affections locales telles que la réaction lichénoïde ou peut
concerner d'autres tissus et organes (Venclíková et al., 2006; Arakelyan et al., 2022).

o Effets locaux

Les manifestations cliniques des effets indésirables locaux les plus fréquents liés aux
alliages dentaires sont : le « mouth burning » (sensation de brûlure), le lichen plan oral
et les réactions lichénoïdes, les pigmentations de la muqueuse, les leucoplasies et les
lésions érosives et ulcéreuses (Figure 8).

(a) : Lichen Plan Oral


(b) : Pigmentation de la muqueuse
(c): Leucoplasie
(d) : Lésion érosive

Figure 8 : lésions orales les plus courantes qui pourraient être associées aux alliages,
(d’après : Arakelyan et al., 2022).
Par ailleurs, les courants galvaniques produits par le polymétallisme buccal
(plusieurs types d’alliages en bouche) peuvent entraîner des brulures. À l’échelle
cellulaire, ils pourraient même entraîner l’apoptose et initier la transformation maligne
de certaines cellules (Arakelyan et al., 2022).

Plus spécifiquement pour le cas du Co-Cr, un rapport de cas de 2011 montre une
association entre la libération de cobalt par des restaurations dentaires et une réaction
d'hypersensibilité orale chez un patient allergique au cobalt. Le patient présentait une
douleur de type brûlure, sévère et constante au niveau de la bouche, la langue et des
lèvres deux mois après l’insertion de sa prothèse. Les symptômes ont disparu tout de
suite après le remplacement de cette dernière (Thyssen et al., 2011) .

30
Dans un autre rapport (Song et al., 2011), un patient a souffert pendant un an de
pustules, de cloques et d'érythème sur les mains et les pieds à la suite d’une
réhabilitation prothétique avec des couronnes en Co-Cr. Bien qu'il n'y ait eu aucun
symptôme dans la cavité orale, ces symptômes ont disparu 3 semaines après le retrait
des couronnes (Figure 9).

Figure 9 : lésions palmo-plantaires à gauche, qui disparaissent 3 semaines plus tard


(à droite de l’image) après retrait des couronnes (source : Song et al., 2011)

En général, les principaux effets locaux rapportés sur le Cobalt et le Chrome dentaires
concernent une dermatite allergique de contact mais la plupart des études cliniques
nécessiteraient des investigations complémentaires.

o Effets systémiques

Les ions métalliques libérés peuvent être ingérés pour aller s’accumuler dans les
organes et sont susceptibles d’entraîner des manifestations systémiques (de Morais
et al., 2009).
L’implication des ions métalliques dans la carcinogenèse est maintenant admise. Ils
ont un rôle sur la formation des radicaux libres et des espèces réactives à
l’oxygène : de nombreuses études ont porté sur la toxicité et la cancérogénicité
induites par les métaux dans les systèmes biologiques, et l'importance de ce rôle. La
formation de radicaux libres par les métaux et notamment lors de la réduction du

31
Cr(VI) (Pavesi et Moreira, 2020) peut entraîner diverses modifications de l’ADN et être
à l’origine de phénomènes conduisant à l’apoptose d’une cellule ou à l’induction de la
carcinogénicité (Valko et al., 2006).
Le Cr(VI) est un agent oxydant puissant et toxique qui traverse les membranes
cellulaires. Les composés du Cr(VI) sont classés comme cancérigènes pour l'homme
par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) (McGregor et al., 2000).
Toutefois, il a été démontré que si le Cr(VI) est libéré d'un alliage, il n'est présent que
pour un temps très limité car il est rapidement réduit à l'état trivalent in vivo (Meek et
al., 2008) .
En dehors du cobalt et du chrome, les autres composants des alliages de CoCr, tels
que le Nickel, peuvent être libérés et avoir des effets néfastes sur le corps humain
(Genchi et al., 2020).

Depuis 2017, la pression réglementaire est devenue plus stricte pour le Co à la suite
de son enregistrement en tant que substance CMR (Cancérigène, Mutagène,
Reprotoxique), sur la base d'études in vitro et in vivo. Cependant, il reste difficile
d'évaluer l'impact de la libération des ions métalliques et des particules d'usure des
alliages dentaires sur la survenue de cancers chez l'homme. De plus, les effets
toxiques systémiques des alliages dentaires sont controversés car l'absorption
quotidienne d'ions métalliques provenant des prothèses dentaires est bien inférieure
aux valeurs limites de toxicité. C'est le principe de précaution qui est adopté par les
instances administratives (Manjith et al., 2012; El Sawy et Shaarawy, 2014; Vaicelyte
et al., 2020).

Table 4 : résumé des effets indésirables potentiels et avérés liés aux alliages de Co-
Cr (source : document personnel)
Effets locaux Effets systémiques
- Dermatite allergique de contact
- Apoptose et induction de phénomènes de carcinogenèse
- Pigmentations de la muqueuse - Accumulation dans d’autres organes
- Lichen Plan Oral - Hypersensibilités
- Leucoplasie - Aggravation de maladies auto-immunes
- Lésions érosives
- Courants galvaniques

32
1.1.7. Autres problèmes notables liés aux alliages de Co-Cr

• Prix du Cobalt

C’était jusqu’à présent un de ses avantages comparativement aux alliages de métaux


plus nobles tels que l’or ; et comme évoqué plus haut c’est un des facteurs clés de son
avènement en odontologie. Le coût de la tonne de cobalt a connu une forte hausse
ces dernières années : « A mi-mai 2022, le cobalt enregistrait sa plus haute valeur
marchande en se vendant autour de 87 000 USD la tonne sur le marché international.
» (Zoom Eco, 2022). À titre de comparaison, en 2015 le cobalt s’échangeait pour
30.000 USD la tonne. Certains laboratoires de prothèse risquent de s’orienter vers le
titane pour la réalisation de châssis de PAPIM pour des raisons financières.

• Problèmes éthiques et coût environnemental

Le Cobalt de nos alliages dentaires est aussi présent dans tous les appareils
électroniques qui nous entourent, il fait partie intégrante de toutes les batteries
(smartphones, ordinateurs), les piles rechargeables, les véhicules électriques, ...
Un rapport de 2018 (McKinsey, 2018) prévoit que la demande en Cobalt risque
d’exploser de plus de 60% entre 2017 et 2025 notamment à cause du développement
des voitures électriques.

La plupart des mines de cobalt sont situées sur le continent africain, principalement en
République Démocratique du Congo. Amnesty international affirme que ces mines
constituent un réel problème à la fois sur le plan humain et environnemental.
Selon l’ONG, violations des droits de l’homme et travail des enfants, sont monnaie
courante au sein de ces mines qui fournissent le monde occidental en cobalt.

33
Figure 10 : illustration des mineurs de cobalt (souce : d’après Amnesty
International, 2017)
Des mineurs sans protection de la peau et des voies respiratoires contre les
poussières toxiques, pratiquent parfois l’extraction du minerai à la main (Figure 10) et
développent des maladies à cause de leurs conditions de travail (Amnesty
International, 2017). Par ailleurs, l’extraction du minerai de ces mines nécessite
souvent l’utilisation d’énergies fossiles émettant des gaz à effets de serre en quantités
considérables.
Le recyclage des batteries qui sont produites pose d’autres problèmes encore.

34
1.2. Les monomères
1.2.1. Définitions

Le terme « polymères » désigne une grande famille de matériaux très utilisés dans
toutes les branches de l’odontologie. « Polymère » vient du grec pollus, qui veut dire
plusieurs, et meros : partie.
D'un point de vue chimique, un polymère est une substance organique composée de
macromolécules et issue de molécules de faible masse moléculaire liées entre elles
par des liaisons covalentes. En clair, plusieurs monomères s’assemblent pour former
une molécule plus grosse le polymère. Les polymères forment donc de longues
chaînes carbonées (Chaput et Faure, 2019)

À l’heure actuelle, les matériaux de restauration utilisés en dentisterie restauratrice et


prothétique sont très souvent des polymères. Il s’agit des résines composites et leurs
dérivés, des ciments verres ionomères (CVI), CVI modifiés par adjonction de résine
(CVIMAR) ou encore des polyméthacrylate de méthyle (PMMA) (Aminoroaya et al.,
2021).
Les polymères utilisés en odontologie sont décrits en détail par Rokaya et al. (Rokaya
et al., 2018).

Nous nous concentrerons particulièrement sur le cas des résines utilisées pour la
réhabilitation définitive des structures dentaires ou le remplacement des dents
absentes, qui sont susceptibles de relarguer des monomères tout au long de leur vie
en bouche.

• Les résines acryliques PMMA


Le PMMA est devenu le matériau le plus couramment utilisé pour la réalisation des
bases de prothèses amovibles depuis son introduction par Kulzer en 1937 (Chan et
al. 2010 ; Bigot, 2017). Ces résines répondent à la norme ISO 20795-1 : 2013 qui
établit la classification des polymères et copolymères pour base de prothèses
dentaires (source : iso.org, 2013). Les résines PMMA se présentent sous forme d’un
mélange poudre/liquide. La poudre contient le polymère de méthacrylate de méthyle
sous forme de petites sphères de quelques centièmes ou dixièmes de millimètres. Le
liquide est composé de monomères. Lors du mélange, les monomères (figure 11)

35
forment des chaînes macromoléculaires linéaires hydrophobes. On utilise le PMMA
pour les bases de prothèses amovibles, mais il ne s’agit pas d’un matériau de
restauration dentaire.

Figure 11 : monomère de PMMA (source : Zhang et al., 1995)

• Les résines composites


C’est un matériau de restauration directe développé dans les années 60 grâce aux
travaux de Buonocore et Bowen qui ont permis l’avènement de la dentisterie adhésive.
Elles ont pris la place des amalgames du fait de leur esthétisme et de leur adhésion
aux tissus dentaires (Chan et al., 2010; Gürel et al., 2016).
La résine composite est un matériau constitué d’une matrice organique résineuse et
d’un renfort constitué de charges minérales, organiques ou les deux (figure 12). La
cohésion entre ces deux phases est assurée par un agent de couplage, un silane
(Chan et al., 2010). La phase organique des résines composites est constituée de
monomères et elle représente entre un quart et la moitié du volume total (Jager, 2011;
Chaput et Faure, 2019).

Figure 12 : représentation schématique d’une résine composite. 1. Matrice organique


; 2. silane ; 3. charge. (source : Leprince et al., 2010)
Les monomères en question peuvent être divers et nombreux, pour ne citer que les
plus populaires :
- Le Bis-GMA (Bis-phénol A Glycidyl Méthacrylate), ou matrice de Bowen, la plus
connue et la plus ancienne, créé dans les années 60.

36
- L’HEMA (Hydroxy-Ethyl-Methacrylate), utilisé dans les adhésifs et les CVIMAR
- Les abaisseurs de viscosités tels que TEGDMA (tri-éthylène glycol di-
méthacrylate), UDMA (uréthane di-méthacrylate),…
- Le BPA (Bis-phénol-A), très controversé de nos jours, autrefois utilisé dans
l’industrie alimentaire.
Leur structure (Table 5) se résume à une longue chaîne carbonée qui comporte des
groupements fonctionnels permettant la polymérisation et leur conférant à chacun des
propriétés qui leur sont propres.

Table 5 : structures chimiques de différents monomères des résines composites


(d’après : Jager, 2011; Chaput et Faure, 2019)

Bis-GMA

HEMA

TEGDMA

UDMA

BPA

37
De nos jours, plus de 200 résines composites différentes sont disponibles sur le
marché. Elles sont globalement construites sur la même base mais peuvent être très
variables selon leur indication clinique et les propriétés recherchées. Ainsi, il est
possible de classer les résines composites de plusieurs façons : selon les
caractéristiques de leurs charges, de la matrice organique, selon leur viscosité ou
encore selon leur mode de polymérisation. Un article de Thomas Giraud et Anne
Raskin paru en 2019 dans la revue BioMatériaux dentaires Cliniques décrit en détail
ces classifications dans le contexte du marché actuel (Figure 13) (Giraud et Raskin,
2019).

Figure 13 : représentation schématique des différentes familles de résines composites


(source : Giraud et Raskin, 2019).

38
1.2.2. Polymérisation des monomères

La polymérisation radicalaire en chaîne est la réaction chimique qui permet la


formation d’un polymère rigide par l’addition de monomères qui forment une liaison
entre eux. Tous les monomères ont une propriété commune qui est la présence d’une
double liaison à leur extrémité. C’est l’ouverture de cette double liaison et la formation
d’une nouvelle avec un monomère voisin qui permet la polymérisation.
Il peut s’agir d’une réaction induite par la chaleur (thermopolymérisation), la lumière
(photopolymérisation), purement chimique (chémopolymérisation) ou une
combinaison de ces phénomènes.

La réaction de polymérisation radicalaire en chaîne passe par trois phases distinctes


et successives :

- L’initiation, ou induction, qui correspond à la formation de radicaux libres par


ouverture des doubles liaisons. Une fois libérés, les radicaux libres se lient aux
autres radicaux libres issus des monomères adjacents et créent ainsi une
liaison.
- la propagation lors de laquelle on constate un allongement exponentiel des
polymères.
- la désactivation, lorsque deux chaînes de polymères interagissent pour former
une chaîne unique plus longue ou se désactivent grâce à l’échange d’un atome
d’hydrogène (Chaput et Faure, 2019)

Le degré de conversion permet de juger de la qualité de la réaction de polymérisation.


Il est défini par le nombre de monomères qui réagissent par rapport au nombre de
monomères initial (Bigot, 2017).
Le degré de conversion est fonction du mode polymérisation, de la nature de la matrice
et des charges, la taille des charges, la teinte de la résine, la puissance de la source
lumineuse, de la distance de la source lumineuse ou encore du temps d’exposition à
la source lumineuse (Tokay et al., 2015; Chaput et Faure, 2019).
Dans tous les cas, le degré de conversion n’est jamais de 100% (Table 6). En
effet, du fait de l’augmentation de la viscosité, certains monomères n’ont pas pu se lier
aux chaines. Ainsi, le degré conversion maximal se situe autour des 75% pour les

39
résines composites à base de diméthacrylates utilisées en restauration directe. Plus
ce taux est important, meilleures sont les propriétés mécaniques et physiques du
matériau (Chaput et Faure, 2019; Mortier et Balthazard, 2019). Par ailleurs, les
monomères résiduels non polymérisés sont libérés dans le milieu buccal et peuvent
être à l'origine d'une certaine toxicité (voir chapitre 1.3.5.).

Table 6 : trois exemples de degrés de conversion selon le monomère (d’après Chaput


et Faure, 2019)

Monomère Degré de conversion à température


ambiante (%)
Bis-GMA 56-66
TEGDMA 68-85
UDMA 78-82

1.2.3. Propriétés des résines composites

Un bon matériau de restauration dentaire doit posséder des propriétés identiques ou


se rapprochant le plus possible de la substance à remplacer (Leprince et al., 2013). Il
semble important que les matériaux de restauration aient des propriétés se
rapprochant le plus possible de celles des tissus dentaires (Chaput et Faure, 2019).
Selon la situation clinique il nous faut plutôt rechercher des propriétés proches de
celles de l’émail ou de la dentine, c’est pourquoi de nombreuses résines composites
différentes sont aujourd’hui à notre disposition. Nous tenterons de résumer leurs
propriétés générales.
• Propriétés mécaniques (Table 7) (Chaput et Faure, 2019; Mortier et Balthazard,
2019)
o Module d’élasticité : 3 à 12,9 GPa
o Résistance à la flexion : 60-185 MPa
o Dureté : 12-142 HV
• Propriétés physiques (Chaput et Faure, 2019; Mortier et Balthazard, 2019)
o Résistance à l’usure, modulable grâce aux charges, elle peut conduire à
la libération de particules. Elle est considérée comme acceptable en
dessous des 40 à 50 μm/an, sachant que l'usure de l'émail est estimée
à 50 μm/an et 30 μm/an respectivement pour les molaires et les

40
prémolaires. Selon les études cliniques, l'usure des résines composites
est de 10 à 20 μm/an pour les zones marginales d'une restauration
postérieure. Dans certains cas, l’usure peut descendre en dessous des
5 μm/an mais peut également être 3 à 5 fois plus importante en zone de
contact occlusal.
o Conductivité thermique proche de celle de l’émail et de la dentine, plutôt
faible, ce sont de mauvais conducteurs thermiques
o Rétraction de prise 1,6 à 8,1% lors de la polymérisation, inconvénient
majeur des résines composites qui peut entraîner l’apparition de
contraintes ou de hiatus périphérique (Mortier et Balthazard, 2019).
o Teinte et radio-opacité modulables, propriétés optiques excellentes
o Apte au polissage, la rugosité de surface doit être suffisamment faible
afin d’empêcher l’adhésion de la plaque bactérienne
o Absorption d’eau : ils sont susceptibles d’absorber l’eau du milieu, ce qui
peut les colorer et détériorer leurs propriétés mécaniques par éjection
des charges. Cette propriété répond à la norme ISO 4049 (≤ 40 μg/mm3)
o Porosité relativement importante qui peut favoriser fractures et
percolation bactérienne (Roberts et al., 2020).
• Absence de propriétés antibactérienne et bactériostatique propre, au contraire,
la pose d’un composite est corrélée avec une augmentation de la quantité de
plaque bactérienne. Certaines bactéries telles que Streptococcus mutans sont
capables de dégrader les restaurations en résine composite et les sous-produits
issus de cette dégradation tels que le Tri-Ethylène-Glycol (TEG) augmentent
l’activité des bactéries cariogènes (Bourbia et al., 2018). Cependant certaines
résines disponibles de nos jours combinent différentes stratégies
antibactériennes : elles sont par exemple capables de relarguer des agents
antibactériens ou possèdent une surface empêchant l’adhésion de la plaque
(Sun et al., 2021).

41
Table 7 : tableau comparatif de certaines propriétés mécaniques des résines
composites et de celles des tissus dentaires (d’après Mortier et al., 2010; Chaput et
Faure, 2019; Mortier et Balthazard, 2019)

Résines Émail Dentine Os cortical


composites
Module d’Young 3-12,9 80-120 10-40 20
(GPa)
Dureté Vickers 12-142 280-370 50-60 /
(HV)
Résistance à la 60-185 8-35 30-65 /
flexion (MPa)
Résistance à 5-50 30-50 / /
l’usure (µm/an)

42
1.2.4. Utilisations des monomères en odontologie

Figure 14 : utilisations des monomères dans le cas de restaurations dentaires


définitives (source : document personnel)

L’image ci-dessus (figure 14), résume brièvement les utilisations possibles des
monomères dans le cas des restaurations dentaires. Nous les retrouvons partout dans
la pratique quotidienne du chirurgien-dentiste. Dans les cas évoqués ci-dessus, ils sont
destinés à rester dans la bouche de nos patients pour une durée considérable, au
cours de laquelle ils peuvent être relargués dans le milieu buccal et provoquer des
effets nocifs locaux ou systémiques.

43
1.2.5. Comportement biologique et toxicité

On constate pendant et après la polymérisation, la libération de monomères libres


dans le milieu buccal. Les monomères principalement retrouvés sont le TEGDMA,
l’UDMA, l’HEMA, le bis-GMA ou encore le BPA (Lempel et al., 2016 ; Durner et al.,
2021). Ils pourraient provoquer une certaine toxicité locale ou systémique lorsqu’ils
sont ingérés.

• Libération de monomères (figure 15)

o Lors de la polymérisation des résines composites


Une photopolymérisation incomplète des résines composites, phénomène constaté de
façon constante, entraîne une libération de monomères résiduels (Chaumont,
2012; Mortier et Balthazard, 2019).
Cette libération est directement liée et inversement proportionnelle au degré de
conversion des résines composites lors de leur polymérisation. Comme évoqué plus
haut, le degré de conversion dépend de nombreux facteurs et n’est jamais de 100%
(Nomoto et al., 2006 ; Tabatabaee et al., 2009; Manojlovic et al., 2011 ; Tokay et al.,
2015 ; Lempel et al., 2016).
o Par l’usure de la surface exposée en bouche
En conditions d’usage, on constate une certaine usure des matériaux à base de
méthacrylates à plus ou moins long terme. En effet divers phénomènes se produisent
en bouche et conduisent à la libération de monomères par l’usure et l’hydrolyse du
matériau. Ces phénomènes sont globalement les mêmes que ceux qui entraînent la
libération d’ions métalliques par les alliages de Co-Cr, à la différence près qu’ils ne
font pas intervenir de processus électro-chimiques. Ils ont lieu tout au long de la vie du
matériau en bouche.
La composition chimique des liquides buccaux (salive et fluide créviculaire) et des
boissons, la flore bactérienne, le pouvoir abrasif des aliments, la température et les
forces exercées durant la mastication, le brossage et éventuellement le bruxisme
entrent en jeu. Ces mécanismes sont mis en jeu de manière variable entre les individus
mais conduisent tous à la libération de monomères libres en bouche par une
dégradation mécanique, chimique ou une combinaison des deux.

44
Des études récentes de vieillissement artificiel au sein d’un milieu standardisé ont
montré la libération prolongée de monomères à partir de restaurations en PMMA
(issues de la CFAO) et de restauration en résine composite (en méthode directe). Ces
études ont montré une élution de monomères sur un mode chronique plutôt qu’aigu et
donc sur une durée prolongée et pas seulement lors de la pose du matériau (Engler
et al., 2019).

o Par l’interface dent-restauration à travers le complexe pulpo-dentinaire


En effet, il existe également un mode de libération des monomères via le complexe
pulpo-dentinaire. Ils diffusent depuis la restauration, à l’interface dentine-restauration,
par les fluides et les tubulis dentinaires, jusque dans la pulpe, et parfois au-delà du
foramen apical jusque dans les tissus parodontaux, donc potentiellement de manière
systémique. C’est une source non négligeable d’exposition du patient aux monomères
(Durner et al., 2021).

Figure 15: schéma résumant les voies de libération des monomères (source:
document personnel)

45
• Conséquences et toxicité (Table 8)

o Réactions allergiques
Depuis de nombreuses années maintenant, les méthacrylates sont connus de la
communauté scientifique comme étant un groupe important de sensibilisateurs
allergiques (Sasseville et al., 2012; Romita et al., 2017; Voller et Warshaw, 2020)
En 2020 Bishop et Roberts montrent que la sensibilité de la population aux monomères
et les allergies liées aux méthacrylates utilisés en dentisterie dépassent nos croyances
traditionnelles. Les auteurs expliquent que la dermatite de contact reste la
présentation clinique la plus fréquente liée au méthacrylate mais que les complications
respiratoires et l'asthme sont de plus en plus associés à l'exposition aux monomères.
Les auteurs concluent sur la nécessité d’informer le personnel du cabinet de son
exposition quotidienne aux sources de méthacrylate et des risques qui y sont associés.
Ils soulignent également que les EPI (Équipements de Protection Individuelle) utilisés
au cabinet sont inefficaces pour la protection contre les méthacrylates (Bishop et
Roberts, 2020).
À l’heure actuelle, aucune réelle mesure ni recommandation ne sont établies par les
autorités compétentes internationales.

o Irritation pulpaire
L’inflammation pulpaire à la suite de la pose d’un soin en résine composite est une
réaction bien connue.
En effet les monomères tels que le TEGDMA ou l’HEMA se comportent comme des
irritants et induisent une certaine toxicité pulpaire.
Lovász et al. ont montré en 2021 que la présence de monomère de TEGDMA au sein
du complexe pulpo-dentinaire entrainait la production et l’activation de
métalloprotéases et de collagénases par les cellules pulpaires et donc pourrait induire
une réaction inflammatoire qui peut conduire à l’apoptose des cellules pulpaires
(Lovász et al., 2021). Les monomères sont dès lors susceptibles de conduire à la
nécrose pulpaire.

o Stress oxydatif et génotoxicité


Plusieurs monomères tels que l’HEMA, le bis-GMA, l’UDMA ou le TEGDMA sont
impliqués dans la formation d’espèces réactives de l’oxygène (ERO) une fois libérés.

46
Les EROs induisent un stress oxydatif qui peut entraîner des dommages de l’ADN
des cellules et donc l’apoptose ou la carcinogenèse (Gallorini et al., 2013; Romo-
Huerta et al., 2021). Les cellules concernées peuvent se trouver à proximité de la
source de monomères mais également à distance dans le cas du passage systémique
de ces derniers. La cytotoxicité du TEGDMA et du bis-GMA a par exemple été
démontrée en 2021 sur des fibroblastes gingivaux humains (De Angelis et al., 2021).

o Perturbateurs endocriniens
Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui peuvent
perturber le système hormonal de l'organisme en bloquant ou en interférant avec les
récepteurs hormonaux. En général il s’agit de molécules similaires aux hormones qui
entre en compétition avec ces dernières (Robberecht et al., 2017).
Le Bis-Phénol-A (BPA), très utilisé en odontologie, est un perturbateur endocrinien
bien connu qui imite la structure des hormones stéroïdiennes et peut donc avoir de
nombreux effets œstrogéniques sur l'organisme. (Rubin et al., 2011; Chianese et al.,
2021). Il a notamment fait polémique dans l’industrie alimentaire ces dernières années
(Chapitre 1.4.2.).
« Chez l’animal ayant subi une exposition précoce au BPA, on observe des troubles
endocriniens (diabète, obésité), de la reproduction (altération de la spermatogénèse,
de l’ovulation, de l’implantation des embryons, du déterminisme sexuel), du
comportement (hyperactivité), un effet sur les glandes mammaires et la prostate
(perturbation de l’organisation tissulaire, augmentation de masse, apparition de
lésions néoplasiques) et une réponse immunitaire diminuée. De plus, les
conséquences d’une exposition au BPA pourraient être visibles chez les descendants
d’un individu par un saut transgénérationnel. Par ailleurs, une exposition précoce
pourrait être corrélée à l’apparition d’Hypominéralisation Molaires-Incisives (MIH). »
(Robberecht et al., 2017)
Le BPA pur n’entre pas directement dans la composition des résines composites mais
de nombreux biomatériaux sont produits à partir de ses dérivés. Des impuretés de
synthèse des biomatériaux peuvent dès lors conduire à sa libération in-vivo. Il peut
également être produit lors de l’hydrolyse des monomères libres de bis-GMA. Or le
Bis-GMA est encore plus répandu que le BPA dans la fabrication des résines
composites (Fleisch et al., 2010; Robberecht et al., 2017).

47
Au premier abord, la contribution de l'exposition au BPA provenant de sources
dentaires semble relativement faible (moins de 5%) par rapport à l'exposition générale
au BPA par l'alimentation, les boissons et les poussières. En effet, les quantités de
BPA libérées par les biomatériaux dentaires sont inférieures aux normes européennes
fixées par l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) en 2015 de 4μg/kg/j.
Il n’existe donc pas de réelles preuves d’un effet toxique des dérivés du BPA provenant
de sources dentaires. Cependant, il est possible que les concentrations de BPA
provenant de sources dentaires aient été sous-estimées et des études récentes
soulèvent de nouveau cette question (Robberecht et al., 2017).
Les monomères libres sont donc susceptibles d’avoir un effet néfaste sur le système
endocrinien.

Table 8 : tableau résumant les effets locaux et systémiques néfastes des monomères
(source : document personnel)
Effets locaux Effets systémiques
- Dommages de l’ADN apoptose et induction de phénomènes de carcinogenèse
- Dermatite allergique de contact
- Toxicité pulpaire - Asthme allergique
- Perturbateur endocrinien

48
1.3. Législation
1.3.1. Cas des alliages de Cobalt-Chrome (Figure 16)

Depuis les années 1990, le nickel est considéré comme cancérigène pour l'homme
suite aux recherches du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et de
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Une des conséquences immédiates a été
la décision du parlement européen de restreindre l'utilisation des alliages de nickel au
profit du développement de nouveaux biomatériaux (Genchi et al., 2020). Pour les
fabricants et les professionnels, le rejet des alliages à base de nickel constituait un
véritable défi à relever. Au cours des dernières décennies, l'utilisation des alliages à
base de Co-Cr a alors augmenté car ils étaient considérés comme une alternative
économique aux alliages précieux et une alternative plus sûre aux alliages non
précieux à base de Ni. L'utilisation des métaux et donc des alliages dentaires a été
fortement encadrée en Europe depuis plus de 30 ans par des directives et des
règlements.
Au cours des dernières années, l’Union européenne a beaucoup travaillé sur la
réglementation des produits chimiques afin d’harmoniser les politiques des États-
membres sur le sujet.

• REACH
L’évènement le plus marquant, est sans doute la publication du règlement (CE)
No 1907/2006 du Parlement européen et du Conseil du 18 décembre 2006 concernant
l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, en anglais
REACH (Registration, Evaluation, Authorization and restriction of Chemicals).
De ce règlement découlent les restrictions applicables aux substances chimiques,
établissant par la même occasion un organisme régisseur : l’agence européenne des
produits chimiques (en anglais ECHA : European Chemicals Agency) (source: ECHA).

REACH est entré en vigueur le 1er juin 2007 et l'objectif global de ce règlement est de
garantir un haut degré de sécurité en santé humaine et de protection de
l'environnement au sein du marché européen. Les industriels et autres acteurs de ce
marché sont dès lors chargés de collecter des informations sur les substances qu'elles
fabriquent ou importent en quantités égales ou supérieures à une tonne par an.

49
Elles doivent évaluer les dangers et les risques que la substance peut présenter. Ces
informations sont transmises à l'ECHA par le biais d'un dossier d'enregistrement.
L'enregistrement des substances chimiques est basé sur le principe "une substance,
un enregistrement" (Grosgogeat et al., 2021).

• CLP
Le règlement (CE) No 1272/2008 relatif à la classification, à l’étiquetage et à
l’emballage des substances et des mélanges (CLP: Classification, Labelling,
Packaging), est entré en vigueur le 20 janvier 2009, il vient compléter le règlement
REACH (Vaicelyte et al., 2020).
Ce règlement a harmonisé les critères de classification des substances et des
mélanges, ainsi que les règles d'étiquetage et d'emballage des substances et des
mélanges dangereux. Il vise également à établir un inventaire de classification et
d'étiquetage des substances.
La base de données contient 23 121 substances et des informations provenant de 103
736 dossiers à sa dernière mise à jour le 30/09/2022. Les métaux Co (231-158-0) et
Cr (231-157-5) ont été enregistrés respectivement le 17 septembre 2010 et le 8
septembre 2010 (source: eur-lex).

Cette législation CLP a défini de nouvelles catégories CMR : Cancérigène-Mutagène-


Reprotoxique (1A, 1B et 2).
La catégorie 1 est elle-même divisée en deux sous-catégories (1A-effets avérés et 1B-
effets présumés) tel que décrit dans le tableau ci-dessous (Table 9). Seules les
substances classées CMR de catégorie 1A/1B sont soumises à des restrictions
par REACH.
La catégorie 2 désigne les substances « suspectées d’être cancérogènes pour
l’homme », elle repose sur des résultats provenant d’études humaines et/ou animales,
mais insuffisamment convaincants pour classer la substance dans la catégorie 1A ou
1B. Cette classification est la seule en vigueur dans l’Union européenne, et donc en
France (Vaicelyte et al., 2020).

50
Table 9 : définition d’une substance CMR selon le règlement CLP (d’après : ANSES
2013; CNRS, 2017)

Catégorie 1A Catégorie 1B Catégorie 2


Définitions Agents chimiques que Agents chimiques Agents chimiques
l’on sait être CMR pour pour lesquels de fortes préoccupants pour
l’Homme présomptions d’avoir l’Homme mais dont les
un caractère CMR effets CMR ne sont
sont présentes pas avérés pour le
moment
Cancérigène Substances dont le Substances dont le Substances
potentiel cancérigène potentiel cancérogène suspectées d'être
pour l'être humain est pour l'être humain est cancérogènes pour
avéré. supposé. l'homme.
Mutagène Substances dont la Substances dont la Substances
capacité d'induire des capacité d'induire des préoccupantes du fait
mutations héréditaires mutations héréditaires qu'elles pourraient
dans les cellules dans les cellules induire des mutations
germinales des êtres germinales des êtres héréditaires dans les
humains est avérée. humains est cellules germinales
supposée. des êtres humains.
Reprotoxique Substances Substances Substances
présumées toxiques présumées toxiques suspectées d'être
pour la reproduction pour la reproduction toxiques pour la
humaine. humaine. reproduction humaine.

Le 18 février 2020, la reclassification du Cobalt a été actée en annexe VI du CLP, et


est entrée en vigueur à partir du 9 septembre 2021 (source: ECHA). Le Co métallique
est une substance C1B, M2 et R1B.

o RDM
Depuis les années 1990, le législateur européen cherche également à harmoniser la
réglementation des dispositifs médicaux des pays membres de l'UE.
En 2017, un nouveau règlement sur les dispositifs médicaux (RDM) entre en
vigueur. Retardée par la crise de la covid19, sa mise en application a finalement lieu
le 26 mai 2021.
Les dispositifs médicaux sont classés en fonction du niveau de risque associé à leur
utilisation et il devient, obligatoire de signaler la présence de toute substance

51
classée CMR 1A ou 1B, en concentration supérieure à 0,1 % en fraction
massique (m/m).
Une nouvelle base de données européenne sur les dispositifs médicaux (EUDAMED)
est créée et un système d'identification optimisera la traçabilité des dispositifs
médicaux. Enfin, en cas de produits défectueux, un nouveau mécanisme financier
devrait permettre d'indemniser efficacement les patients.
À compter du 26 mai 2021, tous les dispositifs médicaux ne doivent être approuvés
qu’en fonction du processus RDM.
Les certificats et dispositifs déjà sur le marché sont valides jusqu’en mai 2022
(certificats de conformité CE délivrés avant le 25 mai 2017) ou jusqu’en mai 2024
(certificats de conformité CE délivrés après le 25 mai 2017) (Grosgogeat et al., 2021)
(Figure 16).

Figure 16 : réglementation européenne des substances chimiques (source :


Grosgogeat et al., 2021)

o Concrètement, quelle transition vers 2025 ? (Figure 17)


À partir du 27 mai 2025, seul le RDM (UE) 2017/745 s'appliquera. Avec la nouvelle
classification du cobalt métallique en tant que CMR, le règlement CLP a un impact
direct sur le règlement RDM. Le règlement RDM dit alors que tout dispositif médical
contenant du Co est conforme au règlement si la concentration en cobalt est inférieure
à 0,1% (m/m). Or, dans les alliages dentaires Co-Cr, le cobalt est généralement le
composant principal, avec des pourcentages compris entre 31% et 63%.

52
Néanmoins, le dispositif médical pourra être mis sur le marché en remplissant les
conditions suivantes : aucune alternative n'est disponible et une justification est
fournie. Quoi qu’il en soit, en vertu du RDM (UE) 2017/745, tous les matériaux
dentaires contenant du Co devront étiqueter la présence de ce métal, considéré
comme un CMR, et en informer les consommateurs.

Par conséquent, au cours de la période 2021-2025, l'utilisation du Co sera tolérée dans


les alliages dentaires. Après 2025, il sera nécessaire de prouver qu'il n’existe
aucun matériau de substitution possible pour obtenir le marquage CE d’un
dispositif contenant du Co à une concentration supérieure à 0,1% (m/m)
(Vaicelyte et al., 2020).
RDM 2021-2025

Obligation d'étiqueter la présence


de Cobalt et d'informer le patient
sur ses dangers (C1B, M2, R1B).

Tolérance d'utilisation des alliages


de Co-Cr jusqu'en 2025

Après 2025: nécessité de


justification raisonnée qu'aucune
substitution n'est possible

Figure 17 : schéma résumant la situation actuelle (2021 à 2025) de la réglementation


des alliages de Co-Cr (source: document personnel)
Paradoxalement, depuis janvier 2020, la nouvelle convention nationale promeut au
sein du panier RAC-0 des éléments prothétiques métalliques et/ou céramo-
métalliques qui sont, le plus souvent, conçus à base d’alliages de Co-Cr. « Cette
politique incitative va à l’encontre des préconisations réglementaires européennes »
(Grosgogeat et al., 2021).

53
Pour les industriels, il paraît assez difficile de trouver d'autres biomatériaux qui auraient
des propriétés mécaniques et physico-chimiques similaires à celles des alliages Co-
Cr dans un délai si court.

1.3.2. La réglementation concernant les monomères

Les réglements REACH et CLP pourraient s’appliquer de la même façon aux


monomères que nous utilisons en odontologie. En effet peu de textes de loi parlent
des monomères utilisés dans les dispositifs médicaux, cependant nous pouvons
retenir deux points.

o Le bis-phénol A (BPA), cible médiatique


À la suite d’une polémique fortement médiatisée des années 2010, l’utilisation du
bisphénol A est particulièrement réglementée en Europe. Il est interdit dans les
biberons en Europe depuis 2010 et dans les conditionnements, contenants ou
ustensiles destinés à entrer en contact avec les aliments en France depuis 2012.
En février 2017, l’ECHA a adopté la position française de l’ANSES de placer le BPA
dans la catégorie des substances extrêmement préoccupantes (SVHC : Substance of
Very High Concern), du fait de ses propriétés de perturbateur endocrinien. En découle
l’obligation d’information de l’ECHA et de l’acheteur, de la présence de BPA dans un
produit fabriqué ou importé en Europe. Cela permet de contrôler l’usage du BPA par
les fabricants, en les soumettant à une autorisation temporaire d’utilisation,
renouvelable, pour utiliser ce composant. Il est classé CMR R1B depuis 2018 (source:
inrs).
Sur une proposition de la France, la Commission européenne a modifié l’annexe XVII
du Règlement REACH : depuis le 02 janvier 2020, les papiers thermiques dont la
concentration en bisphénol A est égale ou supérieure à 0,02 % en poids ne peuvent
être mis sur le marché européen (Règlement (UE) 2016/2235).
Et au plus tard le 12 janvier 2026, les États-membres doivent prendre les mesures
nécessaires pour garantir que les eaux destinées à la consommation humaine
respectent le seuil de 2,5µg/l établi pour le bisphénol A (source: eur-lex).
Comme nous l’avons vu plus haut, le bisphenol A n’est que très rarement un
constituant direct de nos résines composites. En revanche il est souvent utilisé dans
leur production et est susceptible d’être produit lors de leur dégradation en bouche. Il

54
est légitime de se poser la question : le principe de précaution ne risque-t-il pas de
s’appliquer un jour ou l’autre ?

o CFAO et chirurgien-dentiste fabricant

Les matériaux utilisés usuellement dans les techniques de CFAO incluent très souvent
des monomères. Qu’il s’agisse de gouttières, de guide implantaires ou encore de
restaurations dentaires, de nombreuses pièces produites par CFAO sont composées
de monomères. Cela est d’autant plus marqué dans les techniques d’impression 3D
(que nous développerons dans le chapitre 3.3) qui utilisent généralement des résines
polymérisables. Ces techniques d’avenir, parfois décrites comme très sûres, sont déjà
remises en question par des études récentes sur les dangers potentiels des résines
qu’elles utilisent. En effet selon Rogers et al., les résines dentaires utilisées pour
l’impression 3D sont susceptibles de libérer des monomères très toxiques pour le
système reproducteur féminin. Les auteurs ont réalisé in vitro un modèle d’appareil
reproducteur féminin de souris et ont imprimé en 3D plusieurs pièces en résines dites
« certifiées ISO biocompatibles ». Des ovocytes de souris ont ensuite été mis en
culture au sein de ces pièces imprimées en 3D. Une dégénérescence rapide de ces
cellules a été démontrée (Rogers et al., 2020). Ces résultats sont inquiétants et il est
encore difficile de conclure à une toxicité in vivo chez l’être humain, des études
ultérieures sont nécessaires. Toutefois, il s’agit d’une question à laquelle il est
important de répondre rapidement puisqu’on parle d’une industrie nouvelle en plein
essor dans tous les domaines de la santé.

À l’ère du numérique, le chirurgien-dentiste qui fabrique des prothèses doit « se


déclarer en tant que fabricant de dispositifs médicaux auprès de l'agence nationale de
la sécurité du médicament (ANSM) [...] pour chaque prothèse fabriquée, il doit
également établir lui-même une déclaration de conformité de la prothèse dentaire. »
(source: senat, 2015)

Nous l’avons évoqué, nos monomères sont susceptibles de présenter une certaine
toxicité et donc d’être un jour classifié CMR, ce qui n’est généralement pas le cas pour
le moment (en dehors du BPA).

55
Nous dirigeons-nous vers la même situation que pour le Cobalt-Chrome ? Comment
présenter à nos patients des prothèses, parfois conçues au cabinet, étiquetées d’une
mention CMR ? Dans tous les cas est-ce vraiment éthique d’en connaître la toxicité
mais de continuer de proposer ces matériaux à nos patients ?

2. Une alternative : le PEEK


2.1. Présentation du polymère et définitions (Figure 18)

Depuis les années 60, les industriels ont découvert de nouveaux polymères. Le
poly(oxy-1,4-phénylène-oxy-1,4-phénylènecarbonyl-1,4-phénylène) ou Poly Ether
Ether Cétone- (PEEK) fait partie des plus prometteurs d’entre eux, grâce à ses
propriétés physiques et chimiques particulièrement intéressantes. Il fut amplement
utilisé dans des industries de pointe telles que l’aéronautique ou l’automobile et a attiré
l’attention de chercheurs de tous domaines, notamment en médecine humaine pour la
réalisation de prothèses orthopédiques. (Kurtz et Devine, 2007; Moby et al., 2022)

Figure 18: poudre, granulés, tiges extrudées et film de PEEK pur (source: Kurtz, 2012)
Il s’agit d’un polymère aromatique à chaîne linéaire rigide : une grande molécule
constituée d’une longue chaine carbonée formée par l’association de noyaux
aromatiques (cycles benzéniques), liés entre eux par des groupes éthers (atomes
d’oxygène) et cétones (groupes carbonyles), de formule :
(-C6 H4 -OC6 H4 -O-C6 H4 -CO-)n (Figure 19) (Moby et al., 2022).

56
Figure 19 : structure chimique du PEEK : deux fonctions éther et une fonction cétone,
3 noyaux aromatiques (source: Moby et al., 2022)

Le PEEK est un polymère thermoplastique semi-cristallin de haute performance


appartenant à la famille des polyaryléthercétones (PAEK) :
• Thermoplastique puisqu’il subit une déformation plastique sous l’effet d’un
échauffement thermique : il peut être ramolli quand on le chauffe et devient plus
dur en refroidissant. On peut réitérer cette transformation dans les deux sens,
à volonté (Giraud, 2011).
• Semi-cristallin puisqu’il existe sous deux phases : la première amorphe et la
seconde cristalline. Ce qui veut dire qu’il présente deux phases de transitions
thermiques: une phase de fusion le fait passer à l’état semi-liquide et une phase
de transition vitreuse le fait passer à l’état semi-cristallin lors de son
refroidissement (Figure 20) (Kurtz, 2012).

Phase de fusion

Phase Phase
vitreuse amorphe
(état semi- (état semi-
cristallin) liquide)
Phase de transition
vitreuse

Figure 20 : schéma des phases de transition thermique d’un polymère thermoplastique


(d’après Baudouin, 2018)

A haute température, le polymère entre en fusion et la chaîne moléculaire du polymère


est alors capable d’une grande mobilité grâce à l’agitation thermique, ces molécules
de haut poids moléculaire forment des liaisons faibles entre elles. Par la suite quand

57
la température redescend, les chaînes moléculaires s’organisent en perdant en
mobilité et se structurent en cristaux. Mais les chaines carbonées sont très longues et
les groupements aromatiques cristallisent difficilement, ainsi les cristaux se retrouvent
piégés au sein d’une zone amorphe, formée de molécules restées en désordre lors du
refroidissement (Kurtz, 2012). La cristallisation a un taux variable et elle n’est jamais
complète, c’est pourquoi on parle de polymère semi-cristallin (Baudouin, 2018).

La cristallisation d’un tel polymère influe fortement sur ses propriétés


thermomécaniques.
Par ailleurs, la cristallinité d’un polymère est sous l’influence de son histoire thermique.
Les paramètres de cristallisation tels que la vitesse de refroidissement ou les recuits
permettent de jouer sur le taux de cristallinité final voir sur la structure morphologique
des cristaux. Par exemple, le taux de cristallinité augmente lorsque la vitesse de
refroidissement diminue, ce qui implique une hausse du module élastique et une
baisse de la résistance au choc. (Giraud, 2011)

2.2. Structure et microstructure

La cristallinité du PEEK varie entre 13 et 44%, le taux idéal pour avoir les meilleures
propriétés mécaniques se trouve entre 25 et 30% (Moby et al., 2022).
La microstructure du PEEK se décrit sous ses deux phases (Blundell et Osborn,
1983) :
- la phase amorphe est en désordre et ne décrit aucune organisation distincte
- la phase cristalline du polymère est dite sphérolitique.

58
Figure 21 : schéma de la structure d’un polymère semo-cristallin (source: Moby et al.,
2022)

Le sphérolite est l’unité morphologique de base, il mesure entre 1µm et 1 mm (Blundell


et Osborn, 1983) (Figure 21).

59
Figure 22 : cliché MEB (microscopie électronique à balayage) de sphérolites (source :
Fayolle et Tcharkhtchi, 2015)

Il est lui-même composé d’un agrégat de cristaux en aiguilles ou lamelles qui croissent
en formant une structure rayonnante par élongation des cristaux autour d’un point de
nucléation initial. Ces aiguilles ont une épaisseur de 1 à 4 nm et sont espacées de 10
nm les unes des autres. Elles s’organisent selon un motif de mosaïque séparées par
la structure amorphe qui se trouve dans les espaces inter-lamellaires (Figure 21-23)
(Cowie, 1991 ; Kuo, 2010, Moby et al., 2022).
La structure amorphe est formée de polymères non cristallisés, sans organisation
particulière, désordonnée (Figure 23). Elle confère au matériau une certaine élasticité
et par le fait sa résistance à la rupture ( Schwitalla et al., 2015)

Figure 23 : structure du PEEK (source : Moby et al., 2022)

60
2.3. Propriétés du PEEK (figure 28)

Les propriétés du PEEK utilisé en odontologie répondent à la norme ISO 10477 :


« produits à base de polymères pour couronnes et facettes en médecine bucco-
dentaire. » (source: iso, 2020)
Les propriétés mécaniques du PEEK sont très proche de celles de la dentine et de l'os
(Table 11). Il est intéressant de noter que généralement les propriétés mécaniques du
PEEK moulé sont meilleures que celles des pièces en PEEK imprimées, nous
développerons ce point par la suite. Les propriétés mécaniques du PEEK peuvent
également être facilement modifiées par incorporation d'autres matériaux comme des
fibres de carbone, des fibres de verre ou des charges de céramiques.

2.3.1. Propriétés mécaniques (Table 11)

• Module d’Young
Le module d'élasticité du PEEK est de 4 GPa, ce qui très proche de celui du tissu
osseux (module d’élasticité de l’os cortical = 20 GPa, module d’élasticité de l’os
médullaire = 0.5-1GPa) (Elmoutawakkil et Bellemkhannate, 2020). Cette propriété le
place dans une position avantageuse pour être utilisé en implantologie. Cette valeur
est également très proche de celle de la dentine et donc permettrait de l’utiliser en tant
que matériau de restauration coronaire, corono-radiculaire ou plus généralement en
prothèse dentaire. Un module d’élasticité proche de celui des tissus dentaires et
osseux permet de réduire les contraintes transmises par le matériau aux tissus sous-
jacents (Ibrahim et al., 2021; Villefort et al., 2021). En effet comme nous l’avons déjà
évoqué, le biomatériau parfait se veut biomimétique.
Le module d’élasticité du PEEK est donc très inférieur à celui des alliages de Co-Cr
(200-220 GPa). Il est comparable à celui du PMMA mais beaucoup plus faible que
celui de la zircone (module d’élasticité = 210 GPa) ou du titane (module d’élasticité =
110 GPa) (Moby et al., 2022).
On peut augmenter son module d’élasticité par l’ajout de fibres de verre (12 GPa ) ou
de fibres de carbone (20-47 GPa)(Pan et al., 2015; Qin et al., 2019; Vasavi et al.,
2021).

61
• Résistance à la flexion
Cette propriété est principalement mise en jeu sur le groupe incisivo-canin lors de la
mastication. La résistance à la flexion du PEEK est de l’ordre de 170 à 190 MPa à
température ambiante pour le PEEK nu (Schwitalla et al., 2015). Elle est très proche
de celle de l’os (150 MPa), relativement proche de celle de l’émail (8-35 MPa) ou de
la dentine (30-65 MPa) et plutôt éloignée de celle du Titane et du Cobalt-Chrome,
respectivement d’environ 950 MPa et 2000MPa (Plotino et al., 2007; Schwitalla et al.,
2015; Rocchi et al., 2018; Viderščak et al., 2021).
Ainsi en ce qui concerne l’implantologie, la résistance à la flexion du PEEK semble
plus adaptée que celle du titane pour la transmission des forces à l’os (Rocchi, 2016).

• Résistance à la traction
Les pièces en PEEK pur peuvent atteindre une résistance à la traction de 80-100 MPa,
230 MPa pour les pièces en renforcées en fibres de carbone (McLauchlin et al., 2014;
Zong et al., 2019; Li et Lou, 2020). Elle se rapproche de la résistance à la traction de
l’os cortical (120 MPa) et de la dentine (105 MPa) (Tannous et al., 2012; Najeeb et al.,
2016). L’ajout de fibres de carbone ou de fibres de verre au PEEK permet
d’améliorer de manière significative la résistance à la traction et à la flexion (jusqu’à
310 MPa). Une faible teneur en fibres (5 % en poids) est propice à l'augmentation des
propriétés mécaniques, à l'amélioration de la qualité de surface et à la réduction de la
porosité du CF/GF-PEEK imprimé (Wang et al., 2020). La résistance à la traction du
PEEK est relativement éloignée de celle du Co-Cr (900-1000 MPa) (Al Jabbari, 2014).

• Résistance à la compression
Les forces de compression s’exercent essentiellement sur les faces occlusales des
dents postérieures lors de la mastication. La résistance à la compression du PEEK pur
non renforcé est de 120-156 MPa, donc plus faible que celle de la dentine (300 MPa)
et de l’os (190 MPa), elle paraît donc plutôt faible et oblige souvent au renforcement
du PEEK pour améliorer cette valeur et permettre son utilisation clinique en
odontologie (Niu et al., 2021). À titre de comparaison la résistance à la compression
des alliages de cobalt-chrome se situe autour des 1500 MPa (matweb.com).

62
• Résistance à l'usure et usure de l’antagoniste
Celle du PEEK est excellente, similaire à celle des matériaux en résine lorsqu’il est
opposé aux dents naturelles, il n’entraine pas d’abrasion de l’antagoniste. Abhay et al.
ont simulé in vitro des cycles de mastication grâce à une machine en confrontant des
pièces en PEEK et en zircone à un antagoniste. Ils ont montré que l’antagoniste était
3 fois plus usé par la zircone (6,17mm2) que par le PEEK (2,50mm2) après 120 000
cycles. En revanche le PEEK s’est avéré environ 2 fois moins résistant à sa propre
usure (3,68mm2) que la zircone (1,68mm2). La limite de cette étude reste que pour des
raisons pratiques, l’antagoniste n’était malheureusement pas de l’émail dentaire.
(Abhay et al., 2021).
Une autre étude in vitro de Wimmer et al. compare l’usure de couronnes en PEEK,
résine composite et PMMA, tous les échantillons ont été fabriqués par CFAO. Les
antagonistes étaient cette fois en émail humain. Tous les échantillons en PEEK ont
montré, quelle que soit les sens d’application des forces, une bien meilleure résistance
à l’usure (de 4 à 30 fois supérieure) que les échantillons en PMMA et en composite
(Wimmer et al., 2016). Benli et al. corroborent ces résultats : après 60 000 cycles de
mastication, les auteurs ont mis en évidence 1,084mm3 d’usure moyenne du PEEK
contre plus de 2mm3 pour le PMMA (Benli et al., 2019).
Peu d’études comparent l’usure du PEEK. Sampaio et al. se sont tout de même
intéressés à l’usure par abrasion du Titane Ti6Al4V comparativement à celle du PEEK,
lors de l’hygiène dentaire, par la brosse à dent et les particules abrasives contenues
dans le dentifrice. Les résultats de cette étude étaient relativement prévisibles, le
PEEK a montré une perte de matériau plus importante que le Titane en présence de
particules de silice. Ces résultats sont dûs à la dureté du PEEK (40-80 HV) qui est bien
inférieure à celle du Titane (350-370 HV pour le Ti6Al4V), les résultats seraient très
probablement équivalents avec un alliage de CoCr (340-410HV).

• Résistance à la fatigue
La fatigue d’un matériau désigne la diminution de ses propriétés mécaniques sous
l’application d’une charge cyclique. À terme la fatigue d'un matériau peut provoquer
des fissures et/ou des fractures du matériau. Le PEEK (pur ou renforcé), possède une
excellente résistance à la fatigue, ce qui permet de l’utiliser en situations de contraintes
successives et répétées. Dans la cavité orale, les mouvements d’insertion-

63
désinsertion d'une prothèse ou le cycle masticatoire entraînent des contraintes
cycliques permanentes. Pour tester la résistance à la fatigue d’un matériau, on le place
dans une machine qui permet d’appliquer une charge cyclique variable sur ce dernier
et on mesure le nombre de cycles nécessaires à la rupture de l’éprouvette (Rocchi,
2016). En 2022, Zheng et al. ont démontré lors d’une étude que des crochets de
prothèse amovible réalisés en PEEK présentaient une meilleure résistance à la fatigue
que ceux réalisés en Co-Cr que ce soit par un procédé de frittage laser ou de coulée
classique. Les crochets en PEEK étaient capables de subir plus de cycles de
contrainte que ceux en Co-Cr et ce peu importe l’épaisseur de l’éprouvette, nous ne
donnerons les résultats que pour une seule épaisseur (0,5mm de contre-dépouille)
afin de résumer au mieux l’étude (Table 10). Le Tableau 10 permet de constater que
la résistance à la fatigue du PEEK est bien meilleure que celle du Co-Cr. Selon
l’épaisseur de l’éprouvette la relation n’est pas linéaire mais la résistance à la fatigue
du PEEK est toujours supérieure (entre 3 et 10 fois supérieure) (Zheng et al., 2022).
Table 10 : nombre de cycles moyen avant rupture des éprouvettes (pour une contre
dépouille de 0,5mm) (d’après Zheng et al., 2022)

Éprouvettes Nombre de cycles

Co-Cr par coulée 9298

Co-Cr par frittage laser 11 318

PEEK (usiné) 30 000

2.3.2. Propriétés physiques (Figure 27)

• Densité et poids
Il possède une faible densité, d’environ 1,32 g/cm3 (Lee et al., 2012), ce qui en fait un
matériau particulièrement léger et donc intéressant lorsque le poids peut s’avérer être
un problème. On pense notamment aux prothèses amovibles parfois inconfortables à
cause de leur poids. À titre de comparaison, les alliages de Cobalt-Chrome (Co-Cr),

64
classiquement utilisés pour les châssis de PAPIM sont environ six fois plus lourd et le
titane 3 fois et demi plus lourd que le PEEK pour un même volume (Baudouin, 2018).

• Stabilité thermique
Comme évoqué précédemment, le PEEK se compose de cycles benzéniques
intercalés de fonctions cétone et éther, ce qui lui confère une structure en longue
chaîne linéaire rigide. Cette structure lui octroie des températures de transitions
élevées : sa température de transition vitreuse est de 143°C et sa température de
fusion est de 343°C (Cheng et Wunderlich, 1986). Ces températures élevées
impliquent une mise en œuvre industrielle à haute température : 400°C en moyenne.
Par ailleurs il conserve ses propriétés mécaniques jusqu’à 260°C et sa température
de dégradation en milieu aqueux est d’environ 575°C (Dandy et al., 2015).
Cette stabilité thermique, couplée à sa résistance à l’hydrolyse, nous permet de
soumettre le PEEK aux cycles de stérilisation habituels (Prion), à 138 °C dans
l’autoclave, sans risquer de perdre ses qualités mécaniques (Kato et al., 2022). Cela
nous permet également de mettre en œuvre le PEEK en laboratoire par coulée ou
impression 3D.

• Conductivité thermique
Sa conductivité thermique est de l’ordre de 0.25 – 0.29 W/m/K (matmatch.com, 2022).
C’est un très mauvais conducteur thermique ce qui permet en bouche une protection
des tissus sous-jacents (Wang et al., 2021), à la différence des métaux, qui sont de
très bons conducteurs thermiques (14,8 W/m/K pour le Co-Cr ; 7,2 W/m/K pour le
titane) (Nicholson et al., 2020). La conductivité thermique du PEEK se rapproche de
celle des résines composites (1,09 W/m/K) et PMMA (0,2 W/m/K) ou de celle des
tissus dentaires (0,92 W/m/K pour l’émail) (Chaput et Faure, 2019).

• Aptitude au polissage.
Le PEEK est facilement poli. Après polissage classique qu’il s’agisse d’un protocole
de laboratoire, clinique ou combiné la rugosité de surface du PEEK est plus faible que
celle du PMMA et des résines composites. La rugosité est mesurée par la valeur de
Ra
Selon Chaput et Faure la valeur de Ra des matériaux devrait être inférieure à la valeur
de 0,2µm (ce qui correspond au seuil de rétention de plaque bactérienne). Selon le

65
protocole de polissage et le produit utilisés, la valeur de Ra des résines composites
oscille entre 0,08 et 0,29µm, et celle du PMMA est d’environ 0,192μm. Le PEEK pur
quant à lui semble présenter la rugosité la plus faible avec une moyenne de 0.139μm,
certaines études avancent des valeurs extrêmes allant jusqu’à 0.018μm pour du
BioHPP® (Sturtz et al., 2015 ; Chaput et Faure, 2019 ; Babina et al., 2020 ; Liu et al.,
2022). A titre de comparaison la valeur de Ra de l’émail est d’environ 0,62µm. Une
faible rugosité permet de diminuer les capacités d’adhésion du biofilm bactérien, évite
les colorations et permet plus de confort en bouche lors du contact avec la langue. Le
PEEK a une rugosité si faible qu’elle peut même poser problème lorsqu’on cherche à
réaliser un collage du PEEK, nous détaillerons ce point dans la partie suivante.

• Goût
Il n’entraîne pas de goût désagréable en bouche contrairement à certaines résines et
à la plupart des métaux (Zoidis et al., 2015).

• Teinte
Il possède une teinte plutôt beige foncée – brune à l’état amorphe, il peut tendre vers
le gris lorsqu’il est suffisamment cristallin. Il est également très faiblement translucide
(Villoutreix et Acetarin, 2015). Ces propriétés optiques peuvent constituer un
inconvénient dès que l’on considère une exigence esthétique. Cependant nous
verrons par la suite qu’il est facilement surmonté par le collage d’une résine composite
sur la surface du PEEK ou en utilisant du PEEK modifié par adjonction de charges de
céramique (Stawarczyk et al., 2013). De plus, lorsqu’on le compare aux alliages
métalliques, il reste bien plus avantageux esthétiquement que ces derniers.

• Stabilité colorimétrique
Sa teinte reste stable dans le temps à l’usage en bouche. Heimer et al. ont montré que
les prothèse en PEEK se décolorent moins que les résines composites ou le PMMA
avec des facteurs extrinsèques tels que le tabac ou l’alimentation (Heimer et al., 2017).

• Radio-opacité
À la fois avantage et inconvénient, le PEEK pur est radiotransparent. Cela se révèle
particulièrement intéressant pour obtenir un meilleur cliché dans l’étude des tissus

66
adjacent, notamment péri-implantaires (Figures 24-25) (Koutouzis et al., 2011 ;AL-
Rabab’ah et al., 2019). Mais elle peut aussi compliquer l’évaluation radiographique
post-opératoire dans le cas d’un implant en PEEK par exemple, où l’implant est
totalement invisible radiographiquement (Figure 26) (Marya et al., 2011). En prothèse
implantaire scellée on peut par exemple observer très simplement les excès de ciment,
en revanche dans le cas d’une prothèse trans-vissée il est plus difficile objectiver la
mise en place correcte de la prothèse.

Figure 24 : pilier implantaire en PEEK (Koutouzis et al., 2011)

Figure 25 : barre supra-implantaire en Peek BioHpp® (AL-Rabab’ah et al., 2019)

Figure 26 : implant en titane en position 47 et implant en PEEK en position 46 invisible


radiographiquement (Marya et al., 2011).

67
Stérilisable

Imprimable en 3D

Protège les tissus sous-jacents

Relativement mauvais substrat bactérien

Couleur claire, maquillable

Léger

Lisse et agréable en bouche, sans goût ni irrégularités

Figure 27 : avantages cliniques octroyés par les propriétés physiques du PEEK

2.3.3. Propriétés chimiques

• Solubilité
Le PEEK est insoluble dans l’eau et dans les solvants communs. Il n’est pas affecté
par une exposition à l’eau à long terme, même à une température allant jusqu’à 260°C.
Il ne subit pas d’hydrolyse et peut donc rester pendant une longue période dans la
vapeur ou dans l’eau sous haute pression sans être dégradé. Cette propriété permet
son utilisation en impression 3D et sa stérilisation répétée sans subir de dégradation
(Kurtz et Devine, 2007).
Lorsqu’on compare ses caractéristiques à d’autres polymères utilisés en CFAO ou au
PMMA utilisé en restauration coronaire provisoire, on se rend compte que le PEEK
présente une absorption d’humidité et une solubilité moindre (Vasavi et al., 2021). La
salive ne dégrade pas ses propriétés mécaniques (Rosentritt et al., 2015), il est tout à
fait utilisable dans la cavité orale : un milieu hydrique subissant des variations
importantes et fréquentes de pH (Gao et al., 2015).
L’unique solvant connu du PEEK est l’acide sulfurique à très haute concentration
(supérieure à 60%) (Chaijareenont et al., 2018). L’acide phosphorique, quant à lui ne
peut pas induire de modification chimique de la surface du PEEK même à une

68
concentration de 80% (Rocha et al., 2016). Nous verrons par la suite que cette
propriété devient un inconvénient en ce qui concerne le collage du PEEK.

• Stabilité chimique
Le PEEK est particulièrement stable chimiquement, il est donc très peu réactif, ce qui
ne fait qu’augmenter la difficulté rencontrée lorsqu’on recherche son adhésion à
d’autres matériaux ou aux tissus dentaires (Stoyanov, 2021).
Table 11 : tableau comparatif de certaines propriétés du PEEK aux matériaux vus en
partie 1 et aux tissus dentaires (résistance à la fatigue d’après Zheng et al., 2022)
Alliages de Titane PEEK PMMA Résine Émail Dentine Os
composite
Co-Cr pur cortical

Module 200-220 110 4 3-5 3-12,9 80- 10-40 20


d’Young 120
(GPa)
Dureté 340-410 350- 40-80 19,4 50-60 280- 50-60 /
Vickers (HV) 970 370

Coefficient 13-15 20 5,4 / 26,5-43,4 11,2 8,4 /


d’expansion
thermique
(10-6/°C)
Résistance à 900-1000 940 80- 48-75 39-54,4 10 105 120
la traction 230
(Mpa)
Résistance à 2000 950 170- / / 8-35 30-65 150
la flexion 190
(MPa)
Conductivité 14,8 7,2 0.25 – 0,2 1,09 0,92 0,63 /
thermique 0.29
(W/m/K)
Résistance à 1500 / 120- / / / 300 190
la 156
compression
(MPa)
Résistance à 9298- 11 / 30 000 / / / / /
la fatigue 318
(cycles)

69
2.3.4. Comportement biologique

• Bioinertie :
Nous l’avons vu, le PEEK est un matériau très stable chimiquement, il est apolaire, sa
surface ne réagit donc pas avec son environnement. Il ne relargue pas d’ions ou de
constituants (Toth, 2012) et ne comporte pas de monomères résiduels nocifs,
contrairement aux résines acryliques (Liebermann et al., 2016 ; Abdullah et al., 2016 ;
Moby et al., 2022). Il ne présente pas non plus de potentiel allergène, seul un cas
d’allergie systémique chronique est connu à ce jour (Maldonado-Naranjo et al., 2015).

• Biocompatible
Nous possédons maintenant un recul de plus de 20 ans en ce qui concerne les études
de biocompatibilité du PEEK. Les études in vitro et in vivo n’ont démontré aucune
cytotoxicité ou mutagénicité du PEEK (Katzer et al., 2002 ; Chon et al., 2019 ;
Ramenzoni et al., 2019 ; Ekambaram et Dharmalingam, 2020). Aucun mécanisme de
défense indésirable ou intolérance n’a été observé suite à l’implantation de PEEK in
vivo (Rivard et al., 2002).

• Bioactivité
S’il est très bien toléré par les organismes vivants, le PEEK n’est en revanche que très
peu bioactif et montre donc des limites en ce qui concerne son ostéo-intégration en
implantologie (Rocchi, 2016). Cependant des études prometteuses montrent que des
traitements de surface permettent de grandement potentialiser ces propriétés (Yang
et al., 2022). Cette partie sera développée par la suite.
Des matrices poreuses en PEEK ont été utilisées avec succès pour la réalisation de
« scaffold » osseux dans le cadre de régénérations osseuses guidées (Roskies et al.,
2016 ; Feng et al., 2020.
De la même façon, des implants en PEEK imprimés en 3D ont été utilisés en tant que
substituts osseux après résection tumorale mandibulaire (Kang et al., 2021).

70
• Colonisation bactérienne
La composition chimique d’un matériau, la rugosité de surface et l’énergie libre de
surface sont susceptibles d’affecter l’adhérence bactérienne (Liu et al., 2022). Nous
l’avons vu sa rugosité peut être très faible lorsqu’il est suffisamment poli et sa
composition chimique n’en fait pas non plus un bon substrat bactérien. Une étude de
D’Ercole et al. a montré que, par rapport au titane, le PEEK présentait des propriétés
antiadhésives et antibactériennes contre des bactéries orales telles que Streptococcus
oralis (D’Ercole et al., 2020). De même, une étude in vitro de Hahnel et al. a évalué le
biofilm sur différents matériaux (zircone, titane, PMMA et PEEK) et a conclu que la
formation du biofilm sur le PEEK et le PMMA était égale ou inférieure à celle de la
zircone et du titane (Hahnel et al., 2015).
En revanche, les matériaux présentant une énergie libre de surface faible tels que le
PEEK offrent des surfaces hydrophobes et sont susceptibles de faciliter la croissance
de bactéries hydrophobes. Les Candida albicans, par exemple, qui sont généralement
considérés comme le principal agent responsable de la stomatite prothétique, sont
hydrophobes (Hirasawa et al., 2018 ; Liu et al., 2022). C’est donc un facteur important
à prendre en compte.

Propriétés optimales Propriétés à améliorer


• Stérilisable
• Imprimable en 3D
• Collage difficile (insoluble et
• Protection des tissus dentaires stable chimiquement)
(propriétés mécaniques et • Radiotransparent lorsqu'il est
thermiques)
pur
• Couleur claire plus esthétique • Demande parfois de le renforcer
que le métal et stable dans le pour obtenir les propriétés
temps
mécaniques adéquates
• Hautement polissable • Bioactivité faible
• Agréable en bouche, lisse sans (ostéointégration)
irrégularités ni goût et plus léger
que le métal
• Biocompatibilité et bioinertie
• Relativement mauvais substrat
bactérien

Figure 28 : bilan général des propriétés optimales et des propriétés à améliorer pour
une utilisation clinique du PEEK (source : document personnel)

71
2.4. Synthèse du PEEK

La synthèse du PEEK est complexe à cause de son insolubilité dans les solvants
usuels, elle est basée sur la polymérisation par condensation en utilisant la substitution
nucléophile.
Historiquement, le PEEK a été synthétisé par polycondensation de bisphénol avec des
dihalogénures activés avec du diméthylsulfoxyde (DMSO) comme solvant (Johnson et
al., 1967). Cependant ce procédé s’avéra laborieux du fait de la non-solubilité du PEEK
dans le DMSO. Pour contourner ce problème, Attwood et Rose ont utilisé du
diphénylsulfone (DPS) comme solvant, car ce dernier est aprotique et apolaire donc
inerte et thermiquement stable (Attwood et al., 1981). La polymérisation était ensuite
effectuée à proximité du point de fusion pour maintenir la solubilité. Imperial Chemical
Industries (I.C.I) a commercialisé les premiers PEEK de haut poids moléculaire
synthétisés par cette méthode en 1982 et certains fabricants l’utilisent encore
aujourd’hui (Giraud, 2011).

Figure 29 : synthèse du PEEK par substitution nucléophile (Giraud, 2011)

72
Les réactifs de départ sont l’hydroquinone, la 4,4’ difluorophénylcétone et le carbonate
de potassium en proportions équimolaires. Une température comprise entre 200 et
400°C est requise afin de déclencher la réaction. Il est nécessaire de respecter un
certain degré de pureté des dérivés aromatiques pour éviter des réactions parasites
qui tendraient à diminuer les propriétés du polymère par formations de liaisons
indésirables. Les produits de la réaction sont : du PEEK, du fluorure de potassium, de
l’eau et du dioxyde de carbone sous forme gazeuse (Figure 29) (Kemmish, 1995).

Les fabricants peuvent alors commercialiser le PEEK brut sous diverses formes :
granulés, disques, bobines de fil pour l’impression 3D,…

2.5. Composites de PEEK

En odontologie, on trouve plusieurs fabricants de PEEK destiné à l’usage dentaire.


Leur nombre est croissant ces dernières années en Europe et les produits proposés
sont divers.

Parmi les plus connus, on peut citer :


- BioHPP® de Bredent
- JUVORA® Dental Disc de Juvora
- DENTOKEEP PEEK® de NT Trading
- Invibio PEEK Optima® de Victrex

Mais également, Acrylgraph, Interdent, Biosolution, WhitePeaks dental, Arum,


AMANN GIRRBACH,… Les fabricants sont de plus en plus nombreux ces dernières
années en Europe et aux États-Unis, ils mettent très souvent en avant ces matériaux
dans le cadre de la CFAO.

Le PEEK utilisable en dentisterie proposé par ces fabricants n’est jamais pur, selon
l’usage auquel il est destiné, il doit subir certaines modifications afin de présenter des
propriétés optimales.

73
Ainsi,
o les PEEK destinés à l’implantologie sont bien souvent chargés en dioxyde de
titane ( à hauteur de 20% environ) afin d’améliorer leur ostéo-intégration (Tsou
et al., 2015),
o certains sont renforcés par de l’hydroxyapatite afin d’améliorer la bioactivité et
donc l’ostéointégration (Tan et al., 2003 ; Vaezi et al., 2016 ; Zhong et al., 2019 ;
Rodzeń et al., 2021)
o les PEEK destinés à la prothèse fixe par CFAO comme BioHPP sont composés
de charges de céramique (Ceramic Filled PEEK ou CMF PEEK) (20%
céramique, 80% PEEK) afin d’adapter ses propriétés optiques et mécaniques
à la situation clinique (Bechir et al., 2016).
o D’autres, nous l’avons déjà vu, par des fibres de carbone ou de verre (CF/GF
PEEK), dans le cadre d’inlay-core ou d’implants en PEEK, ce qui permet
d’alléger le PEEK et d’améliorer ses propriétés mécaniques (Wang et al., 2020)

2.6. Utilisations en odontologie prothétique

On retrouve de nombreuses utilisations du PEEK en odontologie dans la littérature


(Table 12), cependant ces études sont encore peu nombreuses et le recul clinique
parfois trop faible pour conclure à une supériorité ou même une égalité du PEEK par
rapport à nos matériaux habituels. Cependant d’après de nombreux auteurs, le PEEK
se présente selon la situation clinique comme une excellente alternative au Titane, à
la Zircone, au Co-Cr ou même aux résines acryliques.

74
Table 12 : répartition des publications disponibles en janvier 2019 concernant le PEEK
en odontologie (d’après Bathala et al., 2019)

Thèmes des articles concernant le Nombre de publications


PEEK
Propriétés du PEEK en odontologie 20%
PEEK en implantologie 30,6%
PEEK en prothèse 38,9%
dont :
o Restaurations coronaires 54,5%
o Prothèses amovibles partielles 18%
o Prothèse fixée plurale 15%
o Prothèse maxillo-faciale 12%
PEEK dans les autres domaines de
l’odontologie (Orthodontie, Chirurgie 10,6%
Orale et Endodontie)

Le nombre de publications sur le PEEK en odontologie ne cessent de croître ces


dernières années malgré un ralentissement flagrant à cause de l’épidémie de Covid19
(Haleem et Javaid, 2019).

Dans cette partie nous évoquerons des techniques de conception de pièces en PEEK,
nous les développerons dans les chapitres suivants.
Une liaison adéquate entre le PEEK et les résines de revêtement reste une limite et
un facteur clé pour garantir des taux de survie et de réussite durables, nous
développerons également cet aspect plus tard.

75
2.6.1. Prothèse fixe (Table 13)
• Restaurations transitoires
En 2016, Zoidis et Papathanasiou ont publié un cas d’utilisation clinique du PEEK pour
la réalisation de l’infrastructure d’un bridge collé transitoire après la pose de deux
implants (Figure 30) (Zoidis et Papathanasiou, 2016).

Figure 30 : réalisation d’un bridge collé transitoire en PEEK (source : Zoidis et


Papathanasiou, 2016)
L’équipe justifie ce choix de matériau par les propriétés biomécaniques et esthétiques
apportées par le PEEK permettant ainsi de limiter les risques de décollement, grâce à
un module d’élasticité bien inférieur aux matériaux classiquement utilisés, réduisant
ainsi les contraintes exercées sur les tissus et le joint de collage.
En effet, des études in vitro ont démontré une meilleure durabilité des bridges collés
lorsqu’on utilise des matériaux moins rigides (Ibrahim et al., 1997). Enfin, la couleur
blanche du PEEK permet la réalisation d’infrastructures prothétiques esthétiques sans
avoir à se soucier de la visibilité d’un liseré métallique.

76
• Restaurations corono-radiculaires

o En 2020, une étude in vitro de Nahar et al. compare la distribution et l’intensité


du stress réparti dans les structures dentaires résiduelles d’une incisive
maxillaire dépulpée restaurée selon le matériau choisi pour la reconstitution
corono-radiculaire (RCR). Les inlay-core en PEEK renforcé en fibres de
carbone (Carbon-Fiber-Reinforced PEEK ou CFR) ont produit des contraintes
similaires à celles produites par les restaurations corono-radiculaires directes
classiques en résine composite avec tenon fibré (Fiber-Reinforced-Composite
ou FRC). Les auteurs parlent même d’une supériorité du CFR-PEEK sur les
FRC, le CFR produirait moins de contraintes mais à en juger par les valeurs
obtenues et au vu de l’absence de test statistique, nous pensons qu’il est plus
prudent de parler de valeurs similaires. Le PEEK renforcé en fibres de verre
(Glass-Fiber-Reinforced PEEK ou GFR) a également produit des contraintes
similaires à celles produites par la restauration par résine composite et tenon
fibré (Nahar et al., 2020). Ces résultats s’expliquent par le module d’Young du
PEEK qui est très proche de celui de la dentine (18 GPa pour le CFR-PEEK et
12 Gpa pour le GFR-PEEK). Les auteurs concluent cette étude en affirmant que
ces trois matériaux peuvent être utilisés en clinique pour la réalisation de RCR.

En 2021, Ibrahim et al. ont comparé plusieurs tenons préfabriqués courants du


commerce, à savoir, des tenons en titane et en fibres de verre à des tenons en
PEEK. Ils ont choisi la conception de la tête qui produit le moins de contraintes
sur les structures résiduelles pour chaque matériau (Figure 31). Avec une tête
sphérique, il s’est avéré que le tenon en PEEK produisait des contraintes
moindres sur le ciment de scellement et la dentine que le tenon en fibres de
verres qui en produisait moins que le tenon en titane, les valeurs de contraintes
sont représentées par le diagramme ci-dessous (Figure 32). Cette fois encore,
le module d’Young des matériaux, plus ou moins proche de celui des structures
dentaires et parodontales, explique ces résultats (voir partie 2.3.1). Cette étude
démontre un risque plus faible de fracture verticale de la racine avec un tenon
en PEEK (module d’Young proche de celui des tissus) qu’avec les matériaux

77
classiques plus rigides (module d’Young plus éloigné de celui des tissus)
(Figure 33).

Figure 31 : choix de la forme de la tête du tenon afin de répartir au mieux les


contraintes, la tête sphérique est la plus appropriée pour le PEEK. (source :Ibrahim et
al., 2021)

o De plus, la répartition des contraintes le long du modèle était très homogène


dans le cas du PEEK (différence de 3,17 MPa), moins dans le cas de la fibre
de verre (29,26 MPa) et du titane (81,11 MPa). Par ailleurs le tenon en fibre de
verre a produit le gradient de température le plus élevé entre les composants
du modèle de dent restaurée, suivi du tenon en PEEK, tandis que le tenon en
titane a produit le gradient de température le plus faible (Ibrahim et al., 2021).

Figure 32 : contrainte maximale (en Mpa) sur les structures dentaires et parodontales
selon le matériau choisi pour le tenon d’une RCR (traduit d’après Ibrahim et al., 2021)

78
Figure 33 : répartition des contraintes dans la couronne, le ciment de scellement, le
tenon, la dentine et la partie coronaire, selon le matériau choisi : a. Titane, b. Fibre de
verre, c. PEEK (source : Ibrahim et al., 2021)

o Une étude de Tekin et al. corrobore ces résultats (Tekin et al., 2020)

o En 2021, Lalama et al. ont évalué plusieurs méthodes de fabrication des tenons
en PEEK par pressée ou par CFAO, nous développerons cet aspect par la suite.
Nous pouvons retenir que la précision actuelle de conception du PEEK peut
être suffisante pour réaliser les pièces les plus complexes telles que des RCR
(Figure 34) (Lalama et al., 2021).

79
Figure 34 : inlay-core en PEEK fabriqué par pressée à partir de forme en résine pattern
(source : Lalama et al., 2021).

• Facettes (Figure 35)

Figure 35 : facettes en PEEK réalisées par CFAO (Maroiu et al., 2017)

Il est techniquement possible de réaliser des facettes en PEEK mais le maquillage et


le collage de ces dernières reste difficile. Nous développerons dans la partie 4 les
différents protocoles de collage du PEEK envisageables. L’étude in vitro de Maroiu et
al. (Figure 35) a comparé différents designs de préparations pour la réalisation de
facettes en PEEK afin de permettre un meilleur collage et une pérennité des
restaurations. Ils ont comparé 14 facettes en PEEK réalisées par CFAO et usinées par
une machine outil puis collées sur un modèle en polymère, les conditions buccales ont
été ensuite simulées.
Les conclusions de cette étude rapportent notamment qu’un design innovant de la
limite de préparation marginale, dit « sinusoidal » comportant des micro-rétentions
améliore les valeurs de rétentions et d’adhésion des facettes en PEEK en comparaison
à une préparation marginale de facette conventionnelle linéaire.
Peu d’études s’intéressent aux facettes en PEEK pour le moment car les valeurs
d’adhésion obtenues par collage restent bien inférieures à celles obtenues avec les

80
matériaux conventionnels (voir partie 4) Ce problème de collage ce pose tant par le
collage au tissu que par le maquillage du PEEK (collage d’une résine composite
esthétique).

• Endocouronne (Figure 36)


Le PEEK a également trouvé une application dans la réalisation d’endo-couronne.
Zoidis et al. se sont intéressés à la réalisation d’endo-couronne en PEEK BioHPP®
(Zoidis et al., 2017). On le rappelle il s’agit d’un PEEK dit « CMF-PEEK » car modifié
par adjonction de charges de céramiques (20% pour BioHPP®). Pour les auteurs, les
propriétés mécaniques du PEEK et surtout son module d’élasticité justifieraient cette
indication du PEEK, elles permettraient de bien répartir les contraintes masticatoires
sur une dent fragilisée. Ils l’ont réalisée par technique classique de pressée à cire
perdue.

Figure 36 : cas clinique d’endocouronne en PEEK sur molaire dévitalisée (source :


Zoidis et al., 2017)

Après 22 semaines en bouche, l’endocouronne n’a montré aucun signe de micro-


infiltration et présentait toujours une bonne rétention.

• Couronne unitaire (Figure 37)


Nahar et al. ont démontré in vitro en 2020 que les couronnes en PEEK peuvent être
considérées comme une alternative à la classique couronne céramo-métallique sur
dent dépulpée puisqu’elles produisent des contraintes similaires sur les tissus
dentaires (Nahar et al., 2020). En effet, nous avons déjà évoqué cette même étude

81
dans le cas des RCR, les valeurs présentées montrent des contraintes relativement
similaires entre une couronne céramo-métallique et une couronne en PEEK.

Figure 37 : couronne en PEEK sur dent artificielle (Katzenbach et al., 2021)


Dans ce cas encore les études sont trop peu nombreuses et le peu d’études
disponibles sont réalisées in-vitro, la possibilité de réaliser des couronnes en PEEK
sur dent vivante est donc suggérée en s’appuyant sur des valeurs d’usure et de fatigue
après vieillissement artificiel mais rien ne permet pour le moment de conclure à une
équivalence avec les matériaux traditionnels.

• Bridge collé

En 2016, Andrikopoulou et son équipe ont publié un cas clinique de bridge collé réalisé
en BioHPP®, chez un enfant de 14 ans présentant une agénésie de l’incisive
supérieure latérale droite et de la canine supérieure gauche. Il ne s’agit pas à
proprement parler d’un bridge collé tel qu’on l’entend mais d’une prothèse fixe collée
qui trouve les mêmes indications qu’un bridge collé. Les auteurs ont pu obtenir une
valeur d’adhésion de 25 MPa ce qui est considéré comme convenable. Dans ce cas,
l’utilisation du PEEK est justifiée par son approche esthétique, évitant une bande
métallique visible (Figure 38). Elle l’est d’autant plus d’un point de vue mécanique : en
effet le module d’Young du BioHPP® (4 GPa) est bien plus faible et proche de celui
des structures dentaires que celui du métal (190 GPa) ou de la céramique (210 GPa).
Cela permet de diminuer les risques de décollement et de fracture de la prothèse
(Andrikopoulou et al., 2016).

82
Figure 38 : infrastructure de bridge collé en PEEK BioHPP® (source : Andrikopoulou
et al., 2016).

• Bridge :
o Parmigiani-Izquierdo et al. ont réalisé un bridge implanto-porté en PEEK sur
des implants et piliers en zircone dans la réhabilitation de molaires maxillaires.
Le suivi clinique est décrit comme satisfaisant à 12 mois. Les auteurs concluent
cette étude en validant l’usage combiné des implants en zircone avec les
restaurations implanto-portées en PEEK. Pour cause, l’effet amortisseur et le
module élastique du PEEK permettent l’absorption des forces occlusales. De
plus, les restaurations en PEEK s’usent comme une dent naturelle, ce qui
pourrait optimiser et préserver l’ostéointégration sur le long terme. Pour eux ce
système se substituerait parfaitement à ceux incluant des alliages métalliques
(Figure 39) (Parmigiani-Izquierdo et al., 2017) .

Figure 39 : trois vues cliniques, avant la pose (A) et après la pose du bridge en PEEK
(B,C) (source : Parmigiani-Izquierdo et al., 2017).

o Siewert a réalisé un bridge hybride (dento et implanto-porté) de 12 éléments en


PEEK sur un patient allergique au titane. Les piliers dentaires sont les deux
incisives centrales maxillaires qui sont reliées par un bridge en PEEK à 4
implants latéraux monolithiques en céramique (de marque Pure Ceramic®

83
Straumann). L’armature du bridge a été conçu par ordinateur et fabriqué par
usinage dans un disque de PEEK. La partie cosmétique du bridge également
conçue par ordinateur a été réalisée en zircone hautement translucide pour
permettre un bon rendu esthétique. La restauration finale, totalement « metal-
free », se présente sous forme de « facettes cosmétiques » en zircone scellées
sur l’infrastructure en PEEK (Figures 40 à 43) (Siewert, 2018).

Figure 40 : infrastructure en PEEK conçue par ordinateur puis usinée dans un disque
de PEEK (source : Siewert, 2018)

Figure 41 : armature en PEEK nue visible sous la zircone, image issue d’une autre
étude (Siewert, 2019)

Figure 42 infrastructure en PEEK marquée par les flèches rouges, visible sous la
zircone (source : Siewert, 2018)

84
Figure 43 : vues intra-buccales après pose des facettes en zircones sur l’armature
PEEK (source : Siewert, 2018)

• Inlay-onlay
o En 2020, Prechtel et al. ont comparé la résistance à la fracture d’inlays en PEEK
imprimés en 3D et usinés par fraisage à des obturations directes en résine
composite et à des dents saines. Ils ont montré que toutes les obturations
étudiées ont présenté une résistance supérieure aux forces physiologiques et
maximales de mastication. La dent saine a présenté la meilleure résistance à
la fracture. Les onlays imprimés en 3D ont dû subir un post-traitement
relativement important induit par leur mode de conception mais sont restés
intacts après tous les essais de résistance à la fracture, seules les structures
dentaires résiduelles ont fini par se fracturer jamais l’onlay lui-même (Figure 44)
(Prechtel et al., 2020).

Figure 44 : étapes de l’étude, a. Préparation d’une cavité de classe I, b. Design de


l’obturation par ordinateur, c. Impression 3D de la pièce, d. Collage de la pièce, e.
Simulation de mastication, f. Mesure de la résistance à la fracture (source : Prechtel
et al., 2020).

85
o La même année, Rajamani et al. ont comparé des onlay zircone avec des onlay
en PEEK BioHPP® en clinique sur les points suivants : leur rétention, leur
couleur, la décoloration marginale, l’adaptation marginale, la reprise carieuse,
l’état de surface, la forme anatomique d’usure, la sensibilité postopératoire et la
résistance à la fracture. Ils ont conclu que le BioHPP® peut très bien être utilisé
comme restauration esthétique indirecte en alternative à la zircone. Il présente
un taux de fracture nul sur une période d’observation d’un an (taux de survie
de 100%) ce qui est équivalent à celui des inlays en zircone sur dents
postérieures. Les pièces réalisées présentaient un haut niveau de précision,
une très bonne rétention, une bonne adaptation marginale et de bonnes
propriétés esthétiques et biologiques. Aucune différence significative n’a été
mise en évidence entre les deux groupes d’onlay au cours du suivi. Le point de
vue du patient a également été étudié : la satisfaction et le confort des patients
étaient également prometteurs. Les pièces étudiées étaient donc totalement
satisfaisantes en comparaison avec les inlays en zircone sur cette période
d’observation, l’étude avance donc le possible remplacement des onlays en
zircone par le BioHPP® (Figure 45 et 46) (Rajamani et al., 2021).

Figure 45 : cavités de classe II traitées par onlay Zircone (sur la molaire, images
supérieures) ou par onlay PEEK BioHPP® (prémolaire, images inférieures) (source :
Rajamani et al., 2021)

86
Figure 46 : onlay PEEK (BioHPP®) sur modèle et collé en bouche (source : Rajamani
et al., 2021)

• Armatures de bridge collé


En 2021, Tasopoulos et al. ont rapporté un cas de réalisation par CFAO d’une
armature en PEEK sur laquelle ils avaient monté une résine composite modifiée en
technique indirecte. Le but était de réhabiliter de la manière la plus conservatrice
possible cette situation clinique (Figure 47). Il manquait à la patiente les deux
premières molaires mandibulaires et la thérapeutique implantaire était contre-indiquée
à cause d’une prise de biphosphonates (Tasopoulos et al., 2021). Il s’agit de bridges
collés. La patiente a été suivie tous les 6 mois pendant 8 ans. Dans une telle situation,
le module élastique du PEEK (4 GPa) est intéressant puisqu’il entraîne une réduction
des contraintes transférées aux dents piliers et au joint de collage.
La taille et collage ont été réalisés selon le protocole classique de réalisation d’un onlay
composite (sous digue, hybridation dentinaire immédiate, glycérine pour couche
d’inhibition liée à l’oxygène,…).
Les caractéristiques de la préparation des tissus dentaires étaient les suivantes :
profondeur occlusale 2,5 à 3,5mm; congé marginal de 2mm; largeur bucco-linguale
d’1/3 à la moitié de la table occlusale (3mm environ); largeur mésio-distale de 5-7mm.
Les caractéristiques de l’armature en PEEK étaient les suivantes : dimension minimum
des connexions 4x3mm, angle de dépouille de la cavité 6-10°; non inclusion des
cuspides dans l’armature.
L’armature PEEK a été conçue par la technique conventionnelle à cire perdue
(moulage par injection à partir de lingotins de PEEK). La surface de l'armature a été
sablée avec des particules d'alumine (AlO2) de 50 μm sous 2 bars à une distance
minimale de 3 mm pendant 10 secondes. Ella a ensuite été immergée dans une
solution ultrasonique d'alcool à 80 % pendant 5 minutes et séchées à l'air. Les surfaces
exposées de l'armature ont été traitées avec un primaire pour résine composite

87
(Visio.link®) et maquillées à l’aide d'une résine composite nanochargée polymérisée
à la lumière indirecte (Combo.lign® ; bredent).
Les dents piliers et l’armature ont été sablés avec des particules d’alumine modifiée
par ajout de silice d'une taille moyenne de 30 μm sous 2 bars de pression pendant 15
secondes. L’émail a été mordancé à l’acide orthophosphorique (H3PO4) à 37%
pendant 20 secondes. L’armature a été conditionnée par le primaire Visiolink® (dont
nous parlerons en dernière partie) et le collage final a été effectué à l’aide d’une colle
duale (Calibra®; Dentsply Sirona). Les surfaces ont ensuite subi un polissage
mécanique rigoureux afin d’empêcher la rétention de plaque.

Le taux de survie de cette prothèse semble excellent puisqu’aucune complication


(décollement, fracture,…) n’a pu être observée au cours des 8 années de suivi clinique
de cette patiente.

Figure 47 : situation clinique et collage de la prothèse (haut de l’image), situation à la


pose de la prothèse (A), puis 8 ans plus tard (B), aucun problème particulier n’est
survenu. (Tasopoulos et al, 2021)

88
Table 13 : résumé des avantages et inconvénients de l’utilisation du PEEK en prothèse
fixe

Avantages Inconvénients
o Une meilleure esthétique que le métal en o Des protocoles clinique et de
général, un maquillage ou une laboratoire parfois complexes et
association à d’autres matériaux encore en recherche (polissage,
(zircone) possible permettant une maquillage,…)
excellente esthétique o Une épaisseur augmentée en
o Un module d’Young bien plus faible que comparaison aux métaux
celui des métaux donc une meilleure
transmission des forces aux tissus, moins
de risque de fracture et de décollement.
o Des propriétés mécaniques modulables
selon la situation par ajout de carbone ou
de céramique
o Meilleur isolant thermique par rapport aux
métaux conducteurs
o Une précision suffisante pour la
réalisation de petites pièces (tenons,
onlay,…)
o Biocompatibilité pour les tissus péri-
prothétiques
o Meilleure résistance à l’usure que les
résines composites ou PMMA
o Résistance à la fatigue bien supérieure
au CoCr, évite les fractures de fatigue

89
2.6.2. Prothèse amovible (Table 16)

• Châssis de PAPIM
Le relargage d’ions métalliques et le faible rendu esthétique sont des problèmes liés à
l’utilisation des infrastructures métalliques des PAPIM, ces problèmes sont surmontés
par l’utilisation du PEEK. Par ailleurs, le faible poids du PEEK, son confort pour le
patient et l’absence d’allergie sont des atouts, le plaçant comme alternative majeure
aux alliages dans la réalisation de prothèses partielles.

o Ichikawa a conçu une prothèse partielle mandibulaire en PEEK chez un patient


âgé de 84 ans. Deux ans après sa mise en place, à l’exception d’un léger
changement de leur couleur et de texture à peine perceptible, les crochets ont
conservé leur rétention et leur stabilité subjective, le patient rapporte un confort
masticatoire et une rétention efficace de la prothèse (Figure 48). Son insertion-
désinsertion était aisée pour le patient. La formation de biofilm à la surface du
PEEK était égale ou inférieure aux matériaux conventionnels métalliques
(Figure 49). On a constaté l’absence de signes d’inflammation gingivale ou
parodontale. Le design des crochets impliquait une augmentation de leur
largeur et de leur épaisseur par rapport aux crochets métalliques afin d’obtenir
une bonne rétention (module d’Young bien plus faible), cependant les auteurs
soulignent que le PEEK permet un recouvrement moindre de la zone cervicale
de la dent lorsqu’on le compare à d’autres crochets non métalliques. Cela
permet également de réduire les forces excessives entrainées par les crochets
métalliques sur la dent. Enfin le module d’Young du PEEK (4 GPa) bien plus
proche de celui de la résine acrylique (3-5 GPa) que ne l’est celui du Co-Cr (200
GPa) permet une meilleure transmission des forces au sein de la prothèse et
donc diminue le risque de décohésion des crochets malgré une absence
d’adhésion chimique du PEEK à la résine acrylique. Les auteurs soulignent
finalement le fait que la couleur du PEEK, bien plus esthétique que le métal, n’a
rien à voir avec la couleur d’une dent, donc les crochets restent toujours visibles
et l’esthétique reste à discuter (Ichikawa et al., 2019).

90
Figure 48 : changement de couleur des crochets imperceptible, le jour de la pose (a)
et après 2 ans (b) (source : Ichikawa et al., 2019)

Figure 49 : adhésion du biofilm après 2 ans mise en évidence par révélateur de plaque
(source : Ichikawa et al., 2019)

o Chez le même patient, Zoidis et al. ont réalisé une PAPIM classique en chrome-
cobalt et une seconde en PEEK BioHPP® pour le même édentement. La
PAPIM en PEEK était 27,5% plus légère (9,0 g) que la PAPIM classique (12,4
g) (Zoidis et al., 2016). Par ailleurs, le rendu esthétique de la prothèse en
bouche et le confort du patient étaient très bons, cela s’explique par son faible
poids et par la douceur du matériau qui est très agréable à la langue une fois
poli (Figure 50)

91
Figure 50 : photos intra-buccales de la prothèse amovible partielle à infrastructure
PEEK (source : Zoidis et al., 2016).

o Picart et al. ont également comparé le poids des châssis en PEEK des
prothèses partielles avec ceux en chrome-cobalt et en polyméthacrylate de
méthyle (PMMA), les poids sont respectivement de 6,8 g (Cobalt-Chrome), 1 g
(PEEK) et 0,8 g (PMMA). Le châssis en PEEK était plus de 85% plus léger par
rapport à celui en cobalt-chrome, la différence est encore plus impressionnante
puisque 3 fois supérieure à celle de l’étude précédente. Elle s’explique par
l’utilisation de PEEK pur au lieu de BioHPP® (renforcé en céramique) dans
l’étude précédente (Picart et al., 2016) Si l’on compare les deux études on se
rend compte que dans la première les valeurs de poids des prothèses sont plus
importantes cela est lié au fait que dans la première étude, on pèse les
prothèses avec la base en PMMA et les dents, ce qui n’est pas le cas dans la
seconde où l’on ne pèse que le châssis.

o Une étude de Maryod et Taha de 2019 étudiait l’état des dents porteuses de
crochets en cas d’édentation libre bilatérale, chez 24 patients répartis en deux
groupes. Le premier ayant été appareillé avec des prothèses partielles à base
de cobalt-chrome et le second avec des prothèses en PEEK (de marque
juvora®) toutes obtenues par CFAO (usinage) (Figure 51). Les résultats
montrent que l'état des dents de soutien et porteuses de crochet (indice
gingival, présence de poches parodontales et hauteur d'os) est meilleur dans le
temps, dans le cas du port de prothèses partielles en PEEK que pour celles en
cobalt-chrome. Les valeurs de variation moyenne de l’indice gingival, de la
profondeur de poche et de la perte osseuse des dents porteuse de ces crochets

92
sur un an est rapportée dans le tableau 14. On constate des chiffres excellents
pour les crochets en PEEK comparativement aux crochets Co-Cr (Table 14).
Les chassis en PEEK permettent donc une meilleure préservation tissulaire que
les chassis en Co-Cr, ce qui vient donner une indication méconnue au PEEK :
la préservation tissulaire dans un contexte parodontal (Maryod et Taha,
2019). Zoidis et al., nous apprennent également que les crochets PEEK sont
plus respectueux de l’émail ou des couronnes en céramiques sur lesquelles ils
s’appuient, cela s’explique encore par leurs propriétés élastiques (module de
Young) (Zoidis et al., 2015).

Figure 51: conception assistée par ordinateur d’un châssis et usinage de la pièce dans
un disque de PEEK (source: Maryod et Taha, 2019).

Table 14 : variation moyenne des valeurs après douze mois de port, comparativement
aux valeurs mesurées au moment de la pose de la prothèse (d’après Maryod et Taha,
2019).

Crochet PEEK Crochet Co-Cr


Indice Gingival +0,9 +1,7
Profondeur de sondage (mm) +0,500 +1,150
Hauteur d’os (mm) -0,162 -0,548

o En ce qui concerne la rétention des crochets en PEEK, les études cliniques


disponibles ont montré qu’elle était moins bonne que celle des crochets en
CoCr mais malgré tout cliniquement acceptable selon la revue systématique de
littérature de Zheng et al. (Zheng et al., 2023). La plupart des études disponibles
sont réalisées in vitro en milieu artificiel. Une analyse par éléments finis de 2020

93
montre que les crochets en PEEK ont une force de rétention comprise entre
6,45 et 18,36 N tandis que pour ceux en CoCr on se situe entre 21,78 et 65,37N
(Tribst et al., 2020), la force minimale de rétention acceptable pour un
crochet de prothèse amovible partielle étant 1,6 N (Peng et al., 2020). En
2021, Micovic et al. ont corroborés ces résultats lors d’un essai clinique cas-
témoin en comparant la rétention de crochets de plusieurs sortes de PEEK
(usiné et pressé de différentes marques) à des crochets CoCr. Là encore les
crochets CoCr ont présenté la meilleure rétention même après vieillissement
artificiel, toutefois tous les groupes ont présenté des forces de rétentions
satisfaisantes (Micovic et al., 2021). Gentz el al. ont obtenu sensiblement les
mêmes résultats (Gentz et al., 2022) Ces forces de rétention plus faibles
expliquent en grande partie la capacité de préservation tissulaire évoquée
précédemment.
o En ce qui concerne le design et l’adaptation des châssis en PEEK, les études
s’accordent à dire que la précision et l'adaptation peuvent être excellentes,
notamment grâce aux techniques de CFAO. Le problème réside plutôt dans la
standardisation d’un design des châssis adapté au PEEK, aucune norme n’est
disponible à ce jour (Pordeus et al., 2021). Par exemple les crochets doivent
être plus épais mais aucun consensus n’est établi en ce qui concerne
l’épaisseur la plus adaptée. Une revue systématique de littérature de Carneiro
Pereira et al. s’intéressait à 7 articles dont 2 études cliniques afin d’évaluer la
précision et l’adaptation de prothèse amovible conçue avec différents matériaux
et différentes techniques. Il s’avère que les châssis en PEEK issus de la CFAO
sont tous cliniquement acceptables (Carneiro Pereira et al., 2021) et une étude
affirme même que les châssis usinés en PEEK présentent une meilleure
adaptation que les châssis en CoCr conçus traditionnellement (empreinte avec
matériau d’enregistrement et réalisation classique par coulée). Les auteurs de
cette étude ont mesuré l’espace entre le châssis et les structures en 4 points à
l’aide de silicone type « fit-checker », les résultats sont donnés dans le tableau
15 (Ye et al., 2018).

94
Table 15 : adaptation des châssis aux structures dentaires (d’après : Ye et al., 2018)
Zone Chassis PEEK (µm) Chassis classique CoCr (µm)
Appui occlusal 86,2 +/- 22,6 133,9 +/- 49,7
Connexion principale 52,8 +/- 44,6 131,1 +/- 87,1
Base de la prothèse 37,4 +/- 31,0 129,3 +/- 49,2
Intégralité du chassis 42,8 +/- 29,4 130,9 +/- 50,5

95
Table 16 : tableau résumant les avantages et inconvénients cliniques de l’utilisation du
PEEK en prothèse amovible (source : document personnel)

Avantages Inconvénients
o Absence de métal (allergie, o Absence d’adhésion chimique
relargage,…) résine acrylique – PEEK
o Couleur relativement stable dans o Toujours pas « couleur dent »
le temps et plus esthétique que o Rétention des crochets moindre
le métal mais acceptable puisque
o Inertie, très faible colonisation toujours supérieure au minimum
bactérienne de 1,6N.
o Meilleure préservation tissulaire o Epaisseur et largeur des
qu’avec le CoCr, meilleure crochets augmentée (visibilité
protection des structures et autres discutable)
restaurations. o Protocoles légèrement différents
o Diminution du risque de forces des techniques de PAPIM
excessives des crochets sur les o Absence de recul clinique, pas
dents porteuses en comparaison de design standard établi pour
avec les crochets CoCr les châssis et crochets
o Diminution du risque de fracture à
l’interface résine-chassis par une
proximité des modules élastiques
o Meilleure résistance à la fatigue
des crochets en PEEK que ceux en
CoCr
o Port agréable pour le patient
(27,5 à 85% plus léger qu’un
chassis Co-Cr, agréable à la
langue, insertion-désinsertion
facile,…
o Bonne précision grâce à la
CFAO, potentiellement supérieure
aux chassis traditionnels CoCr

96
2.6.3. Orthopédie Dento-Faciale et Pédodontie (Table 17)

• Mainteneur d’espace
Une étude menée par Ierardo et al. dans le service de pédodontie de l'université de
Rome s’est intéressée aux mainteneurs d’espace. Elle incluait des patients âgés de 8
à 10 ans qui avaient besoin de mainteneurs d'espace en raison de la perte prématurée
de dents ou qui nécessitaient un traitement interceptif (Ierardo et al., 2017). Trois
mainteneurs différents ont été étudiés, à savoir: l'arc lingual, la bande en boucle et la
plaque amovible (Figure 52).

Figure 52: conception et vues intra-buccales des différents mainteneurs d’espace en


PEEK (source: Ierardo et al., 2017)
Les trois mainteneurs ont rempli leurs fonctions grâce au module d’Young du PEEK
très proche de celui de l’os, en plus d’apporter les avantages du PEEK en terme de
confort pour le patient et d’esthétique : c’est-à-dire légèreté, sensation agréable à la
langue puisque très peu rugueux et bien plus esthétique que le métal. Cependant on
constate assez facilement que l’épaisseur du dispositif est plus conséquente que
l’épaisseur des mainteneurs d’espaces classiques.

97
• Fils orthodontiques esthétiques (Figure 53)

Par rapport à d'autres polymères utilisés pour les fils orthodontiques, tels que le
polyéthylène sulfone (PES) et le difluorure de polyvinyle (PVDF), les fils
orthodontiques en PEEK offrent une meilleure résistance orthodontique. Des forces
orthodontiques similaires sont obtenues avec les fils en titane-molybdène (Ti-Mo) et
en nickel-titane (Ni-Ti), cependant les fils en PEEK sont nécessairement plus larges
(Maekawa et al., 2015).

Figure 53: fils orthodontiques en PEEK (source: Vasavi et al., 2021)

Table 17 : résumé des avantages et inconvénients du PEEK en orthodontie et


pédodontie (source : document personnel)

Avantages Inconvénients
o Forces plus « naturelles » avec o Epaisseur globalement
un module d’Young plus proche augmentée
de celui des tissus o Protocoles à perfectionner
o Résistance orthodontique
similaire dans le cas des fils
o Meilleure esthétique que les
métaux
o Confort de port pour le patient en
comparaison aux métaux
o Avantages de la prothèse
amovible transférables à la
pédodontie (Table 16)

98
2.6.4. Prothèse Maxillo-Faciale (Table 18)

Grâce à sa biocompatibilité et à sa légèreté, le PEEK pourrait être utilisé pour la


réalisation de prothèses obturatrices maxillo-faciales.

Costa-Paulau et al. rapportent un cas clinique où, devant une perte de substance
centro-maxillaire avec communication sinusale, un obturateur creux a pu être conçu
numériquement et usiné (Figure 54). Le suivi clinique confirme la bonne maturation
des tissus mous péri-prothétiques, le patient fait état d'un confort dû à la légèreté du
matériau, il rapporte également une meilleure rétention de la prothèse (Costa-Paulau
et al, 2014). Parce qu’il est facile à travailler, inerte et non poreux, le PEEK se présente
comme matériau alloplastique idéal pour la reconstruction maxillo-faciale

Figure 54 : prothèse maxillo-faciale en PEEK (source: Costa-Paulau et al, 2014)


Table 18 : résumé des avantages et inconvénients de l’utilisation du PEEK en prothèse
maxillo-faciale

Avantages Inconvénients
o Bonne tolérance des tissus
souvent fragiles en prothèse
maxillo-faciale
o Meilleur confort pour le patient
que les résines : prothèse plus o Recul clinique faible
légère, plus rétentive et plus
agréable à porter dans un
contexte de recherche de la
meilleure qualité de vie
possible

99
2.6.5. Implantologie (Table 19)

• Parenthèse sur les modifications nécessaire du PEEK pour l’implantologie


(Rocchi, 2016) :
Nous l’avions évoqué plus haut, le PEEK pur est difficilement utilisable en
implantologie du fait de sa faible ostéo-intégration ou de sa radio-transparence par
exemple. Afin de l’utiliser dans ce domaine, il doit subir différents traitements que
nous développerons plus loin. Plusieurs sont possibles mais les quatre plus utilisés
pour l’implantologie sont :
o Le plasma etching qui consiste à propulser du gaz plasma froid à la surface de
l’implant afin de la rendre hydrophile. Le potentiel d’ostéointégration est alors
grandement amélioré.
o La revêtement d’un matériau bioactif telle que l’hydroxyapatite ou le dioxyde
de titane à la surface de l’implant.
o L’élaboration de PEEK-CFR : PEEK renforcé en fibres de carbones permet des
propriétés mécaniques adaptées à la réalisation de pièces implantaires,
notamment en augmentant grandement le module de Young (qui passe de 4
pour le PEEK pur à 18 GPa) et la résistance à la fatigue de la pièce ce qui
permet une bonne ostéo-intégration et la fonctionnalisation de l’implant.
o Le traitement au sulfate de baryum : permet de donner aux implants une
certaine radio-opacité, permettant l’analyse des radiographies postopératoire.
• Implant
Du fait de son excellente ostéo-intégration (une fois modifié), sa biocompatibilité,
son module d’élasticité très proche de l’os, sa couleur,… le PEEK se place comme
une excellente alternative au Titane en implantologie (Rocchi et al., 2018)

100
• Pilier implantaire définitif ou transitoire (Figure 55)

Figure 55 : pilier implantaire en PEEK (source: AL-Rabab'ah et al., 2019)


Sa radio-transparence permet l’évaluation facile de la radiographie post-opératoire
notamment dans le cas des excès de ciment après scellement.

• Pilier de cicatrisation (Figure 56) et Scan-Body

En 2011, Koutouzis et al. ont réalisé une étude clinique prospective sur 60 patients,
ils n’ont démontré aucune différence en terme de préservation tissulaire entre
l’utilisation de piliers de cicatrisation en PEEK et les piliers de cicatrisation
classiques en titane. Dans les deux cas la préservation et la cicatrisation des tissus
durs et mous est excellente, on peut donc envisager sans problème de remplacer
les piliers de cicatrisation en titane par du PEEK dans le cas de patients allergiques
aux métaux (Koutouzis et al., 2011).

101
Figure 56: vue occlusale de piliers de cicatrisation PEEK post-opératoire (a.) et à 3
mois (b.) et Titane post-opératoire (c.) et à 3 mois (d.)

• Armature de all-on-four / all-on-six / bridge implantaire complet (Figures 57-58)

Figure 57 : cas clinique d’armature en PEEK pour bridge implantaire complet (source:
AL-Rabab'ah et al., 2019)

Plusieurs études cliniques ont montré l’intérêt de l’utilisation du PEEK pour la


réalisation de prothèses complètes sur implant sans métal, toujours avec les mêmes

102
avantages mécaniques et esthétiques du PEEK (AL-Rabab'ah et al., 2019; Villefort et
al., 2021).

Montero et al., décrivent notamment un cas de mise en charge immédiate de prothèse


complète sur implant (Figure 58) (Montero et al., 2021)

Figure 58 : étapes opératoires d’un cas de mise en charge immédiate de prothèse


complète sur implant en PEEK (traduit d’après: Montero et al., 2021)

103
Table 19 : résumé des avantages et inconvénients de l’utilisation du PEEK en
implantologie (source : document personnel)

Avantages Inconvénients
o Ostéo-intégration du PEEK (après o Radio-transparence, mais
modification de surface) correctible
potentiellement comparable au o Propriétés mécaniques du
Titane, module d’Young adapté au PEEK pur inadaptées pour
tissu osseux l’implantologie sans
o Biocompatibilité et préservation modifications
tissulaire toujours très bonne o Beaucoup de modifications à
o Avantages de la prothèse fixe effectuer qui vont parfois à
(pour la prothèse sur implant) l’encontre du « sans-métal »
(par exemple surface
recouverte de Titane)

104
3. CFAO et autres techniques de mise en œuvre

On décrit généralement deux grandes méthodes de mise en œuvre du PEEK, les


méthodes soustractives et les méthodes additives. Les méthodes soustractives
bénéficient d’un recul clinique et d’une littérature plus abondante mais les méthodes
additives apportent de nouveaux avantages et pourraient faciliter la généralisation de
nouveaux matériaux tels que le PEEK. C’est pourquoi ces techniques sont de plus en
plus étudiées ces dernières années. Nous tâcherons de développer plus amplement
les techniques additives d’impression 3D qui constituent un véritable enjeu pour faire
du PEEK un biomatériau d’avenir.

3.1. Coulée et moulage / pressée

C’est la technique par addition classique de mise en œuvre en laboratoire des


biomatériaux utilisés en dentisterie, basée sur la technique de coulée à cire perdue.
On réalise une maquette en cire de la pièce à produire qu’on va mettre en moufle, en
ayant préalablement ajouté des tiges de coulée. Puis on place le moufle dans un four
chauffé à haute température afin d’éliminer la cire. Enfin on chauffe des lingots de
PEEK préfabriqué (Figure 59) au-delà de sa température de fusion (pour rappel 334°C)
qu’on injecte sous pression dans le moule. La pièce produite peut alors être démoulée
et détourée après refroidissement.

Figure 59 : lingots de PEEK pour pressée (source: Stoyanov, 2021)

105
3.2. Usinage et procédés soustractifs

Plus récente, permise grâce aux techniques de CFAO, l’acquisition des données 3D
est réalisée directement en bouche à l’aide de caméra intra-orale ou à l’aide d’un
scanner/CBCT. Le fichier 3D obtenu (.stl) est un ensemble de données : chaque
donnée constitue un voxel (plus petit unité élémentaire : volumetric pixel), facette
triangulaire, formant un nuage de points par assemblage des voxels. Ce maillage
permet la reconstruction de l’image en 3D et l’obtention d’une réplique virtuelle du
modèle physique. La résolution est d’autant meilleure que la taille des voxels est petite
et donc que leur nombre augmente (ce qui rend le fichier plus lourd). Les zones
courbes sont nécessairement approximatives du fait de la forme de ces facettes
planes.

Un logiciel de traitement permet la conception sur ordinateur de la pièce à réaliser


directement sur le fichier 3D acquis. Puis, une machine-outil permet l’usinage de la
pièce dans la masse d’un bloc ou d’un disque de PEEK. Une publication de Picart et
al. de 2016 illustre parfaitement ce procédé à travers la fabrication d’un chassis de
prothèse amovible en PEEK (Figures 60-61-62).

Figure 60 : disque en PEEK pour usinage (source: Stoyanov, 2021)

106
Figure 61 : usineuse Pro expert 5 Opera®, exemple d’usineuse capable d’usiner du
PEEK (source: Picart et al., 2016)

Figure 62 : conception et Fabrication Assistée par ordinateur d’un châssis de prothèse


amovible en PEEK (source: Picart et al., 2016)

Une revue systématique de la littérature de Pordeus et al. montre qu’en 2021 les
études concernant la planification et la fabrication par CFAO puis usinage des
armatures de prothèses amovibles sont encore trop rares mais prometteuses. Les
données disponibles pour le moment témoignent d’une précision similaire à la
technique classique par coulée en plus d’une amélioration de l’esthétique des pièces
produites (Pordeus et al., 2021).

107
Les principaux inconvénient des techniques soustractives restent les pertes de
matériau parfois importantes, inhérentes à ce processus, ainsi que la limite d’un seul
matériau monochrome. Les techniques d’impression 3D semblent prometteuses pour
palier à ce problème.

3.3. Impression 3D
3.3.1. Introduction
L’impression 3D constitue une méthode de fabrication additive. Elle a gagné en
popularité grâce à des avantages tels qu’une totale liberté de conception et une
capacité à produire des objets et structures très complexes dans un court laps de
temps et à faible coût. Cette technique est très développée dans divers domaines
d’ingénierie, par exemple « l'impression 3D de matériaux en béton permet de réduire
les déchets de construction de 30 à 60 %, le coût de la main-d'œuvre de 50 à 80 % et
le temps de construction de 50 à 70 % » (Hossain et al., 2020; Kafle et al., 2021).

Table 20 : résumé des avantages et inconvénients des techniques additives et


soustractives (source: document personnel)

Techniques additives Techniques


soustractives
Avantages • Eléments multiples • Précision
• Multi-matériaux • Qualités
• Multi-couleurs mécaniques des
• Adapté aux pièces produites
polymères
thermoplastiques
• Moins coûteux
• Gain de temps
Inconvénients • Perte de précision • Perte de matériau
• Moins bonne • Plus long
qualité des pièces • Plus cher
produites

Elle est d’apparition relativement récente dans notre domaine et permise par
l’avènement de la CFAO en dentisterie. Comme pour l’usinage cette technique
s’appuie sur la CAO à partir de fichiers 3D (.stl le plus souvent mais le format varie
selon équipement) directement acquis dans la cavité orale à l’aide de
caméras/scanner. Cette technique permet de réduire les coûts et le temps de

108
production de certains dispositifs médicaux mais aussi d’exploiter les propriétés de
nouveaux matériaux tels que le PEEK. Le recul clinique est encore faible et les études
trop peu nombreuses mais leur nombre ne cesse de croitre ces dernières années. Les
avantages et incovénients des techniques additives et soustractives sont résumés
dans le tableau 20.
L’impression 3D décrit en réalité un ensemble de procédés différents avec tous un
point commun : la création d’un produit couche par couche.

Le PEEK n’est disponible pour le moment que sous forme de :


• filaments pour la technique de dépôt de filament fondu ou FDM/FFF (Fused
Deposit Modeling ou encore Fused Filament Fabrication)
o ou granulés pour la technique de frittage sélectif laser ou SLS (Selective
Laser Sintering)

Il ne peut pas être utilisé dans les deux autres techniques les plus courantes que sont :
La stéréolithographie ou SLA, technique la plus ancienne découverte dans les années
80 et la Digital Light Processing ou DLP.

o Dans la technique SLS :


Un laser fusionne des particules de poudre ou des granulés couche par couche. La
première couche de poudre est déposée sur un plateau par un mouvement de rouleau.
Cette couche est alors balayée par un faisceau laser, ce faisceau provoque le frittage
et la consolidation de la poudre par fusion (Figure 63). Quand cette première couche
sera terminée, le plateau s’abaisse et sera recouvert d’une nouvelle couche de poudre.
Ce processus se répète jusqu’à ce que la pièce soit terminée (Formlabs).

109
Figure 63: schéma d’une imprimante SLS (source : formlabs)

o La technique FDM/FFF (Figure 64) enfin,


est la plus connue du grand public lorsqu’on parle d’impression 3D et bénéficie d’un
développement plus important du fait de sa démocratisation.

Figure 64: schéma d’une imprimante FDM (source : formlabs)

Cependant elle n’est pas vraiment la plus utilisée à l’heure actuelle dans les
laboratoires de prothèse dentaire.
Les pièces sont fabriquées par fusion d’un filament thermoplastique déposé sur un
plateau couche par couche par une buse pilotée par l’ordinateur, on l’observe en cours
de fonctionnement sur la figure 65.

110
Figure 65: buse d’impression FDM (source: 3Dnatives.com)
Malheureusement cette technique est bien moins précise, en termes de résolution des
pièces fabriquées, que ne le sont les techniques SLA et DLP, la figure 66 ci-dessous
compare une pièce conçue par FDM à une pièce conçue par SLA.

Figure 66: pièce fabriquée par FDM (à gauche) comparée à une pièce fabriquée par
SLA (droite).

Cependant, la grande majorité des études disponibles dans la littérature à ce jour,


même les plus récentes préfèrent la technique FDM pour l’impression de prothèses
dentaires en PEEK du fait de son accessibilité et surtout car elle est plus économique
(Zhao et al., 2018). Nous développerons cette technique plus amplement dans le
paragraphe suivant. De plus, le PEEK du fait de ses propriétés thermoplastiques est
un excellent matériau pour l’impression 3D.

111
3.3.2 Fused filament fabrication (FFF=FDM) pour l’impression des polymères

La FFF ou FDM est un procédé qui consiste à déposer des filaments thermoplastiques
couche par couche sur une plateforme de fabrication. Le filament polymère est chauffé
jusqu'à un état semi-liquide et déposé sur une plateforme grâce à une buse qui suit
une trajectoire définie dans une couche donnée de la pièce à réaliser. Une fois la
couche terminée, la plateforme peut descendre d’un étage et la buse va pouvoir suivre
la trajectoire d’une nouvelle couche et ainsi de suite jusqu’à la formation de la pièce
finie. Chaque couche est définie par ordinateur grâce au logiciel de CAO qui a un rôle
de slicer : il découpe en « tranches », en « couches » la pièce à fabriquer et guide la
buse dans son chemin pour la réalisation de chaque couche (Figures 67-68) (Mazzanti
et al., 2019; Wickramasinghe et al., 2020; Shaqour et al., 2021).

Figure 67 : schéma de l’impression FDM du PEEK (traduit d’après: Wang et al., 2020)

112
Figure 68 : photo de la buse (a.) d’une imprimante 3D en cours d’impression d’une
pièce en PEEK (b.) (source: Wang et al., 2020)

Influence des paramètres d’impression FFF (Table 21)

Il est possible de faire varier de nombreux paramètres de la technique FFF, modifiant


ainsi la précision d’impression, la vitesse d’impression ou encore les propriétés
mécaniques des pièces fabriquées. De nombreux chercheurs se penchent encore de
nos jours sur la question des réglages parfaits de l’imprimante FFF pour le PEEK en
prothèse dentaire. La clé de son utilisation généralisée réside certainement dans
l’optimisation de ces paramètres.

On peut faire varier, par exemple :


• La température de la buse
• Le diamètre de la buse
• La vitesse d’impression (vitesse de la buse, vitesse d’extrusion)
• La température de la plateforme d’impression
• La température ambiante
• L’épaisseur de couche
• Le filament de PEEK lui-même (dans son diamètre, sa qualité,…)
• Le refroidissement
• L’angle d’impression

113
Tous ces paramètres sont plus ou moins interdépendants et exercent une influence
directe sur la qualité et les propriétés du produit imprimé.

En 2020, une revue systématique de la littérature de Zanjanijam et al. résume les


paramètres d’impression recommandés pour le PEEK en FFF à l’heure actuelle (Table
21). Ils résument dans ce tableau les paramètres permettant de se rapprocher au
maximum des propriétés des pièces en PEEK réalisées en technique conventionnelle
par coulée.

Table 21 : tableau récapitulatif des paramètres recommandés pour l’impression du


PEEK par FFF (d’après Zanjanijam et al., 2020).

Paramètre Valeur recommandée


Angle de la trame d’impression 0°
Épaisseur de couche 0,1-0,3 mm
Température ambiante 150-200°C
Température de la buse 420-440°C
Vitesse d’impression 20mm/s

114
4. Utilisation clinique du PEEK
4.1. Pré-traitements et maquillage du PEEK (Table 26)

Comme nous l’avons déjà évoqué, un des inconvénients majeurs du PEEK est sa
couleur relativement inesthétique et son aspect opaque. Par conséquent, un
maquillage à l’aide de résine composite, au moins en zone esthétique, est
indispensable pour surmonter cet inconvénient. Dans le cas d’un châssis en PEEK, il
faut une bonne adhésion des dents en PMMA au châssis. Il est donc important de
déterminer le meilleur pré-traitement ainsi que le système adhésif adéquat pour
permettre de bonnes valeurs d’adhésion d’un matériau cosmétique au PEEK.
D’autre part, le PEEK est destiné à l’assemblage par collage aux tissus dentaires, or
son inertie et son hydrophobie constituent un challenge pour le collage.

« Pour tout matériau destiné au collage, le pré-traitement est une des étapes les plus
importantes. Elle permet d’éliminer les résidus de production, les contaminants et les
couches superficielles de faible cohésion ; autrement dit tous les produits pouvant
perturber le futur collage, présents à la surface du matériau. Mais son rôle s’étend
également à la fonctionnalisation de la surface, créant des sites promoteurs
d’adhésion mécanique, chimique ou physique selon le type de
traitement. » (Ourahmoune, 2012)
En 2010, Schmidlin et al. démontrent l’impossibilité du collage du PEEK poli et
l’absolue nécessité du pré-traitement de surface avant collage (Schmidlin et al., 2010).
En 2016, Rocha et al. étudient eux aussi les procédés de traitement de surface du
PEEK pour le collage à la dentine humaine. Ils montrent que les échecs de collage se
produisent toujours à l’interface PEEK-résine de collage et pas à l’interface résine-
dentine.
En Odontologie, les prétraitements qui ont été étudiés sont :
- Les traitements mécaniques : sablage
- Les traitements chimiques : acide sulfurique
- Les traitements physiques : plasma etching et laser
(Wang et al., 2022).

115
Les paramètres les plus souvent étudiés sont :
• l’état de surface après traitement (analyse au microscope électronique),
• la rugosité moyenne (Ra, en µm) de la surface : on recherche une surface
rugueuse qui permet une meilleure accroche de la résine de collage dans les
anfractuosités induites par le traitement,
• la mouillabilité de la surface, mesurée par l’angle q (°) formé entre la surface et
une goutte d’eau, qui décrit la capacité d’un liquide (l’adhésif) à s’étaler à la
surface du matériau (q doit être le plus proche de 0° possible)
• la valeur de la SBS (Shear Bond Strength) qui est la résistance au cisaillement
(en MPa) du joint de collage et qui décrit donc la qualité mécanique du collage.
Elle est considérée comme satisfaisante pour un usage en odontologie au-delà
de 10 MPa (Wang et al., 2022).

4.1.1. Traitement à l’acide sulfurique

Il s’agit de mordancer la surface du PEEK (le PEEK résiste à l’acide fluorhydrique et à


l’acide phosphorique à 80%) à l’aide d’un acide fort : l’acide sulfurique. L’acide
sulfurique à 98% est appliqué sur la surface, puis le substrat est rincé à l’eau déionisée.
C’est un liquide polaire qui altère la surface du matériau et la rend polaire. L’acide
sulfurique permet d’éliminer les contaminants organiques de la surface, d’augmenter
la rétention mécanique et d’augmenter l'adhérence par la création d'une couche
hautement poreuse et perméable en surface du matériau qui s’apparente à un réseau
en « fibres d’éponge » (Figure 69) (Silthampitag et al., 2016). La résine composite de
collage peut alors aller s’infiltrer dans cette surface poreuse, favorisant ainsi l’adhésion
(Figure 70) (Silthampitag et al., 2016).

116
Figure 69 : état de surface du PEEK au microscope après mordançage à l’acide
sulfurique 98%, formation de microporosités, la surface a un aspect de réseau en
« fibres d’éponge » (Silthampitag et al., 2016).

Figure 70 : digitations de résine composite de collage qui s’infiltre dans la surface du


PEEK après mordançage à l’acide sulfurique 98% (Silthampitag et al., 2016)

Dans la littérature, lorsqu’on compare le collage après traitement par acide


sulfurique à celui obtenu en l’absence de traitement, on se rend compte qu’il y a
une nette différence.
• Schmidlin démontrait le premier, en 2010 une augmentation de la résistance
en cisaillement (SBS : Shear Bond Strength) du joint de collage entre deux
pièces en PEEK grâce au pré-traitement par acide sulfurique (18,2MPa) en le
comparant à l’impossibilité de coller du PEEK poli (SBS=0MPa).

117
• En 2020, Ma et al. ont démontré une mouillabilité plus faible du PEEK après
mordançage par acide sulfurique (angle θ à 115,3 ± 9,9◦) par rapport à la
surface non traitée (θ à 92,9 ± 3,2◦).
• Une étude d’Escobar et al., en 2021 vient corroborer ces résultats. Ils comparé
le collage de deux pièces de PEEK, un groupe de pièces en PEEK était traité
par acide sulfurique et l’autre groupe n’était pas traité. La rugosité de surface
du PEEK a augmenté : sans traitement, la rugosité de surface constatée était
de 0,06 µm, après traitement elle était de 1.05 ± 0.59 µm Encore une fois sans
traitement le collage s’est révélé impossible alors qu’après mordançage avec
l’acide sulfurique à 98% pendant 60 sec ils ont pu obtenir des valeurs
d’adhésion allant jusqu’à 21,43 ± 5,00 MPa. (Escobar et al., 2021).
• La même année Adem et al., tirent également des conclusions similaires en ce
qui concerne la comparaison de l’application d’acide sulfurique à 98% pendant
60 secondes à une absence de traitement. Avant traitement la rugosité de
surface était de 0,29 ± 0,10 μm et la SBS était de 5,39 ± 1,36 MPa. Après
traitement la rugosité était de 0,73 ± 0,20 μm et la SBS était de 13,43 ± 1,42
MPa. (Adem et al., 2021)

Chaijareenont et al., ont étudié l’influence de la concentration de l’acide sulfurique


(70; 80; 85; 90; 98%) pour un même temps d’application (60 sec) (Table 22 ).
• Ils ont d’abord remarqué que les porosités formées à la surface du matériau
étaient plus larges et profondes avec l’augmentation de la concentration.
• Ils ont ensuite observé que la rugosité de la surface était également
croissante avec l’augmentation de la concentration : de 0,04±0,02μm pour
70% à 0,74±0,25 μm pour les 98%.
• La valeur d’adhésion enfin (SBS), était également croissante avec la
concentration : de 1,75 ± 0,66 pour 70% à 27,36 ± 3,95 MPa pour 98%
(Chaijareenont et al., 2018).

118
Table 22 : valeurs de rugosité et d’adhésion en fonction de la concentration en acide
sulfurique (d’après Chaijareenont et al., 2018).
Concentration
de l’acide 70 80 85 90 98
sulfurique (%)
Rugosité (μm) 0,18 0,44 0,57 0,62 0,74
SBS (MPa) 1,37 17,47 21,53 26,68 27,36

D’autres auteurs ont étudié l’influence du temps d’application de l’acide sulfurique


à 98% sur la surface du PEEK.
En 2020, Ma et al. (Ma et al., 2020) ont étudié ce traitement en fonction du temps
pendant 0,5 ; 1; 3; 5 et 7 minutes. Au microscope électronique, ils ont observé la
formation d'un réseau tridimensionnel poreux qui devient plus complexe avec le
temps.
En 2021, Zhang et al., ont étudié le traitement par acide sulfurique à 98% selon le
temps d’application de cet acide sur la surface du PEEK imprimé ou fraisé (pour 0; 5;
30; 60; 90; 120 et 300 secondes). Le collage étudié n’était pas entre deux pièces en
PEEK mais celui d’une résine composite collée sur du PEEK.
• Ils ont d’abord observé la formation de porosités plus larges et plus
profondes en surface, avec le temps ce qui corrobore les données de l’étude
précédente.
• Ensuite, en ce qui concerne le collage, pour le PEEK imprimé la valeur de SBS
la plus élevée a été obtenue à 30 secondes (27,90 ± 3,48 MPa). Pour le PEEK
fraisé, ils n’ont pas observé de différence significative de la valeur de collage
de 5 à 120 secondes (autour des 30MPa) alors qu’elle a diminué à 300
secondes (chute vers les 25MPa). Cette étude dégage l’idée qu’un sur-
mordançage par acide sulfurique est contre-productif puisqu’il endommage
la surface et compromet l’efficacité de l’adhésif. Les auteurs concluent
également qu’un temps optimal de traitement doit être déterminé et qu’il
semble être de 30 secondes pour le PEEK imprimé (Figure 71) (Zhang et al.,
2021).

119
Figure 71 : valeur d’adhésion au PEEK imprimé et au PEEK fraisé en fonction du
temps de mordançage par acide sulfurique (d’après Zhang et al., 2021).

D’autres acides tels que le mélange piranha (un mélange à concentration variable
d’acide sulfurique et de peroxyde d’hydrogène) ou l'acide fluorhydrique ont également
été étudiés pour améliorer les performances de collage du PEEK, mais tous deux ont
donné des résultats peu concluants, nous ne développerons donc pas ces produits
(Wang et al., 2022).

4.1.2. Plasma-etching

Il s'agit d'un processus qui augmente l'énergie libre de surface du matériau traité, ce
qui peut conduire à une nette amélioration des caractéristiques d’adhésion. La
définition physique du "plasma" est un gaz électriquement neutre dont les espèces
sont ionisées. Un plasma peut être considéré comme un mélange d'ions chargés
positivement et d'électrons chargés négativement, coexistant éventuellement avec des
atomes et des molécules neutres. On le produit artificiellement en appliquant des
champs électriques suffisamment puissants pour séparer le noyau de ses électrons
dans les gaz. Au cours du « plasma-etching », on envoie le gaz par impulsions
sur une cible (la surface du polymère), les molécules excitées vont se désintégrer
et en exciter d'autres, formant alors une nouvelle couche de surface plus réactive
(observée par microscopie électronique sur la figure 72). Les gaz typiquement utilisés

120
pour le traitement des polymères sont l'air, l'oxygène, l'azote, l'hélium, l'argon et
l'ammoniac (Stawarczyk et al., 2014).

Figure 72 : état de surface du PEEK au microscope électronique après traitement au


plasma versus non traité (Stawarczyk et al., 2014)

En 2018, Bötel et al. comparent un traitement par plasma O2 et par plasma Ar/O2
(1 :1) pendant 35 minutes avec l’absence de traitement, pour coller de la résine
composite sur du PEEK.
• En ce qui concerne la rugosité de surface obtenue elle était légèrement
supérieure après traitement par plasma O2 (0,76 ± 0,21 μm) en comparaison
au même échantillon non traité (0,75 ± 0,14 μm) et légèrement inférieure après
traitement par plasma Ar/O2 (0,68 ± 0,21 μm) en comparaison au même
échantillon non traité (0,79 ± 0,22 μm).
• La mouillabilité des échantillons traités, a fortement augmenté mais était
meilleure avec le plasma 02 : Ar/O2 (θ à 2,8 ± 1,3◦) < O2 (θ à 0,0 ± 0,0◦).
• En ce qui concerne l’adhésion, le traitement par plasma O2 a donné des valeurs
de SBS plus élevées (28,69 ± 4,20 MPa) que le traitement plasma Ar/O2 (24,48
± 3,22 MPa) qui lui-même a donné des valeurs plus élevées que le groupe non
traité (18,25 ± 5,15 MPa).
Les auteurs de cette étude ont réitéré la même expérience mais cette fois avec du
PEEK chargé de 20% de dioxyde de titane (TiO2). Les valeurs obtenues sont
comparables à l’étude précédente mais légèrement différentes :
• La rugosité après traitement par plasma O2 (2,1 ± 0,78 μm) était supérieure à
celle du groupe non traité (2,08 ± 0,89 μm). Celle du groupe traité par plasma
Ar/O2 (2,86 ± 0,21 μm) l’était également en comparaison au groupe non traité
(3,13 ± 0,15 μm).

121
• La mouillabilité obtenue était similaire à l’expérience précédente : Ar/O2 (θ à
2,0 ± 1,6◦) < O2 (θ à 0,0 ± 0,0◦).
• En ce qui concerne la valeur d’adhésion, cette fois c’est le traitement par plasma
Ar/O2 qui a donné une valeur de SBS plus élevée (31,54 ± 3,49 MPa) que le
traitement par plasma O2 (30,38 ± 5,56 MPa). Dans les deux cas, en
comparaison au groupe non traité (17,31 ± 1,93 MPa) la valeur de SBS était
presque doublée (Bötel et al., 2018).

En 2019, Younis et al. tentent un traitement du PEEK par plasma d’azote (N), Argon
(Ar), Oxygène (O) et air pendant 10 minutes.
• La rugosité était là encore, (très) faiblement changée dans tous les cas : une
valeur moyenne de rugosité de surface de 1,01 ± 0,21 μm était constatée.
• Les valeurs de SBS obtenues (Table 23) étaient plus faibles que lors de l’étude
précédente, notamment puisque le temps de traitement était fortement
diminué : la meilleure valeur obtenue était après traitement par plasma N suivie
du plasma Ar puis de l’air et enfin de l’O en comparaison au groupe non traité.
Là encore on constate que la valeur de SBS après un traitement de 10 minutes
est quasiment doublée (Younis et al., 2019).

Table 23 : valeurs d’adhésions obtenues selon le type de plasma utilisé pendant 10


min (d’après Younis et al., 2019)
N Ar Air O Non traité

SBS (MPa) 10,04 ± 1,84 9,56 ± 1,35 9,27 ± 1,33 8,59 ± 1,64 5,38 ± 2,90

Okwa et al. ont réalisé, l’année suivante, un traitement par plasma helium (He) pendant
1 minute dans l'eau distillée de CFR-PEEK et de GFR-PEEK.
• La mouillabilité du CFR-PEEK était plus élevée après traitement (37,2 ± 2,6◦)
que celle groupe contrôle (88,6 ± 0,9◦). Celle du GFR-PEEK était également
plus élevée après traitement (37,3 ± 4,2◦) que le groupe contrôle (74,4 ± 3,0◦).

122
• Cette étude ne présente pas de valeurs de SBS mais déclare qu’elles étaient
significativement plus élevées dans les groupes traités que dans les groupes
contrôle après seulement 1 minute (Okwa et al., 2020).
En 2021, Fu et al. réalisent un plasma-etching du PEEK par plasma H, O et HO (1 :1)
en fonction du temps.
• Ils confirment dans tous les cas étudiés, que même après 30 minutes, aucune
différence significative de rugosité n’est observée à la surface du matériau en
comparaison au groupe non traité.
• Ils observent également que la mouillabilité se stabilise après 10 minutes : θ
descend à 41,67 ± 1,15◦ pour le plasma H et à presque 0° pour le plasma O et
plasma H/O (Fu et al., 2021).

Les techniques de plasma-etching sont complexes à mettre en œuvre mais elles


améliorent toujours le collage par rapport à un groupe non traité, les valeurs
d’adhésion décrites dans la littérature sont entre 8,59 ± 1,64 MPa et 31,54 ± 3,49
MPa. Par ailleurs cette technique octroie une excellente mouillabilité à la surface
du matériau, c’est-à-dire qu’elle permet un bon étalement de l’adhésif à sa surface,
cette caractéristique est essentielle au collage. Cette propriété s’explique parce
que, selon le gaz utilisé, ce procédé entraîne une réelle fonctionnalisation de la
surface la rendant polaire, ce qui réduit la tension superficielle de la surface. On
rappelle que le PEEK a une surface apolaire et non réactive. En revanche elle ne
semble pas ou peu modifier la rugosité de surface du PEEK.
Lorsqu’on compare les différents types de plasma les différences de valeurs ne
semblent que peu significatives à en juger par l’étude de Younis et al. qui compare
4 types de plasma (Table 23).
Toutefois le temps de traitement semble là encore déterminant : les deux valeurs
extrêmes de SBS évoquées précédemment (8,59 et 31,54 MPa) sont obtenues
pour un traitement de 10 minutes et 35 minutes respectivement.

123
4.1.3. Traitement par laser

Il est possible d’utiliser différents laser afin de modifier l’état de surface du PEEK, ce
qui constitue une piste de réflexion pour pré-traitement du PEEK avant collage. Les
lasers pouvant être utilisés sont variés : par exemple CO2, Er :YAG, Nd :YAG,
Nd:YVO4 ou encore KTP. Là encore, il est possible de faire varier différents
paramètres tels que la puissance et la fréquence du laser, le temps de traitement ou
la profondeur de traitement. Dans la littérature, on trouve de nombreuses études qui
s’intéressent au traitement laser.

En 2019, Tsuka et al., étudient le traitement par laser Nd:YVO4 sur une profondeur de
100μm, 150μm et 200μm.
• Après traitement ils observent un réseau en surface avec des rainures et des
contre-dépouilles régulières.
• La rugosité observée la plus élevée était pour la profondeur de 200-μm (19,9 ±
1,7 µm) suivie des 150-μm (19,6 ± 1,6 µm) puis des 100-μm (15,9 ± 1,8 µm).
Elle était donc toujours supérieure à la rugosité observée dans le groupe non
traité (0,5 ± 0,1 µm).
• Pour les valeurs d’adhésion la meilleure était pour le traitement à 200-μm de
profondeur (15,0 ± 5,3 MPa) suivi de celui à 150-μm (14,4 ± 4,8 MPa) puis des
100-μm (13,2 ± 5,4 MPa). Ces valeurs étaient donc relativement proches mais
croissante avec la profondeur du traitement et au moins deux fois
supérieures à la valeur SBS obtenue dans le groupe non traité (4,5 ± 2,9
MPa) (Tsuka et al., 2019).

L’année suivante Jahandideh et al. comparent deux traitements laser différents : un


laser Er:YAG de puissance 1,5 W appliqué 20 secondes et un laser CO2 de puissance
4 W, appliqué 50 secondes. Les valeurs de SBS obtenues suite à ces traitements sont
les suivantes : Er:YAG (14,4 ± 1,7 MPa) > CO2 (10,6 ± 1,9 MPa) > Non traité (7,7 ±
1,8 MPa). Cette étude confirme donc le fait que le traitement laser améliore les
performances de collage du PEEK en comparaison à un groupe non traité.

124
En 2021, Ulgey et al., comparent 3 types de laser pour un traitement du PEEK à la
même puissance (3W), la même fréquence (20Hz) et pendant la même durée (30
secondes). Il s’agit des laser Er:YAG, Nd:YAG et KTP.
• Ils ont d’abord observé la surface du PEEK traité au microscope, dans le cas
de l’Er:YAG les surfaces étaient rugueuses sans défauts perceptibles ; dans
celui du Nd:YAG on observait des pores réguliers et profonds avec des bords
de pore distincts et une surface relativement rugueuse ; alors que dans le cas
du KTP on observait une carbonisation des surfaces. Les morphologies de
surface observées semblent corrélées logiquement aux valeurs de SBS
obtenues.
• Les valeurs d’adhésion en question sont données dans le tableau 24: le laser
Nd:YAG s’est révélé supérieur au Er:YAG qui lui-même a donné de meilleurs
valeurs d’adhésion que le laser KTP . On observe une supériorité de tous les
traitements laser sur le groupe non traité (Ulgey et al., 2021)

Table 24 : valeurs d’adhésion obtenues en fonction du type de laser utilisé (d’après


Ulgey et al., 2021)
Traitement Nd :YAG Er :YAG KTP Non traité

SBS (MPa) 16,35 ± 0,63 14,29 ± 0,49 11,3 ± 0,41 8,09 ± 0,55

Cette étude met en lumière un point important : même lorsqu’on standardise les
paramètres variables des laser, le type de laser lui-même a une importance
capitale sur la morphologie de surface du matériau traité et donc sur l’adhésion
obtenue.

D’autres études sur le traitement laser ont obtenu des valeurs similaires :
• en 2020 Çulhaoglu et al., ont obtenu une SBS 11,46 ± 1,97 Mpa avec un laser
Yb:PL en comparaison à un groupe non traité dont la SBS était de 5,09 ± 2,14
Mpa (Çulhaoglu et al., 2020).

125
• en 2022 Taha et al., ont observé une SBS de 10,1 ± 1,2 Mpa après traitement
laser Er :YAG (Taha et al., 2022).

Le traitement par laser semble toujours permettre une augmentation des valeurs de
collage en comparaison à une absence de traitement. Selon Wang et al., le traitement
laser permettrait un collage satisfaisant (SBS > 10MPa). Toutefois force est de
constater qu’un traitement laser seul ne permet pas d’obtenir des valeurs aussi
élevées que d’autres traitements déjà évoqués. Nous reviendrons sur cette
comparaison entre les différents traitements et sur les possibilités de les combiner afin
d’améliorer les valeurs de collage.

4.1.4. Sablage

• Sablage à l’alumine
L’air-abrasion ou sablage à l’aide de particules d’alumine (Al203), de 30 à 100µm, fait
partie des méthodes de pré-traitement les plus populaires et étudiées de la littérature.
Il est possible de faire varier divers paramètres tels que la durée de sablage, la taille
des particules, la pression utilisée, l’angle et la distance de projection des particules…
Le sablage permet de modifier la topographie de la surface, en créant notamment des
irrégularités (figure 73), d’augmenter la mouillabilité et la rugosité de la surface. Ce
procédé élimine également les contaminants organiques de la surface.

Figure 73 : après sablage du PEEK sa surface est irrégulière, fissurée, avec des
oxydes d’alumine de forme polygonale incrustés dans ces surfaces (Silthampitag et
al., 2016)

En 2018, Stawarczyk et al. étudient le sablage sur 400 échantillons de PEEK, ils
testent 5 différents protocoles avec différentes granulométries de particules et

126
différentes pression à savoir : 50 μm Al203 à 0,5 bar ; 50 μm Al203 à 3,5 bar ; 110 μm
Al203 à 0,5 bar ; 110 μm Al203 à 3,5 bar ; et 110 μm Al203 à 2,8 bar. Les auteurs
montrent que l’air-abrasion permet d’augmenter la résistance à la traction des
échantillons collés (Stawarczyk et al., 2018).
Plusieurs auteurs ont montré que le sablage avec des particules d’alumine de 110
µm permettait d’augmenter l’adhésion du PEEK par rapport au PEEK non traité (Rocha
et al., 2016; Gouveia et al., 2021; Tosun et al., 2022)..
L’adhésion semblait comparable en présence de PEEK usiné ou de PEEK imprimé en
3D (Gouveia et al., 2021).
Taha et al., ont corroboré récemment ces résultats: ils ont observé une supériorité
des valeurs de SBS obtenues après sablage par des particules de 50 μm d’Al203
pendant 15 secondes à une pression de 2,5 bar (17,4 ± 2,4 MPa) en comparaison à
un échantillon non traité (8,3 ± 0,6 MPa) (Taha et al., 2022).

Stawarczyk et al. déclarent également que la granulométrie des particules de


poudre utilisée n’avait pas d’effet significatif sur la résistance à la traction des
échantillons.
Enfin ils observent que les meilleurs collages (SBS la plus élevée) étaient obtenus
après sablage sous une pression de 0,35 MPa soit 3,5 bar (la pression testée la
plus élevée) (Stawarczyk et al., 2018).
La granulométrie des particules ne semble donc pas avoir d’effet significatif sur
la SBS obtenue en revanche, la pression du sablage semble être
particulièrement importante.

En ce qui concerne le type de particules pulvérisées lors du sablage, la grande majorité


des études se concentre sur les particules d’alumine mais on rencontre parfois
(rarement) d’autres types de particules.
Par exemple, en 2021 Parkar et al. comparent un sablage avec des particules
d’alumine de 110μm à un sablage avec des particules de diamant synthétique de 10-
20 μm. Dans les deux cas le sablage était effectué pendant 10 secondes à une
distance de 10mm sous 1 bar de pression. Les particules de diamant synthétiques ont
donné de moins bonnes valeurs de SBS (2,27 ± 0,39 MPa) que les particules d’alumine
(3,91 ± 0,59 MPa). Dans cette étude le groupe non traité présentait une valeur de SBS
nulle (collage impossible PEEK poli). Les valeurs sont assez faibles puisque d’une part

127
les échantillons sont rigoureusement polis avant traitement et d’autre part le sablage
est effectué à une pression relativement faible (1 bar) pendant un temps relativement
court (10 secondes).

• Enduction de silice
Le sablage à l’alumine est parfois modifié par adjonction de particules de silice,
pulvérisées à la surface du PEEK, ce qui permet de la rendre plus réactive. Nous
l’avons vu précédemment (chapitre 2), le PEEK est parfois modifié dans sa structure
par ajout de nano-particules de silice ce qui tend à améliorer non seulement ses
propriétés physiques mais aussi sa réactivité, par fonctionnalisation de la surface, et
donc son aptitude au collage. Cependant, dans la littérature, la silice ne semble pas
apporter de réel avantage à la technique de sablage classique.

En 2018, Ates et al. comparent plusieurs techniques de pré-traitement du PEEK dont


le sablage par des particules d’alumine de 50μm à un sablage par sable Cojet® (des
particules de 30μm en moyenne modifiées par adjonction de silice). Dans les deux
cas, le sablage était effectué sous une pression de 2,7 bar pendant 15 secondes. Les
auteurs ont observé une très légère augmentation de la valeur de SBS après
traitement par les particules modifiées par adjonction de silice (12,07 ± 2,82 MPa) en
comparaison au sablage classique avec des particules d’alumine de 50μm (10,97 ±
2,88 MPa). Au vu des valeurs la différence ne semble pas significative.

Plus tard, en 2020, Çulhaoglu et al., dans le même type d’étude ont comparé le
sablage modifié à la silice avec des particules de 30 μm et le sablage classique avec
des particules de 50 μm. Dans les deux cas le sablage était effectué sous 0,3 bar de
pression pendant 15 sec. Lorsqu’on regarde les valeurs de SBS obtenues on constate
que le sablage classique présente des valeurs légèrement supérieures (10,81 ± 3,06
MPa) au sablage modifié à la silice (8,07 ± 2,54 MPa). Là encore la différence ne
semble pas significative.

Encore plus récemment en 2022, Tosun et al. se sont attachés à comparer


uniquement deux procédés de sablage : un sablage classique avec des particules
d’alumine de 50 μm et un sablage modifié à la silice avec des particules de 30 μm.
Dans les deux cas, la pression choisie était de 0,28 bar et le temps de sablage était

128
de 15 secondes. Ils ont conclu cette étude en affirmant qu’entre ces deux traitements
il n’y avait pas de différence significative des valeurs rugosité et de résistance au
cisaillement obtenues.
Lorsqu’on sait que la granulométrie des particules n’a pas d’impact sur les valeurs
d’adhésion on se rend donc compte que le sablage par adjonction de silice utilisé
seul ne présente pas d’intérêt pour améliorer l’adhésion en comparaison au
sablage classique utilisé seul. Cependant, la silice améliore la mouillabilité de la
surface et nous verrons par la suite qu’elle peut se révéler utile lorsqu’on combine
son utilisation à un primaire de collage hydrophile.

4.1.5. Comparaison du sablage aux autres traitements

• Avec l’acide sulfurique 98%


Schmidlin démontrait, en 2010, qu’un pré-traitement par acide sulfurique à 98%
pendant 1 minute permettait d’obtenir une résistance en cisaillement (SBS) du joint
de collage entre deux pièces en PEEK plus importante (18,2±3,4 MPa) par rapport à
celle obtenue avec un protocole de sablage pendant 10 secondes à 2 bar de pression
et avec des granulométries de 110 ou 50 μm (13,2±2,4 et 11,9±3,7MPa
respectivement) (Schmidlin et al., 2010).
En 2021, Adem et al. tirent des conclusions similaires : SBS de 13,43 ± 1,42 MPa
avec l’acide sulfurique contre 6,43 ± 1,05 MPa pour le sablage sous 50μm, sous 2 bar
pendant 10 secondes. La pression et le temps de sablage sont relativement faibles ce
qui explique les valeurs plutôt faibles de SBS.
Les mêmes conclusions sont tirées par Çulhaoglu, Parkar et leur équipe en 2020 et
2021 respectivement, malgré différents protocoles de sablage testés, le traitement par
acide sulfurique est toujours supérieur (Çulhaoglu et al., 2020; Parkar et al., 2021).

En 2016, Rocha et al. étudient les procédés de traitement de surface du PEEK pour le
collage à la dentine humaine. Ils ne démontrent aucune différence significative des
valeurs de collage entre les procédés de sablage (45μm, pendant 15 secondes sous
2,8 bar à 10 mm) et les procédés utilisant l’acide sulfurique (98% pendant 5, 30 ou 60
secondes) et tirent la conclusion suivante : « en raison de la toxicité de ce dernier
(l’acide sulfurique), il ne peut être utilisé comme prétraitement de matériaux

129
destinés à être utilisés au niveau de la cavité orale, le prétraitement par sablage
lui sera donc préféré » (Rocha et al., 2016).

• Avec le plasma
En 2022, Taha et son équipe montrent une rugosité, une mouillabilité et des valeurs
d’adhésion supérieures avec un protocole de sablage (50μm, pendant 15 secondes
sous 2,5 bar à 10 mm) en comparaison à un protocole de plasma-etching à l’oxygène.
Après sablage la SBS était de 17,4 ± 2,4 MPa, alors qu’après traitement par plasma
elle était de 12,4 ± 0,7 Mpa pour un même protocole de collage. La mouillabilité était
de 8,8 ± 0,6° après traitement par sablage contre 21,5±2,2° après traitement par
plasma (Taha et al., 2022).
Cette étude comparative semble démontrer une supériorité du sablage sur le plasma,
cependant, il est bon de remarquer que dans la littérature, les valeurs de SBS
obtenues avec le traitement plasma peuvent être supérieures à celles obtenues avec
le traitement par sablage. En effet, avec le traitement plasma on trouve des SBS
dépassant les 30MPa dans certaines études (Bötel et al., 2018), alors que la valeur
maximale de SBS obtenue après sablage est plutôt sous les 20MPa (Taha et al.,
2022).

• Avec le laser
Selon l’étude d’Ates et al. le laser a tendance à produire une surface irrégulière avec
des pores étroits et profonds tandis que le sablage produit des irrégularités de surface
avec des vallées et des fosses plus larges mais peu profondes. Dans cette étude ils
comparent un laser Er:YAG avec un protocole sablage. Le sablage (50μm, pendant
15 secondes sous 2,7 bar à 10 mm) a obtenu les meilleures valeurs d’adhésion (10,97
± 2,88 MPa) en comparaison au laser (Er:YAG, 150 mJ, 10Hz, 1,5W) (6,03 ± 1,04
MPa) (Ates et al., 2018).
L’étude de Çulhaoglu et al. s’intéresse à la différence entre un traitement au laser
Yb:PL (5 W, 4 Hz pendant 30 s) et un sablage (50 μm, à 0,28 bar pendant 15 s). Les
valeurs (résumées dans le tableau 25) de rugosités, mouillabilité et résistance au
cisaillement du joint de collage étaient similaires entre les deux protocoles (Çulhaoglu
et al., 2020).

130
Table 25 : valeurs obtenues dans l’étude de Çulhaoglu et al. selon le protocole utilisé
(d’après Çulhaoglu et al., 2020)
Protocole Rugosité Mouillabilité SBS
laser Yb:PL 2,85 ± 0,20 μm θ à 103,6 ± 4,88° 11,46 ± 1,97 Mpa
Sablage 2,26 ± 0,33 μm θ à 84,83 ± 4,56° 10,81 ± 3,06 Mpa

L’étude de Taha et al., est similaire mais cette fois le sablage (50μm, pendant 15
secondes sous 2,5 bar à 10 mm) est comparé à un traitement par laser Er :YAG. La
SBS obtenue après sablage est de 17,4 ± 2,4 MPa tandis qu’elle n’est que de 10,1 ±
1,2 MPa pour le laser (Taha et al., 2022).

Le traitement laser semble donc donner des valeurs d’adhésion plus faibles que
celles obtenues avec le traitement par sablage (ou au mieux similaires).

Quoi qu’il en soit, en comparaison aux autres traitements utilisés seuls, le


sablage s’avère particulièrement prometteur car efficace, facile et sûr, cette
affirmation est corroborée par la revue de Wang et al. (Wang et al., 2022).

4.1.6. Combinaison de traitements

Nous l’avons déjà vu au travers de cette étude, on trouve très souvent dans la
littérature une combinaison de traitements. Par exemple un sablage suivi d’un
mordançage acide ou un sablage combiné au laser.

• En 2018, une étude d’Henriques et al., comparait un traitement laser CO2, un


traitement classique à l’acide sulfurique (98%, 1 min) et la combinaison des
deux sur du PEEK pur. La meilleure adhésion a été obtenue avec l’acide
sulfurique seul ; le traitement laser a donné des valeurs d’adhésion plus faibles
mais tout de même supérieures à celles obtenues par combinaison du laser et
de l’acide sulfurique (nous ne disposons pas des valeurs de SBS de cette
étude). Cette combinaison acide sulfurique et laser est donc à proscrire.

131
• Adem et al. se sont penchés en 2021 sur la combinaison acide sulfurique (98%,
1 minute) et sablage (50μm, pendant 10 secondes sous 2 bar à 10 mm). En
comparant les valeurs d’adhésion, la combinaison des deux (11,72 ± 1,69
MPa) s’est révélée moins avantageuse que l’utilisation de l’acide sulfurique
seul (13,43 ± 1,42 MPa) mais meilleure que le sablage seul (6,43 ± 1,05 MPa).

• En 2018, Ates et al. ont combiné le laser (Er:YAG, 150 mJ, 10Hz, 1,5W) avec
le sablage (50μm, pendant 15 secondes sous 2,7 bar à 10 mm), ce protocole
est abrégé LS. Ils ont également combiné ce même laser avec le sablage
modifié par silice (même conditions que sablage), abrégé LSS. Nous l’avons
déjà évoqué cette étude comparait également le sablage seul (S), le sablage
modifié par la silice (SS) et le laser seul (L). Les valeurs d’adhésion obtenues
permettent de classer les traitements dans l’ordre du meilleur au moins bon :
LSS (13,14 ± 1,45 MPa) > LS (12,09 ± 2,08 MPa) ou SS (12,07 ± 2,82 MPa) >
S (10,97 ± 2,88 MPa) > L (6,03 ± 1,04 MPa). La combinaison du laser et du
sablage est donc gagnante puisque l’adhésion est toujours meilleure
lorsqu’on les combine que lorsqu’on les utilise seuls.

• Finalement Taha et al., en 2022 étudient les combinaisons sablage-laser (SL)


et plasma-sablage (PS) et les comparent aux protocoles non combinés
(sablage S : 50μm, pendant 15 secondes sous 2,5 bar à 10 mm; Laser L
Er :YAG ; Plasma P d’oxygène). Les protocoles combinés présentent la
rugosité la plus importante, la mouillabilité la plus importante et de ce fait,
les valeurs de SBS les plus élevées. Nous les classerons de la même
manière que dans l’étude d’Ates et al., selon la valeur de SBS obtenue : LS
(22,0 ± 1,3 MPa) et PS (21,2 ± 0,8 MPa) > S (17,4 ± 2,4 MPa) > L (10,1 ± 1,2
MPa) et P (12,4 ± 0,7 MPa) > groupe non traité (8,3 ± 0,6 MPa).

On peut remarquer que la combinaison de deux protocoles ne profite jamais à


l’acide sulfurique mais qu’elle profite toujours au sablage, peu importe le
traitement supplémentaire.

132
Table 26 : tableau résumé des paramètres influençant ou non les différents traitements
et les valeurs d’adhésion maximales trouvées dans la littérature pour chacun des
traitements (source : document personnel).
Traitement Paramètres Paramètres SBS maximale obtenue
influençant n’influençant (MPa)
l’adhésion pas (ou peu)
l’adhésion
Acide - Concentration
sulfurique de l’acide 27,90 ± 3,48 MPa
- Temps de (Zhang et al., 2021)
traitement (doit /
être ni trop long
ni trop court)
Plasma - Temps de - Plasma / Gaz 31,54 ± 3,49 MPa
traitement utilisé Avec plasma Ar/O2
(Bötel et al., 2018)
Laser - Profondeur de 16,35 ± 0,63 MPa
traitement Avec Nd :YAG
- Type de Laser / (Ulgey et al., 2021)
- Temps de
traitement
Sablage - Pression de - Granulométrie 17,4 ± 2,4 MPa
sablage des particules (Taha et al., 2022)
- Temps de - L’ajout de
traitement silice
Combiné Inhérents aux techniques qu’on Environ 21-22 MPa pour
combine les combinaisons laser-
sablage et plasma-sablage
(Taha et al., 2022)

Le meilleur des traitements réside certainement dans une stratégie combinée. Les
meilleurs collages sont pourtant obtenus grâce à des techniques utilisant l’acide
sulfurique, malheureusement ces techniques ne sont pas transposables à la pratique

133
courante du fait de leur dangerosité. Nous devons retenir une chose au vu des
résultats de la revue de littérature de Wang et al. : le sablage doit être le pilier
principal du traitement de surface du PEEK du fait de son efficacité et de sa
sûreté (Wang et al., 2022). De plus le sablage répond très bien à la combinaison avec
d’autres traitements. Un des autres avantages du sablage selon Gouveia et al., 2021
serait de réduire l’écart des valeurs de collage entre le PEEK usiné et le PEEK
imprimé.

4.1.7. Systèmes adhésifs

De la même façon de nombreux systèmes adhésifs existent pour nos résines


composites, il n’y a pour le moment pas de système dédié au collage du PEEK sur le
marché. La piste des systèmes auto-mordançants ou « universels » comme les
fabricants aiment le rappeler à été étudiée :
Tsuka et al. ont testé le collage du PEEK sans traitement préalable avec les colles
Panavia V5 (0,8 ± 0,4 MPa), RelyX Ultimate Resin Cement (5,2 ± 1,3 MPa), G-CEM
Link Force (3,7 ± 1,4 MPa) et Super-Bond C&B (8,2 ± 1,3 MPa). Ils ont constaté que
la résistance au cisaillement n'atteignait le minimum des 10 MPa avec aucun de ces
systèmes et que la majorité des d'échecs résultait d'un décollement (Tsuka et al.,
2017).
D’autres études sont venues confirmer cette hypothèse : aucun système adhésif aussi
« universel » soit-il, ne permet à lui seul de réaliser un collage performant du PEEK.
Les prétraitements décrits dans le chapitre précédent sont donc indispensables (Wang
et al., 2022).

En plus des différents traitements, l’utilisation d’un primaire d’adhésion semble


déterminante pour améliorer le collage du PEEK.
Selon Caglar et al., un collage satisfaisant peut être obtenue avec le primaire Visio.link,
un primer hydrophile d’abord destiné aux résines composites. Ils ont constaté que le
conditionnement du PEEK avec Visio.link permettait d’obtenir une SBS plus élevée
que pour le même PEEK collé sans primaire (12,54 ± 2,19 MPa contre 5,58 ± 0,38
MPa). Après une combinaison du conditionnement du PEEK par le primaire
Visio.link avec un protocole de sablage de la surface (Al2O3 50μm,15 secondes,
2,7 bar, 10mm), ils ont pu obtenir une valeur d’adhésion de près de 20MPa

134
(19,86±2,52 MPa). Selon les auteurs les avantages de ce primaire résident dans sa
composition particulière de triacrylate de pentaérythritol (PETIA) en solution (qui
possède une haute capacité de modification du PEEK), de monomères MMA (qui
induisent un gonflement de la surface du PEEK) et de diméthacrylates, ce qui permet
un micro-enchevêtrement entre la résine de collage et le PEEK. Soit une meilleure
pénétration de la résine de collage dans les porosités de surface du PEEK à la manière
de n’importe quel primaire d’adhésion, ce qui constitue la base du collage (Caglar et
al., 2019).
Les preuves confirmant l'effet positif d’un primaire sur l'adhésion du PEEK sont
nombreuses. Les mêmes constatations ont été faites avec une combinaison de
prétraitement à l'acide sulfurique et primer (Zhang et al., 2021), les auteurs ont
mordancé du PEEK avec de l'acide sulfurique à 98 %, puis ont appliqué du Visio.link.
Ils ont ensuite étudié la pièce par microscopie électronique, ce qui a révélé que le
primer avait pénétré dans les pores créés lors du mordançage, contribuant à
l'amélioration de la liaison micromécanique avec le ciment résineux et améliorant
finalement la résistance au cisaillement (Figure 74) (Zhang et al., 2021).
Silthampitag et al., parlaient déjà en 2016 des avantages des primaires et montraient
de meilleurs collages avec l’utilisation de Visio.link ou d’Heliobond (Silthampitag et al.,
2016).

Figure 74 : coupe en microscopie électronique de l’interface de collage du PEEK


imprimé, le primaire d’adhésion a permis la formation d’une couche hybride entre le
PEEK et la résine composite (d’après Zhang et al., 2021).

135
VisioLign®, le fabricant du système Visio.link, met en avant la possibilité de coller du
PEEK sur la notice de son produit (source : visiolign.com/wp-
content/uploads/2019/12/crea_lign_freestyle-Manual_0098330F-
20191209_210x297mm_NEW.pdf , consulté le 22/03/2022) et Bredent le fabricant du
BioHPP recommande dans son protocole de collage l’utilisation de ce même produit,
(source : bredent.co.uk/bonding-protocol-for-biohpp-a-step-by-step-guide/ consulté le
22/03/2022). Dans les deux cas, l’utilisation de ce produit est précédée d’un
prétraitement par sablage (voir partie 4.1.8.) : « Sabler le PEEK avec de l’oxyde
d’aluminium au grain de 110 μm et sous une pression de 2 à 3 bars. Après le sablage,
ne pas nettoyer l’infrastructure au jet de vapeur, enlever d’éventuelles contaminations
à l’aide d’alcool et d’un pinceau propre. »

Kurahashi et al. ont rapporté que le traitement du PEEK par un primaire destiné à la
céramique (Clearfil Ceramic Primer Plus) n'a pas montré d'effet significatif sur
l'amélioration de la SBS (3,55 ± 1. 14 MPa) par rapport au groupe témoin (3,19 ± 1,06
MPa). Cependant, lorsque ce même primaire était combiné à un sablage modifié à la
silice, la force d’adhésion SBS était plus élevée (15,32 ± 1,80 MPa) par rapport au
sablage silice seul (12,31 ± 2,10 MPa). Ce primaire à base d'eau s'est avéré adapté à
l'adhésion de surfaces hydrophobes et chimiquement inertes ce qui correspond tout à
fait aux propriétés du PEEK (Kurahashi et al., 2019).

Les performances de collage du PEEK s'améliorent donc nettement donc


lorsque les colles sont associées à un primaire hydrophile et à un traitement de
surface approprié.

Pour conclure, nous ne disposons à l’heure actuelle que de peu de méthodes de


modification de surface réalisables cliniquement en routine pour le PEEK. D’autre part,
la plupart des études disponibles jusqu'à présent en ce qui concerne le collage en
odontologie, ne sont que des études in vitro ou des analyses par éléments finis.
Davantage d’essais cliniques sont nécessaires afin d'évaluer pleinement les
performances et le comportement du PEEK collé à long terme in vivo.
On sait également que le comportement de collage et la qualité de la restauration
dentaire dépendent de la technique de fabrication du PEEK, qu'il s'agisse d'une
impression 3D, d'un fraisage ou d'un pressage à chaud. On ne sait toujours pas quelle

136
est la meilleure méthode de fabrication pour le PEEK en dentisterie prothétique, et il
s'agit là d'un autre domaine qui nécessite un développement plus approfondi.
Enfin, les études disponibles ont rarement étudiées les « nouveaux » PEEK (GFR,
CFR, revêtement titane, silice…), or ils présentent des performances mécaniques
améliorées et pourraient également améliorer son collage (Wang et al., 2022).

Il faut retenir de cette partie que le protocole de collage du PEEK devrait inclure
la combinaison d’un sablage (avec ou sans particules de silice) et d’un primaire
hydrophile. Même si l’acide sulfurique produit de très bons résultats son
utilisation n’est pas envisageable en Odontologie du fait de sa toxicité. Le
plasma-etching produit lui aussi de très bons collages mais c’est un procédé
long et complexe qui sera sans doute réservé à l’industrie.

4.1.8. Protocole de collage suggéré par le fabricant du BioHPP® (source :


bredent.co.uk)

Bredent propose un protocole standardisé à visée des prothésistes dentaires pour le


collage de résine composite cosmétique sur une armature en PEEK de prothèse fixe
implantaire (all-on-four).

Etape 1 : Sablage de l'armature (Figure 75)


Sablez votre armature avec de l'oxyde d'aluminium de 110 μm à une pression de 2 à
3 bars. Les éventuelles impuretés peuvent être éliminées à l'aide d'une brosse propre,
NE PAS nettoyer à la vapeur après le sablage.

Figure 75 : sablage du PEEK (source : bredent.co.uk)

137
Etape 2 : Conditionner à l’aide d’un primaire d’adhésion (Figure 76)
Appliquer une couche fine et uniforme de visio.link et polymériser dans un appareil de
photopolymérisation pendant 90 secondes (plage de longueurs d'onde 370 nm - 400
nm). La zone conditionnée doit avoir une finition semi-mate après le durcissement à la
lumière, et NON brillante.

Figure 76 : application du primaire Visio.link (source : bredent.co.uk)

Etape 3 : Coiffes en titane prêtes à être collées sur l'armature (Figure 77)
Le titane doit être sablé avec de l'oxyde d'aluminium de 110μm à une pression de 3 à
4 bars. NE PAS nettoyer à la vapeur après le sablage.
Appliquer ensuite une fois le primer MKZ et attendre qu'il s'évapore

Figure 77 : sablage du titane (source : bredent.co.uk)

Etape 4 : Chapes en place (Figure 78)


Utiliser une colle duale pour coller les deux parties ensemble et l'agent de séparation
pour empêcher le collage sur le filetage des vis.
Appliquer la colle sur la chape en titane et dans l'armature BioHPP, puis placer
l'armature sur la chape en titane. Le temps de traitement est d'environ deux à trois
minutes à température ambiante.

138
L'adhésif polymérise après sept minutes à température ambiante. Il est également
possible d'accélérer le processus en le plaçant dans un tunnel de polymérisation
pendant 180 secondes.

Figure 78 : collage de l’armature PEEK sur les chapes en titane (source :


bredent.co.uk)

Etape 5 : conditionnement et collage du cosmétique en résine composite HIPC (Figure


79)
Appliquer visio.link en fine couche sur l'armature BioHPP et sur le HIPC (High Impact
Polymer Composite). Polymériser dans un appareil à polymérisation légère pendant
90 secondes, puis utiliser la colle combo.lign pour coller les dents HIPC et l'armature
BioHPP.
Le temps de traitement est d'environ cinq minutes avant le durcissement chimique.
L'autopolymérisation est terminée au bout de 10 minutes. Pour obtenir une stabilité
maximale du combo.lign, il est recommandé de procéder à une photopolymérisation.

Figure 79 : collage de la résine cosmétique sur le PEEK (source : bredent.co.uk)

Etape 6 :Opaqueur pour la gencive (Figure 80)


Appliquer l’opaqueur pour fausse gencive créa.lign en épaisseur de 0,1 mm et laisser
durcir 180 secondes.

139
Figure 80 : application de l’opaqueur gencive (source : bredent.co.uk)

Etape 7 : Maquillage à la résine composite de la fausse gencive (Figure 81)


Utiliser les résines composites de caractérisation (rouge, lilas et beige) de crea.lign.

Figure 81 : maquillage de la fausse gencive (source : bredent.co.uk)

Etape 8 : Finition de la gencive (Figure 82)


Appliquer une fine couche de crea.lign gum paste shade PO (résine composite) et
lisser à l'aide d'un pinceau.

Figure 82 : finition de la gencive (source : bredent.co.uk)

140
Résultat final (figure 83):

Figure 83 : résultat final en place sur le modèle

141
Conclusion

La poursuite de l’utilisation des alliages de Cobalt-Chrome suscite donc certaines


questions éthiques, notamment vis-à-vis de nos patients au vu de l’état actuel des
connaissances. Nous avons vu qu’ils remplissent une fonction essentielle et qu’ils sont
difficilement remplaçables mais aussi qu’ils posent de nombreux problèmes aussi bien
vis-à-vis de leur toxicité avérée que de leur coût environnemental et humain. Quoi qu’il
en soit la législation est claire, si leur utilisation est encore tolérée entre 2021 et 2025,
il sera nécessaire à partir de 2025 de prouver qu'il n’existe aucun matériau de
substitution possible afin de continuer à utiliser cet alliage dans nos prothèses
dentaires. Par ailleurs le Chirurgien-dentiste devra dorénavant faire face à un patient
informé de la mise en place d’une prothèse composée d’une substance CMR.

Cela marque un tournant dans notre pratique de l’odontologie et la question est de


savoir lesquels de nos matériaux seront les prochains concernés.
Nous l’avons vu également, les monomères de nos résines composites ne sont pas
en reste au niveau de la toxicité. Et si la législation est plus floue concernant les
monomères pour le moment, nous pourrions les voir un jour classifiés CMR, auquel
cas nous serions exactement dans le même cas que celui du Cobalt-Chrome.

Le PEEK se place comme un concurrent sérieux, moins dangereux et potentiel


remplaçant de ces matériaux, du moins dans certains cas de figure. Il n’est pour
l’instant pas applicable à tous les cas cliniques et ses procédés de mise en œuvre ne
sont pas encore bien établis. Mais sur le papier il présente des propriétés
comparables, parfois meilleures que ses prédécesseurs qui bénéficient d’un recul
clinique plus important. Des études cliniques de plus grande envergure sont encore
nécessaires avant de pouvoir généraliser et codifier son application en odontologie
prothétique. Mais ce que nous savons déjà semble prometteur et les patients porteurs
de prothèses en PEEK en sont très satisfaits.

142
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connect.de/DOI/DOI?10.1055/s-0041-1731833

166
Table des matières
1. Vers une interdiction des matériaux conventionnels utilisés en odontologie ............. 18

1.1. Les alliages de Co-Cr ...................................................................................................... 18


1.1.1. Définitions ..................................................................................................................................... 18
1.1.2. Historique (Figure 1) ..................................................................................................................... 19
1.1.3. Composition .................................................................................................................................. 20
1.1.4. Propriétés et cahier des charges ................................................................................................... 21
1.1.5. Utilisations en odontologie ........................................................................................................... 25
1.1.6. Comportement biologique et toxicité ........................................................................................... 26
1.1.7. Autres problèmes notables liés aux alliages de Co-Cr .................................................................. 33

1.2. Les monomères ............................................................................................................. 35


1.2.1. Définitions ..................................................................................................................................... 35
1.2.2. Polymérisation des monomères ................................................................................................... 39
1.2.3. Propriétés des résines composites ............................................................................................... 40
1.2.4. Utilisations des monomères en odontologie ................................................................................ 43
1.2.5. Comportement biologique et toxicité ........................................................................................... 44

1.3. Législation..................................................................................................................... 49
1.3.1. Cas des alliages de Cobalt-Chrome (Figure 16) ............................................................................. 49
1.3.2. La réglementation concernant les monomères ............................................................................ 54

2. Une alternative : le PEEK........................................................................................... 56

2.1. Présentation du polymère et définitions (Figure 18)...................................................... 56

2.2. Structure et microstructure ........................................................................................... 58

2.3. Propriétés du PEEK (figure 28) ....................................................................................... 61


2.3.1. Propriétés mécaniques (Table 11) ................................................................................................ 61
2.3.2. Propriétés physiques (Figure 27) .................................................................................................. 64
2.3.3. Propriétés chimiques .................................................................................................................... 68
2.3.4. Comportement biologique ............................................................................................................ 70

2.4. Synthèse du PEEK .......................................................................................................... 72

2.5. Composites de PEEK ...................................................................................................... 73

2.6. Utilisations en odontologie prothétique ........................................................................ 74


2.6.1. Prothèse fixe (Table 13) ................................................................................................................ 76
2.6.2. Prothèse amovible (Table 16) ....................................................................................................... 90
2.6.3. Orthopédie Dento-Faciale et Pédodontie (Table 17) .................................................................... 97

167
2.6.4. Prothèse Maxillo-Faciale (Table 18) .............................................................................................. 99
2.6.5. Implantologie (Table 19) ............................................................................................................. 100

3. CFAO et autres techniques de mise en œuvre .......................................................... 105

3.1. Coulée et moulage / pressée ....................................................................................... 105

3.2. Usinage et procédés soustractifs ................................................................................. 106

3.3. Impression 3D ............................................................................................................. 108


3.3.1. Introduction ................................................................................................................................ 108
3.3.2 Fused filament fabrication (FFF=FDM) pour l’impression des polymères ........................................ 112

4. Utilisation clinique du PEEK .................................................................................... 115

4.1. Pré-traitements et maquillage du PEEK (Table 26) ....................................................... 115


4.1.1. Traitement à l’acide sulfurique ................................................................................................... 116
4.1.2. Plasma-etching ............................................................................................................................ 120
4.1.3. Traitement par laser ................................................................................................................... 124
4.1.4. Sablage ........................................................................................................................................ 126
4.1.5. Comparaison du sablage aux autres traitements ....................................................................... 129
4.1.6. Combinaison de traitements....................................................................................................... 131
4.1.7. Systèmes adhésifs ....................................................................................................................... 134
4.1.8. Protocole de collage suggéré par le fabricant du BioHPP® (source : bredent.co.uk) ................. 137

168
169
PREVOT Hugo – Évolutions réglementaires concernant les alliages de cobalt-
chrome et les monomères utilisés en dentisterie : le PEEK, une alternative
«safe»?

Nancy 2023 : 170 pages, 83 figures, 26 tableaux


Th. : Chir.-Dent. : Nancy 2023

Mots-clefs :
- cobalt-chromium dental alloys
- dental resins
- CMR classification
- polyether-ether-ketone (PEEK)
- dental restoration
Résumé :
Les matériaux de restaurations utilisés par les chirurgiens-dentistes font souvent l’objet de
discussions voire de polémiques. Les amalgames dentaires ont ainsi soulevés de nombreuses
interrogations qui ont abouti à une interdiction partielle depuis 2018. Le Bisphénol-A entrant dans
la composition de certaines résines composites est sur la sellette. Depuis 2020, le cobalt
métallique est classé comme substance CMR : Cancérigène Mutagène Reprotoxique. Ce dernier
entre dans la composition de nombreux dispositifs médicaux utilisés quotidiennement en
odontologie. À travers ce travail, nous étudions plus amplement ces matériaux et leur toxicité
supposée ainsi que la législation récente qui les encadre.
Nous décrivons ensuite le PEEK ou polyétheréthercétone : un matériau léger, hydrophobe, ne
favorisant pas le dépôt de plaque, dépourvu de substances métalliques, et ne libérant pas de
monomères toxiques. Il se présente comme une excellente alternative « safe » aux métaux mais
aussi à de nombreux biomatériaux qui entrainent le relargage de monomères. Nous nous
intéressons à sa possible utilisation clinique en odontologie, à sa mise en œuvre en laboratoire
ainsi qu’aux obstacles restant à surmonter avant de pouvoir généraliser son utilisation. Nous nous
intéressons particulièrement à la mise en œuvre par impression 3D et au collage de ce matériau.

Jury :
Président : Pr. E. MORTIER Professeur des Universités
Membres : Dr. V. MOBY Maître de Conférences
Dr. C. AMORY Maître de Conférences
Dr. C. GERBER Chef de clinique des universités – Assistant des hôpitaux
Directrice de thèse : Dr V. MOBY

Adresse de l’auteur :
Hugo PREVOT
53 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny
54000, Nancy

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