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Chap 2

Le document traite des polynômes annulateurs et du polynôme minimal dans le contexte des endomorphismes et des matrices. Il présente des définitions, des théorèmes, des propositions et des exemples illustrant comment ces concepts s'appliquent aux espaces vectoriels et aux matrices. Le théorème de Cayley-Hamilton et la caractérisation de la diagonalisation sont également abordés.

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Le document traite des polynômes annulateurs et du polynôme minimal dans le contexte des endomorphismes et des matrices. Il présente des définitions, des théorèmes, des propositions et des exemples illustrant comment ces concepts s'appliquent aux espaces vectoriels et aux matrices. Le théorème de Cayley-Hamilton et la caractérisation de la diagonalisation sont également abordés.

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Polynômes annulateurs, polynôme minimal

Polynôme d’endomorphismes, de matrices


Polynômes annulateurs
Théorème de Cayley Hamilton
Polynôme minimal
Caractérisation de diagonalisation
Polynôme d’endomorphismes, de matrices
Définition
n
X
Soient A ∈ Mn (K), u ∈ L(E ) et P ∈ K[X ] tel que P(X ) = ak X k .
k=0
On définit P(u) comme étant l’endomorphisme défini par :

n
X
P(u) = ak u k , avec u k = u ◦ u ◦ u · · · ◦ u ; u 0 = IdE .
| {z }
k=0 k fois

P(A) comme étant la matrice définie par :

n
X
P(A) = ak Ak , avec Ak = A × A × A · · · × A ; A0 = In .
| {z }
k=0 k fois

Exemple
Soit P(X ) = X 2 + 2X + 3, alors on définit P(A) par : P(A) = A2 + 2A + 3In
et P(u) par : P(u) = u 2 + 2u + 3Id = u ◦ u + 2u + 3IdE .
M. El Ossmani, M El Lekhlifi et A. Taakili Polynôme d’endomorphismes, de matrices 1 / 11
On dit que P(u) est un polynôme de l’endomorphisme u et P(A) est un polynôme de la matrice A. Alors :

Théorème
1 Soit E un K-espace vectoriel puis u ∈ L(E ).

I ∀ (P, Q) ∈ (K[X ])2 : (P + Q)(u) = P(u) + Q(u).


I ∀ P ∈ K[X ], ∀ λ ∈ K : (λP)(u) = λP(u).
I ∀ (P, Q) ∈ (K[X ])2 : (P × Q)(u) = P(u) ◦ Q(u).

2 Soit A ∈ Mn (K). Alors :

I ∀ (P, Q) ∈ (K[X ])2 : (P + Q)(A) = P(A) + Q(A).


I ∀ P ∈ K[X ], ∀ λ ∈ K : (λP)(A) = λP(A).
I ∀ (P, Q) ∈ (K[X ])2 : (P × Q)(A) = P(A) × Q(A).

Démonstration. (Exercice)

Exemple
Si P(X ) = (X − 1)2 (X − 2).Alors : P(u) = (u − IdE )2 ◦ (u − 2IdE ) et P(A) = (A − In )2 × (A − 2In ).

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Proposition
n o
1 K[u] = P(u) tel que P ∈ K[X ] est stable pour les opérations :
  
+, P(u) + Q(u) ; ·, λP(u) ; ◦, P(u) ◦ Q(u) .
n o
2 K[A] = P(A) tel que P ∈ K[X ] est stable pour les opérations :
  
+, P(A) + Q(A) ; ·, λP(A) ; ×, P(A) × Q(A) .
Autrement dit, K[u] (resp. K[A]) est une sous algèbre commutative de L(E ) (resp. de
Mn (K)). De plus, les applications :

Φu : K[X ] −→ L(E ) ΦA : K[X ] −→ Mn (K)


et
P 7−→ P(u) P 7−→ P(A)
sont des morphismes de K-algèbre.

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Exemple
Soient P et Q deux polynômes tels que :

P(X ) = X + 2 et Q(X ) = X − 3.

Comparer : P(u) ◦ Q(u) et Q(u) ◦ P(u). En effet, on a :

P(u) ◦ Q(u) = (u + 2IdE ) ◦ (u − 3IdE ) = u 2 − u − 6IdE .

et
Q(u) ◦ P(u) = (u − 3IdE ) ◦ (u + 2IdE ) = u 2 − u − 6dE .
D’où :
P(u) ◦ Q(u) = Q(u) ◦ P(u).

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Action de P(u) sur un vecteur x :
n
X
Si P(X ) = ak X k , on peut faire agir P(u) qui est un endomorphisme sur un vecteur x ∈ E .
k=0 n n
X  X
P(u)(x ) = ak u k (x ) = ak u k (x )
k=0 k=0

n
 X k
et non pas ! ! ! P u(x ) = ak u(x ) qui n’aurait pas de sens car u(x ) est un vecteur ! ! !
k=0

Exemple
u(x ) = 2x . P(X ) = X 2 − 3. On a

P(u)(x ) = (u 2 − 3IdE )(x ) = (u ◦ u)(x ) − 3IdE (x ) = u(2x ) − 3x = 4x − 3x = x ,

mais P(u(x )) = u(x )2 − 3 n’a pas de sens ! ! !

On peut remarquer aussi que (u 2 − 3idE )(x ) = IdE (x ), soit u 2 − 3IdE = IdE ⇒ u 2 − 4IdE = 0.
Si on pose Q(X ) = X 2 − 4 on aura Q(u) = u 2 − 4IdE = 0, un tel polynôme sera appelé annulateur de u.
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Polynômes annulateurs

Définition
Soit P ∈ K[X ]. On dit que P est un polynôme annulateur de u (resp. de A) si P(u) = 0 (resp. P(A) = 0). (P(u)
est l’endomorphisme nul ; P(A) est la matrice nulle).

Proposition
Si E est de dimension finie n. Tout endomorphisme u de E (resp. toute matrice A ∈ Mn (K )) admet un polynôme
annulateur non nul.

Démonstration. Allons y ........

Théorème de Cayley-Hamilton((Admis)
Le polynôme caractéristique de u (resp de A) est un polynôme annulateur de u (resp de A). (i.e. Pu (u) = 0,
PA (A) = 0)

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Polynôme minimal
Théorème
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n finie. Soient u ∈ L(E ) et A ∈ Mn (K). Alors, il existe un unique
polynôme unitaire P0 annulateur de u (resp. de A) tel que

ker φu = P0 × K[X ] (resp. ker φA = P0 × K[X ]).

D’où la définition suivante :

Définition
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie et u un endomorphisme de E . L’unique polynôme P0 tel
que ker φu = P0 × K[X ] est appelé le polynôme minimal de u et se note Mu .
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie et A ∈ Mn (K). L’unique polynôme P0 tel que
ker φA = P0 × K[X ] est appelé le polynôme minimal de A et se note MA .

Proposition
Soit P un polynôme annulateur de u (resp. A), alors toute valeur propre de u (resp. de A) est racine de P.

Démonstration
Exercice
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Polynôme minimal

Propriétés
1 Si P est un polynôme annulateur de u (resp. de A), alors Mu divise P (resp. MA divise P). En particulier
Mu /Pu .
2 Un scalaire λ est une valeur propre de u (resp. de A) si et seulement s’il est racine du polynône minimal Mu
(resp. MA ).
p p
Y Y
3 Si Pu (X ) = (λi − X )m(λi ) alors Mu (X ) = (X − λi )βi , avec βi 6 m(λi ).
i=1 i=1

Exemple
!
3 1 0
Déterminer le polynôme minimal de A = −4 −1 0
4 8 −2

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Théorème (Théorème de décomposition des noyaux)
Soient E un K-espace vectoriel et u ∈ L(E ). Soient P et Q deux polynômes de K[X ] premiers entre eux. Alors :

Ker((P × Q)(u)) = Ker(P(u)) ⊕ Ker(Q(u)).

Si de plus, (P × Q) est annulateur de u, on a :

E = Ker(P(u)) ⊕ Ker(Q(u)).

Démonstration
Allons y . . .
Généralisation

Théorème
Soit E un K-espace vectoriel puis u ∈ L(E ). Soient P1 , P2 , · · · , Pk des polynômes premiers entre eux deux
à deux. Alors
Ker((P1 × P2 × · · · × Pk )(u)) = ⊕ki=1 Ker(Pi (u)).
Soit A ∈ Mn (K). Soient P1 , P2 , · · · , Pk des polynômes premiers entre eux deux à deux. Alors

Ker((P1 × P2 × · · · × Pk )(A)) = ⊕ki=1 Ker(Pi (A)).


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Théorème
Soit E un K-espace vectoriel puis u ∈ L(E ). Soient P1 , P2 , · · · , Pk des polynômes
premiers entre eux deux à deux puis P = P1 × P2 × · · · × Pk . On suppose de plus
que P est annulateur de u, alors

E = ⊕ki=1 Ker(Pi (u)).

Soit A ∈ Mn (K). Soient P1 , P2 , · · · , Pk des polynômes premiers entre eux deux à


deux puis P = P1 × P2 × · · · × Pk . On suppose de plus que P est annulateur de A,
alors
Kn = ⊕ki=1 Ker(Pi (A)).

Exemple
Projection.
Symétrie.

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Une nouvelle caractérisation de la diagonalisabilité

Nous arrivons ainsi à une nouvelle condition nécessaire et suffisante de diagonalisation.


Théorème
Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie puis u ∈ L(E ). Alors, u est
diagonalisable si et seulement si il existe un polynôme P non nul annulateur de u
scindé sur K à racines simples.
Soit A ∈ Mn (K). Alors A est diagonalisable si et seulement s’il existe un
polynôme P non nul annulateur de A scindé sur K à racines simples.

Théorème
Soit u ∈ L(E ) (resp A ∈ Mn (K )) est diagonalisable si et seulement si son polynôme
minimal a toutes ses racines dans K et celles-ci sont simples.

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