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Réduction des Matrices et Algèbre Bilinéaire

Le document traite de la réduction des matrices et de l'algèbre bilinéaire, en se concentrant sur des concepts tels que la trigonalisation, la diagonalisation, et les valeurs propres. Il présente des définitions, des théorèmes et des propositions concernant les applications linéaires, les endomorphismes, ainsi que les polynômes caractéristiques. Les auteurs, Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili, fournissent également des exemples et des applications pratiques pour illustrer ces concepts.

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Réduction des Matrices et Algèbre Bilinéaire

Le document traite de la réduction des matrices et de l'algèbre bilinéaire, en se concentrant sur des concepts tels que la trigonalisation, la diagonalisation, et les valeurs propres. Il présente des définitions, des théorèmes et des propositions concernant les applications linéaires, les endomorphismes, ainsi que les polynômes caractéristiques. Les auteurs, Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili, fournissent également des exemples et des applications pratiques pour illustrer ces concepts.

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Réduction des matrices & Algèbre bilinéaire

Préparé par: Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A.


Taakili
Trigonalisation-Réduite de Jordan
Réduction des matrices/endomorphismes
I Trigonalisation
I Motivation
I Réduite de Jordan
I Valeurs propres, vecteurs propres
I Exemples et applications
I Polynôme caractéristique
I Applications Formes bilinéaires–Formes hermitiennes
I Définitions
Polynômes annulateurs, polynôme minimal
I Espace préhilbertien-espace euclidien
I Polynôme d’endomorphismes, de matrices
I Rang et noyau d’une forme quadratique
I Polynômes annulateurs
I Existence d’une base orthogonale
I Théorème de Cayley Hamilton
I Signature d’une forme quadratique
I Polynôme minimal
I Réduction de Gauss des formes
I Caractérisation de diagonalisation
quadratiques
Réduction des endomorphismes : Diagonalisation
Motivation
Soit A ∈ Mn (K) une matrice carrée. On veut calculer Ap , p ∈ N. On a trois cas :
λp1
   
λ1
.. ..
1 Si A est diagonale : A =  0 . 0 , on a alors Ap = 
0 . 0 .
λn λpn
2 Si A est non diagonale, mais semblable à une matrice diagonale D (dans ce cas on dit que A est
diagonalisable) : A = PDP −1 , on a :

Ap = PDP −1 × PDP −1 × · · · × PDP −1 = PD p P −1 .


| {z }
p fois

3 Si A est non diagonalisable, mais trigonalisable : A = P(D + N)P −1 avec D diagonale et N nilpotente. Alors

p
X 
Ap = P(D + N)p P −1 = P Cpk D k N p−k P −1
k=1

4 Les autres cas ne seront pas étudiés ici.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Motivation 1 / 32


Définition
Une application f : Kn −→ Kp définie par f (x1 , · · · , xn ) = (y1 , · · · , yp ) est dite
application linéaire si:




y1 = a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1n xn

 y2 = a21 x1 + a22 x2 + · · · + a2n xn


.. ..



 . = .


 yp = ap1 x1 + ap2 x2 + · · · + apn xn

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Motivation 2 / 32


En notation matricielle, on a:
      
x1 y1 a11 a12 · · · a1n x1

 x2  
  y2  
  a21 a22 · · · a2n 
 x2 

f .. = .. = .. .. ..  .. ,
. . . . . .
      
      
xn yp ap1 ap2 · · · apn xn
 
x1

 x2 

ou encore, si on note X =  ..  et A ∈ Mp,n (K) la matrice (aij ),
.
 
 
xn

f (X ) = AX

Autrement dit, une application linéaire f : Kn −→ Kp peut s’écrire X 7−→ AX . La


matrice M ∈ Mp,n (K) est appelée: la matrice de l’application linéaire f .

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Motivation 3 / 32


Rappels et compléments

Définition
1 Une application linéaire f entre 2-K espaces vectoriels est une application
f : E −→ F telle que: ∀(x , y ) ∈ E 2 , ∀(α, β) ∈ K2 :

f (αx + βy ) = αf (x ) + βf (y ).

2 Un endomorphisme de E est une application linéaire de E dans E .

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Rappels et compléments 4 / 32


Rappels et compléments

Proposition
1 Soit f : E −→ F une application linéaire. f est injective si et seulement si
Kerf = {0E }, où Kerf = {x ∈ E : f (x ) = 0F }.
2 Si E de dimension finie n et u ∈ L(E ), de matrice A dans une base B de E . Les
assertions suivantes sont équivalentes:

(a) u est injective (e) det(A) 6= 0


(b) u est surjective (f ) dim(Kerf ) = 0
(c) u est bijective (g) rang(u) = dimE = n
(d) A est inversible

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Rappels et compléments 5 / 32


Rappels et compléments

Définition
Soit (A, B) ∈ (Mn (K))2 . La matrice A est semblable à la matrice B si et seulement s’il
existe: P ∈ Mn (K) inversible telle que B = P −1 AP.

Théorème
La relation “A est semblable à B” est une relation d’équivalence sur Mn (K).

Démonstration : Exercice.
Théorème
On suppose que E et de dimension finie n ∈ N∗ . Soient B et B 0 deux bases de E . Soient
A = MatB (u), B = MatB0 (u) et P la matrice de passage de B à B 0 . Alors A = PBP −1
ou aussi B = P −1 AP

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Rappels et compléments 6 / 32


Théorème
Soit (A, B) ∈ (Mn (K))2 . On suppose que A et B sont semblables. Alors:
rang(A) = rang(B).
det(A) = det(B) et Tr (A) = Tr (B).

Démonstration : Exercice.
Théorème
Soit (A, B) ∈ (Mn (K))2 . On suppose que A et B sont semblables. Alors: A est
inversible si et seulement si B est inversible.
Démonstration : Exercice.
Théorème
Soit (A, B, P) ∈ (Mn (K))3 , tel que B = P −1 AP (P inversible). Alors:

∀p ∈ N, B p = P −1 Ap P.

Si de plus A est inversible, alors: ∀k ∈ Z, B k = P −1 Ak P.


Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Rappels et compléments 7 / 32
Valeurs propres, vecteurs propres
E un K-espace vectoriel.

Définition
Soit λ ∈ K, λ est dite valeur propre de l’endomorphisme u (resp. de A ∈ Mn (K)) s’il existe un vecteur non nul
x ∈ E (resp. X ∈ Kn ) tel que
u(x ) = λx , (resp. AX = λX ),
le vecteur x (resp. X ) est alors appelé vecteur propre de u (resp. A) pour la valeur propre λ.

On remarque que le vecteur x est vecteur propre de l’endomorphisme u pour la valeur propre λ si et seulement si
(u − λ idE )(x ) = 0, c’est-à-dire x ∈ Ker(u − λ idE ).

Remarque
1 0 peut être valeur propre, les vecteurs propres associés vérifient : u(x ) = 0 · x = 0 ⇒ x ∈ ker u (x appartient
au noyau de u),
2 une valeur propre (par exemple 0) peut être associée à plusieurs vecteurs propres (par exemple noyau de u),
3 à un vecteur propre n’est associé qu’une valeur propre :
4 u injective ⇐⇒ ker u = {0}. D’où 0 n’est pas une valeur propre de u.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Valeurs propres, vecteurs propres 8 / 32
Spectre

Définition
On appelle spectre de u et on note Sp(u) l’ensemble des valeurs spectrales de u,
c’est-à-dire l’ensemble des λ ∈ K tels que u − λidE n’est pas pas bijective.

λ est une valeur propre de u ssi u − λidE est non injective.


Proposition
Si E est de dimension finie, alors Sp(u) est l’ensemble de valeurs propres de u

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Valeurs propres, vecteurs propres 9 / 32
Sous-espace propre
Définition
Soient u ∈ L(E ) (resp. A ∈ Mn (K)) et λ valeur propre de u (resp. A). On appelle sous-espace
propre associé à λ l’esemble Eλ défini par :

Eλ = {x ∈ E / u(x ) = λx } (resp. Eλ = {X ∈ Kn / AX = λX }).

Remarque
1 Eλ = ker(u − λ idE ) (resp. Eλ = ker(A − λ In )).
2 λ1 6= λ2 =⇒ Eλ1 ∩ Eλ2 = {0}.

Proposition
1 Eλ est un sous-espace vectoriel de E (resp. Kn ).
2 Eλ est stable par u (resp. A) : u(Eλ ) ⊂ Eλ (resp. ∀ X ∈ Eλ , AX ∈ Eλ ).

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Sous-espace propre 10 / 32


Lemme
Toute famille finie de vecteurs propres associés à des valeurs propres 2 à 2 distinctes est libre.

Démonstration

Corollaire
Soit Eλ1 , · · · , Eλp des sous–espaces propres associés à des valeurs propres deux à deux distinctes.
Alors :
Eλ1 + · · · + Eλp = Eλ1 ⊕ · · · ⊕ Eλp ( la somme est directe)

En termes de rang

Proposition
Soit A ∈ Mn (K), λ ∈ K est une valeur propre de A ssi A − λIn n’est pas inversible ssi
rang(A − λIn ) < n

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Sous-espace propre 11 / 32


Recherche des éléments propres
Dans la suite, on considère E de dimension finie n.
Pour trouver les éléments propres d’une matrice, on doit résoudre AX = λX ,soit
(A − λIn )X = 0
et on doit avoir une solution autre que X = 0. Une condition nécessaire et suffisante
pour que le problème admet une solution X non nul est det(A − λIn ) = 0 (c’est-à-dire le
système n’est pas de Cramer). D’où le résultat :
λ valeur propre de A ⇐⇒ det(A − λIn ) = 0

Exemple
 
0 −3 −2
A= 2 7 4
 
−2 −6 −3
Déterminer les valeurs propres de A.
Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Recherche des éléments propres 12 / 32
Polynôme caractéristique

Définition
On appelle polynôme caractéristique de A, noté PA , le polynôme de degré n défini par :

PA (X ) = det(A − XIn ).

D’où le résultat :
Proposition
λ valeur propre de A ⇐⇒ λ racine de PA

Démonstration
On a vu que λ est valeur propre de A si et seulement si A − λIn est non bijectif, ce qui est équivaut à
det(A − λIn ) = 0, c’est-à-dire PA (λ) = 0.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Polynôme caractéristique 13 / 32


Polynôme caractéristique

Théorème
1 PA (X ) est un polynôme de degré n en X , à coefficients dans K.
2 Le coefficient dominant (celui de X n ) de PA est: (−1)n .
3 Le coefficient constant est: det(A).
4 Le coefficient de degré (n-1) est: (−1)n−1 Tr (A).

Conclusion:

PA (X ) = (−1)n X n + (−1)n−1 X n−1 + · · · + det(A).


Démonstration: Exercice.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Polynôme caractéristique 14 / 32


Polynôme caractéristique d’un endomorphisme
Corollaire
Soient A et B deux matrices associées à un endomorphisme u ∈ L(E ). Alors PA = PB .

En effet :
A et B sont alors semblables et il existe une matrice P inversible telle que : B = P −1 AP. Calculons PB (X )

PB (X ) = det(B − XIn ) = det(P −1 AP − XIn )


= det(P −1 AP − XP −1 P) = det(P −1 (A − XIn )P)
= det(P −1 ) det(A − XIn ) det(P)
= det(A − XIn )
= PA (X ).

Donc le polynôme caractéristique ne dépend pas du choix de la matrice représentative de u. D’où :

Définition
On appelle polynôme caractéristique de u noté Pu le polynôme caractéristique d’une matrice de u dans une base
donnée de E .

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Polynôme caractéristique 15 / 32


Exemple
Soit u un endomorphisme de R3 défini par:

u(x , y , z) = (−3y − 2z, 2x + 7y + 4z, −2x − 6y − 3z).

Déterminer le polynôme caractéristique de u.

Remarque
Si E est de dimension n, alors:
Le polynôme caractéristique d’un endomorphisme de E est de degré n, il a donc au
plus n racines.
L’endomorphisme u a donc au plus n valeurs propres. Si le corps K = C, alors tout
endomorphisme admet au moins une valeur propre.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Polynôme caractéristique 16 / 32


Multiplicité d’une valeur propre
Définition
L’ordre de multiplicité noté: m(λ) d’une valeur propre λ est appelé l’ordre de multiplicité de la racine λ dans le
polynôme caractéristique.

Exemple
Si Pu (X ) = (2 − X )3 (X + 2)2 (1 + X 2 ). Alors
2 est valeur propre de multiplicité 3 =⇒ m(2) = 3.
−2 est valeur propre de multiplicité 2 =⇒ m(−2) = 2.

Théorème
Soient u un endomorphisme de E et Pu son polynôme caractéristique. Soient λ une valeur propre de u, m(λ) sa
multiplicité dans Pu et Eλ le sous-espace propre associé, alors on a

1 6 dim Eλ 6 m(λ)

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Polynôme caractéristique 17 / 32


Démonstration
Rappelons que si λ est une racine de Pu de multiplicité m, on a

Pu (X ) = (λ − X )m Q(X ) avec Q(λ) 6= 0.

Soit λ une valeur propre de u et Eλ son sous-espace propre, on note p = dim Eλ et (e1 , . . . , ep ) une base
de Eλ . On complète cette base en une base de E (e1 , . . . , ep , ep+1 , . . . , en ). Dans cette base, la matrice
de u est de la forme  
λIp C
A= ,
0 B
d’où det(A − XIn ) = (λ − X )p det(B − XIn−p ) =⇒ (λ − X )p divise Pu =⇒ p = dim Eλ 6 m(λ).
Par ailleurs, par définition d’une valeur propre et d’un sous-espace propre, on a toujours dim Eλ > 1.

Corollaire
Si λ est une valeur propre simple(m(λ)=1) d’un endomorphisme (resp. d’une matrice
A), alors:
dim(Eλ ) = 1.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Polynôme caractéristique 18 / 32


Définition
Un polynôme P(X ) ∈ K[X ] est dit scindé sur K s’il peut s’écrire comme produit des
polynômes du premier degré dans K[X ], c’est-à-dire toutes les racines de P(X ) sont
dans K.

Exemple
1 K=R
I PA (X ) = (X − 2)2 (X − 3) = (X − 2)(X − 2)(X − 3) est scindé.
I PB (X ) = (X 2 + 1)(X − 1) n’est pas scindé.
2 K = C:Tout polynôme de C[X ] est scindé, alors:

PB (X ) = (X 2 + 1)(X − 1) = (X − i)(X + i)(X − 1).

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Polynôme caractéristique 19 / 32


Remarque
1 Pour tout polynôme P ∈ K[X ] non nul, on a:
X
P scindé sur K ⇐⇒ m(λ) = deg(P).
λ racine de P
2 Donc, si K = C, on a toujours:
X
deg(P) = m(λ).
λ racine de P

Proposition
Soit A ∈ Mn (C). On note (λi )16i6n les éventuelles valeurs propres complexes de A
(comptées avec leur ordre de multiplicité), alors
n
X n
Y
Tr(A) = λi et det(A) = λi .
i=1 i=1

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Polynôme caractéristique 20 / 32


Endomorphismes et matrices diagonalisables

Définition
On dit que l’endomorphisme u de E est diagonalisable, s’il existe une base de E formée de vecteurs propres de u.

Définition
Soit A une matrice d’ordre n. On dit que A est diagonalisable sur K s’il existe une matrice P ∈ Mn (K) inversible
telle que P −1 AP soit diagonale.

Théorème Critère de diagonalisation


Une matrice A (resp. un endomorphisme u) est diagonalisable si et seulement si
i) Son polynôme caractéristique PA (resp. Pu ) a toutes ses racines dans le corps K (scindé)
ii) Pour chaque valeur propre λ de multiplicité m(λ), on a: m(λ) = dim Eλ .

Démonstration: exercice.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Endomorphismes et matrices diagonalisables 21 / 32


Exemple
Si Pu (X ) = (X 2 + 1)(X − 1), alors: u n’est pas diagonalisable sur R.

Corollaire
Si le polynôme caractéristique de u (resp. de A) a
n racines distinctes deux à deux,alors: u (resp. A) est diagonalisable.

Exemple
Si Pu (X ) = (X 2 + 1)(X − 1), alors: u est diagonalisable sur C.

Démonstration
n
Y
Pu (X ) = (λi − X ), d’après le théorème précédent, on a 1 6 dim(Eλi ) 6 m(λi ) = 1, ∀ i = 1, · · · , n.
i=1
Donc dim(Eλi ) = m(λi ), ∀ i = 1, · · · , n.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Endomorphismes et matrices diagonalisables 22 / 32


Exemple
 
4 −2
Diagonalisons la matrice A = . Pour cela on détermine ses valeurs propres :
1 1

4−λ −2
det(A − λI) = 1 1 − λ = (4 − λ)(1 − λ) + 2 = λ2 − 5λ + 6 = (λ − 2)(λ − 3).
ô

Ainsi, la matrice A admet deux valeurs propres distinctes, qui sont λ1 = 2 et λ2 = 3. Elle est diagonalisable.
Déterminons une base de vecteurs propres :
    
4 −2 x 2x
= ⇐⇒ x = y ,
1 1 y 2y

d’où le vecteur propre u1 = (1, 1) associé à la valeur propre λ1 = 2.


    
4 −2 x 3x
= ⇐⇒ x = 2y ,
1 1 y 3y

d’où le vecteur propre u2 = (2, 1) associé à la valeur propre λ2 = 3.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Endomorphismes et matrices diagonalisables 23 / 32


Dans la base (u1 , u2 ), la matrice s’écrit
 
2 0
A0 = .
0 3

On a A = PA0 P −1 où    
1 2 −1 2
P= et P −1 = .
1 1 1 −1

Exercice
Soit  
1 0 0
A = 0 1 0
 
1 −1 2
Démontrer que A est diagonalisable et trouver une matrice P telle que P −1 AP soit
diagonale.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Endomorphismes et matrices diagonalisables 24 / 32


Solution
Commençons par calculer le polynôme caractéristique de A :

1−X 0 0
PA (X ) = 0 1−X 0 = (1 − X )2 (2 − X )
1 −1 2−X

Les racines du polynôme caractéristique sont les réels 1 avec la multiplicité 2, et 2 avec la multiplicité 1.
Déterminons les sous-espaces propres associés : Soit E1 le sous-espace propre associé à la valeur propre double 1.
E1 = {V (x , y , z) ∈ R3 / A.V = V },
(
x =x
V ∈ E1 ⇐⇒ y =y ⇐⇒ x − y + z = 0
x −y +z =0

E1 est donc un plan vectoriel, dont les vecteurs e1 = (1, 1, 0) et e2 = (0, 1, 1) forment une base. Soit E2 le
sous-espace propre associé à la valeur propre simple 2.
E2 = {V (x , y , z) ∈ R3 / A.V = 2V },
(
x = 2x
V ∈ E2 ⇐⇒ y = 2y ⇐⇒ x = 0, y = 0
x − y + 2z = 2z

E2 est donc une droite vectorielle, dont le vecteur e3 = (0, 0, 1) est une base.
Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Endomorphismes et matrices diagonalisables 25 / 32
Les dimensions des sous-espaces propres sont égales aux multiplicités des valeurs propres
correspondantes, la matrice A est donc diagonalisable. Dans la base (e1 , e2 , e3 )
l’endomorphisme représenté par A (dans la base canonique) a pour matrice
 
1 0 0
D = 0 1 0
 
0 0 2

la matrice de passage  
1 0 0
P = 1 1 0
 
0 1 1
vérifie P −1 AP = D.

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Endomorphismes et matrices diagonalisables 26 / 32


Puissance d’une matrice  
−1 1 1
Soit A la matrice définie par : A =  1 −1 1  . Calculons An pour n ∈ N.
1 1 −1
On montre facilement que A est diagonalisable et que Spec(A) = {1, −2}. A s’écrit alors sous la
forme de A = PDP −1 avec
     
1 0 0 1 1 0 1 1 1
1
D =  0 −2 0  ; P= 1 0 1  ; P −1 =  2 −1 −1  .
3
0 0 −2 1 −1 −1 −1 2 −1
On a donc
 
1 0 0
An = PD n P −1 = P 0 (−2)n 0  P −1
0 0 (−2)n

1 − (−2)n+1 1 − (−2)n 1 − (−2)n


 
1
= 1 − (−2)n 1 − (−2)n+1 1 − (−2)n .
3
1 − (−2)n 1 − (−2)n 1 − (−2)n+1

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Puissance d’une matrice 27 / 32


Exponentiel d’une matrice
Définition
On appelle exponentielle de A ∈ Mn (K ) la somme de la série normalement convergente


X An
exp(A) =
n!
n=0

Exemple
exp(Diag(λ1 , . . . , λn )) = Diag(e λ1 , . . . , e λn ), en particulier exp(O) = In
!
−1 1 1
Calculons exp(A) pour A = 1 −1 1 .
1 1 −1

On a A = PDP −1 donc exp(A) = P exp(D)P −1 (à vérifier !!! )

or D = Diag(1, −2, −2) donc exp(D) = Diag(e, e −2 , e −2 )

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Exponentiel d’une matrice 28 / 32


Suites récurrentes
On considère les suites (un )n∈N , (vn )n∈N et (wn )n∈N définies pour tout n ∈ N par :

 un+1 = −un + vn + wn

vn+1 = un − vn + wn

(I)

 wn+1 = un + vn − wn
 3
(u0 , v0 , w0 ) ∈ R
!
un
Nous devons trouver l’expression de un , vn et wn en fonction de n, u0 , v0 et w0 . Soit Xn = vn , on a alors
wn
!
−1 1 1
(I) ⇐⇒ Xn+1 = AXn avec A = 1 −1 1 .
1 1 −1
On vérifie facilement par récurrence que
Xn = An X0 , ∀ n ∈ N.
D’où :
1 − (−2)n+1 1 − (−2)n 1 − (−2)n
!   !
un u0
1
Xn = vn =  1− (−2)n 1− (−2)n+1 1− (−2)n  v0
wn 3 w0
1 − (−2)n 1 − (−2)n 1 − (−2)n+1

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili  Suites n+1


récurrentes n  29 / 32
Systèmes linéaires différentiels du premier ordre
 0
 x (t) = −x (t) + y (t) + z(t)

On considère le système différentiel suivant : (II) y 0 (t) = x (t) − y (t) + z(t)

 0
z (t) = x (t) + y (t) − z(t)
où x , y et z 
sont troisfonctions dérivables
 0 définies sur R.
x (t) x (t)
Soit X (t) =  y (t) . Alors X 0 (t) =  y 0 (t)  et le système (II) s’écrit sous la forme :
z(t) z 0 (t)
 
−1 1 1
X 0 (t) = A · X (t) avec A =  1 −1 1 .
1 1 −1

Or A est diagonalisable : A = PDP −1 où les matrices P et D sont données précédemment.

X 0 (t) = AX (t) = PDP −1 X (t) ⇐⇒ P −1 X 0 (t) = DP −1 X (t).

Pr. M. El Ossmani, Pr. M. El Lekhlifi et Pr. A. Taakili Systèmes linéaires différentiels du premier ordre 30 / 32
Posons X̃ (t) = P −1 X (t) ( X (t) = P X̃ (t)), le système (II) est alors équivalent à

X̃ 0 (t) = D X̃ (t).

La résolution de ce dernier système est facile puisque la matrice D est diagonale :


( (
x̃ 0 (t) = x (t) x̃ (t) = x0 e t
X̃ 0 (t) = D X̃ (t) =⇒ ỹ 0 (t) = −2y (t) =⇒ ỹ (t) = y0 e −2t
z̃ 0 (t) = −2z(t) z̃(t) = z0 e −2t

où x0 , y0 et z0 sont des constantes réelles.


Les fonctions x , y et z solutions de (II) sont données par :
! ! !
x (t) 1 1 0 x0 e t
X (t) = y (t) = P X̃ (t) = 1 0 1 y0 e −2t
z(t) 1 −1 −1 z0 e −2t
!
x0 e t + y0 e −2t
= x0 e t + z0 e −2t .
x0 e t − (y0 + z0 )e −2t

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Équations différentielles d’ordre supérieur
On considère l’équation différentielle linéaire d’ordre trois suivante :

(III) y 000 (t) − y 00 (t) − y 0 (t) + y (t) = 0. (1)


     
y (t) y 0 (t) y 0 (t)
On pose Y (t) =  y (t) . Alors Y 0 (t) =  y 00 (t)  = 
 0
y 00 (t)
    

y 00 (t) y 000 (t) −y (t) + y 0 (t) + y 00 (t)
et l’équation (III) s’écrit sous la forme :
 
0 1 0
Y 0 (t) = B · Y (t) avec B =  0 0 1  .
 
−1 1 1

Pour déterminer la solution Y , il suffit de diagonaliser B et suivre les mêmes démarches


que dans le cas précédent.

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