Eduscol-Mesures Et Incertitudes
Eduscol-Mesures Et Incertitudes
VOIE GÉNÉRALE
VOIE GÉNÉRALE
ET TECHNOLOGIQUE
2DE 1RE TLE
Physique-chimie
ENSEIGNEMENT
COMMUN
SPECIALITE
Sommaire
Préambule 2
Groupe IREM « Mesure
et incertitudes » de Les programmes de physique-chimie 2
l’Université de Paris En seconde générale et technologique 2
En première générale 2
En terminale générale 3
Tableaux récapitulatifs des programmes 3
Variabilité de la mesure d’une grandeur physique 4
Introduction à la mesure et à sa variabilité 4
Exploiter une série de mesures : histogramme, moyenne et écart-type 7
Représenter un histogramme à l’aide d’un tableur ou avec Python™ 12
Évaluer qualitativement la dispersion d’une série de mesures 14
Discuter de l’influence de l’instrument de mesure et du protocole 15
Valeur mesurée et incertitude-type 16
Définition de l’incertitude-type 16
Évaluer une incertitude-type par une approche statistique (type A) 19
Évaluer une incertitude-type par une autre approche (type B) 21
Incertitudes-types composées 28
Évaluations par le calcul 29
Évaluation par simulation numérique 32
Écriture du résultat et comparaisons 33
Écriture du résultat 33
Comparer un résultat à une valeur de référence 36
Références 41
Ressources à valeur normative 41
Ouvrages 41
Articles et sites 41
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Préambule
Ce document constitue une ressource sur la mesure et les incertitudes, sur la base
du Guide pour l’expression de l’incertitude de mesure (GUM), en relation avec les
programmes de physique-chimie au lycée. On y trouve, de manière identifiable :
• des éléments d’accompagnement des notions introduites, utilisables en classe ;
• des activités ;
• des clarifications sur certains aspects de la thématique, dans des encadrés.
Les propositions qui y sont faites n’ont pas vocation à devenir des normes, mais
plutôt à susciter la réflexion sur ce sujet. La recherche sur le sujet de la mesure et des
incertitudes est bien actuelles, et les échanges scientifiques qu’elle suscite encore
parfois vifs.
Si des logiciels du commerce, payants ou gratuits, sont cités, c’est parce qu’ils sont
largement utilisés hors de la sphère scolaire, et que les logiciels libres et ouverts ne
sont pas aussi faciles d’utilisation pour réaliser certaines tâches particulières. En
aucune manière il ne s’agit d’en faire la publicité.
Lorsque cela est pertinent, la valeur mesurée est comparée avec une valeur de
référence afin de conclure qualitativement à la compatibilité ou à la non-compatibilité
entre ces deux valeurs.
En première générale
Le programme de la classe de première introduit l’évaluation de type B d’une
incertitude-type, par exemple dans le cas d’une mesure unique effectuée avec
un instrument de mesure dont les caractéristiques sont données. Lorsqu’elle est
pertinente, la comparaison d’un résultat avec une valeur de référence est conduite
Retrouvez éduscol sur de manière qualitative ; un critère quantitatif est introduit dans le programme de
spécialité physique-chimie de la classe terminale.
En terminale générale
On introduit la notion d’incertitude-type composée, ajoute une compétence
numérique visant à illustrer une situation de mesure avec incertitudes composées et
propose d’utiliser un critère quantitatif pour comparer, le cas échéant, le résultat de la
mesure d’une grandeur à une valeur de référence.
L’objectif principal est d’exercer le discernement et l’esprit critique de l’élève sur les
valeurs mesurées, calculées ou estimées.
Exploiter une série de mesures Exploiter une série de mesures Exploiter une série de mesures
indépendantes d’une grandeur indépendantes d’une grandeur indépendantes d’une grandeur
physique : histogramme, physique : histogramme, physique : histogramme,
moyenne et écart-type. moyenne et écart-type. moyenne et écart-type.
Discuter de l’influence de Discuter de l’influence de Discuter de l’influence de
l’instrument de mesure et du l’instrument de mesure et du l’instrument de mesure et du
protocole. protocole. protocole.
Évaluer qualitativement la Évaluer qualitativement la Évaluer qualitativement la
dispersion d’une série de dispersion d’une série de dispersion d’une série de
mesures indépendantes. mesures indépendantes. mesures indépendantes.
Capacité numérique : Capacité numérique : Capacité numérique :
Représenter l’histogramme Représenter l’histogramme Représenter l’histogramme
associé à une série de mesures à associé à une série de mesures à associé à une série de mesures
l’aide d’un tableur. l’aide d’un tableur. à l’aide d’un tableur ou d’un
langage de programmation.
Écrire, avec un nombre adapté Écrire, avec un nombre adapté Écrire, avec un nombre adapté
de chiffres significatifs, le de chiffres significatifs, le de chiffres significatifs, le
résultat d’une mesure. résultat d’une mesure. résultat d’une mesure.
Comparer qualitativement Comparer qualitativement Comparer, le cas échéant, le
un résultat à une valeur de un résultat à une valeur de résultat d’une mesure mmes à
référence. référence. une valeur de référence mref en
utilisant le quotient
|mmes−mref|/u(m) où u(m) est
l’incertitude-type associée au
résultat.
Le processus de passage d’une théorie à une autre est le sujet d’intenses discussions
au sein de la communauté scientifique, et une unique expérience, aussi précise soit-
elle, ne suffit pas à trancher. Récemment par exemple, l’équipe de Randolph Pohl, en
Suisse, a pu mesurer le rayon du proton de manière bien plus précise qu’auparavant,
par une méthode originale utilisant la spectroscopie d’atomes muoniques. Cette
mesure est incompatible avec celles effectuées classiquement. Pour autant, l’ancienne
valeur du rayon du proton reste en vigueur, le temps que cette incohérence soit
résolue. Voir par exemple : Bernauer, J. et Pohl, R., « Le proton, un problème de taille »,
Pour la Science, n° 439, 2014, pp. 28-35.
Cette citation est extraite du Code pénal révolutionnaire, deuxième partie, titre II,
section II, article XLVI. Il est intéressant de se demander pourquoi une telle sanction
fut prévue, en relation avec le contexte révolutionnaire de la mise en place d’un
système d’unités universel. On peut consulter à ce sujet : Denis Guedj, Le mètre du
monde, Paris, Seuil, 2000.
Le résultat d’une mesure décrit cet ensemble de valeurs en le complétant par des
explications sur la manière dont elles ont été obtenues (dans tout ce document, on
note en gras les termes dont la définition est particulièrement importante).
La définition de la mesure est controversée. Il existe une tendance dans les institutions
métrologiques pour ne pas réserver le terme de « mesure » aux seules évaluations
quantitatives. L’exemple typique donné est celui du groupe sanguin. Un appareil
médical l’identifiant en fait-il la « mesure » ? Pour certains, la réponse est affirmative.
Le fait que le groupe sanguin ne s’exprime pas sous forme quantitative ne reflèterait
pas une difficulté avec la notion de « mesure » mais avec celle de « grandeur » ou de
« propriété ».
Pour une étude sur la notion de mesure en philosophie des sciences, on peut consulter
Eran Tal, Measurement in Science, The Stanford Encyclopedia of Philosophy, Fall 2020
Édition, E. N. Zalta (ed.).
Carte mentale
À l’aide d’une application, réaliser une carte conceptuelle reliant les différents termes
associés à la mesure.
Deux exemples
1. On mesure le volume équivalent lors d’un titrage acide-base. C’est une observation.
Si on recommence, on va probablement obtenir une autre valeur. Dans une classe, on
peut rassembler l’ensemble des observations : elles constituent une mesure.
2. La mesure d’une tension à l’aide d’un voltmètre donne une valeur unique, une
indication. Mais si on prend d’autres voltmètres de la même marque, on obtient
d’autres indications. La variabilité de la mesure existe, mais elle est ici masquée si l’on
n’envisage qu’un instrument unique.
Figure 1 – Plusieurs voltmètres de la même référence branchés en parallèle sur une source
de tension. Ils n’affichent pas la même valeur, mettant en évidence la variabilité cachée de
la mesure d’une tension à l’aide d’un voltmètre unique.
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Source : équipe technique de l’UFR de Physique de l’Université de Paris.
Si on n’a qu’un unique voltmètre, il faut s’en remettre à la notice du constructeur pour
connaître la variabilité associée à l’affichage. L’incertitude qu’on y trouve inclut non
seulement la variabilité associée à l’affichage, mais aussi celle liée à la calibration de
l’appareil, aux conditions opératoires, etc.
De l’histogramme on peut conclure que la mortalité des soldats est due bien plus à des
infections opportunistes qu’au combat. Deux références sur le sujet :
• la page Wikipédia sur Florence Nightingale, où l’on retrouve le diagramme ;
• la page Wikipédia sur la guerre de Crimée pour en comprendre le contexte.
Élément 6 – L’histogramme
Un histogramme est une représentation graphique en colonnes jointives, avec en
abscisses une échelle des valeurs représentées, et en ordonnée le nombre (ou la
proportion) de valeurs concernées.
Les histogrammes suivants représentent les 107 observations temps de chute d’une
bille depuis une hauteur de 71 cm, exprimée en ms.
Quelques définitions :
• étendue des observations : la valeur maximale moins la valeur minimale observée ;
• classe i : un des intervalles au sein desquels on compte le nombre d’observations ;
• l’étendue wi d’une classe i est la largeur de l’intervalle correspondant ; toutes les
classes ont en général la même étendue ;
• effectif ni : le nombre d’observations qui se trouve dans la classe i ;
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• fréquence fi = ni/N : la proportion des N observations qui se trouve dans la classe i.
Il est de tradition que les barres d’un histogramme soient jointives, parce qu’elles
traitent de données continues. C’est à cela que l’on distingue un histogramme d’un
diagramme à barres ou en bâtons. Avec certains tableurs, les barres ne peuvent être
parfaitement jointives. Elles le sont avec la fonction hist en langage Python™.
Il n’existe pas de règle universelle pour fixer le nombre de classes. Il faut s’en remettre
au bon sens. Dans la mesure du possible, il faut choisir des classes dont les bornes sont
faciles à lire.
Il est toujours possible de mentionner la règle de Rice qui permet d’obtenir un nombre
de classes en fonction du nombre d’observations : Cette règle simple
fonctionne dans bon nombre de cas.
La première est que s’il n’y a qu’une unique observation, il est impossible d’obtenir une
valeur de l’écart-type, puisqu’on n’observe pas de dispersion. Le résultat du calcul doit
donc être indéterminé, de la forme 0/0. Le est ainsi préférable.
À cet égard l’étendue est problématique : elle est une fonction croissante de la
taille de l’échantillon. En effet, lorsqu’on rajoute une donnée, elle peut dépasser
le précédent maximum ou être plus petite que le minimum précédent. Par ailleurs
l’étendue ne converge pas nécessairement (par exemple si la distribution sous-jacente
est gaussienne). C’est une des raisons pour lesquelles le paradigme de l’erreur (cf.
élément 14) a été abandonné.
Avec GoogleSheet
Sélectionner l’ensemble des données dans une colonne. Aller dans le menu
« Insertion », choisir « Graphique ». Ensuite, dans « Type de graphique », choisir
« Histogramme » dans la catégorie « Autres ».
≈ 10 s ≈ 10 s
sx ≈ 1 s sx ≈ 0,2 s
≈ 35 s ≈ 555 s
sx ≈ 3s sx ≈ 10 s
Dans le même ordre d’idée, on pourrait proposer un exercice avec des questions à
choix simples, pour lesquelles l’élève devrait éliminer les réponses qui ne sont pas
raisonnables. Par exemple l’écart-type doit toujours être inférieur ou égal à l’écart
maximal à la moyenne. Ce type de question permettrait de vérifier l’acquisition du
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recul critique nécessaire.
Pour comparer les deux méthodes, on peut procéder par évaluation statistique.
On mesure une cinquantaine de fois 100 mL d’eau à l’aide du bécher. Ayant taré la
balance, on pèse à chaque fois l’eau dans le bécher, ce qui permet d’obtenir une série
de masses, dont on sait qu’elles sont proportionnelles aux volumes d’eau. On trace
l’histogramme des masses. La dispersion des valeurs, qu’on quantifie par l’écart-type,
caractérise l’aléa du processus.
Parce que le hasard intervient, une mesure donnée au moyen du bécher peut parfois
conduire à un volume plus proche de 100 mL qu’une mesure faite avec la fiole jaugée.
Néanmoins, on privilégie la fiole pour minimiser la variabilité du processus.
On peut ensuite découper le cercle puis le faire rouler sur double décimètre de façon
à mesurer son périmètre, qui vaudra environ 6,28 cm. On recommence un certain
nombre de fois pour avoir une série d’observations, et l’écart-type correspondant. En
comparant les écarts-types on peut conclure sur la méthode la plus fidèle.
Définition de l’incertitude-type
Élément 12 – La valeur mesurée
La valeur mesurée est la meilleure estimation possible de la grandeur mesurée.
Comment la déterminer ?
Lorsqu’on répète des observations et que l’on constate qu’elles varient, on choisit leur
moyenne arithmétique comme meilleur estimateur. En faisant ce choix, on espère
que les fluctuations positives des observations compenseront, au moins en partie, les
fluctuations négatives.
Élément 13 – L’incertitude-type
L’incertitude-type est l’estimation à l’aide d’un écart-type, de la dispersion des valeurs
raisonnablement attribuables à la grandeur mesurée. La valeur mesurée est une de
ces valeurs. L’incertitude-type quantifie donc la variabilité potentielle de cette unique
valeur mesurée. En cela elle reflète son incertitude.
Plus prosaïquement : si une autre personne faisait une autre mesure avec une
incertitude négligeable devant celle initialement évaluée, elle trouverait a priori
une autre valeur mesurée. On s’attend à ce que la différence entre les deux valeurs
mesurées soit du même ordre que l’incertitude-type initialement évaluée.
Un autre terme souvent utilisé à tort est la « précision ». Ce terme, par trop
polysémique, a été banni du Vocabulaire International de Métrologie (VIM, voir
élément 13).
Jusque dans les années 1980, l’erreur était le concept au cœur du traitement de la
mesure. L’approche « erreur » consistait à déterminer une estimation de la « valeur
vraie ». L’écart par rapport à la valeur vraie est constitué d’erreurs aléatoires et
systématiques. Les deux types d’erreurs, que l’on admettait pouvoir toujours
distinguer, étaient traitées différemment, et leur combinaison était source de débats.
En général on estimait une limite supérieure de la valeur absolue de l’erreur totale,
appelée parfois abusivement « incertitude ».
Bien que la notion d’erreur introduise le propos sur la mesure de nombreux ouvrages
scolaires, cette notion semble avoir perdu de son intérêt. Elle n’est d’ailleurs plus
mentionnée dans les programmes scolaires.
Bertrand Russell, The Scientific Outlook, George Allen and Unwin Ltd, London, 1931
Cet extrait peut être l’occasion d’initier un travail commun avec l’enseignement de
philosophie, l’enseignement scientifique, ou même la spécialité de langue anglaise. En
voici une traduction possible :
« Bien que cela puisse sembler paradoxal, toute la science exacte est dominée par
l’idée d’approximation. Lorsqu’un homme vous dit qu’il connaît la vérité exacte sur
quelque chose, vous pouvez en déduire qu’il est un homme inexact. Toute mesure
prudente en science est toujours donnée avec l’erreur probable, qui est un terme
technique, véhiculant un sens précis. Cette quantité est aussi susceptible d’être
supérieure que d’être inférieure à l’erreur réelle. Une caractéristique des domaines
dans lesquels quelque chose est connu avec une précision exceptionnelle est que
chaque observateur admet qu’il est susceptible de se tromper, et sait à quel point il est
susceptible de se tromper. »
Ici le terme « probable error » n’est pas synonyme d’incertitude-type. Ces deux
concepts restent néanmoins proches et peuvent être identifiés pour l’interprétation
du texte.
Incertitude et climato-scepticisme
En vous appuyant sur la citation de Bertrand Russell, analysez l’extrait suivant :
« […] [Fin] 2007, sans aucune donnée nouvelle, le GIEC affirme que la réalité et l’ampleur
du réchauffement climatique sont “sans équivoque”. L’effet de serre du CO2 serait la cause
d’un réchauffement pouvant atteindre 6,4° en 2100 si rien n’était fait ; cela provoquerait
aridité, désertification, catastrophes climatiques et montée des océans. Des prédictions
avec un écart allant de 0,2° à 6,4° ! Une marge d’incertitude invalidant leurs conclusions. »
Source : Article de blog Mediapart Le réchauffement climatique anthropique : un
mensonge qui arrange !, 10 janvier 2016, (version archivée au 4 décembre 2020).
Dans cet article de blog, l’existence d’une incertitude dans les prédictions semble
être interprétée comme un élément décrédibilisant. Certains modèles prédisent un
réchauffement très modéré, d’autres très intenses. Le GIEC l’explicite. Le faire est une
caractéristique du discours scientifique, comme l’explique Bertrand Russell. Malgré
Retrouvez éduscol sur l’incertitude quant à son ampleur, la réalité du réchauffement climatique reste avérée.
Exemple
On souhaite évaluer l’incertitude associée à la prise unique d’un volume de 100 mL à l’aide
d’un bécher. On mesure la masse d’un volume d’eau prélevé à l’aide d’une balance de
précision. On répète la mesure de façon à récupérer un ensemble d’observations. L’écart-
type de ces observations vaut 5,2 g. Connaissant la masse volumique de l’eau (1,00 g/mL)
cela correspond à un écart-type de 5,2 mL. Le même observateur remplit à nouveau ce
même bécher à sa graduation de 100 mL. On sait désormais que l’incertitude-type sur ce
volume prélevé est de 5,2 mL. Autrement dit le volume réellement prélevé vaut environ
100 mL, avec une variabilité de 5,2 mL, typiquement.
Une autre solution consiste à utiliser un théorème mathématique qui, sous certaines
conditions qu’on ne précise pas ici car presque toujours vérifiées en pratique, stipule :
Exemple
Lors d’une expérience visant à mesurer la distance focale d’une lentille mince convergente
par auto-collimation, on a effectué 7 observations, en cm :
9,9 ; 10,1 ; 9,7 ; 9,9 ; 10,0 ; 10,2 ; 9,9.
1. Pour caractériser le processus de prise d’observation, on évalue l’incertitude-type
associée à une unique observation. On l’évalue grâce à l’écart-type de la série des
7 observations : sx = 0,1618 cm. Cela quantifie la variabilité inhérente au processus
d’observation.
2. Pour mesurer au mieux la distance focale, on calcule la valeur mesurée à l’aide
d’une moyenne. On profite ainsi de la compensation (partielle) des fluctuations des
observations. Cette moyenne vaut 10,05 cm. L’incertitude-type associée à cette moyenne
unique, qui caractérise la variabilité potentielle de ce résultat, est l’écart-type sx divisé par
√7, soit 0,1618 / √7 cm ≈ 0,061 cm.
Pour illustrer cette expression mathématique, il est possible d’envisager une activité
commune avec plusieurs classes du lycée. Imaginons que 8 binômes d’une classe
pèsent chacun un volume mesuré au bécher, par exemple 100 mL. On peut calculer
pour cette classe la moyenne et l’écart-type . On répète la séance de travaux
pratiques dans 12 classes, et on calcule l’écart-type des 12 moyennes obtenues.
Normalement, cet écart-type reste proche de chacune des 12 valeurs Ainsi une
classe peut-elle inférer toute seule la variabilité de sa propre moyenne.
Exemple 1
On se pèse sur un pèse-personne : l’affichage indique 71 kg. Si on descend du pèse-
personne et qu’on y remonte, l’affichage indique, encore et toujours, 71 kg.
Exemple 2
On mesure la longueur d’une feuille A4 avec un triple-décimètre gradué au millimètre et on
trouve 297 mm. Si on recommence, on trouve encore 297 mm.
Dans de nombreux cas, on est amené à considérer que le résultat de la mesure est
constitué d’un ensemble des valeurs contenues dans un intervalle. Il reste nécessaire
d’en évaluer les bornes.
Exemples
1. Reprenant le cas du pèse-personne, si la notice du constructeur existe et indique
« incertitude-type 0,7 kg », le problème est résolu.
2. Si la notice du constructeur indique simplement « précision 2 kg », alors on peut
être amené à considérer que l’intervalle des valeurs associé au résultat de la mesure
pourrait-être [69 ; 73] kg.
3. En absence de notice du constructeur on peut envisager que le pèse-personne
affichera toujours 71 kg même si on pèse un poids compris entre 70,5 kg et 71,5 kg.
Ainsi l’intervalle de valeurs associé au résultat de la mesure serait [70,5 ; 71,5] kg.
La part d’arbitraire dans la construction d’un tel intervalle doit être assumée. Certaines
personnes considèreront un intervalle plus ou moins étendu que d’autres. Tant
que cela reste raisonnable, et explicité, ce n’est pas un problème. La mesure reflète
nécessairement les choix opérés. Par exemple, si la mesure d’une masse sur un pèse-
personne usuel conduit à un intervalle d’étendue 0,01 kg, ce n’est pas raisonnable, pas
plus que si l’étendue est de 10 kg. En revanche, il est tout aussi raisonnable d’estimer
que l’étendue de l’intervalle choisi vaut 1 kg ou 0,5 kg.
Plus généralement si un élève produit une incertitude plus grande qu’un autre, cela
ne signifie pas forcément qu’il est moins habile. Ce qui compte n’est pas la valeur de
l’incertitude obtenue, mais la justification des choix faits.
Exemple
Histogramme représentant 100 000 valeurs aléatoires choisies de manière équiprobable
dans l’intervalle donnée par le constructeur du pèse-personne précédemment évoqué. Il
est approximativement rectangulaire (et le serait pour un nombre infini d’observations).
Exemple
Dans l’illustration qui précède, l’intervalle de valeurs considérées est [69 ; 73] kg. Donc la
valeur mesurée est m = 71 kg, valeur centrale de l’intervalle ; et l’incertitude-type associée
vaut 2/√3 = 1,15 kg.
La démonstration de ce qui précède est accessible aux élèves qui suivent la spécialité
mathématiques de terminale. On considère d’abord que l’ensemble des valeurs
mesuré peut-être modélisé par une variable aléatoire ayant une densité de probabilité
uniforme sur l’intervalle
pour et pour .
L’espérance de vaut :
Il faut garder à l’esprit qu’il est possible de choisir d’autres distributions que la
distribution uniforme dans un intervalle : le GUM envisage par exemple le cas d’une
distribution triangulaire, pour laquelle les valeurs centrales sont davantage
représentées que celles des extrémités de l’intervalle. Dans le cas de grandeurs variant
périodiquement, comme la température dans une pièce avec de l’air conditionné, une
distribution en arc-sinus pourrait être plus adaptée. Il s’agit donc d’un choix éclairé. Au
lycée, la distribution uniforme constitue probablement un objectif suffisant.
Une toise est graduée tous les cm. Vous répondrez en supposant que l’on mesure votre
taille, en utilisant votre expérience personnelle de ce processus de mesure.
Situation 2
Quelle est la taille de cet homme ? Le bambou est gradué tous les 50 cm.
Situation 3
La mesure sous une toise est relativement variable : tout dépend si on se tient droit,
du port de tête, du volume de cheveux, du jeu possible de la toise. La définition de
la grandeur mesurée, la taille, est ici délicate, et notre évaluation de l’incertitude de
mesure se doit de le refléter. Il semble raisonnable de donner un intervalle centré
sur sa taille, et avec une demi-étendue de 0,5 cm (demi-graduation classique de
l’instrument, qui a justement été conçu pour mesurer la taille d’un être humain), sinon
plutôt 1 cm (pour tenir compte de l’obéissance de l’enfant aux consignes). Prendre
moins peut sembler hasardeux, surtout si on considère l’effet de la posture de l’enfant.
Selon le choix fait (et qui doit être explicité), on obtient une incertitude-type de
0,5/√3 ≈ 0,29 cm ou de 1/√3 = 0,58 cm. L’arbitraire de cette appréciation ne peut être
évité, et les choix doivent être explicités. Seule une étude plus complète, impliquant
plusieurs mesures, permettrait de justifier plus objectivement notre choix.
On peut voir clairement que la taille de cet homme est comprise entre la 3e et la 4e
graduation. En subdivisant cette portion de bambou, en se servant d’une règle par
exemple, on peut estimer qu’il mesure entre 1,60 m et 1,80 m. Un autre intervalle est
évidemment possible, mais l’intervalle [1,50 m ; 2,00 m] est manifestement trop grand
par rapport à ce qu’on peut ici observer. Sur la base de l’intervalle [1,60 m ; 1,80 m], la
taille mesurée est de 1,70 m et l’incertitude-type est de 0,10 m / = 5,8 cm.
La tâche centrale ayant des bords flous, l’intervalle sera de toute façon plus étendu
que la graduation de la règle, en général au mm (ou au demi-mm). Une estimation
raisonnable implique forcément un choix qu’il convient d’expliciter.
Les autres inscriptions sur la pipette sont requises par la norme ISO 648 :2008 : la
marque du fabricant, la température de référence, « Ex » pour indiquer que la pipette
est prévue pour délivrer (et non prélever) le volume indiqué, « +5s » pour indiquer qu’il
faut attendre 5 s pour s’assurer que tout le liquide a été délivré, et enfin « AS » est la
classe d’exactitude de la pipette.
Incertitudes-types composées
On cherche souvent l’incertitude-type d’une grandeur calculée à partir d’une ou
plusieurs grandeurs mesurées.
Exemples
1. On cherche à calculer l’aire d’un carré, dont on a mesuré le côté L = 5,00 cm avec une
incertitude-type u(L) = 0,14 cm. L’aire vaut A = 25,00 cm2, mais que vaut l’incertitude-
type associée u(L) ?
2. On cherche à calculer la vitesse du son dans l’air. On a mesuré une distance de
propagation d avec une incertitude-type u(d) ; on a également mesuré une durée de
propagation t avec une incertitude-type u(t). La vitesse du son v=d/t est facilement
calculable. Mais que vaut l’incertitude-type associée u(v) ?
Il est remarquable que l’incertitude sur l’aire (0,2 m2) soit très différente du carré
de l’incertitude sur le côté (0,01 m2). Pourtant on rencontre fréquemment cette
conception chez les élèves.
Exemples
Si on a 11 observations du côté du carré, on peut calculer 11 aires du carré, et on en déduit
la valeur mesurée de l’aire (la moyenne ) et l’incertitude-type associée ( ).
Si on a 9 valeurs de la distance et 9 valeurs de temps correspondantes, on peut calculer
9 valeurs de la vitesse du son v. On en déduit la valeur mesurée de la vitesse du son (la
moyenne ) et l’incertitude-type associée ( ).
1
( constante)
2
ou
3
ou
Exemple
Pour un rectangle dont on a mesuré les côtés, Y = 21,0 cm et u(Y) = 0,29 cm, Z = 29,7 cm
et u(Z) = 0,29 cm. L’aire vaut A = YZ = 623,7 cm2. On utilise la relation du cas 3 :
u(A) = 10,5 cm2.
On compare deux protocoles, l’un qui consiste à refaire 16 fois la mesure d’une période
et l’autre où on mesure une unique fois la durée d’observation de 16 périodes.
1. Pour calculer on prend la moyenne des 16 périodes observées. L’écart-type
expérimental des 16 périodes observées indique la variabilité typique de la
mesure d’une période. Comme l’énoncé indique que la variabilité typique d’une
mesure de temps vaut environ 50 ms, on s’attend à ce que ms.
L’incertitude-type associée à est l’incertitude d’une moyenne de 16
observations. On a donc (cf. Élément 17) :
= 12,5 ms.
3. Il est préférable de choisir le protocole (B), avant toute chose par ce que
l’incertitude est quatre fois plus faible. Il existe une autre raison que cet exercice
n’évoque pas. S’il existe un décalage systématique entre le temps mesuré et
Retrouvez éduscol sur le temps observé lors de la mesure, cet écart sera divisé par 16 dans le cas du
protocole (B), alors qu’il restera entier dans le cas du protocole (A).
On aurait pu bien sûr choisir un nombre quelconque plutôt que 16, l’idée est ici de
simplifier l’énoncé en limitant le recours à des variables. Dans le cas du protocole (A),
l’incertitude de la mesure d’un temps est divisée par ; dans le cas du protocole (B),
elle est divisée par .
Exemple
On cherche à calculer la vitesse du son dans l’air. On a mesuré une distance de propagation
m avec m ; on a également mesuré un temps de propagation
ms avec ms. L’incertitude-type est plus petite
que . En reprenant la formule mathématique du cas 3, on se
rend compte qu’on peut négliger devant .
Ainsi a-t-on , soit m·s–1.
Cette grandeur, ui était souvent utilisée à tort pour valider des résultats, n’est
désormais plus au programme.
1.
a.
import numpy as np
import [Link] as rd
import [Link] as plt
Nsim = 1000
L = [Link](85 ,86, Nsim)
l = [Link](53,5 ,54,5, Nsim)
A = l*L
b.
[Link](A, bins=’rice »)
[Link](r’aires (mm$^2$) »)
[Link](‘effectifs’)
[Link]()
c.
print(« valeur mesurée de A : », [Link](A))
print(« u(A) : », [Link](A, ddof=1))
Application numérique : A = 4 617 mm2 et u(A) = 29 mm2
2.
a. = 54,0 mm ; = 0,29 mm ;
= 85,5 mm ; = 0,29 mm.
b. D’après le document 14, cas 3, on a :
• A = ℓ × L = 4 617 mm2 ;
• = 29,3 mm2.
Les deux méthodes d’évaluation coïncident ici, car les incertitudes restent modérées
et l’approximation que la formule suppose est justifiée. Ce n’est pas forcément le cas si
les incertitudes sont plus grandes.
Écriture du résultat
Élément 23 – Les trois composantes d’un résultat de mesure
Un résultat de mesure doit inclure :
1. la valeur mesurée, sous la forme X = … en précisant l’unité appropriée ;
2. l’incertitude-type associée à la valeur mesurée, sous la forme u(X) = … en utilisant
la même puissance de 10 que celle de la valeur mesurée, et évidemment la même
unité ;
3. idéalement des informations concernant l’obtention des deux précédentes
grandeurs, comme la méthode utilisée pour l’évaluation de l’incertitude, le nombre
d’observations réalisées, etc.
Exemple
A = 623,7 cm2, u(A) = 10,5 cm2 peut aussi s’écrire A = 6,237 ⨯ 10–2 m2, u(A) = 0,105 ⨯ 10–2 m2,
ou encore de manière condensée A = (6,237 ± 0,105) ⨯ 10–2 m2 (où ce qui suit le ± est
l’incertitude-type).
Lorsqu’on écrit une valeur en notation décimale, et qu’elle est inférieure à 1 en valeur
absolue ou bien n’est pas un multiple entier de 10, la définition est la même, à ceci près
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qu’on ne compte pas les premiers 0 à gauche.
Exemples
1,254 0 ⨯ 10-2 possède 5 chiffres significatifs ; 0,002 3 possède 2 chiffres significatifs ; 1 254
possède 4 chiffres significatifs ; on ne peut pas dire combien de chiffres significatifs il y a
dans 2 500, car il existe une ambiguïté : 2 500 = 2,5 ⨯ 103 ou 2,500 ⨯ 103 ?
Exemple
À une valeur de 9,8 on peut associer une incertitude dont l’ordre de grandeur est 0,1.
L’incertitude ne vaut pas exactement 0,1 mais peut valoir 0,7 ou même 0,03 par exemple.
Utiliser trop de chiffres significatifs rend plus difficile la lecture et l’écriture d’une
valeur, et risque de faire croire à tort que l’incertitude est très faible. Ne pas en utiliser
suffisamment conduit à des erreurs d’arrondi.
Exemple
Arrondir 2,453 3 à trois chiffres significatifs donne 2,45 ; arrondir 1,25 à deux chiffres
significatifs donne 1,3. Écrire 2,3 avec quatre chiffres significatifs donne 2,300.
Si les valeurs mesurées sont données sans les valeurs d’incertitude, le résultat d’un
calcul (impliquant multiplications et/ou divisions) doit être écrit avec le nombre de
chiffres significatifs de la donnée qui en possède le moins. Cette règle, de toute façon
approximative, est rarement suivie en dehors du contexte scolaire.
Exemple
Si on demande le poids d’une masse m = 0,1 kg dans un champ de pesanteur de
g = 9,81 N/kg, l’application stricte de cette règle impose de répondre mg = 1 N. En réalité,
on attend souvent mg = 0,981 N.
Exemples
u(A) = 1,03 cm2 s’écrit u(A) = 1,0 cm2
u(A) = 1,05 cm2 s’écrit u(A) = 1,1 cm2
u(A) = 1 cm2 s’écrit u(A) = 1,0 cm2 (avec 2 chiffres significatifs)
Exemples
1. A = 623,5 cm2, u(A) = 11,3 cm2 se réécrit A = 624 cm2, u(A) = 11 cm2, ou encore de
manière condensée A = (624 ± 11) cm2 (où ce qui suit le ± est l’incertitude-type).
2. L = 100 m, u(L) = 1,55 cm se réécrit L = 100,000 m, u(L) = 0,016 m, ou encore de manière
condensée L = (100,000 ± 0,016) m (où ce qui suit le ± est l’incertitude-type).
Jeux d’écriture
Complétez le tableau suivant en écrivant les résultats des mesures sous la forme
X ± u(X) = …, et en respectant les règles d’écriture. Vous imposerez 2 chiffres significatifs à
l’incertitude-type. Tant que cela reste raisonnable, vous utiliserez l’écriture scientifique.
Ce type d’exercice permet de travailler à la fois les conversions d’unité et les règles
d’écriture d’un résultat. Les conversions d’unités posent des problèmes à nombre
d’élèves, y compris en terminale. L’usage de la méthode vue à l’école primaire, qui
consiste à représenter les préfixes à l’aide de bâtons ou de boites, reste très ancrée.
Cette méthode est peu performante, voire inopérante dans le cas d’unités composées
(la conversion de kg/m3 en g/cm3 par exemple).
Par ailleurs, les préfixes restent encore mal connus (G, T, P, E, n, p, f, a, et a fortiori les
plus récents (1991) : Z, Y, z, et y). Voir par exemple l’article de Wikipédia sur les préfixes
du SI.
Exemples
La focale d’une lentille de 10 cm, indiquée par le constructeur, peut être considérée
comme une valeur de référence. On suppose en effet que le constructeur a mesuré les
focales des lentilles qu’il vend à l’aide d’une méthode dont l’incertitude serait bien plus
faible que celle accessible en TP.
La vitesse du son à 20 °C, 343,4 m·s–1, peut être considérée comme valeur de référence
dans une séance de TP où l’on cherche à mesurer la vitesse du son dans l’air ambiant.
Alternativement on peut donner comme référence une expression de la vitesse du son en
fonction de la température ambiante ( ).
Élément 27 – z-score
Par définition, l’incertitude-type quantifie les fluctuations potentielles de la valeur
mesurée annoncée. Lorsque la méthode de mesure envisagée et la méthode de
référence sont cohérentes, on s’attend à ce que la valeur de référence ne coïncide
pas exactement avec la valeur mesurée, mais ne s’en écarte pas plus que de quelques
incertitudes-type (cf. définition de l’incertitude-type).
Figure 7 – Si la valeur de référence est correcte, l’écart entre la valeur mesurée et celle-
ci sera du même ordre de grandeur que l’incertitude-type, qui caractérise la variabilité
du processus de mesure.
Le schéma qui précède est différent de celui qui servait à définir l’incertitude, car
centré sur la valeur de référence. En effet la méthode de décision relève des tests
statistiques. Ce cadre conceptuel consiste à considérer dans un premier temps que la
grandeur d’intérêt est décrite par la valeur de référence, et que le processus de mesure
y ajoute une variabilité, caractérisée par l’incertitude-type. Sous cette hypothèse,
la valeur mesurée est susceptible de s’éloigner de plusieurs écarts-types de la valeur
de référence, mais si cela arrive c’est un évènement rare. Aussi, si on observe un
éloignement considérable, on décide de rejeter l’hypothèse initialement formée : la
grandeur d’intérêt n’est pas décrite par la valeur de référence.
Pour mieux comprendre, on peut envisager un jeu de pile ou face. On forme dans un
premier temps l’hypothèse qu’il n’est pas truqué. On joue et on perd 10 fois de suite.
La probabilité pour que cela arrive est de 1/210. C’est donc un évènement rare, si le
jeu n’est pas truqué. Même si on n’en est pas certain, il parait raisonnable d’arrêter de
jouer, et donc de rejeter l’hypothèse initiale.
On trouvera (entre autres) une introduction aux tests statistiques dans le cours de
Biostatistique PACES (2013) écrit par F. Carrat, A. Mallet et V. Morice.
Estimation de π
Une élève mesure plusieurs fois le rapport entre la circonférence mesurée d’un cercle et
son diamètre. Dans son rapport, elle indique une valeur mesurée de 3,3 et une incertitude-
type de 0,1. Est-ce que ce résultat est compatible avec la valeur connue de π ?
Exemples
1. On a mesuré un rayon au lieu d’un diamètre.
2. On n’a pas fait attention à placer correctement son œil et commis une erreur de
parallaxe en lisant un volume sur une éprouvette graduée.
3. On a mal recopié des valeurs ; on a fait des erreurs d’arrondi dans ses calculs.
Exemple
On compare la mesure de la période d’un pendule de longueur L avec la valeur de
référence donnée par la formule théorique . Cela ne fonctionnera pas forcément
bien, car on a négligé les frottements avec l’air, et la masse du pendule n’est pas
ponctuelle.
Dans tous les cas, il faut bien comprendre que la présence d’une incompatibilité n’est
pas synonyme d’échec. La méthode de mesure peut tout à fait légitimement donner
des résultats incompatibles avec une valeur de référence. Il est également possible
qu’une loi physique ne soit valable que dans un domaine de paramètres plus restreint
que celui qu’on explore. Révéler une modélisation incomplète peut d’ailleurs être un
objectif pédagogique en soi. Les modèles du cours sont souvent très simplifiés, le faire
percevoir en séance de travaux pratiques est formateur.
On peut faire les hypothèses successives que le métal est de l’or, du laiton, du cuivre.
On calcule alors les trois z-scores :
• = 54,5 ;
• =1;
• = 2,5.
Avec un seuil à 2, on peut rejeter l’hypothèse qu’il s’agisse d’or ou de cuivre. On ne
peut pas rejeter l’hypothèse qu’il s’agisse de laiton. Mais il serait faux de conclure
qu’il s’agit de laiton. Le métal doré pourrait être un autre alliage, de masse volumique
différente mais voisine !
Exemple
On veut estimer π en mesurant à l’aide d’une double-décimètre le périmètre d’un disque
métallique de rayon 0,5 cm. On répète la mesure et on relève les valeurs suivantes, en cm :
3,0 ; 3,2 ; 2,9 ; 3,1 ; 3,2 ; 4,3 ; 3,1 ; 3,0 ; 3,3 ; 3,2. Il semble que la valeur 4,3 est à exclure ; il est
possible qu’il s’agisse d’un 3,4 mal recopié, mais il est impossible d’en être certain. C’est
pourquoi on l’exclut, tout en le documentant. Une fois cela fait, on peut calculer la valeur
mesurée (la moyenne) et l’incertitude-type associée.
Le GUM (déjà cité) précise que les valeurs aberrantes peuvent introduire une erreur
inconnue significative pour le résultat d’une mesure. Des valeurs aberrantes
importantes peuvent habituellement être mises en évidence par un examen approprié
des résultats. En revanche, des valeurs faiblement aberrantes peuvent être
indétectables ou apparaître, éventuellement, comme des variations aléatoires. Les
mesures de l’incertitude ne prétendent pas prendre en compte de telles fautes.
L’article Wikipédia Données aberrantes permet de mieux comprendre leur définition
et le caractère arbitraire de leur détermination.
Avant toute opération sur les données, il convient de les examiner avec un regard
critique. Toutes les observations ici sont comprises entre (arrondi fait) 4,2 et 4,4 m, à
l’exception de l’une d’entre elles, qui vaut environ 4,9 m. Il est toujours possible que
cette valeur soit tout à fait légitime. Mais elle semble assez éloignée des autres, ce qui
jette un doute sur son origine. On peut donc décider de la rejeter, dans la mesure où
on documente ce processus. Davantage de données permettraient cependant de se
décider avec plus de certitude.
Références
Ouvrages
• Carrat F., Mallet A. et V. Morice, cours de biostatistique de la PACES - UE4 de la
Faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie (Paris 6), 2013.
• Delecroix, Michel, Histogrammes et estimation de la densité, Que sais-je ? n° 2055,
Paris : Presses Universitaires de France, 1979.
• Grégis, Fabien, La valeur de l’incertitude : l’évaluation de la précision des mesures
physiques et les limites de la connaissance expérimentale, Thèse de doctorat,
Université Paris-Diderot (Paris 7), 2016.
• Guedj, Denis, Le mètre du monde, Paris : Seuil, 2000.
• Joffin Ch., Lafont F. et Mathieu E., Je pratique la métrologie, Le recueil, Paris : Lexitis
Éditions, 2019.
• Russell, Bertrand, The Scientific Outlook, London : George Allen and Unwin Ltd,
1931.
• Supiot, Alain, La Gouvernance par les nombres, Cours au Collège de France (2012-
2014), Paris : Fayard, 2015.
Articles et sites
• Bernauer, J. et Pohl, R., « Le proton, un problème de taille », Pour la Science n° 439,
pp. 28–35, 2014.
• Bureau international des poids et mesures, Questions en français au sujet de la 3e
édition du VIM.
• Page La tromperie de la Direction générale de la concurrence, de la consommation
et de la répression des fraudes (DGCCRF).
• Doucet, J.-P. (2020) Code pénal (25 septembre – 6 octobre 1791), 2020.
• Khan Academy, Pourquoi on divise par n-1 pour calculer la variance d’échantillon.
• Mediapart (blog) Le réchauffement climatique anthropique : un mensonge qui
arrange !, 10 janvier 2016 (version archivée au 4 décembre 2020).
• Tal, Eran, Measurement in Science, The Stanford Encyclopedia of Philosophy,
Edward N. Zalta (ed.), 2020.
Wikipédia
• Variance (mathématiques).
• Constante de Hubble.
• Préfixes du Système international d’unités.
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• Florence Nightingale.
• Guerre de Crimée.