Sujet : La passion est-elle ennemi du bonheur ?
Mots clés
Passion : désir exacerbé, sentiment excessif et exclusif qui prend entièrement possession de l’être au
détriment de sa raison.
Ennemi : une chose qui s’oppose à une autre, qui la contrecarre ou constitue un frein, un obstacle à sa
progression.
Bonheur : état d’épanouissement intégral, de plénitude, de félicité de béatitude.
Reformulation du sujet : Le désir excessif s’oppose-t-il à l’épanouissement intégral de l’homme?
Introduction :
La passion se présente comme désir excessif qui prend entièrement possession de l’être au détriment
de la raison. Le mot ennemi signifie à son tour une chose qui s’oppose à une autre ou constitue un
obstacle à sa progression. Quant au mot, bonheur, il signifie un état d’épanouissement intégral, de
plénitude, de félicité. C’est pourquoi on entend dire : « la passion est-il ennemi du bonheur ? »
Autrement dit le désir excessif s’oppose-t-il à l’épanouissement de l’homme ?
A la question de savoir si la passion constituent un obstacle au bonheur, les avis sont partagés. Si pour
certains la passions constitue un obstacle au bonheur, d’autres soutiennent le contraire. Cette
divergence de point de vue nous amène à poser les questions suivantes :
Problématique :
En quoi la passion et le bonheur sont-il incompatible ? Dans quel sens les deux peuvent aller ensemble ?
Thèse
La passion est un obstacle au bonheur cela revient à dire qui la passion empêche l’homme d’être
heureux. Ainsi la passion empêche l’homme d’agir conformément à la raison. Tandis que si la raison
humaine est aveuglée, l’homme ne sait plus ce qui est bien et ce qui est mauvais pour lui du coup il se
laisse emporter par les désirs insatiables qui le rendent malheureux.
Dans ce sens, Aristote pense qu’être sujet à une quelconque passion, c’est subir l’action d’un agent
extérieur, d’une force extérieur (Aristote).
De même pour Descartes les ‘’passions de l’âme’’ sont bonnes si elles conduisent à vouloir le bon mais
mauvaises quand elles sont suivies avec excès. La passion en effet, se présente comme une pure victoire
du sensible sur le rationnel.
En abordant dans le même sens, Spinoza soutient que les passions mettent l’homme à l’état de
servitude. La condition du salut est donc la libération de l’esclavage des passions.
Quant à Platon, il pense que la passion est une maladie de l’âme et symbolise le triomphe du sensible
sur la raison. Donc le sujet rationnel ne peut être que malheureux quand le corps domine l’âme car le
bonheur de l’homme se trouve dans la contemplation qui est une activité purement rationnelle.
De ce fait Kant soutient qu’elle paralyse, l’action normale de la raison sur la conduite. La passion ne peut
constituer de ce fait qu’un obstacle au bonheur de l’homme.
Antithèse :
Cependant la passion peut être le mobile de toute activité. La passion de ce fait, n’est pas que négative.
Elle peut être au service d’une bonne cause quand elle est l’inclination à accomplir une noble action.
Rien de grand n’a jamais été accompli ni ne saurait s’accomplir sans les passions (Hegel). Elle se présente
des lors comme la source de toute activité. C’est pourquoi Nietzsche la considère comme le moteur de
‘’la volonté de puissance’’.
Mieux, des impulsions passionnelles refoulées peuvent, par le processus de la sublimation, ressurgir
transformées et conduire à de grandes créations artistiques et intellectuelles (Freud). La passion devient
dans ces conditions, le mobile de toute grande et noble action. Elle est, de ce fait source de bien être de
l’homme donc du bonheur.
Synthèse : même si les passions ont été largement dénigrées par certains penseurs, force est de
reconnaitre qu’elles contribuent souvent au bien être de l’homme.
Conclusion :
Au terme de notre analyse, nous pouvons soutenir que les passions sont ambivalentes. Bien utilisées et
contrôlées par la raison, elles contribuent au bonheur. Mais quand elles aveuglent la raison et
l’empêchent de jouer son rôle, elles deviennent un obstacle au bien être de l’homme.