1959 (septembre) Création du parti nationaliste l'Union
1897 : Établissement d'un protectorat militaire allemand sur le
nationale rwandaise composé principale- ment de grands
Rwanda.
chefs tutsi portés à leurs fonctions par le colonisateur belge.
Ils revendiquent l'indé- pendance du pays.
1916 : Les troupes belges chassent les quelques officiers
allemands et le pays passe sous administration militaire
(octobre) Grégoire Kayibanda fonde le Parti pour
belge.
l'émancipation du peuple hutu (Parmehutu) qui exige
l'abolition de la « colonisation tutsi >> avant le départ des
1922 La Belgique reçoit le mandat de la Société des Nations
Belges. (novembre) << Révolution sociale hutu » qui se tra-
sur les Territoires du Ruanda-Urundi ».
duit dans les faits par le massacre de plusieurs centaines de
Tutsi. Les violences visent essentiel- lement les membres de
1931 La mention ethnique est apposée sur les livrets
l'administration << indigène », c'est-à-dire les chefs et les
d'identité, visant à recenser les hommes adultes valides en
sous-chefs, mise en place par le colonisateur qui renverse
vue de récolter l'impôt et d'appliquer le travail forcé.
alors son alliance initiale en encourageant désormais la «
Le roi Musinga, hostile à l'évangélisation, est déposé par les
Révolution hutu ». Des dizaines de milliers de Tutsi prennent
autorités belges. Son fils, Mutara Rudahigwa, accède au
le chemin de l'exil dans les pays limitrophes.
trône.
1961 La monarchie est abolie par référendum. 1962 (1" juillet)
1946 Le Rwanda et le Burundi passent sous la tutelle belge,
Le Rwanda accède à l'indépen dance sous la présidence de
les Nations unies prenant le relais de la SDN.
Grégoire Kayibanda 1963-1964 (décembre-janvier) Des
incursions d'exilés tutsi (surnommés Inyenzi cafards en raison
1957 Publication du Manifeste des Bahutu, sous-titré Note sur
de leurs attaques nocturnes) depuis le sud du pays
l'aspect social de la question raciale indi- gène, signé par une
déclenchent une répression féroce contre les Tutsi de
partie de l'élite hutu au sein de laquelle figure Grégoire
l'intérieur. Les massacres prennent une ampleur considérable
Kayibanda. Ce texte recommande le maintien de la mention
à Gikongoro entre 10 et 20% de la population tutsi de cette
ethnique sur les cartes d'identité et conseille le recours à la
préfecture sont assassinés par des bandes armées de lances
médecine en cas de « métissage ».
et de bâtons, sur ordre du préfet. Les violences s'étendent
ensuite aux préfectures environnantes et font au total entre 10 rwandaise (APR). II comprend par ailleurs des dissidents hutu
000 et 14 000 victimes. Dans l'édition du journal Le Monde du au pouvoir en place à Kigali.
6 février 1964, le philosophe Bertrand Russell dénonce un
massacre d'hommes le plus horrible et le plus systématique 1988-1989 Le Rwanda est confronté à une grave
auquel il a été donné d'assister depuis l'extermination des
Juifs par les nazis en Europe. Des dizaines de milliers de crise économique suite à l'effondrement des cours du café et
Tutsi gros- sissent les rangs des réfugiés. du thé sur le marché international. 1990 (1 octobre) Le FPR
lance sa première offen- sive dans l'est du pays, rapidement
1973 (février-mars) Des purges organisées par des Comités jugulée par les Forces armées rwandaises (FAR), appuyers
de salut public provoquent de nou- velles violences contre les par les troupes zaïroises, belges er surtout françaises En
Tutsi, chassés des écoles, de l'université, des séminaires et réaction, les autorités rwandaises jetrent en prison plusieurs
de la fonction publique. Des cases sont incendiées et environ milliers de pemonnes,, dont une majorité sont tutsi, accusées
200 personnes assassinées. de complicité aver l'ennemi.
(5 juillet) Le général-major Juvénal Habyarimana, un officier 1991 (février) Le FPR prend l'une des principales ville du nord
hutu originaire du nord du pays, du pays, Ruhengeri, et libère les prisonniers. Les attaques du
FPR servent de pré- texte au massacre des Tutsi Bagogwe
prend le pouvoir à la faveur d'un coup d'Eur. I entend rétablir de la région de Kibilira près de 600 personnes sont assassi
l'ordre er l'uniré nationale. nées dans cette région en une année.
1975 Le Mouvement révolutionnaire national pour le (juin) Face au mouvement de protestation de la société civile,
développement (MRND) est fondé. Il est le seul parti autorisé le président Habyarimana concede le multipartisme,
du pays. désormais autorisé par la nou velle Constitution. Plusieurs
formations politiques d'opposition voient le jour
1987 Face aux fins de non-recevoir du régime Habyarimana
sur le droit au retour des réfugiés nutsi, ces derniers - et leurs 1992 Les milices Interahamwe, mouvement de jeunes affidés
descendants-fondent le Front patriotique rwandais (FPR). Ce au MRND, sont créées. Elles manifestent violemment leur
mouve ment se dote d'une branche armée, Armée patriotique soutien au parti présidentiel, à plusieurs reprises au cours de
l'année. Ces milices sont rejointes dans leur combat contre l' à la protection du Premier ministre sont massacrés au Camp
ennemi tutsi par un parti raciste, la Coalition pour la défense Kigali par des soldats rwandais. Le FPR reprend l'offensive.
de la République (CDR).
8-9 avril Un gouvernement intérimaire est constitué puis prête
(mars) La diffusion à la radio nationale d'un tract attribuant serment. Respectant la façade des accords d'Arusha, il réunit
faussement l'assassinat de Hutu par des membres d'un parti des personnalités issues de partis différents mais appartenant
à dominante tutsi sert de prétexte au déclenchement des toutes à la faction « Hutu Power», c'est-à-dire à la frange
massacres dans la région du Bugesera (sud de Kigali). extrémiste. Il relaie les ordres d'extermination auprès de
Miliciens, autorités locales et civils conjuguent leurs forces. l'administration locale.
1993 (août) Les accords d'Arusha sont signés entre le
président Habyarimana, les partis d'opposition et le FPR. Ils 9-15 avril Plusieurs puissances occidentales, dont la Belgique
prévoient le partage du pouvoir et la fusion des armées. et la France, envoient des troupes au Rwanda pour assurer
l'évacuation de leurs ressor- tissants. En aucun cas ces
(octobre) La Mission des Nations unies pour l'Assis- tance au militaires n'interviennent pour faire cesser les massacres.
Rwanda (MINUAR) commandée par le général canadien
Roméo Dallaire entame son déploiement. Elle compte 2500 11 avril Les militaires belges de la MINUAR quittent l'École
hommes. technique officielle de Kicukiro, aban- donnant à la mort des
milliers de réfugiés tutsi. 5000 d'entre eux seront assassinés
1994 (avril) Dans la soirée du 6 avril, l'avion du président en masse le soir même sur la colline de Nyanza-Kicukiro.
Habyarimana est abattu. Les unités d'élite de l'armée
rwandaise et les miliciens qua- drillent Kigali. Le colonel 21 avril Le Conseil de sécurité des Nations unies réduit les
Bagosora réunit un comité de crise au cours duquel il refuse effectifs de la force onusienne qui passe de 2 500 à 270
de remettre le pouvoir au Premier ministre Agathe hommes dont une majorité sont des civils.
Uwilingiyimana comme le prévoit la Constitution.
Mai 1994 La majorité des victimes a été assassinée. 22 juin
7 avril Le Premier ministre est assassinée à son domicile par La France lance l'opération Turquoise sous l'égide des
des militaires; les opposants poli- tiques hutu sont éliminés de Nations unies. Alors que le génocide est consommé, les
manière systématique. Les dix Casques bleus belges affectés forces françaises forment un glacis dans l'ouest du pays
permettant aux cadres du gouvernement extrémiste de fuir
vers le Zaïre face à l'avancée des troupes du FPR.
4 juillet Le FPR remporte la bataille de Kigali. 19 juillet Les
forces du génocide sont en déroute, ayant poussé sur les
chemins de l'exil au Zaire et en Tanzanie plus de deux
millions de civils hutu. Un nouveau gouvernement d' Union
nationale >> est mis en place à Kigali, dominé par le FPR.