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Résumé Texte David Colon

L'impact des croyances erronées sur la société ne peut être compris sans la sociologie cognitive, qui montre que des idées fausses peuvent émerger de raisonnements valides. Ces croyances sont souvent renforcées par des biais cognitifs, comme le biais de confirmation, et séduisent en simplifiant des réalités complexes. La recherche de vérités simples dans un monde compliqué pousse les individus à accepter des idées fausses, qui peuvent être plus attrayantes que des vérités nuancées, comme l'indiquent des penseurs tels que Tocqueville et Le Bon.

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L'impact des croyances erronées sur la société ne peut être compris sans la sociologie cognitive, qui montre que des idées fausses peuvent émerger de raisonnements valides. Ces croyances sont souvent renforcées par des biais cognitifs, comme le biais de confirmation, et séduisent en simplifiant des réalités complexes. La recherche de vérités simples dans un monde compliqué pousse les individus à accepter des idées fausses, qui peuvent être plus attrayantes que des vérités nuancées, comme l'indiquent des penseurs tels que Tocqueville et Le Bon.

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Résumé :

Résumer le texte en 100 mots avec une tolérance de 10% de plus ou de moins. Mettez une barre
oblique après chaque cinquantaine de mots. Indiquez à la fin le nombre de mots exact.
En tout état de cause, l’explication par I ’impact de La technique, la défiance vis-à-vis des médias et la fin de
l'espace public ne suffit pas. Pour comprendre comment des millions d'individus instruits peuvent en arriver
à croire à des fausses informations, ou comment un raisonnement erroné peut obtenir un large consensus, il
faut considérer l'apport de la sociologie cognitive. Dans son ouvrage L'art de persuader des idées douteuses,
fragiles ou fausses, Raymond Boudon affirme ainsi, en s'appuyant sur la pensée de Georg Simmel que « les
croyances en des idées non fondées peuvent être aussi et sont souvent au moins pour partie le produit du
fonctionnement le plus normal de la pensée ». Dans son fonctionnement normal, la pensée produit
naturellement des croyances vraies et des croyances fausses, parce qu'une argumentation démonstrative
valide peut aussi bien convaincre d'idées justes que d'idées fausses. Ainsi pouvons-nous aisément croire en
des idées fragiles et fausses si elles émanent d'arguments solides contaminés par des cadres implicites qui
s’imposent à nous et nous convainquent que ces idées « vont de soi ». C'est le principe même de l'idée reçue,
ou du stéréotype.

Ces « caprices téméraires de notre volonté », comme les appelle Pascal, qui nous poussent à consentir à des
idées fausses se manifestent pleinement dans la vie politique. Nous consentons volontiers à croire en des
idées fausses, dès lors qu'elles émanent de quelqu'un en qui nous croyons, pour lequel nous nous sommes
engagés ou en qui nous nous projetons. Notre crédulité est accrue par un certain nombre de biais cognitifs, à
commencer par le biais de confirmation en vertu duquel nous sommes enclins a retenir les arguments qui
confirment notre opinion et à rejeter ceux qui pourraient venir la contredire. Toute information, vraie ou
fausse, confirmant notre vision préalable du monde, sera mieux reçue que toute information venant la
remettre en cause. [...]

Non seulement les idées fausses sont le produit pour ainsi dire « naturel » de la pensée, mais elles sont
dotées, en outre, d'un pouvoir de séduction sans pareille : « Une idée fausse, mais claire et précise, aura
toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie et complexe », écrit Alexis de Tocqueville dans le
premier volume de son ouvrage De la démocratie en Amérique. Gustave Le Bon a lui aussi souligné le pouvoir
d'attraction des mensonges sur les foules : « Les foules n'ont jamais eu soif de vérités. Devant les évidences
qui leur déplaisent, elles se détournent, préfèrent déifier l'erreur, si l'erreur les séduit. Qui sait les illusionner
est aisément leur maître ; qui tente de les désillusionner est toujours leur victime. » Cela s'explique par le fait
que l'idée fausse a le mérite de rendre simple des faits complexes et de proposer une vérité unique où
existent le plus souvent une multitude de facteurs explicatifs. Comme le stéréotype, l'idée fausse facilite notre
appréhension d'une réalité dont la complexité dépasse souvent notre entendement. L'idée fausse rassure
donc avant tout parce qu'elle nous offre une interprétation simple, et pour tout dire confortable, du monde
qui nous entoure comme de celui qui échappe à notre perception immédiate. L'idée fausse a d'autant plus de
chance d'être acceptée qu'elle répond, comme la propagande, à un besoin élémentaire d'explication simple
d'un monde compliqué. Le recours à la fiction n’est pas seulement pour l'individu un élément de la
construction de son psychisme au cours de son enfance, il est un besoin constant tout au long de
l'existence. Et, à bien des égards, la fiction produit souvent davantage d'effets sur les individus que la vérité.
Boorstin considère ainsi que les publicités mensongères ne relèvent pas tant d'une mystification de la part
de l'émetteur que du désir des consommateurs d'être séduits : « L'agent publicitaire à succès est le maître
d'un art nouveau : l'art de rendre les choses vraies en affirmant qu'elles le sont. C'est un adepte de la
technique des prophéties s'accomplissant elles-mêmes. » Dans la publicité, comme dans toute forme de
communication, la parole a parfois le pouvoir de se réaliser d'elle-même. Ce que cherche le public dans un
discours publicitaire ou politique est la même chose que ce qu'il cherche dans le cinéma ou au théâtre : ni le
vrai, ni le faux, mais quelque chose qui est au-delà du vrai et du faux.

David Colon , Propagande. La manipulation de masse dans le monde contemporain,


2019.

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