ORTHOGONALITÉ ET DISTANCES DANS L’ESPACE
Rappels de première p449-450 ; Avant de commencer p86 ; Activités A&B p88 ; Sesamath Tle p307-308
1. PRODUIT SCALAIRE DANS L’ESPACE
Définition
v deux vecteurs de l’espace et A, B et C des points tels que ⃗u =⃗
Soient ⃗u et ⃗ v =⃗
AB et ⃗ AC .
Les points A, B et C étant coplanaires, le produit scalaire des vecteurs ⃗
u et ⃗
v est le réel noté ⃗
u.⃗
v
v=⃗
défini par ⃗u . ⃗ AB . ⃗
AC .
Remarques
- Cette définition du produit scalaire étend à l’espace celle vue en première dans le plan.
v ne dépend pas des représentants ⃗
- ⃗u . ⃗ AB et ⃗ AC choisis.
Propriétés
v des vecteurs de l’espace non nuls et A, B et C des points tels que ⃗u =⃗
Soient ⃗u et ⃗ v =⃗
AB et ⃗ AC .
u.⃗
● ⃗ v=⃗ AB . ⃗AC = AB × AC × cos ^ v || × cos ^
BAC =|| ⃗u || × || ⃗ (⃗ v) ;
u ,⃗
● En appelant H est le projeté orthogonal de C sur (AB),
v=⃗
⃗u . ⃗ AB . ⃗
AC =
{ AB×AH si 0° ⩽ ^
BAC ⩽ 90° .
- AB×AH si 90° < ^
BAC ⩽ 180°
Remarques
- Nous verrons plus précisément dans le chapitre 2. comment est défini dans l’espace le projeté orthogonal
d’un point sur une droite. Si A, B et C définissent un plan, on retrouve la définition vue en première.
- Si H et A sont confondus, ⃗u . ⃗
v = 0.
- L’étude des angles de vecteurs ^ ( ⃗u , ⃗
v ) est hors programme. Il ne s’agit ici que d’une notation.
- Un angle saillant (respectivement aigu, obtus) a une mesure strictement comprise entre 0° et 180° (resp.
entre 0° et 90°, entre 90° et 180°). 0° est l’angle nul, 90° est l’angle droit et 180° l’angle plat.
- ^
BAC aigu ou nul ⃗ AB et ⃗AH de même sens ; ^ BAC obtus ou plat ⃗ AB et ⃗AH de sens opposés.
- Si ⃗u et ⃗
v sont colinéaires et non nuls :
s’ils sont de même sens : ⃗u . ⃗
v = || ⃗u || × || ⃗
v ||
et sinon (sens opposés) ⃗u . ⃗
v = - || ⃗u || × || ⃗
v ||.
- ⃗u . ⃗u = || ⃗u ||2. Il s’agit du carré scalaire du vecteur ⃗u . On note aussi ⃗u . ⃗u = ⃗u 2.
Exemples
Remarque sur les deux exemples
L’angle ^
BAC se calcule ici aisément à l’aide de la trigonométrie. Cependant dans les deux cas il peut aussi
se déterminer à l’aide de la valeur du produit scalaire obtenue sans le calcul de l’angle.
Comprendre et savoir refaire ce qui suit (ne pas hésiter à refaire tous les calculs dans le détail) !
Par la trigonométrie
^ 3π 2
BAC = 135° = rad tan ^
BAC =
4 3
angle obtus ^
BAC ≈ 33,7° angle aigu
^ = - √2
cos BAC cos ^
6
BAC = 2 2 =
6
2 √ 4 +6 √ 52
Par le produit scalaire
AC s’obtient à l’aide du théorème de Pythagore
AB × AC × cos ^BAC = -8 AB × AC × cos ^
BAC = 24
^ = -8
4 × 2 √ 2 × cos BAC ^ = 24
4 × √ 52 × cos BAC
=- √
-8 2 24 6
cos ^
BAC = cos ^
BAC = =
4×2 √ 2 2 4× √ 52 √ 52
Propriétés
Pour tous vecteurs ⃗u , ⃗
v et w
⃗ et tout réel k,
• ⃗u .( v⃗ + w
⃗ ) = ⃗u . v
⃗ + ⃗u . w
⃗ et ⃗u .(k v
⃗ ) = (k ⃗u ). v⃗ = ⃗u .(k v⃗ ) (bilinéarité) ;
• ⃗u . ⃗v = ⃗v . ⃗u (symétrie) ;
• || ⃗u + v⃗ ||2 = || ⃗u ||2 + 2 ⃗u . v⃗ + || v⃗ ||2 ;
• || ⃗u - ⃗v ||2 = || ⃗u ||2 - 2 ⃗u . ⃗v + || ⃗v ||2 ;
• ⃗u 2 - ⃗v 2 = || ⃗u ||2 - || ⃗v ||2 = ( ⃗u - ⃗v ).( ⃗u + ⃗v ).
Remarques
- Les propriétés du produit scalaire dans le plan sont conservées dans l’espace.
1
- Il en découle une formule qui peut-être très utile ⃗ AB . ⃗
AC = (AB2 + AC2 – BC2 ). A savoir retrouver !
2
- En corollaire des 3 identités remarquables, les formules de polarisation :
1 1
v = (|| ⃗u + ⃗
⃗u . ⃗ v ||2 ) puis ⃗u . ⃗
v ||2 - || ⃗u ||2 - || ⃗ v = (|| ⃗u ||2 + || ⃗ v ||2)
v ||2 - || ⃗u - ⃗
2 2
1
⃗ = (|| ⃗u + v
et ⃗u . v ⃗ ||2 - || ⃗u - v⃗ ||2 ).
4
Exercice 1
Soit ABCDEFGH un cube de centre O tel que AB =
a , I milieu du segment [BF] et J celui de [DH].
Déterminer en fonction de a les produits scalaires
suivants :
⃗
AD . ⃗
AJ ; ⃗
AH . ⃗
GB ; ⃗ BF ; ⃗
AH . ⃗ OC . ⃗
OD ;
⃗ BF ; ⃗
AI . ⃗ OC . ⃗
OA ; ⃗
AD . ⃗
OB
Exercice 2
a) Démontrer que pour tous vecteurs ⃗u , ⃗
v et w
⃗ , on a la relation ( ⃗u + ⃗
v ). w
⃗ = ⃗u . w v.w
⃗+ ⃗ ⃗ .
b) Démontrer les trois formules de polarisation.
Exercices
2. ORTHOGONALITÉ DANS L’ESPACE
Définitions
• Deux droites sont dites orthogonales lorsque leurs parallèles respectives passant par un même point sont
perpendiculaires.
• Deux vecteurs non nuls sont orthogonaux lorsque les droites dirigées par ces vecteurs sont orthogonales.
• Une droite est orthogonale à un plan lorsqu'elle est orthogonale à toutes les droites de ce plan.
Remarques
- Par convention, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur.
- Pour noter que deux objets sont orthogonaux, on pourra utiliser le symbole ⊥.
Exercice 3
Dans le cube ABCDEFGH de centre O, citer
a) deux droites orthogonales mais non perpendiculaires ;
b) deux vecteurs orthogonaux et de normes disctinctes ;
c) Une droite et un plan orthogonaux (on dit aussi perpendiculaires car l’intersection est non vide).
Propriété (admise)
Deux vecteurs ⃗u et ⃗
v sont orthogonaux si et seulement si ⃗u . ⃗
v = 0.
Remarque
Cette propriété prolonge dans l’espace celle vue en première
Propriétés (admises)
• Deux droites sont orthogonales si et seulement si leurs vecteurs directeurs respectifs sont orthogonaux.
• Une droite est orthogonale à un plan si, et seulement si, un vecteur directeur de la droite est orthogonal à
une base de ce plan.
Remarque
L'intersection de deux droites perpendiculaires est nécessairement un point alors que l'intersection de deux
droites orthogonales peut être vide. Voir sur le cube.
Exercice 4
Dans le cube ABCDEFGH, J et K sont les milieux respectifs des segments [FG] et [BC].
a) Montrer à l’aide du produit scalaire que les droites (FB) et (AC) sont orthogonales ainsi que les droites
(EF) et (GC) ;
b) Démontrer que la droite (JK) est orthogonale au plan (ABC).
c) Montrer que (BG) et (EC) sont orthogonales. (cf p93)
Définition
Soit un plan et une droite orthogonale à un plan.
Tout vecteur directeur de cette droite est appelé vecteur normal au plan.
Remarque
Un plan peut être déterminé par un point de l’espace et un vecteur normal.
Propriétés (admises)
• Une droite est orthogonale à un plan si elle est orthogonale à deux droites sécantes de ce plan.
• Un plan de base ( ⃗u , ⃗v ) a pour vecteur normal ⃗n si et seulement si ⃗n est non nul et orthogonal à ⃗u et ⃗v .
Exemple
Dans le cube ABCDEFGH, le vecteur ⃗
CG est normal au plan (FGH) et ⃗
AH à (EDC). Le démontrer.
Exercice 5
ABCDE est une pyramide à base carrée telle que les faces issues de E sont des triangles isocèles. On note O
le centre du carré ABCD. Montrer que la droite (EO) est orthogonale au plan (ABC). Cf livre p91.
Définitions Projeté orthogonal d’un point sur un plan ou une droite
• Soit un plan P de l'espace dont on connaît un vecteur normal ⃗n et un point M extérieur au plan P.
Le projeté orthogonal de M sur P est l'intersection du plan et de la droite de vecteur directeur ⃗
n passant
par M.
• On considère une droite d de vecteur directeur ⃗u et un point M extérieur à cette droite.
Le projeté orthogonal de M sur d est l'intersection du plan normal à ⃗u passant par M avec la droite d.
Exemple
Le point M′ est le projeté orthogonal du
point M sur le plan P.
Le point N′ est le projeté orthogonal du
point N sur la droite d.
3. GÉOMÉTRIE ANALYTIQUE DANS L’ESPACE
Définitions
• Une base orthonormée de l'espace est la donnée de trois vecteurs linéairement indépendants (i.e. non
coplanaires) ⃗i , ⃗j et ⃗
k tels que ∥ ⃗i ∥=∥ ⃗j ∥=∥ ⃗
k ∥=1 et ⃗i ⋅ ⃗j = ⃗j ⋅ ⃗
k = ⃗i ⋅ ⃗
k = 0.
• Un repère orthonormé est la donnée d'un point (l'origine) et d'une base orthonormée.
Propriété (admise)
() ( )
x x'
Dans une base orthonormée ( ⃗i , ⃗j , ⃗
k ) de l’espace, si ⃗u y et ⃗
v y' alors ⃗u . v⃗ = x x’ + y y’ + zz’
z z'
En conséquence
∥ ⃗u ∥= √ x + y + z
2 2 2
Corollaire
Dans un repère orthonormé de l’espace (O ; ⃗i , ⃗j , ⃗
k ), soient les points A(xA; yA ; zA) et B(xB; yB ; zB).
Alors on a la relation AB = √ (x B −x A ) +( y B − y A ) +(z B− z A ) .
2 2 2
Exemple
Dans le cube ABCDEFGH, (A ; ⃗
AB , ⃗
AD , ⃗
AE ) est un repère orthonormé de l’espace. Calculer les
distances AF, AG et AO.
Propriété (admise)
Dans un repère orthonormé, une équation de la sphère de centre Ω(a ; b; c) et de rayon R est
(x − a)2 + (y − b)2 + (z − c)2 = R2.
Remarque
Une démonstration en est faite en activité C p89.
Exemple
La sphère de centre Ω(1;−3;4) et de rayon 2 admet pour équation cartésienne
(x − 1)2 + (y − (-3))2 + (z − 4)2 = 22 soit après développement et réduction x2 + y2 + z2 − 2x + 6y −8z + 22 = 0.
4. APPLICATIONS
Equation cartésienne d’un plan
Propriété
L'espace est muni d'un repère orthonormé (O ; ⃗i , ⃗j , ⃗
k ).
()
a
On considère un vecteur non nul ⃗
n b et un point A(xA; yA ; zA).
c
Le plan P qui passe par le point A et de vecteur normal ⃗
n admet pour équation cartésienne
ax+by+cz+d=0 où d = - (a xA + b yA + c zA).
Remarques
- En pratique, on détermine la valeur de d en utilisant l'appartenance d'un point au plan P ;
- Un plan a une infinité d’équations cartésiennes ;
- Réciproquement, pour tout réels non tous nuls a, b et c, a x + b y + c z + k = 0 est une équation
()
a
cartésienne d’un plan de vecteur normal le vecteur ⃗
n b .
c
Démonstration
Soit M(x;y;z) un point du plan P. Par définition, ⃗ n donc ⃗
AM est orthogonal à ⃗ AM ⋅ ⃗
n = 0.
Ainsi (x − xA) a + (y − yA) b + (z − zA) c = 0.
En développant, on obtient a x + b y + c z − (a xA + b yA + c zA) = 0.
Exemples
()
2
- Une équation du plan de vecteur normal ⃗ n 1 et passant par A(1;0;1) est 2x + y + 2z − 4 = 0.
2
En effet, A appartient à ce plan 2xA + yA + 2zA + d = 0 d = - (2×1 + 0 +2×1) = - 4.
()
-3
- Le plan d'équation -3x + 2y − z + 5 = 0 admet pour vecteur normal le vecteur ⃗
n 2 .
-1
Exercice 6 (cf Application et méthode p95)
L'espace est muni d'un repère orthonormé (O ; ⃗i , ⃗j , ⃗
k ). On considère le point I(1;0;0). Quelle équation
parmi les deux ci-dessous correspond à celle d'un plan ?
Donner alors un vecteur normal de ce plan et indiquer si I appartient à ce plan.
a) 2x2 + 3y − 5z − 2 = 0
b) 2x + 3y − 5z − 2 = 0
Exercice 7 (cf Application et méthode p96)
On considère le plan P d'équation 3x + y − z − 2 = 0.
Déterminer les coordonnées du projeté orthogonal H du point A(5 ; 1 ; 3) sur le plan P .
Indication : considérer la droite d passant par A et de vecteur directeur un vecteur normal de P.
{
x=3t +5
Correction : y=t +1 , t∈ ℝ est une représentation paramétrique de d car le vecteur normal au plan P
z =- t +3
()
3
n 1 est aussi un vecteur directeur de d. Ainsi H(x;y;z) ∈ d∩ P 3(3t+5) + (t +1) − (-t +3) − 2 = 0
⃗
-1
11t + 11 = 0 t = -1. Cela donne H(2;0 ;4).
Distance d’un point à un plan ou une droite
Propriétés (admises)
• Soient P un plan de l'espace et A un point.
La distance du point A au plan P est la plus petite des longueurs AM où M∈P .
• Si on note H le projeté orthogonal de A sur le plan P, alors d(A,P) = AH en notant d(A,P) la distance du
point A au plan P.
• Soient P le plan d'équation cartésienne a x + b y + c z + d = 0 et A(xA; yA ; zA) un point. Si on note ⃗n un
vecteur normal de P et M(x ; y ; z) un point de P alors :
|⃗
AM. ⃗n| |a x A +b y A +c z A+ d|
d(A,P) = = .
‖⃗n‖ √ a 2 +b 2 +c 2
Exemple
La distance entre A(-1 ; 3 ; 2) et P : x − 3y + 2z − 4 = 0 est
|x A−3 y A + 2 z A−4| |- 1−3×3+ 2×2−4| |- 10| 10
d(A,P) = = = = ≈ 2,67.
√1 +(- 3) +2
2 2 2
√ 14 √ 14 √ 14
Définition
Soient D une droite de l'espace et A un point. La distance du point A à la droite D est la plus petite des
longueurs AM où M∈D.
On note d(A,D) la distance du point A à la droite D.
Propriété (admise)
Si on note H le projeté orthogonal de A sur la droite D, alors d(A,D) = AH.
Exercice 8 cf p97
Calculer la distance entre le point A(2 ; -1 ; 2) et la droite D dont on donne une représentation paramétrique
{
x=2 t+1
y=- t , t∈ ℝ . Indication : déterminer dans un premier temps les coordonnées de H.
z =t−1