Cours Droit Civil 2022
Cours Droit Civil 2022
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INTRODUCTION GENERALE
I.SIGNIFICATION DU MOT DROIT
Le droit est à la base de toute vie en société. Il constitue un phénomène social et normatif.
En effet, il n’y a pas de droit sans société et pas de société sans droit, c’est le sens de la
maxime latine « ubi sociétas ibis jus ». L’essence des règles de droit est d’organiser la
vie en société. Le mot droit a une double signification selon qu’il est employé au
singulier ou au pluriel :
Au singulier, il est d’abord l’ensemble des règles de conduite qui régissent les rapports
entre les individus dans une société donnée. C’est le ce qu’on appelle le droit objectif.
Exemple : la majorité électorale est fixée à 20 ans.
Au pluriel, il est une prérogative particulière dont une personne déterminée peut se
prévaloir ou une faculté qui lui est reconnue d’accomplir ou non certains actes, c’est le
sens des droits subjectifs. Exemple : un acte juridique. Le droit objectif détermine les
droits subjectifs, aussi pour résumer ces deux aspects du droit, le doyen CARBONNIER
disait : « si le droit nous permet de faire quelque chose (droit objectif), alors nous
avons le droit de le faire (droit subjectif) ».
En somme, le mot « droit » signifie l’ensemble des règles régissant les rapports entre les
individus dans une société et dont l’inobservation entraine une sanction ou comme
l’ensemble des prérogatives qu’un individu peut faire valoir de par la loi à l’égard des
autres personnes.
Dans ce vaste ensemble, le droit civil quant à lui fixe les règles de droit commun
applicable aux rapports des particuliers entre eux dans divers domaines.
Il découle de sa signification que le droit est composé du droit objectif et des droits
subjectifs.
Le droit objectif
En clair, la sanction apparaît comme le point de divergence entre la règle de droit et les
autres règles en vigueur dans la société.
Comme finalité, la règle de droit assure la justice (commutative - à chacun selon ses
moyen et distributive – chacun selon ses besoins… suum cuirque tribuere) ou l’équité; la
survie du groupe au travers la sécurité et sa stabilité par l’absence d’arbitraire, la clarté et
la précision des règles juridiques et la non rétroactivité des règles nouvelles.
Elle a aussi pour fonction d’imposer un ordre public, un ensemble de règles considérées
comme essentielles à l’organisation politique, économique et sociale voulue par le
législateur ou par le peuple.
Comme divisions du droit, on note le droit national qui s’oppose au droit international; le
droit privé au droit public… et le droit privé a pour subdivisions le droit civil, le droit
commercial ou des affaires, le droit du travail, le droit pénal...
Ils s’exercent sous la protection de l’État et sont multiples et variés : droits des biens,
droit de la famille… leur source est constituée des actes et des faits juridiques.
Ces droits sont classés en droit patrimoniaux (le patrimoine désigne l’ensemble des
biens et des obligations d’une personne envisagée comme universalité de droit. Ce sont
les droits réels (exemple : le droit de propriété) et des droits personnels (Exemple : le
droit de créance) et en droits extrapatrimoniaux qui sont incessibles, intransmissibles,
insaisissables et imprescriptibles (Exemple : droits de la famille, droits politiques, droits
civiques…).
Meuble et immeuble (par nature, par destination et par l’objet auquel il se rapporte)
Choses appropriées et choses non appropriées (appartenant à une personne – res nullius)
L’étude d’une discipline scientifique doit être un apéritif qui aiguise le désir d’une
découverte. Ainsi, le cours de droit civil a pour objectif principal de donner une vue
panoramique du droit (1ere partie), de fournir un canevas vers l’approfondissement
progressif de la connaissance juridique du droit privé (2 e partie) et enfin d’initier
l’étudiant aux concepts fondamentaux du droit public (3e partie).
Iere Partie : GENERALITES SUR LE DROIT
On entend par « source » du droit, les différentes manières dont ces règles juridiques sont
établies, bref il s’agit des « forces créatrices de droit ». Ou bien elles émanent d’autorités
qui ont le pouvoir de les créer et d’en imposer l’observation (lois écrites) ou bien des
règles de droit résultant des pratiques habituelles et répétées qui sont devenues
obligatoires (coutume).
Parmi les sources de droit diverses et nombreuses, on distingue : les sources créatrices de
droit (section 1) des sources interprétatives (section 2).
La loi est la source principale du droit positif dans notre système juridique. Le terme loi
est ambivalent;
Au sens strict, elle désigne spécifiquement le texte adopté par le pouvoir législatif; c’est
l’acte du parlement (loi ordinaire).
Au sens large, c’est l’ensemble des règles établies par l’autorité publique compétente
(règlement administratifs y compris).
A- La loi ordinaire
Son domaine est prévu par l’article 26 de la constitution révisée du 18 janvier 1996.
1-L’élaboration de la loi
L’initiation des lois appartient au pouvoir exécutif incarné par le chef de l’État, le
premier ministre, les membres du gouvernement et assimilés sous forme de projet de
loi et au pouvoir législatif détenu par les représentants du peuple – les députés- sous
forme de proposition de loi.
2-L’entrée en vigueur
3- L’abrogation de la loi
L’abrogation a pour but de faire perdre à la loi son caractère obligatoire pour
l’avenir. L’abrogation peut être expresse (L’abrogation est expresse quand la nouvelle
loi la prévoit) ou tacite (lorsque les dispositions nouvelles sont incompatibles aux
anciennes).
La loi connaît son application aussi bien dans le temps que dans l’espace.
La loi est l’expression des besoins du groupe social et ce groupe étant en profonde
mutation, la loi est appelée à changer. Or la succession des lois dans le temps pose
des problèmes délicats pour savoir quelle est la loi applicable à une situation
juridique. En la matière, il existe un principe et une exception.
1. Le principe
L’hypothèse est celle où la loi ancienne est remplacée par une loi nouvelle qui est
différente. Pour cela l’article 2 du code civil dispose que « la loi ne dispose que pour
l’avenir, elle n’a point d’effet rétroactif ». Le principe ici est celui de la non rétroactivité
de la loi. La loi nouvelle ne régira que les situations futures.
2. Les exceptions
Les exceptions dont il s’agit touchent essentiellement les lois expressément rétroactives :
-Les lois pénales plus douces : celles-ci s’appliquent aux affaires non définitivement
jugées (C’est la rétroactivité in mitius);
Le principe est que la loi camerounaise s’applique sur tout le territoire Camerounais et
seulement sur celui-ci. Mais cette loi peut se trouver en conflit avec une loi étrangère,
lorsque la situation juridique concerne un élément d’extranéité. (Explication personnelle :
un contrat conclu au Cameroun entre un gabonais et un tchadien et portant sur un
téléviseur de fabrication nigériane. A priori dans cette situation, 4 lois pourraient
légitimement prétendre s’appliquer. Mais il faut choisir une seule.
Le problème est de savoir quelle est la loi applicable (nationale ou étrangère). Les
solutions suivantes sont proposées :
Le statut personnel : (état civil, capacité, mariage, filiation…) est en principe régi
par le droit national de l’intéressé où qu’il se trouve.
Le statut réel (les règles relatives aux biens) il est en principe soumis à la loi du
lieu de situation du bien.
Les actes juridiques et spécialement les contrats obéissent en principe à la loi du
lieu de leur formation indifféremment de la nationalité des parties.
B- Les règlements administratifs
Il s’agit des textes émanant du pourvoir exécutif. On distingue dans cette
catégorie, les ordonnances du Président de la République pour les matières
réservées à la loi, les décrets, les arrêtés.
Une hiérarchie est établie entre les différents textes étatiques. En principe, un
texte de la catégorie inférieure ne peut déroger aux textes de la catégorie
supérieure auxquels il est subordonné. Par ordre, on a : la Constitution, les traités
ou accords ratifiés, les lois au sens strict, les ordonnances, les règlements, les
décrets et les arrêtés (ministériels, préfectoraux, municipaux).
C’est une règle de droit qui se forme par la pratique, la répétition de certains
actes. En d’autres termes c’est un usage ayant acquis un caractère juridique
obligatoire. Les règles coutumières ont une double origine : populaire lorsqu’elles
résultent d’une pratique constante de la masse des individus; savante lorsqu’elles
sont formulées sous forme d’adages par une doctrine ou une jurisprudence
anciennes. Exemple : « Donner et retenir ne vaut » etc…
A- Composition
- Elle comble les lacunes de la loi; la coutume est dite praeter legem
- La loi elle-même renvoie à la coutume; la coutume est dite secundum legem.
- La coutume peut aller à l’encontre de la loi. C’est la coutume contra legem et
dans ce cas, la coutume doit être écartée au profit de la loi.
Paragraphe 1 : la jurisprudence
C’est l’ensemble des décisions prises ou rendues par les tribunaux dans les affaires qui
leurs sont soumises. Pour certains juristes, la jurisprudence n’est pas considérée comme
une source du droit, seul le pouvoir législatif en est compétent (article 5 du code civil),
pour d’autres, la jurisprudence est une source du droit. L’article 4 du code civil impose
aux juges sous peine de déni de justice de statuer en cas de silence ou d’obscurité de la
loi; les juges ont donc le pouvoir de créer la loi ou de l’interpréter. Elle interprète les lois
obscures ou qui se contredisent et comble ses lacunes.
Paragraphe 2 : la doctrine
C’est l’ensemble des opinions émises par les juristes (enseignants, avocats, magistrats…)
dans leurs ouvrages, leurs articles, leurs commentaires de textes législatifs ou des
décisions des cours et tribunaux. Le rôle de la doctrine est double : rôle d’information,
rôle d’orientation.
-Le rôle d’information par l’exposé et l’analyse des textes et l’examen systématique de la
jurisprudence.
Toutefois, il n’en demeure pas moins que les opinions de la doctrine ne s’imposent pas
aux juges ni encore moins au législateurs.
CHAPITRE 2 : L’ORGANISATION JUDICIAIRE AU CAMEROUN
Les règlements des procès qui opposent les particuliers supposent une organisation des
tribunaux appelée organisation judiciaire. L’utilisation judiciaire est chargée d’assurer la
réalisation de la justice. Quelques principes fondamentaux permettent de mieux
comprendre l’organisation judiciaire et le fonctionnement de nos juridictions : le principe
de l’égalité, le principe de la continuité, le principe du double degré de juridiction, le
principe de la gratuité de la justice (mais cela n’exclut pas les frais de timbres,
d’expertise ou encore d’avocat), le principe de l’autorité de la chose jugée (c’est-à-dire
que la même affaire entre les mêmes parties ne peut être jugée une nouvelle fois
lorsqu’une décision définitive a été rendue).
A côté de cette organisation étatique, les pratiques professionnelles ont suscité la mise sur
pied d’une justice privée qui n’est pas à négliger dans le cadre des règlements de litiges.
C’est le cas de l’arbitrage où l’arbitre rend une sentence qui peut avoir autorité de la
chose après l’obtention de l’exéquatur. Pour mieux appréhender l’architecture de
l’organisation judiciaire au Cameroun, il convient de s’attarder sur la typologie des
juridictions avant d’évoquer le personnel en charge.
Elles sont régies par le décret n°69/DF/544 du 19 Décembre 1969 modifié en 1971 et
appliquent la coutume. Mais leur compétence est conditionnée par l’acceptation des
parties en conflit (C’est-à-dire que les parties en conflit ont le libre choix de soumettre
ou non leur problème au niveau de cette juridiction). En cas de refus de l’une des parties,
il y’a, à sa demande déclinatoire de compétence in limine litis. Elles sont de deux types :
le tribunal de premier dégré et le tribunal coutumier.
Le tribunal coutumier est compétent pour des litiges d’ordre patrimonial, c’est-à-dire des
demandes en recouvrement des créances civiles et commerciales, des demandes en
réparation des dommages matériels, corporels, et des litiges relatifs aux contrats.
Ce sont les juridictions du droit commun qui examinent les litiges soumis aux juges pour
la 1ere fois. Elles sont de deux ordres :
Il est créé dans les chefs-lieux de départements et peut par décret du Président de la
République être étendu à plusieurs départements. En matière civile, commerciale et
sociale, le TGI est compétent pour les litiges, demande de paiement des sommes d’argent
et demande de recouvrement par procédure simplifiée et voies d’exécution dont le
montant excède 10 millions; des actions relatives à l’état des personnes, à l’état civil, au
mariage, au divorce, à la filiation, à l’adoption et aux successions. En matière pénale,
pour les crimes et les délits connexes et des demandes de mise en liberté (habeas corpus).
Selon la jurisprudence, le TGI est compétent pour trancher les litiges dont le montant est
indéterminé en vertu de la règle « Qui peut le plus peut le moins ».
Elles sont constituées par les Cours d’appel existant dans chaque chef-lieu de région. La
Cour d’appel est compétente pour statuer sur les appels à l’encontre des décisions
rendues par les juridictions du 1 er degré, ce processus est appelé principe du double degré
de juridiction. Elle est également compétente pour connaître du contentieux de
l’exécution de ses décisions; de tout autre cas prévu par la loi.
Toutes ces juridictions se font coiffées par la Cour Suprême qui décide en dernier
ressort qui est considéré aujourd’hui comme un troisième degré de juridiction parce que
lorsqu’elle casse un arrêt d’une Cour d’appel, elle statue. (En matière pénale par
exemple).
Les juridictions d’exception sont celles dont la compétence d’attribution est déterminée
par un texte particulier. Au Cameroun, elles sont toutes des juridictions répressives. Il
s’agit du :
Son siège est à Yaoundé et le ressort s’étend sur tout le territoire national. Elle a été créé
à la faveur du Décret n° 90/060 du 19 décembre 1990 portant création de la cour de
sûreté de l’État. elle est compétente pour connaître les crimes et les délits contre la sûreté
intérieure et extérieure de l’État et des infractions connexes.
Elle est compétente pour connaître les actes de haute trahison commis par le président de
la République, les complots contre la sûreté de l’État tels que définis par le Code pénal
commis par le premier ministre; les ministres, les secrétaires d’État et leurs complices.
A : Les magistrats
1. Les magistrats de siège
Encore appelés magistrats assis, ce sont les magistrats qui rendent la justice. Ils sont
indépendants et sont constitués des présidents des tribunaux, des juges, des présidents de
la Cour d’appel et des conseillers.
On les appelle encore le ministère public ou magistrat debout. Leur rôle est de requérir
l’application de la loi. Ce sont les représentants de la société et sont constitués des
procureurs de la république, des procureurs généraux et leurs substituts. Dans la justice
militaire, on les appelle les commissaires du gouvernement.
B : Les greffiers
Ils jouent un rôle semblable à ceux des secrétaires. Ils assistent les juges dans leurs tâches
et délivrent les copies de jugements, des expéditions, reçoivent les sommes consignées et
tiennent des registres d’audience, du RCCM (chambre commerciale). Désormais, en
matière pénale, leur tâche est confinée à la lecture et au classement des dossiers à
l’audience pénale.
A : Les avocats
Ils sont les représentants de leurs clients devant les tribunaux où ils défendent leurs
intérêts moyennant honoraires. Ils procèdent par des conclusions dans leurs études ou
cabinet et sont inscrits au barreau.
Ils ont plusieurs missions notamment la signification des actes de procédures, ils assurent
l’exécution des décisions de justice et procède à certains constats.
C : Les notaires
Ils rendent essentiellement certains actes authentiques (testaments, actes divers) par leur
signature. Ils sont compétents en matière de vente d’immeubles. Les actes établis sont
appelés des actes notariés. Ils interviennent dans l’élaboration de certains actes
juridiques.
CHAPITRE 3 : QUELQUES ELEMENTS DE DROIT PENAL
Le droit pénal est l’ensemble des règles de droit ayant pour but la sanction des
infractions. L’infraction quant à elle est une action une omission définie par la loi pénale
et punie de certaines peines fixées par celle-ci (emprisonnement, amende, déchéance,
fermeture de l’établissement, confiscation). On distingue 3 types d’infractions selon le
nombre d’années d’emprisonnement encouru par le délinquant :
Nous étudierons dans le cadre de ce cours quelques infractions contre les biens des
particuliers.
Le vol peut être défini comme la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui. Il ne peut
avoir vol lorsque le propriétaire d’un objet le remet volontairement à un individu. Le vol
suppose le déplacement d’une chose appartenant à autrui contre son gré. Le vol consiste à
se mettre en possession d’un objet avec l’intention de devenir propriétaire. Cependant,
toute chose ne peut faire l’objet d’un vol, seules les choses mobilières sont concernées.
Mais, il n’y a pas de vol dans le fait de s’emparer des choses qui n’ont jamais eu de
propriétaire s’en est volontairement débarrassé. Le vol est une infraction intentionnelle
c’est-à-dire que l’intention coupable doit exister au moment de l’appropriation du bien
volé.
Le code pénal en son art 319 prévoit un vol spécial contre celui qui s’approprie une chose
perdue ou encore à celui qui s’approprie indûment une énergie provenant d’une force
motrice quelconque.
C’est une forme de criminalité beaucoup plus astucieuse et faisant appel aux facultés
inventives du délinquant. Celui-ci détermine fallacieusement la victime soit par des
manœuvres soit en affirmant ou en dissimulant un fait afin de l’amener à lui remettre un
bien. Les actes malhonnêtes visés par le code pénal peuvent être :
Section 2 : La répression
La répression de ces infractions est la même. En effet, la loi punit l’auteur, le coauteur
ou le complice d’un emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende de 100 000 à
1000 000 (art 318 al 1 CP).
La loi (art 321) punit l’abus de confiance et l’escroquerie aggravés si elles sont
commises par un avocat, un notaire, un agent d’exécution, un employé ou préjudice
de son employeur ou inversement. Dans ce cas, les peines ci-dessus énumérées sont
doublées.
De même à l’article 322 prévu pour les filouteries, le législateur punit d’un
emprisonnement de 5 jours à 6 mois et une amende de 5000 à 25000, celui qui étant
dans l’impossibilité de payer se fait servir des boissons ou aliments qu’il a
consommés sur place, qui occupe une chambre dans un hôtel; ou prend en location
une voiture de place; et enfin celui qui retient sans droit la chose d’autrui.
Toutefois, il convient de mentionner que la loi (art 323) a prévu au profit de certaines
personnes des immunités qui permettent de ne pas sanctionner une catégorie de
personne. Ainsi les art 318, 319 et 322 ne sont pas applicable entre conjoints, entre
ascendants et descendant légitimes ou adoptifs.
IIe PARTIE : DROIT PRIVE
Le droit des personnes est une composante du droit civil qui traite de l’état et de la
capacité des personnes dans leurs rapports de familles, des obligations qui peuvent naître
de leur rapport et de leurs biens. Les personnes sont les sujets et les sujets de droit. Il
existe deux catégories différentes à savoir des personnes physiques et les personnes
morales. Mais nous insisterons uniquement sur les personnes physiques.
CHAPITRE I : LA PERSONNALITE JURIDIQUE
C’est l’aptitude à être sujet actif de droit c’est-à-dire doté de droit et assujetti aux
obligations.
Deux principes permettent de déterminer les personnes physiques à savoir tout être
humain à la personnalité sans exception et seul les êtres humains ont la personnalité, car
seul sujet de droit.
C’est l’évènement par lequel une personne vient au monde; elle doit être constatée par un
acte de l’état civil qui est l’acte de naissance. La naissance est la condition d’existence de
la personne physique. Mais, elle n’est pas suffisante, encore faut-il que l’enfant soit né
vivant et viable. La viabilité suppose une maturation et une conformation qui relève des
données biologiques et médicales, ce qui exclut le mort-né. Par exception un enfant
conçu peut acquérir des droits dès le moment de sa conception à condition qu’il naisse
vivant et viable.
La mort est l’arrêt complet et irréversible des fonctions vitales. Sa preuve relève de la
médecine. La déclaration de décès se fait dans les délais de 30 jrs qui suivent le décès
devant l’officier d’état civil du lieu du décès. La mort éteint les droits et dettes viagers,
notamment les droits de la personnalité.
Cette protection qui découle du principe de l’inviolabilité du corps humain est dirigée
contre la personne elle-même (interdiction du suicide, de l’euthanasie) et surtout contre
les atteintes provenant des autres personnes (coups et blessures, homicides, meurtres,
assassinats etc.).
Il s’agit de la liberté de mouvement qui consiste d’aller où l’on veut, seul l’État à travers
un juge peut priver un individu de sa liberté par le moyen de la garde à vue, la détention
et l’emprisonnement.
Paragraphe 1 : L’absence
C’est une situation d’un individu qui n’est présent qui n’est présent ni à son domicile, ni à
sa résidence dont on est sans nouvelle et ne sait pas si elle est vivante ou déjà morte.
L’absence résulte d’une déclaration judiciaire découlant de la procédure suivante :
A- La présomption d’absence
Celle-ci peut durer 4 ans à compter des dernières nouvelles ou 10 ans lorsque la présumé
avait laissé un fondé de pouvoir. La loi met sur pied les moyens pour sauvegarder le
patrimoine de l’absent qui peut réapparaître. Ceux-ci sont :
Sur ce plan et ne vertu du jugement de déclaration d’absence, les héritiers peuvent obtenir
l’envoi en possession provisoire des biens de l’absent, c’est-à-dire que le juge va leur
attribuer l’administration provisoire. Ces envoyés en possession provisoire doivent faire
l’inventaire des biens et ils sont tenus de restituer 1/5 des fruits issus de biens reçus si
l’absent réapparaît avant 15 ans et 1/10 si c’est après 15 ans. Cet envoi confère
uniquement un droit d’administration et de jouissance. Si l’absent était marié sous le
régime de la communauté, son conjoint peut soit opter pour la dissolution de la
communauté soit pour sa continuation.
Il intervient 30 ans après l’envoi en possession provisoire aux 100 ans depuis la naissance
de l’absent. Il a pour effet de permettre à ceux qui ont la possession provisoire de :
- Conserver les fruits sans avoir à les restituer en cas de retour de l’absent ;
- D’aliéner au ventre librement les biens qu’ils ont reçu en possession provisoire.
S’agissant du mariage de l’absent il n’est pas dissout et son conjoint ne peut pas en
principe contracter un nouveau mariage.
Paragraphe 2 : La disparition
C’est l’état d’un individu qui a cessé de paraître à la suite d’un évènement qui était de
nature à mettre sa vie en péril (accident, guerre, naufrage, bombardement, séisme…). La
probabilité de la mort est forte dans cette circonstance et la procédure consécutive à la
disparition vise à déclarer le décès devant le TGI. La succession est ouverte dès le
jugement de déclaration de décès. Si par la suite, le constat est fait que la personne n’est
morte, elle pourra demander et obtenir l’annulation de l’acte de décès. Si le conjoint avait
contracté un autre mariage, il sera nul et la vie conjugale reprendra son cours, sur le plan
patrimonial, le disparu récupéra ses biens dans l’état où il les trouvera ainsi que les prix
de ce qui aurait été aliéné (vendu).
CHAPITRE 2 : L’ÉTAT CIVIL
L’identification d’une personne est un élément de son état civil c’est-à-dire de la place
qu’elle occupe pendant sa vie dans la société et dans la famille auxquelles elle appartient.
L’état civil traduit ses qualités personnelles, celles qui ne changent pas selon les lieux où
elles se trouvent : la nationalité (c’est le lien juridique et politique qui rattache un
individu à un état souverain), la filiation (c’est le lien qui unit un individu à une famille
naturelle, légitime ou adoptive), le mariage (l’union entre un homme et une femme) et le
sexe (c’est la conformation particulière qui distingue l’homme de la femme en leur
assignant un rôle déterminé dans la reproduction). La différence de sexe est l’une des
conditions de la célébration du mariage. Mais de plus en plus, ces principes naturels sont
en train d’être transgressés et érigés en loi sous d’autres cieux par le mécanisme du
transsexualisme, d’homosexualité, de lesbianisme ou de l’accouchement pour autrui, tous
réprimés et interdits dans notre pays.
Cet enregistrement donne lieu à la délivrance des actes d’état civil constitués
normalement ou exceptionnellement selon une organisation précise d’état civil.
Elle concerne les règles d’élaboration et de rédaction des actes. C’est dans les centres
d’état civil que sont tenus les registres de l’état civil. On distingue un registre pour les
actes de naissance, un pour les actes de mariage et un pour les actes de décès. Il existe
deux catégories de centre d’état civil : les centres d’état civil principaux qui sont
institués dans les Communes, dans chaque mission diplomatique ou consulaire du
Cameroun à l’étranger, et les centres d’état civil spéciaux à cause de l’éloignement du
centre principal ou de la concertation de la population dans une Commune. En cas
d’inexistence de représentation du Cameroun à l’étranger, les autorités de ce pays
peuvent le faire sous réserve pour ces personnes de déclarer ces évènements (naissance,
mariage) dans le délai de six mois auprès du centre de l’état civil du lieu de naissance
(pays natal).
Les actes d’état civil sont rédigés par les officiers d’état civil à savoir les maires de ville,
les maires, les administrateurs municipaux et leurs adjoints. A l’étranger, ce sont les chefs
de missions diplomatiques ou consulaires.
L’officier d’état civil a une compétence limitée et ne peut instrumenter que sur le
territoire de sa Commune (domaine de compétence), il s’occupe de l’enregistrement des
actes d’état civil qui doivent contenir la date de l’acte (jour, mois, année…), la
désignation de l’OEC (nom, prénom, qualité…), le patronyme et le prénom, le domicile,
la profession des personnes désignée dans l’acte, l’âge, la signature des parties, de l’OEC
et les témoins.
Mais ces actes ne doivent pas concerner l’OEC, ni un membre de sa famille sous peine de
nullité absolue de ceux-ci et il court risque d’être poursuivi pour faux en écriture
publique. La violation des règles d’établissement des actes d’état civil peut entraîner des
sanctions civiles telles que la nullité pour irrégularité d’un acte d’état civil. Elle peut
aussi entraîner des sanctions pénales, par exemple la célébration irrégulière du mariage.
Tout naissance doit être déclarée dans un délai de 90 jours soit 30 jours par le responsable
de l’établissement hospitalier ou l’infirmier accoucheur et dans le cas contraire; 60 jours
au centre d’état civil où elle s’est produite. Hors de ce délai, c’est sur réquisition du
ministère public saisi après les 3 mois de la naissance (art 32) et si ce délai n’est toujours
pas respecté, la déclaration ne peut se faire que par jugement au tribunal compétent (TPD
ou TGI) après 6 mois.
L’acte va constater la naissance, en préciser le jour, l’heure et le lieu, et mentionne les
éléments qui permettent d’individualiser l’enfant (sexe, nom, prénom…).
Le décès d’un être humain doit être déclaré par toute personne qui en a connaissance dans
un délai de 90 jours en présence de deux témoins à la mairie du lieu du décès. Un
certificat de décès, établi par un médecin est nécessaire pour obtenir l’acte de décès.
Ils sont établis en remplacement des autres actes qui, par suite des évènements tels
que l’incendie, l’inondation, les catastrophes de tout genre ont été perdues ou
détruites. Dans ce cas, il faudra saisir le TPD ou le TGI pour solliciter un jugement
aux fins de reconstitution d’un acte civil.
La rectification est la modification d’un acte d’état civil par addition, retranchement
ou changement des mentions. Elle est possible à certaines conditions de fond et de
forme.
Comme condition de fond, il faut l’existence d’une erreur et qu’elle ne soit pas un
mécanisme de changement de nom.
Il s’agit des jugements rendus par les tribunaux compétents qui servent de preuve
dans les cas où l’acte d’état civil n’a pas été établi dans les délais légaux.
A- La force probante
Les actes d’état civil sont des documents intangibles et définitifs. En tant qu’officier
public, l’OEC établit des actes authentiques qui font preuve jusqu’à inscription de
faux. Leur validité se rattache aux copies et aux extraits.
Section 1 : Le nom
Le nom de la famille qui est l’élément essentiel du nom s’acquiert par filiation (enfant),
par mariage (conjoint) et par décision de l’autorité administrative ou judiciaire (enfant
trouvé ou en cas de changement de nom).
Ainsi, l’enfant portera soit le nom de ses parents s’il est légitime; soit celui des parents
qui l’a reconnu s’il est naturel ; soit de l’adoptant en cas d’adoption plénière car il perd
tous les liens avec sa famille d’origine et en cas d’adoption simple, on ajoute juste le nom
de l’adoptant au nom de l’enfant; soit enfin de celui qui l’a trouvé ou de l’officier de
l’état civil s’il est un enfant trouvé. Pour le cas de la femme marié, elle porte le nom de
son mari tout en conservant le sien et cette mention doit être présente sur ses pièces
officielles. En cas de rupture du mariage, elle reprend l’usage de son nom de jeune fille
sauf autorisation expresse de son ex époux de continuer d’utiliser son nom.
Il s’agit :
- Des prénoms qui permettent de distinguer les individus portant le même nom de
famille;
- Des pseudonymes qui sont les noms que se donne une personne et sous lequel elle
exerce une activité littéraire, artistique ou scientifique. Exemple : Mongo Béti,
Poupy, Mitoumba etc.
- Des surnoms qui sont une désignation par autrui (public, ami, famille…) et qui est
en relation avec un trait caractéristique de la personne ou de sa vie.
B- Les caractères du nom
On distingue :
- L’immutabilité, le nom est dit immuable parce que l’individu est obligé de le
porter et ne peut le changer que dans les cas prévus par la loi.
- L’incessibilité, le nom est incessible c’est-à-dire pas susceptible d’appropriation
parce qu’il est hors du commerce. Toutefois cette exception ne s’applique pas au
nom commercial qui peut être vendu avec le fonds de commerce.
- L’insaisissabilité signifie que le nom ne peut être saisi par un créancier en
garantie de sa dette ou en vue d’un paiement.
- L’imprescriptibilité, ceci signifie que l’usage prolongé ou le non usage
n’entraîne pas acquisition ou perte de celui-ci.
NB : Le nom et ses accessoires sont protégés contre l’usage abusif qui peut en être fait
par une personne notamment à des fins commerciales.
Le changement de nom ne se fait pas par simple caprice ou fantaisie mais uniquement
dans le cas où l’individu a un intérêt légitime (cas de l’enfant adopté) ou lorsque ce nom
est ridicule ou déshonorant ou enfin dans le cas où il veut reprendre le nom d’illustre
membre de sa famille.
Ce changement est sans effet sur les droits acquis de l’intéressé. Il est mentionné en
marge de l’acte de naissance du bénéficiaire à la diligence du ministre de la justice.
Pendant un délai de 2 ans et à compter de la notification du décret le bénéficiaire est tenu
de porter sur les pièces de toute nature émanant de lui et destinés aux services publics à la
suite de ses nouveaux noms et prénoms ceux qu’il portait précédemment suivi de la
mention « anciennement dénommé » ou « AD ». Il est tenu de demander que mention de
ses nouveaux noms ou prénoms soit faite sur ses pièces officielles (CNI, sont soumis à
cette même procédure » :
Section 2 : Le domicile
Parce qu’il est le siège légal de la personne, le lieu auquel la loi la rattache qu’elle y soit
présente ou absente, le domicile est défini comme le lieu de son principal établissement.
C’est donc le lieu où il habite et exerce son activité. A ce titre, il est un instrument de
police car il sert à la localisation et à l’appréhender en cas de besoin.
Le domicile se distingue de la résidence (lieu où la personne il vit de façon normale soit
parce qu’elle y a des intérêts soit parce qu’elle y a sa demeure effective) et de
l’habitation (séjour très bref et occasionnel dans un lieu). En effet, alors que le domicile
est une notion essentiellement juridique et même fictive, la résidence et l’habitation sont
des notions plus concrètes et rendent compte de la réalité, car elles correspondent à
l’endroit où une personne se trouve effectivement pendant un certain temps.
Il joue un rôle important dans l’exercice des droits tant publics que privés. En droit
public, le domicile est un élément d’identification du citoyen lorsque l’État veut le
contraindre à exécuter ses obligations fiscales, politiques, sociales, militaires etc.
En droit privé, le domicile est le lieu d’exercice des droits (mariage, adoption, succession,
etc.); C’est aussi le lieu de la détermination de la compétence territoriale des juridictions
et de la signification des actes de procédure et des actes juridiques.
-Le domicile est une nécessité de police et une commodité pour les particuliers dans la
mesure où il permet la stabilité et la sécurité des relations juridiques. Tout individu a
nécessairement et obligatoirement un domicile.
-Le domicile est unique parce que cette unicité facilite sa localisation et donc, il ne peut
exister simultanément deux ou plusieurs domiciles. Cependant, la jurisprudence admet les
domiciles spéciaux.
-Le domicile est fixe. Ce qui signifie qu’il demeure immuable malgré les absences et les
déplacements.
-Le domicile est inviolable parce qu’il ne peut faire l’objet d’aucune visite provenant
d’une personne extérieure sans l’autorisation du concerné ou de l’État. Toute
transgression est punie par la loi pénale.
Le législateur dans certains cas fixe le domicile de certaines personnes où elles sont
censées avoir leur principal établissement. C’est le cas de la femme mariée (domicile de
son mari), du mineur non émancipé (domicile de ses parents ou tuteur) et de l’interdit
(domicile de son tuteur ou de son lieu de détention).
Le terme capacité a un double sens comme son terme antithétique incapacité, tantôt on
désigne par l’aptitude ou l’inaptitude à acquérir et à posséder les droits et à être le
titulaire (capacité ou incapacité de jouissance) tantôt on vise l’aptitude ou l’inaptitude à
exercer des droits dont une personne est titulaire (capacité ou incapacité d’exercice).
En effet, les incapacités de jouissance sont rares de nos jours depuis la disparition de
l’esclavage et de certaines formes de négation de l’être humain contrairement aux
incapacités d’exercice qui sont très nombreuses. Le droit de l’incapacité protège aussi
bien le patrimoine que la personne de l’incapacité qu’il soit mineur ou majeur. Les
incapacités peuvent être générales (relatives à tous les actes de la vie civile, voir
incapacité d’exercice) ou spéciales (seules certains actes sont interdits, voir incapable de
jouissance); elles peuvent aussi être d’ordre public (protection de la société contre
l’incapable) ou de protection (protection de l’incapable contre lui-même).
Le mineur est l’individu de l’un et de l’autre sexe qui n’a pas encore l’âge de 21 ans
accomplis. Cette situation entraîne deux conséquences : il doit être sous une autorité
chargée de l’élever et de l’éduquer et quant à l’exercice de ses droits patrimoniaux, il est
incapable. Cette incapacité générale qui frappe le mineur dépourvu de discernement,
donc non émancipé ne s’applique pas aux mineurs émancipés.
Comme étendue, l’incapacité du mineur ne s’applique pas aux actes conservatoires, aux
actes de la vie courante, aux actes d’administration n’entrainant aucune suite
préjudiciable pour lui, aux actes relatifs à l’exercice d’une profession à l’instar de la
conclusion d’un contrat de travail à partir de 14 ans, au droit de disposer par testament à
partir de 16 ans.
A : La représentation
Parce que le mineur est inexpérimenté; la loi lui impose un représentant qui agira en ses
lieu et place assurant ainsi sa présence dans le commerce juridique. Aussi, deux
mécanismes ont été conçus; l’administration légale et la tutelle.
1- L’administration légale
2- La tutelle
C’est une institution qui remédie à l’incapacité du mineur lorsque ce dernier se trouve
dans une situation délicate. Elle s’applique à titre principal aux enfants naturels. Mais elle
peut aussi s’appliquer aux enfants légitimes :
La tutelle s’exerce à travers plusieurs organes à savoir le juge des tutelles (surveillance
générale de la tutelle et de son fonctionnement), le tuteur (organe central), le subrogé
tuteur (surveillant de la gestion du tuteur et à représenter le mineur lorsque ses intérêts
sont en opposition avec ceux du tuteur) et le conseil de famille.
Le tuteur doit administrer les biens en bon père de famille sous peine de dommages
intérêts en cas de mauvaise gestion. Il accomplit seul tous les actes sauf les actes de
disposition qui sont soumis à l’autorisation du conseil de famille ou du juge. Il lui est
interdit de faire des donations au nom du mineur, d’acheter l’un de ses biens, de procéder
par cautionnement et d’exercer une profession commerciale pour le compte de ce dernier.
B : L’émancipation
C’est l’acte juridique par lequel un mineur acquiert la pleine capacité d’exercice et de ce
fait, est assimilé à un majeur. Elle peut être soit légale soit volontaire.
1- L’émancipation légale
La loi prévoit que le mineur est émancipé de plein droit par le mariage, mariage qui est le
symbole d’un minimum d’indépendance à l’égard des parents. Néanmoins, il est soumis à
leur autorisation.
2- L’émancipation volontaire
Elle résulte de l’initiative des détenteurs de la puissance paternelle confortée par une
décision de justice. Ainsi le mineur même non marié pourra être émancipé par son père
ou à défaut par sa mère lorsqu’il aura atteint l’âge de 15 ans révolus, cette déclaration se
fera devant le président du TGI assisté de son greffier (art 447 CC). De même le mineur
sans père ni mère pourra aussi mais seulement à l’âge de 18 ans si le conseil de famille
l’en juge capable (art 448 CC).
Mais il faut relever que l’émancipation accordée aux mineurs a une capacité limitée dans
la mesure où leurs actes sont toujours sous contrôle et peuvent nécessiter soit une
autorisation soit l’assistance notamment les actes de disposition.
Deux sanctions sont destinées à protéger le mineur en cas de violation des règles
d’incapacité.
A : la nullité relative
Cette nullité concerne les actes de disposition accomplis par le mineur lui-même ou par
les organes susdits en violation de certaines formalités imposées par la loi. On dit d’elle
qu’elle est relative puisqu’elle ne peut être uniquement invoquée que par le représentant
légal du mineur pendant la minorité ou par le mineur quand il sera majeur.
Les actes rescindables pour cause de lésion sont ceux qui rentrent dans les pouvoirs
d’administration du représentant légal mais qui sont accomplis par le mineur sans être
assister ou représenter. Par exemple l’achat d’une voiture, dans ce cas il n’y a pas nullité
mais rescision pour lésion.
La lésion est le préjudice résultant du contrat au moment où celui-ci a été passé. Il faut
donc prouver que le co-contractant a profité de l’inexpérience du mineur pour lui imposer
des conditions onéreuses. Il sera remboursé non à cause de sa minorité mais parce qu’il a
été lésé.
Le majeur est une personne qui a atteint l’âge de 21 ans accomplis d’où la reconnaissance
de sa maturité. Seulement, certaines altérations de facultés mentales peuvent intervenir
ramenant ce majeur à un degré de discernement qui se trouve en dessous de la moyenne.
Dans cette hypothèse, il doit être déclaré inapte à faire valoir ses propres droits. Aussi sa
protection varie en fonction du degré d’altération.
La loi prévoit que l’interdit (majeur incapable) est assimilé au mineur pour sa personne et
pour ses biens, c’est pourquoi ce régime de protection se rapproche de la tutelle.
Elle s’ouvre lorsque le majeur est dans un état d’imbécillité (personne dépourvue
d’intelligence ou d’intelligence faible), de démence (trouble mentaux ou folie) ou de
fureur (état d’un être violent et dangereux), même lorsque cet état présente des intervalles
lucides.
Ce régime a les mêmes organes que la tutelle et il est prononcé par voie judiciaire à la
demande du parent, du conjoint ou du Procureur de la république près du TGI. Après son
prononcé; le majeur est représenté de manière continue dans les actes de la vie civile. On
dit qu’il est en tutelle.
Proche de l’assistance, il s’applique aux majeurs qui n’ont pas perdu leurs facultés
mentales mais qui ont des comportements préjudiciables pour leur patrimoine. Il s’agit
des faibles d’esprit et des majeurs prodigues c’est-à-dire ceux qui font des dépenses
excessives et courent le risque de dilapider tout leur patrimoine en un laps de temps (art
513 CC). Ce conseil encore appelé curatelle est un organe de conseil ou de contrôle de
leurs actes.
Les sanctions qui s’appliquent à la violation des règles d’incapacité du mineur sont
également applicables aux majeurs incapables ou interdits.
TITRE II- LE DROIT DES OBLIGATIONS
Une obligation est un rapport de droit liant deux ou plusieurs personnes en vertu duquel
l’une d’elles, le créancier a le droit de demander à l’autre, le débiteur, une certaine
prestation.
La loi établit une distinction entre d’une part les obligations de donner (argent, objet), de
faire (travail) et de ne pas faire (obligation de non concurrence) et d’autre part les
obligations de résultat et les obligations de moyens.
Une obligation est de résultat lorsque le débiteur s’engage à atteindre un résultat précis
(livraison d’une chose). Une obligation est de moyen lorsque le débiteur n’est pas tenu
d’un résultat précis (avocat, médecin).
Plusieurs sources donnent naissance à des obligations. Seul l’acte juridique et les faits
juridiques feront l’objet de notre étude.
CHAPITRE 1 : LES ACTES JURIDIQUES : LE CONTRAT
Un acte juridique est une manifestation de volonté destinée à créer les effets de droit. Il
peut être collectif (vote d’une loi) ou conventionnel (contrat). Le contrat est donc défini
comme une convention faisant naître des obligations ou bien créant ou transférant un
droit réel. L’article 1101 du Code Civil le définit comme une convention par laquelle une
ou plusieurs personnes s’engagent envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne
pas faire quelque chose. Il existe plusieurs types de contrat :
Le contrat pour produire les effets de droit respecter certaines conditions dont
l’inobservation entraîne des sanctions.
L’article 1108 du CC pose 4 conditions essentielles pour la validité d’un contrat. Il s’agit
du consentement, de l’objet, de la cause et de la capacité.
A- Le consentement
- L’erreur : C’est une appréciation inexacte portant sur l’existence ou les qualités
d’un fait ou d’une personne qui dénature le consentement.
- Le dol qui est une manœuvre frauduleuse ayant pour objet de tromper l’une des
parties afin d’obtenir son consentement (production de faux document,
maquillage d’un vieil avion, etc.)
- La violence qui est une contrainte physique ou morale inspirant la crainte telle
que la victime donne son consentement à un acte auquel elle n’aurait pas consenti
s’il n’y avait pas contrainte.
B- L’objet du contrat
C’est la raison qui conduit le débiteur à s’engager et le décide à contracter. Elle doit être
licite.
C- La cause du contrat
C’est la raison qui conduit le débiteur à s’engager et le décide à contracter. Elle doit être
licite.
D- La capacité de contracter
Conformément à l’article 1123 du Code Civil toute personne peut contracter si elle n’est
pas déclarée incapable par la loi. C’est dire que les parties doivent juridiquement être
capables de contracter. Le code civil dispose que pour conclure librement leur contrat, les
parties doivent être âgées de 21 ans révolus ou être mineur émancipé.
A- Définition
Elle est relative lorsqu’elle sanctionne une règle destinée à protéger une partie et se
prescrit par 10 ans (prescription décennale), (incapacité). Elle est absolue lorsque les
conditions imposées par la loi sont essentielles et tendent à protéger l’intérêt général,
l’ordre public ou les bonnes mœurs. Elle se prescrit par 30 ans (prescription de droit
commun).
Le principe en matière de nullité est qu’elle efface pour l’avenir et rétroactivement tous
les effets que le contrat a produits. Mais ce principe comporte quelques exceptions.
1- Le principe de la rétroactivité
Ce principe signifie que seules les parties soient liées par leur accord. En vertu de l’art.
1134 CC, « les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont
faites ». C’est la force obligatoire du contrat qui a plusieurs conséquences :
- Le contrat est la loi des parties, il s’impose à ceux qui l’ont conclu;
- Le contrat s’exécute de bonne foi, le contrat doit être exécuté en se conformant
aux termes de l’accord;
- Le juge ne peut modifier le contrat, c’est dire qu’en cas de litige, le juge doit se
prononcer selon les termes du contrat et ne peut l’interpréter librement suivant son
sens de l’équité que si ce contrat comporte des termes flous sujets à interprétation.
En outre, il faut assimiler aux parties au contrat les personnes qui prennent leur suite en
cas de décès : les ayants cause (personne qui tient son droit d’un autre appelée auteur).
Le code civil a prévu deux exceptions au principe de l’effet relatif des contrats : la
stipulation pour autrui et la promesse du porte fort.
C’est un contrat par lequel une personne appelée stipulant obtient d’une autre, le
promettant qu’elle exécute une prestation au profit d’une troisième appelée bénéficiaire.
Exemple : assurance décès. Le stipulant (l’assuré) demande au promettant (l’assureur) de
verser une somme d’argent à une personne nommément désignée (le bénéficiaire) au cas
où il viendrait à décéder.
Se porter fort pour autrui, c’est s’engager personnellement à ce qu’un tiers effectue une
prestation. Le « porte fort » s’engage à faire tout son possible pour qu’un tiers donne son
consentement.
La sanction découle des rapports entre le débiteur et le créancier qui doivent exécuter la
prestation promise. La responsabilité contractuelle est la résultante d’une faute qui peut
être la mauvaise exécution, l’inexécution partielle ou totale ou le retard dans l’exécution.
La loi met sur pied un certain nombre de mesure protégeant le créancier.
Pour les obligations de donner, le créancier peut faire saisir les biens du débiteur pour les
faire vendre et se payer sur le prix de la vente.
Pour les obligations de faire ou de ne pas faire, le débiteur peut être condamné à versé des
dommages et intérêts au créancier. Il peut aussi être condamné à l’exécution forcée sous
astreinte (condamnation à une somme d’argent à raison de tant par jour de retard), ou
même expulsé du lieu qu’il occupe (locataire).
Le contrat synallagmatique est une convention dans laquelle chaque partie est à la fois
créancière et débitrice de l’autre. Il peut arriver que l’une des parties refuse d’exécuter
son obligation ou que l’exécution soit devenue impossible à la suite d’un évènement. La
sanction peut être l’exception d’inexécution ou la résolution.
A- L’exception d’inexécution
Elle permet à l’une des parties de refuser d’exécuter son obligation au cas ou l’autre
partie n’accomplit pas la sienne, mais sans rompre le lien contractuel. Exemple : Le
menuiser ne livre pas les chaises et le propriétaire ne paie pas le prix.
B- La résolution
C’est la sanction consistant dans l’effacement rétroactif des obligations nées d’un contrat
synallagmatique lorsque l’une des parties n’exécute pas ses obligations. Le créancier qui
demande la résolution choisit de mettre fin ou contrat et s’il a subi un préjudice, il est en
droit de demander des dommages et intérêts. La résolution oblige les parties à se restituer
les prestations réciproques si l’exécution avait été amorcée.
Le problème est de savoir sur qui pèsent en cas d’évènement imprévisible mettant en
péril l’exécution du contrat.
En principe, les risques pèsent sur le débiteur « res périt débitori » Lorsqu’un cas de
force majeure rend impossible l’exécution des obligations. Par exemple le teinturier ou le
menuisier dont l’établissement brûle ne peut demander le prix des travaux qu’il avait
effectués sur les objets détruits.
Mais exceptionnellement dans les contrats translatifs de propriété, la solution est
différente :
Les faits juridiques sont des situations dénuées d’accord de volonté qui produisent les
effets de droits. Ils peuvent être des délits (fait de l’homme résultant d’une faute
intentionnelle et engageant sa responsabilité), ou des quasi-délits (fait de l’homme
commis sans intention de nuire qui cause un dommage à autrui et oblige son auteur à le
réparer). Être responsable c’est répondre de ses actes. Le CC pose trois conditions
cumulatives pour la mise en œuvre de la responsabilité civile.
Il s’agit des choses animées et inanimées échappant quelque fois au contrôle de l’homme.
Dès lors qu’une chose, qu’il s’agisse d’un animal ou d’un objet, cause un préjudice à
autrui, c’est la responsabilité de son gardien qui est engagée. C’est le cas par exemple
lorsque votre chien mord un passant, ou encore que votre bâtiment en ruine cause un
dommage à autrui.
Lorsque le dommage est causé par une personne qui est sous la surveillance d’une autre,
c’est cette dernière qui engage sa responsabilité. C’est le cas lorsqu’un enfant mineur qui
engage la responsabilité de ses parents ou tuteur, ou encore celui d’un domestique ou
préposé dans l’exercice de son travail qui engage son maître ou son commettant ou enfin
des élèves qui engagent la responsabilité de leurs instituteurs.
Paragraphe 2 : Le préjudice
C’est le dommage matériel (perte d’un bien, d’une situation professionnelle) ou moral
(souffrance, atteinte à la considération au respect de sa vie privée) subi par une personne.
Tous les dommages ne donnent pas lieu à réparation.
Après avoir constaté que toutes les conditions de la responsabilité civile sont remplies,
le tribunal peut se prononcer sur le principe de la responsabilité civile et ordonner la
réparation du dommage causé.
L’action en réparation est exercée par la victime. Elle peut se faire en nature lorsque
l’auteur est condamné à remettre l’objet en dommage. Mais, c’est surtout en argent que la
réparation a lieu à travers l’octroi des dommages et intérêts qui constituent une indemnité
pécuniaire.
Le juge dans son évaluation se place à la date du jugement définitif et non au jour où le
préjudice s’est réalisé.
En cas de pluralité des responsabilités, les coauteurs du même dommage seront tenus
solidairement c’est-à-dire que chacun d’eux ayant contribué dans la réalisation du
dommage, pourra être condamné à payer la totalité, et c’est à lui après avoir payé
d’exercer une action récursoire contre ses codébiteurs.