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Cours Droit Civil 2022

Le document présente un cours de droit civil dispensé par Mme HAPI, qui aborde la signification du droit, ses composantes, et les sources du droit. Il distingue le droit objectif et les droits subjectifs, ainsi que les sources créatrices et interprétatives du droit, tout en expliquant l'organisation judiciaire au Cameroun. L'objectif principal est d'initier les étudiants aux concepts fondamentaux du droit et de leur fournir une vue d'ensemble du droit privé.

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Cours Droit Civil 2022

Le document présente un cours de droit civil dispensé par Mme HAPI, qui aborde la signification du droit, ses composantes, et les sources du droit. Il distingue le droit objectif et les droits subjectifs, ainsi que les sources créatrices et interprétatives du droit, tout en expliquant l'organisation judiciaire au Cameroun. L'objectif principal est d'initier les étudiants aux concepts fondamentaux du droit et de leur fournir une vue d'ensemble du droit privé.

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INSTITUT SUPERIEUR DE BANKA-BAFANG

COURS DE DROIT CIVIL

Dispensé par Mme HAPI

Doctorante en Droit Public/Uds

Tél : 694310409 (whatsapp)

676624175
INTRODUCTION GENERALE
I.SIGNIFICATION DU MOT DROIT

Le droit est à la base de toute vie en société. Il constitue un phénomène social et normatif.
En effet, il n’y a pas de droit sans société et pas de société sans droit, c’est le sens de la
maxime latine « ubi sociétas ibis jus ». L’essence des règles de droit est d’organiser la
vie en société. Le mot droit a une double signification selon qu’il est employé au
singulier ou au pluriel :

Au singulier, il est d’abord l’ensemble des règles de conduite qui régissent les rapports
entre les individus dans une société donnée. C’est le ce qu’on appelle le droit objectif.
Exemple : la majorité électorale est fixée à 20 ans.

Au pluriel, il est une prérogative particulière dont une personne déterminée peut se
prévaloir ou une faculté qui lui est reconnue d’accomplir ou non certains actes, c’est le
sens des droits subjectifs. Exemple : un acte juridique. Le droit objectif détermine les
droits subjectifs, aussi pour résumer ces deux aspects du droit, le doyen CARBONNIER
disait : « si le droit nous permet de faire quelque chose (droit objectif), alors nous
avons le droit de le faire (droit subjectif) ».

En somme, le mot « droit » signifie l’ensemble des règles régissant les rapports entre les
individus dans une société et dont l’inobservation entraine une sanction ou comme
l’ensemble des prérogatives qu’un individu peut faire valoir de par la loi à l’égard des
autres personnes.

Dans ce vaste ensemble, le droit civil quant à lui fixe les règles de droit commun
applicable aux rapports des particuliers entre eux dans divers domaines.

II. LES COMPOSANTES DU DROIT

Il découle de sa signification que le droit est composé du droit objectif et des droits
subjectifs.

Le droit objectif

La règle de droit a plusieurs caractères. Elle est abstraite c’est-à-dire impersonnelle


parce qu’elle assure l’égalité juridique; elle est générale car elle s’applique sur tout le
territoire; elle est permanente parce que durable et constante dans le temps d’où sa
prévisibilité; et enfin elle est obligatoire car assortie de sanctions. Mais il faut noter ici
qu’il y’a des règles obligatoires dépourvues de sanction. Ce caractère coercitif est
renforcé par l’adage nul n’est censé ignorer la loi ( Nemo censentur ignorare lege ) et
des caractères distinctifs (par sa forme contraignante, la règle de droit se distingue des
règles sociales ( bienséance, courtoisie et honneur), des règles morales (charité); des
règles religieuses (il faut relever ici que certaines de ces règles sont conformes aux règles
de droit, par exemple tu ne tueras point, tu ne voleras point…)

En clair, la sanction apparaît comme le point de divergence entre la règle de droit et les
autres règles en vigueur dans la société.

Comme finalité, la règle de droit assure la justice (commutative - à chacun selon ses
moyen et distributive – chacun selon ses besoins… suum cuirque tribuere) ou l’équité; la
survie du groupe au travers la sécurité et sa stabilité par l’absence d’arbitraire, la clarté et
la précision des règles juridiques et la non rétroactivité des règles nouvelles.

Elle a aussi pour fonction d’imposer un ordre public, un ensemble de règles considérées
comme essentielles à l’organisation politique, économique et sociale voulue par le
législateur ou par le peuple.

Comme divisions du droit, on note le droit national qui s’oppose au droit international; le
droit privé au droit public… et le droit privé a pour subdivisions le droit civil, le droit
commercial ou des affaires, le droit du travail, le droit pénal...

Les droits subjectifs

Ils s’exercent sous la protection de l’État et sont multiples et variés : droits des biens,
droit de la famille… leur source est constituée des actes et des faits juridiques.

Ces droits sont classés en droit patrimoniaux (le patrimoine désigne l’ensemble des
biens et des obligations d’une personne envisagée comme universalité de droit. Ce sont
les droits réels (exemple : le droit de propriété) et des droits personnels (Exemple : le
droit de créance) et en droits extrapatrimoniaux qui sont incessibles, intransmissibles,
insaisissables et imprescriptibles (Exemple : droits de la famille, droits politiques, droits
civiques…).

Distinction des droits subjectifs

Meuble et immeuble (par nature, par destination et par l’objet auquel il se rapporte)

Bien corporels et biens incorporels (livre-droit de créance – clientèle)

Choses appropriées et choses non appropriées (appartenant à une personne – res nullius)

Choses consomptibles et choses non consomptibles (beignet – livre)

Choses fongibles et choses non fongibles (interchangeable en quantité ou en poids.


Exemple 10 kg de riz – corps certain montre par exemple).

L’étude d’une discipline scientifique doit être un apéritif qui aiguise le désir d’une
découverte. Ainsi, le cours de droit civil a pour objectif principal de donner une vue
panoramique du droit (1ere partie), de fournir un canevas vers l’approfondissement
progressif de la connaissance juridique du droit privé (2 e partie) et enfin d’initier
l’étudiant aux concepts fondamentaux du droit public (3e partie).
Iere Partie : GENERALITES SUR LE DROIT

CHAPITRE 1 : LES SOURCES DU DROIT

On entend par « source » du droit, les différentes manières dont ces règles juridiques sont
établies, bref il s’agit des « forces créatrices de droit ». Ou bien elles émanent d’autorités
qui ont le pouvoir de les créer et d’en imposer l’observation (lois écrites) ou bien des
règles de droit résultant des pratiques habituelles et répétées qui sont devenues
obligatoires (coutume).

Parmi les sources de droit diverses et nombreuses, on distingue : les sources créatrices de
droit (section 1) des sources interprétatives (section 2).

Section 1 : Les sources créatrices de droit

Certaines sont écrites d’autres pas.

Paragraphe 1 : Les sources écrites

La loi est la source principale du droit positif dans notre système juridique. Le terme loi
est ambivalent;

Au sens strict, elle désigne spécifiquement le texte adopté par le pouvoir législatif; c’est
l’acte du parlement (loi ordinaire).

Au sens large, c’est l’ensemble des règles établies par l’autorité publique compétente
(règlement administratifs y compris).

A- La loi ordinaire

Son domaine est prévu par l’article 26 de la constitution révisée du 18 janvier 1996.
1-L’élaboration de la loi

L’initiation des lois appartient au pouvoir exécutif incarné par le chef de l’État, le
premier ministre, les membres du gouvernement et assimilés sous forme de projet de
loi et au pouvoir législatif détenu par les représentants du peuple – les députés- sous
forme de proposition de loi.

2-L’entrée en vigueur

Elle est marquée par sa promulgation et sa publication.

La promulgation est l’acte par lequel le Président de la République atteste


l’existence et la régularité de la loi et en ordonne son exécution par tous ceux qui y
sont assujettis. Celle-ci doit intervenir dans les 15 jours suivant le vote. La
publication a pour objet de faire connaître le texte de loi au public afin que nul n’en
ignore. Elle se fait par l’insertion au journal officiel. La loi entre en vigueur après 2
minuits (un jour franc).

3- L’abrogation de la loi

L’abrogation a pour but de faire perdre à la loi son caractère obligatoire pour
l’avenir. L’abrogation peut être expresse (L’abrogation est expresse quand la nouvelle
loi la prévoit) ou tacite (lorsque les dispositions nouvelles sont incompatibles aux
anciennes).

Toutefois, l’abrogation se distingue de la désuétude qui renvoie tout simplement à


l’inapplication d’un texte existant.

4- Le champ d’application de la loi

La loi connaît son application aussi bien dans le temps que dans l’espace.

a- L’application de la loi dans le temps

La loi est l’expression des besoins du groupe social et ce groupe étant en profonde
mutation, la loi est appelée à changer. Or la succession des lois dans le temps pose
des problèmes délicats pour savoir quelle est la loi applicable à une situation
juridique. En la matière, il existe un principe et une exception.

1. Le principe

L’hypothèse est celle où la loi ancienne est remplacée par une loi nouvelle qui est
différente. Pour cela l’article 2 du code civil dispose que « la loi ne dispose que pour
l’avenir, elle n’a point d’effet rétroactif ». Le principe ici est celui de la non rétroactivité
de la loi. La loi nouvelle ne régira que les situations futures.

2. Les exceptions

Les exceptions dont il s’agit touchent essentiellement les lois expressément rétroactives :

-Les lois pénales plus douces : celles-ci s’appliquent aux affaires non définitivement
jugées (C’est la rétroactivité in mitius);

-Les lois de procédure et de compétence.

Toutefois, ces exceptions ne concernent pas les situations contractuelles. En l’espèce,


c’est la même loi qui s’applique c’est-à-dire celle qui était en vigueur au moment de la
formation du contrat.

B -L’application de la loi dans l’espace

Le principe est que la loi camerounaise s’applique sur tout le territoire Camerounais et
seulement sur celui-ci. Mais cette loi peut se trouver en conflit avec une loi étrangère,
lorsque la situation juridique concerne un élément d’extranéité. (Explication personnelle :
un contrat conclu au Cameroun entre un gabonais et un tchadien et portant sur un
téléviseur de fabrication nigériane. A priori dans cette situation, 4 lois pourraient
légitimement prétendre s’appliquer. Mais il faut choisir une seule.

Le problème est de savoir quelle est la loi applicable (nationale ou étrangère). Les
solutions suivantes sont proposées :

 Le statut personnel : (état civil, capacité, mariage, filiation…) est en principe régi
par le droit national de l’intéressé où qu’il se trouve.
 Le statut réel (les règles relatives aux biens) il est en principe soumis à la loi du
lieu de situation du bien.
 Les actes juridiques et spécialement les contrats obéissent en principe à la loi du
lieu de leur formation indifféremment de la nationalité des parties.
B- Les règlements administratifs
Il s’agit des textes émanant du pourvoir exécutif. On distingue dans cette
catégorie, les ordonnances du Président de la République pour les matières
réservées à la loi, les décrets, les arrêtés.
Une hiérarchie est établie entre les différents textes étatiques. En principe, un
texte de la catégorie inférieure ne peut déroger aux textes de la catégorie
supérieure auxquels il est subordonné. Par ordre, on a : la Constitution, les traités
ou accords ratifiés, les lois au sens strict, les ordonnances, les règlements, les
décrets et les arrêtés (ministériels, préfectoraux, municipaux).

Paragraphe 2 : Les sources non écrites : la coutume

C’est une règle de droit qui se forme par la pratique, la répétition de certains
actes. En d’autres termes c’est un usage ayant acquis un caractère juridique
obligatoire. Les règles coutumières ont une double origine : populaire lorsqu’elles
résultent d’une pratique constante de la masse des individus; savante lorsqu’elles
sont formulées sous forme d’adages par une doctrine ou une jurisprudence
anciennes. Exemple : « Donner et retenir ne vaut » etc…
A- Composition

La coutume comporte deux éléments :

- Un élément matériel : l’habitude prolongée de la masse des citoyens de se


conduire de telle ou telle façon. C’est une routine.
- Un élément psychologique : c’est la croyance répandue dans le public du
caractère obligatoire de cette pratique.
B- La place de la coutume
Nous vivons dans un système juridique de droit écrit dans lequel la source primordiale est
la loi, texte écrit. Mais à défaut des règlementations légales, la coutume peut jouer des
rôles suivants :

- Elle comble les lacunes de la loi; la coutume est dite praeter legem
- La loi elle-même renvoie à la coutume; la coutume est dite secundum legem.
- La coutume peut aller à l’encontre de la loi. C’est la coutume contra legem et
dans ce cas, la coutume doit être écartée au profit de la loi.

C-Distinction de la loi de la coutume


- La loi est une règle imposée par le pouvoir politique alors que la coutume tire sa
force du consentement populaire. Sa formation est nécessairement lente et non
délibérée;
- La loi est écrite contrairement à la coutume qui ne l’est pas;
- La loi lie le juge dans tous actes contrairement à la coutume.

Section 2 : Les sources interprétatives du droit

Elles sont au nombre de deux :

Paragraphe 1 : la jurisprudence

C’est l’ensemble des décisions prises ou rendues par les tribunaux dans les affaires qui
leurs sont soumises. Pour certains juristes, la jurisprudence n’est pas considérée comme
une source du droit, seul le pouvoir législatif en est compétent (article 5 du code civil),
pour d’autres, la jurisprudence est une source du droit. L’article 4 du code civil impose
aux juges sous peine de déni de justice de statuer en cas de silence ou d’obscurité de la
loi; les juges ont donc le pouvoir de créer la loi ou de l’interpréter. Elle interprète les lois
obscures ou qui se contredisent et comble ses lacunes.

Paragraphe 2 : la doctrine

C’est l’ensemble des opinions émises par les juristes (enseignants, avocats, magistrats…)
dans leurs ouvrages, leurs articles, leurs commentaires de textes législatifs ou des
décisions des cours et tribunaux. Le rôle de la doctrine est double : rôle d’information,
rôle d’orientation.

-Le rôle d’information par l’exposé et l’analyse des textes et l’examen systématique de la
jurisprudence.

- Le rôle d’orientation par le biais des critiques et suggestions à propos du droit en


vigueur, de ses lacunes, de ses imprécisions et de son inadaptation au temps.

Toutefois, il n’en demeure pas moins que les opinions de la doctrine ne s’imposent pas
aux juges ni encore moins au législateurs.
CHAPITRE 2 : L’ORGANISATION JUDICIAIRE AU CAMEROUN

Les règlements des procès qui opposent les particuliers supposent une organisation des
tribunaux appelée organisation judiciaire. L’utilisation judiciaire est chargée d’assurer la
réalisation de la justice. Quelques principes fondamentaux permettent de mieux
comprendre l’organisation judiciaire et le fonctionnement de nos juridictions : le principe
de l’égalité, le principe de la continuité, le principe du double degré de juridiction, le
principe de la gratuité de la justice (mais cela n’exclut pas les frais de timbres,
d’expertise ou encore d’avocat), le principe de l’autorité de la chose jugée (c’est-à-dire
que la même affaire entre les mêmes parties ne peut être jugée une nouvelle fois
lorsqu’une décision définitive a été rendue).

A côté de cette organisation étatique, les pratiques professionnelles ont suscité la mise sur
pied d’une justice privée qui n’est pas à négliger dans le cadre des règlements de litiges.
C’est le cas de l’arbitrage où l’arbitre rend une sentence qui peut avoir autorité de la
chose après l’obtention de l’exéquatur. Pour mieux appréhender l’architecture de
l’organisation judiciaire au Cameroun, il convient de s’attarder sur la typologie des
juridictions avant d’évoquer le personnel en charge.

Section 1 : La typologie des juridictions

Le pouvoir judiciaire permet à l’État d’assurer l’application du droit. Il crée et organise


les juridictions. Parmi de nombreuses et diverses juridictions, on distingue : les
juridictions traditionnelles et les juridictions de droit moderne ou écrit.

Paragraphe 1 : les juridictions traditionnelles

Elles sont régies par le décret n°69/DF/544 du 19 Décembre 1969 modifié en 1971 et
appliquent la coutume. Mais leur compétence est conditionnée par l’acceptation des
parties en conflit (C’est-à-dire que les parties en conflit ont le libre choix de soumettre
ou non leur problème au niveau de cette juridiction). En cas de refus de l’une des parties,
il y’a, à sa demande déclinatoire de compétence in limine litis. Elles sont de deux types :
le tribunal de premier dégré et le tribunal coutumier.

A : Le Tribunal de Premier Degré (TPD)


Le TPD est compétent pour connaître des litiges relatifs à l’état des personnes, l’état
Civil, au mariage, au divorce, à la filiation, aux successions et droit réels immobiliers; il
peut connaître des litiges relevant de la compétence du tribunal Coutumier dans les
parties de leur ressort qui en serait dépourvues.

B : Le Tribunal Coutumier (TC)

Le tribunal coutumier est compétent pour des litiges d’ordre patrimonial, c’est-à-dire des
demandes en recouvrement des créances civiles et commerciales, des demandes en
réparation des dommages matériels, corporels, et des litiges relatifs aux contrats.

Paragraphe 2 : Les juridictions de droit moderne ou écrit

On distingue deux types de juridictions : les juridictions de droit commun et les


juridictions d’exception.

A : Les juridictions de droit commun

Instituées par la loi n°2006/015 du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire,


elles sont compétentes pour connaître toute sorte de litige, sauf lorsqu’un texte spécial
exclut explicitement cette compétence.

On note les juridictions de premier ressort ou du 1er degré et du 2nd degré.

1-Les juridictions de 1er degré

Ce sont les juridictions du droit commun qui examinent les litiges soumis aux juges pour
la 1ere fois. Elles sont de deux ordres :

a- Le Tribunal de Première Instance (TPI)

Il existe par arrondissement et est compétent en matière civile, commerciale et sociale


lorsque le montant n’excède pas 10 millions, pour les infractions telles que les délits et
contraventions, et aussi en matière de référé et d’ordonnance sur requête pour les
recouvrements des créances à l’exemple de l’injonction de payer; il est aussi compétent
pour le contentieux de l’exécution de ses décisions et d’autres titres exécutoires et des
demandes d’exéquatur.
b- Le Tribunal de Grande Instance (TGI)

Il est créé dans les chefs-lieux de départements et peut par décret du Président de la
République être étendu à plusieurs départements. En matière civile, commerciale et
sociale, le TGI est compétent pour les litiges, demande de paiement des sommes d’argent
et demande de recouvrement par procédure simplifiée et voies d’exécution dont le
montant excède 10 millions; des actions relatives à l’état des personnes, à l’état civil, au
mariage, au divorce, à la filiation, à l’adoption et aux successions. En matière pénale,
pour les crimes et les délits connexes et des demandes de mise en liberté (habeas corpus).
Selon la jurisprudence, le TGI est compétent pour trancher les litiges dont le montant est
indéterminé en vertu de la règle « Qui peut le plus peut le moins ».

2- Les juridictions de 2nd degré

Elles sont constituées par les Cours d’appel existant dans chaque chef-lieu de région. La
Cour d’appel est compétente pour statuer sur les appels à l’encontre des décisions
rendues par les juridictions du 1 er degré, ce processus est appelé principe du double degré
de juridiction. Elle est également compétente pour connaître du contentieux de
l’exécution de ses décisions; de tout autre cas prévu par la loi.

Toutes ces juridictions se font coiffées par la Cour Suprême qui décide en dernier
ressort qui est considéré aujourd’hui comme un troisième degré de juridiction parce que
lorsqu’elle casse un arrêt d’une Cour d’appel, elle statue. (En matière pénale par
exemple).

B : les juridictions d’exception

Les juridictions d’exception sont celles dont la compétence d’attribution est déterminée
par un texte particulier. Au Cameroun, elles sont toutes des juridictions répressives. Il
s’agit du :

1- Tribunal Militaire (TM)


C’est une juridiction répressive qui siégeait uniquement à Yaoundé, mais l’augmentation
des infractions relevant de sa compétence a suscité la création d’autres juridictions de
même type à Douala, Bafoussam, Edéa… Il est compétent pour connaître les infractions
purement militaires prévues par le Code de justice militaire. En outre, les infractions à la
législation sur les armes de guerre et de défense, le vol avec le port d’arme à feu, relèvent
désormais de sa compétence.

2- La Cour de Sûreté de l’État (CSE)

Son siège est à Yaoundé et le ressort s’étend sur tout le territoire national. Elle a été créé
à la faveur du Décret n° 90/060 du 19 décembre 1990 portant création de la cour de
sûreté de l’État. elle est compétente pour connaître les crimes et les délits contre la sûreté
intérieure et extérieure de l’État et des infractions connexes.

3- La Haute Cour de Justice (HCJ)

Elle est compétente pour connaître les actes de haute trahison commis par le président de
la République, les complots contre la sûreté de l’État tels que définis par le Code pénal
commis par le premier ministre; les ministres, les secrétaires d’État et leurs complices.

4- Le Tribunal Criminel Spécial (TCS)

Il est créé à la faveur du Décret n°2011/028 du 14 décembre 2011 portant création du


tribunal criminel spécial pour trancher les litiges de plus de 50 millions relatifs aux
détournements de derniers publics.

Section 2 : Le personnel judiciaire

Le personnel judiciaire est composé du personnel judiciaire proprement dit et des


auxiliaires de justice.

Paragraphe 1 : Le personnel judiciaire proprement dit

Il est composé des magistrats et des greffiers

A : Les magistrats
1. Les magistrats de siège

Encore appelés magistrats assis, ce sont les magistrats qui rendent la justice. Ils sont
indépendants et sont constitués des présidents des tribunaux, des juges, des présidents de
la Cour d’appel et des conseillers.

2. Les magistrats du parquet

On les appelle encore le ministère public ou magistrat debout. Leur rôle est de requérir
l’application de la loi. Ce sont les représentants de la société et sont constitués des
procureurs de la république, des procureurs généraux et leurs substituts. Dans la justice
militaire, on les appelle les commissaires du gouvernement.

B : Les greffiers

Ils jouent un rôle semblable à ceux des secrétaires. Ils assistent les juges dans leurs tâches
et délivrent les copies de jugements, des expéditions, reçoivent les sommes consignées et
tiennent des registres d’audience, du RCCM (chambre commerciale). Désormais, en
matière pénale, leur tâche est confinée à la lecture et au classement des dossiers à
l’audience pénale.

Paragraphe 2 : Les auxiliaires de justice

A : Les avocats

Ils sont les représentants de leurs clients devant les tribunaux où ils défendent leurs
intérêts moyennant honoraires. Ils procèdent par des conclusions dans leurs études ou
cabinet et sont inscrits au barreau.

B : Les huissiers de justice

Ils ont plusieurs missions notamment la signification des actes de procédures, ils assurent
l’exécution des décisions de justice et procède à certains constats.

C : Les notaires
Ils rendent essentiellement certains actes authentiques (testaments, actes divers) par leur
signature. Ils sont compétents en matière de vente d’immeubles. Les actes établis sont
appelés des actes notariés. Ils interviennent dans l’élaboration de certains actes
juridiques.
CHAPITRE 3 : QUELQUES ELEMENTS DE DROIT PENAL

Le droit pénal est l’ensemble des règles de droit ayant pour but la sanction des
infractions. L’infraction quant à elle est une action une omission définie par la loi pénale
et punie de certaines peines fixées par celle-ci (emprisonnement, amende, déchéance,
fermeture de l’établissement, confiscation). On distingue 3 types d’infractions selon le
nombre d’années d’emprisonnement encouru par le délinquant :

- Les contraventions (10 jours maximum) ;


- Les délits (entre 10 jours et 10 ans) ;
- Les crimes (peine de mort ou emprisonnement supérieure à 10 ans).

Nous étudierons dans le cadre de ce cours quelques infractions contre les biens des
particuliers.

Section 1 : Les infractions

Paragraphe 1 : le vol (article 318 al 1-a CP)

Le vol peut être défini comme la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui. Il ne peut
avoir vol lorsque le propriétaire d’un objet le remet volontairement à un individu. Le vol
suppose le déplacement d’une chose appartenant à autrui contre son gré. Le vol consiste à
se mettre en possession d’un objet avec l’intention de devenir propriétaire. Cependant,
toute chose ne peut faire l’objet d’un vol, seules les choses mobilières sont concernées.
Mais, il n’y a pas de vol dans le fait de s’emparer des choses qui n’ont jamais eu de
propriétaire s’en est volontairement débarrassé. Le vol est une infraction intentionnelle
c’est-à-dire que l’intention coupable doit exister au moment de l’appropriation du bien
volé.

Le code pénal en son art 319 prévoit un vol spécial contre celui qui s’approprie une chose
perdue ou encore à celui qui s’approprie indûment une énergie provenant d’une force
motrice quelconque.

Paragraphe 2 : l’abus de confiance (art 318 al 1-b CP)


Il consiste dans le fait pour le délinquant de détourner, détruire ou dissiper un bien dont la
possession précaire lui a été remise en vertu d’un contrat (louage, de dépôt, de travail) à
charge de le rendre, de le représenter ou d’en faire un usage déterminé. Il faut dont au
préalable un contrat entre le délinquant et la victime. La remise de la chose ici est
volontaire et le délinquant doit agir avec l’intention de parler atteinte à la fortune
d’autrui.

Paragraphe 3 : l’escroquerie (art 318 al-c CP)

C’est une forme de criminalité beaucoup plus astucieuse et faisant appel aux facultés
inventives du délinquant. Celui-ci détermine fallacieusement la victime soit par des
manœuvres soit en affirmant ou en dissimulant un fait afin de l’amener à lui remettre un
bien. Les actes malhonnêtes visés par le code pénal peuvent être :

- L’usage d’un faux nom;


- L’usage d’une fausse qualité; il consiste principalement à se prétendre être
membre d’une profession par exemple;
- Présentation des faux documents. Le délinquant doit agir avec l’intention de
porter atteinte à la fortune d’autrui.

Section 2 : La répression

La répression de ces infractions est la même. En effet, la loi punit l’auteur, le coauteur
ou le complice d’un emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende de 100 000 à
1000 000 (art 318 al 1 CP).

La loi (art 321) punit l’abus de confiance et l’escroquerie aggravés si elles sont
commises par un avocat, un notaire, un agent d’exécution, un employé ou préjudice
de son employeur ou inversement. Dans ce cas, les peines ci-dessus énumérées sont
doublées.

De même à l’article 322 prévu pour les filouteries, le législateur punit d’un
emprisonnement de 5 jours à 6 mois et une amende de 5000 à 25000, celui qui étant
dans l’impossibilité de payer se fait servir des boissons ou aliments qu’il a
consommés sur place, qui occupe une chambre dans un hôtel; ou prend en location
une voiture de place; et enfin celui qui retient sans droit la chose d’autrui.

Toutefois, il convient de mentionner que la loi (art 323) a prévu au profit de certaines
personnes des immunités qui permettent de ne pas sanctionner une catégorie de
personne. Ainsi les art 318, 319 et 322 ne sont pas applicable entre conjoints, entre
ascendants et descendant légitimes ou adoptifs.
IIe PARTIE : DROIT PRIVE

TITRE I : LE DROIT DES PERSONNES

Le droit des personnes est une composante du droit civil qui traite de l’état et de la
capacité des personnes dans leurs rapports de familles, des obligations qui peuvent naître
de leur rapport et de leurs biens. Les personnes sont les sujets et les sujets de droit. Il
existe deux catégories différentes à savoir des personnes physiques et les personnes
morales. Mais nous insisterons uniquement sur les personnes physiques.
CHAPITRE I : LA PERSONNALITE JURIDIQUE

C’est l’aptitude à être sujet actif de droit c’est-à-dire doté de droit et assujetti aux
obligations.

Section 1 : L’existence de la personnalité juridique

Deux principes permettent de déterminer les personnes physiques à savoir tout être
humain à la personnalité sans exception et seul les êtres humains ont la personnalité, car
seul sujet de droit.

Paragraphe 1 : La durée de la personnalité juridique

Elle apparaît à la naissance et s’achève à la mort.

A) Le commencement de la personnalité : la naissance

C’est l’évènement par lequel une personne vient au monde; elle doit être constatée par un
acte de l’état civil qui est l’acte de naissance. La naissance est la condition d’existence de
la personne physique. Mais, elle n’est pas suffisante, encore faut-il que l’enfant soit né
vivant et viable. La viabilité suppose une maturation et une conformation qui relève des
données biologiques et médicales, ce qui exclut le mort-né. Par exception un enfant
conçu peut acquérir des droits dès le moment de sa conception à condition qu’il naisse
vivant et viable.

B) La fin de la personnalité : la mort

La mort est l’arrêt complet et irréversible des fonctions vitales. Sa preuve relève de la
médecine. La déclaration de décès se fait dans les délais de 30 jrs qui suivent le décès
devant l’officier d’état civil du lieu du décès. La mort éteint les droits et dettes viagers,
notamment les droits de la personnalité.

Paragraphe 2 : Les droits de la personnalité


L’être humain doté de la personnalité juridique a la possibilité de jouir et d’exercer
différentes catégories de droit. Les uns sont exercés dans ses rapports avec l’État (droits
politiques et droits publics), les autres dans ses rapports avec d’autres particuliers (droits
privés décomposés en droit du patrimoine c’est-à-dire les droits qui ont un caractère
économique et en droit dit de famille ou droits de la personnalité ou encore droits
extrapatrimoniaux).

A- Droits tendant à la protection de l’individualité physique

Il s’agit des droits tendant à la protection de l’intégrité physique et la protection de la


liberté physique, qui sont hors du commerce. C’est pourquoi ils sont qualifiés de droits
extrapatrimoniaux qui sont hors du commerce. C’est pourquoi ils sont qualifiés de droits
extrapatrimoniaux qui sont intransmissibles, insaisissables, imprescriptibles et
incessibles.

1-La protection de l’intégrité physique

Cette protection qui découle du principe de l’inviolabilité du corps humain est dirigée
contre la personne elle-même (interdiction du suicide, de l’euthanasie) et surtout contre
les atteintes provenant des autres personnes (coups et blessures, homicides, meurtres,
assassinats etc.).

2-protection de la liberté physique

Il s’agit de la liberté de mouvement qui consiste d’aller où l’on veut, seul l’État à travers
un juge peut priver un individu de sa liberté par le moyen de la garde à vue, la détention
et l’emprisonnement.

B-protection de l’individualité autre que physique

Les aspects non physiques de l’individualité comprennent la protection de sa personnalité


publique et politique, civile (droit au nom, droit à l’image), morale, intellectuelle ainsi
que la protection du droit au secret, de la liberté nuptiale (droit de se marier, droit de
choisir librement son conjoint, droit de refuser le mariage).
Comme sanctions des atteintes à des droits, il y a des sanctions civiles (exemple : la
nullité) et des sanctions pénales (voir article 272 et suivant du code pénal).

Section 2 : L’incertitude sur l’existence de la personnalité

Paragraphe 1 : L’absence

C’est une situation d’un individu qui n’est présent qui n’est présent ni à son domicile, ni à
sa résidence dont on est sans nouvelle et ne sait pas si elle est vivante ou déjà morte.
L’absence résulte d’une déclaration judiciaire découlant de la procédure suivante :

A- La présomption d’absence

Celle-ci peut durer 4 ans à compter des dernières nouvelles ou 10 ans lorsque la présumé
avait laissé un fondé de pouvoir. La loi met sur pied les moyens pour sauvegarder le
patrimoine de l’absent qui peut réapparaître. Ceux-ci sont :

- La désignation d’un notaire pour représenter l’absence dans les inventaires;


- Le ministère public est chargé de veiller aux intérêts du non présent;
- Le juge peut ordonner la scellée des portes, des immeubles ou la mise sous
séquestre des biens;
- La femme peut recevoir du juge la qualité de chef de famille.
B- La déclaration d’absence

Elle intervient à la demande des personnes intéressées (héritier, conjoint…) auprès du


TGI (Tribunal de Grande Instance) à la fin des délais susdits. A la suite, le tribunal
ordonne une enquête et ne peut rendre un jugement de déclaration d’absence qu’un an
après la décision ordonnant l’enquête. Cette déclaration produit des effets sur le plan
patrimonial notamment l’envoi en possession provisoire.

Sur ce plan et ne vertu du jugement de déclaration d’absence, les héritiers peuvent obtenir
l’envoi en possession provisoire des biens de l’absent, c’est-à-dire que le juge va leur
attribuer l’administration provisoire. Ces envoyés en possession provisoire doivent faire
l’inventaire des biens et ils sont tenus de restituer 1/5 des fruits issus de biens reçus si
l’absent réapparaît avant 15 ans et 1/10 si c’est après 15 ans. Cet envoi confère
uniquement un droit d’administration et de jouissance. Si l’absent était marié sous le
régime de la communauté, son conjoint peut soit opter pour la dissolution de la
communauté soit pour sa continuation.

C- La consolidation d’absence : l’envoi en possession définitif

Il intervient 30 ans après l’envoi en possession provisoire aux 100 ans depuis la naissance
de l’absent. Il a pour effet de permettre à ceux qui ont la possession provisoire de :

- Conserver les fruits sans avoir à les restituer en cas de retour de l’absent ;
- D’aliéner au ventre librement les biens qu’ils ont reçu en possession provisoire.

S’agissant du mariage de l’absent il n’est pas dissout et son conjoint ne peut pas en
principe contracter un nouveau mariage.

Paragraphe 2 : La disparition

C’est l’état d’un individu qui a cessé de paraître à la suite d’un évènement qui était de
nature à mettre sa vie en péril (accident, guerre, naufrage, bombardement, séisme…). La
probabilité de la mort est forte dans cette circonstance et la procédure consécutive à la
disparition vise à déclarer le décès devant le TGI. La succession est ouverte dès le
jugement de déclaration de décès. Si par la suite, le constat est fait que la personne n’est
morte, elle pourra demander et obtenir l’annulation de l’acte de décès. Si le conjoint avait
contracté un autre mariage, il sera nul et la vie conjugale reprendra son cours, sur le plan
patrimonial, le disparu récupéra ses biens dans l’état où il les trouvera ainsi que les prix
de ce qui aurait été aliéné (vendu).
CHAPITRE 2 : L’ÉTAT CIVIL

L’identification d’une personne est un élément de son état civil c’est-à-dire de la place
qu’elle occupe pendant sa vie dans la société et dans la famille auxquelles elle appartient.
L’état civil traduit ses qualités personnelles, celles qui ne changent pas selon les lieux où
elles se trouvent : la nationalité (c’est le lien juridique et politique qui rattache un
individu à un état souverain), la filiation (c’est le lien qui unit un individu à une famille
naturelle, légitime ou adoptive), le mariage (l’union entre un homme et une femme) et le
sexe (c’est la conformation particulière qui distingue l’homme de la femme en leur
assignant un rôle déterminé dans la reproduction). La différence de sexe est l’une des
conditions de la célébration du mariage. Mais de plus en plus, ces principes naturels sont
en train d’être transgressés et érigés en loi sous d’autres cieux par le mécanisme du
transsexualisme, d’homosexualité, de lesbianisme ou de l’accouchement pour autrui, tous
réprimés et interdits dans notre pays.

En effet, l’état civil traduit la situation familiale de l’individu en fonction de sa filiation et


de son mariage. Il dépend de tous les évènements qui créent ou modifient cette situation
familiale : naissance, mariage, décès. C’est donc une institution donc le but est
d’enregistrer les actes et faits juridiques qui constituent ou modifient l’état des personnes.
L’état civil est constaté sur les registres officiels tenus par les mairies. Il s’agit donc des
écrits à caractère authentiques qui constate les principaux faits ou actes juridiques relatifs
à l’état d’une personne et qui sont le mode essentiel de preuve de ces faits.

Cet enregistrement donne lieu à la délivrance des actes d’état civil constitués
normalement ou exceptionnellement selon une organisation précise d’état civil.

Section 1 : L’organisation de l’état civil

Elle concerne les règles d’élaboration et de rédaction des actes. C’est dans les centres
d’état civil que sont tenus les registres de l’état civil. On distingue un registre pour les
actes de naissance, un pour les actes de mariage et un pour les actes de décès. Il existe
deux catégories de centre d’état civil : les centres d’état civil principaux qui sont
institués dans les Communes, dans chaque mission diplomatique ou consulaire du
Cameroun à l’étranger, et les centres d’état civil spéciaux à cause de l’éloignement du
centre principal ou de la concertation de la population dans une Commune. En cas
d’inexistence de représentation du Cameroun à l’étranger, les autorités de ce pays
peuvent le faire sous réserve pour ces personnes de déclarer ces évènements (naissance,
mariage) dans le délai de six mois auprès du centre de l’état civil du lieu de naissance
(pays natal).

Les actes d’état civil sont rédigés par les officiers d’état civil à savoir les maires de ville,
les maires, les administrateurs municipaux et leurs adjoints. A l’étranger, ce sont les chefs
de missions diplomatiques ou consulaires.

L’officier d’état civil a une compétence limitée et ne peut instrumenter que sur le
territoire de sa Commune (domaine de compétence), il s’occupe de l’enregistrement des
actes d’état civil qui doivent contenir la date de l’acte (jour, mois, année…), la
désignation de l’OEC (nom, prénom, qualité…), le patronyme et le prénom, le domicile,
la profession des personnes désignée dans l’acte, l’âge, la signature des parties, de l’OEC
et les témoins.

Mais ces actes ne doivent pas concerner l’OEC, ni un membre de sa famille sous peine de
nullité absolue de ceux-ci et il court risque d’être poursuivi pour faux en écriture
publique. La violation des règles d’établissement des actes d’état civil peut entraîner des
sanctions civiles telles que la nullité pour irrégularité d’un acte d’état civil. Elle peut
aussi entraîner des sanctions pénales, par exemple la célébration irrégulière du mariage.

Section 2 : Les actes de l’état civil normalement constitués

Paragraphe 1 : L’acte de naissance

Tout naissance doit être déclarée dans un délai de 90 jours soit 30 jours par le responsable
de l’établissement hospitalier ou l’infirmier accoucheur et dans le cas contraire; 60 jours
au centre d’état civil où elle s’est produite. Hors de ce délai, c’est sur réquisition du
ministère public saisi après les 3 mois de la naissance (art 32) et si ce délai n’est toujours
pas respecté, la déclaration ne peut se faire que par jugement au tribunal compétent (TPD
ou TGI) après 6 mois.
L’acte va constater la naissance, en préciser le jour, l’heure et le lieu, et mentionne les
éléments qui permettent d’individualiser l’enfant (sexe, nom, prénom…).

Paragraphe 2 : L’acte de mariage

Le mariage est une célébration officielle et solennelle après l’accomplissement des


mesures de publicité appelée publication des bans (un mois au moins avant la
célébration). Le mariage donne lieu à l’établissement d’un acte qui n’est valable que s’il
est célébré devant l’officier d’état civil qui constate la volonté des époux. L’acte de
mariage doit contenir des éléments d’identification des époux, les indications du régime
matrimonial (communautaire ou séparatiste), ou la forme du mariage (polygamie ou
monogamie), les signatures des époux ainsi que les témoins et les ascendants dont le
consentement est nécessaire, le nom du centre d’état civil.

NB : pour ce qui est du consentement, l’article 66 de l’ordonnance prévoit qu’après les


formalités de publicité, l’OEC peut célèbre le mariage de deux personnes dont l’une, en
péril imminent de mort, ne peut plus exprimer personnellement son consentement, ni se
présenter devant lui, ce consentement pouvant être donné par son père, sa mère, son frère,
sa sœur, son tuteur légal ou le responsable coutumier. Pour sa part, l’article 67 du même
texte prévoit que le président de la République peut, pour des motifs graves autoriser le
mariage de deux personnes dont l’une est décédée après par accomplissement des
mesures de publicité. L’époux décédé est représenté par l’une des personnes
susmentionnées.

Paragraphe 3 : L’acte de décès

Le décès d’un être humain doit être déclaré par toute personne qui en a connaissance dans
un délai de 90 jours en présence de deux témoins à la mairie du lieu du décès. Un
certificat de décès, établi par un médecin est nécessaire pour obtenir l’acte de décès.

Section 3 : Les voies exceptionnelles de constitution et la force probante des actes

Paragraphe 1 : les actes d’état civil exceptionnellement constitués

Ils sont de trois ordres et produisent des effets de droit.


A- Les actes reconstitués

Ils sont établis en remplacement des autres actes qui, par suite des évènements tels
que l’incendie, l’inondation, les catastrophes de tout genre ont été perdues ou
détruites. Dans ce cas, il faudra saisir le TPD ou le TGI pour solliciter un jugement
aux fins de reconstitution d’un acte civil.

B) Les actes rectifiés

La rectification est la modification d’un acte d’état civil par addition, retranchement
ou changement des mentions. Elle est possible à certaines conditions de fond et de
forme.

Comme condition de fond, il faut l’existence d’une erreur et qu’elle ne soit pas un
mécanisme de changement de nom.

Comme condition de forme, lorsque l’erreur est évidente et constatée avant la


délivrance de l’acte, l’OEC peut spontanément rectifier mais si elle est considérée
après la délivrance, elle ne peut se faire que par jugement du tribunal.

C) Les actes supplétifs

Il s’agit des jugements rendus par les tribunaux compétents qui servent de preuve
dans les cas où l’acte d’état civil n’a pas été établi dans les délais légaux.

Paragraphe 2 : La validité des actes d’état civil

A- La force probante

Les actes d’état civil sont des documents intangibles et définitifs. En tant qu’officier
public, l’OEC établit des actes authentiques qui font preuve jusqu’à inscription de
faux. Leur validité se rattache aux copies et aux extraits.

B- La publicité des actes d’état civil


Tout acte d’état civil nécessite une publicité car les tiers ont intérêt à connaître l’état des
personnes afin de saisir les autorités compétentes en cas de contestation et éventuellement
afin de connaitre son entourage pour sa propre sécurité.
CHAPITRE 3: LES AUTRES ELEMENTS D’IDENTIFICATION DES
PERSONNES PHYSIQUES

En plus de la nationalité, du sexe, de la filiation et de l’état Civil, les personnes sont


individualisées par un nom et un domicile.

Section 1 : Le nom

Le nom ou patronyme est le principal élément d’identification de la personne. C’est en


réalité l’appellation qui sert à désigner une personne physique ou un individu dans la
société en vue de l’exercice de ses droits ou de l’accomplissement de ses obligations et de
son identification sociale. Il en ressort qu’en plus des accessoires, le nom a certains
caractères. Le pouvoir d’attribution et le choix sont du libre domaine des parents.
Toutefois, ils doivent choisir un nom conforme aux bonnes mœurs et à l’éthique
historique.

Paragraphe 1 : l’attribution du nom

Le nom de la famille qui est l’élément essentiel du nom s’acquiert par filiation (enfant),
par mariage (conjoint) et par décision de l’autorité administrative ou judiciaire (enfant
trouvé ou en cas de changement de nom).

Ainsi, l’enfant portera soit le nom de ses parents s’il est légitime; soit celui des parents
qui l’a reconnu s’il est naturel ; soit de l’adoptant en cas d’adoption plénière car il perd
tous les liens avec sa famille d’origine et en cas d’adoption simple, on ajoute juste le nom
de l’adoptant au nom de l’enfant; soit enfin de celui qui l’a trouvé ou de l’officier de
l’état civil s’il est un enfant trouvé. Pour le cas de la femme marié, elle porte le nom de
son mari tout en conservant le sien et cette mention doit être présente sur ses pièces
officielles. En cas de rupture du mariage, elle reprend l’usage de son nom de jeune fille
sauf autorisation expresse de son ex époux de continuer d’utiliser son nom.

Paragraphe 2 : Les caractères et les accessoires du nom

A- Les accessoires du nom

Il s’agit :
- Des prénoms qui permettent de distinguer les individus portant le même nom de
famille;
- Des pseudonymes qui sont les noms que se donne une personne et sous lequel elle
exerce une activité littéraire, artistique ou scientifique. Exemple : Mongo Béti,
Poupy, Mitoumba etc.
- Des surnoms qui sont une désignation par autrui (public, ami, famille…) et qui est
en relation avec un trait caractéristique de la personne ou de sa vie.
B- Les caractères du nom

On distingue :

- L’immutabilité, le nom est dit immuable parce que l’individu est obligé de le
porter et ne peut le changer que dans les cas prévus par la loi.
- L’incessibilité, le nom est incessible c’est-à-dire pas susceptible d’appropriation
parce qu’il est hors du commerce. Toutefois cette exception ne s’applique pas au
nom commercial qui peut être vendu avec le fonds de commerce.
- L’insaisissabilité signifie que le nom ne peut être saisi par un créancier en
garantie de sa dette ou en vue d’un paiement.
- L’imprescriptibilité, ceci signifie que l’usage prolongé ou le non usage
n’entraîne pas acquisition ou perte de celui-ci.

NB : Le nom et ses accessoires sont protégés contre l’usage abusif qui peut en être fait
par une personne notamment à des fins commerciales.

Paragraphe 3 : La procédure de changement de nom

Le changement de nom ne se fait pas par simple caprice ou fantaisie mais uniquement
dans le cas où l’individu a un intérêt légitime (cas de l’enfant adopté) ou lorsque ce nom
est ridicule ou déshonorant ou enfin dans le cas où il veut reprendre le nom d’illustre
membre de sa famille.

Prévue par l’article 18 et suivant de la loi n°69/LF/3 du 14 juin 1969 portant


réglementation des noms, prénoms et pseudonyme, la procédure de changement des
noms, prénoms et pseudonyme, la procédure de changement de nom débute par une
requête adressée au ministre de la justice par lettre recommandée et qui s’achève par un
décret du premier ministre et non du PR depuis le décret n°91/282 du 14 juin 1991.

A côté de cette procédure administrative, il faudrait admettre une procédure judiciaire de


changement de nom qui serait consécutive à l’établissement de la filiation naturelle en ce
sens que « si la filiation est établie en second lieu à l’égard du père, l’enfant naturel peut
être autorisé par la justice à prendre le nom de ce dernier par substitution ou addition de
nom.

Ce changement est sans effet sur les droits acquis de l’intéressé. Il est mentionné en
marge de l’acte de naissance du bénéficiaire à la diligence du ministre de la justice.
Pendant un délai de 2 ans et à compter de la notification du décret le bénéficiaire est tenu
de porter sur les pièces de toute nature émanant de lui et destinés aux services publics à la
suite de ses nouveaux noms et prénoms ceux qu’il portait précédemment suivi de la
mention « anciennement dénommé » ou « AD ». Il est tenu de demander que mention de
ses nouveaux noms ou prénoms soit faite sur ses pièces officielles (CNI, sont soumis à
cette même procédure » :

- La camerounisation des noms qui est destinée à permettre l’intégration de


l’étranger en instance de naturalisation ou d’acquisition de la nationalité dans la
communauté nationale. Elle se fait par la traduction du nom ou du prénom en l’un
des dialectes parlés ou par la modification nécessaire pour éliminer la consonance
étrangère.
- Le relèvement du nom, c’est lorsque le dernier représentant mâle d’une famille
est mort sans postérité et sans qu’il soit disposé de son nom par testament. Le plus
proche de ses successibles jusqu’au 6° degré inclus vivant lors de son décès
dispose du droit de relever son nom en l’ajoutant au sien.

Section 2 : Le domicile

Parce qu’il est le siège légal de la personne, le lieu auquel la loi la rattache qu’elle y soit
présente ou absente, le domicile est défini comme le lieu de son principal établissement.
C’est donc le lieu où il habite et exerce son activité. A ce titre, il est un instrument de
police car il sert à la localisation et à l’appréhender en cas de besoin.
Le domicile se distingue de la résidence (lieu où la personne il vit de façon normale soit
parce qu’elle y a des intérêts soit parce qu’elle y a sa demeure effective) et de
l’habitation (séjour très bref et occasionnel dans un lieu). En effet, alors que le domicile
est une notion essentiellement juridique et même fictive, la résidence et l’habitation sont
des notions plus concrètes et rendent compte de la réalité, car elles correspondent à
l’endroit où une personne se trouve effectivement pendant un certain temps.

Paragraphe 1 : L’importance du domicile

Il joue un rôle important dans l’exercice des droits tant publics que privés. En droit
public, le domicile est un élément d’identification du citoyen lorsque l’État veut le
contraindre à exécuter ses obligations fiscales, politiques, sociales, militaires etc.

En droit privé, le domicile est le lieu d’exercice des droits (mariage, adoption, succession,
etc.); C’est aussi le lieu de la détermination de la compétence territoriale des juridictions
et de la signification des actes de procédure et des actes juridiques.

Paragraphe 2 : Les caractères du domicile

Le domicile est nécessaire, unique, fixe et inviolable.

-Le domicile est une nécessité de police et une commodité pour les particuliers dans la
mesure où il permet la stabilité et la sécurité des relations juridiques. Tout individu a
nécessairement et obligatoirement un domicile.

-Le domicile est unique parce que cette unicité facilite sa localisation et donc, il ne peut
exister simultanément deux ou plusieurs domiciles. Cependant, la jurisprudence admet les
domiciles spéciaux.

Il s’agit du domicile professionnel, du domicile décentralisé (jurisprudence des gares


principales qui autorise d’assigner une entreprise devant tout tribunal dans le ressort
duquel l’entreprise a un agent pour le représenter en justice) et du domicile élu (cas
d’exécution d’un acte, tribunal d’une ville, cabinet d’un avocat).

-Le domicile est fixe. Ce qui signifie qu’il demeure immuable malgré les absences et les
déplacements.
-Le domicile est inviolable parce qu’il ne peut faire l’objet d’aucune visite provenant
d’une personne extérieure sans l’autorisation du concerné ou de l’État. Toute
transgression est punie par la loi pénale.

Paragraphe 3 : La détermination du domicile

Elle peut être volontaire ou légale.

Le domicile se trouve au lieu où la personne a décidé de fixer son principal établissement


c’est-à-dire son centre d’affaires, d’activités ou d’intérêts. Pour cela, l’individu doit avoir
l’intention d’y rester. Son changement est libre à condition de protéger les tiers contre les
éventuelles insolvabilités, par exemple le déménagement à la cloche des bois.

Le législateur dans certains cas fixe le domicile de certaines personnes où elles sont
censées avoir leur principal établissement. C’est le cas de la femme mariée (domicile de
son mari), du mineur non émancipé (domicile de ses parents ou tuteur) et de l’interdit
(domicile de son tuteur ou de son lieu de détention).

CHAPITRE 4 : LES INCAPACITES

Le terme capacité a un double sens comme son terme antithétique incapacité, tantôt on
désigne par l’aptitude ou l’inaptitude à acquérir et à posséder les droits et à être le
titulaire (capacité ou incapacité de jouissance) tantôt on vise l’aptitude ou l’inaptitude à
exercer des droits dont une personne est titulaire (capacité ou incapacité d’exercice).

En effet, les incapacités de jouissance sont rares de nos jours depuis la disparition de
l’esclavage et de certaines formes de négation de l’être humain contrairement aux
incapacités d’exercice qui sont très nombreuses. Le droit de l’incapacité protège aussi
bien le patrimoine que la personne de l’incapacité qu’il soit mineur ou majeur. Les
incapacités peuvent être générales (relatives à tous les actes de la vie civile, voir
incapacité d’exercice) ou spéciales (seules certains actes sont interdits, voir incapable de
jouissance); elles peuvent aussi être d’ordre public (protection de la société contre
l’incapable) ou de protection (protection de l’incapable contre lui-même).

Il faut distinguer le mineur du majeur incapable.


Section 1 : Le mineur incapable

Le mineur est l’individu de l’un et de l’autre sexe qui n’a pas encore l’âge de 21 ans
accomplis. Cette situation entraîne deux conséquences : il doit être sous une autorité
chargée de l’élever et de l’éduquer et quant à l’exercice de ses droits patrimoniaux, il est
incapable. Cette incapacité générale qui frappe le mineur dépourvu de discernement,
donc non émancipé ne s’applique pas aux mineurs émancipés.

Paragraphe 1 : La protection des mineurs incapables

Comme étendue, l’incapacité du mineur ne s’applique pas aux actes conservatoires, aux
actes de la vie courante, aux actes d’administration n’entrainant aucune suite
préjudiciable pour lui, aux actes relatifs à l’exercice d’une profession à l’instar de la
conclusion d’un contrat de travail à partir de 14 ans, au droit de disposer par testament à
partir de 16 ans.

Comme responsabilité, la loi met à la charge du mineur l’obligation de réparer tout


préjudice qu’il causerait à autrui à partir du moment où la faute lui est imputable ou par
suite de négligence ou d’imprudence. De même est pénalement responsable, le mineur de
14 ans.

Il existe deux régimes de protection.

A : La représentation

Parce que le mineur est inexpérimenté; la loi lui impose un représentant qui agira en ses
lieu et place assurant ainsi sa présence dans le commerce juridique. Aussi, deux
mécanismes ont été conçus; l’administration légale et la tutelle.

1- L’administration légale

Contrairement à la tutelle qui concerne la personne et les biens du mineur,


l’administration légale ne concerne que les biens de l’enfant; sa personne étant sous le
contrôle de la puissance paternelle. Elle n’est possible que si l’enfant appartient à une
famille légitime ou adoptive et si ses parents sont vivants. Ainsi l’administration
légal, qui est généralement le père sera chargé de le représenter dans les actes de la
vie civile.

2- La tutelle

C’est une institution qui remédie à l’incapacité du mineur lorsque ce dernier se trouve
dans une situation délicate. Elle s’applique à titre principal aux enfants naturels. Mais elle
peut aussi s’appliquer aux enfants légitimes :

- En cas de dissolution du mariage par la mort de l’un des époux;


- En cas de déchéance des pères et mère de la puissance paternelle en raison de leur
incapacité ou de leur absence;
- Par décision du juge suite à un divorce ou à la séparation de corps.

La tutelle s’exerce à travers plusieurs organes à savoir le juge des tutelles (surveillance
générale de la tutelle et de son fonctionnement), le tuteur (organe central), le subrogé
tuteur (surveillant de la gestion du tuteur et à représenter le mineur lorsque ses intérêts
sont en opposition avec ceux du tuteur) et le conseil de famille.

Le tuteur doit administrer les biens en bon père de famille sous peine de dommages
intérêts en cas de mauvaise gestion. Il accomplit seul tous les actes sauf les actes de
disposition qui sont soumis à l’autorisation du conseil de famille ou du juge. Il lui est
interdit de faire des donations au nom du mineur, d’acheter l’un de ses biens, de procéder
par cautionnement et d’exercer une profession commerciale pour le compte de ce dernier.

La tutelle prend fin par l’émancipation du mineur, sa majorité ou son décès.

B : L’émancipation

C’est l’acte juridique par lequel un mineur acquiert la pleine capacité d’exercice et de ce
fait, est assimilé à un majeur. Elle peut être soit légale soit volontaire.

1- L’émancipation légale
La loi prévoit que le mineur est émancipé de plein droit par le mariage, mariage qui est le
symbole d’un minimum d’indépendance à l’égard des parents. Néanmoins, il est soumis à
leur autorisation.

2- L’émancipation volontaire

Elle résulte de l’initiative des détenteurs de la puissance paternelle confortée par une
décision de justice. Ainsi le mineur même non marié pourra être émancipé par son père
ou à défaut par sa mère lorsqu’il aura atteint l’âge de 15 ans révolus, cette déclaration se
fera devant le président du TGI assisté de son greffier (art 447 CC). De même le mineur
sans père ni mère pourra aussi mais seulement à l’âge de 18 ans si le conseil de famille
l’en juge capable (art 448 CC).

Mais il faut relever que l’émancipation accordée aux mineurs a une capacité limitée dans
la mesure où leurs actes sont toujours sous contrôle et peuvent nécessiter soit une
autorisation soit l’assistance notamment les actes de disposition.

Paragraphe 2 : Les sanctions à la violation des règles relatives à l’incapacité

Deux sanctions sont destinées à protéger le mineur en cas de violation des règles
d’incapacité.

A : la nullité relative

Cette nullité concerne les actes de disposition accomplis par le mineur lui-même ou par
les organes susdits en violation de certaines formalités imposées par la loi. On dit d’elle
qu’elle est relative puisqu’elle ne peut être uniquement invoquée que par le représentant
légal du mineur pendant la minorité ou par le mineur quand il sera majeur.

L’annulation consiste en la disposition rétroactive de l’acte irrégulier et tout se passe


comme l’acte n’avait jamais existé.

B : La rescision pour cause de lésion

Les actes rescindables pour cause de lésion sont ceux qui rentrent dans les pouvoirs
d’administration du représentant légal mais qui sont accomplis par le mineur sans être
assister ou représenter. Par exemple l’achat d’une voiture, dans ce cas il n’y a pas nullité
mais rescision pour lésion.

La lésion est le préjudice résultant du contrat au moment où celui-ci a été passé. Il faut
donc prouver que le co-contractant a profité de l’inexpérience du mineur pour lui imposer
des conditions onéreuses. Il sera remboursé non à cause de sa minorité mais parce qu’il a
été lésé.

Section 2 : Le majeur incapable

Le majeur est une personne qui a atteint l’âge de 21 ans accomplis d’où la reconnaissance
de sa maturité. Seulement, certaines altérations de facultés mentales peuvent intervenir
ramenant ce majeur à un degré de discernement qui se trouve en dessous de la moyenne.
Dans cette hypothèse, il doit être déclaré inapte à faire valoir ses propres droits. Aussi sa
protection varie en fonction du degré d’altération.

Paragraphe 1 : L’interdiction judiciaire

La loi prévoit que l’interdit (majeur incapable) est assimilé au mineur pour sa personne et
pour ses biens, c’est pourquoi ce régime de protection se rapproche de la tutelle.

Elle s’ouvre lorsque le majeur est dans un état d’imbécillité (personne dépourvue
d’intelligence ou d’intelligence faible), de démence (trouble mentaux ou folie) ou de
fureur (état d’un être violent et dangereux), même lorsque cet état présente des intervalles
lucides.

Ce régime a les mêmes organes que la tutelle et il est prononcé par voie judiciaire à la
demande du parent, du conjoint ou du Procureur de la république près du TGI. Après son
prononcé; le majeur est représenté de manière continue dans les actes de la vie civile. On
dit qu’il est en tutelle.

Paragraphe 2 : Le conseil judiciaire

Proche de l’assistance, il s’applique aux majeurs qui n’ont pas perdu leurs facultés
mentales mais qui ont des comportements préjudiciables pour leur patrimoine. Il s’agit
des faibles d’esprit et des majeurs prodigues c’est-à-dire ceux qui font des dépenses
excessives et courent le risque de dilapider tout leur patrimoine en un laps de temps (art
513 CC). Ce conseil encore appelé curatelle est un organe de conseil ou de contrôle de
leurs actes.

Les sanctions qui s’appliquent à la violation des règles d’incapacité du mineur sont
également applicables aux majeurs incapables ou interdits.
TITRE II- LE DROIT DES OBLIGATIONS

Une obligation est un rapport de droit liant deux ou plusieurs personnes en vertu duquel
l’une d’elles, le créancier a le droit de demander à l’autre, le débiteur, une certaine
prestation.

La loi établit une distinction entre d’une part les obligations de donner (argent, objet), de
faire (travail) et de ne pas faire (obligation de non concurrence) et d’autre part les
obligations de résultat et les obligations de moyens.

Une obligation est de résultat lorsque le débiteur s’engage à atteindre un résultat précis
(livraison d’une chose). Une obligation est de moyen lorsque le débiteur n’est pas tenu
d’un résultat précis (avocat, médecin).

Plusieurs sources donnent naissance à des obligations. Seul l’acte juridique et les faits
juridiques feront l’objet de notre étude.
CHAPITRE 1 : LES ACTES JURIDIQUES : LE CONTRAT

Un acte juridique est une manifestation de volonté destinée à créer les effets de droit. Il
peut être collectif (vote d’une loi) ou conventionnel (contrat). Le contrat est donc défini
comme une convention faisant naître des obligations ou bien créant ou transférant un
droit réel. L’article 1101 du Code Civil le définit comme une convention par laquelle une
ou plusieurs personnes s’engagent envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne
pas faire quelque chose. Il existe plusieurs types de contrat :

- Contrat synallagmatique et contrat unilatéral : Un contrat est synallagmatique


lorsqu’il créée des obligations réciproques à la charge des parties (vente,
mariage). Il est unilatéral lorsqu’il ne fait naître des prestations qu’à la charge
d’une seule partie (prêt, donation, testament).
- Contrat à titre onéreux et contrat à titre gratuit : Un contrat est onéreux
lorsque l’avantage reçu par une partie trouve une contrepartie dans une obligation
à sa charge (vente). Il est à titre gratuit par contre lorsqu’une partie ne retire aucun
avantage de la prestation qu’elle fournit (donation).
- Contrat nommé et contrat innommé : Le contrat nommé est celui prévu et
réglementé par la loi (vente, bail). Le contrat innommé est celui dont l’économie
originale est adoptée par les parties à leur situation (déménagement, voyage
organisé).
- Contrat instantané et contrat successif : Il est instantané lorsque l’exécution se
déroule en un seul trait (vente au comptant). Il est successif lorsque l’exécution
s’échelonne dans le temps (travail, bail).
- Contrat individuel et le contrat collectif : Le contrat individuel est celui qui
n’engage que les parties qui sont consenti personnellement ou représenté, il est
collectif lorsqu’il s’impose aux personnes qui n’y ont pas directement consenti
(conventions collectives).
- Contrat d’adhésion et contrat de gré à gré : Le contrat d’adhésion est celui dont
le contenu est imposé par l’une des parties à l’autre (contrat d’assurance,
d’ouverture de compte bancaire). Il est de gré à gré lorsque les clauses sont
librement débattues par les parties (voyage organisé, vente d’une maison).
Section 1 : La formation du contrat

Le contrat pour produire les effets de droit respecter certaines conditions dont
l’inobservation entraîne des sanctions.

Paragraphe 1 : Les conditions de formation du contrat

L’article 1108 du CC pose 4 conditions essentielles pour la validité d’un contrat. Il s’agit
du consentement, de l’objet, de la cause et de la capacité.

A- Le consentement

C’est l’élément essentiel du contrat. Il désigne la manifestation et l’accord de volonté des


parties. Il est régi par le principe de l’autonomie de la volonté qui postule que seule la
volonté librement exprimée à le pouvoir de créer les obligations. Le rôle de la volonté
dans la formation du contrat conduite à protéger le consentement contre les vices que
sont :

- L’erreur : C’est une appréciation inexacte portant sur l’existence ou les qualités
d’un fait ou d’une personne qui dénature le consentement.
- Le dol qui est une manœuvre frauduleuse ayant pour objet de tromper l’une des
parties afin d’obtenir son consentement (production de faux document,
maquillage d’un vieil avion, etc.)
- La violence qui est une contrainte physique ou morale inspirant la crainte telle
que la victime donne son consentement à un acte auquel elle n’aurait pas consenti
s’il n’y avait pas contrainte.
B- L’objet du contrat

C’est la raison qui conduit le débiteur à s’engager et le décide à contracter. Elle doit être
licite.

C- La cause du contrat

C’est la raison qui conduit le débiteur à s’engager et le décide à contracter. Elle doit être
licite.
D- La capacité de contracter

Conformément à l’article 1123 du Code Civil toute personne peut contracter si elle n’est
pas déclarée incapable par la loi. C’est dire que les parties doivent juridiquement être
capables de contracter. Le code civil dispose que pour conclure librement leur contrat, les
parties doivent être âgées de 21 ans révolus ou être mineur émancipé.

Paragraphe 2 : La sanction de l’inobservation des conditions de formation du


contrat : la nullité

A- Définition

La nullité est la sanction de l’inobservation des conditions de formation du contrat. Elle


peut être relative ou absolue.

Elle est relative lorsqu’elle sanctionne une règle destinée à protéger une partie et se
prescrit par 10 ans (prescription décennale), (incapacité). Elle est absolue lorsque les
conditions imposées par la loi sont essentielles et tendent à protéger l’intérêt général,
l’ordre public ou les bonnes mœurs. Elle se prescrit par 30 ans (prescription de droit
commun).

B- Les effets de la nullité

Le principe en matière de nullité est qu’elle efface pour l’avenir et rétroactivement tous
les effets que le contrat a produits. Mais ce principe comporte quelques exceptions.

1- Le principe de la rétroactivité

L’annulation du contrat entraîne comme conséquence la destruction rétroactive du


contrat. Le contrat annulé n’est censé n’avoir jamais existé et chacun doit dans la mesure
du possible restituer ce qu’il a reçu.

2) Les exceptions au principe

Les restitutions consécutives à l’annulation du contrat se heurtent à des obstacles :

- La perte de la chose (dans ce cas la restitution se fait en valeur);


- En cas d’annulation du contrat, le mineur ne peut restituer que dans la mesure de
ce qui a tourné à son profit;
- Le contractant ne peut exiger la restitution de la prestation lorsqu’il a posé un acte
immoral en vertu de la règle « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ».

Section 2 : Les effets du contrat

En principe le contrat ne produit d’effets qu’entre les parties contractantes : C’est le


principe de l’effet relatif du contrat qui comporte quelques exceptions.

Paragraphe 1 : Le principe de l’effet relatif des contrats

Ce principe signifie que seules les parties soient liées par leur accord. En vertu de l’art.
1134 CC, « les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont
faites ». C’est la force obligatoire du contrat qui a plusieurs conséquences :

- Le contrat est la loi des parties, il s’impose à ceux qui l’ont conclu;
- Le contrat s’exécute de bonne foi, le contrat doit être exécuté en se conformant
aux termes de l’accord;
- Le juge ne peut modifier le contrat, c’est dire qu’en cas de litige, le juge doit se
prononcer selon les termes du contrat et ne peut l’interpréter librement suivant son
sens de l’équité que si ce contrat comporte des termes flous sujets à interprétation.

En outre, il faut assimiler aux parties au contrat les personnes qui prennent leur suite en
cas de décès : les ayants cause (personne qui tient son droit d’un autre appelée auteur).

Paragraphe 2 : Les exceptions au principe de l’effet relatif au contrat

Le code civil a prévu deux exceptions au principe de l’effet relatif des contrats : la
stipulation pour autrui et la promesse du porte fort.

A- La stipulation pour autrui

C’est un contrat par lequel une personne appelée stipulant obtient d’une autre, le
promettant qu’elle exécute une prestation au profit d’une troisième appelée bénéficiaire.
Exemple : assurance décès. Le stipulant (l’assuré) demande au promettant (l’assureur) de
verser une somme d’argent à une personne nommément désignée (le bénéficiaire) au cas
où il viendrait à décéder.

B- La promesse du « porte fort »

Se porter fort pour autrui, c’est s’engager personnellement à ce qu’un tiers effectue une
prestation. Le « porte fort » s’engage à faire tout son possible pour qu’un tiers donne son
consentement.

Section 2 : Les sanctions à l’inexécution du contrat

La sanction découle des rapports entre le débiteur et le créancier qui doivent exécuter la
prestation promise. La responsabilité contractuelle est la résultante d’une faute qui peut
être la mauvaise exécution, l’inexécution partielle ou totale ou le retard dans l’exécution.
La loi met sur pied un certain nombre de mesure protégeant le créancier.

Paragraphe 1 : L’exécution forcée ou en nature

En principe toute obligation est susceptible d’exécution forcée si le débiteur ne s’acquitte


pas volontairement.

Pour les obligations de donner, le créancier peut faire saisir les biens du débiteur pour les
faire vendre et se payer sur le prix de la vente.

Pour les obligations de faire ou de ne pas faire, le débiteur peut être condamné à versé des
dommages et intérêts au créancier. Il peut aussi être condamné à l’exécution forcée sous
astreinte (condamnation à une somme d’argent à raison de tant par jour de retard), ou
même expulsé du lieu qu’il occupe (locataire).

Paragraphe 2 : La mise en œuvre de la responsabilité contractuelle

Trois (3) conditions cumulatives doivent être remplies :

- La faute (inexécution, mauvaise exécution ou retard dans l’exécution);


- Le dommage (perte matérielle ou morale, gain manqué par le créancier);
- Le lien de causalité entre la faute et le dommage (relation de cause à effet).
Toutefois, le débiteur peut s’exonérer de sa responsabilité en prouvant cette inexécution
est la conséquence d’une force majeurs (évènement imprévisible, irrésistible et
insurmontable empêchant le débiteur de s’exécuter), d’une faute du créancier ou du fait
d’un tiers.

Paragraphe 3 : La sanction de l’inexécution des contrats synallagmatiques

Le contrat synallagmatique est une convention dans laquelle chaque partie est à la fois
créancière et débitrice de l’autre. Il peut arriver que l’une des parties refuse d’exécuter
son obligation ou que l’exécution soit devenue impossible à la suite d’un évènement. La
sanction peut être l’exception d’inexécution ou la résolution.

A- L’exception d’inexécution

Elle permet à l’une des parties de refuser d’exécuter son obligation au cas ou l’autre
partie n’accomplit pas la sienne, mais sans rompre le lien contractuel. Exemple : Le
menuiser ne livre pas les chaises et le propriétaire ne paie pas le prix.

B- La résolution

C’est la sanction consistant dans l’effacement rétroactif des obligations nées d’un contrat
synallagmatique lorsque l’une des parties n’exécute pas ses obligations. Le créancier qui
demande la résolution choisit de mettre fin ou contrat et s’il a subi un préjudice, il est en
droit de demander des dommages et intérêts. La résolution oblige les parties à se restituer
les prestations réciproques si l’exécution avait été amorcée.

C- La théorie des risques

Le problème est de savoir sur qui pèsent en cas d’évènement imprévisible mettant en
péril l’exécution du contrat.

En principe, les risques pèsent sur le débiteur « res périt débitori » Lorsqu’un cas de
force majeure rend impossible l’exécution des obligations. Par exemple le teinturier ou le
menuisier dont l’établissement brûle ne peut demander le prix des travaux qu’il avait
effectués sur les objets détruits.
Mais exceptionnellement dans les contrats translatifs de propriété, la solution est
différente :

- Si c’est un corps certain, le contrat se forme dès l’échange de consentement même


si la chose n’est pas livrée. Si elle vient à périr par cas fortuit ou de force majeure
après la formation du contrat, le risque est alors supporté par l’acheteur devenu
propriétaire du bien individualisé;
- S’il s’agit d’une chose de genre ou fongible, les risques sont supportés par le
vendeur jusqu’à la livraison de la chose qui correspond à son individualisation.

CHAPITRE 2: LES FAITS JURIDIQUES : LA RESPONSABILITE


DELICTUELLE

Les faits juridiques sont des situations dénuées d’accord de volonté qui produisent les
effets de droits. Ils peuvent être des délits (fait de l’homme résultant d’une faute
intentionnelle et engageant sa responsabilité), ou des quasi-délits (fait de l’homme
commis sans intention de nuire qui cause un dommage à autrui et oblige son auteur à le
réparer). Être responsable c’est répondre de ses actes. Le CC pose trois conditions
cumulatives pour la mise en œuvre de la responsabilité civile.

Section 1 : Les conditions de la responsabilité civile délictuelle

La responsabilité civile est toujours la résultante d’une faute, fait générateur de


responsabilité. Ce fait générateur doit produire un dommage et il faudrait qu’il y ait une
relation de cause à effet entre la faute et le dommage.

Paragraphe 1 : Le fait générateur de responsabilité

L’article 1384 du CC dispose en effet que « on est responsable non seulement du


dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui causé par le fait des
personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde ». Ce texte nous
permet de distinguer trois régimes de responsabilité :

A- La responsabilité du fait personnel


Chaque personne est responsable des fautes qu’elle commet personnellement. Le CC
résume en ces termes en son article. 1382 : « tout fait quelconque de l’homme qui cause à
autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». Du fait
personnel, il peut s’agit d’un acte positif, d’une abstention, d’un acte intentionnel ou
d’une négligence.

B- La responsabilité du fait des choses

Il s’agit des choses animées et inanimées échappant quelque fois au contrôle de l’homme.
Dès lors qu’une chose, qu’il s’agisse d’un animal ou d’un objet, cause un préjudice à
autrui, c’est la responsabilité de son gardien qui est engagée. C’est le cas par exemple
lorsque votre chien mord un passant, ou encore que votre bâtiment en ruine cause un
dommage à autrui.

C- La responsabilité du fait d’autrui

Lorsque le dommage est causé par une personne qui est sous la surveillance d’une autre,
c’est cette dernière qui engage sa responsabilité. C’est le cas lorsqu’un enfant mineur qui
engage la responsabilité de ses parents ou tuteur, ou encore celui d’un domestique ou
préposé dans l’exercice de son travail qui engage son maître ou son commettant ou enfin
des élèves qui engagent la responsabilité de leurs instituteurs.

Paragraphe 2 : Le préjudice

C’est le dommage matériel (perte d’un bien, d’une situation professionnelle) ou moral
(souffrance, atteinte à la considération au respect de sa vie privée) subi par une personne.
Tous les dommages ne donnent pas lieu à réparation.

Pour être réparable, le dommage doit être :

- Certain et non éventuel c’est-à-dire que le dommage dont la réparation est


poursuivie doit exister;
- Direct c’est-à-dire qu’il doit découler de l’accident.

Paragraphe 3 : Le lien de causalité entre le fait générateur et le préjudice


Il doit exister une relation de cause à effet entre le fait générateur de responsabilité et le
préjudice subi. Il revient à la victime du dommage d’établir la relation directe entre le
préjudice subi et le fait qui lui a donné naissance. Il existe une présomption de causalité
dans le cas de responsabilité du fait des choses. Il suffit dans ce cas de démontrer qu’une
chose ait intervenue dans la réalisation du dommage sans avoir à prouver son rôle actif ou
passif. Il appartient au gardien d’apporter la preuve contraire.

Paragraphe 4 : La réparation du préjudice

Après avoir constaté que toutes les conditions de la responsabilité civile sont remplies,
le tribunal peut se prononcer sur le principe de la responsabilité civile et ordonner la
réparation du dommage causé.

L’action en réparation est exercée par la victime. Elle peut se faire en nature lorsque
l’auteur est condamné à remettre l’objet en dommage. Mais, c’est surtout en argent que la
réparation a lieu à travers l’octroi des dommages et intérêts qui constituent une indemnité
pécuniaire.

Le principe en matière de réparation délictuelle est celui de la réparation intégrale du


dommage : ni plus, ni moins. La victime ne devra ni souffrir, ni s’enrichir de sa
réparation. Toutefois, il convient de noter que lorsque la victime a joué un rôle dans la
réalisation du dommage, c’est-à-dire a commis une faute, la responsabilité sera partagée
entre la victime et l’auteur, mais il n’a pas l’obligation de minimiser le dommage.

Le juge dans son évaluation se place à la date du jugement définitif et non au jour où le
préjudice s’est réalisé.

En cas de pluralité des responsabilités, les coauteurs du même dommage seront tenus
solidairement c’est-à-dire que chacun d’eux ayant contribué dans la réalisation du
dommage, pourra être condamné à payer la totalité, et c’est à lui après avoir payé
d’exercer une action récursoire contre ses codébiteurs.

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