Microéconomie : Concepts et Applications
Microéconomie : Concepts et Applications
Licence 1
Université de Mbandaka
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Une firme est un décideur individuel qui procède à la production de marchandises par la
combinaison de différents facteurs de production (inputs) grâce à des procédés techniques.
Ces inputs sont des marchandises que la firme peut posséder en partie dans sa dotation
initiale. Elle doit acheter le reste sur les marchés correspondants. Certains inputs peuvent
ne pas être des marchandises : la lumière du soleil dans l’agriculture, par exemple.
La distinction entre les consommateurs et les firmes réside dans la nature de leur activité
économique : les consommateurs achètent des biens pour consommer et les firmes achètent
des inputs pour produire d’autres biens. Naturellement dans la réalité les choses sont plus
complexes que dans ces simplifications théoriques. En effet une unité de consommation
correspond souvent à une famille qui regroupe plusieurs individus et les décisions sont
souvent des décisions de groupe. Mais si les décisions des ménages respectent un minimum
de rationalité et de cohérence notre approche perd son caractère restrictif. De même, s’il
existe encore des firmes individuelles, la majeure partie de la production des marchandises
est effectuée par des grandes corporations qui peuvent contenir parfois des milliers
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On doit aussi distinguer les marchés comptants (spot markets) des marchés à terme
(forward markets). Sur un marché comptant, on passe un accord qui implique que
l’échange de marchandises soit accompli dans la période présente. Sur un marché à
terme, la transaction concerne les marchandises qui seront livrés dans une période
future. Une économie avec un système complet de marché est une économie où il
existe tous les marchés comptants et à terme pour assurer l’échange de toutes les
marchandises qui seront disponibles à tous les lieux et à toutes les dates. Dans une
telle économie, les accords concernant toutes les transactions présentes et futures
seraient conclus dans la première période et toutes les activités de marché seraient
terminées à la fin de cette période. Le reste du temps serait consacré à la réalisation de
tous les engagements de la première période. Les économies réelles ne possèdent
naturellement pas un tel système de marché. A chaque période il existe des marchés
comptants pour effectuer les transactions concernant cette période et quelques
marchés à termes pour les transactions dans le futur. Par conséquent, à chaque période
un sous-ensemble relativement petit de la totalité des marchandises peut être échangé.
On observe donc une suite de systèmes de marché, un à chaque période, et l’activité
de marché a lieu normalement.
Les méthodes d’analyse en microéconomie sont les plus souvent basées sur les principes
d’optimisation. L’approche microéconomique suit une ligne de développement
relativement systématique. On commence avec les modèles des décideurs individuels,
un consommateur type et une firme type. Sous l’hypothèse de rationalité ces modèles
prennent la forme de problèmes d’optimisation sous contraintes : le décideur est sup-
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Un des buts principaux des modèles de décision est de nous permettre d’imposer
certaines restrictions sur les comportements des agents, de manière à exclure ceux qui
ne sont pas compatibles avec les hypothèses de la théorie ou, du moins, de clarifier
sous quelles hypothèses on peut imposer des restrictions particulières (des courbes de
demande décroissantes, par exemple).
Dans ce cours, nous allons plus nous focaliser sur les comportements des agents économiques
(les consommateurs et les firmes), ainsi que de leur interaction dans les marchés. Dans le cadre
des marchés, nous allons aborder des discussions sur des marchés de concurrence
parfaite, ensuite des structures de marché où les firmes possèdent une certaine
capacité à influencer le prix de marché et les profits de leurs concurrents.
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X~Y : ∼il est indifférent entre les deux paniers. Les deux paniers sont équivalents
pour lui.
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Il est à noter que les courbes d’indifférence correspondant à des niveaux différents de
satisfaction ne peuvent se couper
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Variation du TMS
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10 | P a g e
Pour les substituts parfaits le TMS est constants par définition. Pour les
préférences convexes, le TMS est décroissant le long de la courbe
d’indifférence.
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0
11 | P a g e
Alors cela voudrait dire que le consommateur aime deux fois plus X que Y.
Tandis qu’avec une utilité ordinale tout ce que cela implique est :
X ≻ Y.
A partir d’une fonction d’utilité U (x1, x2) il est aisé de construire les courbes
d’in- différences : ces dernières correspondent à tous les paniers qui donnent le
même niveau de satisfaction et donc la même valeur d’utilité :
1
1
12 | P a g e
1
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13 | P a g e
Dans ce cas les deux biens ont la même valeur pour le consommateur. Ce qui
compte pour lui, c’est la quantité totale de bien contenu dans chaque panier. Par
conséquent la fonction d’utilité
U (x1, x2) = x1 + x2
– elle a une valeur constante le long des courbes d’indifférence (formée des
paniers qui contiennent la même quantité totale de biens) ;
– elle donne une valeur plus élevée quand la quantité totale augmente (et
donc quand la satisfaction de l’individu augmente).
1
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14 | P a g e
Exemple : abat–jour (x1) et ampoules (x2). Pour tirer satisfaction de l’achat d’un
abat-jour, le consommateur doit aussi acheter au moins une ampoule avec. Le
nombre de luminaires qui marchent effectivement est donné par :
De manière générale, si les deux biens doivent être combiné dans des
proportions fixes (Figure 2.7) :
1
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15 | P a g e
1
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16 | P a g e
dU = Um1dx1.
∂U
Exemple, si U(x1.x2) = 2x1+x2 , Um 1= =2
∂ x1
∂U ∂U
dU = dx 1+ dx 2
∂x 1 ∂x 2
dx 2 Um 1
=
dx 1 Um 2
1
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17 | P a g e
Si le consommateur achète le panier X = (x1, x2), nous pouvons facilement calculer les
dépenses correspondantes :
Exemple :
X1 + 2X2 =100, il est important de noter que la pente de cette courbe est négative comme
l’indique la figure 3.1
1
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18 | P a g e
3.1.1Augmentation de revenu
La pente n’a donc pas été modifiée mais les ordonnées à l’origine augmentent :
La pente n’a donc pas été modifiée mais les ordonnées à l’origine augmentent
1
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19 | P a g e
1
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20 | P a g e
Si nous considérons la figure 3.4, il convient d’établir que le point E le point d’équilibre
E = (x1∗ , x2∗ ) :
Pour les préférences normales ces deux conditions sont suffisantes pour
déterminer l’optimum du consommateur. Si les préférences sont normales alors
l’optimum doit correspondre à un point de tangence entre la droite de budget et
une courbe d’indifférence.
2
0
21 | P a g e
La pente de la droite de budget doit alors être égale, en valeur absolue, à la pente de la
tangente à la courbe d’indifférence :
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22 | P a g e
2
2
23 | P a g e
Pour trouver l’équilibre, nous avons d’abord besoin de TMS. Il est donné par :
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24 | P a g e
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25 | P a g e
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26 | P a g e
2
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27 | P a g e
Dans ce chapitre, nous allons étudier la variation des demandes suite à des variations
du revenu et des prix. Cette étude sera menée grâce à la statique comparative : Nous
allons partir d’un optimum du consommateur, modifier un paramètre (par exemple, le
prix ou le revenu) et observer comment l’équilibre s’est modifié et en déduire les
conséquences sur les demandes.
Biens normaux
bien : ∆xi∗ /∆R > 0. La quantité demandée évolue dans le même sens que le revenu
L’augmentation du revenu conduit à une augmentation de la demande de ce type de
(Figure 10.1).
Biens inférieurs
revenu : ∆xi∗ /∆R < 0 (Figure 10.2) Par conséquent, il s’agit des biens dont le
Dans ce cas, la variation de la demande se fait en sens inverse de la variation du
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28 | P a g e
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29 | P a g e
Les élasticités d’une fonction y = f (x, z) par rapport à ses arguments sont
données par :
Si nous avons :
3% de x1∗ (la demande de bien 1) et donc le bien 1 est normal. Si par contre,
Nous pouvons en déduire qu’une variation de 1% de R implique une variation de
nous avons
ε x1∗ ,R = −3,
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30 | P a g e
Si le bien 1 est un bien normal alors la courbe d’Engel est croissante. Si les
deux biens sont normaux alors le chemin d’expansion du revenu (CER) est
croissant.
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31 | P a g e
Nous savons que l’optimum dépend de la comparaison p1/p2 avec le TMS=1. Nous
savons que dans le cas de substituts, nous avons :
P1
P 1> P2 , >1
P2
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1
32 | P a g e
Pour ce type de biens, les optima correspondent nécessairement à des paniers qui
contiennent juste ce qu’il faut des deux biens (l’élimination du gâchis).
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33 | P a g e
3
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34 | P a g e
Mais nous on n’a pas toujours ce résultat. Un économiste irlandais, Sir Robert
Giffen, a observé, pendant la famine de 1850, une augmentation de la
consommation de pommes de terre par les paysans irlandais, tandis que le prix
des pommes de terre venait d’augmenter (le paradoxe de Giffen).
Donc si la demande d’un bien augmente avec son prix, on parle de bien de
Giffen.
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35 | P a g e
3
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36 | P a g e
3
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37 | P a g e
Cette notion éclaircie bien les concepts des biens substituts et compléments.
Considérons que ces deux biens sont ordinaires. Nous avons alors trois cas
possibles :
∂x 1
=0 → ε xi , pj =0
∂ p2
∂x 1
>0 → ε xi , pj >0
∂ p2
- les deux biens sont des compléments bruts : la baisse de la demande du bien 2 va
obliger le consommateur à baisser sa demande de bien 1 aussi,
∂x 1
<0 → ε xi , pj <0
∂ p2
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38 | P a g e
T → wT → M + wT
p · C = M + wT (5.1)
H=T+L⇒L=H−T (5.2)
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39 | P a g e
(5.3)
(5.4)
(5.6)
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40 | P a g e
Nous remarquons facilement que le loisir est un bien normal (Figure 12.2) :
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0
41 | P a g e
4
1
42 | P a g e
Dans le cas (b) l’offre de travail sera croissante avec le salaire, tandis que dans le
cas (a), l’offre de travail sera décroissante. L’effet final n’est donc pas déterminé
a priori et on ne peut affirmer qu’une augmentation de salaire va impliquer une
offre de travail plus importante.
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43 | P a g e
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44 | P a g e
C = R/p1 .
ou de manière générale
p1C1 + S = R 1 . (6.1)
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45 | P a g e
S ⇒ S + i · S = (1 + i) S (6.2)
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46 | P a g e
p2C2 = R2 + (1 + i) S (6.3)
p1C1 + S = R 1 .
p2 C2 − R2
S = R1 − p1C1 =
1
+
En partant de la relation (6.2), nous pouvons remarquer qu’il est équivalent pour
(6.4)
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47 | P a g e
(6.5)
(6.6)
(6.7)
(6.8)
(6.9)
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48 | P a g e
(6.10)
(6.11)
(6.12)
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49 | P a g e
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50 | P a g e
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51 | P a g e
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52 | P a g e
(6.13)
(6.14)
(6.16)
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53 | P a g e
(condition 6.15)
(6.17)
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54 | P a g e
(6.18)
5
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55 | P a g e
Figure 6.4 résume l’effet revenu qui a lieu à travers le taux d’intérêt et l’épargne.
5
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56 | P a g e
5
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57 | P a g e
1+ a
Si a augmente σ = augmente et la consommation future devient plus chère (Figure
1+i
6.6)
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58 | P a g e
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59 | P a g e
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60 | P a g e
(7.1)
6
0
61 | P a g e
7.2.1 Exemple
Cet exemple nous donne les différentes valeurs (L,Q) observée dans une exploitation
agricole (Figure 7.2). Ici le niveau du facteur fixe (terre) est fixé à 10Ha et on a les
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1
62 | P a g e
6
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63 | P a g e
(7.2)
(7.3)
Nous observons que la productivité marginale croit au début mais elle commence à
décroitre très rapidement (voir Figure 7.3 : chaque unité supplémentaire d’input implique
une augmentation de plus en plus faible de la production. En fait on constate ce résultat
directement en regardant la pente de chaque segment de la courbe de la fonction de
production. Cette pente augmente d’abord pour diminuer ensuite. En effet, elle est
exactement égale à la productivité marginale.
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64 | P a g e
6
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65 | P a g e
(7.4)
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(7.5)
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67 | P a g e
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(7.6)
(7.7)
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(7.11)
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72 | P a g e
(7.12)
Nous nous intéressons maintenant à tous les paniers d’inputs qui permettent de produire
un même niveau d’output q0. Ces paniers forment un ensemble qui est défini
par
(7.13)
Cet ensemble s’appelle une isoquant (iso=égalité, quante=quantité). Nous pouvons représenter
graphiquement la construction d’une isoquante (Figure 7.10).
Il s’agit donc de toutes les combinaisons de facteurs qui correspondent au même
niveau de production. Il y a naturellement autant d’isoquantes que de niveaux de production
possibles. Il y en a donc une infinité puisque q est une variable continue. Pour représenter une isoquante,
nous adopterons le repères à deux dimensions (Figure 7.11).
Une fonction de production dont les isoquantes sont strictement convexes sera dite
une fonction strictement quasi-concave. En fait, comme vous allez le voir en mathématiques,
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73 | P a g e
les isoquantes ne sont rien d’autre que les courbes de niveau d’une fonction de production, courbes de
niveau comme celles que vous avez sûrement déjà vues sur une carte topographique et qui signalent
les différents points de même altitude sur la carte.
Voici deux types d’isoquantes où la stricte convexité n’est pas vérifiée (Figure 2.13).
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74 | P a g e
Dans cette figure nous avons deux cas d’isoquantes qui ne vérifient pas la stricte convexité. Dans le cas
(a), l’isoquante est convexe mais entre M et N, la corde et l’isoquante se confondent. Par conséquent
la corde ne peut être strictement au-dessus de la courbe. Dans le cas (b), on a la convexité sur les
portions LM et NP de l’isoquante mais entre M et N on a la propriété inverse : la corde est en
dessous de la courbe ; l’isoquante est concave sur cette portion. Nous allons voir plus loin
l’importance de la stricte convexité des isoquantes (et donc de la stricte quasi-concavité de la
fonction de production).
L’utilisation des isoquantes nous permet aussi de représenter les différentes combinaisons
qui conduisent à des niveaux différents de la production. Si l’on reprend la
construction graphique d’une isoquante (Figure 7.14).
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75 | P a g e
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76 | P a g e
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77 | P a g e
Dans le cadran (a) nous avons deux paniers M et N qui appartiennent à la même
isoquante et donc qui correspondent au même niveau de production. Or si l’isoquante
est croissante comme dans cette figure, nous avons un panier (N) qui contient à la fois
plus d’input 1 et plus d’input 2 qu’un autre (M) et qui ne permet pas de produire
plus. Or à partir du moment où l’on augmente les quantités de tous les inputs on doit
normalement avoir une croissance de la production. Donc ce type de situations ne peut
apparaître et les isoquantes doivent être nécessairement décroissantes.
De même, deux isoquantes ne peuvent se couper. Regardons le cadran (b) dans
Figure 7.16. Nous avons deux paniers qui permettent de produire q0 : N et P. D’autre
part les paniers M et P permettent de produire le même niveau d’output, q1. Or si
les isoquantes se coupent comme c’est le cas dans la figure alors le panier M permet
de produire le même niveau que le panier N qui permet, à son tour, de produire le
même niveau que le panier P. Par conséquent les paniers M, N et P correspondent au
même niveau de production et donc ils devraient appartenir à la même isoquante. Donc
contradiction, M et P ne peuvent pas appartenir à deux isoquantes qui se coupent.
Les technologies que nous avons représentées dans ces figures correspondent à des
technologies à facteurs substituables. En effet si on regarde la Figure 7.11, nous avons
deux paniers M et N qui permettent de produire le même niveau d’output. Or, le passage
du panier N vers le panier M correspond à une réduction de l’input 1 et à une augmentation de l’input 2.
Par conséquent, en compensant la diminution des quantités d’input 1, par une augmentation des
quantités d’input 2 on peut garder le même niveau de production. On dit alors que l’on substitue
l’input 2 à l’input 1. Nous allons considérer cette possibilité plus en détail dans le paragraphe
suivant.
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7
78 | P a g e
Pour étudier les possibilités de substitution entre les facteurs de production partons
du panier N à la Figure 7.11. Si la firme veut passer de ce panier au panier M, elle
doit diminuer l’utilisation du facteur 1 et augmenter celle du facteur 2. Elle doit donc
remplacer une variation ∆ x1 par une variation ∆ x2, tout en gardant le même niveau de
production, donc tout en restant sur la même isoquante. Nous pouvons alors définir un taux de
substitution technique (TST) qui nous donne la quantité de facteur 2 qu’il faut substituer à chaque
unité de facteur 1 dans le passage de N vers M :
(7.14)
Comme l’isoquante est décroissante, les variations des facteurs 1 et 2 seront nécessairement
de signes opposés (sinon on se placerait sur une isoquante plus élevée ou plus
basse). Comme le TST mesure une quantité de bien, on doit prendre la valeur absolue
de ∆ x1/∆ x2, d’où le signe négatif devant le rapport des deux variations. Or si l’on reprend
la Figure 2.11, on observe que la TST n’est rien d’autre que la pente de la corde
NM (Figure 7.17).
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79 | P a g e
(7.15)
Ce taux s’appelle le taux marginal de substitution technique (TMST) et comme nous pouvons le montrer
dans la figure suivante, il correspond à la valeur absolue de la pente de la tangente à l’isoquante au
point considéré (Figure 2.18).
Cette figure montre que quand on considère les variations infinitésimales, le point
M tend vers le point N et la corde NM tend vers la tangente à l’isoquante au point N.
Par conséquent le TMST correspond à la valeur absolue de la pente de cette tangente.
On a donc un taux unique à chaque point de la courbe qui correspond à la pente de la
tangente en ce point. Le TMST nous fournit une valorisation relative d’un input par rapport à un autre
dans la technologie de la firme. En effet il nous indique, pour chaque panier, combien d’unités de
facteur 2 sont équivalentes, à la marge, à une unité de facteur 1. Cela est exactement la valeur
relative du facteur 1 par rapport au facteur 2. Il est évident que
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80 | P a g e
Le TMST correspond donc aux rapport des productivités marginales. Nous observons
aussi que les variations des facteurs sont en rapport inverse par rapport aux productivités
marginales car plus un facteur à une productivité marginale élevée, moins il en
faut pour compenser une variation de production due à la variation de l’autre facteur.
Les deux variations ne se compensent que si :
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0
81 | P a g e
Le profit est défini comme la différence entre les recettes de la firme (ou chiffre d’affaires) et ses coûts de
production. Les recettes de la firme proviennent de la vente de sa production au prix unitaire p. Les
coûts de la firme correspondent à ses dépenses en vue d’acheter les facteurs variables et fixes
nécessaires à sa production. Pour chaque input h, si la firme l’achète en quantité xh et si le prix
unitaire est de ph, la dépense correspondant est de phxh. Le profit de la firme s’écrit alors :
8.1
8
1
82 | P a g e
(8.2)
La firme doit donc maximiser son profit étant donnés les prix de marché et sa technologie.
La combinaison d’input qu’elle choisit doit lui permettre de produire la quantité désirée. Dans un premier
temps nous allons surtout nous intéresser au choix optimal du panier d’inputs étant donné un niveau
de production. Le niveau du produit sera donc une donnée. Dans ce cas, les recettes totales de la
firme sont constantes et le seul moyen dont la firme dispose pour améliorer son profit est la baisse
des coûts du panier d’inputs :moins le panier d’input est coûteux, plus son profit sera élevé. Le
paragraphe suivant sera consacré à ce problème.
(8.3)
(8.4)
8
2
83 | P a g e
Etudions d’abord l’objectif de la firme (la première ligne du problème). Regardons les combinaisons de
production qui correspondent un coût C pour la firme. Elles sont définies par l’équation :
(8.5)
Dans l’espace (x1, x2), ces équations définissent une droite qui est décroissante avec x1
et dont les intersections avec les axes sont croissantes avec C (Figure 8.1).
(8.6)
La pente de la droite d’isocoût nous donne donc le rapport dans lequel on peut substituer le facteur 2 au
facteur 1 tout en gardant constant le niveau de la dépense.
Par définition toutes les combinaisons de facteurs qui appartiennent à la même droite correspondent au
même niveau de dépense (les paniers M et N coûtent tous les deux C tandis que les paniers P et Q
coûtent C′). Plus on s’éloigne de l’origine, plus
les dépenses augmentent car on a des paniers qui contiennent plus des deux facteurs
et le coût supplémentaire de la hausse des quantités d’un facteur n’est pas compensé
8
3
84 | P a g e
par la baisse des quantités de l’autre facteur. Par conséquent, étant donné un niveau de
production, la firme va essayer d’utiliser un panier d’inputs qui se trouve sur la droite
d’isocoût la plus proche possible de l’origine.
La contrainte de la firme est plus habituelle. En effet, cette contrainte nous dit que
la firme doit choisir parmi les paniers qui permettent de produire exactement le niveau
d’output q. Or l’ensemble qui contient ces paniers n’est rien d’autre que l’isoquante qui
correspond à ce niveau de production : Il suffit donc de reprendre Figure 3.1 pour représenter
cette contrainte pour le niveau de production q (si les facteurs sont substituables
– Figure 8.2).
Cette isoquante représente donc tous les paniers qui permettent de produire q, en
particulier S et T. Parmi ces paniers la firme doit retenir celui qui appartient à la droite
d’isocoût la plus basse possible (Figure 8.3).
8
4
85 | P a g e
Le point T appartient à la droite d’isocoût la plus basse dans cette figure. Malheureusement,
il est en dessous de l’isoquante et donc il ne permet pas d’atteindre un
niveau d’output q. D’autre part, le panier S est sur l’isoquante et donc il permet de
produire le niveau q au coût C0. Or on observe que n’importe quel panier qui est sous l’isocoût C0 et qui
appartient à l’isoquante, permet de produire q moins cher que S donc
S n’est pas optimal. En particulier le panier E permet de produire q moins cher que S
et si l’on essaye de choisir un panier qui coûte moins cher que E, on ne peut plus produire
cette quantité (on est en dessous de l’isoquante). Le panier E est donc le panier le
moins cher possible qui permet d’atteindre le niveau de production q : c’est l’optimum
de la firme. Il correspond au choix des quantités (x∗1 , x∗2) pour les deux facteurs : c’est
la combinaison optimale des deux facteurs de production.
Nous observons qu’au point E, la droite d’isocoût correspondante est tangente à
l’isoquante. C’est pour cela que nous ne pouvons pas trouver un panier moins cher
qui permettrait de produire q. Cette tangence implique que la tangente à l’isoquante au
point E et la droite d’isocoût ont la même pente en valeurs absolues. Or nous savons
que la valeur absolue de la tangente à l’isoquante au point E est exactement égale à la
valeur du TMST à ce point. Le point E est donc caractérisé par les conditions suivantes :
(8.7)
Il faut bien comprendre l’intuition qui est derrière la condition (3.4). Comme nous
avons déjà vu, le TMST fournit une valeur relative du bien 1 par rapport au bien 2
dans le cadre de la technologie de la firme donc au niveau individuel. Le rapport des
prix correspond à une valeur relative des deux biens au niveau du système de marché
et donc au niveau global. La firme atteint son optimum quand sa valorisation privée
correspond exactement à la valorisation sociale, autrement dit, quand le rapport des contributions des
deux facteurs à sa production correspond exactement à leur valeur relative au niveau du système de
marché. A tout point où l’on n’a pas cette égalité, la firme peut augmenter l’utilisation du facteur
dont la valeur relative privée est supérieure à la valeur relative globale et réduire l’utilisation de
l’autre facteur de manière à produire moins cher son output.N’oublions pas que le TMST nous
indique dans quelle mesure on peut diminuer l’utilisation d’un facteur et augmenter celle de l’autre
et garder la production constante, tandis que le rapport des prix nous indique dans quelle mesure on
peut substituer un facteur à l’autre tout en gardant le même niveau des dépenses.
8
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86 | P a g e
Nous pouvons illustrer ce raisonnement grâce à Figure 8.4. Regardons le panier S. Ce panier permet de
produire l’output q mais pour ce panier le TMST (la pente de la tangente) est inférieur au rapport des
prix (la valeur absolue de la pente de la droite isocoût). Par conséquent, la valorisation dans la firme
du facteur 1 est inférieure à la valorisation sociale de ce bien (on a naturellement le résultat inverse
pour le facteur 2).
La firme peut donc substituer du facteur 2 au facteur 1 de manière à garder le même niveau de production
et réduire ses dépenses, puisque le facteur 2 contribue mieux à la production et il coûte relativement
moins cher. On observe en effet qu’au point T on a ce résultat : la firme a substitué du facteur 2 au
facteur 1 et elle a baissé ses dépenses (C0 > C1). On observe néanmoins que le TMST est toujours
inférieur au rapport des prix, donc la substitution doit continuer si la firme veut réduire ses dépenses.
C’est seulement quand les deux éléments deviennent égaux (point E) que la substitution n’est plus
intéressante. Pour des paniers de l’autre côté du point E on a naturellement le résultat inverse (on
doit substituer du facteur 1 au facteur 2).
Les conditions (8.7) nous donnent un système de deux équations à deux inconnus
(x∗1 , x∗2 ). En résolvant ce système on peut déterminer la combinaison optimale d’inputs nécessaire à
la production de l’output q :
(8.9)
8
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87 | P a g e
8
7
88 | P a g e
Pour le premier cas nous allons prendre une isoquante entièrement linéaire (notre
exemple était linéaire sur une portion seulement). Ce type d’isoquante appartient à une
fonction de production de type linéaire :
(8.8)
On observe que le TMST reste constant le long de chaque isoquante, quel que soit le
panier de facteurs considéré. La règle de la tangence implique l’égalité entre le TMST
et le rapport des prix or a priori il n’y a aucune raison que l’on ait cette égalité. Le
rapport a/b est donné par la technologie et le rapport des prix par les marchés, il n’y
a aucune raison que ces deux mécanismes donnent le même résultat. En effet même si
l’on a l’égalité, la détermination de l’optimum de la firme reste problématique comme
nous pouvons le voir dans Figure 8.6.
8
8
89 | P a g e
et donc la firme a toujours intérêt à substituer le facteur 2 au facteur 1 (le facteur 1 est
relativement trop cher par rapport à sa contribution à la production). Cette substitution doit continuer
jusqu’à ce que la firme ne puisse plus diminuer la quantité de 1 et augmenter
celle de 2. On a donc une solution en coin : le point E′. L’optimum de la firme
est bien déterminé mais il ne vérifie pas la règle de la tangence. C’est le raisonnement
graphique qui permet de le déterminer.
Nous avons la situation symétrique pour la droite C′′ :
8
9
90 | P a g e
cette règle.
L’autre cas de figure nous montre que la règle de la tangence peut même conduire
à des solutions sous-optimales. Rappelons que dans ce cas l’isoquante a une portion
concave. Nous pouvons voir les implications de cette configuration dans Figure 3.7.
Nous observons que pour un rapport de prix donné, la règle de la tangence conduit
à une solution E′ correspondant à un niveau de dépenses C′. Or il s’agit d’une solution
sous-optimale car au lieu d’un minimum, on a en ce point un maximum local pour
les dépenses. Si l’on essaye de minimiser encore les dépenses, on peut atteindre un
autre point E qui correspond à un niveau de dépenses C < C′. Observons qu’en E′ l’isoquante est concave,
tandis qu’en E, elle est convexe. Par conséquent la règle de la
tangence ne nous conduit à un minimum unique pour les dépenses que si et seulement
si l’isoquante est strictement convexe.
Nous allons introduire maintenant une méthode de calcul qui va nous permettre
de calculer directement la (ou les) combinaison(s) de facteurs qui minimise(nt) les dépenses
de la firme. Si nous reprenons le problème de la firme :
(8.9)
il s’agit d’un problème de minimisation d’une fonction sous une contrainte d’égalité.
On cherche donc le minimum de dépenses, parmi les combinaisons qui vérifient la
contrainte technologique (celles qui nous permettent de produire la quantité q). Si on a
une fonction de production strictement quasi-concave (si les isoquantes sont convexes
donc si les facteurs sont substituables) et si cette fonction est différentiable alors on peut
utiliser une nouvelle fonction –le Lagrangien, L– pour calculer les solutions optimales
de ce problème. En fait, en utilisant le Lagrangien, on aura un nouveau problème de
maximisation sans contraintes où les conditions d’optimalité vont automatiquement
tenir compte de la contrainte du problème initial (3.9). On va en réalité remplacer une
contrainte par une variable de décision supplémentaire : le multiplicateur de Lagrange.
9
0
91 | P a g e
(8.11)
Il s’agit des conditions nécessaires pour un minimum local (la solution du système
n’est pas nécessairement unique). Si les isoquantes sont strictement convexes alors ces
conditions sont suffisantes pour déterminer le minimum global. En utilisant l’expression
détaillée du Lagrangien ces conditions deviennent :
(8.12)
9
1
92 | P a g e
(8.13)
Nous obtenons donc les deux conditions qui correspondent respectivement à la règle
de la tangence et à la contrainte technologique. Malgré la facilité et la fiabilité du raisonnement
graphique il est important de connaître la méthode du Lagrangien car elle
généralise le raisonnement graphique au cas de plus de deux inputs car cette méthode
est valable pour l inputs aussi ; dans ce cas on a l +1 dérivées partielles à annuler (on a
un système de l + 1 équations et l + 1 inconnues).
Exemple : Pour notre fonction de production nous avons de nouveau
C’est exactement la condition que nous avons déjà obtenue par la méthode graphique.
Ces méthodes nous permettent donc de déterminer le panier optimal de facteurs de
production que la firme doit utiliser pour chaque niveau de production.Mais rappelonsnous
que l’objectif de la firme est de maximiser le profit. Comment la firme doit-elle
procéder pour atteindre cet objectif ?
9
2
93 | P a g e
augmenter son profit en choisissant un panier d’input qui coûte moins cher).
Quand la firme cherche à réagir de manière optimale aux changements de son environnement
(variation du prix d’un input, par exemple), sa réaction ne sera pas de
même nature selon l’horizon temporel considéré.
Dans un premier temps, la firme ne pourra ajuster que l’utilisation de certains facteurs
de production (il s’agira alors de facteurs variables), tandis que le niveau d’autres
facteurs ne pourra être modifié par elle (on parle alors de facteurs fixes). Si la firme veut
augmenter son niveau de production pour répondre à une augmentation du prix de son
produit, elle pourra, par exemple, faire appel au travail intérimaire mais elle ne pourra
augmenter rapidement les locaux qu’elle utilise pour la production. On parle alors de
court terme (CT) et le court terme est caractérisé par le fait que certains facteurs seront
fixes.
Par la suite, si la hausse du prix de son produit persiste, la firme va finir par avoir
la possibilité d’ajuster tous les facteurs de production (trouver de nouveaux locaux à
louer par exemple, et y installer de nouvelles machines qu’elle a pu faire réaliser à
ses fournisseurs. Le laps de temps nécessaire pour que tous les facteurs de production
deviennent ajustable est appelé le long terme (LT). A long terme tous les facteurs de
production sont variables.
Le problème de maximisation de profit de la firme n’est pas tout-à-fait de même
nature dans ces deux horizons temporels.
Considérons que la firme utilise deux facteurs de production et qu’elle n’ait pas le
moyen d’ajuster le niveau de second facteur à court terme (le second facteur est donc
un facteur fixe dans ce cas). Notons par x2 le niveau fixe de ce facteur. La firme doit
donc réaliser sa production en utilisant des paniers du type (x1, x2) où seul x1 peut être
9
3
94 | P a g e
(8.14)
car le profit ne dépend plus que d’une seule variable maintenant, étant donné que x2 et
tous les prix sont des constantes pour la firme
9
4
95 | P a g e
Dans Figure 3.8, le profit optimal est atteint au point M et il correspond au niveau
de profit P2. Le profit P3 est plus intéressant pour la firme mais sa technologie et le
niveau donné du facteur 2 ne lui permettent pas d’atteindre ce niveau de profit.
Cette solution graphique montre que deux conditions doivent être remplies à l’optimum
de la firme (x∗1 , q∗) :
1. La pente de la tangente à la fonction de production (dq/dx1) en x∗1 et celle de la droite
d’isoprofit doivent être égales
(8.15)
¿
2. La production q∗ doit être réalisable avec x 1
¿
q∗ = f ( x 1; x2)
9
5
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9
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9
7
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La nature des rendements d’échelle influence de manière importante la maximisation de profit par une
firme concurrentielle.
9
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1
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