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BROUILLON

Les abeilles, essentielles à la pollinisation, sont menacées par des facteurs tels que les pesticides, la monoculture et le changement climatique, entraînant un taux d'extinction alarmant. Bien que souvent perçues comme des insectes sociaux, 90 % des espèces d'abeilles sont solitaires et également en danger. La protection de cette diversité est cruciale pour maintenir l'équilibre écologique et la santé des écosystèmes.

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BROUILLON

Les abeilles, essentielles à la pollinisation, sont menacées par des facteurs tels que les pesticides, la monoculture et le changement climatique, entraînant un taux d'extinction alarmant. Bien que souvent perçues comme des insectes sociaux, 90 % des espèces d'abeilles sont solitaires et également en danger. La protection de cette diversité est cruciale pour maintenir l'équilibre écologique et la santé des écosystèmes.

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L'humanité a colonisé la Terre en favorisant et diffusant très peu de variétés d’apidés, suscitant une

compétition avec les abeilles locales, et les rendant vulnérables à certains parasites et pesticides 7.
L'imaginaire collectif voit les abeilles comme des insectes sociaux, mais environ 90 % des espèces
d'abeilles sont solitaires8 (et encore plus menacées que leurs homologues sociales). Comprendre et
protéger cette diversité menacée est un enjeu entomologique majeur.

Les abeilles, et les autres espèces de pollinisateurs, sont actuellement gravement menacées, avec un
taux d'extinction qui est « de 100 à 1 000 fois plus élevé que la normale », selon l'ONU9.

Lors de la Journée mondiale des abeilles du 20 mai 2019, l'ONU a détaillé les principales causes du
déclin des pollinisateurs : les pesticides, la monoculture, l'agriculture intensive, le changement
climatique, le changement d'affectation des terres et la destruction des habitats9.

Dénominations

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Il remplace un ancien terme d'oïl ef, puis é (pluriel es) issu directement du latin apis; Ce mot,
manquant de corps, s'est vu intégré dans le composé mouche-ep, tandis que eps employé par
Montaigne, se perpétue avant de sortir de l'usage. Malgré tout, encore au début du XIXe siècle, l’Atlas
linguistique de la France repère l'abeille encore sous la forme é dans quelques localités du nord, alors
qu'elle est supplantée par le composé mouche à miel dans les deux tiers nord du domaine d'oïl
(Bretagne mouche à mièl, Normandie septentrionale mouque à mié, Ile-de-France, Picardie, Wallonie,
Lorraine mouche é mi, Bourgogne), mouchette dans la frange est (Lorraine
orientale mouchette, mohhâte, Franche-Comté du nord môtchotte), abeille dans le sud-ouest (Poitou,
Saintonge aboeille) et avette dans le val inférieur de la Loire17.

D'ailleurs, dans sa première édition de 1694, le Dictionnaire de l'Académie française définit l'abeille
comme étant une « mouche à miel, sauvage ou domestique »18. La définition du mot abeille dans les
dictionnaires évolue peu avec le temps. Il faut attendre le XIXe siècle avec la 6e édition (1832-1835) de
ce dictionnaire pour voir apparaître des précisions sur cette sorte de mouche: « Insecte ailé […] qui
produit la cire et le miel » et le XXe siècle avec la 8e édition de 1932-1935 pour qu'elle soit classée
parmi les hyménoptères tout en précisant également qu'elle « vit en essaim »19. Cette définition est
très proche de celle donnée par le Trésor de la langue française informatisé (1971-1994)10, ce qui
réduit progressivement l'usage du mot aux seules abeilles à la fois sociales et productrices de miel 20.

Pourtant, parmi les insectes appelés « abeille » en français, il existe en réalité des espèces solitaires et
d'autres qui ne produisent que peu, voire aucun miel. Cette différence va être intégrée à la 9e édition
du Dictionnaire de l'Académie française qui, tout en réduisant la définition de l'abeille à la « famille
des Apidés », explique qu'elle vit en société et produit du miel.

Noms vernaculaires et taxons correspondants

Article détaillé : Liste des races d'abeilles d'élevage.

Liste alphabétique de noms vulgaires ou de noms vernaculaires attestés21 en français.

Note: certaines espèces ont plusieurs noms et figurent donc plusieurs fois dans cette liste. Les
classifications évoluant encore, certains noms scientifiques ont peut-être un autre synonyme valide.
En gras, les espèces les plus connues des francophones.

 Abeille - en Europe Apis mellifera22 et plus largement Apidae spp.11 ou Apis spp.

 Abeille africaine - voir Abeille jaune d'Afrique23


 Abeille africanisée24 - voir Abeille tueuse25

 Apis mellifera - voir Abeille européenne23

 Abeille asiatique - voir Abeille indienne22

 Abeille brune - voir Abeille européenne23

 Abeille-caillou - Apis mellifera ligustica, Apis graeca et Apis italica (Nouvelle-Calédonie)26

 Abeille carniolienne - Apis mellifera carnica22

 Abeille caucasienne (en) - Apis mellifica caucasia (en)22,27

 Abeille charpentière

 Abeille commune - voir Abeille européenne22

 Abeille cotonnière - Anthidium manicatum28

 Abeille coucou ou Abeille-coucou22

 Abeille coupeuse de feuille - Voir Abeille découpeuse29,23

 Abeille découpeuse - Megachile spp.29,30.

 Abeille découpeuse de la luzerne - Megachile rotundata29

 Abeille domestique - voir Abeille européenne31,32

 Abeille euglossine - Euglossini spp.[réf. nécessaire]


31
 Abeille européenne - Apis mellifera

 Abeille à face jaune - voir Abeille plâtrière33

 Abeille fouisseuse - Anthophora spp.22

 Abeille géante - Apis dorsata22,1,32

 Abeille indienne ou Abeille des Indes - Apis cerana32,22

 Abeille italienne - Apis mellifera ligustica34

 Abeille jaune ou Abeille jaune d'or - voir Abeille italienne34,23

 Abeille jaune d'Afrique - Apis mellifica adansonii (syn. Apis mellifera adansonii)22

 Abeille loup - Philanthus spp.[réf. nécessaire]

 Abeille maçonne - Osmia spp.[réf. nécessaire]

 Abeille masquée - voir Abeille plâtrière33

 Abeille mellifique ou abeille mellifère - voir Abeille européenne22,1,32,23

 Abeille à miel

 Abeille naine - Apis florea22,1,32

 Abeille noire - Apis mellifera mellifera22


 Abeille noire d'Afrique - Apis mellifica unicolor22

 Abeille à orchidée - voir Abeille euglossine[réf. nécessaire]

 Abeille perce-bois - Xylocopa violacea22

 Abeille plâtrière - Colletidae spp.33

 Abeille des ruches - voir Abeille européenne32

 Abeille russe[réf. nécessaire]

 Abeille des sables - Andrenidae spp.35

 Abeille sans dard - Meliponini spp.[réf. nécessaire]

 Abeille de la sueur - Halictidae spp.33

 Abeille des terres alcalines - Nomia melanderi36

 Abeille tapissière - Megachilidae spp.37

 Abeille tisserande[réf. nécessaire]

 Abeille tueuse - hybride : Apis mellifera scutellata x Apis mellifera ssp38,25

 Abeille vraie - Apinae spp. ou uniquement genre Apis spp.22

 Abeille xylocope - voir Abeille perce-bois22

 etc.

 Histoire évolutive
 [modifier | modifier le code]

 Découverte en 2006, cette abeille (Melittosphex


burmensis), fossilisée dans l'ambre, est datée de 100 Ma.
 L'histoire évolutive des insectes met en évidence que les premiers insectes apparaissent
vers 400 Ma au Dévonien, les insectes volants vers 350 Ma au Carbonifère39.
 On ignore encore quel est l'ancêtre commun à tous les Apoïdes1. Les premières
abeilles stricto sensu sont probablement apparues en même temps que les premières fleurs,
c'est-à-dire il y a plus de 100 millions d'années, la flore terrestre étant auparavant dominée
par les Gymnospermes1. Les études génétiques suggèrent que les abeilles proviennent,
comme les fourmis, de la spécialisation de guêpes prédatrices de la famille des Crabronidés,
le changement du comportement alimentaire pouvant s'expliquer par la consommation par
ces guêpes de proies qui visitaient les fleurs et se couvraient de pollen40. Les premières
abeilles ont probablement été solitaires et spécialistes (pollinisation d'un nombre défini de
fleurs), certaines évoluant vers des formes sociales plus ou moins élaborées et devenant des
pollinisateurs généralistes mais ces transitions instables font que certaines sont retournées
vers un mode de vie solitaire41.
 On a retrouvé les plus anciens fossiles d'abeilles en inclusion dans de l'ambre. Ces abeilles
appartiennent à des espèces et des genres à présent éteints. Le plus vieux fossile à ce jour
est Melittosphex burmensis: datée de 100 Ma, cette espèce minuscule découverte en 2006
en Birmanie avait des grains de pollen sur les pattes. Sa découverte confirme l'origine
commune des guêpes et des abeilles et l'ancienneté de la coévolution entre les « abeilles » et
les Angiospermes (spécialisation dans la consommation de nectar et de pollen et rôle dans la
pollinisation). Cette découverte suggère que les premières abeilles végétariennes ont émergé
à partir d'ancêtres guêpes insectivores42.
 Le genre Electrapis vivait au Crétacé supérieur, il y a environ 70 Ma, dans l'actuelle région de
la mer Baltique et avait une forme très proche de l'abeille à miel contemporaine1.

Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles

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Article détaillé : Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.

Or, on constate dans l'Hémisphère nord une baisse de la population des insectes pollinisateurs et en
particulier des abeilles2,63. Un des symptômes de ce phénomène est le syndrome d'effondrement des
colonies d'abeilles, qui connaît une recrudescence au début du XXIe siècle.

De multiples causes semblent être à l'origine de cette baisse de la


population: parasites, champignons, prédateurs, monoculture intensive, alimentation trop peu
diversifiée ou de mauvaise qualité, réchauffement climatique… Les produits phytosanitaires agricoles,
les cultures d'OGM et la pollution électromagnétique sont également cités mais leur implication est
de moins en moins controversée avec un consensus scientifique croissant sur le rôle des
insecticides64 et non concluant pour les ondes électromagnétiques autres que la lumière65.

En tant qu'animal bioindicateur, cette situation inquiète non seulement les apiculteurs, mais aussi de
nombreux écologues, économistes et experts en raison de l'importance économique et écologique de
l'abeille.

En février 2010, l'Union européenne met en place le programme STEP afin de préciser les causes et
les impacts de ce déclin et d'en assurer le suivi.

Interactions écologiques

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Abeille couverte de pollen

La pollinisation par les insectes indigènes non domestiques est un enjeu important de l'écologie. En
effet, les insectes sauvages permettent d'effectuer naturellement des fécondations croisées: l'ovule
d'une plante reçoit le pollen d'une autre plante de la même espèce, cela permet de conserver une
grande diversité génétique. Or, la diversité génétique permet d'éviter les dépressions de
consanguinité et augmente la résilience de la population face aux perturbations environnementales
et aux nouvelles maladies. Dans une population à grande diversité génétique, le risque d'extinction
est beaucoup plus faible66.

Le 16 avril 2014 les sénateurs français ont adopté un amendement à la loi sur l'avenir de l'agriculture
reconnaissant l'abeille comme « un bio-indicateur dans le cadre de la surveillance des produits
phytopharmaceutiques »67.

Les abeilles comme vecteur de maladies des plantes

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En butinant d'un arbre à l'autre, les abeilles (Apis mellifera), ainsi que d'autres insectes pollinisateurs,
contribuent à la diffusion de bactéries phytopathogènes, telles que Erwinia amylovora, agent
pathogène du feu bactérien, maladie bactérienne grave qui affecte des arbres fruitiers de la sous-
famille des Maloideae68 ou Pseudomonas syringae, agent de diverses maladies du type chancre
bactérien, notamment le chancre bactérien du kiwi, causé par le pathovar Pseudomonas syringae pv.
actinidiae69.

Du fait de leur intense activité de pollinisation, les abeilles sont un vecteur très efficace de
transmission de ces bactéries. Toutefois, comme les bactéries ne peuvent survivre l'hiver dans
les ruches, les abeilles ne peuvent en aucun cas être responsables d'une inoculation primaire, mais
seulement d'inoculation secondaire, transmettant les bactéries de fleur en fleur70,71.

Selon une étude néo-zélandaise de 2014, Pseudomonas syringae, comme Erwinia amylovora, peut
survivre et se propager au sein des ruches pendant un temps limité. Les auteurs appuient donc la
recommandation d'une période de retrait minimum avant de transporter dans un verger sain des
ruches provenant d'un verger contaminé69.

Les abeilles et l'homme


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L'abeille est la plus ancienne amie de l'Homme, bien qu'apparue avant lui, il y a 45
millions d'années72.

Apicultrice

Très tôt l'Homme a pris conscience de l'intérêt de protéger, voire d'héberger ou même d'élever les
abeilles, ou plus simplement de les observer. Outre leurs fonctions écosystémiques, les abeilles
présentent une fonction économique importante.

La santé humaine

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Apithérapie

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Article détaillé : Apithérapie.

Les substances produites par certaines abeilles — cire d'abeille, propolis, gelée royale, miels de
différentes plantes et même leur venin — ont la réputation ancestrale d'être excellentes pour la
santé. Ce sont les abeilles à miel domestiquées qui en sont les meilleures pourvoyeuses.

Piqûre d'abeille

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Une abeille en train de piquer.

Abeille tueuse, un hybride de plusieurs sous-espèces d'Apis


mellifera.
À la différence des guêpes et des frelons, l'abeille n'est pas un prédateur et ne chasse pas pour se
nourrir73. Une abeille en train de butiner est généralement inoffensive74.

Cependant, les abeilles défendent leur nid et leurs routes aériennes des intrus. Les espèces prisées
pour l'apiculture sont les plus tolérantes à cet égard. D'autres, comme l'abeille
tueuse, hybride apparu au Brésil dans les années 1950, sont plus agressives à l'approche de leur
nid75 tandis que chez certaines espèces comme les mélipones, l'aiguillon, sous-développé, ne permet
pas la piqûre, l'abeille se défend alors par une morsure urticante76.

L'abeille utilise son dard cranté pour injecter du venin à son agresseur lorsqu'elle se trouve menacée.
Cet aiguillon dentelé, dont seules les femelles sont pourvues, reste fiché dans la peau de la victime et
est arraché de l'abdomen de l'abeille lorsque celle-ci s'éloigne. Il entraîne à sa suite une partie des
organes internes de l'abeille, dont son sac à venin. Cette déchirure est presque toujours fatale à
l'abeille piqueuse77. Mais l'abeille peut repartir indemne, si sa victime s'avère être un autre insecte,
dépourvu de la peau épaisse des mammifères77.

Une piqûre injecte en moyenne 50 à 140 µg de venin (contre 10 µg pour la guêpe qui possède un
dard lisse mais peut piquer plusieurs fois), selon l'espèce d'abeille et le délai avant lequel l'aiguillon
est retiré78. Même après le départ de l'abeille, les contractions réflexe des muscles arrachés
continuent d'injecter le venin contenu dans le sac, une trentaine de secondes étant nécessaires pour
vider celui-ci. Il faut donc éviter de le compresser en le retirant dans les secondes suivant la
piqûre[pas clair]78.

Sauf en cas d'intolérance, une unique piqûre est inoffensive pour l'Homme (et pourrait même avoir
parfois des effets bénéfiques notamment pour lutter contre la maladie de Parkinson). Toutefois,
l'emplacement des piqûres, leur nombre ou une sensibilité allergique peuvent occasionner des décès
en cas de choc anaphylactique79.

En l'absence de données significatives, la dose létale médiane n'est pas établie avec certitude et
oscille, selon les auteurs, entre 1,3 mg. kg−175 et 3,5 mg. kg−178 de venin. Le nombre de piqûres
nécessaires pour atteindre ces doses, pour un adulte pesant entre 60 kg et 70 kg, varie selon les
espèces et les estimations entre 60077 et 1 75078. Seules les abeilles tueuses, au comportement
extrêmement agressif, sont susceptibles de causer un si grand nombre de piqûres. En revanche, leur
venin ne diffère pas sensiblement de celui des autres espèces d'Apis mellifera75.

Apiculture

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Articles détaillés : Apiculture et Liste des races d'abeilles d'élevage.

Rucher composé de ruches et ruchettes Dadant 10 et 6 cadres


en bois dans le sud de la France.
L'apiculture est la discipline liée à l'élevage des abeilles domestiques, l'éleveur étant un apiculteur.
Les abeilles d'élevage vivent dans une ruche, une structure artificielle faite à base de paille, de bois
ou de plastique et destinée à abriter une colonie d'abeilles sociales butineuses. Un ensemble de
ruches constitue un rucher.

Osmiculture

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L'osmiculture est la technique d'élevage local d'abeilles indigènes et solitaires qui nichent hors sol.
L'osmiculteur fournit un environnement de nidification (nichoir d'abeilles) adapté à l'espèce, identifie
et élimine les parasites qui s'incrustent dans cette population. Il ne gère pas de récolte car les abeilles
indigènes pollinisent mais ne fabriquent pas de miel.

Hôtel d'abeilles solitaires.

Symbolisme et mythologie

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Ruches et abeilles sur le caparaçon du cheval de Louis XII.

Le drapeau de la principauté de l'île d'Elbe (1814-1815). Abeille


et Carex - Fresque Égyptienne

Métaphore de l'harmonie politique et sociale depuis l'Antiquité, l'abeille était censée symboliser,
dans l'Égypte antique, la Basse-Égypte, le pharaon étant désigné comme étant « Celui des carex et de
l'abeille » (les carex représentant la Haute-Égypte).[réf. nécessaire]

Le Coran porte un chapitre nommé « Les abeilles ». Sourate no 16 les abeilles, verset [68-69]80.
L'abeille a pu symboliser la résurrection et l'immortalité pour les Mérovingiens. Des représentations
d'abeilles ont été retrouvées parmi les éléments funéraires de Childéric Ier81.

Dans le calendrier républicain, Abeille était le nom donné au 15e jour du mois de germinal82.

En France, Napoléon Ier a repris – avec l'aigle, symbole de l'Empire carolingien – cet insecte
industrieux, provenant des Mérovingiens, et a remplacé par les abeilles impériales les fleurs de lys du
semis des armoiries royaless83.

Dans les pays scandinaves, sur certaines tombes, l'abeille est un symbole utilisé pour représenter le
caractère travailleur et industrieux de la personne décédéen 1.[réf. nécessaire]

Les abeilles dans la culture populaire

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Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la
bienvenue ! Comment faire ?

Dans la culture populaire, l'abeille fait majoritairement référence aux abeilles sociales à miel et en
Occident à l'abeille domestique Apis mellifera.

Dans certains pays européens, une pratique traditionnelle consistait à faire l'«annonce aux
abeilles »84 lors d'événements importants de la vie d'une maison, notamment pour les décès. Un
membre de la famille du défunt se rendait aux ruches pour « mettre en deuil » les abeilles en leur
murmurant la triste nouvelle. La croyance voulait que si cette tradition n'était pas observée, les
abeilles quitteraient la ruche, ne produiraient plus de miel ou bien mourraient. Cette coutume est
surtout connue en Angleterre, mais a également été observée en Irlande, au Pays de Galles,
en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, en Suisse, en Bohême et aux États-Unis.

Mots et expressions faisant référence aux abeilles

Fictions inspirées de l'abeille

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 La Fable des abeilles, parue en anglais en 1714 sous le titre The Fable of the Bees: or, Private
Vices, Publick Benefits, fable politique de Bernard Mandeville, dont il fit un second tome
en 1729. Une première version du même auteur était passée inaperçue en 1705 sous la
forme d'un poème intitulé La Ruche murmurante ou les Fripons devenus honnêtes gens (The
Grumbling Hive, or Knaves Turn'd Honest en anglais).

 Der Knabe und das Immlein (Le Garçon et l'Abeille), lied de Hugo Wolf sur un texte d'Eduard
Mörike, 1888.

 Joë chez les abeilles, dessin animé français produit par Jean Image et diffusé à partir de 1960.
Pour le récompenser de les avoir sauvées des exactions de deux garnements, le petit Joe est
rendu minuscule par une piqure d'abeille et introduit auprès de la reine des abeilles…

 Maya l'abeille, une série télévisée d'animation destinée aux enfants qui suit les aventures de
la jeune abeille Maya qui, à peine sortie de son alvéole, n'a qu'une envie: découvrir le monde
en compagnie de ses amis. (1975)
 Bee movie : Drôle d'abeille, un film d'animation qui raconte la vie d'une abeille fraîchement
diplômée, connue sous le nom de Barry B. Benson, qui perd ses illusions à la perspective de
n'avoir qu'un seul plan de carrière: fabriquer du miel… (2007)

 Buck bumble, un jeu vidéo d'action sorti sur Nintendo 64 et dans lequel le joueur incarne
Buck, une abeille cyborg devant lutter contre d'autres insectes mutants.

 Des abeilles et des hommes (More than Honey) de Markus Imhoof (2012)

 Honeyland de Tamara Kotevska et Ljubomir Stevanov (2019)

 The Pollinators de Peter Nelson (2019)

Les abeilles dans l'art

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Abeilles dans l'art sur Commons

La pandémie des colonies d'abeilles sauvages et domestiques

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Article détaillé : Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles.

Les abeilles, notamment en phase de grande activité, ont besoin


de s'hydrater en buvant. Trouver des sources d'eau non polluées leur est parfois difficile,
particulièrement en ville.

Depuis les années 1970 avec une accélération depuis la fin des années 1990, de nombreuses espèces
d'abeilles sont en forte régression (ou ont localement disparu) en raison, semble-t-il, de parasites,
virus, champignons, bactéries, mais aussi de la dégradation des habitats (urbanisation,
imperméabilisation des sols, débocagisation) et du réchauffement climatique qui a un impact sur
la phénologie des plantes hôtes et des fleurs pollinisées. Or, ces abeilles ont une importance majeure
pour la pollinisation de nombreuses espèces de fruits, légumes et céréales85. Les impacts de l'usage
croissant de certains pesticides sont également suspectés depuis la fin des années 1990 d'avoir un
lien avec le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles domestiques. Ce lien a été confirmé par
deux études faites en milieu naturel (« conditions réalistes »), publiées dans la revue Science en mars
2012, confirmant des impacts négatifs des néonicotinoïdes sur deux pollinisateurs essentiels, l'abeille
domestique86 et le bourdon commun. Présents par diffusion dans le nectar et le pollen des fleurs de
cultures industrielles telles que le maïs et le colza, ils affectent le système nerveux des insectes87. Il ne
s'agirait pas de la seule cause du syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles, mais il y participe
et accélère la régression de ces pollinisateurs88.
Le déclin s'accentue d'autant plus depuis l'arrivée du frelon asiatique en 2004 en Europe. Les abeilles
sauvages sont de plus en plus rares et les apiculteurs luttent contre les frelons asiatiques qui
déciment leurs colonies[réf. nécessaire].

Carences de l'évaluation des risques des pesticides pour les abeilles

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Dans l'Union européenne, le règlement (CE) no 1107/2009 du Parlement européen et du Conseil du


21 octobre 2009 indique qu' « une substance active, un phytoprotecteur ou un synergiste n'est
approuvé que s'il est établi, au terme d'une évaluation des risques appropriée sur la base de lignes
directrices pour les essais adoptées au niveau communautaire ou au niveau international, que
l'utilisation des produits phytopharmaceutiques contenant cette substance active, ce phytoprotecteur
ou ce synergiste, dans les conditions d'utilisation proposées n'aura pas d'effets inacceptables aigus ou
chroniques sur la survie et le développement des colonies, compte tenu des effets sur les larves
d'abeille et le comportement des abeilles »89.

Le règlement de 2009 devait conduire à la refonte des tests de toxicité à réaliser sur les abeilles, avant
la mise sur le marché d'un pesticide. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA),
l'Autorité sanitaire européenne, a constaté en 2012 que ces tests étaient très insuffisants, les produits
phytosanitaires étant mis sur le marché sans avoir été correctement évalués90. L'EFSA91 a élaboré de
nouveaux protocoles complets : Ces lignes directrices incluent l'évaluation de la toxicité chronique,
les effets sur les larves, sur les abeilles sauvages et bourdons et non pas seulement les abeilles à miel,
les différentes voies de contamination (eau, poussières…)91.

Ce document guide a été publié en 2013, mais les États membres de l'Union européenne ne l'ont
jamais adopté (entre 2013 et 2019, il a été inscrit à l'ordre du jour du Standing Committee on Plants,
Animals, Food and Feed, ou Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires
et de l’alimentation animale (CPVADAAA), une trentaine de fois). Depuis 2013, l'European Crop
Protection Association (ECPA), l'association professionnelle des fabricants de pesticides, s'oppose
fermement à la mise en application de ce document90. Les industriels de l'agrochimie ont adressé à
l'exécutif européen de nombreuses lettres contre le document guide de l'EFSA. Une étude conduite
par l'industrie montrait que 82 % des substances actives alors autorisées n'auraient pas passé les
tests réglementaires demandés par le nouveau protocole92.

Dans une tribune du 9 février 2019, l'eurodéputé Éric Andrieu, président de la commission spéciale
du Parlement européen sur la procédure d'autorisation des pesticides par l'UE, écrit: « sous la
pression incessante des lobbyistes des industriels de l'agrochimie, certains États demandent
aujourd'hui à l'EFSA de réviser son document de 2013, qui n'a jamais été mis en œuvre. Et pour
cause : selon l'industrie, 82 % des produits phytosanitaires seraient alors sur la sellette ! »93.

Les protocoles d'évaluation des pesticides sur les pollinisateurs se référent toujours à un texte de
2002, totalement obsolète selon les spécialistes. La toxicité chronique, cause importante de la
mortalité des pollinisateurs, n'est pas évaluée, ni les effets délétères sur les espèces
sauvages. « Pendant ce temps, le taux de mortalité des abeilles atteint les 80 % dans certaines
régions de l'UE. Alors que les études montrent que l'utilisation de pesticides représente un risque réel
pour les abeilles sauvages et les abeilles mellifères, les gouvernements des 28, en particulier les seize
États qui bloquent la proposition, doivent enfin prendre leurs responsabilités », estime Éric
Andrieu, « Les chefs d'État doivent en finir avec leur hypocrisie sur la question des pesticides et cesser
de dérouler le tapis rouge aux multinationales de l'agrochimie »93. Selon l'eurodéputé et Nicolas
Laarman, de l'Ong Pollinis, « l'extinction en cours des abeilles et autres insectes pollinisateurs est un
enjeu vital, et la réforme de notre système d'homologation des pesticides, une urgence absolue »94.

« En renonçant à la mise à jour des principes d'évaluation des risques des pesticides, la Commission
européenne participe à la dégradation dramatique de l'environnement », écrit l'éditorialiste du
journal Le Monde, le 27 août 201995.

Déclin des abeilles domestiques

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Les abeilles et autres insectes pollinisateurs, sont exposés aux

pesticides lorsqu'ils butinent. Une ouvrière d'abeille domestique


marquée avec une puce RFID dans le cadre d'un suivi scientifique mené par l'institut de l'abeille
(ITSAP)96

Une étude française conduite par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et
l'environnement (INRAE), avec le réseau des instituts des filières agricoles et végétales (Association
de coordination technique agricole (ACTA), s'est basée sur le radiopistage d'abeilles
par micropuces (système de radio-identification) identifiant 653 abeilles mellifères, et un comptage
électronique des entrées/sorties de ruche. Comme certains apiculteurs l'avaient pressenti ou
observé, au moins l'un des néonicotinoïdes les plus utilisés perturbe l'orientation des abeilles:
le thiaméthoxame (matière active de produits commerciaux tels que le Cruiser, Flagship, Illium,
Axoris). De 10 % à 31 % des abeilles ayant ingéré cette molécule, même à de très faibles doses, se
sont montrées incapables de rejoindre leur ruche86, mais interdite en France depuis 201897. Or, la
perte de repères est l'un des éléments du syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles. Hors de
la ruche, ces abeilles meurent trois fois plus que le taux normal86.

Le programme « EPILOBEE » est la première surveillance épidémiologique de la mortalité des


colonies d'abeilles domestiques en Europe. Au total, ce sont 176860 colonies d'abeilles qui ont été
suivies entre l'automne 2012 et l'automne 201498. Les résultats provenant des dix-sept pays
participants montrent une grande variabilité des taux de mortalité en fonction des zones
géographiques. Selon les pays, les taux de mortalité hivernale varient entre 3,2 % et 32,4 % la
première année, et entre 2,4 % et 15,4 % la deuxième. Les taux de mortalité des colonies pendant la
saison apicole sont quant à eux plus faibles, de 0,02 % à 10,2 % la première année, et de 0,04 % à
11,1 % la deuxième98.

Le nombre de ruches est un bon indicateur de la population d'abeilles domestiques. Au niveau


mondial, les chiffres sont soumis à beaucoup d'incertitudes, par contre les données de l'Union
européenne sont plus fiables[réf. souhaitée]. Le rapport du Common Market Organisation 99 d'avril
2019 montre que le nombre de ruches est passé de 11,6 millions en 2004 à 17,5 millions en 2017. En
France, d'après le Réseau national des associations de développement de l'apiculture, le nombre de
ruches en 2017 était de 1,3 million, nombre similaire à celui de 1994 après une baisse entre 2010 et
2015 avec 1 million de ruches recensées. Étonnamment, ces chiffres, au niveau européen, sont en
contradiction avec le syndrome d'effondrement des colonies. Malgré une forte mortalité, le nombre
de ruches en Europe continue de croitre, ce qui est en adéquation avec la production européenne de
miel, qui était de 209 000 tonnes en 2017100.

Toxicité des pesticides pour les abeilles

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Depuis l'introduction des néonicotinoïdes, dans les années 1990, les trois quarts des insectes volants
ont disparu d'Europe de l'Ouest101. Dans son livre Et le monde devint silencieux102, le journaliste
du Monde Stéphane Foucart raconte comment les entreprises de l'agrochimie ont tenté de faire
croire que l'effondrement des pollinisateurs était un mystère, et n'était surtout pas lié à la mise sur le
marché des insecticides néonicotinoïdes (une « stratégie du doute » calquée sur celle de l'industrie
du tabac). Le journaliste analyse leurs méthodes pour infiltrer et financer des organisations
scientifiques et des associations. Face à ces firmes, 70 scientifiques tentent de mener des recherches
totalement indépendantes101. Les néonicotinoïdes sont les pesticides les plus toxiques par contact
oral pour les abeilles : 50% meurent avec une dose de quelques nanogrammes103. Mais des effets
sublétaux peuvent se manifester à des doses des dizaines de milliers de fois inférieures103. Des effets
sublétaux se manifestent avec le fongicide chlorothalonil à des doses 200 000 fois inférieures à
la DL50, de quelques dizaines de µg par abeille103.

Dans la revue PLOS One, une étude104 montre que « le paysage agricole américain est aujourd'hui 48
fois plus toxique qu'il ne l'était il y a 25 ans pour les abeilles et probablement d'autres insectes. Cette
toxicité accrue est presque entièrement liée à l'usage des pesticides néonicotinoïdes. Une autre
étude identifie une multiplication par deux de la toxicité pour les pollinisateurs des pesticides utilisés,
en l'espace de 10 ans aux États-Unis d'Amérique105. Parallèlement à cette montée en flèche de la
toxicité, les populations d'abeilles, de papillons, d'autres pollinisateurs et même d'oiseaux ont quant
à elle enregistré un déclin »106.

En 2017, des chercheurs révèlent la disparition de 80 % des insectes volants en Allemagne en moins
de trente ans, une situation qui est extrapolée à l'échelle de l'Europe107. En février 2019, des
scientifiques publient dans Biological Conservation la synthèse de 73 études108: 40 % des populations
d'insectes sont menacées d'extinction dans le monde, avec le risque d'un « effondrement
catastrophique des écosystèmes naturels ». Les chercheurs considèrent l'agriculture conventionnelle,
et ses pesticides, comme l'une des causes principales du déclin des insectes.

Une étude américaine publiée en septembre 2018 montre les dégâts du glyphosate sur les abeilles:
cet herbicide altère leur flore intestinale, barrière contre de nombreux pathogènes109. Elles se
retrouvent ensuite plus vulnérables aux bactéries (les abeilles contaminées au glyphosate ont eu une
mortalité de 80 % après avoir été exposées à la bactérie Serratia marcescens). Le chercheur Jean-
Marc Bonmatin, du CNRS, spécialiste des abeilles, explique que « plus il y a de pesticides, plus les
abeilles sont sensibles aux pathogènes », du fait d'une « perturbation de leur biologie »110. D'autre
part, le glyphosate est toxique pour les abeilles, de manière sublétale, à des doses près de 100 000
fois inférieures aux doses létales103.

Au-delà de la toxicité individuelle de chaque pesticide, la toxicité associée de plusieurs pesticides est
plus pertinente puisque selon une étude de long terme, les abeilles peuvent être exposées à 120
pesticides ou métabolites de pesticides103. Dans la majorité des cas étudiés (72% sur 249
combinaisons testées), les pesticides entrent en synergie, ce qui signifie que leurs effets associés sont
supérieurs à la somme de leurs effets séparés103.

Néanmoins, pour la grande majorité des pesticides leur toxicité létale ou sublétale, et a fortiori leurs
interactions, sont inconnues103.

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Histoire de la classification

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Le plus vieux dessin réalisé au microscope connu décrit une abeille.

Avant Carl von Linné, on ne connaissait comme abeille que la « mouche à miel ». Le père de
la taxinomie moderne ajoute à cette abeille domestiquée d'autres espèces d'hyménoptères qui,
comme elle, vivent de nectar et de pollen. En 1758, il les classe toutes dans un genre
nommé Apis (« abeille » en latin)53.

Les connaissances sur ces insectes progressant, le seul genre Apis se révèle bientôt insuffisant pour
contenir toutes les nouvelles abeilles répertoriées. Avec les travaux de Willian Kirby et Pierre-André
Latreille, suivis par Alexandre Schenk et Carl Gustaf Thomson, les classifications gagnent en
précision: Apis ne conserve qu'un petit nombre d'espèces proches de l'abeille domestique et de
nombreux autres genres sont créés. On distingue alors deux grands groupes d'abeilles: les abeilles à
langue courte et les abeilles à langue longue. Ces dernières sont divisées à leur tour en abeilles
solitaires ou abeilles sociales (les abeilles « vraies »). Plus d'une centaine de genres se répartissent à
l'intérieur de ces grands groupes54. Les abeilles à langue longue sont considérées comme les plus
évoluées. Les guêpes apoïdes (Sphecidae sensu lato) sont reconnues comme apparentées aux abeilles
à langue courte55.
À la fin du XIXe siècle sont reconnus comme portant le nom d'abeille « tous les hyménoptères dont la
larve se nourrit de miel et de pollen, quels que soient d'ailleurs le genre de vie et les mœurs de
l'adulte »53.

Classification au XXIe siècle

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Dans la classification classique, les abeilles font toutes partie de la superfamille des Apoïdes32 créée
en 1802 par Pierre-André Latreille et qui regroupe les abeilles et les guêpes apoïdes. Toutefois, la
classification des abeilles est en constante évolution56.

La classification classique est historiquement centrée sur l'abeille mellifère. Ceci aurait amené les
entomologistes à considérer que les abeilles à langue longue formaient un groupe plus évolué que
celui des abeilles à langue courte. Les premières classifications phylogénétiques ont maintenu cette
hypothèse, en plaçant la famille des Colletidés (à langue courte) à la base de l'arbre
phylogénétique des Apoïdes. Cependant, en 2007 des travaux d'analyse moléculaire démontrent que
la langue courte des Colletidés n'est pas un caractère hérité des Sphecidés, mais découle d'une
évolution parallèle. Ces conclusions bouleversent la classification classique et désignent la famille
des melittidés comme la plus ancienne des familles d'abeilles55.

Disparition des colonies d'abeilles sauvages

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Une première évaluation (liste rouge) a été publiée en 2015113, établie par l'Union internationale pour
la conservation de la nature (UICN) pour une partie des 1 960 espèces d'abeilles sauvages recensées
en Europe: 9,2 % des espèces sauvages étudiées sont en voie d'extinction selon l'UICN et 5,2 % le
seront dans un avenir proche. Plus précisément, 7,7 % (150 espèces) sont en déclin certain, 12,6 %
(244 espèces) semblent plus ou moins stables et 0,7 % (soit 13 espèces) seraient en augmentation114.

La situation est peut-être plus grave, car, alors que des phénomènes de perte de compétence
(orientation, capacité à se nourrir) sont constatés chez certaines espèces à des échelles nationales115,
pour plus de 79 % des espèces, une tendance n'a pu être évaluée et pour 56,7 % des espèces, leur
statut de menace n'a pu être évalué faute de données scientifiques116. De plus, ce déclin est associé à
une forte chute de la diversité génétique pour les espèces en déclin, mais l'UICN signale aussi que ce
déclin contribue à la crise de la biodiversité avec en Europe près de 30 % des espèces d'abeilles
menacées (en danger critique, en danger, vulnérables) qui sont endémiques au continent européen
ou à une partie de ce continent (l'Europe abrite 10 % des espèces d'abeilles connues dans le monde,
sur 7 % des habitats terrestres mondiaux)117. Diverses plantes (sauvages ou cultivées) ne peuvent être
pollinisées que par une ou quelques espèces d'abeilles « spécialistes »118; leur régression entraine
donc aussi une perte de diversité végétale.

L'intensification de l'agriculture (avec ses effets collatéraux tels que l'augmentation de l'utilisation de
pesticides, néonicotinoïdes notamment119, le drainage, le recul des prairies permanentes et du
bocage) est pointée comme première menace via la destruction et pollution des habitats des abeilles
sauvages120 ainsi que le développement urbain, la pollution de l'air ou des sols, l'augmentation de la
fréquence des incendies dans la zone méditerranéenne, les changements climatiques et les espèces
exotiques envahissantes121. Même dans des pays à l'environnement considéré comme relativement
préservé comme la Suède, un effondrement de certaines espèces (de bourdons par exemple)122,123,
est constaté.
Bien des insectes pollinisateurs, comme des papillons et des bourdons, subissent le même déclin.

En milieu urbain, les espèces sauvages subissent aussi la concurrence des abeilles
domestiques124 car « plus les fleurs sont visitées par les abeilles domestiques moins elles le sont par
les sauvages », poussant certaines villes comme Metz et Besançon à interdire l'installation de toute
nouvelle ruche pour préserver la biodiversité notamment des butineurs sauvages125. Les études sont
cependant contradictoires et il n'existe actuellement aucun consensus scientifique à

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