Accroche : la mondialisation désigne l’accélération des mouvements et
échanges (d’êtres
humains, de biens et de services, de capitaux, de technologies ou de pratiques
culturelles)
sur toute la planète. Ce phénomène qui s’est accéléré durant la seconde moitié
du XXème
siècle a eu pour effet de fluidifier les échanges à travers le monde ce qui renforça
le rôle
majeur du commerce international.
Les Fondements du Commerce International et de l'Internationalisation
des Échanges
Partie 1 - Les pays ont intérêt à se spécialiser dans certaines
productions
Selon Adam Smith, un pays devrait exploiter son avantage absolu (capacité à
produire un bien à un coût inférieur à celui d’un autre pays) en produisant les
biens qu’il fabrique à moindre coût et en important ceux dont la production lui
est plus coûteuse. David Ricardo, quant à lui, développe la notion d’avantage
comparatif (situation dans laquelle un pays a le plus grand avantage ou le plus
petit désavantage en matière de productivité), encourageant chaque pays à se
spécialiser là où son désavantage est le moins important.
Heckscher, Ohlin et Samuelson introduisent le concept de dotation factorielle
(quantités et qualités des facteurs de production disponibles dans un pays),
affirmant que les nations se spécialisent en fonction des ressources abondantes
et importent les produits nécessitant des facteurs plus rares. De plus, la
dotation technologique (niveau de technologie de production dont dispose un
pays) joue un rôle clé, les pays technologiquement avancés exportant davantage
leurs innovations.
Grâce à la spécialisation (production d’un bien dans lequel un pays a un
avantage comparatif), le commerce international permet d’obtenir un gain à
l’échange (possibilité d’acquérir plus de biens en se spécialisant et en
commerçant plutôt qu’en produisant tout soi-même).
Partie 2 - Le commerce entre pays comparables
Le commerce entre pays de niveau similaire repose sur la différenciation des
produits (caractéristiques qui rendent un produit distinct des autres, qu'elles
soient objectives ou subjectives). Cette différenciation permet aux entreprises
d’obtenir un pouvoir de marché en proposant des produits substituables
(biens ou services remplaçables par d'autres), ce qui stimule le commerce
intrabranche (échanges de biens ou services similaires entre pays).
L’économie d’échelle (réduction du coût unitaire due à l’augmentation de la
production) joue un rôle fondamental dans cette dynamique. Par exemple, Airbus
et Boeing, bien qu’étant en concurrence, produisent des avions de qualité
comparable mais différenciés. De même, l’internationalisation de la
production (développement des relations économiques entre nations à travers
la fragmentation de la production) permet aux entreprises d'optimiser leur chaîne
de valeur.
Partie 3 - La productivité des firmes et la compétitivité d’un pays
La compétitivité (capacité à résister à la concurrence et à gagner des parts de
marché) repose sur deux aspects :
La compétitivité prix (capacité à vendre des produits à un prix inférieur
à celui des concurrents)
La compétitivité hors prix (capacité à attirer des consommateurs
indépendamment du prix, grâce à la qualité ou l’innovation).
Les entreprises les plus productives exportent davantage et renforcent la part de
marché (proportion des ventes d’un produit ou d’une entreprise sur un marché
donné). En améliorant leur productivité (efficacité des facteurs de production),
elles augmentent leurs gains de productivité (capacité à produire plus avec les
mêmes ressources), favorisant ainsi la compétitivité nationale.
Partie 4 - L’internationalisation de la chaîne de valeur
Depuis les années 1990, la production est devenue plus fragmentée grâce à
l’internalisation de la chaîne de valeur (répartition mondiale des étapes de
production en fonction des avantages comparatifs des pays). Les firmes
multinationales (FMN) (entreprises possédant au moins une unité de
production à l’étranger) localisent chaque activité là où elle est la plus rentable.
Les facteurs favorisant cette fragmentation sont :
Baisse des coûts de transport et de communication grâce aux
innovations technologiques
Accords de libre-échange, comme l’OMC et l’Union européenne,
facilitant les échanges
Main-d'œuvre bon marché, notamment en Chine, réduisant les coûts de
production
Les FMN optimisent ainsi leur chaîne de valeur (ensemble des étapes
permettant de créer un produit et d’y ajouter de la valeur), ce qui stimule les
investissements directs à l’étranger (IDE) (création ou acquisition de filiales
à l'étranger). Elles pratiquent aussi la délocalisation (transfert d’une unité de
production vers un autre pays) et l’externalisation (recours à une entreprise
extérieure pour certaines activités).
Partie 5 - Les effets du commerce international
Le libre-échange (suppression des barrières commerciales entre pays) favorise
la spécialisation et l’innovation, mais peut accentuer les inégalités de revenus
(écart entre les différentes classes sociales en termes de ressources). À l’inverse,
le protectionnisme (politique visant à protéger l’économie nationale par des
restrictions aux importations) préserve certains secteurs mais peut freiner
l’innovation et provoquer des mesures de rétorsion (réactions protectionnistes
en réponse à des restrictions commerciales).
Les termes de l’échange (rapport entre les prix des exportations et ceux des
importations) influencent également la compétitivité des nations. En définitive, le
commerce international génère des gains moyens (avantages collectifs issus
des échanges internationaux) mais soulève un débat entre ouverture et
protection des marchés.