Droit Constitutionnel Congolais 2025 Undt
Droit Constitutionnel Congolais 2025 Undt
INTRODUCTION GENERALE
Le droit constitutionnel est une science juridique, branche du droit public qui étudie les règles
juridiques relatives à l’établissement, à l’exercice, à la transmission du pouvoir politique et la
protection des droits et libertés fondamentaux. Il a donc trois objets :
Le droit constitutionnel étudie également la Constitution : c’est une norme qui encadre
juridiquement la structure de l’Etat et le pouvoir politique. Le droit constitutionnel congolais,
quant à lui, étudie l’évolution constitutionnelle de la République Démocratique du Congo
ainsi que ses institutions politiques actuelles.
1
Jean GICQUEL, Droit constitutionnel et institutions politiques, 10e Edition, Paris, Montchrestien, 1993, p.4
2
Georges VEDEL, Manuel élémentaire de droit constitutionnel, Paris, Dalloz, 2002
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de l’édifice juridique et attend d’elle qu’elle garantisse le respect des libertés individuelles par
les gouvernants.
Pour aborder le droit constitutionnel congolais, il convient de connaître les bases sur
lesquelles il repose, mais aussi ses principaux développements en République démocratique
du Congo.
À cet effet, sont traités les bases constitutionnelles de l’État de droit, les développements du
droit constitutionnel et les mutations du droit constitutionnel sous la III ème République de 2006
à 2022.
Le Droit Constitutionnel Congolais étudie la manière dont ces différentes notions sont
analysées en RDC. Cette unité d’enseignement se situe dans le prolongement du Cours de
Droit constitutionnel général étudié en première année de licence. Il en constitue une
application approfondie au cas congolais des notions apprises sur la théorie générale de l’Etat,
notamment la forme de l’Etat, la Constitution, les régimes politiques, la division et les
attributions des pouvoirs, les systèmes électoraux, les rapports entre citoyens et gouvernants,
…
Comme bien des Etats africains, la RDC est ballotée entre l’autoritarisme et l’anarchie. Elle a
du mal à atteindre un équilibre satisfaisant. Il lui faudrait des institutions solides, efficaces,
légitimes et harmonieuses capables de résister aux pressions internes et externes. Il est à
remarquer que l’histoire de la RDC offre l’exemple de toutes les formes marginales des
records négatifs : instabilités politiques, militarisation politique et économique, rébellions
récurrentes, inflation constitutionnelle et monétaire, mauvaise gouvernance, pillage des
ressources naturelles, clientélisme politique, népotisme, tribalisme, usurpation de pouvoir,
dépassement délibéré des mandats électifs…
- Une inflation constitutionnelle galopante qui est due aux interventions fréquentes du
pouvoir constituant originaire ou du pouvoir constituant dérivé. Aussi, la RDC
apparait comme un pays grand producteur des constitutions mais à consommation
médiocre parce que les citoyens ignorent ces constitutions et les gouvernants les
violent. F. DELPEREE3 remarque pour sa part que s’il est un domaine dans lequel le
3
Si en 1831, la constitution de la Belgique crée l’Etat Belge aux comportements unitaires, c’est à partir de 1970
qu’elle lui donne une organisation inspirée des principes du fédéralisme ; celle-ci prend une importance
particulière avec la constitution du 17 février 1994. Dans l’un ou l’autre cas, les réformes s’inscrivent dans la
continuité constitutionnelle de plus d’un siècle et demi. F. DELPEREE, Le droit constitutionnel de la Belgique,
Bruxelles, Bruylant 2000, et Paris, LGDJ, p. 6.
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On peut souligner ici une certaine instabilité institutionnelle chronique. Elle résulte de
changement intempestif d’acteurs politiques et de coup d’Etat.
- La militarisation de la vie politique : Les grandes étapes de la vie nationale ont été
marquées par les interventions militaires alors que l’armée est supposée être
apolitique.
3. Intérêt
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Par ailleurs, le paysage doctrinal congolais, très peu d’auteurs ont consacrés leur recherche à
l’histoire constitutionnelle de la RDC. A l’instar de ce que Georges BURDEAU 4, B.
CHANTEBOUT, P. PACTET, J. MEKHANTER, G. GICQUEL ont fait pour la France et F.
DELPERE5 a fait pour la Belgique.
Les juristes congolais6 devraient combler cette lacune, cette carence de l’histoire. La politique
constitutionnelle pourra permettre de tirer les renseignements du passé, éviter les écueils du
mimétisme qui nous entraînent souvent dans des impasses, des crises et, mieux penser
l’avenir.
4. Objectifs du cours
Objectifs spécifiques :
4
Georges BURDEAU, Droit constitutionnel et institutions politiques, Paris, LGDJ, 1974
5
F. DELPEREE, Le droit constitutionnel de la Belgique, Bruxelles, Bruylant 2000, et Paris, LGDJ, p. 6.
6
ESAMBO KANGASHE Jean-Louis, Traité de droit constitutionnel congolais, Paris, Harmattan, 2017 ; NDJOLI
ESENG’EKELI Jacques, Droit constitutionnel: L’expérience congolaise(RDC), Paris, Harmattan, 2013 ; WASSO
MISONA Joseph, Constitution de l'Etat de droit et de développement. Essai sur le fondement de la justice
constitutionnelle dans les pays en développement d’Afrique noire francophone, Presses Académiques
Francophones, 2012 ; Evariste BOSHAB, Entre la Révision de la Constitution et l'inanition de la Nation, Bruxelles,
Larcier, 2013 ;
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5. Méthodologie
Enfin, un travail régulier tout au long du semestre (relecture des notes avant ou après
chaque séance, identification et apprentissage progressif des points fondamentaux du cours)
est un gage de réussite au terme des 12 séances. La présence au cours (à l’heure et en
silence !) tout autant que les révisions tout au long du semestre sont des gages de réussite.
6. Bibliographie
- Loi n 08/012 31 juillet 2008- Loi n°08/012 portant principes fondamentaux relatifs à
la libre administration des provinces
- AVRIL Pierre et GICQUEL Jean; Lexique de droit constitutionnel, Paris, PUF, 7ème
éd., 1998
7
MUHINDO MALONGA T., Droit constitutionnel et institutions politiques, Notes de cours, G1 Droit et SSPA, UCG,
2007-2008
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7. Plan
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Ainsi, pour mieux comprendre la constitution actuelle et les institutions qu’elle a mises en
place, il nous faut regarder au préalable à l’histoire constitutionnelle de la RDC.
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L’histoire constitutionnelle congolaise est encore relativement courte mais elle a déjà de
rebondissement suite à des changements fréquents de Constitutions. Cette histoire commence
donc à s’écrire à partir de la conquête du Roi de Belges vers la fin des années 1870 et surtout
à partir de la Conférence de Berlin (1884-1885).
Pour mieux comprendre cette histoire, du point de vue constitutionnel, il y a lieu de la repartir
entre trois périodes :
- Période coloniale
- Période républicaine
- Période de transition.
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Dans l’étude de droit constitutionnel congolais, on pourrait être tenté de laisser de côté la
période coloniale. Une telle approche malheureusement priverait l’étude de certaines
lumières. En effet, tous les analystes estiment que le destin du Congo reste marqué par le
mode de gestion mis en place par les Belges. Reconnu comme Etat Indépendant du Congo
(EIC) à la Conférence de Berlin, le Congo a été considéré comme étant une propriété privée
du Roi de Belges, Léopold II. Léopold II a profité d’une situation de conflit entre puissances
européennes pour se tailler un grand territoire au centre du continent Africain. Déjà, dès sa
naissance, la RDC a été marquée par la convoitise des autres Puissances. Aujourd’hui,
malheureusement, aux prédateurs externes se sont ajoutés des faucons internes.
En droit international public, l’acquisition des territoires est régie par les principes du premier
occupant. Cette occupation doit être effective, c’est-à-dire accompagnée d’une meilleure
administration du pays. Aussi, après la reconnaissance de l’E.I.C, Léopold II a lancé
l’exploitation de sa propriété en mettant en place une administration coloniale.
L’origine de la République Démocratique du Congo donne les clés pour comprendre les
difficultés d’ancrage du constitutionnalisme sur fond de la greffe de l’Etat Mbula-matari
(Casseur des pierres). En effet, la création de l’Etat Indépendant du Congo (E.I.C), actuelle
République Démocratique du Congo(RDC), est le fruit d’un traité international, l’Acte de la
Conférence de Berlin, conclu entre les Etats participants à cette conférence. Ainsi, l’E.I.C
« n’avait pas de Constitution saisie comme un acte de limitation du pouvoir et de protection
des citoyens : le Roi souverain avait installé l’absolutisme et certains commandants, et même
des responsables des sociétés privées, recevaient des pouvoirs exorbitants, sans avoir des
comptes à rendre à aucune autre autorité que le Roi. »8
Toutefois, l’absence d’une Constitution formelle n’a pas empêché les Puissances occidentales
de reconnaitre l’EIC.
8
CATTIER F. Cité par J. DJOLI ESENG’EKELI, Droit constitutionnel. L’expérience congolaise(RDC), Paris,
L’Harmattan, 2013, p.14
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Au XIXème siècle, les puissances européennes sont à la recherche de nouvelles terres. Léopold
II voudrait également trouver une colonie pour la Belgique. Malheureusement, l’opinion
publique belge est hostile à cette idée de colonisation. Parce que les Belges gardaient encore
un mauvais souvenir de leur propre colonisation par les Pays-Bas de laquelle ils étaient sortis
en 1830. Aussi, Léopold II décida de faire de la recherche de la colonie une affaire tout à fait
personnelle. Il a fait de voyage en Chine, Malaisie, Nouvelle Zélande, Mozambique avant de
se retourner sur l’Afrique centrale.
Compte tenu de la concurrence des autres puissances, Léopold II va dissimuler ses visées par
de projets scientifiques. En septembre 1879, une conférence géographique fut organisée à
laquelle il invite les savants, les géographes, les explorateurs des différents pays d’Europe. A
la fin de cette conférence fut créée l’Association Internationale Africaine(AIA). Au nom de
l’AIA, Léopold II envoya en Afrique l’explorateur Henry Morton Stanley. Et après la
traversée de Stanley fut créé le Comité d’études de Haut Congo en 1879. Ce comité d’étude
sera remplacé par l’Association Internationale pour le Congo qui avait pour mission de
résoudre les problèmes de la souveraineté de Léopold II sur les territoires traversés par
Stanley sur le continent africain.
En 1884, l’Angleterre reconnait les prétentions du Portugal sur les 2 rives du fleuve Congo.
Cette nouvelle reconnaissance va provoquer l’indignation de la France et de l’Allemagne.
Pour éviter un conflit pour cette question, le Portugal propose de soumettre cette question à
conférences des puissances européennes.
Le chancelier Allemand Bismarck convoqua alors cette conférence à Berlin et fut tenue du 15
novembre 1884 au 26 février 1885. Avant la tenue de la conférence, Léopold II déploie une
dense activité diplomatique. En avril 1884, il fit admettre l’AIC aux Etats-Unis sous prétexte
d’implanter au centre d’Afrique la civilisation occidentale. Pendant le même mois, il accorde
à la France un point de préférence en vertu duquel il lui cédera la colonie s’il n’arrivait pas à
en financer son exploitation.
Par contre, pour que le Congo ne fut cédé à la France, les Anglais et les Allemands ont
apporté un soutien au Roi de Belges. Ainsi, à la Conférence de Berlin, la souveraineté de
l’Association Internationale pour le Congo (AIC) fut reconnue par tous les Etats signataires de
l’Acte général de Berlin. En contrepartie, Léopold II promet la neutralité politique, la liberté
du commerce et de navigation sur le fleuve Congo. Après la Conférence de Berlin, l’AIC fut
transformée en Etat Indépendant du Congo reconnu comme propriété personnelle de Léopold
II. Par conséquent, aucune puissance coloniale n’avait le droit de s’immiscer dans la gestion
ou dans les affaires intérieures de ce nouvel Etat.
Pour matérialiser l’administration de l’EIC, Léopold II nomme son gouverneur par le Décret
du 5 août 1885. Le 30 octobre de la même année, un deuxième décret organise le
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- L’Administration ;
- L’Eglise catholique.
S’agissant de l’armée, au départ elle est constituée par des étrangers, notamment : les
Zanzibarites, les Haoussa, les Sierra Léonais. Ce n’est qu’à partir de 30 juillet 1891 que les
indigènes de l’EIC ont commencé à intégrer l’armée sur recrutement obligatoire. A premier
vu, le rôle de l’armée est d’assurer la sécurité extérieure du pays mais la force publique de
l’EIC a travaillé comme une armée d’occupation dont la mission essentielle était de briser
toute contestation intérieure, de mater la résistance des congolais à l’occupation du territoire.
Pour créer les emplois et exploiter le pays, Léopold II a mis en place les entreprises
commerciales souvent dotées des monopoles, appelées des « Sociétés à charte » pour faire
face aux ambitions des Anglais et des Allemands sur le Katanga. Il a créé en 1889 la Comité
spécial du Katanga et le Comité spécial pour le Kivu. En 1892, il a créé la Société Anversoise
du Commerce et Anglo-Belgian India Ruber Compagning. En 1902, la Compagnie de chemin
de fer du Congo et la Compagnie du Kasaï sont créées. En 1906, l’Union minière du Haut
Katanga et la Société forestière et minière du Congo sont créées. Ces créations bouleverseront
la configuration sociopolitique entre les colons et les indigènes.
L’Eglise, quant à elle, avait pour tâche la mission civilisatrice. La politique coloniale de
Léopold II consista à la signature des contrats avec le Saint-Siège. En vertu de ces contrats,
les missionnaires vont surveiller l’administration coloniale. En contrepartie, l’Eglise bénéficie
de la liberté dans l’annonce de la foi, de l’évangélisation et de terres d’implantation de
paroisses.
Au fur des années, Léopold II s’inquiétait pour l’avenir de sa propriété et en même temps,
l’opinion publique est plus perceptible (réceptible) à l’idée d’une colonie. Aussi, Léopold II
signa avec la Belgique un contrat de cession. Ainsi, l’EIC céda la place au Congo belge régi
par la Charte coloniale du 18 octobre 1908.
Publiée au Bulletin Officiel du Congo Belge, la loi sur le Gouvernement du Congo belge,
appelée la Charte coloniale a régi, en tant que texte constitutionnel, la RDC, alors colonie du
Royaume de la Belgique, du 18 octobre 1908 au 30 juin 1960.
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Sous la Charte coloniale, le Congo belge avait une personnalité distincte de celle de la
métropole (la Belgique) et était régi par des lois particulières. Elle organisait distinctement les
droits des belges, des étrangers et des indigènes dans le territoire de la RDC.
L’exercice du pouvoir législatif était de la compétence du Roi des Belges qui agissait par voie
des décrets. Ces décrets étaient pris par le Roi sur proposition du Ministre des colonies. La
délégation du pouvoir législatif était interdite. Le même Roi exerçait le pouvoir exécutif par
voie des règlements et d’arrêtés. Il était représenté dans la colonie par un Gouverneur général,
assisté d’un ou de plusieurs Vice-gouverneurs généraux. Le Gouverneur général et, dans les
territoires constitués par le Roi en Vice-gouverneurs général, les Vice-gouverneurs généraux,
exerçaient, par voie d’ordonnances, le pouvoir exécutif que le Roi leur déléguait.
La justice civile et la justice militaire étaient organisées dans la colonie du Congo Belge par
décret du Roi. Elle était rendue et les décisions judiciaires étaient exécutées au nom du Roi.
La Charte coloniale organisait le rôle du Ministre des colonies, qui était nommé et révoqué
par le Roi. Elle organisait, par ailleurs, le Conseil colonial lequel était présidé par le Ministre
de Colonie. Composé d’un président et de 14 conseillers, le Conseil colonial délibérait sur
toutes les questions que lui soumettait le Roi et était consulté par ce dernier sur tous les
projets de décrets.
Enfin, le traité concernant la Colonie était fait par le Roi en se référant à l’article 68 de la
Constitution belge du 7 février 1831 tandis que le Ministre des affaires étrangères du
Royaume de Belgique avait dans ses attributions des relations de la Belgique avec les
puissances étrangères au sujet de la Colonie.
Théoriquement, le pouvoir législatif était attribué au Parlement belge mais dans la pratique, le
pouvoir est exercé par la voie de décret pris sur proposition du ministre de colonie. Les
décrets du Roi sont exécutés par le Gouverneur général par voie d’ordonnance. Même le
pouvoir exécutif était attribué au roi qui l’exerçait par les règlements ou arrêtés.
Le pouvoir judiciaire était exercé par le tribunal coutumier pour les indigènes et les tribunaux
étatiques pour les belges. Le droit applicable pour les européens était lui-même écrit. Les
coutumes s’appliquaient aux indigènes non immatriculés avec compétence des tribunaux
coutumiers. Par contre, le droit écrit s’appliquait aux Belges et aux indigènes matriculés.
C’est sous ce régime que la Force publique congolaise a participé aux 2 guerres mondiales
aux côtés des troupes belges.
Les années qui ont suivi la 2ème Guerre mondiale ont vu se manifester des revendications
indépendantistes. Déjà le 10 décembre 1948, on a la Déclaration Universelle de Droit de
l’Homme ; en 1950, intervient la déclaration de l’Assemblée générale de l’ONU sur les droits
des peuples coloniaux. En 1955, c’est la Conférence de Bandoeng qui consacrait le non-
alignement. En 1956, apparait le plan BILSEN qui projette l’indépendance du Congo à 30 ans
plus tard. En 1957, sont organisées les premières élections municipales. En 1958, intervient la
Conférence d’Accra qui donne l’occasion à l’élite africaine de se rencontrer et d’échanger de
vues sur leur combat politique. Le 04 janvier 1959, les émeutes éclatent à Léopoldville et dont
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la répression a non seulement donné lieu à la fête de martyrs de l’indépendance mais aussi
accentuer la revendication indépendantiste.
Finalement, au début de l’année 1960, soit du 20 janvier au 20 février 1960, fut organisée à
Bruxelles, une Table ronde politique réunissant les membres du Parlement belge, les membres
du Gouvernement belge et les représentants de diverses tendances politiques du Congo belge.
Cette conférence du Congo-Belge devait résoudre un certain nombre de questions,
notamment :
- La date de l’indépendance ;
- Les modalités du partage de pouvoir entre les institutions centrales et les institutions
provinciales ;
- La question de l’éligibilité ;
Assez rapidement, la date de l’indépendance est fixée au 30 juin 1960. A l’issue de la Table
ronde politique, certains furent associés à l’exercice du pouvoir au niveau du Collège exécutif
général et provincial.
Au niveau central, on a trouvé : Paul Bolya, Joseph Kasa-vubu, Anicet Kashamura, Patrice
Emery Lumumba, Rémy Mwamba et Pierre Nyangwile.
Publiée au Moniteur Congolais n°21 bis du 27 mai 1960, la Loi fondamentale du 19 mai 1960
est la première Constitution qui a régi la RDC en tant qu’Etat indépendant et souverain. Elle a
abrogé et remplacé la Charte coloniale du 18 octobre 1908.
Le pouvoir judiciaire était exercé par les tribunaux dont les Tribunaux de première instance,
les Cours d’appel et la Cour de cassation de Belgique qui faisait fonction de la Cour de
cassation du Congo jusqu’à ce qu’une Cour de cassation soit légalement instituée.
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A côté de ces instances, la Loi fondamentale organisait une Cour constitutionnelle composée
d’une chambre de constitutionnalité, d’une chambre de conflit ou d’une chambre
d’administration. Les magistrats étaient régis par un statut pris par la loi. Le principe
d’inamovibilité des magistrats du siège était consacré par la Constitution.
Cependant, la Loi fondamentale du 19 mai 1960 a été marquée par une absence de clarté sur
certaines notions fondamentales. A travers ce texte, on a l’impression que la Belgique a voulu
continuer avec une ingérence dans l’affaire du Congo souverain.
La loi fondamentale n’est pas précise sur la forme de l’Etat et sur le régime politique.
A. La forme de l’Etat
Dans les années 1960, la RDC est traversée par 2 courants quant à la forme de l’Etat. Les
unitaristes conduits par P.E. Lumumba et les fédéralistes conduits par Moïse Tshombe.
Par contre, l’article 148 évoque le pouvoir législatif des Assemblées provinciales et les
articles 149 et 160 parlent de Constitution provinciale. L’article 149 traite du Gouvernement
provincial. Ces différentes dispositions font penser à un Etat fédéral parce qu’elles rappellent
les principes de superposition étatique. Pourtant, les articles 180 à 184 indiquent que dans
chaque province il y a un représentant du pouvoir central. Ce qui évoque l’idée d’un pouvoir
de tutelle incompatible avec le fédéralisme.
En conséquence, la Loi fondamentale est restée ambigüe sur la forme de l’Etat car elle fait
penser tantôt à un Etat unitaire régionalisé tantôt à un Etat fédéral.
Dans la loi fondamentale, on ne sait pas non plus clairement les régimes politiques en place
mais la lecture combinée des articles 12, 20, 35 à 42 ainsi que le contexte historique de son
élaboration mettent en exergue un penchant au parlementarisme. La Loi fondamentale
comprend à la fois le germe présidentiel et les indices du parlementarisme.
1. Le germe présidentiel
Le présidentialisme est un régime dans lequel le chef de l’Etat a d’important pouvoir qui lui
permet d’avoir une hégémonie sur les autres organes de l’Etat. Ce chef de l’Etat est souvent
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Une formulation aussi lapidaire donne l’impression qu’il s’agissait d’un pouvoir
discrétionnaire, c’est-à-dire un pouvoir que le Chef de l’Etat peut le faire sans condition ; il le
fait quand il veut.
En définitive, la Loi fondamentale n’a pas opéré des choix clairs de régime politique.
La constitution provisoire du 19 mai 1960 hésitante sur les points essentiels dénote
d’embarras de concilier les points de vue diamétralement opposés et joue aux équilibres : en
même temps qu’elle instaure la forme fédérale de l’Etat elle instaure certains mécanismes qui
sont observables que dans un Etat unitaire ; le régime parlementaire consigné dans la
Constitution confie cependant au chef de l’Etat le pouvoir incompatible avec ces types de
régimes.
A. La prolongation de la colonisation
La Loi fondamentale a été élaborée par les Belges et elle n’a pas été approuvée par les
congolais. L’article 2 de cette loi a reconduit toute la législation coloniale jusqu’à ce qu’elle
soit expressément abrogée. Quant à l’article 250, il a mis à la disposition du nouvel Etat les
fonctionnaires et agents, les magistrats qui devraient rester au Congo avec un traitement
privilégié.
B. La poursuite de l’ingérence
Concernant l’armée, le général Janssens avait affirmé que « Après l’indépendance égale avant
indépendance ».
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Sur le plan juridique, l’article 189 de la Loi fondamentale dispose que la cour de cassation
belge était compétente pour le Congo. Quant à l’article 40, il est affirmé que les ministres
congolais étaient jugés par les Belges. Or la justice est une mission de souveraineté. Ces
dispositions aliénaient donc une partie de la souveraineté du Congo naissant.
Sur le plan politique, l’ingérence de la Belgique s’est manifestée dans la sécession de Katanga
et dans l’élimination de Lumumba.
Avec toutes ces incohérences, il n’est pas étonnant que la loi fondamentale n’ait pas bien fait
fonctionner des institutions. Déjà le 05 septembre 1960, le Président Kasavubu a révoqué le
premier ministre. Face à la contestation du Parlement, le Président a ajourné les chambres
parlementaires. Il a ainsi transféré les compétences du Parlement à un collège des
commissaires généraux.
Pendant cette période, le pays est au bord de l’éclatement avec sécession katangaise du 11
juillet 1960 dirigé par Moïse Tshombe et la sécession du Kasaï du 08 août 1960 dirigée par
Albert Kalondji.
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Eclate alors dans le Kwilu une rébellion dirigée par Pierre Mulele. Face à la victoire de ce
combat rebelle, Christophe Gbenye, Laurent-Désiré Kabila ouvrirent un autre front à Uvira. A
cause de ces désordres, l’Onu décide de retirer ses troupes. En attendant cette annonce Adoula
démissionne. Mais grâce à l’appui des Américains, le général Mobutu, le colonel Mulamba
parviennent à stopper la progression du front Est dans la plaine de la Ruzizi notamment à
Kamanyola, le 5 septembre 1964. A la même époque, Christophe Gbenye proclama la
République populaire du Congo à Kisangani.
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Celle-ci sanctionne l’expression d’une double volonté : d’une part, la volonté de trouver sa
souveraineté et d’autre part, la volonté de reconstituer l’unité du pays. La commission
constitutionnelle qui a rédigé cette Constitution a siégé à Luluabourg du 10 au 11 avril 1964.
Les textes de la Commission furent soumis au référendum organisé du 25 juin au 10 juillet
1964 et la Constitution fut promulguée à Léopoldville le 1er aout 1964.
Cette Constitution a organisé l’Etat sur base d’une souveraineté retrouvée. Désormais, le
pouvoir émane du peuple qui l’exerce par ses représentants ou par voie du referendum. De
même, dans cette constitution, on n’évoque pas l’idée de nationalité congolaise reconnu aux
descendants des autochtones établis au Congo avant 1908. Comme la Loi fondamentale, la
Constitution de Luluabourg n’a pas été claire sur le régime politique et sur la forme de l’Etat.
Ce sont souvent les rapports entre l’exécutif et le législatif qui déterminent le régime
politique.
A. Le pouvoir exécutif
D’après l’article 55 de cette constitution, le président de la république est élu pour 5 ans par
un corps électoral composé des membres du Parlement, les délégués de la ville de
Léopoldville qui votent dans la capitale et les membres des assemblées provinciales qui votent
chacun au chef-lieu de sa province. Cet élargissement du corps électoral a pour conséquence
de donner plus d’autonomie au chef de l’Etat par rapport au Parlement. Il s’agit donc d’un
début de présidentialisation du régime.
D’ailleurs, cette tendance présidentialiste est renforcée par l’article 62 selon lequel le Chef
de l’Etat nomme et met fin de sa propre initiative aux fonctions du 1 er ministre, d’un ou
plusieurs membres du Gouvernement central notamment lorsqu’un conflit grave s’oppose à
eux.
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Les membres du Gouvernement deviennent ainsi responsables devant le chef de l’Etat. Ce que
confirme l’article 69 ainsi libellé « sous réserve des autres dispositions de la présente
constitution, les membres du Gouvernement central ne sont responsable que devant le
Président de la république. Ils s’engagent par le contreseing qu’ils apposent aux actes du
Président de la république à exécuter… Après leur nomination, les membres du
Gouvernement prêtent serment devant le Président de la république ».
En outre, le Parlement peut contrôler le gouvernement par la question orale ou écrite, par
l’interpellation, par les auditions, par la commission d’enquête, l’avertissement ou la
remontrance. Ce contrôle est limité parce qu’il ne pouvait pas déboucher sur le renversement
des membres du Gouvernement par le vote de motion. Autrement dit, le Parlement ne pouvait
pas engager la responsabilité politique des membres du Gouvernement.
La Constitution de Luluabourg était complétée par une annexe de la même date (1 août 1964).
Cette annexe devait préciser la terminologie applicable aux structures de l’Etat. C’est
l’harmonisation entre ces deux textes qui pose la question de la forme de l’Etat.
Par contre, l’article 101 évoque le pouvoir législatif provincial et l’article 117 parle de
constitution provinciale. Des telles dispositions rappellent les principes de superposition
étatique qui régit l’Etat fédéral.
L’annexe, quant à elle, n’a pas hésité à parler clairement de fédéralisme. Son article 1 er est
même redondant « la République fédérale du Congo est un Etat fédéral… ». Par la suite
l’annexe parle toujours d’institution fédérale et d’institutions provinciales.
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Avec ce coup d’Etat, la Constitution de Luluabourg fut suspendue de fait. Mobutu exerce le
pouvoir sur base des textes spéciaux, notamment :
- L’ordonnance-loi No 66/92 bis du 07 mars 1966 qui lui accorde le pouvoir de légiférer.
Ceci ne sera restitué au Parlement que par l’ordonnance-loi N o 66/62 du 21 octobre
1966.
Pour légitimer son pouvoir par un texte constitutionnel, Joseph-Désiré Mobutu fera élaborer la
Constitution du 24 juin 1967.
Dans ses textes initiaux, la Constitution du 24 juin 1967 préserve l’équilibre démocratique
mais au fur de révisions, celles-ci vont transformer la République en dictature.
Paragraphe 1. Contexte
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L’élaboration de ces textes a été marquée par la hantise du mouvement sécessionniste et des
rébellions qui ont marqué le début des années 1960. Aussi, cette constitution éclaire sur la
forme de l’Etat. Parce que d’entrée de jeu, son article 1 er affirme que « la République
Démocratique du Congo est un Etat unitaire ». D’après cet article, le pays est divisé en 8
provinces auxquelles s’ajoute la ville de Kinshasa. Ces textes ne disent pas si ces provinces
sont dotées de la personnalité juridique. Ce qui permet de dire qu’il s’agit d’un Etat unitaire
déconcentré. En fait, c’est en 1982 qu’est intervenue la loi sur la décentralisation alors que le
pays était sous le joug du monopartisme.
Le texte de 1967 a été adopté au terme d’un référendum organisé du 04 au 24 juin 1967.
L’article 2 indique également que le pouvoir émane du peuple. L’article 4 mentionne les
partis politiques mais il les limite à deux : celui de la majorité et celui de l’opposition. En
revanche, la Constitution n’a pas été claire sur le régime politique.
A. La prépondérance de l’exécutif
Dans cette Constitution, le Président de la République est élu pour un mandat de 7 ans au
suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à 2 tours. Le chef de l’Etat était investi
d’importantes prérogatives, notamment : fixer et conduire la politique nationale, le pouvoir
réglementaire, le pouvoir de prendre les ordonnances-lois, le monopole de référendum, la
nomination et la révocation des membres du Gouvernement. Ceux-ci sont responsables devant
lui qui peut les accuser pénalement devant la Cour suprême de justice. Les actes du chef de
l’Etat ne sont pas soumis au contreseing.
B. Le pouvoir législatif
Le parlement ne pouvait pas faire l’objet de dissolution. Toutefois, sur le plan fonctionnel, le
Gouvernement était contrôlé par le Parlement par des questions orales ou écrites, des
interpellations, les auditions, par de commission d’enquête. Ces contrôles ne pouvaient pas
donner lieu à l’adoption d’une motion.
Au lendemain du coup d’Etat, Mobutu exerce le pouvoir sur base des textes mais surtout,
c’est en 1970 qu’il va constitutionnaliser la concentration du pouvoir à son profit à travers des
révisions constitutionnelles.
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- La loi No 73-014 du 05 janvier 1973 transforme tous les pouvoirs en simple conseil
présidé par Mobutu lui-même ;
- En 1974, sont créés le Congrès et les Bureaux politiques du MPR qui sont venus
rejoindre le Comité central.
C’est dans ce contexte de crise qu’est intervenue la chute du Mur de Berlin, symbole de la
faillite du communisme, la mort du président Nicolae Ceaușescu, la Perestroïka et le discours
de la Baule par lequel le Président Français François Mitterrand, à l’occasion du sommet de la
Francophonie, avait invité les présidents africains à démocratiser leur pays.
Finalement, à la suite des pressions internes et externes, Mobutu décida de procéder entre
février et avril 1990 à des larges consultations populaires suivies de mode d’organisation de
pouvoir.
- La suspension de la Constitution ;
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A l’issue de ces consultations, Mobutu, dans un discours prononcé le 24 avril 1990, accepta
d’ouvrir le pays au pluralisme politique. On assista ainsi à la venue des nouveaux partis
politiques, des nouveaux médias, des nouveaux syndicats et une forte émergence de la société
civile. C’est fut le début de la transition.
La conduite de la transition9 reposait sur deux piliers. Il s’agit à la fois de mettre en place de
nouvelles institutions tout en reformant radicalement les principes fondateurs du régime
politique.
En effet, depuis 1989, l’ensemble des Etats africains ont connu de très profondes mutations
politiques10 qui ont conduit à la disparition des anciennes structures étatiques et à la mise en
place des nouveaux régimes se définissant comme des démocraties et des états de droits 11. Il
apparaît toutefois difficile de porter une appréciation globale sur l’évolution en Afrique tant
les situations sont différentes. D’où, notre cours ne se focalisera que sur la transition en RDC.
La transition démocratique en RDC a été la plus longue et a été marquée par des négociations
et d’une succession des conflits armés.
Après les consultations populaires et le discours du 24 avril 1990, Mobutu Sese Seko a
accepté l’idée d’une conférence nationale pour instaurer le nouvel ordre politique. Il a
convoqué cette conférence le 07 août 1991 par l’ordonnance-loi N o 91-25 du 15 juillet 1991.
Par la suite, la conférence s’est déclarée souveraine contre l’avis du maréchal Mobutu qui
voulait la subordonner à ses propres ambitions.
Cette souveraineté de la conférence poursuivait deux objectifs, d’une part le pouvoir de parler
librement de tout et d’autre part, le pouvoir de décision.
9
J.-P. DALOZ et P. QUANTIN (études réunies et présentées par), Les transitions démocratiques africaines :
dynamiques et contraintes, Paris, Karthala, 1997 ; G. CONAC, «Quelques réflexions sur les transitions
démocratiques en Afrique ». Communication présentée au colloque organisé par l’Organisation internationale
de la francophonie sur « Les transitions démocratiques en Afrique » (Cotonou, 19-23 février 2000).
10
Jean-François BAYART, La problématique de la démocratie en Afrique noire « La Baule, et puis après ? », No
43, 1992, pp.5-20
11
Grégoire BAKANDEJA WA MPUNGU, La nouvelle constitution de la République démocratique du Congo :
sources et innovations, Communication présenté à la conférence Favoriser le constitutionnalisme en Afrique de
Réseau africain de droit constitutionnel, Nairobi, avril 2007
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- Quel rôle préservé à Mobutu ? Pour les uns, il fallait l’écarter et pour les autres, on
pouvait le laisser gouverner ;
Au bout de compte, il fut décidé que Mobutu restera au pouvoir pendant une période de
transition de 2 ans et le 1er Ministre sortirait du rang de l’opposition. C’est ainsi que le 15 août
1992, la Conférence nationale souveraine a élu Etienne Tshisekedi Wa Mulumba comme 1 er
Ministre.
- Gouvernement Lunda Bululu Vincent de Paul Lunda Bululu, MPR, 4 mai 1990 au 1 er
avril 1991
- Gouvernement Tshisekedi III Étienne Tshisekedi UDPS 2 avril 1997 9 avril 1997
- Gouvernement de Salut National Norbert Likulia Bolongo - 9 avril 1997 19 mai 1997
Le général Likulia Bolongo a été nommé 1 er Ministre au moment où l’AFDL était au front et
son entrée à Kinshasa semblait désormais être inévitable.
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Etat fédéral. Ce projet accordait également plus de pouvoirs au 1 er Ministre. Mobutu refusa de
le promulguer.
Par contre, après avoir limogé Tshisekedi, il réunit en conclave ses partisans. Ce conclave
élabora une nouvelle constitution qu’on a appelé « Acte constitutionnel harmonisé »
promulgué le 2 avril 1993. Après ce conclave, Faustin Birindwa est nommé 1 er Ministre.
Pendant ce temps, Etienne Tshisekedi persistait à se considérer comme 1 er ministre légitime
issu de la CNS.
Dans cette nouvelle crise, l’Organisation de Nations Unies proposa sa médiation sous la
conduite de Lakdhar Brahimi. Les négociations sont organisées au Palais du peuple. A l’issu
de ces négociations, un accord est trouvé le 11 janvier 1994 en vue d’un partage équitable de
pouvoir et une nouvelle constitution est rédigée. Ce fut l’Acte constitutionnel de transition qui
a été promulgué le 9 avril 1994. Pour ce partage de pouvoir, l’opposition propose Tshisekedi
comme 1er Ministre mais Mobutu refuse. C’est ainsi qu’il préfère nommer Kengo Wa Dondo
présenté comme une solution intermédiaire.
C’est encore une fois dans le contexte de l’instabilité politique que surgit la guerre de
l’AFDL. En un temps record, soit 7 mois, les troupes de l’AFDL parcourent la RDC de l’est à
l’ouest et s’emparent de Kinshasa le 17 mai 1997.
Après l’entrée de l’AFDL dans la capitale le 17 mai 1997, Laurent-Désiré Kabila promulgue
une autre Constitution le 27 mai 1997 sous le nom de Décret-loi constitutionnel comprenant
ainsi 15 articles. Ce texte organisait également une concentration des pouvoirs à son propre
profit.
Ledit décret a été modifié le 25 mai 1998 (Décret-loi No 074 portant révision du décret-loi
constitutionnel No 003'). Il permet la création d'une Assemblée constituante chargée d'évaluer
le projet de Constitution remis le 30 mars 1998 au chef d'Etat par une Commission
constitutionnelle créée le 5 novembre 1997. Le décret, destiné à rester en vigueur jusqu'à
l’adoption de la « Constitution de transition », octroie l’essentiel du pouvoir au Président de
la République. Ce dernier est ainsi chef de l’exécutif, des forces armées et exerce « le pouvoir
législatif par décret-loi ». De ce fait, il « nomme, relève de leurs fonctions », les membres du
gouvernement, les ambassadeurs et envoyés extraordinaires, les gouverneurs et vice-
gouverneurs des provinces, les officiers supérieurs de l’armée, ainsi que les cadres dirigeants
de l’administration publique, voire des entreprises et organismes publics. Le Président garde
également la mainmise sur la justice en nommant ou en destituant les magistrats du siège et
du parquet.
Enfin, le chef d’Etat « assure la promulgation des lois votées par l'Assemblée constituante et
législative » et peut dissoudre à tout moment ladite assemblée. D’ailleurs, c’est lui-même qui
nomme les parlementaires. C’est le début d’une nouvelle dictature et des mécontentements de
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la population. Ses anciens alliés ont entraîné le déclenchement d’une nouvelle guerre dite de
rectification, le 02 août 1998 sous couvert du Rassemblement congolais pour la
démocratie(RCD). Cependant, cette nouvelle guerre fut moins populaire et le RCD alla de
scission en scission. D’où donc son échec.
Finalement, Laurent-Désiré Kabila est assassiné le 16 janvier 2001 et succédé par son fils
Joseph Kabila qui, lui, s’inscrivit dans la politique des dialogues.
Joseph Kabila a prêté serment le 26 janvier 2001 en remplacement de son père, Laurent-
Désiré Kabila. Il opte alors pour une politique d’ouverture et de dialogue. Il libéralise les
activités des partis politiques. Il entreprend des pourparlers avec les factions rebelles. Alors
que LDK avait dénoncé l’accord de Lusaka, Joseph Kabila s’inscrit dans les négociations
d’Addis-Abeba, de Gaborone, de Victoria Falls et dans le dialogue de Sun City qui a donné
lieu à l’Accord global et inclusif signé à Pretoria en Afrique du Sud le 17 décembre 2002.
C’est sur base de cet accord que fut rédigée la Constitution de la Transition du 04 avril 2003
qui est en train de mettre fin au morcellement du pays entre le Gouvernement, le Mouvement
de libération du Congo(MLC) et le Rassemblement congolais pour la démocratie
(RCD/Goma, RCD/KML …)
- Le principe d’inclusivité ;
- Le principe de consensualité.
La mise en œuvre de ces principes a donné lieu à des instituions dont les blocages étaient
sensibles à tout moment. Parce que les acteurs étaient plus occupés à plier aux exigences des
composantes et entités qu’à travailler pour la nation.
Le Gouvernement était composé des ministres désignés par leurs composantes et seule la
composante pouvait le faire démissionner même si le Gouvernement était contrôlé par le
Parlement.
Quant au Parlement, il était bicaméral, composé de la chambre des députés et du Sénat ; dont
les membres provenaient également des composantes et entités.
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A côté des institutions politiques, il y avait également des institutions d’appui à la démocratie,
notamment : la Commission vérité et réconciliation, la Haute autorité de média et la
Commission électorale indépendante.
Les objectifs de cette transition, initialement prévue pour 2 ans mais, qui a duré 3 ans et 6
mois, étaient :
- La réunification du pays ;
La nouvelle Constitution a ainsi été promulguée le 18 février 2006 en ouvrant la porte à la 3 ème
République.
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Ce texte adopté par le Sénat fut ensuite transmis à l’Assemblée nationale et ici les débats ont
étaient rides.
Cette constitution devrait répondre à plusieurs attentes des congolais lassés ou fatigués par des
guerres à répétition.
- Mettre fin aux crises politiques récurrentes en donnant aux institutions une nouvelle
légitimité
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Pour atteindre ces objectifs, la Constitution comporte 229 articles repartis en 8 titres :
I. Dispositions générales
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Le système politique est donc vaste que le régime politique qui, lui, s’analyse à partir du
mode d’organisation du pouvoir et le rapport entre les différents organes du pouvoir. Un
régime politique est le mode de gouvernement d’un Etat donne.
Les Etats modernes sont polyarchiques. Ils ne sont plus régis par les seuls pouvoirs
traditionnels identifiés par Montesquieu. Les nouveaux pouvoirs ont fait irruption : le pouvoir
financier, le pouvoir associatif, le pouvoir médiatique, sans oublier la société civile comme
véhicule d’opinion.
Ces nouveaux pouvoirs sont venus concurrencer les anciens, de sorte que, à côté de pouvoir
politique existe les contre-pouvoirs constitutionnels.
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Avec l’Etat de droit, les cours et tribunaux contrôlent même le Gouvernants. Ils peuvent donc
être analysés comme de contre-pouvoir.
Il y a trois fonctions et trois organes fonction de faire la loi (organe législatif), pouvoir de
l’appliquer (organe gouvernemental) et pouvoir de juger (organe juridictionnel). Il y a deux
remarques à faire:
Montesquieu ne met pas les trois fonctions sur un pied d’égalité, estimant que le
pouvoir juridictionnel est une « puissance nulle », ne créant rien: « le juge est la
bouche de la loi » ;
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- Montesquieu n’a jamais voulu une séparation stricte des pouvoirs. La vraie
interprétation est un principe négatif selon lequel un organe ne peut pas cumuler les
trois fonctions mais deux organes peuvent participer a une même fonction.
- Les pouvoirs n’étant pas égaux, la séparation des pouvoirs n’est qu’un mythe. Le
pouvoir législatif dominant la création du Droit, il supplante petit a petit les autres
pouvoirs (voir la IIIème république) ;
- La théorie de la séparation des pouvoirs ayant pour objet de limiter les pouvoirs entre
eux, il limite la volonté populaire en son organe représentatif, le Parlement, et par
conséquent limite la démocratie.
Selon l’article 69, Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il représente la nation et
il est le symbole de l’unité nationale. Il veille au respect de la Constitution. Il assure, par son
arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des Institutions ainsi que la
continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du
territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux.
Le président de la République est élu au suffrage universel direct, c’est-à-dire par tous les
électeurs congolais majeurs, et au scrutin majoritaire uninominal à un seul tour.
Pour être élu, la majorité relative ou simple des suffrages exprimés est nécessaire12. Dans le
texte initial de la Constitution du 18 février 2006, le président de la République n’était pas élu
au suffrage universel direct à un tour mais à deux tours. C’est la révision de 2011 qui a
introduit cette modification. Et ceci pour de raison purement politique. Une révision qui, non
seulement a diminué la légitimité du Président mais, a aussi opéré une déconsolidation de la
démocratie en RDC au profit de la majorité au pouvoir.
12
Modifié par l’article 1er de la Loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la
Constitution de la République Démocratique du Congo
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Le mandat de 7 ans (pratiqué en France jusqu’en 2000 mais en vigueur au Rwanda) étant trop
long et celui de 4 ans trop cours, le constituant congolais a opté pour un mandat 5 ans une fois
renouvelable.
Le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans (quinquennat), renouvelable
une seule fois. L’exercice de la fonction présidentielle est limité à deux mandats consécutifs.
Cette disposition a fait l’objet d’un âpre débat après la décision de la Cour constitutionnelle
congolaise qui avait estimé, dans son Arrêt R. Const 262 daté du 24 juin 2016 sur
l’interprétation de l’article 70 de la Constitution, que le Président doit rester en fonction
jusqu’à l’installation du nouveau président élu en vertu de la continuité de l’Etat.
Il est à noter que la Cour constitutionnelle réaffirme la position que l’on connaît déjà, telle que
disposée à l’alinéa 2 de l’article 70 de la Constitution, à savoir que « A la fin de son mandat,
le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau
Président élu ». Or, Cette disposition ne constitue pas un fondement constitutionnel de la
prorogation du mandat. Elle concerne la période qui va de l'élection du nouveau président à
son investiture. Elle ne s'applique pas en cas de non organisation de l'élection par le pouvoir
en place dirigé par quelqu'un qui a réalisé deux mandats (cf. art. 70 al. 1er). Elle s’applique
lorsque l’élection présidentielle a été organisée 90 jours avant la fin du mandat du président
en exercice conformément aux dispositions de l’article 73 aux termes desquelles « Le scrutin
pour l’élection du Président de la République est convoqué par la Commission électorale
nationale indépendante, quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du président en
exercice. »
Ainsi donc, les différents protagonistes qui s’affrontaient au sujet de la lecture de la fin du
mandat du Chef de l’Etat ne sont pas totalement départagés, même si les décisions de la Cour
Constitutionnelle sont réputées sans appel.
Quant au nombre, les mandats ne doivent pas dépasser deux consécutifs. Pour ainsi éviter la
corruption par le pouvoir.
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Les émoluments et la liste civile du Président de la République sont fixés par la loi de
finances.
Par rapport à la 2ème République, les pouvoirs de chef de l’Etat ont été sensiblement diminués.
De prime à bord, le chef de l’Etat statue par voie d’ordonnance et il ne dispose plus de
pouvoir réglementaire de principe. C’est pouvoir est attribué au 1 er Ministre. La constitution
définit la fonction du président autour de trois missions fondamentales :
L’arbitre. Le président doit par son arbitrage assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs
publics ainsi que la continuité de l'Etat.
De caractère bicéphale, le pouvoir exécutif congolais est dirigé par le chef de l’Etat qui est
secondé par le 1er Ministre qui est chef du Gouvernement. Le Président nomme le 1 er Ministre
issu de la majorité parlementaire qui est responsables devant lui et devant le Parlement. Il met
naturellement fin à ses fonctions dans les mêmes conditions (article 78) ;
- Le droit de message.
Aux termes de l’article 77, le président de la république adresse, une fois par an, un message
sur l'état de la nation au parlement réuni en congrès. Il peut à tout moment adresser des
messages à l'assemblée nationale ou au Sénat tout en sachant que ces messages ne peuvent
donner lieu à débat.
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Le droit de grâce est une prérogative exclusive du chef de l’Etat. Dans l'esprit du constituant,
le droit de grâce est l'affirmation du pouvoir étatique et de l’autorité du chef de l'Etat qui seul
peut punir, et a fortiori, détient le pouvoir de pardonner. Au sens de l’article 87, le président
de la République exerce le droit de grâce, c’est-à-dire le droit de remettre aux condamnés, en
partie ou en totalité, leurs peines. Il est le dernier recours.
L’expression "pouvoirs partagés" (ou "domaines partagés") désigne l'ensemble des pouvoirs
que le président de la République partage avec le gouvernement. Cela se traduit par
l'obligation pour le président de la République de faire contresigner les actes correspondants
par le Premier ministre et, le cas échéant, par les ministres concernés.
En droit, le contreseing ministériel signifie que la légalité de la décision a été vérifiée et que la
responsabilité politique est endossée par le ministre.
Parmi ces pouvoirs, certains sont exercé en période normale et d’autres, en circonstance
exceptionnelle.
Ce principe de pouvoir partagé est posé à l’article 79 al.4 selon lequel les ordonnances du
Président de la République autre que celles prévues aux articles 78 al.1, 80, 84 et 143 sont
contresignées par le 1er Ministre. Pour rappel, ce mécanisme de contreseing reconnu au régime
semi-parlementaire, opère une disqualification des actes de chef de l’Etat en les transformant
en acte du Gouvernement.
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Les circonstances exceptionnelles sont réglementées par les articles 85, 86, 143 à 145 et on
peut y ajouter 156 al.2.
Les circonstances exceptionnelles sont des événements graves qui menacent de manière
immédiate l’indépendance ou l’intégrité du territoire ou qui provoque l’interruption de
fonctionnement régulier des institutions.
Dans ce cas, le chef de l’Etat, après autorisation du Parlement peut proclamer l’état d’urgence,
l’état de siège ou de guerre. Il en informe la nation par un message.
Il peut alors, par ordonnance délibérée en conseil des ministres prendre toutes les mesures
nécessaires pour faire face à la situation. Ces mesures sont valables 30 jours mais le
Parlement peut y mettre fin avant ou le proroger pour des périodes successives de 15 jours.
Les ordonnances prises par le Chef de l’Etat sous également soumises à la cour
constitutionnelle qui vérifie leur constitutionnalité.
1. Les infractions
Elles sont définies aux articles 164 et 165 de la Constitution. Pendant l’exercice de ses
fonctions, le chef de l’Etat peut être poursuivi pour haute trahison, atteinte à l’honneur ou à la
probité ou délit d’initié (Il s’agit d’infractions politiques) et/ou et pour les autres infractions
de droit commun commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.
Il y a délit d’initié lorsque le Chef de l’Etat effectue les opérations sur valeurs immobilières
ou sur marchandises à l’égard desquelles il possède des fonctions privilégiées et dont il tire
profit avant qu’elles soient connues du public.
Selon l’article 164, le juge pénal du Président c’est la Cour constitutionnelle. La décision de
poursuite et de mise en accusation est votée à la majorité des 2 chambres du Parlement. En
cas de condamnation, le Président est déchu de ses fonctions.
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Le rôle du Président peut être plus ou moins prépondérant, plus ou moins important selon
qu’on soit en période de cohérence de la majorité (le président a aussi la majorité
parlementaire : l’opposition est très critique et le rôle du président est prépondérant) ou en cas
de cohabitation.
L’élection d’une majorité réfractaire au président de la République crée ce que l’on appelle la
cohabitation. Dans cette situation, le premier ministre peut jouir, sans contrainte, de ses
prérogatives constitutionnelles et ainsi acquérir une autonomie dans ses rapports avec le
Président de la République.
Par exemple, le Chef de l’Etat ne peut plus, exiger la démission du premier ministre et la
révocation de certains ministres. Durant la période de cohabitation, le gouvernement en
profite pour mettre en œuvre un programme politique qui va à l’encontre des orientations du
président, sans que ce dernier ne puisse s’y objecter.
Quand la situation est normale par rapport à la constitution, alors on prend des libertés, et au
contraire la constitution s’applique avec rigueur uniquement dans des situations pour
lesquelles elle n’a pas été conçue ; c’est le cas de la cohabitation.
Pendant longtemps l’hypothèse de cohabitation était exclue. Car doctrine que le pouvoir du
président de la république devait être large mais appuyé par le peuple. Lorsqu’il perdait la
confiance du peuple il devait renoncer au pouvoir. Dès lors l'hypothèse d'une cohabitation
était inenvisageable. Ainsi le chef de l’Etat sera réduit au silence ou jouera le rôle critique vis-
à-vis de la politique du 1er Ministre. Il sera enfermé dans ses prérogatives constitutionnelles.
Le 1er Ministre sera alors le véritable chef de la Majorité.
Paragraphe 2. Le Gouvernement
Désormais, c’est le Gouvernement qui définit et qui conduit la politique de la nation même
s’il le fait en concertation avec le Président de la République (article 91).
A. Le Premier ministre
Du point de vue historique, on constate que les pouvoirs du 1 er Ministre ont évolué par rapport
à celui du Président.
Dans la Loi fondamentale, c’est le gouvernement qui définit la politique de la Nation. Dans la
Constitution de Luluabourg, le Gouvernement applique la politique du Président et il est
responsable devant lui. Avec la Constitution révolutionnaire, le 1 er Ministre disparait de la
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scène politique, il réapparait en 1978 sous l’appellation de « 1er Commissaire d’Etat » ou sein
du Gouvernement réduit en simple Conseil exécutif.
Avec l’arrivée de l’AFDL, le 1er Ministre disparait à nouveau pour réapparaitre avec la
Constitution du 18 février 2006 et plus précisément avec la nomination d’Antoine Gizenga à
ce poste.
1. Le pouvoir de nomination
Ce pouvoir lui est attribué par l’article 92 selon lequel il nomme par décret délibéré en conseil
des ministres aux emplois civils et militaires autres que ceux pourvus par le Président de la
République.
Il découle de ce qui précède que le pouvoir de nomination est réparti entre les 2 chefs de
l’exécutif. Le Président nomme aux emplois supérieurs, le 1 er Ministre aux emplois
subalternes. Il statue par voie de décret.
2. Le pouvoir réglementaire
- Le pouvoir réglementaire d’exécution des lois : celui-ci est confié aux ministres à
l’article 92 al.1 d’après lequel le 1 er Ministre assure l’exécution des lois et dispose de
pouvoir réglementaire. C’est pourquoi il est subordonné au pouvoir législatif, c’est-à-
dire il prend des mesures d’application d’une loi déjà adoptée par le Parlement ;
- Le pouvoir réglementaire autonome : celui-ci intervient dans les matières qui ne sont
pas de la compétence du législateur et dans lequel le 1 er Ministre ou le chef de l’Etat
exceptionnellement pose les règles unilatérales. Ici, le décret du 1 er Ministre ou
l’ordonnance du Président n’est pas subordonné à une loi.
En effet, les articles 122 et 123 de la Constitution déterminent la réserve législative. L’article
128 dispose « Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi ont un
caractère réglementaire. »
Pendant l’exercice de ses fonctions, celui-ci peut être pénalement poursuivi pour les mêmes
infractions et même procédure que le chef de l’Etat.
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D’après l’article 90, le Gouvernement est composé de 1 er Ministres, des ministres, et le cas
échéant le vice 1er Ministre et Ministres d’Etat et de ministres délégués. L’article 93 ajoute le
ministre est responsable de son département et selon l’article 92 al.2. Il statue par voie
d’arrêté.
De ces différentes dispositions, on déduire les catégories des ministres, les fonctions et les
actes des ministres.
La constitution distingue :
- Le ministre d’Etat : il s’agit d’un titre honorifique qui donne celui qui le porte une
préséance protocolaire par rapport à ses collègues. Ce titre peut être donné à quelqu’un
en raison de l’importance de son ministère ou en raison de sa grandeur de sa
personnalité
- Le ministre ; c’est celui qui est responsable d’un ministère et qui participe à toutes les
réunions du Conseil de Ministres
- Le vice-ministre : c’est celui qui exerce ses attributions sous l’autorisation d’un
ministre à qui il est adjoint. Les compétences du vice-ministre s’étendent à toutes les
activités du ministère, c’est-à-dire tout ce que le 1 er ministre, le ministre, le vice-
ministre peut le faire ;
- Le ministre délégué est celui qui exerce ses activités sur délégation du 1 er Ministre ou
d’un autre ministre. Les compétences de celui-ci se limitent au domaine de délégation.
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En contrepartie de ces pouvoirs, les ministres sont politiquement responsables des actes de ses
agents.
Sur le plan pénal, les membres du Gouvernement autre que le 1 er Ministre sont justifiables
devant la Cour de cassation (article 153). La décision de poursuite et la mise en accusation
sont votées à la majorité absolue des membres du Gouvernement.
De l’exercice de leur fonction, les ministres ont les mêmes obligations et les mêmes
incompatibilités que les Président de la République (articles 96-99). Leurs actions des
ministres sont contrôlées par le Parlement qui exerce le pouvoir législatif.
Dans la théorie de la séparation des pouvoirs de Montesquieu (1689-1755) et dans les régimes
démocratiques modernes, le pouvoir législatif est, avec le pouvoir exécutif et le pouvoir
judiciaire, l’un des trois pouvoirs constituant un État. Le pouvoir législatif est, en
général, dévolu à une ou deux assemblées élues au suffrage direct ou indirect. Le peuple, dans
son ensemble, peut ponctuellement détenir une part du pouvoir législatif lorsque sont
organisés des référendums.
Il dispose du pouvoir de discuter et de voter les lois. Il a aussi pour mission de voter le budget
de l’Etat et de contrôler le pouvoir exécutif. Il peut censurer le gouvernement (motion de
censure), mais ne peut renverser le Président de la République qui, lui, a le pouvoir de
dissoudre l’Assemblée nationale.
A. L’Assemblée nationale
L’Assemblée nationale est le nom souvent donné au Parlement d'un Etat ou à sa chambre
basse dans le système législatif bicaméral ou dans le système monocaméral. Il est utilisé dans
plus d’un tiers de tous les pays du monde.
Le terme est principalement présent dans les pays francophones ou dans ceux qui ont été une
colonie française, mais pas seulement. On le trouve également dans un certain nombre de
pays du Commonwealth.
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Elle a deux missions principales : Voter les lois et Contrôler le Gouvernement, les sociétés
commerciales de l’Etat, les établissements et les services publics.
Elle est composée de 500 membres élus au suffrage universel direct et secret. Selon l’article
101, les membres de l’Assemblée nationale portent le titre de député national. Ils sont élus au
suffrage universel direct et secret. En dehors du calcul sur la répartition des sièges, il est
désormais aussi question d’un seuil déterminé par un pourcentage en ce qui concerne les listes
des candidats.
Cependant, dans les circonscriptions à un seul siège, seul le candidat ayant obtenu le plus
grand nombre de voix est proclamé élu.
Les candidats aux élections législatives sont présentés par des partis politiques ou par des
regroupements politiques. Ils peuvent aussi se présenter en indépendants. Chaque député
national est élu avec deux suppléants. Le député national représente la nation.
Tout mandat impératif est nul, c’est-à-dire qu’un député à un mandat représentatif. Le mandat
impératif est le pouvoir délégué à une organisation ou un individu élu en vue de mener une
action définie dans la durée et dans la tâche, selon des modalités précises auxquelles il ne peut
déroger. Il s'oppose au mandat représentatif.
Le nombre de députés nationaux ainsi que les conditions de leur élection et éligibilité
sont fixés par la loi électorale.
Nul ne peut être membre de l’Assemblée nationale s’il ne remplit les conditions ci-après
(article 102) :
- être congolais ;
- ne pas se trouver dans un des cas d’exclusion prévus par la loi électorale.
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L’enceinte du siège de l’Assemblée nationale est une zone neutre. Elle est inviolable. Elle
comprend les bâtiments abritant les services de l’Assemblée nationale, la cour, les jardins et
les voies publiques qui ceinturent son enclos.
Il est interdit, à toute personne étrangère à l’Assemblée nationale et à ses services, de pénétrer
sans motif légitime dans les locaux réservés aux membres de l’Assemblée nationale et à ses
services.
- L’Assemblée plénière ;
- Les Commissions ;
B. La désignation de sénateur
Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par les Assemblées provinciales au sein
ou en dehors de l’Assemblée provinciale.
On applique le scrutin proportionnel de liste avec un fort reste. Les conditions pour que les
sénateurs sont les mêmes que celles des députés sauf l’âge qui est élevé à 30 ans. La
campagne pour les députés est de 30 jours tandis que pour le Sénateur c’est de 3 jours.
En tant que représentant de la Nation, les parlementaires sont couverts par les statuts qui les
protègent que sont les droits, les immunités mais ils leur imposent certaines incompatibilités.
Ils sont à retrouver à l’article 109. D’entrée de jeu, chaque parlementaire jouit des tous le
droits reconnus au citoyens congolais par les articles 11 à 61. Mais l’article 109 lui reconnait
les droits spécifiques en raison de ses fonctions, notamment ; le droit de circuler librement
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sans entrave à l’intérieur ou à l’extérieur, le droit à une indemnité équitable leur assure
l’indépendance et l’intégrité. Le parlementaire a aussi droit, à la fin de son mandat, à une
indemnité de sortie qui équivaut à 6 mois de ses émoluments, c’est-à-dire les salaires
mensuels.
En contrepartie de ces droits, les parlementaires a aussi ses obligations prévues 111 à 118 et
plus respectivement à participer l’obligation de participer aux séances et l’obligation de
déposer les rapports de vacances parlementaires.
Pour élaborer ces rapports, chaque parlementaire doit séjourner au moins un mois dans sa
circonscription lors de vacances parlementaires.
Il jouit d’un mandat est représentatif lorsque les élus sont irrévocable jusqu’à la fin de leur
mandat. Alors que le mandat est impératif, lorsque l’élu peut être révoqué à tout moment par
les électeurs.
Dans l’exercice de leur mandat, les parlementaires bénéficient des immunités prévues à
l’article 107.
Sur le plan politique, le parlementaire est politiquement irresponsable. Ceci a pour effet de le
rendre libre vis-à-vis des électeurs. Les articles 101 et 104 indiquent que son mandat est
représentatif parce que tout mandat impératif est nul.
En effet, tout parlementaire qui quitte son parti en cours de mandat est censé renoncer au
mandat obtenu au sein de son parti politique.
De même, l’élection au suffrage universel a pour effet de réduire la liberté des représentants
ou des parlementaires.
Un tel droit peut avoir des conséquences fâcheuses. En ce sens qu’il affaiblirait le contrôle
parlementaire et créerait de conflit entre les Parlementaires et leurs suppléants.
Sur le plan pénal, un parlementaire ne peut être poursuivi, recherché, retenu ou jugé sans
l’autorisation de la chambre à laquelle il appartient.
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Selon l’article 111, chaque chambre a un Bureau composé d’un Président ; un Premier Vice-
président ; un Deuxième Vice-président ; un Rapporteur ; un Rapporteur Adjoint ; un
Questeur ; un Questeur Adjoint. En plus du bureau, chaque chambre comprend l’Assemblée
plénière et les commissions. Les autres organes sont prévus par les règlements intérieurs de
chaque chambre. Lorsque les 2 chambres sont réunies, on parle de « Congrès ».
1. L’assemblée plénière
- L’installation du bureau provisoire. Celui-ci doit être dirigé par l’élu le plus âgé ;
Les autres sessions extraordinaires peuvent être évoquées par le président de chaque chambre,
du bureau de la chambre, à la demande de la moitié de la chambre, du Président de la
République ou du Chef de Gouvernement.
En outre, une session extraordinaire ne doit pas dépasser 30 jours mais on peut l’arrêter avant
si l’ordre du jour est écoulé.( art.116)
Chaque année, le Parlement tient 2 sessions ordinaires dont la 1 ère va du 15 mars au 15 juin et
le second va du 15 septembre au 15 décembre. Si le jour de l’ouverture tombe un jour férié
l’ouverture de la session est repoussée au jour ouvrable le plus proche (article 115). C’est le
règlement d’ordre intérieur de chaque chambre qui fixe les modalités de fonctionnement du
bureau, entre autre la durée du mandat, les membres de commissions, l’organisation
administrative de chaque chambre…
Chaque chambre peut se réunir valablement à la majorité absolue de ses membres (articles
110, 120, 160…)
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Ce sont des structures plus réduites au sein de chaque chambre plus ou moins spécialisées
dans un domaine gouvernemental. Il peut y avoir ceux qui sont permanentes et d’autres
peuvent être ad hoc.
- La commission environnementale
Il existe également des commissions mixtes, paritaires qui réunissent les députés ou sénateurs
pour harmoniser les points de vue lorsqu’il y a désaccord entre les 2 chambres (article 113 et
135).
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Il existe également le groupe parlementaire qui est l’ensemble des députés appartenant à un
même parti politique ou un même groupement politique. A l’Assemblée nationale, il existe
aussi le comité de sage. Il joue le rôle de conseiller et de conciliateur.
A. L’élaboration de la loi
Dans une société démocratique, la loi est la principale source de droit. A travers elle, le
Parlement ou Peuple lui-même exprime la volonté générale et fixe les orientations et les
objectifs généraux de la politique nationale que l’exécutif doit se forcer de réaliser.
Dans l’élaboration de la loi, le Parlement est soumis à certaines contraintes. Sous peine de
l’exposer à la sanction de la Cour constitutionnelle, le Parlement doit respecter les domaines
de la loi et la procédure législative.
1. Le domaine de la loi
Dans les démocraties modernes et dans un Etat de droit, le Parlement n’est plus un pouvoir
illimité et absolu. Les prérogatives sont désormais limitées. Cette limitation de pouvoir du
Parlement permet d’éviter le parlementarisme absolu et de stabiliser le Gouvernement.
Le domaine législatif est aujourd’hui doublement limité. D’une part, le pouvoir normatif du
Parlement est partagé avec les provinces et d’autre part, même dans les matières du pouvoir
central, certains sont confiés au pouvoir réglementaire.
La répartition des compétences entre les pouvoir central et les provinces est établie entre les
articles 205 à 250. Ces dispositions distinguent 3 groupes des matières :
En principe, aucun pouvoir ne peut intervenir dans le domaine de l’autre sans autorisation
mais aussi chaque pouvoir peut autoriser l’autre à intervenir dans son domaine d’action.
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Les matières de pouvoir central sont elles-mêmes réparties entre la réserve législative et les
matières qui ont un caractère réglementaire.
La réserve législative est contenue dans les articles 122 et 123. L’article 128 ajoute alors les
matières autre que celles qui sont du domaine de la loi ont un caractère réglementaire ». Quant
à l’article 92, il attribue le pouvoir réglementaire au 1 er Ministre. D’ailleurs, l’article 129
donne à l’exécutif la possibilité d’intervenir dans le domaine de la loi pour légiférer au lieu et
place du Parlement. Pour cela, il lui faut une habilitation par le Parlement (loi d’habilitation)
et une ratification du texte du Gouvernement par le Parlement (loi de ratification). Cette
procédure donne lieu à des ordonnances-loi. On parle aussi de législation déléguée.
2. La procédure législative
Lorsque le droit d’initiative est exercé par un membre du Gouvernement, on parle des projets
de lois tandis que l’exercice de ce droit par le parlement donne lieu à des propositions des
lois.
Les projets de lois sont d’abord adoptés en conseil des ministres avant d’être portés au bureau
de l’une ou l’autre chambre.
NB : l’article 130 ne mentionne pas l’initiative populaire, c’est-à-dire le peuple n’a pas le
droit de proposer des choses, mais on peut se fonder sur l’article 27 et 218 pour justifier la
possibilité de l’initiative populaire en matière.
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Lorsqu’un texte est déposé au bureau d’une chambre, il est soumis à un vote de recevabilité. Il
est ainsi envoyé en commission qui procède à un travail préliminaire de mise en forme. Après
le travail de la commission, le texte est renvoyé en plénière et celle-ci procède à une 1 ère
lecture avec débat et droit d’amendement.
Après les discussions, intervient le vote. D’abord, article par article. Puis l’exposé de motif et
enfin le texte dans sa globalité. Si le texte est adopté dans la 1 ère chambre, il est transmis à la
seconde chambre qui procède elle aussi à une lecture, débat, discussion, droit d’amendement
suivi de vote : c’est la navette parlementaire.
Le but de la navette parlementaire est que le texte soit adopté en des termes identiques. S’il y
a divergence des textes, on constitue une commission mixte paritaire. Le texte de la
commission est soumis séparément aux votes de chaque chambre et si les désaccords
persistent, l’Assemblée nationale dit le dernier mot.
c. Le contrôle de la constitutionnalité
Celui-ci consiste à vérifier si le texte voté par les 2 chambres est conforme à la constitution.
Lorsqu’il intervient durant la procédure législative, il s’agit d’un contrôle a priori et par voie
d’action. Ce contrôle est prévu à l’article 139 de la Constitution.
Il est mis en œuvre par la cour constitutionnelle sur saisine du Président de la République, du
Chef de Gouvernement, de 1/10 de députés ou de sénateurs. Mais ce contrôle n’est pas
obligatoire.
Le contrôle de constitutionnalité n’est obligatoire que pour les lois organiques (articles 112,
160) pour les règlements intérieurs de la chambre et du Congrès, pour les intérieurs de la
CENI et pour les règlements intérieurs du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la
communication.
Dans les 6 jours qui suivent son adoption, la loi est transmise au Président de la république en
vue de la promulgation. À dater de la réception du texte, le président de la République a 15
jours pour demander au parlement une 2ème délibération sur le texte.
Le président de la République peut aussi profiter de ce délai pour transmettre le texte à la cour
constitutionnelle. Passer ce délai de 15 jours, la promulgation est de droit. La promulgation
est l’acte par lequel le Président de la République atteste qu’une loi a été régulièrement
délibérée et votée par le Parlement et donne l’ordre qu’elle soit exécutée.
L’entrée en vigueur est le fait que pour un texte de commencer à produire ses effets à l’égard
des assujettis. L’article 142 indique que « la loi entre en vigueur 30 jours après sa publication
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dans au journal officiel mais la loi elle-même peut disposer autrement, déférer à plus tard son
entrée en vigueur. Le principe, c’est la non rétroactivité.
La publication est l’acte par lequel le contenu de la loi est porté à la connaissance des
gouvernés. L’article 141 affirme que « les lois sont publiées et elles portent le sceau de
l’Etat ». A partir de la publication, la loi devient opposable et désormais on lui applique
l’article 62 d’après lequel « Nul n’est censé ignoré la loi ».
Et même l’article 142 impose au gouvernement d’assurer la diffusion des lois en français et
dans chacune de langue nationale dans 60 jours qui suivent sa publication.
B. Le contrôle du Gouvernement
La mise en œuvre de ce contrôle suppose que le parlement est informé de ce que fait le
Gouvernement et que ce contrôle est assorti de certains effets, c’est-à-dire sanctions.
- La question d’actualité
- L’interpellation
- La commission d’enquête
D’après l’article 146 al.4, le contrôle exercé par le Parlement peut déboucher sur l’adoption
d’une motion de défiance ou de censure. En d’autres termes, le contrôle peut entrainer la mise
en jeu de la responsabilité politique de membre du Gouvernement et donc leur démission.
Cette responsabilité peut être individuelle ou collective.
Ce contrôle peut aussi déboucher sur la responsabilité pénale du 1 er ministre. En effet, d’après
les articles 164-165, si le 1 er Ministre ne répond pas aux questions des parlementaires dans 30
jours il y a dans son chef outrage au parlementaire. Infraction pour laquelle il peut être
pénalement poursuivi devant la cour constitutionnelle.
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NB :
En plus des lois et des actes de contrôle, les chambres parlementaires peuvent aussi adopter
des résolutions lorsque ce sont eux-mêmes qui sont chargé de l’exécution et les
recommandations lorsque c’est un autre organe qui est chargé de l’exécution.
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Déjà à son temps, Montesquieu avait perçu la nécessité d’instituer le contrepoids au pouvoir.
Sa théorie de la séparation des pouvoirs avait pour but d’affaiblir, de limiter le pouvoir et de
protéger les droits et libertés.
Ainsi, il fallait que chaque organe puisse arrêter l’autre. Dans les Etats modernes, avec le
développement, même l’Etat est limité et soumis au respect de droit. Le pouvoir judiciaire
contrôle les autres pouvoirs. Aussi, le pouvoir du juge est devenu lui un contre-pouvoir face à
l’exécutif et au législatif mais à côté du juge, il existe d’autres institutions de protection de
citoyens. Ce sont des institutions d’appui à la démocratie auxquelles on peut ajouter
l’opposition politique.
D’après l’article 149 de la Constitution, le pouvoir judiciaire est attribué aux cours et
tribunaux, c’est-à-dire la Cour constitutionnelle, la Cour de cassation, le Conseil d’Etat, la
Haute cour militaire ainsi que les cours et tribunaux civils et militaires.
Pour bien jouer son rôle, il est important que le pouvoir judiciaire soit indépendant de
l’exécutif et du législatif. Cette indépendance devrait être garantie par le Conseil supérieur de
la magistrature. Si tous les juges contrôlent le pouvoir, c’est surtout la Cour constitutionnelle
qui le fait au plus haut niveau.
Si on se réfère aux articles 149 et 152, on constate que le Conseil supérieur de la magistrature
contribue à l’indépendance du pouvoir judiciaire par sa composition et par ses attributions.
Aujourd’hui, l’article 152 fait uniquement siéger les magistrats de différents ordres et des
différents sièges et de parquet, de magistrats civils et militaires.
Ceux de TGI n’y sont pas représentés directement. Cela devrait renforcer l’indépendance du
pouvoir judiciaire.
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L’indépendance du pouvoir judiciaire est contenue d’abord dans des affirmations théoriques.
Ainsi, par exemple, l’article 149 affirme d’emblée que le pouvoir judiciaire est indépendant
du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Les articles 150 et 151 explicitent la portée de
cette indépendance. D’après l’article 150, les juges, dans l’exercice de leur fonction, ne sont
soumis qu’à l’autorité de la loi.
Ainsi, le pouvoir exécutif ou le pouvoir législatif n’ont pas à donner d’injonction aux juges
quant au sens du jugement.
Pour renforcer l’indépendance de juge, l’article 150 affirme que « le magistrat du siège est
inamovible », c’est-à-dire il ne peut être déplacé qu’à sa demande ou par une nomination
nouvelle ou par une rotation décidée par le CSM.
Aucune loi ne doit être votée pour trancher un procès en cours sinon elle est nulle et de nul
effet.
L’indépendance du pouvoir judiciaire est aussi contenue dans des affirmations pratiques
concernant les attributions du CSM.
D’entrée de jeu, l’article 152 affirme que « le CSM est l’organe de gestion du pouvoir
judiciaire ». C’est cet organe qui élabore les propositions de nomination, de promotion ou de
révocation des magistrats. C’est aussi le CSM qui exerce le pouvoir disciplinaire sur les
magistrats.
Sur le plan financier, l’article 149 indique que « c’est le CSM qui élabore le budget du
pouvoir judiciaire et le Gouvernement ne pouvait le modifier, seul le Parlement, autorité
budgétaire, peut y apporter des modifications.
Une fois adopté, le budget de magistrats est exécuté par eux-mêmes parce que c’est le 1 er
président de la Cour de cassation qui en est l’ordonnateur.
NB : L’indépendance du pouvoir judiciaire est une question complexe. D’abord, elle doit être
envisagée différemment selon qu’il s’agit de magistrat du siège et de magistrat débout.
En outre, l’indépendance du juge est une question de compétence, de statut social et surtout de
conscience.
La RDC, comme la plupart des pays qui sortent de transition démocratique, s’est dotée d’une
Cour constitutionnelle pour montrer le degré de contrôle exercé sur les gouvernants. Avec la
cour constitutionnelle même le législateur est soumis au droit et surtout à la Constitution.
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A vrai dire, la Cour constitutionnelle existe en RDC depuis l’indépendance mais elle a
souvent été étouffée par les politiques qui ont préféré attribuer ces compétences à la cour
suprême.
La constitution de 2006 l’a tirée de ses cendres avec des compétences plus élargies et avec
une saisine plus ouverte.
L’article 158 indique les modes de composition de la cour constitutionnelle. Celle-ci compte 9
membres nommés par le Président de la République : 3 sont désignés par lui-même, 3 par le
Parlement réuni en Congrès et 3 par le CSM.
Le mandat du Juge constitutionnel est de 9 ans non renouvelable. Mais la cour se renouvelle
par tiers tous les 3 ans. Ce sont les membres de la Cour qui élisent leur Président, pour un
mandat de 3 ans renouvelable une seule fois. Il est investi par ordonnance du Président.
Pour être nommé à la Cour constitutionnelle, il faut remplir les conditions suivantes :
Les 2/3 des membres de la Cour doivent être des juristes provenant de la magistrature, du
barreau ou de l’enseignement universitaire.
Quant au statut de la cour, il est quelque peu hybride et si l’on en tient compte, on constate
que 6/9 sont désignés par les organes politiques. Ce qui ferait également de la cour un organe
politique. Mais l’exigence de 6 juristes fait plutôt penser que la cour est aussi un organe
juridictionnel.
La Cour est également compétente dans d’autres matières. Ainsi, par exemple :
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Article 20 de la Loi organique N° 13/026 du 15 octobre 2013 portant organisation et fonctionnement de la
Cour Constitutionnelle.
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- Elle connaît des recours contre les arrêts rendus par la Cour de cassation et le
Conseil d’Etat, uniquement en tant qu’ils se prononcent sur l’attribution du
litige aux juridictions de l’ordre judiciaire ou administratif. Ce recours n’est
recevable que si un déclinatoire de juridiction a été soulevé par ou devant la
Cour de cassation ou le Conseil d’Etat.
Dans les matières de sa compétence, les arrêts de la Cour constitutionnelle ne peuvent pas
faire l’objet d’aucun recours et sont immédiatement exécutoire et s’impose à tous.
Les articles 139, 160, 161, 162 permettent de dire que la Constitution de la RDC consacre
tous les modes de saisine, c’est-à-dire toutes les formes de contrôles.
L’article 139 consacre le contrôle a priori par la voie d’action et un contrôle fermé. Quant à
l’article 160 consacre lui aussi le contrôle par voie d’action et fermé.
En revanche, l’article 162 admet le contrôle par la voie d’exception qui est un contrôle a
posteriori et un contrôle ouvert.
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A. La CENI
Elle est prévue par l’article 211 pour remplacer l’ancienne CEI. Dans une démocratie, les
citoyens bénéficient des droits civils et politiques.
Les droits civils sont ceux qui sont liés à la personne de l’individu, à ses relations familiales et
à ses rapports avec son patrimoine. Tandis que les droits politiques sont ceux qui permettent
aux citoyens de participer à l’exercice de pouvoir qui émane de la Nation.
Parmi ces droits il y a : le droit de vote, le droit à l’éligibilité, le droit d’accès à la fonction
publique mais aussi des droits liés à la nationalité.
Face à la tentation de gouvernants de se maintenir au pouvoir à tout prix et par tous les
moyens, au besoin par les manipulations de la Constitution, la CENI peut devenir un
contrepouvoir grâce à l’organisation périodique des élections.
Elle devient alors une institution de garantie et de protection de droit politique des citoyens.
En même temps, elle contribue à la limitation de pouvoir. Mais pour cela, il faut que les
élections soient régulières, transparentes et pluralistes.
Les Démocraties actuelles sont même dites les démocraties d’opinion et le débat politique se
déroule très largement sur la scène médiatique. Dans certains pays, l’alliance entre le juge, le
média et l’opinion a permis de lutter contre la corruption de la classe politique.
Le CNSA a été créé et fonctionnait sur la base de l'Accord du 31 décembre 2016 (VI.1.), il
fallait attendre l'adoption de la Loi organique n° 18/023 du 13 novembre 2018 portant
institution, organisation et fonctionnement du Conseil national de suivi de l’Accord et du
Processus électoral pour que ce conseil ait une assise légale en tant qu'institution d'appui à la
démocratie conformément à l'article 222 al. 3 de la Constitution. Car les parties prenantes
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n’avaient pas, en tant que telles, la compétence d’initier une loi, à travers une proposition ou
un projet de loi14.
La Commission nationale de droits de l’homme est une institution d’appui à la démocratie qui
se charge de la protection non juridictionnelle des droits et libertés fondamentaux.
L’idée de parti politique a, d’après Pierre AVRIL 16, quelque chose qui est politiquement
contre nature. Elle est synonyme de division. Or pour Platon, il n’y a pas le pire mal pour la
14
À noter que les parlementaires et les membres de gouvernement qui ont participé aux pourparlers ayant
abouti à l'Accord de la Saint Sylvestre, non pas à leurs titres, mais en tant que membres de leurs composantes
politiques.
15
Accord du 31 décembre 2016, VI.2.3.
16
Pierre AVRIL, Essais sur les partis politiques, Paris, Payot, 1990
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vie de la cité que ce qui la divise. Par rapport à la majorité dominante, l’opposition passe pour
une hérésie.
Pourtant dans une Démocratie, les parties politiques sont incontournables parce qu’ils
facilitent le fonctionnement du système représentatif en proposant les candidats aux élections.
Si en démocratie le pouvoir est exercé par la majorité, l’opposition devrait rappeler à cette
majorité que son pouvoir n’est ni arbitraire ni illimité. L’opposition devrait donc jouer le rôle
critique vis-à-vis de la politique menée par la majorité. C’est surtout lorsqu’il y a cohérence
de la majorité présidentielle et de la majorité parlementaire.
El Hadj MBODJ, pour sa part, écrit ce qui suit : « composante essentielle de la démocratie,
l’opposition présente un caractère d’utilité publique. Elle est investi d’une véritable mission
de service public dans la mesure où, par son pouvoir définitif et de contre-proposition, elle
modère des ardeurs de la majorité et offre aux citoyens une alternative à la politique définie
et appliquée par la majorité parlementaire ».17
Porteuse des valeurs stabilisatrices et non subversive ainsi que d’idées et de projets des idées
alternatives assez véhiculées par la majorité, l’opposition doit avoir la possibilité de porter son
message au peuple et conquérir le suffrage à l’occasion des élections pluralistes, transparente,
loyale et sincère…
La Constitution de la RDC a préféré renvoyer ce statut à une loi organique et dans ses articles
6 à 8, elle a fourni les lignes directrices.
Cette loi a été promulguée le 04 décembre 2007 : il s’agit de la loi organique N o 07/008
portant statut de l’opposition.
L’opposition extraparlementaire est difficile à circonscrire avec précision parce qu’elle est
peu mesurable et instable.
D’ailleurs, l’article 7 interdit l’institution de parti unique et érige une telle institution en
infraction imprescriptible de haute trahison. Cette infraction était déjà contenue dans l’article
17
EL Hadj MBODJ, « La Constitution de transition et la résolution des conflits en Afrique : l’exemple de la
République démocratique du Congo » 2009
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1er de la loi 04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis
politiques.
L’opposition politique peut aussi jouer le rôle de contre-pouvoir à travers l’éducation des
citoyens. L’article 6 al. 3 affirme que les partis politiques contribuent à l’expression du
suffrage, au renforcement de la conscience nationale et à la l’éducation civique.
Pour l’exercice des leurs activités, les partis politiques peuvent aussi recevoir des subventions
de l’Etat.
Les droits de l’opposition devraient être plus manifestes en période de cohérence. La loi lui
reconnait la possibilité d’avoir un coordonnateur ayant un rang de Ministre avec les avantages
y afférents. Malheureusement, l’opposition politique congolaise se soucie peu de l’éducation
des citoyens et se précipite à accéder à des postes et sont enfermés dans la capitale sans se
ranger derrière une idéologie claire. Isidore NDAYWEL E-Nziem 18 renchéri en disant que
« la fragilité des partis politiques congolais s’exprime dans leur stérilité doctrinale et
idéologique. Ils ont répudié les idéologies importées qu’ils instruisent du reste à ses membres
mais ils n’ont plus en inventé d’autres. »
En définitive, l’opposition congolaise n’est pas toujours une « opposition opposée »19 !
A. L’opposition parlementaire
L’opposition parlementaire est celle qui s’exerce dans le cadre institutionnel établi, elle a
vocation à se distinguer par des propositions alternatives de la majorité au pouvoir. En raison
de sa visibilité institutionnelle, cette forme d’opposition est facile à identifier ; elle est
capable de former, au sein des assemblées politiques délibérantes, les groupes parlementaires
différents de ceux de la majorité au pouvoir.
18
Isidore NDAYWEL E-Nziem, Histoire générale du Congo. De l'héritage ancien à la République Démocratique,
Bruxelles, Duculot, 1998
19
MUHINDO MALONGA T., Droit constitutionnel et institutions politiques, Notes de cours, G1 Droit et SSPA,
UCG, 2007-2008.
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B. L’opposition extraparlementaire
On parle d’opposition extraparlementaire pour évoquer tous les acteurs, situés hors des arènes
parlementaires, qui contestent les choix du gouvernement et de la majorité.
La notion désigne ainsi les syndicats, groupes d’intérêt, associations militantes, voire certains
organes de presse, qui s’expriment clairement comme des forces d’opposition à la politique
gouvernementale.
Ne participant pas à la gestion de l’État, l’opposition extraparlementaire s’exprime par les
discours, manifestations ou autres activités mettant, certes, en lumière sa désapprobation de la
politique de la majorité, mais sans aucune conséquence majeure sur l’action gouvernementale
ou le fonctionnement normal des institutions.
Tout en bénéficiant de l’attention reconnue aux partis politiques légalement établis, cette
opposition ne peut cependant pas renverser le gouvernement en place.
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Le principe du partage du pouvoir étatique étant admis comme une condition essentielle de la
réalisation de l'État de droit, encore convient-il de souligner que les modalités de ce partage
peuvent être très différentes d'un État à l'autre et donner lieu à des types de régimes politiques
eux-mêmes différents. Au-delà de cette diversité, il est possible de distinguer deux manières
de diviser le pouvoir au sein de l'État.
La division horizontale consiste à répartir le pouvoir entre les différents organes de l’État
(Parlement, Exécutif) afin d’éviter sa concentration au profit d’un seul. La manière dont est
assurée cette division horizontale du pouvoir permet de distinguer plusieurs formes de
régimes politiques.
La division verticale du pouvoir concerne quant à elle la répartition de celui-ci entre l’État
central et les collectivités qui le composent. Différentes formes de l’État pourront être ainsi
distinguées au regard de la façon dont est réalisée cette division verticale du pouvoir.
Cependant, même si la Constitution de la RDC précise la forme de l’Etat, elle est restée
muette en ce qui concerne son régime politique. La Constitution de la RDC n’indique pas
avec précision le régime politique qu’elle a mis en place mais à partir d’une lecture combinée
des dispositions on peut arriver à découvrir le régime politique appliqué dans ce pays qu’on
peut qualifier de semi-parlementaire. En même temps qu’il a voulu renforcer le Parlement, le
Constituant de 2006 a rationalisé le Parlementarisme.
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En RDC, le choix de régime politique n’a pas été opéré avec clarté et les solutions retenues
ont souvent été de résultats de compromis précaire. Toutefois, la lecture combinée des
quelques dispositions de la Constitution, montre que nous sommes en face d’un régime mixte
(semi-présidentiel ou semi-parlementaire).
On peut constater que le chef de l’Etat n’a pas beaucoup des pouvoirs propres. Il a surtout un
pouvoir de nomination. Certains de ses pouvoirs sont exercés en collaboration avec le
Gouvernement et exige le contreseing.
Par ailleurs, lorsqu’il y a situation de crise, c’est le parlement qui donne l’autorisation de
proclamer l’Etat de siège ou l’état d’urgence, de déclarer la guerre.
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La Constitution de 2006 accorde aux membres de l’exécutif le droit de déposer le projet de loi
en exercice du droit d’initiative. Les articles 117 et 125 permettent au Gouvernement de
contribuer à l’élaboration de l’ordre du jour des sessions parlementaires avec le droit
d’inscrire en priorité les textes urgents pour sa politique.
Elle résulte des mécanismes permettant à chaque organe d’agir sur l’autre soit en intervenant
dans sa mise en place soit en mettant fin à ses fonctions.
A. L’investiture du Gouvernement
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En effet, c’est le Parlement qui vote la décision de poursuite et mise en accusation. Bien que
le Sénat ne peut pas voter des motions mais avec l’infraction d’outrage au Parlement, il peut
entrainer la démission du Gouvernement.
Du point de vue procédural, il doit consulter le 1 er Ministre et les présidents des chambres
parlementaires. Lorsqu’une dissolution intervient, l’élection d’une nouvelle chambre est
organisée dans le délai de 60 jours qui suivent la dissolution. Seule l’Assemblée nationale
peut être dissoute parce qu’elle seule peut renverser le Gouvernement : c’est le principe de
l’équilibre organique.
Toutefois la mise en jeu du droit de dissolution connait quelques limitations. Ainsi, il ne peut
y avoir de dissolution dans l’année qui suit les élections. De même, il ne peut y avoir
dissolution lorsqu’il y a : état d’urgence, état de siège, état de guerre ni même lorsqu’il y a
président à l’intérim.
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Lorsqu’on accorde trop de pouvoirs au Parlement, celui-ci risque d’en abuser et renverser
fréquemment le Gouvernement. On parle ainsi du parlementarisme absolu qui provoque une
instabilité gouvernementale. Ce sera surtout le cas lorsque la majorité parlementaire repose
sur des alliances précaires qui traduisent une certaine partitocratie. Pour éviter ce
parlementarisme absolu et ses conséquences néfastes, l’on se force d’en encadrer
juridiquement et de limiter les prérogatives du Parlement. C’est ce qu’on appelle la
rationalisation du parlementarisme.
Les défenseurs du parlementarisme rationalisé lui voient donc trois fonctions : assurer la
prééminence du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif, celle du gouvernement sur le
Parlement et enfin de la majorité sur l’opposition.
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Le Parlement de la 3ème République est renfermé dans les articles 122 et 123 sous la
surveillance de la Cour constitutionnelle. Son pouvoir normatif est désormais partagé avec les
provinces (art.197) et les autorités réglementaires (art.128).
Dans un cas comme dans un autre, si le Parlement déborde de son domaine de compétence, il
s’expose à la sanction de la Cour constitutionnelle.
- De prime abord, seul le Gouvernement peut élaborer le projet de la loi des finances ;
- Ensuite, les conditions de mise en œuvre de la loi des finances, en cas de retard avant
son adoption, sont favorables au Gouvernement.
Si le 1er janvier le Parlement n’a pas adopté les projets de la loi des finances alors que le projet
a été déposé à temps, c’est-à-dire au plus tard le 15 septembre, il peut être mis en vigueur par
le Président de la République.
En d’autre terme, le gouvernement met en œuvre son propre projet sans l’aval du Parlement.
Il s’agit ici d’assurer la continuité de l’Etat qui ne peut souffrir de la paresse du législateur.
Si le retard vient du Gouvernement qui n’a pas déposé à temps le projet de la loi de finances,
le Gouvernement peut solliciter l’ouverture de crédit provisoire. Le montant de ces crédits
équivaut pour chaque mois le 1/12ème du budget de l’année précédente.
Si 15 jours avant la fin de la session parlementaire, le gouvernement n’a pas encore déposé
son projet de la loi des finances, il est réputé démissionnaire.
- Enfin, les articles 129 et 134 visent la préservation de l’équilibre budgétaire. Les
amendements au projet de loi des finances ne sont pas recevable lorsqu’ils risquent de
diminuer les recettes ou d’accroitre les dépenses sauf s’ils sont accompagnés des
mesures de compensation qui préserve l’équilibre budgétaire.
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En outre, les membres du Gouvernement partagent l’initiative des lois et participent au débat
parlementaire en plénière ou en commission avec droit d’amendement.
D’une manière spéciale, l’article 146 al.1 et 4 prévoit la « technique de vote bloqué ». il
s’agit pour le 1er Ministre, en posant la question de confiance, de faire adopter un texte au
Parlement sans discussion, ni amendement ni vote sauf si une motion de censure est déposée
et adoptée conformément aux alinéas 2 et 3 du même article.
Si aucune motion n’est déposée et une motion est déposée mais elle est rejetée le texte du
gouvernement est considéré comme accepté par l’Assemblée nationale.
20
Philippe ARDANT et Bertrand MATHIEU, Institutions politiques et droit constitutionnel, LGDJ, 23e édition,
2011
67
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La motion de censure contre le Gouvernement n’est recevable que si elle est signée par ¼ de
députés nationaux. La motion de défiance contre un membre du Gouvernement n’est
recevable que si elle est signée par 1/10 de membres de l’Assemblée nationale.
Le débat et le vote ne peuvent avoir lieu que 48 heures après le dépôt de la motion. Seules
sont recensés les votes favorables à la motion de censure et de défiance qui peut être adoptée
à la majorité absolue des membres composants l’Assemblée nationale.
Si la motion de censure ou défiance est rejetée ses signataires ne peuvent en proposer une
nouvelle au cours de la même session.
- Seule l’Assemblée nationale peut initier de motion tendant de renverser des membres
du Gouvernement. ceux-ci n’ont rien à craindre du Sénat ;
- Une condition de recevabilité. Pour qu’elle soit examinée, une motion de censure doit
être soutenu par au moins ¼ des députés et motion de défiance par 50 députés ;
- Une condition de délai. Une motion ne peut être discuté avant 48 heures de son dépôt,
cela permet d’éviter les motions surprises, de donner au Gouvernement le temps de
préparer sa défense et de mobiliser ses partisans ;
- Une condition de majorité. La motion doit recueillir la majorité absolue. Non pas ceux
qui sont présents, non pas des votants, non pas de suffrages valables exprimés mais
des membres de l’Assemblée nationale. On suppose donc que tous les membres de
l’Assemblée nationale ont participé au vote ;
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Le constituant congolais de 2006 a voulu mettre en place un Etat dans lequel le peuple
recouvre sa souveraineté longtemps confisqué par les gouvernants et récemment bafouée par
les guerres d’agression. Seule la démocratie participative pouvait permettre de relancer le
développement du pays. Pour atteindre cet objectif, le constituant a utilisé la forme de l’Etat et
la place assignée aux citoyens dans l’Etat.
La division verticale du pouvoir touche quant à elle au problème de l’organisation, des formes
de l’État.
Sur un territoire étatique donné, il peut exister plusieurs façons d’organiser les relations entre
les différents échelons territoriaux, entre le pouvoir central et les collectivités infra-étatiques,
entre le Centre et la Périphérie. Le pouvoir de décision, autrement dit le pouvoir normatif,
peut être réparti selon le modèle unitaire (un seul centre de décision politique) ou selon le
modèle pluraliste (l’État central partage le pouvoir normatif avec des autorités locales, qu’il
s’agisse d’États fédérés, de régions, de communautés autonomes…).
La question de la division verticale du pouvoir renvoie donc aux relations entre pouvoir
normatif national et pouvoir normatif local, ce dernier étant la condition d’une véritable
autonomie des collectivités infra-étatiques.
On distingue traditionnellement l'État unitaire dans lequel n'existe qu'un seul centre de
pouvoir, qu'un seul pouvoir normatif compétent pour établir les règles applicables sur
l'ensemble du territoire (les lois nationales notamment) et l'État composé dans lequel
coexistent plusieurs centres de pouvoir.
Le débat sur la forme de l’Etat est récurrent en RDC. Il oppose, depuis 1960,
traditionnellement les unitaristes et les fédéralistes. Le choix a souvent été perturbé par les
situations des conflits.
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Mais cette distinction binaire ne rend pas bien compte de la réalité actuelle. La division
verticale du pouvoir, dans les États contemporains, relève plutôt de trois « modèles » qui
seront étudiés successivement.
Le modèle de l’État fédéral, qui recouvre lui-même il est vrai des réalités très différentes,
assure un véritable partage du pouvoir normatif entre l’État fédéral et les États fédérés.
Le modèle de l’État décentralisé (représenté par la France) traduit une division du pouvoir
normatif beaucoup moins accentuée entre l’État et les collectivités locales. Celles-ci ne
disposent que d’une autonomie normative limitée et conditionnée.
Sur le plan organique, ces différentes entités sont gérées par des organes locaux localement
élus.
La Constitution distingue entre la province et les entités territoriales. Cela signifie qu’elle
suppose la régionalisation et la décentralisation.
Il y a aussi, en RDC donc, 3 niveaux d’exercice du pouvoir : les ETD en bas de l’échelle, les
Provinces au milieu et le pouvoir central au sommet.
21
VUNDUAWE te Pemako Felix, La nouvelle décentralisation territoriale (le régionalisme politique congolais) et
les mécanismes de sa mise en œuvre, Congo-Afrique, No 433, 2009, pp.165-185
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- Le principe d’autonomie ;
- Le principe de participation.
A. L’autonomie organique
L’article 2 de la loi organique N o 08/012 du 31 juillet 2008 indique que la province est une
entité composante politique de la RDC qui exerce par ses institutions les compétences qui lui
sont reconnues.
- L’Assemble provinciale et
- Le Gouvernement provinciale
1. L’Assemblée provinciale
Elle est composée des députés provinciaux élus à hauteur de 9/10 ème au suffrage universel
direct par les citoyens de la province pour un mandat de 5 ans renouvelable. Il est à remarquer
que faute d’organisation régulière des élections, les députés provinciaux bénéficient d’un
bonus qui dépasse même la durée de leur mandat. Ce qui entrainer une diminution de
légitimité dans le chef de ces représentants du peuple mais dont le peuple ne s’y reconnait
plus.
Dans ses compétences, l’Assemblée provinciale légifère par voie d’édits. C’est aussi elle qui
élit les gouverneurs et les vice-gouverneurs de province ainsi que les sénateurs.
Au sein de l’Assemblée provinciale, il peut exister les membres cooptés dont le nombre ne
peut dépasser 1/10ème. Dans ses compétences de contrôle, elle peut voter les motions contre les
membres du gouvernement provincial.
La loi No 08/012 du 31 juillet 2008 accorde aux députés provinciaux les mêmes avantages,
c’est-à-dire les immunités, droits et les mêmes incompatibilités que les parlementaires
nationaux.
En matière répressive, le député provincial est justiciable devant la cour d’appel sauf le
président de l’Assemble provinciale qui relève de la Cour de cassation.
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2. Le gouvernement provincial
Après leur élection, ils sont investis par ordonnance présidentielle. Le gouverneur est dans la
province, le représentant du gouvernement central. C’est à ce titre qu’il exerce la tutelle sur
les ETD et peut la déléguer à l’Administrateur du Territoire.
Les ministres provinciaux sont nommés par le gouverneur et leur nombre ne peut excéder 10.
Le gouvernement provincial est responsable devant l’Assemblée provinciale. Aussi, doit-il
être investi par elle et ils peuvent être contraints à la démission suite à des motions adoptées
par elle.
Avant d’entrer en fonction et à l’exercice de leur fonction, ils doivent déclarer leur
patrimoine.
Le gouverneur de province et les ministres provinciaux statuent par voie d’arrêté et sont
justiciables devant la Cour de cassation.
B. L’autonomie fonctionnelle
Elle signifie que les provinces ont des compétences et des moyens propres. Les compétences
des provinces sont définies aux articles 203 et 204 de la Constitution. Mais en suite les articles
35 à 37 de la loi No 08/012 repartie ces compétences entre l’Assemblée provinciale et le
Gouvernement provincial. L’article 220 interdit de réviser les compétences des provinces. Les
moyens financiers des provinces sont régis par les articles 171 et 175.
D’après l’article 171, les finances des provinces et celles de pouvoir central sont distinctes.
Quant à l’article 175, il indique qu’on accorde à chaque province 40% de recettes à caractère
national perçues dans la province. Ces 40% sont retenus à la source.
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A côté des ressources à caractère national, chaque province dispose également des ressources
propres.
En principe dans la régionalisation, il n’y a pas de contrôle de tutelle. Les provinces sont
autonomes mais il existe un contrôle de légalité et de contrôle de constitutionnalité. Ainsi,
tout arrêté du gouverneur et des ministres provinciaux doivent être conformes aux édits et aux
lois nationales.
Les édits provinciaux doivent respecter les lois nationales ainsi que la Constitution. Les
règlements intérieurs de l’Assemblée provinciale doit être soumis à un contrôle de
constitutionnalité.
En tant que représentant du pouvoir central, les gouverneurs des provinces exercent certaines
fonctions au nom du Gouvernement central. En cas de fraude dans l’exercice de ses fonctions,
le pouvoir central peut demander à l’Assemblée provinciale de voter une motion contre le
gouverneur.
Dans un Etat régionalisé comme dans un Etat fédéral, le Parlement est souvent bicaméral. La
2ème chambre représente les Etats fédérés ou les provinces. En RDC, le Sénat représente les
provinces. Ainsi, à travers le Sénat, les provinces participent à l’élaboration des lois et à la
ratification des traités internationaux.
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Il est difficile de concevoir un Etat sans population. La 1 ère composante de la population d’un
Etat est constituée de ses citoyens ou ses nationaux qui sont les personnes liées à l’Etat par la
nationalité. Dans un Etat démocratique, les citoyens sont la source de la souveraineté. Le
pouvoir s’exprime de manière particulière et propre à ce type d’organisation politique, c’est
ce que l’on appelle la Souveraineté. Il a pour origine, du moins dans les Etats démocratiques,
l’élection. Il existe donc un lien entre les citoyens et le pouvoir et ce lien exige les élections
démocratiques.
A. Historique
La souveraineté est une vieille idée conçue progressivement au Moyen-âge par les légistes,
puis au XVIème siècle par Jean BODIN, et au XVIIème siècle par Charles LOYSEAU.
1° L’origine de la notion
Les légistes sous PHILIPPE LE BEL (1285-1314) et ses successeurs, les Capétiens directs,
veulent fonder l’autorité du Roi. Ils mettent en avant la notion de Souveraineté. Ils utilisent en
particulier ce vieil adage : « Le Roi de France est Empereur en son Royaume ». Ainsi le Roi
est assuré d’être reconnu à l’intérieur comme à l’extérieur. A l’extérieur, il s’agit de montrer
que le Roi est l’égal de l’Empereur ; à l’intérieur, il s’agit de montrer que le Roi dispose des
mêmes pouvoirs que l’Empereur.
2° Le développement de la notion
Le Roi ayant pu s’imposer au-dedans et au dehors, c'est «l’Etat qui se construit autour de la
dynastie et se renforce par une centralisation progressive » (Jean TOUCHARD) en
s’appuyant sur cette notion de souveraineté.
Pour Jean BODIN dans «Les six livres de la République » (1576) : « la souveraineté est la
puissance absolue et perpétuelle d’une République ». Quant à Charles LOYSEAU dans le
«Traité des seigneuries » (1609) : « La souveraineté consiste en puissance absolue, c'est-à-
dire parfaite et entière de tout point ».
B. Technique
Sur un plan technique, la Souveraineté a pu être définie par Julien LAFERRIERE comme «la
qualité d’un pouvoir de droit, suprême et originaire ».
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1° Pouvoir de droit
2° Pouvoir suprême
Il n’y a rien au-dessus de ce pouvoir «au sens non seulement relatif et comparatif mais
superlatif et absolu ». D’où l’indépendance à l’extérieur.
3° Pouvoir originaire
Ce pouvoir n’est pas délégué par une autre autorité, il est à l’origine des autres pouvoirs
internes. D’où la suprématie à l’intérieur.
C. Implications
1. La souveraineté interne
- le pouvoir constituant ;
- Mais c'est aussi la possibilité de fixer les règles de droit : pouvoir législatif ;
- Enfin c'est le pouvoir de les faire appliquer, le droit de contraindre : pouvoir exécutif.
2. La souveraineté externe
Tant que l’Etat et le Roi se confondaient le problème du titulaire ne se posait pas vraiment,
mais il apparaîtra au fur et à mesure que le Roi sera contesté. On opposera alors les théories
théocratiques de la souveraineté aux théories démocratiques de la souveraineté.
A. La souveraineté théocratique
« Non est potestas nisi a Deo ». Par cette formule de Saint PAUL dans l’Epître aux Romains,
est rappelée l’origine divine du pouvoir, mais encore convient-il de préciser comment Dieu
détermine celui qui en son nom exercera le pouvoir. Deux conceptions se succéderont.
C'est Dieu qui directement désigne le Souverain. C'est sur cette théorie que la monarchie de
droit divin s’appuiera en France. C’est ce qu’expriment bien ces deux citations :
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«C'est en Dieu, non dans le peuple qu’est la source du pouvoir, et c'est à Dieu seul que les
rois sont comptables du pouvoir dont il les a investis » LOUIS XIV.
« Nous ne tenons notre couronne que de Dieu : le droit de faire des lois nous appartient à
nous seul sans dépendance et sans partage » LOUIS XV.
Dans ce cadre Dieu ne désigne plus lui-même le Souverain, mais, maître des événements et
des hommes il s’arrange pour désigner par leur intermédiaire celui qui exercera le pouvoir.
« Le pouvoir est légitime non dans ce sens que celui qui l’exerce y soit nommé par un ordre
visiblement émané de la divinité, mais parce qu’il est constitué sur des lois naturelles de
l’ordre social dont Dieu est l’auteur. » Louis, Gabriel, Ambroise de BONALD 1859
B. la souveraineté démocratique
1. La souveraineté populaire
1° Fondements
Titulaire :
C’est le peuple réel (article 5 Constitution 2006), c'est-à-dire la population, en bref, chaque
citoyen qui est titulaire d’une parcelle de la souveraineté comme l’explique le père spirituel de
cette théorie : J-J ROUSSEAU dans « Le contrat social ».
« Supposons que l’Etat soit composé de dix mille Citoyens. Le Souverain ne peut être
considéré que collectivement et en corps. Mais chaque particulier en qualité de sujet est
considéré comme individu. Ainsi le Souverain est au sujet comme dix mille est à un ; c'est-à-
dire que chaque membre de l’Etat n’a pour sa part que la dix millième partie de l’autorité
souveraine ».
Exercice
C'est le suffrage qui permet l’exercice de la Souveraineté. Il fait l’objet de deux théories dans
le cadre de la Souveraineté populaire.
Electorat-droit
Voter est un droit pour chaque citoyen. En conséquence ce droit appartient à tous : c'est la
reconnaissance implicite du suffrage universel.
Mandat impératif
Le mandat impératif trouve son origine dans le droit romain. Dans l’Espagne médiévale et
plus précisément, dans le royaume de Léon et Castille, la représentation des cités et des villes
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au Cortes (le Parlement) reposait sur le mandat impératif. Les députés de ces villes recevaient
des instructions claires et précises en fonction de l’ordre du jour de la session, auxquelles ils
n’avaient pas le droit de déroger. En principe, les villes exigeaient de leurs députés qu’ils
prêtent serment de ne pas déroger aux instructions fournies ni d’outrepasser leur mandat, et
cet acte était reçu officiellement par un officier public. Au 15e siècle, les souverains
espagnols commencèrent à indiquer sur les convocations qu’ils adressaient l’étendue du
mandat souhaité, et quand bien même le principe était contraire aux souhaits des villes –
puisqu’elles perdaient tout contrôle sur leurs représentants – les monarques espagnols
réussirent à instituer le mandat impératif et grâce à lui, rendirent les représentants locaux plus
malléables à leurs desseins propres.
Les élus sont liés aux électeurs par ce que l’on appelle un mandat. Il est ici qualifié
d’impératif car les élus reçoivent des instructions, ils peuvent même être révoqués par leurs,
électeurs. Cela s’explique par le fait que la Souveraineté est inaliénable. Les élus ne sont donc
que des administrateurs et non des représentants.
2° Implications
La démocratie directe
Puisque c’est le peuple qui détient la souveraineté il est logique que ce soit lui-même qui
élabore la Constitution ou encore qui légifère. Bref le pouvoir est exercé par le peuple,
directement.
C'est par le biais d’assemblées du peuple, que fonctionne ce système. Ainsi en Suisse dans
trois cantons (Appenzell, Unterwald, Glaris) la Landsgemeinde se réunit au printemps et
adopte les lois. Ce système ne peut matériellement fonctionner que dans de très petits pays.
La démocratie semi-directe
Le référendum
Le recall
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C’est une technique utilisée dans certains Etats américains par laquelle le peuple peut décider
de mettre fin au mandat des représentants.
2. La souveraineté nationale
C'est SIEYES qui peut être considéré comme l’auteur de cette théorie, même si d’autres
Révolutionnaires reprendront et développeront à leur tour les principaux éléments de cette
conception. Grâce à la décolonisation, c’est le 30 juin 1960 que la république démocratique
du Congo acquiert sa souveraineté nationale. Malheureusement, la Loi fondamentale ne dit
rien sur cette notion. Elle se contente de dire simplement, à son article 6, que «Le Congo
constitue, dans ses frontières actuelles, un Etat indivisible et démocratique ». Pourtant, depuis
le 18 octobre 1908, la Charte coloniale reconnaissait une personnalité juridique au Congo
belge. Il fallait attendre le 1er aout 1964 que la Constitution précise expressément que « La
République Démocratique du Congo constitue, dans ses frontières au 30 juin 1960, un Etat
souverain, indivisible, démocratique et social. »
1° Fondements
Titulaire
En quelque sorte c’est le peuple sublimé et non pas le peuple réel qui est titulaire de la
Souveraineté nationale.
Cette conception est énoncée dans la Déclaration des Droits de l’Homme (art 3) : « Le
principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation ».
Exercice
Electorat – fonction
Mandat représentatif
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Les représentants sont ceux de la Nation et non de leurs électeurs. « Les représentants
nommés dans les départements ne seront pas représentants d’un département particulier,
mais de la Nation entière » Constitution française de 1791.
Ainsi, aux termes de l’article 101 de la Constitution de 2006, « Les membres de l’Assemblée
nationale portent le titre de député national. Ils sont élus au suffrage universel direct et
secret(…)Le député national représente la nation. Tout mandat impératif est nul... »
2° Implications
La démocratie représentative
Définition
Conséquences
Au départ, il est oligarchique puisque les représentants ne sont qu’une infime minorité : l’élite
économique, intellectuelle et sociale. C'est ce qui s’est passé en Angleterre mais aussi en
France à l’époque de la Révolution et sous la monarchie constitutionnelle. Avec la
généralisation du suffrage universel, le régime représentatif se transformera en démocratie
représentative.
Seules les assemblées peuvent exprimer la volonté de la Nation par conséquent le référendum
est prohibé. Quant aux actes des assemblées, ils sont insusceptibles de contrôle. Le contrôle
de constitutionnalité est lui aussi prohibé.
la démocratie ultra-représentative
Selon le mot du Doyen VEDEL la démocratie représentative a été victime d’un «absolutisme
représentatif ». Cela s’est traduit de deux manières :
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On débouche ainsi sur ce que l’on a appelé «la Souveraineté parlementaire». De simple
organe exprimant parmi d’autres la volonté de la Nation, l’Assemblée devient le véritable
titulaire de la Souveraineté.
- par la captation du pouvoir par les comités directeurs des partis politiques
La discipline de vote conduit les députés à abdiquer leur liberté au profit de structures
partisanes qui pratiquent ainsi le mandat impératif, mais qui elles-mêmes ne sont absolument
pas responsables. On débouche ainsi sur le «régime des partis »
la démocratie semi-représentative
C’est un concept mis en avant par Adhémar ESMEIN et repris par Julien LAFERRIERE.
C’est bien sûr la généralisation du suffrage universel qui provoque ce phénomène, désormais
les élus le sont par l’ensemble des citoyens, de fait ils deviennent leurs représentants.
Mais certaines pratiques électorales vont de leurs côtés atténuer le caractère représentatif du
mandat. Ainsi les élus s’engagent-ils devant leurs électeurs sur des programmes, par des
promesses électorales. A l’inverse les électeurs contrôlent de plus en plus les élus par le «
chantage » à la non-réélection. Un lien s’établit entre eux dans les deux sens.
C’est l’élection directe ou quasi directe des exécutifs ( E.-U., G-B, France Ve) qui est à cet
égard l’élément déterminant. Mais, le phénomène majoritaire complète le phénomène en
conduisant à transformer les programmes électoraux en programmes de gouvernement. En
votant pour des députés les électeurs choisissent des représentants mais ils choisissent aussi la
politique qui sera appliquée.
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au corps électoral par un mandat représentatif qui leur confère un pouvoir discrétionnaire et
une indépendance vis-à-vis de l’électorat, ils ne sont soumis qu’à une seule sanction, celle de
la non-réélection. Des formes plus achevées d’exercice de la démocratie viennent aujourd’hui
compléter le seul pouvoir d’élection accordé à l’origine aux citoyens dans le cadre du système
exclusivement représentatif.
Elles sont, en principe, classiquement consacrées par les Constitutions démocratiques à côté
des dispositions relatives au pouvoir d’élection.
La Constitution du 18 février 2006 adhère entièrement à cet état de droit. A son article 5, elle
identifie le peuple comme étant le titulaire de la souveraineté dans l’État et lui donne les
moyens d’exprimer son pouvoir souverain (Art.5, art.27, art. 70, art. 101, art.214 et art.218).
Parallèlement, elle définit son attachement au système représentatif en reconnaissant la nullité
du mandat impératif (art. 101 al.5).
En République Démocratique du Congo, les individus sont des citoyens, avec des droits
politiques, civils et sociaux, mais aussi des devoirs. Le citoyen dispose de droits politiques et
peut aussi, dans une société démocratique, s’impliquer dans les causes qu’il souhaite
défendre. Pour exercer ses droits politiques, il faut être de la nationalité congolaise selon
l’article 11 de la Constitution.
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D'après l’esprit et la lettre de cette loi, la nationalité congolaise d'origine est reconnue à
l'enfant dès sa naissance, en considération de deux éléments de rattachement de l'individu à la
RDC: 1°) sa filiation à l'égard d'un ou des deux parents congolais (jus sanguinis), son
appartenance aux groupes ethniques et nationalités dont les personnes et le territoire
constituaient ce qui est devenu le Congo à l'indépendance (jus sanguinis et jus soli); 2°) sa
naissance sur le territoire de la RDC (jus soli).
On peut être congolais d'origine par appartenance (art.6), par filiation (art. 7) ou par
présomption de la loi (art. 8 et 9). La nationalité congolaise d'origine est donc fondée sur le
droit du sang (jus sanguinis) et sur le droit du sol (jus soli).
À noter que la nationalité congolaise d'origine peut être perdue du fait de l'acquisition d'une
nationalité étrangère. Néanmoins, la loi prévoit la possibilité du recouvrement de cette
nationalité perdue. Ce recouvrement entraîne, à son tour, la perte de la nationalité qui a été
acquise.
La nationalité congolaise peut être acquise par un étranger. La loi définit cinq modes
d'acquisition de la nationalité congolaise: 1°) par l'effet de la naturalisation; 2°) par l'effet de
l'option; 3°) par l'effet de l'adoption; 4°) par l'effet du mariage; 5°) par l'effet de la naissance
et de la résidence en RDC. L'acquisition de la nationalité congolaise entraîne la perte de la
première nationalité.
La nationalité donne droit à participer aux affaires politiques en tant que citoyen. Bien que le
terme de citoyen soit maintenant utilisé à tout propos, il a un sens précis. Il définit un
ensemble de droits et de devoirs et il caractérise notre régime politique, dans lequel le citoyen
est à la source de la légitimité politique.
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Le citoyen n’est pas un individu concret. On ne rencontre pas le citoyen, c’est un sujet de
droit. Il dispose à ce titre de droits civils et politiques. Il jouit des libertés individuelles, la
liberté de conscience et d’expression, la liberté d’aller et venir, de se marier, d’être présumé
innocent s’il est arrêté par la police et présenté à la justice, d’avoir un avocat pour le défendre,
d’être traité par la justice selon une loi égale pour tous. Il dispose des droits politiques :
participer à la vie politique et être candidat à toutes les fonctions publiques. En revanche, il a
l’obligation de respecter les lois, de participer aux dépenses collectives en fonction de ses
ressources et de défendre la société dont il est membre, si elle se trouve menacée. La
citoyenneté définit un ensemble de droits et de devoirs réciproques. Le citoyen réclame
légitimement de l’État le respect de ses droits parce que l’État réclame légitimement du
citoyen l’accomplissement de certains devoirs.
La citoyenneté est aussi le principe de la légitimité politique. Le citoyen n’est pas seulement
un sujet de droit individuel. Il est détenteur d’une part de la souveraineté politique. C’est
l’ensemble des citoyens, constitués en collectivité politique ou en « communauté des citoyens
», qui, par l’élection, choisit les gouvernants. C’est l’ensemble des citoyens qui est à la source
du pouvoir. C’est pourquoi les décisions prises par les gouvernants élus par eux doivent être
exécutées. Les citoyens doivent obéir aux ordres des gouvernants, parce que ceux qui leur
donnent ces ordres ont été choisis par eux et restent sous leur contrôle par l’intermédiaire des
élections.
La citoyenneté organise une société dont tous les membres sont juridiquement et
politiquement égaux, quelles que soient leurs origines et leurs caractéristiques. Elle repose sur
l’idée de l’égale dignité de tous les êtres humains.
La démocratie représentative telle qu’elle existe dans le monde depuis le 18 ème siècle implique
que le peuple élise ceux qui gèrent les affaires publiques en son nom et à sa place. L’élection
de ces derniers qu’on appelle gouvernants, est faite suivant les systèmes électoraux qui varient
selon qu’on est dans les pays à régime politique monopartite ou dans les pays à régime
multipartiste.
Le système majoritaire est cette forme de l’élection où est élu celui qui obtient la majorité des
voix. Il peut se présenter soit sous forme de scrutin majoritaire à un tour, soit sous celle de
scrutin majoritaire à deux tours, soit encore sous celle de scrutin uninominal, soit encore sous
celle de scrutin plurinominal. Le scrutin majoritaire à un tour est la forme de système
majoritaire où est élu celui qui obtient le plus grand nombre des voix quel que soit le total des
voix obtenues par les autres candidats. C’est le cas de l’élection du président depuis la
réforme de 2011 et celle de circonscriptions ayant un seul siège à pouvoir pour les législatives
nationales et provinciales. Le scrutin majoritaire à deux tours est la forme de système
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majoritaire où est élu celui qui obtient la majorité absolue des voix exprimées, c’est-à-dire la
moitié des voix plus une au moins. Le scrutin uninominal est la forme de système majoritaire
où un seul candidat est élu par circonscription électorale. Le scrutin plurinominal est la forme
de scrutin majoritaire où plusieurs candidats sont élus dans une circonscription électorale. Il
est à observer que dans le cas des provinces, le gouverneur et le vice-gouverneur sont élus sur
une liste.
Dans un Etat de droit, la démocratie n’est pas seulement le règne de la majorité, elle est aussi
le respect du droit des individus et des minorités et surtout de la Constitution. Ainsi, la
démocratie est à la fois juridique et politique. De ce point de vue, elle consacre la suprématie
constitutionnelle même si la Constitution est révisable.
A. La suprématie constitutionnelle
La Constitution est la règle juridique suprême. Aussi toutes les règles inférieures doivent lui
être conformes. C’est pourquoi le constituant a prévu aux articles 139 et 160 le contrôle de la
constitutionnalité des édits et lois exercé par la Cour constitutionnelle.
B. La révision constitutionnelle
La constitution doit rester vivante et s’adapter aux changements des institutions sociales et
politiques. Une constitution trop rigide favorise le coup de force mais aussi une constitution
très souple n’offre pas stabilité.
Le constituant congolais a mis en place une constitution semi-rigide qui accepte la révision
tout en lui opposant certaines limitations.
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- L’examen de bien fondé de l’initiative : cet examen est confié aux chambres
parlementaires. Il constitue un mécanisme de filtrage de mécanisme de révision ;
- L’adoption ; qui est faite soit par le Congrès à la majorité de 3/5 de ses membres, soit
par le peuple consulté par voie de référendum.
Les limitations temporelles sont prévues à l’article 219 qui interdit de réviser lorsqu’il y a état
d’urgence, état de siège, état de guerre ; lorsqu’il y a un président à l’intérim et lorsque le
Parlement ne peut pas se réunir librement.
Les limitations matérielles sont contenues à l’article 220 qui interdit de réviser certaine
matières, on parle également des « clauses d’éternité ».
- Le suffrage universel ;
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[Link] GENERALE
Depuis l’EIC jusqu’à la 3ème République, en passant par le Congo-Belge, la 1 ère , la 2ème
Républiques et la Transition, ce pays a connu nombreuses constitutions qui ont su s’adapter à
chaque étape de l’histoire congolaise. Comme le note, à juste titre, D. LAVROFF 22,
« L’histoire est un excellent moyen pour étudier le politique. Elle donne des renseignements
sur la manière dont les sociétés ont été gouvernées et offre à la réflexion un ensemble
d’expériences très variées ainsi que le destin qu’elles ont connu. La connaissance des
doctrines ou des idées relatives à l’organisation sociale qui sont apparues ou furent appliquées
à un moment donné est très riche d’enseignement et indispensable pour comprendre les faits
qui se déroulent sous nos yeux. La connaissance du passé permet de comprendre le présent ».
C’est en se basant sur l’histoire constitutionnelle de la République démocratique du Congo
que nous sommes arrivés à comprendre le droit constitutionnel congolais.
L’actuelle Constitution est porteuse de trace de cette histoire. Elle s’est inspirée des
dispositions des certaines constitutions précédentes et a apporté certaines innovations.
Il est à conclure que le cours de droit constitutionnel congolais a pour objectif général de
parcourir l’histoire constitutionnelle de la RDC et de comprendre l’économie générale de la
Constitution actuelle. Il reste aux gouvernants de le respecter et aux gouvernés d’être vigilants
22
G. LAVROFF D. Le Droit constitutionnel de la Vème République, Paris, Dalloz, 1999.
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afin que ladite constitution acquise dans le sang et les larmes ne puisse pas être violée au bon
vouloir des politiciens.
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