Adaptation au Changement Climatique au Maroc
Adaptation au Changement Climatique au Maroc
Ministère de la Transition Energétique et du Développement Durable,
Département du Développement Durable
[Link]
9, Avenue Al Araar, Secteur 16, Hay Riad, Rabat
Tél. : 05 37 57 66 49/50/51 Fax : 05 37 57 04 68
1. INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
5. ACTIONS D’ADAPTATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
6. SUIVI ET ÉVALUATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
7. ÉTAPES FUTURES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Centre de Compétences Changement Climatique
Adaptation à Base Communautaire
Agences de Bassins Hydrauliques
Adaptation au Changement Climatique
Agence Nationale pour le Développement des Zones Oasiennes et de l'Arganier
Association Professionnelle des Cimentiers du Maroc
Rapport Biennal Actualisé (de l’anglais Biennal Update Report)
Changement Climatique
Communication Nationale
Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique
Convention sur la Diversité Biologique
Contribution Déterminée au niveau National
Confédération Générale des Entreprises du Maroc
Comité Interministériel de Gestion des Risques Naturels
Département des Eaux et Forêts
Direction Générale de la Météorologie
Direction Régionale de l'Environnement
Groupe de Travail « Vulnérabilité/Adaptation »
Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat
Haut-Commissariat au Plan
Initiative Entreprises Climat Maroc
Initiative Nationale pour le Développement Humain
Moroccan Agency for Solar Energy
Moroccan natural hazards Probabilistic Risk Assessment
Mesures d'Atténuation Appropriées au niveau National
Objectifs de Développement Durable
Organisations Non Gouvernementales
Observatoire Régional de l’Environnement & Développement Durable
Plan d’Action Opérationnel pour l’Adaptation (secteur de la santé)
Plans Communaux de Développement
Plan Climat National
Plan Climat Territorial
Plan Directeur de l'Aménagement Intégré des Ressources en Eau
Partenariat pour les Forets Marocaines
Produit Intérieur Brut
Plan National d’Adaptation
Plan National de l’Eau
Programme National d’Économie de l’Eau d’Irrigation
Programme des Nations Unies pour le Développement
Plans Régionaux de Développement Durable
Groupe de Travail Vulnérabilité & Adaptation
Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme
Système d’Information Régional de l’Environnement et du Développement Durable
Schéma National d’Aménagement du Territoire
Stratégie Nationale de Développement Durable
Stratégie Nationale de l’Eau
Stratégie et Plan d’actions National pour la biodiversité nationale.
Schémas Régionaux d’Aménagement des Territoires
Au Maroc l’organisation des sessions de la Conférence des Parties à la CCNUC, en 2001 puis en
2016 à Marrakech, a considérablement enrichi la visibilité nationale de cette thématique.
Le Maroc s’est dans un premier temps penché sur l’aspect stratégique du PNA ou PNSA, à travers
lequel, il vise à rendre la planification de l'adaptation socialement inclusive, sensible au genre et
flexible, tout en soutenant les actions d'adaptation prioritaires dans les secteurs et les écosystèmes
les plus vulnérables au climat.
« Objectif du PNSA : d’ici 2030, soutenir les décideurs politiques et les parties prenantes à tous
les niveaux (national, territorial et local) pour développer et mettre en œuvre dans le cadre
d’une approche collaborative et coordonnée, des politiques et mesures cohérentes et
efficaces, plaçant l’Homme au centre des préoccupations, afin de s’adapter et d’accroître la
résilience des écosystèmes naturels et des secteurs sociaux et économiques face aux impacts
du changement climatique ».
Pour contrer l’évolution du CC, le PNSA a adopté une série de politiques s’inscrivant dans une
approche gagnante, puisqu’elles visent à la fois à s’adapter au CC, à atténuer ses effets et promouvoir
les synergies entre les actions entreprises pour réaliser la CDN et celles pour atteindre les ODD.
Le PNSA est scindé en cinq axes et objectifs stratégiques structurant ainsi les priorités du
Pays en matière d’adaptation, et qui sont déclinés en orientations stratégiques et mesures
prioritaires.
25 128
5 Orientations Mesures
Axes stratégiques prioritaires
Le PNSA trouve son ancrage dans la Stratégie Nationale du Développement Durable, en se basant sur une
série de stratégies et programmes récemment élaborées, entre autres, le Programme National
d’Approvisionnement en Eau potable et d’Irrigation 2020-2027, la stratégie agricole « Génération Green
2020-2030 » et la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 ».
L’objectif principal du PNSA est d’éclairer la mise en œuvre des actions nécessaires pour adapter, d’ici
2030, les territoires du Maroc aux CC, en cohérence avec les objectifs de long terme de l’Accord de
Paris, selon une approche d’alignement systématique progressive, où les engagements en matière
d’adaptation dans la CDN sont identifiés par le biais de ses processus, et favorisant l’adaptation aux
avantages connexes d’atténuation et de développement durable.
Le climat du Maroc est très varié : il est aride et désertique sur les provinces sud et le sud-est de la
chaine de l’Atlas, tempéré sur la moitié nord avec apparition de zones semi-aride notamment à
Souss, El Haouz et l’Oriental. En effet, les quantités moyennes annuelles des précipitations se
dégradent en allant du nord vers le sud et du nord-ouest vers le sud-est.
Le Maroc fait partie des pays les plus concernés par le CC et ses impacts. L’analyse des données
climatiques sur la période 1960-2018 montre que le Maroc a connu une réduction des précipitations,
une augmentation des températures et une accentuation de l’aridité du climat.
Le Royaume du Maroc est particulièrement susceptible d'être affecté par trois types d'impacts climatiques :
l'augmentation des températures ; les changements dans les régimes de précipitations et l'augmentation
de l'aridité climatique. Ces types d’impact sont associés à l'amplification de la fréquence et de l'intensité des
événements météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses sévères, les inondations, l’élévation du
niveau de la mer, les incendies de forêt, les vagues de chaleurs et de froid, mais aussi les tempêtes et
submersions marines, les glissements de terrains, les invasions acridiennes, ou encore les tempêtes de
neige. Une part significative de la population marocaine et plusieurs secteurs clefs de son économie sont
particulièrement vulnérables à ces aléas. Les plus importants en termes d’impacts potentiels sur les plans
humain et économique sont les risques d’inondations et de sécheresse, qui peuvent toucher de
nombreuses régions du pays.
Le Bilan partiel des catastrophes naturelles historiques majeures, lié aux inondations et
sécheresses/vagues de chaleur, au Maroc 1900-2019, a été estimé à 10 milliards de USD 1. Entre 1995
et 2005, les inondations ont provoqué plus de 1 165 morts, affecté plus de 232 896 habitants, et
entraîné plus de 295 millions de dollars américains de dommages.2
Le risque de sécheresse peut aussi avoir des conséquences sur l’alimentation en eau. Selon la
Banque Mondiale (2014), le Maroc a 90 % de chances de subir un évènement causant des pertes de
1 milliards de USD dans les 30 prochaines années, ce qui représente 1% du PIB national sur une
année donnée.
L’agriculture marocaine est un secteur socio-économique clé, en raison de son rôle stratégique
en matière de sécurité alimentaire, d’approvisionnement de l’industrie agro-alimentaire,
d’emploi, de mobilisation de devises et de stabilisation des populations rurales. Même si
l'agriculture ne représente normalement qu'environ 15% du PIB, près de 40% des emplois sont
dans l'agriculture ou liés à l'agriculture, de sorte que les changements dans la production
agricole en raison des changements dans la disponibilité de l'eau et les rendements des
cultures ont un impact prononcé sur le PIB
1
Projet de la Stratégie Nationale de la Gestion des Risques des Catastrophes Naturelles 2020-2030. Ministère de l’Intérieur, 2020.
2
MCII & GIZ (2019). Feuille de route pour la gestion intégrée des risques climatiques : Risque d’inondation dans le secteur des petites et moyennes
entreprises au Maroc.
Désormais, selon les différentes études réalisées, le changement climatique peut impacter
négativement le secteur agricole, et particulièrement l’agriculture familiale, en induisant :
. La chute de la productivité agricole, surtout pour les cultures pluviales et celles pour
. lesquelles le progrès technologique réalisé est faible ou nul, tels que l'orge, le blé dur, le
. blé tendre, l'olivier, et les légumineuses alimentaires ;
. La perte de fertilité des sols en raison de la baisse de la matière organique des sols et de
. l'érosion hydrique et éolienne ;
. La dégradation des parcours ;
. La baisse du revenu des agriculteurs, l’augmentation du chômage en milieu rural et
. l’augmentation de l’exode rural.
La situation de pénurie hydrique au Maroc est alarmante, ses ressources en eau sont
actuellement évaluées à moins de 650 m3/habitant/an, contre 2.500 m3 en 1960. Le
Haut-Commissariat au Plan a estimé dans son rapport « Perspective Maroc 2030 » que la
croissance démographique va provoquer une tendance à la baisse des eaux disponibles par
habitant, la tendance à la baisse va se poursuivre dans le futur et chuter à 500 m/hab./an
3
en
2030.
Le Maroc devrait faire face à une pénurie d'eau extrême d'ici 2050. Considérant les impacts
graves et négatifs du changement climatique futur, le pays pourrait être poussé au cours des
prochaines décennies bien au-dessous du « seuil de rareté extrême de l'eau ».3
Ce profil pessimiste de vulnérabilité du secteur de l’eau est imputé à plusieurs facteurs dont la
distribution inégale des précipitations dans l’espace et dans le temps, la faiblesse du système
de distribution d’eau et l’incapacité de mettre en place des moyens de contrôle efficaces. Le
caractère irréversible de la raréfaction des ressources hydriques au Maroc s’accentuera
davantage si aucune mesure n’est prise ou encore si les réformes annoncées tardent à être
mises en œuvre.
Les écosystèmes marins et côtiers nationaux, de part, leur forte dépendance de paramètres
climatiques tels que l’upwelling, les précipitations, la température, la salinité, les vents, sont
très vulnérables aux CC.
3
BM, 2017
.
Dans le bassin méditerranéen, la pêche sera impactée par des changements dans la répartition
et l’abondance des stocks halieutiques (lié au réchauffement de l’eau, aux changements de
salinité). Les prises potentielles pourraient être ainsi réduites de 5% d’ici 2050 sous le scénario
pessimiste (RCP8.5- GIEC-), avec un changement dans la composition des prises marqué
notamment par la croissance d’espèces tropicales.4
5
En atlantique, les projections du GIEC prévoient des changements profonds dans la répartition
biogéographique des espèces avec le réchauffement océanique, ce qui entraînerait une
redistribution à grande échelle du potentiel de capture global.
Ces impacts auront des conséquences sur les professionnels du secteur halieutique et plus
particulièrement les pêcheurs artisans et les petits aquaculteurs sans oublier les
transformateurs de poissons qui emploient une grande majorité de femmes qui seront
probablement les plus touchées étant donné leur capacité d’adaptation limitée puisque ces
ressources contribuent majoritairement à leur sécurité et bien-être social.
Le secteur forestier marocain contribue à l’économie nationale pour près de 2% au PIB agricole
et 0,4% au PIB national. Il crée l’équivalent de 10 millions de journées de travail,
essentiellement dans le milieu rural (ex. les valeurs générées par l’Arganeraie représentent
7,2% du PIB de la région du Sous Massa).
Le changement climatique peut avoir des effets néfastes sur la biodiversité et les écosystèmes
forestiers marocains, déjà fragiles, en raison de la pression accrue sur les ressources. Ces
impacts seront certes d’ordre écologiques, avec une modification des aires de répartition des
espèces et donc des paysages, une érosion plus forte des sols ; mais ils seront aussi
économiques et sociaux, caractérisés par l’augmentation des risques d’incendie, une forte
sensibilité aux insectes et aux maladies, une diminution de la productivité et un
appauvrissement des populations vivant sur les ressources forestières.
4
(Energies 2050, Institut de la Méditerranée, édition 2018)
5 Pörtner et al., 2014
Vulnérabilité du littoral
Le bord de mer concentre les zones soumises à l’érosion côtière et exposées à la submersion
marine. Conjuguée à des conditions météo-marines extrêmes (intensité et fréquence accrues
des houles), l’élévation du niveau de la mer pourrait causer des inondations importantes. Les
plus fortes vagues arrivant à la côte pourront également générer des phénomènes d’érosion et
de déstabilisation des ouvrages de défense. Le secteur Haouzia (El Jadida) caractérisé par une
concentration des activités économiques importantes, connaît une érosion dont l’ampleur du
7
recul de la falaise varie, selon les zones, entre (0,17 et 0,23 m/an) et menace sérieusement les
infrastructures économiques installées et avoisinant ces falaises.
Selon une étude de la Banque Mondiale en 2011, menée sur Casablanca et la vallée du
Bouregreg (Rabat), la totalité des coûts annuels afférents aux désastres liés au CC, est estimée
à 1 162 MDH à l’horizon 2030 (scénario pessimiste). Cela représente 222 DH/pers/an, soit 0,26%
du PIB de Casablanca et de la vallée du Bouregreg à cet horizon. De nos jours, les submersions
marines, exemple à Salé, sont de plus en plus fréquentes et violentes depuis 2014.
Pour la côte méditerranéenne du Maroc, le niveau de la mer a montré une élévation d'environ
0,6 mm / an pour la période 1945 à 2000 et sur la côte atlantique on observe une élévation
entre 1,6 à 2 mm/an pour la période 1955-2003 (TCN, 2016).
Les Oasis et zones désertiques qui représentent plus de 40 % du territoire, sont des territoires
pauvres, faiblement équipés en infrastructures et d’une grande fragilité.
Les zones de montagnes et des oasis, sont des territoires de contraste car ils concentrent une
grande majorité de ressources en eau, faune et flore du Royaume, alors que la population y
vivant souffre d’une grande pauvreté puisque l’ensemble des indicateurs sociaux sont en deçà
de la moyenne nationale. Les ressources pastorales sont les premières impactées et l'érosion
des sols restent parmi les grands problèmes qui menacent la durabilité des systèmes de
production et les communautés relevant de ces zones particulièrement vulnérables.
6
HCP, Les cahiers du Plan, N° 52 • Mai 2019
7 [Link]
La santé humaine est profondément touchée par les intempéries et le climat. Le CC menace
d’aggraver les problèmes de santé actuels – décès causés par des événements climatiques
extrêmes, maladies cardiovasculaires et respiratoires et malnutrition – tout en affectant
l’approvisionnement en eau et les denrées alimentaires, les infrastructures, les systèmes de
santé et les systèmes de protection sociale.
Le Maroc devient de plus en plus urbain. Le taux d'urbanisation au Maroc est passé de 55,1%
en 2004 à 60,3% en 2014 (HCP). D’ici 2050 plus de 70 % des habitants du Maroc vivra dans des
villes, avec des implications majeures sur l’occupation du sol, l'utilisation des ressources,
l'énergie, l'eau et l'assainissement, la santé et le bien-être.
L'évaluation de l'efficacité de l'utilisation des terres pour le Maroc a été inférée à la base de
l’indicateur ODD 11.3.1. Cet indicateur est défini comme étant le rapport entre le taux de
consommation de terres et le taux de croissance de la population. La quasi-totalité des villes du
royaume affiche une valeur supérieure à 1 (neutralité) et s’éloignent, inégalement, de la
8
durabilité (figure 1).
12
8
Bounoua L, N. Fathi , M. El Berkaoui , L. El Ghazouani and M. Messouli. 2020. Assessment of Sustainability Development in Urban Areas
of Morocco. UrbanSci. 2020, 4, 18; doi:10.3390/urbansci4020018
Un projet de loi sur le climat est en cours de finalisation. Ce projet de loi a pour but de fixer les
principes fondamentaux, les objectifs nationaux et le cadre de gouvernance intégrée et inclusive de
l’action de l’État pour lutter contre le changement climatique.
En tant qu’Autorité Nationale Désignée auprès du Fonds Vert pour le Climat, le Département de
Développement Durable joue un rôle facilitateur du processus d’accréditation d’Entités nationales
auprès dudit Fonds : MASEN, AttijariWafa Bank, CDG Capital, et l’Agence pour le Développement
Agricole (ADA).
La Commission Spéciale sur le Nouveau Modèle de Développement (CSMD) mise en place par
Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a élaboré, selon une approche hautement
concertée, un Nouveau Modèle de Développement (NMD) qui souligne les effets du
Changement Climatique sur la biodiversité nationale et sur les ressources naturelles. Il
reconnait également les efforts volontaires consentis par le pays en termes d’atténuation, mais
préconise d’œuvrer davantage pour concevoir et mettre en œuvre des mesures d’adaptation
au Changement Climatique. En effet, quasiment tous les secteurs socioéconomiques clés du
pays sont négativement impactés par les effets néfastes du Changement Climatique.
Le NMD préconise que les citoyens ont accès à un environnement sain, favorable au bien-être,
résilient au changement climatique, préservant la biodiversité, et permettant une utilisation
rationnelle des ressources naturelles. Les citoyens ont accès à des opportunités économiques
importantes, en lien avec le potentiel de leurs régions, dans des secteurs locaux comme
l’économie verte et bleue et dans l’agriculture familiale.
La SNDD vise à accélérer la transition vers une économie verte et inclusive à l’horizon 2030.
Cette vision se focalise sur sept enjeux prioritaires qui ont été déclinés en 31 axes stratégiques
et 137 objectifs. L’enjeu 4 dédié au changement climatique ambitionne d’« accélérer la mise en
œuvre de la politique nationale de lutte contre le changement climatique ». Selon le
Département de Développement Durable, les 31 axes stratégiques et les 137 objectifs de la
version actuelle de la SNDD couvrent environ 70% des cibles des 17 ODD de l’Agenda 2030.
Le Maroc a élaboré son Plan Climat National 2020-2030 (PCN) qui vise à asseoir les
fondamentaux d’un développement sobre en carbone et résilient au CC. Afin d’assurer une
intégration verticale, dans le cadre de la déclinaison de sa politique climatique au niveau
territorial, tout en capitalisant sur le processus de régionalisation avancée, le Département de
Développement Durable est en train de doter toutes les régions de Plans Climat Territoriaux
(PCT).
Cette stratégie s’inscrit dans la démarche dictée par le Cadre d’action de Sendai (2015-2030)
pour la réduction des risques de catastrophes. Ses 5 axes majeurs s’articulent autour du I)
renforcement de la gouvernance de gestion des risques naturels, II) l’amélioration de la
connaissance et de l’évaluation de ces risques, III) la mise en place des instruments de
prévention de ces risques et développement de la résilience, IV) la préparation au relèvement
et à la reconstruction et, V) la promotion de la recherche scientifique, de la coopération
internationale et le renforcement des capacités en matière de gestion des risques. Cette
stratégie a été accompagnée d’un plan quinquennal opérationnel de mise en œuvre sur la
période 2020-2025 se composant de 18 programmes et 56 projets. Un plan d’urgence
d’actions prioritaires a été élaboré pour le triennat 2020-2022 pour pallier aux insuffisances et
défaillances en matière de préparation de gestion de ces risques.
Dans son premier fondement, la nouvelle stratégie agricole vise à faire émerger une nouvelle
génération de classe moyenne agricole pour près de 350.000 à 400.000 nouveaux ménages et
de stabiliser 690 000 ménages dans cette classe et une nouvelle génération de jeunes
entrepreneurs et d'organisations agricoles ainsi qu’à mettre en place une nouvelle génération
de mécanismes d’accompagnement.
Outre le volet social et humain, la stratégie vise, dans le cadre de son deuxième fondement, le
développement et la consolidation des filières de production agricoles, l’amélioration des
conditions de commercialisation et de distribution des produits agricoles et la structuration et
la modernisation des chaînes de distribution, la promotion de la qualité, la digitalisation,
l’innovation et la Green-Tech et le développement d’une agriculture durable et résiliente au
changement climatique.
Dans cette même optique, durant la COP22 qui s’est tenue à Marrakech du 7 au 18 novembre
2016, le Maroc a lancé l’Initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine dite triple A ou
AAA, qui a été saluée par le Sommet Africain de l’Action tenu le 16 novembre 2016, en marge
de la COP 22 sous la présidence de Sa Majesté le Roi du Maroc Mohammed VI qui a rappelé à
cette occasion que :
Cette initiative constitue une réponse innovante et extrêmement concrète aux défis communs posés
par le changement climatique. Elle vise à lever un financement plus important au profit de
l’Adaptation de la petite Agriculture Africaine ; elle accompagnera également la structuration et
l’accélération de projets agricoles, en s’appuyant sur quatre programmes :
La gestion rationalisée des sols ;
La maîtrise durable de l’eau agricole ;
La gestion des risques climatiques ; et
Le financement solidaire des petits porteurs de projets.
L’objectif de la stratégie Forêt 2030 est de rendre le secteur forestier plus compétitif et durable,
à travers un modèle de gestion inclusif et créateur de richesses qui place les populations
usagères au cœur de la gestion des forêts. La stratégie repose sur cinq orientations : i) rendre le
domaine forestier un territoire de développement ; ii) assurer sa durabilité ; iii) adopter une
approche participative avec tous les intervenants ; iv) renforcer les capacités productives des
forêts ; et v) protéger la biodiversité. Trois moteurs animent cette stratégie : Mieux réussir les
reboisements, Mieux impliquer les populations, et Mieux agir au niveau local.
Plusieurs initiatives ont été lancées ces dernières années au Maroc pour soutenir des secteurs
générant des revenus faibles et des communautés qui vivent dans la précarité et dans des conditions
socioéconomiques difficiles. Dans ce cadre, l’activité de pêche artisanale bénéficie d’action pour
améliorer les conditions difficiles de travail des pêcheurs artisans notamment dans le monde rural.
Ainsi en plus d’actions visant l’amélioration des conditions de vie et de travail des marins de la pêche
artisanale (formation, organisation en coopératives et encadrement) réalisées au profit des
communautés rurales vivant des activités halieutiques, d’autres actions ont été mises en œuvre dans
le cadre du Plan National d’Aménagement du Littoral afin de :
Réaliser les infrastructures de base nécessaires à l’exercice de l’activité de pêche et
promouvoir une meilleure valorisation des produits de la mer grâce à leur
commercialisation à la criée dans les halles aux poissons ;
Créer des micro-pôles de développement, générateurs d’emploi et d’activité de
nature à sédentariser la population et à atténuer l’exode rural ;
Améliorer les conditions de travail et matérielles des artisans pêcheurs ;
Compléter un réseau portuaire relativement dense de 22 Ports de pêche via 44 Points
de Débarquement Aménagés et Villages De Pêcheurs qui ont été construits à cet effet.
Cette stratégie s'attaque aux causes de perte de la biodiversité et de l’érosion des services
écosystémiques. La SPANB incorpore des exigences de prendre les mesures nécessaires en vue
d’augmenter la résilience des écosystèmes et la contribution de la biodiversité aux stocks de
carbone, notamment au moyen de la conservation et de la restauration, des mesures
d’atténuation et d’adaptation aux CC.
L’approche services écosystémiques pour renforcer les Solutions fondées sur la Nature
9
[Link]
3. Évaluation, prévention Protéger les personnes et les biens face aux risques climatiques et préparer les
filières économiques aux changements attendus, ce qui accompagnera
et réduction des vulnérabilités l’évolution et renforcera le potentiel de création d’emplois et d’innovation.
et des risques climatiques
Renforcer la résilience des secteurs économiques les plus vulnérables face au CC.
5. Résilience des secteurs de
production
Le PNSA décrit des mesures nationales pour les prochaines années, couvrant la période 2020-2030.
Le-GT VA établira un premier bilan annuel, qui sera largement diffusé aux niveaux national et des
territoires. Il fera état des résultats atteints dans l’exécution du plan, ainsi que des résultats et initiatives
portées au niveau des territoires par les Plans Régionaux de Développement Durable (PRDD) et PCT.
Objectifs
Description
Formaliser les actions du Groupe de Travail « Vulnérabilité & Adaptation » (GT-VA) afin de coordonner
la planification, assurer le suivi de la mise en œuvre du PNSA et évaluer le progrès d’adaptation (suivi,
évaluation, notification). Le GT-VA veillera à :
Asseoir et accompagner une appropriation politique collective et se donner les
moyens de mettre en œuvre les mesures prévues par le PNSA et les dispositifs
existants et en cours (ex. PCT) ;
Assurer le suivi des avancées au niveau international en matière d’adaptation,
capitaliser et apporter des orientations concernant les meilleures pratiques et les
approches intégrées afin d’incorporer les considérations liées au CC dans les plans et
stratégies de développement, et de favoriser des synergies et des co-bénéfices et
éviter une mauvaise adaptation ;
Développer et suivre la mise en œuvre d’un plan de renforcement des capacités
d’adaptation (en mettant à contribution le Centre de Compétences CC (4C Maroc)) ;
Développer et suivre la mise en œuvre d’une stratégie de mobilisation du soutien
financier du PNSA (apports nationaux, institutionnels, privés, internationaux, etc…) ;
Mesure 1.1.2 Encourager la mise en place des points focaux ou des structures en charge de
l’adaptation au niveau des institutions publiques, privées, de la société civile et de la communauté de
recherche, et les doter de ressources techniques et financières pour un bon fonctionnement et une
pérennité.
Mesure 1.1.3 Consolider la synergie avec les structures pertinentes prévues ou déjà mises en place
au titre d’autres engagements internationaux (Comité de pilotage de la SNDD, Comité
Interministériel de Gestion des Risques Naturels (CIGRN)…etc.).
Mesure 1.1.4 Asseoir une interface science-politique, pour rapprocher la communauté des
chercheurs et experts « climat », des décideurs politiques et du secteur privé, et éclairer la prise de
décision (soutenir et mettre à contribution le 4C Maroc dans ce sens).
Mesure 1.1.5 Développer un référentiel national en matière d’intégration du CC dans les politiques
publiques et rendre obligatoire l’intégration de l’adaptation au CC dans les processus de mise à jour
et de conception des politiques publiques (sectorielles et territoriales).
Orientation Stratégique 1.2 — Ajuster les normes et réglementations pour faire face et s’adapter
au changement climatique.
Objectif
Description
Pour concrétiser son dynamisme et garder son leadership au niveau régional, le Maroc devrait mettre
en place une législation phare qui souligne les principes de base en matière de politique climatique
et définit des objectifs nationaux clairs et à long terme, pour l’ACC ; Identifier et gérer toutes les
barrières culturelles, institutionnelles et juridiques aux politiques d’adaptation, en commençant par
l’introduction des concepts d’adaptation, de résilience, de vulnérabilité et de risque dans les
procédures législatives nationales.
Cette législation est une étape importante vers l’intégration effective du CC dans toutes les politiques
sectorielles.
Mesures prioritaires d’adaptation :
Mesure 1.2.1 Identifier et gérer toutes les barrières culturelles, institutionnelles et juridiques aux
politiques d’adaptation, en commençant par l’introduction des concepts d’« adaptation », de «
résilience », de « vulnérabilité » et de «risque » dans les procédures législatives nationales.
Mesure 1.2.2 Activer la mise en application des textes d’application relatifs à la législation en vigueur
ayant trait à la préservation des ressources en eau à l’instar de la loi 36-15 et poursuivre les réformes
réglementaires de ce secteur pour intégrer les domaines non couverts par la législation existante.
Mesure 1.2.3 Adopter une loi spéciale pour renforcer le cadre juridique de protection contre toute
dégradation de sols et se conformer ainsi aux exigences découlant des conventions internationales
dans ce cadre.
Mesure 1.2.4 Réviser les textes relatifs à la conservation et l’exploitation des forêts pour mieux
intégrer la question du changement climatique :
Accélérer l’actualisation de l’arsenal juridique et des textes relatifs à la conservation et
l’exploitation des forêts, dans le cadre de la nouvelle stratégie Forêts du Maroc 2020-2030
et ce dans un objectif de l’adoption d’un modèle de gestion inclusif, durable et créateur de
richesses, qui place les populations usagères des zones forestières au cœur de la gestion
des forêts en intégrant bien évidement la question du changement climatique.
Normaliser les rôles et les responsabilités des partenaires des écosystèmes forestiers
(administration, collectivités territoriales, ayants droit etc..).
Mesure 1.2.5 Accélérer la mise en place de la loi sur la montagne intégrant préservation,
développement, valorisation et adaptation au changement climatique.
Mesure 1.2.6 Renforcer les mesures législatives et l’application de la loi 81.12 sur le littoral.
Mesure 1.2.7 Accélérer la mise en œuvre du décret d’aménagement et de gestion des pêcheries ; et
mise en œuvre des textes d’application de la loi 73 formant règlement de la pêche maritime relatifs à
l’aménagement des pêcheries et à la préservation des écosystèmes marins.
Mesure 1.2.9 Veiller au respect des exigences réglementaires relatives aux performances
10
énergétiques des constructions (en matière d’adaptation du cadre Bâti).
Mesure 1.2.10 Parachever les réformes réglementaires du secteur du tourisme, en particulier celles
relatives à la refonte du système de classement des Établissements d’Hébergements Touristiques (loi
80-14), et à l’élaboration d’un Règlement Général de Construction (RGC) spécifique au secteur du
tourisme (normes relatives à l’efficacité énergétique et à la rationalisation de l’utilisation de l’eau).
Mesure 1.2.11 Veiller à intégrer constamment le risque climatique dans le projet de loi relatif à
l’aménagement du territoire, et le profil des vulnérabilités spécifiques de chaque territoire dans les
schémas d’aménagement des territoires et dans les documents d’urbanisme en accordant une
vigilance particulière aux territoires sensibles.
Mesure 1.2.12 Adopter de nouveaux standards techniques pour les ouvrages de franchissement en
matière d’écoulement, d’assainissement, de dimensionnement fonctionnel et en fin de sections
routière longeant les lits d’Oueds.
Mesure 1.2.13 Activer la législation nécessaire pour appliquer l’instrument d’Évaluation Stratégique
Environnementale et Sociale prévu dans la loi cadre n°99.12 portant CNEDD.
Mesure 1.2.14 Accélérer la mise en place de la loi sur les oasis intégrant préservation,
développement, valorisation, et adaptation au CC.
Mesure 1.2.15 Mettre en application la loi 113-13 relative à la transhumance. En effet, les impacts
sévères du CC sont marqués notamment par l’avancée de la désertification et des sécheresses
récurrentes, ce qui engendre et aggrave davantage la dégradation de ces espaces et aggrave la
fragilité des équilibres environnementaux et écologiques et les conditions de vie des populations qui
en dépend et dont l’activité de l’élevage constitue la principale source de vie.
10 Le décret n°2-13-874 du 15 octobre 2014 approuvant le règlement général de construction fixant les règles de performance énergétique des
constructions et instituant le comité national de l'efficacité énergétique dans le bâtiment, qui s'applique aux bâtiments résidentiels et
tertiaires à édifier, à l'exception de l'habitat individuel rural, vise à améliorer les performances thermiques des constructions afin de réduire les
besoins de chauffage et de climatisation des bâtiments, améliorer le confort thermique au sein des bâtiments, participer à la baisse de la
facture énergétique nationale et diminuer des émissions de gaz à effet de serre. Il fixe les caractéristiques thermiques que doit respecter
chaque type de bâtiment (résidentiel ou tertiaire) par zone climatique.
Orientation Stratégique 1.3 — Asseoir une bonne gouvernance climatique territoriale, incluant
une meilleure articulation des politiques et initiatives en matière d’adaptation depuis l’échelle
nationale jusqu’à l’échelle locale.
Objectifs
Asseoir des processus de PNSA réussis qui créent des liens intentionnels et
stratégiques entre la planification, la mise en œuvre et le Suivi & Evaluation (S&E)
de l’adaptation aux échelons national et infranational « intégration verticale ».
Description
Les progrès réalisés en matière de décentralisation au niveau du pays et l’approche territoriale dans
les politiques publiques du Maroc fournissent une assise importante à l'intégration verticale et la
mise en œuvre des politiques d’adaptation au changement climatique.
Des dispositifs seront mis en place conjointement par l’État, les collectivités territoriales (en premier
lieu les conseils régionaux chargés de l’aménagement du territoire et de développement durable des
régions) et les acteurs concernés pour assurer la meilleure articulation possible des politiques
d’adaptation depuis l’échelle nationale jusqu’à l’échelle locale en tenant compte des compétences
exercées. Ce sera un facteur important de cohérence qui favorisera le partage et les retours
d’expériences.
Mesure 1.3.2 Instituer des comités (Territoriaux) sur le climat (comité air/climat), avec une
sous-commission adaptation, structure pluripartite où seront représentés tous les acteurs pertinents
(institutions publiques, ONGs, chercheurs, secteur privé et collectivités territoriales) et qui sera en
charge de coordonner la planification de l’adaptation, de suivre la mise en œuvre du volet «
Adaptation des PCT », évaluera le progrès d’adaptation et assurera le reporting.
Mesure 1.3.4 Assurer à travers les Directions Régionales de l’Environnement (DRE), la coordination
de l’évaluation et de notification des actions d’adaptation portées par les Plans Régionaux de
Développement Durable (PRDD) et par les Plans Climat Territoriaux, les diffuser localement et les
partager avec le GT-VA.
Orientation Stratégique 1.4 — Mettre en place des mécanismes efficaces pour une meilleure
mobilisation de la société civile autour de la politique nationale d’adaptation, et de gestion des
risques climatiques.
Objectifs
Description
Renforcer le rôle des ONGs de la société civile et les médias en matière de sensibilisation des citoyens
aux défis du CC et de développement durable, conformément à la loi cadre 99.12.
Mettre à disposition des associations environnementales et des réseaux d’associations actives dans
les domaines du CC les moyens techniques et financiers et les outils d’accès à l’information
environnementale auprès des administrations régionales et centrales.
Associer les associations et les réseaux actifs dans les domaines du CC et de développement durable
et des droits de l’homme dans l’élaboration des communications nationales et des engagements du
Maroc en matière de climat.
Faire participer davantage les associations dans la conception et la mise en œuvre du PNSA et la
Stratégie Nationale de Développement Durable qui vise la convergence des quatre dimensions
économique, sociale environnementale et culturelle.
Mesures prioritaires d’adaptation :
Mesure 1.4.1 Soutenir les processus par lesquels les acteurs de la société civile développent,
renforcent et entretiennent leurs capacités à définir et à réaliser des objectifs durables en matière
d’adaptation et de gestion des risques climatiques.
Mesure 1.4.3 Associer les ONGs et les réseaux actifs dans les domaines du CC et de développement
durable et des droits de l’homme dans l’élaboration des communications nationales, révision de la NDC, etc.
Mesure 1.4.4 Mettre à disposition des associations environnementales et des réseaux d’associations
actives dans le domaine du CC, l’information climatique pertinente, et les moyens techniques et financiers.
Orientation Stratégique 1.5 — Mettre en œuvre une stratégie spécifique, bénéficiant des cas
réussis au Maroc, pour la mobilisation et le renforcement de l’engagement du secteur privé dans
la mise en œuvre du PNSA
Le secteur privé, déjà engagé dans le développement de solutions durables (industrie, transport,
bâtiment, énergie), devrait se mobiliser encore plus pour les domaines peu accompagnés dans
l’adaptation comme, l’énergie, l’eau, la sécurité alimentaire, le tourisme, et la biodiversité. Le secteur
privé gagnerait à soutenir, à ce titre, différentes initiatives proposées dans ces secteurs.
Objectifs
Objectifs
Inciter, encourager et accompagner les entreprises à inscrire leurs engagements sur une plateforme
nationale, éventuellement sur la plateforme NAZCA (Zone des Acteurs Non-étatiques pour l’Action
Climatique), mise en place par la CCNUCC, selon trois axes :
Mesure 1.5.2 Réaliser un diagnostic participatif pour avoir une compréhension claire de la diversité
du secteur, des motivations de ses acteurs et de la manière dont leurs intérêts concordent avec les
priorités du pays en matière d’adaptation. Étudier les divers moyens par lesquels le secteur privé peut
être impliqué dans le processus d’adaptation au CC.
Mesure 1.5.3 Améliorer la compréhension et la connaissance des acteurs privés des risques du
changement climatique et de son impact sur les entreprises :
Faciliter l’accès des entreprises à l’information et aux services climatiques et les diffuser dans un
format adapté aux besoins des entreprises.
Promouvoir l’approche d’adaptation basée sur les zones industrielles.
Cibler les catégories d’entreprises les plus vulnérables au changement climatique et les
accompagner dans leurs efforts d’adaptation.
Mesure 1.5.5 Organiser, au niveau territorial, des campagnes de sensibilisation ciblées s’appuyant
sur des faits et sinistres au profit des écosystèmes entrepreneuriaux réunissant managers, assureurs,
banquiers, comptables, élus, autorités, …etc.
Le groupe OCP
Le programme Al Moutmir de semis direct est une initiative qui intervient dans le
cadre des efforts déployés par l’OCP en vue de contribuer à la promotion des mesures
d’adaptation de l’agriculture marocaine au CC via un développement agricole
résilient. Des plateformes de démonstration de semis direct décrivent un itinéraire
technique et un protocole scientifique permettant de transmettre aux agriculteurs les
bonnes pratiques agricoles (notamment de fertilisation raisonnée et de lutte
intégrée) et comparer les résultats obtenus par rapport à un témoin conduit par
l’agriculteur en mode conventionnel.
L’initiative de l’OCP « Al Moutmir » propose une application mobile multi-services
gratuite « @tmar » dont l’objectif est d’accompagner l’agriculteur sur toute la chaine
de production.
Le programme "Act for Community" facilite l'accès du quinoa aux espaces
commerciaux de l'OCP à Youssoufia et à Benguérir afin d'aider les coopératives à
surmonter les difficultés économiques et financières ;
L’OCP vise à développer cette filière en tant que culture « alternative, résiliente face
aux CC et génératrice de richesses et de postes d'emplois » au profit des organisations
agricoles, des agriculteurs et des jeunes en milieu rural dans les deux provinces.
Orientation Stratégique 2.1 — Développer l’information sur le climat à une résolution convenant
à la planification de l’adaptation.
L’information - fiable, disponible et accessible - est un élément clé pour minimiser la sensibilité, et
renforcer la capacité de lutte contre les impacts du CC. L’information disponible sur les impacts du CC
reste insuffisante car trop faiblement appropriable à l’échelle du territoire et faiblement connectée
aux prospectives locales de développement économique.
Objectifs
Disposer de données climatiques, de méthodes et d’outils qui permettent d’identifier et de quantifier
les impacts du CC observés et attendus et de prendre les bonnes mesures pour s’y adapter.
Description
Une organisation de niveau national des services climatiques au Maroc pourrait être mise en place en
s’appuyant sur la coordination développée sur les portails existants et projets actuels et passés afin
de : poursuivre l’enrichissement et la valorisation de services existants ; développer un ensemble de
cas d’étude et révélateurs construits en concertation avec des utilisateurs ; développer la formation
professionnelle associée à ces cas d’étude ; développer des modules de master associés aux cas
co-construits ; commencer à former à l’adaptation des médiateurs scientifiques reflétant la diversité
des parties prenantes. L’implication dans ce réseau d’acteurs représentant la diversité des enjeux
environnementaux, sociaux et économiques couverts par l’ACC devra être étudiée.
Développer l’utilisation des nouvelles technologies de communication pour faciliter l’accès aux
informations.
Mesures prioritaires d’adaptation :
Mesure 2.1.1 Renforcer les moyens de mesures et d’observation climatiques, incluant la
maintenance et la modernisation des réseaux de surveillance :
Améliorer et optimiser les réseaux et systèmes d’observation en surface existants et les
renforcer par des données issues de systèmes de télédétection spatiale (données
satellitaires, données radar, foudre, etc.) ;
Mettre en place un système d’information / registre national de stations de mesures
météorologiques et hydrologiques ;
Maintenir en service les stations et systèmes d’observation dont l’exploitation est continue
dans le temps et doter les régions vulnérables par des stations climatiques ;
Renforcer les dispositifs d’observation et d’alerte océanographiques ; Établir un réseau
d’observation côtier, doté de plusieurs bouées océanographiques et météorologiques et
élargir le système de surveillance et d’alerte environnemental et sanitaire du littoral, et
mettre en place des dispositifs d’alerte précoce ;
Approfondir davantage la connaissance des impacts du CC et leurs modélisations sur les
secteurs hydrique, sanitaire, agricole, énergétique, touristique, etc.
Mesure 2.1.3 Développer un référentiel national en matière de « fourniture » des données et assurer
l’évaluation et le contrôle d’une manière systématique de la qualité et de l’homogénéité des
données.
Mesure 2.1.4 Promouvoir le rôle de la DGM à fournir des services climatiques centrés sur les besoins
des différentes catégories d’utilisateurs, coiffant les différents aléas climatiques, et mettre la
connaissance des services climatiques à la portée de tous (public et privé) ; produire et mettre à
disposition des décideurs, des services techniques et du grand public, les informations climatiques
dont ils ont besoins.
Orientation Stratégique 2.2 — Développer les connaissances et la recherche pour renforcer le
socle méthodologique, la pertinence et l’efficacité des démarches et actions d’adaptation aux
échelles spatiales convenables.
Objectifs
Description
Documenter le CC et l’adaptation des territoires à enjeux spécifiques aux échelles adaptées.
Renforcer et organiser l’état des lieux des connaissances sur les impacts sectoriels du CC (agriculture,
eau, forêt, énergie, transports, tourisme, urbanisation, biodiversité). Impacts, vulnérabilité et
adaptation sur les territoires à enjeux spécifiques (littoraux, montagnes, oasis, zones humides).
Documenter les phénomènes de crues soudaines au niveau des territoires. Réfléchir aux échelles
spatiales et temporelles des variables climatiques adaptées pour travailler sur les problématiques
d’adaptation en milieu urbain : énergétique du bâtiment, confort thermique dans les rues, gestion
des eaux en milieu urbain, gestion des sols comme élément d’interface (ex. cycles biogéochimiques
dont celui du carbone, propriétés d’infiltration), place du végétal, informations pluviométriques pour
connaître l’hydrologie urbaine. Approches scénarios, avec notamment l’analyse de scénarios
extrêmes.
Promouvoir les sciences participatives pour accompagner les initiatives et l’implication des
citoyens. Accompagnement de start-ups pour développer des applications numériques et web pour
caractériser la qualité de vie « climatique » sur des territoires : logement, accès transport, accès
services, expositions aux risques climatiques. Mobilisation des milieux socioprofessionnels (ex.
pêcheurs, agriculteurs, forestiers) et de citoyens (observateurs, réseaux d’associations, lanceurs
d’alerte) pour contribuer aux recherches sur les adaptations.
Mesure 2.2.2 Soutenir et valoriser les projets de recherche sur l’adaptation pour les thèmes
prioritaires dans les domaines d’action sur :
Les événements extrêmes à des échelles régionales (sécheresse, inondations,
submersion).
Forêt et adaptation au CC. Gestion forestière posant des questions spécifiques liées à la
longueur des cycles : descente d’échelle répartition des pluies, vulnérabilité à la
sécheresse, importance de la ressource en eau pour l’avenir des essences forestières.
Ressources génétiques forestières. Combiner les politiques publiques d’adaptation des
forêts au CC avec celles sur l’atténuation.
L’agriculture et la pêche.
Équilibres et compétitions entre stockage de carbone, adaptation au CC et substitution
des énergies fossiles en forêt.
Conservation de la biodiversité et valorisation des services.
Préservation et valorisation des ressources en eau et en sol. Modélisation combinée.
hydrologie/climat/usage des sols par l’agriculture et la forêt.
Santé et adaptation. Estimation des impacts sanitaires du CC à court, moyen et long
termes, aux échelles locales, nationales et internationales.
Objectifs
Porter une position ambitieuse du Maroc de ses actions et de son soutien aux
objectifs de l'Accord de Paris, ainsi que du renforcement de la coopération
internationale pour l'action climatique.
Description
Poursuivre différentes avenues de coopération internationale, afin de soutenir la voie de développement
« verte » et durable sur laquelle le Maroc s’est aligné ; prévenir et atténuer les impacts du CC, faciliter la prise
de décision et appuyer la réalisation des contributions définies au niveau national dans le cadre de
l'Accord de Paris, des plans d'adaptation nationaux et d'autres politiques telles que le développement
rural, la santé, la biodiversité et autres. Il s’agira de :
Renforcer la coopération en matière de transferts technologiques ;
Diversifier et améliorer les appuis financiers d‘adaptation ;
Échanger des renseignements et pratiques exemplaires ;
Améliorer les dispositifs institutionnels et le soutien technique ;
Coopérer afin de limiter les « pertes et préjudices liés aux effets néfastes du
changement climatique ».
Développer davantage la participation marocaine au GIEC et mettre en place un réel
dispositif d’incitation pour la participation de scientifiques et d’experts nationaux aux
groupes de travail de ce groupement intergouvernemental.
Dans la cadre de transparence renforcée de l’Accord de Paris, le PNSA tâchera de donner une image claire
des appuis fournis et reçus par le Maroc, dans le contexte des mesures prises à l’égard du CC (adaptation,
soutien financier, transfert de technologies et renforcement des capacités) pour éclairer le bilan mondial.
Il s’agit ici d’éclairer l’importance accordée par le Maroc à la coopération internationale et d’informer sur les
appuis fournis, particulièrement aux pays du Sud, à travers ses nombreuses contributions aussi bien
financières que celles concernant le renforcement des capacités et le transfert de technologie.
Mesure 2.3.2 Veiller à ce que la coopération internationale contribue à l’appui aux transitions et
transformations auxquelles le Maroc aspire.
Mesure 2.3.5 Renforcer les dispositifs d’attractivité de la coopération scientifique dans les domaines
clés du CC.
Mettre en place un programme d’accueil des chercheurs Marocains (à l’étranger) et
internationaux.
Mettre en place un programme d’accueil des jeunes chercheurs/ doctorants en matière de CC.
Mesure 2.3.6 Renforcer le cadre institutionnel et la contribution du Maroc dans les projets de
coopération régionale notamment les travaux du Plan Bleu pour promouvoir l’adaptation au CC en
Méditerranée qui vise à soutenir les pays Méditerranéens dans leurs efforts de définition et de mise
en œuvre de politiques d’adaptation au CC.
Objectif Stratégique 3 — Prévenir et réduire les impacts des risques climatiques sur la sécurité,
la santé, les biens économiques, sociaux, culturels, publiques, privés, et sur la population dans
son ensemble, dans le contexte du CC.
Orientation Stratégique 3.1 — Formaliser l’évaluation des risques des systèmes naturels et
socio-économiques.
Au Maroc, les catastrophes continuent de toucher de manière disproportionnée les plus pauvres,
moins bien préparés et qui n’ont pas les moyens de satisfaire leurs besoins et services fondamentaux.
Les conditions spécifiques qui prévalent dans leurs environnements plus vulnérables pourront donc
rapidement transformer un événement dangereux en catastrophe.
Objectif
Description
Le processus d’évaluation des risques parait inachevé car de nombreux acteurs ne disposent pas
d’informations précises qui leur permettraient de prendre les décisions qui conviennent, malgré le
développement d’outils performants mais insuffisamment utilisés, notamment au niveau local.
L’évaluation des risques au Maroc a besoin d’être formalisée en vue d’améliorer les incitations et contrôles
pour la mise en œuvre effective de politiques de prévention au niveau local. Le processus de réforme de
régions et la décentralisation offre de nouvelles opportunités pour une meilleure intégration de la gestion
des risques aux documents de planification territoriale.
Mesure 3.1.2 Asseoir un cadre de référence qui formaliserait la participation des acteurs privés aux
actions de réponse d’urgence et leur association au processus de gestion de crise.
Mesure 3.1.3 Formaliser, les mécanismes de compensation des dommages causés par les
catastrophes aux structures en place incluant des dispositifs incitatifs et systématique pour
accompagner la société vers une meilleure résilience aux catastrophes.
Mesure 3.1.5 Développer et mettre en place un système d’information sur les aléas, la vulnérabilité
et le risque doté d’une capacité de diffusion large et rapide.
Mesure 3.1.6 Évaluer des capacités actuelles et renforcer les structures de surveillance et de mesure :
Orientation Stratégique 3.2 — Développer une base de données nationale sur les risques
climatiques et les pertes et dommages dus au changement climatique.
Objectif
Description
Recueillir des données précises et cohérentes, sur tous les plans (temporel et spatial), concernant les
impacts causés par les catastrophes, à saisir des informations précisant la date et le lieu et à analyser les
pertes et dommages à l’aide de graphiques et de rapports. Cette base de données permet aux territoires
marocains de se rendre compte de manière systématique des tendances ainsi que des caractéristiques et
des conséquences des catastrophes et facilite le dialogue et les débats d’orientation sur la réduction des
risques de catastrophes.
Les approches pour faire face aux pertes et dommages de la CCNUCC font partie intégrante et doivent être
mises en œuvre dans de cadres complets de gestion des risques.
Mesures prioritaires d’adaptation :
Mesure 3.2.1 Mettre en place et institutionnaliser une base de données nationale des dommages et
pertes engendrés par les aléas climatiques.
Mesure 3.2.2 Mettre en place un géo portail dédié aux études des risques et vulnérabilités des
différents secteurs et territoires ; envisager l’utilisation des SIREDDs notamment le module
changement climatique comme métrique de suivi-évaluation de l’adaptation au CC.
Mesure 3.2.3 Promouvoir le recueil systématique des données liées aux impacts du CC et pertes et
dommages engendrés par les évènements météorologiques extrêmes et les modifications
progressives, (phénomènes à évolution lente, par ex. élévation du niveau marin).
Les impacts actuels et projetés, les vulnérabilités et les évaluations des risques, la situation
nationale (par exemple, comment les risques climatiques entravent le développement
durable) et les arrangements institutionnels ;
Pertes et dommages en cours et prévus, et coûts pour éviter et traiter les pertes et
dommages ;
Déplacement et relocalisation planifiée liés aux impacts climatiques, y compris les
phénomènes météorologiques extrêmes et les événements à évolution lente ;
Systèmes d'alerte précoce, instruments financiers, transfert de risque, task force sur les
déplacements et plans de réhabilitation ;
Activités visant à renforcer la coopération et la facilitation afin d'améliorer la
compréhension, l'action et le soutien.
Orientation Stratégique 3.3 — Faire de la gestion des risques une priorité en vue d’une croissance
durable à court, moyen et long termes.
Objectif
Mobiliser les pouvoirs publics, mais aussi l’ensemble des acteurs sociaux,
citoyens et entreprises pour assurer la résilience du Maroc face aux risques
majeurs afin de garantir la sécurité et le bien-être, permettre une croissance
économique durable, et maintenir la confiance dans les institutions publiques
et l’économie.
Description
Les risques liés aux extrêmes climatiques constituent un frein à la réalisation des objectifs de
développement durable. Faire de la gestion des risques une priorité, n’est plus un choix, c’est une
urgence en vue d’appuyer la lutte contre le CC. Le passage vers une gestion des risques de
catastrophes offre une opportunité au Maroc pour l’adaptation et la consolidation de la résilience de
son développement. La gouvernance des risques doit compléter l'adaptation dans les secteurs clés –
agriculture, énergie, eau, santé, forêts, zones côtières, infrastructures, gestion urbaine, tourisme- en
investissant dans des politiques économiques et de développement prenant en considération la
variabilité des aléas climatiques afin de garantir un équilibre entre les interactions des options et
mesures.
Mesure 3.3.2 Établir une politique nationale d’évaluation des risques, soutenue par un dispositif
institutionnel adapté :
Mettre en place un Observatoire National des Risques Climatiques ;
Fédérer l’expertise universitaire et technique, mobiliser les compétences de la
communauté scientifique marocaine pour l’évaluation des risques à travers un
programme de recherche public ;
Réaliser des études et scénarii de risques par aléas simples ou multiples ;
Développer la cartographie des risques au niveau territorial, avec des registres mis à jours,
et avec des programmes de renforcement des capacités auprès des collectivités
territoriales.
Mesure 3.3.3 Pérenniser la politique de prévention pour amplifier les dynamiques en cours et
renforcer le niveau local :
Préserver et renforcer le financement de la prévention tout en effectuant des priorités au
niveau des moyens et des interventions et en favorisant la diffusion des bonnes pratiques ;
Équilibrer les priorités entre mesures structurelles et non-structurelles permettant
d’optimiser les investissements et l’utilisation des deniers publics.
Description
Développer les capacités pour augmenter la résilience des infrastructures et des services de santé par
le biais :
De renforcement de la recherche et des études afférentes à la « santé et au CC » ;
Du développement de programmes de formation communautaire destinés au personnel
de la santé sur les risques liés au CC ;
D’appliquer des mesures visant à renforcer les moyens institutionnels et les capacités
techniques pour œuvrer sur le CC et la santé ;
D’élaborer un système de surveillance intégré de la maladie et de riposte en incluant des
informations sur le climat ;
De tirer des leçons de la pandémie de COVID-19 et de son parallélisme avec la vulnérabilité
au CC, et formuler des recommandations pour une meilleure intégration des pandémies
dans le PNSA.
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Les zoonoses sont un groupe de maladies infectieuses qui se transmettent naturellement de l'animal à l'homme.
Description
Adapter les réseaux et les infrastructures critiques, assurant les services de base à la population, en
s’appuyant sur les actions déjà engagées tout en capitalisant sur les bonnes pratiques et leçons
apprises des expériences réussies à l’échelle internationale.
Garantir la prise en compte des conséquences du CC dans la politique nationale des infrastructures
critiques et développer la connaissance pour intégrer l’adaptation dans la prise de décision.
Mesures prioritaires d’adaptation :
Mesure 3.5.1 Définition et identification des infrastructures critiques prioritaires, vis-à-vis des aléas
climatiques
Identification des infrastructures critiques et validation de leur liste par la CNCBD (Énergie ;
Information ; Communication, Technologies (ICT), Eau (Barrage) ; Sécurité alimentaire,
Santé, Finance ; Administration civile…).
Évaluation du degré d’exposition et de la vulnérabilité des écoles, des centres de santé et
hôpitaux présentant une grande vulnérabilité.
Élaboration d’une directive nationale pour la résilience des infrastructures critiques.
Mesure 3.5.2 Soutien à l’investissement public territorial pour la résilience des infrastructures
critiques
Élaboration et mise en œuvre de plans locaux de résilience pour les territoires prioritaires
Mesure 3.5.3 Renforcement structurel de la résilience des réseaux publics critiques nationaux
Évaluation de la vulnérabilité des réseaux publics identifiés comme critiques : Réseau
d’électricité, Réseau d’eau potable, Réseaux routier, Réseau ferroviaire, Aéroports, etc.
Mise en place des mesures nécessaires d’atténuation.
Mesure 3.5.4 Entreprendre une série de mesures d’adaptation concernant le réseau routier dans son
ensemble
Procéder à l’introduction automatique de l’actualisation des données concernant les
débits hydrauliques des fleuves.
Adopter le principe de la déviation en bonne et due forme pour les cas des radiers des
grands oueds.
Mesure 3.5.5 Renforcement structurel de la résilience des bâtiments administratifs stratégiques et
critiques
Évaluation de la vulnérabilité des bâtiments administratifs stratégiques.
Identification et mise en place des mesures nécessaires de renforcement de la résilience.
Description
Les mesures présentées dans cette orientation stratégique consolident la vision de la politique de la
ville autour d’une nouvelle direction d’adaptation, d’aménagement et trajectoires bas carbone. Elles
s’inscriront dans le cadre des Plans Climat des Villes (PCV).
Il s’agit d’assurer une dynamique de projet de territoires pilotes pour l’expérimentation d’actions
d’adaptation innovantes durables et reproductibles. Les solutions, classées selon trois types : i) les
solutions vertes (et bleues) : services écosystémiques, nature en ville (végétal, eau) ; les solutions
basées sur la nature à développer et surtout à généraliser ; ii) les solutions grises : infrastructures
urbaines (revêtements, mobiliers urbains, bâtiments et matériaux…) ; et iii) les solutions douces :
gestion et usages de la ville (services, mobilités, modes de vie…).
Ces réponses à apporter aux enjeux de surchauffe urbaine mobilisent des disciplines diverses
(micro-climatologie urbaine, urbanisme, aménagement, paysagisme, biodiversité, etc.) et
nécessitent l’utilisation d’outils de diagnostic et d’outils prospectifs permettant la mise en œuvre de
stratégies d’adaptation intégrées aux documents de planification urbaine et aux projets
d’aménagement urbain par les décideurs et les praticiens.
Mesure 3.6.2 Élaborer un Plan d’Action d’Adaptation de la ville tenant compte du profil de
vulnérabilité élaboré. Appréhender de façon locale, la question du climat dans toutes les politiques
(habitat, urbanisme, transport et mobilité, agriculture…) ou encore dans les documents d’urbanisme
(SDAU, SRAT) qui sont des leviers déterminants en termes de gestion économe des sols et de
conception de formes urbaines adaptées et résilientes.
Mesure 3.6.3 Optimiser des solutions vertes et bleues pour favoriser la biodiversité indigène,
augmenter les services écosystémiques de régulation du climat, de l’assainissement, de l’air, des
inondations, et des services culturels recréationnels, renforçant la cohésion sociale.
Restaurer et aménager des espaces verts (jardins historiques, jardins publics) et verdir des
cours d’école, et créer des jardins agro écologiques, en privilégiant la consolidation de la
zone verte urbaine, l’augmentation de la connectivité structurelle et le soutien à la mise en
œuvre des initiatives de restauration des jardins de proximité, en veillant à une bonne
répartition du ratio espace vert /habitant.
Apporter une vigilance pour éviter le problème lié aux espèces invasives au niveau du
littoral (Ex. : crabe bleu).
Préserver et conserver les terrains à vocation agricole, les forêts urbaines et périurbaines les
SIBE urbains et périurbains, en vue d’atténuer l’effet de chaleur urbaine et de favoriser la
biodiversité.
Encourager l’agriculture urbaine, développer des filières agroalimentaires et construire des
agropoles périphériques pour favoriser le maintien et l’amélioration des espaces verts
urbains en vue de renforcer la résilience des villes face au CC, améliorer la biodiversité,
stimuler la production artisanale locale et renforcer la cohésion sociale.
Transformer tous ces espaces verts en un réseau bien connecté d'infrastructures vertes par
la création de « coulées vertes » pour faciliter l’installation de la biodiversité urbaine.
Mesure 3.6.4 Optimiser les solutions grises : infrastructures urbaines (revêtements, mobiliers
urbains, bâtiments et matériaux…)
Renforcer les performances énergétiques de l’enveloppe des bâtiments (isolation
thermique et conception bioclimatique) afin de s’adapter aux impacts des canicules ou
des vagues de froid et économiser l’énergie.
Adapter les normes et les procédés de construction afin de tenir en compte les conditions
climatiques futures (Renforcement de la robustesse des bâtiments et ouvrages du
bâtiment aux vents et pluies violentes, et autres conditions climatiques futures) en milieu
urbain et rural.
Lutter contre toutes les formes d’habitat insalubre et d’habitat menaçant ruine, en vue de
réduire la vulnérabilité climatique des occupants de ces bâtiments, incluant les petits
centres et villages ruraux.
Adopter des Solutions Fondées sur la Nature et des revêtements perméables pour
optimiser les interactions sol/atmosphère et faciliter l’infiltration et le stockage des eaux
pluviales et réduire les pics de crue urbaine.
Préserver les constructions anciennes à valeur culturelle et patrimoniale des impacts du
changement climatique ;
Préserver et promouvoir l’utilisation des techniques traditionnelles de construction en
milieu rural (matériaux, pisé, largeur des murs).
Mesure 3.6.5 Capitaliser sur les solutions douces : gestion et usages de la ville (services, mobilités,
modes de vie…).
Instaurer une charte pour les projets d'Eco-quartiers pour : I) aider les citoyens à prendre
eux-mêmes en charge les défis environnementaux auxquels ils font face collectivement ; II)
encadrer les processus d'un aménagement urbain permettant d’anticiper et de s’adapter
aux risques climatiques et respectant les principes du développement durable tout en
s'adaptant aux caractéristiques territoriales ;
Intégrer les technologies de l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables dans les
plans urbains et dans les domaines de la construction et de l’habitat et tirer profit de leur
convergence avec les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication
(NTIC) ;
Impliquer les communautés et les entreprises sociales dans la cogérance à travers le
développement des « mentalités vertes » et des programmes d'apprentissage, d'éducation
et d'engagement : Changer les attitudes et les comportements pour donner une plus
grande priorité aux infrastructures naturelles ; diriger des ateliers et des conférences
multipartites ; développer des boîtes à outils pour diffuser plus largement l'apprentissage.
Mesure 3.6.6 Prendre en compte l'impact du CC sur les risques naturels dans la maîtrise de
l'urbanisation
Mettre en place une organisation et une coordination afin que chacun comprenne son rôle
et ses responsabilités dans la gestion des risques localement ;
Mettre en place une base de données des aléas climatiques relatives à toutes les régions/
villes/ communes du Royaume.
Maintenir des données à jour sur les aléas et les vulnérabilités, veiller à la préparation et à la
diffusion des évaluations de risques ;
Évaluer la sécurité de toutes les écoles et de tous les établissements sanitaires, et
l’améliorer selon les besoins : mettre en place des programmes spéciaux pour évaluer
régulièrement les écoles, les hôpitaux et les installations sanitaires en termes de besoins en
maintenance, de conformité avec les codes de construction et les consignes de sécurité, et
d’exposition aux risques météorologiques ; organiser régulièrement des exercices de
préparation aux catastrophes dans les écoles, les hôpitaux et les installations sanitaires.
L'un des objectifs poursuivis par la SNDD qui influence directement la qualité de vie des marocains
est d’améliorer la gestion et la valorisation des ressources naturelles et renforcer la conservation de
la biodiversité ; d'améliorer l'accès des populations à des sources sûres d'eau et de promouvoir le
développement humain et réduire les inégalités sociales et territoriales. De cet objectif global
dépend, dans une large mesure, des actions à mettre en œuvre dans les secteurs clés de l'économie
marocaine qui doivent contribuer à la résilience climatique sectorielle et globale du pays et à
l'adaptation au CC.
Orientation Stratégique 4.1 — Protéger les ressources hydriques et garantir un
approvisionnement en eau efficient et durable, dans un contexte de pénurie croissante et face aux
incertitudes liées au changement climatique.
Objectif
Faire émerger, dans l’ensemble des territoires, des solutions adaptées aux
besoins et aux contextes locaux, notamment dans le cadre de projets de
territoires pour l’Appui à la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (AGIRE)
afin de garantir la disponibilité de l’eau, assurer la fourniture de services d’eau
et d’assainissement sûrs et fiables auprès des populations en prêtant une
attention particulière aux groupes vulnérables.
Description
Améliorer, diffuser et transférer la connaissance des effets du CC sur tous les écosystèmes aquatiques,
les milieux humides et les biocénoses associées et sur la qualité des eaux.
Prendre en compte la disponibilité et la qualité de l’eau et des milieux dans les portails de services et
autres outils sectoriels développés pour l’adaptation au CC.
Mettre à disposition des décideurs, via des plateformes, les connaissances, outils ou cadres
conceptuels utiles pour comprendre les effets du CC dans le domaine de l’eau, leurs divers degrés
d’incertitude, pour définir des stratégies d’adaptation appliquées au contexte local.
Développer des méthodes pour intégrer le CC dans les évaluations coûts/bénéfices, et pour évaluer
les co-bénéfices et risques de mal adaptation des solutions d’adaptation proposées aux différentes
échelles territoriales.
Renforcer l’intégration de la question de la disponibilité en eau, présente et future, dans toutes les
politiques publiques et schémas sectoriels des activités économiques.
Construire des stratégies d’adaptation fondées sur un diagnostic fin des conséquences du CC, et
différenciées selon les milieux et territoires concernés.
Privilégier les solutions multifonctionnelles et s’appuyer sur les solutions fondées sur la nature.
Orientation Stratégique 4.2 — Adapter les sols au changement climatique et renforcer leur
contribution à son atténuation.
Les sols sains constituent le plus vaste réservoir de carbone sur terre, ils aident à combattre le CC et à
s’y adapter. Un sol intact fournit l’eau potable, protège contre les crues, sert d’habitat naturel à
d’innombrables organismes et constitue la base de la production alimentaire. Il joue également un
rôle très important dans les services de régulation climatique.
Objectifs
Augmenter la résilience des sols face au CC, afin de préserver les sols et les
services écosystémiques essentiels qu’ils assurent, en lien avec le patrimoine
biologique qu’ils recouvrent, la régulation du cycle de l’eau, des cycles
biogéochimiques qu’ils permettent, et la production de biomasse dans les
écosystèmes (naturels, agricoles, forestiers).
Description
Gérer les sols dans une perspective durable et en coordination intersectorielle : améliorer la
connaissance des ressources en sol ; adopter une base de données commune sur les sols, leur
vocation, leur vulnérabilité, leur valeur écologique, leur biodiversité.
Identifier des options politiques pour protéger la biodiversité des sols et encourager l'adoption de
pratiques qui la renforcent.
Mesures prioritaires d’adaptation :
Mesure 4.2.1 Mettre en cohérence les législations afin de protéger les sols de manière systémique
et afin de prendre en compte ce milieu vivant dans les activités humaines de manière à protéger les
sols en qualité et en quantité et de restaurer les sols dégradés et de réemployer des gisements
fonciers déjà artificialisés dans une logique de « recyclage foncier ».
Mesure 4.2.2 Améliorer l’information des acteurs sur des exemples de bonnes pratiques de gestion
des sols et sur leur intérêt systémique ; et sensibiliser les décisionnaires à l’intérêt de protéger les sols
et de limiter leur imperméabilisation et leur artificialisation.
Mesure 4.2.3 Promouvoir des actions en faveur d’un bon fonctionnement des sols agricoles,
forestiers et naturels :
Sensibiliser et accompagner l’agriculteur pour une meilleure exploitation des sols
respectant les cartes d’aptitude et de vocation ;
Élaborer et diffuser des guides de gestion conservatoire des sols ;
Généraliser les expériences en matière d’agroécologie là où elles sont pertinentes.
Développer une stratégie de gestion durable des sols aux échelles les plus appropriées
tenant en compte leurs aptitudes et vocations, les objectifs de sécurité alimentaire et de
préservation de l’environnement, et impliquant fortement les chercheurs/paysans et les
organisations communautaires de base dans son élaboration.
Mesure 4.2.4 Accompagner les agriculteurs, pour mettre en œuvre des leviers agronomiques
spécifiques et garantir le maintien de la qualité (ex. biodiversité des sols) et la quantité (ex.
artificialisation, érosion) des sols perméables.
Mesure 4.2.5 Favoriser les pratiques qui supportent l’infiltration de l’eau dans les sols et réduisent les
phénomènes d’inondation par ruissellement telles que la désimperméabilisation des sols, la
conservation, la plantation des haies ou l’agroforesterie.
Mesure 4.2.6 Favoriser les pratiques permettant aux sols dégradés de redevenir un milieu de vie et
fournissant des services tels qu’une meilleure résilience face aux insectes ravageurs et maladies, une
réserve utile en eau accrue, une limitation du ruissellement et des pollutions associées et une réserve
de biodiversité.
Mesure 4.2.7 Développer une stratégie de gestion durable des sols aux échelles les plus appropriées
tenant en compte leurs aptitudes et vocations, les objectifs de sécurité alimentaire et de préservation
de l’environnement, et impliquant fortement les chercheurs/paysans et les organisations
communautaires de base dans son élaboration.
Orientation Stratégique 4.3 — Consolider et renforcer l’action et les capacités du secteur des
« forêts » en vue d'adapter les écosystèmes forestiers et péri-forestiers au changement climatique.
Les forêts représentent un des éléments importants des initiatives internationales visant à faire face au CC.
Grâce à leur rôle dans la séquestration du carbone, elles constituent un volet reconnu essentiel dans
l’atténuation du CC, et sont devenues ces dernières années un nouveau sujet pour les spécialistes de l’ACC.
Objectif
Contribuer à la mise en œuvre de la nouvelle stratégie « Forêts du Maroc
2020-2030 » et s’aligner, entre autres, sur ses orientations principales pour
l’implication des populations locales dans le développement durable des
forêts, à travers des incitations adéquates ; l’adoption d’une approche
participative associant tous les intervenants, le renforcement des capacités
productives des forêts, la protection de leur biodiversité et l’amélioration de
leur durabilité.
Description
La Stratégie Forêts du Maroc vise à répondre aux objectifs liés à l’arrêt de la déforestation et
ambitionne de récupérer 30 années de dégradation des forêts et de rendre le secteur forestier plus
compétitif et moderne, et ce à travers l’adoption d’un modèle inclusif de gestion, durable et créateur
de richesse, qui place les populations usagères des zones forestières au cœur de la gestion des forêts.
Afin d’atteindre ces objectifs, cette nouvelle stratégie est construite autour de quatre axes
d’intervention fondamentaux :
En termes de cibles chiffrées, la stratégie Forêts du Maroc vise, entre autres, à : I) Faire émerger +200
Organismes de Développement Forestiers et animer les structures d’usagers par le recrutement de
plus de 500 animateurs/animatrices, II) Développer le partenariat productif avec le secteur privé sur
120.000 Ha d’Eucalyptus et de Pin avec les concessions forestières, III) Investir pour créer le réseau des
10 Parcs Nationaux et amorcer la filière écotouristique ( un million de touristes à l’horizon 2030) et
IV) multiplier les efforts de reconstitution et d’extension des espaces forestiers en passant de 50.000
ha à 100.000 ha par an à l’horizon de 2030.
Renforcer les études, les aménagements et les traitements contre l’érosion hydrique et les
dégradations des terres ;
Promouvoir les plantations forestières hors domaine forestier et appuyer le programme
de création des ceintures vertes ;
Valoriser les filières des produits forestiers ligneux et non ligneux et améliorer l’économie
des écosystèmes ;
Anticiper et gérer la vulnérabilité des écosystèmes forestiers aux risques liés aux incendies
et à la santé des forêts ;
Accélérer le programme de délimitation du domaine forestier pour clarifier les statuts
fonciers des terres boisées et encourager leur gestion et valorisation ;
Créer un cadre propice pour la sauvegarde des forêts urbaines et périurbaines en
promouvant les aménagements, les contrats de gestion et de cogestion et la
promulgation des textes réglementaires spécifiques.
Mesure 4.3.2 Renforcer la résilience des populations vulnérables riveraines face au CC :
Améliorer la production pastorale dans les espaces forestiers et périforestiers ;
Renforcer la démarche de l’organisation de la population usagère des écosystèmes,
consolider le mécanisme de compensation de mise en défens, et soutenir les activités
génératrices de revenus au profit de la population notamment dans les programmes
participatifs de développement intégrés des zones périforestières ;
Asseoir des programmes de sensibilisation de la population riveraine aux facteurs de
dégradation des écosystèmes forestiers.
Mesure 4.3.2 Renforcer l’aménagement et le traitement des bassins versants contre les différents
types d’érosion, l’aménagement et extension du nombre et superficie des Forêts Urbaines et
Péri-urbaines conformément à la stratégie en vigueur.
Mesure 4.3.4 Préserver la biodiversité et reconstituer l’habitat naturel dans les écosystèmes
forestiers :
Étendre le réseau des sites des aires protégées en nombre et en surface ;
Élaborer les plans d’aménagement et les plans de gestion des aires protégées en
écosystèmes forestiers ;
Développer le réseau des zones humides et élaborer les plans d’aménagement des sites
prioritaires ;
Réhabiliter les habitats naturels de la faune et de la flore dans les aires protégées ;
Piloter la préservation et la sauvegarde des ressources cynégétiques et piscicoles ;
Élaborer des stratégies de conservation et de gestion durable des Zones Importantes pour
les Plantes (ZIP) ;
Développer et mettre en place un programme de gestion durable des corridors écologiques.
Les écosystèmes contribuent à l'adaptation de la société (réduction des effets néfastes du CC). De même la
diversité et la richesse des écosystèmes, sont fondamentales pour assurer la production durable,
l’éradication de la pauvreté, le développement économique durable, la santé et d’autres objectifs à
l’échelle nationale.
Objectif
Description
Il s’agira de protéger, de gérer de manière durable et de restaurer des écosystèmes naturels ou
modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en
assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité.
Le PNSA veillera à intégrer la valeur de la diversité biologique et des services écosystémiques dans la
planification et les politiques de développement sectorielles et mettre en œuvre des systèmes
d’incitation économique et des mécanismes de coopération visant la protection et l’utilisation
durable des écosystèmes et la consolidation de leur contribution à l’amélioration de la résilience face
aux CC.
Mesures 4.4.2 Comprendre les liens entre les causes profondes de l’érosion de la biodiversité et les
besoins pour assurer des changements transformateurs afin de s’adapter et d’atténuer les effets du
climat :
Comprendre les effets de la modification et du changement de l’affectation des terres sur
l’érosion de la biodiversité au Maroc : [Agriculture, invasions des espèces, urbanisation,
perte et dégradation de l’habitat et déterminants connexes, démographie,
consommation...] ;
Identifier les liens de dépendance de l’érosion de la biodiversité sur les services
écosystémiques et le bien être des marocains ;
Développer les connaissances sur les liens de dépendance des Services Écosystémiques à
l’égard du CC et des évènements extrêmes liés au climat au Maroc.
Mesures 4.4.3 Mesure 4.4.3 Promouvoir la Biodiversité pour lutter contre le changement climatique
et contribuer à la mise en œuvre des objectifs de développement durable à l’horizon 2030 :
Promouvoir différents types de SfN, selon leur degré d’ambition de protection de la
biodiversité. Il s’agite de renforcer les approches reposant sur :
La protection ou la restauration d’écosystèmes, comme des massifs forestiers
aujourd’hui peu anthropisés ou des écosystèmes côtiers.
Les actions d’ingénierie biologique, visant certains processus ou organismes précis,
comme la restauration de sols agricoles, l’utilisation de légumineuses ou la
stabilisation végétale de dunes.
Le vivant (en partie), mais s’intégrant dans des programmes de réorganisations
territoriales ou sectorielles plus larges, comme le développement de l’agriculture
biologique, la définition de nouvelles zones éco-touristiques ou une meilleure
valorisation des produits de la mer.
12
Assurer des formations sur des outils pour comprendre et analyser les liens entre les
écosystèmes, les moyens de subsistance et le CC, et planifier des solutions d'Adaptation
basées sur les Écosystèmes (AbE) efficaces.
Mesures 4.4.4 Examiner le rôle de la biodiversité des sols et des services écosystémiques dans le
renforcement de la résilience climatique et la lutte contre les problèmes environnementaux, et la
fourniture de preuves à l'appui de la mise en œuvre des pratiques durables :
Examiner les connaissances scientifiques, techniques, autochtones et traditionnelles
actuelles en ce qui concerne le rôle de la biodiversité des sols sur la production
alimentaire, la santé humaine et le maintien de la biodiversité en surface ;
Identifier les lacunes dans les connaissances et explorer les possibilités de recherche
collaborative, de renforcement des capacités et de coopération technique ;
Identifier les limites et les opportunités pour promouvoir l'utilisation durable de la
biodiversité des sols, le partage des connaissances et le renforcement des capacités ;
12
Bounoua L, N. Fathi , M. El Berkaoui , L. El Ghazouani and M. Messouli. 2020. Assessment of Sustainability Development in Urban Areas
of Morocco. UrbanSci. 2020, 4, 18; doi:10.3390/urbansci4020018
Présenter des méthodologies, des techniques, des technologies et des pratiques efficaces
et reproductibles qui favorisent la durabilité, en vue d'élargir ces approches durables pour
promouvoir la conservation de la biodiversité des sols, l'utilisation durable de ses
ressources et la participation équitable dans les paysages productifs ;
Identifier les options politiques pour protéger la biodiversité des sols et encourager
l'adoption de pratiques qui l'améliorent ;
Présenter des initiatives nationales, régionales et mondiales à l'appui de la conception, de
la planification, de la mise en œuvre, du suivi et de l'établissement de rapports efficaces et
de leur contribution à la réalisation des ODD.
Mesures 4.4.5 Soutenir et accompagner le cadre institutionnel et législatif pour une utilisation
durable des écosystèmes :
Doter les OREDD des DRE d’une Stratégie et Plan d’Action Local pour la Biodiversité
(SPALB) et Renforcer localement les capacités sur la restauration des écosystèmes pour
appuyer la réalisation des objectifs de biodiversité d’Aichi pour s’adapter au CC, contribuer
à la mise en œuvre de la stratégie Nationale SPANB ;
Adopter l’Évaluation Environnementale Stratégique -EES- sensible à la biodiversité et CC
pour recenser et cibler les causes de l’érosion massive de la biodiversité et cadrer les
solutions d’adaptation ;
Lancer des Masters professionnels, en termes de BSE au niveau des universités pour
développer des outils d’aide à la décision, répondre aux besoins des politiques territoriales
et aux besoins des décideurs communaux ;
Renforcer les capacités pour mener des études intersectorielles sur le potentiel de
Paiements pour Services Écosystémiques (PSE) afin de saisir concrètement le potentiel de
création de valeur de la biodiversité et favoriser la création de marchés entre opérateurs
privés ;
Renforcer la législation d’accès et partage des avantages issus de la biodiversité (APA) et le
développement de projets pour sa mise en œuvre ;
Faciliter les activités de renforcement des capacités pour les Parties afin de promouvoir les
solutions participatives : l’Adaptation basée sur les Écosystèmes (EbA) et des Solutions
climatiques fondées sur la Nature (SfN).
Trois types de territoires aux spécificités différentes sont retenus et nécessitent une coordination des
efforts pour assurer leur développement durable dans le contexte du CC : les zones oasiennes et les zones
désertiques, les territoires de montagne, et le littoral.
Objectif
L’objectif global du projet est de gérer et réduire les risques posés par le CC
dans les systèmes productifs oasiens du Maroc à travers l’introduction
d’approches innovantes d’adaptation, et le renforcement des capacités
locales selon une approche territoriale. Il s’agit notamment de :
Améliorer la capacité d’adaptation des populations des zones oasiennes face aux impacts du CC ;
Diversifier les sources de revenus et améliorer les conditions de vie des populations vulnérables au
CC ;
Améliorer la prise de conscience de tous les acteurs par la gestion et le partage des connaissances ;
Renforcer les capacités des participants à la conception et la mise en œuvre des mesures
d’adaptation ;
Approfondir les études et recherches sur la biodiversité forestière et mettre en pratique les
mécanismes de son suivi et son évaluation tel que ressorti dans la SPANB.
Promouvoir et insister sur les programmes de réintroduction des espèces végétales et animales
sauvages rares, menacées et endémiques.
Description
Dynamiser l’initiative ”Oasis durable” lancée par le Maroc à l’occasion de la 22ème Conférence des
Parties sur le Climat (COP22) en novembre 2016, tout en faisant la promotion des efforts nationaux et
créant une certaine alliance à l’échelle internationale en faveur des oasis. Valoriser ses potentialités
naturelles dans une démarche de développement durable qui intègre les dimensions économiques,
sociales et environnementales (développement des produits du terroir, de l’écotourisme, de
l’artisanat, des coopératives et des groupements d’intérêt économique.
Les acteurs de développement dans les Oasis (Le département de Développement Durable,
l’ANDZOA, le département de l’Aménagement du Territoire et d’autres acteurs) veilleront à :
Améliorer les connaissances sur le changement climatique et réaliser la carte d’aléas et la
carte de risques des zones oasiennes (inondations, incendies, sécheresses, ...) ;
Développer des techniques d’irrigation, qui économisent les ressources en eau des zones
oasiennes ;
Identifier les types de cultures les plus adaptés aux spécificités des zones oasiennes ;
Sensibiliser les agriculteurs aux techniques qui développent la productivité agricole tout
en préservant les ressources naturelles ;
Renforcer les programmes d’adaptation au changement climatique des oasis (Projet
d’Adaptation au Changement Climatique des Zones Oasiennes PACC- ZO) ;
Mesures 4.5.2 Prendre des mesures radicales et promouvoir une gestion intégrée et rationnelle des
ressources en eau :
Promouvoir une bonne gouvernance de l’eau au niveau des zones oasiennes en vue d’une
meilleure cohérence des politiques de gestion ;
Mesures 4.5.3 Développer des mesures adaptées de gestion et d’utilisation durable des terres :
Améliorer la connaissance sur l’impact du CC sur l’agriculture en milieu oasien ;
Poursuivre la recherche et le développement de solutions agricoles durables et résilientes
au climat ;
Communiquer les travaux menés sur le CC et l’agriculture aux acteurs en action sur le terrain ;
Mesures 4.5.7 Adopter une approche systémique d’aménagement du territoire intégrant la gestion
des risques et assurer une meilleure prise en compte des préoccupations liées au CC dans les
documents d’urbanisme et opérations d’aménagement :
Promouvoir l'aménagement des territoires oasiens au regard des vulnérabilités locales et
des nouvelles opportunités offertes, Accompagner un développement des territoires
oasiens compatible avec les ressources territoriales disponibles localement ;
Appliquer les règlements de construction tenant compte du climat local et du CC à long
terme ; promouvoir l’utilisation de techniques de construction ancestrales ;
Définir le cadre réglementaire du risque d’inondation dans les zones oasiennes (mise en
place d’une réglementation préventive pour les zones inondables); élaborer les
dispositions applicables à l’identification des risques prévisibles constituant une menace
pour la population (aléa de référence), à la délimitation des zones exposées à ces risques
et des zones non exposées mais où certains modes d'occupation pourraient aggraver des
risques ou en créer de nouveaux, et à la détermination des mesures applicables tant aux
particuliers qu’aux collectivités; Limiter les développements dans les zones où le risque
d’inondation est trop élevé ;
Imposer un plan de gestion des eaux pluviales et d’assainissement à tous les projets
d’habitat.
Mesures 4.5.8 Renforcer la gestion climatique en zones oasiennes :
Entreprendre des actions de sensibilisation au profit des différents acteurs et des
populations locales, et améliorer la connaissance sur les impacts du CC en milieu oasien ;
Mettre en place une plate‐forme multi partenariale sur la gestion des oasis, intégrant les
organismes scientifiques, techniques et politiques ;
Mettre en place des mécanismes de coopération entre les instituts de recherche
appropriés et le centre de recherche agronomique pour renforcer la coordination et
l’échange d’expertise ;
Promouvoir l’intégration des enjeux environnementaux globaux dans la planification
stratégique territoriale ;
Mettre en œuvre des activités concrètes et des modèles pilotes pour l’intégration de la
dimension genre dans les projets liés à la gestion durable des terres et des ressources
naturelles, à l’agriculture résiliente, à l’atténuation des effets du CC et à la conservation et
valorisation de la biodiversité ;
Créer une structure dédiée pour un plaidoyer commun en faveur de la sauvegarde des
Oasis ;
Renforcer les mécanismes de veille sur les réserves de biosphère des oasis et arganier
(RBOM et RBA).
Objectifs
Mesure 4.5.11 Assurer l’intégration de l’ACC dans les stratégies en cours de réalisation (Programme
de Développement Territorial Durable du Rif ), des stratégies en cours de mise en œuvre (Programme
de Développement Territorial Durable du Haut Atlas, Programme de Développement Territorial
Durable de l’Anti-Atlas, Stratégie Nationale d’Aménagement et de Développement du Moyen Atlas),
et des programmes futurs relatifs au développement des zones de montagnes.
Mesure 4.5.13 Adopter des pratiques intégrées d'adaptation et de résilience qui contribuent à la
résilience des filières et des communautés au CC sous formes de plusieurs pratiques pour couvrir les
composantes principales suivantes :
Adaptation des pratiques de gestion de l'eau comprenant des mesures de gestion des
eaux pluviales et des pratiques de gestion de l'irrigation ;
Adaptation des pratiques de gestion des sols impliquant l'adoption des mesures de la
conservation de l'eau et des sols / zéro labour, et cerner l’exigence d’une meilleure
résilience du sol à la fois à l’excès d’eau (précipitations intenses) et à son absence (longues
périodes de sécheresse) ;
Objectif
Description
Développer des approches conceptuelles (sur les vulnérabilités et l’adaptation) et opérationnelles
(techniques de gestion ou d’accompagnement de l’évolution du trait de côte) qui nourrissent les
référentiels d’aménagement et de gestion des littoraux.
Concevoir et mettre en œuvre un plan national de gestion des risques littoraux et
d’adaptation au CC ;
Mettre en place les schémas régionaux du littoral, applicables à des entités géographiques
et marines de dimensions plus réduites et conçus à l’échelle d’une ou plusieurs
agglomérations ;
Création d’une vision prospective et d’un mode de gouvernance adéquat, et un
accompagnement des acteurs concernés pour une gestion intégrée de l’espace littoral ;
Développer des programmes de mise en valeur et de protection des côtes marocaines ;
Élaborer le processus d’élaboration et de mise à jour des cartes de vulnérabilité et des
cartes de risques climatiques du littoral ;
Intégrer les cartes de vulnérabilité dans les cartes d’aménagement afin de définir les zones
sensibles et assurer la durabilité des aménagements.
Mesures prioritaires d’adaptation
Mesure 4.5.17 Améliorer le système de cartographie :
Engager le processus d’élaboration et de mise à jour des cartes de vulnérabilité et des
cartes de risques climatiques du littoral, des eaux et du plateau continental ;
Intégrer les facteurs géologiques et géomorphologiques, les risques tectoniques et les
risques littoraux dans les cartes de vulnérabilités et les études sur le littoral ;
Intégrer les cartes de vulnérabilité dans les cartes d’aménagement afin de définir les zones
sensibles et assurer la durabilité des aménagements ;
Doter le secteur de la recherche de moyens devant permettre l’amélioration de la
connaissance de la biodiversité marine et les impacts du changement climatique.
Mesure 4.5.18 Renforcer la recherche sur le fonctionnement des écosystèmes marins et biodiversité
marine et leurs niveaux d’exposition aux impacts du CC.
Mesure 4.5.19 Développer les systèmes d’alerte précoce, et renforcer les systèmes d’observation
existants.
Mesure 4.5.20 Intervenir en priorité dans les zones à risque majeur d’exposition aux phénomènes
climatiques, et les secteurs fortement sensibles et vulnérables, et mettre en œuvre des mesures
d’urgence pour :
La sauvegarde des vies humaines et la réduction des dégâts matériels causés par les
submersions marines ;
Description
Concevoir un cadre d'ABC (étapes et indicateurs) pour montrer un éventail de résultats que les
projets d'adaptation pourraient viser à atteindre au niveau des ménages / des individus, des autorités
locales / de la communauté et au niveau national.
Le cadre de l’ABC présente une gamme de facteurs favorables qui doivent être mis en place à
différents niveaux pour qu'une adaptation communautaire efficace ait lieu. Ces facteurs favorables
sont liés à quatre stratégies interdépendantes :
Promotion de stratégies de subsistance résilientes au climat ;
Mesure 4.6.3 Apporter le soutien nécessaire à la reconnaissance des aires et territoires de patrimoine
communautaire (APAC):
Concevoir et financer des initiatives de soutien aux APAC ;
Soutenir la mise en place d’un réseau APAC pour renforcer le réseau des aires protégées
nationales ;
Reconnaitre et intégrer la question des APAC dans la législation et les politiques nationales.
Cet objectif vise la mise en œuvre des actions prioritaires pour une meilleure intégration de la
dimension CC dans les secteurs économiques clés. À travers la mobilisation des filières, le Maroc
s’assurera qu’aucun acteur économique ne coure un risque non identifié, que les impacts indirects
d’une transition vers une économie résiliente soient anticipés et que les secteurs d’action prioritaires
soient bien identifiés.
Objectif
Adoption du modèle « produire plus avec moins » par les petits exploitants
agricoles en passant par une action concertée à tous les niveaux, avec la
participation des pouvoirs publics, des organisations nationales et
internationales, du secteur privé et de la société civile.
Description
Le PNSA veillera à ce que les efforts soient alignés avec la vision de « Génération Green » Maroc. Un
passage des ajustements aux transformations serait nécessaire pour remédier au seul critère de la
production au profit d’une approche englobant le renforcement du capital humain, le
développement des moyens de subsistance et le déploiement de chaînes de valeur rurales
respectueuses du climat. Ce passage axé sur les résultats vise à rendre les activités agricoles plus
rémunératrices et à promouvoir les pratiques climato-intelligentes au service d’une agriculture
durable. Il s’agit aussi d’étendre les études de vulnérabilité agricole qui doit contenir la veille
scientifique climatique dans une optique de prévention favorisant l’abandon des pratiques agricoles
gourmandes en ressources au profit d’une agriculture résiliente de précision, et la mise en place d’un
plan d’action de réduction des gaspillages alimentaires.
Mesures prioritaires d’adaptation
Mesure 5.1.1 Accorder une priorité à la mise en œuvre de nouvelles technologies et innovations,
visant le renforcement de la résilience et la durabilité du développement agricole, ainsi que
l’amélioration de la qualité et de la capacité de mise en échelle.
Promouvoir l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans le
secteur agricole pour une agriculture résiliente plus rentable, durable et inclusive ;
Digitaliser l’irrigation intelligente (IoT, Internet des Objets), en vue d’économiser l’eau,
l’énergie et les déplacements, et éviter les irrigations inutiles ;
Lutter contre les ravageurs et les maladies, notamment grâce à l’utilisation des drones.
Ceux-ci rendent l’épandage de traitements bien plus rapide et moins coûteux, et
permettent d’augmenter le rendement des cultures et de réduire les risques de pertes
post-récoltes.
Mesure 5.1.2 Appui à la réduction des pertes et gaspillage post-récolte pour améliorer la sécurité
alimentaire et nutritionnelle, préserver la résilience environnementale et stimuler l’économie du
pays.
Plusieurs actions permettent de répondre à cette mesure et mettre en œuvre les engagements pris
pour les ODD n°2 (sécurité alimentaire) et n°12 (mode de production durable) :
Collecter des informations : mener une analyse quantitative et qualitative des pertes
alimentaires. La méthode d’évaluation des pertes alimentaires mise au point par la FAO,
par exemple, permet de repérer les points critiques de perte alimentaire pour une filière
donnée, ce qui permet d’affiner le ciblage de l’intervention ;
Développer la compréhension de la valeur économique des pertes post-récolte et de leur
effet sur la sécurité alimentaire. Accroître la prise de conscience des conséquences de
pertes post-récolte.
Améliorer le cadre institutionnel et administratif pour optimiser l'investissement dans des
technologies post-récolte, y compris l'appui à la création et à la diffusion de meilleures
pratiques et de connaissances ;
Faciliter l’accès des petits exploitants, des coopératives paysannes et des petites et
moyennes entreprises aux financements pour les aider à diminuer leurs pertes
alimentaires ;
Améliorer les techniques d’entreposage dans les exploitations et moderniser les
équipements de séchage des céréales ; aider les agriculteurs et les organisations
paysannes à acquérir des équipements de séchage de meilleure qualité, pouvant protéger
convenablement les produits de la pluie, est souvent la solution permettant de réduire le
risque de moisissure et la contamination, deux causes majeures des pertes de céréales ;
Renforcer l’entreposage frigorifique des produits frais : réduire de manière considérable
les pertes de produits frais [les fruits et légumes, mais aussi le poisson, la viande et le lait]
en aidant les agriculteurs et les négociants à acquérir des équipements d’entreposage
frigorifique et en assurant un approvisionnement stable en électricité pour alimenter ces
équipements ;
Construire des installations commerciales collectives de stockage dans le cadre d’une
coopérative peut fournir une solution leur permettant d’entreposer leurs récoltes en toute
sécurité, en attendant que les prix remontent (cas des dattes) ;
Lancer une dynamique territoriale associant les éleveurs, les conseillers agricoles, les
entreprises de transformation, les distributeurs, en faveur d’une production à faible
impact carbone et la valoriser.
Mesure 5.1.2 Concevoir des systèmes d’élevage adaptés au contexte de changement climatique :
L’acquisition des unités de fabrication et de valorisation des aliments de bétail à base des
sous-produits agricoles (cactus, grignon des olives…) ;
L’identification et la compréhension des systèmes « agriculture élevage » pour un meilleur
usage des ressources (eau, sol, résidus de récoltes, fourrages des parcours...) et une plus
grande efficacité socioéconomique (amplification de la production afin de répondre à la
demande croissante de produits animaux de qualité) ;
L’évaluation des capacités d’adaptation de ces systèmes, ainsi que de leur degré de
vulnérabilité et de flexibilité face aux contraintes et changements actuels ;
L’évaluation de la coviabilité socio-écologique et de la résilience de ces systèmes à l’égard
de la croissance démographique et dans une perspective historique.
Objectif
Description
Des orientations seront adoptées, en conformité avec la nouvelle stratégie du secteur de la pêche,
pour rendre le secteur de la pêche et l’aquaculture plus résilient au changement climatique qui tient
compte de l’aménagement du territoire, de la préservation de l’environnement et des écosystèmes
littoraux et marins et pour accompagner le développement d’une économie bleue durable au niveau
national d’ici 2030.
Promouvoir les mesures de lutte contre le CC auprès des acteurs touristiques, des investisseurs et
leurs prestataires (Architectes, BET, …) et des partenaires institutionnels concernés (Département
de l’Urbanisme) ;
Préparer certains hébergeurs à devenir conformes aux critères du label Clé Verte suivant le cahier
des charges arrêté par la Fondation Mohamed VI pour l’Environnement.
Description
L’appropriation du sujet du CC sera étendue dans la filière tourisme à travers le développement et le
partage de connaissances visant à faire de l’adaptation la norme et non plus l’exception.
L’objectif sera d’accompagner les différentes filières dans le développement d’activités résilientes et
respectueuses des écosystèmes sur lesquels ces filières s’appuient.
Mesures prioritaires d’adaptation
Mesure 5.3.1 Accompagner les différentes filières touristiques dans le développement d’activités
résilientes et respectueuses des écosystèmes sur lesquels ces filières s’appuient :
Opérationnaliser la charte marocaine du tourisme durable, contribuer, à travers le système
fiscal, à la promotion des investissements durables sobres en carbone, productifs,
créateurs d’emplois et « catalyseurs de valeur » au niveau des territoires hôtes ;
Promouvoir des mesures de lutte contre le CC auprès des acteurs touristiques, des
investisseurs et leurs prestataires (Architectes, BET, …) et des partenaires institutionnels
concernés (Département de l’Urbanisme) ;
Les économies d’eau dans le tourisme, par exemple au niveau de la gestion des golfs plus
sobres en eau, l’économie d’eau dans les hébergements touristiques via une optimisation
de sa consommation ;
Les plans d’aménagement et d’urbanisme devant intégrer l’élévation du niveau de la mer
et le recul des activités quand nécessaire (infrastructures) ;
Les zones urbaines devront mettre en avant un plan d’urbanisme pour limiter les effets des
îlots de chaleur urbains, notamment via la réduction de l’albédo des sols, en passant par
une végétalisation adaptée au climat des villes, ou des parcours de fraicheur ;
Appliquer le bio climatisme aux règles de construction et une utilisation raisonnée des
climatiseurs permettront à leur tour de limiter les pertes calorifiques des systèmes de
production de froid dans les hébergements touristiques, et de limiter la perception
d’inconfort (air sec) due aux climatiseurs ;
Au niveau du tourisme national, il convient de proposer des produits touristiques dédiés
aux différents segments du tourisme national et adaptés au pouvoir d’achat, de
promouvoir le tourisme social et solidaire, de développer les auberges des jeunes et de
mettre en place une offre pour les MRE en prenant en considération leurs style de vie et
mode de consommation (loisirs et sports) ;
Promouvoir des destinations et des produits touristiques durables et diversifiés à travers la
communication, la connectivité et la digitalisation en proposant un circuit de réservation
et de paiement marocain permettant d’éviter la sortie de devises et de commissions du
Maroc en faisant évoluer la communication numérique officielle vers l’expérience client ;
Relier les stratégies nationales du tourisme, de la culture, de l’artisanat, de la jeunesse et
des sports ainsi que du développement durable, et d’en assurer «la déclinaison territoriale,
de soutenir la mise en œuvre des stratégies régionales du tourisme durable en appuyant
les conseils régionaux dans l’élaboration de leur plan de développement régional ;
Valoriser les produits agricoles et le patrimoine culturel, au détriment des arguments liés
simplement à la douceur actuelle du climat par rapport à d’autres régions touristiques ;
Diversifier le tourisme et appuyer les orientations vers des activités de tourisme vert :
randonnées, spéléologie, parapentes, etc., attirant de plus en plus de locaux et d’étrangers ;
Elaborer une stratégie de développement touristique respectueux des écosystèmes.
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Accompagner et appuyer les entreprises du Maroc pour garantir leur
résilience aux conditions météorologiques extrêmes et les préparer aux
risques et opportunités futurs liés au CC ;
Examiner la nécessité d'une nouvelle norme potentielle sur l'adaptation pour les entreprises ;
Anticiper et adopter une stratégie de gestion de risque climatique et ses répercussions sur
le secteur industriel impliquant les différentes structures de gestion ;
Intégrer des espaces verts et des solutions fondées sur la Nature, au sein des zones
industrielles très bétonnées afin d’améliorer la température ambiante tout en améliorant
les conditions des travailleurs et faciliter l’infiltration des eaux en période de fortes pluies ;
Informer et former les entreprises sur les défis et les opportunités que leur offre le
réchauffement climatique ;
Mettre en œuvre les actions climatiques qui tiennent compte des aspects liés à la
biodiversité et aux services écosystémiques.
Créer un environnement favorable pour développer une compréhension des boucles énergétiques
locales, et en particulier de l’autoconsommation collective, dans une zone géographique définie.
Il s’agit d’accompagner les territoires dans le développement de projets énergétiques territoriaux,
autour de trois grands thèmes : maîtrise de l’énergie (économies) ; valorisation des énergies
renouvelables par une meilleure adéquation entre les besoins, une fois les économies réalisées ; et
production locale d’énergie.
Mesures prioritaires d’adaptation
Mesure 5.5.1 Améliorer la connaissance locale des phénomènes de précarité énergétique :
Réaliser un diagnostic du territoire de la précarité énergétique, dresser une liste des
facteurs de la précarité énergétique, ses causes et ses conséquences, et définir les
indicateurs pertinents afin de :
Chiffrer le volume de ménages en situation de précarité énergétique, y compris les
problématiques genre dans le secteur de l’énergie ;
Analyser la diversité des situations pour ajuster des actions préventives et curatives
adaptées aux différentes situations.
Informer les publics au plus près de leurs besoins énergétiques ;
Élaborer des guides pratiques sur l’économie de flux (eau, énergie…) destinés aux
citoyens.
Mesure 5.5.2 Développer des technologies à base de biogaz dans les exploitations agricoles locales.
Cette boucle énergétique locale consiste à valoriser économiquement et énergétiquement les déchets
agricoles (de source végétale ou animale).
Mesure 5.5.3 Engager des activités de boucles locales énergétiques avec la mise en place de systèmes
d’autoconsommation collective d’électricité photovoltaïque au niveau communautaire.
Mesure 5.5.6 Former et accompagner les fermes agricoles et les aider à assurer des mesures d’efficacité
énergétique à travers des :
Mesures d’efficacité énergétique pour les bâtiments d’élevage et les serres,
Mesures d’efficacité énergétiques pour l’agro-équipement,
Mesures d’efficacité énergétique dans les pratiques agricoles.
Mesure 5.5.7 Produire l’énergie renouvelable à la ferme : Optimiser les possibilités de production
d’énergie verte.
Poser sur les toitures des panneaux solaires photovoltaïques pour produire de l’électricité
et des panneaux solaires thermiques pour alimenter les chauffe-eaux ;
Utiliser la biomasse brute en brûlant des résidus de cultures, du bois ou des plantes
énergétiques dans des brûleurs ou des chaudières que ce soit pour la production de la
chaleur ou de l'électricité ;
Utiliser les effluents d’élevage, les résidus de cultures et d'autres matières organiques
(telles que les plantes énergétiques et les sous-produits de la transformation d'aliments)
dans des installations de méthanisation pour produire la chaleur ou l’électricité à partir du
biogaz ;
Installer sur l’exploitation des éoliennes (petits éoliens agricoles de 10 à 30 KW).
Mesure 5.5.7 Mettre en place une action de sensibilisation auprès des élus et personnels
communaux, travailleurs sociaux, pour une meilleure appréhension de la problématique de la
précarité énergétique.
L'adaptation a été financée par divers mécanismes dans le pays, par exemple le processus de
l’INDH pilote le programme de lutte contre la pauvreté au Maroc, dans le cadre duquel la gestion
des problèmes environnementaux, comme la désertification et la sécheresse, la perte de la
biodiversité et le CC, commence à susciter un intérêt progressif. Souvent, les actions n'ont pas
été qualifiées d'adaptation bien que leurs actions aient amélioré la résilience aux impacts
climatiques. Un défi est l'absence d'un système centralisé de suivi du financement climatique ; et
donc le montant des financements consacrés à l'adaptation ne peut qu'être estimé.
Les besoins en matière d’adaptation auront des implications budgétaires très importantes pour
le Maroc, pour tous les secteurs économiques et pour la protection de la santé humaine et
animale. Historiquement, sur la période 2005-2010, le Maroc a consacré 64 % de ses dépenses
climatiques à l’adaptation, notamment dans le secteur de l’eau, soit 9 % des dépenses globales
d’investissement. Pour la période 2020-2030, le Maroc estime que le coût de mise en œuvre des
programmes d’adaptation des secteurs de l’eau, de la forêt et de l’agriculture, qui constituent les
secteurs les plus vulnérables au CC, s’élèvera à un minimum de 35 milliards de dollars
américains.
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CDN révisée, 2020
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[Link]
L'accord de Paris met l'accent sur la transparence en matière d’adaptation [Article 13] et reconnaît
l'importance du suivi, de l'évaluation et de l'apprentissage de l'adaptation [Article 7]. Les travaux
internationaux associés à la (CCNUCC) ont mis en évidence la nécessité de développer des méthodes et
outils spécifiques pour caractériser les efforts d’adaptation des pays au regard de leurs besoins dans une
perspective plus large de développement durable.
Le succès du PNSA nécessite de mettre en place un mécanisme rigoureux de suivi des actions inscrites
dans ce plan ambitieux et des moyens mobilisés. Ce mécanisme devra impliquer les différents échelons
d’acteurs dans une démarche vertueuse permettant d’assurer, en toute transparence, le bon démarrage
puis le bon avancement, tout au long des multiples actions inscrites dans ce plan.
Le Maroc a opté pour l’incorporation du suivi de l’adaptation dans un dispositif existant, les Systèmes
d’Information Régionaux du Suivi de l’Environnement et du Développement Durable (SIREDD). Les
SIREDD sont des systèmes intégrés d’information comportant un certain nombre de modules traitant
d’enjeux distincts. Ils sont gérés par les observatoires régionaux de l’environnement et du
développement durable (OREDD), instaurés dans chaque région. Les indicateurs d’adaptation ont été
incorporés en tant que module spécifique (comprenant également l’atténuation du CC, les événements
extrêmes et les indicateurs de dégâts et pertes). Ce module comprend une base de données qui rend
compte d’une combinaison d’indicateurs standards qui seront agrégés au niveau national et
d’indicateurs propres, à chaque région, adaptés au contexte particulier de la région visée. Le module de
CC des SIREDD surveille les évolutions de la vulnérabilité dans les secteurs principaux ainsi que les
progrès réalisés dans la mise en œuvre des mesures d’adaptation et leurs répercussions.
Il fournit également des outils destinés aux décideurs, notamment un tableau de bord d’aide à la prise de
décision et une surveillance spatio-temporelle d’indicateurs climatiques essentiels.
Le Maroc gagnerait à élargir la plateforme en ligne, servant de système MRV de la NDC du Maroc, volet
atténuation, en y intégrant, le S&E de l’adaptation. Pour une meilleure normalisation des informations à
aborder pour un S&E adaptation, dans le cadre de la transparence renforcée, la plateforme abordera des
éléments qui permettraient de contribuer à l’éclaircissement du bilan mondial ["Global Stocktake" (GST)]
prévu à l’article 14, ainsi qu’au « dialogue de facilitation », processus qui vise, entre autres, l’ambition et
l’orientation des préparations des NDCs dans le cadre de l’Accord de Paris (décision 1/CP.21, paragraphe 20).
Les indicateurs prévus seront dynamiques et doivent être contextualisés et tenir compte du genre. Les
territoires et divers secteurs peuvent utiliser la théorie globale du changement ou développer leurs
propres théories du changement et des indicateurs d'adaptation, dont les données devraient être
agrégées au niveau national. Les indicateurs d'adaptation devront être revus et révisés en conséquence
à chaque révision du PNSA.
ANNEXE : Tableau récapitulatif sur les axes, objectifs et orientations stratégiques du PNSA
Orientations Stratégiques 1. Mobiliser les appuis politiques et institutionnels pertinents et développer un mandat clair pour
l’adaptation dans le cadre de la politique nationale climatique.
2. Ajuster les normes et réglementations pour faire face et s’adapter au changement climatique.
3. Asseoir une bonne gouvernance climatique territoriale, incluant une meilleure articulation des
politiques et initiatives en matière d’adaptation depuis l’échelle nationale jusqu’à l’échelle
national.
4. Mettre en place des mécanismes efficaces pour une meilleure mobilisation de la société civile
autour de la politique nationale d’adaptation, et de gestion des risques climatiques.
5. Mettre en œuvre une stratégie spécifique, bénéficiant des cas réussis au Maroc, pour la
mobilisation et le renforcement de l’engagement du secteur privé dans la mise en œuvre du
PNSA.
Orientations Stratégiques 1. Formaliser l’évaluation des risques des systèmes naturels et socio-économiques.
2. Développer une base de données nationale sur les risques climatiques et les pertes et
dommages dus au changement climatique.
3. Faire de la gestion des risques une priorité en vue d’une croissance durable à court, moyen et
long terme.
4. Réduire la vulnérabilité du secteur de la santé au changement climatique.
5. Renforcer la sécurité et la résilience climatique des infrastructures critiques.
6. Renforcer la prise en compte du changement climatique et développer une meilleure
résilience aux aléas climatiques dans le secteur de l’Habitat et de l’Urbanisme.
Orientations Stratégiques 1. Protéger les ressources hydriques et garantir un approvisionnement en eau efficient et
durable, dans un contexte de pénurie croissante et face aux incertitudes liées au
changement climatique.
2. Adapter les sols au changement climatique et renforcer leur contribution à son Atténuation.
3. Consolider et renforcer l’action et les capacités du secteur des « forêts » en vue d'adapter les
écosystèmes forestiers et péri-forestiers au changement climatique
4. Appuyer l’intégration de la biodiversité et des services écosystémiques dans la planification
du développement territorial, pour aider les populations à s'adapter aux effets néfastes du
changement climatique
5. Renforcer la résilience des écosystèmes sensibles : Littoral, Montagne et Oasis.
6. Utiliser les stratégies d’adaptation à base communautaire, et appuyer les savoirs et pratiques
ancestrales, pour lutter contre le changement climatique