I- Généralités sur les Financements
Extérieurs
Pour les pays en voie de développement à faibles revenus, l’aide extérieure comprend
principalement des dons, des prêts concessionnels et des crédits à l’exportation provenant de
sources à la fois bilatérales et multilatérales.
Cette section examine les trois manières principales de classifier le financement extérieur: d’après
ses modalités financières, d’après ses sources et d’après le type de fonds.
L’aide extérieure comprend une aide ou un financement concessionnel plus connu sous l’expression «
Aide publique au développement » (APD), et un financement lié au marché ou non concessionnel. La
distinction entre l’aide et le financement lié au marché reflète le coût réel des financements pour le
bénéficiaire, ce qui est caractérisé à l’aide du concept de confessionnalité.
L’aide (ou APD) comprend des dons, qui sont des transferts ne devant pas être remboursés, et des
prêts considérés comme de « l’aide publique au développement » pour les pays en voie de
développement.
Il existe trois manières différentes de classifier l’aide extérieure :
• par source de fonds de la part de donateurs/créanciers multilatéraux et bilatéraux, de créanciers
commerciaux, du secteur privé et d’organisations non-gouvernementales (ONG),
• par type de financement, comme les dons et prêts aux programmes, aux projets et à l’assistance
technique, et
• par bénéficiaires de l’aide extérieure, y compris les pouvoirs publics et leurs agences, le secteur
privé et les ONG.
Cette section traite de ces diverses classifications et fournit de plus amples détails sur les types
d’aide.
1 Sources et modalités de financement
Les principales sources de l’aide extérieure pour la plupart des pays en voie de développement sont
officielles, c’est-à-dire que cette aide provient de donateurs et créanciers multilatéraux et
bilatéraux. De nombreux institutions multilatérales et gouvernements bilatéraux ont deux créneaux
de financement : un créneau concessionnel pour le financement d’aide et un créneau non
concessionnel pour les crédits à l’exportation ou les prêts liés au marché. Les flux d’aide sont aussi
fournis par les organisations non gouvernementales (ONG), les uvres caritatives et les organisations
religieuses, scientifiques, éducatives et culturelles7. De nombreux pays en voie de développement
peuvent aussi accéder à un financement commercial non concessionnel de la part de sources privées
telles que des banques ou des exportateurs, bien que dans la plupart des cas, ce financement soit
garanti par le gouvernement d’un pays développé. De plus, les pays en voie de développement les plus
solvables, peuvent emprunter directement auprès des banques commerciales ou émettre des
obligations sur les marchés internationaux de capitaux.
1.1 Donateurs/créanciers multilatéraux
L’aide multilatérale passe par des institutions internationales qui regroupent des gouvernements et
dont l’ensemble ou une partie importante des activités visent les pays en développement ou les pays
bénéficiaires. Il s’agit notamment des banques multilatérales de développement, d’organes des Nations
Unies et de regroupements régionaux (p. ex., certains organismes de l’Union européenne et
organismes du monde arabe)
Les principales institutions internationales fournissant de l’aide extérieure sont :
• l’Union européenne, qui fournit à la fois des dons et des prêts concessionnels aux pays en voie de
développement. La Banque européenne d’investissement (BEI) constitue sa banque de développement,
fournissant des prêts à long terme à la fois au secteur public et au secteur privé. Le Fonds européen
de développement (FED) fournit des ressources, principalement sous forme de dons, pour couvrir le
soutien macroéconomique, les programmes et projets planifiés. De plus, ces ressources peuvent être
utilisées pour l’allégement de la dette ou pour parer aux chocs imprévus.
• Le Fonds international de développement agricole (FIDA), qui fournit des prêts concessionnels et des
dons pour soutenir la réduction de la pauvreté rurale dans les pays en voie de développement.
• Le Fonds monétaire international (FMI), qui fournit des prêts concessionnels aux pays à faibles
revenus par le biais de sa Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC).
• Les Nations Unies et ses agences principales, telles que le Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED),
le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM),
fournissent la majeure partie de leur aide sous forme de dons.
• La Banque mondiale avec ses trois services de prêts. L’Association internationale de développement
(AID) fournit des prêts fortement concessionnels et des dons aux pays à faibles revenus et ayant un
revenu par habitant de moins de 885 $EU en 2000. La Banque pour la reconstruction et le
développement (BIRD), fournit des prêts non concessionnels aux pays solvables plus pauvres à revenus
moyens10. La Société financière internationale (SFI), fournit un financement par prêts et par fonds
propres aux projets du secteur privé dans les pays en voie de développement.
Il existe également des banques et des institutions de développement régionales se spécialisant dans
l’apport d’aide extérieure à des régions géographiques particulières. Les principaux fournisseurs
régionaux sont :
• la Banque africaine de développement, qui fournit de l’aide extérieure par le biais du Fonds africain
de développement (FAD) qui constitue son créneau concessionnel, et des prêts non concessionnels par
la Banque africaine de développement (BAD).
• La Banque arabe pour le développement en Afrique (BADEA), qui fournit des prêts concessionnels
pour financer des projets et des dons pour l’assistance technique.
1.2 Donateurs et créanciers bilatéraux
L’aide bilatérale est accordée directement par un gouvernement à celui d’un autre pays et
demeure l’une des formes d’APD représentant les sommes les plus importantes. De nos jours,
l’aide bilatérale est caractérisée par un soutien budgétaire direct, un appui ciblant certains
secteurs et une volonté d’harmonisation de la part des bailleurs de fonds. Les indicateurs liés
à la gouvernance et à la démocratie jouent souvent un rôle essentiel dans la sélection des
pays bénéficiaires
Les donateurs et créanciers bilatéraux sont des pouvoirs publics souverains ou leurs agences qui
fournissent de l’aide extérieure. Ces donateurs/créanciers comprennent les pouvoirs publics et
agences de pays développés et en voie de développement. La plupart des pouvoirs publics des pays
développés octroient des dons et des prêts concessionnels directement par le biais du ministère, du
département ou de l’agence responsable de la mise en uvre de leur aide et de leur politique de
développement.
Les principaux pays donateurs et les institutions concernées pour le mouvement en faveur de l’EPT:
Allemagne : Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) ou GIZ Agence allemande de
coopération Technique
Allemagne : KfW Kreditanstalt für Wiederaufbau, meaning Reconstruction Credit Institute : Banque
de development
Allemagne : Ministère federal de la coopération économique et du développement (BMZ) : (German:
Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung), abbreviated BMZ, is an independent
ministry of the Federal Republic of Germany responsible for formulating the principles and strategies of German
development policy, which form the basis of cooperation with partner countries and international organizations.
Australie : AusAid
Belgique: Coopération au développement (DGCD)
Belgique : Coopération technique (CTB)
Canada : Agence canadienne de développement international (ACDI)
Espagne : Agence espagnole de coopération internationale (AECI)
Etats-Unis : United States Agency for International Development (USAID)
Finlande : Département de la coopération pour le développement international ([Link])
France : Le Groupe de l'Agence française de Développement (AfD)
- FFE : Fonds Français pour l’Environnement Mondial est un instrument de la politique
française de coopération et de développement dont l'objectif est de contribuer à la
protection de l'environnement mondial dans des projets de développement durable dans les
pays en développement.
- CEFEB (Centre d’Etudes Financières Economiques et Bancaires),
- PROPARCO (Promotion et de Participation pour la Coopération Economique ) est une
Institution Financière de Développement, conjointement détenue par l’Agence Française de
Développement (AFD) et par des actionnaires privés du Nord et du Sud (organismes
financiers et entreprises).
La mission de la société est de favoriser les investissements privés dans les pays émergents et en
développement dans un objectif de croissance économique, du développement durable et d’atteinte des
Objectifs du Millénaire (OMD).
Irlande : Development Cooperation Ireland
Italie : Ministère des affaires étrangères
Japon : Agence japonaise pour la coopération internationale (JICA)
Japon : Banque japonaise pour la coopération internationale (JBIC)
Luxembourg : Lux-Development
Norvege : Agence norvégienne de coopération pour le développement (NORAD)
Nouvelle-Zélande : NZAid
Portugal : Institut portugais de soutien du développement
Royaume-Uni: Department for International Development (DFID)
Suede : Agence suédoise de coopération internationale au développement (SIDA)
Suisse : Direction du développement et de la coopération (DDC)
1.3 Agences bilatérales de crédits à l’exportation
En plus des prêts selon les modalités des APD, la plupart des pouvoirs publics des pays développés
disposent d’agences, qui fournissent un financement par crédit à l’exportation non concessionnel
directement à l’emprunteur ou qui garantissent le financement par crédit à l’exportation fourni par
les exportateurs ou les banques et les institutions financières.
1.4 Créanciers commerciaux
Les emprunteurs solvables peuvent accéder à deux types de financement aux conditions de marché :
• Les prêts de banques commerciales fournis par une seule banque ou par un syndicat de banques
(chacune fournissant un pourcentage convenu du montant total du prêt, et partageant ainsi le risque
lié au prêt). Les coûts de l’intérêt de ces prêts seront liés aux conditions de marché avec une marge
au-delà du taux de base (à savoir, LIBOR) reflétant la solvabilité perçue de l’emprunteur.
• Les obligations sont des titres de créance émis par l’emprunteur sur les marchés de capitaux
internationaux, généralement avec de multiples porteurs, incluant les banques, les institutions
financières et d’autres organismes d’investissement. Les obligations sont des instruments négociables
et leurs prix varient par conséquent à la hausse ou la baisse en fonction de la demande et de la
tendance du marché.
LIBOR : taux de marché monétaire des devises observé à Londres : London Interbank Offered rates
Les obligations: Qu’est-ce qu’une obligation?
Comme nous l'avons déjà vu dans ce module, les entreprises ont deux possibilités pour lever des fonds afin de financer leurs
investissements commerciaux à long terme - elles peuvent emprunter ces fonds et/ou émettre des actions.
Pour emprunter de l'argent, les entreprises ont souvent recours à l'émission de ce qu'on appelle des obligations. Alors qu'est-
ce qu'une obligation et comment fonctionne-t-elle?
Qu'est-ce qu'une obligation?
Une obligation est une dette. En effet, quand un investisseur achète une obligation, il prête en réalité une somme d'argent à
l'émetteur de l'obligation et celui-ci contracte une dette. Par conséquent, l'émetteur (ou vendeur de l'obligation) est
emprunteur et l'investisseur (ou acheteur de l'obligation) est prêteur.
Le prix d'achat de l'obligation correspond à l'argent que l'investisseur prête à l'émetteur. Et, comme dans la plupart des prêts,
lorsque l'on achète une obligation, l'emprunteur verse à l'acheteur des intérêts pendant toute la durée du prêt. Ensuite, à
l'échéance fixée, l'emprunteur rembourse le prêt.
Dans le cas d'une obligation, le prix payé pour l'obligation - autrement dit le prêt - est appelé montant principal, ou valeur
nominale de l'obligation. La durée d'un prêt s'appelle son échéance. Et les intérêts du prêt payés par l'emprunteur s'appellent
le coupon. Les obligations sont aussi connues sous le nom de titres à revenu fixe (ou parfois de titres à intérêt fixe), car la
plupart des obligations rapportent un revenu régulier au prêteur, qui correspond au taux d'intérêt du prêt.
Le montant des intérêts payés et la fréquence de paiement des intérêts sont précisés dans les termes spécifiques gouvernant
l'émission de l'obligation.
Les obligations sont appelées titres à revenu fixe pour une autre raison. A la différence des actions où la rentabilité n'est
pas garantie, une entreprise qui émet une obligation s'engage à rembourser le principal plus les intérêts.
1.5 Aide indirecte
L’aide indirecte est un financement de la part de gouvernements de pays développés, qui est canalisée
à travers des organisations non-gouvernementales, des institutions universitaires, des groupes
religieux, des syndicats ouvriers et d’autres organisations en-dehors de l’agence officielle du
donateur.
Les gouvernements bilatéraux fournissent également des fonds sous forme de paiements de cotisation,
de commissions ou de dons à des institutions multilatérales et régionales telles que les Nations unies,
la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
2 Types de financement
En plus de classifier l’aide extérieure par source et par coût des fonds, il est important également de
considérer le type de financement octroyé par les donateurs et les créanciers en termes de ses
objectifs principaux.
2.1 Aide et prêts aux programmes
L’aide aux programmes est un financement rendu accessible à des pouvoirs publics bénéficiaires pour
des buts de développement généraux. Les principaux types d’aide aux programmes sont exposés ci-
dessous :
• Le soutien budgétaire est une aide fournie directement au budget public pour combler son
insuffisance de financement.
• Le soutien à la balance des paiements est une aide finançant le déficit de la balance des paiements,
généralement en fournissant des fonds pour financer les importations.
• L’aide alimentaire et l’aide d’urgence ou en cas de catastrophe naturelle sont des types d’aide
spécialisés. L’aide alimentaire est souvent, mais pas toujours, associée à des catastrophes et peut
être une forme de soutien à la balance des paiements. L’aide d’urgence ou en cas de catastrophe
naturelle est un financement à court terme permettant de répondre à des besoins humanitaires
immédiats dus à des catastrophes naturelles, des guerres civiles, etc.
L’allégement de la dette consiste en l’annulation et/ou la restructuration de prêts, sous l’égide du
Club de Paris, de l’Initiative PPTE, ou sur une base de créancier à créancier.
2.2 Assistance technique
L’assistance technique (AT) est une aide liée à des activités de formation et d’éducation, y compris le
développement de ressources humaines. Elle comprend également des paiements à des consultants
étrangers et nationaux, des conseillers, des enseignants, des administrateurs et ceux travaillant dans
des emplois similaires dans le pays bénéficiaire.
2.3 Aides hybrides
Ce sont les formes pures des instruments de l’aide extérieure. Bien entendu, il peut y avoir des formes
hybrides telles que l’approche sectorielle élargie, qui peut combiner l’aide aux programmes et aux
projets et/ou l’assistance technique. D’autres exemples peuvent inclure l’assistance technique ou
l’allégement de la dette conjointement avec l’aide aux programmes et aux projets.
2.4 Aide des ONG et des organisations de la société civile
L’aide des ONG et des organisations de la société civile est constituée par des fonds (indépendants des
pouvoirs publics des pays développés) de la part de groupes religieux, de syndicats, d’associations
professionnelles et d’autres organisations, fournis aux organisations et autres agences des pays en
voie de développement. Une grande partie de cette aide est sous forme de dons.
3 Bénéficiaires de l’aide extérieure
L’aide extérieure peut être classifiée par bénéficiaire, procédé qui a pour objectif principal de suivre
les flux de l’aide extérieure dans la balance des paiements et le budget. Les principales classifications
de bénéficiaires sont l’administration centrale, les organismes parapublics et autres agences
gouvernementales, le secteur privé et les ONG.
3.1 Administration centrale
Le principal emprunteur et bénéficiaire de l’aide des donateurs/créanciers dans les pays en voie de
développement est l’administration centrale. Tandis que les procédures gérant la manière dont les
dons et les prêts sont contractés, enregistrés, contrôlés et gérés varient selon les pays, le ministère
des Finances joue un rôle clé dans ce domaine et est chargé du suivi des flux de l’aide et de la dette
dans le budget.
3.2 Agences ne faisant pas partie de l’administration centrale
Cette classification comprend la banque centrale, les organismes parapublics, les autorités locales ou
d’État et les agences. Dans certains pays, ces entités peuvent négocier, contracter et mettre en
uvre des accords de dons et de prêts.
3.3 Secteur privé
En termes de flux d’aide, les principaux bénéficiaires sont les uvres caritatives nationales, les
institutions religieuses, éducatives et scientifiques ainsi que les syndicats, ces organismes recevant
des dons ou des prêts de l’étranger. D’un autre côté, les sociétés et organisations du secteur privé
peuvent emprunter de façon non concessionnelle à l’étranger.