EMSI A.U.
2024/2025
Chapitre I : Matrices
Algèbre II 1AP Prof. responsable : L. LOUDIKI
Table des matières
1 Matrices de types (m, n) 2
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Matrice ligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.2 Matrice colonne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.3 Matrice nulle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Matrices carrées 3
2.1 Matrice diagonale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Matrice identité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Matrice triangulaire supérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.4 Matrice triangulaire inférieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3 Opérations sur les matrices 5
3.1 Egalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.2 Addition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.3 Multiplication par un scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.4 Produit de deux matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.4.1 Dénition et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3.4.2 Produit d'une matrice ligne par une matrice colonne . . . . . . . . . 7
3.4.3 Calcul pratique du produit matriciel . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4 Matrice transposée, symétrique et antisymétrique 8
5 Matrice Inversible 9
Tout au long de ce chapitre, K désigne R ou C.
1AP - Algèbre II - Chapitre 1 - Matrices L. LOUDIKI
1 Matrices de types (m, n)
1.1 Généralités
Dénition 1.1. Soient m, n ∈ N∗ , I = {1, 2, . . . , m} et J = {1, 2, . . . , n}. On appelle matrice
de type (ou format) (m, n) à coecients dans K toute application de I ×J dans K. Autrement
dit, une matrice A à coecients dans K est une suite double nie (a ) d'éléments
de K.
i,j 1≤i≤m,1≤j≤n
Notation 1.
Une matrice A de type (m, n) est notée par A = (a ) ou simplement A =
(a ) .
i,j 1≤i≤m,1≤j≤n
M (K) désigne l'ensemble de toutes les matrices de types (m, n) à coecients dans
i,j i,j
K.
m,n
Soit A = (a ) ∈ M (K). A se représente par un tableau rectangulaire à
m lignes et n colonnes.
i,j 1≤i≤m,1≤j≤n m,n
a1,1 a1,2 . . . . . . . . . a1,n
.. .. .. .. .. ..
a2,1 a2,2 . . . . . . . . . a2,n
A=
ai,1
.. ..
...
.. .. .. ..
. . . ai,j . . . ai,n
am,1 am,2 . . . . . . . . . am,n
Le coecient situé à la i-ème ligne et à la j-ème colonne est noté a .
Les a sont appelés les coecients de la matrice A.
i,j
Les matrices de types (m, m) sont appelées matrices carrées d'ordre m. On écrit M
i,j
m (K)
pour M (K). m,m
Exemple 1.
est une matrice 2 × 3, avec par exemple : a et
2 1 4
A= ∈ M2,3 (R). A 1,3 =4
.
3 0 −1
a2,2 = 4
2 5 7
B=
3 8 −1
8 1 0 ∈ M4,3 (R). B
est une matrice 4 × 3, avec par exemple : b 4,3 =0 et
.
11 4 30
b1,2 = 5
2 5 7
C = 3 8 + i −1 ∈ M3,3 (C). C est une matrice 3 × 3, avec par exemple : c 3,3 =i
et .
8 1 i
c1,3 = 8
2
1AP - Algèbre II - Chapitre 1 - Matrices L. LOUDIKI
1.2 Vocabulaire
Soit A = (ai,j ) ∈ Mm,n (K).
1.2.1 Matrice ligne
Dans ce cas, m = 1 (la matrice a une seule ligne), qu'on appelle aussi vecteur ligne et on
la note :
A = a1,1 a1,2 . . . a1,n
1.2.2 Matrice colonne
Dans ce cas, n = 1 (la matrice a une seule colonne), qu'on appelle aussi vecteur colonne
et on la note :
a1,1
a2,1
A = ..
.
am,1
1.2.3 Matrice nulle
La matrice nulle est une matrice (de taille m × n) dont tous les coecients sont zéros est
et on la note 0mn ou plus simplement 0.
Dans le calcul matriciel, la matrice nulle joue le rôle du nombre 0 pour les réels.
0 ... 0
A = ... . . . ... = 0
0 ··· 0
2 Matrices carrées
Dans ce cas m = n (le même nombre de lignes et de colonnes) et on note Mn (K) au lieu
de Mn,n (K).
a1,1 a1,2 . . . a1,n
a2,1 a2,2 . . . a2,n
A = .. .. .. ..
. . . .
an,1 an,2 . . . an,n
Les éléments a1,1 , a2,2 , . . . , an,n forment la diagonale principale de la matrice.
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1AP - Algèbre II - Chapitre 1 - Matrices L. LOUDIKI
2.1 Matrice diagonale
Soit A une matrice carrée de Mn (K). A est une matrice diagonale si ai,j = 0, ∀i ̸= j :
a1,1 0 ... 0
0 a2,2 . . . 0
A = .. .. .. ..
. . . .
0 0 . . . an,n
Exemple 2.
2 √0 0
A = 0 8 0
0 0 −5
2.2 Matrice identité
Soit A une matrice carrée de Mn (K). A est une matrice identité si ai,j = 0, ∀i ̸= j et
ai,j = 1, ∀i = j :
1 0 ... 0
0 1 ... 0
In = .. .. . . ..
. . . .
0 0 ... 1
Ses éléments diagonaux sont égaux à 1 et tous les autres éléments sont égaux à 0. La matrice
identité est un cas particulier de la matrice diagonale.
Dans le calcul matriciel, la matrice identité joue un rôle analogue à celui du nombre 1
pour les réels. C'est l'élément neutre pour la multiplication :
Im × A = A × In = A, ∀A ∈ Mm,n (K).
Exemple 3. Soient les matrices identités suivantes, on a :
1 0
I2 = ∈ M2 (K)
0 1
1 0 0
I3 = 0
1 0 ∈ M3 (K)
0 0 1
1 0 0 0 0
0 1 0 0 0
0
I5 =
0
0 1 0 0 ∈ M5 (K)
0 0 1 0
0 0 0 0 1
4
1AP - Algèbre II - Chapitre 1 - Matrices L. LOUDIKI
2.3 Matrice triangulaire supérieure
Soit A une matrice carrée de Mn (K). A est une matrice triangulaire supérieure si ai,j = 0,
∀i > j :
a1,1 a1,2 . . . . . . a1,n
0 a2,2 . . . . . . a2,n
. ..
..
A = .. 0 . .
. .. .. ..
.. . . .
0 . . . . . . 0 an,n
Exemple 4.
2 √7 1
A = 0 8 3
0 0 −5
2.4 Matrice triangulaire inférieure
Soit A une matrice carrée de Mn (K). A est une matrice triangulaire inférieure si ai,j = 0,
∀i < j :
a1,1 0 . . . ... 0
a2,1 a2,2 0 ... 0
. ..
. .. .. ..
A= . . . . .
. .. ..
.. . .
0
an,1 . . . . . . an,n−1 an,n
Exemple 5.
2 √0 0
A = 1 8 0
4 6 −5
3 Opérations sur les matrices
3.1 Egalité
Soient A et B deux matrices de Mm,n (K), telles que : A = (ai,j )i,j et B = (bi,j )i,j .
Deux matrices sont égales lorsqu'elles ont la même taille et que les coecients correspon-
dants sont égaux.
A = B ⇐⇒ ai,j = bi,j , ∀i ∈ {1, . . . , m} et ∀i ∈ {1, . . . , n}.
3.2 Addition
Dénition 3.1. Soient A et B deux matrices ayant la même taille m × n. Leur somme
C = A + B est la matrice de taille m × n dénie par :
ci,j = ai,j + bi,j .
5
1AP - Algèbre II - Chapitre 1 - Matrices L. LOUDIKI
Si A = et B = , alors A + B =
3 0 1 4 4 4
Exemple 6. 1 −2 5 2 6 0
Proposition 1.
1. ∀A, B, C ∈ M (K), (A + B) + C = A + (B + C).
2. ∀A, B ∈ M (K), A + B = B + A.
m,n
3. La matrice nulle est l'élément neutre de l'addition : ∀A ∈ M
m,n
m,n (K), A + 0 = A.
3.3 Multiplication par un scalaire
Dénition 3.2. Soient A ∈ Mm,n (K) et α ∈ K un scalaire. La matrice C ∈ Mm,n (K) dénie
par c = αai,j s'appelle la matrice produit externe de la matrice A par le scalaire α. On note
.
i,j
C = αA
Exemple 7.
1. A ∈ M et α = 1 ⇒ 1 × A = A.
m,n (K)
2. A ∈ M (K) et α = 0 ⇒ 0 × A = 0 .
m,n mn
3. A = 12 et α = −3 :
2 −1
1 −2
(−3) × 1 (−3) × 2 (−3) × (−1) −3 −6 3
α × A = (−3) × A = =
(−3) × 2 (−3) × 1 (−3) × (−2) −6 −3 6
Proposition 2.
1. ∀A ∈ M (K), ∀α, β ∈ K, (α + β)A = αA + βB.
2. ∀A, B ∈ M (K), ∀α ∈ K, α(A + B) = αA + αB.
m,n
m,n
Remarque 1. La diérence A − B revient à Multiplier B par le scalaire (−1) puis calculer
la somme de A + (−1)B .
Exemple 8. Si A = 1 −2 et B = 5 2 , alors
3 0 1 4
3 0 −1 −4 2 −4
A − B = A + (−1)B = + =
1 −2 −5 −2 −4 −4
3.4 Produit de deux matrices
3.4.1 Dénition et propriétés
Dénition 3.3. Soient A ∈ Mn,m (K) et B ∈ M m,p (K) . La matrice C ∈ M n,p (K) dénie
par : m
X
ci,j = aik bkj
s'appelle la matrice produit de A par B. On note C = A × B.
k=1
On ne peut eectuer la multiplication de deux matrices A et B que si le nombre des
colonnes de A est égal au nombre de lignes de B.
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1AP - Algèbre II - Chapitre 1 - Matrices L. LOUDIKI
Proposition 3.
1. ∀A ∈ M n,m (K) , ∀B ∈ M (K), ∀C ∈ M (K), (A×B)×C = A×(B×C) ∈ M (K).
2. ∀A ∈ M (K), ∀B, C ∈ M (K), A × (B + C) = (A × B) + (A × C) ∈ M (K).
m,p p,q n,q
n,m m,p n,p
3.4.2 Produit d'une matrice ligne par une matrice colonne
Soient A ∈ M1,m (K) une matrice ligne et B ∈ Mm,1 (K) une matrice colonne telles que
bi,j
..
.
A = (ai,1 , . . . , ai,k , . . . , ai,m ) et B = bk,j
.
..
bm,j
La matrice C = A × B ∈ M1,1 (K) est alors égale au scalaire dénie par :
C = ai,1 bi,j + . . . + ai,k bk,j + . . . + ai,m bm,j .
Exemple 9. Soient A ∈ M 1,5 (K) une matrice ligne et B ∈ M 5,1 (K) une matrice colonne
telles que
−2
0
A = (1, 2, −1, 0, −2) et
2
B=
1
−1
Alors, C = A × B = 1 × (−2) + 2 × 0 + (−1) × 2 + 0 × 1 + (−2) × (−1) = −2.
3.4.3 Calcul pratique du produit matriciel
Soient A ∈ Mn,m (K) et B ∈ Mm,p (K) telles que :
a1,1 . . . a1,k . . . a1,m b1,1 . . . b1,j . . . b1,p
.. .. .. .. .. .. .. .. .. ..
. . . . . . . . . .
A = ai,1 . . . ai,k . . . ai,m et B = bk,1 . . . bk,j . . . bk,p
. .. .. .. .. . .. .. .. ..
.. . . . . .. . . . .
an,1 . . . an,k . . . an,m bm,1 . . . bm,j . . . bm,p
Pour obtenir le coecient pi,j de la matrice produit P = A × B , on fait le produit de la
ligne Li de la matrice A (Li : matrice ligne) par la colonne Cj de la matrice B (Cj : matrice
colonne).
L1 C1 . . . L 1 C j . . . L 1 Cp
.. .. .. .. ..
. . . . .
P = Li C1 . . . Li Cj . . . Li Cp ∈ Mn,p (K)
. .. .. .. ..
.. . . . .
Ln C1 . . . Ln Cj . . . Ln Cp
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1AP - Algèbre II - Chapitre 1 - Matrices L. LOUDIKI
Exemple 10. Soient les deux matrices suivantes :
2 1
et
1 3 2
A= ∈ M2,3 (K) B = 0 1 ∈ M3,2 (K)
8 4 1
1 2
On a la matrice A est de taille 2 × 3 et la matrice B est de tailles 3 × 2. Alors leur produit
P = A × B est la matrice de taille 2 × 2 dénie par :
3
X
pi,j = ai,k bk,j
k=1
p1,1 = a1,1 b1,1 + a1,2 b2,1 + a1,3 b3,1 = 1 × 2 + 3 × 0 + 2 × 1 = 4
p1,2 = a1,1 b1,2 + a1,2 b2,2 + a1,3 b3,2 = 1 × 1 + 3 × 1 + 2 × 2 = 8
p2,1 = a2,1 b1,1 + a2,2 b2,1 + a2,3 b3,1 = 8 × 2 + 4 × 0 + 1 × 1 = 17
p2,2 = a2,1 b1,2 + a2,2 b2,2 + a2,3 b3,2 = 8 × 1 + 4 × 1 + 1 × 2 = 14
Ainsi,
p1,1 p1,2 4 8
P =A×B = = ∈ M2,2 (K).
p2,1 p2,2 17 14
Remarque 2. Le produit de matrices n'est pas commutatif en général. Eectivement, en
prenant l'exemple précèdent, on calcule le produit
2 1 10 10 5
1 3 2
B × A = 0 1 × = 8 4 1 ∈ M3,3 (K)
8 4 1
1 2 17 11 4
Et puisque
4 8
A×B = ∈ M2,2 (K)
17 14
Alors,
A × B ̸= B × A.
4 Matrice transposée, symétrique et antisymétrique
Dénition 4.1. Soit A ∈ M (K). On appelle transposée de A la matrice A ∈ M t
m,n (K)
obtenue en échangeant les lignes et les colonnes de A. C'est-à-dire, si B = A alors
n,m
t
bi,j = aj,i , ∀i ∈ {1, . . . , m}, j ∈ {1, . . . , n}.
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1AP - Algèbre II - Chapitre 1 - Matrices L. LOUDIKI
Exemple 11.
1 0
1 6 3
A= ⇒ At = 6 1
0 1 −5
3 −5
Proposition 4.
1. (A ) = A.
t t
2. (A × B) = B × A .
t t t
(Attention au changement d'ordre lors de la transposée d'un produit de deux matrices)
Dénition 4.2. Soit A ∈ M (K). On dit que :
A est symétrique si A = A.
n
t
A est antisymétrique si A = −A. t
Exemple
12.
est symétrique car : A = .
2 6 t 2 6
A= =A
6 3 6 3
0 −2 −6 0 2 6
A= 2
0 3 est antisymétrique car : At = −2 0 −3 = −A
6 −3 0 −6 3 0
5 Matrice Inversible
Dénition 5.1. Une matrice carrée A d'ordre n est dite inversible s'il existe une matrice
carrée B d'ordre n telle que
A×B =B×A=I n
On note B = A . La matrice B = A s'appelle la matrice inverse de la matrice A.
−1 −1
Exemple 13.
1. Soient A = et :
1 2 3 −2
∈ M2,2 (K) B= ∈ M2,2 (K)
1 3 −1 1
1 0
A×B =B×A= = I2 .
0 1
La matrice A est alors inversible et A = B. −1
2. Soit A = 0 0 ∈ M (K). Pour tout matrice B = ac , on a
0 1 b
2,2 ∈ M2,2 (K)
d
c d
A×B = ̸= I2
0 0
et
0 a
B×A= ̸= I2
0 c
La matrice A est alors non inversible.
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1AP - Algèbre II - Chapitre 1 - Matrices L. LOUDIKI
Trouver l'inverse de A = ∈ M (K).
2 3
Exemple 14. 0 1 2,2
Soit la matrice B = ac db ∈ M (K) telle que A × B = B × A = I . On a :
2,2 2
2 3 a b 1 0
A × B = I2 ⇔ × =
0 1 c d 0 1
2a + 3c 2b + 3d 1 0
⇔ =
c d 0 1
On résout le système suivant :
= 12
2a + 3c =1
a
= −3
2b + 3d
=0 b
2
⇔
c =0
c =0
d =1 d =1
Donc, 1 −3
B= 2 2 .
0 1
De la même manière, on a aussi :
a b 2 3 1 0
B × A = I2 ⇔ × =
c d 0 1 0 1
2a 3a + b 1 0
⇔ =
2c 3c + d 0 1
On résout le système suivant :
= 21
2a =1
a
= −3
2c
=0 b
2
⇔
3a + b =0
c =0
3c + d =1 d =1
On conclut que A = est inversible et son inverse est
2 3
0 1
−3
1
−1 2 2
A =B= .
0 1
Théorème 5.1. Si deux matrices A, B ∈ M (K) sont inversibles alors la matrice A × B est
inversible et
n
−1 −1 −1
(A × B) = B × A .
En particulier, si A ∈ M (K) est inversible alors, A , p ∈ N est inversible et
n
p ∗
(Ap )−1 = (A−1 )p .
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