Université Moulay Ismaı̈l A. U.
2018/2019
F. S. T. Errachidia LST Maths Appl
Département de Mathématiques Module M147
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(3) Epreuve d’analyse 4 (Durée :2h)
18 Juin 2019 (Session normale)
Responsable : Pr. A. Mamouni
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Exercice 1 a
Soit (fn )n∈N∗ la suite de fonctions définie sur [0, 1] par fn (x) = n2 x(1 − nx) si x ∈ [0, 1/n] et
fn (x) = 0 sinon.
1. Etudier la limite simple de la suite (fn )n∈N∗ .
Z 1
2. Calculer fn (x)dx. Que peut-on déduire ?
0
3. Etudier la convergence uniforme sur [a, 1] pour a ∈]0, 1[.
Solution :
(1) La convergence simple de la suite de fonctions (fn )n∈N∗ sur [0, 1] :
Si x = 0, alors fn (0) = 0 et lim fn (0) = 0.
n→+∞
Si x 6= 0, alors x > 0 et il existe N ∈ N∗ tel que pour tout n ≥ N , on obtient fn (x) = 0 d’où
lim fn (x) = 0. On conclut que (fn )n∈N∗ converge simplement vers la fonction nulle sur [0, 1].
n→+∞
Z 1
(2) Calculons fn (x)dx :
0
Z 1 Z n1
1
On a fn (x)dx = n2 x(1 − nx)dx =
0 0 6
Déduction
On a : Z 1 Z 1
1
= lim fn (x)dx 6= 0 = ( lim fn (x))dx
6 n→+∞ 0 0 n→+∞
On conclut que cette suite de fonctions converge simplement sur [0, 1] mais pas uniformément.
(3) Etudions la convergence uniforme sur [a, 1] pour a ∈]0, 1[ :
On a a > 0, alors il existe N ∈ N∗ tel que pour tout n ≥ N , on obtient fn (x) = 0 pour tout
x ∈ [a, 1] ce qui entraı̂ne que kfn k∞ = 0 CQFD.
Exercice 2 a X 1
On se propose dans cet exercice de calculer . Pour cela, on introduit
(5n)!
n≥0
X 1
S(x) = x5n .
(5n)!
n≥0
2iπ
On note l = e 5 .
1 5n
P
1. Calculer le rayon de convergence de la série entière suivante n≥0 (5n)! x .
2. Calculer 1 + lk + l2k + l3k + l4k pour tout entier k ∈ N.
2 3 4
3. Donner le développement en série entière de ex + elx + el x
+ el x
+ el x .
4. Calculer S(x).
X 1
5. En déduire la valeur de la somme .
(5n)!
n≥0
1
Solution :
1 5n
P
(1) Calculons le rayon de convergence de la série entière suivante n≥0 (5n)! x : En appliquant
la régle de D’Alembert , on peut constater facilement que R = +∞.
(2) Soit k ∈N, notre objectif est de calculer L = 1 + lk + l2k + l3k + l4k . Pour cela on a cinq
Si k = 5r, alors L=5 ;
Si k = 5r + 1, alors L=0 ;
cas possibles : Si k = 5r + 2, alors L=0 ; où r ∈ N
Si k = 5r + 3, alors L=0 ;
Si k = 5r + 4, alors L=0.
(3)POn a :
1 n
ex = n≥0 n! x
lx 1 n n
P
e = n≥0 n! l x
l2 x 1 2n n
P
e = n≥0 n! l x
3 P
1 3n n
el x n≥0 n! l x
l4 x 1 4n n
P
e = n≥0 n! l x
2 3 4
1 n 1 n n 1 2n n 1 3n n
D’où ex + elx + el x + el x
+ el x
P P P P
= n≥0 n! x + n≥0 n! l x + n≥0 n! l x + n≥0 n! l x +
1 4n n
P
n≥0 n! l x = 5S(x).
(4) On en déduit que
1 x 2 3 4
S(x) = (e + elx + el x + el x + el x )
5
X 1 1 2 3 4
(5) On peut conclure facilement que = S(1) = (e + el + el + el + el )
(5n)! 5
n≥0
Exercice 3 AAA
Soit f : R → R une fonction 2π-périodique définie par : f (x) = ex pour tout x ∈] − π, π].
1. Montrer que f admet une série de Fourier convergente.
2. Calculer les coefficients de Fourier an et bn de la fonction f .
3. Etudier la convergence uniforme de la série de Fourier de f .
4. Donner les valeurs des sommes suivantes :
+∞ +∞
X (−1)n X 1
et .
n=1
n2 + 1 n=1
n 2+1
Solution :
(1) On a f est une fonction dérivable par morceaux et 2π-périodique, donc elle admet une série
de Fourier convergente simplement (Théorème de Dirichlet).
Rπ n Rπ n
(2) an = π1 −π ex cos(nx)dx = (−1) π
π (e − e
−π
) + nπ −π ex sin(nx)dx = (−1) π
π (e − e
−π
) − n2 an
(−1)n π (−1)n
il s’ensuit que (n2 + 1)an = π (e − e−π ) puis on conclut que an = π(n2 +1) (e
π
− e−π ) et
π −π
a0 = e −e
π .
b0 = 0 par convention
Rπ Rπ (−1)n+1 n π
bn = π1 −π ex sin(nx)dx = 1
π −π
ex sin(nx)dx = −nan = π(n2 +1) (e − e−π )
(3) Si la série de Fourier converge uniformément, alors sa somme est continue sur R. Or sa
somme n’est pas continue au point x0 = −π. Donc elle ne converge pas uniformément.
(4) On a f dérivable par morceaux, donc SF (f )(x) = a20 + n≥1 (an cos(nx) + bn sin(nx))
P
coverge vers la moyenne et coincide avec f en tout point en les queles f est continue.
2
eπ +e−π f (π + )+f (π − )
On applique le Théorème de Dirichlet au point x = π, donc 2 = 2 = SF (f )(π) =
eπ −e−π
+ n≥1 π(n21+1) (eπ − e−π ) On conclut que
P
2π
X 1 π(eπ + e−π ) 1
= −
n2 + 1 2(eπ − e−π ) 2
n≥1
On sait que SF (f ) coı̂nside avec f en tout point où f est continue et puisque f est continue au
π −π (−1)n
point x = 0, on obtient 1 = f (0) = SF (f )(0) = e −e π
− e−π ). On en déduit
P
2π + n≥1 π(n 2 +1) (e
π −π n n
alors 1 = e −e ( 12 + n≥1 (−1) (−1) π 1
P P
π n2 +1 ) D’où n≥1 n2 +1 ) = eπ −e−π − 2 .
Exercice 4 AAA
Soit R ∈ R+ \{0, 1, 2} et soit C = {z ∈ C/|z| = R} orienté dans le sens positif. Selon les valeurs
de R, calculer l’intégrale
z2 + 1
Z
3 2
dz.
C z − z + 4z − 4
2
Solution : Considérons la fonction f : C → C définie par f (z) = z3 −zz2 +4z−4
+1
.
3 2 2 2
On a : z − z + 4z − 4 = z (z − 1) + 4(z − 1) = (z − 1)(z + 4) = (z − 1)(z + 2i)(z − 2i), donc les
pôles de la fonction f sont {2i, −2i, 1}. On peut constater facilement que f est holomorphe sur C
à l’exceptiopn de ses trois pôles qui sont des singularités isolantes. Le Théorèmes des résidus est
applicable. On a aussi :
Res(f, −2i) = 6+3i 20
Res(f, 2i) = 6−3i20
Res(f, 1) = 25
z 2 +3
R
- Si R < 1, on obtient C z3 +z 2 dz = 0.
R +z+1 z 2 +3
- Si 1 < R < 2, on obtient C z3 +z2 +z+1 dz = 2πiRes(f, 1) = 4πi 5
z 2 +3
R
- Si R > 2, on obtient C z3 +z 2 +z+1 dz = 2πi(Res(f, 2i) + Res(f, −2i) + Res(f, 1)) = 2πi