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Prose

Le poème 'La prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France' décrit le voyage en train du narrateur de Moscou à Kharbine avec Jeanne, une jeune prostituée. À travers des vers libres, il exprime ses émotions tumultueuses d'adolescence, sa quête de sens et ses réflexions sur la beauté et la souffrance de la vie. Le texte évoque également des images puissantes de la Russie et de la révolution imminente.

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Le poème 'La prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France' décrit le voyage en train du narrateur de Moscou à Kharbine avec Jeanne, une jeune prostituée. À travers des vers libres, il exprime ses émotions tumultueuses d'adolescence, sa quête de sens et ses réflexions sur la beauté et la souffrance de la vie. Le texte évoque également des images puissantes de la Russie et de la révolution imminente.

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La prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France

Ce poème de 445 vers libres raconte le voyage en train du narrateur de


Moscou (Russie) à Kharbine (Chine) avec Jeanne, jeune prostituée
parisienne.

En ce temps-là, j'étais en mon adolescence


J'avais à peine seize ans et je ne me souvenais déjà plus de mon enfance
J'étais à 16 000 lieues du lieu de ma naissance
J'étais à Moscou' dans la ville des mille et trois clochers et des sept gares Et
je n'avais pas assez des sept gares et des mille et trois tours
Car mon adolescence était si ardente et si folle
Que mon cœur tour à tour brûlait comme le temple d'Éphèse ou comme la
Place
Rouge de Moscou quand le soleil se couche.
Et mes yeux éclairaient des voies anciennes.
Et j'étais déjà si mauvais poète
Que je ne savais pas aller jusqu'au bout.

Le Kremlin était comme un immense gâteau tartare croustillé d'or, Avec


les grandes amandes des cathédrales, toutes blanches Et l'or mielleux des
cloches...
Un vieux moine me lisait la légende de Novgorod
J'avais soif
Et je déchiffrais des caractères cunéiformes
Puis, tout à coup, les pigeons du Saint-Esprit s'envolaient sur la place Et
mes mains s'envolaient aussi avec des bruissements d'albatros Et ceci,
c'était les dernières réminiscences
Du dernier jour
Du tout dernier voyage
Et de la mer.

Pourtant, j'étais fort mauvais poète.


Je ne savais pas aller jusqu'au bout.
J'avais faim
Et tous les jours et toutes les femmes dans les cafés et tous les verres
J'aurais voulu les boire et les casser Et toutes les vitrines et toutes les rues
Et toutes les maisons et toutes les vies
Et toutes les roues des fiacres qui tournaient en tourbillon sur les mauvais
pavés
J'aurais voulu les plonger dans une fournaise de glaive
Et j'aurais voulu broyer tous les os Et arracher toutes les langues
Et liquéfier tous ces grands corps étranges et nus sous les vêtements qui
m'affolent...
Je pressentais la venue du grand Christ rouge de la révolution russe®
Et le soleil était une mauvaise plaie
Qui s'ouvrait comme un brasier [...]

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