Stage
1
Stage
introduction 3
Prestation du secteur et de l’entreprise 6
1. Aperçu historique sur le secteur cimentier 7
au Maroc
2. l’historique de l’usine (CADEM –LAFARGE) 8
3. STRUCTURE : 13
4. Contexte économique 14
5. Sécurité 14
Présentation du modèle 16
1-présentatio de la théorie 18
2-l’analyse socioéconomique 22
3-le diagnostic économique 28
4-méthode d’évaluation des coûts cachées 32
5-modèle de calcule des coûts cachées 34
Partie projet 44
1-processus de fabrication du ciment 45
2-présentation du micro espace 46
3-diagnostic qualitatif 49
4 résultats du diagnostic qualitatif 51
5- calcul des coûts et des performances 57
cachées
Plan d’actions prioritaires 68
ANNEXES
2
Stage
Introduction
Crée en 1833, LAFARGE Ciment Maroc est le leader mondial des
matériaux de construction. Celle-ci occupe des positions
premières dans plusieurs activités (ciments- plâtre- béton…) Le
groupe LAFARGE rassemble plus de 65 000 collaborateurs dans 65
pays et réalise un chiffre d’affaires de 64.3 milliards de francs. Il
regroupe aussi plus de 160000 actionnaires dans le monde.
Les priorités majeures du groupe LAFARGE sont de comprendre,
résoudre et satisfaire les clients dans les meilleures conditions afin
de s’adapter aux futures évolutions. Pour une meilleure
adaptation, LAFARGE a signé en 1995 un partenariat avec la SNI
(Société National d’Investissement) causant la création du holding
national LAFARGE Maroc avec un capital social avoisinant les 1.5
milliards de DH. Actuellement, le groupe LAFARGE occupe une
place industrielle et commerciale très importante et sur le marché
national et sur le marché international. Le capital du groupe est
réparti sur quatre cimenteries, une usine de plâtre et plusieurs
centrales de bétons comme suit :
Ciment : LAFARGE Meknès
LAFARGE Casablanca
3
Stage
CIMENTOS DE TANGER
CIMENTOS MARROQUIS de Tétouan
Plâtre : SIEP de Safi
Béton : Rabat- Salé
Ville de Ber Rachid
Meknès
Larache/ Tanger
Emballage : SIE de Meknès
LAFARGE ciment de Meknès réalise presque 30% de la
production totale du ciment d’où son importance pour le groupe,
mais aussi pour la région malgré la concurrence très rude puisque
les cinq premiers leaders du secteur de ciment sont installés au
Maroc.
Le choix de notre thématique s’est porté sur l’application d’un
concept relativement nouveau dans le domaine de contrôle de
gestion « c’est le modèle d’analyse socioéconomique, et le calcul
des coûts et des performances cachées ».
Ce choix est justifié par plusieurs raisons :
Le groupe dispose déjà d’un système de contrôle de gestion
traditionnel et de mécanisme et de procédures de contrôle
4
Stage
interne, nous avons voulu apporter un plus à ce système en
appliquant un modèle encore non connu par les responsables
de l’entreprise.
LAFARGE est une structure industrielle énorme, cela pose
problème de gestion et de contrôle des coûts, ces coûts sont
détectés et mesurés par le système de contrôle interne, mais
certains types des coûts dits « cachées » échappés au système,
notre objectif est de tourner l’attention des responsable de
l’entreprise à l’existence de ce types de coûts et leur montrer
qu’ils pourraient subir des montants énormes à l’entreprise.
du faite de la complexité de la structure de l’entreprise et
du contrainte du temps, nous avons décidé d’appliquer ce
modèle sur un micro espace, c’est à dire une unité de
production. Notre choix s’est porté sur l’atelier
ensachage, ce choix est justifié par :
le nombre des problèmes dont souffre cet atelier est qui
sont signalés par plusieurs interviewés.
la place qui occupe cet atelier dans l’organisation de
l’entreprise ; il est situé dans la dernière phase de
production, et en relation directe avec le service
5
Stage
commercial, donc il a des répercussions directes sur les
ventes de l’usine.
Ce rapport sera traité en quatre grandes étapes :
présentation du secteur et de l’entreprise
présentation du modèle
calcule des coûts et des performances cachées.
quelques suggestions
Prestation du secteur
et de l’entreprise
6
Stage
I- Aperçu historique sur le secteur cimentier
au Maroc
7
Stage
Le ciment commença à être utilisé à partir de 1912. Suite à la
construction du port de Casablanca, il fut décidé d’implanter la
première cimenterie en ville d’une capacité de production annuelle
avoisinant les 10 000 tonnes. De nos jours, le niveau de
production se situe aux environ de 6000000 tonnes par an et est
en augmentation continue. Ce résultat a été obtenu grâce aux
efforts conjugués des deux secteurs, publics et privés, afin de
doter le pays d’une industrie de ciment capable de faire face à la
demande croissante dans le domaine des constructions.
La réaction des cimentiers à ce propos n’a pas tardé à voir le jour
car à partir de 1969, des grandes parties des unités existantes ont
procédé à des extensions et des transformations pour augmenter
leur niveau de production. Une nouvelle cimenterie, « ASMAR » a
démarré en 1976 avec une capacité de production annuelle de
450000 tonnes. En 1978, la « SIOR » à Oujda fut crée avec une
capacité de production avoisinant les 120 000 tonnes par an.
L’extension de quelques usines contribua aussi au renforcement
de la production nationale du ciment. En effet, la CADEM réussi à
augmenter son taux de production à
130 000 tonnes par an par l’adjonction d’une nouvelle ligne,
démarré en avril 1993. Aussi, CINOUCA et ASMAR ont-elles
augmenté leurs capacités de production à plus de 700 000 tonnes
8
Stage
par an, faisant du secteur cimentier marocain un des plus
important marché de production au monde.
II- l’historique de l’usine (CADEM –LAFARGE)
Crée en 1950, la société des ciments artificiels de Meknès CADEM
représentait l'une des composantes clefs du secteur cimentier
marocain.
Leadership cimentier au Maroc dans certains domaines techniques.
Depuis le démarrage de l'usine en 1953, plusieurs améliorations
techniques ont été réalisées pour augmenter le niveau de
production. CADEM a été toujours à la recherche des techniques
de pointe, de nature à améliorer le rendement de ses installations
et leur exploitation, et elle a lancé dés l'année 1982 un vaste
programme d'économie d'énergie qui se résume comme suit :
Substitution des combustibles solides (charbon et coke de pétrole)
au fuel dont les coûts sont prohibitifs dans ce domaine, CADEM a
été le leader de son secteur, car elle opéré la première
transformation de cette nature au Maroc, en un temps record
(moins d'une année) et un coût très économique.
9
Stage
Conversion de son procédé de fabrication de la voie humide à la
voie sèche.
Après sa conversion en combustibles solides réalisée en 1983,
CADEM a pleinement réussi son second pari énergétique : la
conversion de son usine de la voie humide à la voie sèche.
Ainsi la réalisation de ces deux projets CADEM a pu doter le pays
d'une unité cimentier performante , se conformant aussi aux
directives des autorités économiques au Maroc et a contribué,
pour sa part , à l'effort national visant la limitation de la
dépendance du pays vis à vis de l'étranger.
Dés ce temps l'usine a lancé des projets significatifs comme:
l'ajout d'un deuxième four avec un débit de 900t/j
L’installation des broyeurs à cru et à cuit;
L’amélioration de l'atelier de concassage.
Au début de la décennie 90 l'usine connaissait une nouvelle ère
après l'achat de l'usine par LAFARGE dont elle est actionnaire de
50% avec ONA qui détient aussi 50%.
LAFARGE ciments dirige quatre grands cimentiers à :
BOUSCOURA
MEKNES
10
Stage
TANGER
TETOUAN
Ces quatre usines qui forment le groupe LAFARGE ont une capacité
de production totale qui arrive jusqu'a 3.5 million de tonnes de
ciments par an et couvre un pourcentage de 40% du demande du
marché national.
De 150000t/an jusqu'à 1300000t/j c'est la capacité maximale de
LAFARGE Meknès après plusieurs travaux d’amélioration et
d’extension de l'usine pour faire face à l'évolution des demandes
croissantes du ciment.
Une nouvelle installation de pré homogénéisation de 1800 tonnes,
un broyeur de cru d'un débit de 120t/h qui alimente lui aussi le
deuxième four avec un débit de 1200 t/j.
Grâce à tous ces changements et ces évolutions l'usine de
LAFARGE Meknès est considérée aujourd'hui l'une des usines les
plus performantes dans le groupe LAFARGE Maroc.
11
Stage
Nominalisation
-LAFARGE ciments de Meknès
siège social :
Km 8route de Fès BP:33, Meknès,
Tel:52-26-44/45/46
Fax: 54-93-94: la direction
54-93-07: le service technique
54-93-05: service commercial
capital :
476430500DH
50% LAFARGE
50% pour ONA
PRODUITS :
Ciment portland CPJ 45 en sac ou en vrac
Ciment portland CPJ 35 en SAC seulement
Effectif :
315 personnes
12
Stage
La production
La ventilation de la consommation de ciment, par région économique se présente
comme suit :
Région Tonnage Région Tonnage
Centre sud 428 Nord ouest 1530
Meknès 262 Tétouan 199
Ifrane 014 Tanger 292
Errachidia 089 Larache 075
Khénifra 063 Sidi Kassem 069
Khémisset 056
Kenitra 222
Rabat/ Salé 617
Centre Nord 621 Tensift 608
Fès Région 418 Marrakech 342
Taza 096 Safi 160
Al Hoceima 107 Essaouira 021
El Kelaa 085
13
Stage
Centre 1803
Casablanca 1023
Benslimane 028
Béniméllal 238
Khouribga 128
Sud 888
Azilal 019
Agadir 378
Settat 131
Guelmim 026
El Jadida 236
Ouarzazate 079
Oriental 654
Tan Tan 078
Oujda 283
Taroudant 118
Nador 271
Tata 120
Sahara 089
TOTAL 6 525
L’offre du ciment, la contribution des cimenteries nationales à la
couverture des besoins du marché national ainsi que l’évolution de
leurs ventes sont détaillées ci-après :
Cimenteries Capacité de Pourcentage Groupe
production
Lafarge Maroc 4 050 000 43.78 Lafarge
Bous Koura 2 100 000
Meknès 1 250 000
Tanger 380 000
Tétouan 320 000
23.78 Holderbank
CIOR 2 200 000
Oujda
14
Stage
Fès 1 700 000 18.38 Ciment français
Ciment Maroc & Italcemeti
Agadir
Safi 1 300 000 14.05 Ciment français
ASMAR & Italcemeti
630 000 6.81 CIMPOR
Marrakech
ASMENT (Portugais)
Tamara
Totaux 9 250 000
III – STRUCTURE :
Pour structurer, organiser et établir une gestion d’une manière
homogène entre les différentes unités du groupe LAFARGE, celui-ci
a élaboré un nouveau système comprenant de nouvelles méthodes
de travail :
1- Le système de gestion par imputation:
15
Stage
Ce nouveau système de travail permet d’avoir un découpage
analytique commun en centres de coûts et de responsabilité .Il
permet aussi de préciser l’activité couverte par chaque centre de
coûts ainsi que de définir les règles d’imputation communes pour
chaque compte ; c’est à dire que chaque dépense doit être
imputée sur le même centre de coût en utilisant le même compte.
2- Plan de compte LAFARGE (Compte local et compte
groupe) :
L’élaboration de ce plan de compte permet de définir un compte
pour chaque dépense. En effet, il existe deux comptes, le compte
local défini selon les normes de la comptabilité marocaine et que
chaque unité du groupe au Maroc utilise. Le compte groupe, par
contre, est défini selon le manuel des principes comptables de
l’activité cimentière du groupe LAFARGE.
En effet, seuls des principes communs appliqués selon des règles
communes nous permettent d’avoir des résultats homogènes et de
pouvoir comparer les coûts de revient des différentes usines du
groupe selon un reporting commun, et d’effectuer des études
comparatives aux frais de structures des diverses filiales
cimetières du groupe.
IV- Contexte économique
16
Stage
Le titre LAFARGE ciment a été introduit en bourse le 19 février
1997. Depuis, il n’a pas cessé d’être exposé aux regards critiques
des analystes financiers. Ceux ci donnent constamment leurs avis
sur les titres cotés afin d’orienter l’épargnant et de l’aider à
vendre, à acheter ou à conserver ses titres.
Grâce à une stratégie ambitieuse menée par le groupe et au
professionnalisme et la gestion adéquate des ressources
humaines, LAFARGE ciments Maroc a non seulement réussi son
introduction en bourse mais de plus elle est arrivée à renouveler
l’intérêt autour de son titre.
V- sécurité
La prévention des risques professionnels est une préoccupation
majeure pour LAFARGE Maroc. Elle est inscrite dans les principes
d’action du groupe LAFARGE, qui veulent que l’homme soit au
cœur de l’entreprise. Il s’agit de mettre en place, au sein de
l’entreprise, les conditions pour que les hommes et les femmes qui
y travaillent le fassent en toute sécurité et sérénité.
Le plan de prévention et d’intervention est d’abord l’engagement
de la Direction Générale à mettre en place les conditions
matérielles et humaines nécessaires à la prévention des risques
afin de veiller à la sécurité de personnels de LAFARGE Maroc. Cet
17
Stage
engagement se traduit sur le plan d’action pluriannuel de
prévention sécurité. Mais au-delà du respect des règles et
procédures par chacun, l’action et esprit sécurité doivent s’inscrire
dans une approche nouvelle qui vise un changement profond de
comportement, c’est à dire une façon de travailler différemment
où la dimension sécurité fait l’objet d’échanges clairs et
systématiques entre l’opérateur et sa hiérarchie au moment de
l’accomplissement de toute tâche. L’objectif recherché est zéro
accident au niveau de toutes les sociétés du groupe LAFARGE.
18
Stage
Présentation du modèle
19
Stage
I- présentation de La théorie
1- principes généraux:
L’analyse socio-économique a été élaborée en 1973 par HENRY
SAVALL est développée depuis 1976 avec son équipe de recherche
de l'ISEOR.
Cette approche théorique de l'entreprise ne conçoit l'évolution de
la performance économique qu'à condition qu'elle s'exprime à la
fois aux moyens de variables économiques et de variables
sociales, afin de développer au maximum le potentiel humain,
ressource stratégique essentielle de l'entreprise.
" Il n'est plus possible d'ignorer le facteur humain dans le
développement de l'efficacité sociale et économique d'une
entreprise."
L'analyse socio-économique associe donc :
20
Stage
La performance économique au sens strict de l’entreprise,
évaluée à court terme par des variables de résultats
immédiats et à moyen et long termes en paramètre de
création de potentiel.
La performance humaine et sociale constituée d'un
ensemble d'indicateurs de la qualité du fonctionnement de
l'organisation: conditions de travail, organisation du travail,
gestion du temps, communication- coordination
concertation, formation intégrée et mise en œuvre
stratégique.
En effet, "l'amélioration de la compétitivité, de la rentabilité ou de
l'efficacité ne peut être obtenue par la seule accumulation de
ressources financières, de moyens techniques ou d'effectifs ou
d'heures de travail.
La théorie socio-économique s'est construite à partir de
nombreuses expérimentations au sein des organisations et des
entreprises. Elles ont permis de démontrer que le fonctionnement
des organisations était étroitement lié à l'interdépendance entre
21
Stage
les structures d'une part et les comportements des acteurs d'autre
part.
Par ailleurs, les chercheurs de l'ISEOR ont mis en évidence que la
zone de compatibilité entre les performances économiques et la
performance sociale pouvait être agrandie par des actions
d'innovations socio-économiques.
C'est ainsi un mode de gestion socio-économique qui a été
développé. Il comporte une méthode de diagnostic, une méthode
de pilotage des actions d'amélioration de qualité et une méthode
d'évaluation des résultats. Ce mode de gestion comporte des
méthodes de management global qui s'appuient sur le
développement de tout le potentiel humain de l’entreprise.
L'individu souhaite être un professionnel pris en considération
dans son lieu de travail.
Si tel n'est pas le cas, il en résulte des contre performances, une
productivité moindre, une efficacité insuffisante, de l'absentéisme
ou une rotation au sein des équipes de travail.
Ces différentes contre-performances qui vont à l'encontre de
l'intérêt et de la croissance de l'entreprise ou de l'organisation
s'appellent des DYSFONCTIONNEMENTS.
2-les dysfonctionnements:
22
Stage
Il faut entendre par dysfonctionnement tous ce qui constitue des
anomalies, des écarts entre le fonctionnement souhaité, attendu
(dénommé "ortho-fonctionnement «) et le fonctionnement de
l'organisation tel qu'il est réellement observé en situation. Ils
empêchent l'entreprise de réaliser pleinement ses objectifs
(compte tenu des ses contraintes internes, externes, sociales et
économiques) et d'exploiter ses ressources matérielles et
humaines de manière efficiente. Il s'en suit un gaspillage de
ressources.
En effet, la compétitivité n'est plus seulement obtenue par
l’accumulation des ressources financières, des moyens techniques
ou d'heures de travail. Désormais, l'homme désire obtenir plus de
considération professionnelle. Si tel n'est pas le cas, les
dysfonctionnements augmentent, et donc les coûts cachés.
Ces dysfonctionnements sont classés en six familles:
Les conditions de travail.
L'organisation du travail
La gestion du temps
La communication - coordination- concertation.
La formation intégrée.
La mise en ouvre stratégique.
23
Stage
Les dysfonctionnements sont provoqués par l'interaction entre les
structures et les comportements qui produisent des déperditions
d'énergie.
Les dysfonctionnements pénalisent la performance économique de
l'entreprise, car chaque dysfonctionnement entraîne une ou
plusieurs actions visant à le remédier. Ces actions sont nommées
REGULATIONS.
Ces régulations ont un coût important pour l’entreprise, ces coûts
sont dénommés COUTS CACHES .En fait ce sont des charges qui
n'apparaissent pas dans le système classique des informations
comptables telles que comptabilité générale, comptabilité
analytique…..
Les travaux d'HENRI SAVALL ont montré une liaison forte entre
trois variables qui peuvent se schématiser de la façon suivante:
DYSFONCTIONNEMENTS REGULATIONS COUTS CACHES
3- les Coûts cachés:
Les coûts cachés sont la traduction monétaire des activités de
régulation des dysfonctionnements, ils sont dits cachés car "non
24
Stage
repérés" dans les systèmes d'information dont s'est doté
l'entreprise. Ils sont multiples, diffus, dispersés et d'un montant
élever. Ils ne sont pas localisés dans un secteur précis. Ils sont
crées par tous les acteurs travaillant aussi bien dans les ateliers
de production, dans les bureaux que dans les autres services.
Les coûts cachés comprennent cinq composants:
Les trois premiers composants sont des charges que l'entreprise
pourrait éviter partiellement si son niveau de dysfonctionnements
était moins élevé:
Sursalaires;
Surtemps;
Surconsommation.
Pour les deux suivants, il ne s'agit pas de charges mais de non
produits, c'est à dire de pertes de recettes. Il s'agit des occasions
perdues de réaliser un produit, un service: c'est un coût
d'opportunité:
Non-production;
Non-création de potentiel.
Les coûts cachés sont évalués à l'aide de cinq indicateurs:
L'absentéisme;
25
Stage
Les accidents de travail;
La rotation du personnel;
La non-qualité ou défauts de qualité;
Les écarts de productivité directe.
Les trois premiers indicateurs sont à dominante sociale et les deux
derniers sont à dominante économique.
En résumé, les coûts cachés résultent d'une interaction
permanente et complexe entre les structures de l'entreprise et les
comportements humains, tout en créant à la fois "l'ortho-
fonctionnement" et les dysfonctionnements.
II- l'analyse socio-économique:
D'après Henri SAVALL, " la performance économique d'une
organisation dépend de la qualité de l'interaction entre les
structures et les comportements des hommes qui agissent au sein
de cette organisation"
Après cette hypothèse de base, il est nécessaire d'expliciter les
concepts de l'analyse socio-économique.
26
Stage
L'analyse socio-économique est représentée par un trèfle.
L'entreprise comprend cinq types de structures et cinq types de
comportements humains.
Dysfonctionnement
Structure
Comporteme
s
nt
Coûts cachés
Performance
économique
1- la notion de structures:
les structures sont des éléments des organisations qui ont un
certain degré d'inertie.
Elles présentent deux propiétés:
la permanence(qui donne la stabilité )
27
Stage
la prégnance ( capacité à influencer les comportements
humains)
la structure est un élément relativement permanent qui
impressionne les comportements et qui nécessite une énergie
importante pour les faire changer.
On distingue cinq types de structures en interaction entre elles
dans les entreprises:
les structures physiques : elles correspondent à l'espace,
l'ambiance physique, les nuisances physiologiques telles que
le bruit, la chaleur, la fatigue physique ou la surcharge
mentale.
les structures technologiques : elles comprennent les
différents types d'équipements classés suivant des critères de
complexité ou de valeurs économiques.
les structures organisationnelles : elles concernent la
répartition des tâches et des responsabilités ainsi que la
nature et la qualité des relations de travail aussi bien en
termes de communication opérationnelle qu'en termes de la
dimension affective dans le travail.
Les structures démographiques: elles correspondent aux
caractéristiques de la population de l'entreprise en termes de
28
Stage
pyramide des âges, d'ajustement des effectifs de niveau de
qualification.
Les structures mentales : elles sont caractérisées par les
éléments traduisant l'état des mentalités de l'organisation,
conceptions, ambiance de travail et climat social.
2-la notion de comportement:
" Les comportements humains sont les manifestations de l'homme
effectivement observées et qui ont une incidence sur son
environnement physique et social."
Le comportement se caractérise par sa nature conjoncturelle et sa
relative instabilité dans le temps.
La théorie socio-économique reconnaît cinq logiques
comportementales :
la logique individuelle: ce sont les caractéristiques de
l'individu en tant qu'unité autonome.
La logique de groupe d'activités: le comportement est
guidé par une appartenance à un certain service.
La logique catégorielle: c'est une appartenance à une
catégorie professionnelle qui guide les comportements.
29
Stage
La logique de groupe d'affinités: les comportements de
l'individu s'expliquent par sont appartenance à un groupe
d'affinités (ex. syndicat…)
La logique collective (plus rarement): elle correspond à une
mobilisation générale du personnel d'une entreprise. Ces
logiques sont bien sûr en interactions.
3-Relation structures / comportements:
La théorie socioéconomique dépasse l'apport du structuralisme qui
affirme la prédominance des structures sur les comportements
(Structures Comportements Résultats) et celui du
comportementalisme qui prétend que le comportement humain est
le facteur principal expliquant le niveau de résultat atteint
(Comportements Résultats).
L'analyse socio-économique se fonde sur "la reconnaissance
simultanée de la pertinence (validité et réalité) de deux forces
d'impulsion du fonctionnement des organisations, les structures et
les comportements placés en interaction"
Voici le schéma suivant qui représente cette interaction:
HYPOTHESE FONDAMENTALE DE L'ANALYSE ET DE LA STRATEGIE SOCIO-ECONOMIQUE
Performance sociale (degré
de satisfaction des acteurs
internes et externes)
30
STRUCTURE COMPORTEMEN
Performance économique de DYSFONCTIONNEMEN
Coûts cachés subis par
S TS
l'entreprise TS l'entreprise
Stage
31
Stage
4-Conséquences des interactions
structures-comportements:
Comme il a été vu précédemment, l'interaction qui en résulte, soit
bénéfique à l'entreprise (ortho-fonctionnement), soit elle entraîne
des contre performances, des anomalies dans le fonctionnement
de l'entreprise, ce sont les dysfonctionnements.
Les six domaines de dysfonctionnements peuvent être récapitulés
dans le tableau suivant:
THEMES SOUS THEME
1-Conditions de travail Matériel et fournitures
Aménagement et agencement des locaux
Nuisances
Charge physique de travail
Conditions physiques de travail
Horaires de travail.
2-organisation de travail Répartition des taches, des missions des fonctions
Intérêt du travail
Charge de travail
Autonomie dans le travail
Organigramme
Régulation de l'absentéisme
3-gestion de temps Respect des délais
Tâches mal assumées
Planification, programmation des activités
Facteurs perturbateurs de la gestion de temps
4-communication-coordination- 3C horizontale
concertation 3C verticale
transmission des informations
32
Stage
relation avec les services environnants
3C au niveau de l'équipe de direction
3C entre maison mère et filiale
3C interne au service
dispositifs de 3C
3C entre élus et fonctionnaires
3C entre réseau et siége
5- formation intégrée Adéquation formation- emplois
Dispositifs de formation
Compétences disponibles
Besoins de formation
Formation et changement technique
6-mise en œuvre stratégique Orientation stratégique
Auteurs de la stratégie
Démultiplication et organisation de la mise en œuvre
stratégique
Système d'information
Gestion du personnel.
33
Stage
III -le diagnostic socio-économique
1-la phase d'écoute:
Le diagnostic socio-économique est tout d'abord une phase
d'écoute de tous les acteurs impliqués .en effet chaque individu,
quel que soit son emploi, son niveau hiérarchique, est témoin de
dysfonctionnement, il en provoque, il en subit, mais il est aussi en
mesure d'émettre des suggestions, parfois très concrètes pour
réduire ces dysfonctionnements, c’est le principe de la boîte à
idées vivantes, aujourd'hui très en vogue.
L'objectif du diagnostic socio-économique est de mettre en relief
les dysfonctionnements et leurs effets: il s'agit de décrire et
d'expliquer la liaison.
Régulati Coûts
Dysfonctionnement élémentaire
on cachés
Il s'agit en effet d'évaluer les réserves potentielles d'efficacité d'un
micro espace, en mesurant l'enveloppe des coûts cachés (dites
absolus qu'il subit).
Sur le plan de la stratégie d'intervention, cette option
méthodologique de base consistant à ne sélectionner que les
dysfonctionnements de l'entreprise s'appuie sur une volonté de
34
Stage
créer un choc culturel à la prise de conscience de l’entreprise, pour
l'inciter ensuite à rechercher des solutions (phase projet).
L'analyse dysfonctionnelle possède un fort pouvoir incitatif de
stimulation des comportements humains, que ne possède pas un
diagnostic "classique" du type points forts/ points faibles.
2- Rechercher les causes des dysfonctionnements :
Enfin le diagnostic socio-économique s'efforce de mettre en
évidence les causes des dysfonctionnements, sans que se soit son
objectif prioritaire .En effet, la recherche des causes est faite de
façon plus approfondie et systématique dans la phase de projet.
Lorsqu’un consensus est déjà établi sur l'inventaire des
dysfonctionnements et leurs effets, le diagnostic peut toutefois
permettre une première recherche de causes, à partir des
informations recueillies.
Il peut être utile d'isoler trois types de dysfonctionnements :
les dysfonctionnements provoqués et régulés par le micro-
espace.
35
Stage
Les dysfonctionnements externes au micro espace: ils sont
nés dans le micro- espace, mais une partie des régulations
est prise en charge par son environnement.
Les dysfonctionnements internés: leurs causes proviennent
de son environnement, par exemple d'un autre micro espace,
mais c'est lui qui subit et enregistre les effets.
3- le contenu type d'un diagnostic socio-
économique :
Le résultat final d'une phase de diagnostic peut être dissocié en
deux parties:
la première (I) : comprend un ensemble de résultats qui sont
présentés à l'entreprise sous forme orale pour recueillir son
avis, ses observations. Cette présentation orale permet de
compléter le diagnostic .Cette partie est dénommée "effet
miroir".
36
Stage
la seconde partie (II): dénommée "avis d'expert" est une
analyse réalisée à partir de la première partie et de la
présentation orale des résultats.
4- Techniques de recueil des données:
La phase de diagnostic socio-économique est réalisée à partir
d'une importante collecte de données effectuée sur le "terrain",
selon trois techniques:
entretien
observation directe des situations de travail (micro espace)
analyse de documents.
Le problème majeur qui se pose ici et qui est plus généralement un
problème méthodologique fondamental de la recherche en
sciences sociales, est celui de la qualité de l'information recueillie
et particulièrement de sa fiabilité.
Aussi, les techniques de recueil des données précitées sont
utilisées dans un souci constant d'amélioration de la qualité des
37
Stage
informations collectées. A titre d’illustration, voici les moyens que
nous allons mettre en œuvre :
obtenir au minimum deux informations sur un même
thème ;
recourir simultanément aux entretiens et au recueil de
documents ;
diversifier les niveaux d'informateurs en associant le
personnel ouvrier et employé, la maîtrise, l'encadrement,
la direction pour composer le panier d'informateurs;
éviter de court- circuits hiérarchiques ;
faire valider systématiquement les informations
nécessaires au calcul des coûts cachés;
dissocier les informations faibles des discours.
38
Stage
IV- méthode d'évaluation des coûts
cachés:
Nous avons défini les coûts cachés comme ceux qui ne sont pas
repérés dans les systèmes d'information dont s'est dotée une
entreprise, tels que: budget, compte de résultat, comptabilité
générale, comptabilité analytique, tableaux de bord. Par symétrie,
les coûts visibles désignent toutes les rubriques des coûts qui
apparaissent dans ces mêmes systèmes d'information.
Un coût est dit visible lorsqu'il a trois caractéristiques: une
dénomination -consacrée (ex. charges de personnel), une mesure
(montant des salaires et des charges sociales) et un système de
surveillance (objectifs, limitations, évolution…)
Les coûts cachés se caractérisent par leur forte puissance à
expliquer la qualité, plus ou moins bonne du fonctionnement d'une
organisation. En effet, les coûts visibles permettent de mesurer
des montants et des écarts, sans pouvoir en analyser l'ensemble
des causes. Au contraire, les coûts cachés sont d'origine
phénoménologique. Ainsi des coûts cachés liés à l'absentéisme
signifient que le fonctionnement de l'entreprise a été fortement
perturbé par les absences du personnel, et par les régulations
mises en place pour pallier ces absences.
39
Stage
L'expression "coûts cachés" doit être considérée comme un
raccourci de l'expression "coûts performances cachées", en ce
sens que la réduction d'un coût constitue une performance et la
réduction d'une performance constitue un coût.
On peut donc voir là une extension des notions strictement
comptables de coût et de performance, qui sont définies par
rapport à une origine zéro, alors que le coût et la performance
cachés se situent de fait en continuité l'un de l'autre. En effet, la
performance peut consister soit en réduction de coût, soit en
accroissement de produit:
Progrès
Coût Performanc
Régressio
Principes communs au calcul des coûts cachés:
40
Stage
1-hypothèse pour le recensement des quantités
économiques:
1-1 Iso productivité du temps de travail:
La première hypothèse consiste à considérer que, chaque unité de
temps de travail, quel que soit le moment de la journée ou de la
semaine et quels que soient les individus, aboutit à une production
moyenne et constante.
Pour pouvoir additionner des temps humains, il est nécessaire de
faire cette hypothèse bien qu'elle soit peu conforme à la réalité. Il
convient de signaler toutefois que le modèle d'évaluation des
coûts cachés prend en compte une partie des variations de
productivité dans l'indicateur productivité.
1-2 Productivité de main d'œuvre indirecte:
La seconde hypothèse méthodologique consiste à admettre que le
recensement des taux de régulation porte sur toutes les catégories
d'acteurs qu'il s'agisse de la main d'œuvre directe ou indirecte. En
effet, l'étude du fonctionnement des ateliers, services ou agences
montre les processus de production qui font intervenir non
seulement la main-d'œuvre directe (ouvriers, employés…) mais
également la maîtrise et l'encadrement dans les activités de
41
Stage
programmation et de répartition du travail, de coordination des
opérations entre les différents individus ou groupes d'individus, de
choix des régulations des dysfonctionnements et de participations
à ces régulations.
L'analyse socioéconomique rejette donc la dichotomie classique
entre main d'œuvre directe et indirecte, cette segmentation étant
inadmissible et irréaliste lorsqu'on considère la solidarité
opérationnelle et fonctionnelle des deux catégories de main
d'œuvre.
2-Hypothèses pour le calcul des prix unitaires :
Le calcul des prix unitaires des consommations de produit ne pose
pas de difficulté particulière. Lorsque ces produits proviennent de
services internes à l'entreprise, il convient de prendre une option
sur le niveau de prix de cessions internes.
L'évaluation des coûts cachés des temps de travail se fonde sur
trois options méthodologiques principales : imputation rationnelle
des ressources, valeur
économique du temps de travail humain et imputation de la main
d'œuvre directe aux charges fixes.
2-1 L'imputation rationnelle des ressources:
42
Stage
Cette option suppose que le niveau d'équipement et d'effectif
d'une entreprise a été rationnellement déterminé en fonction d'un
niveau attendu de production et d'activité, pour une période
donnée.
Les charges fixes pour cette période relatives à cet équipement et
à cet effectif sont donc déterminées pour réaliser un niveau
"standard" de production ou d'activité.
Dès lors le niveau réel de production ou d'activité est inférieur au
standard, cette sous-activité est source d'un coût correspondant à
une fraction des charges fixes. Pour cette raison les temps de non-
production, notamment pour cause d'absentéisme sont évalués à
un prix unitaire qui inclut les charges fixes. Cette option
méthodologique revient à considérer que la non-production est
imputable au dysfonctionnement analysé.
Dans la méthode de calcul pratiquée, les dysfonctionnements sont
évalués par rapport à la base de zéro dysfonctionnement, ce qui
revient à recenser tous les temps de non-production. Ces temps ne
sont donc que partiellement compressibles. L'option de calcul
revient au fait à considérer que le niveau fixé par l'entreprise
correspond à une activité sans aucun dysfonctionnement, ce qui
correspond à une simplification par rapport à la réalité, puisqu'il
n'est pas concevable qu'une entreprise puisse éviter la totalité des
43
Stage
dysfonctionnements. L'intérêt du point de référence zéro est qu'il
est fixe.
2-2 La valeur économique du temps de travail humain:
Les temps consacrés aux régulations posent un problème
d'évaluation. Deux méthodes sont possibles:
Soit on incorpore au coût du temps du travail humain une
contribution aux charges fixes, dites aussi charges de
structure, comprenant notamment les frais généraux, selon
le raisonnement exposé précédemment. Les charges de
structure étant engagées pour atteindre un niveau
standard de production, tout temps non affecté à la
production contribue donc à une sous utilisation ou à un
gaspillage des charge de structure;
Soit on considère que le personnel, par son activité au
travail, a pour objectif de participer à la réalisation des
résultats économiques et financiers de l'entreprise et
notamment du bénéfice d’exploitation.
Le temps de travail est donc évalué à sa contribution à la
réalisation de la marge brute sur coûts variables de l'entreprise.
44
Stage
Principe: chiffre d'affaires - charges variables avec le niveau
d’activité (charges de personnel exclues)= Marge brute sur coûts
variables (MCV)
Contribution horaire à la marge brute sur coûts variables:
= MCV
Nombres d'heures attendus
2-3: l'imputation de la main d'ouvre directes aux charge
fixes:
L'observation des pratiques de la gestion du personnel et
l'évolution de la législation sur l'emploi montrent que les frais de
main - d'œuvre directe, autre fois considérés comme des charges
variables avec le niveau d'activité de l’entreprise, doivent le plus
souvent considérés comme des charges fixes. Excepté quelques
catégories de personnel particulières (exp. salariés à contrat à
durée déterminée de courte durée), une entreprise ne peut faire
varier rapidement ses effectifs, si ce n'est en engagement des
coûts directs et indirects de licenciement considérables. A l'heure
45
Stage
actuelle, on peut considérer qu'un délai moyen d'un an est
nécessaire pour diminuer ces charges de personnel.
Par conséquent, la main - d'œuvre directe doit être comprise dans
les coûts fixes lors de la valorisation financière des temps de
travail humain.
V- modèle de calcul des coûts cachés :
Pour donner une valeur monétaire au dysfonctionnement, on a
mis en place un modèle qui comporte deux axes : les
dysfonctionnements élémentaires et les régulations des
dysfonctionnements.
1-les dysfonctionnements élémentaires :
46
Stage
Les dysfonctionnements élémentaires sont les perturbations
concrètes ou anomalies de fonctionnement, ils sont regroupés en 5
indicateurs :
l’absentéisme
les accidents de travail
la rotation du personnel
les défauts de produits (dit non qualité de produits)
l’écart de productivité directe (c’est à dire le surcoût de
temps de travail correspondant aux tâches de contrôle)
2-les régulations des dysfonctionnements :
Pour trouver la valeur monétaire d’un dysfonctionnement, on
évalue les régulations qu’il génère, c’est à dire la façon dont
l’organisation réagit face à ces dysfonctionnements. Ceux-ci
comprennent les éléments suivants :
Les sursalaires : salaire versé sans contrepartie d’activité
ou différence de salaire versé pour le remplacement d’une
personne.
47
Stage
Les sursalaires sont évalués en fonction de la différence entre les
taux catégoriels respectifs (charges sociales comprise) de la
personne remplaçante et de la personne remplacée.
Les surconsommations : consommation d’énergie, de
matière ou de fournitures dont le niveau serait inférieur si
l’entreprise avait moins de dysfonctionnements à corriger.
Les surconsommations sont évaluées au prix hors taxes
récupérable payé par l’entreprise.
Les surtemps : temps passé à réguler le
dysfonctionnement. Les surtemps sont évalués à un taux
moyen horaire dénommé contribution horaire à la marge sur
coûts variables (CHMCV).
La CHMCV est définie par le rapport suivant :
Marge annuelle sur coûts variables
Nombre d’heures d’activité prévisionnelle de l’année
Les non productions : activité perdue ou manque à gagner.
Les temps d’inactivité correspondant aux non-productions
sont eux aussi évalués à la CHMCV.
48
Stage
La non création de potentiel stratégique : le personnel
d’encadrement mobilisé pour la régulation du
dysfonctionnement ne peut se consacrer à une activité
porteuse de valeur ajoutée dans l’avenir.
Après avoir défini les cinq types de régulation, il faut préciser que
ces dernières sont appliquées pour chaque indicateur sous forme
de grille d’évaluation des coûts cachés, celles-ci se présente
comme suit :
Dysfonction Cause Fréquenc Détail Effet économique
nement s e calcul surs surte surcons Non tota
élémentaire invoqu indicative alair mps ommati création l
ées e on de
potentiel
Une fois l’ensemble des grilles d’évaluation des coûts caché pour
les 5 indicateurs remplies, on pourra remplir le tableau final
49
Stage
d’évaluation des coûts cachés pour toute l’entreprise qui se
présente comme suit :
3-Le diagnostic socio-économique :
Le diagnostic socio-économique peut être considéré comme une
phase d’écoute de tous les acteurs impliqués dans la vie normale
d’une entreprise. En effet, chaque individu quel que soit son
emploi et son niveau hiérarchique, est témoin de
dysfonctionnements car il en provoque, il en subit et aussi en
mesure d’émettre des suggestions pour réduire ces
dysfonctionnements.
Dans notre présente étude, il s’agit d’un diagnostic vertical. Ce
dernier est composé de deux parties :
1- un diagnostic qualitatif : celui-ci est mené à l’aide d’un
entretien semi-directif centré sur les six domaines de
dysfonctionnement (voir guide d’entretien provisoire)
2- un diagnostic des coûts cachés : les dysfonctionnements
recensés dans le diagnostic qualitatif vont être précisés au
50
Stage
cours d’entretiens de coûts cachés. Ces entretiens viseront une
description plus quantitative et plus détaillée de certains
dysfonctionnements et de leurs effets, en vue d’évaluer leurs
conséquences financières. Il faut rappeler, à ce niveau, que
c’est la fréquence des dysfonctionnements et la description du
processus de régulation engagé pour pallier ces
dysfonctionnements qui vont permettre l’évaluation des coûts
cachés.
51
Stage
Sursalaire surtemps surconsommat Non Non création Total des risque
ion production de potentiel Coûts
cachés
Absentéisme Liés à
l’absentéisme
Accidents de Liés aux
travail accidents de
travail
Rotation du Liés à la
personnel rotation du
personnel
Qualité des Liés à la
produits qualité des
produits
Ecart de Liés aux écarts
productivité de productivité
directe
Total Sur salaire Surtemps surconsommat Non- Non-création Coûts cachés Risque
engendré par engendré ion production engendrée totaux s
les 5 pales 5 engendré par engendrée par par les 5 engend
indicateurs indicateurs les 5 les 5 indicateurs rés par
indicateurs indicateurs les
indicat
eurs
Concept Coût historique Coûts d’opportunité
Economique
Concept Sur charge Non produits
comptable
53
Stage
Partie projet
54
Stage
I-Processus de fabrication du ciment: (voir
annexes)
L'élément de base constitutif du ciment s'appelle le clinker. Le
clinker est obtenu grâce au calcaire et à l'argile extraite des
carrières sous forme de très grosses pierres, ces pierres sont
ensuite concassées dans le concasseur n° 2 (concasseur
HAZEMAG) pour les transformer en petites pierres
transportables sur des bandes depuis les carrières jusqu'à
l'usine. Ces pierres de calcaire et d'argile passent dans deux
pré homogénéisateurs (qui permettent d'avoir un mélange
homogène des deux matières). Le produit obtenu est appelé le
mélange préhomogénéisé, ce produit est transformé en "farine"
par deux broyeurs (BC I et II), cette farine est ensuite cuite à
une température qui atteint les 1500 degrés C° dans deux
fours. Le produit final est le fameux clinker.
Pour obtenir du ciment, il faut ajouter au clinker du calcaire
mélangé avec du gypse (concassés tous les deux dans le
concasseur n°1 FCB) et broyer le tout dans plusieurs broyeurs
(les BK), le ciment est alors stocké dans 3 silos pour être
ensuite vendu soit en vrac soit en sacs, l'atelier "ensachage"
s'occupe de cette opération.
55
Stage
Il faut signaler qu'il existe à l'usine de MEKNES deux catégories
de ciment: le CPJ 35 vendu en 2013 au prix public de 830 DH/T
(sacs) et 820 DH/T (vrac) et le CPJ 45 vendu lui à 870 DH/T.
Cette différence de prix vient du fait que le CPJ 45 contient plus
de clinker et moins de calcaire que le CPJ 35, le clinker est un
produit coûteux car ayant subit toute le chaîne de production,
en plus cette composition rend son broyage plus long et donc
plus coûteux en énergie.
II-présentation du micro espace (atelier
ensachage):
activité de l'atelier :
L’atelier a pour activité l'ensachage et la réalisation des
commandes de ciments journaliers .Ainsi après stockage du
ciment fabriqué dans 6 silos (les deux premiers sont d'une
capacité de 3400 m 3 soit 4760 tonnes et les quatre autres 1380
m3 soit 1930 tonnes), le produit finis est vendu soit en sac de 50
kg avec une marge d'erreur n'excédant pas 0.5 Kg par sac, soit
en vrac. L'atelier se situe en dernière phase du processus de
production, et de ce fait il est en relation directe avec le service
commercial et les clients. En effet les camions qui arrivent
chaque jour à l'usine passent leurs commandes (demandes de
56
Stage
livraison) auprès du service commercial, règlent les procédures
et entrent dans un "parking" pour l'attente de leur tour pour le
chargement. L'atelier charge deux qualités de ciment: le CPJ 35
et le CPJ 45, ils sont vendus en sac ou en vrac (pour seulement
le CPJ45).
structure physique :
L'atelier s'étale sur une grande superficie (à peu près un
hectare). Le site contient plusieurs bâtiments destinés pour
l’ensachage, des silos en métal, un grand parking pour les
camions.
structure technologique :
L'atelier utilise cinq machines ensacheuses: deux ensacheuses
HAVER de technologie récente (modèle 1989), rotatives avec 8
becs remplisseurs et 3 ensacheuses depuis l'ère de la CADEM
de marque BATES (modèle 1952) mécaniques avec 4 becs
remplisseurs en ligne.
Il est à signaler que comme tout le matériel de production fixe,
ces machines sont toutes amortissables comptablement sur 10
ans, il s'ensuit que non seulement ce matériel est totalement
57
Stage
amorti, mais en plus il souffre d'effet de vieillissement
technologique (surtout pour les BATES).
En fait, ce vieillissement se constate dès la comparaison des
débits horaires nominaux et ceux réels calculés pour l'année
2013, ainsi de la précision des pesées et des émissions de
poussière.
Débit nominal Débit réel Différence
2002
HAVER 120 t/h 67 t/h 53 t/h
BATES 60 t/h 30 t/h 30 t/h
La remise à niveau des HAVERS moyennant des
investissements est en cours : transformation du système de
pesage mécanique en pesage électronique fait en 2002,
dotation de la machine de bascule de contrôle de poids en ligne
avec le déchiqueteur est fait en 2003 avec l’applicateur de sacs
quant à lui est fait en 2004.
Les deux modèles de machines (HAVER et BATES), sont
sources de nombreux arrêts pour des raisons mécaniques,
électriques (pour les BATES), et des arrêts pour réglage ou tout
simplement pour limiter l'usurpation pour les HAVER (l’atelier
ne souhaite pas les exploiter à leur puissance maximale pour
les laisser en bon état).
Structure organisationnelle:
58
Stage
L'atelier ensachage est chapeauté par l'ingénieur de
production qui a sous son autorité le chef de poste (matinale)
qui le responsable directe de
l’atelier, en générale la structure organisationnelle de l'unité
peut être présentée comme suit
Ingénieur fabrication
Responsable
ensachage
Aide Aide
responsabl responsable
2
Aide
magasiniers
responsable
Haver 1 Haver 2 Haver 1&2
-1ensacheure -1ensacheure -2 ensacheurs
-relève -relève - 2 relèves
ensacheur ensacheur ensacheurs
Bates 3&4
Bates 3&4 Vrac
-2 ensacheurs
-2 -1 personne
-2 pointeurs
ensacheurs
Vrac
-1 personne
Sous traitance
Titulaires
Structure démographique:
59
Stage
L'effectif fin 2013 de l'entité étudiée est de 25 personnes, tous
de sexe masculin. Cet effectif se répartie comme suit:
l'âge moyen de l'atelier est de 35 ans, ce qui représente
une moyenne d'âge relativement faible par rapport à l’usine :
43 ans.
l'ancienneté moyenne est supérieur à 7 ans ce qui renseigne
sur l'importance de facteur "expérience " dans cette unité.
structure mentale :
Le personnel de l'atelier est constitué intégralement de
personnel de production. Il est en majorité constitué de
personnes analphabètes mais qui ont une longue expérience,
ce qui peut être un facteur de difficulté de changement dans
cette entité.
60
Stage
III- diagnostic qualitatif :
Ce diagnostique qualitatif est réalisé grâce aux entretiens
directs avec l'ensemble du personnel de l’atelier, de nos
observations directes pendant trois semaines, et de
consultation de plusieurs documents de l'atelier et de
l'administration:
61
Stage
Guide d'entretien pour l'atelier ENSACHAGE:
Thèmes à aborder Points à développer questions à poser Objectifs du thème
Conditions *local
physiques de travail *matériel mis à disposition
*hygiène et sécurité au travail
description de
l’emploi actuel et de *Quelles sont vos activités?
l'évolution. *Quelles devraient être vos activités?
Tâches non assumées, mal assumées.
*Régulations mises en place par l'intéressé, par
les autres.
Organisation de
travail *Répartition des tâches au sein du groupe
de l'interviewé
Adéquation
formation/ emploi *Quelles sont les tâches pour les quelles vous
ressentez des lacunes de formation ?
*Quelles sont vos compétences non utilisées?
*Quels sont les problèmes concrets qui
découlent de ces écarts?
Gestion du temps
*Quelles sont les contraintes perçues gênant
votre organisation du temps?
*Existe-t-il une gestion du temps du personnel
de votre atelier?
*Quel serait votre emploi du temps type idéal?
Le système
communication *Quels sont les contacts formels existants
coordination (réunions, écrits, téléphone, rendez-vous…)
concertation *Quels sont les contacts et circuits d'information
informels existants?
*Comment jugez-vous l'efficacité et l'articulation
de ces systèmes?
*Quelles suggestions d'amélioration feriez-vous?
Selon vous, quels sont les axes prioritaires de la
politique générale d'investissements?
Mise en œuvre *Avez-vous le sentiment d'être un acteur de la
stratégique: stratégie?
*Serait-il nécessaire d'en clarifier certains?
Lesquels?
*Y a t-il des objectifs que vous jugez
contestables? Ou difficilement compatibles avec
62
Stage
le fonctionnement effectif de l'atelier?
*quels sont les axes que vous avez
particulièrement suivis l'année dernière? Cette
année?
IV- résultats du diagnostic qualitatif :
1-Conditions physiques de travail:
On a noté des conditions de travail difficiles, concernant
notamment:
Propagation de la poussière du ciment dans tout l'atelier
et surtout dans les chambres, cette poussière est liée en
grande partie à la nature de l'activité donc peut être jugée
normale, par contre les ensacheurs se plaignent d'une
quantité supérieure à la normale au niveau des machines
BATES (les masques antipoussière se noircissent au bout
d'une heure seulement);
La température du ciment à l'emballage doit être comprise
entre 50°C et 70°C pour des raisons de qualité, en hiver
cette chaleur est atténuée par le climat, mais en été, les
conditions de travail deviennent sévères :,la chaleur
élevée au local qui est dépourvu de climatiseurs.
Comme on l'avait signalé l'atelier utilise cinq machines
ensacheuses: deux ensacheuses HAVER relativement
63
Stage
modernes, et 3 ensacheuses depuis l'ère de la CADEM de
marque BATES, (totalement amorties). Les deux modèles
de machine(HAVER et BATES) , sont sources de
nombreux arrêts pour des raisons mécaniques, électriques
.La détérioration avancée des BATES entraîne une
augmentation considérable des efforts physiques et
mentaux des ensacheurs: devant la HAVER l'ensacheur n'a
en tête que de mettre le sac vide dans le bec remplisseur,
avec l'état actuel des BATES l'ouvrier gère plusieurs
contraintes à la fois : vérifier si tous les becs marchent
bien; surveiller si le sac remplie est éjecté… et cela en
faisant son travail principal.
La BATES 4 ensache les deux qualités de ciment à la fois (CPJ
35 et 45) ce qui est techniquement déconseillé, selon projet
d’extension de l’ensachage, les auteurs de ce rapport
recommandent de remplacer les BATES « immédiatement ». Ce
projet est en phase terminale malgré quelque mois de retard.
Il est à noter que le groupe LAFARGE a réalisé de très
bonnes performances en matière de sécurité, puisque en
2013 on a signalé que 2 accidents de travail, c'est le fruit
d'un effort considérable fournis par tout le groupe, en effet
la sécurité dans le travail fait partie des axes stratégiques
du développement du groupe.
64
Stage
Cependant et d'après nos observations directes sur les
lieux du travail, on a relevé des risques relativement
élevés d'accident, concernant par exemple:
Les ouvriers ne mettent pas des lunettes de
protection contre la poussière surtout pour les BATES
où la poussière est supérieure à la normale ce qui
peut être dangereux à long terme ;
Risque d’accidents dus au flux des camions qui
passent à côté des ouvriers évacuant les sacs et le
ciment perdus.
65
Stage
2-Organisation de travail/ formation intégrée:
Avec les conditions matérielles citées précédemment, le
personnel de l'atelier a vu ses charges de travail
augmentées. Par exemple pour le chef de l’atelier, le
réglage des dysfonctionnements liés aux arrêts fréquents
des machines avec les ateliers mécanique et électrique est
devenu la tâche primordiale et chronique en plus de ses
tâches quotidiennes (contrôle de pesage, entrées et sortie
de ciment, casse…), il est à signaler que ces arrêts lui
prennent un temps considérable qu'il devra en principe
consacrer aux autres activités de poste.
concernant la formation et l'adéquation formation
/emploi, on a relevé que:
Environ 40% des employés dans l'atelier sont
analphabètes, entraînant un besoin urgent
d'alphabétisation cette situation limite toute action de
sensibilisation ou d’optimisation du fonctionnement.
Par contre certains ouvriers ont des diplômes supérieurs
et spécialisés en informatique ou des lauréats d'écoles
d'application "techniques".
66
Stage
Le chef d'atelier exprime un besoin urgent de formation
en informatique bureautique, du fait que sont travail
exige l'utilisation d’Excel, du Word
Les problèmes qui émanent de ces dysfonctionnements
sont par exemple: manque de motivation ; lenteur de
quelques travaux de contrôle (qui nécessitent le déplacement
de personnes alphabétisées), inefficacité des actions de
sensibilisation …
3-Gestion du temps:
Concernant cet axe, les entretiens ont relevé une
impossibilité de planification du travail et cela du fait du
caractère imprévisible et aléatoire des pannes des
machines et de leur saturation.
La gestion du temps de ce fait dans l'atelier est imprécise, voir
inefficace.
4-Mise en œuvre stratégique :
Chaque exercice, l'ingénieur de fabrication fixe un objectif
de la casse à ne pas dépasser, la casse est calculée par le
ratio :
67
Stage
Nombres de sacs détériorés
Nombres de sacs vendus
L'objectif fixé lors de l'exercice 2013 était de réaliser un taux
inférieure à 0.3, alors que la moyenne était de 0.32 .Le chef
d'atelier juge que cet objectif est particulièrement contestable
du fait qu'il ne dépend que faiblement du fonctionnement de
l'atelier (l'ancienneté des ouvriers limite la casse liée au
chargement), mais il a une liaison directe avec la qualité des
sacs en papiers utilisés pour l'ensachage.
68
Stage
En effet, la première cause responsable de la casse dans cet
atelier est soit :
La présence d'humidité considérable dans le papier
(mauvais séchage) : sacs à refuser
Mauvais collage des parties du sac; sacs à refuser
Mauvaise qualité du papier utilisé;
Ou encore des problèmes liés au matériel vétuste
d'ensachage ou de la qualité du ciment (pression
élevée de remplissage; présence de petits cailloux
dans le ciment ensaché…)
Erreurs de manipulation des sacs par les ouvriers.
Toutes ces causes sont des voies de progrès.
69
Stage
V-Calcul des coûts et Performances
cachés
Dans cette partie on va essayer de quantifier certains
nombres de dysfonctionnements détectés lors de notre
diagnostic qualitatif, et de faire une analyse afin de
commentaire l'ensemble des résultats .ces
dysfonctionnements sont:
Arrêts sur incident
la casse
absentéisme
coût lié à la vidange de la BATES 4
Par la suite on va essayer de faire un certain nombre de
suggestions et de propositions.
1- LA CASSE:
La casse est définie comme la proportion de sacs de ciments
détruits ou détériorés pendant le processus d'ensachage du
ciment par rapport au nombre de sacs vendus, elle est fonction
de trois facteurs: facteurs liés à la production des sacs (collage,
qualité du papier, séchage), facteurs liés au matériel
d'ensachage (réglage de la pression, becs, qualité du ciment) et
facteurs humains (manipulation des sacs pendant le
chargement).
70
Stage
Elle peut constituer de ce fait une source importante de coûts
cachés entraînés par les régulations de ce dysfonctionnement
jugé anormal au delà de 0.15%.5 beaucoup d’usines
comparables à Meknès atteignent ce chiffres selon l’ingénieur
de fabrication .Le processus d'évacuation de la casse
commence par l'accumulation des sacs détériorés par terre,
après avoir terminé le chargement du camion, l'équipe sous-
traitante ramasse les sacs détruits pour un éventuel comptage
et jettent le ciment y afférent dans un "cave" appelée "Fosse de
Récupération" équipée d'un crible qui filtre le ciment et le
renvoi au silo. Les éléments pris en compte dans le calcul du
coût de la casse sont:
Le prix du sac lui-même, ce prix n'est remboursable par
les fournisseurs de LAFARGE que lorsque le taux de la
casse dépasse 0.3%;
Le coût de l'équipe sous-traitante d'évacuation du
ciment;
Le coût relatif l'entretien mécanique et électrique de la
fosse de récupération ;
Estimation du ciment perdu, nous avons estimé cette
proportion à 3% du ciment de la casse sur la base de
plusieurs entretiens.
La consommation d'énergie des machines se trouvant
dans cette fosse: Pompe, cribleur et compresseur qui
71
Stage
consomment environ 110 kW (selon le service entretien
électrique) . Puisque la facture énergétique n'est pas
détaillée mais concerne en gros le centre de coût
510(service ensachage), on a demandé au chef d'atelier
de noter la durée de marche de cette fosse et de nous
indiquer le nombre de sacs de la casse évacuée ainsi
nous avons obtenu pour le 09 avril 2003: 2h15min de
marche pour 200 sacs détériorés, ce qui nous fera (par
la règle de trois) 698 heures pour 62054 sacs pour
l'année 2002 donc une consommation de 76780 kWh.
Pour le coût du kWh et les plages de consommation de l'usine
on a obtenu ce qui suit:
Plage horaire Proportions de Prix HT du kW heure
consommation de l'usine
durant 2011
Heures de pointe 17% 0.55421 DH/kWh
Heures pleines 43.9% 0.43019 DH/kWh
Heures creuses 39.1% 0.39655 DH/kWh
Donc la facture énergétique de la fosse de récupération est
donnée par la relation ci-dessous puisqu’elle n’a pas de
programme de démarrage fixe :
72
Stage
(76780*0.17*0.55421)+ (76780*0.439*0.43019) +
(76780*0.391*0.39655) soit au total 33639 DH.
2-Arrêts sur incidents:
Méthodologie:
Afin de quantifier ces arrêts sur incidents des machines
ensacheuses on a eu recours au:
cahier relatif au suivi quotidien (avec cumul de fin de
mois) tenu par le chef d’atelier (voir exemple annexe
n°…)
bureau des méthodes, où on a cherché à extraire la
nature des arrêts (mécaniques, électriques, non présence
des camions), et puisque l'arrêt pour non présence des
camions ne constitue pas un arrêt sur incident on l'a
soustrait
calcul du débit moyen réel de chaque type de machine, et
cela en prenant en compte la moyenne géométrique du
débit des 12 jours de fin de mois de l'année 2011.
CALCUL DU CHIFFRE D'AFFAIRES D'OPPORTUNITE
73
Stage
En application du modèle sur cet atelier afin d'estimer sa non-
production en DH (Heures d'arrêts sur incidents x Débit moyen
horaire x prix de vente de la tonne de ciment), on a eu un
résultat très important (156095898 DH soit presque 20% du CA
sacs réalisé)
Ce résultat reste néanmoins très peu significatif et cela du fait
que l'atelier ensachage se trouve à la fin du processus de
production, et donc on ne peut dire qu'il y a non-production
effective que seulement si commandes insatisfaites il y a, or ce
n'est pas le cas ici. En effet on peut dire que:
L'application du modèle socio-économique sur un micro
espace qui vise à calculer sa non-production ne peut être
significative que s'il est suivi par un autre service ou
atelier qui ajoutera de la valeur au produit. Dans le cas
contraire (si le micro espace se trouve à la fin du
Ce résultat nous a poussé à calculer un indicateur beaucoup
plus significatif…
74
Stage
CALCUL DU COUT CACHE LIE AUX CHARGES DE
STRUCTURE
En application de l'hypothèse selon laquelle chaque niveau de
charges de structure permet d'atteindre un niveau déterminé
de production (production standard), par conséquent la
structure supporte ces charges soit il y a production ou pas,
nous avons estimé qu'il est nécessaire de calculer la
répercussion des arrêts des machines sur incidents sur la
perte de ces charges fixes.
La production nominale ou encore le niveau standard de
production est de 18929 heures ouvrables, les charges fixes
allouées au budget sont à l'ordre de 4965484.98 DH soit une
charge fixe horaire de 262.32 dh, c'est le coût supporté de
chaque heure ouverte (soit il y a production ou pas). En
multipliant ce chiffre par le nombre d'heures d'arrêts et en
faisant la soustraction de l'écart sur budget on aura donc un
manque à gagner de 650560DH de charges fixes liée à ces
arrêts sur incidents.
Ce coût total caché de structure représente 13.5% du montant
total des frais fixes réalisés alors que ce ratio ne doit pas
excéder 5% dans un système de production optimisé.
L'atelier ensachage est situé en dernier lieu sur la phase de
production, il est donc en relation directe avec le service
75
Stage
commercial soit la clientèle de l'usine d'où l'importance de cette
unité à véhiculer l'image de marque de la société. C'est pour
ça que nous avons jugé qu'il est très utile d'analyser la
répercussion de ces arrêts sur les heures d'attente des
camions et le nombre d'heures supplémentaires qui peuvent
occasionner des coûts cachés supplémentaires:
Tous d'abord on a remarqué d'après le graphe et les
pourcentages calculés que ces arrêts sur incidents suivent
la même tendance pour toutes les machines soit les
anciennes ou les nouvelles, en d'autres termes les
coefficients d'utilisations des deux types de machines
restent très proches choses qui ne sont pas logiques, et
qu’on n’a pas pu expliquer.
76
Stage
vente mensuelle total d’arrêts mensuels H Corrélation Corrélation
(1) (2) supplément (1) et (3) (2) et (3)
aires (3)
0,63145977 0,81076112
Janvier 70253 396 72
Février 56999 353 0
mars 73234 260 92
avril 93171 194 207
mai 106376 74 453
juin 98260 132 198
juillet 105248 113 275
août 107356 120 769,33
septembre 105227 -7 586
octobre 111863 167 667,15
novembre 80813 347 374,92
décembre 77086 418 190,85
Corrélation -0,850076332
(1) et (2)
77
Stage
Deuxièmement on a calculé le coefficient de corrélation
entre
Les ventes mensuelles et le total des arrêts mensuels ce qui
nous a donné
Un fort niveau de corrélation négative (- 0.85,) ce qui signifie
que plus le
Niveau des ventes augmente plus ces arrêts sur incidents
diminuent on peut expliquer ça par :
- Lorsqu'il y a augmentation des niveaux des ventes cela
oblige
Le personnel à accélérer le rythme de travail et même celui
de la régulation des incidents mécaniques et électriques, donc
meilleure coopération et/ou coordination de la part de
l'entretien mécanique et électrique dû au besoin de la situation
ainsi qu’un renforcement de l’entretien pendant les dimanches .
L'arrêt des machines et la reprise de production répétée
occasionne peut être beaucoup plus d'incidents qu'un rythme
constant et continu dans le temps.
Troisièmement les incidents sur machine augmentent
le nombre des heures supplémentaires ce qu'affirme le
taux de corrélation très significatif à savoir 0.81 le coût
78
Stage
lié aux heures supplémentaires qui sont causées par les
incidents est de 48565.625 DH.
Quatrièmement, et après consultation d'une étude faite
par un collègue de l'ENCG Tanger sur le temps d'attente
des camions (faite sur une semaine du mois de juillet
2010), nous avons conclu que:
79
Stage
Avec la variante actuelle d'ensachage qu'est de :
Nombre Marques Débit réel Heures de Qualités de
machines machines marche ciments
quotidiennes ensachées
2 HAVER 87 t/h 15 CPJ35
2 BATES 37 t/h 15 CPJ35 et 45
TOTAL 4 Machines 124 t/h 15 3720 t/jour
Et le résultat de l'enquête effectuée par notre confrère
Jours Tonnage Juillet Tonnage Juillet Heures d'attentes
2010 2011 2010
Lundi 4025.5 3940 03h34
Mardi 3658.62 3766 02h06
Mercredi 3711.56 3468 01h55
Jeudi 3503.02 3743 01h35
Vendredi 3732.14 4272 01h42
Samedi 3750.68 4412 2h13
MOYENNE 3730.25 3933.5 2h12
La corrélation entre le tonnage ensaché (vendu) et les heures
d'attentes des camions est très considérable (0.91), en effet on
remarque qu'avec la capacité d'ensachage actuelle qu'est de
3720 t/j et la demande la durée d'attente devient importante
dès l'atteinte du seuil de 4000 t/j, et après consultation du
volume de vente quotidien de l'année 2002, ce seuil est
80
Stage
dépassé dans 114 jours parmi 298 ouvrables. En d'autres
termes la durée d'attente des camions dépasse les 3h15 dans
presque 40% des cas, et n'oublions pas que cette durée est
accentuée par l'existence des arrêts sur incidents des
ensacheuses malgré leur diminution avec l'importance du
volume ensaché.
81
Stage
3-COUT LIE A L'ABSENTEISME
Afin de calculer ce coût et en l'absence d'une fiche d'absence
spécifique à chaque centre de coûts, nous avons appliqué le
taux d'absentéisme moyen de toute l'usine qu'est de 1.44%.
1-calcul de la contribution horaire moyenne à la marge
sur coûts variables:
-CA (sacs et vrac) : 661557000 DH
-charges variables: représentent 85% du coût de
production 29183301.24
-Marge sur coûts variables: (661557000 - 29183301.24)
soit 632373698,76
-Nombre d'heures attendues (h. normales + h.
supplémentaires): 44714 heures
Donc la contribution moyenne à la marge sur coûts variables
est de 14142.6 DH
Le chiffre d'affaires est calculé en faisant somme des
-Ventes en sacs de ciments des CPJ 35 et CPJ 45
-Ventes en vrac de ciment de CPJ 45
2-calcul du coût salarial moyen de l'atelier ensachage:
82
Stage
Pour l'exercice 2013, la masse salariale du centre de coût 520
était de l'ordre de 1946941 DH pour un effectif de 19
personnes, soit à peu près 102471 DH par personne et par
année.
83
Stage
84
Stage
4-COUT CACHE LIE A LA VIDANGE DE LA BATES 4
Comme on l'avait déjà signalé, la BATES 4 livre les deux
qualités du ciment (CPJ 35 et 45) alternativement même si cette
solution est techniquement déconseillée.
Nous donnerons l'hypothèse la plus courante: la BATES livre du
CPJ45 à un camion et on demande de changer de qualité pour
le camion suivant, afin de s'assurer totalement que le premier
camion sera chargé entièrement et uniquement de CPJ45 on ne
fait le vidange à la machine qu'après avoir terminer son
chargement.
Cette situation entraîne un chargement du second camion de 4
à 6 sacs de CPJ 45 relatifs au vidange de la machine. Cela
entraîne une perte de gain puisque ces sacs sont facturés au
prix des sacs de CPJ 35.
Pour nos calculs, et en l'absence de statistiques sur le nombre
de changement de qualité ou encore de vidange de la BATES 4,
on a pris l'hypothèse d’une vidange par jour soit 298 vidanges.
85
Stage
86
Stage
Plan d’actions prioritaires
Suite à nos remarques et les résultats tirés des deux
diagnostics effectués, nous allons diviser notre PAP en deux
grandes parties :
PAP concernant les procédures administratives et de
production ;
PAP concernant la politique d’investissement.
Plan d’actions prioritaires concernant les
procédures :
Nous recommandons au service du personnel de
ventiler les absences par centres de coûts, ceci
permettra un meilleur suivi de l’évolution spatio-
temporelle des taux d’absentéisme et d’agir sur chaque
centre de coût individuellement.
Nous recommandons au chef d’atelier ensachage de
tenir un cahier supplémentaire d’heures de démarrage –
arrêts concernant la fosse de récupération, aussi nous
recommandons d’équiper toute ces fosses de
compteurs relatifs à la quantité de ciments recyclée
(cela permettra d’avoir une quantification exacte de la
87
Stage
perte de ciment engendrée par la casse). Aussi nous
recommandons la création de procédures au niveau de
chaque usine qui vérifiera la qualité et la conformité des
sacs aux normes prescrites par un éventuel cahier de
charge et cela avant leur emploi.
Nous recommandons au service commercial d’effectuer
après chaque nouveau changement significatif dans
l’atelier ensachage une étude sur la durée d’attente des
camions et cela pour mesurer l’impact réel de ce
changement et ainsi de mesurer un paramètre
supplémentaire de son efficacité.
Plan d’actions prioritaires relatif à la politique
d’investissement
Pour résoudre le problème d’attente des camions, des heures
supplémentaires qui occasionnent des coûts cachés très élevé
nous proposons deux solutions :
l’extension de la capacité d’ensachage
le stockage du ciment.
La palettisation.
1- l’extension de la capacité d’ensachage :
La capacité de livraison du ciment en sac :
88
Stage
débit
Machines T/H 8H/J 15H/J
Bate3 37 296 555
Bate4 37 296 555
HAVER1 87 696 1305
HAVER2 87 696 1305
TOTAL 248 1984 3720T/J
L’ensachage marche actuellement en 2 postes (matin et après-
midi). Il y débordement sur le deuxième poste quand les ventes
journalières dépassent les 4000 t /h chose très fréquente
presque 5 mois dans l’année)
D’où vient le problème de faire trop attendre les clients, cela
est causé en grande partie par les veilles machines « Bates »
qui sont donc à remplacer dans les plus brefs délais.
Pour faire face à l’accroissement des ventes et résoudre le
problème d’attente des clients il faut réaliser la production de
1025000t en sac
(82% des ventes totales) en un poste, ou en 2 postes en tenant
compte de la saisonnalité.
Pour livrer cette quantité pendant les 5 mois de fortes ventes
(mai, juillet, août, septembre et octobre) nous avons deux cas
de figure qui ne prennent en compte qu’un seul poste :
1- travail en 8h avec :
89
Stage
4 machines rotatives de 120t/ h pour le CPJ35 ET
2 machines rotatives de 80t / h pour le CPJ 45
2- travail en 8h avec :
4 machines rotatives de 120t/h pour le CPJ 35
1 machine rotative de 120t/H POUR LE cpj45
Reste le problème de la difficulté de charger manuellement
les camons avec un débit de 120t/h.
Donc l’entreprise va choisir la variante qui a le coût optimal
d’investissement.
90
Stage
2-stockage du ciment :
Les ventes journalières varieront selon la saisonnalité entre
3000t/j et 5600t/j et seront en moyenne de 4300t/j donc nous
proposons que le minimum de stock du ciment se situe
autour de 2 % de la capacité des ventes au niveau des silos.
Ce qui nous donne un stock de 25600t et représente en
moyenne 25600t/4200t =6 jours de ventes, selon le rapport
d’extension de l’ensachage.
Nous avons proposé de constituer un stock de ciment
en sac de CPJ35 et 45 suivant les proportions de
vents (78% de CPJ 35 et 22% de CPJ 45 durant 2002),
pour éliminer les heures d’attente des camions et
aussi pour limiter les heures supplémentaires. Ce
stock sera égal à la quantité moyenne vendue par
jour (pour l’année 2002) soit approximativement
3600 sacs (2808 de CPJ 35 et le reste de CPJ 45).
Le stock sera renouvelé quotidiennement puisque les
ouvriers puiseront sur celui-ci pour le chargement en
même temps que l’ensachage le renouvèle. Cette
solution a le grand avantage de minimiser l’impact
des arrêts des machines ensacheuses, de satisfaire
les commandes dans les jours de haute saison et de
ne trop faire attendre les clients.
91
Stage
Les inconvénients sont : augmentation du taux de la
casse dû à la double manipulation (ensachage
stock chargement) coût de main d’œuvre plus
élevé et frais de construction d’un espace de stockage.
La palettisation est une forme de stockage-livraison
très rapide mais coûteuse : elle consiste à stocker 30
sacs de ciment (soit 1 tonne et demi) sur des palettes
et de les livrer avec des clercs sur les camions des
clients, cette solution est très développée dans
l’occident car elle diminue d’une façon spectaculaire
les temps d’attente des clients. Les limites de cette
solution vient du fait qu’elle nécessite un équipement
et de la part de l’usine (palettes, clercs, espace de
stockage) et de la part des clients (clercs), ce qui
reste très difficile surtout pour les clients taille
modeste.
Notons aussi que la présence de palettes sur le camion
diminue considérablement sa capacité de chargement
vu l’impossibilité de poser une palette sur une autre, ce
qui ne conviendra pas aux clients.
92
Stage
93