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Appareils de mesure à galvanomètre expliqués

Le galvanomètre, un appareil de mesure analogique, utilise une aiguille pour indiquer visuellement les mesures de courant. Il existe plusieurs types de galvanomètres, notamment magnétoélectriques, électrodynamiques, ferromagnétiques, électrostatiques et thermiques, chacun fonctionnant selon des principes physiques spécifiques. Les appareils modernes intègrent des mécanismes d'amortissement pour stabiliser les lectures et améliorer la précision.

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Appareils de mesure à galvanomètre expliqués

Le galvanomètre, un appareil de mesure analogique, utilise une aiguille pour indiquer visuellement les mesures de courant. Il existe plusieurs types de galvanomètres, notamment magnétoélectriques, électrodynamiques, ferromagnétiques, électrostatiques et thermiques, chacun fonctionnant selon des principes physiques spécifiques. Les appareils modernes intègrent des mécanismes d'amortissement pour stabiliser les lectures et améliorer la précision.

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CHAPITRE 3 : Appareils de mesure à galvanomètre

Le galvanomètre est un appareil qui doit son nom à Luigi Galvani (Bologne 1737-1798 physicien et
médecin italien). C’est un ampèremètre analogique qui dispose d'une aiguille pour amplifier
visuellement la mesure. L'aiguille permet la lecture directe en se déplaçant devant une échelle
graduée placée à l’avant d’un miroir qui sert à éviter les erreurs de lecture dues à la parallaxe.

Pièces de musée (1903) Appareils actuels


Sur les appareils actuels, on trouve différents symboles représentés sur le cadran comme indiqué sur
la figure 1d. Quelques un de ces symboles sont donnés sur le tableau ci-dessous.

Principaux symboles marqués sur les cadrans des appareils de mesures analogiques

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-1


Classification des appareils de mesure analogiques
La plupart des appareils de mesure analogique comportent un équipage mobile autour d'un axe et
solidaire d'une aiguille qui se déplace devant une graduation, interagit avec un système fixe.
L’équipage mobile se compose souvent d’un cadre ou d’un aimant, et le système fixe d’une bobine
ou d’un aimant. Le couple moteur d'origine électrique est équilibré par un couple mécanique
proportionnel à l'angle de rotation de l'équipage mobile.
Les appareils de mesure analogique sont habituellement classés suivant le type de phénomène
physique auquel obéit le fonctionnement de l’appareil. On distingue ainsi les appareils de mesure :
 magnétoélectriques,
 ferromagnétiques,
 électrodynamiques,
 électrostatiques,
 thermiques.

• Appareils de mesure magnétoélectriques.

Dans cet appareil, l’inducteur fixe est un aimant fixe en forme de U et l’aiguille est solidaire d’un
cadre mobile. Son principe utilise les forces de Laplace subies par la bobine mobile parcourue par un
courant à mesurer et placée dans le champ magnétique de l’aimant fixe. À l'équilibre, le couple
moteur dû aux forces de Laplace est opposé au couple de rappel exercé par les ressorts de rappel qui
supportent le cadre, et l'angle de rotation du cadre est proportionnel au courant.
Les galvanomètres magnétoélectriques sont transformables en ampèremètres et voltmètres. Ces
appareils sensibles et fidèles ont une résistance interne comprise entre quelques ohms et quelques
kilo-ohms. La chute de tension aux bornes du cadre est comprise entre quelques microvolts et un
volt. Ils fonctionnent en courant continu, mais des circuits annexes permettent de les utiliser pour
mesurer diverses valeurs de courants variables (grandeurs efficaces, moyennes, etc.).

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-2


Fonctionnement des appareils magnétoélectriques en courant continu
Le principe de fonctionnement d’un appareil magnéto-électrique est basé sur les forces agissant sur
un conducteur porteur de courant et placé dans un champ magnétique B uniforme. Un conducteur
parcouru par un courant I, crée autour de lui un champ magnétique dont les lignes sont circulaires et
concentriques.

Les forces F1 et F2 créent un couple moteur qui tend à faire tourner le cadre maintenu par un axe
tournant sur des pivots. La position du cadre est alors déterminée par l’équilibre entre le couple des
forces de Laplace m agissant dans un sens et le couple de rappel r du ressort à spirale.
b
m  2  F   F  b
2

Pour un conducteur de longueur "a" parcouru par un


courant "I" et soumis à un champ magnétique "B", la
force de Laplace est donnée par :
  
Fa  I  B

Pour la bobine à n spires enroulées sur le cadre mobile de surface S  a  b similaire à celle
présentée sur la figure précédente, on a :
m  n  I  S  B

D’autre part, le couple de rappel r du ressort à spirale est proportionnel à l’angle de rotation α du
cadre. Si on note k la constante de raideur du ressort de rappel, on a :
r  k  

Les deux couples m et r s’équilibrent lorsque l’équipage mobile est au repos en position stable.
C'est-à-dire que :
n  I  S B  k  

n  S B
En posant : C 
k
On peut écrire la relation entre le courant  qui traverse le galvanomètre à cadre mobile et l’angle de
déviation α de l’équipage mobile et de l’aiguille sous la forme :
  C I

— La constante C est lié à un appareil de mesure considéré. Plus la valeur de C sera importante,
et plus l’appareil sera sensible.
— La proportionnalité entre α et I signifie que la graduation de ce type d’appareil est linéaire.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-3


Amortissement de l'appareil à cadre mobile
A cause de l’impulsion donnée à l’équipage mobile lors du passage du courant dans les spires du
cadre mobile, l’aiguille dépasse, par inertie, sa position d’équilibre, puis revient en arrière. Il s’ensuit
une série d’oscillations de l’aiguille par rapport à sa position finale. Pour amortir le mouvement de
l’aiguille et empêcher ses vibrations, différentes solutions ont été utilisées par les constructeurs dans
les dispositifs industriels comme celle indiquée sur la figure ci-dessous.

L’appareil magnétoélectrique à spot lumineux a le cadre de sa bobine qui est supporté par un ressort
à ruban métallique comportant un miroir. À l'équilibre, le couple moteur dû aux forces de Laplace est
opposé au couple de rappel exercé par les fils de torsion qui supportent le cadre, et l'angle de
rotation du cadre est proportionnel au courant. On amplifie le mouvement de déviation du spot en
éloignant le miroir du cadran d’affichage.

• Appareils électrodynamiques  = Ki1i1 Si les bobines sont en série :  = Ki²

Un appareil électrodynamique est formé principalement par un circuit fixe (généralement deux demi-
bobines) créant un champ magnétique à l’intérieur duquel se déplace un cadre mobile de faible
inertie monté sur deux pivots et entrainant une aiguille. Les appareils électrodynamiques sont non
polarisés. Ils sont utilisables en courant continu et en courant alternatif. Ils sont généralement
utilisables pour la fabrication des wattmètres.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-4


• Appareils ferromagnétiques  = Ki²
Le principe de fonctionnement d’un appareil ferromagnétique est basé sur l’action d’un champ crée
par un circuit parcouru par un courant sur une ou plusieurs pièces de fer doux et dont certaines sont
mobiles. On distingue les appareils à attraction et les appareils à répulsion. Dans l’appareil à
répulsion schématisé ci-dessous, le champ magnétique crée par la bobine fixe agit sur deux palettes
placées dans ce champ qui subissent une aimantation de même sens. La répulsion des deux palettes
fait dévier l’aiguille. Ce type d’appareil de mesure est très simple à construire, robuste, utilisable en
courant continu et en alternatif.

• Appareils électrostatiques  = KV²

Ce type d’appareils est caractérisé par une force exercée par l’armature fixe d’un condensateur sur
son armature mobile. Ce type d’appareil est toujours utilisé en voltmètre. Lorsqu’on applique une
tension entre les deux plaques de cet appareil, l’une se charge positivement et l’autre négativement,
ce qui produit une force d’attraction qui tend à faire tourner la plaque mobile qui est solidaire d’une
aiguille. Ils sont utilisables en courant continu et en courant alternatif et possèdent une échelle non
linéaire.

Symbole

• Appareils thermiques  = Ki²

Le principe de fonctionnement de ce type d’appareils est basé sur la dilatation d’un fil conducteur qui
s’échauffe lors du passage d’un courant électrique d’intensité I. Cet effet est la conséquence directe
de la puissance dissipée par effet joule dans le fil à dilatation. Le fil à dilatation utilisée est
généralement en bronze ou un alliage platine et argent. Les appareils thermiques sont non polarisés,
utilisable en courant continu et en courant alternatif.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-5


• Appareils à thermocouples

Le passage du courant électrique provoque réchauffement d'une résistance fixe; il en résulte une
élévation de température de la soudure chaude d'un thermocouple qui peut être placée :
• au contact de la résistance : chauffage direct (symbole: )

• au voisinage de la résistance : chauffage indirect (symbole: )

La soudure froide du thermocouple


est remplacée par un galvanomètre
magnéto-électrique.

Avec ce type d'appareil, résultat de la combinaison de deux lois physiques, on mesure donc, en
courant continu et en courant alternatif, des intensités. Ces appareils, utilisables en haute fréquence
(plusieurs dizaines de mégahertz) peuvent mesurer :
• en chauffage direct quelques centaines d'ampères
• en chauffage indirect de quelques milliampères à un ampère.

Complément : Mesure de température par thermocouple.

Un thermocouple est typiquement constitué de deux conducteurs A et B de natures différentes,


soudés bout à bout en circuit fermé. Quand l’une des soudures est plus chaude que l’autre, il
apparait une force électromotrice (fém) de proportionnelle à l’écart de température entre les deux
soudures :
Vm = ST où S est de l’ordre de quelques dizaines de µV/°C

Cet effet thermoélectrique est utilisé pour une mesure précise de la température. La référence E, J,
K, R, S et T des thermocouples industriels se rapporte à la nature des deux métaux qui réalisent le
capteur.
On utilise aussi les thermocouples comme détecteur de flamme pour les dispositifs de sécurité dans
les appareils ménagers à gaz (Chauffe eau, Chaudière, Four de cuisinière). Le thermocouple dédié à
cet usage est constitué d'une tubulure relié à un métal et d'un fil central relié à un métal d’une autre
nature. Ces deux métaux différents sont soudés au niveau de sa pointe. Quand on porte cette pointe
à la température de flamme d’un gaz butane, il apparait au niveau de sa sortie une tension électrique
voisine de 30mV.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-6


Le fonctionnement d'un robinet de gaz est schématisé sur la figure ci-dessous. Au repos, en position
fermé le système est étanche et empêche le passage du gaz. Quand on l’actionne, le robinet s'ouvre,
et laisse passer le gaz. Le robinet est doté d'un disque en fer et d'une bobine magnétique reliée aux
bornes du thermocouple. Lorsque le feu est éteint, le ressort de rappel maintient l’arrivé de gaz
fermée.

Lorsque l'utilisateur appui sur le robinet, le disque entre en contact avec la bobine. Le gaz traverse le
robinet, passe par l'injecteur et arrive au brûleur. L'utilisateur allume le gaz et maintient le bouton
enfoncé pendant quelques secondes, le temps que le thermocouple échauffé par la flamme arrive à
produire un courant électrique suffisant pour provoquer à travers la bobine un champ magnétique
de force suffisante pour contrer la force de rappel du ressort et maintenir le disque collé à la bobine.
L'utilisateur peut alors relâcher le bouton et le feu ne s’éteint pas.

Si un courant d'air, ou le débordement d’une casserole éteignent la flamme, la chaleur disparaît de


même que le courant électrique. La bobine perd ses propriétés magnétiques et la force de rappel du
ressort pousse le robinet à reprendre sa position fermée d'origine évitant ainsi toute fuite de gaz.

• Galvanomètre à cadre mobile en régime dynamique

Pour étudier le galvanomètre en régime dynamique, on le ferme sur une résistance Ro, on écarte le
cadre de sa position d’équilibre et on le lâche. En revenant vers sa position d’équilibre, le cadre qui
bouge dans le champ magnétique va subir des oscillations amorties avant de s’immobiliser. On
montre que pendant ce régime transitoire, le mouvement (t) du cadre est celui d’un oscillateur
harmonique amorti ; il est régi par l’équation différentielle du second ordre suivante :

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-7


d 2  2 d
J    k   0
dt 2 R dt
Où : J = moment d’inertie du cadre
 = nSB = flux coupé par les n spires du cadre lorsqu’il tourne d’une unité d’angle
R = Ro+Rg = Résistance totale du circuit (Rg = résistance interne du cadre)
k = constante de raideur du ressort de rappel

Le coefficient d’amortissement est principalement fixé par la valeur de la résistance R. Pour une
valeur infinie de R, le mouvement n’est pas amorti et si on néglige les frottements l’équipage mobile
oscille indéfiniment autour de sa position d’équilibre à une période propre donnée par :
J
T  2 
k
En réduisant R, on augmente l’amortissement et on finit par atteindre un régime transitoire sans
oscillations pour une valeur critique Rc de la résistance du circuit donnée par :
2
Rc 
2 Jk
Le taux d’amortissement vaut a = Rc/R.
— pour a < 0.7, la position d’équilibre n’est atteinte qu’après plusieurs oscillations ; c’est le régime
périodique amorti.
— pour a = 0.7, on atteint le régime d’amortissement critique.
— pour a > 0.7, on passe dans le régime dit apériodique pour lequel l’équilibre est atteint au bout
d’un temps plus ou moins long mais sans oscillation préalable.

Pour optimiser le temps de lecture, il convient


de prendre un amortissement "a" voisin de 0.7.
En pratique, on place une résistance shunt RS en
parallèle sur le cadre pour l’amortir
correctement. Comme l'amortissement peut
être complété de manière mécanique (cf. pp.3),
les constructeurs utilisent plutôt cette résistance
pour définir une valeur ronde RSC pour le courant
maximal IM qui peut être mesuré par l’appareil
de mesure IM correspond à la déviation à fond
d'échelle de l'aiguille.

RG : résistance interne du galvanomètre


RSC : résistance critique du shunt
IM : courant du calibre choisi pour l'ampèremètre

R SC  R G
La résistance équivalente au galvanomètre shunté par sa résistance critique vaut : R C 
R SC  R G

Exercice 2-1 :

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-8


La plupart des appareils à cadre mobile utilisent un ressort de rappel pour compenser le couple de
torsion dû à la force électromagnétique créée lorsqu'un courant traverse le fil bobiné sur le cadre.
L'intensité de ce couple est proportionnelle au carré du courant qui traverse l'appareil.

1. Si un courant de 5A produit un déplacement de l'aiguille de 90°, quel sera le déplacement de cette


aiguille pour un courant de 3A dans le cas où l'appareil utilise un ressort de rappel.

Certains appareils à cadran vertical utilisent un


petit contrepoids solidaire de l'aiguille pour
compenser le couple de torsion comme montré
sur la figure ci-contre.

2. Si un courant de 5A produit un déplacement


de l'aiguille de 90°, quel sera le déplacement
de cette aiguille pour un courant de 3A dans
le cas où l'appareil utilise un contrepoids de
rappel.

3. Lequel des deux appareils aura une échelle linéaire ?

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-9


Exercice 2-2 :

Dans les appareils ferromagnétiques à cadre mobile à attraction, on montre que le couple de torsion
du cadre est donné par :
  12 I2 dL
d
Où I est le courant qui traverse l'appareil, L l'inductance de la bobine,  l'angle de torsion et dL/d la
variation d'induction par unité d'angle.
On considère un appareil à attraction pour lequel l'inductance L en fonction de la rotation  du cadre
par rapport à sa position nulle (exprimé en radians) est donnée par :
L [µH] = 10 + 5 - 2
1. Si la constante de raideur du ressort utilisé vaut 1210-6 N.m.rd-1, on demande de déterminer le
déplacement angulaire de l'aiguille de l'appareil pour un courant I=5A.

2. Si l'angle de rotation maximal de l'aiguille est égal à 120°, que vaut le courant maximal mesurable
avec cet appareil ?

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-10


Exercice 2-3 :

On admet que pour les ampèremètres électrodynamiques, le couple de torsion de l'équipage mobile
parcouru par un courant I est donné par

  I2 dM
d
Où dM représente la variation de mutuelle inductance par unité d'angle.
d
On considère ici un ampèremètre électrodynamique de 25A pour lequel la mutuelle inductance varie
linéairement avec le déplacement angulaire à un taux de 3.5nH/°.

Si la constante de raideur du ressort de rappel k=10-6 N.m/rd, on demande de déterminer la


déviation maximale de l'aiguille en pleine échelle.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-11


Exercice 2-4 :
Le cadre mobile d'un appareil de mesure analogique magnétoélectrique a une longueur a=4cm, une
largeur b=2cm et comporte 100 spires. Il est placé dans un champ magnétique d'intensité constante
au niveau de l’entrefer et valant B = 50 mT.

1. Déterminer les caractéristiques de la force électromagnétique s’exerçant sur un conducteur


vertical du cadre mobile lorsqu'il est traversé par un courant continu d’intensité i. Représenter les
forces F1 et F2 qui agissent respectivement sur chacun des deux côtés verticaux d'une spire
bobinée sur le cadre; préciser alors l'intensité de ces forces et le couple moteur résultant.

2. Le cadre mobile est muni d’un ressort spiral ayant une constante de rappel C = 4.10-7 N.m/rd. Sous
l'effet du couple moteur et du couple de rappel, le cadre prend une position d'équilibre repérée
par un angle  par rapport à sa position de repos relative à un courant nul.
Etablir la relation entre la déviation  de l'aiguille et l’intensité du courant i qui traverse l'appareil.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-12


4. Compléter le tableau ci-après et préciser le type d’appareil de mesure ainsi réalisé.

i (µA) 0 1 2 5 10 20 50 100

d (rd) 0 10-2 2 10-2 5 10-2 10-1 2 10-1 5 10-1 1

d (°) 0 0.6 1.1 2.9 5.7 11.5 28.6 57.3

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-13


Transformation d’un appareil à cadre mobile en ampèremètre ou en voltmètre
Un appareil à cadre mobile peut servir d'ampèremètre ou de voltmètre :
• Branché en série dans un circuit, il fonctionne en ampèremètre et son calibre minimum
correspond à la valeur de IM calculée pour le cadre.
• Branché en dérivation entre 2 points d'un circuit électrique, il mesure une différence de
potentiel et fonctionne alors en voltmètre possédant comme calibre minimum UM.

• Ampèremètre à cadre mobile:


Pour transformer un appareil à cadre mobile en ampèremètre, on place une résistance en parallèle à
ses bornes pour dériver le courant supplémentaire.
RC : résistance du galvanomètre shunté par RSC
RS : résistance du shunt
IM : courant du calibre choisi pour l'ampèremètre
IG : courant traversant la bobine
IS : courant dans le shunt

Aux bornes de l'appareil on peut écrire : RC . IG = RS . IS


En remarquant que le courant IS vaut : IS = IM - IG
IG
La résistance du shunt est donnée par : R S   RC
IM  IG
IG
Dans cette expression, le rapport est appelé "facteur multiplicatif du shunt".
IM  IG
Remarques :
1. Les shunts extérieurs pour ampèremètre sont calibrés, afin que lorsque le courant nominal
les traverse, la chute de tension à leurs bornes soit de 100 mV.
2. L'ampèremètre à cadre mobile est d’autant plus sensible que IM est faible. Habituellement,
on considère que l’appareil est peu sensible si IM  1mA, il a une sensibilité moyenne si
IM  0.05 mA, et il considéré comme étant très sensible si IM  0.01mA.

Ampèremètres à plusieurs calibres :


On distingue 2 conceptions différentes permettant de réaliser ces ampèremètres:
le dispositif à effet simple et le dispositif à effet multiple.

Dans le dispositif à effet simple chaque calibre possède


un shunt indépendant.

Dans le dispositif à effet multiple, le shunt se


compose de plusieurs résistances placées en
série et l'ampèremètre comporte, dans le cas de
n calibres, (n+1) bornes extérieures dont une
commune et une par calibre. Quelque soit le
calibre choisi, l'ensemble constitue deux
branches en parallèle, l'une fournie par le cadre
en série avec une partie du shunt, l'autre
formée du reste du shunt.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-14


Exercice 2-5 :

Un milliampèremètre à cadre mobile de résistance interne 5 présente une déviation à fond


d'échelle de l'aiguille pour 20 mA.
1. Déterminer la valeur de la résistance shunt qu'il faut lui associer pour qu'il puisse mesurer jusqu'à
500 mA à 20°C.

2. Sachant que le coefficient de température du cuivre vaut  = 0.0039 °C-1, trouver la valeur de
l'incertitude relative sur la mesure quand on utilise l'appareil à 40°C.

Exercice 2-6 :
On considère un appareil à cadre mobile de calibre 1 mA et de résistance interne 100  qu'on veut
transformer en appareil à multi-calibre 10 mA, 20 mA, 50 mA et 100 mA.
1. Représenter le schéma de principe d'un tel appareil dans le cas d'un dispositif à effet simple.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-15


2. Déterminer la valeur de la résistance shunt qu'il faut utiliser pour chaque calibre.

3. Donner le schéma de principe de cet appareil dans le cas d'un dispositif à effet multiple. Par
rapport à la borne commune, dans quel ordre faut-il disposer les calibres croissants.

4. Calculer la valeur des différentes résistances shunt à utiliser.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-16


• Voltmètre à cadre mobile:

Pour transformer un appareil à cadre mobile en voltmètre, on place en parallèle à ses bornes une
résistance égale à sa résistance critique et une résistance additionnelle RA en série grande devant RSC.
Dans le schéma ci-dessous, RG représente la résistance interne du galvanomètre. La résistance
interne du voltmètre ainsi réalisé est notée RV.

R SC  R G
RV RA   RA  RC
R SC  R G

Comme on a généralement RA >> RC, la chute de potentiel aux bornes du galvanomètre shunté reste
très faible devant celle aux bornes de la résistance additionnelle, et on a:
Vm  RAI
Il suffit alors de graduer le cadran du galvanomètre en volts pour compléter le circuit volt-métrique.

• A titre d'exemple, avec un cadre de sensibilité moyenne de 1mA et de résistance RC = 100, on


peut réaliser un voltmètre de calibre 100V en lui associant une résistance interne RV = 100 k,
c'est-à-dire en rajoutant au cadre une résistance additionnelle RA = RV - RC = 99,900 k. Dans ces

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-17


conditions, si un courant de 1mA circule dans le cadre, il provoque une déviation à fond d'échelle
due à une tension mesurée par le voltmètre égale à 100V.
• Dans cet exemple ci-dessus, un calibre 100V nécessite RV = 100.000. La sensibilité du voltmètre
définie par le rapport de la résistance interne sur le calibre vaut : 1000 /V, ce qui correspond à
une intensité de 1mA. Avec un calibre de sensibilité 0,01mA, on arrive à réaliser un voltmètre de
sensibilité 100 000 /V.

Pour réaliser un voltmètre à


plusieurs calibres, on branche
un réseau de résistances
additionnelles en série avec le
galvanomètre shunté par sa
résistance critique

Dans les voltmètres à effet simple, chaque


calibre possède sa résistance additionnelle
propre.

Les résistances additionnelles sont incorporées en général à l'appareil sauf pour les hautes tensions
(calibres >1000V) où elles sont séparées de l'appareil de mesure et placées au niveau d'une sonde
dédiée aux mesures des hautes tensions. Le calcul de chaque résistance additionnelle est
indépendant pour chaque calibre.

Exercice 7

On considère un appareil à cadre mobile de calibre 100 µA et de résistance interne 100  qu'on veut
transformer voltmètre à multi-calibres : 100 mV, 1V et 10V.
1. Représenter le schéma de principe d'un tel appareil dans le cas d'un dispositif à effet simple.

2. Déterminer la valeur de la résistance additionnelle qu'il faut utiliser pour chaque calibre.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-18


3. Donner le schéma de principe de cet appareil dans le cas d'un dispositif à effet multiple. Par
rapport à la borne commune, dans quel ordre faut-il disposer les calibres croissants.

4. Calculer la valeur des différentes résistances additionnelles à utiliser.

Exercice 8

On veut mesurer la tension Vm aux bornes de la résistance R2 dans le pont diviseur schématisé ci-
dessous.

E = 200V
R1 = 200 k
R2 = 50 k

1. Donner la valeur de Vm indiquée par un voltmètre idéal de résistance interne infinie.


2. Trouver la valeur de Vm dans le cas où on utilise un appareil analogique à équipage mobile ayant
une sensibilité de 20 k/V.
3. Reprendre la question précédente pour un appareil ayant une sensibilité de 1 k/V.
4. Que peut-on déduire de tout cela.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-19


• Ohmmètre et multimètre à cadre mobile:

Le schéma de principe d'un ohmmètre à montage série est présenté sur la figure suivante.
L'interrupteur permet d'isoler la batterie (Vin) lorsque l'appareil n'est pas utilisé.

R1 = Résistance de limitation de courant


R2 = Résistance d'ajustement de zéro
RX = Résistance inconnue
RG = Résistance interne du galva
Vin = Tension délivrée par la pile

• Lorsqu'on court-circuite les bornes A et B, on a Rx = 0 et le courant dans le circuit maximal. Pour


que l'aiguille soit à fond d'échelle on ajuste la valeur de R2 jusqu'à ce que l'aiguille atteigne sa
déviation maximale. On repère sur le cadre la position correspondante à 0.
• Lorsqu'on ouvre le circuit entre les bornes A et B, on a Rx =  et le courant dans le circuit est nul.
On repère sur le cadre la position correspondante comme étant relative à une résistance infinie.

Lorsqu'on branche la résistance inconnue entre les bornes A et B, on a :


Vin
 R1  R 2  R G  R X
I
Ce qui permet d'écrire RX sous la forme :
Vin
RX   ( R1  R 2  R G )
I
La résistance Rx est inversement proportionnel au courant I qui circule dans l’appareil à cadre
mobile, ce qui fait que l’échelle de l’ohmmètre est non linéaire et une faible résistance conduit à un
déplacement maximal de l’aiguille de l’appareil.

Un multimètre analogique peut mesurer un courant,


une tension continue ou alternative ou encore une
résistance. Les dispositifs commerciaux présentent
plusieurs calibres pour chacune de ces grandeurs.

Le schéma de principe d'un multimètre analogique


avec un calibre de courant, deux calibres de tension
et un calibre de résistance est présenté sur la figure
ci-contre.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-20


Pour mesurer Rx, il faut :
• débrancher toute source de tension,
• déconnecter le composant dont on veut mesurer sa résistance Rx,
• court-circuiter les bornes de l’appareil et ajuster R2 pour produire la déviation pleine échelle,
• enlever le court-circuit,
• connecter la résistance Rx entre les bornes de l’ohmmètre et lire la déviation de l’aiguille.

Exercice 2-9 :

Un ampèremètre à cadre mobile de résistance Rg=60 supporte un courant max IM= 0,8mA qu'on
voudrait faire passer à 1mA, avec une résistance totale de 100. Trouver les valeurs requises pour Rp
et Rs.
Réponse: Rp = 240 ; Rs = 52.

Exercice 2-10 :

Un Ohmmètre analogique construit autour d'un cadre mobile de calibre 100 µA est alimenté par une
pile de 1.5. Sa résistance interne totale vaut R1+R2+Rc = 15 k.

1. Sur un cadrant demi-circulaire de 180°, indiquer la position de l'aiguille lorsque Rx=0, puis lorsque
Rx est infinie.
2. Noter sur ce cadran l'indication en Ohms donnée par l'aiguille lorsqu'elle est au centre.
3. Donner alors l'indication relative à la position de l'aiguille lorsqu'elle est à 1/6, 2/6, 4/6 et 5/6 de
la pleine échelle (c'est-à-dire à 30°, 60°, 120° et 150°).

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-21


Mesure d'un signal alternatif
• Valeurs moyenne, efficace et maximale.

Un signal alternatif est caractérisé par sa forme qui peut être carrée, triangulaire, sinusoïdale ou
autre, carré, par sa fréquence et par son amplitude. Ces signaux périodiques sont aussi caractérisés
par leur valeur moyenne et leur valeur efficace.

La valeur moyenne S d'un signal S( t ) est la valeur de la composante continue du signal (offset). Elle
est définie par :
T
S 1  S(t)dt
T 0
La valeur efficace Seff d'un signal S( t ) représente la valeur de la même grandeur en continu qui
aurait les mêmes effets énergétiques que le signal alternatif pendant la même durée.
Pour un courant par exemple, la valeur efficace d’un courant alternatif, correspond à la valeur
d'un courant continu qui produirait un échauffement identique dans une même résistance:

R  Ieff
2
 R  i2 (t ) où la valeur moyenne est estimée sur une période T.
La valeur efficace Seff du signal S(t) est définie par :
T

1
Seff  S2 ( t )  dt
T 0

La valeur moyenne et la valeur efficace de quelques signaux périodiques typiquement rencontrés en


électronique ou en électricité sont données sur le tableau suivant.

1- Signal carré.
S  0
Seff  SM

2- Signal triangulaire.
S  0
SM
Seff 
3

3- Signal sinusoïdal.
S  0
SM
Seff 
2

4- Signal sinusoïdal redressé en simple alternance.


SM
S 

SM
Seff 
2
5- Signal sinusoïdal redressé en double alternance.
2  SM
S 

SM
Seff 
2

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-22


Pour la mesure des signaux alternatifs, les appareils analogiques de mesure
électrique sont habituellement étalonnés avec un signal sinusoïdal et le plus
souvent, les graduations indiquent des valeurs efficaces.

• Signal alternatif sur un appareil magnétoélectrique


D'après le principe de fonctionnement de ces appareils, le dispositif qui fait dévier l'aiguille est
sensible à la composante continue du signal. La déviation de l'aiguille de ces appareils est
proportionnelle à la valeur moyenne du signal, c'est-à-dire à sa composante continue.

Pour mesurer des signaux alternatifs les appareils magnétoélectriques intègrent une
diode (indiquée sur le marquage) pour redresser le signal à l'entrée. Puisque l'aiguille
dévie de manière proportionnelle à la valeur moyenne du signal redressé, pour afficher la
valeur efficace du signal sinusoïdal mesuré, les graduations de l'échelle en alternatif
utilisent un facteur correctif qui donnent la correspondance entre la valeur mesurée et la
valeur à lire.

Le facteur correctif vaut 2.22 pour un appareil de mesure qui intègre un circuit de redressement
simple alternance, et 1.11 s'il est à double alternance. En effet, on a:
SM
2 
- Pour un redressement simple alternance : k    2.22
SM 2

SM
2    1.11
- Pour un redressement double alternance : k 
2  SM 2 2

Ces facteurs correctifs sont calculés pour le cas d'un signal sinusoïdal, et conduisent à des valeurs
erronées pour les signaux qui ne sont pas sinusoïdaux.

• Appareils ferromagnétiques
Dans un appareil ferromagnétique à cadre mobile traversé par un courant I, le couple de torsion  du
cadre de la bobine d'inductance L est donné par :
dL
  1 I2
2
d
Le couple de torsion étant compensé par la force de rappel du ressort, la déviation  de l'aiguille est
directement proportionnelle à la valeur efficace du courant I.
ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-23
• Appareils électrothermiques
Ces appareils sont constitués d'un fil résistif dont on mesure l'allongement d'origine thermique qui apparait
lorsqu'un courant les traverse. Cet allongement est lié directement à la valeur efficace du courant qui parcourt
le fil qui s'échauffe de la même façon que s'il était parcouru par un courant continu égal à cette valeur. Par
ailleurs, le fil étant une résistance pure, il n'est pas influencé par la fréquence du courant alternatif.

Notes :
1. Les phénomènes thermiques étant relativement lents, leur inertie thermique entraîne une "lenteur de
réaction" de l'appareil de mesure. Cet effet est mis à profit dans les mesures à variation lente comme le
jaugeage du carburant dans les véhicules: l'aiguille du réservoir indique un niveau indépendant des virages,
des accélérations, des freinages, des montées ou des descentes.
2. Actuellement, pour la plupart des applications, les appareils à aiguilles ont été supplantés par des appareils à
affichage numérique, souvent moins chers, plus robustes et plus précis, qui fonctionnent à partir d'une
mesure tension. Les modes ampèremètre et ohmmètre sont obtenus par des opérations analogues à celles
des appareils à aiguilles.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-24


Principe de fonctionnement d’un oscilloscope à tube cathodique

Le filament et la cathode de l'oscilloscope produisent une source d'électrons libres, que des grilles
accélèrent et concentrent en un faisceau dirigé vers le fond phosphorescent d'un tube cathodique. Ce
faisceau produit un spot, qui est déplacé sur l'axe X par les plaques de déviation horizontales, via
l'amplificateur horizontal, et sur l'axe Y par les plaques de déviation verticales, via l'amplificateur
vertical. Le faisceau semble donc dessiner une ligne continue, appelée trace. L'écran du tube est
quadrillé par un graticule de 10 divisions horizontales et 8 verticales.

Schéma de principe d'un oscilloscope.


Le signal est présenté sur l'entrée CH1 (canal 1, channel en anglais). Il est amplifié (ou atténué) grâce
au réglage VOLTS/DIV. Le réglage TIME/DIV permet de faire varier la vitesse de balayage horizontal.
Les réglages X-POS et Y-POS permettent de déplacer la trace par rapport aux axes.

• La base de temps est le circuit qui déclenche le déplacement horizontal, ou balayage. Ce circuit
synchronise le système en générant une impulsion chaque fois que la forme d'onde traverse une
certaine valeur de réglage de la tension. Le commutateur de la base de temps (TIME/DIV) permet
de choisir le temps de balayage du spot d'une division verticale à la suivante.
• De même que la base de temps permet d'étalonner l'axe horizontal de l'oscillogramme,
l'atténuateur vertical permet l'étalonnage de l'axe vertical. On peut donc effectuer des mesures de
tension sur cet axe. Si par exemple le gain de l'atténuateur vertical (VOLT/DIV) est réglé de sorte
qu'un signal de 10 mV crête-à-crête fasse dévier le spot d'une division verticale et si on compte 6
divisions entre la crête supérieure et la crête inférieure de la trace, on mesure une tension de 60
mV crête-à-crête.
• L'oscilloscope à double trace permet d'effectuer des mesures simultanées sur deux signaux de
deux circuits différents. Pour obtenir la double trace, on utilise soit le mode "hachage" (CHOP en
anglais), en basse fréquence, soit le mode "alternat" (ALT), en haute fréquence. En mode CHOP,
les deux signaux d'entrée sont appliqués alternativement, pendant un très bref instant, aux
plaques de déviation, donc plusieurs fois au cours d'un même balayage. En mode ALT, la
commutation du signal A au signal B n'a lieu qu'une fois qu'un balayage complet est effectué. La
commutation d'un mode à l'autre est en général automatique.

Description d'un oscilloscope typique


La figure ci-dessous représente la façade d’un modèle d'oscilloscope à 2 voies similaire à ceux des
laboratoires de TP. La présentation et les caractéristiques sont différentes d’un modèle à l’autre, mais
on retrouve toujours les mêmes fonctions et une structure semblable.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-25


L’écran comporte 8 divisions verticales (Y = axe des tensions exprimées en volts) et 10 divisions
horizontales (X = axe du temps).
Le bouton POWER est le bouton de Marche/Arrêt (on/off) qui possède une LED qui s'illumine quand
l'appareil est sous tension.
Sous ce bouton, les deux boutons de réglages INTENS et FOCUS permettent d'ajuster l'intensité
lumineuse et la netteté de la trace.
La petite vis de réglage TR qu’on peut faire tourner avec un petit tournevis permet de régler la une
trace pour qu’elle soit bien horizontale en l'absence de signal.

La base de temps
Cette voie permet la déviation horizontale du spot. Pour cela on impose entre les 2 plaques une ddp
en dents de scie qui varie linéairement avec le temps pendant une période T, puis revient très
rapidement à zéro. Le spot va donc de gauche à droite de l’écran, revient à gauche très rapidement,
et ainsi de suite…

Le bouton à 2 positions X-Y est dans sa position normale lorsqu'il n'est pas enfoncé. Lorsque la
touche X-Y est enfoncée, la tension de déviation horizontale devient celle du canal II alors que le
signal du canal I continue à être appliqué aux plaques de déviations verticales.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-26


Le bouton HOLD OFF permet d'introduire un délai par rapport au moment de déclenchement.
Habituellement on laisse ce réglage au minimum.
Le réglage TV-SEP peut occuper trois positions. Il est utilisé quand on doit intervenir sur poste de
télévision. Sinon, sa position doit rester sur OFF.
Le rotateur TIME/DIV permet de sélectionner la valeur du temps de balayage. Si on choisit un
réglage de 0,2 s/DIV, le spot mettra 2 secondes pour franchir les 10 divisions. A partir de 10 ms/DIV,
le spot n'est plus visible de manière ponctuelle: il laisse la place à une ligne continue, ceci en raison
de la persistance rétinienne. La vitesse de balayage peut être réglée de manière discrète par un
commutateur et de manière continue par un potentiomètre. On doit mettre le potentiomètre CAL à
zéro pour garder une échelle calibrée.
Le bouton EXT sert à provoquer le déclenchement par un signal externe présenté sur l'entrée TRIG
INP (trigger input). Dans tous les autres cas, ce bouton ne doit pas être enfoncé.
Le bouton AT/NORM permet de synchroniser l'affichage du scope avec le signal qu'on désire étudier.
Lorsqu’il est sorti, le déclenchement est Automatique. Si ce bouton est enfoncé, le balayage est en
mode Normal.
- En mode Automatique, il y a toujours balayage même en l’absence du signal d’entrée. Il est
enclenché lorsque bouton AT/NORM est non enfoncé. Il est conseillé de commencer par utiliser ce
mode de balayage.
- En mode Normal, la valeur de la tension de déclenchement est réglée avec le bouton LEVEL. Ce
mode est intéressant aux basses fréquences. Son inconvénient est qu’il n’y a pas de balayage en
l’absence de signal d’entrée.

Pour stabiliser le signal, le problème est de synchroniser la base de temps de l’oscilloscope sur le
signal à observer, cela permet de superposer les tracés successifs du spot.
Il faut donc que les balayages successifs commencent au même point, pour ce faire la base de temps
doit fonctionner en mode déclenché : la dent de scie ne démarre que lorsque la tension du signal
atteint une valeur donnée.

A t1, instant où Vs=VN, la base de temps est déclenchée pour une durée T et le spot décrit sur l’écran
la portion de signal [t1,t1+T] ; puis il y a un temps mort jusqu’à t2, date où Vs reprend la valeur V N, la
base de temps est déclenchée à nouveau.
Le spot décrit la portion [t2,t2+T] identique à la précédente et ainsi de suite…

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-27


En résumé, pour synchroniser convenablement la base de temps et le signal injecté à l'entrée de
l'oscilloscope :
• Il faudrait mettre le bouton AT/NORM sur la position Automatique. On a toujours un balayage
du spot, même en l’absence du signal d’entrée. En injectant le signal d'entrée, si la
synchronisation est correcte, il suffit de travailler dans ce mode.
• S'il n'y a pas de synchronisation entre le signal d'entrée et le balayage du spot, mettre le
bouton AT/NORM sur la position Normale (Déclenché) puis régler la synchronisation en
agissant lentement sur la position du bouton LEVEL.

Réglages sur chaque voie


• Chaque voie possède un réglage Y-POS (Y-POS-I et Y-POS-II). Ce bouton permet de déplacer la
trace verticalement, vers le haut ou vers le bas. Pour un signal alternatif, on ajuste habituellement Y-
POS de sorte que la ligne centrale de l'écran soit à 0 V. Si on visualise deux signaux à la fois, les
deux réglages sont indépendants.

• Lorsque le bouton INVERT est enfoncé, le signal correspondant est inversé.


• Chaque voie possède un réglage indépendant (VOLTS / DIV) de l'échelle verticale. Les positions
vont de 20 V à 5 mV par division.
• Les prises BNC des entrées CH-1 et CH-2 servent à connecter les sondes qui permettent de
prélever les signaux d'entrée. Les petites prises sur le côté sont des entrées supplémentaires de
terre GND (Ground=0V).
• Un commutateur à glissière DC/AC/GND permet de choisir, pour chaque voie:
DC: le signal d'entrée est connecté directement à l'amplificateur vertical
AC: Le signal passe à travers un condensateur qui bloque la composante continue
GND: permet de contrôler la position 0 V à l'écran

• Le groupe de trois boutons placés au bas de la zone centrale permet de choisir quelle trace sera
visible à l'écran. On peut ainsi visualiser un seul signal (CH-1 ou CH-2), les deux simultanément,
l'un après l'autre, etc.

Comment calibrer un oscilloscope


Le test de calibrage consiste à présenter sur l'entrée CH1 un signal carré d'amplitude 2 V et de
fréquence 50 Hz. Ce signal provient de la source interne CAL prévue à cet effet et habituellement
disposée à proximité de l'écran.
• Relier la fiche BNC de la sonde à l'entrée CH1 (l'enfoncer et tourner à droite).
• Relier le fil "chaud" (pointe ou crochet) à la connexion CAL de 2 V.
• Laisser en l'air le fil de masse.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-28


• Régler VOLTS/DIV et TIME/DIV et affiner l'affichage en ajustant un peu les boutons Y-POS 1 et X-
POS pour obtenir une représentation du signal identique à la suivante:

Exercice 2-12 :
Un oscilloscope est connecté à une source de tension de valeur inconnue. Le résultat est une ligne
droite sur l'écran. Déterminer la tension de la source de tension en supposant que la mise à zéro sur
l’écran de l'oscilloscope a été correctement effectuée et que la sensibilité verticale vaut :
a) 5 V/div b) 2 V/div

Exercice 2-13 :

Déterminez la fréquence du signal


électrique mesuré par un oscilloscope avec
une sensibilité verticale de 2 V/div division
et un base de temps de 0.5 ms/div.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-29


Exercice 2-14 :
Si un oscilloscope est relié à un montage série et d’une source de tension continue, la visualisation
sur l'écran de l'oscilloscope dépend des modes "DC" et "AC". A partir de ces observations, expliquez
ce que les modes "DC" et "AC" signifient.

Exercice 2-15 :
On veut mesurer la tension de sortie d’un convertisseur de tension AC-DC. La forme du signal sur
l'oscilloscope est essentiellement continue, avec la superposition d'une faible tension alternative
d'ondulation. On veut avoir un agrandissement de cette tension alternative pour observer les
ondulations plus prononcées sur l'écran et mieux discerner leur forme.

Si on diminue le nombre de volts par division du bouton de commande "vertical" pour agrandir
l'amplification verticale de l'oscilloscope, le signal disparaît complètement de l'écran! Expliquez où est
le problème et comment peut-on le corriger afin de pouvoir agrandir la tension d'ondulation sans
qu’elle disparaisse sur l'écran de l'oscilloscope.

Exercice 2-16 :
Un étudiant qui vient juste d’apprendre à utiliser un oscilloscope relie celui-ci directement à la sortie
d'un générateur de fonction basse fréquence (GBF). Le résultat est indiqué en (a). Comme on peut le
ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-30
voir, le générateur de fonction est configuré pour fournir un signal carré, mais l'oscilloscope
n'enregistre pas de signal carré. Rendu perplexe, l'étudiant relie le générateur de fonction à un
oscilloscope différent (b) et relève cette fois un signal carré sur l'écran. C’est alors que l'étudiant se
rend compte que le premier oscilloscope a son commutateur sur "AC", tandis que le deuxième
oscilloscope a été mis à "DC".

(a) (b)

Maintenant l'étudiant est vraiment embarrassé!


Le signal est évidemment AC, car il oscille de part et d’autre de la ligne médiane de l'écran, mais là
encore, le réglage du commutateur sur "DC" semble donner les résultats les plus précis: un véritable
signal carré.
Comment peut-on expliquer ce qui arrive à cet étudiant. Décrire les utilisations appropriées du modes
"AC" et "DC" pour bien employer ce commutateur.

Exercice 2-17 :
En supposant que le contrôle de sensibilité verticale est mis à 0.5 V/div et que la base de temps est
mise à 2.5 ms/div, calculer pour le signal sinusoÏdal son amplitude, l’amplitude crête à crête et la
valeur efficace ainsi que sa fréquence.

Exercice 2-18 :
Quelque chose ne fonctionne pas dans ces deux circuits. A partir de ce qui est visualisé sur
l'oscilloscope pour chacun des 2 cas, déterminez si c’est la source de tension continue ou si c’est le
générateur de fonction qui est défectueux.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-31


(a) (b)

Exercice 2-19 :
La plupart des oscilloscopes peuvent mesurer directement seulement la tension et non le courant.
Une façon de mesurer le courant AC avec un oscilloscope est de mesurer la tension à travers une
résistance shunt. Cependant, il faut être très prudent en connectant un oscilloscope à n'importe quelle
partie d'un système possédant une masse, comme par exemples les alimentations de tension. On
peut noter ce qui arrive sur la figure suivante si on essaye de connecter l'oscilloscope à travers une
résistance shunt placée sur la phase d'une alimentation 220V AC.

La petite pince crocodile qui donne la


liaison de référence de l’oscillo a
court-circuité l’alimentation.
Pourquoi ?

Exercice 2-20 :
Les résistances shunt sont des résistances de précision de faible valeur utilisées comme éléments de
mesure de courant dans des circuits à fort courant. L'idée est de mesurer la ddp V à travers cette
résistance de précision R et appliquer la loi de l'Ohm (I=V/R) pour déduire le courant dans le circuit.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-32


Puisque le schéma montre une résistance shunt employée pour mesurer le courant dans un circuit
AC, il serait également approprié d'employer un oscilloscope au lieu d'un voltmètre pour mesurer la
ddp produite par le shunt. Cependant, on doit être prudents dans la connexion de l'oscilloscope au
shunt à cause de la masse de l’ensemble oscilloscope-sonde. Expliquez pourquoi la connexion d'un
oscilloscope au shunt comme indiqué dans la figure serait suivante une mauvaise idée.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-33


Exercice 2-21 :
La plupart des oscilloscopes ont au moins deux voies verticales, utilisées pour afficher plus qu’un
signal ondulatoire simultanément.

Tandis que cette particularité est extrêmement utile, il faut être prudent dans la connexion de deux
sources de tension AC à un oscilloscope. Puisque "la référence" ou la masse de chaque sonde est
électriquement commune avec le châssis métallique de l'oscilloscope, ces deux masses sont
électriquement communes l'un avec l'autre aussi. Expliquez quel sorte de problème peut apparaître si
on relie un oscilloscope double trace à un circuit dans la façon suivante :

Exercice 2-22 :
On doit parfois employer un oscilloscope pour mesurer une différence la tension qui comporte une
tension de mode commun significative. On peut considérer le cas où il faut mesurer les impulsions de
tension sur un réseau de communication digital RS-485. Aucun des deux conducteurs du câble n'est à
la terre. Si on connecte l'un des fils de l'oscilloscope à la terre, on peut causer des problèmes.

ELN-405 Chapitre 3 : Appareils de mesure à galvanomètre Page 3-34


Une solution consiste à utiliser les deux voies d'un oscilloscope pour la mesure différentielle. Dans ce
mode, on peut visualiser une forme d'onde sur l'écran, bien que deux voies soient employées. Décrire
comment l’oscilloscope doit être réglé pour effectuer la mesure de tension différentielle (donner la
description de tous les boutons qu’il faut utiliser et préciser leur réglage).

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Introduction à Multisim

Multisim est un simulateur de circuit développé par SPICE (moteur de simulation de circuit standard
de l'industrie, développé à Berkeley). Presque tout circuit peut être modélisé dans Multisim, et le
modèle peut être testé à l'aide d'un banc de laboratoire virtuel.

L'interface de Multisim se compose de 4 principales parties :


• un espace de travail où on peut réaliser le montage
• des tiroirs contenants des composants électroniques
• des alimentations et des instruments de mesure (oscilloscopes, générateurs de fonctions,
etc).
• un commutateur pour l'activation du circuit

Simulation du circuit RLC (TP-3)

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