L’évasion de Saint Lazare – Introduction
- « Il n’est pas nécessaire qu’un auteur comprenne ce qu’il écrit, les
critiques se chargeront de le lui expliquer » est une citation de
l’Abbé Prévost
- Ecrivain, journaliste et homme d’église français du XVIIIᵉ siècle, né
en 1697 et mort en 1763.
- Manon Lescaut, publié en 1733, est un roman-mémoire + fait partie
du septième volume des Mémoires et aventures d'un homme de
qualité qui s'est retiré du monde.
- Ce roman a d’abord scandalisé avant d’être interdit de publication
entre 1733-35.
- Il est divisé en deux parties mais structuré en quatre cycles :
Charmes et déconvenues de la découverte de l’amour, tout pour
Manon jusqu’à la prison et le crime, l’incorrigible Manon et le faux
pas de trop, aimer dans un monde nouveau.
- Il s’inscrit dans le thème « Personnage en marge, plaisir du
romanesque ».
- Il explore des thèmes tels que : la passion amoureuse, l’amitié, le
tiraillement de l’âme humaine, le bonheur…
- L’évasion de Saint-Lazare se situe dans la première partie du roman.
- Cet extrait montre comment Des Grieux s’évade de Saint-Lazare
grâce à une ruse de Manon + il illustre leur passion face aux
interdits sociaux.
Problématique :
- Comment Prévost montre la passion amoureuse comme une
force menant à la perte ?
- Comment le récit de cette évasion annonce-t-il une
condamnation définitive à la marginalité ?
- De quelle manière la criminalité de « Des Grieux » marque un
tournant dans le roman ?
Plan:
I-
II-
III-
Conclusion:
Ce passage clé est scène romanesque placé sous le signe de
l’aventure et de l’amour qui s’inscrit dans une longue tradition
littéraire. Si « Des Grieux » se libère de St Lazare, il semble
toutefois prisonnier de sa passion pour Manon, bravant tout
autre loi que celle du cœur. Dans ce passage, nous assistons à
un changement radical de « Des Grieux » qui n’hésite pas à
devenir un meurtrier et bouscule donc définitivement du côté
des marginaux hors la loi. Cependant ce récit rétrospectif du
narrateur « Des Grieux » nous présente le personnage Des
Grieux comme un jeune naïf que la passion aveugle.
I-
… dramatisation du récit, le domestique qui contredire
II-
- « avec beaucoup d’imprudence » il appelle le domestique
- Acte du père (jugement de ‘Des Grieux’)
- Regard bienveillant
- Ligne 4- « le bon Père » adjectif mélioratif, jugement – l’avis de ‘Des
Grieux’ sur le prêtre
- « crut apparemment » met en avant pour lui (Des Grieux) la naïveté
du prêtre, confirme le point de vue interne du récit
- « puissant » sa carrure, physiquement, qui le domine ‘Des Grieux’
plus frêle, plus petit
- « coquin » terme péjoratif, quelqu’un de rusé, voyou, un vilain ->
domestique, jugement personnel de ‘Des Grieux’ c’est plutôt
subjectif
- La manière dont il raconte l’agression, domestique (carrure
importante), « il s’élança sur moi » passé simple, action soudaine de
1er plan, c’est une succession d’actions avec les verbes…
- « sans balancer » sans hésitation
- « Je le marchandai… » il tire sans hésitation, il ne l’épargne pas
- Nous avons des propositions brèves, courtes avec la rapidité de
l’action, la réaction du domestique, puis de ‘Des Grieux’, les
propositions sont juxtaposées
- « ; » la conséquence « je lui lâchai le coup du milieu de la poitrine »,
on a une précision / euphémisme : montre sa détermination à
s’évader, ‘Des Grieux’ est déterminé, il n’hésite pas à tuer le
domestique, et il le précise (sang-froid) c’est ‘Des Grieux’ le
narrateur, dans un contexte de légitime défense
- « Voilà de quoi vous êtes… » accusation directe du Père avec un
CCM (complément circonstanciel de manière) ainsi que l’adverbe
« fièrement » -> attitude = fait en sorte de rejeter la responsabilité
sur les autres et n’assume pas ses actes (attitude du domestique et
sur le Père)
- Renversement de ‘Des Grieux’ il a changé, il n’est plus le même
(c’est un criminel) il devient plus violent + CCM « en le poussant »
avec L.15 la mort du domestique qui en aucun cas ne l’atteint, il est
autoritaire.
- Ce changement est ressenti par le prêtre, avec la négation « il n’osa
refuser de l’ouvrir » qui montre bien que le prêtre a perçu le
changement de ‘Des Grieux’
- « je sorti heureusement et je trouvai, à quatre pas » l’évasion tant
attendue est présente, on retrouve une forme de satisfaction avec
« heureusement » d’avoir franchi les différentes étapes qui lui ont
permis de s’évader, le crime / toutes ses péripéties n’a (n’ont) pas
servi à rien.
- « Lescaut qui m’attendait avec deux amis, suivant sa promesse »
donc 2 complices / 2 acolytes, scène très romanesque qui nous
montre qu’il avait un plan, en bande organisé, planifié par Lescaut et
ça vient confirmer l’appartenance de ‘Des Grieux’ à ce groupe de
hors la loi.
- « nous nous éloignâmes » utilisation du pluriel 1ère personne du
pluriel, toujours cette appartenance à un groupe, il quitte
définitivement la prison
- Prise de parole de Lescaut, « Lescaut me demanda s'il n'avait pas
entendu tirer un pistolet » cela montre son incrédulité, il attend une
réponse (fermé), c’est une sorte de question rhétorique,
interrogative indirecte (négatif), ce n’est pas un meurtrier, c’est
quelqu’un de pas actif, passif, et très naïf, il prend de l’ascendance
sur le prêtre
- « C'est votre faute lui dis-je; pourquoi me l'apportiez-vous chargé ? »
c’est un aveu qui montre qu’il a tiré, mais au lieu de l’avouer, il
rejette la faute / la responsabilité sur Lescaut (qu’il avait chargé le
pistolet), c’est une question rhétorique à tonalité accusatrice
- « Cependant je le remerciai d'avoir eu cette précaution… » avec
cependant qui est un adv, on retrouve une opp / une parole
contradictoire dans l’attitude de ‘Des Grieux’ il l’accuse mais il le
remercie également
- Arme chargée -> qualifié de « précaution » effet positif
- « sans laquelle j’étais sans doute à Lazare pour longtemps » montre
qu’il n’a pas conscience de la réalité des choses
- Dans la balance : tuer un homme (prendre perpète voir même une
condamnation à mort) et rester deux mois supplémentaires
- Crainte de ‘Des Grieux’ reste minime, il n’a pas conscience du crime
qu’il a réalisé / commit et des conséquences qu’il peut y avoir
Phrase conclusive : Elément inattendu, le domestique
malheureusement plonge ‘Des Grieux ‘ dans la criminalité, il a
toutes les attitudes d’un criminel.
III-
- Un complice qui les accueille et qui les cache
- « mauvaise chère » nourriture de St Lazare – subjectif
- l.23 « trois mois » information de durée (emprisonnement de trois
mois)
- Il n’en profite pas, alors qu’on lui propose un vrai repas et qu’il s’est
échappé
- Négation marquée par le « ne » qui accompagne cette notion de
plaisir
- « néanmoins », « un peu » locution, adv qui exprime un lien
d’opposition malgré les efforts de ses amis, il n’arrive pas à profiter
ce moment-là
- « je souffrais mortellement » hyperbole, il est dans la souffrance,
parce que sans Manon, la vie est impossible cela montre son amour
absolue
- Hyperbole + négation restrictive qui montre que Manon la délivrer et
qu’elle est son seul adjectif, il est prêt à mourir au détriment de sa
vie = amour obsessionnel
- Il demande de l’aide à ses amis, « il faut l’a délivré », le sujet de
conversation arrive rapidement + verbes de volonté assez fort « il
faut », « souhaite », « vous demandez » c’est une forme
d’insistance, il en appel à leur expérience de criminel il en a besoin,
« votre adresse » désigne « leur expérience » ce dont il n’a pas.
Questions de grammaire :
1) L.12 « je ne marchandai point » analyser la négation
Négation totale, et syntaxique (locution adverbiale) négative =
l’ensemble de cette proposition
2) L.15 « il n’osa refuser de l’ouvrir » préciser sa particularité
Négation syntaxique, refuser (lexical) donc 2 négations, langage
soutenu, totale
3) L.18-19 « Lescaut me demanda… » forme d’interrogative, précision
du registre
Pas de « ? », pas d’inversion sujet-verbe, avec mot introducteur
« si », n’ai-je pas entendu (soutenu), interrogative indirecte – COD
de « demanda »
4) L.19 « pourquoi me l’apportiez-vous chargé » analyse de
l’interrogative
Direct, soutenu, avec inversion sujet-verbe, interrogatif « pourquoi »
question rhétorique