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French TA03

Ce chapitre traite des composants essentiels du tir à l'arc, divisés en douze étapes clés allant du positionnement à la libération de la flèche. Il vise à fournir une compréhension solide aux archers et entraîneurs sans entrer dans des détails techniques excessifs. Chaque étape est cruciale pour atteindre la régularité et la précision dans le tir.

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French TA03

Ce chapitre traite des composants essentiels du tir à l'arc, divisés en douze étapes clés allant du positionnement à la libération de la flèche. Il vise à fournir une compréhension solide aux archers et entraîneurs sans entrer dans des détails techniques excessifs. Chaque étape est cruciale pour atteindre la régularité et la précision dans le tir.

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CHAPITRE 3

LE TIR

Ce chapitre a pour objectif de fournir aux lecteurs des informations


détaillées sur tous les composants fondamentaux du tir et de leur appren-
dre à apprécier l’interaction que ces différents composants ont les uns
par rapport aux autres et donc finalement sur le résultat. Il a aussi pour
but d’offrir aux entraîneurs et aux archers une base solide ainsi qu’une
compréhension des exigences fondamentales sous-jacentes sans les
submerger par trop de détails techniques.
CHAPITRE 3

LE TIR

Le tir répétitif de groupes de flèches rapprochées est le résultat de l’exécution tir


après tir de gestes identiques. Pour que l’archer devienne régulier et constant dans
ses tirs, une compréhension complète de tous les composants d’un tir est essen-
tielle.

Il existe beaucoup d’aspects relatifs au tir mais celui-ci peut être fondamentale-
ment divisé en douze étapes distinctes.

1. Le positionnement
2. L’encochage
3. La prise de la corde et de la poignée (grip)
4. L’état d’esprit
5. L’armement
6. La traction
7. L’ancrage / le placement au visage
8. Le chargement / transfert au maintien
9. La visée et le passage du clicker
10. Le lâcher
11. L’accompagnement
12. Le retour

45
TOTAL ARCHERY

ETAPE 1- LE POSITIONNEMENT

Une fois sur la ligne de tir, l’archer doit pren-

Photo n° 20 Position des Pieds


dre la position recommandée au chapitre 2 « La
Base du Tir » c’est à dire une position ouverte :
le pied arrière parallèle ou légèrement rapproché
de la ligne de tir mais pas ouvert, le pied avant
formant un angle d’environ 30 ou 40 ° avec la
ligne de tir ; les jambes écartées approximative-
ment d’une largeur d’épaules et le poids réparti
à 60-70 % sur la plante des pieds et 40-30 % sur
Position ouverte
les talons.

L’archer peut poser la poupée inférieure de l’arc sur son pied avant - ou dans toute
autre position s’il le préfère - mais cette
Photo n° 21 8ième de Finales, Athènes - Park vs Cuddihy

position doit rester constante d’un tir à


l’autre.

Ensuite, tout en prenant une profonde res-


piration Zen(1), il fixe sa concentration sur
la cible. Tout en se concentrant de cette
manière (ce qui s’appelle aussi se centr-
er(2)), il relâche lentement sa respiration. Il
doit, à ce moment, visualiser la sensation
de toutes ses tensions quittant son corps,
du sommet du crâne au bout des doigts de
pied.

46
Respiration 1Zen – c’est une méthode de respiration avec le diaphragme, plus lente et plus
relaxante qu’une respiration du haut de la poitrine. Respirer profondément avec le
diaphragme diminue la pression sanguine et le rythme cardiaque, ce qui a pour conséquence
une baisse de l’anxiété. Le thème de la respiration sera plus approfondi dans le chapitre « Les
Techniques de Tir Avancées ».
Se centrer – être centré signifie que le centre de gravité est idéalement positionné, l’archer se
2

sent confiant et en contrôle, libre de toute distraction et de toute pensée inutile. Voir aussi
chapitre 8 « Entraînement Mental ».

ETAPE 2- L’ENCOCHAGE DE LA FLECHE

Pour cette étape l’archer doit sortir la flèche du carquois, la placer sur l’arc et
l’encocher sur la corde de la manière la plus pratique pour lui.

ETAPE 3- LA PRISE DE LA
CORDE ET DE LA

Photo n° 22 Position de la Corde


POIGNEE

L’archer doit maintenant positionner ses doigts sur


la corde. Même si le choix de cette position est per-
sonnel, il est fortement recommandé de placer la
corde juste devant la première articulation du doigt
le plus haut (index) et du doigt le plus bas (annu-
laire) et derrière celle du doigt du milieu (majeur).
Voir la photographie n° 22.

47
TOTAL ARCHERY

La corde ne doit pas être placée dans la première articulation des doigts du haut et
du bas - ce qui pourrait favoriser le développement d’un cor douloureux. Tout en sai-
sissant bien la corde l’archer lui donne, à ce moment, un peu de tension.
Pour tous ses tirs l’archer doit vérifier visuellement que la position de la palette sur
la corde soit toujours la même par rapport au point d’encochage - y compris la posi-
tion des doigts sur la palette.

Photo n° 23 Vérification de la Prise


Pour s’assurer du positionnement exact des
doigts sur la palette, il est fortement recom-
mandé d’utiliser une entretoise (cale) qui per-
mettra aussi aux doigts, à son contact, d’être
plus détendus. Si l’archer n’utilise pas d’entre-
toise, il aura tendance à écarter les doigts pour
éviter de pincer l’encoche, ce qui créera des
tensions dans la main de corde.

Pour cette étape l’archer doit appliquer


quelques petites tensions sur la corde pour faciliter le
Photo n° 24 Position du Pouce / Jang Y-H

placement exact de sa main dans le grip. La main d’arc


doit être détendue et placée profondément, en hauteur sur
la poignée, le pouce orienté de manière à pointer vers la
cible une fois l’arc levé. A cet effet, une petite tension
dans le pouce est acceptable. Au début du tir la position
de la main d’arc ne doit pas changer.
Un placement régulier de la main dans la prise de l’arc
est extrêmement important afin d’assurer que la zone de
pression de la main soit toujours au même endroit dans le
grip.

48
ETAPE 4- L’ETAT D’ESPRIT

Photo n° 25 Etat d’Esprit


OH K-M Yoon M-J

Pour l’archer un état d’esprit, ou mentalité, approprié - au même titre que sa condi-
tion physique, ses compétences techniques et mentales - est l’un des facteurs détermi-
nants de sa performance et ce autant pendant l’entraînement que la compétition. Il doit
maintenant se détendre et se concentrer sur le processus de tir - ou toute autre tâche
spécifique qu’il peut avoir établie pour lui-même pendant la session d’entraînement ou
la compétition - par exemple contre-viser en cas de vents forts. Il doit s’efforcer de
chasser toute pensée inutile ou distraction extérieure.
Nous examinerons l’état d’esprit pour les compétitions plus en détails dans le
chapitre 8 « Entraînement Mental ».

49
TOTAL ARCHERY

ETAPE 5- L’ARMEMENT

Si il est recommandé en

Photo n° 26 Armement
pleine allonge, que la pression
finale des doigts sur la corde
soit de l’ordre d’environ 30 %
pour l’index, 50 % pour le
majeur et 20 % pour l’annu-
laire mais, selon la main et la
taille des doigts, cette pression
peut varier pour l’index et
l’annulaire. Le majeur, lui, doit
toujours fournir au moins 50 à
60 % de la puissance à l’allonge. Pendant la traction, pour ancrer, la pression individuelle des
doigts n’est pas importante.
Les jambes doivent être droites bien que détendues et la répartition de la pression aux
pieds de 60/70 % sur la plante des pieds et de 30/40 % sur les talons. Plusieurs posi-
tions de Tae Kwon Do utilisent cette même répartition de la pression aux pieds car elle
offre le meilleur et le plus
Photo n° 27 Hanches ouvertes vers la cible

stable des positionnements


biomécaniques possible.
Hanches ouvertes
vers la cible En faisant une rotation de
la partie supérieure de son
corps à partir de la poitrine,
l’archer doit maintenant
aligner ses épaules avec la
cible, cela va créer une petite
David B. Jang Y H

50
tension dans le corps juste en dessous des côtes.
Il ne doit pas tourner consciemment les hanches pour obtenir un alignement correct
des épaules. Les épaules doivent diriger les hanches plutôt que le contraire. En position
ouverte, les hanches s’orienteront naturellement vers la cible. L’archer doit savoir que,
dans cette position, s’il tourne consciemment les hanches pour les aligner avec les
épaules il créera une tension indésirable dans ses jambes, il doit donc éviter de le faire.

Le sternum doit être rentré pour un plus grand dégagement. Pour s’aider l’archer peut
contracter les muscles abdominaux et imaginer pousser son nombril vers la colonne
vertébrale.
Pour une plus grande stabilité, il est important de maintenir les muscles abdominaux
serrés tout au long du tir. Nous en reparlerons plus en détails dans le chapitre 6 «
Détails Techniques Importants ».

Pendant la phase d’armement, le corps de l’archer a tendance à contrebalancer


naturellement la puissance de l’arc en s’éloignant de la cible. Cette tendance s’accentue à
mesure que la puissance de l’arc augmente pendant l’allonge. Pour cette raison il est donc
conseillé pour cette étape de se pencher légèrement vers l’avant en direction de la cible.

Pendant ce temps le cou et le visage doivent être très détendus. S’il est trop tendu, le
cou formera une connexion plutôt rigide avec les épaules, ce qui aura tendance à
éloigner la tête de la cible pendant l’allonge.

Les mains doivent être détendues. L’archer doit ressentir un sentiment de synchroni-
sation, de connexion et d’équilibre entre les mains.
Maintenant, tout en regardant la cible, il prend une autre respiration Zen et vide son
esprit de toute pensée inutile.

51
TOTAL ARCHERY

ETAPE 6- LA TRACTION

Respiration - L’archer doit ensuite lever l’arc tout en prenant une profonde respi-
ration avec le diaphragme selon la technique décrite précédemment.

Photo n° 28 Traction / Chung J-H

Bras de corde - Il doit rapprocher, en ligne droite, la corde de la position d’arme-


ment à environ 5 - 8 cm en dessous du point d’ancrage. Son avant-bras de corde
doit rester détendu tout au long du tir. Voir aussi chapitre 6 « Détails Techniques
Importants ».

Respiration pendant la traction - Il doit inspirer pendant la phase de traction. Inspirer


génère une sensation naturelle de gain de force et l’expiration une sensation de relaxation.

Main de corde - L’angle de l’arrière de la main de corde doit rester constant du début à
la fin de la traction. L’archer doit résister à toutes ses envies de tourner la main quand il
ancre sur son visage. Toute rotation engendrera du torque qui, à son tour, entraînera des
oscillations de la corde, perturbant ainsi le vol de la flèche et donc son impact en cible.

52
Doigts de corde - La main et les doigts de corde doivent être tendus au minimum.
Visualiser les doigts reliés au coude par une chaîne en fer permet d’avoir des doigts,
une main et un avant-bras plus détendus.

Chaîne en acier
Photo n° 29
Bras d’arc - Dés que l’archer commence à armer, le viseur doit rester au-dessus de la
ligne horizontale de la cible, sinon il devra lever le bras d’arc pour arriver au point de
visée - ce qui engendra une tension supplémentaire dans le bras d’arc.

Schéma n°1
Position de visée de l’Armement à l’Allonge

53
TOTAL ARCHERY

Epaule d’arc - Il est impératif que l’épaule d’arc reste baissée pendant toute la traction.
Pour y arriver l’omoplate qui sert à armer doit être baissée vers l’arrière lors de l’arme-
ment - ce qui permet une allonge plus efficace nécessitant moins d’efforts.

Photo n° 30 Epaule d’arc et Triceps


Creux en V Le triceps

Triceps - Pendant ce temps, le triceps du bras d’arc doit être contracté ce qui permet à
l’archer d’avoir une main d’arc plus détendue et aide, en plus, à garder l’épaule d’arc
baissée. L’archer doit augmenter la tension en tendant l’arc vers la cible. Quand le bras
d’arc est tendu de cette manière, on peut constater un creux - comme un V - en haut de
l’épaule.

54
Photo n° 31 Position des Omoplates
Si une flèche est placée entre les omoplates en pleine allonge,
elle devrait pointer sur le côté droit de la cible (droitiers).

ETAPE 7- L’ANCRAGE / LE PLACEMENT AU VIS-


AGE

Une fois en pleine allonge, l’ensemble du bras de corde doit monter en un seul bloc jusqu’à
la position « d’ancrage » sous l’os de la joue (le maxillaire). Ancrage n’est pas vraiment le
mot le plus approprié car il peut signifier que la traction s’arrête à
Photo n° 32 Ancrage

ce moment alors qu’elle ne fait que changer : d’un mouvement


externe, elle devient mouvement interne. Il serait peut-être plus
approprié de dire arriver en position de « transfert/maintien ».

La position d’ancrage est aussi déterminée par le position-


nement correct des omoplates et du coude de corde - la tête,
agissant comme point de repère arrière, n’est qu’un autre point
de référence dans le processus.

55
TOTAL ARCHERY

De profil l’extrémité du coude doit soit être alignée avec la flèche soit être positionnée
un tout petit peu plus haut. Si le coude est trop haut, le trapèze inférieur et le grand dorsal
essentiels à la phase de transfert sont au minimum très difficiles voire impossibles à
activer.

Photo n° 33 Positions du coude


Park S H Park K M

Chung J H Yoon M J

56
Vue de dessus, le coude de corde doit être aligné

Photo n° 34 Vue de dessus du coude de corde


avec la flèche, s’il est légèrement derrière la ligne
de flèche, c’est encore mieux. En aucun cas,
cependant, il ne doit être devant la ligne de flèche.
LAN2 Spot
Au début de la traction la main de corde doit
être positionnée de manière à tenir solidement
sous le maxillaire, sans qu’il soit nécessaire de la
tourner pendant la traction pour adhérer au visage.

Le contact entre la main de corde et le maxil-


laire doit être ferme afin de créer une connexion d’os à os essentielle pour assurer une
position « encoche à œil » constante. Si la main de corde bouge sur le visage, ou si
l’extrémité du coude de corde se lève, cela altérera la pression des doigts sur la corde
ainsi que les dynamiques du tir.

La jonction entre la corde et le menton doit être ferme, assurant une connexion forte
et aidant à un tir puissant.

ETAPE 8- LE TRANSFERT/CHARGEMENT
JUSQU’AU MAINTIEN

Avant d’arriver en position de maintien, il faut un certain temps à l’archer pour


transférer l’effort de traction sur les muscles du bas du dos.
Une fois parvenu en position de maintien, il doit se concentrer sur le déplacement des
omoplates vers la colonne vertébrale en faisant pression avec l’épaule de corde. Il

57
TOTAL ARCHERY

s’agit fondamentalement d’un mouvement

Photo n° 35 Transfert/Dos
interne et aucun mouvement de la corde ne doit
être perceptible. Cela ne signifie pas que la
traction soit terminée mais plutôt qu’elle se
transforme : d’un mouvement externe, elle
devient mouvement interne.

Si l’allonge était interrompue, il faudrait beau-


coup de force musculaire à l’archer pour contin-
uer (principe d’inertie -d’accélération), non
seulement il se fatiguerait mais il engendrerait
aussi des contractions musculaires compensatoires sources d’irrégularités soit en tirant
soit en poussant de manière excessive - ou les deux à la fois - pour passer le clicker. La
libération de la corde en deviendrait irrégulière.

Pour une plus grande stabilité, il est aussi recommandé que pendant l’ancrage l’archer
vérifie rapidement et visuellement la position de la pointe de flèche au niveau du clicker.

8.1_La respiration

En début d’armement l’archer inspire longuement et profondément, ce qui lui donne une
sensation naturelle de gain de force, de puissance. Pendant le processus de transfert/charge-
ment, l’expiration doit être lente, naturelle et détendue jusqu’à ce que les poumons atteignent
un état d’équilibre naturel (50% plein, 50% vide). Cette expiration permet à la vue de se
placer naturellement dans le jaune ou sur la marque, le point de visée. L’archer doit main-
tenant retenir sa respiration jusqu’à la fin de l’accompagnement.

58
A ce moment, ayant atteint la position cruciale de maintien, il doit fixer sa concentration
sur les muscles de son dos et l’y maintenir. Si son esprit est détourné, la connexion avec les
principaux muscles dorsaux sera perdue.

Vous devez comprendre que le maintien n’est pas qu’une simple étape dans un processus
continu mais un point essentiel de transition, une fois toutes les vérifications faites et les
équilibres achevés. L’archer, maintenant en position de maintien, doit être prêt à commencer
la visée et l’extension, le passage du clicker.

ETAPE 9- LA VISEE ET LE PASSAGE DU CLICKER

Jusqu’au maintien, l’esprit de l’archer était


Photo n° 36 Visée

concentré en interne, il lui faut maintenant pass-


er à ce qu’on appelle une concentration externe
limitée (voir chapitre 8 « Entraînement Mental »
pour plus de détails). Il doit désormais diriger
son attention sur la visée. La visée ne doit pas
commencer avant la phase de transfert/charge-
ment mais après et une fois le maintien atteint.
Pour de meilleurs résultats, le laps de temps
idéal entre le maintien et la libération de la
corde est compris entre une et trois secondes.

L’archer doit autoriser son subconscient à placer le viseur dans la zone de visée et à sa
vue de rester fluide et mouvante. « La visée » doit être envisagée sans anxiété et traitée
comme n’importe quelle autre étape dans le processus de tir d’une flèche et non pas

59
TOTAL ARCHERY

comme le point central.


En se concentrant avec une certaine intensité, l’archer ne peut focaliser son attention
que sur une seule source de pensées. Ainsi s’il n’était concentré que sur la visée, il
perdrait la connexion avec ses principaux muscles dorsaux.
Bien évidemment il faut nécessairement une action de visée mais celle-ci doit être
plus subconsciente que consciente.

Quand on demande à certains archers d’élite comment ils visent, invariablement la


réponse est « je ne sais pas, ça se fait, c’est tout ».

Pendant le passage du clicker, le coude de corde est amené vers l’arrière et l’omoplate
de corde se rapproche de la colonne vertébrale tandis que l’omoplate du bras d’arc, ne se
rapproche pas de la colonne vertébrale mais reste en position et ce aussi basse que possi-
ble. Cette position basse est obtenue par une tension constante du triceps du bras d’arc.
Comme la concentration est désormais déplacée sur les muscles dorsaux contrôlant le
mouvement, il est important d’assurer que la connexion entre la main de corde et
l’omoplate de corde ne soit pas perdue. Pour empêcher que cela n’arrive l’archer doit se
concentrer sur un point, appelé Lan2 - voir photographie n°34 page 57, et déplacer ce
point vers l’arrière, ce qui entraînera en même temps le coude de corde derrière la ligne
de force et l’omoplate de corde vers la colonne vertébrale. Ce mouvement angulaire va
ouvrir la poitrine et engendrer un mouvement linéaire suffisant pour que la pointe de
flèche passe les derniers millimètres du contrôleur d’allonge.

L’équilibre dans l’extension du tir doit être de 50/50. Un déséquilibre de ce rapport


affecterait le centre de gravité. En cas de déséquilibre, l’avant du corps de l’archer
pencherait vers l’avant, mais plus probablement, le côté d’allonge - dominant - étant le
plus fort prenant le dessus l’archer se pencherait vers l’arrière, s’éloignant de la cible.

60
Pendant cette étape, la concentration doit être entièrement fixée sur l’extension. Toute
pensée consciente sur les doigts de corde ou sur
tout autre sujet d’ailleurs, doit être oubliée ou la

Photo n° 37 Lâcher / Park K M


connexion avec les principaux muscles dorsaux
sera perdue, compromettant un lâcher en douceur.

ETAPE 10- LE LACHER / LA


LIBERATION DE
LA CORDE

L’archer doit lâcher la corde par une détente


complète de ses doigts qui laissent « partir » la
corde. Il doit permettre à la corde de se dégager des doigts. Si vous observez certains
archers d’élite, remarquez comment leurs doigts au moment de libérer la corde
jusqu’au point d’arrivée du recul de la main restent virtuellement dans la position
identique à celle qu’ils avaient sur la corde.

Un magnifique lâcher contrôlé - Tim


Photo n° 38
L’archer doit initier le lâcher à partir de ses mus-
cles principaux (trapèzes) - la libération ne doit
pas venir d’une poussée de la poignée par la main
d’arc ou d’une traction par les doigts de corde
mais d’un mouvement interne - angulaire - de
l’omoplate de corde vers la colonne vertébrale qui
étend la poitrine et entraîne le mouvement linéaire
provoquant le passage du clicker. Ce mouvement
arrive dans les derniers temps de la détente de la
main de corde quand l’archer sent le passage du

61
TOTAL ARCHERY

clicker. Le passage du clicker est une étape dans le processus de tir qui doit être
ressentie ou sentie et non écoutée. Ce concept peut être difficile à saisir, cependant si
l’archer attend d’entendre le clicker avant de permettre le lâcher, ses pensées con-
scientes se dirigent sur le clicker et donc encore une fois il perd la relation avec les
muscles principaux.
Les archers qui essaient

Position du petit doigt


Photo n° 39
de libérer la corde par une
ouverture consciente des
doigts permettent à leur
concentration de passer de
leur dos à leur doigts.
En se concentrant con-
sciemment sur les doigts
pour lâcher la corde, ils
interrompent un mouve-
ment continu, ce qui aura
pour conséquence une perte des contractions musculaires au niveau dorsal et créera aussi
une contraction dans les muscles fléchisseurs et extenseurs des doigts situés dans l’avant-
bras, muscles qui contrôlent l’ouverture et la fermeture des doigts. D’un point de vue
biomécanique, cette action est incorrecte et très dommageable pour l’archer car elle utilise
les petits muscles plutôt que les grands.
Il existe un muscle séparé qui contrôle le petit doigt appelé l’extenseur propre (digiti
minimi). Le petit doigt de la main de corde doit être détendu et toujours dans la même
position d’un tir à un autre. Tout changement de position ou de tension dans ce petit doigt
affectera le degré de tension dans les doigts de corde eux-mêmes.

62
ETAPE 11- L’ACCOMPAGNEMENT

L’accompagnement fait partie intégrante du lâcher et ne constitue pas un mouvement


séparé. L’archer doit maintenir l’effort de traction au niveau de son dos pendant une ou
deux secondes après la libération. S’il maintient une pression continue sur ses omo-
plates tout au long de l’accompagnement, il génère une bien meilleure sensation pour
la tension de son dos.
L’accompagnement doit être une réaction naturelle et non une réaction exagérée. Un
accompagnement exagéré indique un mauvais lâcher. Dans la plupart des cas, il s’agit
du résultat d’une action forcée pouvant affecter le centre de gravité et, plus important
encore, l’issue du tir. De plus, avec un accompagnement forcé, la pression des
différents doigts sur la corde variera - ce qui affectera la manière dont les doigts
libéreront la corde et conduira à des résultats inconstants.
Si l’accompagnement est naturel, la main de corde, très détendue, bouge légèrement vers
l’arrière et reste en contact avec le visage le long de la ligne du maxillaire le plus longtemps
possible. La main de corde doit être très détendue. L’accompagnement ne doit pas être
interrompu et doit consister en un mouvement naturel continu délicat et fluide. Le coude
doit bouger latéralement vers
Photo n° 40 Accompagnement

l’arrière dans un mouvement


naturel vers le bas. A la fin de
l’accompagnement, la main
de corde ne doit pas se poser
sur l’épaule - ce qui ferait
tomber le coude bien trop bas.
De plus, l’archer doit visu-
aliser l’arc bougeant en ligne
droite vers la cible.

63
TOTAL ARCHERY

Des expériences avec des plates-formes de force ont mis en valeur les effets sur le
centre de masse de différents lâchers et accompagnements.
Nous en parlerons plus en détails dans le chapitre 6 « Détails Techniques ».

ETAPE 12- DETENTE ET RETOUR

A la fin de l’accompagnement, l’archer doit préparer son corps et son esprit pour le
tir suivant et doit laisser passer toutes les tensions générées pendant le tir. Il est ici
recommandé de prendre deux profondes respirations Zen.
C’est aussi le moment pour l’archer
Photo n° 41 M. Yamamoto / Athènes 2004

de faire un retour analytique non


émotionnel. Evidemment cela peut
sembler plus facile à dire qu’à faire,
plus particulièrement après un tir
imparfait. Cependant comme les
résultats en cible sont absolus, un
retour analytique ne présente que des
avantages. Il est très important que
l’archer apprenne à « ressentir » ses
tirs pour reconnaître chacun de ses
défauts techniques et entreprendre de
les corriger pour les tirs suivants. Il ne
faut, ici, s’intéresser qu’à la position
de la flèche en cible car elle offre un
retour sur le processus de tir ainsi que
sur d’autres hypothèses émises

64
comme par exemple sur les conditions climatiques.
Il est très important pour le processus d’apprentissage continu et le développement de
l’archer que celui-ci assume l’entière responsabilité du résultat du tir, il n’a aucune
excuse. Il n’y a que des raisons pour qu’une flèche ne soit pas dans le jaune, raisons
dont l’archer doit assumer la responsabilité.
Les excuses habituelles comme le vent, des distractions comme la sonnerie du
téléphone portable, les mouvements des caméras de télévision pour un gros-plan, le
bruit des spectateurs, les bébés qui pleurent, etc…, etc…, etc… doivent cependant être
exprimées si elles représentent un problème pour l’archer. Ce concept sera discuté plus
en détails dans le chapitre 8 « Entraînement Mental ».

NOTES GENERALES

1. Le regard doit être fixé sur le point de visée depuis la position de maintien pendant
toute la visée, le passage du clicker, la libération et l’accompagnement jusqu’à ce
que la flèche touche la cible. Pendant toutes ces étapes du tir, le regard ne doit pas
diverger sur le clicker ou vérifier l’alignement de la corde. Cette partie est une partie
essentielle de l’accompagnement, vous pouvez la considérer comme un « suivi du
regard ». Quand l’archer contre-vise sur un des côtés du centre de la cible - ce qui
permet une dérive au vent, il doit rester concentré sur le point de visée jusqu’à ce
que la flèche touche la cible. S’il laisse sa concentration errer dans le jaune pendant
le tir, le subconscient centrera automatiquement le viseur sur le jaune et la flèche
finira sur le côté opposé à celui de la visée.

2. Pendant la visée et la libération, les yeux ne doivent pas cligner. Si l’archer


cligne des yeux, il montre une hésitation et une perte de la concentration du
regard qui affectera par la suite son équilibre général.

65
TOTAL ARCHERY

3. Il est donc fortement recommandé que l’image de la corde soit en position cen-
trale. Voir le dessin ci-dessous.

Diagramme No 2 – Position de la corde


corde de l’arc & ligne centrale
des branches

viseur

intérieur du corps d’arc

Il existe différentes opinions sur le meilleur endroit pour aligner la corde, allant d’un
alignement avec l’extérieur du viseur à un alignement avec l’extérieur de la fenêtre
d’arc. L’endroit où l’archer décide d’aligner sa corde dépend de sa position tête-œil.
L’alignement de la corde comme dans le dessin ci-dessus est, cependant, fortement
recommandé car il présente certains avantages :

Premièrement l’œil est aligné avec la flèche et avec le centre de l’arc ce qui permet
un bon positionnement de la tête.

Deuxièmement l’archer peut, à tout moment, facilement voir la corde, plus partic-
ulièrement pendant la visée et avant l’étape du lâcher.

Si la corde est en position autre que centrale, l’archer aura des difficultés à rester con-
stamment conscient de sa position, plus particulièrement si celle-ci bouge pendant
l’étape du passage du clicker, on peut faire la comparaison avec le viseur arrière d’une
carabine.

66

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