0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues6 pages

Aphasie expressive : causes et symptômes

Transféré par

welbanisso
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues6 pages

Aphasie expressive : causes et symptômes

Transféré par

welbanisso
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Aphasie expressive

L'aphasie expressive (aphasie non fluente), également appelée aphasie de Broca en


neuropsychologie clinique et aphasie agrammatique en neuropsychologie cognitive.

Aphasie expressive

Traitement

Spécialité Neurologie

Classification et ressources externes

CIM-10 F80.1
CIM-9 315.31
MeSH D001039 (https://meshb.nlm.
nih.gov/record/ui?ui=D00103
9)

Mise en garde médicale

Cette dernière est due à une lésion ou une perturbation du développement des régions
antérieures du cerveau, plus précisément le gyrus frontal inférieur postérieur gauche (pour les
droitiers) connu sous le nom de l'aire de Broca (correspondant aux aires 44 et 45 de
Broadmann)1,2,3. L'aphasie expressive fait partie de la catégorie plus générale des aphasies
s'exprimant par divers troubles. Il en résulte une altération ou perte du langage acquis4,5 (verbal
ou écrit). L'aphasie expressive se distingue de la dysarthrie2,1. L'aphasie expressive s'oppose
classiquement à l'aphasie réceptive ou de Wernicke, qui est caractérisée par des troubles de
compréhension écrite ou orale. Tout comme l'aire de Wernicke, les limites de l'aire de Broca
peuvent différer d'un individu à un autre.

Historique

En 18406,2, Monsieur Leborgne, admis à l'hôpital Bicêtre présentait un trouble du langage sévère
malgré des capacités cognitives normales. En effet, alors qu'il semblait comprendre ce qu'on lui
disait, il était connu dans le service pour ne produire qu'une seule et unique syllabe : « tan »
répétée le plus souvent deux fois de suite. Les autres patients de l'hôpital l'avaient alors
surnommé « Tan ». En 1861, Paul Broca, chirurgien et anthropologue français fut amené à le
rencontrer à la suite d'une apparition de gangrène qui s'était développé au niveau de son membre
inférieur droit, paralysé. Le patient en mourut quelques jours plus tard. Paul Broca étudia alors le
cerveau de M. Leborgne et y découvrit de multiples régions qui étaient grandement « ramollies ».
Le lobe frontal gauche était largement atteint, en dehors de la région orbitaire, ainsi que des
structures profondes comme les corps striés. Broca remarqua toutefois que la partie moyenne
du lobe frontal gauche, plus précisément la troisième circonvolution frontale6 était la plus
touchée. Il associe donc cette partie du cerveau au trouble du langage qu'avait Monsieur « Tan ».
Cette région sera nommée « aire de Broca ». C'est le 18 avril 1861 que Paul Broca fit un
communiqué à propos de ce patient, à la Société d'anthropologie de Paris, nommé « Perte de
parole, ramollissement chronique et destruction partielle du lobe antérieur gauche du cerveau ».
Il donne à ce trouble le nom d'aphémie : « Ce qui a péri en eux, ce n'est pas la faculté du langage,
ce n'est pas la mémoire des mots, ce n'est pas non plus l'action des nerfs et des muscles de la
phonation et de l'articulation, c'est la faculté de coordonner les mouvements propres au langage
articulé ».

Cerveau de Louis Victor Leborgne dit


Tantan conservé au Musée
Dupuytren.

Le cerveau de M. Leborgne est conservé dans les collections du Musée Dupuytren à Paris.

Causes

Cette altération peut être précédée d'un accident vasculaire cérébral (AVC), traumatisme crânien,
ou tout autre phénomène de dégradation neuronale.

AVC1,3,2,7 : L'accident vasculaire le plus important est une ischémie cérébrale, plus
particulièrement les zones irriguées par l'artère sylvienne. Des AVC répétés peuvent conduire à
une démence vasculaire et donc à la destruction progressive de ces régions.
Maladies neurodégénératives1,3 : des démences comme la maladie d'Alzheimer ou maladie de
Pick peuvent entraîner des altérations dans ces régions cérébrales. L'accumulation de plaques
séniles et de dégénérescences neurofibrillaires peut être responsable d'une aphasie.

Cependant, une dégénérescence ou une modification d'une région avoisinant la zone de Broca
peut tout aussi bien conduire à une aphasie dite générale, menant à un plus large éventail de
symptômes. Dans le cas de tentatives de suicide, la prise excessive de certains médicaments
peut endommager une ou plusieurs zones du cerveau, tout comme les asphyxies qui privent le
cerveau d'oxygène, menant à une mort neuronale irréversible.

Remarque : Bien que les tumeurs (bénignes ou malignes) peuvent être une des causes d'une
aphasie générale, elles ne sont pas spécifiquement à l'origine d'une aphasie expressive2.

Symptômes

Expression orale

Cette aphasie est aussi appelée aphasie motrice à cause du trouble de production du langage.
La compréhension est variable en fonction de la complexité de la phrase8 : plus il y aura de mots,
plus la compréhension sera mauvaise. Les sujets présentant une aphasie de Broca sont atteints
d'anomie, ou incapacité à trouver leurs mots3 : ce manque du mot est constant. On observe des
difficultés articulatoires1,2, qui peuvent disparaître lors d'énonciation automatique (chant,
récitation, jours de la semaine...). De plus, l'aire de Broca est proche de l'aire motrice sur le plan
anatomique qui contrôle la bouche. C'est ce qui a amené Wernicke à penser que les régions
lésées dans la région de Broca contenaient des informations acquises permettant d'articuler le
son d'un mot2. Le trouble phonologique n'est pas physiologique mais bien psychologique, le sujet
étant dans l'incapacité à contrôler intentionnellement les muscles interagissant dans la
production de discours. Il est fréquent que les patients révèlent une apraxie bucco-faciale. Pour
le discours, il est à la fois difficile et souvent syllabique et dysprosodique1,5. Cette déformation
de prosodie peut entraîner un syndrome de l'accent étranger avec une modulation émotionnelle
(tristesse, gaîté; pour les cérébrolésés droits) ou fonctionnelle (interrogation, affirmation ; pour
les cérébrolésés gauches). La réduction de l'expression orale2 peut aller jusqu'au mutisme, ou
bien se limiter à des stéréotypies. Les aphasiques lésés dans l'aire de Broca peuvent avoir des
troubles de la fluence. Une personne normale énumère en moyenne 20 mots par minute, c'est la
fluence. À ne pas confondre avec la fluence verbale, qui est la récupération en mémoire d'un
lexique (ex. : « dites moi le plus de nom d'animaux commençant par B en 2 minutes »). Un
aphasique aura un débit de mots inférieur à la normale. L’agrammatisme2,1,3 est aussi observé
chez les aphasiques. C'est un non-respect involontaire de la grammaire dans la construction de
phrases.
Expression écrite

Suivant les sujets, on peut observer une agraphie ou des troubles de l'écriture2. Dans ces cas, ces
personnes ont les mêmes problèmes qu'à l'oral : on constate un agrammatisme ainsi que des
altérations paragraphiques. Un trouble de compréhension écrite atteint plus particulièrement les
phrases complètes, les sujets ne réussissant à déchiffrer que les mots concrets, les mots
fonctionnels comme « pour » ou « et », étant pour eux presque impossibles à lire.

Remarque : Les troubles de l'expression écrite chez ces personnes sont de degrés variables ou
inexistants.

Évolution

L'aphasie de Broca débute par une lésion cérébrale. La personne est dans un premier temps
atteinte d'un mutisme total d'une durée variable, accompagné ou non d'un trouble de la
compréhension globale. Vient ensuite la forme principale de l'aphasie de Broca. La suspension
du langage tend vers une production morcelée du langage oral, dysprosodique et agrammatique.
Une évolution est notée vers un enrichissement du vocabulaire et une dissociation automatico-
volontaire ; le sujet accomplira des tâches volontaires mais pas sur demande ou consigne.
Cependant, l'agrammatisme reste dans le langage s'il n'est pas remédié7.

Évaluation et prise en charge

Pour une meilleure prise en charge, une batterie de tests généraux permet le dépistage d'une
aphasie précise chez le patient. Le test le plus utilisé reste l'Examen Diagnostique d'Aphasie de
Boston (BDAE)9. Ce test permet d'analyser les capacités linguistiques des aphasiques et
d'observer les évolutions au cours de la rééducation. Le « Protocole Montréal-Toulouse 86 » (MT-
86)9 est aussi utilisé pour dépister le type d'aphasie ou aiguiser le diagnostic. S'ensuit une
analyse du mécanisme des symptômes en référence aux modèles de la neuropsychologie
cognitive : on fait passer une série de tests plus spécifiques pour établir les points forts et les
points faibles du patient pour avoir une aide personnalisée. Une fois que le type d'aphasie est
diagnostiqué, on évalue l'impact de cette pathologie sur l'environnement du sujet, sa vie
quotidienne grâce à des questionnaires portant sur sa qualité de vie. Un suivi avec un
orthophoniste et éventuellement un psychologue peut durer plusieurs mois voire plusieurs
années pour une rééducation et une réadaptation souhaitées10.
Les dernières recherches

Grâce au développement des techniques d'imagerie cérébrale, notamment l'IRMf, les recherches
se sont affinées, et ont permis de mieux cerner l'anatomie des régions impliquées. Une
anatomiste allemande a récemment avancé le fait qu'il y aurait une douzaine de sous-régions
dans la zone de Broca. Cependant, le rôle de chacune de ces régions n'est toujours pas connu.
Des études ultérieures permettront certainement de mieux comprendre ce trouble, notamment
au niveau anatomo-clinique.

Références

1. Viader F, Lambert J, de la Sayette V, Eustache F, Morin P, Morin I et Lechevalier B. (2002)


Aphasie. Encycl Méd Chir (Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS, Paris, tous
droits réservés), Neurologie, 17-018-L-10, 32 p

2. Lechevallier B., Eustache F., Viader F. (2008). Traité de neuropsychologie clinique :


Neurosciences cognitives et cliniques de l'adulte. De Boeck. Bruxelles

3. Mazaux J-M., Pradat-Diehl P., Brun V. (2007). Aphasies et aphasiques. Masson. Paris

4. Henri Hecaen, Angelergues R. (1965). Pathologie du langage. Larousse. Paris

5. Hécaen H., Angelergues R. (1965). Pathologie du langage. Larousse. Paris

6. Broca P. (2004). Écrits sur l'aphasie (1861-1869). L'Harmattan. Paris

7. Botez-Marquard T., Boller F. (2005). Neuropsychologie clinique et neurologie du


comportement. 3e édition. Les Presses de l'Université de Montréal

8. Alajouanine T. (1968). L'Aphasie et le langage pathologique. Édition J-B Baillière & Fils. Paris.

9. « ECPA par Pearson - TalentLens - Experts en tests psychométriques pour les


professionnels - Pearson Clinical & Talent Assessment (http://www.ecpa.fr/default.as
p) [archive] », sur Pearson Clinical & Talent Assessment (consulté le 30 août 2020).

10. Mazaux J-M., Brun V., Pélissier J. (2000). Aphasie 2000, Rééducation et réadaptation des
aphasies vasculaires. Masson. Paris

Annexes

Articles connexes
Débit syllabique
Liens externes
« Fédération nationale des aphasiques de France (http://www.aphasie.fr) [archive] », sur
aphasie.fr, 2004 (consulté le 31 août 2012)

[vidéo] « Moments forts : privé de parole (http://www.rts.ch/pages-speciales/moments-forts/4


234868-prive-de-parole.html) [archive] », 36.9°, sur rts.ch, Radio télévision suisse, 29 août 2012
Interview extraite d'une émission montrant un exemple d'aphasie expressive.

Portail de la médecine Portail des neurosciences


Portail de la psychologie

Vous aimerez peut-être aussi